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AXE I : LE RÉGIME

DE LA CNSS

CHAPITRE 1 : GÉNÉRALITÉS SUR CNSS

SECTION 1.1 : EVOLUTION DE LA CNSS


1.1.1. HISTOIRE
La sécurité sociale est définie tantôt par référence aux institutions
chargées d’assurer des prestations à caractère social aux travailleurs et à
leurs familles, tantôt par rapport à l’objectif de protection de la
population contre les risques de détérioration de santé et de perte de
revenus. Les deux sens se complètent en fait, pour désigner le droit
conféré à chaque personne de jouir de la protection contre les aléas
économiques dans le cadre des solidarités sociales protégées par l’état.

Les origines de système de sécurité sociale marocain remontent à


l’époque du protectorat qui a introduit pour la première fois un système
de sécurité sociale moderne basé sur l’assurance sociale au profit
uniquement des travailleurs français détachés au Maroc. Les premières
actions du protectorat en matière de sécurité sociale ont porté sur
instauration d’un régime de réparation des accidents de travail et des
maladies professionnelles par le dahir du 25 juin 1927 pour la zone du
sud. Les dispositions de ce texte furent étendues, à la suite de l’entrée
en vigueur du dahir du 21 mai 1943, aux maladies professionnelles. Ce
texte constituait une révolution en la matière car il a soumis l’employeur
à une responsabilité du fait personnel sans faute. Ainsi, il a libéré les
salariés victimes d’accidents de travail ou de maladie professionnelle
d’apporter la preuve d’une faute de leur employeur. En contrepartie de
ce régime, les salariés victimes ne recevaient qu’une réparation
forfaitaire. L’employeur n’avait aucune obligation de s’assurer auprès
d’une compagnie d’assurances.

A la même époque, les allocations familiales étaient servies, pour


la première fois, par l’État. Le premier organisme qui s’occupait de cette
action était « l’office des familles nombreuses », crée en 1928. Ces
mesures en faveur des familles nombreuses se sont beaucoup plus
intensifiées dans les premières années de la seconde guerre mondiale
avec l’adoption d’une politique contingente visant à stimuler la natalité.
Les prestations servies dans ce sens étaient constituées par des
allocations familiales et des indemnités de maternité. Elles étaient
assurées par la caisse d’aide sociale criée en Avril 1942. Les allocations
servies par la C.A.S n’étaient pas les mêmes pour tous les affiliés. Les
salariés marocains bénéficiaient d’un montant inférieur aux allocations
servies aux travailleurs européens. Ce régime double a été unifié par
l’arrêté du 4 Octobre 1950 afin que le système institué par le dahir du 22
avril 1942 puisse être appliqué de façon uniforme. Cependant, les
travailleurs français qui étaient détachés de la métropole notamment
des services publics, y maintenaient parfois les cotisations sociales. La
plupart d’entre eux n’envisageaient probablement pas de rester
indéfiniment dans le pays pour s’engager dans un régime d’assurance
vieillesse.

Cette évolution a abouti à un système de sécurité sociale


marocain fortement hétéroclite avec une couverture insuffisante et
inégalitaire des risques sociaux. Les défis actuels du système sont
énormes et suscitent beaucoup de débats et interrogations sur l’avenir
même du système. Ils sont entre autre extension de la couverture des
soins de santé à travers l’assurance maladie obligatoire (AMO),
l’équilibre budgétaire des régimes de retraite et la bonne gouvernance
du système dans son ensemble. Toutefois, ce qui nous semble
primordiale c’est de poser un diagnostic sérieux de l’état actuel du
système marocain de sécurité sociale. Mais en attendant, l’organisation
actuelle de la sécurité sociale au Maroc est assez composite avec un
cadre réglementaire hétéroclite et une structure institutionnelle
diversifiée remettant en cause la cohérence du système.

1.1.2. RESPONSABILITÉS ET OBJECTIFS

La CNSS est une entité étatique (publique) qui a pour mission principale ;
la gestion du régime obligatoire de la sécurité sociale en faveur des
travailleurs salariés et assimilés du secteur privé au Maroc, la CNSS se
voit également investie d’une seconde mission, celle d’œuvrer
durablement pour l’amélioration de ses prestations et d’assurer des
services de protection sociale toujours plus efficients. Une ambition
citoyenne pour laquelle la CNSS mobilise toutes ses forces vives.

Elle a pour rôle de recouvrer les cotisations et de les redistribuer sous


forme de prestations techniques (pensions, allocations familiales,
assurance vieillesse, etc..).
Elle participe également au développement à travers les prises de
participations dans de nombreuses entreprises de la place. Elle a
plusieurs objectifs qui sont :

 l'extension de la couverture sanitaire, quantitativement et


qualitativement, pour permettre à l'ensemble des assurés
sociaux d'en bénéficier.

 la baisse du taux de mortalité maternelle, par une


surveillance accrue des grossesses à risque ;

 La baisse du taux de mortalité infantile, par l'intensification


culinaire et de la vaccination.

Ces objectifs conduisent la CNSS à intervenir dans divers domaines


d'activités.

SECTION 1.2. ORGANISATION ADMINISTRATIVE ET


RESSOURCES FINANCIERES

1.2.1. Organisation administrative

L’organisation actuelle du régime général résulte de plusieurs


textes juridiques qui instaurent la séparation de la sécurité sociale en
branches autonomes : maladie, retraite, famille et la recouvrement. Les
établissements de sécurité sociale sont une composante des
« administrations publiques », et regroupent l’ensemble des entités
juridiques et institutionnelles chargées du service public de la sécurité
sociale et l’encadrement et la régulation du système de l’assurance
maladie obligatoire. Elles ont en charge le recouvrement des cotisations
et le versement de prestations prévus par le code de sécurité sociale.
Elles sont qualifiées d’administration car l’État leur a confié la gestion
d’une mission de service public, celui de la sécurité sociale.

Toutefois, des personnes morales de droit privé peuvent


également intervenir pour gérer certains aspects liés à la sécurité sociale
des salariés comme les compagnies d’assurance pour les accidents de
travail et les maladies professionnelles et la caisse interprofessionnelle
marocaine de retraite (CIMR).

Elle s’article sur les structures suivantes : Le conseil


d’administration est composé de 24 membre titulaires, nommé pour
trois ans, ainsi répartis : 8 représentants de l’état, 8 représentants des
employeurs, 8 représentants des salariés nommés sur proposition des
organisations professionnelles les plus représentatives. Ce conseil
d’administration détermine les grandes lignes de la politique sociale de
la caisse, il relève toutes les attributions de la CNSS. Il se réunit aussi
souvent que les besoins de la caisse l’exigent au moins deux fois par an.
Le directeur générale de la CNSS nommé par le dahir : Exécute les
décisions du conseil d’administration et assure la gestion de l’ensemble
des services de la CNSS et coordonne leurs activités.

Le Directeur général de la CNSS est assisté par : une structure de


pilotage composée de l’inspection générale des services, de la direction
de la stratégie et de la direction de l’audit, du contrôle de gestion et de
l’organisation ; un pôle métier qui regroupe trois directions à savoir la
direction des affiliés, la direction des assurés et la direction inspection et
contrôle ; un pôle recouvrement ; un pôle ressources humaines, finances
et comptabilité et système d’information ; un pôle unités médicales ; un
réseau de 9 directions régionales gérant 56 agences.

1.2. 2. LES RESSOURCES DE FINANCEMENT

Les ressources de la CNSS sont constituées principalement par :


Les cotisations, majoration et astreintes dues en application du dahir du
27 juillet 1972 relatif à la sécurité sociale tel qu’il a été modifié. La caisse
nationale de sécurité sociale est dotée de la personnalité civile et de
l’autonomie financière. Elle peut notamment :

 -Recevoir de l’état ou des autres collectives publiques, des


avances et des subventions.
 -Acquérir conserver tous biens meubles sous réserve de
l’autorisation conjointe du ministre de l’emploi et du ministre
chargé des finances, tous biens immeubles.
 -Contracter des emprunts auprès des établissements bancaires,
après accord du ministre de l’emploi et du ministre chargé des
finances.
 -Conclure des conventions relatives à des immeubles pour les
besoins de ses services.

Ce régime dont la gestion est confiée à la Caisse Nationale de


Sécurité Sociale est financé par des contributions patronales et
salariales assises sur les rémunérations mensuelles brutes des
salariés. Les excédents des recettes sur les dépenses sont déposés à
la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG).

1.2.2.1. Les Taux de Cotisations

Les cotisations dues à la CNSS sont assises sur l’ensemble des


rémunérations perçues par les bénéficiaires du régime de sécurité
sociale, y compris les indemnités, primes, gratifications et tout autre
avantage en argent ou en nature, ainsi que toutes sommes perçues
directement ou par l’entremise d’un tiers, à titre de pourboire. Tous ça,
est la base de calcul les cotisations.

Les taux suivants sont à jour et s’appliquent à votre entreprise, quelle


que soit son activité, sauf pour les Marins pêcheurs :

Taux Taux
Catégorie de
Base de calcul Charge Charge Taux Global
prestation
patronale Salariale
Le total des salaires
1- Prestations
réels de la période 6,40%
Familiales
(mois/trimestre)
2- Prestations
Le total des salaires
sociales à court plafonnés (chacun 1,05% 0,52% 1,57%
termeⁱ plafonné à 6000 dhs)

3- Prestations Le total des salaires


sociales à long plafonnés (chacun 7,93% 3,96% 11,89%
terme plafonné à 6000 dhs)
4- Assurance Le total des salaires
Maladie réels de la période 2,26% 2.26% 4,56%
Obligatoire (mois/trimestre)
5- Taxe de Le total des salaires
formation réels de la période 1,6 %
professionnelle (mois/trimestre)
ⁱ : Dont 0,57% relatif à l'Indemnité pour perte d'emploi réparti comme
suit : la charge patronale est de 0,38% et la charge salariale est de
0,19%.

ⁿ : Sont exonérées du paiement de la TFP :

Les Ambassades et missions diplomatiques; ainsi Les entreprises


minières, dans la mesure où elles sont assujetties au Fond Minier de la
Formation Professionnelle.

Concernant des marins pêcheurs :

La cotisation « au titre du régime général » est assise sur les recettes


brutes du bateau de pêche. Les taux de cotisation appliqués sont fixés
comme suit :

 Chalutiers : 4,65 % du total du produit de la vente du poisson


pêché ;
 Sardiniers, palangriers et canotiers (pêche artisanale) : 6 % du
total du produit de la vente du poisson pêché.

1.2.2.2. LES MAJORATIONS EN CAS DE RETARD


Tout retard dans le paiement de ces cotisations génère des majorations
pour l'entreprise. Des poursuites peuvent être engagées si nécessaire.

1.2.2.3. Autres

- Les produits des placements de fonds.


- Les subventions, dons et legs.
- Toute autre ressource attribuée par un texte législatif règlementaire.
Ces financements servent à :

- assurer la couverture des risques sociaux à travers les différentes


prestations fournies.
- Concourir dans la mesure du possible à la création d'emplois ;

- effectuer les dépenses de fonctionnement et d'investissement ;

CHAPITRE 2 : SERVICES ET PRESTATIONS SOCIALES SERVIES PAR


LA CNSS

SECTION 2.1. LES PRESTATIONS ATTRIBUÉES PAR LA CNSS

Le régime de la sécurité sociale de la CNSS assure à ses assurés : une


protection contre les risques de suppression de revenu et une action
sanitaire par le biais d’un réseau de 13 polycliniques implantées au
Maroc.

2.1.1. ALLOCATIONS FAMILIALES (A.F)

Les allocations familiales sont des prestations d’aides sociales


destinées aux salariés immatriculés à la CNSS. Le Dahir du 27 juillet 1972
relatif à la sécurité sociale tel qu’il a été modifié détermine à la fois les
conditions requises pour bénéficier de ces allocations ainsi que les
bénéficiaires de ces prestations.

Pour bénéficier ces allocations, la législation de la sécurité sociale


exige une cotisation de 108 jours pendant 6 mois civils
d’immatriculation. L’assuré ne peut recevoir d’allocation que pour 6
enfants au plus déclarés à l’état civils (600 dh pour les 3 premiers
enfants, 36 dh pour les 3 suivants par mois). Pour une famille tout deux
assurés(le mari et son femme) susceptibles de bénéficier des A..F, celles-
ci sont versées exclusivement au mari. En cas de séparation des
conjoints, les AF sont versées tout le monde à la personne, à qui revient
la garde des enfants.

1- CONDITIONS

L’âge limite des enfants bénéficiaires est en principe de 12 ans.


Toutefois, le service des AF est poursuivi :

 Jusqu’à 18 ans pour les enfants placés en apprentissage.


 21 ans pour ceux qui poursuivent leurs études au Maroc ou à
l’étranger.
 Les A.F sont versées sans limite d’âge pour les enfants qui, par
suite d’infirmité ou maladie incurable, sont dans l’impossibilité
permanente de se livrer à une activité lucrative.

2.1.2. PRESTATIONS SOCIALES À COURT TERME

Les prestations à court terme comprennent à la fois des


indemnités journalières de maladie et de maternité. En effet, une
salariée enceinte a le droit à un congé de maternité payé puisque son
état de santé ayant et après l’accouchement ne la permet d’exécuter
matériellement le contrat de travail. De même un salarié malade c.à.d
dans l’incapacité physique de travailler a le droit de déposer auprès de la
CNSS une demande d’indemnisation correspondant aux arrêts maladie.

1- Indemnités journalières de maladie (I.J.Maladie)

En cas d’incapacité physique dument constatée par un médecin désigné


ou agrée par la CNSS, l’assuré peut bénéficier d’une I.J.Maladie.

1- Conditions
Pour bénéficier aux indemnités journalières lors d’un premier arrét de
travail, il faut justifier 54 jours de cotisations au cours des 6 mois civils
précédant l’incapacité de travail. A la suite d’un premier arrét de
travail, l’assuré ne peut prétendre de nouveau aux indemnités
journalières qu’après une autre période minimum de 6 jours de
cotisations. Il convient de préciser que le salarié en question doit suivre
deux démarches pour bénéficier de ses prestations. Il faut déposer l’avis
de l’interruption de travail signé par le médecin et l’employeur dans un
délai de 30 jours et la demande d’indemnisation journalière de maladie
dans un délai de 6 mois à compter de la date de l’arrêt de travail.

Les prestations pécuniaires sont égales aux deux tiers du salaire


journalier moyen sur lesquelles cotisations ont été versés durant les 6
mois qui précédent le début de l’incapacité de travail. Elles ne peuvent
être inférieures à 2/3 du salaire minimum légal.

2- Indemnités journalières de maternité (I.J.Maternité)

L’assurée qui justifie de 54 jours de cotisations pendant les 10 mois civils


d’immatriculation précédant la date de l’arrêt de travail pour congé
prénatal bénéficie d’indemnités journalières pendant 14 semaines, dont
7 semaines minimum après la de l’accouchement. Les indemnités
journalières sont égales à 100% du salaire journalier moyen.

Le montant minimum de ces indemnités ne peut, en aucun cas, être


inferieur au SMIG.

Lorsqu’une naissance survient dans un foyer, le pére salarié a le


droit à un congé de naissance de 3 jours, remboursé directement par la
CNSS à l’employeur. Cette indemnité ne doit, en aucun cas, dépasser le
montant maximum de 692,30 DH.

3- Les allocations au décès

Le dahir du 27 juillet relatif à la sécurité sociale modifié par le dahir n°1-


04-127 du 4 novembre 2004 portant promulgation de la loi n°17.02
précise qu’une allocation est accordée en cas de décès l’assuré (salarié)
qui, à ca moment, bénéficiait d’indemnités journalières ou remplissait
les conditions requises pour y avoir droit, ou en cas de décès d’un
titulaire de P.i ou de P.V.

L’allocation au décès est versée aux personnes qui, au jour du


décès, étaient effectivement à la charge de l’assuré. Elle est répartie
également entre les bénéficiaires de même rang selon l’ordre suivant :

1- Conjoint survivant ou épouses survivantes. 2- A défaut, descendant.

3- A défaut ascendante. 4- A défaut frères aux sœurs.

L’allocation est égale :

En ce qui concerne les assurés, à soixante fois le salaire journalier moyen


qui a servi ou qui aurait servi de base au calcul des indemnités de
journalières dont l’assuré bénéficie ou aurait bénéficié au moment de
son décès.
En ce qui concerne les titulaires de pensions, à deux fois le salaire
mensuel moyen ayant servi de base à la détermination de la pension.

4- Les indemnités pour perte d’emploi (IPE)

Ce projet entrera en vigueur à partir du mois de décembre 2014. C’est


ce qu’a annoncé la CNSS dans un communiqué. Et conformément aux
dispositions législatives afférentes (dahir n°1.72.184 du 27 juillet relatif
au régime de sécurité sociale) à l’IPE. L’allocation sera également
financée par l’employeur. Pour sa part, l’état participera au financement
sur 3 ans.
Les conditions d’éligibilité
Il convient de préciser que cette innovation majeur ne s’applique que si
certaines conditions sont remplies. Nous citons principalement :
 La perte d’emploi doit être involontaire (licenciement individuel
ou collectif) ce qui veut dire que lorsqu’un salarié démissionne ou
quitte volontairement son poste de travail perd son droit de
percevoir des indemnités.
 Il faut être inscrit comme demandeur d’emploi après des services
d’intermédiation compétent (ANAPEC).
 Le salarié qui perd son emploi doit justifier auprès de la CNSS
d’une période d’assurance au régime de sécurité sociale d’au
moins 780 jours durant les 3 dernières années précédent la date
de perte d’emploi dont 260 jours durant les 12 derniers mois.
Cette période de référence doit être justifiée pour bénéficier des
indemnités.
La procédure pour l’octroi de l’IPE

Le législateur a instauré une démarche impérative à suivre par l’assuré


sous peine de forclusion (la perte du droit à l’indemnisation). La
première procédure consiste à déposer dans les 60 jours à partir du jour
de la perte d’emploi une demande d’indemnisation pour la perte
d’emploi à la CNSS. Le demandeur d’emploi bénéfice pendant 6 mois de
ces indemnités sauf s’il trouve entre temps un autre emploi. Dans ce cas,
il doit en aviser la CNSS dans un délai de 8 jours à compter de la date ou
il a trouvé un emploi pour suspendre les versements. En revanche,
l’assuré peut bénéficier d’une prolongation de la duré de l’indemnisation
s’il justifie, à nouveau, les conditions prévues initialement citées ci-
dessus.
Le niveau de la prestation versée correspond à 70% du salaire de
référence c.à.d Le salaire moyen déclaré des 36 derniers mois sans
excéder le montant du SMIG.

2.1.3. PRESTATIONS SOCIALES À LONG TERME

2.1.3.1. Les pensions permanentes

Principalement, La CNSS verse 3 catégories de pensions de nature


à long terme. Il s’agit de la pension d’invalidité, de la pension de
vieillesse et de survivants. Cependant, le législateur exige de la part du
salarié la totalisation d’un certain nombre de jours déclarés.
Parallèlement, le régime de retraite complémentaire n’a pas de
caractère obligatoire. L’adhésion à la caisse interprofessionnelle
marocaine de retraite (CIMR) dirigée par une association patronale est
facultative. Cette caisse fonctionne sur deux principes, la répartition et la
capitalisation. Tout employeur peut décider d’en faire bénéficier son
personnel à condition qu’il s’agisse de l’ensemble du personnel ou, au
moins, l’ensemble d’une catégorie déterminée. Ainsi, les compagnies
d’assurance privé proposent des régimes d’assurance retraite si
l’employeur n’a pas opté pour la CIMR. Dans ce cas, la cotisation est
supportée en totalité par le salarié.
1- Pensions de survivants (P.S)

La pension de survivants est accordée au payant droit d’un assuré


pensionné ou qui remplissait, à la date de son décès.
Les conditions requises
Pour bénéficier d’une pension ou justifiait d’au moins 3240 jours de
cotisation à la date du décès. Ils ont qualité d’ayants droit, le conjoint à
charge ou les épouses à charge, les enfants à charge ouvrant droit aux
A.F.
En cas de remariage, le droit à pension est supprimé.
 Le conjoint, les épouses et les orphelins de père et de mère ont
droit à la moitié de la pension due à l’assuré décédé.
 Les orphelins de père ou de mère ont droit à 25%.
Le montant total des P.S ne peut excéder le montant total de la pension
du défunt. Si la demande de pension est déposée dans un délai de 12
mois qui suit la date du décès, elle prend effet à partir de la date de
décès. Si elle est introduite après l’expiration du délai, elle prend effet
du premier jour du mois suivant la réception de la demande et ce
pendant 5 ans.

2- Pensions de vieillesse (P.V)

Pour bénéficier d’une tel pension (de retraite), l’assuré doit être âgé
d’au moins 60 ans, cesser toute activité salariée et justifier d’au
moins 3240 jours d’assurance. Les mineurs justifiant de 5 années de
travail de fond bénéficient de la pension à 55 ans.
Pour l’assuré comptant au moins 3240 jours d’assurance, le
montant mensuel de la pension sera égal à 50% du salaire moyen
mensuel de l’assuré plafonné à 6000 DH.
Le taux de la pension sera majoré de 1% pour chaque période
d’assurance de 216 jours accomplie en sus de 3240 jours, sans
toutefois dépasser 70% du salaire mensuel de référence (4200 DH).
Elle ne pourra pas être inférieure à 1000 DH par mois. Le salaire
mensuel moyen n’est pris en compte que dans la limite d’un plafond
de 6000 Dh.
La P.V prend effet à partir du premier mois civil qui suit la date de
cessation de travail à condition que la demande soit déposée dans les
6 mois qui suivent la cessation d’activité.
3- Pension d’invalidité (P.i)

La pension d’invalidité est attribuée à l’assuré âgé de moins de 60 ans


(55 ans pour les mineurs justifiant de 5 annuités de fond)qui présente
une invalidité présumée permanente non couverte par la législation
sur les accidents de travail et les maladie professionnelles et qui
justifie d’au moins 1080 jours d’assurance dont 108 pendant les 12
mois civils qui précédent le début de l’incapacité de travail suivie
d’invalidité. L’invalidité doit être dument constatée par le médecin
désigné ou agréé par la CNSS (Cancer, Maladie mentale,
Tuberculose..).
Les conditions requises
Pour bénéficier de la P.i, l’assuré doit être totalement incapable
d’exercer une activité lucrative quelconque. Le montant de la P.i est
déterminé en fonction du nombre de jours d’assurance accomplis par
le travailleur et de son salaire mensuel moyen de référence :
Entre 1080 er 3240 jours d’assurance, il est égal 50% du salaire
mensuel moyen soumis à cotisation de l’assuré plafonné à 6000 Dh.
Au-delà de 3240 jours d’assurance, le taux de la pension est majoré
1% pour chaque période d’assurance de 216 jours d’assurance en sus
de 3240 jours, sans toutefois excéder 70% du salaire mensuel moyen
de référence plafonné à 6000 Dh.
Si l’état de l’assuré requiert l’assistance d’une tierce personne, la
pension est majorée mensuellement d’une somme égale à 10% du
salaire de référence. Elle est remplacée par une P.V de même
montant lorsque le bénéficiaire atteint l’âge ouvrant droit à ladite
pension.
SECTION 2.2. SERVICE ASSUJETTISSEMENT

2.2.1 IMMATRICULATION

2.2.1.1. Définition

L'immatriculation: une Opération administrative qui sanctionne


l'inscription des salariés à la caisse nationale de la sécurité sociale leur
octroyant un numéro d'immatriculation unique qui permet:

 Son identification en tant qu'assuré social.


 L'enregistrement des déclarations de ses salaires.
 La sauvegarde de ses droits « cas d’une première embauche
d’un salarié ».

Tout employeur est par conséquent tenu de déclarer ses salariés à la


CNSS et faire figurer le numéro d’immatriculation sur leur carte de
travail, le bulletin de paie ou toutes autres pièces professionnelles.

Cette obligation incombe à l’employeur. Mais le salarié (travailleur) a le


droit d’exiger qu’il le déclare à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale.

2.2.1.2. Procédures

Le dossier d’immatriculation de chaque salarié comprend : une copie de


la carte d’identité nationale ou de toute autre pièce (Relevé d’identité
bancaire..) en tenant lieu ; deux photos ; une demande
d’immatriculation (à partir de l’agent).

La démarche d’immatriculation : l’immatriculation des salariés au


sein de la CNSS se passe dans trois étapes :

Première étape « la création d’immatriculé » : On lui donne un


numéro d’immatriculation (la codification des salariés par des numéros
d’immatriculation sont proposé par la CNSS se forme d’une liste appelé
listing) Et à chaque demande d’immatriculation on donne un numéro au
demandeur puis on entrant ses donnés à savoir: son nom, prénom, n° de
la CIN, la date de naissance, l’adresse, le Sexe, le numéro d’affiliation de
l’entreprise dont il travaille, et la date d’immatriculation.

Deuxième étape « La validation des données » : cette opération signifier


que l’immatriculation c’est bien effectué.

Troisième étape « L’obtention de la Carte » : l’édition de la carte


d’immatriculation.

À cette fin, Elle est opérée par la CNSS. Une carte individuelle
d’immatriculation est remise au travailleur et un récépissé de
déclaration d’immatriculation est envoyé à l’employeur.

N.B. Pour un travailleur déjà immatriculé, remplir un bulletin d’entrée


délivré par la CNSS, autre point l’attribution de ce numéro
d’immatriculation à la CNSS est pour toute la durée de la vie
professionnelle de L’assuré.

2.2.1.4. L’effet de cette opération

L’immatriculation engendre des droits et des obligations :


Les droits :

 N° employeur
 Carte d’immatriculation de travailleur
 Prestations en espèces et en nature
 Attestations de situation cotisante

Les obligations :

 Paiement des cotisations (part employeur et part patronale)


 Production de déclarations de salaires et bordereaux nominatifs
 Déclaration des accidents de travail ou maladies professionnelles
 Communication à la CNSS de toute information relative aux
changements dans la gestion de l’entreprise
2.3.1. AFFILIATION

2.3.1.1. CONCEPT

L’affiliation de l’employeur oui chef d’entreprise à la CNSS est une


obligation légale. Toute entreprise assujettie au régime de sécurité
sociale doit être affiliée à la CNSS qui lui délivre dés lors un numéro
d’affiliation qui vaut reconnaissance administrative de son identification,
son enregistrement et son rattachement au régime.
Cet acte d’affiliation doit intervenir au plus tard dans un délai d’un
mois suivant l’engagement du premier salarié ou apprenti.
L’immatriculation se fait en principe par l’employeur qui doit en outre
déclarer régulièrement à la CNSS le montant mensuel du salaire versé et
le nombre de jours travaillés. La personne qui a été assurée pendant
1080 jours consécutifs et cesse de remplir les conditions
d’assujettissement peut s’assurer volontairement dans les 3 mois
suivant sa perte de qualité d’assurée.

2.3.1.2. Attestions et demandes

Les principales attestations délivrées par la CNSS aux employeurs sont


les suivantes :

Attestation pour soumissionner aux marchés publics :


Cette attestation est délivrée aux affiliés en situation régulière en
matière de souscription des déclarations des salaires en application des
dispositions des articles 25 et 26 du décret n°2-98-482 du 11 Ramadan
1419 (30 décembre 1998) fixant les conditions et les formes de
soumissions aux marchés de travaux, fournitures ou services pour le
compte de l’état.

Attestation d’affiliation et de masse salariale déclarée :


Cette attestation est délivrée aux affiliés demandeurs pour usage
administratif auprès de certaines administrations publiques.
Elle reproduit la situation d’assujettissement de l’affilié, notamment la
date d’affiliation, le nom ou la raison sociale, l’activité et l’adresse ainsi
que la situation en matière de déclaration des salaires par année durant
les périodes non prescrites antérieures à deux mois à la date
d’exploitation de la demande.

Attestations des salariés déclarés :


Cette attestation est délivrée aux affiliés, demandeurs, pour usage
administratif auprès de certaines administrations publiques.
Elle reproduit le nombre de salariés déclarés par l’affilié durant les douze
derniers mois antérieurs à deux mois ainsi que la liste nominative, le
nombre de jours et le salaire réel des salariés déclarés avec un salaire au
titre du dernier mois enregistré dans les fichiers des déclarations de
salaires.

Attestations de paiement du principal de la taxe de formation


professionnelle :
L’attestation de paiement du principal de la taxe de formation
professionnelle (TFP) déclarée spontanément par l’affilié est délivrée par
la CNSS conformément aux dispositions de la convention signée à cet
effet entre l’OFPPT et la CNSS.

 Autres documents

Demande d'affiliation

Demande d'immatriculation

Déclaration des adresses et lieux d'activité

Bordereau de déclaration des salariés entrants (secteur agricole)

Relevé du personnel en exercice dans l'entreprise

Bordereau de déclaration des salariés entrant

Attestation sur l'honneur de déclaration des salariés et non des


adhérents.

2.3.1.2. DÉMARCHES ET PIÈCES EXIGÉES

Toute demande d’affiliation est à déposer auprès de l’Agence de la CNSS


la plus proche de votre siège social, annexée des pièces suivantes :
 Une déclaration d’affiliation

 Le certificat d’inscription à la patente, ou L’attestation


d’exploitant agricole
 La liste des salariés dans l’entreprise au jour de la déclaration
d’affiliation
 Pièces d’identification de la nature juridique et de l’activité de
l’entrepris.

Concerne une entreprise nouvellement crée et Assujettie au régime de


sécurité sociale, leur dossier d'affiliation doit se comporte les éléments
suivants:

 Demande d'affiliation
 identification de l'emplacement locale de ces activités
 relevé du personnel
 demande d'immatriculation
 identification du salarié
 bordereaux de déclaration de salaires
 bordereaux de paiement des cotisations

N.B. pour les activités agricoles (régime agricole), une attestation


d'exploitation agricole ou forestière délivrée par les autorités locales
doit être fournie en plus des pièces indiquées ci-dessus.

Toutes les photocopies des pièces à fournir doivent être certifiées


conformes. Les formulaires précités doivent être cachetés et visés par
l'employeur et accompagnés selon la nature juridique :

 copie des statuts


 copie du PV l'assemblé constitutif et de la délibération du CA
 certificat d'inscription au registre de commerce
 contrat de gérance libre ou contrat d'association
 liste du bureau constitué
 acte de nationalité des navires
 copie de la CIN du responsable juridique
 copie du reçu définitif
 attestation sur l'honneur des déclarations des salaires et non des
adhérents.