Vous êtes sur la page 1sur 6

Géographie économique

Evaluation :
1 – Présentation orale (une note)
2 – Dossier (une note) :
– présentation écrite de la région
– calcul d'indices par rapport à une base de données

Première partie : Les rapports entre espace et économie

La localisation des activités apporte plus que les activités elles-mêmes. La richesse au niveau d'un
territoire est d'autant l'importance des activités que le domaine des activités. La richesse d'un
territoire s'illustre par l'augmentation de l'efficience d'une entreprise ou de augmention du nombre
d'entreprises. Des ressources naturelles ne sont pas présentes au même endroit, donc les entreprises
à des endroits différents ont des productivités différentes. Le territoire est un vecteur de
disponibilités de ressources et du nombre de ressources.
Le nombre d'entreprises va augmenter la richesse du territoire. Avec le nombre d'entreprises, de
nouvelles dynamiques se créent. Le nombre et la taille des entreprises vont jouer. C'est la notion
d'externalité ou effet d'agglomération. Ex : le nombre de demandeurs de travail ; les compétences
sont plus présentes quand un tissu de demandeurs d'emplois est plus dense.
La structure du tissu économique est un élément important de la performance et du développement.

1.1 – Localisation et Facteurs de production

Historiquement, les premières analyses théoriques faites sur les relations entre l'espace et
l'économie sont de l'analyse de la localisation : quelles sont les facteurs qui déterminent la
localisation d'une entreprise. Il y a des secteurs dans lesquels les entreprises sont fortement
concentrées et d'autres où les entreprises sont dispersées : en quoi la dispersion territoriale va les
aider à faire un choix ? Les premières analyses qui se sont développées : une des variables est que
les ressources sont inégalement réparties (autant des input que des lieux de consommations). Ce
qui va jouer comme variable clé est le transport/distance. Lawhart (1885) et Weber (1909) : quels
sont les facteurs qui vont influencer le processus de localisation : les transports et la localisation des
ressources :
– L'entreprise est un lieu, un site, elle est un point dans cet espace
– on attend que l'entreprise maximise ses profits
– il y a 2 facteurs de production et elle produit un bien
– 2 sites d'approvisionnement où sont disponibles les facteurs et un lieu de vente. Chaque
entreprise va devoir acheminer soit les ressources, soit les 3 à la fois.
– Le cout de transport est fonction de la distance

L'entreprise se placera forcément au coeur du triangle.


S3

S1 S2
Si on maximise les profits, le but est de minimiser le coût des transports. Si un bien est plus
consommé, plus on a tendance de se rapprocher de ce point. Si le coût de transport augmente, il y a
tendance à concentrer les entreprises. Le point correspond à une minimisation des distances et une
maximisation des profits. On peut construire des isodapanes : un contour dans lequel le coût total
des facteurs (transports) est identique. Pour inciter une entreprise à modifier sa localisation, il faut
restituer le surcoût ou compenser les coûts. Même si la localisation des entreprises est liée à la
localisation des facteurs de productions, elle peut être modifiée si on donne des compensations hors
coût de production.

1.2 – Localisation de la demande et la distribution

La localisation peut se modifier et avoir un impact sur la rentabilité économique. La demande n'est
pas indépendante de la localisation de l'entreprise. Elle doit s'adresser à une aire de marché. La
demande dépend du prix de vente mais aussi de la distance. C'est ce qu'on appelle la théorie des
aires de marché : Palander (1935). Une variation de l'espace entraine une variation de la production
de biens et de services ainsi que de demande.

P1 + t*d

P MAX

t
P1

d
1

Aire de
marché
L'entreprise doit avoir une aire de marché le plus importante. Une augmentation de la demande lui
permet des économies d'échelle par une augmentation des ventes.

P MAX

Baisse des prix

1 2

Concurrence :
aire de marché
réduite
La mondialisation par la baisse des couts de transports a permis d'augmenter les aires de marché
mais aussi un accroissement de la concurrence des aires de marchés. La concurrence en prix va
s'exacerber au fur et à mesure que les entreprises sont proches et vendent des produits homogènes.
La galerie commerciale permet de grouper les achats du consommateur, permettant de diminuer son
taux de transports.

1.3 Concurrence et localisation

Ce modèle a donné lieu au modèle d'Hotelling (1929) qui affirme que dans la géographie
économique, on ne peut pas dissocier la localisation de la concurrence. Si on a 2 aires de marché
d'entreprises similaires, où vont-elles se localiser ? On va se positionner dans un espace réduit.

Augmentation de la demande concurrentielle

Il y a un principe de différenciation minimale car les 2 entreprises vont se concurrencer au


maximum pour la demande concurrentielle, elles essaient d'attirer un maximum de personne. La
concentration d'offres concentre la demande. Si les 2 entreprises sont au même endroit (une sur
l'autre dans le schéma), si une des 2 fait un prix inférieur, elle capte toute la demande. Le modèle de
Hotelling ne tient pas compte de la capacité des entreprises à diminuer leurs prix. Le seul équilibre
dans lequel les entreprises seront tranquilles est la position extrême d'un côté et de l'autre. Plus les
produits se différencient hors-prix, plus les entreprises vont pouvoir se trouver proche (qualité, etc
etc...). Si les produits sont homogènes et la concurrence se fait par le prix, les entreprises ne se
rapprocheront pas.
On a des comportements ambivalents qui font que les entreprises n'ont pas intérêts à avoir des
implantations optimales. Elles vont soit s'agglomérer en augmentant la concurrence ou alors de
différenciation maximale, quand les entreprises sont le plus éloignées.
L'agglomération entraine une situation très instable si la concurrence est uniquement en prix. Si une
des entreprises diminue son prix, elle capte toute la demande. Pour éviter cela, les biens vendues ne
doivent pas être homogènes.

Optimum
Que la différenciation soit minimale ou maximale, la configuation ne minimise pas le coût de
transport des consommateurs, il y a une augmentation des transports, non pas dans la zone mais vers
la zone. Ce n'est pas l'efficacité collective des déplacements qui est utilisée dans ce modèle.
Dans ce modèle, il n'y a pas de prix du foncier. S'il y a des places privilégiées en terme de demande
ou de ressources naturelles, les coûts du foncier augmente. Le prix du foncier va influencer
l'implantation des entreprises.

1.4 Occupation du sol et organisation de l'espace

On a un marché foncier qui fait qu'une entreprise n'est pas un seul point dans l'espace, elle va
consommer de l'espace que les autre ne pourront pas consommer cet espace.
Il va se créer une segmentation territoriale des activités. On consomme une certaine quantité de
terre, ceci rentre dans les coûts de production des entreprises. Les entreprises peuvent payer plus ou
moins cher le mètre carré selon la demande.
On a ici le modèle de Von Thünen :

Courbe d'enchère

d3
agriculture
d
Profit moins
d d2
Profit plus élevé mais
1
élevé mais coût cout de
de transport transport
plus élevé (ex : plus faible
banque) (ex :
industrie)

La courbe d'enchère donne la partie de la rente que l'entreprise peut destiner à l'espace. Plus on se
rapproche du centre, plus elle consacre son profit net au foncier.

D1 : le prix que les services peuvent offrir (forte concurrence foncière)


D2 : le prix que l'industrie peut offrir
D3 : le prix que l'agriculture peut offrir (pas de concurrence foncière)

Le déserrement industriel : avant les industries étaient proche du centre-ville, car les transports
étaient moins nombreux, les villes étaient moins denses. Puis elles se sont densifiées, les prix au m²
ont commencé à monter, les industries ont du à un moment s'agrandir et leurs ouvriers habitaient
dans un espace beaucoup plus large. Si les industries vendent leurs terrains, elles peuvent faire des
plus-values en s'installant en périphéries. Il n'y a pas de perte pour les salariés et l'entreprise peut
s'agrandir fortement.
Autre problème, les lieux de stockage qui s'éloigne du centre-ville, favorisant la logistique du
dernier kilomètre, le trafic de camion en centre-ville. La problématique est de replacer les centre de
stockage en ville (ex : Sogaris à Marseille) en créant des entrepôts en ville qui rentabilisent leur
activité en ayant d'autres activités (bureaux et panneaux photovoltaïques pour Sogaris).

On a un phénomène de ségrégation spatiale. Le prix du sol dépend de l'activité, soit à la valeur de


l'attribut du sol. Mais aussi une un regroupement identitaire (ex : zone à vue sur la mer,
regroupement d'un même groupe social dans un lieu). C'est le même comportement que pour les
entreprises mais pour l'être humain qui cherche à se regrouper, c'est l'effet de voisinage.

1.5 Organisation de l'espace et composition du territoire

L'effets de voisinage est le fait de donner une valeur selon les autres habitants. La composition du
territoire est composé comme on l'a vu des ressources, mais aussi par le fait que certaines activités
entrainent d'autres implantations, par l'effet des externalités. Externalités qui augmentent la
productivité de l'entreprise. C'est l'effet d'agglomération, la rentabilité va être affectée par la
composition de l'activité économique. La somme de la production de 3 entreprises va être
supérieure à la somme des 3 entreprises situées à des endroits différents. C'est une économie
d'échelle externe liée à la proximité géographique liée à d'autres activités (Economie
géographique : Krugman). C'est un effet cumulatif à l'agglomération.
On en identifie 2 : les effets d'urbanisation et les économies de localisation.

Les effets d'urbanisation sont des économies d'échelle externe liée à la proximité
géographique d'entreprises ayant des activités différentes.

Les économies de localisation sont des économies d'échelle externe liée à la proximité
géographique d'entreprises ayant la même activité ou de la même filière.

Les effets d'urbanisation : les infrastructures publiques financées par un plus grand nombre
d'usagers (électricité, télécoms). Les coûts unitaires diminuent car il y a des économies d'échelle
importantes (la construction coute chère mais la connexion est quasiment gratuite). C'est un effet de
partage des infrastructures communes. Le fait même d'avoir une demande locale importante est un
atout économique, c'est un externalité pécunière . Ils sont là car c'est facile à vivre, le travail est
facile à trouver, etc...
C(q)/q = K/q + c : coût moyen divisé par la quantité de personnes qui utilisent le capital.
C(q) = K + cq : coût d'un réseau.
Il y a aussi un effet de variété du consommateur : les consommateurs ont accès à une variété de
biens et services, ce qui augmente la possibilité de sélectionner les biens que les consommateurs
préfèrent.
Cette variété touche aussi les entreprises : les entreprises préfèrent les marchés locaux du travail
qui ont une variété de qualifications voulues, ce qui réduit les couts de recrutement et de recherche
des salariés.
Le caractère assurantiel : il va y avoir un bénéfice non matérialisé qui fait qu'un territoire
fortement urbanisé et diversifié est moins touché par les crises qu'une région mono-sectorielle. La
ville est un système d'interdépendance, si un secteur dominant est touché par une crise, l'ensemble
des secteurs sont touchés, alors qu'une ville avec des secteurs diversifiés, si une crise touche un
secteur, elle touche certains secteurs, ne touche pas certains et peut aussi profiter à secteurs.
L'aspect assurantiel est plus compliqué à définir pour les entreprises que pour les individus. Les
entreprises préfèrent ne pas prendre trop de risques au niveau de la localisation.

Les effets de localisations : c'est le premier type de localisation étudié par Marshall en 1929.
Géographiquement, les entreprises de même secteur étaient regroupées et cela apportaient des
avantages au sein d'une atmosphère industrielle. Si une entreprise innove, on va le savoir plus
rapidement, il y a une diffusion plus élevée de l'innovation et une amélioration des performances
collectives plus forte. Il y a dans la diffusion de l'information un caractère générique, standardisé
et un caractère tacite. Il y a une codification (brevet, etc...) qui permet la transmission de
l'information à distance mais l'aspect tacite est beaucoup plus difficile à transférer lors de la
codification. La transmission du savoir est beaucoup plus performante lorsqu'on y intègre un savoir
tacite. Et encore plus quand ceux qui échangent ont des connaissances communes.
Sur le marché du travail, on a le même avantage. La formation est générique (diplôme élevé)
mais aussi spécifique (beaucoup d'expérience). Les tissus peu dynamiques n'ont que des diplômes
généraux et peu spécialisés. Si le secteur a plus de poids, la formation est plus spécifique au sein
d'une entreprise. La strucuture collective prend en charge le générique et les entreprises le
spécifique, qui peut être partagé entre plusieurs entreprises d'un même secteur par la mobilité des
salariés.
Il y a un conflit de type concurrentiel, augmentant les salaires, mais les entreprises se mettent
souvent d'accord. La concurrence acharnée sur une zone à ce niveau est néfaste à long terme. Les
structures et les tissus qui ont les plus grands effets de localisation sont ceux qui ont des pôles avec
une grande entreprise ou alors une multitude de petites entreprises qui exportent par exemple qui
s'entendent, les gains que les entreprises peuvent réaliser dépendent aussi des autres. Certaines PME
sont à certains moment les fournisseurs par l'approvisionnement de grands marchés extérieurs et
finissent par être sous-traitants l'un de l'autre. Ce sont des systèmes de coopération et concurrence :
la coopétition. Ce genre de tissus sont des districts industriels ou Système Productif Local (SPL).

La taille du tissu pour faire apparaître ces effets de localisation est beaucoup plus faible par rapport
aux effets d'urbanisation. On a un modèle de spécialisation sectoriel et se concentrer dans un
secteur, avec par exemple un emploi sectoriel très élevé. On a donc le modèle de districts avec des
PME et PMI et le modèle avec une entreprise dominante (ex : Michelin à Clermont-Ferrand) mais
avec une relation de sous-traitance (clients-fournisseurs).
Il y a un problème de dépendance. Ces tissus fortement concentrés vont générés des effets de
dépendances à l'entreprise dominante, il y a problème quand l'entreprise ne crée plus de richesses,
est en crise. Il y a une amplification de la crise, il n'y a pas d'autres secteurs de croissance, la crise
se diffuse à tous les secteurs (ex : chantiers navals de La Ciotat). La structure sectorielle nous
informe sur la performance et la diversité du tissu. On peut donner à ce processus de développement
spécialisé un caractère risqué contrairement à un développement diversifié.