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Bulletin Hispanique

Luis Horacio Velázquez, Guillermo Enrique Hudson. Vida. Obras.


Ideas. Magia
Paul Verdevoye

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Verdevoye Paul. Luis Horacio Velázquez, Guillermo Enrique Hudson. Vida. Obras. Ideas. Magia. In: Bulletin Hispanique, tome
66, n°3-4, 1964. pp. 457-458;

http://www.persee.fr/doc/hispa_0007-4640_1964_num_66_3_3824_t1_0457_0000_1

Document généré le 15/06/2016


NOTES BREVES 457

Luis Horacio Velázquez, Guillermo Enrique Hudson. Vida. Obras.


Ideas. Magia, Buenos Aires, Ediciones Culturales Argentinas, 1963,
362 p.
Ce fils d'Améiicains du Nord, né en Argentine, où il passe plus de trente
ans de sa vie, puis écrivant en anglais, à Londres, des contes et récits
ayant pour cadre la pampa, est un cas particulier. Il figure également
dans la littérature anglaise et dans la littérature argentine. Et ses textes,
traduits en espagnol, sont considérés par les Argentins comme les
meilleures peintures de la vie et de la nature pampéennes. D'ailleurs, là-bas,
on nomme cet écrivain « typique » Guillermo Enrique Hudson. Il paraît
même que les paysans de la campagne de Buenos Aires, où il vit le jour,
le prénommaient Domingo, car il était né le jour de la saint Dominique,
ce qui était déjà une façon de se l'approprier. Son patronymique devint
même Uso dans un acte de vente publié par M. Luis Horacio Velázquez
(p. 14). Il était donc prédestiné à Yargentinisation. Il ne lui manquait
plus que d'évoquer la pampa pour devenir un vrai créole. Ce qu'il fit en
Angleterre, quelque nostalgie et quelque don d'écrivain le poussant.
Ajoutons à cela que Hudson eut des travaux publiés par la Zoological Society
de Londres et qu'il est considéré, en Angleterre, comme un naturaliste,
plus précisément un ornithologue distingué.
Plusieurs biographes et critiques, anglais et argentins, se sont intéressés
aux faits et gestes et aux écrits de ce personnage pittoresque. On en
trouvera la liste dans le Diccionario de la literatura latino-americana-argentina,
primera pane (Unión panamericana, Washington, D. C, 1960 ; p. 94 et
95), liste à compléter par celle que publie Luis Franco dans Historia de
la literatura argentina dirigida por Rafael Alberto Arrieta (Buenos Aires,
Ediciones Peuser, 1959, t. V, p. 400).
Luis Horacio Velázquez retrace la vie de Hudson et l'histoire des livres
de l'écrivain en utilisant ceux-ci, des témoignages des contemporains et
des lettres laissées par lui. Mais il ne s'agit pas seulement d'une
biographie d'ailleurs faite avec élégance, érudition et affection. Le critique
consacre plusieurs chapitres au style des ouvrages, à leur caractère lyrique,
à la nostalgie de Hudson. Il met en valeur l'intérêt de cette œuvre « qui
reconstitue une partie importante de la vie rurale et de l'histoire du pays
entre 1830 et 1870 ». Il insiste sur le caractère typiquement gauchesco de
Hudson, particulièrement dans des chapitres intitulés La pampa metafísica,
Centauros delante del Señor, Un moro, un picaso, un overo, El humor
gaucho. L. H. Velázquez a même poussé le zèle dans ce domaine jusqu'à
recopier un bon nombre d'aphorismes et de maximes qu'il a trouvés dans les
œuvres de Hudson. Il n'y a pas de doute : toutes les phrases recueillies
constituent, comme le dit le biographe, une vraie a anthologie de la sagesse
gauchesca » (p. 315). Cette compréhension de l'esprit pampeen justifie
pleinement ce que Cunninghame Graham écrivait à propos de son ami
Hudson : « Certes, il fut argentin jusqu'au dernier jour de sa vie, bien qu'il
eût écrit en anglais » (lettre publiée par L. H. Velázquez, op. cit., entre
la p. 168 et la p. 169).
Un grand nombre do photographies de documents (acte de baptême,
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lettres, etc.) et de dessins de Hudson, de portraits de l'auteur, des lieux
où il vécut illustre agréablement cette biographie dont l'auteur a su ne
rien perdre de la poésie qui s'insinue dans toute l'œuvre de Guillermo
Enrique Hudson.
P. VERDEVOYE.

Olga Fernández Latour, El « Martin Fierro » y el folklore argentino,


Buenos Aires, Instituto Nacional de Investigaciones folklóricas,
1963. (Tirage à part de Cuadernos, n° 3.)
Par ses travaux bien documentés et intelligents sur le folklore argentin,
Mlle Olga Fernández Latour est à citer maintenant aux côtés de Juan
Alfonso Carrizo et d'Augusto Raúl Cortázar. Dans cet article, que l'on
voudrait plus étendu tant il est plein de promesses, nous voyons très
clairement établie la distinction entre folklore littéraire (ensemble de poèmes
traditionnels anonymes) et littérature folklorique (celle des poètes de noms
connus). L'auteur fait remarquer à juste titre que Jorge Luis Borges a
très bien vu que les poètes dits « gauchescos » ont imité le langage des
paysans dans leurs vers pour l'opposer à celui de la ville, alors que les
poètes populaires, dans leurs compositions, prennent le soin de ne pas
s'exprimer dans leur parler quotidien. Sans rejeter l'origine primitive
espagnole de certains romances matonescos, MUe Fernández Latour montre par
de nombreux exemples que les poèmes argentins de ce type ont leur forme
propre et qu'il s'y mêle des thèmes étrangers aux romances espagnols de
ce genre, comme l'amitié, la destinée humaine, le malheur d'être
orphelin, etc. Ensuite MUe Fernández Latour recopie plusieurs récits recueillis
dans le peuple, antérieurs à Martin Fierro, qui ont pu inspirer José
Hernández.
P. VERDEVOYE.

Giovanni Previtali, Ricardo Güiraldes and Don Segundo Sombra. Life


and Works. Forword by Adelina del Carril de Güiraldes. Préface
by Jorge Luis Borges. New York, Hispanic Institute in the United
States, 1963, 225 p.
Dans la préface J. L. Borges écrit : « Giovanni Previtali sabe mil cosas de
Güiraldes que yo he ignorado u olvidado o en las que nunca me fijé... ».
Cette affirmation doit être complétée par cette déclaration que la veuve du
romancier, Adelina del Carril, écrit dans Pavant-propos de cette
biographie : « Es la obra de un gran amor comprensivo del espíritu de Ricardo
Güiraldes, y el haber extraído de él la expresión exacta de lo que amó,
pensó, sintió y vivió este gran poeta argentino es loable hazaña. » Ces
jugements n'ont pas été seulement dictés par la sympathie qu'un ami de
Güiraldes et la veuve de celui-ci ont pu légitimement nourrir à l'égard d'un
étranger qui a étudié la personne et la personnalité de l'écrivain disparu.
Ils définissent bien l'esprit dans lequel ce livre a été conçu.
Son auteur a utilisé un important matériel bibliographique présenté
clairement dans les vingt-trois dernières pages du volume. Ce matériel est
constitué par des biographies connues, des articles glanés dans des revues