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FACULTE DE MEDECINE D’ALGER

DEPARTEMENT DE PHARMACIE
LABORATOIRE DE PHARMACIE GALENIQUE

DJERABA Samia GHANASSI F/Zohra


Maitre de conférences B Professeur
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Sommaire

Informations importantes…………………………………………………………..……….3

Les opérations de mesure en officine…………………………………………...………..5

Les règles d’étiquetage…………………………………………………………….………18

Les solutés aqueux…………………………………………………………………………22

Solutés alcooliques……………………………………………………………...........……28

Poudres - mélanges………………………………………………………….………….…35

La granulation par voie humide…………………………………….……………………..42

Gélules……………………………………………………………….….…………………..47

Pommades ……………………………………………….…………………………………55

Emulsions ………………………………………………………….……………………….61

Suppositoires…………………………………………………………….……...……..…...70

Tales de correction des alcools…………………………………………………………..76

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Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

INFORMATIONS IMPORTANTES

1. Emploi du temps

Les travaux pratiques de Pharmacie Galénique se feront en 10 séances de 3


heures chacune.
- Séance 1 : Les solutés aqueux – Règles d’étiquetage
- Séance 2 : Les solutés alcooliques – Règles d’étiquetage
- Séance 3 : Mélange de poudres, contrôle granulométrique
- Séance 4 : Gélules : formulation, fabrication et contrôle
- Séance 5 : Pommades : fabrication et contrôle – Fabrication d’un gel
- Séance 6 : Emulsions : fabrication d’une émulsion H/E
- Séance 7 : Les suppositoires
- Séance 8 : Granulation humide et contrôle du grain

2. Avant chaque séance de travaux pratiques


Le maximum de temps des TP doit être consacré aux manipulations, ce qui veut
dire que les étudiants doivent connaître le principe de ces manipulations et leur
déroulement avant de les commencer.
Toutes les informations nécessaires à la réalisation des manipulations sont
contenues dans le polycopié.

Les enseignants feront en début de séance une conférence pour expliquer le


principe de chaque manipulation.
Les étudiants devront avoir lu le polycopié et préparé leurs questions avant de
venir en TP.

3. Pendant la séance de travaux pratiques


Les étudiants doivent assister à toutes les séances de TP et y participer de façon
active.
Le travail se fera par binômes
Une seule absence excusée est autorisée, les autres absences excusées ou non
conduiront à un zéro pour la séance manquée.

Aucune séance de rattrapage n’est autorisée.

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Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

4. Le compte rendu

Le compte rendu du TP se fera sur un cahier où le binôme doit noter le numéro de


sa paillasse et éventuellement le numéro de la solution qu’il aura à doser.

Le compte rendu doit comporter uniquement les résultats des manipulations.

5. Evaluation

Une interrogation surprise se fera avant de commencer la séance de travaux


pratiques et qui sera notée et prise en considération lors du calcul de la moyenne
des travaux pratiques.
L’enseignant décidera du jour où il fera son interrogation.

La note finale des travaux pratiques se fera en additionnant toutes les notes des
comptes rendus plus la note de l’interrogation écrite divisé par le nombre de TP plus
un (note de l’interrogation écrite).

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Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

LES OPERATIONS DE MESURE EN OFFICINE

1. Les mesures en masse

1.1. Notion de masse et de poids

Les mots « masse » et « poids » ne sont pas synonymes, ce qui est


particulièrement important en pharmacie, car les substances médicamenteuses,
doivent être utilisées à des doses très précises et déterminées en fonction de leur
activité et de leur toxicité éventuelle.

En effet, la masse d’un corps est la mesure de la quantité de matière


contenue dans ce corps, donc du nombre d’atomes, de molécules qu’il contient,
quelle que soit l’altitude, sa masse ne change pas.

L’unité internationale de mesure en masse est le kilogramme.

Par contre le poids d’un corps est le résultat de l’attraction terrestre sur la
masse de ce corps. Il varie selon la latitude et l’altitude.

« Une balance ne mesure pas des poids, mais des masses. »

L’unité de masse est le Kilogramme, mais on utilise plus couramment son


sous multiple, 1000 fois plus petit, le gramme, dont l’abréviation est :

1tonne 1t 106 g 1 000 000 g


1quintal 1q 105 g 100 000 g
1kilogramme 1 kg 103 g 1 000 g
1hectogramme 1 hg 102 g 100 g
1décagramme 1 dag 10 g 10 g
1gramme 1g 1g 1g
1décigramme 1 dg 10-1 g 0,1 g
1centigramme 1 cg 10-2 g 0,01 g
1milligramme 1 mg 10-3 g 0,001 g
1microgramme 1 µg 10-6 g 0,000 001 g
1nanogramme 1 ng 10-9 g 0,000 000 001 g

Tableau 1 : Tableau de conversion en grammes

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1.2 . Instruments de mesure ou balances

1.2.1. Qualités d’une balance

a – La justesse

Une balance doit être juste, c'est-à-dire capable de se tenir parfaitement en


équilibre aussi bien à vide, que sous des poids égaux quels que soient leur position
et emplacement sur les plateaux.

b- La fidélité

Une balance doit être fidèle, c'est-à-dire, qu’avec des masses identiques, elle
donne toujours le même résultat.

c- La sensibilité

Une balance doit être sensible, c'est-à-dire qu’elle doit réagir sous la masse la
plus faible correspondant à sa vérité.

1.2.2. Différents types de balances

Les balances utilisées en officine sont de trois types.

a- La balance Roberval

C’est une balance à deux plateaux mobiles placés sur un fléau reposant en
son centre sur un couteau. Au repos, les deux plateaux sont en équilibre. La
sensibilité de cette balance est de 0.5 à 1g. Elle est utilisée pour des pesées de
poids compris entre 1 et 10 kg suivant le modèle.

Fig. 1 : La balance de Roberval

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b- Le trébuchet

Il permet des pesées très précises, car il est plus sensible que le modèle
précédent. Le trébuchet est constitué de deux plateaux, et est relié à un axe par un
couteau.

Au repos, les plateaux sont soutenus de manière à ne pas exercer de force


sur les couteaux. Une aiguille centrale indique la position d’équilibre par rapport au
zéro d’une échelle graduée.

Fig. 2 : Balance trébuchet

c- Les balances électroniques


Elles tendent à remplacer les modèles précédemment décrits, vu leurs
principales qualités qui sont :

- La simplicité d’emploi ;
- Une tare automatique ;
- Un risque d’erreur de pesée très réduit ;
- Une grande précision d’affichage.

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Fig. 3 : Balances électroniques.

1.2.3. Les masses marquées


Les masses marquées sont rangées dans des boites qui contiennent toutes
les mêmes masses marquées dans les mêmes proportions. Chaque balance a sa
gamme de masses marquées correspondant à sa catégorie. Elles ne sont utilisées
qu’avec les balances traditionnelles.

Tableau 2 : Balances et masses marquées

Balance de Roberval Trébuchet ordinaire


Masse en laiton Masse en laiton Masses sous multiples du gramme, en
aluminium, appelées également masses
lamelles
1 masse de 1g 1 masse de 1g 1 masse de 0.50 g
2 masses de 2g 2 masses 2g 1 masse de 0.20 g
de
1 masse de 5g 1 masse de 5g 2 masses de 0.05 g
2 masses de 10 g 2 masses 10 g 1 masse de 0.02 g
de
1 masse de 20 g 1 masse de 20 g 2 masses de 0.01 g
1 masse de 50 g 1 masse de 50 g 1 masse de 0.005 g
1 masse de 100 g 1 masse de 100 g 1 masse de
1 masse de 200 g Ces masses en aluminium se
1 masse de 500 g manipulent avec des pinces
1 masse de 1 000 g « brucelles », jamais avec les doigts.
Remarque : Les masses marquées en fonte ne sont pratiquement jamais utilisées en officine

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2. Les mesures en gouttes


En pharmacie, de nombreuses prescriptions se font en gouttes. Dans des
conditions déterminées et toujours les mêmes, chaque goutte d’un liquide donné,
mesurée avec un même compte-gouttes, aura toujours la même masse.

On doit utiliser un compte-gouttes spécial, dit officinal tel qu’à 20°C, 20


gouttes d’eau distillée pèsent 1000 mg ± 50 mg.

Fig. 4 : Schéma du compte-gouttes capillaire conforme à la pharmacopée


Européenne

3. Les mesures en volume

3.1. Les instruments de mesure

5.1.1. Les instruments non gradués – non jaugés

Peu précis, ils permettent une approximation souvent suffisante.


Les cuillerées sont utilisées à l’officine mais figurent couramment sur les
ordonnances :

Types de cuillerées Sirop


Cuillère à soupe ordinaire 15 ml 20 g
Cuillère à dessert 10 ml 13 g
Cuillère à café 5 ml 6.50 g

3.1.2. Les instruments jaugés ou gradués

a- Les éprouvettes

Ce sont des instruments relativement précis (5%). Elles existent dans les
tailles suivantes : 5, 10, 20, 30, 45, 60, 125, 250,500 et 1 000 ml. Plus leur
contenance est faible, plus elles sont précises. La lecture du niveau du liquide dans
l’éprouvette doit se faire à la base du ménisque, sauf pour le mercure dont l’usage en
officine sous toute forme est aujourd’hui inexistant. Après nettoyage, elle doit être

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rangée retournée sur un porte éprouvette ou recouverte d’un manchon de papier


évitant la pénétration de la poussière.

Figure 5 : Eprouvettes graduées

b- Les verres à pied gradués

De forme conique, leur précision est toute relative.

Figure 6 : Verres à pied gradués

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c- Les pipettes graduées

Leur graduation peut être de 1/10 à 1/20 de ml, leur contenance est de 2, 5,
10 et 20 ml

Figure 7 : Pipettes graduées

d- Les pipettes jaugées à double trait

Les deux traits gravés dans le verre délimitent un volume précis, d’où leur
nom de pipettes de précision.

Figure 8 : Pipettes jaugées à double trait

e- Les béchers, fioles et ballons jaugés ou gradués

Les béchers, fioles et ballons jaugés, peuvent également être utilisées pour
mesurer des volumes de liquide.

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Figure 9 : Fiole jaugées et béchers

f- Les burettes graduées

Les burettes sont surtout utilisées en laboratoire d’analyse ou pour effectuer


les essais prévus à la pharmacopée.

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4- Les masses volumiques et densités

4.1- Définition et unités

La masse volumique d’un corps est le rapport entre sa masse et son volume.
p = masse en kg / volume en m³, dans des conditions déterminées de
température et de pression.

Exemple :

5 litres de glycérine pèsent 6300 g ; la masse volumique sera donc de 6.300


kg / 5 = 1.26 kg /dm³ soit en UI (unité internationale) : 1260 kg / m³.

La masse volumique d’un corps comporte obligatoirement deux unités : une


unité de masse et une unité de volume.
La densité d’un corps est le rapport qui existe entre la masse d’un volume
quelconque de ce corps et la masse du même volume d’un autre corps pris comme
unité dans des conditions déterminées de température et de pression.
Représentée par un rapport, elle ne comporte aucune unité.

Pour les liquides et les solides, le corps pris comme unité est l’eau, de masse
volumique 1 kg. Iˉ¹.

4.2. Méthodes pratiques de détermination des masses volumiques et


des densités

Pour les liquides

Il suffit de peser un volume donné du corps.

Exemple :

350 ml de sirop de baume de tolu pèsent 463 g. La masse volumique du sirop


de baume de tolu sera :
462 / 350 ml = 1.32 g.mlˉ¹ ou D = 1.32.

Pour les solides :

Peser les corps ; dans une éprouvette, verser un volume donné d’un liquide
quelconque. Introduire le corps dans le liquide.
La différence de volume correspond évidemment au volume du corps.

Exemple :
Un corps X pèse 685 g.
Volume du liquide déplacé par immersion du corps X : 197 ml.
Masse volumique du corps X : 685/ 197 = 3.477kg /mˉ³ ou D = 3.477.

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5. Rappels analytiques
5.1. Les solutions titrées
Une solution titrée est une solution dont la concentration connue est exprimée
en masse et rapportée à 100 grammes ou, exceptionnellement, à 10 grammes de
solution.
La 10ème édition de la pharmacopée française précise :
Pour définir la concentration d’une solution, l’expression pour cent est
employée, selon les circonstances, avec 4 significations :

- Pour cent m/m (pourcentage masse pour masse) exprime le nombre de


grammes de substance dans 100 grammes de produit final ;

- Pour cent m/v (pourcentage masse dans volume) exprime le nombre de


grammes de substance dans 100 cm³ de produit final ;

- Pour cent v/m (pourcentage volume pour masse) exprime le nombre de


centimètres cubes de substance dans 100 grammes de produit final ;

- Pour cent v/v (pourcentage volume pour volume) exprime le nombre de


centimètres cubes de substance dans 100 cm³ de produit final.

L’expression partie pour million (PPM), sans autre indication, est exprimée
masse pour masse.

5.1.1- Titrimétrie

La titrimétrie est une méthode analytique qui permet de mesurer le poids


d’une substance dissoute dans un volume connu de sa solution.

Pour effectuer cette mesure, on utilise une liqueur titrée c'est-à-dire une
solution qui renferme un poids connu de substance par unité de volume.

5.1.1.1. Titre d’une solution

On appelle titre d’une solution le rapport P / M

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Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

P : poids de la substance dissoute dans un litre de sa solution ;


M : poids moléculaire de la substance.

Le titre, c’est donc le nombre de molécules grammes de la substance dissoute


dans un litre de sa solution.
Il permet de calculer le poids de substance dissoute selon la relation :

Exemple : On veut préparer une solution d’H2 SO4 en pesant 100 g que l’on
dissout dans un litre d’eau.

Le PM d’H2SO4 étant égal à 98, le titre de la solution est :

Inversement, on connaît le titre de la solution d’H2SO4. On voudrait connaître


le poids de substance dissoute dans un litre d’eau.
Si t = 0.98
P = 98 x 0,98 = 96.04 g

5.2. La molarité

Elle exprime le nombre de moles de la substance présente dans un volume


unitaire. La molarité ou concentration molaire a pour dimension les moles/litre.

La molarité est désignée par la notation « M » et s’exprime par le rapport :

5.3. La molalité

C’est le nombre de moles de soluté par unité de masse du solvant.

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5.4. L a normalité

Ce mode d’expression est fondé sur la notion d’équivalent-gramme.


Soit une réaction de type

- La réaction est quantitative (totalement déplacée sur la droite) ;


- Cette réaction exprime que « a » molécules de A réagissent avec « b »
molécules de B.

Si MA = masse molaire de A.
MB = masse molaire de B
Les quantités a MA et b MB sont dites équivalentes.

5.5. L’équivalent - gramme

L’équivalent - gramme d’un composé est la masse de ce composé égale à


une fraction de sa masse molaire ou de la masse d’un ion.

Pour un ion c’est le quotient de sa masse par son électrovalence.

Ag+

Cu2+

SO4 2-

Cette fraction est définie en fonction de la réaction à laquelle participe le


composé et doit être précisée lors de l’étude de chaque réaction car l’équivalent
d’une substance n’est pas nécessairement fixe.

5.6. Notion de « p.p.m » : Partie par million

Cette notion est utilisée par exemple dans l’évaluation des impuretés tolérées
au sein d’un produit.

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Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Ainsi, la présence de 1 mg d’impuretés dans un million de mg de produit


essayé se traduit par 1 p.p.m (d’impuretés)

Exemple : 5 p.p.m d’impuretés dans un million de mg de produit essayé


correspond à 5 mg de cette impureté.

6. Manipulation
Dosage acido – basique des solutions titrées
(Sources : laboratoire de chimie analytique)

6.1. Préparation des solutions titrées

6.1.1. Préparation d’une solution de H2SO4

L’acide sulfurique est un liquide dense, très caustique, dangereux car il


attaque les tissus vivants. Ce dernier doit être conservé à l’arbi de l’air car il absorbe
l’humidité de l’air.

Dans un ballon de 1l, on verse un volume V d’acide sulfurique, ce volume est


déterminé en fonction de la densité et du pourcentage de cet acide. L’addition
d’acide sulfurique se fera par petite portion.

Une fois le mélange terminé, on laisse refroidir. La vérification du titre de cet


acide préparé et son ajustage se fera 24 heures après.

6.1.2. Préparation de la solution de soude NaOH

La soude est une monobase forte qui sera neutralisée par un acide fort
H2SO4.
On prépare une solution approximativement normale (1N)
Pour cela, on pèse 40g de NaOH qu’on dissout directement dans l’eau
distillée dans un ballon de 1L.
La vérification du titre se fera 24 heures après.

6.2. Vérification des titres de H2SO4 et NaOH

6.2.1. Réactifs:

- H2SO4
- NaOH
- Na2CO3 (0.1N)
- Phénolphthaléine
- Héliantine

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Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

6.2.2. Mode opératoire:

A – Le dosage du H2SO4 se fait par rapport à une solution standard (étalon)


de Na2Co3 suivant l’équation :

H2SO4 + Na2Co3 H2SO4 + CO2 + H2O

A l’aide d’une pipette jaugée, prélever 10 ml de la solution étalon Na 2Co3


(0.1N), verser dans un erlenmeyer. Ajouter 3 gouttes d’indicateur hélianthine.
Remplir la burette avec la solution d’acide sulfurique versée.

Calcul :

- Déterminer le titre de H2SO4.


- Déterminer le volume nécessaire à la préparation de 100ml de H 2SO4 0.1N

D = 1,84 P% = 96% PM = 98.08

B - Dans un erlenmeyer, mesurer exactement 10ml de NaOH, ajouter 3


gouttes de phénolphtaleine, on titre avec l’acide sulfurique contenu dans la burette
jusqu’au virage de l’indicateur du rose à l’incolore.
Soit v le volume d’acide versé.

Na2SO4 + 2H2O

Calcul:

- Déterminer le titre du NaOH.

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Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

LES REGLES D’ETIQUETAGE

Les préparations officinales ou magistrales, doivent, dès leur exécution, être


étiquetées conformément à la législation en vigueur.
On peut considérer deux cas : la détention à l’officine ; la délivrance au public.

1. Etiquetage des préparations officinales pour la détention a l’officine

L’étiquette comporte de façon apparente, en caractères lisibles et indélébiles :


la dénomination, le contenu ; la date de réception ; la date de vérification de
conformité (si elle a eu lieu) ; éventuellement le numéro d’ordre propre à l’officine, ce
dernier permettant d’exprimer la traçabilité du produit.

1.1. Préparations ne contenant aucune substance vénéneuse ou des


substances non inscrites sur une liste de substances
vénéneuses :

Les récipients ou emballages contenant des médicaments ou produits qui


n’ont pas fait l’objet d’un conditionnement destiné au public sont revêtus d’une
étiquette blanche de format adapté à leur volume, apposée de manière à ne pouvoir
être volontairement détachée.

1.2. Préparations ou substances inscrites en liste II : Substances


dangereuses

L’étiquette comporte de plus :

 Le nom ou la raison sociale et l’adresse ou le siège social du fabricant ou


du distributeur ;
 Une croix de Saint – André imprimée en noir sur un fond carré de couleur
orangé jaune et de dimensions suffisantes. Ce carré est placé à l’angle supérieur
gauche de l’étiquette.

1.3. Préparations ou substances inscrites en liste I : Substances


toxiques.

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Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

L’étiquette comporte de plus, et ce de manière spécifique :

 Le nom ou la raison sociale et l’adresse ou le siège du fabricant ou du


distributeur ;
 Une tête de mort à tibias croisés imprimée en noir sur un fond carré de
couleur orangé jaune et de dimensions suffisantes. Ce carré est placé à l’angle
supérieur gauche de l’étiquette.

1.4. Préparations ou substances stupéfiantes

L’étiquette porte en particulier et de façon spécifique :

Pour une substance : la dénomination internationale recommandée par


l’O.M.S, chaque fois qu’elle existe, ou, dans le cas contraire, celle de la
Pharmacopée européenne ou française ou, la dénomination scientifique ;

Pour une préparation : sa dénomination commerciale, s’il y a lieu


accompagnée du nom de la ou des substances stupéfiantes qu’elle renferme ;
La masse nette et la masse brute ;
Le nom et l’adresse du fabricant ; ou du distributeur ;
Une tête de mort à tibias croisés imprimée en noir sur un fond carré de
couleur orangé jaune et de dimensions suffisantes. Ce carré est placé à l’angle
supérieur gauche de l’étiquette. ;
Un numéro de référence pour chaque récipient emballage.

2. Etiquetage des préparations pour la délivrance au public

Dans tous les cas, les étiquettes doivent comporter :

- Le nom et l’adresse du Pharmacien ;


- Le numéro d’enregistrement ;
- La posologie et le mode l’emploi.

2.1. Préparation ne contenant aucune substance vénéneuse ou en


contenant à doses exonérées :

L’étiquetage est libre et porte, outre les mentions ci-dessus, les indications
figurant dans la monographie de la forme dispensée. On évitera formellement
d’utiliser les étiquettes et contre-étiquettes que la législation officielle impose aux
préparations contenant, à doses non exonérées, une ou plusieurs des substances
inscrites sur l’une des trois listes de substances vénéneuses.

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Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

2.2. Préparation contenant une ou plusieurs substances vénéneuses à


doses non exonérées :

 Elle est destinée aux voies nasale, orale, perlinguale, sublinguale,


rectale, vaginale, urétrale ou injectable.

L’étiquette est blanche et porte outre les mentions ci-dessus, les indications
figurant dans la monographie de la forme disposée ; de plus cet emballage portera
une contre étiquette- avec la mention « respecter les doses prescrites » en
caractères noirs sur fond rouge.

 Elle est destinée aux autres voies d’administration :

L’étiquette est rouge avec la mention « Ne pas avaler » pour les préparations
à usage humain ou « ne pas faire avaler » pour les médicaments vétérinaires
imprimée en caractères noirs ; elle porte, outre les mentions ci-dessus, les
indications figurant dans la monographie de la forme dispensée ; de plus cet
emballage portera une contre –étiquette, avec la mention « respecter les doses
prescrites » en caractères noirs sur un fond rouge. Afin d’inscrire le numéro
d’enregistrement, la posologie et le mode d’emploi, elle peut comporter un espace
blanc de dimension suffisante.

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Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

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Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

LES SOLUTES AQUEUX

Définition

« Les solutés sont des préparations obtenues par dissolution d’une ou


plusieurs substances médicamenteuses dans un solvant approprié ».

Les solutions peuvent être colorées ou incolores mais doivent toujours être limpides.

Soluté neutre dilué d’hypochlorite de sodium dit soluté de Dakin

Formule
Carbonate monosodique………………………………3,75g
Eau de javel, quantité correspondant à……………….1, 25g de chlore actif
Permanganate de potassium…………………………..0,0025g
Eau distillée fraîche………………..Qsp…………..…..250mL

Le soluté concentré d’hypochlorite de sodium titre habituellement entre 16 et 30°


chlorométriques, c'est-à-dire qu’il contient de 50 à 95 g de chlore actif par litre.
La préparation du soluté de Dakin nécessite un titrage de l’eau de javel. Le titrage de
l’eau de javel fait appel à la chlorométrie.

1. La chlorométrie

La chlorométrie est l’opération qui a pour but de mesurer la quantité de chlore


que peut dégager un hypochlorite, quand on le traite par un acide ; les résultats
peuvent être donnés :

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Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

soit en chlore actif correspondant à un certain poids exprimé en « g » par « l »


ou « kg » de produit essayé,
soit en degrés chlorométriques (0°, 760 mmHg) par litre ou kilogramme de
produit essayé.

Pour passer du titre en poids (chlore actif) au titre en volume (degré


chlorométrique), il faut multiplier le poids de chlore dégagé par le cœfficient 0,315
déduit du rapport :

Volume moléculaire = 22,4 = 0,315


Poids moléculaire 71

2. Titrage de l’eau de javel

Principe
Introduire successivement dans un erlenmeyer de 100 mL :
- 10 mL d’eau de javel diluée au 1/10ème ;
- Quelques cristaux d’iodure de potassium ;
- 5 mL d’acide acétique pur ;
- Boucher l’erlenmeyer avec une feuille de cellophane et un bouchon de
caoutchouc ;
- Titrer ensuite rapidement l’iode libéré jusqu'à décoloration complète du liquide

Soit n le nombre de millilitres de thiosulfate de sodium 0,1 N versées :

Teneur en chlore actif (g/L) = n . 3,546

Déterminer le volume de soluté concentré d’hypochlorite de sodium à utiliser


pour préparer le soluté de Dakin qui est à une teneur de 5g de chlore actif
par litre.

Réactions chimiques :
Quand on ajoute à une solution d’iodure de potassium (KI) une solution
d’hypochlorite de sodium en présence d’acide acétique, il y aura formation d’acide

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Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

hypochloreux qui par libération de chlore oxydera l’iodure en iode, ce dernier est à
son tour réduit par une solution de thiosulfate de sodium.

Il y a autant d’iode que de chlore libéré : le titre en iode est équivalent au titre en
chlore. Les réactions en milieu acide acétique se présentent ainsi :
2 Cl ONa + 2 CH3COOH 2 Cl OH + 2 CH3COONa
Hypochlorite de Na acide acétique acide hypochloreux
acétate de Na

L’acide hypochloreux se décompose en donnant un mélange de chlore et


d’oxygène :
2 Cl OH Cl2 + ½ O2 + H2O
Cl2 + 2 KI I2 + 2 KCl
2 Na2 S2 O3 + l2 Na2 S4 O6 + 2 Na Cl

On dose l’iode qui est proportionnel à la quantité de chlore présente dans le milieu :
N1 V1
N1 V1 = N2 V2 N2 =

V2
N1 : Normalité du thiosulfate (0.1N)
V1 : Chute burette.
N2 : Normalité de la solution d’eau de Javel.
V2 : Volume d’eau de Javel (10ml dilué au 1/10ème).
N2 = 10-2 n (n : chute de burette).
La teneur en chlore actif exprimée en gramme par litre d’eau de Javel est donnée par
la formule :

Nombre de g de CI actif / L d’eau de javel = n. 3,546

4. Préparation du soluté de DAKIN (50 ml)

Les solutions sont obtenues par dissolution à froid ou à chaud. La préparation


s’achève toujours par une filtration sur papier ou un autre dispositif.

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Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

L’eau utilisée dans la préparation des solutions aqueuses est de l’eau potable, ou de
l’eau purifiée par échangeurs d’ions ou distillée à partir d’une eau potable.
Ces différentes eaux doivent répondre aux normes indiquées par la Pharmacopée
française.
Les étapes à suivre pour la préparation de 50 ml soluté de Dakin sont :
- Peser le carbonate monosodique et le faire dissoudre dans une petite quantité
d’eau distillée fraîche, dans une fiole jaugée de 50 ml.
- Ajouter la quantité calculée de l’extrait de javel.
- Ajouter 4 gouttes d’une solution aqueuse de permanganate de potassium
titrée à 0,25%.
- Compléter à 50 ml avec de l’eau distillée.
- Filtrer éventuellement après 30 mn.
- Mettre en flacon coloré.
- Etiqueter.

Conservation
Le soluté de Dakin doit se conserver en récipient bouché, à l’abri de la lumière et
au frais.

Dans ces conditions :

Le soluté de dakin se périme en une semaine

5. Contrôle du DAKIN

Recherche de l’alcalinité :
Pas de coloration rouge à la Phénophtaléine : rajoutée au soluté de dakin une
solution de phénophtaléine ne doit pas le colorer en rouge.
Dosage du chlore actif :
Compris entre 4,5 et 5g/l : ne pas diluer la prise d’essai

Teneur en chlore actif (g/L) = n. 0,3546

25
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Etiquetage
- Nom officinal sur étiquette blanche : conservation à l’officine.
- Nom et adresse du Pharmacien
- Nom officinal.
- Mode d’emploi sur étiquette blanche : délivrance au public.

Autres exemples de solutés aqueux

Solution de chloroforme ou eau chloroformée :


Chloroforme anesthésique …………………… 5 g
Eau …………………………………………… 995 g
C’est une solution classée en liste I et employée comme antispasmodique de
l’appareil digestif.

Soluté de lugol (soluté iode ioduré fort) :


Iode …………………………………………….. 0.14 g
Iodure de potassium …………………………. 1g

C’est une solution qui est utilisée comme antiseptique externe.

26
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

LES SOLUTES ALCOOLIQUES

Définition

Les solutés alcooliques sont des préparations obtenues par dissolution d’une
ou de plusieurs substances médicamenteuses dans un alcool ou un mélange hydro-
alcoolique.

1. L’alcoométrie

L’alcoométrie concerne toutes les opérations réalisées sur les alcools, celles-ci
permettent de connaître la quantité d’alcool que renferme un mélange hydro-
alcoolique.
Les mesures sont effectuées à l’aide d’un alcoomètre selon les modalités
prévues par la Pharmacopée.

2. 1. Degré alcoolique centésimal ou volumique

Le titre couramment utilisé est le titre volumétrique ou degré alcoolique


centésimal, défini par Gay-Lussac, appelé encore force de l’alcool. Le degré
centésimal d’un alcool est le nombre d’unités de volume d’alcool absolu contenues
dans 100 unités de volume de cet alcool à la température de 20°C.

Symbole = « pour cent vol » ou « pour cent v/v

Pour ne pas le confondre avec le degré centigrade ou le degré Celsius utilisés


dans les échelles de température, le degré alcoolique centésimal est représenté par
le symbole C placé en exposant à la suite du nombre exprimant le titre de l’alcool.

Exemple : Alcool à 60c, température 60°C.

27
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

2. 1. 1. Mesure du degré alcoolique

La mesure du degré alcoolique se fait à l’aide d’un alcoomètre centésimal de


Gay-Lussac qui n’est autre qu’un densimètre gradué en degrés alcooliques.

Figure 1 : Mesure du degré alcoométrique à l’aide d’un alcoomètre

Les alcoomètres sont gradués pour des lectures effectuées au niveau de la surface
libre horizontale du liquide.
- 0 correspond à l’eau pure,
- 100 correspond à l’alcool absolu.

a- Mesure
La mesure du degré alcoolique d’un alcool consiste à :

Verser le mélange hydro-alcoolique dans une éprouvette,


Introduire délicatement l’alcoomètre dans l’éprouvette,
Laisser l’alcoomètre se stabiliser sans toucher aux parois de l’,
Lire la température puis le degré alcoolique au bas du ménisque.

28
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Figure 2 : Lecture du degré alcoolique

b- Correction

- Si la température est de 20°C, la détermination du degré alcoolique se fait


directement par la lecture de la division correspondant au niveau
d’effleurement du liquide : on obtient ainsi le degré réel et il n’y a pas de
correction à faire.

- Si la température est différente de 20°C, la lecture directe fournit le degré


apparent et il faut faire une correction à l’aide des tables de correction
internationales pour obtenir le degré réel (voir tables de correction en annexe).

2. 2. Titre pondéral ou titre alcoométrique massique

Il existe une autre façon d’exprimer le titre des mélanges eau-alcool, c’est le
titre pondéral ou titre alcoométrique massique.

Tous les calculs en alcoométrie se font en masse, il est donc nécessaire de


convertir le titre volumétrique en titre pondéral lors des calculs à effectuer lors du
mouillage et du coupage des alcools.

Le titre pondéral d’un mélange hydro-alcoolique est le poids d’alcool absolu


contenu dans 100g de ce mélange.

Symbole = « pour cent masse » ou « pour cent m/m »

Il existe au Codex une table de correspondance entre degré alcoolique et titre


pondéral.

29
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

La formule donnant le titre pondéral est :

Ou :

P : titre pondéral
N : degré alcoolique du mélange ou titre volumétrique
D : densité de l’alcool absolu
d : densité de l’alcool utilisé.

Exemple : Soit un alcool de 80c (d = 0.86416)


Densité de l’alcool absolu (D = 0.79433)
Le titre pondéral de l’alcool à 80c sera :

2. Le mouillage

Le mouillage est l’opération qui consiste à amener un alcool de degré


déterminé à un degré plus faible en lui ajoutant de l’eau.

Le mouillage se fait en trois étapes :

 Détermination du degré apparent de l’alcool à l’aide d’un alcoomètre ;


 Détermination du degré réel de l’alcool à diluer à partir de son degré
apparent en utilisant les tables du codex ;
 Calcul des poids d’alcool fort et d’eau à mélanger pour obtenir la quantité
voulue d’alcool faible de titre désiré.

30
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

La règle de mouillage donnant le poids d’alcool fort à diluer est donc :

Pour obtenir l’alcool faible de titre pondéral « b », il suffit d’ajouter un poids


(p-x) d’eau.

2. Le coupage

C’est l’opération qui consiste à mélanger un alcool de titre fort à un alcool de


titre faible pour obtenir un alcool de titre intermédiaire.

Le poids d’alcool fort à utiliser est obtenu par la formule :

X : poids d’alcool fort à employer


p : poids d’alcool intermédiaire à préparer
b : titre pondéral de l’alcool intermédiaire
a : titre pondéral de l’alcool fort
c : titre pondéral de l’alcool faible
p – x : poids d’alcool faible à utiliser pour obtenir la quantité d’alcool
intermédiaire.

31
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

3. Manipulation

3.1. Détermination des titres apparents et réels d’un alcool donné, à


l’aide d’un alcoomètre

Mettre l’alcool à étudier dans une éprouvette, introduire délicatement


l’alcoomètre dans l’éprouvette, ne le lâcher que lorsqu’il flotte dans le liquide.
Quand il s’immobilise, sans frotter sur les parois de l’éprouvette, noter la
graduation située dans le plan de la surface du liquide. Noter en parallèle la
température.
Déterminer le degré réel de cet alcool en utilisant la table de correction de la
pharmacopée en interpolant si le degré apparent comporte des décimales.

3.1. Exercice

- A partir d’un alcool à 96c et d’un alcool à 50c, préparer 60g d’alcool à 70c.

- A partir d’un alcool à 96c, préparer 42.5g d’alcool à 95c.

- Préparer 50g de soluté alcoolique d’iode officinal ou « teinture d’iode » :

Iode ………………………….05 g
Iodure de potassium…………03 g
Alcool à 95C …..……………..85 g
Eau …………..………………07 g

Triturer l’iode et l’iodure de potassium dans un mortier à liquide, en présence


de la quantité calculée d’eau. Après dissolution, rajouter les 42.5g d’alcool à 95 c
précédemment préparé.

Filtrer et présenter dans un flacon en verre coloré muni d’un bouchon.

La préparation terminée est fortement colorée en brun et a une odeur


caractéristique.

Remarque :

L’addition de potassium a pour but de faciliter la dissolution de l’iode et


d’empêcher la formation d’acide iodhydrique HI à propriétés caustiques.

32
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

3.1.1. Etiquetage

La teinture d’iode est une préparation contenant de l’iode qui figure sur la
liste II ».

 Conservation à l’officine
Etiquette verte avec contre - étiquette verte portant la mention « Dangereux ».

 Délivrance au public
Etiquette rouge – orangé
Contre – étiquette rouge – orangé portant la mention « Ne pas avaler »

3.1.1. Etiquetage

Antiseptique externe.

4. Exemples de solution alcooliques

4.1. Soluté de camphre

 Alcool camphré fort

Camphre naturel ou synthétique…………………..100g


Alcool à 95c………………………………………..900g

 Alcool camphré faible (Eau de vie camphrée)

Camphre naturel ou synthétique…………………...25g


Alcool à 60c ………………………………………975g

Usage :
Antiseptiques, en frictions comme stimulants.

4. 2. Soluté d’éosine alcoolique

Eosine…………………………………………1g ou 2g
Alcool à 60c q.s.p………………………………….100g

Usage :
Antiseptique externe.

33
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

4. 3. Soluté de Milian

Violet de gentiane…………………………………0.25g
Vert de méthyle…………………………………...0.25g
Alcool à 60c…………..q.s.p………………………100g

Usage :

Désinfectant énergique des plaies infectées et de certaines dermatoses tel


que l’eczéma.

4. 4. Solution de MARFAN

Teinture de benjoin…………………………………15g
Alcool à 90c…………………………………………30g
Glycérine.…………………………………………...12g
Eau de rose…………………………………………..8g

En attouchement comme préventif et curatif des gerçures des seins.

34
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

POUDRES - MELANGES

1. Les poudres

Les poudres sont des préparations pharmaceutiques constituées de particules


solides, sèches, libres et plus ou moins fines.
Habituellement, les poudres, conditionnées en paquets ne sont pas absorbées
directement, chaque dose est soit dissoute ou mise en suspension dans l’eau, mais,
dans la majorité des cas, les poudres sont destinées à la fabrication de granulés, de
gélules, de comprimés…

1.1. Conditionnement en paquets

Les paquets sont une présentation de poudres simples ou composées en


doses unitaires dans des feuilles de papier repliées de façon à réaliser un
conditionnement hermétique. Il s'agit de la forme officinale des sachets
thermosoudés fabriqués industriellement.

Les paquets résultent du conditionnement d’une poudre dans les plis d’une
feuille de papier. Il faut veiller à l’obtention d’un pliage correct pour assurer une
obturation étanche. Les paquets représentent une mesure de poudre, simple ou
composée, toute prête pour le malade et destinée à une prise unitaire.

1.2. Préparation des paquets

La préparation des paquets est exclusivement officinale, et artisanale. On


utilise du papier spécial qui une fois plié permet de porter sur le paquet l’identité du
médicament.

35
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

1.2.1. Manipulation

Confectionner deux paquets avec 5g de bicarbonate de sodium.

Former un tas avec le bicarbonate de sodium, et le partager en deux parts


égales à l’aide d’une spatule. Mettre chaque tas sur la feuille de papier servant au
conditionnement, puis confectionner le paquet selon le pliage indiqué sur la figure 1.

Répartir la poudre en petits tas égaux entre eux selon la technique officinale
classique ; si nécessaire prélever un peu de poudre sur les gros tas pour les
égaliser entre eux.
Plier et fermer les paquets suivant la méthode classique (voir figure 1), en veillant
à ce que tous les paquets aient la même dimension.

Figure 1: Confection d’un paquet

36
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

2. Analyse granulométrique d’une poudre par tamisage

L’analyse granulométrique permet de déterminer et d’observer les différents


diamètres des particules qui constituent un mélange de poudres. L’analyse consiste
à séparer et classer à l’aide de tamis ronds, constitués de mailles carrées ces
particules selon leur diamètre.

La granulométrie exprime les dimensions des particules d’un solide divisé,


poudre ou granulé.

- Le refus désigne la partie de poudre retenue dans un tamis.


- Le refus cumulé représente la somme des refus des tamis
supérieurs, jusqu’au tamis considéré.
- Le tamisât ou passant désigne la poudre qui traverse le tamis.

2.1. Manipulation

Cette manipulation consiste à faire l’analyse granulométrique d’une poudre, elle


permet de classer les particules en fonction de leur diamètre.

 Peser séparément 3 tamis (315, 200,, 125) et un fond récepteur.


 Ranger les tamis du haut vers le bas selon un ordre décroissant d’ouverture
de mailles et déposer la colonne sur le fond récepteur.
 Peser 100g de mélange de poudres.
 Déposer la matière première sur le tamis supérieur.
 Agiter manuellement pendant 3 minutes (agitation horizontale et ample).
 Peser chaque tamis et le fond récepteur.
 Noter les résultats.
 Calculer les masses des refus sur chaque tamis et du tamisât présent sur le
fond récepteur.
 Exprimer ce résultat en pourcentage de la somme de ces masses.
 Tracer l’histogramme de répartition granulométrique.

37
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Figure 2 : Colonne de tamis et tamis pour analyse


granulométrique

2.2. Tracé de la courbe et de l’histogramme

2.2.1. Résultat de l’essai : Répartition granulométrique

Dimensions des M (g) Tamis Vide M (g) Tamis + Poudre Pourcentage


mailles du tamis M1 M2 de refus
(µm)

315
200
125
Fond récepteur
Total

38
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

2.2.2. Histogramme de répartition granulométrique

Pourcentage de perte par rapport à la prise d’essai (100g)

Chaque binôme doit ramener une feuille de papier millimétré pour tracer la courbe
et l’histogramme de la répartition granulométrique.

3. Mélange de poudres

Le mélange est une opération qui consiste à rendre aussi homogène que
possible une association de plusieurs produits.
Le résultat de l’opération est un mélange qui est une association de
plusieurs éléments rendus distincts du point de vue macroscopique, mais qui
conservent leurs propriétés spécifiques.
De nombreux facteurs influencent le processus de mélange :

 Les proportions de chacun des constituants : un mélange dans lequel les


différents constituants sont présents dans les mêmes proportions est plus
facile à réaliser.
 La taille des particules : il est toujours plus facile de mélanger des
particules ayant sensiblement la même taille ; les mélanges de fines
particules (dans lesquels le nombre de particules est élevé) sont
relativement stables.
 La densité des poudres : la différence de densité entre chacun des
composants influence également l’obtention des mélanges, mais à un
moindre degré que la taille des particules.
39
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

2.1. Manipulation

 Réaliser 2 mélanges binaires avec :


- 2g d’excipient coloré et 2g d’aspirine de la fraction granulométrique
> 200um provenant de l’analyse granulométrique.
- 2g d’excipient et 2g d’aspirine de la matière première non tamisée.
 Effectuer les mélanges en pilulier, par agitation manuelle pendant 1mn.
 Observer si les mélanges paraissent homogènes ou hétérogènes.
 Doser l’aspirine sur une prise d’essai de 100mg.

Prélever 100 mg de mélange, doser ensuite l’acide acétyl salicylique en milieu


aqueux selon le protocole suivant :

 Réactifs :

 Acide sulfurique H2SO4 0.5N


 Hydroxyde de sodium 0.5N

 Dosage :

Témoin :
Dans un erlenmeyer mettre :
 150 mg d’aspirine (acide acétyle salicylique) ;
 10 ml de soude 0.5N
 02 gouttes de phénolphtaléine (indicateur coloré).
Titrage par l’acide sulfurique 0.5N (virage du rose vers l’incolore).
Soit NT ml la chute de burette.
Dosage :
Dans un erlenmeyer mettre :
 100 mg de mélange, puis ajouter ;
 10 ml de soude 0.5N
 02 gouttes de phénolphtaléine (indicateur coloré).
Titrage par l’acide sulfurique 0.5N (virage du rose vers l’incolore).
Soit NE ml la chute de burette.

40
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

 Calcul :

RESULTATS

Résultat du dosage de la
matière première tamisée Conclusion
(mg)

41
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

LA GRANULATION PAR VOIE


HUMIDE

1. Définition

La granulation est une opération qui a pour but de transformer des particules de
poudre cristallisées ou amorphes en agrégats plus ou moins résistants et plus ou
moins poreux appelés grains ou granulés.

Les particules composant chaque agglomérat ou grain sont liées entre elles d’une
manière plus ou moins lâche, ce qui laisse à l’agglomérat une certaine porosité.

Le granulé présente un certain nombre d’avantages par rapport à un simple mélange


de poudres :
− Augmentation de la densité du mélange,
− Amélioration de l’écoulement,
− Homogénéité de la répartition granulométrique,
− Augmentation de l’aptitude à la compression.

2. Etapes de la granulation par voie humide

La granulation par voie humide est le procédé le plus couramment utilisé pour la
formation d’agglomérats solides plus ou moins poreux.

Figure 1 : Etapes de la transformation d’une poudre en grain

42
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

La granulation humide est une succession de 04 étapes :

• mélange des poudres et préparation de la solution de mouillage ;


• granulation ;
• séchage du grain ;
• calibrage du granulé sec.

3. Manipulation

Pour obtenir des granulés destinés à être conditionnés tels quels ou à la


fabrication de comprimés, deux étapes sont nécessaires :

− La préparation du mélange de poudres ;


− La granulation.

3.1. Préparation du mélange de poudres

La première étape consiste pour chaque binôme à préparer l’un des deux mélanges
suivants :

− Amidon de maïs + lactose ;


− Amidon de maïs + phosphate dicalcique.

Manipulation :

 Peser séparément 70 g de chaque excipient et les transférer dans un mortier


ou un bécher de 400 ml,
 Mélanger les deux excipients avec une spatule en effectuant des mouvements
en huit,
 Faire un essai d’écoulement et un essai de tassement tels que décrits dans la
Pharmacopée Européenne,
 Noter les résultats.

3.1.1. Essai d’écoulement

L’essai d’écoulement s’effectue pour 100 g de poudre, à l’aide d’un entonnoir


normalisé. Le temps d’écoulement doit être inférieur à 10 secondes.

43
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Figure 2 : Entonnoir normalisé pour essai d’écoulement

3.1.2. Essai de tassement


Le tassement des poudres représente la capacité des particules à se réarranger
spontanément ou sous l’effet de sollicitations mécaniques.

Le test décrit par la Pharmacopée Européenne 7ème Edition, consiste à étudier la


densification de 100 g de poudre, placée dans une éprouvette, on sous l’effet de
chutes successives et normalisées.

On détermine le V0, le V10 - V500

Le V10 - V500 caractérise l’aptitude au tassement de la poudre et doit être inférieur à


20 ml.

Figure 3 : Appareil de tassement

44
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Résultats

Les résultats de l’essai d’écoulement et de l’essai de tassement doivent être notés


sur le tableau ci-dessous :

Temps d’écoulement (s) Cinétique de tassement

V0
Résultats
V10

V500

3.2. Préparation du granulé par voie humide

Le grain est réalisé par l’addition d’un liant, la povidone dans notre cas, et d’un
liquide de mouillage, de l’au dans notre cas, au mélange d’excipients.
Les pourcentages de liant à utiliser sont de 2%, 3%, 4% et 5% en fonction des
binômes.
La quantité d’eau nécessaire à l’obtention d’un grain est comprise entre 20 et 40 ml
et doit être déterminée avec précision.

Mélange :

 Calculer la formule centésimale du grain en tenant compte du pourcentage


de liant utilisé,
 Peser les constituants des granulés et les mettre dans un mortier ou un
bécher de 400 ml,
 Mélanger pendant une minute à l’aide d’une spatule.

Mouillage :

 Mesurer l’eau à l’aide d’une éprouvette de 50 ml,


 Ajouter l’eau par petites fractions, sans arrêter l’agitation jusqu'à l’obtention
d’un mélange homogène d’agglomérats,
 Après obtention d’une poudre humide, noter la quantité d’eau utilisée,
 Déterminer l’humidité du grain.

45
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Granulation :

 Faire passer le mélange précédent à travers un tamis d’ouverture de maille de


1000 µm ou 800µm à l’aide d’une spatule souple,
 Recueillir le grain sur un fond récepteur,

Séchage :

 Mesurer l’eau sécher le grain à 40°C dans une étuve ventilée,


 Déterminer l’humidité résiduelle du grain.

Calibrage :

 Calibrer le grain sec sur un tamis d’ouverture de maille inférieure à celle


utilisée pour la granulation.

4. Contrôle du grain

Les contrôles suivants doivent être effectués sur le grain obtenu :

- Essai d’écoulement,
- Cinétique de tassement,
- Analyse granulométrique.

46
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

LES GELULES

Les gélules sont des formes médicamenteuses unitaires destinées


généralement à l’administration par voie orale. Elles sont composées de deux demi-
capsules s’emboîtant exactement l’une dans l’autre. Ces demi-capsules sont
constituées d’une matière physiologiquement inerte : la gélatine.
La gélule convient essentiellement à la répartition d’une poudre en doses
unitaires, mais peut également contenir des granulés, des microcapsules, ou encore
un produit pâteux.

1. Caractéristiques des gélules

La gélule se caractérise par sa taille, il existe huit numéros de gélule dont


chacun correspond à une certaine capacité exprimée en ml.

Numéro de la gélule 000 00 0 1 2 3 4 5

Volume en ml
1.37 0.95 0.68 0.50 0.37 0.37 0.21 0.21

2. Remplissage manuel des gélules

Le remplissage manuel des gélules se fait généralement par arasement. Le


volume de poudre à répartir dans une gélule doit correspondre à celui du volume du
corps de la gélule.
Le remplissage des gélules exige deux étapes :
- préparation du mélange pulvérulent ;
- répartition du mélange.

47
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

2.1. Préparation du mélange

La poudre à répartir en gélule peut comprendre en plus du ou des principes


actifs, un diluant.
Les diluants sont utilisés lorsque la quantité du principe actif à répartir se
trouve entre deux tailles de gélules ou lorsque la quantité de principe actif est infime.
Il faut donc ajouter la quantité de diluant nécessaire pour occuper tout le volume de
la gélule : les amidons, le glucose, le lactose…

2. 2. Répartition du mélange

2.2.1. Choix de la dimension des gélules

Connaissant le nombre de gélules à préparer et le volume du mélange de


principes actifs à répartir (déterminé à l’aide d’une éprouvette graduée), une table de
remplissage des gélules permet de déterminer :

- Le numéro de gélule à utiliser ;


- La quantité d’excipient inerte à ajouter au mélange de principes actifs
pour remplir cette taille de gélules par arasement. Cette table comporte :
- En abscisse, le volume exprimé en ml du ou des principes actifs ;
- En ordonnées, les droites correspondant au nombre de gélules à préparer.

La répartition de la poudre dans les gélules se fait ensuite par arasement à


l’aide de géluliers manuels.

2.2.2. Geluliers manuels pour le remplissage à l’officine

Les géluliers manuels comportent en général un socle fixe et un jeu de


plaques mobiles et interchangeables :
- le socle fixe est de forme carrée et sert de support ;
- Les plaques mobiles, également de forme carrée, sont percées d’orifices
calibrés et correspondent chacune à un numéro de gélules déterminé.

Il y autant de parties mobiles qu’il y a de tailles de gélules, ces plaques


tournent autour d’un axe central, et peuvent de ce fait occuper trois positions
différentes :
- haute pour le remplissage.
- moyenne pour la fermeture.
- basse pour l’éjection.

48
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

3. Manipulation

3.1. Formulation de gélules d’acide acétyle salicylique

Formule :

A.A.S……………………………………250mg
Glucose…………q.s.p…………………1 gélule

A l’aide de la table de remplissage, vous devez déterminer le numéro de


gélules à utiliser, et la quantité de glucose nécessaire pour préparer 10 gélules
dosées à 250mg en acide acétyle salicylique.

Etapes à suivre

Peser le principe actif à la balance de précision pour un lot de 10 gélules ;


Verser délicatement et sans tasser la quantité de principe actif pesée, dans une
éprouvette graduée de 5ml propre et sèche ;
Noter le volume apparent V1 occupé par le principe actif ;
Déterminer graphiquement, le volume V2 de glucose à ajouter.

49
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

50
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

3.2. Formulation et fabrication de 10 gélules d’acide acétyle salicylique

En fonction de la quantité de principe actif mise à votre disposition, vous devez


préparer 10 gélules d’aspirine dosées à 100 mg ou 10 gélules dosées à 200 mg.

Formule n°1

Aspirine……………………………………………..100 mg

Glucose………………… q.s.p…………………..1gélule n°0

Formule n°2

Aspirine……………………………………………..200 mg

Glucose………………… q.s.p…………………..1gélule n°0

3.2.1. Etapes à suivre

 Peser le principe actif à la balance de précision pour un lot de 10 gélules.


 Déterminer le volume apparent Vpa, occupé par le principe actif.
Sachant que le volume total d’une gélule est égal à :

V Total = V Principe actif + V Diluant

Donc le volume du diluant à rajouter sera égal à :


V Diluant = V Total – V Principe actif

 Connaissant la densité du glucose, calculer la masse en mg à utiliser pour


préparer 10 gélules.
 Etablir la formule pondérale.

51
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

a- Préparation du mélange pulvérulent

Dans le mortier à poudre, mélanger soigneusement le principe actif par


dilution progressive avec la quantité calculée de glucose.

b- Répartition du mélange pulvérulent

− Après préparation du mélange pulvérulent, utiliser le gélulier équipé de la


plaque mobile n°0, en position haute sur le socle,
− Disposer les corps des gélules dans les orifices correspondant,
− Verser la poudre sur la plaque et la répartir par arasement à l’aide d’une
carte dans toutes les gélules,
− Tourner la plaque d’un ange de 30° autour de son axe, elle sera en
position moyenne, puis fermer les gélules,
− Tourner ensuite la plaque d’environ 45°, la plaque mobile sera en position
basse ce qui permet de récupérer les gélules pleines.

Si la détermination du volume de diluant et du principe actif est correcte, la


totalité de la poudre doit remplir les gélules sans avoir à tasser.

3.3. Contrôle des gélules

3.3.1. Contrôle de l’uniformité de masse

Peser individuellement vingt gélules et noter leur poids. Ouvrir les gélules, les
vider de leur contenu et les peser. Le poids du contenu est obtenu par différence.
Les poids individuels doivent se trouver dans les limites suivantes par rapport
au poids moyen.

Poids Ecarts limites Ecarts tolérés pour deux


moyen unités

3.3.2. Contrôle analytique

Prélever une gélule au hasard et la vider dans un Erlen, doser ensuite l’acide
acétyl salicylique en milieu aqueux selon le protocole suivant :

 Réactifs

- Acide sulfurique H2SO4 0.5N


- Hydroxyde de sodium 0.5N

52
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

 Dosage

Témoin :

Dans un erlenmeyer mettre :


- 150 mg d’aspirine (acide acétyl salicylique) ;
- 10 ml de soude 0.5N
- 02 gouttes de phénolphtaléine (indicateur coloré).
Titrage par l’acide sulfurique 0.5N (virage du rose vers l’incolore).
Soit NT ml la chute de burette.

Dosage :

Dans un erlenmeyer mettre :


- le contenu d’une gélule puis ajouter ;
- 10 ml de soude 0.5N
- 02 gouttes de phénolphtaléine (indicateur coloré).

Titrage par l’acide sulfurique 0.5N (virage du rose vers l’incolore).


Soit NE ml la chute de burette.

 Calcul :

53
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

LES POMMADES

1. Définition

Les pommades sont des préparations de consistance molle, destinées à être


appliquées sur la peau et sur les muqueuses. Elles sont constituées d’un excipient
simple ou complexe au sein duquel se trouve dispersé ou dissous un ou plusieurs
principes actifs.
On appelle plus particulièrement :

 Pâtes dermiques, les pommades qui renferment une forte proportion


de poudres ;
 Les crèmes sont des pommades de consistance plus molle,
composées d’une phase lipophile et d’une phase aqueuse ;
 Les cérats sont des pommades dont l’excipient est une cire
additionnée d’huile ;
 Les gels sont des pommades dont l’excipient est un gel aqueux.

2. Principaux excipients utilisés dans la préparation des pommades

CLASSIFICATION CARACTERISTIQUES EXEMPLES

 Hydrocarbures :
 Anhydres ; (vaseline, paraffine, huile
 Capacité d’incorporation de vaseline,
d’eau (faible à nulle) ; perhydrosqualène)
Bases
 Insolubles dans l’eau ;  Silicones
hydrophobes
 Non lavables  Huiles végétales
à l’eau.  Esters d’acides gras
(mirystate, palmitate
d’isopropyle).
 anhydres ;
 capacité d’incorporation
d’eau (variable selon  Lanoline et dérivés
Bases hydrophiles
composition) ;  Lanovaseline
 difficilement lavables à
l’eau.

54
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

3. Préparation d’une pommade à l’officine

A l’officine, et pour de petites quantités, la préparation d’une pommade se fait


au mortier par trituration prolongée. Il est souvent nécessaire de chauffer au bain-
marie pour diminuer la consistance de l’excipient et permettre d’obtenir un mélange
homogène.
On introduit dans le mortier une quantité d’excipient égale à celle du principe
actif puis on triture en imprimant au pilon un mouvement en cercle, en S et en 8.
Pour rassembler la pommade qui se trouve sur les parois du mortier, on utilise
une spatule souple ou une carte à jouer.
Lorsque les pommades contiennent dans leur composition des poudres,
celles-ci doivent être préalablement tamisées sur tamis à mailles très fines avant leur
incorporation.

Les pommades sont conditionnées en tubes rigides ou souples et en pots, leur


fermeture doit être hermétique pour éviter leur dessiccation et leur rancissement.

4. Manipulation

Préparation de 25g de pommade à l’oxyde de zinc inscrite au codex, selon la


formule ci-dessous :

Oxyde de Zinc…………………………………..…..2,5g
Vaseline officinale………………………...………..22,5g

Avec la formule du codex, il est difficile d’obtenir une pommade sans


grumeaux, c’est pour cela qu’on doit remplacer 2.5g de vaseline par la même
quantité d’huile de vaseline.

4.1. Préparation de la pommade

Commencer d’abord par mettre dans le mortier préalablement chauffé au


bain-marie, l’huile de vaseline et l’oxyde de zinc, surtout, ne pas triturer l’oxyde de
zinc à sec.

55
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Triturer soigneusement l’oxyde de zinc avec l'huile de vaseline, ajoutée en 2 ou


3 fois, en imprimant au pilon un mouvement en cercle, en S et en 8, jusqu'à
disparition des grains d'oxyde de zinc.
Penser à ramener le mélange qui se trouve sur le pilon et celui qui est collé sur
les parois dans le fond du mortier avec la spatule.
Ajouter la vaseline petit à petit et triturer jusqu'à obtention d'une pommade
homogène.
On ajoute toujours, au cours d'un mélange, un volume égal à celui se trouvant
déjà dans le mortier.
Cet ajout n'est réalisé que lorsque la masse qui se trouve dans le mortier est
parfaitement homogène.

On vérifie l’absence de grumeaux en étalant une petite quantité de pommade


sur le dos de la main.
Rassembler ensuite la pommade à l’aide de la spatule au fond du mortier.

4.2. Conditionnement

Le conditionnement de la pommade à l’oxyde de zinc se fait dans des tubes


métalliques.

(a) Remplissage :

 Recueillir la pommade à l’aide d’une spatule et d’une carte à jouer


puis la disposer en longueur sur une feuille de papier glacé ;
 Rouler le tout en un cylindre de diamètre inférieur à celui du tube
puis l’introduire jusqu’au fond ;
 Exercer progressivement une pression sur le rouleau tout en le
retirant du tube au fur et à mesure que la pommade pénètre ;
Si le tube est scellé au niveau du bouchon, il faut ouvrir pour permettre
à l’air de s’échapper.

56
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

(b) Fermeture :

 Une fois le tube plein, tasser la pommade en imprimant au tube un


mouvement cadencé vertical ;
 Disposer le tube horizontalement sur la paillasse puis l’aplatir à son
extrémité en utilisant une spatule ;
 Rabattre l’extrémité aplatie sur 5mm environ. Répéter une deuxième
fois cette opération pour avoir une double fermeture.

Conditionnement d’une pommade dans un tube

(c) Usage :

Astringent, isolant.

4.3. Exemples de pommades

(a) Des pommades hydrophobes :

« Les pommades hydrophobes (lipophiles) ne peuvent absorber que de


petites quantités d’eau. Les substances les plus communément employées pour la
formulation de telles pommades sont la vaseline, l’huile de paraffine, la paraffine
liquide, les huiles végétales ou les graisses animales, les glycérides synthétiques, les
cires et les polyalkylsiloxanes liquides. » Pharmacopée. Européenne.

57
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Exemple : Pommade à l’oxyde de zinc


Oxyde de zinc………………………..10g
Huile de vaseline……………………..10g
Vaseline………………………………80g

Cicatrisante, antiseptique et sédative.

Les pommades hydrophobes renfermant une proportion importante d’huiles et


de cire blanche éventuellement associée à d’autres cires sont appelées Cérats. Elles
peuvent servir elles-mêmes d’excipients à d’autres principes actifs. Elles sont à la
base de préparations cosmétiques comme par exemple les rouges à lèvres.

(b) Des pommades absorbant l’eau :

« Ces pommades peuvent absorber des quantités plus importantes d’eau. les
excipients utilisés sont ceux d’une pommade hydrophobe dans lesquels sont
incorporés des émulsifiants du type eau- dans – huile tels que la graisse de laine ou
lanoléine, des alcools de graisse de laine, des esters de sorbitanne, des
monoglycérides, des alcools gras ». Pharmacopée. Européenne.

(c) Des pommades hydrophiles :

« Les pommades hydrophiles sont des préparations dont l’excipient est


miscible à l’eau. Cet excipient est habituellement constitué de mélanges de
macrogols (polyéthylène glycols) liquides et solides. Il peut contenir des quantités
appropriées d’eau ». Pharmacopée. Européenne.

58
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

PREPARATION D’UN GEL


PHARMACEUTIQUE

Mabizari Abdelhak

1. Définition

Selon la Pharmacopée Européenne VI Edition, les gels sont constitués de


liquides gélifiés à l’aide d’agents gélifiants appropriés.
Il existe deux types de gels :

− Les gels lipophiles


Les gels lipophiles ou oléogels sont des préparations dont l’excipient est
habituellement de la paraffine liquide additionnée de polyéthylène, ou d’huiles
grasses gélifiées par de la silice colloïdale ou par des savons d’aluminium ou de zinc.

− Les gels hydrophiles


Les gels hydrophiles ou hydrogels sont des préparations dont l’excipient est
habituellement de l’eau, du glycérol ou du propylène-glycol, gélifiés à l’aide d’agents
gélifiants appropriés tels que les poloxamères, l’amidon, des dérivés de la cellulose,
des carbomères ou des silicates de magnésium-aluminium.

2. Le gel hydro-alcoolique

Un gel hydro-alcoolique est une préparation gélifiée, composée de 70% d’alcool


absolu, d’un agent gélifiant et d’eau distillée. Il est destiné à la désinfection des
mains, aussi bien en milieu hospitalier que dans la vie quotidienne.

3. Préparation d’un gel hydro-alcoolique

Formule pour 100g de gel

 Alcool absolu ………………………………………66,46g


 Carbomer 940………………………………………..0,4g
 Eau distillée…………………………………………33,14 ml
 Triéthanolamine ……………………jusqu'à gélification

59
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Carbomer : Acide carboxyvinylique, c’est une poudre hydrodispersible utilisée


comme agent gélifiant pour la préparation de gels transparents aqueux ou
hydroalcooliques.

Triéthanolamine : c’est une solution visqueuse légèrement alcaline, très utilisée


pour comme agent neutralisant dans les préparations topiques car bien toléré.

4. Matériel utilisé

1. Mortier et pilon
2. Eprouvette graduée
3. Bécher
4. Une spatule
5. Une balance de précision
6. Un flacon en plastique pour le conditionnement

5. Mode opératoire
- Dans un mortier propre, mettre la quantité calculée d’eau
- Verser par petites fractions le carbomer
- Mélanger énergiquement pendant 10 mn
- Après dispersion du carbomer, rajouter progressivement l’alcool absolu,
mélanger jusqu'à obtention d’une solution homogène
- Rajouter quelques gouttes de triéthanolamine jusqu'à gélification
- Conditionner dans des flacons en plastique

6. Contrôle

 Aspect : le gel doit être brillant, homogène, sans grumeaux et sans bulles( les
bulles sont source de contamination).
 pH : voisin de la neutralité
 viscosité

60
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

LES EMULSIONS

1. Définition

Les émulsions sont des systèmes hétérogènes, thermodynamiquement


instables, elles sont constituées par un liquide dispersé sous forme de gouttelettes
dans un autre liquide non miscible au premier. Cette dispersion est obtenue grâce à
l’addition d’un mélange d’émulsionnants qui agit en formant un film autour des
gouttelettes réduisant ainsi la tension interfaciale et favorisant l’émulsification.

Figure 1 : schéma d’une émulsion

Selon la nature de la phase dispersante et de la phase dispersée, on distingue


l’émulsion « Huile dans Eau » ou H/E et l’émulsion « Eau dans Huile » ou E/H.

61
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

2. Les instabilités des émulsions

L’instabilité des émulsions peut se manifester sous quatre formes principales :

- Crémage ;
- Sédimentation ;
- Floculation ;
- Coalescence

2.1. Crémage et sédimentation

Le crémage est une forme d’instabilité qui correspond au déplacement des


gouttelettes dispersées vers la partie supérieure du récipient qui les contient.
Lorsque les gouttelettes de la phase dispersées se rassemblent à la partie
inférieure, ce phénomène est appelé sédimentation.

Crémage Sédimentation

Figure 2 : Crémage et sédimentation

2.2. Floculation

La floculation est une forme d’instabilité qui correspond à la formation, au


sein de l’émulsion d’agrégats constitués d’un nombre plus ou moins grand de
particules de la phase dispersée. Au cours de la floculation, les particules conservent
leurs individualités.

62
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Floculation Coalescence
Figure 3 : Floculation et coalescence

2.3. Coalescence

La coalescence correspond à la fusion complète de plusieurs globules


préalablement floculés, ainsi, les globules perdent leur individualité pour donner un
seul et même globule.

3. Préparation d’une émulsion

Pour préparer une émulsion, il faut :

 Une phase aqueuse ;


 Une phase huileuse ;
 Un mélange de deux surfactifs, un surfactif hydrophile et un surfactif
lipophile.

3.1. Les surfactifs ou tensioactifs

Les surfactifs, encore appelés agents tensioactifs ou agents de surface, sont


des composés amphiphiles c’est à dire des composés dont la molécule est formée
de deux parties : une partie hydrophile et une partie lipophile.

Figure 4 : schéma d’un surfactif

63
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Pour connaître la concentration de surfactif à utiliser pour préparer une


émulsion, on fait appel à la notion de HLB ou balance hydrophile - lipophile.

Le HLB est une caractéristique des surfactifs, il est étroitement lié à la


structure de leur molécule et représente l’équilibre entre la partie hydrophile et la
partie lipophile. Sa valeur est d’autant plus élevée que le surfactif est plus hydrophile.
Pour mesurer cet équilibre, on donne au HLB une valeur arbitraire de 0 à 40.

Partie lipophile Partie hydrophile

0 20 40

Figure 5 : Notion de HLB

Les valeurs HLB sont additives, lorsqu’on mélange deux surfactifs, le HLB du
mélange prend une valeur intermédiaire.
Pour déterminer les quantités de surfactif lipophile et hydrophile à utiliser pour
avoir un HLB déterminé, on utilise la formule suivante :

HLB m = x HLB L + (1-x) HLBH

HLBm : HLB du mélange de surfactifs


x: Proportion du surfactif lipophile
HLB L : HLB du surfactif lipophile
HLBH : HLB du surfactif hydrophile

64
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

3.2. Fabrication d’une émulsion

Le principe général de la fabrication d’une émulsion est pratiquement


toujours identique. Il consiste à :

 Introduire le ou les émulsionnants dans l’une ou l’autre phase ;


 Disperser l’une des phases dans l’autre ;

(a) Mode d’introduction des émulsionnants :

L’introduction des émulsionnants peut se faire de cinq façons


différentes :

- Introduction des émulsionnants dans la phase aqueuse ;


- Introduction des émulsionnants dans la phase huileuse ;
- Introduction des émulsionnants dans leur solvant préférentiel, c’est
à dire l’émulsionnant hydrophile dans l’eau et l’émulsionnant
lipophile dans l’huile ;
- Addition aux émulsionnants de façon alternative et par petites
fractions de la phase huileuse puis de la phase aqueuse ;
- Préparation de l’émulsionnant in situ en introduisant, par exemple,
un acide gras dans l’huile et une base dans l’eau.

(b) Mode d’introduction des phases :

Pour l’introduction des phases l’une dans l’autre, il y a également trois


possibilités :

- La première : consiste à introduire la phase dispersée dans la


phase dispersante. Dans ce cas, la phase dispersée est ajoutée
progressivement et sous agitation dans la phase externe. L’addition
de la phase interne doit, en principe, se faire très lentement au
début. En revanche, lorsqu’une émulsion concentrée suffisamment
stable est formée, l’addition de la phase externe peut se faire plus
rapidement.

- La deuxième possibilité consiste à introduire, au contraire, la


phase externe dans la phase interne.

- La troisième consiste, comme il a été déjà dit, à ajouter aux


émulsionnants par portions et alternativement des deux phases à
incorporer. Dans ce cas aussi, les résultats varient suivant le
protocole choisi. Toutefois, la deuxième méthode donne souvent
des émulsions plus stables.

65
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

4. Manipulation

Préparer l’émulsion suivante, sachant que le :

 HLB du Span 60 = 4.7


 HLB du Tween 40 = 15.6

Formule :

Huile de vaseline………………………………….20 g
Tween 40
……………………………….…..5 g
Span 60

Eau distillée ……………………………………75 g

4.1. Calcul

Calculer les quantités de surfactifs lipophile et hydrophile à utiliser pour avoir


un HLBm = 8, 10 et 12, à l’aide de la formule :

HLB m = x HLB L + (1-x) HLBH

4.2. Mode de fabrication

Pour fabriquer cette émulsion, on fait appel à la méthode suivante :

- Introduire le mélange de tensioactifs dans la phase lipophile ;


- Chauffer séparément au bain-marie la phase hydrophile et la phase
lipophile à 70°C ;
- Introduire par petites fractions la phase hydrophile dans la phase
lipophile sous agitation manuelle ;
- Soumettre l’émulsion primaire ainsi formée à une agitation
mécanique à 300 t/min. pendant 30 minutes ;
- Refroidir l’émulsion dans un bac à glace, toujours sous agitation,
jusqu’à ce que la préparation atteigne la température du laboratoire.

66
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

4.3. Contrôle de l’émulsion

Une fois préparées, les émulsions subissent un certain nombre d’essais


destinés à évaluer leurs propriétés, en particulier leur stabilité.

4.3.1. Détermination du sens de l’émulsion

Cette détermination peut se faire par plusieurs méthodes :

 Méthode par dilution :

Cette méthode consiste tout simplement à introduire une certaine


quantité d’émulsion dans l’eau ou dans de l’huile et à chercher dans
quel cas l’émulsion se dilue plus facilement.
Ainsi, une émulsion H/E se dilue plus facilement dans l’eau que
dans l’huile.

 Méthode des colorants :

Cette méthode consiste à ajouter à l’émulsion soit un colorant


hydrosoluble tel que le bleu de méthylène, soit un colorant
liposoluble tel que le rouge Soudan puis à observer la diffusion du
colorant dans la préparation.
Dans une émulsion H/E, c’est le colorant hydrosoluble qui diffuse le
plus rapidement.

 Mesure de la conductivité électrique :

Une émulsion H/E a une conductivité élevée tandis qu’une émulsion


E/H présente une très faible conductivité. Cette dernière méthode
donne les résultats les plus faciles à interpréter.

4.3.2. Analyse granulométrique des émulsions

L’analyse granulométrique de l’émulsion peut être faite par deux


techniques :
 La première consiste à mesurer la taille d’un nombre suffisant de
particules à l’aide d’un microscope muni d’un micromètre oculaire ;
 La deuxième consiste à utiliser un compteur de particules du type
Coulter Counter.

67
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

4.3.3. Détermination de la viscosité de l’émulsion

La détermination de la viscosité des émulsions peut se faire à l’aide de


différents viscosimètres :

 Les viscosimètres à cylindres coaxiaux utilisés surtout pour étudier


les émulsions fluides ;
 Les viscosimètres à cône et à plateau utilisés surtout pour l’étude
des émulsions épaisses ;
 Les viscosimètres capillaires ;
 Les viscosimètres à chute de bille…

4.3.4. Essai de stabilité des émulsions

Deux types de méthodes sont utilisées pour apprécie la stabilité des


émulsions :

 Stabilité à la centrifugation :

L’étude de la stabilité à la centrifugation est effectuée en soumettant


l’émulsion à des accélérations relativement élevées (de l’ordre de
3000g) ;

 Stabilité à la chaleur et au froid :

L’émulsion est placée dans une étuve portée à des températures


variables pendant un temps déterminé (4 à 6 semaines) et, à
intervalles de temps donnés, l’émulsion est contrôlée : aspect
macroscopique, taille des particules, viscosité et sens de l’émulsion.

68
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

LES SUPPOSITOIRES

1. Définition

Les suppositoires sont des préparations de consistance solide, contenant


chacun une unité de prise d’une ou de plusieurs substances médicamenteuses.
Ils sont administrés généralement en vue d’une action locale ou de
l’absorption d’un médicament dans la circulation générale.
Leur forme, volume et consistance sont adaptés à l’administration par voie
rectale.
La masse d’un suppositoire est généralement de :

- 3 g pour un adulte ;
- 2 g pour un enfant ;
- 1 g à 1,5 g pour un bébé.

2. Matières premières utilisées dans la préparation d’un suppositoire

2.1. Principes actifs

Les principes médicamenteux utilisés dans la préparation des suppositoires


sont très variés : ils peuvent être sous forme de poudre, solutés, extraits… et en
fonction de leur nature physico-chimique, ils sont traités différemment :

− lorsqu’on a affaire à un principe actif pulvérulent, une certaine


granulométrie est à respecter, il faut que la taille des particules soit
 20µm.
− lorsque le principe actif, liquide ou solide est entièrement soluble
dans l’excipient fondu, il doit être incorporé à une température
voisine du point de solidification de la masse.
− Lorsque le principe actif est un extrait ou un soluté aqueux ou
alcoolique, il faut l’émulsionner dans l’excipient fondu.

2.2. Excipients

Les excipients entrant dans la formulation des suppositoires sont divisés en


deux grands groupes :
 les excipients gras ;
 les excipients hydrosolubles.

69
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

2.2.1. Les excipients gras

Ils sont utilisés dans le procédé de préparation des suppositoires par fusion et
coulée. On distingue :

 Glycérides semisynthétiques ;
 Beurre de cacao ;
 Huiles hydrogénées.

2.2.2. Les excipients hydrosolubles

 Gélatine ;
 Glycérine;
 P.E.G.

Les excipients hydrosolubles sont utilisés dans la fabrication des


suppositoires à froid, c’est à dire par compression. Ce procédé est utilisé dans le
cas où le principe actif est thermosensible. Dans ce cas, on incorpore le principe
actif à l’excipient râpé, le mélange obtenu sera ensuite comprimé dans une matrice
de forme appropriée.

3. Procédés de fabrication des suppositoires

Il existe deux procédés de fabrication des suppositoires :

 Procédé par pression :


Principes actifs thermosensibles, excipients hydrosolubles.

 Procédé par fusion :


Principes actifs non thermosensibles, excipients gras.

C’est le procédé par fusion qui est le plus utilisé dans la fabrication des
suppositoires, et parmi les excipients gras, ce sont les glycérides semisynthétiques
qui sont les plus utilisés.

Les glycérides semisynthétiques sont caractérisé par certains indices tels


que : l’indice d’hydroxyle, indice d’acide, indice des peroxydes…
Ces indices nous orientent dans le choix de tel ou tel excipient en fonction des
propriétés physico-chimiques du principe actif.

70
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Exemple

L’aspirine s’hydrolyse facilement en acide salicylique et acide acétique.

Ce principe actif doit être formulé avec des excipients à faible indice
d’hydroxyle : indice <

4. Manipulation

On vous demande de préparer six suppositoires de 3 g et dosés à 250 mg en acide


acétyl salicylique.

Aspirine…………………………..0.250g
Suppocire………q.s.p………………..03g

Les moules qui sont mis à votre disposition sont conçus pour des
suppositoires de 3g.
Si on reprend la formule précédente, la quantité d’excipient à utiliser pour
préparer un suppositoire serait :

M = 3 g - 0,250 g = 2,750 g

Il aurait suffit de mélanger les 2.750g d’excipient plus 0.250g, pour obtenir un
suppositoire de 3g dosé à 250mg en aspirine.

Ceci aurait été possible si le principe actif et l’excipient avaient la même


densité et occupent par conséquent le même volume, ceci n’est malheureusement
pas toujours le cas. On peut expliquer cela de façon schématique :

71
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

P P 20% P.A
80% Excipient
V V

Si on remplace une partie


de l’excipient, par le
même poids de PA : 20%
Si on considère un Si le PA et l’excipient ont la
d’excipient seront
suppositoire à base même densité, ils vont donc
remplacés par 20% de
d’excipient pur, celu-ci est occuper le même volume.
PA, on aura un
caractérisé par son poids
suppositoire contenant
P et son volume V
20% de PA et 80%
d’excipient

20 % PA
80 % Excipient Si le PA est plus dense que l’excipient, il va occuper
un volume plus petit, bien entendu sa masse et celle
de l’excipient ne changent pas.

Il y a donc déplacement de l’excipient par le P.A, lié à cette différence de


densité. Il faut donc déterminer le facteur de correction encore appelé facteur de
déplacement, qui nous permettra de calculer la masse exacte d’excipient à utiliser
pour chaque suppositoire.

Le facteur de déplacement f est égal à la masse en g d’excipient pur déplacé


par 1g de principe actif.
La formule permettant de calculer la quantité d’excipient est la suivante :

M : masse d’excipient à utiliser pour fabriquer un suppositoire ;


F : contenance du moule, déterminé par calibrage ;
fi : facteur de déplacement du principe actif pour l’excipient utilisé ;
Si : dosage du principe actif en g.

72
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

 Si le fi est connu, il suffit de calibrer le moule avec de l’excipient pur et


appliquer directement la formule pour déterminer la masse d’excipient
à utiliser ;

 Si le fi n’est pas connu, il faut le déterminer.

4.1. Détermination du facteur de déplacement

Pour déterminer le facteur de déplacement fi , il faut préparer 2 séries de 6


suppositoires dans le même moule ; l'une en excipient pur, l'autre avec un mélange
excipient et principe actif en quantité parfaitement connue.
Enfin, il faudra réaliser une troisième série de suppositoires correctement dosés en
tenant compte du facteur de déplacement calculé précédemment, selon la formule
indiquée ci-dessus, en utilisant la quantité exacte d’excipient.

4.1.1. Détermination du poids moyen d’un suppositoire à base d’excipient


pur pour le moule à utiliser

Pour préparer six suppositoires à base d’excipient pur, peser un excès de


suppocire :
Pour cela il faut préparer par exemple 6 suppositoires à base
d’excipient pur : 6  3g = 18g, on pèsera 25g

La préparation des suppositoires se fait en suivant les étapes suivantes :

1. Fusion de la masse d’excipient à une température inférieure à 50°c, la


fusion se fait au bain-marie ;

2. Après fusion, il faut laisser refroidir la masse d’excipient sur la paillasse


jusqu’à ce que son aspect devienne crémeux ; car si on coule immédiatement
après fusion, la trop grande différence de température entre le moule et
l’excipient fondu entraînera la formation de ce qu’on appelle des cheminées ;

3. La coulée se fait dans des alvéoles de moules métalliques. Pour la


coulée, commencez par remplir chaque alvéole, puis les recouvrir avec
l’excédent de masse, ce qui compensera la rétraction de la masse ;

4. Laissez refroidir trois minutes (3min.) sur la paillasse ;

73
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

5. Racler l’excédent de suppocire ;

6. Mettre au réfrigérateur trois minutes (3min.) ;

7. Démoulez, choisir les six meilleurs suppositoires, les peser et soit P1


leur poids.

4.1.2. Préparation de six suppositoires contenant 20% de PA et 80% d’excipient

Vous avez pesé 25 d’excipient pur pour préparer la première série de


suppositoire, on remplacera 20% de poids par le même poids de PA, soit :

20% PA = 5 g

25 g
80% d’excipient = 20 g

Suivre les étapes suivantes pour préparer les six suppositoires :

1. Fusion de la masse d’excipient à une température inférieure à


50°C ;

2. Laissez refroidir sur la paillasse, puis dispersez le principe actif en


mélangeant énergiquement pour éviter sa sédimentation ;

3. La coulée se fait également sous agitation.

Les autres étapes sont identiques aux précédentes.

Choisir les six meilleurs suppositoires, les peser et soit P2 leur poids :

74
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Ce facteur de déplacement va nous permettre de calculer la masse d’excipient à


utiliser pour préparer la série de suppositoires dosés à 0.250g d’Aspirine.

5. Contrôle des suppositoires

 Contrôle organoleptique : absence de cheminée, fissures. La


surface doit être lisse et brillante ;

 Uniformité de poids : on pèse individuellement 20 suppositoires. Les


poids individuels doivent se trouver dans les limites de  5% du
poids moyen ;

 Contrôle de la dureté ;

 Essai de désagrégation ;

 Dosage du principe actif.

75
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

TABLES DE CORRECTION DES ALCOOLS

76
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Tables de correction des alcools par rapport à la température de 20°C

77
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

78
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

79
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

80
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

81
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

82
Travaux pratiques de Pharmacie Galénique

Tableau indiquant la masse volumique et le titre massique des alcools en fonction du


titre volumique

Titre Masse Titre massique Titre Masse Titre massique


volumique à volumique à volumique à volumique à
20°C 20°C 20°C 20°C

0 998,20 0,00
1 996,70 0,79 51 928,16 43,37
2 995,23 1,59 52 926,16 44,31
3 993,81 2,38 53 924,12 45,26
4 992,41 3,18 54 922,06 46,22
5 991,06 3,98 55 919,96 47,18
6 989,73 4,78 56 917,84 48,15
7 988,43 5,59 57 915,70 49,13
8 987,16 6,40 58 913,53 50,11
9 985,92 7,20 59 911,33 51,10
10 984,71 8,01 60 909,11 52,09
11 983,52 8,83 61 906,87 53,09
12 982,35 9,64 62 904,60 54,09
13 981,21 10,46 63 902,31 55,11
14 980,08 11,27 64 899,99 56,12
15 978,97 12,09 65 897,65 57,15
16 977,87 12,91 66 895,28 58,18
17 976,79 13,74 67 892,89 59,22
18 975,71 14,56 68 890,48 60,27
19 974,63 15,39 69 888,03 61,32
20 973,56 16,21 70 885,56 62,39
21 972,48 17,04 71 883,06 63,46
22 971,40 17,87 72 880,54 64,53
23 970,31 18,71 73 877,99 65,62
24 969,21 19,54 74 875,40 66,72
25 968,10 20,38 75 872,79 67,82
26 966,97 21,22 76 870,15 68,93
27 965,81 22,06 77 867,48 70,06
28 964,64 22,91 78 864,78 71,19
29 963,44 23,76 79 862,04 72,33
30 962,21 24,61 80 859,27 73,48
31 960,95 25,46 81 856,46 74,64
32 959,66 26,32 82 853,62 75,82
33 958,34 27,18 83 850,74 77,00
34 956,98 28,04 84 847,82 78,20
35 955,59 28,91 85 844,85 79,40
36 954,15 29,78 86 841,84 80,63
37 952,69 30,65 87 838,77 81,86
38 951,18 31,53 88 835,64 83,11
39 949,63 32,41 89 832,45 84,38
40 948,05 33,30 90 829,18 85,66
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49 932,09 41,49 99 794,25 98,38
50 930,14 42,43 100 789,24 100,00

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