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TransÉnergie Une division

d'Hydro-Québec

I- Principes, applications
des protections de lignes

SGCT
«Philosophie»
Par Serge Tremblay ing.
Conception 2000
Revision mai 2004

Compétences Techniques
Support à la Gestion des

Signature
numérique de

Serge Serge Tremblay


ID : cn=Serge
Tremblay,
o=Hydro-Quebe

La
Tremblay c, ou=TE, c=CA
Date :
2004.05.04
09:33:37 -04'00'

Direction Ressources humaines signature


n'a pas été
vérifiée.
Support à la Gestion des
Par Serge Tremblay ing.
SGCT Compétences Techniques
Une division
I- Principes, applications des protections de lignes «Philosophie» TransÉnergie d'Hydro-Québec

Support à la Gestion des


Par Serge Tremblay ing.
SGCT Compétences Techniques
Conception 2000
I- Principes, applications Revision mai 2004 TransÉnergie Une division
d'Hydro-Québec
des protections de lignes «Philosophie»

Support à la Gestion des


Par Serge Tremblay ing.
SGCT Compétences Techniques

Une division
TransÉnergie d'Hydro-Québec
I- Principes, applications Conception 2000
Revision mai 2004
des protections de lignes «Philosophie»
T D

Titre du cours I- Principes, applications des protections


de lignes « Philosophie »
Suite à 22 ans d’expérience dans le monde des protections de ligne, j’ai voulu faire profiter mon expérience dans ce
domaine. Avec 10 ans d’expériences en chantier dans la région Manicouagan, j’ai dû mettre en service et dépanner
une multitude de protection de ligne. Les 12 années qui ont suivi dans le monde de la formation m’a permis
d’approfondir le sujet d’élargir grandement mes connaissances et d’évaluer la carence générale des techniciens à
l’échelle provincial dans le domaine des protections de ligne. En écrivant ce manuel, je perpétue des connaissances
précieuses qui aideront énormément l’intervention des techniciens face aux protections de ligne en général.
Serge Tremblay ing Auteur

OBJECTIF Intervenir de façon sécuritaire et efficace sur les systèmes de protection de


GÉNÉRAL lignes de transport. Comprendre le pourquoi et l’importance de nos actions
posées sur une protection lors des réglages et des vérifications.
OBJECTIFS Ö Bien comprendre la nature du défaut « Notion de ligne de transport »
SPÉCIFIQUES Ö Différencier les types de gradins utiliser dans une protection de ligne
Ö Reconnaître versus le contexte réseau les types de gradins utiliser
Ö Tracer et vérifier les gradins d'une protection de ligne
Ö Vérifier toutes les conditions et formes de déclenchement
Ö Analyser et bien comprendre les différentes philosophies de protection en
fonction du contexte du réseau de transport
Ö Bien comprendre l’impact d’un mauvais réglage sur le réseau
SUJETS Ö Nature des lignes de transport face à un défaut
TRAITÉS ¾ Modèle électrique
¾ Effet du court-circuit sur la ligne
Ö Philosophie de base des gradins
¾ Notion de distance du défaut
¾ Description des gradins
¾ Description des différents types de défaut « Phase-Terre, Entre –Phase, Triphasé »
¾ Comment mesurer et vérifier les gradins
Ö Conditions de déclenchement
¾ Conditions minimales « 50, 50N, 50Q, … »
¾ Chevauchement des gradins phase-terre avec entre-phase
¾ Temporisation des Gradins
¾ Gradins accélérés ou assistés
¾ Perte de fusible (fonction 60)
¾ Oscillation de puissance
¾ Réenclenchement
¾ Monotri
Ö Philosophie de protection
¾ Notion de configuration de réseau
ƒ Ligne longue et Ligne courte
ƒ Extrémité faible et forte
ƒ Client ou source connecté sur le parcourt d’une ligne
¾ Détail des philosophies de protection
ƒ Mise sous tension de la ligne
ƒ Mode de base
ƒ Accéléré avec et sans dépassement « PUR, POR »
ƒ Faiblesse des modes PUR et POR
ƒ Phénomène d’inversion de courant avec le mode POR
ƒ Mode blocage
ƒ Mode « Weak Infeed », Extrémité faible
MÉTHODOLOGIE ∗ Acétate (ou projection par ordinateur avec projecteur multimédia)
D’ENSEIGNEMENT ∗ Simulateur (logiciel)

Support à la Gestion des Compétences Techniques


T D
ÉQUIPEMENT FOURNI PAR Ö Un Micro ordinateur par étudiant
L’APPRENANT ¾ Pour utiliser avec format du manuel en PDF
¾ Pour simulateur

DURÉE Quatre jours si non conjugué à un relais


¾ Une partie-2 « Technologie des relais de distance » peut s’ajouter, un autre quatre jours
CONTINGENTEMENT Six (6) à quinze (15) personnes selon le local

PRÉALABLE Notions de vecteurs; expérience de chantier; Intro Automatismes 1 et 2


LIEU DE DIFFUSION Aucune restriction

Support à la Gestion des Compétences Techniques


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TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION STRUCTURE DE BASE DE LA PROTECTION DE LIGNE 21 - - - - - 1


1.1 - Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 - Structure de base de la protection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.1 - Portion Analogique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.2 - Portion Logique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

CHAPITRE 1- NOTIONS DE BASE D’UN DÉFAUT DE LIGNE - - - - - - - - - - - - - - 7


1.1 - MODÈLE ÉLECTRIQUE D’UNE LIGNE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.1 - Élément Résistif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.2 - Élément Capacitif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.3 - Élément Inductif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.1.4 - Modèle PI de la ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

1.2 - COMPORTEMENT D’UNE LIGNE SANS DÉFAUT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14


1.2.1 - Charge faible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.2 - Charge élevée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.3 - Diagramme d’impédance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

1.3 - COMPORTEMENT D’UNE LIGNE EN DÉFAUT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16


1.3.1 - Modèle électrique de la ligne en défaut . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3.2 - Déphasage du courant en défaut . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.3.3 - Régime transitoire lors de défaut . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.3.3.1 - Asymétrie du courant de défaut............................................................................ 18
1.3.3.2 - Harmoniques ........................................................................................................ 20

CHAPITRE 2- LES GRADINS ET ÉLÉMENT DIRECTIONNEL - - - - - - - - - - - - - 23


2.1 - NOTION DE DISTANCE DU DÉFAUT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.1.1 - Distance du défaut par rapport au poste électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.1.2 - Visualisation Simplifiée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.1.3 - Mesure de portée avec l’impédance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.1.4 - Cercle d’impédance, Gradin de type mho . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.1.5 - Position d’un défaut . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

2.2 - DESCRIPTION DES GRADINS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29


2.2.1 - Comparateur d’angle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.2.1.1 - Comparateur électromagnétique .......................................................................... 30
2.2.1.2 - Technologie intermédiaire de type commutée...................................................... 31
2.2.1.3 - Technologie récente - un comparateur par gradin................................................ 32

2.3 - Gradins de mesure, ou polarisés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33


2.3.1 - Gradin-1, gradin sans dépassement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.3.1.1 - Description............................................................................................................ 33

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2.3.1.2 - Pourquoi un maximum de portée de 80% ? ......................................................... 33


2.3.1.3 - Exception - Gradin-1 avec dépassement.............................................................. 34
2.3.1.4 - Visibilité et temps de déclenchement ................................................................... 34
2.3.1.5 - Fiabilité du Gradin-1 versus la résistance d’arc du défaut.................................... 35
2.3.1.6 - Première méthode de correction de la résistance de l’arc - DSR......................... 38
2.3.1.7 - Deuxième méthode de correction de la résistance de l’arc - Quadrilatère ........... 40
2.3.2 - Gradin-2, gradin avec dépassement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.3.2.1 - Description............................................................................................................ 41
2.3.2.2 - Visibilité et temps de réaction ............................................................................... 42
2.3.2.3 - Visibilité limitée par des enroulements de transformateurs .................................. 43
2.3.2.4 - Portée du gradin-2 avec une ligne courte et gradin de type mho ......................... 44
2.3.2.5 - Portée du gradin-2 avec une ligne courte et gradin de type Quadrilatère ............ 45
2.3.2.6 - Portée du gradin-2 face à une ligne très longue................................................... 46
2.3.2.7 - Forme de l’arachide «THR».................................................................................. 47

2.4 - Grand gradin et élément de démarrage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48


2.4.1 - Description . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
2.4.2 - Visibilité - gradin orienté vers l’avant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
2.4.3 - Temporisation du grand dradin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.4.4 - Visibilité - gradin orienté vers l’arrière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.4.5 - Grand gradin exploité sur une ligne longue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
2.4.5.1 - LENTILLE ............................................................................................................. 51
2.4.6 - Grand gradin avec une ligne courte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

2.5 - Élément Directionnel 67 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53


2.5.1 - Temps de réaction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
2.5.2 - Utilité de l’élément directionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
2.5.3 - Directionnel de terre 67N . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
2.5.4 - Directionnel de phase 67f . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
2.5.5 - Élément directionnel de séquence inverse 32Q . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
2.5.5.1 - Défaut avant ......................................................................................................... 57
2.5.5.2 - Défaut arrière........................................................................................................ 58

CHAPITRE 3- LES DÉFAUTS À LA TERRE ET ENTRE PHASES - - - - - - - - - - - 61


3.1 - Défaut Phase-Neutre An, Bn, Cn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
3.1.1 - Concepts préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
3.1.1.1 - Impédance Image IaZ et Angle de couple maximum ........................................... 64
3.1.1.2 - Vecteur OPÉRATION ........................................................................................... 65
3.1.2 - Composante homopolaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
3.1.3 - Compensation homopolaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
3.1.3.1 - Exemple du KD4................................................................................................... 69
3.1.3.2 - Compensation homopolaire avec la technologie récente ..................................... 70

3.2 - Défaut entre phases AB, BC, CA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71


3.2.1 - Convention de mesure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
3.2.2 - Description du défaut entre phases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
3.2.3 - Déplacements des tensions lors de défaut entre phases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.2.4 - Vecteurs tension & courant du défaut entre phases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
3.2.5 - Exemple de défaut entre phases & élément d’opération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
3.2.6 - Branchement des éléments de courants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77

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3.2.6.1 - Sommation par le transactor................................................................................. 77


3.2.6.2 - Sommateurs internes au relais ............................................................................. 79
3.2.7 - Perception du défaut à la terre par un gradin entre phases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80

3.3 - Défaut entre deux phases et la terre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82


3.4 - Défaut Triphasé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84

CHAPITRE 4- MÉTHODES DE BRANCHEMENT POUR FIN DE VÉRIFICATION - - 87


4.1 - Sources - Banc d’essai . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
4.1.1 - Historique et évolution des bancs d’essai . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
4.1.2 - Description sommaire de la source . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
4.1.2.1 - Capacité de chaque source .................................................................................. 89
4.1.2.2 - Neutre ................................................................................................................... 89
4.1.3 - Activation Source ou Système de la source . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
4.1.4 - Vérification rapide des sources de tension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
4.1.4.1 - Méthode du triangle de 45°................................................................................... 91
4.1.4.2 - Méthode du triangle équilatéral ............................................................................ 92
4.1.4.3 - Méthode du triangle 30°-60° ................................................................................. 92
4.1.4.4 - Méthode triphasée ................................................................................................ 92
4.1.5 - Vérification rapide des sources de courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
4.1.5.1 - Conversion de courant en tension ........................................................................ 93
4.1.5.2 - Sommation des courants ...................................................................................... 93
4.1.5.3 - Méthode de sommation de courant avec l’ampèremètre...................................... 94
4.1.5.4 - Différence de potentiel.......................................................................................... 94
4.1.5.5 - Comparaison d’une source de tension avec une source de courant.................... 95

4.2 - Vérification du défaut à la terre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96


4.2.1 - Branchement des tensions et courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
4.2.2 - Représentation vectorielle du montage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
4.2.2.1 - Injection de fort courant ...................................................................................... 100

4.3 - Vérification du défaut entre phases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101


4.3.1 - Montage en T . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
4.3.1.1 - Position du neutre de la source Ns..................................................................... 102
4.3.1.2 - Tension V3 = 104V ............................................................................................. 102
4.3.1.3 - Centrer le neutre du relais Nr ............................................................................. 103
4.3.1.4 - Problème du neutre relais Nr mal centré ............................................................ 104
4.3.2 - Branchement des tensions et courants du montage en T . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
4.3.2.1 - Mauvais branchement de la tension ................................................................... 106
4.3.2.2 - Branchement correcte de la tension ................................................................... 108
4.3.2.3 - Mauvais branchement des courants................................................................... 109
4.3.2.4 - Branchement correcte des courants................................................................... 110
4.3.3 - Présentation vectorielle du montage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111

CHAPITRE 5- MÉTHODE DE MESURE ET CALCUL - - - - - - - - - - - - - - - - - - 113


5.1 - Calcul de l’impédance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
5.1.0.1 - Calcul de l’impédance d’un point ........................................................................ 114
5.1.1 - Mesure de portée avec composante homopolaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115

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5.1.2 - Tracé du cercle d’impédance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116

5.2 - Effet d’Hystérésis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119


5.2.1 - Vacillement d’un défaut . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
5.2.2 - Hystérésis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
5.2.3 - Méthode de mesure d’un gradin avec hystérésis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121

5.3 - Mesure du couple maximum d’un cercle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122


5.3.1 - Technique de mesure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
5.3.2 - Mesure de portée d’un cercle avec hystérésis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
5.3.3 - Mesure de portée d’un cercle avec hystérésis angulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124

CHAPITRE 6- CONDITIONS DE FONCTIONNEMENT DES GRADINS - - - - - - - - 125


6.1 - Condition minimale de courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
6.1.1 - Situation à risque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
6.1.2 - Mise au travail avec minimum de courant [50] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127

6.2 - Chevauchement des gradins øn et øø . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128


6.3 - Élément directionnel [67] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
6.4 - Temporisation des gradins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
6.5 - Gradin accéléré ou assité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
6.6 - Déclenchement des disjoncteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
6.6.1 - Déclenchement en mode triphasé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
6.6.2 - Déclenchement en mode monotri . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
6.6.3 - Logique de déclenchement et temps de maintien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
6.6.3.1 - Majority Gate ...................................................................................................... 137
6.6.3.2 - Déclenchement triphasé sur gradin temporisé et SOTF..................................... 137
6.6.3.3 - Perte du lien de communication ......................................................................... 138
6.6.3.4 - Semblant de monotri alors que nous sommes en déclenchement triphasé ....... 138
6.6.3.5 - Temps de maintien ............................................................................................. 139

6.7 - Réenclenchement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140


6.7.1 - Défaut causé par la foudre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
6.7.2 - Défaut de ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
6.7.3 - Blocage du réenclencheur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
6.7.3.1 - Conditions favorables au réenclenchement........................................................ 141
6.7.3.2 - Conditions favorables au BLOCAGE du réenclenchement [79BL]..................... 142
6.7.4 - Circuit de Récidive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
6.7.5 - Réenclenchement avec le circuit SOTF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145

CHAPITRE 7- FONCTIONS DE BLOCAGES DES GRADINS - - - - - - - - - - - - - 147


7.1 - Détection de perte de fusible(s) «60» . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
7.1.1 - Limitation des l’effets causés par la perte de fusible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150
7.1.1.1 - Limitation avec les seuils de mise au travail....................................................... 150
7.1.1.2 - Limitation par les enroulements delta de transformateur.................................... 151

Par Serge Tremblay ing. ©2003 May 4, 2004 Table des Matières Page 4
1 2 SGCT

7.1.2 - Détection de la débalance de la tension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153


7.1.2.1 - Détection de la débalance utilisant la composante homopolaire........................ 153
7.1.2.2 - Détection de la débalance utilisant la composante inverse ................................ 155
7.1.3 - Discrimination entre le défaut et perte d’un fusible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
7.1.3.1 - Discrimination par le courant de neutre .............................................................. 156
7.1.3.2 - Discrimination avec le courant de séquence inverse.......................................... 157
7.1.4 - Actions de la fonction «60» . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
7.1.4.1 - Verrouillage de la fonction «60» en blocage de comparateur ............................ 158
7.1.4.2 - Choix du blocage des comparateurs .................................................................. 159
7.1.4.3 - Blocage de la fonction «60» sur discordance de phases ou monotri ................. 160

7.2 - Oscillation de puissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161


7.2.1 - Analogie mécanique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
7.2.2 - Réseau en exploitation normal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162
7.2.3 - Perte de ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163
7.2.4 - Oscillation angulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
7.2.5 - Effet de l’oscillation angulaire sur la protection de ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165
7.2.6 - Vitesse de l’oscillation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
7.2.6.1 - Pénétration de l’oscillation dans les gradins de défaut entre phases ................. 166
7.2.6.2 - Gradin-6 [AB], détection de l’oscillation angulaire .............................................. 166
7.2.6.3 - Méthode de détection ......................................................................................... 167
7.2.7 - Détection de l’oscillation de puissance et action à prendre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168
7.2.8 - Autres méthodes de contrer l’oscillation de puissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
7.2.8.1 - Régulateur de tension des alternateurs.............................................................. 169
7.2.8.2 - Compensateur synchrone ou statique ................................................................ 169

CHAPITRE 8- NOTIONS DE CONFIGURATION RÉSEAU DE LA LIGNE - - - - - - 171


8.1 - Longueur de la ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
8.1.1 - Ligne courte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
8.1.2 - Ligne longue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
8.1.3 - Ligne très longue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173

8.2 - Extrémité Forte ou Faible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175


8.2.1 - Deux extrémités fortes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
8.2.2 - Extrémité faible avec répartition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
8.2.3 - Extrémité faible distribuée ou sans disjoncteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
8.2.4 - Extrémité faible avec ligne adjacente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
8.2.5 - Commutation de ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178

8.3 - Client ou source connectés sur le parcours d’une ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179

CHAPITRE 9- PHILOSOPHIES DE PROTECTIONS DE LIGNE - - - - - - - - - - - - 181


9.1 - Mise sous tension de la ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183
9.1.1 - Détection de l’état de la ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
9.1.1.1 - Détection de l’état d’une phase .......................................................................... 186
9.1.1.2 - Détection de l’état d’une ligne............................................................................. 187
9.1.2 - Fenêtre de temps pour la mise sous tension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
9.1.3 - Réarmement de la mise sous tension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 189

Par Serge Tremblay ing. ©2003 May 4, 2004 Table des Matières Page 5
1 2 SGCT

9.1.3.1 - Réenclenchement avec SOTF............................................................................ 189


9.1.3.2 - Réenclenchement sans SOTF............................................................................ 190
9.1.4 - Circuits de détection de défaut . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
9.1.4.1 - Méthode des comparateurs ................................................................................ 191
9.1.4.2 - Méthode des seuils............................................................................................. 194

9.2 - Mode de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195


9.2.1 - Client seulement en vue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
9.2.2 - MALT rapide - Réactance du transformateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
9.2.3 - Mode de base avec la compensation série . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
9.2.4 - Mode de base avec source à haute réactance en réseau iloté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199

9.3 - Accéléré sans dépassement (PUR) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201


9.3.1 - Mise en situation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201
9.3.2 - Solution avec lien de communication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203
9.3.3 - Défaut hors zone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205
9.3.4 - Problème conséquent d’un disjoncteur déjà ouvert lors d’un défaut . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206

9.4 - Accéléré avec dépassement (POR) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208


9.4.1 - Mise en situation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208
9.4.2 - Solution avec lien de communication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
9.4.3 - Un disjoncteur est déjà ouvert en extrémité de ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210
9.4.4 - Défaut Hors Zone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 211

9.5 - Protection de ligne Poste-Centrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212


9.6 - Liens de communication hors service . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214
9.7 - Problème causé par l’inversion de courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215
9.7.1 - Mise en situation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215
9.7.2 - Cas d’inversion de courant avec circuit conventionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215
9.7.2.1 - Étape 1 : Arrivée du défaut ................................................................................. 215
9.7.2.2 - Étape 2 : Déclenchement du disjoncteur provoquant ’inversion de courant....... 217
9.7.3 - Circuit de blocage de signal Rx sans Z2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219
9.7.4 - Cas d’inversion de courant avec circuit de blocage Tp-Td . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220
9.7.5 - Méthode de blocage avec le gradin-3 inversé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223

9.8 - Client branché sur le parcourt de la ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224


9.8.1 - Défaut dans le poste client . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227
9.8.2 - Défaut dans la zone grise de la ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
9.8.3 - Défaut avoisinant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229

9.9 - Mode blocage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230


9.9.1 - Défaut dans le poste client . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
9.9.2 - Défaut dans la zone grise de la ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234
9.9.3 - Défaut avoisinant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235
9.9.4 - Avantage du mode blocage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 236

9.10 - Protection écho ou extrémité faible [WI] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 237


9.10.1 - Configuration des protections . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238
9.10.1.1 - Philosophie de l’extrémité forte......................................................................... 238
9.10.1.2 - Philosophie de l’extrémité faible ....................................................................... 238

Par Serge Tremblay ing. ©2003 May 4, 2004 Table des Matières Page 6
1 2 SGCT

9.10.2 - Extrémité faible avec source d’appoint . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 239


9.10.3 - Extrémité faible sans alimentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 240
9.10.4 - Défaut arrière près du poste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 241
9.10.5 - Extrémité faible avec ligne adjacente absente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 242
9.10.6 - Extrémité faible avec ligne adjacente présente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243
9.10.7 - Extrémité faible avec défaut arrière sur ligne adjacente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 244

CHAPITRE 1- INDEX - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - III

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1 2 SGCT

Par Serge Tremblay ing. ©2003 May 4, 2004 Table des Matières Page 8
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

1234567831529

INTRODUCTION
STRUCTURE DE BASE DE
LA PROTECTION DE
LIGNE 21

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Introduction Page 1


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

1.1 - Introduction
La protection de ligne est subdivisée en deux manuels :
1 Partie 1 - "Principes et Applications des Protections de lignes"
1 Partie 2 - "Technologie des Protections de lignes (21)"
Dans ce premier manuel, "Principes et Applications des Protections de lignes", la
protection de ligne est traitée dans le contexte réseau. Les différentes configurations du
réseau affecte l’aspect fonctionnel du relais. Le présent manuel traite des diverses
philosophies de protection suivantes :
1 Mode de base
1 Accéléré avec dépassement
1 Accéléré sans dépassement
1 Mode blocage
1 Etc.

Les différents types de défauts de ligne, les gradins, la forme des gradin :
1 Défaut à la terre
1 Défaut entre phases
1 Défaut entre phases et la terre
1 Défaut triphasé

1 Gradins polarisés 1 & 2


1 Gradin avec vue arrière

1 Forme circulaire, quadrilatère, arachide, lentille, etc.

Les divers aspects fonctionnels du relais :


1 Perte d’un fusible
1 Mise sous tension de la ligne
1 Pendulaison de puissance
1 Seuil de mise au travail
1 Etc.

La figure-1 nous montre les portions de la protection de ligne traitées par le présent
manuel.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Introduction Page 2


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

123145678475926416
237847
347 
5777
Z1 ou Z2 ou Z3
12
Opération Comparateur d’angle Logique Général
120 Vφφ Σ de Protection
Seuils minimums de courant
111 Philosophies de protection
Logiques de déclenchement
Polarisation
32 1A/5A IZ Σ Entrées et Sorties

niveau 1 = Intérieur du gradin


niveau 0 = Extérieur du gradin

CONDITIONNEUR TRAITEMENT FABRICATION ANALYSE


RÉGLAGE VECTORIEL DU GRADIN ET DÉCISION
D'ENTRÉE

Voir livre “Technologie des protections de ligne”


pour fonctionnement détaillé de ces circuits

Voir livre “Principes et Applications des protections de ligne”


Description et émulation
des défauts
Figure 1 - Indication des Portions du relais selon les manuels
Le deuxième manuel, "Technologie des Protections de lignes (21)", traite du
fonctionnement interne de la protection de ligne, en considérant les différents niveaux
technologiques ainsi que les principes vectoriels universels sur lesquels repose la
conception d’un relais. Il explique comment un relais lit les tensions et les courants,
comment fonctionnent les réglages d’un relais, les manières de générer un cercle
d’impédance ou un élément directionnel, etc. En comprenant mieux comment fonctionne
une protection de ligne, il devient plus facile de saisir à quel niveau se situe le problème
lorsqu’il y a défaillance.
Malgré que les protections de lignes aient tous le même rôle, il y a des différences entre
les divers fabricants, aussi bien au niveau technologique que fonctionnel. Selon l’âge de
l’équipement, la construction du relais peut être de technologie électromagnétique,
électronique, logique câblée, ou numérique. Sur le plan fonctionnel, il y a des fonctions
internes que l’on retrouve chez la plupart des fabricants. Par exemple : le blocage du
réenclencheur. D’autres fonctions sont essentielles pour l’ensemble des protections de
lignes. Exemple : Minimum de courant ou seuil de mise au travail. Le maximum
d’options sera traité afin de balayer le mieux possible l’ensemble des protections de ligne.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Introduction Page 3


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

1.2 - Structure de base de la protection


1.2.1 -PORTION ANALOGIQUE
La figure-2 montre les étapes classiques que doit franchir une protection de ligne lors
de son traitement vectoriel. Les portions générant les éléments d’opération et de
polarisation sont pleinement analogiques. Il s’agit des CONDITIONNEURS D’ENTRÉES,
les RÉGLAGES, et finalement les SOMMATEURS. La phase et l’amplitude de chaque
vecteur de tension et de courant sont importants pour l’analyse correcte du défaut. Ces
portions du relais sont traitées en profondeur dans deuxième livre "Technologie des
Protections de lignes (21)".

123145678475926416
237847
347 
5777
12345316345317
12 Logique générale
Comparateur d’angle de protection
120 Vφφ Σ Opération Seuil minimum de courant
Philosophie de protection
111 Logique de déclenchement
Polarisation
32 1A/5A IZ Σ Entrée et Sortie

CONDITIONNEUR RÉGLAGE TRAITEMENT FABRICATION ANALYSE


D'ENTRÉE VECTORIEL DU GRADIN ET DÉCISION

Figure 2 - Transformateurs et portions de circuit des gradins


Par la suite, l’élément de polarisation et l’élément d’opération sont convertis en onde
logique. Leur écart angulaire est considéré par le comparateur d’angle qui finalement
délimite le gradin. Il existe deux familles de comparateur d’angle.
1 Type Lag-Lead
1 Type +/- 90°
Ce sujet est aussi traité en profondeur dans le manuel "Technologie des Protections de
lignes (21)".
Le présent manuel, "Principes et Applications des Protections de lignes", ne
s’intéresse pas à la manière de construire un gradin, mais plutôt à l’application du gradin

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Introduction Page 4


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
face à la ligne à protéger, et à la philosophie de protection appliquée selon le contexte du
réseau.

Figure 3 - Réglage du KDGU, relais électromagnétique

Figure 4 - Réglage de relais électroniques

Figure 5 - Réglage de relais numérique

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Introduction Page 5


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

1.2.2 -PORTION LOGIQUE


La figure-6 présente de manière simplifiée, la structure logique d’une protection de
ligne. Il s’agit en fait de ce que traite le présent manuel.
CONCEPT DE PROTECTION DE LIGNE (21)
Portion Logique et entrées/sorties

12345 2
'(4
#296
4#
4 34 Surveillance Facultatif 79BL
Blocage Comparateur 60 - Perte de fusible
Blocage
Power Swing !

12 Défaillance du Relais Réenclencheur


3456789

8 84
Philosophie
de protection 94
Comparateur
d’angle Mode de base Logique de
Gradin 1, 2 ou 3
Mise sous déclenchement 
tension
4369"4#
TX
12 POR
POR WI
BLOCAGE $%
$% 85 6&
9& ECE et annonciateur

4369"4#
ECE
Annonciateur

AFFICHAGE
A
B
C
Z1
Z2
Z3
Assisté

60

Figure 6 - Schéma logique de la protection de ligne

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Introduction Page 6


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

8
134 999

NOTIONS DE BASE D’UN


DÉFAUT DE LIGNE

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-1 Page 7


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Ce chapitre se consacre à la compréhension de base d’un défaut de ligne. Les concepts
élémentaires seront très utiles à la compréhension des principes et des applications d’une
protection de ligne. Il est bon de connaître la différence entre une ligne dans un contexte
de réseau normal, et une ligne en état de court-circuit. La protection de ligne ne doit pas
être bernée par certains phénomènes normaux de ligne, tels la commutation de
disjoncteurs, les harmoniques naturels du réseau, la composante CC, etc. Des circuits sont
donc prévus afin de rendre fiable la décision de la protection de ligne. Ils assurent une
meilleure sélectivité du défaut. Voyons donc ces concepts élémentaires.

1.1 - MODÈLE ÉLECTRIQUE D’UNE LIGNE


Le modèle électrique d’une ligne se compose de trois éléments.
1 Élément résistif «R»
1 Élément inductif «L»
1 Élément capacitif «C»

Chacun de ces éléments affecte le comportement global de la ligne suite à une


perturbation électrique subit par cette même ligne. Suite à un court-circuit, un régime
transitoire apparaît. Il est maintenu temporairement par l’effet résonnant de l’ensemble
des inductances et des capacitances du réseau. Lors de défaut de ligne, l’importance du
courant de défaut sature divers équipements. Par exemple, la saturation d’un
transformateur brise la forme de l’onde sinusoïdale, et génère la présence d’harmoniques
sur le réseau. Le gain engendré par les circuits résonnants «LC» du réseau donne plus ou
moins de l’importance à chacune de ces harmoniques. La ligne de transport s’inclut elle
même dans le circuit résonnant «LC». De plus, le moment précis où se produit le défaut
par rapport à la tension de la ligne, provoque une asymétrie du courant de défaut. Une
composante CC s’ajoute au régime transitoire. La protection de ligne doit résister à tout
cela. Sur le plan vectoriel, la phase du courant par rapport à la tension est aussi affectée
par l’inductance de la ligne. La protection de ligne doit en tenir compte. Il est donc
important de bien comprendre les différents éléments qui composent la ligne.

1.1.1 -ÉLÉMENT RÉSISTIF


La fabrication des conducteurs de la ligne de 795 MCM ACSR 54/7
transport se compose de matériaux ayant une bonne 38 37 36
39 35
conductivité. Le poids, la résistance mécanique, la 40 19
18 17
16 34
résistance à la corrosion, la conductivité électrique et le 41 20
5
4 3
2
15 33 Aluminium
Conductor
42 21 4 3 14 32
coût affectent le choix des matériaux. Pour jumeler 43 22
6
5 1 2
1
13 31
Steel
Reenforced
plusieurs paramètres, on peut mélanger différents 44 23
7
6 7
12
30 54
8 11
matériaux. L’aluminium renforcit d’acier (ACSR - 45 24 9 10 29 53
46 25 26 27 28 52
Aluminium Conductor Steel Reenforced) est un excellent 47 51
48 49 50
compromis parmi plusieurs critères.
Figure 1.1 - Conducteur Curlew

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-1 Page 8


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Quoique la conductivité soit excellente, une longueur de plusieurs centaines de
kilomètres de ligne accentue l’effet résistif. Cet effet est représenté par une résistance
série dans le modèle électrique de la ligne. Il est évalué en miliohm par kilomètre. La
valeur de la résistance varie selon la température du conducteur. La vitesse du vent, la
température ambiante et le niveau de transit agissent sur la résistance du conducteur. En
ce qui concerne la protection de ligne, la résistance demeure pratiquement négligeable.
LIGNE exemple : ligne 735 kV
11 miliohm par kilomètre

479  
Esource

Longueur de la ligne

Figure 1.2 - Effet résistif de la ligne

1.1.2 -ÉLÉMENT CAPACITIF


Lorsqu’une différence de potentiel est présente entre deux conducteurs, une force
électromotrice est exercée sur toutes charges électriques situées dans ce champ de force.
Ce champ de force est appelé champ électrique. Son intensité diffère en chaque point de
l’espace séparant les deux conducteurs. Il est très fort à la proximité des conducteurs, et
faiblit au fur et à mesure qu’il s’éloigne du conducteur. Il se mesure en VOLT PAR MÈTRE.
La force exercée sur une charge peut être attractive ou répulsive selon la polarité de la
charge.

Champs Électrique Effet Capacitif

Figure 1.3 - Effet capacitif


Ce champ électrique arrive à refouler ou compresser des charges électriques. C’est-à-
dire, accumuler des charges électriques là où ils n’arrivent pas à passer d’un côté à l’autre.
La présence de ces charges arrive donc à maintenir d’elle-même le champ électrique, ce
qui explique l’effet mémoire du condensateur. Le déplacement de ces charges électriques
est limité par la résistance électrique du milieu, d’où le temps de charge et de décharge.
On représente donc l’effet capacitif entre les deux conducteurs du modèle électrique de la
ligne. Ce phénomène est fonction de la configuration spatiale des deux conducteurs en
causes. Plus les conducteurs sont distants l’un de l’autre, et plus l’effet capacitif est petit
par l’affaiblissement du champ électrique.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-1 Page 9


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

LIGNE
exemple : ligne 735 kV
R Y=5 microSiemens par kilomètre

Y 471! Y
Esource 2 2

Longueur de la ligne

Figure 1.4 - Effet Capacitif de la ligne


Comme l’effet capacitif est parallèle dans le modèle électrique de la ligne, la
conductance est utilisée comme mesure. L’unité est le micro Siemen par kilomètre.
L’unité Siemens est équivalente à l’unité mho. Les conductances s’additionnent lorsque
les charges sont en parallèles. Lorsqu’un court-circuit apparaît entre deux conducteurs, la
différence de potentiel disparaît à l’endroit du court-circuit, éliminant tout champ
électrique. L’effet capacitif n’est plus ressenti. Le court-circuit se retrouve en parallèle
avec l’effet capacitif de la ligne et l’annule. L’effet capacitif n’est donc plus considéré lors
de défaut de ligne. L’effet de sa disparition sera traité plus loin dans ce manuel.

1.1.3 -ÉLÉMENT INDUCTIF


Lorsqu’un courant circule dans un conducteur, une pression magnétique appelée force
magnétomotrice Fmm apparaît dans l’espace entourant le conducteur. Il est mesuré en
ampère-tour. Exprimé par unité de longueur, on l’appèle champ magnétique H et se
mesure en ampère-tour par mètre. Cette pression engendre la circulation d’un flux
magnétique. La grandeur du flux magnétique 1 dépend de la conductivité magnétique du
milieu où se trouve le champ magnétique. La variation de ce flux produit une tension aux
bornes de tout enroulement exposé à ce flux.

E=n Faraday
dt

Si le flux ne varie pas, aucune tension n’est présente aux bornes des conducteurs. On
présume ici que le conducteur est de résistance nul. Si le flux doit varier comme c’est le
cas dans un réseau à 60Hz, il induit une tension aux bornes des conducteurs, qui génère
ensuite une force contre magnétomotrice. Cette tension induite est appelée aussi auto-
Induction. Par exemple, lorsque vous alimentez l’enroulement primaire d’un
transformateur sans charge avec une tension de 120Vac, vous remarquez que le courant de
magnétisation est très faible. Dû à l’excellente conduction du noyau magnétique du
transformateur, pour une très petite force magnétomotrice, donc très faible courant, le flux
magnétique généré dans le noyau est élevé. À une fréquence de 60Hz, ce flux devra
générer une tension aux bornes du transformateur. La tension induite devra être la même
tension qui lui est imposée par le réseau. La ligne de transport ne compte qu’un seul tour
et ne possède pas de noyau magnétique comme c’est le cas d’un transformateur. Le

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-1 Page 10


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
courant de magnétisation d’une ligne en court-circuit sera donc très élevé. Cependant, le
flux magnétique circulant autour des conducteurs provoquera l’effet d’auto-induction.
Ceci limite donc le courant de court-circuit. La régénération de tension par l’auto-
induction aux bornes de la ligne de transport abaisse la tension réelle de court-circuit.
L’impédance de l’inductance d’une ligne 735kV perçue lors d’un court-circuit est de
l’ordre de 25 à 30 fois plus élevée que la résistance de la ligne.

Effet Inductif

XL
≈ 28
Champ Magnétique R
 XL 
Tan −1   = 88°
 R 
Z

1 11
tension induite
par auto-induction
18
2234567 XL

ER = ESource − EXL X L = 2π fL
Court-Circuit
Esource

Figure 1.5 - Effet inductif

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

1.1.4 -MODÈLE PI DE LA LIGNE


La disposition des trois éléments « résistif, inductif, capacitif » crée un circuit
électrique équivalent de la ligne appelé modèle en PI (2). Voir la figure suivante.

Figure 1.6 - Modèle PI de la ligne


Le modèle PI théorique d’une ligne représente en réalité une longueur infiniment petite
de la ligne. Les circuits équivalents placés en cascade comme en figure-1.7, représentent
une ligne d’une certaine longueur. Normalement, le modèle PI d’une ligne est calculé à
une longueur unitaire, soit 1 km. On veut simuler une ligne de 10 km. On branche 10
modules unitaires en cascade. Plus la longueur de ligne représentée par le modèle PI est
courte, plus il faut mettre des modules en cascade. Plus il y a de modèle PI en cascade
pour représenter une même longueur de ligne, et plus on se rapproche de la réalité d’une
ligne. En régime permanent, pour un réseau stable, une ligne peut être représentée par un
seul modèle PI calculé pour sa longueur. Par contre, en régime transitoire, un seul modèle
PI ne simule pas le phénomène de propagation d’une transitoire à partir d’une extrémité à
l’autre de la ligne. Il faut donc mettre le maximum de modèle PI en cascade dont chaque
modèle représente une très courte longueur de la ligne. Aujourd’hui, avec l’ordinateur, on
peut simuler une ligne en plaçant numériquement autant de circuits que l’on veut. Le seul
problème est que plus on fragmente en écourtant la portée du modèle PI, plus le temps de
calcul pour une simulation est long. Heureusement, l’ordinateur peut utiliser directement
les fonctions hyperboliques de la ligne qui reflètent la réalité, et plus simples à utiliser que
le modèle PI pour un calculateur. Les fonctions hyperboliques de la ligne sont des
fonctions mathématiques représentant parfaitement le comportement de la ligne. On
utilise aussi les fonctions hyperboliques pour calculer le modèle PI corrigé représentant en
un seul circuit, une ligne de longueur désirée.

Figure 1.7 - Modèle PI en cascade


Pour un réseau triphasé, le modèle électrique d’une ligne se complique
appréciablement. Il y a l’interaction entre les trois conducteurs (phase A, B et C). De plus,
chacun de ces conducteurs a une interaction avec la terre. Mais pour la compréhension
d’une protection de ligne, le modèle se simplifie heureusement à deux conducteurs lors
d’un défaut de ligne. La contribution des autres conducteurs est négligeable lors de
défaut.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-1 Page 12


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Dû à l’asymétrie de la disposition des conducteurs pour une ligne de transport, l’effet
réactif entre chaque phase et la terre diffère. Vue des sources, la ligne agit donc comme
une charge réactive déséquilibrée non négligeable. Ce déséquilibre provoque l’existence
de composantes inverses, provoquant par la suite l’échauffement des rotors de toutes
machines tournantes triphasées (Alternateur, Compensateur synchrone, moteur synchrone
et asynchrone). Une façon de remédier à ce problème est la permutation ou rotation des
conducteurs. Le principe de «à chacun son tour» fait en sorte que chaque conducteur
habite équitablement les trois positions physiques différentes du parcours. Chaque
position est occupée sur le tiers du parcours.
C1>C2>C3 C2
C5 C1
C4 C2
C1
C3
C1 C1
C3 C3 C3
C1>C2>C3>C4>C5

3 phases côte à côte 3 phases superposées


exemple du 735 Kv Ligne biterne
exemple du 315 KV

A A
B B
C C

B loin de A A loin de C
A loin de C Tiers du parcours B loin de C Sixième
Sixième Tiers du parcours
du parcours
du parcours
Tiers du parcours

Balancement de la ligne de transport

123435267897
4 9

123435267897
4 9

Figure 1.8 - Rotation de phases

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

1.2 - COMPORTEMENT D’UNE LIGNE SANS


DÉFAUT
En exploitation normale du réseau de transport d’énergie, la ligne de transport connaît
deux extrêmes. Un de ces extrêmes est le très faible transit dû à la faible charge. L’autre
extrême est le très fort transit dû à la charge élevée. La ligne se comporte différemment
entre ces deux extrêmes.

1.2.1 -CHARGE FAIBLE


Imaginons une ligne de transport longue reliant une source à une très faible charge.
Faute de charge, l’effet résonnant LC de la ligne offre du gain à la tension. Plus on
s’éloigne de la source et plus la tension entre deux phases augmente.
Client
Ligne fortement capacitive Faible

Source

Inductance Shunt
pour compensation

Figure 1.9 - Ligne avec faible charge


La manière d’équilibrer la tension du réseau est la correction du facteur de puissance de
la ligne. Lorsque la ligne est capacitive, on compense avec une charge de nature inverse,
l’inductance shunt. Plus le transit est faible, plus la ligne est capacitive, et plus on doit
ajouter des inductances shunt. Afin de corriger la tension sur tout le parcourt de la ligne,
on doit corriger ce facteur de puissance de manière distribée sur la ligne. Par exemple, de
LG2 vers Montréal, on corrige la tension au poste Némiscau, ensuite au poste Abitibi,
ensuite au poste La Vérendrye, et finalement à la charge au poste Chénier.

121342567189 42567189
' '
Résultante Résultante
5 5
Effet capacitif Effet capacitif
de la ligne de la ligne Inductance
VAR(-) VAR(-) de compensation
Client + Client + VAR(+)
résistance de ligne résistance de ligne
(Watt) (Watt)

Figure 1.10 - Compensation réactive

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

1.2.2 -CHARGE ÉLEVÉE


Plus la charge est élevée, et plus le courant circulant dans la ligne est élevé. Ce courant
sollicite l’effet inductif de la ligne. Donc, plus le courant de transit est élevé, et plus la
ligne compense d’elle-même son propre effet capacitif. Les inductances shunt deviennent
donc moins utiles. Lorsque nous transitons à la puissance nominale, nous n’avons plus
besoin d’inductance shunt. Exploiter un réseau en transitant la puissance nominale sur
une ligne est suicidaire. Si un événement provoque le déclenchement d’une ligne, le reste
des lignes en service devrait pouvoir transiter l’énergie totale et tomberaient en surcharge.
Ce qui causerait la chute du réseau. Donc, de préférence, on préfère ne pas surcharger une
ligne et recourir à des inductances shunt. Ainsi, la perte d’une ligne suite à un événement
indésirable ne remettra pas en cause le réseau puisque les lignes restantes peuvent transiter
la totalité de l’énergie.
Client

Ligne fortement inductive Fort

Source

Figure 1.11 - Charge élevée

1.2.3 -DIAGRAMME D’IMPÉDANCE


Le diagramme d’impédance est un outil intéressant pour analyser les défauts. Une
protection de ligne doit être sélective. C’est à dire, ne pas confondre le client avec le
défaut, ou un autre défaut qui ne lui appartient pas. Le diagramme d’impédance devient
donc comme une mappe où on peut définir les endroits où la protection de ligne doit
travailler. On peut donc positionner le territoire du client et configurer la protection de
ligne à ne pas agir dans cette zone. Le client se situe autour de l’axe résistif puisqu’il
consomme une puissance active se mesurant en Watt. Il est cependant difficile d’être
parfaitement résistif dû à la nature de certaines charges (moteurs). C’est pourquoi un
certain facteur de puissance est toléré.

XL
inductance

résistance zone client


R
capacitance

Diagramme d’impédance
Figure 1.12 - Diagramme d’impédance, zone client

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

1.3 - COMPORTEMENT D’UNE LIGNE EN DÉFAUT


Avant l’arrivé d’un défaut, la ligne est stable et en régime permanent. Dès l’apparition
d’un court-circuit, la ligne subit une perturbation et entre en régime transitoire. Ce régime
transitoire affecte la qualité de la sinusoïde de diverses manières :
1Composante CC ou asymétrie.
1Harmoniques.
1Fluctuation de la fréquence.
1Amplitude du courant de court-circuit en baisse de manière exponentielle.
Une protection de ligne peut être bernée par ce régime transitoire. La protection de
ligne devra donc être équipée de filtres et de circuits spéciaux assurant son immunité aux
phénomènes transitoires. Voyons une brève description du défaut de la ligne et des
régimes transitoires.

1.3.1 -MODÈLE ÉLECTRIQUE DE LA LIGNE EN DÉFAUT


Lorsqu’un court-circuit se produit, l’effet capacitif de la ligne est court-circuité, se
retrouvant en parallèle avec ce court-circuit. En exploitation normale de réseau, l’effet
inductif de la ligne compense en partie l’effet capacitif de cette même ligne selon la
grandeur de la charge en cours. Normalement, l’effet capacitif de la ligne est dominant et
nous oblige à utiliser des inductances shunt. Mais, en court-circuit, il ne reste plus que
l’effet inductif et résistif de la ligne. De plus, le très fort courant de court-circuit de la
ligne met fortement en évidence l’effet inductif de la ligne.

Ligne TRÈS fortement inductive 8"#$%6

Source

Figure 1.13 -
Le modèle électrique de la ligne en état de court-circuit se résume donc à la résistance
de la ligne, l’inductance de la ligne, et la résistance du défaut.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-1 Page 16


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

1.3.2 -DÉPHASAGE DU COURANT EN DÉFAUT


Lors de court-circuit de ligne, la source alimentant le défaut ne perçoit que la résistance
et l’inductance de la ligne. On présume un défaut parfait pour le moment. Le courant
déphase d’environ -45° à -85° par rapport à la tension de la source. L’angle du déphasage
dépend de la relation entre la réactance XL de la ligne et la résistance R de la ligne. Le
schéma de phaseur suivant visualise ce déphasage entre le vecteur tension et le vecteur
courant. Le diagramme d’impédance montre le résultat de ce déphasage sous forme
d’impédance. Voir figure-1.14.

XL
Diagramme d’impédance
4 Phaseur

faut
θ

u dé
Irésistif Portion

ce d
Inductive

édan
de la ligne
Iinductif
θ

Imp
Portion R
résistive
X 
Tang −1  L  = θ
de la ligne

 R 

Figure 1.14 - Déphasage de I et de E lors de défaut


La protection de ligne devra définir une zone de défaut au niveau du diagramme
d’impédance. Le chapitre suivant traitera de cette question.

1.3.3 -RÉGIME TRANSITOIRE LORS DE DÉFAUT


Le passage d’un régime permanent à un autre passe toujours par un régime transitoire.
Le passage d’une ligne en exploitation normale à un état de court-circuit passe par une
multitude d’effets transitoires. La protection de ligne doit se protéger contre la tempête
d’impuretés que représente le régime transitoire. Deux éléments importants constituent ce
régime transitoire. Apparition momentanée d’une composante CC provoqué par
l’asymétrie du courant de défaut, et une abondance d’harmoniques dû à la saturation des
équipements.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-1 Page 17


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

1.3.3.1 - Asymétrie du courant de défaut

Un défaut ne choisit pas le moment où il se produit. Sont apparition est aléatoire par
rapport à la tension du réseau. Le moment où le défaut se produit a un effet important sur
l’asymétrie du courant. La figure-1.15 montre un défaut se produisant au moment où la
tension est à zéro. La pente ou la variation du courant engendre la tension comme montré
à l’équation suivante. Comme le défaut se produit au moment où la tension est zéro, la
pente du courant devra donc être zéro, ce qui correspond à la position crête du courant. La
valeur crête initiale correspond au courant résiduel I0 qu’il y avait sur la ligne au moment
de l’arrivé du défaut. Donc, la valeur crête du courant démarre à la valeur I0, et se rend à
la prochaine valeur crête qui représente le double de l’amplitude du courant de défaut par
rapport au zéro.
dI
E=L
dt
1
L∫
I= Edt + I 0

En isolant le courant de la première équation, on obtient la deuxième équation où la


tension est intégrée pour donner le courant de défaut. Le concept de l’asymétrie apparaît
assez bien. L’intégrale représente la surface sous la courbe. La surface cumulée sous la
courbe de la tension donne la grandeur du courant. Or, démarrer la tension 0° donne une
surface très grande de 0° à 180°. Le problème est que la valeur initiale du courant aurait
dû être à la moitié de la valeur crête à crête et de polarité négative. En partant de zéro, ou
du courant avant défaut I0, l’amplitude du courant zéro-crête est doublé 180° plus tard.
Heureusement, la résistance de la ligne décharge le courant asymétrique de manière
exponentiel pour recentrer le courant autour de zéro.
2.0
Valeur crête à crête - amplitude doublée à partir du zéro 15
Tension Courant
1.5
10
1.0
5
0.5

0.0 0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
-0.5
-5
-1.0
-10
-1.5
ASYMÉTRIE
-2.0 -15

Figure 1.15 - Asymétrie - Défaut se produisant à 0° de la tension

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-1 Page 18


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Les protections de ligne électroniques fonctionnent avec l’analyse du passage par zéro
de la sinusoïde. La figure-1.16 montre l’erreur dont il est question. Le fabricant devra
donc corriger ce problème. L’exemple du filtre passe-haut en est un.

Vin 1
Vout
2

5)7*+),-.

Vin

Vout

/7*+),-.

asymétrie

Vin

Vout erreur

Figure 1.16 - Erreur provoqué par l’asymétrie


La relation XL/R entre la réactance XL et la résistance R de la ligne décide de la durée
de cette asymétrie. La ligne de 735kV est de l’ordre de X/R=28. La courbe de couleur
verte de la figure suivante montre la décharge de l’asymétrie.

XL
X/R = 500
τ=
0.8 X/R = 30 8
R
X/R = 5

Courant de défaut
0.3 Composante CC 3
Courant en PU

Tension en PU

0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
-0.2 -2

X/R =
-0.7 -7

tension

-1.2 -12

Temps en msec

Figure 1.17 - Courbe de décharge de l’asymétrie

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Si le défaut se produit au moment où la tension est à son maximum, soit +90° ou -90°
de la sinusoïde de la tension, il n’y a pas d’asymétrie. La tension maximum correspond à
pente maximum de courant. Ceci n’est valide que pour une ligne avec un X/R > 25.
C’est-à-dire que la ligne est fortement inductive.
2.0 15
Tension Courant
1.5
10
1.0
5
0.5

0.0 0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
-0.5
-5
-1.0
-10
-1.5

-2.0 -15

Figure 1.18 - Pas d’asymétrie - Défaut se produisant à 90° de la tension

1.3.3.2 - Harmoniques

Lorsque la sinusoïde du réseau est déformée par des équipements avec un


comportement non linéaire, des harmoniques sont aussitôt générés. Un transformateur est
un exemple d’équipement non linéaire. Dans la figure-1.19, on utilise le transformateur
dans sa zone linéaire. La sinusoïde conserve donc une certaine pureté. Évidemment, un
transformateur n’est pas parfait et il a tendance à générer de l’harmonique impair. Les
enroulements delta fermés du réseau éliminent la troisième harmonique.

a 4
1

n Amplitude Phase
0.0000
a 1 1.0000
2
3
4
5
6

7
8
9
10
11
12
13

Zone linéaire
des transfo.

Figure 1.19 - Zone linéaire du transformateur


Le problème commence lorsqu’il y a saturation, ou que la zone non linéaire est
exploitée. Par exemple, un défaut de ligne engendre un très fort courant de court-circuit.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Ce fort courant amène le transformateur dans sa zone non linéaire et la sinusoïde de la
tension du réseau est déformée. Des harmoniques impairs sont aussitôt générés. Les
harmoniques homopolaires telles la 3e et la 9e sont filtrés par les enroulements deltas du
réseau. La 7e, 11e et 13e peuvent subsister et agir.

a 4
1

n Amplitude Phase
a 0.0000
1 0.8959
2
3 0.0733
4
5 0.0311 180.0°
6


7
8
0.0003

9 0.0091
10
11 0.0039 180.0°
12
13 0.0026 180.0°

Zone de saturation
des transfo.

Figure 1.20 - Saturation du transformateur


Il est possible de saturer le transformateur seulement d’un côté de l’onde. Pour cela, il
faut qu’une alternance de l’onde ait une amplitude supérieure à l’autre alternance. La
composante CC générée par un orage magnétique peut faire cela. L’asymétrie expliquée
précédemment peut aussi le faire. Dans une situation semblable, seule une alternance de
la sinusoïde est endommagée. Des harmoniques pairs et impairs apparaissent aussitôt.
Les harmoniques homopolaires telle la 3e, 6e, 9e, et 12e sont éliminées par les
enroulements delta du réseau. Par contre, les autres subsistent.

a 4
1

a
n Amplitude Phase
0.3910
1 0.8045
2 0.1379 90.0°
3 0.0690
4 0.0138 270.0°
5 0.0138


6
7
0.0158
0.0050
270.0°
180.0°
8 0.0050 270.0°
9 0.0069 180.0°
10 0.0025 90.0°
11 0.0025 180.0°
12 0.0039 90.0°
13 0.0015
Zone de saturation
par asymétrie
du transfo.

Figure 1.21 - Saturation asymétrique du transformateur


Les harmoniques peuvent provenir de systèmes utilisant la commutation à thyristor.
Les excitations statiques, compensateurs statiques sont des exemples de générateurs

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
d’harmoniques. Les redresseurs des alumineries génèrent des harmoniques.
Normalement, ces générateurs d’harmoniques ne sont pas appréciés du réseau. Ils doivent
donc être accompagnés de filtre afin de les éliminer au maximum. Les harmoniques
peuvent aussi provenir des équipements de lectures de tension.
La figure-1.22 montre de multiple passages par zéro provoqué par la 7e harmonique de
notre exemple. Comme la protection de ligne électronique gère le passage par zéro, il ne
faut pas que ces multiples passages provoquent une mauvaise décision du relais. Le relais
utilise donc des techniques de filtration ou d’inertie afin de se protéger de ces multiples
passages par zéro.

123456789
234799 2

 3 2 734633623467479

Figure 1.22 - Passage par zéro de la 7e harmonique


Les techniques de filtrations sont traitées dans le volume II "Technologie des
Protections de ligne 21". La suite de ce manuel traitera de la sélectivité de la protection
de ligne, aussi bien au niveau de la zone d’impédance comme au niveau des philosophies
de protection.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

8
134 99

LES GRADINS ET
ÉLÉMENT
DIRECTIONNEL

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Ce chapitre traite :
2 Portée et orientation des gradins
2 Gradin de type commuté
2 Gradins sans dépassement «Z1» et avec dépassement «Z2»
2 Visibilité et fiabilité des gradins
2 Formes des gradins «mho, quadrilatère, lentille, arachide»
2 Le grand gradin «Z3»
2 Temporisation des gradins «TZ2, TZ3»
2 Élément directionnel «67»

2.1 - NOTION DE DISTANCE DU DÉFAUT


2.1.1 -DISTANCE DU DÉFAUT PAR RAPPORT AU POSTE ÉLECTRIQUE
Commençons par définir la portée d’un défaut. La protection de ligne 21 prend comme
informations, la tension et le courant provenant de la ligne à protéger. Elle évalue la
portée du défaut en utilisant ces deux mesures :
Une protection de ligne regarde en direction de la ligne à surveiller. Tout défaut se
produisant sur sa ligne est un défaut avant. Si le défaut ne se produit pas du côté surveillé
par la protection de ligne, le défaut est arrière. La protection de ligne est aussi appelée
RELAIS D’IMPÉDANCE ou RELAIS DE LIGNE. Donc, ce manuel utilisera
occasionnellement le terme relais pour signifier la protection de ligne. Comme le relais
ne perçoit les défauts que d’un seul côté, nous disons que le relais est DIRECTIONNEL ou
POLARISÉ.
Vue arrière Vue avant

Point Zéro
a Portée du gradin concerné b

Poste
Barre

Disjoncteur
Ligne

TC
TT
Relais 21

Figure 2.1 - Point zéro et porté d’un gradin polarisé


La tension agit comme la référence angulaire du relais. Chaque type de défaut à sa
référence angulaire : Défaut à la terre AN, BN, CN ; Défaut entre phase AB, BC et CA.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Par exemple, pour les défauts de type AN, la tension «Ean» agit comme référence 0°.
Donc, la tension ne distingue pas le fait que le défaut soit arrière ou avant.
Le courant est sensible à l’orientation du défaut. Un courant de défaut avant est à 180°
du courant de défaut arrière. La protection analyse l’orientation du courant en fonction de
la tension de référence afin d’évaluer la direction du défaut.
Vue arrière Vue avant Vue arrière Vue avant

Barre

Barre
Relais 21 Relais 21

Figure 2.2 - Sens du courant de défaut

2.1.2 -VISUALISATION SIMPLIFIÉE


Pour nous aider à procéder plus simplement dans les pages à venir, la figure-2.3 montre
une manière simplifiée de visualiser la position d’un poste et la ligne à protéger. On doit
se souvenir que le point zéro «a» pour une protection de ligne correspond au point de
mesure du courant «TC» de la même ligne à protéger. Le schéma suivant ne montre que le
nécessaire : La barre, les disjoncteurs, la ligne et la délimitation du poste.
Portée = 100%
Poste-1 Poste-2
Ligne

Portée du gradin concerné


a b
Point Zéro

Barre Délimitation du poste

Ligne Ligne

Disjoncteur

Figure 2.3 - Visualisation simplifiée du réseau


Pour la compréhension du fonctionnement de la protection de ligne, le schéma
précédent est largement suffisant.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.1.3 -MESURE DE PORTÉE AVEC L’IMPÉDANCE


Au chapitre 1, section 1.3.1 page 16, lors d’un court-circuit de la ligne, nous avons vu
que la ligne est purement résistive et inductive. Les grandeurs de XL et de R sont
proportionnelles à la longueur de la ligne. On peut donc utiliser l’impédance de la ligne
afin de délimiter la portée du défaut.

XL

XL  XL   2* XL 
θ = arctan   = arctan 
 2 * R 
t
défau

 R 

θ
e du
danc

Portion
Inductive
Im p é

de la ligne

XL XL
θ
R
R R
Portion résistive
de la ligne
Figure 2.4 - Diagramme d’impédance
Il faudra cependant tenir compte de la relation angulaire entre XL et R de la ligne.
Comme l’inductance de la ligne XL est proportionnelle à la longueur de la ligne en court-
circuit, et qu’il en est aussi de même pour la résistance R de la ligne, la relation suivante
XL
R

demeure constante. Donc, l’angle 3 de l’impédance de la ligne est constant, quelque soit
la longueur de la ligne soumise au défaut. En supposant que le défaut soit parfait, le
vecteur d’impédance du défaut varie en amplitude selon la distance du défaut, mais l’angle
3 demeure constant. Il est intéressant de constater que le défaut de ligne n’habite pas le
même axe que la charge qui réside sur l’axe résistif R. Il devient donc plus facile de créer
une zone de défaut dans le diagramme d’impédance sans y intégrer la charge.

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2.1.4 -CERCLE D’IMPÉDANCE, GRADIN DE TYPE MHO


Le manuel "Technologie des Protections de ligne 21" explique de quelle manière
nous fabriquons un gradin. Il est aussi question de réglage des portées «a» et «b», et du
réglage de l’orientation angulaire du cercle d’impédance suivant.

au t
e dé f
A xe d
XL
Poste-2
b

Gradin

θ
a R
Axe client

Portée = 100%
Poste-1 Poste-2
Ligne

Portée du gradin concerné


a b
Point Zéro

Figure 2.5 - Gradin de type mho


Ce manuel se limite strictement à l’application des gradins et non à leur fabrication.
Voyons avec la figure-2.5, le lien qu’il existe entre le diagramme d’impédance et la
représentation du réseau juste en dessous. En contexte de défaut de ligne, il est possible
de représenter sur l’axe de défaut du diagramme d’impédance, chacun des points du
réseau «a» et «b». Il est même possible de représenter la position du poste éloigné.
«poste2». La portée s’exprime normalement en pourcentage. La longueur totale de la
ligne, en partant du point de mesure de courant du poste-1 jusqu’au point de mesure du
courant du poste-2, représente 100%. La portée des gradins sera exprimée en ohm ou en
pour cent. Le relais est capable de fabriquer un cercle d’impédance orientable et ajustable
en grandeur par des réglages. Le cercle en jaune à la figure précédente représente ce
cercle d’impédance appelé GRADIN. Si l’impédance du défaut se retrouve à l’intérieur du
cercle, le gradin est actif et agit selon la philosophie adoptée par le relais.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.1.5 -POSITION D’UN DÉFAUT


Imaginons maintenant un défaut à différentes positions. Dans la figure suivante on
déplace le défaut de la position (a) jusqu’à la position (f). Le gradin du poste-1 couvre
80% de la ligne.

t
d é f au
Ligne = 100%

e
Poste-1 Poste-2

Axe d
10% 40% 80% 90%
XL
Poste-2
Portée du gradin = 80% f
a b c d e f e G

ra
din
d

b Avan
R
t
Arriè
re
a
Figure 2.6 - Différentes positions de défauts
On fait correspondre point pour point, ces mêmes défauts sur le diagramme
d’impédance. Les points «c» et «d» sont à l’intérieur du gradin. En voyant le gradin actif,
le relais applique la philosophie qui lui a été proposée. Le relais finira par libérer le défaut
en donnant l’ordre aux disjoncteurs d’ouvrir si le verdict de la philosophie adoptée le
permet. Il faut savoir que le gradin doit toujours franchir un circuit contenant une certaine
logique accomplissant une philosophie de protection. Nous traiterons de ces philosophies
plus tard dans ce manuel.
Les points «b» et «e» sont sur la limite du cercle d’impédance. Difficile de savoir si le
défaut est à l’intérieur ou à l’extérieur du cercle. Il peut y avoir hésitation dans le sens où
le défaut peut vaciller tantôt à l’intérieur, tantôt à l’extérieur, rendant la tâche difficile au
relais. Ce vacillement est provoqué par l’arc électrique au point de défaut. Certains
fabricants de relais de distance créent un effet hystérésis au cercle d’impédance pour
empêcher cette hésitation. Dès qu’un défaut touche au cercle d’impédance, le cercle
s’agrandit légèrement afin de rendre permanent la décision du gradin. GEC par exemple
crée un effet hystérésis de 5% sur le SHNB-103.
Les points «a» et «f» sont en dehors du cercle d’impédance. Donc le gradin est inactif.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.2 - DESCRIPTION DES GRADINS


Normalement, on compte trois types de gradins dans une protection de ligne. Il y a le
Gradin-1, Gradin-2 et le grand gradin normalement appelé Gradin-3. Certaines
protections de ligne de type commuté peuvent avoir quatre ou cinq gradins de bases, et un
grand gradin appelé élément de démarrage. Avant de voir chaque gradin en détaille, il
serait intéressant de comprendre ce qu’est le comparateur d’angle.

2.2.1 -COMPARATEUR D’ANGLE


Un terme régulièrement utilisé dans le monde des protections de ligne est
«COMPARATEUR». Ce mot peut vouloir dire bien des choses si on ne le précise pas.
La partie du relais qui fabrique le gradin est un comparateur d’angle. Si le défaut est à
l’intérieur du gradin ou cercle d’impédance, le comparateur est actif et répond avec le
niveau 1-logique. Si le défaut est à l’extérieur du gradin ou du cercle d’impédance, le
comparateur est inactif et répond avec un 0-logique. Ce comparateur n’est rien d’autre
qu’un comparateur d’angle. Il compare l’angle entre deux vecteurs «Polarisation» et
«Opération».

123145678475926416
237847
347 
5777
Z1 ou Z2 ou Z3
12 Logiques générales
12345657896
120 Vφφ Σ
123456748629 Comparateur

5 8 d’angle de Protection
Seuils minimum de courant
Philosophies de protection
111 Logique de déclenchement

548629
32 1A/5A IZ Σ Entrées et Sorties

CONDITIONNEURS RÉGLAGES TRAITEMENT FABRICATION ANALYSE


VECTORIEL DU GRADIN ET DÉCISION
D'ENTRÉES

Figure 2.7 - Comparateur d’angle


Le deuxième manuel "Technologie des Protections de ligne 21" traite exclusivement
de ces circuits et de leurs diverses réalisations techniques. Nous ne ferons qu’une très
brève description de quelques comparateurs dans ce manuel. Il ne faut pas perdre de vue
que ce manuel ne s’intéresse qu’a l’application et non à la conception technologique.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 29


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2.2.1.1 - Comparateur électromagnétique

Le Comparateur électromagnétique est un moteur homopolaire. Dans cette


technologie, un comparateur crée un gradin. Le relais KDGU de la figure-2.8 contient
trois de ces comparateurs. Un pour chaque défaut à la terre. Donc utiliser cette
technologie signifie plusieurs relais pour couvrir la protection d’une ligne.

Figure 2.8 - Relais KDGU


Généralement, il n’y aura pas de gradin-3 avec cette technologie. Question de coût et
d’espace physique.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 30


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.2.1.2 - Technologie intermédiaire de type commutée

Comme la technologie évolue, et que les relais coûtent chers, un moyen économique
était qu’un même comparateur puisse créer à lui seul une multitude de gradins. Le relais
de type commuté prend naissance : L3L6, LZ96 de ABB, LZX-51 de BB. Lorsqu’un
défaut de ligne se produit, le grand gradin démarre les minuteries du circuit de
commutation. Voir figure-2.9 Au départ, les réglages du gradin-1 sont sélectionnés. La
séquence des minuteries, démarrée par le grand gradin, commute tour à tour les gradins de
1 à 2, de 2 à 3, de 3 à 4, et ainsi de suite selon le nombre de gradins à commuter et le
réglage de chaque minuterie.

Circuit de Gradin de
Commutation démarrage

Réglage Gradin-1
Σ
123456748629 Comparateur d’angle

Réglage Gradin-2 111



548629
Σ
Réglage Gradin-3
Gradin de
12 démarrage
12
13
Réglage Gradin-4 14
15

Figure 2.9 - Relais commuté


Il n’est possible de voir qu’un seul gradin à la fois. Il est impossible de savoir si nous
sommes dans le gradin-2 tant que le réglage du gradin-2 n’est pas sélectionné. Cette
technique enlève plusieurs possibilités de philosophies de protection. Par contre, elle offre

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 31


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
plusieurs gradins et coûte moins cher. Donc dans ce genre de technologie, le grand gradin
n’est pas le gradin-3 comme il en est habituellement le cas, et porte le nom d’Élément de
démarrage.

2.2.1.3 - Technologie récente - un comparateur par gradin

Maintenant, le coût d’un comparateur est minime. La commutation devient donc


inutile. Chaque gradin a donc son propre comparateur. Un relais normal de trois gradins
possède 18 comparateurs.
2 Premier gradin AN, BN, CN, AB, BC, CA
2 Deuxième gradin AN, BN, CN, AB, BC, CA
2 Troisième gradin AN, BN, CN, AB, BC, CA
Que la technologie soit avec la logique câblée, ou purement numérique (logiciel), cela
ne change en rien les diverses possibilités offertes. Par exemple, le fabricant GEC a
encapsuler dans un circuit intégré, deux comparateurs de gradin et deux comparateurs
d’invalidation.

Cicuit intégré de GEC

Figure 2.10 - Un comparateur par gradin


Comme il est possible de savoir instantanément l’état de chaque gradin, une multitude
de philosophies de protections très intéressantes deviennent possibles. Chaque gradin
démarre lui-même ses propres séquences et minuterie.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.3 - Gradins de mesure, ou polarisés


Les gradins de mesure, aussi appelé gradins polarisés, sont des gradins qui passent par
l’origine du diagramme d’impédance. Ils sont purement directionnels et sont de portée
limitée. Le gradin-1 est aussi appelé gradin sans dépassement. Sa portée ne dépasse pas
la longueur de la ligne. Le gradin-2 est aussi appelé gradin avec dépassement puisqu’il
dépasse la longueur de la ligne. Voyons plus en détail leur description.

2.3.1 -GRADIN-1, GRADIN SANS DÉPASSEMENT


2.3.1.1 - Description

Le gradin-1 est par définition un gradin sans dépassement. Cela signifie que le gradin-
1 ne doit jamais dépasser la longueur de la ligne à protéger. Sa portée est donc limitée à
80% de la longueur de la ligne. Si la ligne est reliée à des sources à ses deux extrémités,
elle est protégée dans ses deux extrémités. Il y a une protection qui protège la ligne au
poste-1 et au poste-2. Le Gradin-1 est un gradin de mesure et est directionnel. C’est-à-
dire qu’il ne perçoit pas les défauts se produisant en arrière.

t
dé fau
zone non protégée Portée du Gradin-1 poste-2

e
Axe d
par le poste-2 maximum 80%

Poste-1 Poste-2
XL
Poste-2
80%
Gr
ad

in
-1
Portée du Gradin-1 poste-1
maximum 80% zone non protégée
par le poste-1

Avan
R
t
Arriè
re

Figure 2.11 - Gradin-1 - Sans dépassement

2.3.1.2 - Pourquoi un maximum de portée de 80% ?

Au départ, il est impossible d’être parfaitement précis. De plus, les paramètres


d’impédance de la ligne sont soumis à des contraintes climatiques comme le froid, la
chaleur, l’humidité, la sécheresse. Ces paramètres affectent aussi la qualité du défaut, et
particulièrement le retour du courant de défaut dans la terre. Il y a aussi la manière
d’exploiter la ligne en réseau. Plus le transit est élevé, plus la chaleur affecte la partie
résistive de la ligne par effet Joule.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 33


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
On peut ajouter à tout cela la précision de chaque élément de mesure : transformateurs
de courant TC, transformateur de tension TT. Finalement il devient sage de couvrir
largement toutes ces erreurs en se donnant un minimum de 20% de jeu. En ne dépassant
pas 80% de la portée de la ligne, nous sommes certains que si la somme de toutes les
erreurs se mettent à notre désavantage, nous ne dépasserons pas la longueur de la ligne.

2.3.1.3 - Exception - Gradin-1 avec dépassement

Il y a parfois des exceptions. Par exemple, aux Iles de la Madeleine, un contexte


particulier de réseau ne permet pas le délai qu’un gradin-2 exige normalement. La
centrale thermique tombe hors d’usage suite à un défaut, faute de tension à la centrale
causée par la forte réactance synchrone des alternateurs. Donc, la stratégie adoptée est de
faire dépasser les premiers gradins. Leur portée cesse dans la réactance des
transformateurs abaisseurs des postes de distribution qui sont à l’autre bout de la ligne. Ce
sujet sera traité au niveau des philosophies de protection.

2.3.1.4 - Visibilité et temps de déclenchement

Le gradin-1 perçoit un défaut se produisant entre 0% et 80% de la portée de la ligne. Si


le gradin-1 perçoit un défaut, il est absolument certain que ce défaut est bien sur sa ligne.
Donc, le gradin-1 actionne instantanément le relais 94 afin d’ouvrir le disjoncteur le plus
rapidement possible et isoler le défaut. Si un défaut se produit entre 20% et 80% de la
portée de la ligne, le gradin-1 de chaque extrémité de la ligne perçoit le défaut et les
disjoncteurs de chaque extrémité de la ligne sont aussitôt ouverts. Le temps de réaction
globale pour isoler le défaut se situe normalement entre 4 à 6 cycles.
Gradin-1 du poste-2 actif

Poste-1 Poste-2

Gradin-1 du poste-1actif
0 0
Temps de réaction
Circuit du de 4 à 6 cycles Circuit du
poste-1 poste-2

 

Figure 2.12 - Chevauchement des gradin-1


L’importance de la rapidité de la protection de ligne est aussi la stabilité du réseau. Si
le défaut dure trop longtemps sur le réseau, il peut initier un régime transitoire fortement
indésirable, entraînant le réseau en oscillation angulaire, et difficile à maîtriser par la suite.
Le risque de l’effondrement du réseau devient très probable. La rapidité des protections
de ligne à éliminer le défaut est donc très apprécié de la part du grand réseau.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 34


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Si le défaut se produit dans le premier ou le dernier 20% de la portée de la ligne, le
poste en extrémité éloigné sera pénalisé. À la figure-2.13, un défaut se produit à 90% de
la portée de la ligne. La protection du poste-1 ne perçoit pas le défaut puisqu’il est hors de
sa portée. Donc pas de déclenchement au poste-1. La protection du poste-2 perçoit le
défaut à 10% et son premier gradin déclenche le disjoncteur de ligne du poste-2.
Gradin-1 du poste-2 actif

Poste-1 Poste-2

Gradin-1 du poste-1inactif
0 0
Circuit du Circuit du
poste-1 poste-2

 

Figure 2.13 - Zone non chevauchée


Que fera donc la protection du poste-1 ? Heureusement la protection de ligne ne se
limite pas à un seul gradin. Il y a aussi un deuxième gradin qui est avec dépassement. La
communication entre les relais devient nécessaire afin de développer des stratégies de
protection appelées : Philosophies de protection.

2.3.1.5 - Fiabilité du Gradin-1 versus la résistance d’arc du défaut

La qualité d’un défaut à la terre est généralement médiocre. Un conducteur touchant le


sol n’arrive pas à passer tout le courant qu’il pourrait dû à la qualité du court-circuit. Le
niveau de tension élevé de la ligne de transport amorce une multitude d’arcs électriques au
sol, finissant par établir une bonne connection avec le sol. Lorsqu’un sol est mauvais
conducteur, on installe un câble parcourant le sol se reliant de pylône à pylône. Ceci
assure une meilleure qualité du défaut à la terre. Le trajet du courant de défaut à la terre
parcourt le sol jusqu’au câble sillonnant le sol s’il y en à un, ensuite atteint le prochain
pylône, et continue sa route avec les fils de garde, conducteur du sol et le sol lui-même,
tous en parallèle, jusqu’à la source homopolaire.

Portée Gradin-1

Poste-1

Courant de défaut

Figure 2.14 - Résistance de défaut

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 35


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
La source homopolaire est la source en relation avec le sol qui alimente le défaut. Un
transformateur Y à un lien avec le sol et peut alimenter un défaut à la terre. Un
transformateur 4 n’a pas de lien avec le sol et ne peut alimenter un défaut à la terre. Il
devra donc construire son lien de parenté avec le sol en utilisant des inductances à la terre,
comme le transformateur zigzag conçu pour cette cause.
La résistance d’arc est très résistive. Au niveau vectoriel, la résistance d’arc est une
composante purement résistive. Son amplitude varie selon la qualité de conduction du sol.
Le niveau de tension de la ligne, la composition du sol, le taux de l’humidité du sol sont
une partie des facteurs agissant sur l’ampleur de l’arc électrique. Présumons que la
résistance de l’arc soit constante dans notre exemple, afin de simplifier les explications.
Le relais perçoit comme impédance globale, la résistance de l’arc ajoutée à la résistance de
la ligne. Ceci abaisse l’angle du vecteur d’impédance comme montré dans la figure
suivante. Plus le défaut est près du poste, et plus l’arc prend de l’importance par rapport à
l’impédance de la ligne. On remarque que l’axe du défaut est déplacé vers la droite de la
valeur de la résistance de l’arc.

istan placé
arc
istan placé
arc

XL XL

ce d’
c e d’

a rés ut dé
a rés ut dé

par l du défa
Rarc
par l du défa

Axe
Axe

α XL Rarc
α
R R
R
Portion résistive
de la ligne

Figure 2.15 - Déplacement de l’axe de défaut par la résistance d’arc


Dans la figure-2.16, la partie en jaune nous indique la portion de ligne devenue
invisible pour le premier gradin. Elle se retrouve à l’extérieur du cercle d’impédance.
Lorsqu’une ligne est longue, la résistance de l’arc est relativement négligeable par rapport
à l’impédance de la ligne. En agrandissant le croisement du cercle d’impédance avec
l’axe résistif R, un défaut très près du poste demeure dans le cercle d’impédance. Le
gradin-1 est donc pleinement fonctionnel pour tout défaut dans le cas d’une ligne longue.
On considère qu’une ligne est longue au moment où la résistance de l’arc devient

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 36


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
négligeable par rapport à l’impédance de la ligne.

t a n c e la c é
d’arc
p
au t
p ar l a d éf a u t d é
e d éf
XL

résis
A xe d

e
Ax e d
$12

Portée perdue

R
Figure 2.16 - Effet de la résistance de l’arc
Dans les cas de la figure-2.17, un premier gradin de type mho ne fonctionne pas
correctement. La ligne est courte par rapport à la résistance de l’arc. Si la portée avant du
gradin-1 n’excède plus 50%, cela crée une zone invisible au centre de la ligne. De plus,
pour un défaut très près du poste, la résistance de l’arc sort le défaut du cercle
d’impédance, rendant invisible une portion de ligne près du poste. Le gradin-1 n’a plus
aucune fiabilité dans ce genre de situation. À l’époque des relais électromécaniques, on
n’utilisait tout simplement pas de gradin-1. Pourquoi investir dans un équipement qui n’a
pas de fiabilité ? Les nouveaux relais conservent leur gradin-1. S’il fonctionne lors de
défaut, tant mieux, sinon nous avons d’autres alternatives que nous verrons plus tard.
tan ce lacé
d ’arc
p
t

par la défau t dé
défau

XL Vue réelle
e

rés is
Ax e d

Zone invisible du Gradin-1


e

du poste 2
A xe d

Poste-1
80%

Poste-2
Vue réelle
du Gradin-1
Portée perdue
du poste 1

R
Figure 2.17 - Résistance de l’arc trop importante - Zone invisible

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 37


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Pour une ligne très courte, l’axe de défaut risque de sortir complètement du cercle
d’impédance, et dans ce dernier cas, le gradin-1 devient complètement inutile.

a n c e la c é
d’arc
p
ut

p a r la d é f a u t d é
e d éf a
XL

résist
A xe d

e
Axe d
80%

Portée perdue
COMPLÈTEMENT

Figure 2.18 - Ligne très courte


Pour contrer les problèmes exposés aux figure-2.17 et figure-2.18, nous utilisons la
philosophie de protection appelée Accéléré avec dépassement (POR permisif over reach).
Cette philosophie utilise les gradins-2 et des liens de communications. Nous traiterons
cette philosophie en profondeur plus tard dans ce manuel. Si nous voulons conserver le
gradin-1, on doit modifier la forme de notre zone d’impédance afin d’englober la
résistance de l’arc.

2.3.1.6 - Première méthode de correction de la résistance de l’arc - DSR


Zone avec dépassement
Si nous décalons l’orientation du
cercle d’impédance vers l’axe résistif
comme montré à la figure-2.19, nous
XL Poste

seront obligé d’agrandir ce cercle afin


123
C

al Gradin-1
er

de maintenir le point du 80% de l’axe-1


rm

cle
no

de défaut. C’est à dire, défaut sans


déc
Cercle

alé et corrigé

résistance d’arc. De cette manière, nous


Axe-1

Axe -2

Axe-3

englobons à l’intérieur du gradin le


défaut de l’axe-3 ayant une très forte
résistance d’arc. Si la qualité du défaut
est meilleur et nous amène à l’axe-2 de
défaut, le gradin dépasse la longueur de R
la ligne.
Figure 2.19 - Décalage angulaire du cercle

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 38


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Le gradin-1 ne doit pas dépasser la longueur de la ligne. Si le défaut se produit à
l’intérieur du poste de l’autre extrémité de la ligne et que la résistance d’arc correspond à
l’axe-2 de la figure-2.19, nous avons un problème. Le gradin-1 agit instantanément et
ouvre son disjoncteur de ligne pour un défaut qui ne lui appartient pas. Le relais THR de
la compagnie Reyrolle a palier à se problème en développant une technique plafonnant le
cercle d’impédance comme représentée à la figure suivante.

XL Poste

C
al 80%

er
rm

c le
no

déc
Cercle

alé et corrigé
Carte DSR
Axe-1

Axe-2

Axe-3
Protection de ligne THR

Gradin-1
R

Figure 2.20 - Carte DSR de la protection THR


THR appèle la carte électronique réalisant le cercle d’impédance de la figure
précédente : DSR (Directionnal Shaped Reatance). On peut utiliser cette carte en gradin-1
et au gradin-2 pour les lignes courtes et très courtes. On a deux possibilités de réglage
d’inclinaison du cercle. Soit à 45° de l’axe R pour des lignes courtes, soit à 30° de l’axe R
pour des lignes très courtes.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 39


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.3.1.7 - Deuxième méthode de correction de la résistance de l’arc - Quadrilatère

Une autre façon d’englober la résistance de l’arc dans la zone d’impédance, est de créer
une zone d’impédance différente de la forme d’un cercle. Un gradin de type mho (forme
circulaire) est réalisé avec un seul comparateur. À l’époque des relais électromécaniques,
le comparateur montré en figure-2.8 page 30 coutait très cher. On se limitait donc au
gradin de type mho. Aujourd’hui, la fabrication d’un comparateur ne coûte pratiquement
plus rien avec la nouvelle technologie. Il est possible de fabriquer un quadrilatère avec le
chevauchement de quatre cercles d’impédance de grandeurs infinis. La courbe d’un cercle
infiniment grand tend à être une droite. On doit donc utiliser quatre comparateurs d’angle
déjà définis en section 2.2.1 page 29. Le manuel "Technologie des Protections de ligne
21" explique comment fabriquer ces cercles d’impédances.

Quadrilatère:
Portée avant arc de cercle = droite

Élément directionnel
Portée avant
XL Côté gauche Quadrilatère
Côté droit

Figure 2.21 - Quadrilatère constitué de quatre grands cercles d’impédance

anc e lacé
Le gradin de forme quadrilatère

d’arc
p
exige maintenant deux réglages :
ut

par la dé faut dé
e dé f a

1 Réglage de portée du gradin-1. XL résist


Axe d

S’applique au quadrilatère et au relais


e
A xe d
Z

Mho. $12
a ge

1
Régl

Réglage de l’axe résistif R. Pour le Gradin-1


uche

quadrilatère seulement. Ce réglage


oite

affecte le côté gauche et le côté droit


te-Ga

te-Dr

du quadrilatère.
Limi

Limi

Réglage R Réglage R

Direc
R
tionn
el 67

Figure 2.22 - Gradin en forme de quadrilatère

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 40


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Le relais Quadramho (version quadrilatère), le relais Optimho, le relais Schweitzer
SEL-321, sont tous des relais qui utilisent des gradins de formes quadrilatère.
LE QUADRILATÈRE NE S’APPLIQUE QU’AUX DÉFAUTS ENTRE LA
PHASE ET LA TERRE. Les défauts entre phase est le contact de deux
conducteurs, donc très bonne qualité de défaut.

2.3.2 -GRADIN-2, GRADIN AVEC DÉPASSEMENT


2.3.2.1 - Description

Le gradin-2 est par définition, un gradin avec dépassement. Sa portée dépasse la


longueur de la ligne à protéger. Pour les mêmes raisons invoquées en section 2.3.1.2 page
33, il faut couvrir l’ensemble des erreurs. Comme le gradin-1, on se donne 20%. Cette
fois-ci, il s’agit d’un minimum de 20% de dépassement. Donc, afin de s’assurer que la
portée du gradin-2 demeure en dépassement, on la règle à un minimum de 120%. Selon la
configuration du réseau, il peut être possible de régler le gradin-2 à 130%, ou à 140%. En
réalité, le vrai but du dépassement est de percevoir tout défaut de la ligne à protéger de 0%
jusqu’à 100%.

XL
-

t
m en
12
Gr
asse

ad
Dép
Portée du Gradin-2 poste-2

in-
minimum 120% Poste-2

2
Poste-1 Poste-2 -3
Gr
$12 ad
in
-1

Portée du Gradin-2 poste-1


Dépassement minimum 120%
Dépassement

Avan
R
t
Arriè
re

Figure 2.23 - Portée et dépassement du gradin-2

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 41


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.3.2.2 - Visibilité et temps de réaction

Le dépassement du gradin-2 permet de voir des défauts au-delà de la longueur de la


ligne qu’elle protège. À la figure-2.24, un défaut se produit sur la ligne-C près du poste-2.
Si on observe la protection de ligne au poste-1, le gradin-2 perçoit ce défaut. Pourtant, ce
défaut ne lui appartient pas. Elle doit protéger la ligne-B mais non la ligne-C. Nous
savons que la ligne-C a ses propres protections, et que le gradin-1 de la ligne-C situé au
poste-2 éliminera ce défaut rapidement. Une fois le défaut libéré, le gradin-2 du poste-1
se retire. Mais il ne faut pas que le gradin-2 soit aussi rapide que le gradin-1. Vous
pouvez vous imaginer le scénario qu’il s’en suivrait si le gradin-2 était plus rapide que le
gradin-1. Un défaut risquerait d’être isolé tellement grand que le réseau global pourrait
s’effondrer. Il se peut que la protection de la ligne-C ne soit que des relais de surintensité,
ce qui n’améliore pas notre cause. Pour palier à ce problème, on coordonne le temps de
réaction du gradin-2 avec les protections qui le chevauchent. Normalement, le gradin-2
est temporisé entre 20 à 30 cycles.
Gradin-1 Poste-2
Gradin-2 Poste-2 Ligne-B Inactif Ligne-C
Actif
Poste-1
Ligne-B Ligne-C
Ligne-A
Poste-2
Gradin-2 Poste-1 Ligne-B actif

0 Circuit du
poste-1
Circuit du
poste-2 0 0 Circuit du
poste-2

112 112 PROTECTION


PROTECTION
2 LIGNE-B 2 LIGNE-C

  

Figure 2.24 - Défaut perçu par le gradin-2


Le symbole de la minuterie adopté dans ce manuel est selon la figure-2.25. Le triangle
du haut représente le délai de montée, et le triangle du bas le délai de descente. Le triangle
vide est équivalent à zéro et représente aucun délai. Plusieurs fabricants adoptent cette
symbolisation.

12
A B
13

A
12
B
13

Figure 2.25 - Symbole de la minuterie

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 42


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
À la figure-2.26, le défaut se produit sur la ligne protégée par nos gradins-2. Le
chevauchement des gradins-2 correspond à la totalité de la longueur de la ligne. Le
gradin-2 devrait donc agir rapidement. La minuterie l’en empêche. Plus tard dans ce
manuel, on traitera de philosophies de protection où il sera question d’accélération. Il est
possible aux protections de chaque extrémité de la ligne de communiquer entre eux et
d’accélérer le fonctionnement du gradin-2 de l’autre extrémité en outrepassant la
minuterie.
Gradin-2 du poste-2 actif

Poste-1

Poste-2

Gradin-2 du poste-1 actif

0 Circuit du
poste-1
Circuit du
poste-2 0
Rx Rx
Accélération Accélération
112 112
2 2

 

Figure 2.26 - Chevauchement des gradins-2

2.3.2.3 - Visibilité limitée par des enroulements de transformateurs

Les enroulements d’un


transformateur sont très impédants Portée du gradin-2
comparativement à la réactance de Poste - 1
la ligne de transport. Donc, si le
poste en extrémité éloigné possède Poste - 2
un transformateur abaisseur ou
élévateur de tension, le gradin-2 ne Ligne
pourra pas le franchir. L’impédance PT
d’un transformteur peut équivaloir
Barre

CT
à plusieurs centaines de kilomètres
de ligne. La présence de
Relais 21
transformateur à l’autre extrémité
de la ligne nous permet d’agrandir
le gradin-2 afin d’englober la
résistance d’arc.
Figure 2.27 - Limite du gradin-2 par un transformateur

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 43


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.3.2.4 - Portée du gradin-2 avec une ligne courte et gradin de type mho

À la figure-2.28 nous pouvons


voir la grandeur d’un gradin-2
ajusté pour une ligne courte. XL
L’exemple est arbitraire ici, mais il
est important de comprendre que
même si vous orientez le gradin
complètement sur l’axe résistif R,
vous êtes loin de toucher à la zone
de la charge. La charge ne Gradin-2 d'une ligne courte
par rapport à la charge
représente donc pas une menace
pour des gradins ajustés pour une
ligne courte. Le problème de la très éloigné
har ge
résistance d’arc vue en section l'un de l'autre Zone de c
2.3.1.5 page 35 est aussi vrai pour le
gradin-2.
R

Figure 2.28 - Zone charge et gradin-2 avec une


ligne courte
La différence avec le gradin-2 est qu’il est possible de l’agrandir et de décaller son
orientation angulaire vers l’axe résistif R afin de mieux enrober la résistance d’arc.
Comme le gradin-2 est avec dépassement, l’agrandir ne fait que dépasser d’avantage. Par
contre, il y a des limites à agrandir le gradin-2. Il ne faut pas qu’il empiète dans des postes
éloignés. S’il y a des contraintes, elles viendront de la configuration du réseau où vous
appliquez votre protection. voir l’exemple de la figure suivante, poste P1, P2 et P3.
Ligne très courte

XL P1
à protéger
P2 P3
0
ut
e d éf a
A xe d

Portée du Gradin-2
suppérieur à 120% zone à ne
Axe de défaut déplacé pas empiéter
par la résistance d’arc

α
Portée perdue par Z1
mais récupérée par Z2

Client très loin


β
R
Figure 2.29 - Gradin-2 agrandi et décalé pour englober la résistance de l’arc

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 44


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.3.2.5 - Portée du gradin-2 avec une ligne courte et gradin de type Quadrilatère

Supposons que la configuration de notre réseau local est remplie de lignes courtes. Il
devient très difficile d’agrandir le gradin-2 afin d’englober la résistance d’arc. Le
quadrilatère discuté en section 2.3.1.7 page 40 devient la solution au problème.
Ligne très courte
à protéger P3
P1 P2

P4
Z2 ???

P5

Figure 2.30 - Réseau de lignes courtes


En utilisant le quadrilatère, nous n’avons pas besoin de toucher au réglage de la portée
du gradin-2 pour englober la résistance de l’arc. Nous n’avons qu’à ajuster le réglage de
la résistance sur l’axe R.

XL
ge Z

12
Gradin-2
Régla

$12
Gradin-1
che
au

oite
te-G

te-Dr
Limi

Limi

Réglage R Réglage R

Dire
R
ction
ne l 67

Figure 2.31 - Gradin 1 et 2 en forme de quadrilatère

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 45


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.3.2.6 - Portée du gradin-2 face à une ligne très longue

La résistance de l’arc n’est plus une menace face à une ligne longue. Par contre, plus la
ligne à protéger est longue, et plus les gradins doivent être grands. Pour une ligne très
longue, la zone de charge risque de voisiner les gradins. Proposons une mise en situation.
Nous avons un corridor avec 2 lignes longues 735kV en parallèle, transitant chacune 1200
MW. Suite à un événement quelconque, on perd une ligne. Subitement, la ligne restante
doit assurer la totalité du transit. Comme la réactance du corridor à changé, l’écart
angulaire du réseau change en passant par un régime oscillatoire très lent. Le régime
oscillatoire se traduit par des oscillations de puissance active et réactive. Osciller en
puissance signifie osciller en impédance qui risque de pénétrer à l’intérieur des gradins
assez longtemps pour provoquer un déclenchement. Il existe deux techniques pour
empêcher le gradin-2 d’être affecté. Il y a le circuit de pendulaison de puissance qui est
traité en détaille au chapitre 7, section 7.2 page 161. Il y a ensuite la forme du gradin à
modeler afin de s’éloigner de la charge.
P1 Ligne très longue P2
1200 MW

1200 MW

P1 Ligne très longue P2


2400 MW

XL
min
120%
Oscillation angulaire du réseau
Gr suite à une perturbation se traduisant
en variation de puissance active et réactive
ad

Donc oscillation de l’impédance.


in

Poste-2
-2

max Gr Position de la charge


80% ad avant oscillation
in

Position de la charge
-1

après oscillation

Avan
R
t
Arriè
re

Zone
de la
char
ge

Figure 2.32 - Oscillation de puissance

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 46


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.3.2.7 - Forme de l’arachide «THR» Angle d’attaque


XL
Les gradins de mesure polarisés, -
12
c’est-à-dire les gradins 1 et 2, doivent Gr
avoir un angle de vision du défaut assez

ad
large. La lentille appliquée au grand

in
Poste-2

-2
gradin, section 2.4.5.1 page 51, ne
convient pas pour les gradins de
mesure 1 et 2. Quelques fabricants
seulement ont adopté la technique de
modelage des gradins afin de s’éloigner
de la zone de charge. Le relais THR de Arachide
Reyrolle par exemple utilise la forme
de l’arachide. Plus précisément, il
s’agit de la forme de deux
montgolfières se joignant l’un à l’autre
comme montrée dans la figure-2.33. Avan
t
R
Arriè
re

Figure 2.33 - Gradin en forme d’arachide


La réalisation d’un gradin en forme de montgolfière est complexe mais versatile. En
observant la figure précédente. on voit que l’angle d’attaque est conservé. On peut
affecter la largeur de chaque montgolfière individuellement. Une fois les formes jointent,
on obtient la figure suivante. On remarque que la forme s’est éloignée de l’oscillation de
puissance et de la zone de charge.

XL Oscillation angulaire du réseau


min
120% suite à une perturbation se traduisant
Gr en variation de puissance active et réactive
ad Donc oscillation d’impédance.
in
-2
Poste-2

Position de la charge
après oscillation

Avan
t
R
Arriè
re Zone Client

Figure 2.34 - Effet de la forme d’arachide sur l’oscillation de puissance

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 47


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.4 - Grand gradin et élément de démarrage


2.4.1 -DESCRIPTION
À l’origine, le grand gradin était utilisé pour démarrer les minuteries dans les relais de
type commuté, décrit brièvement à la section 2.2.1.2 page 31. Il est aussi utilisé comme
gradin de secours. Dans les relais plus récents, le grand gradin porte maintenant le nom de
gradin-3 et ne démarre plus de minuterie. Les relais d’aujourd’hui n’utilisent plus la
commutation puisque les gradins de mesure sont pleinement autonomes. On lui alloue par
la suite d’autres tâches. Il est utilisé dans le circuit de mise sous tension de la ligne. Il est
utilisé dans la philosophie de mode blocage. Le grand gradin est disponible à accomplir
une multitude de tâches utiles à diverses philosophies. Nous verront chacune de ces
fonctions en détailles dans le suite de ce manuel. Pour l’instant, limitons-nous aux
différentes portées que peut connaître le grand gradin et ainsi qu’à ses différents
modelages.

2.4.2 -VISIBILITÉ - GRADIN ORIENTÉ VERS L’AVANT


La portée avant du Grand Gradin est normalement de 150% à 180%. Il pourrait même
être plus grand que 200%, en autant qu’il ne chevauche pas un deuxième poste plus loin.
Voir figure-2.35. Dans le cas de lignes adjacentes avec extrémité faible, il peut dépasser
facilement les 200% selon la configuration de réseau. Finalement, le gradin-3 est très
versatile et son réglage varie d’une configuration réseau à l’autre. Ce qui le distingue le
plus des autres gradins est sa portée arrière. La portée arrière peut varier de 0% à 100%
dépendant du fabricant. Dans le jargon populaire, le terme offset du Grand Gradin est
souvent utilisé pour la portée arrière.
Portée du Gradin-3 poste-2
Portée avant (150% à 180%) Portée arrière (-10% à -50%)

Poste-1 Poste-2 Poste-3

Offset Offset
Portée du Gradin-3 poste-1
Portée arrière (-10% à -50%) Portée avant (150% à 180%)

Figure 2.35 - Portée du gradin-3 ou grand gradin


La raison de la portée arrière n’est pas réellement parce que l’on désire voir en ariière.
La véritable raison est le circuit de mise sous tension de la ligne «SOTF» que nous verrons
plus tard en détail. Lors de mise sous tension de la ligne avec les bretelles de mise à la
terre oubliées au poste où se trouve notre protection, aucun gradin n’est capable de
fonctionner. Faute de tension dû au court-circuit, les gradins sont en pannes. On choisira
le gradin-3 pour lui injecter un courant de secours afin d’assurer sa fonctionnalité. La

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 48


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
conséquence de ce courant de secours est la création de la vue arrière. Le sujet sera traité
plus en profondeur dans les chapitres à venir.

XL
150% à 180%

min

Grrand
G
120%

ad Grad
in-3 in
Poste-2

ou
Gra
din-2
Gr
ad

in-
1

Avan
R
t
Arriè
re

Figure 2.36 - Cercle d’impédance du grand gradin

2.4.3 -TEMPORISATION DU GRAND DRADIN


Le Grand Gradin couvre une zone très grande. Il est plutôt menaçant pour le réseau. Il
devra donc avoir une très longue temporisation TZ3. Généralement, la minuterie du Grand
Gradin est de l’ordre de 50 cycles et plus. Dans certain cas, elle peut même être l’infinie.
Le grand gradin doit être perçu comme une PROTECTION DE SECOURS. Si un défaut perçu
par le grand gradin n’est pas éliminé dans le temps
TZ3, alors le grand gradin ouvrira son disjoncteur. Circuit de mise
Notez que ce genre de situation ne devrait jamais se 04 #2654 sous tension de
la ligne
produire. Pour se produire, il faut que les gradins-1
et 2 des protections A et B des deux extrémités de
la ligne soient défectueux. En d’autres termes, 8 113
gradins défectueux ! Il y a un sérieux problème ??? 4
Lors de la mise sous tension de la ligne, certains
fabricants utilisent le grand gradin pour déclencher 
instantanément si il y a défaut.

Figure 2.37 - Temporisation TZ3

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 49


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.4.4 -VISIBILITÉ - GRADIN ORIENTÉ VERS L’ARRIÈRE


Le grand gradin peut être utilisé avec philosophie de blocage. Il doit donc être inversé
et ne regarder qu’en arrière. Si le défaut est en arrière, le grand gradin envoie un signal de
blocage à la protection de l’autre extrémité. La vue arrière peut aussi être utilisée avec la
philosophie «WI - weak infeed» «Extrémité Faible».

Portée du Gradin-3 poste-2


Portée du Gradin-2 poste-2
minimum 120% Vu arrière 0% à ...
Poste-1
Poste-2

Portée du Gradin-2 poste-1


minimum 120%
Portée du Gradin-3 poste-1
Vu arrière 0% à ...

XL
min
120%

Poste-2

Gra
din-2
Gr
ad
in
-1

Avan
R
t
Arriè
re
Z2
Z3

Exclusion de portée avant


Gradin-3 ou
Grand Gradin

Figure 2.38 - Grand gradin orienté vers l’arrière


Si on veut conserver l’avantage de l’«offset» pour le circuit de mise sous tension de la
ligne, la vue exclusivement arrière devra être fait de manière logique avec (Z3 et non Z2)
afin d’être utilisable par les philosophies concernées. Voir la figure précédente.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 50


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.4.5 -GRAND GRADIN EXPLOITÉ SUR UNE LIGNE LONGUE


Les explications de la section 2.3.2.6 page 46 s’appliquent aussi au grand gradin. Ce
qui rend le grand gradin encore plus vulnérable est qu’il doit normalement être plus grand
que les gradins 1 et 2, sauf s’il est utilisé avec une philosophie nécessitant un vue
exclusivement arrière. La portée arrière du grand gradin provoque un croisement de l’axe
résistif important. La figure suivante le démontre bien. Donc, si la ligne à protéger est
très longue, le grand gradin risque d’être très près de la zone de charge, peut-être même, la
chevaucher.
Grand
XL Gradin de mesure Gradin

150% à 180% 0 0 04

112
2 112
min 2
Gr rand
Gradins de mesure


120% G conditionnés par


ad Gra
 

le grand gradin
 

in-3 din
Utilisé par certain
Poste-2
ou
fabricant seulement
Gr
adin

Gr
ad 
-2
in-
1

Avan
t
R
Arriè
re

Zone
La portée arrière Cha
provoque un croisement
r ge
important de l'axe R

Figure 2.39 - Effet de l’oscillation de puissance

2.4.5.1 - LENTILLE

Le gradin de forme lenticulaire ne s’applique qu’au grand gradin seulement. Le


grand gradin n’est pas un gradin de mesure comme le sont les gradins 1 et 2. Il est
plutôt un gradin de secours, utile à diverses philosophies, et au démarrage des
minuteries pour le relais de type commuté. Cependant, le grand gradin peut avoir le
pouvoir de déclencher la ligne qu’il protège. La lenteur de l’oscillation de puissance
peut pénétrer le grand gradin facilement au-delà du temps sa minuterie TZ3, et
provoquer le déclenchement de la ligne. La lentille a une vision angulaire médiocre,
mais sans importance pour le grand gradin. Le fonctionnement des gradins 1 et 2
peut être conditionné par le grand gradin comme c’est le cas avec le relais LZ-96 de
ABB ou SHNB-103 de GEC. C’est à dire que pour tout défaut en dehors du grand
gradin « partie jaune de la figure précédente », il n’y a pas de déclenchement. Ce
principe ne s’applique pas à tous les relais de protection de ligne. Il s’applique
surtout à des relais conçus pour des lignes très longues.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-2 Page 51


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Ce qui est intéressant de la lentille est que la portée dans le sens de l’axe de défaut
n’est pas altérée. Cependant, la portée dans le sens de la largeur est réduite et éloigne
le grand gradin de la zone de charge et de l’oscillation angulaire.

XL

a
b b

Figure 2.40 - Réglage de la lentille


Normalement, la lentille est évaluée par un rapport entre sa largeur « a » versus sa
portée « b ». Ces rapports sont des nombres comme 1 lorsqu’il s’agit d’un cercle,
ensuite 0.58, 0.70, 0.84. Plus le nombre est petit, et plus la lentille est étroite.

2.4.6 -GRAND GRADIN AVEC UNE LIGNE COURTE


Il est très rare qu’un Grand Gradin ait des problèmes avec des résistances d’arc. Si tel
est le cas, alors la solution est la même que celui du gradin-2 à la section 2.3.1.7 page 40.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.5 - Élément Directionnel 67


L’élément directionnel n’est rien d’autre qu’un cercle d’impédance infiniment grand,
passant par l’origine et orienté vers le centre du quadrant I dans le diagramme
d’impédance. En d’autres termes, l’élément directionnel est une droite dont la
perpendiculaire est orientée à environ 45° dans le quadrant I.

'(/89/367

XL

el
nn
io
re le ct
e
de a ir
s tim t d

is
pe p n

la
ty e o me
Poste-2

ns ss lé
ai te l’é
rt vi e
ce de e d
Av ière

ur xe Vu
Ar

an
r

po A
XL
45°
II I

R R
Él

III IV
ém
en

QUADRANT
tD
ire
ct
io
nn
el
67

Figure 2.41 - Élément directionnel 67

2.5.1 -TEMPS DE RÉACTION


La fonction 67 doit bloquer ou permettre l’opération des fonctions importantes comme
les relais de surintensité 50, relais de distance 21, etc. L’élément directionnel doit donc
être très rapide. Pour les relais électromécaniques tel le CYL, le temps de réponse est à
son maximum lorsque le défaut se produit sur l’axe de couple maximum du 67. Voir
figure-2.41. Pour tirer le maximum de performance du relais directionnel 67 dans tout le
quadrant I, on oriente l’axe du couple maximum au centre du quadrant I, soit 45°.
Aujourd’hui, avec la nouvelle technologie, la vitesse de l’élément directionnel ne
représente plus un problème.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.5.2 -UTILITÉ DE L’ÉLÉMENT DIRECTIONNEL


Les gradins 1 et 2 sont déjà directionnels. Ils sont en fait des éléments directionnels à
portée limitée. Seulement, nous devons accomplir un procédé de comparaison entre la
tension et le courant de défaut afin d’établir la limite de portée des gradins 1 et 2. Ce
procédé de comparaison E-IZ crée un vecteur nommé Opération. La position de ce vecteur
par rapport à une tension de référence décide si nous sommes à l’intérieur ou à l’extérieur
du gradin concerné. Le manuel "Technologie des Protections de ligne 21" explique en
profondeur ce procédé. Le problème est qu’un régime transitoire peut réussir à tromper ce
procédé et laisser croire à la protection de ligne qu’un défaut arrière est du côté avant et à
l’intérieur du gradin. Quoique très rare, la possibilité existe. Il serait dommage que le
réseau provincial tombe parce qu’une protection de ligne placée à un point stratégique du
réseau, a fait une erreur d’interprétation, et a déclenché une ligne importante pour un
défaut qui ne lui appartient pas.

XL

el
nn
io
Gr

re le ct
ad

e
de a ir
s tim t d

is
in

pe p n

la
ty e o me
-2

Poste-2
ns ss lé
ai te l’é
rt vi e

Z1 Z2 67
ce d e e d
Av ière

Gr
ur xe Vu

ad
Ar

an
r

in
t

po A
-1

45°
112
4
R
Él


ém
en
t D
ire
ct
io
nn
el
67

Figure 2.42 - Gradins conditionnés par l’élément directionnel 67


L’élément directionnel 67 ne connaît pas de procédé de comparaison et ne vit pas ce
problème. Conditionner le fonctionnement des gradins 1 et 2 avec l’élément directionnel
67, cela élminine le problème de la mauvaise décision. Ainsi, la protection de ligne gagne
en fiabilité.
Le grand gradin n’est pas conditionné par l’élément directionnel. Il doit percevoir un
défaut en arrière et l’élément directionnel l’empêcherait de le faire. De plus, le grand
gradin est fortement temporisé TZ3, et ne connaît pas d’accélération comme le gradin-2.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Lorsqu’une erreur du procédé E-IZ se produit, il ne dure pas assez longtemps, juste
quelques cycles.

2.5.3 - DIRECTIONNEL DE TERRE 67N


Certains fabricants utilisent le directionnel de terre 67N pour conditionner le
fonctionnement des gradins 1 et 2 de défaut à la terre. La protection de ligne THR par
exemple possède la fonction 67N utilisée sous le nom de DEF qui signifie Directional
Earth Fault. Le directionnel de terre regarde la direction du courant de neutre en fonction
de la tension de neutre. Si par exemple nous avons un défaut à la terre entre la phase A et
le neutre, le 67N approuvera automatiquement les gradins 1 et 2 AN. En fait, pour un
défaut AN, le courant de défaut IA passe dans le courant de neutre IN. L’élément
directionnel de terre 67N n’est valide que pour les défauts à la terre seulement.

Z1AN Z2AN

Z1BN Z2BN
DEF
Z1CN Z2CN 67N

TZ2

94

Figure 2.43 - Gradins de défaut à la terre conditionnés par 67N


La figure précédente nous permet de voir simultanément les trois circuits différents
AN, BN et CN. Le circuit 67N est le même pour les trois circuits en question. Dans le
passé, la fabrication d’un circuit directionnel représentait un certain coût et occupait un
espace physique dans la protection. L’idée de l’élément directionnel de terre 67N
représentait une économie d’argent et d’espace, et le but visé était tout de même atteint
avec un seul circuit.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.5.4 -DIRECTIONNEL DE PHASE 671


Aujourd’hui avec l’intégration et la miniaturisation des circuits électroniques,
l’économie d’espace et d’argent ne représentent plus un problème. Chaque type de défaut
peut avoir son propre élément directionnel, même les défauts entre phases. Pour le défaut
entre phases AB par exemple, il y a l’élément directionnel 67AB. Il approuvera le
fonctionnement des gradins 1 et 2 des défauts entre phases AB. Le fabricant GEC procède
ainsi.

Z1AB Z2AB 67B

Entre Phases
Z1BC Z2BC 67BC

Z1CA Z2CA 67CA

Z1AN Z2AN 67AN

Phase Terre
Z1BN Z2BN 67BN

Z1CN Z2CN 67CN

TZ2

94

Figure 2.44 - Éléments directionnels appropriés au type de défaut


Ainsi la fiabilité du protections de ligne vient d’augmenter encore d’un cran.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

2.5.5 -ÉLÉMENT DIRECTIONNEL DE SÉQUENCE INVERSE 32Q


Le fabricant Schweitzer utilise la méthode de l’élément directionnel de séquence
inverse. Pour le fabricant Schweitzer, le suffixe Q indique que la fonction concernée
utilise les composantes inverses (E2 et I2). Exemple :
1 Surintensité de séquence inverse 1 50Q
1 Surintensité temporosée de séquence inverse 1 51Q
1 Sous tension de séquence inverse 1 27Q
1 Surtension de séquence inverse 1 59Q

La fonction 32 est similaire à la fonction 67. L’élément 67 est un directionnel qui


définit de quel côté est le défaut. La fonction 32 est un directionnel qui définit de quel
côté est la source. Il faut savoir qu’un directionnel de séquence inverse 32Q perçoit
l’impédance de la ligne séparant la source du poste. Comme son regard est du côté source,
on l’appelle 32.

2.5.5.1 - Défaut avant

Selon la figure suivante, le défaut avant est à une impédance Zb du poste-1 où se trouve
notre élément 32Q. On calcule la tension de composante inverse E2, et on calcule le
courant de composante inverse I2. Le calcul est fait avec les valeurs lues au poste-1. Si
vous êtes familier avec les composantes symétriques, la valeur calculée pour la séquence
inverse est le tiers de la débalance de la tension ou du courant. La débalance représente la
portion perdue entre la source et le poste où nous prenons nos lectures. Il est donc normal
que la relation suivante donne l’impédance qui sépare la source du poste, soit Za.
E2
Z 2th = = Za
I2

Z2th signifie impédance thévenin de composante inverse. Voir cours sur les
composantes symétriques.
4'
Impédance Z entre Portée de la
la source et le poste protection

0 06 0 0*
Poste-1 Poste-2
4)1
1
2 4)2

Figure 2.45 - Défaut sur la ligne à protéger vue du poste-1


L’impédance Za peut varier selon la topologie du réseau. Par exemple, Za est deux fois
plus petit si nous avons deux lignes en parallèles. Mais, il y a une valeur où Za ne peut
être plus petit. Le cas où toutes les lignes sont sollicitées. Il est donc évident que Za sera
toujours une valeur existante plus grande que zéro. Ce qui rend intéressant la fonction

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
32Q est que la valeur d’impédance calculée ne voisinera jamais la limite du directionnel.
Ce qui rend encore plus fiable le verdict de l’élément directionnel 32Q.

XL2
Diagramme
d'impédance
de séquence inverse

023470

Position Z selon la topologie du réseau

Correspondant à l’impédance entre


la source qui alimente le défaut et
l’endroit où se trouve la protection
Zon
e jam
ais
a ttei
nd

R2
Élém
Dire ent
ction
nel 3
2Q

Figure 2.46 - Diagramme d’impédance - 32Q - Défaut avant


Il existe donc un réglage de portée limite vers l’avant avec le 32Q. La zone orange de
la figure précédente ne peut jamais être atteind pour le pire de la topologie de réseau lors
de défaut. Si la tension du réseau est parfaitement ballancée, alors il n’y a pas de défaut et
E2 = 0 donc Z2th = 0. Nous sommes dans la zone orange et l’élément 32Q ne fonctionne
pas.

2.5.5.2 - Défaut arrière

Même principe que le défaut avant. La source qui alimente le défaut est Es2.
L’impédance qui sépare la source du poste-1 est Zb, Zc et Zd.
E
4' Portée de la Z 2th = 2 = Zb + Zc + Zd
Impédance Z entre protection I2
la source et le poste

0 06 0 0*
Poste-1 Poste-2
4)1
1
2 4)2

Figure 2.47 - Défaut arrière vue du poste-1

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

XL2
Diagramme
d'impédance
de séquence inverse
Élém
Dire ent
ctio
Zon
nne
l 32Q R2
e ja
mai
s atte
ind

Position Z selon la topologie du réseau


Z2th=Zb+Zc+Zd
Correspondant à l’impédance entre
la source qui alimente le défaut et
l’endroit où se trouve la protection

Figure 2.48 - Défaut arrière

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

8
134 99

LES DÉFAUTS À LA
TERRE ET ENTRE PHASES

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Il existe normalement deux catégories de défauts.
2 Défaut entre deux phases (entre phases)
2 Défaut entre la phase et la terre (Phase-Neutre)

Il existe aussi d’autres catégories de défauts, mais ils seront perçus par la protection de
ligne comme plusieurs sous-défauts à la terre ou entre phases simultanément. En fait, tout
défaut, peu importe sa nature, se décompose en un ensemble de défauts à la terre et défaut
entre phases. Par exemple, le défaut triphasé se décompose en trois défauts à la terre, ou
trois défauts entre phases.
2 Deux lignes de transport qui se croisent et dont la phase d’une ligne tombe sur la phase
d’une autre ligne «Cross-country».
2 Défaut entre deux phases et la terre
2 Défaut triphasé

Voyons en détail chacun de ces défauts, et comment la protection de ligne les analyse.

3.1 - Défaut Phase-Neutre An, Bn, Cn


Dans un défaut Phase-Neutre, une seule phase est impliquée dans le défaut, et le court-
circuit se fait avec la terre. À la figure suivante, le courant de défaut Ia parcourt la phase
A et revient par la terre In. Cependant, il est faux de dire que le courant de la phase A est
le même que le courant de neutre, si la ligne est reliée à la charge ou au réseau à l’autre
extrémité. Les phases B et C sont intactes et alimentent toujours le réseau.

Ia 112 112
Ia ≠ In
Poste XLL RL
/ Ib
! Ic
1
Défaut
XLN RN Ib + Ic
3
Terre
In = Ia + Ib + Ic
Figure 3.1 - Défaut à la terre - Le courant Ia différent de In.
Le courant de neutre In est la somme des trois courants de phase Ia+Ib+Ic. Si la
source alimentant le défaut est près du défaut, les courants des phases intactes Ib et Ic
sesont relativement négligeables par rapport au courant de défaut Ia. Voir figure-3.3. Si
par contre la source est très éloignée du défaut, les courants des phases intactes Ib et Ic ne

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
sont plus négligeables par rapport au courant de défaut Ia. Voir figure-3.2. En supposant
que l’amplitude de Ia soit presque égal à l’amplitude de In parce que les courants Ib et Ic
sont négligeables. Les courants Ib et Ic contribueront à faire en sorte que l’orientation de
Ia ne soit pas la même que In. Pour considérer deux vecteurs identiques, il faut que leur
grandeur et leur orientation soient identiques. Dans le cas du défaut à la terre,
l’orientation de In n’est pas la même que le l’orientation du courant de la phase en défaut.
Pour ces raisons, une protection de ligne traitera toujours la partie de la phase avec le
courant de phase, et la partie neutre avec le courant de neutre.
Ia ≅ In et Ia ≠ In

À la figure suivante, un défaut se produit entre le poste Arnaud et le poste Manic, très
loin de la source Churchill. On considère qu’il n’y a qu’une seule ligne dans le corridor, et
que le transit est élevé.

Churchill Montagnais Arnaud Manic


230 km 221 km 170 km
12345677668 123977668
12

77668
100 km

Défaut Ia = 1,322 A -81°


1256778
charge Ib = 1500 A -120°
charge Ic = 1500 A +120°
Ean In = 1844 A -134°
Ean Ia
Ia Ib


Ib Ic
Ic

Figure 3.2 - Défaut loin de la source


À la figure suivante, un défaut se produit entre le poste Churchill et le poste
Montagnais, assez près de la source Churchill. On considère qu’il n’y a qu’une seule ligne
dans le corridor, et que le transit est élevé.

Churchill Montagnais Arnaud Manic


230 km 221 km 170 km

123344556 Défaut Ia = 7204 A -81°


100 km charge Ib = 1500 A -120°
9
12 544  6
charge Ic = 1500 A +120°

Ib
Ean Ia

Ic
78
Ic Ib
In = 7134A -93.3°

Figure 3.3 - Défaut près de la source

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

3.1.1 -CONCEPTS PRÉLIMINAIRES


Avant de poursuivre l’analyse du défaut à la terre, nous devons devancer certains
concepts qui sont traités en détail dans le manuel "Technologie des Protections de ligne
21". Dans ce manuel, on ne se limite qu’à l’essentiel de ces concepts sans aller en
profondeur. Ils sont nécessaires à la compréhension du fonctionnement de la
compensation homopolaire.

3.1.1.1 - Impédance Image IaZ et Angle de couple maximum

Une protection de ligne compare des signaux de même nature, c’est-à-dire, tensions
avec des tensions. Le courant de chaque phase est lu en courant «ampère» par la
protection. Elle doit donc convertir le courant en tension. Il existe une composante
appelée Transactor qui accomplit cette tâche. Le courant Ia entre en courant (Ampère) du
côté primaire, et ressort en tension IaZ (Volt) du côté secondaire. L’expression IaZ
représente la tension image du courant de la phase a. Pour les phases B et C, on dirait IbZ
et IcZ. Ne pas interpréter IaZ comme le produit de Ia avec Z. Dans les protections de
ligne, IaZ est une seule expression et signifie le courant de la phase A converti en tension.
Pour obtenir la portée maximale d’un cercle d’impédance, la tension IaZ doit être en
phase avec la tension impliquée dans le défaut «Exemple: Ean». Voir le manuel
"Technologie des Protections de ligne 21" pour les explications détaillées. Le
Transactor accomplit cette tâche. Par exemple, pour un défaut AN, le courant de défaut Ia
est retardé de 88° par rapport à la tension en défaut Ean sur une ligne 735kV. Comme
nous désirons que notre protection de ligne traite ce défaut, il faudra positionner le vecteur
IaZ en phase avec la tension Ean pour avoir la portée optimum de notre cercle
d’impédance. Un transactor est un transformateur avec entrefer, dont la tension aux
bornes des bobines est 90° en avance sur le courant qui l’alimente. Pour faire en sorte que
la tension IaZ soit avancé de 88° plutôt que de 90° par rapport à Ia, on ajoute une
résistance au circuit du transactor.

Ean 2345647283
12
34
53
6
1
IaZ Ré
gl
Ia (amp)
ag
(Volt) 3 e

Figure 3.4 - Transactor


L’entrefer du transactor limite le flux magnétique du transformateur, donc la tension
générée. Plutôt que de convertir le courant en tension avec une résistance shunt, on utilise
la réluctance «entrefer» dans le circuit magnétique.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

3.1.1.2 - Vecteur OPÉRATION

En demeurenat très superficiel, la manière de construire un gradin de type mho est


simplement de mettre en conflit la tension E et le courant IZ impliqués dans le défaut à
traiter. La résultante porte le nom de Élément d’Opération.

XL /

6 types de défaut !
Fr

on
Opération AN = Ean − IaZ 1

tiè
re
OpérationBN = Ebn − IbZ
OpérationCN = Ecn − IcZ
Opération AB = Eab − IabZ
OpérationBC = Ebc − IbcZ


OpérationCA = Eca − IcaZ

gl
3

ag
e
R

Figure 3.5 - Cercle d’impédance et vecteurs d’opérations


Reste à évaluer où se situe l’élément d’opération par rapport à une référence appelée
frontière dans la figure suivante. Si l’opération est au-dessus de la frontière, le défaut est
en dehors de la zone «POINT A». Si l’opération est en dessous de la frontière, le défaut est
dans la zone «POINT C». Si l’opération est sur la frontière, le défaut est à la limite de la
zone «POINT B».

8)7*7 #77 8)77

! 1
/
-IaZ

EL EL -IaZ
EL
Op -IaZ
Normal Normal Normal
Défaut Défaut Défaut
Op
Frontière Opération
Opération au dessus sur la frontière
de la frontière Opération au dessous
de la frontière

Figure 3.6 - Positions différentes d’un défaut

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

3.1.2 -COMPOSANTE HOMOPOLAIRE


La figure-3.7 est un exemple simplifié d’un défaut à la terre. Simplifié dans le sens où
l’impédance de ligne ZL et l’impédance de terre ont le même angle, et que le défaut est
parfait. Normalement l’angle de l’impédance de la ligne est différent de celle de la terre.
Les réglages de la protection de ligne tiennent compte de cette différence. Le but simplifié
de notre exemple est de converger rapidement à la compréhension de la composante
homopolaire sans avoir à se compliquer la vie.
Supposons que le relais soit réglé pour protéger une ligne jusqu’à une portée de 105.
Un défaut parfait se produit à la limite de la portée, mais légèrement à l’intérieur de la
zone protégée. Le relais devrait donc réagir. On suppose un courant de défaut de 1A.

EL = 10V
Poste
ZL = 10 Ω
/
Ia = 1A

R=0Ω
Défaut
12 EPoste = 18V
In = 1A
Zn = 8 Ω
3 Terre

En = 8V

Figure 3.7 - Exemple simplifié du défaut à la terre


La chute de tension dans la ligne est EL = ZL * Ia = 10Ω *1A = 10V . La chute de
tension dans la terre est En = Zn * In = 8 Ω *1A = 8V . La chute de tension globale perçue
par le transformateur de tension du poste est donc 18 Volt. Cela signifie que le relais
perçoit en réalité 185 plutôt que 105. On peut se poser la question suivante: « Pourquoi
ne pas mettre tout de suite 1811 comme réglage afin de couvrir l’impédance de la terre

Premièrement : Ce réglage ne serait valide que pour les défauts à la terre. Nous
devrions prévoir d’autres réglages pour les défauts entre phases.
Deuxièmement : Les figure-3.2 et figure-3.3 démontrent que le courant de neutre In
est différent du courant de phase. Si dans notre exemple, on avait eu un courant de retour
de la charge Ib + Ic de 0,2A, le courant de neutre In serait de 1.2A. Le relais aurait donc
lu 19.65 plutôt que 185. Et pourtant le défaut est le même.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Le réglage de la ligne ne doir pas inculre la terre. Il devra donc y avoir un circuit et
un réglage pour tenir compte du retour du courant à la terre. Ce circuit doit fonctionner
avec le courant de neutre In.

3.1.3 -COMPENSATION HOMOPOLAIRE


Voyons, sur le plan vectoriel, la perception de la protection versus l’exemple précédent.
Nous irons de manière évolutive.

Idéalement, si la terre était parfaite Zn = 05, la chute de


tension dans la terre serait En = 0V. Comme le défaut est à la
limite du gradin dans notre exemple, la résultante EL -IaZ
Opération = EL – IaZ serait sur la frontière. Comme le défaut
est légèrement dans la zone, la résultante Opération est sous la
frontière, même si elle est imperceptible. Normal
Défaut

Figure 3.8 -

Mais la terre n’est pas un parfait conducteur. Tel que


montré à la figure de gauche, la tension lue au poste
est Eposte = En + EL. Malgré que le défaut soit à la
limite du gradin, la portion de tension En semble de
trop. Le relais obtient une résultante
EL -IaZ Opération = (EL+En) – IaZ, avec une amplitude
importante orientée du côté normal de la frontière.
Eposte Le défaut est largement hors de la zone. La tension
lue par le relais est la chute de tension globale de la
boucle ligne-terre Eposte = 18V. Si on observe bien
la figure de gauche, le vecteur en trop qui altère le
Opération bon fonctionnement du relais est la tension de neutre
En En. Comme la terre possède une impédance, le
retour du courant de neutre In vers le poste ne peut
Normal
faire autrement que de générer cette tension de
neutre En. Nous devrons donc compenser cette
Figure 3.9 -
tension homopolaire.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 67


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Le courant de neutre In est le principal
responsable de l’apparition de la tension de neutre
En, alors c’est à lui de corriger cette tension. La
tension E dans la relation Opération = E − Iz doit
se faire avec le courant qui génère la tension E.
Donc on devrait avoir un vecteur d’opération pour la EL -IaZ
ligne, et un autre pour la terre.
Eposte
OpérationLigne = EL − IaZ
OpérationNeutre = EN − InZ

Le relais doit donc avoir une Opération globale -InZ


En
comme suit :
Opération = OpérationLigne + OpérationNeutre Normal
Défaut
= ( EL − IaZ ) + ( EN − InZ )
Opération
= EL + EN − IaZ − [ InZ ]
= Eposte − ( IaZ + [ InZ ])
Figure 3.10 -

La tension homopolaire En est déjà présente dans la tension EPoste lue par le relais. Il
nous manque donc le courant In à la figure-3.9. Ajoutons ce courant de neutre au courant
IaZ à la figure-3.10. Cette fois-ci, un autre problème surgit. La valeur de InZ est trop
grande en ce qui concerne notre exemple. La résultante Opération est maintenant du côté
défaut, ce qui est normal pour l’exemple de la figure-3.7, mais elle est trop grande.
L’opération doit être du côté défaut avec une grandeur à peine perceptible.
Il est normal d’avoir InZ plus grand que la tension
En pour l’exemple de la figure-3.7. L’impédance de
la terre est plus petite que la ligne. Pour un même
courant de défaut Ia = In, la chute de tension En dans
la terre est plus petite. Le réglage du relais est fait en
EL -IaZ fonction de l’impédance de la ligne et affecte la
grandeur de la tension lue au poste Eposte. C’est donc
dire que la portion de tension En est ajustée avec le
Eposte réglage de la ligne. Il faut donc corriger la grandeur
du courant de neutre InZ avec le rapport
d’impédance K0 entre la ligne et la terre.

En -InZ*Ko Z n En
= = KO
Z L EL
Normal
Défaut Opération = Eposte − ( IaZ + K 0 * InZ )
Opération = 0
La figure-3.11 visualise bien cette correction appelée
Figure 3.11 - COMPENSATION HOMOPOLAIRE.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Le relation K0 peut varier entre 0,6 à 1,2 selon la nuture du sol de la région.

3.1.3.1 - Exemple du KD4

Voyons l’exemple du vieux relais électromécanique KD4 à la figure-3.12, toujours actif


sur notre réseau. La compensation homopolaire se fait à l’extérieur du relais, avec l’aide
d’un transformateur. Lorsque les courants Ia, Ib et Ic sont jointés en fin de course, ils
créent le courant de neutre In = Ia + Ib + Ic. Le courant de neutre entre par la prise 20%
du transformateur, et ressort par la prise 100% pour retourner au réseau. Le courant utilise
donc un écart de 80% de l’enroulement du transformateur. Un transformateur
homopolaire est branché en Delta ouvert de manière à ne pas court-circuiter l’homopolaire
«open corner», et se branche entre les prises 0% et 100% du transformateur. En ayant plus
de tours, on à donc moins de courant, soit 80% de In. Ce courant est redistribué par les
enroulements secondaires du transformateur homopolaire, à chaque enroulement primaire
des transactors. Donc, le transactor de la phase A lit Ia+K0In, et il en est de même pour les
deux autres phases. La compensation est faite directement au primaire du transactor. Au
secondaire du transactor on a IaZ+K0InZ
150

Relais Électromécanique KD4 100 100

Ia Ia + KoIn Ia+Ib+Ic = In
70 70


E1
E2 40 40
KoIn 30 30


6 20
10
20
10
0 0


 9
E1
K0 =
E2
100% − 20%
Compensation =
Homopolaire 100% − 0%
80%
= = 0.8
100%



Figure 3.12 - Compensation homopolaire du KD4


Supposons que le relais soit calibré à 105 et que la compensation homopolaire K0 soit
à 0,8. Si on vérifie un relais KD4 en atelier, hors de son panneau de protection, la portée
du gradin à son angle de couple maximum serait de 105. Refaire la vérification avec le
même relais dans son panneau de protection, on obtiendrait 185. Dans le cas des
protections électromécaniques, la compensation homopolaire se fait généralement à
l’extérieur du relais.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 69


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

3.1.3.2 - Compensation homopolaire avec la technologie récente

Maintenant, que la technologie soit analogique ou numérique, la compensation


homopolaire est entièrement intégrée au relais. L’exemple suivant nous montre le circuit
pour la phase A. Nous voyons l’ajout du courant de neutre InZ compensé d’un facteur K0
à l’opération Ean-IaZ.

Ean Ean-IaZ

IaZ
Opération
IaZ ∑
IbZ
IcZ
∑ InZ
9
Compensation Ko InZ
Homopolaire

Figure 3.13 - Compensation homopolaire intégrée


Certains fabricants lisent directement le courant de neutre In avec un transactor de
neutre comme la figure suivante côté gauche. D’autres fabricants n’utilisent pas de
transactor de neutre comme montré à la figure suivante côté droit. Ils fabriquent le
courant de neutre InZ directement au niveau des circuits électroniques en faisant la somme
suivante: Ia+Ib+Ic.

6 6

13 13

7 7
Ia+Ib+Ic = In Ia+Ib+Ic = In
12 12

8 8

14 14

9
15 15

Figure 3.14 - Éléments de courant avec ou sans éléments de neutre

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 70


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

3.2 - Défaut entre phases AB, BC, CA


3.2.1 -CONVENTION DE MESURE
Le type de défaut entre phases est généralement
celui qui cause le plus de problèmes lors de la N A
vérification d’un relais. Possiblement parce que
nous relatons un potentiel électrique par rapport au
Ean
neutre de façon inconsciente. Quand nous écrivons
l’expression Ean, nous exprimons la mesure de la E
de la phase A par rapport au Neutre
tension de la phase A par rapport au neutre n. La Figure 3.15 -
polarité est exprimée par la première lettre A et
représente l’extrémité de la flèche du vecteur. Le point relatif de la mesure est le neutre
qui représente la queue du vecteur. Cela vous semble peut-être très élémentaire, mais
l’expérience me démontre le contraire. Notre insistance est sur l’aspect de la relativité de
la mesure. C’est souvent à ce niveau qu’accroche la bonne compréhension du défaut entre
phases.
Une tension entre phases se mesure entre deux
B A phases. La tension EAB est la tension de la phase
A par rapport à la tension de la phase B. La
EAB phase A étant la polarité du vecteur, et la phase B
la queue du vecteur. La tension EBA est de
E de la phase A par rapport à la phase B polarité inverse.
Figure 3.16 - Mesurer EAB est aussi valide que la mesure
inverse EBA. Cependant le sens du courant doit
être conséquent. Si vous adoptez la mesure EAB, le courant va de la phase A vers la phase
B dont Iab = Ia – Ib. Pour la mesure EBA, le courant va de la phase B vers la phase A dont
Iba = Ib – Ia.

EAB /
Le standard normalement B A
utilisé est l’ordre du sens de EBA
B A
rotation des vecteurs :
Ean

EAB
a

Ea

EBC
Ec

ECA
3
n Eb
Ec n

Ebc
1 !
Figure 3.17 - Polarité des vecteurs entre phases

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 71


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

3.2.2 -DESCRIPTION DU DÉFAUT ENTRE PHASES


Prenons l’exemple d’un défaut entre les phases B et C. Voir figure-3.18. Un court-
circuit se produit entre les phases B et C. Ce défaut est alimenté par les sources en série
Ebn et Ecn, donnant comme différence de potentiel entre les deux sources :
Ebn − Ecn = Ebc

Remarquez bien le parcours du courant de défaut en rouge sur le schéma. Le neutre


n’est pas dans le parcours du courant de défaut puisqu’il n’est pas impliqué dans le défaut.
1 In = 0
Pas de courant de neutre signifie pas de tension de neutre.
1 En = 0
Ce qui veut dire que la somme des tensions et courants sont tous à zéro.
En = 0 = Ean + Ebn + Ecn Très important pour la com-
préhension du comportement du
In = 0 = Ia + Ib + Ic défaut entre phase

Les relations précédentes demeurent vraies même avec de la charge reliée au réseau.
La charge est normalement équilibrée. Si vous êtes familier avec les composantes
symétriques, le défaut entre phases génère des composantes directes et inverses, mais pas
de composantes homopolaires. Les tensions Ebn et Ecn peuvent être affectées en grandeur
et orientation sans pour autant générer de la tension de neutre. La grandeur des courants
de défaut Ib et Ic est identique pour un défaut BC, mais de polarité inverse.
Poste
Ia
/
Ib XLL RL
123456 5 Ib’
!
12 Ic’
Ic
8 1
Défaut
14 13 6
7 Ib = − Ic
Terre Ia + Ib’ + Ic’ = In = 0
3

Figure 3.18 - Défaut entre les phases B et C

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 72


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

3.2.3 -DÉPLACEMENTS DES TENSIONS LORS DE DÉFAUT ENTRE PHASES


Selon la position du défaut entre phases sur la ligne, nous sommes intéressés à
connaître le comportement des tensions que nous lisons au poste où se situe notre
protection de ligne. À la page précédente, nous disions que le défaut entre phases ne
génère pas de tension de neutre ni courant de neutre. La somme des tensions doit donc
demeurer égale à zéro en tout temps. Dans la figure suivante, on décompose les vecteurs
en deux sous-ensembles. Axe des X en rouge, et axe des Y en mauve. Comme la somme
des vecteurs de tension doit donner zéro, elle donnera zéro en X, et aussi zéro en Y.
Note : Normalement la phase A correspond à l’axe X. Pour une question de symétrie de dessin, l’axe Y
correspondra à la phase A. Ceci ne modifie en rien le but du raisonnement.
Axe X : Seule la résultante horizontale de Ebn et Ecn possède une résultante
en X dans la figure-3.19. La tension Ebn donne comme résultante en X la
tension V, et Ecn la tension –V. Les deux grandeurs sont identiques mais de
polarités inverses de sorte que la somme des tensions en X donne zéro.
Donc Ebn et Ecn doivent varier de sorte que leur résultante sur la base du
triangle (en X) soit de grandeur identique.
Axe Y : La résultante verticale de Ebn et Ecn donnent chacune la moitié de
la grandeur de la phase A, mais en polarité inverse. Ainsi la somme des
tensions dans l’axe Y donne zéro. Pour conserver cette vérité, les vecteurs
Ebn et Ecn doivent varier de sorte que la résultante entre le neutre et la base
du triangle donne toujours la moitié de la tension de la phase Ean. En
d’autres termes, cette résultante ne doit pas varier, elle doit demeurer
constante.

/
Si Ia + Ib + Ic = In = 0

Alors En = 0
EanY = 1

donc Ean+Ebn+Ecn = 0
Y
Eany + Ebny + Ecny =
1 - 0.5 - 0.5 = 0

Eanx + Ebnx + Ecnx = X


0 + V - V =0 5
E bnY = -0.5
E cnY = -0.5
EB
N
EC

1 !
EcnX = -V EbnX = V

EBC
Figure 3.19 - Somme des tensions donne zéro

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 73


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3.2.4 -VECTEURS TENSION & COURANT DU DÉFAUT ENTRE PHASES


Les principes fondamentaux ne changent pas. Dû
à l’inductance et à la résistance de la ligne, le courant
de défaut sera en retard par rapport à la tension qui Ebc
alimente ce défaut. Voir chapitre 2, section 2.1.3 page 3
26 pour plus de détails. La tension en cause est la
tension entre phases. Dans exemple de la figure-3.18,  XL 
le courant Ibc est en retard sur la tension Ebc selon la θ = tan −1  
 R 
relation XL et R de la ligne.
Voyons le défaut BC de la figure-3.21. Ibc (amp)
Choisissons la phase B comme référence. Nous
travaillons donc avec le vecteur Ebc. Le courant de
défaut provient de la phase B en allant vers la phase Figure 3.20 -
C. Dû à la caractéristique inductive de la ligne, Ib est
en retard d’environ de 75° à 85° sur la tension Ebc. Au niveau de la mesure, les
transformateurs de courant de chaque phase ont leur polarité du côté intérieur du poste. Le
courant Ib passe par la polarité du CT de la phase B. Cependant, à son retour par la phase
C, il passe par la non-polarité du CT de la phase C.

!
R=0Ω

Ib = Idéfaut
1 EAN
Ic = -Idéfaut
Ia + Ib + Ic = In = 0
3
EB
N

Ib
EC

1
IbcZ EBC
!
Ibc -Ic 3

Ibc = Ib - Ic

Figure 3.21 - Courant Ibc selon la tension Ebc

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 74


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Si voulons additionner Ib avec Ic, nous devons renverser la polarité de Ic. Pour ce faire,
on les soustrait. Le résultat donne le courant entre phases Ibc. Vous comprendrez
pourquoi nous devons additionner Ib à Ic dans les pages qui suivent.
Ib = I défaut
Ic = − I défaut
Ibc = Ib − Ic = I défaut − ( − I défaut ) = 2 I défaut

3.2.5 -EXEMPLE DE DÉFAUT ENTRE PHASES & ÉLÉMENT D’OPÉRATION


Dans l’exemple de la figure suivante, on crée défaut entre les phases B et C. Le courant
de défaut «1A» parcourt la ligne de la phase B, et revient par la ligne de la phase C. Les
lignes sont identiques «10Ω entre le poste et le défaut». La chute de tension est donc la
même dans les deux lignes «EL=10V». La chute de tension globale au poste Eposte est la
somme des chutes de tensions de chaque ligne, soit le double de la chute de tension dans
une ligne. «Eposte = 2*EL = 20 Volt»

EL = 10V
Poste
ZL = 10 Ω
!
Idéfaut = 1A

R=0Ω
Défaut
Ea Eb Ec
Ia

12 Ib EPoste = 20V
Ic

Idéfaut = 1A
1
ZL = 10 Ω
EL = 10V

Figure 3.22 - Exemple du défaut entre phases BC


La chute de tension dans une ligne est fonction du courant passant dans cette même
ligne. Dans l’exemple de la figure-3.22, la chute de tension de la ligne de la phase B est
causé par le courant Ib et la chute de tension dans la ligne de la phase C est causé par le
courant Ic. Pour simplifier les explications, nous considérerons la grandeur de Ib égale à
la grandeur de Ic et nous appellerons le courant de défaut Idéfaut.
EPoste = ELb + ELc
ELb + ELc = {Z LB ⋅ I Défaut + Z LC ⋅ I Défaut }
Si Z L = Z Lb = Z Lc alors ELb = ELc = EL 2 EL E
ZL = = L
Et EPoste = 2 EL = Z L  2 I Défaut  2 I Défaut I Défaut

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 75


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Nous avons vu au haut de la page précédente que Ib - Ic = Ibc = 2 Idéfaut. Continuons
notre développement.
EPoste = Z L  2 I Défaut 
= Z L * Ibc

2 EL Eposte
ZL = =
2 I Défaut Ibc

Comme la protection de ligne lit déjà la tension au poste «Eposte», le fait de soustraire
Ib à Ic pour fabriquer Ibc, compense le fait que la tension Eposte est deux fois plus élevées.
Les règles vues à la section 3.1.1.1 page 64 s’appliquent au défaut entre phases. Utiliser
un transactor permet de convertir le courant Ib-Ic en tension IbcZ, et le mettre en phase
avec la tension Ebc pour avoir le couple maximum du cercle d’impédance au moment du
défaut.
2345647283

IbcZ (Volt)
3

e
12

ag
gl
34


53
6
1

Ibc (amp)

Figure 3.23 - Transactor et l’élément IbcZ


La section 3.1.1.2 page 65 explique le concept de l’élément
d’opération E-IZ. Le même principe s’applique pour le défaut
entre phases. À la page 68 nous disions que la ligne avait son
élément d’opération et la terre avait le sien. Il en est de même
ELb -IbZ
pour le défaut entre phases.
OpérationLigneB = ELb − IbZ Eposte
OpérationLigneC = ELc − ( − IcZ )

ELc -(-IcZ)
Opération = OpérationLigneB + OpérationLigneC
= ( ELb − IbZ ) + ( ELc − ( − IcZ ) ) Normal

= ELb + ELc − IbZ − ( − IcZ )


Défaut

Figure 3.24 -
= Eposte − IbcZ

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 76


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Peur-être seriez-vous tenté à faire la simplification suivante : Ibc=2*Ib ou 2*Ic. Cela
serait une grave erreur. Supposons un défaut plus complexe, par exemple un défaut entre
deux phases et la terre BCN. Le défaut pourrait être tel que le courant de la phase B ne
soit pas le même que la phase C. Donc la chute de tension sur la ligne B n’est pas la même
que la ligne C. La méthode Ibc = Ib - Ic fonctionnera correctement, mais pas la
simplification 2Ib ou 2Ic.

3.2.6 -BRANCHEMENT DES ÉLÉMENTS DE COURANTS


Il existe deux manières de réaliser l’opération suivante : Ib - Ic = Ibc. Soit directement
avec le transactor, ou soit avec des sommateurs à l’intérieur du relais.

3.2.6.1 - Sommation par le transactor

L’ancienne technologie «KD4, THR», fabriquait le courant entre phases Ibc directement
au niveau du transactor comme suit :
12 31
13

2345647283 23 12
12

31 23
14

1 Ia+Ib+Ic = In = 0
23 15

45 Branchement KD4
36
1 67 86

13

Ia - Ib 78
Ic - Ia
12

Ib - Ic

14

Ia+Ib+Ic = In = 0
15

Branchement KD4 décomposé


Figure 3.25 - Branchement du transactor pour défaut entre phases
Le transactor a deux éléments de courant au primaire. Les enroulements partagent tous
le même noyau magnétique. Le premier élément appartient au courant Ib provenant de la
source et allant vers le défaut. Le second est le courant Ic de retour du défaut vers la
source. Remarquez à la figure-3.25, le courant Ic est relié à la non-polarité de l’élément
de courant du défaut BC. Cette inversion génère -Ic. La sommation se fait au niveau du
flux magnétique dans le noyaux du transactor. Le résultat du flux résultant récolté par
l’enroulement IZ est Ib – Ic 1 IbcZ.
Regardons le circuit d’une autre façon. Si on observe le sens du courant de défaut
allant de la phase B vers la phase C et passant dans les éléments BC. Le courant de défaut

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 77


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
entre dans la polarité de l’élément B, et lors de son retour, il entre dans la polarité de
l’élément C. Ce qui fait une sommation de flux magnétique dans le transactor.
La méthode de sommation avec un transactor à deux éléments de courant nécessite des
transactors uniquement dédiés aux défauts entre phases. Ainsi, on ne peut mélanger dans
un même circuit, le type de défaut entre phases avec le type de défaut à terre. Le cas de la
protection de ligne THR en est un exemple. Le relais se divise en trois modules distincts.
Le premier module est l’alimentation électrique de relais, le deuxième module est dédié
uniquement aux défauts entre phases, et le troisième module dédié uniquement aux
défauts à la terre.

Module d’alimentation
et de relais

Module de défaut
entre phases

Module de défaut
à la la terre

Figure 3.26 - Protection de ligne THR de Reyrolle

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 78


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

3.2.6.2 - Sommateurs internes au relais

Cette méthode est beaucoup plus économique. La sommation se fait de manière


analogique à l’intérieur du relais avec des amplificateurs linéaires. Elle peut aussi se faire
de manière numérique si les signaux analogiques sont convertis en format numérique. Le
transactor n’est toujours pas banni. Cependant, un seul transactor par phase suffit afin de
convertir les courants Ia, Ib et Ic en tension IaZ, IbZ et IcZ. Le reste des traitements se
fait au niveau des circuits électroniques.

6
2345647283
13

7 1
23
12 45
36
8
1
14

Ia+Ib+Ic = In = 0
15

Figure 3.27 - Un seul transactor par phase


Cette pratique appartient aux technologies plus récentes. On lit les courants de chaque
phase Ia, Ib et Ic, et on lit les tensions de chaque phase Ean, Ebn et Ecn. Il n’y a plus de
lecture entre phases. Le relais traite avant tout les défauts à la terre en fabricant l’élément
d’opérations pour chacune des phases.
Opération [ an ] = Ean − IaZ − k 0 InZ
Opérations de
défauts à la terre Opération [bn ] = Ebn − IbZ − k 0 InZ
Opération [cn ] = Ecn − IcZ − k 0 InZ

Les éléments d’opérations entre phases sont ensuite


fabriqués à partir des éléments d’opérations de défaut à la Ebn - IbZ - k0InZ
- ( Ecn - IcZ - k0InZ )
terre. Voyons l’exemple du défaut entre les phases B et C
à la figure-3.28. Avant de procéder, la compensation
homopolaire fait partie de l’élément d’opération du défaut Ebn - IbZ - k0InZ
à la terre. Pour la fabrication de l’élément d’opération du -Ecn + IcZ + k0InZ
défaut entre phases, certains fabricants laissent la 0
compensation homopolaire k0InZ avec l’élément
d’opération à la terre, alors que d’autres l’excluent. De (Ebn-Ecn) - (IbZ-IcZ)
toute manière, si le fabricant conserve la compensation
homopolaire, elle s’anule lors du traitement. Pour Ebc - IbcZ
fabriquer l’élément d’opération «bc» on soustrait de
l’élément d’opération «bn», l’élément d’opération «cn». Figure 3.28 -
Opération [bc ] = Opération [bn ] − Opération [ cn ]

Voir le déroulement de la figure-3.28.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 79


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Dans la figure suivante, la partie en vert correspond aux circuits fabriquant les
éléments d’opération de défaut à la Terre. La partie orangée fabrique les éléments
d’opération de défaut entre phases. Cet exemple exclut la compensation homopolaire
pour la fabrication des éléments d’opérations entre phases.
Opération Phase Terre

Ean Ean-IaZ Opération Entre Phases



IaZ
Opération AN Eab-IabZ
∑ ∑
Ebn Ebn-IbZ

IbZ
Opération BN Ebc-IbcZ
∑ ∑
Ecn Ecn-IcZ

IcZ
Opération CN Eca-IcaZ
∑ ∑
InZ
9
Ko InZ
Compensation
Homopolaire

Figure 3.29 - Méthode de fabrication de l’élément d’opération entre phases

3.2.7 -PERCEPTION DU DÉFAUT À LA TERRE PAR UN GRADIN ENTRE PHASES


Vous venez de terminer la vérification

des gradins de défaut à la terre. Vous
68
passez à la vérification des gradins entre
67
phases. Vous êtes pressé, et plutôt que de
BANC D'ESSAI

tout démanteler vos branchements ayant 69


servi à la vérification des gradins à la terre, Manque le courant de retour
vous passez directement aux branchements
de la vérification du défaut entre phases. OUBLIE

Vous commettez une erreur importante. 6

Vous oubliez de délier le neutre du courant


du relais avec la mise à la terre, ou le point 68
commun du banc d’essai. 67
BANC D'ESSAI

Pour vérifier le défaut BC, vous devez


69
pousser un courant dans la phase B et le Un peu de courant de retour
reprendre dans la phase C. Cependant, le
courant ne revient pas par la phase C. Il OUBLIE

revient par le chemin du neutre. Si votre 6

relais possède un élément de neutre, alors


une partie du courant revient par la phase Figure 3.30 - Déviation du courant
C, et l’autre partie par le neutre.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 80


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
On peut aussi s’intéresser au comportement du gradin de défaut entre phases lors d’un
défaut à la terre. Dans ce cas, nous sommes en réalité protégé par les conditions
minimales de courant 50N que nous verrons au chapitre 6, section 6.2 page 128.
Supposons que la tension et le courant fournis par le banc d’essai correspondent au
point d’opération du gardin. En observant bien la figure suivante, le fait que IcZ manque
puisque le courant Ic est dévié par le neutre, crée un élément d’opération du côté normal
de la frontière. Pour ramener l’élément d’opération du côté défaut, il faudra donc
augmenter la valeur du courant. Deux fois plus de courant signifie un gradin deux fois
plus petit.

P1 P2

-IbZ-(-IcZ)
Or -IcZ=0
ELb -IbZ - 0 ELb
Eposte

-2*IbZ - 0
ELc OPERATION ELc

OPERATION = 0
Normal Normal
Défaut Défaut

Figure 3.31 - Vecteurs d’opérations


Pour la vérification du gradin entre phases avec mise à la terre oubliée, si le relais
possède un élément de neutre, le gradin que vous vérifiez sera environ 1,5 fois plus petit,
dépendant du rapport d’impédance des transactors.

XL
P1
BC
ut
a
éf
id s
BC

Bn
Cercle

P2
BC

Cercle BC
si défaut Bn

R
EBn réf 0°

Figure 3.32 - Gradin entre phases affecté par une déviation du courant

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 81


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

3.3 - Défaut entre deux phases et la terre


Nous serons brefs sur ce genre de défaut. Si un défaut implique à la fois deux phases et
la terre, la protection de ligne traitera ce défaut comme deux défauts à la terre. Le courant
de neutre bloque le fonctionnement des gradins de défaut entre phases. Voir figure-3.35.

Poste
Ia
/
Ib XLL RL Ib’
!
Ic Ic’
1
4*
Défaut
Ia + Ib’ + Ic’ = In

3
Terre
Figure 3.33 - Défaut phase-phase-terre
Voici ce qui se produit vectoriellement. La somme des tensions ne donne plus zéro
comme c’était le cas pour un défaut entre phases pur. La tension à l’endroit du défaut Ed
n’est plus ½ fois la tension phase-neutre comme c’était aussi le cas dans un pur défaut
entre phase. La débalance de tension 4 due à l’implication de la terre crée un courant de
neutre In.
/ Ed: Tension à l’endroit du court-
circuit

N
1: Débalance homopolairecausé
EC par la partie de défaut à la
terre

EB
EAN
N

1
1

EB
N
EC 21 N

EBC 1
1 !

Figure 3.34 -

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 82


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

ZAN ZBN ZCN ZAB ZBC ZCA


123
124
125
126

3456789
9
39 99

 Blocage des gradins phase-phase


si courant de neutre 50N

Figure 3.35 - Blocage des gradins entre phases par le courant de neutre

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 83


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

3.4 - Défaut Triphasé


Le défaut triphasé est très simple. Il est un défaut parfaitement équilibré. Il n’y a pas
de courant de neutre, ni tension de neutre de généré.

Poste Ia
Défaut
/
Ib
!
Ic
1
4*71

Ia + Ib’ + Ic’ = In =0
3
Terre

Figure 3.36 - Défaut triphasé


Ce genre de défaut pourrait être traité aussi bien par les gradins de défaut à la terre que
les gradins de défaut entre phases. Cependant, le fonctionnement du gradin à la terre
exige normalement un courant de neutre pour le fonctionner. Donc, seuls les gradins de
défaut entre phases peuvent traiter le défaut à la terre.

ZAN ZBN ZCN ZAB ZBC ZCA


123
124
125
126

3456789
9
39 99



Figure 3.37 - Gradins entre phases pour le traitement de défaut triphasé

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 84


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Sur le plan vectoriel, chaque phase voit son courant respectif en retard de 75° à 85° sur
leur tension respective.

EAN
Ic

3
Ia
3

ECN 3 EBN
Ib
1 !

Figure 3.38 - Défaut triphasé en trois défaut monophasés


Il est très intéressant d’interpréter le défaut triphasé en défauts entre phases.
Concernant le défaut entre les phases A et B, le courant Iab = Ia - Ib se retrouve lui aussi
en retard de 3° sur la tension Eab. Ce qui démontre que le défaut peut être traité sans
problème par les gradins entre phases.

/
EA
EAN
B

Iab
-Ib
Ic

3
Iab
3 Ia

N
EB 3
N
EC 3

1 Ib !

Figure 3.39 - Défaut triphasé ramené en défaut biphasé

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 85


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-3 Page 86


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

8
134 99

MÉTHODES DE
BRANCHEMENT POUR
FIN DE VÉRIFICATION

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-4 Page 87


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Ce chapitre traite de trois types de montage servant à vérifier le bon fonctionnement
des gradins d’une protection de ligne.
1 Montage en étoile pour défaut à la terre
1 Montage en T pour défaut entre phases
1 Montage delta ouvert pour défaut triphasé
Les erreurs de montage subtiles les plus populaires seront aussi présentées. Agir avec
connaissance et prudence peut vous sauver beaucoup de temps et vous éviter des casses
têtes désagréables.

4.1 - Sources - Banc d’essai


4.1.1 -HISTORIQUE ET ÉVOLUTION DES BANCS D’ESSAI
Avant de traiter des montages d’essai, présentons les sources responsables de ces
montages. Depuis les vingt dernières années, les bancs d’essai ont connu une progression
assez importante. Dans les années 1960 et 1970, les montages étaient entièrement câblés à
la main sur place. Nous utilisions des transformateurs déphaseurs, boîtes de charge «load
box», multimètres, des résistances de puissance, diode, et bien d’autres composantes selon
le montage à réaliser. Nous devions ensuite réaliser le montage selon la vérification à
faire. Nous appelions ces montages des pieuvres. Une première source électronique, F3
de Jodice, fit son apparition au début des années 1980. C’était la grande révolution.
Jodice fut acheté par Dobble. Des compétiteurs tel Multiamp sont apparu dans la course.
Depuis, le monde des sources n’a pas cessé d’évoluer. Aujourd’hui, les sources sont
petites, puissantes, légères, et entièrement contrôlables par ordinateur.
Le monde des protections a aussi fortement évolué. L’évolution technologique a ouvert
de nouveaux horizons, et permit l’usage de nouvelles méthodes d’analyses. Les
protections utilisent maintenant les composantes symétriques. Chaque fabricant conçoit
ses protections avec des particularités propres. La vérification de chaque protection
devient donc plus complexe et risque de différer d’une protection à l’autre. Le fait que les
sources sont contrôlables par ordinateur, il est maintenant intéressant d’automatiser les
essais des différents relais. La diversité des protections est très grande et l’automatisation
des essais rend plus efficace la vérification personnalisée de chacune de ces protections.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-4 Page 88


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

4.1.2 -DESCRIPTION SOMMAIRE DE LA SOURCE


La figure suivante représente six sources standard d’un banc d’essai. Nous avons
normalement trois canaux de tension et trois canaux de courant. Le canal de tension V1
peut servir à simuler aussi bien la phase A que la phase B du réseau. Chacun de ces
canaux représente un vecteur, et est réglable en amplitude et en angle.
Tension Courant
52 53 54 12 13 14

123456375892

Figure 4.1 - Canaux de la source - et parenté des communs avec la terre

4.1.2.1 - Capacité de chaque source

La puissance d’un canal est exprimée en VA. Il est possible d’avoir différents niveaux
de courant de court-circuit pour les canaux de tensions, et différentes tensions de circuit
ouvert pour les canaux de courant. Supposons que chaque source soit à 100VA de
puissance. Pour les canaux de courant :
1 Si on choisit l’échelle de 1A maximum, la tension de circuit ouvert peut atteindre 100Volt.
1 Si on choisit l’échelle de 10A maximum, la tension de circuit ouvert peut atteindre 10 Volt.
Le choix de l’échelle est fonction de l’application. Il en est de même pour la tension.
1 Si on choisit l’échelle de 75Volt, on peut pousser jusqu’à 1,3A.
1 Si on choisit l’échelle de 150Volt, on peut pousser jusqu’à 0,67A.
Il peut arriver qu’un test échoue pour la simple raison que le choix de l’échelle ne
convient pas.

4.1.2.2 - Neutre

En observant la figure-4.1, on remarque que les points de neutre des différents canaux
sont apparentés l’un à l’autre, et reliés à la terre. La majorité des sources sont branchées
ainsi. Lors de la vérification des gradins de défaut entre phases, certaines personnes ont la
mauvaise habitude d’isoler le neutre du banc d’essai avec la terre.
DÉLIER LA MISE À LA TERRE DU BANC D’ESSAI EST FORTEMENT
DÉCONSEILLÉ. Si par mégarde, la polarité d’une source activée
s’apparente à la terre alors que le banc d’essai est flottant, vous risquez 123456375892

de vous affliger une désagréable surprise choc, et de plus, vous risquez


d’endommager l’ordinateur ou le contrôleur relié à votre banc d’essai.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-4 Page 89


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

4.1.3 -ACTIVATION SOURCE OU SYSTÈME DE LA SOURCE


La photo suivante représente une des sources les plus répandues à Hydro-Québec. Il y
a une nuance très importante à noter concernant le comportement des sources. Il est
possible d’activer simultanément plusieurs sources avec le bouton MASTER «voir B». Les
sources soumises au bouton MASTER sont sélectionnées SYSTEM «voir A».

A
B

Figure 4.2 - Source Doble F2500


Si vous ne connaissez pas la différence entre le mode SOURCE et le mode SYSTEM,
vous risquez d’avoir des surprises. Par défaut, le mode SOURCE est sélectionné. Lors de
l’essai de mise sous tension de la ligne avec la protection de ligne THR, la fonction de
perte de fusible «60» s’active. Voir page 149 pour le détail du circuit de perte de fusible. Pourtant,
on ne s’attend pas à cela. En mode SOURCE, lorsque nous activons les sources avec le
bouton MASTER, chaque source sélectionnée ENABLE démarre individuellement à leur
passage par zéro. Voir figure-4.3, trace de gauche. Le circuit de perte de fusible du THR est
trop rapide et interprète la discordance comme une perte de fusible. En mode SYSTEM,
toutes les sources s’activent au même moment. Voir figure-4.3, trace de droite. Le test le mise
sous tension de la ligne fonctionne dans ce mode avec la protection de ligne THR.

Canal Va = 10V [0°]

Canal Vb = 10V [-120°]


Mode source Mode système

Figure 4.3 - Mode Source et Mode System


Il est donc important de considérer ce comportement si un essai quelconque échoue.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-4 Page 90


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

4.1.4 -VÉRIFICATION RAPIDE DES SOURCES DE TENSION


Il arrive parfois que la référence angulaire entre les sources tombe en panne. Quand la
vérification d’une protection ne fonctionne pas, il est possible que le banc d’essai en soit la
cause. Afin de s’en assurer, il est possible de vérifier l’ensemble des sources rapidement
de différentes manières. Ces essais sont simples et rapides. Au départ, si les neutres de
vos sources sont apparentés, il n’est pas possible d’additionner deux vecteurs. La figure-
4.4 montre la sommation des sources V1 avec V2. Pour additionner deux vecteurs, on les
met en série. Or, la source V1 est court-circuitée par le neutre de la source V2 lorsque
nous mettons V1 en série avec V2.
Montage avec le banc d'essai
Opération vectorielle désirée
13
12 13 11
12413511
12
V1 court-ciruité

Figure 4.4 - Source en série avec neutre commun - court-circuit de V1


La soustraction entre deux vecteurs s’appelle aussi la différence de potentiel. Elle
représente l’écart de tension séparant la polarité de deux vecteurs. Dans le cas de source
avec les communs apparentés, la différence de potentiel ne présente pas de problème. Il
suffit simplement de lire l’écart de tension entre deux polarités comme montré en figure-
4.5.
Montage avec le banc d'essai

Opération vectorielle désirée


13 29
13 12 11
1234567
12413511 12
899
5 27

V1 court-ciruité

Figure 4.5 - Différence de potentiel entre deux sources

4.1.4.1 - Méthode du triangle de 45°


Il est possible de vérifier
12
rapidement deux sources en
[ 99Volt ]
fabricant le triangle de 45°. On
présente deux vecteurs de 70V à
[9
70Volt 90°

9V

90° l’un de l’autre comme montré


ol
t]

en figure-4.6. Nous devrions lire


une différence de potentiel de 99V
12 13
entre les deux polarités des 70Volt 0° 70Volt 0° 70Volt 90°
sources. Si ce n’est pas le cas,
13
votre source à un problème de
référence angulaire. Figure 4.6 - Triangle de 45°

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

4.1.4.2 - Méthode du triangle équilatéral


Il est possible de vérifier
rapidement deux sources en fabricant 12 [ 50Volt ]
le triangle équilatéral. On présente
deux vecteurs 50V séparés de 60° l’un

[ 50
60°
de l’autre comme montré en figure-

Vo
olt

lt ]
50V
4.7. Nous devrions lire une différence
de potentiel 50V entre les deux
50Volt 0°
12 13
polarités des sources. Si ce n’est pas 50Volt 0° 50Volt 60°
le cas, votre source à un problème de 13
référence angulaire.
Figure 4.7 - Triangle équilatéral

4.1.4.3 - Méthode du triangle 30°-60°


Il est possible de vérifier rapidement
deux sources en fabricant le triangle 13 [ 50Volt ]
30°-60°. On présente deux vecteurs de 30Volt 90°
40V et 30V séparés de 90° l’un de [5
0V
olt
l’autre comme montré en figure-4.8. ]
Nous devrions lire une différence de
potentiel 50V entre les deux polarités 12 12 13
40Volt 0° 40Volt 0° 30Volt 60°
des sources. Si ce n’est pas le cas, votre
source à un problème de référence Figure 4.8 - Triangle 30-60
angulaire.

4.1.4.4 - Méthode triphasée


Il est possible de vérifier rapidement trois sources en fabricant un réseau balancé. On
présente trois vecteurs de 69V séparés de 120° l’un de l’autre comme montré en figure-
4.9. Nous devrions lire une différence de potentiel 120V entre toutes les polarités des
sources. Si ce n’est pas le cas, votre source à un problème de référence angulaire.

13
[ 120Volt ]
69Volt 0°

[ 120Volt ] [ 120Volt ]
]
olt

[ 12
0V

0V
[ 12

69Volt +120°
69Volt -120°
olt

69Volt 0°
]

° 69V
120 olt
lt + -12
69V
o 0°
12 13 16
[ 120Volt ]

14 12

Figure 4.9 - Méthode triphasée

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

4.1.5 -VÉRIFICATION RAPIDE DES SOURCES DE COURANT


Les mêmes principes appliqués aux sources de tensions peuvent s’appliquer aux
courants. Cependant, nous devons mettre une charge résistive aux bornes des circuits de
courant pour lire leur valeur sous forme de tension, ou utiliser l’ampèremètre pour lire le
courant directement. L’avantage de la résistance aux bornes de la source de courant est
qu’il devient possible de vérifier l’écart angulaire entre une source de tension et une
source de courant. Nous ne reprendrons pas les méthodes des triangles vues
précédemment. Vous pouvez de les appliquer vous-même aux sources de courant.
Voyons plutôt les différentes manières de vérifier les sources de courants.

4.1.5.1 - Conversion de courant en tension

Une source de courant doit toujours Montage avec le banc d'essai


être utilisée avec une charge. On ne Convertion du courant I
doit pas utiliser une source de courant en tension U
en circuit ouvert. Nous placerons donc
12 R U1=RI1 72
une résistance shunt de l’ordre de 15 82
afin de convertir le courant en tension.
Le vecteur tension est à l’image du
vecteur courant. Seule l’unité change.
Figure 4.10 - Conversion avec résistance
shunt

4.1.5.2 - Sommation des courants

Lorsque nous connectons deux sources de courant en parallèles, les courants


s’additionnent. Si on place une seule résistance shunt aux bornes des deux sources, la
tension obtenue est la somme des deux courants convertis en tension par la résistance.
Sommation des courants
Montage avec le banc d'essai
3

13
71

12 13 61
12

R Ut=R(I1+I2)

12

Figure 4.11 - Sommation des courants


Par exemple I = 1A 0°
1

I 2 = 1A 120° I1 + I 2 = 1A 60°

Si la résistance shunt est de 15, alors nous devrions lire 1Volt.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-4 Page 93


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

4.1.5.3 - Méthode de sommation de courant avec l’ampèremètre

Reprenons simplement la section précédente. Plutôt que de mettre une résistance shunt
aux bornes des sources, on place un ampèremètre. Notez que l’ampèremètre est en réalité
une résistance shunt de très basse valeur, à la différence que nous lisons directement le
courant.
Sommation des courants
Montage avec le banc d'essai

3
13

71
12 13 Amp

12
12

Figure 4.12 - Méthode de sommation de courant avec l’ampèremètre


Par exemple I = 1A 0°
1

I 2 = 1A 120° I1 + I 2 = 1A 60°

4.1.5.4 - Différence de potentiel

Si vous préférez placer une résistance shunt à chaque source de courant, vous revenez
aux principes des tensions expliqués en section 4.1.4 page 91. Cependant, les résistances
doivent toutes être à la même valeur, et vous devez travailler avec une grandeur
raisonnable. La tension de circuit ouvert d’une source de courant est limitée. Vous devez
donc travailler avec des valeurs de tensions faibles, donc des résistances de valeur faible.
Montage avec le banc d'essai
Sommation des tensions
U = U1-U2

13
63 63
6
12 R U1=RI1 13 R U2=RI2
62 62
12

Figure 4.13 - Différence de potentiel


Utilisons la technique du triangle équilatéral vu en section 4.1.4.2 page 92. On utilise
156 comme résistance shunt sur chaque circuit de courant. Comme nous travaillons
finalement en tension, on interprète la différence de potentiel.
I1 = 1A 0° U1 = 1V 0°
I 2 = 1A 60° U 2 = 1V 60°
U1 − U 2 = 1Volt

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-4 Page 94


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

4.1.5.5 - Comparaison d’une source de tension avec une source de courant

Nous voulons vérifier l’écart angulaire entre la source de tension et la source de


courant. Procédons avec la technique du triangle de 45°. La grandeur de la tension
dépend de la valeur de résistance shunt choisie pour la source de courant. Supposons que
la résistance shunt soit de 15. On pousse 1A à un angle de 90° avec la source de courant.
Ceci nous donne une chute de tension de 1 volt aux bornes de la résistance. Pour
constituer le triangle de 45°, on règle la tension de la source de tension à 1 volt angle 0°.
Si je prends l’écart de tension entre les polarités de la source de courant et de la source de
tension, je devrais lire 1,41 volt.
Montage avec le banc d'essai
Sommation des tensions
[1,41V]

12
V1=1V 0°

1,4
R U1=1V 90° 62 62

1V
I1=1A 90°
R=15 52

Figure 4.14 - Source de tension et source de courant

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-4 Page 95


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

4.2 - Vérification du défaut à la terre


Le montage pour la vérification du défaut à la terre est extrêmement simple. On utilise
le branchement étoile.

4.2.1 -BRANCHEMENT DES TENSIONS ET COURANT


Le chapitre 3, section 3.1 page 62 décrit en
profondeur le défaut à la terre. Dans ce Ean 94 /
#
chapitre, nous voulons recréer ce défaut avec /
un banc d’essai. À titre d’exemple,
choisissons le défaut AN, défaut entre la
phase A et la terre. Malgré que la vérification
ne concerne que la phase A, il est très
important de présenter les vecteur Ebn et Ecn Ebn
!
au relais afin de vérifier le bon
fonctionnement des polarisations croisées. La
polarisation croisée est un vecteur de secours
provenant des tensions non impliquées dans le
défaut. Voir le manuel "Technologie des Ecn
Protections de ligne 21", pour les 1
explications détaillées.
Brancher les tensions comme à la figure de
droite. Présentez les valeurs du tableau-4.1 3
selon l’essai que vous voulez faire.

Figure 4.15 - Branchement


étoile pour défaut à la terre

Ean Ebn Ecn Courant


Défaut
Valeur Angle Valeur Angle Valeur Angle injecté

Défaut AN 0 à 69 V 0° 69 Volt -120° 69 Volt +120° Ia


Défaut BN 69 Volt +120° 0 à 69 V 0° 69 Volt -120° Ib
Défaut CN 69 Volt -120° 69 Volt +120° 0 à 69 V 0° Ic

Tableau 4.1 - Essais de défaut à la terre

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-4 Page 96


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Le branchement du courant se fait comme indiqué à la figure-4.16. Vous injectez le
courant dans la phase à vérifier. Cependant, il est important que le courant fasse le
parcours qu’il doit faire normalement avant de revenir à la source. Si la protection de
ligne possède un élément de neutre, et que vous omettez de faire circuler le courant par cet
élément, la compensation homopolaire ne sera pas fonctionnelle et non vérifiée.
7
123
Ian 423
9

428 29

1234567
125 899
5 27

425

126
426

Figure 4.16 - Branchement du courant de la phase à vérifier


Dans la figure suivante, deux erreurs peuvent se produire. La première à gauche ne
vérifie pas la compensation homopolaire. Voir chapitre 3, section 3.1.2 page 66 pour les
explications de la compensation homopolaire. Si le gradin à vérifier est réglé à 105 avec
une compensation homopolaire k0 = 0.8, nous devrions entrer dans le gradin à
l’impédance globale de 185. Mais en oubliant de relier l’élément de neutre, vous entrez
dans le gradin à la valeur de 105.
L’erreur de la figure suivante, schéma de droite, correspond à l’inversion de la
composante homopolaire. L’entrée dans le gradin se fait à la valeur de 25. Cette erreur
est facile à réaliser. Vous pouvez croire que les cavaliers doivent tous être branchés du
côté (-) des éléments de courant. Cependant, si vous suivez le sens du courant en allant de
la polarité de la source vers le point commun de la source, le courant entre à la polarité de
l’élément de courant de la phase A, et ensuite par la non-polarité de l’élément de courant
de neutre. Il y a donc inversion de branchement à l’élément de neutre.
7 7
123 123
Ian 423 Ian 423
9 9

428 428

125 125
425 425

126 126
122342
426 122342 426

Figure 4.17 - Erreur de branchement

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-4 Page 97


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
La figure-4.18 montre que le courant est utilisé par plusieurs protections. Lorsque vous
isolez la protection de ligne, des court-circuiteurs chevauchent l’ouverture du courant afin
d’assurer la continuité du courant dans les autres protections, et de ne pas créer un circuit
de courant ouvert.
court-circuiteur du couteau de protection

Autres
protections
Protection de ligne
7
123 423
Ia

9
428
Ib

125 425
Ic


426 126
In

court-circuiteur du couteau de protection

Figure 4.18 - Court-circuiteur des couteaux de courant


Pour la prise d’angles, plusieurs fabricants fournissent un biscuit avec leur relais. Le
biscuit ouvre le circuit de courant pour le détourner dans un phasemètre. Il est très facile
et dangereux d’oublier un circuit ouvert avec le biscuit de certains fabricants.
Autres
protections
Protection de ligne
7
123 423
Ia

9
428
Ib

125 425
Ic


426 126
In

BISCUIT

Figure 4.19 - Biscuit avec une ouverture de courant

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-4 Page 98


1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

4.2.2 -REPRÉSENTATION VECTORIELLE DU MONTAGE


Au départ, nous présentons au relais un réseau balancé, soit les trois vecteurs de
tensions Ean, Ebn et Ecn à la grandeur nominale [69V] et à leur position angulaire
respective. Ensuite, vous poussez le courant nominal dans la phase à vérifier. Vous
ajuster l’angle du courant à l’angle de couple maximum, valeur entre -75° à -85° selon le
réglage du relais. Il se peut qu’à la grandeur nominale de courant, vous soyez à l’intérieur
du gradin. Alors, réduire le courant afin de sortir amplement du gradin. Par exemple, à
5A nous sommes dans le gradin. Nous diminuons graduellement le courant et à 3.6A nous
sortons du gradin. Alors, je fixe le courant à environ 3A.

Ean =
0V à 69V ∠ 0°

Le courant Ia varie de 0
amp. à la valeur
nominale du relais.
Variable
en amplitude θ Ia

Ecn = Ebn =
69V ∠ +120° 69V ∠ −120°

Figure 4.20 - Présentation vectorielle du défaut à la terre

Tension Courant Angle


Pour chaque valeur d’angle du courant, vous
29.00 V 3.00 A 0°
diminuez la tension j’usqu’à ce que vous entriez dans le 32.10 V 3.00 A -10 °
gradin. Vous notez chaque valeur de tension comme 35.30 V 3.00 A -20 °
38.60 V 3.00 A -30 °
montré à la figure de droite. On considère toujours la 41.60 V 3.00 A -40 °
44.20 V 3.00 A -50 °
valeur de tension ou du courant qui entre dans le cercle 46.30 V 3.00 A -60 °
d’impédance, et non celle qui sort du cercle 46.30 V 3.00 A -70 °
48.90 V 3.00 A -80 °
d’impédance. Donc, on diminue la tension ou on 49.00 V 3.00 A -85 °
48.80 V 3.00 A -90 °
augmente le courant pour entrer dans le cercle 48.20 V 3.00 A -100 °
d’impédance. Pour les calculs et le tracé du diagramme 46.90 V 3.00 A -110 °
44.90 V 3.00 A -120 °
d’impédance, voir le chapitre 5, section 5.1 page 114. 42.40 V 3.00 A -130 °
39.60 V 3.00 A -140 °
Aujourd’hui, des procédés informatisés 36.50 V 3.00 A -150 °
33.30 V 3.00 A -160 °
accomplissent cette tâche automatiquement.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-4 Page 99


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4.2.2.1 - Injection de fort courant

La protection de ligne THR a une particularité. Pour des raisons de conception, le


gradin de défaut entre phases doit être vérifié avec une tension fixe. La variable n’est plus
la tension, mais plutôt le courant. On doit donc augmenter le courant jusqu’à ce que nous
entrions à l’intérieur du gradin. Le fabricant du THR, Reyroll, nous permet de pousser
jusqu’à deux fois le courant nominal en mode continu. En réalité, le transactor est capable
de prendre jusqu’à dix fois le courant nominal et peut-être même plus. Ce n’est pas la
grandeur du courant qui représente un problème. C’est l’accumulation de la chaleur dans
le transactor. Normalement, quand il y a un très fort courant sur le réseau, c’est qu’il y a
un défaut. Par la suite, le défaut est isolé très rapidement par une protection. En mode
essai, nous voulons avoir le temps de vérifier le relais. Le temps d’injection du courant
laisse l’effet joule faire son travail et élever la température du transactor. Il ne faut donc
pas perpétuer un courant qui risquerait de détruire le transactor thermiquement.
La constante de temps de l’échauffement du transactor est très longue. Nous pouvons
donc moduler avec le temps d’injection versus le temps de repos. La valeur moyenne de
notre modulation équivaut à pousser de manière continue cette même valeur moyenne. La
figure-4.21 présente la méthode de la modulation par largeur de pulse «PWM». Par
exemple, la limite du transactor en mode continue est 10A. Je peux donc moduler 50-50
le temps d’injection d’un courant de 20A pour un temps de repos égal.

4 fois la limite
Valeur
2 fois la limite Moyenne
Limite Continue
COURANT
0
Continue 50/50 25/75

Tendance thermique à la valeur de courant actuelle


e nt
m Moyenne
r be uffe
u a thermique
Co 'éch C ou
d rbe
de r
e froi
d is s e
men
t

COURANT
50/50

Figure 4.21 - Courant en mode pulsé et courbe thermique


Normalement, la constante de temps de refroidissement est plus longue que celle du
réchauffement. Il faut donc être prudent en se donnant une bonne marge de sécurité.
Généralement, cette technique est utilisée par un ordinateur. La lecture doit être prise
rapidement avant de passer en mode repos.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-4 Page 100
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4.3 - Vérification du défaut entre phases


Les explications détaillées du défaut entre phases sont au chapitre 3, section 3.2 page
71. Nous disions à la page 72 que la somme des tensions doit toujours égaler zéro. Pour
appliquer cette règle, on utilise le montage en T qui sera expliqué et démontré dans les
prochaines pages. Ce montage est utilisé pour la vérification du défaut entre phases.
Supposons pour l’instant que nous utilisions le montage en étoile pour la vérification
du défaut entre phases. Voir la figure suivante. Il faudrait accomplir des calcules pour
chacune des tensions de défaut Ebc utilisées pour l’essai du gradin de défaut entre phases.
Le calcul affecte les grandeurs et les angles des tensions Ebn et Ecn. Ensuite, il faudrait
appliquer ces valeurs au banc d’essai. Soit la grandeur de Ebn, l’angle de Ebn, la grandeur
de Ecn, et l’angle de Ecn. Nous comptons quatre manipulations pour chaque essai.

/
:7
référence 0°
.
Ebc
E an = 69V

V=
2
Ebn = Ecn = V 2 + 352

V 
3 3 3 θ = 180° − tan −1  
 35 
h = -35V

Eb
n
Ec

-V V
1 !
Ebc

Figure 4.22 - Montage en étoile pour le défaut entre phases


Le tableau de droite est un
exemple qui contient des Ebn Ecn
valeurs calculées pour Ebc Grandeur Angle Grandeur Angle
0V 34.5V -180.00° 34.5V 180.00°
différentes tensions entre 15V 35.3V -167.74° 35.3V 167.74°
phases Ebc. Accomplir ces 30V 37.6V -156.50° 37.6V 156.50°
calculs avec un ordinateur qui 45V 41.2V -146.89° 41.2V 146.89°
60V 45.7V -138.99° 45.7V 138.99°
contrôlerait directement le banc 75V 51.0V -132.61° 51.0V 132.61°
d’essai serait excellent. Mais, 90V 56.7V -127.48° 56.7V 127.48°
le montage étoile ne convient 105V 62.8V -123.31° 62.8V 123.31°
120V 69.0V -120.00° 69.0V 120.00°
vraiment pas si nous procédons
manuellement.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

4.3.1 -MONTAGE EN T
4.3.1.1 - Position du neutre de la source Ns

Sans composante homopolaire, le neutre du réseau se situe normalement au centre


géométrique du triangle ABC de la figure-4.23. Le neutre du relais Nr doit donc se situer
à ce centre si nous voulons respecter la règle Ean+Ebn+Ecn = 0. Cependant, nous ne
sommes pas obligés de conserver le neutre de la source Ns au même endroit que le neutre
du relais Nr. Pour cela, il faudra détacher le neutre du relais Nr du neutre de la source Ns.
Positionnons le neutre de la source Ns à la base du triangle, juste à mi-chemin entre les
points B et C comme montré à la figure-4.23. À partir de ce neutre, les sources V1, V2 et
V3 doivent positionner les points de tension A, B et C à leur endroit respectif. La phase B
représente la polarité du défaut BC. On choisi donc la source V1 pour positionner le point
B. Comme le point B représente la polarité, la source V1 devient la référence 0°. La
source V2 positionne le point C, et est orientée à 180° de la source V1. La source V3
positionne le point A, et est orientée à +90° de la source V1. En observant bien la
configuration donnée par les vecteurs V1, V2 et V3, l’ensemble prend la forme d’un T.

4.3.1.2 - Tension V3 = 104V

La source V3 doit relier le


point A avec la base du /
triangle Ns. Selon le :236/ 474376
diagramme de droite, 34.5V #;;;)
1.5 E n = 1.5 x 69V = 104V

sépare la base du triangle au


V3 ∠+90°

neutre du relais Nr. Ensuite, la


tension de la phase Ean = 69V 69V
sépare le neutre du relais Nr
au point A. Au total, environ
1
104V sépare le neutre de la Nr: neutre du relais
Ns: neutre de la source
source Ns du point A. 3
La résultante verticale de
Ebn ou Ecn doit demeurer 34.5V
EB
N
EC

constante et représente la
moitié de la tension Ean, 1 3) !
[34.5V]. Voir chapitre 3,
section 3.2.3 page 73. V2 ∠180° V1 ∠0°

Ebc
Figure 4.23 - Neutre de la source et du relais

LA TENSION V3 DOIT DEMEURER FIXE À 104V LORS DES ESSAIS DU DÉFAUT ENTRE PHASES.

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4.3.1.3 - Centrer le neutre du relais Nr

Imaginons une planche avec trois clous A, B et C. Nous relions chaque clou à une
même rondelle avec l’aide d’un ressort. En relâchant la rondelle, elle se déplace pour se
stabiliser au centre géométrique du triangle formé par les points A, B et C. À ce point, les
trois ressorts ont une tension égale.

: clou 1 3 1
ressort
F1
F1

rondelle

F3 F2
F3 F2
F1+F2+F3

3 2 3 F1+F2+F3 = 0
2
Non équilibré Équilibré

Figure 4.24 - Principe du centre géométrique


Il en est exactement de même pour un circuit électrique. Si le neutre du relais est délié
de la mise à la terre du réseau, il devient flottant. Ses seuls liens de parenté avec le réseau
sont les trois tensions Ea, Eb et Ec. Le neutre est relié a chacune de ces tensions par le
biais de l’enroulement primaire des transformateurs. Comme le courant de neutre égal
zéro puisque délié de la terre, la somme des courants en provenance des phases doit donc
donner zéro. Comme les transformateurs sont identiques, ils ont tous la même impédance,
donc à courant égal, tension égale. Le neutre du relais Nr se retrouve donc au centre
géométrique du triangle formé par les trois tensions Ea, Eb et Ec.

45

Enroulement primaire
du transformateur de
tension I1

89
I3 I2

I1+I2+I3 = 0
47 46
Équilibré

Figure 4.25 - Neutre centré par l’impédance des transformateurs

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4.3.1.4 - Problème du neutre relais Nr mal centré

Revenons à notre exemple de la figure-4.24. Cette fois-ci, le ressort reliant le clou C à


la rondelle est fortement affaibli. La rondelle ne se positionne plus au centre géométrique
du triangle ABC. Son nouveau point de stabilité est ailleurs que le centre géométrique du
triangle.

F1

F1+F2+F3 = 0
F3 F2

3 2
Équilibré

Figure 4.26 - Décentré par un ressort affaibli


Il en est de même pour la protection de ligne. Il est déjà arrivé qu’un transformateur de
tension de la phase C soit défectueux quoique fonctionnel. Un problème de l’enroulement
primaire modifiait son impédance et déplaçait le neutre du relais Nr très près de la tension
de la phase C.
La vérification du défaut à la terre ne
permet pas de détecter ce genre de
&
Point intact
problème. Le neutre du relais Nr est relié Point normal
Point anormal
au neutre de la source Ns. Il est donc forcé
de se positionner à l’endroit imposé par la Exemple d'un gradin
déformé par un neutre
source. Mais lors de la vérification d’un décentré.
gradin de défaut entre phases, le montage
en T de la figure-4.23 positionne le neutre
de la source Ns à la base du triangle. On
libère le neutre du relais Nr souhaitant
qu’il se positionne au centre du triangle.
Mais si le neutre du relais se positionne
ailleurs qu’au centre, la polarisation croisée 9
est affecté. Elle agit sur la référence du
gradin et affecte le comportement de ce Figure 4.27 -
gradin. Voir "Technologie des
Protections de ligne 21" pour le détail de la polarisation croisée. La valeur d’impédance
de portée avant sur l’axe de défaut demeure intacte. Mais tout le reste du cercle
d’impédance en souffre. La vérification du gradin n’est donc pas valide.

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Des lumières indiquent si leur phase est sous tension. Ces lumières sont souvent la
cause du problème lors de vérification de gradin entre phases. La figure-4.28 montre le
comportement du neutre relais Nr lorsque les trois lumières sont fonctionnelles, et
lorsqu’une lumière est brûlée. Pour éviter ce problème, il est préférable de délier le neutre
du relais à un endroit qui exclut les lumières, ou tout simplement enlever les lumières.

45 : Lumière 45 3
brulée
Lumière
I1t
I1g I1t
I1g

89
89
I3t I2t
I3t I2t

I2g
BRULÉ
I3g I2g
47 46 47 46
I1t+I1g + I2t+I2g + I3t+I3g = 0 I1t+I1g + I2t+I2g + I3t+0 = 0

Figure 4.28 - Problème des lumières


De plus, les lumières ont un comportement non linéaire. Alimenter une lumière avec
deux fois moins de tension ne signifie pas pour autant deux fois moins de courant.
Cependant, il y a une symétrie au niveau des vecteurs qui conservera l’essai du gradin
valide. Une autre possibilité de décentrer le neutre du relais Nr est la différence de
modèle entre les lumières. Un test de gradin de défaut entre phases ne fonctionnait pas
bien. Les lumières étaient demeurées reliées au neutre du relais. La cause était qu’une des
lumières n’avait pas la même impédance que les deux autres. Le neutre du relais Nr était
donc décentré.

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4.3.2 -BRANCHEMENT DES TENSIONS ET COURANTS DU MONTAGE EN T


4.3.2.1 - Mauvais branchement de la tension

Dans le montage suivant, le neutre du relais Nr est demeuré branché à la terre. Comme
le neutre de la source est aussi apparenté à la terre, voir section 4.1.2.2 page 89, elle se
relie au neutre du relais.
Nr = Ns
Nous avons donc 104V aux bornes du transformateur de la phase A. La tension est à
150% de la tension nominale. Il y a donc des chances que le transformateur sature en
valeur crête de la sinusoïde et surchauffe par effet joule. Cela dépend de la conception du
transformateur de la protection de ligne.

54 94 /
#
104V 90°
1234
Ean

13 52 Neutre relais Nr 45
0V à 60V 0° relié au neutre
source Ns
0V à 60V
Ebn

Lumière 104V
53
0V à 60V 180°
0V à 60V
Ecn

89 8

12 47 46

9
 
    
5  5

Figure 4.29 - MAUVAIS BRANCHEMENT du montage en T


L’autre problème est la lumière de la phase en surtension. Il n’est pas garanti que la
lumière tienne le coup. À 150% de la tension, la lumière demande 225% de sa puissance.
Soit que vous vous en rendiez compte par la forte brillance de la lumière et que vous
cessiez l’essai rapidement. Soit que la lumière brûle rapidement et passe ensuite
inaperçue. Vous venez de créer le problème du neutre décentré pour les essais des autres
défauts entre phases.
Aujourd’hui, la protection de ligne comprend un grand nombre de fonctions internes.
Par exemple, la tension homopolaire informe le circuit de perte de fusible [60]. Celui-ci
prétend qu’il y a une perte de fusible si la tension homopolaire est élevée, alors qu’il n’y a
pas de courant homopolaire. Maintenant, les relais utilisent les composantes symétriques

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avec plusieurs de ses fonctions internes. Le branchement de la figure-4.29 est un fort
générateur de composantes inverses et homopolaires.
1 Composante homopolaire 3E0=104V

1 Composante inverse E2 = 35V à 69V


Le relais risque fort d’activer plusieurs de ses fonctions et de compromettre son bon
fonctionnement. Voici l’exemple du calcul de la composante homopolaire.
Si Ns = Nr alors
V1 = Ebn = V1 0°
V2 = Ecn = V2 180°
V3 = Ean = V3 90°

Comme on doit avoir


V1 = V2
alors vectoriellement
V1 = −V2
dans ce cas
V1 + V2 = 0
V1 + V2 + V3 = V3

Ebn + Ecn + E an = V3 = 104V


=0

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4.3.2.2 - Branchement correcte de la tension

Voici deux propositions


de montage en T. La 54 94 /
#
figure-4.30 propose de 29
104V 90°
disconnecter le neutre

Ean=69V
1234567
899
5 27
directement aux borniers du
relais. La figure-4.31
13 52
propose d’isoler le neutre 0V à 60V 0°
au bloc fusible, et enlever

0V à 60V
les lumières. Dans les deus

Ebn
cas, le neutre relais Nr est
flotant et on aura 69V aux 53
0V à 60V 180°
bornes de Ean.

0V à 60V
Ecn
Le tableau-4.2 nous
indique la rotation des 12
branchements pour les
différents essais.
9 5   
 
  


Figure 4.30 - Proposition de montage en T #1

54 94 /
#
29 104V 90°
Ean=69V

1234567
899
5 27

13 52
0V à 60V 0°
0V à 60V
Ebn

53
0V à 60V 180°
0V à 60V
Ecn

12

9 5   
 
  


Figure 4.31 - Proposition de montage en T #2

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Tableau 4.2 - Branchement pour les différents essais

Branchement
AB BC CA
V3 = 104V 2+90° C A B

V1 = 0V à 60V 20° A B C

V2 = 0V à 60V 2180° B C A

4.3.2.3 - Mauvais branchement des courants


Nous avons traités de la perception d’un défaut à la terre par un gradin de défaut entre
phases au chapitre 3, section 3.2.7 page 80. Fait par empressement, des erreurs peuvent se
glisser lors du passage d’un montage pour la vérification de défaut à la terre, vers un
montage pour vérification de défaut entre phases.

Ibc
1


12 2

6
3


13 4

 12

Oublie de débrancher le neutre du courant


du relais Nr avec le neutre de la source.

Figure 4.32 - Neutre du courant oublié branché


La figure-4.33 montre la conséquence d’une telle
erreur. Le gradin est plus petit. Votre essai n’est donc &
pas valide. La cause de la réduction de la grandeur du
gradin est la suivante. En observant bien la figure-4.32,
l’élément de courant de neutre du relais est en parallèle
avec l’élément de courant de la phase C. Le courant
poussé par la source, passe entièrement dans l’élément
de courant de la phase B, et se divise en deux par la suite
pour revenir en partie lar l’élément de courant de la
phase C et celui du neutre. Selon le rapport d’impédance
entre l’élément de courant du neutre et de celui de la 9
phase, le retour du courant par la phase C sera plus ou
moins grand. Vous devez donc pousser un plus fort Figure 4.33 - Conséquence
courant pour combler le manque de courant de la phase du neutre courant
C. Donc, l’impédance du gradin est plus petit. branché à la source

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4.3.2.4 - Branchement correcte des courants

La figure suivante représente les branchement à faire avec la source afin de vérifier le
défaut entre phases.

29 Ibc /


1234567
899
5 27
12
!

6
1


13 3


Vérifier que le neutre du courant du
relais ne soit pas relié au neutre du
banc d’essai.

Figure 4.34 - Branchement correcte des courants pour défaut entre phases
Le tableau suivant indique les branchements à faire pour les différents essais de défaut
entre phases.

Branchement
AB BC CA
Polarité de la source A B C

Commun de la source B C A

Tableau 4.3 - Branchement de la source de courant pour défau entre phases

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4.3.3 -PRÉSENTATION VECTORIELLE DU MONTAGE


Le montage en T, déjà décrit précédemment, simule le défaut entre phases. La source
V3 de la figure suivante demeure fixe à 104V7+90°. Les sources V1 et V2 créent le
défaut entre phases. La source V1 représente la chute de tension dans la ligne qui va vers
le défaut, et la source V2 représente la chute de tension dans la ligne de retour. La figure-
3.24 chapitre-3 page 76 montre le vecteur ELb pouvant être représenté par la source V1 et
le vecteur ELc pouvant être représenté par la source V2. Comme la ligne par laquelle le
courant va du poste vers le défaut est identique à la ligne par laquelle revient le courant de
défaut, la tension de la source V1 doit être égale à la tension de la source V2. Donc, la
manière de varier la tension est de varier simultanément V1 et V2 de sorte qu’ils aient
toujours la même valeur.
Pour le courant, on agit comme la
section 4.2.2 page 99. Pour chaque angle /
du courant, on note dans un tableau la
grandeur de la tension entre phases
V1+V2, le courant, et l’angle du courant. :236/ 474376
Concernant l’angle du courant, il se 17*7*.<

V3 ∠+90°
mesure par rapport à la tension de
référence. Le montage en T de la figure En ayant placé la polarité
du défaut BC, soit B à 0°,
de droite vérifie un défaut entre phases l’angle du courant 1
représente directement
BC. La phase B est la polarité et Ebc est l’angle réel entre le
la référence 0°. Donc, le fait d’avoir mis courant de défaut et la
tension entre phase
0° à la source V1 fait que l’angle du impliqué dans le défaut.
courant sur la source n’a pas besoin de
correction.
Le prochain chapitre traitera de la V2 ∠180° V1 ∠0°
1 !
gestion des ces données. 3)
3


6

Figure 4.35 - Représentation


vectoriel du montage pour défaut
entre phases

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8
134 99

MÉTHODE DE MESURE
ET CALCUL

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Dans ce chapitre nous verrons :
1 Comment calculer les impédances à partir des relevés
1 Comment calculer la composante homopolaire
1 Comment tracer le cercle d’impédance d’un gradin
1 Les effets d’hystérésis appliqués aux gradins et comment les vérifiers
1 Comment mesurer l’angle de couple maximum

5.1 - Calcul de l’impédance


5.1.0.1 - Calcul de l’impédance d’un point

Premièrement il serait très important de faire la distinction entre un DIAGRAMME


PHASE et le DIAGRAMME D’IMPÉDANCE.
DIAGRAMME DE PHASE: Représentation vectorielle des grandeurs et des
orientations de tension et courant. Un diagramme de phase permet de visualiser la
relativité entre les vecteurs, qu’ils soient un courant ou une tension.
DIAGRAMME D’IMPÉDANCE : Représentation graphique de la relation :
E
I =Z. Permet d’évaluer combien un vecteur d’impédance est résistif et
réactif.
Il ne faut pas mélanger ces deux diagrammes. En d’autres termes, on ne peut pas
mélanger dans un même graphique un vecteur d’impédance avec un vecteur de tension.

4 XL
0
83 L’angle du courant par rapport
3 à la tension représente

R
toujours l’inverse de l’angle
Diagramme Diagramme
de Phases d’impédance de l’impédance.

E 0° E E
Z = = 0° + θ = θ
I −θ I I

Figure 5.1 - Calcul de l’impédance


Pour le calcul de l’impédance, on considère la tension impliquée dans le défaut comme
étant la référence 0°. Par exemple, si on veut tracer le cercle d’impédance du défaut à la
terre Bn, et bien la tension de référence 0° est Ebn. Cette tension est ensuite divisée par le
courant de défaut Ib pour le calcul de l’impédance Z. Observez bien l’angle du courant à
la figure-5.1. Lorsqu’il passe du dénominateur vers numérateur, l’angle change de
polarité. Donc, l’angle de l’impédance est toujours de polarité inverse à celui du courant.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-5 Page 114
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Le premier point à vérifier et à calculer est celui de l’angle de couple dont vous avez
réglé votre relais. Par exemple, votre relais est réglé à 10579
66On injecte un courant
de 1A7-85°, et ensuite on diminue la tension jusqu’à ce nous entrions dans le gradin.
Cette valeur de tension devrait être 10Volt. Voir la chapitre 4, section 4.2 page 96 pour les
branchements et explications. Si votre relais tient compte de la compensation
homopolaire, vous entrez dans le cercle à une valeur plus grande que 10Volt. Voici
comment tenir compte de la compensation homopolaire.

5.1.1 -MESURE DE PORTÉE AVEC COMPOSANTE HOMOPOLAIRE


Les protections de ligne d’aujourd’hui prennent en compte la composante homopolaire
du défaut à la terre. Le chapitre 3, section 3.1.2 page 66 explique clairement la
composante homopolaire. Elle ne s’applique qu’au défaut à la terre. Le relais à besoin de
connaître deux informations au niveau réglage pour faire la correction homopolaire :
l’amplitude et l’angle de impédance de la terre.
Il existe deux manières de régler l’amplitude de l’impédance homopolaire. Le
fabricant utilise une des deux méthodes suivantes.
1 ko : Rapport entre l’impédance de la terre et Zn
l’impédance de la ligne. [Relais THR, LZ96] k0 =
ZL
1 Zn : Amplitude de l’impédance de la terre. [Relais Quadramho, SHNB103]
L’angle de la composante homopolaire est relativement récent comme réglage.
Anciennement, on la considérait comme égal à la ligne. On a commencé à voir ce genre
de réglage dans les années 1980. Le fabricant a le choix entre les deux méthodes
suivantes.
1 Valeur absolue : Il s’agit de donner l’angle réel de l’impédance de la terre.
Par exemple : 73° [Relais Quadramho, SHNB103]
1 Valeur relative : L’angle de l’impédance de la terre se calcul à partir de
l’impédance de la ligne. Comme la terre est plus résistive que la ligne, cette
valeur se soustrait toujours à l’angle de la ligne. Exemple : réglage = 12°. Si
l’angle de la ligne du relais est ajusté à 85°, alors l’angle de l’impédance de la
terre est à (85°-12°) = 73°. [LZ96, Schweitzer]
Peu importe la méthode utilisée, le relais est informé à sa façon concernant la
composante homopolaire. Maintenant, lors de l’essai d’un gradin de défaut à la terre, la
portée du gradin sera l’impédance de la ligne à l’angle de couple, ajouté vectoriellement à
l’impédance homopolaire.
12 12 12
Z gradin = Z ligne + Z terre

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Voici un exemple.
1 ZL = 105 ∠85°
1 Zn = 85 ∠70° ou Ko = 0.8. En valeur relative, l’angle aurait été 15°

Z L = 10Ω 85° = 0.87Ω + j9.96Ω


Z N = 8Ω 70° = 2.74Ω + j7.52Ω

Z L + Z N = 3.61Ω + j17.48Ω = 17.85Ω 78.34°

Pour vérifier le gradin, on injecte un courant à l’angle de l’impédance totale, calculé


précédemment, soit 1A7-78°. Pour avoir 17.85, nous devrions entrer dans le gradin à
17.8Volt.

5.1.2 -TRACÉ DU CERCLE D’IMPÉDANCE


La sections section 4.2.2 page 99 explique comment récolter les valeurs pour le défaut
à la terre. Il en est de même avec la section 4.3.3 page 111 pour le défaut entre phases.
Après avoir relevé les valeurs de tensions et courants pour différents angles de courant, on
complète le tableau suivant en calculant l’impédance de chaque point.

E 0° E 0° + θ
Z = = = E θ
I −θ
I
I

Tension Courant Angle Z 3


3.68 V 5.00 A -160 ° 0.74 ohm 160 °
5.89 V 5.00 A -150 ° 1.18 ohm 150 °
8.06 V 5.00 A -140 ° 1.61 ohm 140 °
10.03 V 5.00 A -130 ° 2.01 ohm 130 °
11.80 V 5.00 A -120 ° 2.36 ohm 120 °
12.99 V 5.00 A -110 ° 2.60 ohm 110 °
13.96 V 5.00 A -100 ° 2.79 ohm 100 °
14.39 V 5.00 A -90 ° 2.88 ohm 90 °
14.32 V 5.00 A -80 ° 2.86 ohm 80 °
13.95 V 5.00 A -70 ° 2.79 ohm 70 °
13.04 V 5.00 A -60 ° 2.61 ohm 60 °
11.85 V 5.00 A -50 ° 2.37 ohm 50 °
10.14 V 5.00 A -40 ° 2.03 ohm 40 °
8.30 V 5.00 A -30 ° 1.66 ohm 30 °
6.02 V 5.00 A -20 ° 1.20 ohm 20 °
3.60 V 5.00 A -10 ° 0.72 ohm 10 °
1.19 V 5.00 A 0° 0.24 ohm 0°

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Ensuite on place chacun de ces points dans un diagramme polaire et on trace le cercle
d’impédance.
XL

100° 90° 80°


110° 0 70°
120° 60°

UM
/1

E MAXIM
130° 50°

LAGE
/2
140° !2

LE RÉG
40°
!1

COUPL
150° 30°

SELON
AXE DU
160°
3 20°
3

170° 10°


180° R
2
Figure 5.2 - Tracé du cercle d’impédance du gradin vérifié
Si le gradin que vous vérifiez est de type mho, c’est-à-dire que la forme du gradin est
un cercle, quatre points suffisent à la vérification du gradin. Le comparateur qui fabrique
ce gradin n’a pas le choix de tracer un cercle. Voir "Technologie des Protections de
ligne 21" pour plus de détails sur le fonctionnement du comparateur. Cependant, une
défectuosité peut modifier la position du cercle d’impédance. Voici en bref
l’interprétation des quatre points montrés en figure-5.2.

PORTÉE AVANT ET ARRIÈRE - POINTS Z ET O


Seuls le réglage du relais et le transactor affectent ces deux points. Si l’un de ces
points n’est pas à la bonne valeur, une des possibilités suivantes est en cause.
1 Erreur de montage pour la vérification
1 Vous avez pris vos lectures en sortant du cercle lors de vos essais
1 Erreur de calcul, soit de vos relevés, soit du réglage du relais
1 Mauvais réglage appliqué au relais, ou réglage défectueux
1 Transactor défectueux
Nous allons voir dans les prochaines pages, comment mesurer l’angle du couple
maximum. Cet essai peut confirmer que le transactor est en cause si l’angle du couple
maximum ne correspond pas au réglage du relais.
Notez que la température des éléments de courant affecte la précision du relais.
Lorsque vous faites passer 1A dans un transactor pendant 30 minutes, la valeur de
lecture change un peu. Il faut donc définir un pourcentage d’erreur raisonnable avant
de conclure à un problème. Voir les caractéristiques du manufacturier.

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PORTÉE DE CÔTÉ - POINTS A ET B
Les points Z et O doivent être corrects avant de passer aux points A et B. L’angle 3
séparant l’axe du point A et l’axe du couple maximum doit être le même que l’angle
séparant l’axe du point B et l’axe du couple maximum. Si votre gradin ne subit pas de
traitement spécial comme c’est la cas avec certains fabricants [LZ96, THR], le point A
devrait être de même grandeur que le point B. Si ce n’est pas le cas, une des raisons
suivantes peut être en cause.
1 Vous êtes en montage en T et le neutre du relais n’est pas centré. Voir chapitre 4,
section 4.3.1.3 page 103
1 Votre relais possède une hystérésis angulaire et vous avez mesuré en sortant du
cercle. [SHNB-103]
1 La polarisation croisée est défaillante. Soit qu’il vous manque une tension dans
votre montage, soit que le relais a un problème. voir chapitre 4, section 4.2.1
page 96 pour la tension manquante.
1 Le comparateur d’angle du relais ne fonctionne pas à la bonne angle. voir
fonctionnement des comparateurs dans "Technologie des Protections de ligne
21"
Pour le gradin de type quadrilatère, on vérifie la portée avant et arrière à l’angle
d’impédance réglé au relais. Par la suite, deux points par section de droite du quadrilatère
afin de s’assurer que chaque section de droite est à sa place.
XL

100° 90° 80°


110° 70°
120° 60°
AXE réglé au relais
130° 50°
0
140° 40°
!2 !1
150° /1 30°

160°
12 20°
/2
170° 10°
11

180° R
2

Figure 5.3 - Gradin de type quadrilatère

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5.2 - Effet d’Hystérésis


5.2.1 -VACILLEMENT D’UN DÉFAUT
Lorsqu’un défaut se produit, le contact de ce défaut est surtout un arc électrique. L’arc
est dynamique et vacille en résistance. Par exemple l’arc trouve un bon chemin, pour
établir un bon contact électrique, mais ce chemin ne dure qu’un instant. Il est aussitôt
détruit par l’ampleur du courant et la haute température du défaut. Si le défaut se produit
à la limite d’un gradin, ce vacillement crée une zone grise pouvant sortir à tout moment du
gradin pour ensuite revenir à l’intérieur du gradin. Le problème est la minuterie du gradin.
Par exemple, le défaut est à la limite du gradin-2. Chaque fois que le défaut sort du cercle
d’impédance, la minuterie est remise à zéro et le compte à rebours recommence. Le
gradin-2 ne pourra donc pas fonctionner
défaut &
E
t 1234567897
3 85
5 946356
36 57732
I
t

Z2

112
2

9


Figure 5.4 - Vacillement d’un défaut

5.2.2 -HYSTÉRÉSIS
&
Si nous pouvions agrandir le cercle d’impédance
pour englober la zone de vacillement, la minuterie 1234567889
95
6 939
pourrait maintenir son compte à rebours et se rendre à
terme si le défaut n’est toujours pas isolé. Il faudrait
donc un circuit qui modifie le réglage à la hausse
d’environ 5% pour chaque gradin concerné, lorsqu’un
défaut pénètre un gradin. La figure-5.5 montre que
l’agrandissement du gradin englobe la zone grise qui
représente la zone de vacillement.
Figure 5.5 - Hystérésis
9

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-5 Page 119
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Généralement, les fabricants créent l’effet d’hystérésis en amplifiant le courant de 5%
dans le relais. Mais chaque fabricant a sa manière propre d’appliquer l’hystérésis.
Il existe deux sortes d’hystérésis appliquées aux protections de ligne. Il y a d’abord
l’hystérésis de portée. Elle s’applique à la totalité des gradins ayant une hystérésis. Le
cercle d’impédance s’agrandit d’environ 5% dans le sens de l’axe de défaut. Ensuite, il y
a l’hystérésis angulaire. Celle-ci est beaucoup plus rare et s’ajoute à l’hystérésis de
portée. Le but de l’hystérésis angulaire est de créer un effet d’hystérésis de porté sur l’axe
résistif afin d’englober la résistance d’arc.
& 123456537389
8 645

& 123456537389
8 645


8234565373
 76

4

895
 
89

9 9

Figure 5.6 - Hystérésis de portée et hystérésis angulaire


Voici quelques exemples de fabricants avec leurs produits. Vous noterez que
l’hystérésis n’est pas appliquée partout. Il est possible de contrer le vacillement sans
utiliser l’hystérésis. Si le comparateur à un temps de maintient suffisant pour faire en
sorte qu’il conserve le gradin actif entre une sortie et un retour du défaut dans le cercle
d’impédance, l’hystérésis peut devenir inutile. La nécessité d’utiliser l’hystérésis est
étroitement liée au niveau technologique du relais.

Hystérésis
Aucun Hystérésis de portée
RELAIS Technologie Hystérésis de portée et angulaire
KD-4 Électromagnétique

THR de Reyrolle Électronique transistor

Électronique Ampli Linéaire Sur le grand


LZ96 de ABB et Porte Logique CMos Gradin 10%

Électronique Ampli Linéaire Tous les


SHNB-103 de GEC et micro contrôleur Gradins 5%

Électronique Ampli Linéaire Tous les


QUADRAMHO de GEC et micro contrôleur Gradins 5%

OPTIMHO de GEC Numérique Hardware

Numérique avec
SEL-321 de Schweitzer Convertisseur AD

Tableau 5.1 - Exemple de relais et de l’application de l’hystérésis

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5.2.3 -MÉTHODE DE MESURE D’UN GRADIN AVEC HYSTÉRÉSIS


Si le gradin à vérifier possède un effet d’hystérésis, mesurer en entrant et en sortant du
cercle d’impédance donne deux valeurs différentes. Même sans hystérésis, certains relais
comme le THR ne donnent pas exactement la même valeur en entrant et en sortant. Ceci
est dû à la baisse de l’alimentation des cartes électroniques suite à l’activation de charges
comme les voyants et les relais de sortie. Ce problème relève de la conception du relais.

& NE JAMAIS MESURER


EN SORTANT DU CERCLE

Si le cercle est doté d’un


hystérésis, vous ne tracerez
pas le bon cercle si vous
mesurez en sortant du cercle.
A moins de vouloir vérifier
le cercle hystérésis.

Figure 5.7 - Mesures différentes pour défaut entrant et sortant


Lorsque vous êtes à l’extérieur du cercle, le cercle est à sa dimension normale. Dès que
vous entrez dans le cercle, il s’agrandit de 5% à 10% selon le fabricant. Si vous mesurez
toujours en sortant du cercle, vous tracerez le cercle agrandi de l’hystérésis. Si vous
mesurez toujours en entrant dans le cercle, vous tracerez le cercle normal de surveillance
de défaut. C’est le cercle normal qui nous intéresse. Donc,
TOUJOURS MESURER EN ENTRANT DANS LE CERCLE
Mesurer en sortant ne sert qu’à vérifier l’hystérésis.

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5.3 - Mesure du couple maximum d’un cercle


Un paramètre important à vérifier est la portée du cercle d’impédance. Il y a moyen de
vérifier rapidement la portée d’un cercle sans avoir à le tracer complètement. Cette
vérification permet de constater si les transactor ou transphaseur du relais fonctionnent
correctement, et s’il n’y a pas eu inversion de tension ou courant quelque part.

5.3.1 -TECHNIQUE DE MESURE


Voyons la bonne technique pour mesurer le couple maximum d’un cercle d’impédance.
1On connaît approximativement la portée du relais. Il suffit d’ajuster la tension et le
courant de sorte que l’impédance soit environ à 10% à l’intérieur du cercle sur
l’axe de défaut. La grandeur du courant et la grandeur de la tension doivent
demeurer fixes par la suite. Seul l’angle du courant sera varié.
1Variez l’angle du courant pour sortir complètement du cercle, soit d’un côté ou de
l’autre du cercle. Dès que vous êtes à l’extérieur du gradin, vous variez lentement
l’angle pour revenir dans le cercle. Dès que vous entrez dans le cercle, notez la
valeur de l’angle. On reprend la manoeuvre pour l’autre côté du cercle. Les
angles notés sont et 6comme montré à la figure-5.8.
1Vous calculez la moyenne des angles et  qui donne l’angle médian 3. L’angle 3
représente l’angle du couple maximum.

& TOUJOURS
29
EN ENTRANT
1234567
899
5 27
10%
α +β
θ=
2
89
761
5
34
435
12
3


9

Figure 5.8 - Mesure du couple maximum


La mesure en sortant du cercle aurait peut-être fonctionée. Mais nous risquons d’avoir
un résultat erroné si l’hystérésis s’en mêle. Voyons plus de détails à ce sujet.

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5.3.2 -MESURE DE PORTÉE D’UN CERCLE AVEC HYSTÉRÉSIS


La figure-5.9 présente la mesure du couple maximum en entrant dans le cercle, et
ensuite en sortant du cercle. Jusqu’à maintenant, la mesure en sortant du cercle ne cause
pas de problème.

29
& BONNE MÉTHODE & EN SORTANT !
TOUJOURS PAS À
1234567 EN ENTRANT CONSEILLER
899
5 27

3
3
 

9 9
-

Figure 5.9 - Mesure du couple maximum avec cercle possédant un hystérésis


Lorsque le gradin est doté d’un effet d’hystérésis de portée, il ne faut pas mélanger les
méthodes de mesure, C’est-à-dire, un côté du cercle est mesuré en entrant alors que
l’autre côté l’est en sortant. Ceci donne un fau résultat comme visualisé à la figure
suivante.

& NE PAS MÉLANGER


entrant et sortant

3

9
-

Figure 5.10 - Mélange de méthodes de meusre

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5.3.3 -MESURE DE PORTÉE D’UN CERCLE AVEC HYSTÉRÉSIS ANGULAIRE


Certains relais sont dotés d’effets hystérésis angulaires. [SHNB-103 (MicroMho) de
GEC] Le SHNB a un effet d’hystérésis angulaire de 6°. Si le relais est réglé à une
impédance de 85°, vérifier la portée du gradin en utilisant la méthode de mesure entrante
donne 85°. Par contre, la méthode de mesure sortante donne 79°. Mesurer en sortant
permet de vérifier l’hystérésis angulaire.
Une particularité à l’hystérésis angulaire est la partie jaune des figures suivantes. Cette
zone crée une oscillation. Lorsque nous entrons dans la partie jaune, nous entrons dans le
cercle d’impédance. L’effet d’hystérésis angulaire tasse le cercle et nous met en dehors du
cercle. Mais comme nous sommes en dehors, le cercle revient à sa place et nous replace à
l’intérieur du cercle. Et le tout recommence. Pour la partie oscillante jaune, dès qu’il y a
réaction du relais en entrant dans le cercle, on cesse tout et on prend la mesure.

& BONNE MÉTHODE & NE PAS MÉLANGER


29 TOUJOURS
entrant et sortant
1234567
EN ENTRANT
899
5 27 à moins de vérifier
l'hystérésis angulaire
12
1234567
899
5 27

3
3
 

9 9
Zone d'oscillation

Figure 5.11 - Couple maximum avec hystérésis angulaire

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8
134 99

CONDITIONS DE
FONCTIONNEMENT DES
GRADINS

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Ce chapitre s’intéresse aux différentes conditions autorisant le gradin à déclencher le
ou les disjoncteurs. Il est aussi question de la manière de déclencher les disjoncteurs,
c’est-à-dire, un mode monotri ou triphasé; avec ou sans réenclenchement; temps de
maintien. La gestion d’un gradin de défaut à la terre est différente de celle d’un gradin de
défaut entre phases.

6.1 - Condition minimale de courant

6.1.1 -SITUATION À RISQUE


Imaginons le scénario de la figure-6.1. Un poste 735Kv possède plusieurs départs de
ligne tout accrochés sur la ou les mêmes barres du poste. L’inductance shunt de chaque
ligne peut être connectée à la barre, pouvant servir à la compensation du réseau si
nécessaire. L’inductance shunt est très importante pour le contrôle de la tension du réseau,
et doit demeurer disponible en tout temps. Cependant, l’inductance est normalement
intégrée à une ligne de transport, et est incluse dans la zone surveillée par la protection de
ligne. Le transformateur de courant lit le courant total de la ligne et de l’inductance.
Lorsque des travaux d’entretient s’exécutent sur la ligne, les employés doivent se protéger
en ouvrant le sectionneur de ligne et en branchant la mise à la terre de la ligne. Cela
n’empêche pas que l’inductance shunt demeure à la disposition de l’exploitant. Si
l’exploitant sollicite l’inductance shunt, alors que la ligne est mise à la terre avec son
sectionneur ouvert, les gradins de la protection de ligne deviennent tous actifs. Un
courant réactif en provenance de l’inductance shunt associée à une tension nulle laisse
croire au relais qu’il y a d’un défaut près du poste.

E 0
Z= = =0
I I Disjoncteur fermé

INDUCTANCE

CT

Protection de ligne

12 Lecture courant
vers autres protections
Barre - 1

Barre - 2

zéro Volt
TT Ligne à protéger
CT
Sectionneur ouvert
Mise à la terre
Disjoncteur Ouvert

Figure 6.1 - Ligne avec mise à la terre

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6.1.2 -MISE AU TRAVAIL AVEC MINIMUM DE COURANT [50]


Pour considérer qu’il y a un défaut, il ne suffit pas que l’impédance Z soit à l’intérieur
d’un gradin. Comme vous avez pu le voir en figure-6.1, l’impédance perçue par le relais
est Z = 0, et pourtant, il n’y a pas de défaut. Un autre paramètre important à considérer est
la grandeur du courant. Une protection de ligne est très sensible. Elle peut analyser des
tensions et courants résiduels provenant de phénomènes d’inductions [bruit électrique], et
prendre action sur ces résidus. On exigera donc un seuil minimal de courant, afin de
confirmer au gradin que le défaut qu’il perçoit en est vraiment un. Ce seuil devra
évidemment être supérieur au courant d’exploitation d’une inductance. On utilise donc des
éléments de surintensité 50 pour autoriser le fonctionnement des gradins. Voir figure-6.3.
Leur réglage varie de 10% à 50% du courant nominal.
Le parcours de la boucle du courant de défaut
comprend l’allée et le retour. L’allée est le courant Iallée
allant de la polarité de la source vers le défaut. Il
s’agit toujours d’une phase. Le retour est ce même Es Défaut
courant de défaut qui revient du défaut vers la source;
soit par une autre phase si le défaut est entre phases; Iretour
soit par la terre si le défaut est à la terre. La
protection de ligne exige normalement les minimums Figure 6.2 - Allée et retour
de courant dans l’allée et le retour selon le type de
défaut. Par exemple, un gradin-1 de défaut entre phases BC devra avoir l’autorisation du
50B et du 50C pour pouvoir déclencher ses disjoncteurs.

Z1an Z1bn Z1cn Z1ab Z1bc Z1ca


50A
50B
50C
50N

3456789

96



Figure 6.3 - Seuil de mise au travail avec relais de surintensité [50]


Voir aussi l’avantage de ce circuit envers la fonction 60 chapitre 7, section 7.1.1 page
150.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 127
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

6.2 - Chevauchement des gradins øn et øø

Il existe six types de défaut par niveau de


gradin. Par exemple, pour le gradin-1, il y a les /
défauts à la terre AN, BN et CN, et ensuite les
défauts entre phases AB, BC et CA. Lorsque
nous traçons un cercle d’impédance, l’angle du
courant de défaut est évalué à partir de la tension AN

CA

AB
impliquée dans le défaut. Traçons les six cercles
d’impédance en conservant pour chacun d’eux, 3
la même tension de référence Ean. Voir figure- BN
CN
6.5 Les six cercles d’impédances occupent leur
place relative l’un par rapport à l’autre. Les BC
gradins de défaut entre phases sont à +30° des 1 !
gradins de défaut à la terre si on se réfère à la Figure 6.4 - Relation des
figure-6.4. vecteurs

Supposons maintenant qu’un défaut


&
à terre AN se produise près du
poste. Voir le point rouge de la
figure de gauche. Le chapitre 3,
AN section 3.2.7 page 80 explique
qu’un gradin de défaut entre phases
AB est deux fois plus petites lors de
défaut à la terre. Malgré tout, le
défaut à la terre arrive tout de même
à pénétrer le gradin entre phases s’il
BC 9 est près du poste. Le défaut
CN
chevauche donc simultanément
CA
deux gradins de type différent.

BN Le procédé de déclenchement du ou
des disjoncteurs est différent entre
un gradin de défaut à la terre et un
gradin de défaut entre phases. Le
tableau-6.1 énumère ces différents
Figure 6.5 - Chevauchement des cercles types d’actions. Par exemple, un
défaut à la terre AN se produit très
près du poste. Le défaut se retrouve
simultanément à l’intérieur des gradins-1 AN et AB. Nous avons choisi le mode de
déclenchement monotri. Voir section 6.6.1 page 133 pour plus de détails. Le problème est
que seul le gradin de défaut à la terre exécute le déclenchement monotri. Le gradin de
défaut entre phases déclenche en mode triphasé en tout temps. De plus, si on choisit de

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
bloquer le réenclencheur sur un défaut entre phases, il n’y aura pas de réenclenchement dû
à la perception du défaut par le gradin-1 entre phases AB. Une fois le défaut isolé, vous
allez relever l’affichage du relais afin de connaître la raison du déclenchement.
L’affichage du relais indique la phase A, B et le neutre. Chaque fabricant a sa manière
propre d’afficher le type de défaut et les phases concernées. Cependant, le relais ne vous
donnera pas de bonnes informations

Défaut en gradin-1,
Défaut ØN Défaut ØØ
ou gradin-2 accéléré

Possibilité de déclenchement
OUI non
monotrie
Réenclenchement OUI selon réglage
Indication de la Indication entre
Affichage relais
phase en défaut phase

Tableau 6.1 - Actions des types de déclenchement


La solution aux problèmes du chevauchement des gradins est de ne pas laisser deux
gradins de type différent travailler en même temps. Le défaut à la terre est prioritaire sur
le défaut entre phases. Le courant de neutre est propre au défaut à la terre. On utilise donc
une fonction de surintensité de courant de neutre [50N] afin de bloquer le fonctionnement
des gradins de défaut entre phases. Voir figure-6.6. Dans l’exemple de la figure-6.5, seul
le gradin à la terre AN fonctionne; la fonction 50N bloque le gradin entre phases AB.

Z1an Z1bn Z1cn Z1ab Z1bc Z1ca


50A
50B
50C
50N

3456789

96



Figure 6.6 - Blocage des gragins de défaut entre phases

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6.3 - Élément directionnel [67]


Le chapitre 2, section 2.5 page 53 traite en profondeur de l’élément directionnel. Son
utilité est bien expliquée à la section 2.5.2 page 54. En résumé, la fiabilité des gradins
n’est pas absolue face aux régimes transitoires. Combiner le gradin avec un élément
directionnel augmente de façon très appréciable la sélectivité et la fiabilité du relais. La
présente section ne fait que situer la fonction [67] dans l’ensemble de la protection.

Z1 Z2 Z3
selon la
67 philosophie
de protection
Z1 Z2 67

12φ

112 113
2 2 112
4

3456789

96




Figure 6.7 - Branchement de l’élément directionnel


L’élément directionnel [67] ne s’applique qu’aux gradins polarisés, c’est-à-dire, les
gradins 1 et 2 passant par l’origine du diagramme d’impédance. La figure suivante montre
l’exemple d’un tracé du relais SHNB-103 utilisé sur les lignes compensées série. Une
partie du cercle d’impédance est impossible à tracer due à la fonction 67. Généralement,
le fabricant n’indique pas la présence de l’élément 67. Il est sous-entendu.
XL 50
5%

45
SHNB 103
Z1 ou Z2
40
-2

Poste-2
din
Gra

Maximun torque
Av ière

Gr entrant
35
ad
Ar

an
r

in
t

-1

30

25

20

R 15

67
Él
ém

10
en
tD

5
ire
ct
io

0
nn

-30 -25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15 20 25 30 35 40


el

-5
67

Figure 6.8 - Position de l’élément directionel, et exemple d’un tracé avec le


relais SHNB-103

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6.4 - Temporisation des gradins

Au chapitre 2, nous voyons en détail la description de chaque gradin. Il est


pratiquement inutile de reprendre chacune de ces explications. Voyons simplement une
brève description de la minuterie de chaque gradin.
Normalement, le gradin-1 est instantané. [Voir page 34] La seule exception s’applique
aux protections de relève des lignes compensées série. Le délai est alors d’environ 10
cycles. Ceci afin d’accorder le temps au disjoncteur de contournement du banc de
condensateur de faire son travail. De plus, sur une protection de relève, le gradin-1 ne
fonctionne que lorsque les deux protections primaires sont hors services. Voir figure-6.9.
Le gradin-2 est temporisé de l’ordre de 20 à 30 cycles. [Voir page 42]
Le grand gradin est fortement temporisé s’il est utilisé. [Voir page 49] Cela dépend de la
philosophie de protection utilisée par le relais. La temporisation du grand gradin est de
l’ordre de 50 cycles et plus, et agit particulièrement comme protection de secours.
Cependant, si le grand gradin est utilisé en vu arrière par une philosophie de protection
quelconque, il n’a tout simplement pas le pouvoir de déclencher. Certains fabricants
débranchent le grand gradin du circuit de déclenchement, d’autres ne le débranchent pas,
mais règle la minuterie du gradin-3 à une valeur exagérément grande. «exemple: 10
secondes»

Selon le contexte réseau Z1


Compensation série
perte des 2 protections primaires
Z2 Z3
selon la
philosophie
67 de protection

12φ
Compensation série

50 cycles et plus
20 à 30 cycles

114 112 113


10 cycles

4 4 4

3456789

96



Figure 6.9 - Temporisation des gradins

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6.5 - Gradin accéléré ou assité

Le gradin-2 est normalement temporisé par une minuterie TZ2. Sa portée minimale est
de 120%. Voir chapitre 2, section 2.3.2.2 page 42. Lorsque le gradin-2 perçoit un défaut,
il ne sait pas si le défaut appartient à sa ligne, ou s’il est au-delà de sa ligne. Il est possible
d’accélérer le temps de réaction du gradin-2 en outrepassant la minuterie TZ2 pour un
défaut sur la ligne. Cette accélération se fait avec la réception d’un signal [RX], provenant
de la protection de l’autre extrémité de la ligne qui confirme l’appartenance du défaut à la
ligne à surveiller. Pour cela, des liens de communications sont nécessaires. La protection
de ligne d’une extrémité de la ligne doit communiquer avec la protection de ligne de
l’autre extrémité. L’action de cette communication entre les relais est fonction du choix
de la philosophie de protection. Voir les explications détaillées au Chapitre-9,
”Philosophies de protections de ligne”.
Si le défaut perçu en gradin-2 perdure le temps de la
minuterie TZ2, le signal Z2T est généré. Par la suite, ce Z1 Z2 RX
signal déclenche les disjoncteurs en mode triphasé et
bloque le réenclencheur [79BL]. Il n’est pas normal que la 67
minuterie TZ2 se rende à terme. Il y a possiblement eu
anomalie du gradin-1, ou problème de lien de 12φ
communication.
Si par contre le signal RX arrive avant la fin de la 112
minuterie TZ2, le signal Z2A est généré et le mode de 2
déclenchement est du même niveau qu’un gradin-1.
C’est-à-dire que le déclenchement en mode monotri peut 235 234
être appliqué, et que le réenclencheur n’est pas bloqué.
3456789

96
Il est possible d’accélérer en permance le gradin-2
lorsque les liens de communications sont hors service.
Nous traiterons de ce sujet au Chapitre-9.  67
689

 
8 
 

Figure 6.10 - Accélération


du gradin-2.

Z2T Z2A
Gradin-2 temporisé Gradin-2 accéléré

Type de déclenchement Triphasé triphasé ou monotri

Réenclencheur bloqué non bloqué

Tableau 6.2 - Actions du gradin-2

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 132
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

6.6 - Déclenchement des disjoncteurs

Les protections de ligne gèrent le mode de déclenchement des disjoncteurs. Il est


possible de déclencher en mode monotri ou en mode triphasé seulement. Le temps de
maintien du 94 est aussi appliqué. Voyons plus en détail.

6.6.1 -DÉCLENCHEMENT EN MODE TRIPHASÉ


Normalement, lors de défaut, nous déclenchons triphasé, qu’il y ait réenclenchement ou
non. Plusieurs raisons favorisent le déclenchement triphasé :
Ne génère pas de composantes inverses
Ne génère pas de composantes homopolaires
Ensemble disjoncteur à déclenchement triphasé seulement. Moins coûteux
Le fait que le contrôle d’enclenchement et de déclenchement de disjoncteur est dédié
aux trois phases simultanément, rend la quincaillerie moins coûteuse. Par exemple, une
ligne reliant une zone de clients au grand réseau, est déclenché triphasée en tout temps. Il
peut cependant y avoir des exceptions.

G Déclenchement
triphasé
G
Réseau client
sans production
Grand Réseau

Figure 6.11 - Réseau client seulement


Au niveau du transport d’énergie, les lignes 735kV sont normalement déclenchées de
manière triphasée en tout temps. Dans le cas d’un corridor de haut transit d’énergie, on
s’assure que le nombre de lignes soit suffisant afin de continuer le transit lors de la perte
d’une ligne. Pour une ligne à très fort transit de puissance, un déclenchement monophasé
génère énormément de composantes inverses, très peu appréciées par les alternateurs.
Corridor
Ligne de transport

G
G
Méga Production Déclenchement
triphasé
Grand Réseau

Figure 6.12 - Ligne de transport

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 133
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Plus le temps de réenclenchement est long, et plus les
composantes inverses échauffent les alternateurs. Les
enroulements amortisseurs en surface des pôles des alternateurs
court-circuitent la tension de séquence inverse. À la limite, le
déclenchement monophasé d’une ligne est supportable à court
terme, mais l’avènement de la compensation série prolonge le
temps du réenclenchement. Ce qui décourage le déclenchement
monophasé. De toute manière, il est préférable de déclencher de
manière triphasée avec les bancs de condensateurs de la
compensation série.

6.6.2 -DÉCLENCHEMENT EN MODE MONOTRI


Lors d’un véritable défaut, nous devons l’isoler par un déclenchement triphasé en tout
temps. Mais la foudre peut laisser croire à la protection qu’il s’agit d’un défaut. Afin de
vérifier, on réenclenche la ligne. S’il y a toujours un défaut, on redéclenche de manière
triphasée et le processus est terminé.
Ligne de
Ligne de Transport Transport Montréal
Réseau Fort

Charge
CENTRALE

12
12 123425678925
92
12
12

92
Phase A Phase A

Phase B Phase B

XL1 XL1

Phase C Phase C

Déclenchement Monophasé Déclenchement Triphasé


PAS DE DÉCROCHAGE DÉCROCHAGE

Figure 6.13 - Déclencjement monotri


Cependant, s’il s’agit de la foudre, il n’y a plus de défaut lors du réenclenchement, et le
réseau est rétabli. Si la ligne en question relie une zone de production à un grand réseau, il
n’est plus possible de réenclencher la ligne si le premier déclenchement est triphasé. Dès

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 134
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
que les sources sont séparées du grand réseau, ils prennent de la vitesse et se
désynchronisent du grand réseau. Tenter un réenclenchement risque d’une part
d’endommager les alternateurs ou de les vieillir prématurément «déformation du Stator -
impact ur l’encrage des pôles». D’autre part, la perturbation provoquée par une
synchronisation forcée n’est pas la bienvenue sur le réseau.
Il existe une manière de remédier au problème. Le premier déclenchement doit être
monophasé si le défaut ne touche qu’une seule phase. Ainsi, les deux autres phases
maintiennent les alternateurs synchronisés au grand réseau. Comme la synchronisation est
maintenue, le réenclenchement est possible. Si le défaut est toujours présent après un
réenclenchement, on déclenche de manière triphasée et le processus est terminé. Donc,
pour un défaut monophasé, le premier déclenchement est monophasé, et le deuxième
déclenchement est triphasé s’il y a toujours défaut. D’où l’expression «monotri».

Temps du réenclenchement

Foudre
Ligne en service Ligne en service
Ligne avec une phase
hors service

Déclenchement Réenclenchement
MONOPHASÉ

Figure 6.14 - Déclenchement avec la foudre

Temps du réenclenchement

Défaut Défaut
une 1 toujours présent
Ligne en service
Ligne avec une phase Ligne hors service
hors service

Déclenchement Réenclenchement
MONOPHASÉ
Déclenchement
TRIPHASÉ
994
112 / 31

Figure 6.15 - Déclenchement sur un vrai défaut


Supposons qu’une partie du réseau se trouve détachée du grand réseau par un véritable
défaut. Concernant le petit réseau, il y aura soit perte de vitesse des alternateurs si la
charge locale est trop grande, ou soit prise de vitesse si la charge est trop faible. Dans les
deux cas, la bascule de vitesse de l’alternateur retirera l’alternateur du réseau à 85% ou
110% de la vitesse nominale. À moins que des automatismes locals de réseau se chargent
de rééquilibrer rapidement le petit réseau séparé du grand réseau, le petit réseau se
désintégrera complètement.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 135
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Voici l’exemple de la région Outaouais, riche en production. Les lignes 3052 et 3053
relient la région Outaouais au grand réseau. Si par mégarde la région Outaouais se trouve
déconnecté du grand réseau par le déclenchement des lignes 3052 et 3053, il faudra
reconstruire et resynchroniser ce petit réseau au grand réseau.

Figure 6.16 - Exemple de lignes avec déclenchement monotri

6.6.3 -LOGIQUE DE DÉCLENCHEMENT ET TEMPS DE MAINTIEN


La figure suivante nous montre la logique classique de déclenchement des disjoncteurs
appliquée à l’intérieur des protections de ligne. La logique peut varier d’un fabricant à
l’autre, mais le principe global ne change pas.
= 1 si Les entrées sont a, b, c, d et e
Ł Gradin temporisé tel Z2T ou Z3T
Ł SOTF - Mise sous tension de la ligne Si il y a plus de «1» que de «0» dans
les entrées, Q=1

Si il y a plus de «0» que de «1» dans


= 1 si 1 a les entrées, Q=0
Majority Gate

Ł Perte de lien de communication


b Si Q=1, déclenchement triphasé
Ł Choix de déclencher triphasé en tout
temps Il s'agit d'un réenclenchement c Q
d Temps de MAINTIEN
e
3C

=41
Z1A ou S
Z2A assisté Q =/
R
50A
Z1B ou S
Z2B assisté Q =!
R
50B
Z1C ou
S
Z2C assisté
Q =1
R
50C

Figure 6.17 - Logique de déclenchement

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 136
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

6.6.3.1 - Majority Gate

Une logique qui revient souvent est la «majority gate». La sortie «Q» prend l’état de la
majorité des entrées. Par exemple, les entrées a, b et c sont au niveau logique «1» et les
entrées d et e sont au niveau logique «0». Comme il y a une quantité plus élevée de niveau
«1» que de «0», la sortie Q prend alors le niveau logique «1». Plusieurs fabricants
utilisent cette logique. Si on opte pour un déclenchement monophasé et que les liens de
communications sont fonctionnels, l’entrée «b» est au niveau logique «0», le relais est
alors en mode de déclenchement monophasé. Il faut un défaut sur deux phases pour
provoquer un déclenchement triphasé. Si par contre, on opte pour un déclenchement
triphasé, ou que les liens de communications entre les relais soient hors services, l’entrée
«b» prend le niveau logique «1». Dès la détection d’un défaut sur une seule phase, le
déclenchement est triphasé.

6.6.3.2 - Déclenchement triphasé sur gradin temporisé et SOTF

Il n’est pas permis de déclencher monophasé de manière permanente. Les composantes


inverses générées par le déséquilibre du réseau suite à la perte d’une phase, ne sont pas le
bienvenue par les moteurs triphasés «Alternateur, compensateur synchrone, moteur
synchrone, moteur asynchrone». Les composantes inverses induisent le rotor à 120hz. Le
rotor tourne déjà à la vitesse du réseau dans le sens direct alors que la séquence inverse
crée un champ tournant inversé dans le moteur. Le rotor court-circuite donc cette
séquence inverse pour la convertir en courant de court-circuit de séquence inverse. Ce
courant provoque l’échauffement des moteurs ou alternateurs par effet Joule.
Supporter la perte d’une phase à
court terme n’est pas un problème. Le
temps d’un réenclenchement convient Z1 Z2 Z3 SOTF
parfaitement. Mais, il doit y avoir
réenclenchement. Si il n’y a pas de 67
réenclenhement, il ne doit pas y avoir
de déclenchement monophasé. Pour 12φ
cela, nous devons savoir si le
réenclencheur est bloqué. C’est
112 112
pourquoi les protections de ligne 4 4
d’aujourd’hui ont la fonction de
blocage du réenclencheur intégré dans
leur logique interne. 2 2 

Il n’est pas normal qu’un gradin-2 Logique

ou gradin-3 atteigne la fin de sa


minuterie. Si le cas se produit, c’est 3  3  
que plusieurs protections n’ont pas fait 98
leur travail. «protection de ligne, 
9
94
protection de transformateur,
protection de barre, etc.». Quand on
Figure 6.18 - Z2T, Z3T et SOTF
soupçonne qu’il y a anomalie dans le

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 137
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
bon fonctionnement des protections, on ne tente pas de réenclenchement. Donc le
déclenchement doit être triphasé et le réenclencheur bloqué.
S’il y a défaut lors de la mise sous tension de la ligne «SOTF», il est évident que la
foudre n’est pas en cause. Donc, il est inutile de tenter un réenclenchement. On déclenche
triphasé et on bloque le réenclencheur.

6.6.3.3 - Perte du lien de communication

Lors de la perte du lien de communication sur les protections A et B «si la protecion est
doublée», et que nous utilisons une philosophie de protection nécessitant une accélération
du gradin-2, il devient impossible de faire du déclenchement monophasé. Si on veut
déclencher de manière monophasée, on doit le faire dans les deux extrémités de la ligne.
La perte de communication ne nous garantit pas que la phase sera déclenchée à l’autre
extrémité de la ligne. Par exemple, un défaut se produit près d’un poste de sorte que le
défaut est perçu en gradin-1 dans une extrémité, et en gradin-2 dans l’autre extrémité. Un
lien de communication en panne empêche le gradin-1 d’accélérer le gradin-2 de l’autre
extrémité. Or, le gradin-2 n’étant pas accéléré, il se rend à terme de sa minuterie,
déclenche triphasé et bloque le réenclencheur. Donc il n’y a pas de chance à prendre. On
doit déclencher de manière triphasée dans les deux extrémités. Si les protections sont
doublées, il faut que les deux liens de communication soient hors service pour rendre le
déclenchement triphasé. La perte d’un seul lien ne pénalise pas l’autre protection qui
continue à fonctionner normalement.

6.6.3.4 - Semblant de monotri alors que nous sommes en déclenchement triphasé

À hydro québec, l’application de la figure-6.19 est


généralisée. La protection de ligne est configurée en Z1 Z2
mode monotri. En réalité, l’ordre de déclenchement passe
par une unité UF100. Cette unité sert à envoyer l’état des 67
contacts à l’enregistreur chronologique d’événements
ECE. Le mode monotri permet d’informer le UF100 sur 12φ
la phase déclenchée lors du premier défaut monophasé. Il
n’est cependant pas possible de connaître les phases en 112
2
causes lors de défaut biphasé ou de défaut lors de mise
sous tension de la ligne. 123
124
Malgré que la protection de ligne soit en mode Logique
monotri, le câblage est relié en déclenchement triphasé
après l’unité UF100. Il ne faut donc pas prendre pour 2 3 4
13 13 13
Vers enregistreur

acquis que la protection déclenche en mode monotri 2


1
2
1
2
1
simplement parce que son réglage le permette. UF100

56781

Figure 6.19 -

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 138
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

6.6.3.5 - Temps de maintien

Un comparateur de gradin peut fonctionner aussi longtemps que les deux vecteurs
«ÉLÉMENT D’OPÉRATION» et «ÉLÉMENT DE POLARISATION» sont présents. Lorsqu’un
défaut triphasé se produit près du poste, la tension lue au poste disparaît. Le gradin-1 voit
donc son autopolarisation et sa polarisation croisée disparaître. Voir "Technologie des
Protections de ligne 21" pour plus de détails. La polarisation mémoire assure le
fonctionnement du gradin-1, mais possiblement pour un temps trop court. Il n’est pas
certain que le relais 94 soit tenu actif suffisamment longtemps pour compléter le
déclenchement des disjoncteurs. Afin de garantir le déclenchement complet des
disjoncteurs, on doit donc maintenir le relais 94 activé suffisamment longtemps. La
protection de ligne à donc une minuterie de temps de maintien de l’ordre de 3 cycles. Voir
figure-6.17. L’ordre de déclenchement est maintenu par des bascules Set-Reset. Il n’est
possible de remettre les bascules à zéro qu’après un temps minimal de trois cycles. Le
temps de maintien peut être réglable, ou fixé par le fabricant.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 139
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

6.7 - Réenclenchement
La plupart des protections de ligne aujourd’hui, ont la possibilité de gérer le blocage du
réenclencheur [79BL]. Comme la protection peut déclencher monophasé en mode
monotri, voir “Déclenchement des disjoncteurs” à la page 133, elle doit avoir la
possibilité de gérer le blocage du réenclencheur. Il est important que le réenclencheur ne
soit pas bloqué lors de déclenchement monophasé.

6.7.1 -DÉFAUT CAUSÉ PAR LA FOUDRE


La foudre est une des principales causes de déclenchement de ligne en période estivale.
La protection de ligne distingue difficilement le défaut réel de la foudre, et déclenche
aussitôt sa ligne. Sans méthode de vérification, le client se retrouve sans alimentation
pour un défaut qui n’en était pas un. On équipe donc notre réseau d’un système de
réenclenchement de disjoncteur afin vérifier si la ligne est toujours en défaut. Par
exemple, la foudre provoque un déclenchement de la ligne. On réactive la ligne par le
biais du réenclencheur en refermant les disjoncteurs. La protection de ligne ne perçoit
plus de défaut et le client demeure alimenté.

Temps du réenclenchement

Foudre
Ligne en service Ligne en service
Ligne hors service

Déclenchement Réenclenchement

Figure 6.20 - Déclenchement par la foudre

6.7.2 -DÉFAUT DE LIGNE


Un véritable défaut de ligne ne disparaît pas lors du réenclenchement de la ligne. La
protection de ligne élimine donc à nouveau le défaut en redéclenchant les disjoncteurs. Il
faut ensuite bloquer le réenclencheur afin de ne pas recommencer indéfiniment ce
manège. En transport, (735kV, 315kV, …), le réenclencheur ne fait qu’une seule tentative
de réenclenchement. En distribution et répartition, le réenclencheur (DRC par exemple)
peut aller jusqu’à trois tentatives de réenclenchement. Le premier réenclenchement se fait
très rapidement, et les autres ont un délai beaucoup plus important.
Le réenclenchement peut se faire de deux manières différentes : soit avec le circuit de
«mise sous tension de la ligne» SOTF; soit avec la philosophie de protection en vigueur.
Le chapitre 9, section 9.1 page 183 traite du circuit de «mise sous tension de la ligne».
Normalement, nous réenclenchons avec le circuit de «mise sous tension de la ligne».

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 140
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

Temps du réenclenchement

Défaut Défaut
Ligne en service
Ligne hors service Ligne hors service

Déclenchement Réenclenchement

Déclenchement

Figure 6.21 - Déclenchement sur un vrai défaut

6.7.3 -BLOCAGE DU RÉENCLENCHEUR


Une protection de ligne peut déclencher sur un défaut qui ne lui appartient pas. Il y a
des conditions de déclenchement où il est préférable de ne pas faire de nouvelle tentative
de réenclenchement.

6.7.3.1 - Conditions favorables au réenclenchement

Lorsque nous sommes certains que le défaut se situe sur la ligne à protéger, nous
pouvons faire une tentative de réenclenchement afin de vérifier qu’il ne s’agissait pas de la
foudre. Donc, le déclenchement sur un défaut à la terre en gradin-1 ou gradin-2 accéléré
ne bloque pas le réenclencheur.
Si les lignes sont soumises à de forts vents et que le ballottage des lignes risque le
défaut entre phases par arc électrique, il serait intéressant de ne pas bloquer le
réenclencheur. Certains fabricants offrent le choix de bloquer ou non le réenclencheur sur
le défaut entre phases de gradin-1 ou gradin-2 accéléré.

 1!"#$15 15 %1"#


Z1 Perte du lien Z2 temporisé
Z2 assisté de communication Z3 temporisé
2N 22 SOTF

Toujours
Jamais

Réglage

79BL

Figure 6.22 - Choix du blocage du réenclencheur [79BL]

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 141
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

6.7.3.2 - Conditions favorables au BLOCAGE du réenclenchement [79BL]

Il existe deux raisons favorables au blocage du réenclencheur. La première raison est le


doute de l’appartenance du défaut à la ligne, la deuxième est la certitude que le défaut
n’est pas provoqué par la foudre, et appartient à la ligne.
Lorsque le doute subsiste sur l’appartenance du défaut à la ligne, on évite le
réenclenchement. Il n’est pas normal que le déclenchement de la ligne se produise avec
un gradin-2 à la fin de sa minuterie de 20 cycles. Encore plus catastrophique si le
déclenchement a lieu avec le gradin-3 temporisé. Les protections qui auraient dû
fonctionner ont fait défaut. Il est donc préférable de bloquer le réenclencheur. De plus, il
est possible de bloquer le réenclencheur sur la perte des liens de communication aux deux
protections A et B. Si le gradin-2 ne peut plus être accéléré, il n’est donc plus possible de
savoir si le défaut appartient à la ligne ou non. Si les protections de lignes sont doublées
«A et B», tant qu’il y a une protection en condition de fonctionnement normal, on ne
bloque pas le réenclencheur.
Lorsque nous sommes certains que le défaut appartient à la ligne, et ne provient pas de
la foudre, on ne réenclenche pas inutilement. Le circuit de mise sous tension de la ligne
SOTF n’est fonctionnel que les premiers 200 millisecondes suivant la fermeture du
premier disjoncteur. Voir chapitre 9, section 9.1 page 183. Le délai de la discordance de
phase est inclus dans cet interval de temps. Lors de la mise sous tension de la ligne, s’il y
a un défaut sur la ligne, le déclenchement est instantané et triphasé. Il est très peu
probable que la foudre se produise au même moment que la mise sous tension de la ligne.
Donc, on bloque le réenclencheur s’il y a déclenchement lors de la mise sous tension de la
ligne.

Conducteurs entremêlés
par le vent

Figure 6.23 - Croisement de deux phases par ballottage, effet des vents

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 142
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

6.7.4 -CIRCUIT DE RÉCIDIVE


La majorité des protections de lignes ont ce que l’on appelle une minuterie de
récidive. Cette minuterie commence son compte à rebours dès la disparition du premier
déclenchement. Voyons le chronogramme de la figure suivante. Sur la tombé du premier
déclenchement, une minuterie de récidive s’active. La durée de cette minuterie excède
largement le temps du réenclenchement. Tout déclenchement se produisant à l’intérieur
de cette fenêtre de temps, se fait de manière triphasée et bloque le réenclencheur. C’est
donc dire que le réenclenchement est couvert par cette fenêtre de temps.

Défaut
Déclenchement Déclenchement
Déclenchement du disjoncteur 94 monophasé Triphasé

Réenclenchement du disjoncteur

Minuterie de récidive

Blocage du réenclencheur

Temps de la pulse de récidive

Figure 6.24 - Chronogramme de la récidive


La figure suivante représente le modèle de circuit de Schweitzer. La transition
descendante du déclenchement active la minuterie de récidive. La durée est selon son
temps de retombé. Schweitzer appelle ce signal TOP «Trip Open Pole». On peut voir que
le premier déclenchement est monophasé. Si le deuxième déclenchement se produit à
l’intérieur du délai de la minuterie de récidive, le déclenchement est triphasé.

Minuterie de récidive
Déclenchement phase A
Déclenchement phase B
123
Blocage du réenclencheur
Déclenchement phase C Tdélai 79BL
bascule de temps

Déclenchement phase A
Défaut phase-A
de maintien

Déclenchement phase B
Défaut phase-B

Déclenchement phase C
Défaut phase-C

Figure 6.25 - Circuit de récidive

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 143
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Le circuit de la figure suivante représente une partie de la protection du poste Tilly.
Elle est conçue avec des relais électromécaniques. Le circuit ne contient que ce qui est
nécessaire pour comprendre la minuterie de récidive.

+129Vcc

60 83L
85-2
Gradin-2
Réception
50 83L
85-2
94-2
62X 31

62-11
Gradin-2 Gradin-2 62-12 62-11 62-12

1
A
2

62X
G9 E9 21 21

94-2A 94-2B 79-2 79-2


31 31 31 BL 62-11 62-12
G10 E10 11 11

-129Vcc

Figure 6.26 - Circuit de récidive d’une protection électromécanique «Poste


Tilly»
La figure-6.27 montre le chronogramme du circuit précédent. Pour accomplir la
minuterie de récidive, on a besoin de deux minuterie «62-11 et 62-12» et d’un relais
«62X». La minuterie 62-11 s’assure que le fenêtre de temps de récidive n’ouvre pas
pendant le premier déclenchement afin d’éviter que le premier déclenchement devienne
triphasé et que le réenclencheur soit bloqué. En fait, la minuterie 62-11 masque le premier
déclenchement. Dès la retombé de la minuterie 62-11, le compte à rebours de la minuterie
62-12 commence. Le relais 62X prend le chevauchement de 62-11 non actif avec 62-12

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 144
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
actif. Tout déclenchement futur qui aura lieu pendant que le relais 62X est actif se fera de
manière triphasée et le réenclencheur sera bloqué.

Défaut
1234356789

Déclenchement du disjoncteur Déclenchement Déclenchement
 monophasé Triphasé

Réenclenchement du disjoncteur

 
Minuterie de récidive  

 

Blocage du réenclencheur
 

Temps de la pulse de récidive

Figure 6.27 - Chronogramme du circuit de la figure-6.26


La différence entre la figure-6.25 et la figure-6.26 est dans la manière de commencer la
fenêtre de temps. La figure-6.25 commence la fenêtre de temps de la récidive à la
disparition du premier déclenchement. La figure-6.26 alloue un temps 62-11 avant de
commencer la fenêtre de temps de récidive. Finalement, les deux citcuits s’équivalent.

6.7.5 -RÉENCLENCHEMENT AVEC LE CIRCUIT SOTF


Le premier déclenchement se fait en général par le gradin-1 ou le gradin-2 accéléré.
Mais le réenclenchement peut se faire de deux manières différentes:
Avec la philosophie de protection en cause
Avec le circuit de mise sous tension de la ligne SOTF
Nous reviendrons en détail pour le circuit de mise sous tension SOTF au chapitre 9,
section 9.1 page 183. Le choix de la manière de réenclencher se fait par un réglage de la
protection de ligne. Il dépend du contexte du réseau où se trouve la protection. La plupart
des protections qui font du monotri, ne rendent pas nécessairement le deuxième
déclenchement triphasé. Commme le circuit de mise sous tension bloque le réenclencheur
et déclenche de manière triphasée, réenclencher en mise sous tension de la ligne termine
bien la séquence du réenclenchement.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 145
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-6 Page 146
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

8
134 99

FONCTIONS DE
BLOCAGES DES GRADINS

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-7 Page 147
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Il existe en réalité trois grands circuits de blocage dans une protection de ligne.
1 Défaillance de la protection elle-même
1 Perte d’un fusible
1 Oscillation de puissance du réseau
Nous ne traiterons pas de la défaillance de la protection. Elle est propre à chaque
fabricant. Certains circuits sont tout de même classiques :
1 Watch Dog - Surveillance du bon fonctionnement du micro-processeur. S’applique
aux relais numériques seulement.

1 Surveillance de l’horloge interne. - Généralement, l’horlogerie utilisée pour


l’échantillonnage et le traitement logique des vecteurs n’est pas le même que l’horloge
du micro-processeur ou micro-contrôleur.

1 Surveillance de l’alimentation électrique.

1 Surveillance interne de certaines fonctions du relais.

Les pages qui suivent traitent du circuit de perte de fusible et de l’oscillation de


puissance du réseau. Ces fonctions sont essentielles à toutes protections de ligne. Il existe
une panoplie de réglages pour chacune de ces fonctions. Leur compréhension n’est pas
toujours très évidente. Ce chapitre se consacre à une bonne compréhension de ces circuits
de blocages, à leur application, et à leur configuration ou réglage.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-7 Page 148
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

7.1 - Détection de perte de fusible(s) «60»


Il peut arriver que le relais de distance 21 perde une information de tension suite à une
ouverture du circuit de tension sur une de ses phases. Généralement il s’agit de
l’ouverture d’un fusible. Une erreur de manutention provoquant un court-circuit sur la
tension d’une phase, ou un véritable défaut dans le circuit de câblage, peut griller un
fusible. Il peut même s’agir d’un simple oubli de remettre un fusible en place. La perte de
l’information de la tension d’une phase peut se situer n’importe où entre la protection de
ligne et le transformateur de tension.

Poste
/
!
1

Ia Ib Ic Ea

12 Eb
Ec

Figure 7.1 - Perte d’un fusible


Voici la perception du gradins «An» de la phase «A» avant la perte d’un fusible.

XL
Vu Avant la perte
Gr
de fusible phase A
Gradin AN
ad
in

Poste-2
-2

Gr
ad
in-
1

e
ne de la charg
Zo

Avan
t
R
Arriè
re

Figure 7.2 - Perception des gradins avant la perte de fusible

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-7 Page 149
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Un gradin mesure la portée de devant avec la relation (E-IZ) et cette relation est appelée
«élément d’opération». Voir chapitre 3, section 3.1.1.2 page 65 pour plus de détails. Suite
à la perte d’un fusible, il ne peut plus y avoir comparaison entre la tension «E» et le
courant image «IZ». Le gradin de type Mho «forme d’un cercle» devient donc un élément
directionnel.
XL
Vu Après la perte
de fusible phase A
Gradin AN
Poste-2

E 0
Z= = =0
I I
rge Opération = E − Iz = 0 − Iz
e la cha
Zone d

Avan
t
R
Arriè
re
Grad
in-1
et 2

Figure 7.3 - Perception des gradins ayant perdu un fusible


La portée des gradins affectés par la perte de fusible est maintenant infinie. Le client
est donc perçu par ces gradins. Le grand gradin «Z3», ayant une vue arrière, devient
infiniment grand et englobe tout, aussi bien derrière comme devant. La protection est
maintenant sans aucune sélectivité en ce qui concerne la phase affectée. Il faut donc
prendre les précautions afin d’empêcher la protection d’opérer inutilement. Le circuit de
détection de perte de fusible prend cette responsabilité.

7.1.1 -LIMITATION DES L’EFFETS CAUSÉS PAR LA PERTE DE FUSIBLE


7.1.1.1 - Limitation avec les seuils de mise au travail

Le chapitre 6, section 6.1.2 page 127 traite des minimums de courant afin de permettre
la mise au travail des gradins. Les gradins de défaut à la terre sont les plus affectés par la
perte d’un fusible. Le circuit de minimum de courant pour la mise au travail du relais
exige le minimum de courant allé et retour. Voir figure-7.4. Le courant de phase peut
facilement excéder le seuil de mise au travail lors de transit normal de puissance. La perte
d’un fusible provoque un déséquilibre de la tension au relais seulement, et non sur le
réseau. Le vrai réseau demeure équilibré et ne génère pas de courant de neutre. Pour
qu’un gradin de défaut à la terre puisse déclencher ses disjoncteurs, il lui faut aussi un
minimum de courant de neutre, courant de retour de défaut à la terre, ce que le réseau
n’offre pas en exploitation normale. Donc, malgré que les gradins affectés perçoivent très
loin incluant la charge, ils ne franchissent pas le seuil de mise au travail dû au courant de
neutre 50N, et il n’y a pas de déclenchement.

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Z1an Z1bn Z1cn Z1ab Z1bc Z1ca


50A
50B
50C
50N

3456789

96

5496478475(#
! 4
#(97 /758/#47/ 

Figure 7.4 - Blocage du gradin en défaut, faute de courant de neutre

7.1.1.2 - Limitation par les enroulements delta de transformateur

Malgré que la protection soit bloquée par un des seuils minimaux de courant «50N»,
les gradins affectés par la perte de fusible sont toujours actifs et n’attendent que
l’apparition d’un courant de neutre excédant le 50N pour agir. Tout défaut capable de
générer un courant de neutre, active la protection de ligne ayant perdu un fusible.
Évidemment, il faut que ce courant de neutre soit perceptible par la protection de ligne
défectueuse, et cette protection n’est plus sélective. Elle peut agir sur des défauts qui ne
lui appartiennent pas du tout.
L’exemple suivant montre un court-circuit à la terre au-delà de la portée normale de la
protection défectueuse. La phase en défaut est la même que la phase du fusible grillé de la
protection. La protection perçoit ce court-circuit puisque ses gradins affectés par la perte
du fusible ne limitent plus leur portée. Le court-circuit engendre un courant de neutre qui
est perceptible par la protection défectueuse, et provoque ensuite le déclenchement de
cette dernière en permettant aux gradins d’agir.
Poste où la protection
a perdu un fusible

In In
Terre

Figure 7.5 - Défaut n’appartenant pas à la protection défectueuse

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-7 Page 151
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
L’enroulement delta d’un transformateur ne laisse pas passer les composantes
homopolaires. Les exemples des figure-7.6 et figure-7.7 montrent comment un défaut à
la terre se produisant au-delà d’un enroulement delta, est perçu par la protection de ligne
défectueuse.
Poste où la protection
a perdu un fusible

In
Terre

Figure 7.6 - Réseau avec enroulement delta - Courant de neutre bloqué


Le courant de neutre ne traverse pas l’enroulement delta. La portée des gradins de
défaut à la terre ayant perdu un fusible se termine donc au prochain enroulement delta du
réseau.
Poste où la protection
a perdu un fusible

In
Terre

Figure 7.7 - Réseau avec enroulement delta - Courant de neutre bloqué

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7.1.2 -DÉTECTION DE LA DÉBALANCE DE LA TENSION


La débalance de tension caractérise la perte d’un fusible. Normalement, la somme des
tensions est Ean + Ebn + Ecn = 0. La perte d’un fusible déséquilibre la somme des
tensions à la valeur nominale. Supposons que la tension nominale du relais est 69V. La
perdre d’un fusible à la phase A donne la tension de neutre suivante.
En = Ean + Ebn + Ecn
En = 0 + 69V −120° − 69V +120°
En = 69V

Cependant, il faut définir un seuil de débalance raisonnable afin de ne pas réagir sur le
moindre déséquilibre des charges. Ce seuil varie entre 20V et 30V selon le fabricant.

Ean
En
Ebn >
Ecn ∆E
20V à 30 V =
Selon le fabricant

Figure 7.8 - Circuit de détection de débalance de tension


Il existe deux manières de détecter le déséquilibre de tension. La méthode la plus
répandue, est la tension homoplaire comme montrée en figure-7.8. L’autre méthode,
moins populaire mais de plus en plus convoitée, est la méthode des composantes inverses.
Cette méthode utilise les techniques des composantes symétriques.

7.1.2.1 - Détection de la débalance utilisant la composante homopolaire

Lorsque nous additionnons les trois tensions ensemble, nous obtenons la composante
de neutre «En», ou trois fois la composante homopolaire «3E0». Reste ensuite à comparer
si la grandeur de tension de neutre excède une valeur fixée par le fabricant pour considérer
qu’il s’agisse d’une débalance causée par la perte d’un fusible. Voir figure-7.8.
Vous interprétez la tension de neutre de deux manières différentes; Soit par la tension
de neutre directement «En»; Soit par la composante homopolaire «E0» qui représente le
tiers de la tension de neutre «En». Il est important de définir avec quel système vous
travaillez. Généralement, les réglages sont exprimés en composante hompolaire. La
figure-7.9 montre la différence entre les deux nomenclatures.
Quoique le relais traite directement la tension de neutre «En» au niveau des circuits, le
fabricant s’exprime généralement en termes de tension homopolaire «E0». Par exemple,
on vous dit que le seuil de la tension hompolaire est réglé à 10V. Vous faites les essais, et
vous constatez que la débalance est en réalité de 30V. Lorsque nous savons que En=3E0,

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Ea Eb
Ea
3Eo En
Ec Eb Ec

Homopolaire
Ea+Eb+Ec = En = 3Eo

Figure 7.9 - Tension de déballance «En» et «3E0»

il est facile comprendre la différence entre le réglage qui est exprimé en composante
homopolaire, et la vraie déballance à l’état brut.

Ean 123143 E0 Débalance


Ebn 15675829
> ∆E
Ecn 5657532 
=

∆ ≅ 10Volt
3

Figure 7.10 - Détection de la débalance utilisant la composante homopolaire

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7.1.2.2 - Détection de la débalance utilisant la composante inverse

En utilisant les techniques de calcul de composantes symétriques, décomposons la


débalance de la figure-7.9 en composantes directes, inverses et homopolaires. Nous
réalisons que les composantes inverses et homopolaires sont de mêmes grandeurs et
représentent le tiers de la débalance 4.

Ea1 |E2| = |EO| POUR UNE DÉBALANCE


4
18
 Ec2 Eb2

∆/3 Ea0 Eb0 Ec0


Ea2 ∆/3
Ec1 1234564 Eb1 78943
4  234

Figure 7.11 - Décomposition de la débalance en composantes symétriques


Seule la grandeur du vecteur nous intéresse pour le seuil de débalance. Donc, utiliser
une composante homopolaire ou une composante inverse revient finalement au même
résultat. Comme ils représentent le tiers de la débalance, on règle le seuil au tiers de la
valeur réelle de la débalance. Par exemple pour une débalance réelle de 30Volt, le seuil
doit être à 10Volt. Voyons l’exemple du relais SEL-321. Le seuil se règle avec le
paramètre 59QL (mise au travail de surtension de séquence inverse). Supposons que le
réglage est à 14Volt. Nous devons avoir une débalance réelle de tension de 42Volt pour
activer le 59QL.
Le circuit suivant est similaire à la figure-7.10, à la différence que nous traitons la
composante inverse E2 plutôt que la composante homopolaire E0.

Tension nominale : Ean 123143 E2 Débalance


69Vφn Ebn 15675829
> ∆E
Ecn 9 8
=

∆ ≅ 10Volt
3

Figure 7.12 - Détection de la débalance utilisant la composante inverse


Il y a un avantage à utiliser la composante inverse. Si nous inversons accidentellement
deux phases de tension aux branchements du relais, la fonction «60» détecte cette
inversion et exécute l’action proposée par ses réglages. Par exemple, inverser les phases
B et C représente une composante inverse pure qui donne E2 = 69V en réseau normal.

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7.1.3 -DISCRIMINATION ENTRE LE DÉFAUT ET PERTE D’UN FUSIBLE


Par exemple, un court-circuit entre la phase A et la terre se produit sur la ligne, près du
poste. La débalance de tension provoquée par le défaut dépasse assurément le seuil de 30
Volt. Elle laisse croire à la fonction «60» qu’il y a possiblement une perte de fusible. La
protection de ligne réagit sans problème à ce défaut. Cependant, l’intervention de la
fonction «60» peut retarder légèrement l’opération des comparateurs concernés, et donner
une fausse alarme, nous mettant sur une fausse piste.
La temps de réaction de la fonction 60 est plus rapide que le temps de réaction des
comparateurs Z1, Z2, et Z3. Généralement, le temps de réponse d’une fonction «60» est
de l’ordre de ¼ à ½ de cycle, alors que le temps de réponse des comparateurs est de l’ordre
de ½ à 1 cycle. Il ne faut pas que la fonction «60» interprète le défaut à la terre comme
une perte de fusible. Il faut donc trouver le moyen de bloquer la fonction «60» lors de
défaut à la terre. Voici les deux observations suivantes.
1 Une perte de fusible ne débalance pas les courants du réseau.
Il n’y a donc pas de courant de neutre. In = 0
1 Un défaut à la terre débalance le réseau et crée un courant de
neutre. In ≠ 0

Ia Ib
Ia
In Ic
Ico
Ic Ib Iao Ibo

Homopolaire
Ia+Ib+Ic = In = 3Io

Figure 7.13 - Courant de neutre généré par le défaut à la terre

7.1.3.1 - Discrimination par le courant de neutre

Le courant de neutre nuance le défaut à la terre et la perte de fusible. Le relais de


minimum de courant de neutre 50N est donc le discriminateur. Supposons que nous ayons
une débalance de tension excédant 30 Volt «4E=1», et pas de courant de neutre présent au
réseau «50N=0». Cela ne peut être autre chose que la perte de l’information d’une
tension. Une débalance supérieure à 40% sur le véritable réseau engendrerait un très fort
courant de neutre normalement. 40% de 69V ≈ 30V

50N
Perte de fusible
4E
Figure 7.14 - Discrimination du défaut à la terre par le 50N

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7.1.3.2 - Discrimination avec le courant de séquence inverse

La technique de la figure-7.11, s’applique aussi au courant. Pour un défaut à la terre, le


courant de séquence inverse est sensiblement de même grandeur que le courant de
séquence homopolaire. La différence se situe au niveau du défaut entre phases. La
composante homopolaire ne détecte pas le défaut entre phases, alors que la composante
inverse le détecte.

Ic1 Ia1 Ib2


Ia2 Ia0
Ib0 50Q
Perte de fusible
Ib1
Ic2
Ic0 4E
1234564 78943
4  234
Figure 7.15 - Discrimination du défaut à la terre par le 50Q «Séquence inverse»
La composante homopolaire et la composante inverse s’équivalent pour discriminer le
défaut à la terre de la perte d’un fusible. Le fabricant choisit la méthode qu’il préfère.

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7.1.4 -ACTIONS DE LA FONCTION «60»


Le circuit suivant résume bien en bonne partie, les explications précédentes. Mais, il
reste à voir quelques fonctionnalités internes à la fonction «60».

89
9
2
Détection de défaut
à la terre Débalance de tension
Perte de fusible si pas
942 
 32 942 
 32 de courant de neutre
9232  9232 9 avec débalance de
tension.
127 126 2 
2

Bloque la fonction 60 lors


de conditions suivantes:
Pendant le déclenchement
monophasé du mono-tri
P1 Lors de discordance de ZAN ZBN ZCN ZAB ZBC ZCA
phase sur une mise sous-
tension de la ligne

P2 4 664
6639
P3
P4
t S Q
T1 P5
Alarme
R

Rappel
Réglage: 3456789

96
Blocage des gradins = 1


Figure 7.16 - Circuit global de la fonction «60»

7.1.4.1 - Verrouillage de la fonction «60» en blocage de comparateur

Lors de la mise sous tension de la ligne, la discordance de phases peut être


momentanément perçue comme une perte de fusible. La durée de la discordance de phase
peut dépasser un cycle, ce qui laisse largement le temps à la fonction «60» de réagir. Le
déclenchement en mode monophasé peut aussi laisser croire à une perte de fusible si le
transit est très faible. C’est-à-dire que la débalance de courant n’excède pas le 50N. Voir
chapitre 6, section 6.6.2 page 134 pour les détails du monotri.
La bascule «P5» de la figure-7.16 sert à verrouiller la fonction «60» en mode blocage
des comparateurs. C’est-à-dire que tous les comparateurs Z1, Z2 et Z3 sont bloqués en
permanence. Cependant, il faudra attendre un certain temps avant d’activer la bascule
«P5» de sorte à laisser la discordance de phase et le monotri terminer leur travail. Il serait
stupide de bloquer de manière permanente le fonctionnement d’une protection de ligne
juste pour une simple discordance de phase. Le temps de la minuterie «T1» est
suffisamment long pour couvrir une séquence complète de réenclenchement de type

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monotri. Lors du réenclenchement, si le défaut est disparu, la fonction «60» ne voit plus
de perte de fusible et se retire. Si le diagnostique de perte de fusible dure plus longtemps
que le temps «T1», il ne s’agit plus d’un déclenchement en mode monophasé, mais plutôt
d’une véritable perte de fusible. La bascule «P5» est donc armée et le blocage des
comparateurs devient permanent. L’alarme de perte de fusible n’est formelle qu’avec
l’activation de la bascule «P5». La durée normale de la minuterie «T1» est de l’ordre de 5
à 10 secondes. L’alarme peut portée des différents nom suivants selon le fabricant.
1 VTS ⇒ Voltage Transformer Supervision «nomenclature standard»
1 LC ⇒ Line Chect «Reyrolle - protection de ligne THR»
1 LOP ⇒ Loss Of Potential «Schweitzer»
1 Surveillance alimentation

Le rappel de la bascule «P5» peut se faire de deux manières. Le fabricant peut offrir
une des deux méthodes.
1 Rappel manuel
1 Rappel automatique lorsque les tensions sont rééquilibrées
Cependant, l’alarme ne peut être rappelée que manuellement.

7.1.4.2 - Choix du blocage des comparateurs

Supposons qu’une ligne ne possède qu’une seule protection de ligne. Si la protection


perd un fusible et bloque ses comparateurs, la ligne n’est plus protégée. Donc, la fonction
«60» ne doit pas bloquer ses comparateurs si nous voulons continuer à protéger la ligne.
Le problème est la perte de la sélectivité du relais vu en page 150. Il faut donc réagir
rapidement et remplacer le fusible afin d’éviter un déclenchement pour un défaut qui n’
appartient pas à la ligne à protéger.
Si par contre la protection de ligne est doublée ou possède une relève, il devient donc
intéressant de bloquer les comparateurs de la protection lors de perte de fusible. L’autre
protection ne possède pas les mêmes fusibles et on suppose qu’elle continue de travailler
normalement.

Protection simple La fonction 60 ne doit pas bloquer ses comparateurs


Protection doublée La fonction 60 doit bloquer ses comparateurs

Pour la fonction «60», la protection de ligne offre normalement le choix entre bloquer
ou nepas bloquer les comparateurs. Ce choix se situe au niveau des réglages du relais.

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7.1.4.3 - Blocage de la fonction «60» sur discordance de phases ou monotri

La minuterie «T1» de la figure-7.16 permet une fenêtre de temps à l’intérieur duquel, il


est impossible de verrouiller la fonction «60» en mode de blocage permanent des
comparateurs. Cette fenêtre de temps couvre la discordance de phases et le
réenclenchement. Cependant, malgré qu’il soit impossible de verrouiller le blocage des
comparateurs, il est tout de même possible de bloquer transitoirement les comparateurs
par les portes P2, P3 et P4 de la figure-7.16. Ce blocage n’est qu’illusoire. Voyons un
exemple.
Notre protection est configurée en déclenchement monotri. Un défaut à la terre se
produit sur une ligne et provoque le déclenchement d’une seule phase. Le transit est
faible et la débalance de courant ne génère pas suffisamment de courant de neutre.
Donc la fonction «60» perçoit une débalance de tension et pas de courant de neutre.
Voir la porte P1 figure-7.16 Elle conclut donc à une perte de fusible et bloque les
comparateurs par les portes P3 et P4. Lors du réenclenchement, le défaut est
réalimenté et le courant de neutre devient élevé. La porte P1 revient à zéro due au
courant de neutre existant, et retire le blocage des comparateurs. Par la suite, la
protection déclenche les disjoncteurs en mode triphasé et la séquence est terminée.
Vous direz sûrement qu’il n’y a pas de problème puisque le relais à réagi au
réenclenchement. Mais il y a effectivement un problème. Nous sommes en récidive
«page 143» et il faut éliminer le défaut le plus rapidement possible. Le temps de réaction
de la chaîne de circuits qui enlève le blocage des comparateurs fait perdre du temps
précieux aux comparateurs. Ces délais peuvent prolonger facilement le temps de réaction
du relais de un cycle à trois cycles selon la technologie et la conception des circuits. Il
serait donc très utile de détecter qu’au moins une phase est hors tension, et empêcher la
fonction «60» de bloquer inutilement les comparateurs. Le circuit suivant permet cette
détection de phase hors tension. Lorsqu’une phase ne possède ni tension et ni courant, le
disjoncteur est forcément ouvert.

Phase hors tension


501
(Pole Dead)
271
(Pole Open)

LDLS1 Level Detector Over Voltage 271


LDPD1
LDOV1 Level Detector Low Set 501
Exemple de GEC Level Detector Pole Dead Phase Ouverte
Quadtamho, Optimho, Micromho

Figure 7.17 - Détection de phase hors tension


Le circuit de la figure-9.7 chapitre-9 page 187 montre le fonctionnement détaillé du
circuit de détection de phases ouvertes. Lorsque nous détectons «au moins une phase
ouverte», nous empêchons la fonction «60» de bloquer les comparateurs avec la porte P2
de la figure-7.16. Le temps de réaction de la protection est donc à son meilleur lors du
réenclenchement.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-7 Page 160
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

7.2 - Oscillation de puissance


L’oscillation de puissance peut menacer les protections de lignes qui couvrent de
longues lignes de transport. La protection de ligne a donc une fonction gérant ce genre de
situation. Les fabricants ont différentes manières d’itentifier la fonction d’oscillation de
puissance.
1 Oscillation de puissance
1 Pendulaison de puissance
1 Power Swing

Voici la description détaillé de cette fonction.

7.2.1 -ANALOGIE MÉCANIQUE


Pour bien comprendre le phénomène d’oscillation de puissance, voyons l’exemple du
modèle mécanique de la figure-7.18.

18/9 4 #2(914
- Montré
Char ge BAIE-JAM
al

ES

Écart

Ligne de Transport
Vitesse <=> Fréquence
INDUCTANCE
Figure 7.18 - Modèle mécanique du réseau électrique
Le tracteur représente l’alternateur. La charrue représente la charge électrique. Le
ressort qui relie le tracteur à la charrue représente la ligne de transport reliant les centrales
électriques à ses charges. La vitesse du tracteur correspond à la vitesse angulaire du
réseau, soi 60 tours à la seconde. L’étirement de l’attelage correspond à l’écart angulaire
de notre réseau.

Vitesse
de rotation
14
2 (9 Écart
# Angulaire

18/9 4
Figure 7.19 - Modèle vectoriel du réseau électrique

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-7 Page 161
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Il y a cependant sur une défaillance dans notre modèle mécanique. Le ressort se
comporte différemment de l’inductance. Plus l’écart entre le tracteur et la charrue est
grand et plus la force du ressort augmente. Inversement, plus l’écart angulaire est grand
sur le réseau électrique, et plus le couple angulaire diminue. Nous ferons donc le correctif
lorsqu’il sera nécessaire de le mentionner. Cependant, le modèle représente bien le
phénomène oscillatoire.

7.2.2 -RÉSEAU EN EXPLOITATION NORMAL


Voyons l’exemple de la figure-7.20 représentant les sources de la Baie-James jusqu’à la
charge dont Montréal. La source est reliée à la charge par le corridor contenant trois
lignes de transport en parallèles.

Baie-James
XL1 XL2 XL3 XL4 Montréal
12 3 3 3 3

12
12
12 Poste Poste Poste

CENTRALE &12345467

Figure 7.20 - Exemple d’un corridor


Dans notre exemple, on ne prend pas en considération l’aspect capacitif de la ligne.
Nous idéalisons la ligne à une inductance pure afin de simplifier notre démarche. La
charge résistive place le courant «I» en phase avec la tension aux bornes de la charge, soi
EMontréal. Ce courant passe ensuite dans l’inductance des lignes de transport. La chute de
tension aux bornes d’une inductance est de 90° en avance sur le courant, d’où la position
de la tension EXL à la figure-7.21. La tension source égale la somme de la chute de
tension dans la ligne avec la tension aux bornes de la charge.
12 12 12
E Baie − James = E XL + E Montréal

es
-J am 12 2
aie
EXL1

B E XL = I ∗ j XL1
E
Écart θ
Angulaire EMontréal

Figure 7.21 - Écart angulaire avant la perte d’une ligne


Comme la tension EXL est en avance de 90° par rapport à la tension EMontréal, il en
résulte un écart angulaire «3» entre la tension E Montréal et la tension source EBaie-James.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-7 Page 162
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Plus la charge est importante, plus le courant «I» augmente, plus la chute de tension dans
la ligne EXL augmente, et plus l’écart angulaire augmente. En d’autres termes, plus la
puissance est grande et plus l’écart angulaire est élevé.

EMontréal ⋅ EBaie − James


P= * sin θ 1 2 343567
XL

7.2.3 -PERTE DE LIGNE


Dans l’exemple suivant, nous perdons une ligne1. L’impédance globale de la ligne
vient d’augmenter. Donc, selon équation 7.1 l’écart angulaire augmente. En fait, la chute
de tension dans la ligne est plus grande et cause une augmentation de l’écart angulaire
selon figure-7.22.

Baie-James
XL1 XL2 XL3 XL4 Montréal
12 3 2 3 3

12
12
12 Poste Poste Poste

CENTRALE &12345467
Figure 7.22 - Perte de une ligne dans le corridor
Dans notre exemple mécanique, si l’attelage est fait de plusieurs ressorts en parallèles,
la charrue est à une certaine distance du tracteur. Avec un ressort en moins, les ressorts
restants étirent et la charrue s’éloigne du tracteur. Il en est de même entre le vecteur
charge et le vecteur source sur le plan angulaire.

XL2 > XL1 alors E XL 2 > E XL1 ès


pr
A
es
am
e-
J ant
i Av
Perte d’une ligne Ba me
s
E aie
-Ja
importante
EB
EXL1
EXL2

Écart θ
Angulaire EMontréal
Figure 7.23 - Augmentation de l’écart angulalire

1.Ne pas confondre la ligne avec une phase. La perte d’une ligne signifie la perte de ses 3 phases.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-7 Page 163
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7.2.4 -OSCILLATION ANGULAIRE


Conservons l’exemple de l’attelage à plusieurs ressorts en parallèles. Lorsqu’un ressort
cède, les ressorts restants étirent pour augmenter la distance entre la charrue et le tracteur,
et cela avec un certain régime oscillatoire. La charge de la charrue n’a pas changé. La
puissance moyenne du tracteur demeure donc inchangée, mais l’oscillation de puissance
qui en résulte se fait autour de cette puissance moyenne. Il en est de même pour le réseau.
La figure-7.24 présente l’oscillation angulaire du vecteur de tension source. En
supposant que la tension à la charge «EMontréal» soit relativement stabilisée par le reste du
réseau, l’inertie des rotors des alternateurs en tête de notre corridor, fait que le vecteur de
tension passe tout droit à l’endroit où il devrait se stabiliser. Même principe qu’une
balançoire. Au retour du vecteur, le manège recommence. La résultante verticale de
tension EXL est proportionnelle au courant de la charge, donc proportionnelle à la
puissance transitée. L’oscillation du vecteur tension fait donc osciller la puissance. D’où
l’expression «Power Swing», «Pendulaison de puissance» ou «Oscillation de puissance».

P
Pmax
Pmoyen
es
am Pmin
-J
ie
Position finale Ba
E
ire Oscillation angulaire
ula
an
g = Oscilation de puissance t
n
EXL

o
at i
c ill
Os

θ
Nouvel Écart
Angulaire
EMontréal

Figure 7.24 - Oscillation angulaire

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-7 Page 164
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

7.2.5 -EFFET DE L’OSCILLATION ANGULAIRE SUR LA PROTECTION DE LIGNE


Supposons que notre protection de ligne
couvre une très longue ligne. Le transit de Pmax [A]
puissance est élevé, ramenant le point de charge P Pmoyen [B]
B de la figure-7.26 près des gradins de la
protection. Le chapitre 2, section 2.3.2.6 page
46 traite du gradin-2 face à une ligne longue. Le Pmin [C]
chapitre 2, section 2.4.5 page 51 traite du Oscillation angulaire
gradin-3 face à une ligne longue. Décomposons = Oscilation de puissance t
l’oscillation de puissance en trois points et
voyons la relation de ces points entre la figure-
7.25 et la figure-7.26. Figure 7.25 - Power Swing

1) Puissance moyenne « B »
La puissance moyenne correspond à la véritable puissance transitée. L’oscillation terminée, la
puissance de transit se stabilisera à cette valeur.

2) Puissance Maximum « A »
Le moment de l’oscillation où la puissance est au maximum. Ce point crée une impression de
charge très élevée. Ce point peut facilement entrer à l’intérieur d’un gradin si d’une part le
gradin est très grand, et d’autre part la puissance de transit est élevée.

3) Puissance Minimum « C »
Le moment de l’oscillation où la puissance est à son minimum. Ce point crée l’impression que
la charge est plus faible. Il ne représente aucune menace.
XL A- Puissance Maximum
Gra B- Puissance Moyenne
din C- Puissance Minimum
-3

Gra
din
-2

Gr
a Oscillation
di

Angulaire
n-1

! 1
R
Zone
de c
harg
e

Figure 7.26 - Oscillation de puissance vue d’un gradin

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-7 Page 165
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

7.2.6 -VITESSE DE L’OSCILLATION


L’oscillation angulaire du réseau est reliée à l’inertie des rotors. Il est difficile
d’accélérer et de décélérer la vitesse angulaire de l’ensemble des rotors. L’inertie globale
est très élevée. L’oscillation angulaire du réseau est donc très lente. La période de
l’oscillation dépasse facilement les deux secondes.

Zone-3
/

Zone-6
P
! ! !
1
4t


t

Figure 7.27 - Période entre Z3 et Z6

7.2.6.1 - Pénétration de l’oscillation dans les gradins de défaut entre phases

L’oscillation de puissance conserve le réseau balancé et ne génère pas de courant de


neutre. Les seuls types de gradins menacés sont les gradins de défaut entre phases.
Comme nous sommes en fort transit, les seuils minimums de courant pour la mise au
travail des gradins entre phases sont largement dépassés.
Dû à la lenteur de l’oscillation, le point A en figure-7.26 et figure-7.27 peut donc
résider suffisamment longtemps à l’intérieur des gradins de défaut entre phases pour les
emmener au déclenchement de la ligne. Ce déclenchement retire une autre ligne du
réseau, déstabilisant davantage le réseau, et encourageant encore plus l’oscillation de
puissance. Le danger est la désintégration complète du réseau. Il faut donc éviter que
l’oscillation de puissance entraîne le déclenchement de protection de ligne.

7.2.6.2 - Gradin-6 [AB], détection de l’oscillation angulaire

Nous utiliserons la lenteur de l’oscillation afin de détecter l’oscillation de puissance du


réseau. On fabrique un gradin de défaut entre phases identique au gradin-3 mais plus
grand de 5% à 10%. La majorité des fabricant surnomme ce gradin «Z6». Possiblement
puisque le plus grand nombre de gradin dans le passé se rendait jusqu’à cinq avec les
relais de type commuté. La plupart des fabricants fabriquent le gradin-6 à partir des
réglages du gradin-3. Comme l’oscillation de puissance est balancée, un seul gradin
suffit. Le gradin entre phases AB est souvent le choix des fabricants.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-7 Page 166
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

7.2.6.3 - Méthode de détection

L’oscillation de puissance crée une charge fictive se déplaçant du point A au point C


dans les figure-7.27 et figure-7.28. La manière de détecter l’oscillation de puissance est
de mesurer le temps 4t dont ce point fictif d’impédance réside entre le gradin-3 et le
gradin-6. Voir figure-7.27 S’il s’agit d’un véritable défaut, le temps 4t est moins de 2
millisecondes. Le point d’impédance entre à la vitesse de l’éclair à l’intérieur des gradins.
Mais s’il s’agit d’une oscillation de puissance, le temps 4t excède facilement les 20
millisecondes. Observons la figure-7.27 et supposons que la période de l’oscillation de
puissance est de l’ordre de 2 secondes. Si l’espace entre Z3 et Z6 crée un 4T de l’ordre du
dixième de ce cycle d’oscillation, le 4t est donc de 20 millisecondes. Il suffit donc
d’établir un temps minimal à partir duquel on considère qu’il s’agit d’une oscillation de
puissance.

XL Gra
din
Gra - 6
di n
-3

Gra A- Puissance Maximum


din B- Puissance Moyenne
C- Puissance Minimum
-2

Gra
d Oscillation
in

Angulaire
-1

! 1
R
Zone
de c
harg
e
Délai ∆t du passage de l’oscillation
angulaire entre le gradin-3 et le gradin-6

Figure 7.28 - Détection de l’oscillation de puissance avec Z3 et Z6

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7.2.7 -DÉTECTION DE L’OSCILLATION DE PUISSANCE ET ACTION À PRENDRE


Le circuit suivant représente la méthode classique du fonctionnement des circuits de
détections de l’oscillation de puissance. Nous détectons le moment où nous sommes entre
le gradin-3 et le gradin-6,
{Z 6 • Z 3}
et nous évaluons le temps. Si le temps dépasse un temps T1 fixé par réglage, et bien
nous bloquons les gradins à risque. En fait, ce ne sont pas tous les gradins qui sont
menacés par l’oscillation. Seuls les gradins à risque sont sélectionnés par les réglages du
relais afin d’être bloqués lors d’oscillation de puissance. Ces gradins resteront bloqués
tant que nous ne serons pas ressortis du gradin-6.

Z6
15 6
4
8
7

Z1 Z2 Z3
Gradin-1 Power Swing
On/Off
Gradin-2
Gradin-3
Réglage
Choix des
gradins menacés

67
12φ

112 113
4 4

3456789

96
Exemple Quadramho



Figure 7.29 - Circuit de blocage lors d’oscillation de puissance

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-7 Page 168
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

7.2.8 -AUTRES MÉTHODES DE CONTRER L’OSCILLATION DE PUISSANCE


La forme lenticulaire du grand gradin peut suffire à contrer l’oscillation de puissance
sans avoir recours au circuit de la figure-7.29. Voir chapitre 2, section 2.4.5.1 page 51
pour les détails sur la forme lenticulaire.
L’autre technique est d’empêcher les oscillations de puissance du réseau par des
techniques plus coûteuses. Placer un amortisseur entre le tracteur et la charge limite
appréciablement le régime oscillatoire. Le réseau de Hydro-Québec est parsemé
d’éléments amortisseurs. En voici quelques exemples.

Am
9 14
2(

orti
4#

ssem
Écart

ent
Angulaire

418/9 4
Figure 7.30 -

7.2.8.1 - Régulateur de tension des alternateurs

Pour les centrales électriques éloignées de la charge, et particulièrement pour le réseau


radial de Hydro-Québec, une bonne régulation de tension adéquate est primordiale pour la
stabilité du réseau. Le gain élevé du régulateur de tension assure une sensibilité accrue
aux moindres oscillations polaires de l’alternateur. La fonction «stabilisateur» du
régulateur de tension modifie la fonction de transfert de l’alternateur, lui permettant une
grande stabilité malgré le gain élevé. L’alternateur n’est donc pas complice aux
oscillations de puissance, mais il est plutôt un élément stabilisant, cherchant à cesser ces
oscillations.

7.2.8.2 - Compensateur synchrone ou statique

Les explications précédentes s’appliquent au compensateur synchrone. Cependant un


compensateur ne génère pas de puissance active (Watt). Ce genre d’équipement ne
connaît pas de décrochage et peut allouer 100% de sa fonction uniquement à la stabilité du
réseau.
Un réseau bien stabilisé ne nécessite pas l’usage de circuit blocage par détection d’écart
angulaire dans les protections de ligne.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

Baie-James Montréal

4)

Régulateur de tension
avec son gain élevé
combiné à son stabilisateur 41

Compensateur Synchrone
ou Statique

Figure 7.31 -

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-7 Page 170
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

8
134 99

NOTIONS DE
CONFIGURATION
RÉSEAU DE LA LIGNE

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-8 Page 171
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Avant d’entamer les philosophies de protection en détail, définissons les différentes
configurations du réseau auxquelles sont appliquées les protections de ligne. Le choix de
la philosophie de protection est fonction de la configuration du réseau.

8.1 - Longueur de la ligne


La longueur de la ligne est relative. Le plus important critère à considérer est la
relation entre la réactance de la ligne XL, et la plus grande résistance d’arc possible
générée lors de défaut à la terre. La nature du sol, la grosseur des conducteurs, le niveau
de tension de la ligne (735KV, 315KV), la configuration des conducteurs, sont tous des
facteurs agissant sur la relation entre la résistance de l’arc du défaut et la réactance de la
ligne. Nous avons vu au chapitre 2, section 2.3.1.5 page 35 combien la résistance de l’arc
du défaut peut altérer le bon fonctionnement d’un gradin. L’expression «LIGNE COURTE»
et «LIGNE LONGUE» dépend donc de plusieurs facteurs agissant sur le bon fonctionnement
des gradins.
Poste-1 Poste-2 Poste-3
Ligne-A Ligne-B

Ligne longue
non menacée par la résistance d'arc

X L 3 RARC RARC ≥ X L
Ligne
Courte
menacée par la
résistance d'arc

Figure 8.1 - Longueur de la ligne et la résistance de l’arc

8.1.1 -LIGNE COURTE


Nous considérons qu’une ligne est courte lorsque le bon fonctionnement du gradin-1
est menacé par la résistance de l’arc du défaut. Nous savons que l’impédance de ligne est
en relation directe avec sa longueur. La résistance de l’arc de défaut dépend de la qualité
du contact entre le conducteur et le sol. En supposant que la résistance de l’arc soit
constant, plus une ligne est courte, plus le gradin-1 est petit, et plus la résistance de l’arc
commence à sortir du cercle de l’impédance. Les zones perdues montrées en figure-8.2
mettent le gradin-1 hors d’usage.
Il existe deux manières de contrer ce problème. La première est d’adopter une forme
de gradin capable d’englober la résistance de l’arc du défaut. Voir chapitre 2, section
2.3.1.6 page 38 pour la carte DSR et la section 2.3.2.7 page 47 pour la forme
quadrilatère.La deuxième méthode est la philosophie accélérée avec dépassement «POR».
Voir chapitre 9, section 9.4 page 208.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-8 Page 172
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

tance lacé
d’arc

t a n c e la c é
p
au t

ut

d’arc
p ar l a d éf a u t d é

e d éf a
e dé f

p
XL XL

par la défaut dé
r é s is
A xe d

A xe d
e

résis
A xe d
80% 80%

e
Ax e d
Portée perdue
partiellement

Portée perdue
COMPLÈTEMENT

R R
Ligne courte Ligne très courte

Figure 8.2 - Effet de la ligne courte sur la portée du gradin-1

8.1.2 -LIGNE LONGUE


Dès l’instant où la réactance de la ligne est suffisamment grande pour que la résistance
de l’arc du défaut à la terre ne représente plus une menace pour le gradin-1, on dit que la
ligne est longue. Le gradin-1 est fiable et la philosophie standard accélérée sans
dépassement «PUR» s’applique. Cette philosophie est fiable et très simple. Voir chapitre
9, section 9.3 page 201.

8.1.3 -LIGNE TRÈS LONGUE


Dans le cas d’une ligne très longue, la résistance de l’arc est totalement négligeable.
Cependant, la zone de charge peut voisiner les plus grands gradins. Voir figure-8.3 Lors
de fort transit de puissance, il peut devenir risqué de pénétrer un gradin lors d’oscillation
de puissance, et provoquer ensuite un déclenchement non désiré. Pour contrer ce
problème, il y a deux grandes techniques. La forme lenticulaire du grand gradin expliqué
au chapitre 2, section 2.4.5.1 page 51, et la technique du blocage des gradins par détection
de l’oscillation de puissance expliquée au chapitre 7, section 7.2 page 161.
La philosophie accélérée avec dépassement «POR» convient parfaitement pour les
lignes très longues. Il peut arriver qu’une très longue ligne soit compensée par des
condensateurs en séries «Compensation série». Le choix de la protection différentielle
analysant le front d’onde du courant, ou le régime transitoire UI, convient mieux que la
protection de ligne conventionnelle.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-8 Page 173
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

XL
150% à 180%

min

Gr rand

120%

G


ad Gra


in-3 din

Poste-2

ou
Gr
adin
Gr
ad

-2
2)

in
-1
*7;))

Avan
R
t
Arriè
re
Zone
Cha
La portée arrière rg e
provoque un croisement
important de l'axe R

Figure 8.3 - Ligne très longue

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

8.2 - Extrémité Forte ou Faible


Seulement l’extrémité de la ligne reliée à des sources alimente un court-circuit se
produisant sur cette ligne de transport. Il peut arriver qu’une extrémité de la ligne ne
possède pas, ou plus de source. Le choix de la philosophie de protection est sensible à la
configuration du réseau. Une protection exige l’existence d’un courant de défaut pour
fonctionner. Voyons donc les nuances apportées aux extrémités de ligne.

8.2.1 -DEUX EXTRÉMITÉS FORTES


Une ligne de transport reliée à des sources par ses deux extrémités ne représente aucun
problème pour le fonctionnement de ses protections de ligne. On dit que les deux
extrémités sont fortes. Un défaut sur la ligne est alimenté par les deux extrémités de cette
ligne. Les protections de ligne de chaque extrémité peuvent donc analyser leurs courants
de défaut et leurs tensions, et agir si nécessaire. Les philosophies de protection suivantes
peuvent être appliquées puisque les protections de chaque extrémité de la ligne sont
capables de rendre un verdict et communiquer avec la protection de l’autre extrémité.
1 Accéléré avec dépassement  PUR
1 Accéléré sans dépassement  POR
1 Mode blocage

Poste-1 Poste-2
Ligne-A
Source Source

4) Courant de défaut Courant de défaut 4)


EXTRÉMITÉ
FORTE
Figure 8.4 - Les deux extrémités sont fortes

8.2.2 -EXTRÉMITÉ FAIBLE AVEC RÉPARTITION


Il est évident qu’une ligne de transport ait au moins une extrémité reliée à une source.
Cependant, l’autre extrémité n’est pas nécessairement reliée à une source.

Poste-2
Poste-1
Ligne-A
Source

4) Courant de défaut
Extrémité
EXTRÉMITÉ
faible Village Village Village
FORTE
Figure 8.5 - Une extrémité faible

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-8 Page 175
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Un territoire ne possédant que des charges, est relié au grand réseau par une ligne
électrique. L’extrémité forte de cette ligne est reliée aux sources. L’autre extrémité que
nous appellerons «extrémité faible», est reliée à un poste de répartition n’accédant qu’à
des charges. L’extrémité faible ne peut alimenter un défaut de ligne. Il est inutile
d’installer une protection de ligne du côté de l’extrémité faible puisqu’il n’y aura jamais
de courant de défaut allant de la charge vers de la ligne. Afin d’éviter le déclenchement
inutile de la ligne pour un défaut appartenant à l’un des clients, on peut utiliser la
philosophie de protection écho «WI - Weak Infeed». Elle nous permet une meilleure
sélectivité du défaut et ne pénalise pas les autres clients. Voir chapitre 9, section 9.10 page
237

8.2.3 -EXTRÉMITÉ FAIBLE DISTRIBUÉE OU SANS DISJONCTEUR


Au niveau d’un poste de distribution, la ligne distribue l’énergie à une multitude de
petits postes desservant des villages et petites industries. «Exemple d’une ligne de
161kV» Dans la figure-8.6, la protection de ligne du poste-1 protège la ligne A. Chaque
petit poste peut être doté de protections de surintensité pour leur défaut local. Dû au coût
des systèmes de communication, la protection de ligne utilise la philosophie de base ne
nécessitant pas de communication. Voir chapitre 9, section 9.2.1 page 195.

Poste-1
Ligne-A
Source
Extrémité
4) Courant de défaut faible
EXTRÉMITÉ
FORTE Village Village Village

Figure 8.6 - Une extrémité faible distribué


Pour fin d’économie, l’extrémité faible ne possède pas nécessairement de disjoncteur.
Le point de coupure du poste-1 de la figure-8.7 suffit amplement pour ce réseau.
Cependant, la réactance du transformateur abaisseur du client limite trop le courant de
défaut. Afin de forcer la protection de ligne à opérer avec suffisamment de courant de
défaut, un relais de surintensité de neutre du côté client active un sectionneur de mise à la
terre rapide du côté de la ligne.
Poste-1
Ligne-A
Source
Village
4) Courant de défaut
Extrémité
EXTRÉMITÉ faible
FORTE
Figure 8.7 - Extrémité faible sans disjoncteur

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-8 Page 176
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

8.2.4 -EXTRÉMITÉ FAIBLE AVEC LIGNE ADJACENTE


Des clients ou secteurs de réseau peuvent exiger une continuité de service. Une
aluminerie n’apprécie guère une panne électrique qui lui engendre par la suite de forts
coûts en dommage. Le convertisseur CC de Radisson à la Baie-James exige aussi une
continuité de service. Il suffit donc d’alimenter ces clients avec deux lignes adjacentes. Il
reste toujours une ligne pour alimenter le client lors de la perte d’une ligne suite à un
défaut. Le poste du côté source est l’extrémité forte.
Le poste côté charge est considéré comme une extrémité forte s’il y a deux lignes
adjacentes. Lorsqu’une de ces deux lignes adjacentes est en défaut, la barre du poste côté
charge continue d’être alimentée par l’autre ligne. Donc, une protection de ligne située au
poste côté charge est capable de traiter le défaut de la ligne.
Cependant, si une seule ligne est en service, l’extrémité de la charge devient faible.
Lors d’un défaut sur la ligne, l’autre ligne n’est plus présente pour assurer l’alimentation
de la barre du poste côté charge. La protection ne peut plus fonctionner correctement.
Elle devra donc se convertir en mode de protection écho «WI - Weak Infeed».
Poste-1 Poste-2
Ligne-A

Courant de défaut Courant de défaut


Source Charge

4) Ligne-B

EXTRÉMITÉ EXTRÉMITÉ
FORTE FORTE

Poste-1 Poste-2
Ligne-A

Courant de défaut
Source Charge

4) Ligne-B

EXTRÉMITÉ Extrémité
FORTE Faible
Figure 8.8 - Extrémité variable - Forte ou faible
Les protections de ligne d’aujourd’hui ont cette souplesse de détecter l’état de
l’extrémité de la ligne, et d’utiliser la philosophie qu’il convient. Si l’extrémité charge est
alimentée, la philosophie accélérée avec dépassement «POR» est utilisée. Si par contre
elle n’est pas alimentée, la protection se configure en philosophie de protection écho
«WI». Voir chapitre 9, section 9.10 page 237pour plus de détails.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-8 Page 177
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

8.2.5 -COMMUTATION DE LIGNE


Il existe des postes pouvant être alimentés par diverses sources, mais reliés à une seule
de ces sources à la fois. Un permutateur gère cette configuration. Si la ligne alimentant la
charge est en défaut, elle est aussitôt dégager et on permute sur une autre ligne non en
défaut afin d’assurer la continuité de l’alimentation. Cette philosophie n’a pas besoin de
lien de communication. Les protections de ligne ne résident qu’aux postes étant
l’extrémité forte. Le commutateur situé au poste de l’extrémité faible n’a besoin que de
détecter la présence de tension avec la fonction 27 pour gérer la commutation. Solution
très économique.

Poste-1 Poste-1

Source Source

12 12
Ligne-A Poste-3 Ligne-A Poste-3

EXTRÉMITÉ EXTRÉMITÉ
FORTE FORTE

Poste-2 Poste-2
Extrémité Charge Extrémité Charge
Faible Faible
Ligne-B Ligne-B
Source Source

12 12
Ligne A en service Isolation de la ligne A
et arrivée d'un défaut et permutation sur la
EXTRÉMITÉ EXTRÉMITÉ
FORTE par la suite FORTE Ligne B

Figure 8.9 -
Ce manuel ne traite pas du fonctionnement du permutateur. Il est cependant intéressant
de connaître sa raison d’être. Deux sources provenant d’endroits géographiquement
différents sur le grand réseau, n’ont pas nécessairement le même angle, ou écart angulaire.
L’angle peut différer du fait que les jeux de transformateur sont différents entre les deux
sources. Le passage de la configuration étoile à delta, ou l’inverse, peut occasionner un
déphasage appréciable entre les lignes A et B de la figure ci-haut. Il est donc impossible
de les relier ensemble simultanément. Si par contre les jeux de déphasages sont les mêmes
entre les sources du poste 1 et 2, l’écart angulaire peut différer selon les charges à
différents moments de la journée. Par exemple, le poste-1 connaît une forte demande et
son écart angulaire est grand. Le poste-2 connaît moins de demandes et son écart
angulaire est beaucoup plus faible. Relier les postes-1 au poste-2 par le biais du poste-3,
risque une forte circulation de courant réactif dans les lignes, provoquant l’échauffement
inutile des transformateurs confrontés à cette boucle. Surtout si les postes 1 & 2 sont des
postes de répartition assez puissants alors que les lignes B et C de la figure précédente ne
sont que des lignes de distribution.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-8 Page 178
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

8.3 - Client ou source connectés sur le parcours


d’une ligne
Voyons l’exemple de la région de Charlevoix. Les lignes 3011 et 3020 relient les
postes principaux : POSTE BERSIMIS-2; POSTE LAURENTIDE. Deux petits postes
collectent l’énergie de ces lignes sur le parcours.
Poste Poste
Bersimis-2 Laurentide Source Charge
3011

Source
3020
4)
4)

Charlevoix Beaupré
Figure 8.10 - Source ou charge reliées à une ligne
Il est important de préserver les lignes de transport d’énergie lors de défaut chez un
client relié sur le parcours des lignes. D’un autre côté, nous ne voulons pas investir
inutilement dans des systèmes de communications pour les petits postes Charlevoix et
Beaupré. Il existe cependant des systèmes de communications entre les postes principaux
POSTE BERSIMIS-1 et POSTE LAURENTIDE. Il existe deux philosophies de protection
permettant de protéger les lignes de transport sans tenir compte des clients.
1 Le mode blocage

1 Accéléré avec dépassement mais avec un retard sur le gradin-2

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-8 Page 179
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-8 Page 180
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

8
134 99

PHILOSOPHIES DE
PROTECTIONS DE LIGNE

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 181
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Ce chapitre traite du coeur même de la protection de ligne. Il s’agit des philosophies de
protection. En d’autres termes, il est question des stratégies utilisées par la protection de
ligne afin qu’elle soit le plus sélective possible. Voici les philosophies les plus communes
:
Mise sous tension de la ligne, SOTF (Switch On To Fault).
Mode de base, sans aucune accélération.
Accéléré sans dépassement, PUR (Permissive Under Reach).
Accéléré avec dépassement, POR (Permissive Over Reach).
Extrémité faible, ou écho, WI (Weak Infeed).
Mode Blocage.
Normalement, un lien de communication est nécessaire pour appliquer ces
philosophies. Voici la liste des contextes réseaux traités au Chapitre-8, associés à la
philosophie de protection appropriée.
Extrémité Extrémité
fort faible

Ligne Longue PUR


Ligne Courte POR WI
Ligne Adjacente Courte POR WI

Client branché sur la ligne Blocage


entre deux postes
POR*

Uniquement des clients en vue Base

Figure 9.1 - Choix des philosophies de protection


Comme la philosophie de protection est une stratégie d’analyse, utile à cerner avec
certitude l’appartenance du défaut, nous avons la possibilité d’imaginer et d’ajuster
chaque philosophie en fonction du contexte réseau avec ses particularités. Les
philosophies à venir dans ce chapitre ne sont donc pas les seules qui existent. Cependant,
nous pouvons présumer que ce chapitre couvre la très grande majorité des philosophies
utilisées à Hydro-Québec.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 182
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.1 - Mise sous tension de la ligne


Il est très rare qu’un défaut provienne de la foudre au même moment que nous fermions
les disjoncteurs afin de mettre la ligne en service. De plus, s’il n’y a pas de défaut avant la
fermeture des disjoncteurs, et qu’un défaut apparaisse dès la fermeture des disjoncteurs, il
est pratiquement évident que le défaut se situe sur la ligne. La notion de sélectivité est
donc inutile, vu la certitude de l’appartenance du défaut. Il existe un circuit n’étant actif
que lors de la mise sous tension de la ligne. Tout défaut perçu dans un intervalle de l’ordre
de 200 millisecondes suivant la fermeture des disjoncteurs, est donc éliminé
instantanément sans réenclenchement. Ce circuit porte le nom de SOTF «Switch On To
Fault» ou circuit de mise sous tension de la ligne. Le Chapitre-6 explique le contexte de
déclenchement et de blocage du réenclencheur. Voir page 137 et page 142.
La figure suivante positionne le circuit SOTF relativement aux comparateurs Z1, Z2 et
Z3. Vous constatez qu’il est autonome et assez direct. Il déclenche triphasé et bloque le
réenclencheur. Voyons plus en détail son fonctionnement.

Z1 Z2 Z3
88629
67  48369

12φ 


SOTF
112 112
4 4

2 2 

Logique

3 3  
98

9
94

Figure 9.2 - Circuit de mise sous tension de la ligne


Voici la signification de certains termes :
SOTF : (Switch On To Fault) Mise sous tension de la ligne. S’il y a défaut
lors de la mise sous tension de la ligne, la fonction SOTF déclenche
la ligne de manière triphasée et sans possibilité de
réenclenchement.
SOTFE : (Switch On To Fault Enable) Fenêtre de temps à l’intérieur duquel
le fonctionnement du SOTF est possible.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 183
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Détection de défaut de ligne : Il existe deux méthodes de détecter la présence
de défaut sur la ligne lors de la mise sous tension.
1 Par les seuils de tension (27) et courant (50)

1 Par les comparateurs (Gradin 1, 2 et 3)


Lorsque la fenêtre de temps SOTFE est armée, le circuit de mise sous tension de la
ligne est actif. Le circuit de détection de l’état de la ligne «en ou hors service» arme ou
désarme le circuit de mise sous tension de la ligne SOTFE. La commande d’armement du
SOTFE est temporisée selon un délai fixé par le réglage du relais. Le désarmement est
aussi temporisé à une valeur fixe variant de 200 à 250 millisecondes selon le fabricant.

Délai du 12345267897
9 62 7
réarmement
/ du SOTF 4
1 T1
Détection de ligne
S
hors service
Ajustable

Délai du SOTF Q SOTFE


! fonctionnel
8 T2
Détection de ligne
R
en service
200ms

5 Détection de la Bloque la Déclenchement


discordance de phase fonction 60 par mise sous tension
de la ligne

8
Déclenchement
Détection de Triphasé sans
défaut sur la #265 Réenclenchement
ligne

Figure 9.3 - Vue détaillé du circuit SOTF

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 184
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.1.1 -DÉTECTION DE L’ÉTAT DE LA LIGNE


Cette section décrit le fonctionnement des blocs «A», «B» et «F» de la figure-9.3. La
logique du circuit de détection de l’état de la ligne doit reconnaître deux états distincts.
1 Ligne hors service
1 Ligne en service
La ligne en service doit reconnaître les deux sous états suivants :
1 Ligne en discordance de phase, ou en déclenchement monophasé
1 Ligne avec ses trois phases en service
Une ligne est considérée sous tension ou en service dès qu’au moins un disjoncteur est
fermé, ou qu’il y a présence d’une tension ET/OU d’un courant sur au moins une phase. Il
y a discordance de phase quand seulement une ou deux phases sont alimentées. La ligne
est considérée comme hors tension ou hors service losque les trois phases sont
désalimentées.

Ligne Ligne
123456789
6
59 2 5 123456546
59 2 5

disjoncteurs ouverts Au moins un


sur les 3 phases disjoncteur de
fermé

Poste Poste

disj. ouvert disj. fermé

Disjoncteur fermé
Disj. A Disjoncteur ouvert

Disjoncteur fermé
Disj. B Disjoncteur ouvert

Disjoncteur fermé
Disj. C Disjoncteur ouvert

Ligne hors service


Ligne en service
Discordance
de phase
Délai de mise sous tension de la ligne
Généralement entre 200 à 250 ms

Figure 9.4 - États de la ligne

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 185
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.1.1.1 - Détection de l’état d’une phase

Une phase est considérée comme ouverte quand il n’y a plus de tension ni de courant,
ou quand le disjoncteur est ouvert. La figure suivante identifie deux façons de procéder.
Les anciennes protections ne considéraient que la tension avec la fonction 27. Le courant
n’était pas pris en compte pour la mise sous tension de la ligne. Les nouvelles protections
de ligne considèrent maintenant la tension et le courant afin de définir l’état de la ligne.

456789
3
6
38
6 826

27A 0: Phase A vivante puisque présence de tension ou courant

50A 1: Phase A ouverte puisque pas de présence de tension


ni courant

456789
 866 2
9 9386
2

Phase A 52b Phase A vivante si contact ouvert

Figure 9.5 - Méthode de détection pour une phase


Les relais électroniques ou numériques utilisent la technique des fonctions 27-50.
Voici par exemple, l’appellation des signaux spécifiant l’état d’une phase hors service
chez les fabricants GEC et Schweitzer :
Exemple de nomenclature pour une phase ouverte
Schweitzer SPO Single Pole Open
GEC LDPDA Level Detector Pole Dead

Figure 9.6 - Nomenclature de signaux


Cependant, les fabricants ne se limitent pas uniquement aux fonctions 27-50. Certains
petits postes électriques ne lisent pas la tension de la ligne, mais plutôt la tension de la
barre pour des fins d’économie. Dans ce genre de situation, on a pas d’autres choix que
d’utiliser les contacts auxiliaires «52b» des disjoncteurs. La tension lue par la protection
de ligne demeure présente même avec les disjoncteurs ouverts.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 186
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.1.1.2 - Détection de l’état d’une ligne

Le circuit suivant détecte tous les états mentionnés en page 185. Le signal «Z» détecte
si la ligne est «en» ou «hors» service; Le signal «X» détecte lorsque la ligne est
entièrement en service; Finalement, le signal «Y» détecte la discordance de phase. Ces
signaux sont utiles pour bloquer ou activer certaines fonctions de la protection de ligne.
Par exemple, le circuit de détection de perte de fusible ne doit pas interpréter la
discordance de phase comme étant une perte de fusible. Le signal «X» ou «Y» peut alors
bloquer la fonction 60. Voir chapitre 7, section 7.1.4.3 page 160. Le signal «Z» pilote les
minuteries T1 et T2 de la figure-9.3 page 184.

27A 12 Pa
3 X 0: Au moins une phase d'ouverte
50A 1: Trois phases fermées

27B 12 Pb Y
3 1: Discordance de phase
50B
0: Ligne en service, Au moins
27C 12 Pc Z une phase d'ouverte
3 1: Ligne hors service, les 3
50C phases sont hors services

Les temps de réaction des détecteurs de sous tensions Ligne hors service
27 et des minimums de courants 50 ne sont pas les Pa Ligne en service
mêmes. Généralement la fonction 50 est plus rapide
que la fonction 27. Pb
Pour éviter la zone grise séparant les deux temps de Pc
réaction, il est préférable de retarder la décision avec
l'aide d'une minuterie. Le temps T3 est au minimum
une fois et demie le temps du plus lent des détecteurs.
X
Ceci évite d'affirmer par erreur qu'une ligne est hors Y
service. Z

Figure 9.7 - Ligne en ou hors service


Voici par exemple, l’appellation du signal «Z» spécifiant l’état de la ligne hors service
chez les fabricants GEC et Schweitzer :

Exemple de nomenclature pour trois phases ouvertes


Schweitzer 3PO Three Pole Open
GEC LDPD Level Detector Pole Dead

Figure 9.8 - Nomenclature de la ligne hors service

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.1.2 -FENÊTRE DE TEMPS POUR LA MISE SOUS TENSION


Lors de la mise sous tension de la ligne, on ne désire pas que le circuit de mise sous
tension SOTF demeure actif trop longtemps. S’il n’y a pas eu de détection de défaut lors
des premiers 200 millisecondes, la mise sous tension est réussie. On fabrique donc une
fenêtre de temps de 200 à 250 millisecondes, valide après la mise sous tension de la ligne.
Le circuit de mise sous tension ne peut fonctionner que dans cet intervalle.
Voici la manière de procéder. Une bascule S-R génère un signal SOTFE à la figure-9.3
page 184. «Swith On To Fault Enable» On définit le signal SOTFE comme étant la
fenêtre de temps d’opération du circuit de mise sous tension. Le circuit de mise sous
tension est fonctionnel lorsque SOTFE = 1. Lorsque la ligne est hors tension, la bascule
de SOTFE est armée. Lors de la mise sous tension, cette bascule est désarmée après le
temps de la minuterie T2 = 200ms. Le signal SOTFE demeure donc actif dans les 200ms
suivant la mise sous tension de la ligne. Donc, tout défaut perçu dans ces premiers 200
millisecondes sera éliminé par le circuit de mise sous tension de la ligne.
Au moins un disjoncteur fermé
Disj. Disjoncteurs ouverts

SOTFE
Délai de mise sous tension de la ligne
6 Généralement entre 200 à 250 ms
Ligne hors service Ligne en service

Période où toute détection de défaut de la ligne est soumise à un


déclenchement triphasé instantané sans réenclenchement.

Figure 9.9 - Mise sous tension


Le terme SOTF est assez généralisé d’un fabricant à l’autre. Certains fabricants
utilisent le terme LC ou Line Check pour stipuler le circuit de mise sous tension de la
ligne. Le terme de la fenêtre de temps SOTFE est moins utilisé. La plupart des fabricants
ne donnent tout simplement pas de nom à ce signal.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 188
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.1.3 -RÉARMEMENT DE LA MISE SOUS TENSION


Lorsqu’une ligne devient hors service, deux choix se présente pour le réarmement du
circuit de mise sous tension de la ligne SOTF.
1 Armement rapide  Réenclenchement avec SOTF
1 Armement lent  Réenclenchement sans SOTF

Le chapitre 6, section 6.7 page 140 traite du réenclenchement en détail. Selon le


contexte réseau, il peut être préférable que le réenclenchement se fasse soi avec le circuit
de mise sous tension, soi avec la philosophie sélectionné par la protection. Le choix
revient aux experts des réglages.

9.1.3.1 - Réenclenchement avec SOTF

Si nous désirons réenclencher avec le circuit de mise sous tension de la ligne, il faut
réarmer la fenêtre de temps SOTFE avant le réenclenchement de la ligne. Il y a une
pratique populaire dans le monde des protections. On filtre les bruits électriques en
temporisant toute action décisionnelle. Les appareils de protections vivent dans un
environnement riche en bruit électrique. L’opération d’un disjoncteur ou d’un sectionneur
est un excellent émetteur de bruit électrique, capable d’affecter le bon fonctionnement
d’un appareil électronique mal filtré ou mal protégé. Donc, on ne se presse pas pour
réarmer la fenêtre de temps SOTFE suite à la mise hors tension de la ligne. Les fabricants
fixent en général un délai de 200ms avant de réarmer la fenêtre de temps. Il est évident
que l’état de ligne hors service après 200ms ne relève pas d’une mauvaise information due
à un bruit ou un manquement quelconque. Le temps d’un réenclenchement excède
normalement 800ms, ce qui est largement supérieur au temps du réarmement de la fenêtre
de temps. Donc, en réglant le temps de la minuterie T1 de la figure-9.3 page 184 à 200ms,
le réenclenchement se fera avec le circuit de mise sous tension de la ligne.
Arrivée d'un défaut nécessitant
un réenclenchement Réenclenchement

Au moins un disjoncteur fermé


Disj. Disjoncteurs ouverts

SOTFE
6
Délai de réarmement du SOTF
Généralement entre 200ms
Ligne en service Ligne hors service, normalement plus de 800ms Ligne en service

Période où la fonction de mise sous Circuit de mise sous tension réarmé, donc
tension de la ligne SOTF n'est pas réenclenchement avec mise sous tension
fonctionnelle. de la ligne fonctionnelle.

Figure 9.10 - Réenclenchement avec le circuit SOTF

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 189
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.1.3.2 - Réenclenchement sans SOTF

Nous désirons réarmer sans le circuit de mise sous tension de la ligne. Il s’agit donc de
fixer le temps de la minuterie T1 de la figure-9.3 page 184 à une valeur largement plus
grande que le temps du réenclenchement.

Arrivée d'un défaut nécessitant


un réenclenchement Réenclenchement

Au moins un disjoncteur fermé


Disj. Disjoncteurs ouverts

SOTFE
6 Délai de réarmement du SOTF
Délai dépassant amplement le temps d'un réenclenchement

Ligne en service Ligne hors service, normalement plus de 800ms Ligne en service

Période où la fonction de mise sous


tension de la ligne SOTF n'est pas
fonctionnelle.

Figure 9.11 - Réenclenchement sans le circuit SOTF


Voici quelques exemples de temps de réarmement de SOTFE selon différents
fabricants.

Exemple de temps de réarmement de SOTFE par


différents fabricants pour réenclencher sans SOTF.

THR = 2 ou 7 secondes
GEC = 110 secondes
SEL-321 = ajustable par réglage

Figure 9.12 - Exemple de temps de réarmement

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 190
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.1.4 -CIRCUITS DE DÉTECTION DE DÉFAUT


Lors de la mise sous tension de la ligne sur un défaut, la sélectivité ne représente pas un
problème. Simplement le fait de savoir que la ligne est en défaut, peu importe où, cela
suffit. Il existe deux manières de détecter un défaut pour la mise sous tension de la ligne.
1 Par les seuils de tension (27) et courant (50)

1 Par les comparateurs (Gradin 1, 2 et 3)

Le fabricant utilise une de ces deux méthodes. Il peut même offrir le choix de la
méthode. Voyons plus en détail le fonctionnement de chacune de ces méthodes de
détection de défaut.

9.1.4.1 - Méthode des comparateurs

Les comparateurs Gradin-1, 2 et 3 détectent un défaut de ligne avec un bon niveau


d’immunité. C’est-à-dire qu’un comparateur filtre les divers perturbations du réseau dont
les harmoniques, composante CC et transients électriques. Normalement les
comparateurs doivent franchir leur propre minuterie et la logique de leur philosophie de
protection avant de pouvoir déclencher les disjoncteurs. Le circuit de mise sous tension de
la ligne SOTF permet aux comparateurs de déclencher directement les disjoncteurs
pendant la fenêtre de temps SOTFE. Voir figure-9.13. Certains fabricants n’utilisent que
le grand gradin «gradin-3» pour faire le travail de mise sous tension.

Z1 Z2 Z3
67
12φ
88629
 48369



112 112
4 4 SOTF

2 2 

Logique

3 3  
98

9
94

Figure 9.13 - SOTF - Méthode des comparateurs

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 191
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Il reste cependant un petit problème à prendre en considération. Lorsque nous avons à
travailler physiquement sur une ligne, ou un équipement qui s’y rapporte «sectionneur,
disjoncteur, etc.», nous devons nous protéger contre les phénomènes d’induction en reliant
la ligne à la terre avec des sectionneurs de mise à la terre, ou des bretelles de mise à la
terre. Si nous oublions d’enlever ces mises à la terre, lors de la mise sous tension de la
ligne, un fort courant de défaut apparaît, mais il n’y a aucune tension due à la qualité du
court-circuit. Tous les gradins polarisés ne fonctionnent pas. Polarisé veut dire que le
gradin passe par l’origine et est purement directionnel. Voir chapitre 2, section 2.1.1 page
24 pour plus de détails. Les gradins 1 et 2 sont donc hors d’usage.
Le manuel "Technologie des Protections de ligne 21" explique en détail le
fonctionnement des comparateurs. Le comparateur constituant le gradin compare deux
vecteurs dont l’un se nomme ÉLÉMENT D’OPÉRATION et l’autre ÉLÉMENT DE
POLARISATION. Les deux vecteurs doivent obligatoirement exister pour que le
comparateur fonctionne. L’élément d’opération E-IZ définit la portée avant du gradin et il
est composé de tension et de courant. Voir chapitre 3, section 3.1.1.2 page 65. Ce vecteur
existe en tout temps lors de la mise sous tension de la ligne puisqu’il utilise la tension et le
courant. Cependant, l’élément de polarisation n’est composé que d’une tension pour les
gradins passant par l’origine. C’est le cas des gradins 1 et 2. L’oublie des mises à la terre
menace donc le bon fonctionnement de ces comparateurs.
Le chapitre 2, section 2.4 page 48 explique la raison d’être du grand gradin. Son usage
est limité à la protection de secours dans les protections de ligne modernes. Il sert aussi à
certaines philosophies de protections. Lorsque son usage est limité à la simple protection
de secours, on se permet de lui injecter un courant IZ à sa polarisation. Ceci permet
l’existence du vecteur de polarisation lors de mise sous tension de la ligne avec les mises à
la terre oubliées. Le comparateur du gradin-3 peut donc fonctionner correctement.
Cependant, l’injection d’un courant à la polarisation cause une vue arrière au grand
gradin. Cela ne nous importe peu face au concept de protection de secours. Ceci explique

XL :)7?7776.77;)
@7)777;
Gr a d
in-
3 ou
gr
an

Gr Non Fonctionnel
d
g ra

Opération: E-IZ existe


ad

é
din
in
is

Polarisation: E NUL
Gradin po lar

-2

Gr
ad

Fonctionnel
in-1

Opération: E-IZ existe


Polarisation: E+IZ existe

R
IZ représente la l'image du courant. Il se
mesure en volt. Il est converti par un
transactor corrigeant aussi son orientation
angulaire.

Figure 9.14 - Ajout de courant IZ à la polarisation

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 192
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
pourquoi certains fabricants n’utilisent que le gradin-3 pour le circuit de mise sous tension
de la ligne.
Les relais électromécaniques KD4 par exemple, n’ont pas de grand gradin. Il ne serait
pas utile d’investir beaucoup d’argent pour une fonction aussi transitoire que le circuit de
mise sous tension de la ligne. Il existe cependant une solution très intéressante. Voyons
l’exemple du relais D2S de Westinghouse. L’encadré «OMX» de la figure suivante
représente le relais D2S. Lorsque la bobine HGS est alimentée, le relais D2S injecte un
courant IZ à la polarisation du gradin-2, et crée une vue arrière qui englobe l’origine. Son
utilité est de verrouiller le gradin-2 sur un défaut près du poste. Autrement dit, un défaut
très près du poste diminue trop la tension, le fait d’injecter un courant à la polarisation
assure la continuité du fonctionnement du gradin-2. La figure suivante montre que le(s)
contact(s) du gradin-2 actionne la bobine HGS lorsque le défaut est à l’intérieur du gradin-
2. Le même principe peut s’appliquer au gradin-1.
Lorsque la ligne est hors service, le relais de sous tension 27x active la bobine HGS et
maintient la vue arrière du gradin. Lors de la mise sous tension de la ligne, s’il n’y a pas

+129Vcc

27/59
2
62X 27X Gradin-2 27X 27

10
59
OMX 1
2 10 94-2
HGS 27X 62X 31 27X

62-11
R HGS
62-12 62-11 62-12
1

1
A
2

62X
G9 E9 21

94-2A 94-2B 79-2


31 31 BL 62-11 62-12
G10 E10 11

-129Vcc

21-2 21-2 21-2 21-2


1A 1B 1C 31
Gradin-2

Figure 9.15 - Logique pour injection de courant IZ - Relias électromécanique

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 193
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
de défaut, le relais de sous tension 27 se retire et la bobine HGS prend entre 200ms et
400ms à se désalimenter. Un condensateur à l’intérieur du relais D2S est responsable de
se temps de maintien de la bobine HGS. Donc, la période de mise sous tension est
couverte par le délai de retombé de la bobine HGS. Par la suite, le gradin-2 est polarisé.
C’est à dire qu’il passe par l’origine et n’a plus de vue arrière. Si la mise sous tension se
fait avec les mises à la terre oubliées, le gradin-2 est capable de fonctionner dû à
l’injection de courant IZ par le D2S à la polarisation du gradin-2.

9.1.4.2 - Méthode des seuils

Pour la mise sous tension de la ligne,


si nous optons pour la méthode des 27A
seuils de tension et courant 27-50, le
50A
gradin qui englobe l’origine n’est plus
nécessaire. Par exemple, tous les 27B 13
gradins du relais SEL-321 de Schweitzer 2
50B
passent par l’origine puisque ce relais
n’utilise que la méthode 27-50 pour la 27C
mise sous tension de la ligne. 50C

Une situation peut nous obliger à Z1 Z2 Z3


utiliser la méthode des seuils 27-50
67 1234536789
4
plutôt que les comparateurs pour le
2 39
49684
circuit de mise sous tension de la ligne. 12φ

Le choix d’une philosophie de
112 114
protection utilisant le blocage pour un 2 2 SOTF
défaut arrière. Pour détecter ce défaut
arrière, on doit orienter le grand gradin 235 234 24
complètement vers l’arrière. Pour ne Logique

voir qu’en arrière, ce gradin doit passer


par l’origine. Ce gradin ne peut plus 1  1 126
6789

être utilisé comme protection de  97 9 
secours, et il ne peut plus déclencher les
disjoncteurs. Certains fabricants comme Figure 9.16 - SOTF avec les seuils
Schweitzer ont un quatrième gradin
pouvant prendre la relève de la protection de secours.
Lors de la mise sous tension de la ligne, il n’est pas normal que la tension soit
inférieure à un certain seuil « relais 27 actif », et de dépasser un seuil minimum de courant
« relais 50 actif ». Si le cas se produit à l’intérieur de la fenêtre de temps SOTFE, on
déclenche aussitôt la ligne. Afin de laisser les fonctions 27 et 50 compléter leurs actions,
on attend le temps de la minuterie T4. Voir figure précédente. Ceci empêche le
chevauchement défavorable des fonctions 27-50. Par exemple, à l’intérieur de la fenêtre
de temps SOTFE, sans minuterie T4, si la fonction 50 répond avant la fonction 27, il y a
déclenchement de la ligne alors qu’il n’y avait pas de défaut.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 194
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.2 - Mode de base


9.2.1 -CLIENT SEULEMENT EN VUE
Imaginons que nous voulions protéger une ligne alimentant que des villes, villages et
industries. Si un défaut se produit chez un client, il serait dommage de déclencher la ligne
de répartition électrique, et pénaliser inutilement tous les clients qui ne sont pas en cause
avec le défaut. Premièrement chaque ville, village et industrie possède un poste de
distribution électrique avec des transformateurs abaisseurs de tension appropriés à leur
besoin. Ce petit poste est équipé de protections élémentaires dont des relais de
surintensité 50 et/ou surintensité de neutre 50N, et de protections différentiels. Si un
défaut se produit chez un client, la surintensité actionnera la protection de surintensité du
petit poste, s’empressant ainsi de libérer la localité en défaut seulement.





EXTRÉMITÉ

Extrémité
FORTE

Ligne-A
faible


12 12 12
Poste-1

0 0 Circuit 21
du poste-1
Village Papetière Village
112
2


PROTECTION
LIGNE-A

Figure 9.17 - Réseau avec clients en vue seulement


La protection de ligne 21 de la ligne de répartition doit
protéger la ligne en entier. Elle peut percevoir les défauts 0 0 Circuit 21
du poste-1
jusqu’au transformateur abaisseur chez le client.
Généralement, la réactance XT du transformateur ne permet 112
pas au gradin de traverser le transformateur. Cependant, un 4
défaut se produisant à l’intérieur du poste client, dans la
zone visible par le gradin-2 de la protection de ligne, risque

de pénaliser les autres clients inutilement. L’astuce afin
d’éviter l’indésirable est la base du temps. Le gradin-1 est PROTECTION
instantané et ne doit pas percevoir de client. On réduira LIGNE-A

donc sa portée de sorte qu’il ne perçoive pas de client. Il est Figure 9.18 -
même possible de mettre le gradin-1 hors service si le

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 195
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
premier client est trop près du poste de répartition. Le deuxième gradin est temporisé. On
peut ajuster le temps de réaction du gradin-2 TZ2, afin de laisser amplement le temps aux
protections d’opérer chez les clients s’ils détectent un défaut dans leur localité. Ainsi, un
défaut du côté client est rapidement isolé par ses propres protections, et évite de pénaliser
les autres clients en préservant la ligne de répartition.





EXTRÉMITÉ

Extrémité
FORTE

Ligne-A
Courant de défaut faible


12 12 12
Poste-1

0 0 Circuit 21
du poste-1
Village Papetière Village
112
2


PROTECTION
LIGNE-A

Figure 9.19 - Défaut visible par Z2 se produisant du côté client





EXTRÉMITÉ

Extrémité
FORTE

Ligne-A
Courant de défaut faible


12 12 12
Poste-1

0 0 Circuit 21
du poste-1
Village Papetière Village
112
2


PROTECTION
LIGNE-A

Figure 9.20 - Défaut se produisant sur la ligne


Si par contre le défaut se produit sur la ligne de répartition, le courant de défaut est en
amont des clients. C’est à dire que le courant de défaut n’est pas perçu par aucune

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 196
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
protection chez les clients. Le gradin-2 de la protection de ligne perçoit le défaut et attend
le délai TZ2. À la fin du délai, la protection de ligne 21 déclenche la ligne.
Aucun lien de communication est nécessaire dans le contexte actuel. La stratégie est de
définir le niveau de priorité de chaque protection par le temps de leur réaction. Les relais
de surintensité 50 et protections différentielles sont pratiquement instantanés, donc
prioritaires. Vient ensuite le gradin-2 de la protection de ligne. Évidemment le gradin-1,
si existant dans la protection de ligne, demeure instantané mais ne voit aucun client dû à sa
portée très courte.

9.2.2 -MALT RAPIDE - RÉACTANCE DU TRANSFORMATEUR


La figure suivante nous montre une ligne protégée par une protection de ligne. L’autre
extrémité possède un transformateur abaisseur. Pour une question d’économie et/ou de
contexte réseau, nous désirons déclencher la ligne pour tout défaut de ligne en aval du
transformateur. Le problème est que la réactance du transformateur empêche les gradins
de la protection de ligne de percevoir les défauts sur la ligne côté basse tension. Afin de
s’assurer que la protection de ligne fonctionne, on ferme des sectionneurs de mise à la
terre rapide «MALT rapide» côté haute tension afin de provoquer un défaut visible par la
protection.





EXTRÉMITÉ
FORTE

Courant de défaut
Ligne-A

 Sectionneur de Village
mise à la terre 123
rapide
Poste-1 Extrémité
faible
0 0 Circuit 21
du poste-1

112
2


PROTECTION
LIGNE-A

Figure 9.21 - Sectionneur de mise à la terre rapide

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 197
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9.2.3 -MODE DE BASE AVEC LA COMPENSATION SÉRIE


La compensation série est digne d’un chapitre à elle seule. Brièvement, une protection
de ligne 21 ne peut pas fonctionner proprement avec la compensation série. Des
protections primaires tels le LFCB et le LR91 sont des protections de type différentielles
capables de fonctionner avec la compensation série. Cependant ces protections sont
totalement dépendantes des liens de communication puisqu’ils doivent se parler entre eux.
On se doit donc d’avoir une protection autonome ne dépendant pas de lien de
communication. Les protections de ligne 21 dont le LZ96 et le SHNB-103 accomplissent
la tâche de protection de relève.
Les protections de lignes servant de relève sur la compensation série doivent avoir
certaines particularités non habituelles dans les protections standards. Voici en bref les
différences avec les protections conventionnelles :

Protection de ligne Protection de ligne pour


conventionnelle compensation série
Délai du Gradin-1 Instantané Temporisé à environ 150
ms
Gradin-1 en service Toujours Seulement si les liens de
communications du relais
LFCB et LR91 sont rom-
pus sur les deux protec-
tions pour une raison
quelconque.
Mémoire de la Toujours en circuit et Se découple du réseau lors
polarisation mémoire de courte durée. de défaut. Mémoire de
longue durée pour le
SHNB. Mémoire de
courte durée pour le LZ96.

Tableau 9.1 - Comparaison de protections de ligne


Bien d’autres particularités concernent ces protections mais il serait préférable de
traiter du contexte de la compensation série en un chapitre à part.

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9.2.4 -MODE DE BASE AVEC SOURCE À HAUTE RÉACTANCE EN RÉSEAU


ILOTÉ.

Cette particularité s’applique aux Iles de la Madeleine qui ne possède qu’une seule
centrale électrique. Chaque alternateur possède une réactance synchrone très élevée
(Xd = 2.5 Pu). Dès qu’un défaut se produit sur une ligne de transport, la relation entre la
réactance XL de la ligne et la réactance synchrone Xs des alternateurs crée une chute de
tension très importante dans la centrale. La réactance de la ligne est très faible par rapport
à la réactance synchrone de l’alternateur. Comme la centrale fonctionne avec d’immenses
moteurs diesels, la chute de tension affecte le bon fonctionnement de certains organes
(pompe ou compresseur) essentiels au bon fonctionnement de ces moteurs, ce qui entraîne
l’arrêt de la centrale. Donc, la protection de ligne doit éliminer le défaut le plus
rapidement possible afin d’empêcher la perte de la centrale. Le délai du gradin-2 pose un
problème puisque son temps de réaction est trop long. Il faut donc développer une
stratégie. La stratégie habituelle de la figure suivante ne convient plus pour le cas des Iles
de la Madeleine.





Client
Poste - Centrale
Centrale
des Iles &
492
CT Ligne
&)
PT
4) Source
Relais 21

Client

ARRANGEMENT PROBLÉMATIQUE
Figure 9.22 - Réactance synchrone Xs trop élevée
MODÈLE DU TRANSFORMATEUR
Les lignes de transport des
Iles de la Madeleine sont de MODÈLE
longueur relativement courte. TRANSFORMATEUR
La réactance des
transformateurs de distribution
&1234 &789 Client
sur le parcours de la ligne est
relativement importante par &456
rapport à la réactance XL de la Client On exclut ici le
rapport de
ligne. La figure-9.23 montre le transformation
modèle électrique du
transformateur. Figure 9.23 - Modèle du transformateur

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 199
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
La réactance totale du transformateur XT = Xprim + Xsec correspond en équivalence à
des centaines de kilomètres de ligne. La stratégie est donc d’ajuster la portée du premier
gradin afin qu’il termine sa course à l’intérieur des transformateurs de distribution. De
cette façon, la protection perçoit la ligne en entier, mais ne perçoit pas le client. De plus,
le gradin-1 est instantané et libère donc le défaut avant même que la centrale soit
perturbée.

Transformateur
plus loin
Poste - Centrale
Centrale 11234 1567 Client
des Iles
12
123453647
CT Ligne
13
PT
4) Source
Relais 21
11234 1567 Client

Transformateur
plus près
ARRANGEMENT FONCTIONNEL

Figure 9.24 - Gradin-1 avec dépassement, exploitant la réactance des


transformateurs
L’exemple des Iles de la Madeleine démontre qu’il est possible d’imaginer une
stratégie propre à un contexte de réseau particulier. Les liens de communication sont
totalement inutiles et trop coûteux dans ce contexte. L’idée de limiter la portée d’un
gradin-1 dans un transformateur s’applique aussi à certaines protections de ligne regardant
d’un poste élévateur vers une centrale. Nous reviendrons ultérieurement pour les
protections de ligne entre poste et centrale.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.3 - Accéléré sans dépassement (PUR)


9.3.1 -MISE EN SITUATION
Voyons d’abord la situation. Nous avions vu au chapitre 2, section 2.3.1 page 33 que le
gradin-1 couvre au maximum 80% le la ligne à protéger et section 2.3.2 page 41 que le
gradin-2 couvre au minimum 120%. Lorsqu’un défaut se produit entre 20% et 80% de la
ligne, les premiers gradins des deux extrémités de la ligne perçoivent ce défaut et
déclenchent instantanément leur disjoncteur. Mais, que se passe-t-il lorsque le défaut se
produit entre 0% et 20%, ou entre 80% et 100% de la ligne ? Il s’agit de zones grises. La
protection qui perçoit un défaut entre 0% et 20%, traite ce défaut en premier et deuxième
gradin. Voir le poste-D de la figure suivante. La protection de l’autre extrémité qui
perçoit le défaut entre 80% et 100%, ne traite ce défaut qu’en deuxième gradin. Voir le
poste-G de la figure suivante.

120%

vu du poste-D
80%


Poste-G Poste-D
8
Ligne-X01 Ligne-X02 Ligne-X03

80%
vu du poste-G

120%


1 2

0 0 Le fait de percevoir le défaut en 0 0


zone-1 m'assure que le défaut est
véritablement sur ma ligne.
112 112
2 2
Lorsque je perçoit le défaut en zone-2
seulement, s'agit-il de :
 ma ligne (X)
 du poste ou de l'autre ligne (Y)
 
PROTECTION PROTECTION
LIGNE-X02 Disjoncteur fermé LIGNE-X02
Disjoncteur en déclenchement
Disjoncteur ouvert

Figure 9.25 - Défaut dans un premier 20% de la ligne


La protection du poste-D qui perçoit le défaut en premier gradin ne représente aucun
problème. Son action est instantanée. Par contre, la protection du poste-G qui ne perçoit
le défaut qu’en deuxième gradin est indécise concernant la véritable appartenance du
défaut. Le défaut est-il sur la ligne à protéger (Ligne-X02 section X de la figure précédente), ou
est-il au-delà de la ligne à protéger (Section Y de la figure précédente) ? Dans le doute, on doit
attendre avant d’agir. La minuterie du deuxième gradin TZ2 offre ce délai d’attente. Si le

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 201
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
temps d’activation du gradin-2 excède le délai TZ2, alors la protection déclenche son
disjoncteur de ligne. Normalement ce délai se situe entre 20 et 30 cycles. Si le défaut se
produit à l’intérieur du poste-D, les protections internes au poste-D (différentiel de barre,
surintensité, … ) ont amplement le temps d’isoler le défaut avant même que le deuxième
gradin du poste-G ait le temps de réagir. Si le défaut se produit sur la ligne-X03, à un
endroit dont le gradin-2 du poste-G peut le percevoir, voir figure suivante, la protection de
ligne située au poste-D protégeant la ligne-X03 perçoit ce même défaut en gradin-1 et
élimine très rapidement le défaut.


Poste-G

Ligne-X02 Ligne-X03
Ligne-X01
Poste-D

0 Circuit du
poste-G
Circuit du
poste-D 0 0 Circuit du
poste-D

112 112 PROTECTION


PROTECTION
4 LIGNE-X02 4 LIGNE-X03

  

Figure 9.26 - Défaut hors zone


Il est très rare qu’un gradin-2 se rende à terme de sa minuterie. Si tel est le cas, nous
avons de sérieux problèmes avec plusieurs protections.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.3.2 -SOLUTION AVEC LIEN DE COMMUNICATION


Si le défaut a lieu entre 80% et 120% de la ligne (Voir zone X de la figure suivante), le
deuxième gradin du poste-G apprécierait en avoir une confirmation. Avoir la certitude
que le défaut est sur la ligne à protéger (Ligne-X02), le deuxième gradin du poste-G
pourrait outrepasser la minuterie TZ2 et déclencher son disjoncteur le plus rapidement
possible. Seuls les gradins 1 ou 2 du poste-D peuvent fournir cette information. Dû au
fait que les gradins 1 et 2 du poste-D soient directionnels, ils ne peuvent percevoir que les
défauts étant sur la ligne-X021. Considérons le gradin-1 du poste-D. Ce gradin peut
confirmer au gradin-2 du poste-G que le défaut qu’il perçoit est bien sur la ligne à
protéger.

120%

vu du poste-D
80%


Poste-G Poste-D
Ligne-X01 Ligne-X02
123456 Ligne-X03

80%
vu du poste-G

120%
Disjoncteur fermé

Disjoncteur en déclenchement
Disjoncteur ouvert 1
Le gradin-1 du poste-D peut confirmer
34 35 6789
au gradin-2 du poste-G que le défaut qu'il 34 35 6789

perçoit est bien la portion X. Soit un défaut


sur la ligne X02.
112 112
2 2
678
12234353
6176893
166 7 678

12
5 12
PROTECTION
123456657289
238 2  PROTECTION
LIGNE-X02 LIGNE-X02

123365 123345

Figure 9.27 - Confirmation par lien de communication


Donc dans l’exemple de la figure précédente, le défaut se produit dans le dernier 20%
de la ligne. Le gradin-1 du poste-D le perçoit. Au poste-G, le défaut n’est perçu que par le
gradin-2. Le gradin-1 du poste-D, qui est un gradin sans dépassement (voir chapitre 2, section
2.3.1 page 33), émet un signal à la protection du poste-G pour aviser le gradin-2
d’outrepasser sa minuterie. On dit que le gradin-2 est accéléré dans le temps. En anglais
on utilise l’expression Aided Trip pour dire que le deuxième gradin est aidé pour opérer
plus rapidement. D’autres comme Schweitzer donneront l’indication COM pour faire
allusion que le lien de communication a été utilisé.

1.Le gradin-2 du poste-D perçoit une partie de la ligne X01. Mais cela ne dérange en rien la confirmation
du gradin-2 du poste-G par les gradins 1 ou 2 du poste D.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 203
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
L’expression ACCÉLÉRÉ SANS DÉPASSEMENT peut être dite comme suit :
Le gradin-2 est accéléré dans le temps avec l’aide du gradin-1 de l’autre extrémité de la
ligne qui est un gradin sans dépassement. C’est à dire que la portée du premier gradin
ne dépasse pas la longueur de la ligne, sa portée n’étant que de 80%.
L’expression PUR 6Permissive Under Reach peut être dite comme suit :
Le gradin-1 qui ne dépasse pas la longueur de la ligne (Under Reach), permet
(permissive) au gradin-2 de l’autre extrémité de fonctionner immédiatement.

CONDITIONS NÉCESSAIRES À L’APPLICATION DE LA PHILOSOPHIE

Afin de pouvoir appliquer cette philosophie, les critères suivants doivent être
rencontrés.
La ligne est suffisamment longue de sorte que la résistance de l’arc ne menace pas
le bon fonctionnement du gradin-1. Il est possible d’appliquer la philosophie
Accélérée Sans Dépassement sur une ligne courte si nous adoptons la forme
quadrilatère du gradin afin d’englober la résistance de l’arc. Voir chapitre 2,
section 2.3.1.5 page 35
La ligne n’est pas soumise à la compensation série.
Pas d’extrémité faible. Les deux extrémités de la ligne doivent être capables
d’alimenter un défaut sur la ligne.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 204
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.3.3 -DÉFAUT HORS ZONE


La figure-9.26 représente une vue simplifiée du défaut hors zone. La figure suivante
montre le même défaut en tenant compte de la philosophie POR. Seul le deuxième gradin
du poste-G perçoit le défaut. Cependant, il ne reçoit aucune confirmation du gradin-1 du
poste-D. Le gradin-1 du poste-D est orienté vers la ligne X02. Un défaut sur la ligne X03
est donc considéré comme en arrière pour ce gradin, et est donc hors zone.
Conséquemment, le gradin-2 du poste-G est limité à sa minuterie TZ21. Normalement, le
défaut de la figure suivante doit être isolé rapidement2 par les protections de la ligne X03.
Une fois le défaut isolé par les protections de la ligne X03, le gradin-2 du poste-G ne
perçoit plus de défaut.

120%

vu du poste-D
80%


Poste-G Poste-D
Ligne-X01 Ligne-X02 Ligne-X03

80% 123456
vu du poste-G

120%
Disjoncteur fermé

Disjoncteur en déclenchement
Disjoncteur ouvert

34 35 6789
Le gradin-1 du poste-D protégeant la ligne 34 35 6789

X02 ne voit pas le défaut de la ligne X03.


Ce défaut se trouve derrière pour ce gradin.
112 Donc il n'y a pas d'accélération. 112
2 2
678
678

12234353
6176893
166 7
12 12
PROTECTION

5 PROTECTION
LIGNE-X02 123456657289
238 2  LIGNE-X02

Figure 9.28 - Défaut hors zone

1.De l’ordre de 20 à 30 cycles.


2.Le temps normal pour isoler un défaut est de l’ordre de 4 à 6 cycles.

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9.3.4 -PROBLÈME CONSÉQUENT D’UN DISJONCTEUR DÉJÀ OUVERT LORS


D’UN DÉFAUT

Jusqu’à maintenant, le défaut était alimenté par les deux extrémités de la ligne, assurant
ainsi le bon fonctionnement des protections de ligne dans les deux extrémités de la ligne.
Mais, qu’arrive-t-il si une extrémité de la ligne n’est pas alimentée suite à un disjoncteur
ouvert ? En regardant la figure suivante, on voit que le disjoncteur de la ligne X02 est
ouvert au poste-D. Un défaut sur la ligne X02 n’est donc pas alimenté par le poste-D,
empêchant ainsi la protection de ce même poste de fonctionner normalement. Si le défaut
se produit dans le gradin-1 de la protection du poste-G, le défaut sera rapidement isolé.
Mais si le défaut se produit à l’extérieur du gradin-1 de la protection du poste-G, soit entre
80% et 100% à partir du poste-G, nous avons un problème. La figure suivante montre un
défaut perçu que par le gradin-2 du poste-G. Ce gradin-2 est temporisé1 et attend un signal
d’accélération. Comme la protection du poste-D ne fonctionne pas faute d’alimentation, il
n’y aura pas d’émission de signal d’accélération de la part du poste-D. Ce qui présente un
problème à notre philosophie.

120%

vu du poste-D
80%


Poste-G Poste-D
8
Ligne-X01 Ligne-X02 Ligne-X03

80%
vu du poste-G

120%
Disjoncteur fermé

Disjoncteur en déclenchement
Disjoncteur ouvert
La protection de ligne du poste D ne
fonctionne pas puisque le défaut n'est pas
alimenté. Le disjoncteur est ouvert. La
0 0 $%79& protection du poste G ne peut donc pas
0 0 $%79&
recevoir d'accélération en provenance du
poste D.
312 312
4 4
$%76& 
8 ! " $%76&

 # 
PROTECTION
123456657289
238 2  PROTECTION
LIGNE-X02 LIGNE-X02

123365 123345

Figure 9.29 - Problème généré par un disjoncteur ouvert


Si la grandeur du courant de court-circuit est élevée, laisser perdurer un défaut le temps
de TZ2 ne sera pas très apprécié.

1.Minuterie TZ2 temporisé de 20 à 30 cycles.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 206
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
La solution est d’une grande simplicité. Le gradin-2 du poste-G ne pourra jamais
percevoir un défaut plus loin que le disjoncteur ouvert. Il est donc évident que tout défaut
perçu par la protection du poste-G appartienne obligatoirement à la ligne lorsque le
disjoncteur de l’autre extrémité est ouvert. On peut donc considérer l’état du disjoncteur
avec son contact auxiliaire 52b1. Si le disjoncteur est ouvert au poste-D, on émet en
permanence un signal d’accélération vers le poste-G afin de confirmer l’appartenance du
défaut à la ligne.

120%

vu du poste-D
80%


Poste-G Poste-D
Ligne-X01 Ligne-X02
123456 Ligne-X03

80%
vu du poste-G


Disjoncteur fermé
Disjoncteur en déclenchement

120%
Disjoncteur ouvert

Afin d'assurer l'accélération du poste G

75 34 35 6789
lors de l'ouverture du disjoncteur au poste
D, on utilise les contacts auxiliaires 52b des 75 34 35 6789

disjoncteurs afin d'émetre en permanence.


112 112
2 2
12234353
6176893
166 7
678

678

12
5 12
PROTECTION
123456657289
238 2  PROTECTION
LIGNE-X02 LIGNE-X02

123365 123345

Figure 9.30 - Émission par l’état du disjoncteur


Cette technique d’accélération par l’état du disjoncteur s’applique dans les deux
extrémités de la ligne.

1.La position du contact auxiliaire 52b d’un disjoncteur est toujours l’inverse de celui du disjoncteur. Si
le disjoncteur est ouvert, le 52b est fermé.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 207
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.4 - Accéléré avec dépassement (POR)


9.4.1 -MISE EN SITUATION
Lorsqu’une ligne est très courte, la résistance d’arc du défaut n’est plus négligeable. Le
gradin-1 risque de ne pas fonctionner correctement. Il est donc possible que le signal
d’accélération ne soit pas émis pour un défaut très près du poste. Voir figure-2.17
chapitre-2 page 37. Cette situation n’est pas acceptable. Il existe deux manières de
corriger la situation.
La première solution consiste à modifier la forme du gradin-1 afin d’englober la
résistance de l’arc. Voir lesfigure-2.20 page 39 et figure-2.22 page 40. Cette solution ne
convient pas toujours. La technologie de la protection de ligne en cause ne permet peut-
être pas de modifier la forme du gradin. Si la ligne est extrêmement courte, il est possible
que le gradin-1 soit mis hors service.
La deuxième solution consiste à utiliser le gradin-2 comme émetteur de signal
d’accélération. Supposons que le contexte oblige l’usage de la deuxième solution. La
figure suivante ne considère plus le gradin-1, même s’il est toujours actif. Le problème du
gradin-2 est de discerner l’appartenance du défaut à la ligne dû au fait qu’il perçoit aussi
les défauts entre 100% et 120%. Le gradin-2 est avec dépassement. La temporisation TZ2
corrige ce problème en retardant l’opération du gradin-2. Mais si le défaut est bien sur la
ligne, il serait intéressant d’accélérer le fonctionnement du gradin-2 afin de dégager
rapidement le défaut.

120%

vu du poste-D

Poste-G Poste-D
Ligne-X01 Ligne-X02 Ligne-X03

8
vu du poste-G

120%

Disjoncteur fermé
Disjoncteur en déclenchement
Disjoncteur ouvert
0 0

112 112
2 2
Nous ne travaillons qu'avec les gradins-2. Les
gradins-1 sont hors services ou non fiable.
Lorsque le défaut est perçu en gradin-2, nous ne
savons pas si le défaut appartient à la ligne X02
ou non.
 
PROTECTION PROTECTION
LIGNE-X02 LIGNE-X02

Figure 9.31 - Usage de gradin-2 seulement

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.4.2 -SOLUTION AVEC LIEN DE COMMUNICATION


La portée du gradin-2 est purement directionnelle. Cette caractéristique peut aider à la
protection de l’autre extrémité de la ligne à connaître l’appartenance du défaut. Par
exemple, le gradin-2 du poste-G de la figure suivante perçoit un défaut. Si le gradin-2 du
poste-D perçoit aussi le défaut, ce défaut se produit sur la ligne à protéger. L’usage des
liens de communication permet aux gradins-2 d’accélérer l’autre extrémité. Comme la
portée du gradin-2 dépasse la longueur de la ligne, on dit que l’accélération est faite avec
dépassement, d’où l’expression Accéléré avec Dépassement. Le terme anglais est
Permissive Over Reach POR.

120%

vu du poste-D

Poste-G Poste-D
Ligne-X01 Ligne-X02 Ligne-X03

8
vu du poste-G 120%


Les gradins-2 sont directionnels.
Ils peuvent donc s'autoconfirmer
ou s'autoaccélérer pour un défaut
%6 0 $%79& appartenant à la ligne. %6 0 $%79&

112 112
2  2
$ 8 ! "
$%76& $%76&
%
 1234566572897238
2 
PROTECTION PROTECTION
LIGNE-X02 LIGNE-X02

Disjoncteur fermé
Disjoncteur en déclenchement
Disjoncteur ouvert

Figure 9.32 - Accélération avec le gradin-2


La philosophie «Accéléré avec dépassement  POR» connaît certains problèmes que
la philosophie «Accéléré sans dépassement  PUR» n’a pas. Avec la philosophie de
protection PUR, si les liens de communication ne fonctionnent pas et que le défaut se
produit entre 0% et 20% de la ligne, l’extrémité éloignée ne déclenche pas avant le délai
TZ2. Cependant, avec la philosophie de protection POR, si les liens de communication ne
fonctionnent pas et que le défaut se produit entre 0% et 100% de la ligne, les deux
extrémités ne déclenchent pas avant leur délai TZ2. La section 9.7 page 215 explique aussi
un autre problème que peut vivre la philosophie POR lors d’inversion de courant sur des
lignes adjacentes.

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9.4.3 -UN DISJONCTEUR EST DÉJÀ OUVERT EN EXTRÉMITÉ DE LIGNE


En regardant la figure suivante, on voit que le disjoncteur de la ligne X02 est ouvert au
poste-D. Un défaut sur la ligne X02 n’est donc pas alimenté par le poste-D, empêchant
ainsi la protection de ce même poste de fonctionner normalement. Si un défaut se produit
sur la ligne X02, le fait que la protection du poste-D ne fonctionne pas, empêche
l’émission d’un signal d’accélération vers le poste-G. Le gradin-2 du poste-G n’est donc
pas accéléré et doit attendre la fin de la minuterie TZ21. La situation n’est pas acceptable.
On utilise donc l’état du disjoncteur par son contact auxiliaire 52b2. Si le disjoncteur est
ouvert, on émet en permanence un signal d’accélération vers l’autre extrémité. De toute
manière, la protection du poste-G ne peut percevoir un défaut au delà du disjoncteur
ouvert au poste-D.

120%

vu du poste-D

Poste-G Poste-D
Ligne-X01 Ligne-X02 Ligne-X03

8 3333
vu du poste-G 120%


Si le disjoncteur est ouvert au poste-D, le
gradin-2 du poste-G ne peut pas percevoir de
défaut au delà de ce disjoncteur ouvert. La
protection du poste-D ne peut fonctionner
%6 0 $%79& puisque le défaut n'est pas alimenté par cette %6 0 $%79&
extrémité. On utilise donc le contacte
auxiliaire 52b du disjoncteur pour émettre un
signal d'accélération en permanence.
112 112
2 2

$%76& $ 8 ! " $%76&

%
 1234566572897238
2 
PROTECTION PROTECTION
LIGNE-X02 LIGNE-X02

Disjoncteur fermé
Disjoncteur en déclenchement
Disjoncteur ouvert
Figure 9.33 - Émission du signal d’accélération avec le contact 52b

1.Minuterie TZ2 temporisé de 20 à 30 cycles.


2.La position du contact auxiliaire 52b d’un disjoncteur est toujours l’inverse de celui du disjoncteur. Si
le disjoncteur est ouvert, le 52b est fermé.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.4.4 -DÉFAUT HORS ZONE


À la figure suivante, un défaut se produit en dehors de la zone à protéger. Le gradin-2
du poste-G perçoit le défaut, mais ne reçoit pas de signal d’accélération de la part du
poste-D, puisque le gradin-2 du poste-D ne perçoit pas le défaut. Si le défaut est à
l’intérieur du poste-D, il revient donc aux protections différentielles ou protection de
surintensité d’isoler ce défaut. Si le défaut se situe sur la ligne X03, il revient donc aux
protections de la ligne X03 à isoler le défaut. Les protections de la ligne X02 ne doivent
pas réagir sur un défaut qui ne leur appartienne pas.

120%

vu du poste-D

Poste-G Poste-D
Ligne-X01 Ligne-X02 Ligne-X03

8
vu du poste-G 120%

%6 0 $%79& %6 0 $%79&



113 $ 8 ! " 113
2 2
%
$%76& 1234566572897238
2 $%76&

 
PROTECTION PROTECTION
LIGNE-X02 LIGNE-X02

Disjoncteur fermé
Disjoncteur en déclenchement
Disjoncteur ouvert

Figure 9.34 - Défaut hors zone

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9.5 - Protection de ligne Poste-Centrale


Voici un exemple de protection utilisant le mode de base au poste-D, et le mode
accéléré avec dépassement «POR» au poste-G. Il est possible de mélanger certaines
philosophies de protection selon le besoin. L’exemple de la figure suivante ne s’applique
pas à toutes les centrales. Tout dépend de la configuration du réseau électrique de la
centrale.
Prenons un exemple de la région manicouagan. En général, les alternateurs ont un
transformateur élévateur de 13.8 kV à 315 kV. Ce transformateur est réactif et son
impédance se situe entre 0,15 PU et 0,25 PU. Le poste-G de la centrale connecte une ligne
de 315 kV vers un poste-D de transport, poste élévateur de 315 kV à 735 kV. Supposons
la centrale de Manic-3 avec le poste Micoua.
La protection du poste-G regardant vers le poste-D de transport, ne doit pas traiter les
défauts à l’intérieur du poste-D. Voir figure-9.36. Le gradin-2 devra donc être temporisé
avec une minuterie TZ2 et recevoir une confirmation de la protection du poste-D afin
d’être accéléré si le défaut est sur la ligne 315 kV. Généralement, la centrale est
relativement près du poste de transport. La courte longueur des lignes 315 kV peut même
exiger la mise hors circuit du gradin-1, l’impédance de la ligne étant beaucoup trop faible.

ALTERNATEUR
Source
3 4
5 Km
4) Transfo.
CT CT
de puissance
13.8 à 315 KV PT 123456 PT
Relais 21 Relais 21

Poste - Centrale Autres 315KV à 735KV


sources

34 56789 Poste - Élévateur


Protection de ligne
Au poste
112
2 3
34
567 9
112
2
12
Protection de ligne
À la centrale

12234353 12
1672893
1 7 7 
9789781 7
123365 123345
Figure 9.35 - Exemple de protection poste-centrale

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 212
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
La protection de ligne du poste-D de transport regardant en direction de la centrale agit
différemment. Si la ligne 315 kV ne se relie qu’à un seul transformateur 13,8 kV à
315 kV, il faudra libérer la ligne d’une manière ou d’une autre si il y a défaut. Donc, les
gradin-1 et gradin-2 de la protection du poste-D peuvent être réglés pour percevoir la ligne
entière jusqu’à l’intérieur du transformateur élévateur de l’alternateur, environ 40% à 60%
des enroulements. Comme ce transformateur est très réactif, il peut équivaloir à des
centaines de kilomètres de ligne. Il est donc facile de régler la porté des gradins du poste-
D vers la centrale. La protection du poste-D ne nécessite pas d’accélération.
Si la topologie de la centrale exige une meilleur sélectivité du défaut de la ligne, il peut
devenir nécessaire d’utiliser l’accélération à la protection de ligne du poste-D et
d’abandonner le gradin-1.

ALTERNATEUR
Source
3 4
5 Km
4) Transfo.
CT CT
de puissance
13.8 à 315 KV PT PT
Relais 21 Relais 21

Poste - Centrale Autres


sources 123456
315KV à 735KV

34 56789 Poste - Élévateur


Protection de ligne
Au poste
112
2 3
34
567 9
112
2
12
Protection de ligne
À la centrale

12234353 12
1672893
1 7 7 
9789781 7
123365 123345
Figure 9.36 - Défaut à l’intérieur du poste élévateur

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 213
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.6 - Liens de communication hors service


Pour les philosophies de protection accélérées avec ou sans dépassement (POR, PUR),
la perte du lien de communication représente un problème. Sans lien de communication,
il n’y a plus d’accélération du gradin-2. Nous devons donc choisir un mode par défaut.
Selon le contexte local du réseau où se trouve la protection, il peut être préférable de
maintenir le gradin-2 accéléré en permanence, ou de ne pas l’accélérer du tout. Si le
courant de court-circuit est tel que le défaut doit être isolé très rapidement, on opte pour
l’accélération permanente lors de la perte du lien de communication. Si par contre le
courant de court-circuit est supportable et que le délai TZ2 du gradin-2 en cause permet
une meilleure coordination avec d’autres protections environnantes, et bien on n’accélère
pas le gradin-2 lors de perte de lien de communication. La note-6 de la figure suivante
représente ce choix. Les contacts 83L/85 représentent l’état des liens de communication.
Normalement, les protections de ligne sont doublées à Hydro-Québec. Tant qu’une
protection fonctionne correctement, l’autre protection en faute ne modifie rien à la
philosophie. Mais si les deux protections perdent simultanément leur lien de
communication, alors la règle s’applique.

Protection A
Hors service si fermé

Contact de l’unité À être branché à la demande


de tonalité de la direction réseau de transport
et interconnexions.

Protection B
Hors service si fermé

Opto Coupleur de
la protection sevant
à accélérer le Gradin-2
Exemple du Quadramho

Figure 9.37 - Perte de lien de communication

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 214
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.7 - Problème causé par l’inversion de courant


La philosophie de protection «Accéléré avec dépassement» POR, nous expose à un
problème que l’on ne retrouve pas avec la philosophie «Accéléré sans dépassement» PUR.
Une inversion de courant de défaut passant sur une ligne, peut entraîner le déclenchement
de cette même ligne, alors que le défaut ne lui appartient pas. L’expression
Déclenchement par sympathie peut être utilisée pour signifier ce phénomène.
On retrouve ce problème dans la configuration suivante du réseau: Deux lignes très
courtes, adjacentes, dont les deux extrémités sont reliées à des sources. Voyons en détail
ce problème en question.

9.7.1 -MISE EN SITUATION


Selon la figure suivante, nous avons deux lignes adjacentes extrêmement courtes. Une
source forte est reliée au poste D, et une source plus faible est reliée au poste G. Il est
impossible d’utiliser les gradins-1 dus à la trop faible longueur des lignes X01 et X02.
Afin d’englober la résistance de l’arc, les gradins-2 sont ajustés à plus de 180%. Les deux
lignes sont en service dans le but de garantir une continuité de service au cas où une des
deux lignes déclenche. Exemple d’une aluminerie. Le défaut se produit sur la ligne X01,
à l’intérieur du chevauchement des gradins-2 des protections de la ligne X02. Le fait que
les gradins-2 soient à 180%, leur portée se chevauche sur la ligne adjacente
Chevauchement des gradins
Poste-G Poste-D
Disj-1G Ligne-X01 Disj-1D

Source

12 Portée du gradin-2, ligne X02, poste D 4)


Disj-2G Ligne-X02 Disj-2D
Portée du gradin-2, ligne X02, poste G

Figure 9.38 - Chevauchement des gradins-2 de la ligne X02

9.7.2 -CAS D’INVERSION DE COURANT AVEC CIRCUIT CONVENTIONNEL


9.7.2.1 - Étape 1 : Arrivée du défaut

Voir la figure-9.39. La tension de barre au poste D du côté de la source la plus forte est
supérieure à la tension de barre du poste G côté source faible. Donc l’extrémité de la
source forte au poste D aide le poste G à alimenter le défaut par le biais de la ligne X02.
Ceci engendre un courant dans la ligne X02, allant du poste D vers le poste G. Le gradin-
2 de la ligne X02 au poste D, perçoit le défaut de la ligne X01. Il émet donc un signal
d’accélération vers la protection de la ligne X02 au poste G. Cependant, le gradin-2 de la
ligne X02 poste G ne perçoit pas le défaut puisqu’il est en arrière dû au sens du courant.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 215
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

Poste-G Poste-D
Disj-1G Ligne-X01 Disj-1D

Source Courant de défaut Courant de défaut

12 Courant de défaut
4)
Disj-2G Ligne-X02 Disj-2D

0 $%79& 0 $%79&
$%76&
112 112
2 2

 Disj-2G  Disj-2D

PROTECTION PROTECTION
LIGNE-X02 LIGNE-X02

Figure 9.39 - Défaut de la ligne X01 perçu par le gradin-2 de la ligne X02
Notez que les protections de la ligne X01 traitent le défaut de la ligne X01. Nous
présumons que ces protections feront correctement leur travail. Ce qui nous intéresse ici,
c’est la perception du défaut de la ligne X01 par les protections de la ligne adjacente X02.
En principe, les protections de la ligne X02 ne doivent pas réagir sur le défaut de la ligne
X01.
La figure suivante montre le chronogramme de la situation précédente. Il y a d’abord
la détection du défaut par le gradin-2 de la ligne X02 au poste D. Il y a ensuite émission
du signal d’accélération vers la protection de la ligne X02 au poste G. Après un court délai
de l’ordre de 15ms à 20 ms, la protection de la ligne X02 au poste G reçoit le signal
d’accélération qui n’accélère rien pour l’instant puisque le gradin-2 du poste G ne perçoit
pas de défaut.

Z2 Poste-D

TX poste-D

RX poste-G
& A
Z2 Poste-G

Figure 9.40 - Chronogramme

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 216
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.7.2.2 - Étape 2 : Déclenchement du disjoncteur provoquant ’inversion de courant

Le temps que prend une protection de ligne à isoler un défaut est de l’ordre de 4 à 6
cycles. Le temps de réaction total de la protection peut être différent d’une extrémité à
l’autre de la ligne en défaut. Supposons que la protection du poste G est 1 cycle plus
rapide que la protection du poste D. Le disjoncteur de la ligne X01 du poste G ouvre en
premier. La barre du poste G est donc dégagée du défaut de ligne et sa tension relève à
une valeur supérieure à la barre du poste D. Maintenant, le poste G aide le poste D à
alimenter le défaut par le biais de la ligne X02. Le courant de la ligne X02 change donc de
direction. L’inversion de courant de la ligne X02 fait que la protection de ligne X02 au
poste G perçoit maintenant le défaut, le courant étant dans le bon sens. La protection de
ligne X02 au poste D ne perçoit plus de défaut, le défaut se retrouvant derrière dû au sens
du courant. Le temps que prend un comparateur de gradin pour réagir est de l’ordre de ½
cycle.
Poste-G Poste-D
Disj-1G Ligne-X01 Disj-1D

Source Courant de défaut

4) Courant de défaut
4)
Disj-2G Ligne-X02 Disj-2D

0 $%79& 0 $%79&
$%76&
112 112
2 2

Chevauchement
 
PROTECTION PROTECTION
LIGNE X02 LIGNE X02

Déclenchement par inversion de


courant de la ligne X02.
Figure 9.41 - Inversion de courant
Le gradin-2 du poste D cesse d’émettre, mais il y a un délai avant qu’il n’y ait plus de
réception 85RX au poste G. Le gradin-2 du poste G s’active plus rapidement que le retrait
de la réception 85RX. Le chevauchement du gradin-2 du poste G avec le vestige de
réception du signal d’accélération 85RX permet le déclenchement de la ligne X02.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 217
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
La ligne X01 est entièrement dégagée par ses propres protections de ligne. La ligne
X02 a hélas déclenché en se laissant tromper par le phénomène d’inversion de courant. Le
client qui espérait une continuité de service n’apprécie sûrement pas ce genre
d’événement.

Poste-G Poste-D
Disj-1G Ligne-X01 Disj-1D

Source

12
Ligne-X02 4)
Disj-2G Disj-2D

0 $%79& 0 $%79&
$%76&
112 112
2 2

 
PROTECTION PROTECTION
LIGNE X02 LIGNE X02

Figure 9.42 - Déclenchement par sympathie

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 218
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.7.3 -CIRCUIT DE BLOCAGE DE SIGNAL RX SANS Z2


Observation et solution du problème
En regardant bien le chronogramme suivant, partie de couleur rosée, on voit que le
retrait tardif du signal de réception RX au poste G chevauche avec l’apparition du gradin-
2. Le gradin-2 est donc accéléré par un vestige de réception et déclenche aussitôt son
disjoncteur. Ce déclenchement n’aurait pas dû se produire. Il existe pourtant un
avertissement au risque de l’inversion de courant. En regardant bien la partie en jaune,
juste avant l’inversion de courant, le fait de recevoir un signal d’accélération alors que le
gradin-2 est absent nous expose au risque de déclencher lors d’inversion de courant.
Inversion
de courant Situation indésirable
entraînant au
déclenchement
Z2 Poste D

TX poste D

RX poste G

Z2 Poste G
Déclenchement
du poste-G ligne X02

Figure 9.43 - Chronogramme complet du déclenchement par sympathie


On utilise donc cette condition «présence de RX avec l’absence du gradin-2», afin de
bloquer toute accélération à venir. Bloquer une accélération ne doit pas être fait à la
légère. Il serait dommage qu’un bruit électrique crée une fausse condition par effet
d’induction dans les circuits, et bloque ensuite une accélération qui aurait dû avoir lieu.
L’induction par un bruit électrique ne dure qu’un très court moment. Si on exige que la

Inversion
de courant

Z2 Poste D

TX poste D

RX poste G
& A
Z2 Poste G
Pas de déclenchement

Minuterie Bloque toute accélération


Tp
TpTd - Blocage Td

Figure 9.44 - Chronogramme avec minuterie de blocage

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 219
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
condition soit présente de manière continue pendant un certain temps Tp, il est possible de
filtrer les bruits électriques en ajustant ce temps à une valeur supérieure à la durée
maximale d’un bruit ou induction. L’opération d’un disjoncteur ou d’un sectionneur dans
un poste constitue un excellent générateur de bruit électrique.
Lorsque la condition «présence de RX avec l’absence du gradin-2» est détectée, après
le temps Tp, une minuterie Td est initiée et bloque toute accélération à venir. La minuterie
de retombé Td bloque toute accélération du gradin-2, et peut aussi bloquer toute émission
de signal d’accélération TX selon le fabricant.

0 $%79&
0 $%79&
112
2
112 Tp
2 Td
Blocage


34 9

PROTECTION
LIGNE X02 
PROTECTION
LIGNE X02

Figure 9.45 - Circuit de blocage Tp-Td


Tp signifie Time PickUp qui est le délai d’amorçage de la fonction de blocage de signal
d’accélération. Td signifie Time DropOut qui est la durée de ce blocage.

9.7.4 -CAS D’INVERSION DE COURANT AVEC CIRCUIT DE BLOCAGE TP-TD


Reprenons le même scénario que la section 9.7.2 page 215, mais cette fois-ci en tenant
compte du circuit de blocage de la figure-9.45. À la figure-9.46, le défaut se produit sur la
ligne X01. Le gradin-2 de la ligne X02 du poste D perçoit ce défaut et émet un signal
d’accélération à la protection du poste G. La protection de la ligne X02 au poste G reçoit
le signal d’accélération, mais le gradin-2 est inactif. La condition de blocage «présence de
RX avec l’absence du gradin-2», toujours présente après le temps Tp, actionne la
minuterie Td et bloque toute future accélération.
À la figure-9.47, la protection de la ligne X01 poste G agit en premier et ouvre son
disjoncteur. Le courant change de direction dans la ligne X02 et le gradin-2 du poste G
s’active. Le circuit de blocage Td empêche l’accélération de se produire et évite le
déclenchement du disjoncteur de la ligne X02.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 220
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

Poste-G Poste-D
Disj-1G Ligne-X01 Disj-1D

Source Courant de défaut Courant de défaut

12 Courant de défaut


Disj-2G Ligne-X02 Disj-2D

34 56789 34 56789
567 9
112 212
1 1
Tp Tp
Td Td

12 12
PROTECTION PROTECTION
LIGNE X02 LIGNE X02

Figure 9.46 - Défaut avec circuit de blocage Tp-Td

Poste-G Poste-D
Disj-1G Ligne-X01 Disj-1D

Source Courant de défaut

12 Courant de défaut


Disj-2G Ligne-X02 Disj-2D

34 56789 34 56789
567 9
212 212
1 1
Tp Tp
Td Td

Chevauchement

Blocage du
12 déclenchement 12
PROTECTION assisté PROTECTION
LIGNE X02 LIGNE X02

Figure 9.47 - Blocage de l’accélétration par la minuterie Td

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 221
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
Le circuit de blocage Tp-Td a évité la perte de la ligne par sympathie. Le client
continue donc à être alimenté sans pénalité.
Poste-G Poste-D
Disj-1G Ligne-X01 Disj-1D

Source

12
Ligne-X02

Disj-2G Disj-2D

34 56789 34 56789
567 9
112 112
2 2
Tp Tp
Td Td

12 12
PROTECTION PROTECTION
LIGNE X02 LIGNE X02

Figure 9.48 - Ligne X02 préservée

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9.7.5 -MÉTHODE DE BLOCAGE AVEC LE GRADIN-3 INVERSÉ


L’absence de gradin-2 lors de réception de signal est la condition normale de blocage
de l’accélération. Le gradin-2 est absent puisque le défaut se trouve en arrière de la zone
protégée par la protection, voir figure-9.46. Certains fabricants offrent la possibilité de
renverser la direction du gradin-3 et de prendre la logique suivante: Lorsque le défaut est
en arrière «gradin-3» et que je reçoive un signal de réception «85RX», alors je bloque
l’accélération. Rien n’empêche de préserver l’ancienne condition de l’absence du gradin-
2 comme montré en figure suivante. Avec cette méthode, la filtration avec le temps Tp
n’est plus nécessaire. La construction d’un comparateur de gradin filtre déjà les bruits,
harmoniques et composantes CC.

23 AVEC Z3 INVERSÉ
Z2 34 3 56789

Z1

112
2

Td
1

Z3
12
PROTECTION
LIGNE X02

Figure 9.49 - Blocage de l’accélération par le gradin-3 inversé


Ce qui motive à utiliser cette méthode est la possibilité d’avoir un poste en extrémité
faible que nous verrons au chapitre 9, section 9.10 page 237. Si la source faible alimentant
le poste G de la figure-9.46 est hors service, ainsi que la ligne X02, la protection du poste
G doit passer en mode «Extrémité Faible». La philosophie de protection «Extrémité
faible» est aussi connue sous le nom de «Protection Écho» ou «WI 1 Weak Infeed».
Dans cette philosophie, le gradin-3 doit être orienté vers l’arrière. Hors, si la source est
présente ainsi que les deux lignes adjacentes, la protection doit pouvoir se protéger contre
les déclenchements par sympathie. La technique du gradin-3 inversé permet à la
protection de ligne de supporter deux philosophies de protections différentes
simultanément, sans avoir recourt à des interventions extérieures.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.8 - Client branché sur le parcourt de la ligne


Il arrive régulièrement que des petits postes de répartition ou distribution soient reliés
sur le parcours d’une ligne de transport d’énergie. Il serait trop onéreux d’équiper ces
petits postes de lien de communication et de systèmes de protection sophistiqués. Les
postes principaux G et D de la figure suivante doivent donc composer avec ces petits
postes, toute en préservant la sélectivité du défaut. Les protections de ligne des postes G
et D ne doivent pas réagir sur des défauts appartenant aux petits postes, mais doivent isoler
les défauts appartenant à la ligne. Il y aura donc de la coordination à faire afin de prioriser
les protections des petits postes avec les protections de ligne.
Z3 poste D
Z2 poste D
Z1 poste D
Poste G

Z1 poste G Poste M
poste client Poste D

Z2 poste G
Z3 poste G

Figure 9.50 - Client branché au centre de la ligne


Le premier gradin est instantané, donc il ne doit jamais couvrir un client branché sur la
ligne. La portée du premier gradin est limitée au premier tronçon de ligne sans client. Par
exemple, à la figure précédente, le gradin-1 du poste G peut couvrir 80% du tronçon de
ligne entre les postes G et M. Les premiers gradins ne peuvent donc plus se chevaucher, et
la philosophie PUR de la section 9.3 page 201 ne s’applique pas à ce contexte. Les
gradins-2 conservent leur caractéristique de dépassement, soit 120% de la ligne totale.
9
Z3

Z2

Z1

Figure 9.51 - Portée normale des gradins sauf pour le gradin-1


La philosophie qui convient le mieux à ce contexte réseau est le mode accéléré avec
dépassement «POR» vu en section 9.4 page 208. Cependant, le gradin-2 ou l’accélération
du gradin-2 devra subir un retard «Tp» afin de laisser le temps aux protections des postes
clients de réagir si le défaut appartient à un de ces petits postes. Voir figure-9.52.

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

ARRIVÉE
DU DÉFAUT
Minuterie Tp Moment où l'accélération du deuxième
gradin peut commencer à fonctionner

Délai de réaction de la protection


instantanée du petit poste

Temps
Figure 9.52 - Délai Tp sur l’accélération du gradin-2
Le fait que les gradins-1 ne se chevauchent pas, une zone grise est créée à la figure-
9.53. Seule la philosophie accélérée avec dépassement «POR» peut couvrir cette zone.
Les gradin-2 couvrent la ligne en entier, et perçoivent aussi les défauts à l’intérieur des
postes clients. Cependant, ils ne doivent pas traiter un défaut qui est isolable par le poste
client.
Zone invisible rendant le mode PUR impossible
Z2 poste D
Z1 poste D
Poste G

Z1 poste G Poste M Poste D


poste client

Z2 poste G

Figure 9.53 - Zone invisible aux gradins-1


Voyons trois exemples de défauts que nous décrirons dans les pages suivantes. Le
défaut-1 situé à l’intérieur du poste client. Le défaut-2 situé dans la zone grise de la ligne
à protéger. Et un défaut-3 perceptible par les protections de la ligne à protéger, mais sur
une ligne avoisinante.
Poste G Poste D
Ligne X01

Poste client M

Défaut-2

Défaut-1 Défaut-3

Client

Figure 9.54 - Trois exemples de défaut

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2
La philosophie utilisée est de type «accéléré avec dépassement». Cependant, il y a une
légère modification à apporter à la philosophie. Il faut retarder l’accélération du gradin-2
afin de laisser le temps aux protections du poste client d’opérer. Il est préférable que le
compte à rebours se fasse à partir de l’état du gradin-2 et non à la réception du signal de
réception 85RX. Sinon, le délai de réception risque de retarder le fonctionnement de la
protection.

3 34 56789

112 Tp
2 567 9

3123

12 Circuit du
PROTECTION poste G ou D
LIGNE X01

Figure 9.55 - Schéma de la philosophie POR avec délai sur l’accélération du


gradin-2

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1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.8.1 -DÉFAUT DANS LE POSTE CLIENT


Le poste client M est un poste de distribution ou de répartition branché directement sur
une ligne de transport. Normalement, la réactance du transformateur abaisseur de tension
au poste M ne permet pas aux gradins-2 des postes D et G de percevoir un défaut du côté
client. Mais si le défaut se produit à l’intérieur du transformateur ou du côté haute tension
du poste client, le défaut est perçu par les gradin-2 des protections de ligne. Normalement,
un petit poste client possède des protections de base comme des relais de surintensité ou
des protections différentielles.
Poste G Poste D
Ligne X01

Poste M

Défaut-1

Client

Figure 9.56 - Défaut chez le client


Voyons le chronogramme suivant. À l’apparition du défaut dans le poste client, figure-
9.56, les gradins-2 des postes G et D s’activent et actionnent leur minuterie Tp. Ils
émettent un signal d’accélération TX vers le poste de l’autre extrémité, G vers D, et D vers
G. Les postes reçoivent leur signal d’accélération RX, mais il est impossible d’accélérer le
gradin-2 tant que le délai Tp n’a pas terminé son compte. Entre temps, la protection du
poste client M perçoit son propre défaut et l’isole. Une fois le défaut isolé, les gradins-2
des postes G et D ne perçoivent plus de défaut et se retirent. Ils cessent d’émettre leur
signal d’accélération TX, et le signal de réception RX se retire par la suite. Le défaut est
isolé et la ligne de transport demeure en service. Nous avons évité de déclencher
inutilement une région complète pour un simple défaut de petit client.
1223456789785
9


Z2
Z2Tp
 7
Rx
Tx

Z2
Z2Tp
 7
Rx
Tx
5
9 735
50 7

Figure 9.57 - Chronogramme d’un défaut au poste client.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 227
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.8.2 -DÉFAUT DANS LA ZONE GRISE DE LA LIGNE


Un défaut se produit dans la zone grise de la ligne. C’est à dire à un endroit non perçu
par les gradins-1. Ce défaut n’est pas perçu par les protections du poste client M puisqu’il
est en amont. Donc, seule les protections de lignes aux postes G et D traitent ce défaut.
Poste G Poste D
Ligne X01

Poste M

Défaut-2

Client

Figure 9.58 - Défaut dans la zone grise de la ligne


Voyons le chronogramme suivant. À l’apparition du défaut dans la zone grise de la
ligne, figure-9.58, les gradins-2 des postes G et D s’activent et actionnent leur minuterie
Tp. Ils émettent un signal d’accélération TX vers le poste de l’autre extrémité, G vers D,
et D vers G. Les postes reçoivent leur signal d’accélération RX, mais il est impossible
d’accélérer le gradin-2 tant que le délai Tp n’a pas terminé son compte. À la fin du
compte de la minuterie Tp, l’accélération a lieu et la ligne est déclenchée. Le défaut est
maintenant isolé.
1223456789785
9
 5
9 735

Z2
Z2Tp
 7
Rx
Tx

Z2
Z2Tp
 7
Rx
Tx

50 7

Figure 9.59 - Chronogramme d’un défaut en zone grise de la ligne

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 228
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

9.8.3 -DÉFAUT AVOISINANT


La figure suivante montre un défaut avoisinant, pouvant être perçu par le gradin-2 du
poste G, et n’appartenant pas à la ligne à protéger. Voyons comment notre philosophie
traite ce défaut
Poste G Poste D
Ligne X01

Poste M
Ligne X02

Défaut-3

Client

Figure 9.60 - Défaut avoisinant


Le poste G perçoit le défaut et émet un signal d’accélération vers le poste D. Le poste
D reçoit en vain le signal d’accélération RX puisque son gradin-2 ne voit pas ce défaut.
Le défaut se situe en arrière pour la protection de la ligne X01 au poste D. La protection
du poste D n’émet donc pas de signal d’accélération vers le poste G. Le gradin-2 du poste
G ne reçoit pas d’accélération et doit donc attendre sa minuterie TZ21 avant de pouvoir
déclencher. Voir figure-9.55.
Dans l’exemple de la figure-9.60, le défaut réside sur la ligne X02. Cette ligne possède
ses propres protections. Ils devront isoler très rapidement le défaut, bien avant la
minuterie TZ2, et selon la philosophie utilisée pour la ligne X02, bien avant la minuterie
Tp. Le chronogramme suivant laisse croire que le défaut est isolé après un temps Tp, mais
cela est voulu pour l’exemple afin de montrer que même après un temps Tp, il n’y aura pas
de déclenchement sur la ligne X01.
1223456789785
9 5
9 7357 27 72 6 37867 7367


Z2
Z2Tp
 7
Rx
Tx

Z2
Z2Tp
 7
Rx
Tx

50 7

Figure 9.61 - Chronogramme de défaut avoisinant

1.Délai du gradin-2 de l’ordre 20 à 30 cycles

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 229
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9.9 - Mode blocage


Reprenons la section 9.8 page 224, mais cette fois-ci avec une philosophie différente.
Il arrive régulièrement que des petits postes de répartition ou distribution soient reliés sur
le parcours d’une ligne de transport d’énergie. Il serait trop onéreux d’équiper ces petits
postes de lien de communication et de systèmes de protection sophistiqués. Les postes
principaux G et D de la figure suivante doivent donc composer avec ces petits postes,
toute en préservant la sélectivité du défaut. Les protections de ligne des postes G et D ne
doivent pas réagir sur des défauts appartenant aux petits postes, mais doivent isoler les
défauts appartenant à la ligne. Il y aura donc de la coordination à faire afin de prioriser les
protections des petits postes avec les protections de ligne.

Z2 poste D
Z3 poste D
Z1 poste D
Poste G

Z1 poste G Poste M
poste client Poste D
Z3 poste G Z2 poste G

Figure 9.62 - Poste client branché à la ligne


Le premier gradin est instantané, donc il ne doit jamais
couvrir un client branché sur la ligne. La portée du 9
premier gradin est limitée au premier tronçon de ligne
sans client. Par exemple, à la figure précédente, le gradin-
1 du poste G peut couvrir 80% du tronçon de ligne entre Z2
les postes G et M. Les premiers gradins ne peuvent donc
plus se chevaucher, et la philosophie PUR de la section
9.3 page 201 ne s’applique pas à ce contexte. Les gradins- Z1
2 conservent leur caractéristique de dépassement, soit
120% de la ligne totale. 8
Il y a cependant une différence avec la section
12345667863
précédente. Le gradin-3 est orienté vers l’arrière et est 593
4 4 46773
Z3
utiliser bloquer le gradin-2 de l’autre extrémité de la ligne
si le défaut est en arrière.

Figure 9.63 - Portée des


gradins
La philosophie «accéléré avec dépassement» «POR» vu en section 9.4 page 208 ne sera
pas utilisée ici. L’opération du gradin-2 sera accélérée par la minuterie «Tp» et non par un
signal de réception Rx. Le signal de réception Rx servira plutôt à bloquer cette
accélération. Donc, la minuterie d’accélération Tp doit laisser le temps au signal de
blocage Rx d’arriver, et laisser le temps aux protections des postes clients de réagir si le
défaut appartient à un de ces petits postes. Voir figure-9.64.

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 230
1 Philosophie de protection de ligne SGCT 2

ARRIVÉE
DU DÉFAUT
Minuterie Tp Moment où le deuxième gradin
instantané peut commencer à fonctionner

Délai d'arrivée du signal de blocage

Délai de réaction de la protection


instantanée du poste client
Temps

Figure 9.64 - Fenêtre de temps Tp


Le fait que les gradins-1 ne se chevauchent pas, une zone grise est créée à la figure-
9.65. Seule la philosophie accélérée avec dépassement «POR» peut couvrir cette zone.
Les gradins-2 couvrent la ligne en entier, et perçoivent aussi les défauts à l’intérieur des
postes clients. Cependant, ils ne doivent pas traiter un défaut qui est isolable par le poste
client.
Zone invisible rendant le mode PUR impossible
Z2 poste D
Z3 poste D
Z1 poste D
Poste G

Z1 poste G Poste M Poste D


Z3 poste G poste client

Z2 poste G

Figure 9.65 - Zone grise des gradins-1


La philosophie «Accéléré avec
dépassement» est légèrement modifiée dans 3 34 56789 3
le mode blocage. L’accélération est
maintenant faite avec la minuterie Tp. Le 112 Tp
lien de communication servira plutôt à 2 Td
bloquer cette accélération. Le gradin-3
perçoit les défauts en arrière. Si le défaut est 3123
567 9
en arrière, le défaut n’est donc pas sur la ligne
à protéger. On doit bloquer la minuterie Tp
de la protection de l’autre extrémité de la
ligne en utilisant les liens de communication.
Voyons en détail le fonctionnement de cette 12 Circuit du
philosophie. PROTECTION poste G ou D
LIGNE X01

Figure 9.66 - Circuit du mode blocage

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Poste G Poste D
Ligne X01

Poste client M

Défaut-2

Défaut-1 Défaut-3

Client

Figure 9.67 - Exemple de trois défauts à analyser


Voyons trois exemples de défauts à la figure-9.67 que nous décrirons dans les pages
suivantes. Le défaut-1 situé à l’intérieur du poste client. Le défaut-2 situé dans la zone
grise de la ligne à protéger. Et un défaut-3 perceptible par les protections de la ligne à
protéger, mais sur une ligne avoisinante.

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9.9.1 -DÉFAUT DANS LE POSTE CLIENT


Le poste client M est un poste de distribution ou de répartition branché directement sur
une ligne de transport. Normalement, la réactance du transformateur abaisseur de tension
au poste M ne permet pas aux gradins-2 des postes D et G de percevoir un défaut du côté
client. Mais si le défaut se produit à l’intérieur du transformateur ou du côté haute tension
du poste client, le défaut est perçu par les gradin-2 des protections de ligne. Normalement,
un petit poste client possède des protections de base comme des relais de surintensité ou
des protections différentielles.
Poste G Poste D
Ligne X01

Poste M

Défaut-1

Client

Figure 9.68 - Défaut dans le poste client


Voyons le chronogramme suivant. Le défaut est perçu par les gradins-2 des postes G
D. Le compte de la minuterie Tp est initié. Nous ne tiendrons pas compte de la minuterie
TZ2 dû à son délai élevé de l’ordre de 20 à 30 cycles. Les gradins-2 doivent attendre la fin
du compte de la minuterie TP avant de pouvoir déclencher la ligne. Cependant, le défaut
est à l’intérieur du poste client M. Les protections du poste client M traitent et isole le
défaut bien avant la fin du compte Tp. Une fois le défaut isolé, les gradins-2 des postes G
et D se retirent et la ligne X01 est préservée.
1223456789785
9


Z2
Z2Tp
Z3  7
Rx
Tx

Z2
Z2Tp
Z3  7
Rx
Tx
5
9 735
50 7

Figure 9.69 - Chronogramme du défaut dans un poste client M

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9.9.2 -DÉFAUT DANS LA ZONE GRISE DE LA LIGNE


Un défaut se produit dans la zone grise de la ligne. C’est à dire à un endroit non perçu
par les gradins-1. Ce défaut n’est pas perçu par les protections du poste client M puisqu’il
est en amont. Donc, seule les protections de lignes aux postes G et D traitent ce défaut.
Poste G Poste D
Ligne X01

Poste M

Défaut-2

Client

Figure 9.70 - Défaut dans la zone grise de la ligne X01


Voyons le chronogramme suivant. Les gradins-2 des postes D et G perçoivent le défaut
et initient le compte de leur minuterie Tp. Comme le défaut appartient à la ligne, il ne peut
être éliminé que par les protections de la ligne. Le délai Tp doit donc accomplir son
compte. À la fin du compte Tp, le défaut est toujours présent et aucun signal de blocage
est reçu. Les gradins-2 des postes G et D sont donc accélérés par leur minuterie Tp afin
d’isoler ce défaut en déclenchant leur disjoncteur.
1223456789785
9
5
9 735


Z2
Z2Tp
Z3  7
Rx
Tx

Z2
Z2Tp
Z3  7
Rx
Tx

50 7

Figure 9.71 - Chronogramme du défaut dans la zone grise de la ligne

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9.9.3 -DÉFAUT AVOISINANT


La figure suivante montre un défaut avoisinant, pouvant être perçu par le gradin-2 du
poste G, et n’appartenant pas à la ligne à protéger. Voyons comment notre philosophie
traite ce défaut
Poste G Poste D
Ligne X01

Poste M
Ligne X02

Défaut-3

Client

Figure 9.72 - Défaut avoisinant n’appartenant pas à la ligne X01


Le gradin-2 du poste G perçoit le défaut et démarre sa minuterie Tp. Il doit attendre la
fin du compte de sa minuterie Tp afin de pouvoir déclencher son disjoncteur. Pour le
poste D, le défaut est en arrière et est perçu par le gradin-3. Le gradin-3 émet aussitôt un
signale de blocage Tx vers le poste G. Le poste G reçoit le signal de blocage Rx et il
devient maintenant impossible à la minuterie Tp d’accélérer le gradin-2. L’accélération
par la minuterie Tp est donc bloquée. Normalement, les protections de la ligne X02 ont
amplement le temps de libérer le défaut avant la fin de la minuterie Tp. Dans notre
exemple, on fait durer le défaut plus longtemps que le temps Tp afin de montrer le
1223456789785
9 5
9 7357 27 72 6 3
 867 7367

Z2
Z2Tp
Z3  7
Rx
Tx

Z2
Z2Tp
Z3  7
Rx
Tx

50 7

Figure 9.73 - Chronogramme du défaut avoisinant

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fonctionnement de notre philosophie de protection en mode blocage.

9.9.4 -AVANTAGE DU MODE BLOCAGE


L’exemple de la figure-9.74 expose bien l’avantage du mode blocage. Nous avions vu
le problème de l’inversion de courant à la section 9.7 page 215. Jumelé le mode blocage
avec la protection d’inversion de courant avec le gradin-3 inversé vue en section 9.7.5
page 223 constitue un choix très convoité par bien des fabricants. La philosophie vue en
section 9.8 page 224 usant de la philosophie POR doit se protéger contre les inversions de
courants, mais supporte très mal les extrémités faibles. Le mode blocage sur les lignes
adjacentes, se converti très facilement en mode «Extrémité faible», ce qui représente
grand atout.

Client

Le gradin-3 ne perçoit pas


de défaut arrière, donc
Le gradin-2 perçoit le défaut n'émet pas de signal de blocage
et déclenche à la fin de sa Le gradin-2 perçoit le défaut
minuterie Tp. Il ne reçoit pas et déclenche à la fin de sa
de signal de blocage. minuterie Tp.
Poste-G Ligne X01 Poste-D

Extrémité fort Extrémité faible

Ligne X02
Le gradin-2 perçoit le défaut Émission de signal de blocage Le gradin-3 perçoit le
attend sa minuterie Tp défaut en arrière, donc
Mais est BLOQUÉ par émet un signal de blocage
la réception du signal de
blocage Rx

Figure 9.74 - Réseau de ligne adjacente avec client relié à la ligne

Par Serge Tremblay ing. ©2003 mai 4, 2004 Chapitre-9 Page 236
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9.10 - Protection écho ou extrémité faible [WI]


À la figure suivante, le poste D peut être une extrémité faible si la source est absente.
Le problème d’une extrémité faible est qu’il n’y a plus de source pour alimenter le défaut.
Donc lors de défaut sur la ligne X01, il y a absence de tension et de courant au poste D. La
protection de ligne du poste D ne fonctionne plus. Si l’extrémité faible ne possède jamais
de source, il devient inutile d’installer une protection de ligne au poste D. On revient à la
philosophie de base de la section 9.2 page 195. Par contre, si une source d’appoint est
reliée à l’extrémité faible, il devient possible d’alimenter un défaut sur la ligne X01 par le
biais du poste D, et la protection de ligne du poste D fonctionne. Nous devrons donc
adopter une philosophie de protection capable de fonctionner dans les deux possibilités
citées précédemment. Il s’agit de la protection Écho, ou Extrémité faible, ou Weak Infeed
WI.
Extrémité
EXTRÉMITÉ faible
FORTE Charge
si pas de source Poste N
Poste G Poste D
Ligne X01
Source
Courant

de défaut

Source

12

Figure 9.75 - Extrémité faible avec ou sans source d’appoint


Une autre possibilité est la configuration de lignes adjacentes, voir figure-9.76. Si la
ligne X02 est présente, le poste D est alimenté lors de défaut sur la ligne X01, Donc les
protections de ligne du poste D fonctionnent. Cependant, si la ligne X02 est absente, le
poste D devient une extrémité faible, incapable d’alimenter le défaut. Les protections de
ligne sont donc hors d’usage au poste D. On doit donc adopter la philosophie «Extrémité
faible» que nous verrons dans les prochaines pages.
EXTRÉMITÉ Extrémité Faible si
FORTE Ligne X02 hors service
Poste G Poste D
Charge
Ligne X01

Courant de défaut Courant de défaut


Source


Ligne X02

Figure 9.76 - Lignes adjacentes avec extrémité faible

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9.10.1 -CONFIGURATION DES PROTECTIONS

12345678 13
12
14

9 8  Poste D

8
Ligne X01  !"

Poste G 14
13
12
123456789

Figure 9.77 - Philosophies adopdées par les deux extrémités de la ligne

9.10.1.1 - Philosophie de l’extrémité forte

À la figure-9.77, le poste G est une extrémité forte et la protection de ligne sera


toujours alimentée lors de défaut sur la ligne X01. La philosophie de protection adoptée
pour cette extrémité est «Accéléré avec dépassement» POR. Dans cette philosophie, il est
nécessaire de recevoir un signal d’accélération en provenance de la protection de ligne du
poste D. D’où l’importance que la protection du poste D puisse émettre un signal
d’accélération vers le poste G en tout temps lors de défaut.

9.10.1.2 - Philosophie de l’extrémité faible