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Le magazine des impatients Gratuit

L’ orientation
quel casse
tête !

Parcours Sup, Châtellerault hier et aujourd’hui,


la fessée, chef d’orchestre….
n°58, mai 2018
EDITO : 20 ans, c'est ça,
Couv©K’eskon attend, p.2 et der ©S Lenhard
être jeunes ? C'est la question
Imprimé à 900 exemplaires par Jouve, 733
que sont venus poser chez nous,
rue St Léonard, 53100 Mayenne
au collège, les comédiens du CE-
ISSN : 2107-5190 Collège René Descartes, 98 bd PI de Poitiers. Une expérience
Blossac, 86 106 Châtellerault.
étonnante pour nous aussi.
Directeurs de publication : Jacques Arfeuillère et Ce mois-ci, nous avons eu l’occasion
Séverine Lenhard,Avril 2018 de voir le spectacle « 20 ans et
Projet soutenu et financé exclusivement par la alors? » présenté par les 3T qui a
ville de Châtellerault et la Communauté organisé, chez nous, comme dans
d’Agglomération du Pays Châtelleraudais. d'autres établissements de la ville
Merci à eux ! Partenariat avec le « 4 », pour des représentations théâtrales quasi
des ateliers vidéo avec José Bourdon et des
« à domicile ». Avec la complicité de
ateliers images avec Aïssa Kandila. Merci !
François Martel, professeur d'art
dramatique au conservatoire de
Poitiers qui fait tourner ses jeunes
Au sommaire comédiens de CEPI à Châtellerault.
p.3 : Interdiction du télé- Ils ont 20 ans ou un peu plus et, pour
phone au collège cette fois, ils ont choisi de parler de
p.4 -5: La grève au collège ça avec une pièce de Don Duyns
Descartes qu'ils ont adaptée, augmentée de
p.6 : Magnétiseuse leur propres textes et de leurs mu-
siques. Pour poser des questions sur
p.7-8 : Parcours Sup’
ce que c'est qu'être jeune.
p.9 à 11 : Châtellerault Ce spectacle nous a fait découvrir
pendant la 2de guerre l’univers des 20 ans. Les rencontres
mondiale étranges qu’ils font (dans une scène,
p.12 à 15 : Châtellerault, 5 personnages se questionnent sur
ville morte ? une personne qu’ils ont rencontrée),
p.16-17 : La fessée les parcours différents qu’ils entre-
p.18 : Chef d’orchestre prennent (dans le spectacle, l’un des
p.19 : Métier Forain personnages est un chanteur qui se
questionne sur son métier, une
chante de l’opéra et puis plusieurs
stagnent encore sur leur parcours.)
Car 20 ans, c’est un état de réflexion
et de questionnement face au
monde qui nous entoure. A 20 ans
on a des rêves plein la tête pour en-
treprendre et créer notre avenir.
Journalistes : Inès Aggairi, Sarah Aggairi, Puis, des fois on a peur de celui-ci.
Maxime Ait-Amara, Maëlys Barbarin, Nous, nous n'avons que 14 ou 15
Maëla Bergonnier, Hugo Blanchet, Arthur ans, mais ces sentiments, on les
Braguier, Thomas Danigo, Camille comprend bien.
Davignon, Alban Decourt-Mesa, Chloé Dans le spectacle « 20 ans et alors
Dubreuil, Danlloba Fofana, Yaël Froger, », une scène était particulièrement
Elen Gasparyan, Maxine Gillard, Laura étonnante. Un personnage regarde
Hoffmann, Noé Jaillot, Eva Labille, Mathieu dans un miroir son avenir et il a peur
Ledoux, Cléo Marcadal, Thomas Moreira de lui. Il le perçoit plein de question-
nement mais aussi d’espoir. Et ce
Da Silva, Pauline Noiret, Stella Ovsepian,
sont deux comédiens qui le jouent,
Enzo Paquet, Pauline Poupeau, Lilly
l'un à « l'endroit » et l'autre à l'en-
Schneider, Clarence Taverne, Mélissa vers comme un reflet. C'est dur de
Verdin et Louka Jouneau. saisir son image !
Le téléphone,
bientôt une interdiction?
messe du candidat Macron.
Cette question se discute toujours.
Chez nous en particulier, dans les
collèges. Peut-on vraiment, en effet,
interdire la présence physique des
téléphones portables dans les établis-
sements ? Certes, ce seront les règles
mais ces règles ne nous semblent pas
très faciles à faire appliquer. Les pro-
fesseurs ne vont sans doute pas se
casser la tête à fouiller dans les sacs
des élèves pour voir si ils ont un télé-
phone ou pas. D'ailleurs, ils ne doi-
vent pas en avoir le droit. Mais plutôt
que reprendre les arguments que
tout le monde connaît pour défendre
le portable, on pourrait en profiter
pour voir ce que signifie son absence.
Quand on entend nos parents ou nos
grands parents dire qu'ils sont con-
tents de ne pas être nés à notre
époque, c'est tout à fait compréhen-
sible. Eux, ils n'avaient pas de télé-
phone donc, s'ils sortaient, leurs pa-
rents ne pouvaient pas les joindre et
puis surtout, ils allaient s'amuser
pour de vrai et n'étaient pas collés
aux écrans. On peut envier cette li-
berté mais il faut aussi accepter
©Severine Lenhard

qu'aujourd'hui, les téléphones sont


indispensables selon certains. A
moins que la société fasse en sorte
que ce ne soit pas le cas...

A
Quand on était petit, on n'avait pas
ujourd'hui quasiment On peut donc avoir son téléphone de téléphone mais on s'amusait
tout le monde a un télé- mais il doit être éteint et on doit faire quand même. Aujourd'hui, il y a car-
phone dans les établisse- comme si on ne l'avait pas. rément des enfants d'école primaire
ments scolaires. Dans Dimanche 10 décembre 2017, le mi- qui ont un téléphone. Plus le temps
certains établissements, l'usage du nistre de l'éducation Jean-Michel passe, et plus on a un téléphone plus
téléphone durant les récréations est Blanquer a déclaré qu'il compte à la jeune. Bon... Un professeur a dit : "Je
autorisé mais durant les cours inter- rentrée 2018 renforcer l'interdiction rêve d'une école o ù on arrive à faire
dits. Dans d'autres, il est interdit de des téléphones portables dans les réfléchir les autres".
l'utiliser quel que soit l'endroit mais écoles et collèges. Cette annonce ne Stella Ovsepian,
le fait de l'avoir sur soi ne l'est pas. fait d'ailleurs que reprendre une pro-

3
Descartes Discount ?
La presse locale, TV, Radios et Presse écrite ont abondamment couvert
l'événement : Le collège René Descartes de Châtellerault a fait une
grève pour manifester son mécontentement du lundi 8 janvier au mar-
di 16 janvier. 10 jours pour quoi ? Nous avons voulu comprendre.

L e rectorat, en attribuant les


moyens pour la rentrée pro-
chaine, a décidé de suppri-
mer deux classes du collège
René Descartes. Cause avancée ? La
diminution des effectifs. Pour les
autorités académiques, mathémati-
afin de programmer leurs actions
(discussions avec le rectorat, manifes-
tations, blocage, etc.) Ainsi des mani-
festions ont été organisées comme
celle du jeudi 11 janvier où il a été
distribué des tracts pour informer de
la situation du collège devant les
quement, le collège a le nombre de portes ou encore celle du samedi 13
classes qui correspond à ses effectifs. janvier. On a pu assister ainsi à un
Suite à cela, les professeurs ont déci- nouveau baptême du collège
dé de se manifester en faisant une « Descartes Discount » ou encore à
grève. Ils ont rapidement été rejoints un enterrement des deux classes sup-
par les parents d’élèves. Durant primées. Ils se sont donné aussi ren-
quelques jours, ces derniers ont blo- dez-vous devant la mairie pour dispo-
qué les portes du collège en empê- ser le mobilier de deux salles de
chant ainsi les cours. Régulièrement classes, une manière symbolique de
les professeurs et les parents se réu- montrer ce qu'on enlevait à leur éta-
nissaient en assemblées générales blissement. 10 jours d'action bien
pour se mettre d'accord sur les remplis pour quel résultat ? C'est ce
moyens de récupérer les moyens que le journal a essayé de savoir en

©K’eskon attend
qu'ils estimaient nécessaires pour interrogeant les acteurs et les té-
une bonne rentrée 2018. moins.
Lors des réunions, les professeurs
ainsi que les parents se concertaient (suite page suivante)

era udais
L’avis des châtell mandant leur
nt re -v ille de Ch ât ellerault, en leur de
ns le ce
é des personnes da la rue.
Nous avons interrog sc ar te s. Q ue lq ue s réponses au fil de
collège René De
avis sur la grève du ès bien ma
is après,
« C’est tr and il a
r vous ement, qu
« Ils ont eu raison s tr è s positif pou le gouvern
de faire grève « Ce n’est
p a r avec s sont
surtout les profs a ll e z v o u s retrouve s se s d é c isions, elle
vous s en diffi- pri ment
car c’est quand parce que e les élève lheureuse
même leur futur ec ti fs e t q u
an- prises. Ma
job qui est mis de gros eff e c ô té et on av ue des pio
ns. »
en péril puisque les laiss e ra d on n'est q
si on leur sup- cultés, on à suivre le
prime des classes
ça veut dire e c c e u x q ui arrivent
cera av
qu’on augmente
les effectifs dans cours.
les classes. La qu
alité d’enseigne-
pression de
ment devient un u e d ’a b ord il y a sup
peu minable
onne chose p
ar ce q arce qu’il
parce que le prof « C’est une b d o it m ê m e pas exister. P
ne pourra pas r, ça ne nement, je
peut pas dure alité d’enseig
assurer de la mêm
e manière que classes, ça ne don c p o u r la q u
up d’élèves et
s'il a de petits eff
ectifs. » reste beauco e. »
est dommag
trouve que c’

4
Pourquoi avoir fait grève ?
Jacques Arfeuillère, représentant syndical au collège a été un de ceux
qui ont organisé le mouvement. Il explique son point de vue et raconte.

« Personnels et parents ont


considéré que les moyens
alloués pour la prochaine
rentrée ne seront pas suffisants pour
que cette rentrée se passe dans de
parents ont pris le relais en bloquant
l’accès aux cours et en demandant aux
familles de ne pas envoyer les enfants
pour soutenir le mouvement. Comme
cela, entre grèves et blocages, le col-
progresser l'idée dans la tête de cha-
cun des partenaires du collège qu'il
fallait lui reconnaître une priorité qui
justifie des moyens spécifiques, des
moyens particuliers. Sur les 57 heures
bonnes conditions. Il faut dire que lège est resté sans cours pendant 9 réclamées par le mouvement, seules
moins d'élèves sont attendus l'an pro- jours. » 20 heures ont été accordées. Pourtant
chain, ce qui a conduit le rectorat (qui le lendemain, une assemblée générale
Qu'attendiez-vous en faisant cette
distribue les moyens) à compter deux a décidé de suspendre le blocage. Un
grève ? L'avez-vous obtenu ?
classes de moins et à diminuer l'enve- collectif de défense du collège a été
loppe en conséquence. Mais person- « Au bout de 9 jours de silence et de fin constitué réunissant parents, person-
nels et parents étaient sur une autre de non-recevoir des autorités recto- nels dont la vocation est d'obtenir le
logique : comme il y aura moins rales, une réunion a enfin été organi- reste et de faire reconnaître les difficul-
d'élèves, disent-ils, il faut en profiter sée réunissant le directeur acadé- tés du collège pour leur trouver des
pour maintenir les moyens et avoir miques, le conseil départemental, la solutions durables. »
plus pour répondre aux difficultés des mairie, le député pour trouver une
Dossier réalisé par Braguier Arthur,
élèves. Ils considèrent en effet que le solution. La réunion a permis de faire
Paquet Enzo, Barbarin Maëlys.
collège Descartes a de plus en plus
d'élèves en situation d'être aidés et
réclament que des efforts particuliers
soient faits pour tenir compte de cela.
Ils disent qu'ils diffèrent peu des autres
collèges publics de la ville qui sont re-
connus en situation d'éducation priori-
taire et demandent à ce qu'on tienne
compte de cela. Ils protestent égale-
ment contre la suppression de postes
d'agents de service et réclament des
moyens supplémentaires pour la vie
scolaire et l'infirmerie. »

Comment a-t-elle été organisée ?

« Les personnels et les parents ont


commencé par vouloir dialoguer. Ils
ont rencontré les autorités rectorales
avant les vacances de février. Puis leurs
élus au conseil d'administration se sont
opposés à la dotation horaire de l’éta-
blissement en conseil d'administration.
Quand ils ont vu qu'ils n'étaient pas
©K’eskon attend

entendus, ils ont décidé un mouve-


ment pour la rentrée des vacances. Le
premier jour, les personnels se sont
mis massivement en grève, puis les

5
Le magnétisme :
c'est quoi, si ça
existe ?
Charlatanisme ou don humain ? Difficile de répondre, les avis se com-
battent. Nous avons choisi la rencontre pour essayer d'y « voir plus
©K’eskon attend
clair ». Interview saisissante de Gaëlle Quevy, magnétiseuse dans
l'âme, avec 15 ans d’expérience derrière elle.

du patient, les résultats sont là." tologue spécialisé à Paris, son état
stagnait. En venant me voir, nous
Qui êtes vous ? Quel est votre parcours profession- avons éradiqué le lupus en un soin."
"Je m'appelle Gaëlle Quevy, je suis nel ?
maman de six enfants, je suis mé- Un mot pour les personnes dou-
"J'ai fait des études de biologie ma-
dium / magnétiseuse et j’exerce ce teuses et sceptiques de votre profes-
rine, ce qui n'a absolument rien à
métier depuis 15 ans." sion ?
voir avec mon métier actuel. Il n'y a
aucune école de magnétisme en "Au bout de 15 années de pratique,
En quoi consiste votre métier ?
France. J'ai donc appris en rencon- ce n'est plus question de chance ou
"Je suis magnétiseuse. Mon métier
trant des médiums et des magnéti- de hasard. Quand j'ai des animaux ou
consiste à manipuler et à rééquilibrer
seurs qui m'ont transmis leurs sa- des nourrissons en soin, eux ne réflé-
les énergies de chacun. Je fais en
voirs. J'ai ensuite continué d'ap- chissent pas comme des adultes et
sorte que les personnes qui viennent
prendre dans un cabinet, accompa- pourtant les résultats sont présents.
me consulter se sentent mieux,
gnée de trois autres magnétiseurs. Malheureusement, beaucoup de per-
qu'elles affrontent leurs douleurs ou
De plus, j'ai toujours vécu entourée sonnes mal intentionnées usent de
maladies dans de meilleures condi-
de numérologues, kinésiologue, psy- leur image de "magnétiseur" et salis-
tions. Je pratique aussi de multiples
cho-généalogiste.." sent la réputation des bons
soins sur des personnes mais aussi
magnétiseurs qui œuvrent
sur des animaux ( problèmes de
Une anecdote à nous pour les gens." En tant que
peau, de comportement, de som-
raconter ? magnétiseur, il faut toujours
meil, de stress, brûlures, etc). A la
"J’étais dans un restau- se remettre en question.
naissance de ma fille, j'ai pris cons-
rant et il y avait une Contrairement aux préju-
cience de mon don et j'ai accepté ce
dame dans la salle avec gés, je ne suis pas
que m'avait offert la vie."
une cicatrice sur l'épaule. « perchée », je ne fais pas
Je n'avais qu'une seule de prières à 2 heures du
Quels sont vos procédés ?
envie, lui mettre ma main matin, et je n'ai pas de
"Dans le magnétisme, il faut savoir
dessus, malheureusement chouette empaillée sur
qu'on soigne une personne par la
je ne l'ai pas fait car je n'avais pas mon bureau. On nous met tous dans
voix, le regard et le toucher. Tout
encore conscience de mon don mais le même dans le panier parce qu'il y
magnétiseur est hypnotiseur sans le
cela m'avait fortement intriguée. Une a des gens qui ont abusé de leurs
savoir, ce n'est pas quelque chose
autre, si vous voulez : un jour, une dons et de la faiblesse des gens. Mal-
que l'on apprend. Si cela marche,
petite fille qui habitait en Belgique, gré cela, il y aura toujours de bons
c'est parce que la personne ou l'ani-
est venue me consulter avec ses pa- magnétiseurs présents pour aider les
mal entend au plus profond d'elle,
rents en Normandie. Elle était gens."
sans s'en rendre compte. Peu im-
atteinte d'une maladie de peau incu-
porte l'état d'esprit ou les préjugés Cléo Marcadal et Ines Aggairi.
rable : Le Lupus. Suivie par un derma-

6
Parcoursup, une plate-forme
vers la sélection ?
Autrefois APB, aujourd'hui Parcoursup, les termes sont énigmatiques pour qui
n'a pas à passer le bac cette année. C'est pourtant fondamental quand on sait
que derrière ce nouveau mot se dissimule la clé qui ouvre le champ des
études post-bac. Et là, on a intérêt de comprendre si on ne veut pas se fermer
des portes. Petit effort d’explication en particulier pour comprendre la grogne
étudiante et lycéenne de ce printemps.

hiérarchiser, alors que


sur Parcoursup il y a 10
vœux non classés (et ça,
c'est pas forcément un
argument en faveur de
©Montage K’eskon attend

parcoursup.)
Les arguments des op-
posants
La première chose qui
fait peur, c'est la lettre
de motivation : les can-
didats devront rédiger
pour chaque vœu une
lettre de motivation,
Parcoursup, c'est quoi ? On peut faire entre 1 à 10 vœux.
dans laquelle ils doivent mettre en
Parcoursup est, en fait, une procé- On peut aussi faire 20 sous-voeux avant les activités extra scolaires.
dure faite pour tous lycéens qui, maximum pour des voeux de BTS,
Voilà qui va beaucoup avantager
après le BAC, veulent faire des DUT, CPGE, licences et PACES. Les
ceux dont la famille a favorisé l'en-
études supérieures. Il s'agit de sous-voeux permettent de candi- gagement culturel et associatif !
faire connaître ses vœux qui, dater en même temps pour plu- Ensuite, on demande aux facs de
après examen, se transformeront sieurs cursus similaires. définir les compétences attendues
en une admission quelque part Ce qui change entre le APB de de leurs futurs étudiants : c'est
(ou pas). l'an dernier et Parcoursup comme un pré-recrutement et les
Les vœux Quelques exemples de ce que lycées vont devoir se mettre à leur
déclarent ceux qui ont mis en service plutôt qu'au service de la
Les vœux peuvent se faire sur tous
place la nouvelle procédure. Des population qu'ils accueillent. En-
les types de formations sélectives
arguments contestés, bien sûr par fin, la stratégie à suivre pour être
(ex : BTS, CPGE, DUT, Ecoles, etc.)
ceux qui s'y opposent. Sur APB, sûrs d'être recrutés au bon en-
ou jusqu'alors non sélectives
certaines filières étaient saturées droit sera difficile à penser pour
(licences, PACES), dans les établis-
alors que sur Parcoursup il y aurait qui n'est pas accompagné : on a
sements choisis. Il faut savoir que
des places en plus. intérêt d'avoir une famille une
désormais, tout devient sélectif
famille au courant ou il faudra
puisque les établissements défi- Sur APB il n'y avait que quelques
donner de l'argent à des coachs en
nissent des « attendus » à partir informations sur l'orientation
scolarité comme il y en a de plus
desquels les étudiants sont rete- alors que sur Parcoursup il y a 2
en plus. (…)
nus ou non. semaines spéciales en terminale.
Enfin, sur APB il y avait 24 vœux à

8
Ce que des lycéens et des profs en pensent :
Marie , lycéenne Pascal Canaud, profes-
« Parcoursup, c'est nul car maintenant on va être choisie par tri seur d'espagnol à Poitiers
sélectif, plus par nos capacité mais par nos résultats. Je suis plu-
tôt une bonne élève mais je ne suis pas rassurée pour autant. J'ai « Les conseils de classe de lycée doivent
plutôt des bonnes notes sauf en maths et cela m'inquiète un peu remplir Parcoursup et se prononcer sur
les vœux des élèves. Entre autres choses,
car je sais qu'ils peuvent regarder mes notes. Maintenant on doit
il s'agit du côté des élèves, de faire une
faire une lettre de motivation pour chaque établissement et par-
lettre de motivation sur leurs 10 vœux
fois même rédiger un CV. Cela m'inquiète un peu car je n'ai pas
pour les études supérieures. Du côté des
l'habitude d'en faire. J'ai appris que certaines universités ne li- profs, il s'agit de se prononcer sur la cohé-
raient pas toutes les lettres, mais seulement celles des meilleurs rence de ces vœux et sur les "chances de
pour les départager, ce n'est pas très bien pour les autres élèves. réussite" de chaque élève dans l'ensei-
Certaines universités ont mis en place des algorithmes qui leur gnement supérieur. En clair le conseil de
permettent de choisir les meilleurs dossiers parmi tous ceux classe doit pré-sélectionner les futurs
qu'elles reçoivent. Avec Parcoursup tout est devenu affaire de étudiants avant que les facs ne les sélec-
sélection. » tionnent définitivement.
Je trouve qu'à travers Parcoursup, il y a
un choix de société que personnellement
je ne partage pas.
Avec Parcoursup, le bac n'est plus la con-
dition nécessaire et suffisante pour aller à
la fac. Jusqu'à maintenant, dans l'idée, le
bac est la garantie d'un niveau scolaire
nécessaire et suffisant pour faire des
études supérieures. L'État, à travers l'Édu-
cation nationale, se donne les moyens
que le maximum d'élèves arrive à ce ni-
veau.
Avec Parcoursup, l'État, à travers l'Éduca-
tion nationale, ne se donne plus d'obliga-
tion de réussite pour les élèves. Elle se
contente de trier, sélectionner des élèves
solitaires qui font des choix personnels
d'études au lycée puis à la fac. L'État, à
travers l'Éducation nationale, se donne
l'objectif prioritaire de choisir "les bons".
©K’eskon attend

Tout devient une question de mérite per-


sonnel ou de faute personnelle. L'Éduca-
tion nationale se vivrait comme juge de ce
mérite ou de ces fautes. Elle ne se vivrait
plus comme responsable de l'élévation du
Océane, lycéenne niveau général des jeunes du pays.
« Alors, oui je connais Parcoursup vu que c’est la nouvelle plate C'est une vision générale de la société :
forme post bac; j’ai pas rencontré de difficultés; je pense que c’est sommes-nous une somme d'individus
pas mal mais qu’il manque d’infos sur certains points, on est par- solitaires ou veut-on "faire société" à sa-
fois trop pris au dépourvu face à certaines « données » (sur le coup voir construire un monde meilleur en-
je peux pas te dire quels points, faudrait que je me remette dans le semble ? Et ces choix de société sont aus-
truc); après si j’aime ou pas, je pourrais pas trop te dire parce que si des histoires de gros sous. »
ça reste une plate forme post bac pour espérer une affectation
l’année prochaine. » Dossier réalisé par Pauline NOIRET,
Pauline POUPEAU, Danlloba FOFANA.

9
Il était une fois,
Châtellerault au temps
de la 2de guerre mondiale !
K’eskon attend vous propose un retour dans le passé, au temps de la Seconde guerre mon-
diale, au travers des souvenirs de Jacques Baudoin. L'homme, malgré son jeune âge quand
la guerre a débuté, n’en garde pas moins un grand nombre d’anecdotes et de ressentis qu’il
nous confie. Mémoires d'un enfant de sept ans en temps de guerre.

Comme beaucoup de commerces à


Châtellerault en cette période de
mobilisation, la "Pâtisserie Blossac"
sise au 37 boulevard Blossac, au-
jourd’hui le 114," baissa son ri-
deau". Mon père Gaston Baudoin,
avait succédé à son père Albert Bau-
doin, qui fut le fondateur de cette
pâtisserie dans l’année 1918. La
renommée de celle-ci dépassait les
limites du Châtelleraudais. Tous
deux furent récompensés et médail-
lés plusieurs fois.
©Montage K’eskon attend
Faisaient-ils partie de la Résis-
Comment avez-vous vécu la Comment vos parents ont-ils vécu tance?
guerre? la guerre?
A la déclaration de guerre le 3 sep- Il m’a fallu attendre quelques an-
tembre 1939, je n’avais qu’un an ; Il est difficile de se mettre à la place nées, avant que je puisse com-
donc, pas encore conscient de ce des parents, lorsque l’on est un en- prendre les actions de certaines
terrible événement. De ma petite fant, surtout dans ces périodes, personnes de mon entourage. Un
enfance, de la déclaration de mais, je revois les pleurs de ma de mes oncles fut chef de la résis-
guerre, jusqu’à la libération, le 8 mère pendant l’absence de mon tance du Maquis François et de l’ar-
mai 1945, où je vais atteindre mes 7 père, mobilisé en août 1939, afin de mée secrète pour la Creuse et
ans, j'ai cependant vécu beaucoup rejoindre le 51ème régiment de l’Indre.
d’événements dont je conserve le chars de combat à Gien, ainsi que Mon père, depuis son retour du
souvenir. Alertes des sirènes per- leurs larmes de joie, jointes aux front où il fut enterré quelques ins-
çant la nuit, alertes de jour, mitrail- nôtres pour son retour en ce début tants sous les retombées d’un obus,
lages, bombardements, trois sur du mois d’août 1940. L’armistice dès qu’il le put, fit partie des résis-
Châtellerault, un sur Guéret, vont ayant été déclarée en juin. tants. Il fut toujours très discret sur
me donner une maturité précoce. Mon père a mal vécu cette période, ses actions personnelles, laissant à
Aujourd’hui encore, je ne puis réali- ne pouvant exercer librement son ses compagnons l’honneur de leurs
ser que je n’avais que sept ans, tant métier de pâtissier, confiseur, gla- réussites.
je savais gérer ces moments diffi- cier, faute des denrées nécessaires, Personnellement, j'ai deux souve-
ciles pour un enfant. Je pense que réquisitionnées par l’occupant, nirs. Mon père partait souvent à la
cette enfance m’a fortifié pour le entre autres, farine, beurre, œufs, tombée de la nuit. (…)
restant de mes jours. lait, etc.

10
Or, lorsque je lui demandais," Papa ! Heureusement, aucune patrouille Alle- nos " Laisser- passer.» Nous pouvions
Où vas-tu ? " Il me répondait, « Aux mande n’était dans le secteur…Sinon ! regarder de près nos envahisseurs que
écrevisses, tu sais bien, c’est le soir Comment était Châtellerault lors de nous surnommions, " les boches."
que l’on en prend le plus. Effective- l’occupation allemande? Avez-vous En mémoire aussi, la gare de Châtelle-
ment, nous en avons vues et man- remarqué des changements tels que la rault qui fut le centre de la ville pour
gées… » mentalité des habitants, l'architecture différents événements qui ont marqué
Nous écoutions aussi la BBC, cette ra- de la ville, la propagande, les vitrines de nombreux châtelleraudais. Dans le
dio Londres des " Français qui parlent des magasins... ? désordre, des trains de réfugiés Belges,
aux Français. " Bien sûr interdite en Concernant le centre-ville de Châtelle- fuyant devant l’envahissement de leur
cette période de guerre. Un jour, j’ai rault, pour moi, enfant, ce qui avait pays par les Allemands.
trouvé dans un tiroir des petits carrés retenu le plus mon attention fut la Mon grand- père, y recueillit une fa-
de soie blanche, qui présentaient en- construction des abris anti-aériens mille qu’il hébergea quelques temps.
core les traces d’attaches, où de toute pour la protection civile, sur le boule- Les parents devinrent des amis de la
évidence ils avaient été reliés à des vard Blossac. Abris, dont une entrée famille et y restèrent toute leur vie.
suspentes. – Des parachutes !...Oh ! était juste en face de la pâtisserie. Également, l’arrivée des trains de mu-
Quel bonheur !
Ce fut pour nous, à cette époque, une nitions et de matériel Allemand, qui
Je me suis empressé de reconstituer œuvre gigantesque. J’y ai joué et visité angoissaient les riverains, craignant un
ces suspentes et d’attacher un poids à de nombreuses fois ces couloirs de bombardement, ce qui arriva.
deux spécimens et ainsi à ma grande béton, mais nous restions dans notre Mais aussi, les trains de rapatriement
joie de les lancer du balcon surplom- cave, juste en face, même lors des des prisonniers Français revenant des
bant la pâtisserie, afin qu’ils atterris- alertes aux bombardements, où sous le camps Allemands. J’y allais régulière-
sent sur le boulevard Blossac. hurlement des sirènes brisant le si- ment avec des amis de l’époque et
C’était magnifique ! Sauf, que je vois lence de la nuit, au cou de ma mère ou leurs mères, dans l’espoir que leurs
courir ma mère sur le boulevard, afin mon père, je descendais les escaliers pères s’y trouvent. J’y vécus des mo-
de ramasser vivement les parachutes. "quatre à quatre." Curieusement, il me ments intenses en émotions, lors des
J’entends des pas précipités dans l’es- reste un sentiment d’amour profond, retours des fils, mari ou père de famille
calier qui relie au premier étage, ma lorsque mon père me serrait dans ces retrouvant leurs proches après des
mère entre furieuse, je n’ai que le bras. mois ou des années d’absence. Surtout
temps d’essayer de protéger mes Autre souvenir, celui des contrôles le retour des pères de mes amis.
joues. Allemands, en particulier au niveau du Quel(s) événement(s) vous ont mar-
Plus tard, j’apprendrai que ces magni- pont du Berry, où, pour rejoindre l’ac- qué dans cette ville durant la guerre?
fiques petits parachutes, servaient à tuelle avenue du Maréchal Leclerc, la
En ce très beau jour du mois de juin
retenir dans le ciel, les fusées qui si- rue Alfred Herault, ou la rue du général
mille neuf cent quarante-quatre, le
gnalaient aux avions alliés les aires de Reibel, alors, rue de l’usine à gaz, il
onze, plus exactement, nous allons à la
parachutage d’armes ou de munitions. fallait montrer "patte blanche" avec
rencontre de notre père
au dépôt coopératif de
la rue Maurice Be-
del, faisant angle avec le
boulevard Sadi Carnot,
qui se trouve à quelques
centaines de mètres de
la gare de Châtellerault.
Mon père a été requis,
de par sa profession et
ses qualifications, pour
assurer et gérer la distri-
bution des matières
premières aux boulan-
gers et pâtissiers de la
commune de Châtelle-
rault.

©Archives Châtellerault

11
©Archives Châtellerault
Nous avons l’habitude de remonter l’avenue Treuille, puis nant la rue du Tabary. Les bombes continuaient à tomber.
de remonter le boulevard Sadi Carnot. Ainsi tous les trois, Ma mère frappa de toutes ses forces à une des portes de
ma mère, ma sœur, (de trois ans et trois jours plus âgée), cette rue. « Ouvrez-nous !...Ouvrez-nous ! »
partons du boulevard Blossac, magnifique ciel bleu qui Enfin la porte s’ouvrit, une femme apeurée reconnut ma
permet de voir à des kilomètres. mère. « Entrez ! Entrez vite ! »
Nous commençons à remonter l’Avenue Treuille, et là, Nous descendîmes dans sa cave où d’autres personnes se
devant mes yeux, je vois comme des éclairs d’orage. Nous blottissaient. Le bombardement continuait, mon père
continuons. Arrivé à la moitié de l’avenue, je revois les était à cent cinquante mètres plus avant des bombes. Il
éclairs, je m’arrête. Ma mère me demande ce qui ne va nous raconta plus tard, que les éclats de bombes avait
pas, je ne puis répondre. haché tout ce qui se trouvait au-dessus de sa tête. Il de-
- Allez ! Viens !, Je ne puis bouger. Elle me tire par un vait sa vie à s’être jeté à plat-ventre. Il y eut onze morts,
bras, je résiste, elle insiste, Je refuse. – Où veux-tu aller ? le destin fit qu’il y en eut quatre de moins.
– En bas ! – Non, allez ! Viens !...Je me roule au sol, je ne
Une anecdote sur cette période de votre vie à nous ra-
veux pas me relever. – Où veux-tu aller ?...Là-bas ! Je
conter?
désigne la rue du Tabary. Elle cède, je me relève. Nous
Vous me demandez," une anecdote," je pense que ma
reprenons le chemin en sens inverse.
vue des premiers chars libérateurs, remontant le Boule-
Nous étions arrivés à l’angle de la rue du Tabary et Mau-
vard Blossac, ornés de drapeaux, de soldats perchés aux
rice Bedel, ma mère et ma sœur s’engagèrent dans cette
tourelles et de châtelleraudais agrippés à leurs flans, hur-
dernière.
lant, chantant, ne peut laisser indifférent un enfant.
- Maman !...Maman ! " Les deux queues !!...Les deux
Surtout qu’à son tour, il fut hissé sur un char, embrassé
queues !!" J’appelais ainsi ces avions bombardiers An-
par un soldat, lequel lui remit le premier chewing- gum de
glais, les " Avro-Lancaster " bombardiers du Royal Air
sa vie ainsi qu’une ration dessert," biscuit- chocolat " !...
Force Bomber Command, parce qu’ils avaient un double
Cela a des chances de lui rester toute sa vie.
empennage. Je vis les bombes se détacher des avions, se
Lorsque la guerre prit fin, j’avais sept ans, mais à cette
diriger vers nous. Je suivais le trajet des bombes qui se
période tout commençait pour moi et les autres, ce fut
dirigeaient vers la gare, je me jetai à plat-ventre dans le
« l’après-guerre »…et c’est une autre histoire…
ruisseau à l’angle des rues. Je vis plusieurs explosions,
ainsi que ma mère et ma sœur projetées en l’air, puis Un grand merci au témoignage de Jacques Baudoin riche
retomber sur le bitume. en souvenirs et en anecdote.
Heureusement, je les vis se relever, ma mère me releva à Laura Hoffmann
mon tour rapidement puis nous fîmes demi-tour, repre-

12
Châtellerault, ville morte ?
Les Inrockuptibles ont récemment rédigé un article sur la ville de Châtellerault. Cet article vou-
lait témoigner de la pauvreté des activités à Châtellerault, et de l’envie des jeunes de fuir la
ville. Nous avons voulu mener notre propre enquête et avons rencontré cinq personnes :Judes,
un jeune homme de 25 ans , une responsable de magasin de vêtement, un gérant de bar, un
professeur d’Histoire-Géographie pour le point de vue historique et géographique sur la ville
et le secrétaire général des 3T, Théâtre de Châtellerault. Nous avons voulu ajouter des points
de vue en plus de ceux des quelques jeunes interrogés par les Inrocks. Sans prétendre, bien sûr,
faire le tour de la la question.

L’avis de Vincent Olivier


Vincent Olivier est secrétaire général aux 3T et a vigoureusement réagi à l'article des Inrocks, qu'il a trouvé
partiel en omettant de nombreuses données notamment culturelles.

C hâtellerault est une ville à


taille humaine et on peut
tout y faire à pieds. Il y a
des difficultés, certes, notamment
d'un point de vue économique avec
de nombreuses personnes en diffi-
culté. Sur la désertification du
centre-ville, Le fait que les en-
seignes commerciales, notamment
les grandes enseignes de vêtements
par exemple, partent toutes dans
les zones en périphérie est une
des causes la dévitalisation du
centre ville. Il existe dans d'autres
villes, par exemple, tous les maga-
©K’eskon attend
sins dans une rue entière et cela
draine du monde et de l'activité. comparer à taille comparable ! ce qui demande suffisante mais quand il y en
veut donc dire qu'il faut comprendre a, personne n'y va donc c'est un peu le
Concernant la présence ou non des
que Châtellerault est petit par rapport serpent qui se mord la queue.
jeunes à Châtellerault, la difficulté est
à ces villes là, mais la population jeune Il y a des activités pour les 14-20 ans et
que Pour les études supérieures, c’est
existe. une vraie jeunesse créative et créa-
compliqué car après le lycée, il faut
trice que l'on retrouve dans les options
obligatoirement partir car il n'y a pas « Il se passe des choses pour les théâtre, cirque de Berthelot, au con-
de fac et il n'y en aura sûrement pas à jeunes » servatoire, etc.
Châtellerault. La ville n'a pas la taille
Et il y a tout de même des choses pour Selon lui, Châtellerault n'est pas une
suffisante. Il y a, quand même, l’IUT,
les jeunes, contrairement à ce que ville morte, mais il semblerait que
ce n'est pas énorme et d'ailleurs la
laisse entendre « les inrocks » : les « tout le monde aime bien qualifier sa
plupart des personnes qui y sont ne
deux cinémas avec chacune des salles ville de "morte". Moi, je ne le pense
sont peut-être même pas des Châtelle-
neuves, les bibliothèques, le conserva- pas même si il est vrai que j'aime bien
raudais. La question est plutôt de sa-
toire, la patinoire, les 3T, l'école de aller à Poitiers de temps en temps car
voir comment les faire revenir ou tout
cirque, le skate park, les maisons de c'est agréable de s'asseoir sur une ter-
simplement rester.
quartiers, le «4 » etc. rasse pour boire un café avec beau-
Trop de comparaison sont faites avec
Il n'y a pas énormément de bars pour coup de monde autour. »
Tours où il y a 135 000 habitants et
avec Poitiers où il y en a 90 000 ; il faut les jeunes car il n'y a peut-être pas la

13
Judes
Un cruel manque de travail...
Lorsque Judes a évoqué sa ville, il a tout de suite
parlé du manque d’emploi. En effet, il précise que
« Le skate park a été créé et c’est bien », mais il
affirme surtout que les gens n'ont pas besoin de
skate park mais de travail.
Il ajoute, qu’il n’y a plus beaucoup de magasins au
centre ville et que cela est dû au manque de fré-
quentation de la population, « il y a beaucoup
moins de personnes qui fréquentent le centre ville
donc il y a moins d’achats. En clair, il faudrait trou-
ver de l’emploi pour redonner vie à cette ville ».

Activités
Pour lui, c’est une ville en perte de vitesse car des
choses se font et c’est très bien mais il y en a
d’autres qui devraient se faire et qui ne se font ja-
mais fait. Jeune, quand il souhaite sortir le samedi
soir, il ne sait pas où aller, car selon lui, il n’y pas
beaucoup de bars, de restos ou encore de concerts. ©K’eskon attend
« Pour revitaliser le centre ville il ne manque plus
grand chose mais le fait qu’ Auchan soit ouvert et
que la zone nord soit très commercialisée, cela en-
gendre que le centre ville n’attire plus grand
monde ».

Il y a pourtant eu des améliorations


La plaine d’Ozon a beaucoup changé et ce n’est
plus ce que c’était. C’est beaucoup plus fleuri et
chaleureux comparé à avant, c’est plus vivant que
le centre ville.
©K’eskon attend

Partir de Châtellerault?
Si certaines personnes pouvaient choisir, Jude
pense qu'ils partiraient de Châtellerault à cause de
la ville en général, au niveau des possibilités pour
les transports qui se finissent à 19h, pour les activi-
tés, pour le travail. D’autres, au contraire, ne sou-
haitent pas partir que ce soit au niveau de la scola-
rité de leurs enfants ou encore pour leur travail.
« Châtellerault n'est pas une ville morte mais elle
pourrait y tendre… Pour changer cela il n'y a pas
besoin de grand-chose, juste de revitaliser le centre
-ville » Sans oublier de faire plus d’activités pour les
jeunes car « une ville, ça vit avec des jeunes et si il
n'y a pas de jeunes, la ville meurt ».

©C. Labille

14
Responsable du magasin
Pimkie, rue Bourbon
Voilà 12 ans que cette commerçante y travaille, elle nous ra-
conte comment elle voit les choses
"Le changement dans le centre ville est très triste, tout le monde s'en
va à Auchan, tout le monde va faire les magasins à Tours ou à Poitiers
et cela fait que maintenant, quand on vient en ville, il n'y a plus grand
chose. »
Elle affirme, en plus de cela, qu’en ville, certains magasins ne tou-
chent pas toutes les clientèles, « par exemple, les jeunes n'ont peut-
être pas forcément le budget pour aller acheter une chemise à 40€
dans une boutique et de ce fait, ça réduit vachement la clientèle
donc c'est dommage car le centre ville mériterait d'avoir un truc un
peu mieux. »
Elle nous fait comprendre alors que ce phénomène n’affecte pas la
vente des produits de sa boutique car « finalement, vu que les gens
n'ont plus trop le choix, il y a moins de concurrence au centre et
donc, ils viennent chez Pimkie ».
« S’ils veulent aller ailleurs, ils peuvent prendre leur voiture mais les
gens n'aiment pas forcément faire les cent pas dans les galeries ou
carrément aller à Poitiers car ils n'ont pas le temps. Cependant nous ©K’eskon attend
avons certes beaucoup de clientèle mais les gens se promènent plus
qu’ils n’achètent Je trouve ça dommage que les magasins ferment ».
Un gérant de bar
Pourtant, en semaine, le parking Blossac est plein à craquer mais « il pleins de regrets...
n'y a personne dans les magasins, on ne sait pas où sont les gens ». Ca fait 11 ans que ce bar est à Châtellerault. "Ça
Elle pense que le parking payant est un frein à la fréquentation du fait 5 ans que je pleure" dit le propriétaire. Il est
centre-ville; « Ils auraient pu, pourquoi pas, le premier samedi des vrai que ça chute puis il y a moins d'animation
soldes, faire le parking gratuit comme ça, ça amène encore plus de dans le centre ville. Ça manque d'activités pour
monde. Après, l'argent appelle l’argent." les jeunes. Avant, ça se remarquait pas trop, c'est
surtout… cette année que ça se voit. «Si ça chute
Châtellerault il y a dix ans c'était plus vivant.
au centre ville, selon lui, c'est à cause de tout ce
« Quand j'ai commencé à travailler chez Pimkie au départ, c'étaient
qui s'est fait dans la zone nord. Il y a quelques
des contrats de remplacement et les contrats de remplacement, à
années, on faisait 80 couverts dans la journée et
l’époque, c'étaient 34 heures par semaine. » Donc elle était là quasi-
aujourd'hui, si on en fait 30, on est content."
ment du matin au soir comme n'importe quel employé.
Il y a le marché aussi qui n’est pas terrible, selon
« Maintenant, quand nous on fait des contrats de remplacement,
lui, il faudrait demander à essayer de le redéve-
maximum, la remplaçante, elle est là 24 heures. On sent déjà qu'on
lopper.
perd 10 heures en 10 ans puisqu'il n'y en a pas besoin. Moi quand je
« Ca ferme un peu partout pour les magasins.
venais travailler, ma responsable, elle faisait les colis et à 9 heures du
Après ,il n'y a pas qu'à Châtellerault. Si vous allez
matin, il y avait déjà 15 ou 20 personnes dans le magasin et mainte-
à Poitiers, dans la zone sud, vous voyez que ça
nant on sent que la clientèle a vraiment changé et qu'il n'y a plus
ferme, à l'entrée de Chasseneuil c'est pareil. »
d'argent, que les gens viennent pour papoter et que si ils achètent
A Châtellerault, il y a moins de monde dans le
c'est parce qu'ils en ont besoin et pas pour se faire plaisir. Ça, ce n'est
centre ville, c'est aujourd'hui qu'on s'en aperçoit
pas lié à la Ville."
mais selon lui c'est parce qu’on a laissé implanter
Vous, ça ne vous intéresse pas de partir de Châtellerault? trop de magasins, et « puis il y a les problèmes de
"Non cela ne m'intéresse pas parce que mon fils est à l'école ici, mon stationnement etc ».
mari travaille ici. Vous, vous êtes une génération qui aime bien bou- « C'est regrettable tous les magasins qui fer-
ger. Vous aurez plusieurs emplois, plusieurs villes. Moi, je me plais ici ment » mais ça ne vient pas des commerçants
et c'est vrai que je n'irai pas voir ailleurs car financièrement ça ne selon lui mais plus dû au manque de fréquenta-
m'intéresse pas, humainement non plus. Je veux pas quitter Châtelle- tion.
rault et Pimkie non plus."

15
L’avis du géographe
M. Parot est professeur dans le collège de centre ville. Il n'habite pas Châtellerault mais Poitiers et jette le
regard du géographe sur la ville, pas celui de l'habitant.

« Le rôle de la mairie est d'amortir un petit peu le choc de duits de base et donc Châtellerault ne s'était pas renouve-
la fermeture de nombreuses entreprises à Châtellerault lé et les seuls qui ont survécu sont les hautes technolo-
qui a créé du chômage à Châtellerault ces dernières dé- gies, comme la SNECMA.
cennies. C'est une catastrophe pour la ville, il y a beau- « Une culture vivante »
coup d'entreprises qui ont fermé et certaines embléma- En réalité Châtellerault, je ne sais pas si c'est encore le
tiques, ce qui a fait beaucoup de bruit à l'époque. Il y avait cas, en termes de budget pour la culture, pour organiser
New Fabris, par exemple et il y a eu un gros problème des événements par habitant, dépense beaucoup, autant
aussi avec les Fonderies du Poitou qui n'a finalement pas que Poitiers. Il y a quand même des festivals, des choses
fermé. Il y a eu enfin l'école de gendarme- intéressantes à Châtellerault ! Jazzel-
rie qui a fait partir beaucoup de monde de lerault, trois théâtres, un festival de
Châtellerault à cause de sa fermeture. cinéma...
Quand il y a des habitants qui partent, ça Châtellerault, ce n'est pas que la
fait évidemment des consommateurs en plaine d'Ozon, il y a vraiment plein
moins et donc des impôts en moins pour la de choses intéressantes qui s'y font
ville et aussi moins d'enfants pour les mais Châtellerault a toujours eu une
écoles et les collèges. assez mauvaise image et c'est vrai
Si je me destinas à toujours travailler à que depuis des dizaines d’années, il
Châtellerault, malgré tous les inconvé- y a ce problème d'entreprises. Mais
nients que je viens de citer, j'y resterais, il n'y a pas que ça dans la ville, il y a
bien sûr : la ville est agréable. Mais les gens beaucoup de choses positives qui s'y
qui n'ont pas de travail vu qu'ils perdent font et ça a l'air de reprendre un
leurs emplois à cause de toutes ces ferme- petit peu.
tures, eux ont de grandes raisons de démé- ©K’eskon attend En réalité Châtellerault est très bien
nager et c'est d'ailleurs pour ça que beau- placée, elle est sur l'axe nord-sud
coup de gens sont partis. Paris Espagne, Paris Bordeaux. Le
« Châtellerault, la prolétaire. » terrain n'est pas cher, c'est pour ça
Par ailleurs, dans la Vienne il y a deux que MECAFI est venu construire ici, il
grandes villes, Châtellerault et Poitiers. y a beaucoup de mains d’œuvre pas
Depuis toujours, Poitiers est la forcément très qualifiée mais au
"bourgeoise", la ville du tertiaire: l'hôpital, moins il y en a. Il y a le T.G.V., l'auto-
l'université, l'armée, la préfecture, le con- route et il y a un petit aérodrome où
seil régional, c'est la ville un petit peu au on peut faire poser des avions. Il y a
dessus qui a toujours regardé avec une des choses qui sont des atouts pour
certaine condescendance Châtellerault qui la ville mais on le voit pas beaucoup
était la prolétaire, la ville de la manufac- en ce moment.
ture, manufacture d'armes qui a fermé il y Si des entreprises comme MECAFI se
a 40 ans maintenant. sont installées ou plutôt agrandies,
Châtellerault a toujours eu un déficit ©K’eskon attend c'est parce qu'il y a des entreprises
d'image. On l'a souvent considérée, vue qui travaillent, donc c'est pas perdu.
d’ailleurs, comme une pauvre ville où il y aurait plus de Châtellerault n'est pas du tout une ville morte. Il y a des
violence et de pauvreté, ce qui n'est pas vrai. Cela vient coins qui se portent beaucoup mieux que
du fait que quand on vient de Poitiers justement, le pre- d'autres :Châteauneuf est en difficulté mais par exemple
mier endroit où on arrive à Châtellerault est la plaine Antoigné va bien. On ne peut pas dire que Châtellerault
d'Ozon avec des barres d'immeubles, un quartier tout à est une ville morte. Si il y a plus de gens qui déménagent
fait réhabilité aujourd'hui, qui s'est beaucoup arrangé. vers Antoigné, c’est qu’ on préfère vivre avec un petit
C'est ce qui fait que ça a aggravé un petit peu le déficit bout de terrain plutôt qu'au septième étage d'une tour. »
d'image de Châtellerault qui en plus avec la désindustriali-
sation a perdu beaucoup d'emplois. C'était déjà de la pe- Dossier de 4 pages réalisé par Eva Labille et Stella
tite industrie, de l'industrie d'assez bas de gamme de pro- Ovsepian.

16
Pour ou contre la fessée :
le débat ne tarit pas
Tous les ans, le débat revient, jamais tranché ; y compris chez les jeunes pas tou-
jours de l'avis qu'on attend. La fessée fait parler à défaut d'être utile ? Il en a été
question en conférence de rédaction, on a donc décidé d'en faire un article .
Rencontre avec des parents, une nounou et une professionnelle.

« Frapper un animal, c'est


de la cruauté, frapper sa
femme, c'est de la vio-
lence conjugale mais
frapper un enfant c'est de l'éduca-
tion ? » Cette maxime fait beaucoup
réfléchir les spécialistes ces dernières
années et voilà comment est née l'édu-
colère'' sur lequel l'enfant se déchaîne
quand il est énervé. Pour apprendre
aux parents comment et quand utiliser
ces outils, cette professionnelle orga-
nise différents ateliers, diverses confé-
rences, donne des conseils, etc. Lors de
ces rencontres avec les parents, Gwe-
naëlle leur apprend également à antici-
cation positive. Parmi eux, Gwenaëlle per les ''bêtises'' des enfants et à les
qui est éducatrice spécialisée et so- gérer. Pour cela elle donne d'autres
phrologue. Après 4 ans post-Bac outils, comme réguler son intonation
d'études de psychologie clinique et lorsque l'on parle à un enfant, le ques-
psychologie de développement, après tionner au lieu de le disputer, dans le
un diplôme de sophrologie, après son but de créer l'autorégulation chez l'en-
DEES (Diplôme d’État d’Éducation Spé- fant ou corriger l'enfant en lui expli-
cialisée), après diverses formations de quant les conséquences de son acte.
CNV (Communication Non Violente) et ''Toutefois, je comprends qu'il soit
d’Éducation Positive et Bienveillante, compliqué d'éduquer son enfant de
Gwenaëlle entame, cette année une cette manière car un enfant de 3ans
formation autour d'ateliers ludiques de n'est pas en âge de toujours com-
bien-être pour enfants et femmes. On prendre les conséquences de son acte,
n’a jamais fini de se former ! étant donné que son cerveau est en-
core plastique.
Aujourd'hui, Gwenaëlle explique: ''Les
gens associent souvent ''éducation po- ''Un cerveau ''plastique ?''
sitive'' avec ''laxisme'' mais ce n'est pas
Un cerveau ''plastique'', c'est le nom
du tout cela ! L'éducation positive asso-
que les spécialistes donne au cerveau
cie ''fermeté'' et ''bienveillance'': elle
d'une personne âgée de moins de
vise à accompagner son enfant tout en
25ans car notre cerveau est fini d'être
instaurant des règles.
connecté à 25ans. Connecté ? Non ici
Elle explique aussi que la fessée et la ''connecter ne signifie pas '' relié au
punition sont contre-productives. '' réseaux wi-fi'', mais il s'agit plutôt des
connections des neurones dans notre
Alors si l'on utilise ni punition ni fes-
cerveau. Dans la pratique de l'éduca-
sée, que fait-on ?''
tion positive, il faut avoir beaucoup de
©Montage K’eskon attend

Gwenaëlle nous donne les réponses : il patience car pour qu'un enfant re-
existe des outils adaptés aux enfants : tienne une consigne, il faut au moins
''la bouteille du calme'' dans laquelle il quarante répétitions !Alors, parfois, il
se trouve des bulles et des paillettes n'est pas étonnant qu'une fessée se
pour calmer l'enfant, le ''coussin de la perde par ci, par-là.

16
Quelques liens :
-le cerveau dans la main( you- De maman à nounou
tube)
-« écouter pour que les enfant Une assistante maternelle accepte de témoigner sur son expé-
parlent et parler pour que les rience de nourrice mais aussi de maman.
enfants écoutent » (Faber&
Mazlish)
-« la discipline positive » (Jane
Nelsen)
-« Le cerveau de l'en-
fant » (Siegel)
E lle dit avoir déjà utilisé la
fessée sur ses enfants
lorsque ceux-ci dépas-
saient les bornes, n’écoutaient
pas et faisaient des bêtises. Mais
éducation vienne les aider, l'ap-
pliquer à long terme est dur et
demande certaines remises en
question.
Maintenant, quand des enfants
L'éducation positive: tout un maintenant, elle trouve que se disputent ou se battent, elle
apprentissage cette méthode éducative n'est les sépare et les fait réfléchir,
plus adaptée et qu'elle engendre elle dira même que depuis
de la violence. Elle affirme aussi qu'elle agit ainsi, voir de la vio-
que le fait de fréquenter d'autres lence physique ou verbale envers
nounous aide à avancer, car en un enfant la choque même si elle
effet, elles peuvent discuter des n'interviendrait pas pour autant
problèmes qu'elles rencontrent de peur de se mêler de ce qui ne
avec certains enfants et donc la concerne pas. Pour elle, il faut
s'aider à trouver des solutions. ''éviter la violence mais de toute
''Nous sommes à l'ère de la bien- façon chacun gère l'éducation de
veillance'' dit-elle mais malgré le son enfant comme il le veut''.
fait qu'une spécialiste de cette

Une nouvelle éducation qui ne


met pas tout le monde d'accord
L'éducation positive ayant fait son apparition récemment , de plus en
plus de parents l'utilisent et abandonnent donc la fessée. Un petit résu-
mé et des conseils de lecture.

Celle-ci consiste à ne plus employer la « violence » pour éduquer son en-


fant, elle associe fermeté et bienveillance. Contrairement à ce que l'on
pourrait penser, elle ne consiste pas à mettre l'enfant sur un piédestal
( enfant roi) mais plutôt à lui expliquer ses erreurs et leurs conséquences.
Les parents se doivent aussi d'anticiper les «bêtises» de leurs enfants afin
de trouver les solutions adéquates comme la discussion, le questionne-
ment, l'utilisation des objets pour l'aider à se calmer (coussin de la colère),
la confiscation de 'objet qui provoque la dispute, la séparation des enfants
si ils se battent...
Ils reste encore certains parents qui caractérisent l'éducation positive
comme laxiste et favorisent donc la fessée. C'est souvent parce qu'ils re-
produisent l'éducation qu'ils ont eux même reçue. Certains parents justi-
fient l'utilisation de la fessée comme geste de dernier recours quand les
paroles ne font plus effet, une phrase revient souvent dans leur propos
« Une fessée n'a jamais tué personne ». Une fessée peut-être, mais la vio-
lence, si...

Maëla Bergonnier et Lilly Schneider

17
Il tient ses musiciens
à la baguette !

Emmanuel Boulanger, chef d’orchestre et professeur de


musique aux Ateliers de l'Harmonie La Châtelleraudaise, nous
parle de son métier passionnant. Rencontre d’un passionné.

E
©B@illar JO
mmanuel Boulanger est un détacher un peu plus que d’autres, je qu’il soit intéressant pour tous les
homme très occupé. En dois soigner ma "battue" (guide de la instruments, et qu’ils soient tous mis
effet, il est non seulement baguette) mais aussi mes exigences en valeur mais que le résultat soit
chef d’orchestre et profes- que j’indique aux musiciens lorsque je quand même ce qu’il veut. Mais ce
seur de clarinette, flûte et saxophone, les ai en cours. » travail a un coût : pour un seul mor-
mais il a une autre occupation qui lui ceau qui dure de trois à quatre mi-
En effet, Emmanuel ayant les musi-
prend beaucoup de temps : celle de nutes, cela fait à peu près deux ou
ciens à la fois lors des répétitions d’or-
chef de chœur. « Si je suis chef d’or- trois jours de travail avec six à huit
chestre mais aussi lors des cours, il
chestre, c’est grâce à ma formation heures par jour.
peut faire travailler les partitions de
musicale puisque j’ai commencé
l’orchestre avec déjà le tempo et la Une gestion du temps difficile
comme instrumentiste, puis chef de
puissance voulue. Mais en plus de
chœur et la possibilité m’a été donnée Avec toutes ses activités, car Emma-
tous ces rôles déjà chargés, c’est Em-
de diriger des orchestres en Rouma- nuel dirige deux orchestres, trois
manuel qui s’occupe de l’arrangement
nie, puis en France, et cet orchestre chœurs, et encore d’autres activités à
des partitions de l’orchestre : « Il y a
de Châtellerault m’a aussi intéressé côté, Emmanuel affirme qu’il arrive
deux choses différentes, première-
puisque c’est un orchestre d’amateurs quand même à dormir, même si le
ment, on peut bien entendu travailler
et que je pouvais donner des cours de travail d’arrangement est valable pour
sur des partitions déjà existantes,
musique avec pour les saxophones, les orchestres et les chœurs. Lors-
mais il faut déjà avoir préparé à
les flûtes et les clarinettes. » qu’Emmanuel doit faire un Week-End
l’avance la partition. Est-ce que la par-
chantant, il doit compter une ving-
Un travail difficile et chronophage tition est accessible au niveau de l’or-
taine d’heures pour chacune des six
chestre, est-ce que la partition est
Mais ce n’est pas un travail de tout chansons. Mais malgré la quantité
utilisable telle quelle ou est-ce qu’il
repos : « L’orchestre comportant une pharaonique de travail, si Emmanuel
faut la réarranger, par exemple, un
dizaine d’instruments différents, je continue toutes ses activités, c’est
passage qui est trop difficile, on va le
dois avoir l’œil sur dix lignes en même avant tout par passion, une passion
supprimer ou le simplifier, il faut se
temps, faire partir les instruments au qu’il montre lors de ses concerts ou
poser toutes ces questions. » Mais ce
bon moment mais surtout je dois don- lors des diverses répétitions, avec
qu’Emmanuel fait souvent mainte-
ner les intentions, c’est-à-dire si je toujours son humour bien à lui.
nant, c’est qu’il crée ses partitions lui-
veux avoir un tempo plus ou moins
même c’est-à-dire qu’il prend un mor- Alban Decourt-Mesa
rapide, des nuances plus ou moins
ceau et l’harmonise de manière à ce
fortes, des instruments qui doivent se

18
Forain, une
vie comme
les autres ?
Dans toutes les villes il y a des fêtes fo-
raines. Tout le monde se précipite pour al-
ler faire un tour de manège ou même man-
ger une Barbe-à-Papa. Nous avons cherché
à nous intéresser l'espace d'un instant à
ceux qui nous font vivre ces petits moments
de folie. Rencontre de Marc, "patron de
manège" entre deux petits tours.

C
©K’eskon attend

ela fait maintenant 31 ans que Marc est


forain. Il voyage dans des villes comme
Châtellerault, Angoulême, Cholet avec sa
femme et ses trois enfants. Deux de ses
enfants vont à l'école. Et comme ils changent régulière-
ment de villes, ils changent régulièrement d'école éga-
lement. Cependant cela n'empêche pas qu'un des deux
enfants scolarisés soit très souvent 1er de la classe:
"Pour lui en tout cas à chaque fois qu'il arrive dans une
Elle revient chaque début de printemps et c'est pour
école il est le premier de la classe, après, j'en ai un autre, il
cela qu'on la connaît sous le nom de fête foraine de
est un peu moins bon!" s'exclame Marc, fier de ses en- Pâques. Sa particularité ? Elle est au cœur de la ville, ce
fants. ça, c'est pour la vie de famille. Pour le reste, Marc qui est rare, les forains devant souvent se retrouver
n'est pas très bavard. Pour lui, la vie de forain, c'est une vie aux orées des zones commerciales. Là, on profite de la
très ordinaire où on bouge juste un peu plus que les autres superficie du Parking Blossac pour réunir une cinquan-
et où on le fait en famille. Le manège ? Il met environ trois taine de Forains qui retrouvent chaque année la même
heures à installer ce manège. Après l'avoir installé, il s'oc- place, réservée. Ainsi, les familles, les ados qui viennent
cupe de la maintenance, c'est-dire qu'il vérifie que tout va se détendre, ont l'impression d'une fête traditionnelle,
bien, qu'il est en état. On ne peut plaisanter avec le sécuri- familière. Cette année, elle bénéficie des vacances sco-
té dans ce domaine. Il nous dit aussi que le nombre de laires, ce que les forains apprécient particulièrement
puisque ça fait monter la fréquentation.
clients varie selon le temps, par exemple si il va faire beau
Les places réservées n'empêchent pas la nouveauté.
et bien il aura plus de clients que si il faisait un temps plu-
Cette année, le public a pu connaître de nouvelles sen-
vieux. ça, on s'en doutait ! On voit que c'est on ne peut
sations grâce à deux nouveaux manèges
plus simple. « décoiffants » : le Booster, une sorte de bras géant qui
Marc et sa famille seront restés à Châtellerault trois se- envoie à 100 kms/h à 30 mètres de hauteur et le King
maines mais cela varie selon les villes. Surf, un surf géant qui bouge, tourne, glisse... Il fallait
Chloé Dubreuil et Maxine Gillard s'accrocher.

19
20 ans et alors?
Merci aux 3T
Et aux CEPI de Poitiers