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SOUS LA DIRECTION DE MADAME

ANNEE SCOLAIRE 2016-2017


BERGERON ET MADAME CYTERMANN

LE PAIN POURQUOI LE PAIN EST-IL SI POPULAIRE ?

MATIERE ET FORME | AUDREY ROUCARD, MALLAURY LOUIS, CHLOE BIDARD


1ERE S1 – LYCEE LEONARD DE VINCI
SOMMAIRE :

Introduction

I. Variantes et statuts
a) Différentes variétés
b) Place dans la vie quotidienne

II. Cinq sens en éveil


a) Premières sensations
b) Dégustation

III. Arts et symbolique


a) Caractère religieux
b) Source d’inspiration

Conclusion

Synthèses

Bibliographie

Index

Sondage

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Introduction :

Depuis les origines de l’humanité, les nombreuses pratiques alimentaires, issues de


différentes civilisations ont évolué au fil du temps, quelques fois disparu.
Néanmoins, un aliment garde une place importante qui semble être universelle et
intemporelle : c’est le pain.
En effet, le pain apparait comme étant l’aliment de base de nombreuses civilisations,
voire de toutes et, ce depuis l’Antiquité. Il a beaucoup évolué tant au niveau de sa
préparation, que de son goût au fil des siècles. Cependant les ingrédients sont restés les
mêmes à savoir : eau, farine, et sel.
On pourrait croire à première vue que le pain est une simple pâte pétrie et cuite, mais il y
a en réalité de nombreux mécanismes à l’action avant d’obtenir une belle croûte ainsi
qu’une belle mie.
Il se décline sous différentes variétés. En France, le pain, notamment la baguette, est un
aliment très apprécié et consommé quotidiennement par beaucoup. Il a notamment eu
un statut très important dû à son rôle au Moyen-âge ou encore durant les deux Guerres
Mondiales.
Le pain n’est néanmoins pas seulement considéré comme un aliment : véritable symbole,
il a été tour à tour synonyme de richesse, d’égalité, entre autres ; il reste encore une
allégorie religieuse de nos jours.
Le pain est donc un aliment parmi les plus réputés : mais qu’est-ce qui rend le pain si
apprécié, si populaire ?
Nous répondront à cette problématique en étudiant dans un premier temps ses variantes
et son statut, en voyant d’abord les différentes variétés puis la valeur du pain au fil du
temps. Dans un deuxième temps, nous verrons comment les cinq sens s’éveillent en nous
penchant sur les premières sensations ouvrant à la dégustation du pain, et enfin nous
aborderons la perspective de l’art et de la symbolique, en mettant d’abord au jour sa
représentation et sa signification dans les arts et enfin le symbole religieux qu’est le pain.

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I. Variantes et statut
A) Différentes variétés

. Depuis le paléolithique, on retrouve des traces de pain sans levain. Durant l’Antiquité,
notamment, les Romains avaient pour pain de la bouillie qui correspond actuellement à
du pain non-cuit sans levain : ce sont les Egyptiens qui inventèrent le pain au levain qui
est toujours mangé à ce jour. Cependant, ce pain a évolué en se déclinant en différentes
variétés de pain selon la composition, et la région qu'elle soit française ou mondiale ainsi
que le mode de fabrication ; en effet on a même vu apparaître en France des « pains
viennois » qui sont synonymes de boulangerie de luxe.
- Variante du pain selon sa composition : la céréale utilisée (blé, seigle, etc) est choisie
des préférences

Pain traditionnel français :


Il est composé de farine de blé, d’eau, de sel,
ainsi que de levure. Somme toute, c’est l’un
des pains les plus basiques.

Pain complet:
Sa seule différence avec le pain traditionnel français,
c’est sa farine complète qui est issue du grain de
blé entier.

Pain au levain:
Il est seulement composé de farine de seigle ou
de blé et d’eau ; il subit une fermentation
naturelle.

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- Variante selon la région de France:

La Faluche en Flandres La Fougasse dans le Midi

Le Pain Napoléon ou pain plié


Il est fait de farine ou de grains et d’eau. Il est
nommé ainsi car il ressemblait à la coiffe que
portait l’empereur. Ce pain aurait d’ailleurs
été créé à l’occasion d’une visite de Napoléon
III au port de Cotentin ; il est originaire de
Bretagne.

-Variante selon la région du Monde


Le Pumpernickel en Allemagne
C’est un pain préparé à partir de farine et/ou de
grains de seigle et d’eau, cuit à 120°C pendant 16 à
24 heures. C’est un pain allemand qui date d’au
moins 1450.

La Pita
La pita est un pain consommé au Moyen-Orient et
en Europe du Sud-est (Grèce, Turquie, Arménie).
C’est un pain peu épais de forme ronde composé de
farine, de levure, d’eau, et d’un peu de sel.

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Le muffin anglais:
Il était à l’origine fait de miettes de biscuits et de
restants de pain, le tout étant frit ; mais sa forme
actuelle était extrêmement populaire au XIXème
siècle.
Il est composé de farine, d’eau, de levure, de sel,
d’œuf, de lait, de beurre et d’un soupçon de sucre ;
il est parsemé de semoule de maïs avant sa cuisson.

-Variante selon le mode de fabrication :

Le batbout
Le batbout est un petit pain marocain cuit à la poêle, on
l’appelle aussi mekmar. C’est une version plus petite du
matlou, il est lui aussi fait de semouline (semoule très fine),
de levure et d’eau.
Ces petits pains peuvent être farcis, fourrés ou bien être
accompagnés d’ingrédients sucrés. Ils se mangent aussi
natures.

Le mantou
Le mantou est un petit pain chinois cuit vapeur, il
n’a pas de croûte et est par conséquent
entièrement blanc et très moelleux. Il est composé
de farine, de levure, d’eau et de sel, et peut être frit.
Ce plat existe depuis au moins le IIIème siècle après
J-C.
Les mantou sont appelés manju au Japon, et
mantuu en Mongolie.

Le puri
Le puri,ou poori, ou boori, est un pain azyme frit
d’origine indienne, néanmoins il est aussi consommé
au Bangladesh, au Sri Lanka ainsi qu’au Pakistan, entre
autres. C’est une pâte constituée uniquement de farine,
d’eau et de sel qui se mange, une fois cuite, avec un
accompagnement.

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B) Sa place dans la vie quotidienne

En 1900, les français consommaient 1kg de pain par jour contrairement à aujourd’hui où
ils en consomment près de ½ baguette soit 160g et donc 6 fois moins qu’en 1900. La
baguette correspond à 74% du pain vendu puisque 320 baguettes sont achetées chaque
seconde, ce qui en fait donc le pain le plus consommé.
Aujourd’hui la France est le 7e pays le plus consommateur de pain d’Europe, derrière
l’Allemagne et le Danemark.
La plupart des français achètent leur pain en boulangerie ; l’appellation boulangerie est
vérifiée par la loi Raffarin, instaurée le 25 Mai 1998 celle-ci comporte 3 critères : la pate
doit être pétrie,façonnée, et cuite sur place.

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Dès le Moyen-âge et la Renaissance le pain a une place importante dans l’alimentation, sa
qualité et son prix sont soumis a des règles imposées par l’Etat ; chaque village imposait
sa taxe sur le pain celle-ci était donc différentes en fonction des villages.
Il existait un grand fossé entre le pain des riches et le pain des pauvres, ces derniers allant
même jusqu’à contenir des écorces d’arbres durant des périodes de famine.
Les seigneurs, quant à eux, posaient leurs tranches de viande sur de grandes tranches de
pain appelées tranchoirs. Le jus et la graisse imbibaient ces tranches qui étaient ensuite
distribuées aux pauvres affamés.
Le pain a ensuite été à l’origine de nombreuses émeutes, en particulier durant la
Révolution française, car son prix était trop élevé.
Au début de l’Epoque Moderne, au XIXe siècle les machines à mouture (meule à grains)
se perfectionnent tandis que les pétrins mécaniques apparaissent.
La première boulangerie industrielle est créée en 1836 à Paris, dans la même décennie la
baguette apparait.
En 1903, Charles Heudebert invente un pain longue conservation qui servira durant la
guerre sous le nom de « pain noir » et « pain de guerre ». Ce pain constituera
l’alimentation principale des soldats ainsi que du peuple, car ils manquaient d’argent.
Même s’il a longtemps été considéré comme l’aliment du pauvre, le pain est de nos jours
un aliment consommé par toutes les classes sociales ; il peut parfois faire montre de
raffinement, comme au restaurant, par exemple.

Mais comment reconnaitre un bon pain ?

Un bon pain se caractérise par différents critères :


-la croute doit être dorée, colorée en acajou. La croute comporte 80% des aromes et
protège le pain de l’humidité donc plus la croute est de bonne qualité plus le pain va se
conserver longtemps ; un bon pain pouvant se conserver jusqu'à 1 semaine en étant dans
un torchon.
-le pain doit être dense, le pain doit être lourd, plus le pain est lourd meilleure est sa
qualité.
- le pain doit croustiller il doit y avoir une résistance en bouche.
-la mie ne doit jamais être blanche, elle doit être couleur crème avec des reflets nacrés.
-les alvéoles doivent être irrégulières ce qui montre que le pain a fermenté, la
fermentation donnant des aromes et du gaz carbonique, qui se transforme en bulle et en
éclatant donne les alvéoles du pain.

https://www.youtube.com/watch?v=0Z1wbSNeIpk
https://www.youtube.com/watch?v=WWsFKlhLBgo

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II. Les cinq sens en éveil
A) Premières sensations

Si une grande majorité des français continue d’acheter du pain en boulangerie, c’est
parce qu’avant même d’être goûté, le pain plait. En effet, l’odeur de pain frais, la vue de la
baguette bien dorée ainsi que son craquement lorsqu’on la déchire sont des attributs qui
mettent d’ores et déjà en bouche, ils évoquent pour certains la familiarité, la convivialité.
La première chose qui nous frappe lorsqu’on rentre dans une boulangerie, voire même
qu’on s’en approche, c’est la senteur qui s’en dégage. Cette odeur, qui a tout pour plaire,
ainsi que le goût, sont donnés par plus de 500 produits volatils et odorants, dont
seulement une vingtaine est aromatiquement active.
On a dans un premier lieu les acides lactiques et acétiques, issus du levain ; ainsi que
quelques alcools (2-phényléthanol, éthanol, 2/3-méthylbutanol) et esters (acétate
d’éthyle, lactate d’éthyle, acétate de butyle) qui ont une faible concentration en raison de
leur évaporation partielle durant la cuisson.
Il y a aussi les aldéhydes et les cétones, ces composés carbonylés qui apportent volume et
puissance aux odeurs : ces molécules sont synthétisées durant la réaction de Maillard.
- Les aldéhydes sont synthétisés lors de la dégradation de Strecker, par réaction entre des
réductones et des acides aminés.
En fonction de l’acide aminé, la molécule formée sera différente : on a comme acides
aminés qui, combinés à des réductones, donnent des molécules à arôme de pain : la
proline, l’arginine, la lysine, l’isoleucine et l’histidine, entre autres.
On retrouve aussi comme aldéhydes présents dans le pain l’acétaldéhyde, l’hexanal et la
(E)-2-heptanal.
Les aldéhydes peuvent aussi se condenser avec de l’ammoniac, ce qui donnera des
aldimines, possédant les mêmes propriétés olfactives et une structure chimique similaire.
- Les cétones sont obtenus lors d’une déshydratation forte. Ces composés dicarbonylés
insaturés peuvent se cycliser et amener aux furaldéhydes.
Par exemple, l’arôme de grillé de la croute est dû à deux cétones : le 2-acétyle-1-
pyrroline, à la fois une cétone et une pyrroline, et son homologue structurel, le 6-acétyl-
2-tétrahydropyridine, à la fois une cétone et une pyridine. On trouve aussi le diacétyle,

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réductone

On peut par ailleurs remarquer que les réductones, substances possédant une fonction
cétone, servent à la synthèse des aldéhydes.
Ces molécules (cétones et aldéhydes) sont aussi des composés à l’origine de la
caramélisation où il se forme par énolisation puis déshydratation des composés
intermédiaires aromatiques, on retrouve principalement l’hydroxyméthyl-furfural,
l’hydroxyacétyl-2-furane qui donne un arôme de caramel, et le maltol à l’origine de
l’odeur du caramel.
Ces composés intermédiaires se cyclisent à partir de 180°C afin de donner la partie volatile
du caramel composée de molécules aromatiques, de dérivés du furanone dont le
furanéol qui donne une odeur de sucre grillé, et le dihydro dimethyl furanone ainsi que
des aldéhydes qu’on retrouvera dans le tableau suivant :

Molécule Odeur Saveur


Furfural Fruitée Ø
Alcool furfurylique Fruitée Amère
Méthyl-5-furfural Fruitée Amère, astringente
Hydroxyméthylfurfural Acre Douce
Acétyl-2-furanne Ø Douce
Maltol et hydroxymaltol Caramel Douce, caramélisée
Isomaltol Fruitée ou âcre Acide, sucrée ou fruitée
Hydroxyde-2-acétyl-2- Ø Douce
furane

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Le glucose présent, quant à lui, se dégrade, se condense puis se recombine en
oligosaccharides, un ensemble de plusieurs oses qui apporte un léger goût sucré. Cette
polymérisation se produit après son point de fusion qui est 160°C.
On compte aussi, parmi les composés aromatiques, les pyrazines, formées lors de la
condensation de 2 aminocétones, des produits secondaires de la dégradation de Strecker,
ou lors d’une polymérisation de radicaux libres se formant en milieu acide, qui confèrent
des arômes particuliers ; ainsi que d’autres dérivés aromatiques qui se forment par
hétérocyclisation des aldéhydes : les pyridines, et les azoles qui renferment un atome
d’azote, parmi lesquelles on retrouve les thiazoles, les pyrroles, les oxazoles, et les
imidazoles.

Il n’y a pas seulement l’odeur du pain qui le rend populaire, mais aussi son apparence :
qui n’a jamais salivé à l’idée de cette croûte bien dorée ?
A 120°C, on assiste à la dextrinisation : la chaleur sèche du four permet la dégradation de
l’amidon ainsi que du maltose en dextrines blondes puis brunes, la pigmentation
augmentant avec la température. C’est la première étape de la coloration de la croûte.
La caramélisation est aussi responsable de la couleur de la croûte du pain, bien que très
peu : à 160°C, le caramel se colore ; cependant la molécule majoritairement responsable
de cette couleur brune est le fructose qui n’est pas présent dans le pain. Il y a tout de
même quelques molécules pigmentées qui sont synthétisées.
Néanmoins, la croûte doit avant tout sa couleur à la réaction de Maillard.
La réaction de Maillard, ou glycation, est un ensemble de réactions chimiques et qui
donne des composés colorés ou aromatiques.
La première étape est une réaction de condensation : le glucose, un aldose, et un acide
aminé réagissent pour former un produit d’addition instable en milieu aqueux, la
glycosylamine-N-substituée. On a ce qu’on appelle une réaction carbonyles-amines.
Lorsque la glycosylamine-N-substituée se condense, c’est-à-dire se cyclise et se
déshydrate, il se forme des dérivés de la pyridine. Ces dérivés donnent une coloration
brune associés à des métaux.

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La glycosylamine-N-substituée perd une molécule d’eau et forme une base de Schiff un
peu plus stable.

La deuxième étape est celle du réarrangement d’Amadori puisqu’on a un aldose dans le


pain, le glucose.
On a d’abord une isomérisation irréversible de la base de Schiff qui donne des produits
plus stables, des cétosamines.
Base de Schiff Glycosamine

isomérisation

Dans le même temps, il y a une polymérisation de radicaux libres se formant en milieu


acide, ce qui conduit à la synthèse de pyrazines. On peut obtenir des produits colorés
avec ces dernières par addition ou par substitution.

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Une coloration peut également être obtenue après polymérisation de petites molécules
de type furfural et pyrrole.

La troisième et dernière étape est la dégradation de Strecker.


Pour le pain, qui est acide, on assiste à une déshydratation forte, c’est la voie principale de
dégradation des cétosamines obtenues lors de l’étape précédente.

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On assiste à la formation d’un composé dicarbonylé
insaturé, qui amène aux furfuraldéhydes par cyclisation, ces
derniers se colorent après polymérisation.
On peut obtenir par exemple de l’hydroxyméthylfurfural qui est un solide de couleur
jaune ; il est synthétisé lors d’une déshydratation forte.

Réductone

On a aussi la formation d’un produit intermédiaire, un réductone.

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Ensuite, les réductones et les acides aminés réagissent selon le schéma initial, c’est la
dégradation de Strecker, une réaction auto-catalytique.

Amino-cétone

Les composés obtenus sont des mélanoïdines qui sont obtenus par scission puis par
aldolisation : ce sont des polymères bruns qui sont très présents dans le pain. On en
retrouve un grand nombre dans le pain parce que la réductone se régénère après la
dégradation de Strecker qui se produit donc en boucle jusqu’à épuisement des acides
aminés, le réactif limitant.
L’ensemble de ces composés donne au pain sa couleur blonde, légèrement brune qui
oscille entre doré et bronze.

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B) Dégustation

Une autre chose qui ne peut que nous faire apprécier le pain, c’est le son de la croûte
qu’on déchire, qu’on ne retrouve pas avec le pain de mie.
Ce son est du à l’épaisseur de la croûte, qu’on remarque lorsqu’on coupe le pain : on
rencontre une certaine résistance.
A encore 100°C, la chaleur est humide ; mais la vapeur d’eau se répartit dans l’intérieur du
pâton de pain et l’extérieur se dessèche, c’est la dessiccation.
Dès lors, la chaleur devient sèche dans le four et pour l’extérieur du pâton, or l’amylose
contenue dans le pain forme en présence de chaleur sèche des gels opaques et solides, la
croûte se forme alors, elle va continuer à se dessécher tout le long de la cuisson.

Cependant, la majeure partie du pain est composée de la mie qui donne au pain sa
texture si spéciale.
La mie est un empois d’amidon qui comporte une phase dispersée formée par l’amidon
devenu soluble car ayant perdu sa structure semi cristalline, et par d’autres molécules
dispersées ; cette phase vient épaissir et augmenter la viscosité de la phase continue
aqueuse des empois d’amidon, c’est donc ce qui constitue véritablement la mie.
Cet empois d’amidon est aussi composé d’un réseau de polymères formé par le gluten
partiellement cristallisé, ce réseau forme de petites alvéoles dont la paroi se solidifie à
100°C, après que le gluten les composant ait coagulé à 60°C, les enzymes présentes sont
ensuite inhibées par dénaturation et leurs ponts dissulfures sautent, elles perdent donc
leur elastricité.
Avant cela, le pâton de pain est très élastique grâce au gluten qui permet au pain de
gonfler sans se déchirer, le réseau de polymère agit comme un filet face au dioxyde de
carbone produit par les levures ; en effet, les levures présentes dans le pain agissent lors
de la levée de la pâte et particulièrement lors de la cuisson car la chaleur est un catalyseur
chimique et biologique.
Comme elles sont dans un milieu anaérobie, c’est-à-dire dans un milieu sans dioxygène,
elles effectuent une fermentation alcoolique qui s’écrit par la réaction suivante : C6H12O6
→ 2C2H5OH + 2CO2 lorsque les levures réagissent avec du glucose.
Tandis que l'alcool produit s’évapore à environ 80°C, le gaz carbonique devient moins
soluble à cause de la chaleur et sature la phase aqueuse, il est ensuite évacué vers les
alvéoles qu’il fait enfler en exerçant une pression sur le gluten des parois car il cherche à
s’échapper et à remonter à la surface : cela cause donc le gonflement des alvéoles.

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Ce CO2 produit subit une expansion selon la loi de
Gay-Lussac qui est : P=kT.
La pression d’un gaz est proportionnelle à sa
température, donc plus le gaz chauffe plus sa
pression augmente et plus il s’étend ; néanmoins,
lorsque les parois des alvéoles se rigidifient, le gaz en
déchire quelques unes ou sature les empois
d’amidon, c’est pourquoi la mie a une texture
filandreuse : en dehors des alvéoles, elles est aussi
composées de petites bulles d’air. Le gaz carbonique
disparait à la fin de la cuisson du pain.
Cependant, les levures ne peuvent réagir qu’avec des oses. L’amidon présent dans le pain
subit donc une hydrolyse, est une cassure de la molécule d’amidon par l’ajout d’eau
effectuée par les amylases (enzymes), pour donner des molécules de maltose (ou bi-
glucose). Cette réaction, aussi appelée amylolyse, est catalysée par les diastases présentes
dans le pain qui gonflent les grains d’amidon.
La mie est probablement l’élément du pain le plus apprécié, en effet on peut voir dans le
commerce des « pains de mie » qui sont des pains sans véritable croûte, voire sans croûte
du tout ; ces pains se vendent très bien ce qui montre que la mie est appréciée.

Le moelleux de la mie, ainsi que l’aspect de la croûte sont dus à de nombreuses réactions
chimiques ; néanmoins cela n’a pas empêché le pain d’être réservé à une élite. Il est
même devenu un symbole religieux, à la portée de tous, et a aussi été représenté par de
nombreux artistes, car le pain a une symbolique très forte.
Nous pouvons remarquer que le pain est souvent signe de symbole tel que celui de la
survie et de la vie, celui de la vertu du travail, de l'espoir et de la joie de vivre, celui de la
nourriture de l'âme et celui de la métamorphose où il représente le cycle de la graine à la
plante, de l'épi à la farine et de la farine au pain. Mais, il est également une source
d'inspiration pour certains artistes et auteurs.

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III. Arts et symbolique
A) Un caractère religieux

Le pain est présent dans diverses religions, il est souvent considéré comme un signe
de vie.
Dans l'Antiquité, précisément dans les mystères antiques de Dionysos ou de Déméter,
l'offrande de pain à déjà une valeur mystique. Il y a plus de 5000ans, le pain était
considéré comme sacré et divin et Osiris avait déclaré être le pain de vie des enfants
d'Egypte. Par ailleurs, c’est lui qui a appris aux égyptiens à cultiver le blé, à le transformer
en farine et à faire du pain. Le pain était donc à la fois synonyme de divin ainsi que
d’évolution technologique, puisque les égyptiens étaient les premiers à maitriser sa
fabrication.
Chez les Romains, il existait une histoire selon laquelle Jupiter dit aux Romains de jeter à
leurs ennemis ce qu’ils avaient de plus précieux. Ils confectionnèrent alors du pain avec
leur farine -ce qui nous prouve bien que le pain était un objet de valeur. Ils le lancèrent à
leurs ennemis, et ce faisant, ces derniers partirent. Les Romains édifièrent donc un temple
à Jupiter Pistor, Jupiter Boulanger, ce qui donnera le symbole du blé à la ville.
Le pain est également le symbole de la nourriture de l'âme.
Par la suite, Jésus se présente comme étant le pain de vie en reprenant les phrases
d'Osiris où il déclare:" Moi, je suis le pain de vie, celui qui vient à moi n’aura jamais faim ".
Il y a une raison à ses dires, cette métaphore était à la portée de tous. Le pain était la
nourriture du corps, Jésus était la nourriture de l’âme, donc le pain de l’âme.
Une partie de sa vie est par ailleurs comparée à la naissance et à la fabrication du pain, il
est en effet né à Bethléem qui signifie « maison du pain » en hébreu ; et dans le Notre
Père, le pain, que demandent les chrétiens à Dieu : "Donnez-nous notre pain quotidien",
se réfère bien à ce pain mystique qui nourrit l'âme aussi bien que le corps.
De plus le partage du pain est un acte de foi inspiré par Dieu. En effet, le pain est un
aliment simple qui est associé aux liens communautaires qui unissent les hommes. Ainsi, le
pain représente le corps de Dieu. C'est au XIIe siècle que l'église catholique décida de
fabriquer un pain sans levain et qui fond dans la bouche qui se nomme l'hostie. Cela
permet au pratiquant de ne pas mâcher le corps de Jésus.
L’église orthodoxe, elle, utilise du pain levé, car elle considère qu’il est le pain représentant
la vie, or Jésus se décrivait comme le pain de vie.
Pour les protestants, le partage du pain est un acte qui appelle à se nourrir de
l’enseignement de la vie du Christ.
Sous les espèces eucharistiques le pain se rapporte traditionnellement à la vie active et
aux petits mystères, alors que le vin se rapporte à la vie contemplative et aux grands
mystères; du fait on peut constater que le miracle du pain (sa multiplication) est d'ordre

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quantitatif, tandis que le miracle du vin (aux noces de Cana) est d'ordre qualitatif. Le
symbolisme du levain s'exprime, dans les textes évangéliques, sous deux aspects : il est
d'une part le principe actif de la panification, symbole de transformation spirituelle,
d'autre part la notion de pureté et de sacrifice.
Le pain est aussi, chez les chrétiens, le symbole du travail. Dans la Genèse, Dieu déclare
« Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ».
Néanmoins, il n'y a pas que dans la religion Chrétienne que le pain occupe une place
fondamentale. Selon la tradition juive, avant de manger le pain, il est obligatoire de se
purifier les mains et de réciter une prière. Et pour commémorer la libération des hébreux
de l'esclavage qu'ils subissaient en Egypte, ces derniers doivent manger du pain sans
levain durant sept jours : "Vous ne mangerez point pendant cette fête de pain avec du
levain ; mais pendant sept jours vous mangerez du pain d'affliction où il n'y ait point de
levain, parce que vous êtes sortis de l'Egypte dans une grande frayeur, afin que vous vous
souveniez du jour de votre sortie d'Egypte tous les jours de votre vie" (Deutéronome, XVI)
En revanche l’Islam, ainsi que les courants bouddhistes et les religions chinoises n’utilisent
pas le pain comme un symbole.
Le pain est d'ailleurs une grande source d'inspiration pour les artistes, que se soit dans le
temps d'Osiris où on voit des peintures qui représentent des pharaons avec des corbeilles
remplie de pain ou que soit à une époque plus moderne.
Nous pouvons remarquer que le pain est souvent signe de symbole tel que celui de la
survie et de la vie, celui de la vertu du travail, de l'espoir et de la joie de vivre, celui de la
nourriture de l'âme et celui de la métamorphose où il représente le cycle de la graine à la
plante, de l'épi à la farine et de la farine au pain. Mais, il est également une source
d'inspiration pour certains artistes et auteur.
III-/ART ET SYMBOLIQUE

A) Un caractère religieux

En effet le pain est présent dans diverses religions, il est souvent signe de vie.

Comme dans l’Antiquité, l’offrande de pain à une valeur mystique précisément dans les
mystères antiques de Dionysos ou de Déméter. Il y a plus de 5000ans, le pain était
considéré comme sacré et divin ; Osiris avait déclaré être le pain de vie des enfants
d'Egypte. Par ailleurs, c’est lui qui a appris aux Egyptiens les différentes étapes pour
arriver au pain.
Mais le pain est également le symbole de la nourriture de l'âme.
D'ailleurs, Jésus se présente comme étant le pain de vie en reprenant les phrases d'Osiris
où il déclare:" Moi, je suis le pain de vie, celui qui vient à moi n’aura jamais faim ". Il y a

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une raison à ses paroles, de plus une partie de sa vie est comparée à la naissance et à la
fabrication du pain. Dans le Notre Père, le pain, que demandent les chrétiens à Dieu :
"Donnez-nous notre pain quotidien", se réfère en effet à ce pain mystique qui nourrit
l'âme aussi bien que le corps.
De même le partage du pain est un acte de foi inspiré par Dieu. Effectivement, le pain est
un aliment simple qui est associé aux liens communautaires qui unissent les hommes.
Ainsi, le pain représente le corps de Dieu. C'est au XIIe siècle que l'église décida de
fabriquer un pain sans levain et qui fond dans la bouche qui se nomme l'hostie. Cela
permet au pratiquant de ne pas mâcher le corps de Jésus.
Mais sous les espèces eucharistiques, le pain représente traditionnellement la vie active
et les petits mystères, alors que le vin se rapporte à la vie contemplative et aux grands
mystères; du fait on peut constater que le miracle du pain (sa multiplication) est d'ordre
quantitatif, tandis que le miracle du vin (aux noces de Cana) est d'ordre qualitatif. Le
symbole du levain s'exprime dans les textes évangéliques, sous deux aspects : il est d'une
part le principe actif de la panification, symbole de transformation spirituelle, d'autre part
la notion de pureté et de sacrifice.

Néanmoins, il n'y a pas que dans la religion Chrétienne que le pain occupe une place
fondamentale. Selon la tradition juive, il est obligatoire de se purifier les mains et de
réciter une prière avant de manger. Et pour commémorer la libération des hébreux de
l'esclavage qu'ils enduraient en Egypte, ces derniers doivent manger du pain sans levain
durant sept jours : "Vous ne mangerez point pendant cette fête de pain avec du levain ;
mais pendant sept jours vous mangerez du pain d'affliction où il n'y ait point de levain,
parce que vous êtes sortis de l'Egypte dans une grande frayeur, afin que vous vous
souveniez du jour de votre sortie d'Egypte tous les jours de votre vie" (Deutéronome, XVI,
3). En revanche l’Islam, ainsi que les courants bouddhistes et les religions chinoises
n’utilisent pas le pain comme un symbole.

Le pain est d'ailleurs une grande source d'inspiration pour les artistes, que se soit dans
le temps d'Osiris où on voit des peintures qui représentent des pharaons avec des
corbeilles remplie de pain ou que soit de notre génération.

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B) Une source d'inspiration

De nombreux artistes prennent le pain pour œuvre, dont Dali qui considère le pain
comme un thème des plus fétichistes et obsessionnels de son travail. Il réalisa de
nombreuses œuvres telles que :

La femme au pain,1933: La corbeille de pain,1945 :la La croix nucléaire,


Le pain symbole de vie, corbeille, brillante et claire, se 1952:
la femme porte la vie, le noie dans le noir total. Le pain,
monde… c’est la vie, le reste, c’est le
néant .

Pour Dali mais aussi pour chacun des mortels, le pain est l’incarnation des plaisirs
charnels, ceux de l’amour et de la table. En 1973, le peintre publie un livre consacré à sa
femme. C’est un livre culinaire comportant ces propres recettes. Les Diners de Gala,
œuvre devenu aujourd’hui une rareté bibliographique, s’ouvre bien évidemment sur l’une
de ces œuvre nommé La corbeille au pain.
Ce n’est néanmoins pas le seul à avoir représenté le pain dans des œuvres, on a par
exemple Erik Dietman qui
réalise une œuvre qui fait voir
et lire le mot PAIN (Pain,
1967) ; mais ce mot n’a pas l a
même signification en anglais.
Son œuvre s’exprime d’elle-
même, en traitant l’élément de
plus quotidien et le plus
nécessaire. Mais le mot peut
aussi désigner une sorte de
douleur dans la vision d’un
anglophone. Le pain et la
douleur compose l’une des
caractéristique ambivalente de
l’artiste, en jonglant avec les matériaux qui touche à la vie.

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Il y a également Lesli Chaudet qui, elle, représente une sorte d’installation axée du pain.
On peut voir dans une salle d’exposition, le travail de cartographique de l’artiste faites de
tranche de pain de mie. La surface du sol nous fait penser à une carte à la fois territorial
mais aussi espace mental. L’utilisation du pain dans cette œuvre peut nous renvoyer au
conte de Charles Perrault Le Petit Poucet. Ainsi le travail développer au cours de cette
exposition peut inciter à imaginer une scène pouvant être liée aux contes, aux récits mais
aussi aux légendes. Cette installation nous entraine à explorer mais également à s’égarer.

Pain perdu, 2014, Leslie Chaudet

Mais le pain n’est pas uniquement représenté dans des œuvres d’art, il peut, de plus, se
trouver dans les contes pour enfants tel que Le Petit Poucet, de Charles Perrault ou bien
dans Hansel et Gretel, des Frères Grimm. Ces auteurs du XVIIème et du XVIIIème
représentent le pain comme étant le symbole de fraternité et de partage. Notamment
dans Le Petit Poucet, la mère donne à ces enfants un morceau de pain qui est signe de
partage mais non seulement de sacrifice puisqu’elle les abandonnera. Dans ce conte, le
pain est indispensable à la vie puisque c’est pour cette raison qu’elle renie ces propres
enfants. Tout comme dans le conte d’Hansel et Gretel des frères Grimm, l’histoire débute
pratiquement de la même manière tandis qu’ici les deux jeunes enfants découvrent une
maison en pain d’épice et ne peuvent résister à la tentation d’y gouter. C’est d’ailleurs
cette tentation qui leur a été maléfique car ils se sont fais emprisonner par une sorcière.

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Il existe une œuvre, plus précisément un poème en prose, qui représente de manière
valorisante le pain. Il s’agit du poème Le pain de Francis Ponge, tiré du recueil « Le parti
pris des choses » (1942). Il nous démontre que cet aliment banal renferme des richesses
insoupçonnées que la langue poétique dévoile. Il permet donc à ces lecteurs d’ouvrir tout
ces sens et de s’émerveiller autrement qu’avec l’odeur et le gout. Il dévoile alors une autre
vision du pain aux yeux de tous.

Conclusion :
Qu’est-ce qui rend le pain si apprécié, si populaire ?
Le pain est un aliment qui offre une grande diversité, en effet ses nombreuses variantes
font de lui un aliment très apprécié puisqu’il répond à tous les gouts.
C’est aussi un aliment à la base de l’alimentation, et même si sa consommation a été
revue à la baisse au cours du siècle dernier, il reste un aliment mangé quotidiennement
par tous. Pendant l’Antiquité, le Moyen-âge ou encore les nombreuses périodes de
disette de l’histoire, le pain est la base de l’alimentation, si ce n’est l’alimentation en elle-
même. Autrefois considéré comme le plat du pauvre, il est de nos jours apprécié par
toutes les catégories sociales.
Le pain est un aliment qui doit aussi sa popularité à sa qualité, qui est définie par certains
critères pour faire de lui un « bon pain ».
Ces critères englobent des particularités du pain dues à de nombreuses réactions
chimiques, comme les alvéoles de la mie qui sont dues à une fermentation alcoolique, ou
encore la couleur de la croûte et son goût qui sont en grande partie issus de la réaction
de Maillard.
Le pain doit en effet une grande partie de sa réputation à son goût, mais aussi à son
aspect ainsi qu’à sa texture. Ces deux derniers éléments ont par ailleurs inspiré de
nombreux artistes dans leurs natures mortes, dont notamment Dali, mais le symbole que

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représente le pain a lui aussi été à l’origine d’œuvres d’art diverses et variées comme des
expositions, ou encore des structures.
Si le pain est aussi réputé, c’est parce qu’il représente un symbole fort, dans les arts, mais
aussi dans la religion. Il symbolise le divin dans la religion égyptienne ainsi que dans la
religion chrétienne, ou encore un objet de très grande valeur dans la religion romaine ;
mais son aspect le plus connu est celui de la nourriture du corps et de l’âme dans la
religion chrétienne, car le pain est en réalité une métaphore du Christ : c’est d’ailleurs la
raison pour laquelle les chrétiens mangent du pain, levé ou non, lors des cérémonies
religieuses en mémoire de Jésus.
Le pain est donc un aliment qui doit sa popularité à ses nombreuses facettes qui ne
cessent d’intriguer certains.

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