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République Tunisienne Université de Sfax

Ministère de l’Enseignement Faculté des Sciences


Supérieur et de la Recherche Economiques et de Gestion de
Scientifique Sfax

Thès e de Docto rat


Présentée p ar :

A b d e l h a ki m B E N A L I
En vue de l’ obten tion du Doct ora t
en M éth o d es d e Fi n a n ce et C o mp ta b i l i té

Soutenue le 07 Décembre 2013

La Qualité de l’Audit en Présence du


Co-Commissariat aux Comptes : Une
Approche par la Théorie des Jeux

Dirigée pa r :
J a mel ed d i n e ZI A DI : P ro fe s s eu r d es u n i v e r s i t és , FS E GS , S f ax

JURY
Président de Jury Younes BOUJ ELBEN
Professeur
Un i ve r s i t é d e Sf a x
Directeur de recherche J a me l e d d i n e Z IA D I
Professeur
Un i ve r s i t é d e Sf a x

Rapporteurs Anis J ARBOUI


Maî t re de conférenc es
Un i ve r s i t é d e Sf a x
Salah BEN AHMED
Maî t re de conférenc es
Un i ve r s i t é d e K ai r o u a n
Membre Ez ze ddi ne ABA OUB
Professeur
Un i ve r s i t é d e Ca r t h a ge

Année universitaire : 2012-2013


REMERCIEMENTS
Je n’aie jamais imaginé, en entreprenant ce travail de recherche, tout le plaisir qu’il
allait m’apporter. Je ne me doutais pas non plus de la difficulté qu’il représenterait
pour moi, et de la souffrance. Je mentionne que je n’aurais jamais pu terminer ce
travail sans l’aide de nombreuses personnes, que je tiens ici à remercier. Ce qu’il y
a de bon dans ce travail de recherche leur doit beaucoup. Toutefois, je suis seul
responsable des faiblesses de ma thèse.

Je voudrais pour commencer exprimer toute ma gratitude à mon cher directeur de


thèse, Mr. Jameleddine ZIADI, professeur à la FSEG de Sfax, pour avoir, dans u n
premier temps, accepter de diriger ce travail, et, dans un second temps, d’avoir
laissé libre cours aux initiatives que je me proposais d’engager. Je tiens à lui
exprimer ma reconnaissance pour son ouverture théorique et méthodologique, avec
les risques que cela implique pour la faisabilité d’une recherche, mais la liberté de
chercheur (avec ses doutes et ses hésitations) qui a enrichi mon expérience. Je le
remercie également pour son implication dans mon évolution en tant que chercheur.

Mes remerciements s’adressent à tous ceux qui m’ont enseigné en signe de


reconnaissance et de respect.

Je remercie par la même occasion les membres de jury de cette thèse, pour avoir
accepté de juger ce travail, et je les prie de m’excuser pour les quelques fautes qui
ont échappé à mon attention.

Je tiens aussi à remercier tous ceux qui m’ont apporté leurs aides et leurs soutiens
durant ce travail de recherche.
DÉDICACE

A mon père et à ma mère qui n’ont jamais douté de moi, ni reculé devant
aucun sacrifice chaque fois qu’il était question de mon éducation et de
mon avenir,

A toute ma famille en témoignage de mon respect et de mon amour,

A tous mes amis, qui m’ont toujours supporté et encouragé,

Je dédie ce travail.
L’Université n’entend ni approuver ni désapprouver les opinions
particulières émises dans cette thèse ; ces opinions doivent être
considérées comme propres à leur auteur.
Sommaire
Liste des tableaux
Liste des figures
Introduction générale………………………………………………………………...………1
Chapitre I : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des
actionnaires et théorie des jeux ................................................................... 18
Section 1 : La qualité de l’audit……………………………………………….……….22
Section 2 : Le Co-Commissariat aux comptes…………………………………………35
Section 3 : La théorie des jeux : concept et enjeux………………………………..….40
Chapitre II : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et
constitution des hypothèses de recherche………………………… ………….49
Section 1 : Audit et gouvernement d’entreprise : aspects théorique…………………54
Section 2 : Le Co-Commissariat aux comptes et la qualité de l’audit……………….66
Section 3 : Problématique, questions et hypothèses de recherche…………… ………75
Chapitre III : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de
l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes : validation empirique dans le
contexte français………………………………………………………….………94
Section 1 : La méthode d’analyse des données : Aperçu sur les régressions
logistiques………………………………………………………………97
Section 2 : Sélection de l’échantillon, formation des variables et proposition du
modèle………………………………………………………………...…103
Section 3 : Résultats empiriques………………………………………………………123
Chapitre IV : Qualité de l’audit et choix des commissaires aux comptes : une
approche par la théorie des jeux…………………………………………...…135
Section 1 : La méthode d’analyse des données : Aperçu sur les données de
panel...............................................................................................139
Section 2 : Sélection de l’échantillon, formation des variables et modèle de
recherche………………………………………………………………...145
Section 3 : Analyse statistiques, résultats et interprétations………………………...161
Conclusion générale……………………………………………………………………179
Bibliographique…………………………………………………………………….…..185
Annexes……………………………………………………………………………..….206
Liste des tableaux

Tableau 3.1 : Composition de l’échantillon………………………………………………………... 105

Tableau 3.2 : Caractéristique de l’échantillon …………………………………………………….. 106

Tableau 3.3 : Récapitulatif des variables de recherche de l’étude empirique n°1……………… 122

Tableau 3.4 : Statistiques descriptives………………………………………………………………... 124

Tableau 3.5 : Matrice des corrélations de Pearson ……………………………………………….. 127

Tableau 3.6 : VIF des variables indépendantes …………………………………………………… 129

Tableau 3.7 : Résultats de la régression du modèle de confiance des actionnaires ……………. 131

Tableau4.1 : Composition de l’échantillon ………………………………………………………... 147

Tableau 4.2 : Caractéristique de l’échantillon …………………………………………………….. 147

Tableau 4.3 : Stratégies des auditeurs et niveau de divulgation des informations …………….. 154

Tableau 4.4 : Résultat du jeu avec deux auditeurs de même type……………………………….. 154

Tableau 4.5 : Jeu de deux joueurs avec un pair hétérogène d’auditeurs ………………………... 157

Tableau4.6 : Récapitulatif des variables de recherche de l’étude empirique n° 2 ……………... 160

Tableau4.7 : Répartition des 186 sociétés selon le type de collège commissaires aux comptes 161
Tableau 4.8 : Statistiques descriptives des 186 sociétés selon le type de collège commissaires
162
aux comptes…………………………………………………………………………….
Tableau 4.9 : Matrice des corrélations de Pearson (estimation avec : 2 Big 4) ………………... 165
Figure 4.10 : Matrice des corrélations de Pearson (estimation avec : 1 Big 4 et 1 Non-Big4) 165

Tableau 4.11 : Matrice des corrélations de Pearson (estimation avec : Deux Non-Big4) ……. 166

Tableau 4.12 : Les coefficients et statistiques de la régression logistique……………………… 168

Tableau 4.13 : Recherches antérieurs présentant des modèles des choix d’auditeurs…………. 169
Liste des figures

Figure 0.1 : Démarche générale de la recherche ………………………………………………..... 14

Figure 0.2 : Plan de la première partie ……………………………………………………………. 17

Figure 1.1 : Structure du Chapitre 1…………………………………….......................................... 21

Figure 1.2 : Les différentes combinaisons possibles d’auditeurs ………………………………. 40

Figure 1.3 : La place de l’audit dans la théorie d’agence ……………………………………….. 41

Figure 2.1 : Structure du Chapitre 2……………………………………………………………….. 53

Figure 2.2 : La correspondance entre les comptes du bilan et le cycle d’exploitation ……….... 56

Figure 2.3 : Récapitulatif des hypothèses du modèle de la première étude empirique ……….. 89
Figure 2.4 : Récapitulatif des hypothèses du modèle de la deuxième étude empirique………. 90

Figure 3.1 : Plan de la deuxième partie …………………………………………………………… 94

Figure 3.2 : Structure du Chapitre 3………………………………………………………...... 96

Figure 3.3 : Classification des méthodes multivariées .………………………………………..… 98

Figure 4.1 : Structure du Chapitre 4…………………………………………………………..…… 138


Introduction générale

Introduction
Générale

1
Introduction générale

1. Mise en contexte

Le cadre théorique de ce travail de recherche se base sur les apports


théoriques en matière d’audit et de gouvernance d’entr eprise (théories financières,
théories comportementales, théories organisationnelles). Concrètement, l’apport de
l’approche contractuelle de la firme est un cadre d’analyse adéquat pour rapprocher
les concepts suivants à savoir : le Co-Commissariat aux comptes, la qualité de l’audit
et la théorie des jeux.

En effet, du point de vue de cette dernière approche, la firme est présentée


comme étant un nœud de contrats générateurs de conflits d’intérêt et d’asymétrie
d’information. Ce cadre théorique intègre principalement la théorie de l’agence et la
théorie des signaux. A cet égard, la théorie d’agence, en tant que composante de ce
soubassement théorique, fournit une explication du comportement des organisations
en identifiant les sources conflictuelles entre l es parties, ainsi que les différents
moyens à mettre en œuvre pour les neutraliser. En revanche, l’auditeur bien qu’il
représente un moyen de contrôle de ces relations, s’introduit dans ce nœud
contractuel comme un agent mandaté par l’une des parties contr actuelles
(propriétaires ou dirigeants), ce qui donne une nouvelle dimension aux déterminants
du comportement de l’auditeur. Ce dernier en tant qu’agent économique, cherchant la
maximisation de son profit personnel, peut adopter un comportement discrétionnaire
et ne pas remplir parfaitement le rôle de contrôle pour lequel il est mandaté, ce qui
affecte la qualité de son audit (Jensen et Meckling, 1976).

D’un autre côté, la théorie des signaux qui se fonde sur le fait que
l'information est inégalement partagée ou asymétrique, les dirigeants d'une entreprise
disposant notamment d'une information supérieure à celle de ses pourvoyeurs de
fonds, souligne les moyens mis en œuvre pour pallier cette limite. En ce sens, une
politique de communication efficace est nécessaire : les dirigeants doivent
convaincre le marché par la prise des décisions justes et à temps. Pour ce faire, ils
ont recours au « signal » qui certifie la fiabilité de leurs décisions (Akerlof, 1970).

2
Introduction générale

Cette théorie, met en évidence l'importance de la crédibilité, incite à


s'interroger sur le rôle du rapport d’audit en tant que signal d’information sur le
marché financier. Dans ce cadre théorique se situent plusieurs études étudiant la
qualité de l’audit en rapport avec le Co-Commissariat aux comptes (Jeong-Bon Kim
et Cheong H. Yi, 2009 ; Ferdinand A. Gul et al., 2009 ; Luc Paugam et Jean-
François Casta, 2012 ; Carey et Simnett, 2006 ; Nicholas V. Vakkur et al., 2010 ;
Sandrine Fremeaux et Christine Noël, 2009 …). Toutefois, ses différentes études
bien qu’elles prennent en considération le Co-Commissariat aux comptes comme
variable explicative de la qualité de l’audit, ne précisent pas le choix de la taille des
deux cabinets contrôlant l’entreprise ce qui constitue une limite pour ce courant de
recherche. En effet, les différents scandales financiers des années 2001 -2003 ont mis
en évidence la nécessité de la mise en œuvre des systèmes de gouvernance
d’entreprises adéquates et ils ont montré une insuffisance d’indépendance des
auditeurs dans le contrôle des comportements discrétionnaires des dirigeants. Ces
scandales ont influencé la relation entre la firme et son entourage économique. Une
crise de confiance des investisseurs vis-à-vis des marchés financiers ainsi qu’une
perte de crédibilité des informations comptables publiées par les entreprises . A cet
égard, nous proposerons dans notre troisième chapitre une étude empirique portant
sur l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes, pour surmonter ce type de
défaillance dans la littérature.

Face à ces constats, il nous semble que la théorie des jeux qui constitue une
approche mathématique de problèmes de stratégie stipulant que chaque intervenant
au jeu cherche à prendre les meilleures stratégies et décisions pour lui-même, est une
théorie pertinente capable de contribuer à expliquer la nature de la relation entre
deux auditeurs. Néanmoins, rares, voire inexistantes à notre connaissance, les études
qui ont essayés de relier l’étude de la qualité de l’audit aux choix de la meilleure
combinaison d’auditeurs, ainsi que l’étude des gains et des pertes de chaque partie du
jeu dans notre contexte d’étude.

Ce travail s’intéresse à l’étude de l’efficacité du Co-Commissariat aux


comptes et le choix de la meilleure combinaison d’auditeurs en vue de la restauration
et le maintien de la confiance des actionnaires et l’obtention d’une meilleure qualité

3
Introduction générale

d’audit. De plus, cette thèse vise à explorer et d’étudier la relat ion entre les
vérificateurs des états financiers via une approche par la théorie des jeux qui ne sont
pas encore bien développé.

2. La démarche adoptée

Il est important à présent de faire une brève présentation du débat théorique


dans lequel nous situons notre recherche. A partir de ce qui a été exposé, il s’avère
que la compréhension de la théorie contractuelle de la firme nécessite une attention
particulière. Dans le cadre de cette théorie, l’efficacité du Co -Commissariat aux
comptes est appréciée par leur capacité à promouvoir la fiabilité et la certitude des
informations et de mener d’une façon efficace leur mission de contrôle. En d’ autres
termes, leur capacité à détecter et révéler aux public les anomalies et les
insuffisances concernant la régularité et la sincérité du bilan et des comptes de
résultat d’une entreprise. Celle-ci est liée à la capacité des auditeurs de maintenir la
confiance des différentes parties prenantes de l’entreprise via une bonne qualité
d’audit.

De même, cette recherche propose de comprendre la relation entre le premier


auditeur et le deuxième auditeur via une approche par la théorie des jeux. En effet,
récemment la découverte de malversations dans de grands groupes comme Maxwell
et BCCI, le scandale lié à la faillite d'ENRON, ont propulsé les com missaires aux
comptes sur le devant de la scène et rappel avec force l'importance de leur rôle et
l’intérêt essentiel de la qualité de la vérification des comptes. Cette situation
paradoxale souligne les pressions qu’exercent les dirigeants des entreprises sur les
auditeurs via les manipulations comptables. Dans ce sens, nous nous intéressons à la
gestion des résultats qui constitue une source de conflits entre les parties. Dans cette
catégorie de manipulations, la direction agit artificiellement sur le ré sultat de façon à
réaliser un niveau préétabli de bénéfice « attendu » (ex : prévisions des analystes,
estimations initiales de la direction ou poursuite d’une tendance, Fern et al., 1994).

Selon Healy et Whalen (1999), la gestion des résultats intervient lorsque les
managers utilisent leur latitude discrétionnaire dans le processus de comptabilité

4
Introduction générale

financière et dans la structuration de transactions qui modifient les états financiers,


ce qui peut induire en erreur certaines parties prenantes sur les perfo rmances
économiques réelles de l’entreprise ou influencer les enjeux contractuels qui reposent
sur les nombres comptables. Face à cette situation, nous essayons de comprendre et
d’expliquer le comportement des commissaires aux comptes dans le cadre de ce
qu’on appelle la rationalité économique.

3. Question centrale et problématique de la recherche

Il convient de préciser que la question centrale de la présente thèse consiste,


d’une part à savoir quelle est la combinaison d’auditeurs possible permettant de
garantir une meilleure qualité d’audit et d’autre part à s’interroger sur la nature de la
relation entre auditeurs. De ce fait, les critiques adressées aux mécanismes de
gouvernance d’entreprises et les défaillances des systèmes de contrôle et de
vérifications des comptes (audit externe) pourraient être résolues par l’étude de
l’effet de la présence de deux auditeurs externe sur la qualité de l’audit. La prise en
comptes d’une nouvelle mesure de la qualité de l’audit, des variables de contrôle
ainsi que, l’introduction de la théorie des jeux dans l’étude de la relation entre les
parties permet de renouveler la problématique de la qualité de l’audit.

La problématique de cette thèse pourrait être formulée comme suit. Dans un


contexte qui se distingue des autres par ses spécificités légales ainsi que
professionnelles, l’audit externe peut permettre aux différents utilisateurs des états
financiers, principalement les actionnaires, de restaurer leur confiance envers
l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes. En effet, avec une durée du mandat de
six ans distinguant notre contexte d’étude, l’article L. 225-228 du Code de commerce
prévoit que les sociétés faisant appel public à l’épargne, sont obligés à disposer
d’aux moins deux commissaires aux comptes. Toutefois, l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes mesuré dans notre thèse par la confiance des actionnaires
est conditionnée par le choix de la meilleure combinaison des cabinets d’audit qui
fera la vérification des comptes de l’entreprise.

5
Introduction générale

A cet égard, nous avons constatés que la confiance des actionnaires dépend de
plusieurs variables. En effet, certaines études suggèrent que l’indépendance des
membres du comité d’audit et du conseil d’administration peuvent limiter
l’opportunisme des managers de manière considérable (Klein, 2002 ; Bédard et al.,
2004).

L’usage du terme du gouvernement d’entreprise a évolué avec le temps.


Cependant, les dirigeants qui gèrent l’entreprise disposent une meilleure information
sur l’entreprise et son environnement. Cette situation, permet à ses dirigeants
d’orienter la gestion de la société qu’il gère dans le but de réaliser leurs objectifs et
intérêts (Shleifer et Vishny, 1997). Dans ces conditions, la gouvernance d’entreprise
peut être définie comme étant un ensemble de mécanismes qui ont pour effet de
discipliner les dirigeants. En effet, différents typologies des mécanismes de contrôle
ont été traitées par la littérature. Selon Jensen (1993) les mécanismes de gouvernance
d’entreprise pourraient être classés en deux larges caté gories : les mécanismes
internes (la concentration de la propriété, l’endettement, le conseil
d’administration,…) et les mécanismes externes. Ces structures ont un impact sur
l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes et par conséquent sur la qualité de
l’audit (Niemi et Sundgren, 2008).

Les scandales financiers caractérisant le monde des affaires d’aujourd’hui


ravivent les débats sur la crédibilité de l’information financière publiée par les
entreprises. A cet égard les critiques adressées aux mécanismes de gouvernance
d’entreprises et les défaillances des systèmes de contrôle et de vérifications des
comptes pourraient être résolues par l’étude de l’effet de la présence de deux
auditeurs sur la qualité de l’audit. Cependant, l’efficacité du Co-Commissariat aux
comptes représente une condition nécessaire pour restaurer la confiance des parties
prenantes (stakeholders), et en particulier les investisseurs de la crédibilité de
l’information financière publiée (Miklos A. Vasarhelyi et al., 2004).

En tenant comptes de ces dernières considérations et de l’alimentation de


l’examen critique du processus de vérification, nous essayons dans une première
étude empirique de répondre aux interrogations suivantes :

6
Introduction générale

 Quelle est l’effet du Co-Commissariat aux comptes sur la confiance des


actionnaires ?
 Dans quelle mesure les mécanismes de gouvernance et le Co -Commissariat
aux comptes peuvent ils restaurer la confiance des actionnaires ?

La vie économique et sociale se caractérise par des situations où le bien -être


d'un agent économique dépend non seulement de ses propres actions mais aussi bien
des décisions des autres agents. De ce fait, la théorie des jeux constitue le modèle
formel le plus approprié pour l’étude des interactions stratégiques entre les différents
acteurs de la vie économique. Différents raisons nous ont encouragés à choisir ce
cadre pour la préparation de notre thèse. En premier lieu, les jeux permettent de
décrire des situations économiques et sociales très différentes : les marchés en
économie peuvent être considérés comme étant des jeux dans lesquels les principaux
joueurs sont les producteurs ou les consommateurs. En deuxième lieu, le choix de ce
cadre de travail a été motivé par l’absence des travaux de recherches en la matière
dans notre contexte d’étude. De plus, ce cadre de travail est très intuitif à manipuler,
et est fertile en matière de résultats.

Fondée sur la littérature d’audit, notre souci est de trouver des explications
théoriques et empiriques pour analyser l’effet du choix de la meilleure combinaison
d’auditeurs sur la qualité d’audit. De même, nous essayons d’étudier
l'interdépendance stratégique entre les stratégies du premier auditeur et les stratégies
du deuxième auditeur au sein de l’entreprise (Fellingham et Newman, 1985 ; Richard
Fairchild, 2008 ; Urs Fischbacher et Ulrike Stefani, 2007).

Sur la base de la discussion avancée ci-dessus, d’autres questions s’imposent à


l’évidence :

 Quelle est la combinaison d’auditeurs possible permettant de garantir une


meilleure qualité d’audit ?
 Quel est le sort du jeu entre les deux auditeurs ? (les gains et les pertes de
chacun des parties).

7
Introduction générale

4. Objectifs de thèse

L’objectif principal de cette thèse, est d’examiner empiriquement dans un


premier lieu l’effet de la présence de deux commissaires aux co mptes sur la
confiance des actionnaires et par conséquence sur la qualité de l’audit. En deuxième
lieu, d’étudier quelle est la meilleure combinaison d’auditeurs garantissant une
meilleure qualité de l’audit, ainsi que, la relation entre les vérificateurs des comptes
de l'entreprise via une approche par la théorie des jeux. Pour y parvenir nous allons :

 Faire le point sur les développements théoriques visant à explorer les concepts
de la qualité d’audit, l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes, la
confiance et la théorie des jeux.
 Examiner la contribution des mécanismes de gouvernance et du Co -
Commissariat aux comptes sur la qualité de l’audit et la confiance des
actionnaires.
 Examiner la contribution de l’introduction d’un score de mesure de la qualité
de l’audit sur l’efficacité des travaux d’audit.
 Etudier l’effet de l’introduction de la théorie des jeux sur la nature de la
relation entre les deux auditeurs.

5. Contributions

Ce travail est, à notre connaissance, un des premiers travaux qui se focalise nt


sur l’apport de la théorie des jeux dans l’étude de l a relation auditeur/auditeur et par
conséquent sur la qualité de l’audit dans le contexte français. Il est davantage le
premier à prendre en considération l’effet d’un indice pour la mesure d’un score de la
qualité de l’audit sur l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes et la confiance
des actionnaires. Néanmoins, cette thèse propose trois types de contributions :
théoriques, méthodologiques et empiriques.

8
Introduction générale

 Contributions théoriques

Le principal apport de ce travail est d’explorer le bien fondé de la théorie des


jeux (Von Newmann et Morgenstern, 1944 ; Richard Fairchild, 2008 ; Urs
Fischbacher et Ulrike Stefani, 2007 ; Matthias Hanauske et al., 2010) et la littérature
en matière d’audit (Ferdinand A. Gul et al., 2009 ; Francis, 2004 ; Ivy Xiying Zhang,
2007 ; Nicholas V. Vakkur et al., 2010) pour démontrer l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes. De plus, pour étudier la relation entre les deux
vérificateurs des états financiers au sein de l’organisation.

De même, les relations entre les différents concepts à savoir la confiance des
actionnaires, l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes, la qualité de l’audit et la
théorie des jeux nécessitent la justification du fondement théorique de ses r elations
qui sont un peu compliquées. Il parait plus pertinent d’orienter cette analyse vers la
recherche d’autres pistes tel que la révolution de la théorie des jeux par rapport au
savoir qui met en exergue l’importance accordée au sujet de la qualité de l’audit et
de l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes suite à l’éclatement des scandales
financiers (Miklos A. Vasarhelyi et al., 2004 ; Antle, R., Nalebuff, B., 1991). Ainsi,
cette révolution de la théorie des jeux en tant que discipline scientifique permet de
mieux expliquer la nature des relations complexes entre les parties et entre
l’entreprise et son environnement économique. Ceci permet de dépasser les limites
de la théorie contractuelle traditionnelle dans l’explication du comportement de
chacun de ses différentes parties en matière de gouvernance d’entreprise et qualité
d’audit.

 Contributions méthodologiques et empiriques

Faut-il avancer que notre démarche méthodologique dans cette thèse est de
type hypothético-déductive. Sur le plan méthodologique, cette thèse prétend apporter
deux contributions. En premier lieu, dans les études antérieures qui portent sur
l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes, les auteurs se limitent à des études de
cas en adoptant un cadre théorique restreint basé sur des théories traditionnelle qui
ne permet pas d’expliquer les différentes relations au sein de l’entreprise ainsi que

9
Introduction générale

ses relations avec les tiers. Ceci nous amène à réfléchir sur la base des arguments
d’une littérature récente que la qualité de l’audit et la confiance des actionnaires sont
reliés positivement à la présence de deux BIG4 et de l’efficacité de leurs travaux. De
même, la théorie des jeux nous permet de constater que la qualité de l’audit est reliée
aux gains réalisés par ses vérificateurs (Richard Fairchild, 2008). De ce fait on
fournit un effort pour opérationnaliser les variables relatives à l’explication de la
confiance des actionnaires et de la qualité de l’audit.

En second lieu, cette thèse en se basant sur le bien fondé des théories
contractuelles de la firme et la littérature concernant la gouvernance d’entreprise,
produira une nouvelle mesure de la qualité de l’audit qui sera appliquée sur un
échantillon d’entreprises françaises. Il s’agit d’une nouvelle mesure composite qui
porte sur des éléments qui confirment que la qualité de l’audit est fonction de
plusieurs variables (Manita et Chemangui, 2007). Il est bien entendu que cet indice
poursuit les recommandations internationales en la matière [voire essentiellement la
notion d’indépendance avec d’autres variables qui sont confirmés par plusieurs
études à l’échelle internationale à savoir la notion d’expérience et les honoraires
d’audit etc… (Francis, 2004 ; Krishnan et Schauer, 2001 ; Miklos A. Vasarhelyi et
al., 2004 )]. Néanmoins, dans la présente thèse et pour répondre à notre
problématique nous partageons notre travail en deux études empirique portant la
première sur la vérification de l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes et la
deuxième sur l’étude des différentes relations entre les deux commissaires aux
comptes.

 Implications managerielles

Cette thèse propose une première série de réponses à l’impact de la présence


de deux commissaires aux comptes sur la qualité de l’audit. Nous avons essayé
d’apporter des explications et des solutions managériales pour les entreprises
françaises souffrant d’un problème de manque de confiance de la part de ses clients,
ses actionnaires et ses investisseurs. Autrement dis, en identifiant les mécanismes de
gouvernance qui ont un effet primordial sur la confiance des actionnaires avec le
choix de deux BIG4 pour le contrôle et la certification des comptes, cette recherche

10
Introduction générale

fournit un éclairage aux dirigeants, aux différents catégories d’actionnaires, aux


investisseurs, et à d’autres utilisateurs des états financiers sur les mesures
nécessaires pour garantir une meilleure qualité de l’audit. Ceci permet d’améliorer la
qualité de l’information divulguées au niveau des états financiers ce qui se traduit
par une amélioration de la performance de l’entrep rise. Par ailleurs, les résultats
escomptés au niveau des deux modèles des deux études empirique peuvent montrer
qu’il existe une relation positive et significative entre la confiance des actionnaires et
la présence de deux commissaires aux comptes (deux BIG 4). De même, nous avons
constatés que le choix d’un BIG 4 et un NON BIG 4 parmi les différentes
combinaisons possible pour auditée l’entreprise pourrait garantir une meilleure
qualité de l’audit. Toutefois, cette dernière parait liée au gain perçu par ses
vérificateurs pour produire une meilleure qualité d’audit.

Ces constats pourraient mettre en exergue l’importance du choix de la


meilleure combinaison pour garantir la confiance des actionnaires et des tiers
concernant les informations divulgués au sein des états financiers.

6. La méthodologie de recherche

Afin de clarifier notre démarche méthodologique, la modélisation empirique


de ce travail est scindée en deux principales études. Dans la première étude nous
allons expliquer le degré de confiance des actionnaires par l’intervention des
mécanismes de gouvernement d’entreprise et la présence de deux commissaires aux
comptes. La deuxième étude empirique cherche à montrer la meilleure combinaison
d’auditeurs garantissant une meilleure qualité d’audit ainsi que, la nature de la
relation entre les différentes parties (auditeur/auditeur) via une approche par la
théorie des jeux.

A cet égard, nous essayons dans un premier instant et sur la base d’une
littérature désormais abondante de proposer un modèle de l’e fficacité du Co-
Commissariat aux comptes liant la confiance des actionnaires par la présence de deux
auditeurs et des mécanismes de gouvernance d’entreprise. En deuxième lieu, nous
proposons une indice pour le calcul d'un score de la qualité de l’audit pour vérifier le

11
Introduction générale

choix de la combinaison d’auditeurs garantissant un e meilleure qualité de l’audit via


une approche permettant d'étudier la relation entre auditeurs est mis en évidence.

Pour tester l’impact de la présence de deux commissaires aux co mptes sur la


confiance des actionnaires, sur la qualité de l’audit nous allons utiliser la méthode la
régression logistique comme méthode d’analyse statistique afin de vérifier les
hypothèses y afférentes. De même, pour étudier la nature de la relation entre les
acteurs nous allons adopter la démarche adoptés par quelques études récentes basée
sur la théorie des jeux à savoir les études de Richard Fairchild (2008), Urs
Fischbacher et Ulrike Stefani (2007) et Luc Paugam et Jean -François Casta, (2012).

7. Design de la recherche

La présentation de cette recherche est structurée selon deux parties. Une


première sert à l’instauration du cadre théorique de la recherche et la présentation
des hypothèses de recherche. La seconde est consacrée à la construction d’un cadre
empirique restreint adapté à notre objet de recherche ainsi que sa validation. Notre
conclusion générale synthétise les deux premières parties. En fait, répondre à notre
problématique précitée revient à partager notre travail en quatre chapitres.

 Partie1

Nous proposons dans le premier chapitre de clarifier le cadre conceptuel et


théorique de notre thèse. Par conséquent, plusieurs questions se posent concernant
l’évolution du cadre conceptuel de l’efficacité du Co -Commissariat aux comptes et
ses conséquences sur la qualité de l’audit. De même, pour l’évolution de l’utilisation
de la théorie des jeux dans différents discipline comme moyen de résolution des
problèmes y afférant. Cette relecture de ce cadre théorique nous permet de décrire le
cadre conceptuel et théorique de notre travail. C’est l’objet du premier chapitre. Dans
un deuxième chapitre, nous nous présentons les hypothèses de recherche sur la base
de différentes études théoriques et empiriques.

12
Introduction générale

 Partie2

La deuxième partie de ce travail, est, subdivisée en deux études empiriques


objet du troisième et quatrième chapitre. En effet, à chaque étude empirique le
démarche suivant à été adopté : premièrement, nous présentons brièvement un cadre
théorique consacrée à la justification de la méthode d'estimation convenable.
Deuxièmement, nous présentons la méthodologie de notre recherche (l’échantillon de
l’étude et la collecté des données, modèles choisis et mesures des variables, la
méthode d’analyse des données, les résultats trouvés ainsi que leur discussion ).

Un dernier développement synthétise finalement les principaux résultats mis


en évidence dans cette recherche. Il présente les implications théoriques,
méthodologiques et empiriques. Il souligne également les différentes limites
méthodologiques ou conceptuelles, et débouche ainsi sur la formulation de pistes de
recherche.

La structure de ce travail est synthétisée dans la figure 1. Celle -ci présente


l’origine de la problématique, la méthodologie adoptée et la thèse défendue. Elle vise
par ailleurs à mettre en évidence la cohérence que nous avons souhaités donner à ce
travail.

13
Introduction générale

Construction de l’objet de recherche Enseignements théoriques Enseignements pratiques


- Limites des modèles de recherches - Les études empiriques concernant
de la qualité d’audit. l’impact du Co-Commissariat aux
- Relation mitigée entre le système du comptes sur la qualité d’audit ont
gouvernement d’entreprise et la abouti aux résultats divergents.
théorie d’audit contractuel. - La majorité des études empiriques
ont utilisées des critères dépassés
- Révolution de la théorie des jeux en
pour mesurer la qualité d’audit.
tant que discipline propre très - L’apport de la théorie des jeux dans
souvent utilisé. l’explication de la relation entre
auditeurs

Problématique
Comment peut-on expliquer l’efficacité du Co-Commissariat aux
comptes par la confiance des actionnaires ?
Quelle est la combinaison d’auditeurs possible permettant de
garantir une meilleure qualité d’audit ?
Quel est le sort du jeu entre les deux auditeurs ? (les gains et les
pertes de chacun des deux parties)

Démarche hypothético-déductive
Méthodologie adoptée

- Eléments issus de la littérature d’audit, - Développement d’un modèle de


gouvernance d’entreprise et théorie des l’efficacité du Co-Commissariat aux
jeux. comptes et d’un indice de calcul du score
de la qualité de l’audit.
- Adaptation d’une vision critique
- Examen de l’apport de la théorie des jeux
dans l’explication de la relation auditeur
/auditeur.

- étude empirique N°1 : Qualité de l’audit, l’efficacité du Co -


Commissariat aux comptes et confiance des actionnaires.
- étude empirique N°2 : Qualité de l'audit et choix des commissaires
aux comptes : une approche par la théorie des jeux.

Thèse défendue
 Dans une perspective cognitive, les résultats montrent un impact significatif
de la présence du Co-Commissariat aux comptes et certains mécanismes de
gouvernance dans la restauration et le maintient de confiance des actionnaires.
 Avec notre indice de calcul du de la qualité de l’audit (SCORE) la meilleure
qualité est conditionnée par le choix d'une combinaiso n BIG4-NON BIG4.
 La théorie des jeux permet de visualiser les gains, les pertes et les
comportements des deux acteurs (deux auditeurs) du jeu en matière d’audit.

Figure 0.1 : Démarche générale de la recherche

14
Introduction de la Première Partie

Introduction de la première partie

A travers un simple coup d’œil sur la littérature en matière du gouvernement


d’entreprise, nous pouvons constater que le nombre et la nature des acteurs de la
gouvernance sont fonction de l’approche théorique adoptée. À cet égard, les
dirigeants sont confrontés aux actionnaires dans la théorie actionnariale et à
l’ensemble des parties prenantes dans l’approche partenariale. Dans le même sens,
cette thèse se situe par rapport à une approche d’évaluation de la qualité de l’audit. A
ce titre, plusieurs soubassements théoriques peuvent être utilisés. Pour notre étude,
nous tenons compte de l’approche contractuelle de la firme. Selon cette approche
nous pouvons distinguer deux acteurs principaux : l’entreprise auditée face à
l’auditeur.

L’objectif de la présente recherche consiste à étudier les déterminants de


l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes et de la qualité de l’audit d’une part, et,
l’explication de la nature de la relation entre auditeurs via une approche par la
théorie des jeux de l’autre part. Pour répondre à cet objectif, les aspects théoriques
sont abordés dans cette première partie. La compréhension de notre contexte d’étude
et du processus de vérification des comptes constitue un préalable nécessaire à la
réalisation de l’étude empirique.

La première partie s’articule autour de deux chapitres. Le premier chapitre


consiste à présenter les aspects théoriques relatifs à notre sujet traité. Nous verrons
que l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes, la qualité de l’audit et les relations
entre auditeurs sont analysés comme des mécanismes permettant de minimiser les
manipulations comptables et de restaurer la confiance des utilisateurs des états
financiers des entreprises (Chapitre 1). Après la présentation de l’historique, les
origines et évolutions de ses concepts, les réglementations et normalisations
entourant ces concepts sont exposés. Dans ce chapitre, nous exposons également la
littérature liée aux différents concepts et les recherches académiques qui y sont liés.

15
Introduction de la Première Partie

Le deuxième chapitre est consacré à présenter successivement notre


problématique générale, les questions qui y sont liées ainsi que les hypothèses de
recherche de nos études empiriques.

A partir de ces éléments, il nous semble que la littérature d’audit et la théorie


des jeux sont des théories capables de contribuer à expliquer les déterminants de
l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes, le choix de la meilleure combinaison
d’auditeur et la nature de la relation entre les deux vérificateurs des comptes de
l’entreprise. Néanmoins rares, voire inexistantes à notre connaissance, les études qui
ont essayé de relier ses trois dimensions dans une seule perspective.

La figure suivante met en exergue notre démarche.

16
Introduction de la Première Partie

La délimitation de la recherche

La délimitation du cadre d’analyse


 Rôle de l’audit dans la limitation des manipulations comptables des
dirigeants.
 Rôle du Co-Commissariat aux comptes dans le maintien de la
confiance des actionnaires.
 La théorie des jeux en tant qu’outils d’analyse des comportements.

La délimitation du cadre théorique


 L’apport de la littérature du gouvernement d’entreprise et de la
littérature de l’audit.
 La révolution de la théorie des jeux par rapport aux théories
traditionnels.

Fondements théoriques et pratiques des hypothèses de la recherche


 L’effet de la présence de deux commissaires aux comptes sur la
confiance des actionnaires et la qualité de l’audit
 L’effet des mécanismes de gouvernance sur la confiance des
actionnaires et la qualité de l’audit.
 L’importance de la théorie des jeux en tant qu’outil d’analyse des
comportements stratégiques.

Figure 0.2 : Plan de la première partie

17
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

Chapitre 1

Qualité de l’audit,
Co-Commissariat aux comptes,
confiance des actionnaires et
théorie des jeux

18
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

Introduction

Le contexte général de notre travail de recherche est l’étude de l’évolution de


la qualité de l’audit financier et l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes via une
approche par la théorie des jeux. Avant de construire une problématique et une
méthodologie de recherche empirique, il s’avère nécessaire d’analyser plus
précisément les enjeux pour bien mener et orienter notre investigation. Nous visons à
travers ce premier chapitre à présenter en premier lieu, l’activité de l’audit financier
d’une manière générale : le métier en tant que tel, les personnes qui l’exercent, les
spécificités de l’environnement de l’audit en France ainsi, que les déterminants de la
qualité de l’audit. En deuxième lieu, nous mettons notre intérêt sur le concept du Co -
Commissariat aux comptes : la profession, la mission et l’efficacité du Co -
Commissariat aux comptes en tant que mécanisme de contrôle. Finalement, nous
concentrerons sur le concept de la théorie des jeux en présentons la définition ainsi
que les différentes parties du jeu dans le cadre de notre thèse et les relations entre
eux.

Les auditeurs disposent pour l’exercice de leur profession de principes et de


méthodes affinés par un siècle de pratique et de codification. L’incursion dans
l’histoire d’audit nous permettra de comprendre comment le phénomène a émergé.
Par la suite, nous exposerons la définition et l’objectif de l’audit, les spécificités du
contexte Français et les déterminants de la qualité d e l’audit (section 1).

La mise en évidence de la relation entre la qualité d’audit et le Co -


Commissariat aux comptes constitue l’objectif fondamental de notre recherche. A ce
titre, nous soulignerons en particulier toutes les caractéristiques légales et
professionnelles de l’activité de l’audit en France qui représente le terrain de notre
recherche. Ensuite, il nous paraît légitime suite aux scandales financiers de
s’interroger sur l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes (section 2).

Après avoir présenté l’historique, la définition, les objectifs, les déterminants


de la qualité de l’audit, ainsi, que les caractéristiques de l’environnement de notre

19
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

recherche, la mission d’audit et l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes nous


essayerons de présenter les approches théoriques qui peuvent être utilisées dans
l’application de la nature et du niveau de contrôle au sein de la firme (théories
financières, théories comportementales, théories organisationnelles). Pour notre
étude, les développements seront issus d’une approche plutôt contractuelle de la
firme, qui tient à présenter cette dernière comme un nœud des contrats souvent
générateurs de conflits d’intérêt et d’asymétrie d’information. A ce stade, nous
présenterons le concept de la théorie des jeux, en tant que solution pour la résolution
de ces différents problèmes (section 3).

Le schéma ci-dessous résume l’articulation de notre démarche tout au long de


notre premier chapitre.

20
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

Partie I : La qualité de l’audit

Historique, définition et L’environnement de Déterminants de la


objectifs l’audit en France qualité de l’audit

Compétence Indépendance

Dysfonctionnement du processus d’audit suite aux différents scandales


financiers

Partie II : Le Co-Commissariat aux comptes

Profession du CAC Loi de sécurité financière et L’efficacité du


mission du CAC Co-Commissariat aux
comptes comptes

Compétence Indépendance auditeur/audité Indépendance auditeur/auditeur

La théorie des jeux : mécanisme de surveillance de l’auditeur à son


client

Partie III : La théorie des jeux

Définition des jeux Relation auditeur/audité


stratégiques Relation auditeur/auditeur (l'objet de
notre deuxième étude empirique)

Figure 1.1 : Structure du Chapitre 1

21
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

Section 1 : La qualité de l’audit :


La qualité de l’audit constitue une garantie fondamentale de la vraisemblance
des contrôles et de la crédibilité des rapports divulgués par les auditeurs. La majorité
des écrits en la matière considère que « la qualité d’audit » dépend essentiellement
de la qualité de l’auditeur lui-même et notamment de son indépendance et de ses
compétences. Ainsi, si l’efficacité de l’audit est une condition de fiabilité de
l’information financière publiée par les sociét és cotées, sa réglementation est
relativement récente.
Une revue sur l’évolution historique du concept et de la pratique du contrôle
est d’une importance et permet de découvrir comment les conditions passées ont
influencé les principes et pratiques actuelles.

1.1. L’audit financier : historique, définition et objectif :

En se référant aux travaux de Herrbach 1 (2000) tout aux long de cette


paragraphe, nous pouvons constater que : «La notion d’«audit» connaît depuis
quelques années une ferveur croissante et le terme s’est progressivement vu appliqué
à toute une série de domaines. Outre l’audit financier, on parle ainsi d’audit
marketing, d’audit d’environnement ou d’audit social. Le point commun à toutes ces
approches est la vérification du respect des normes ou des critères définis dont une
démarche critique d’évaluation qui doit s’assurer de la correcte mise en œuvre. Ainsi,
l’audit financier – qui est le domaine dans lequel le terme d’audit a été utilisé à
l’origine – est le résultat d’une évolution historique (§1) qui a entraîné l’émergence
d’une activité bien définie (§2)».

1
Herrbach, O. (2000), « Le comportement au travail des collaborateurs de cabinets d’audit financier : une
approche par le contrat psychologique », thèse de doctorat en Sciences de gestion. Université des sciences
sociales-Toulouse1.

22
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

1.1.1. L’évolution historique du concept d’audit :

Historiquement, les premières démarches de normalisation et de contrôle des


comptes remontent à l’antiquité. En effet, il semble possible de différencier les
grandes périodes qui suivent :

1.1.1.1. Première période : le contrôle à l’antiquité :

Lorsqu’on parle de l’histoire du contrôle durant cette période, nous pouvons


penser aux deux expériences suivantes :
- L’expérience des sumériens.
- L’expérience des égyptiens, des phéniciens, des grecs, et des romains.
Pour la première expérience, nous nous référons au code d’Hammourabi qui
avait imposé “l’obligation d’avoir un plan comptable et un manuel de comptabilité
détaillant les procédures de certaines transaction” (Collins et Vallin, 1992) 2. Ainsi,
vu l’utilisation d’une comptabilité à partie simple, il y a eu l’utilisation des comptes
collectifs (récapitulatifs) et la possibilité de mettre en vigueur des comparaisons
d’une période sur l’autre afin de faire paraître les bénéfices réalisés et les pertes
subies dans les diverses transactions.
L’étude de la deuxième expérience insiste sur le fait qu’il ne faut pas oublier
les rôles des égyptiens, des phéniciens, des grecs, et des romains q ui ont développé
leurs propres systèmes d’information en instaurant en plus des comptes collectifs les
comptes de tiers (Collins et Vallin, 1992).
Il est aussi important de mentionner le principe de séparation des
responsabilités entre les sénats 3 (genre d’assemblée) et les questeurs 4 qui peuvent
être considéré comme un principe très fondamental du contrôle à nos jours.
En examinant cette première période, il est logique de considérer que la notion
de contrôle est fortement liée à l’aspect de vérification.

2
Collins et Vallin, (1992), Audit et contrôle interne. Aspects financiers, opérationnels et stratégiques, 4 ème
édition, 1992.
3
Ils s’intéressent aux dépenses et aux prélèvements d’impôts.
4
Ils tenaient le rôle d’agents comptables et de caissiers de l’empire.

23
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

1.1.1.2. Deuxième période : le contrôle au moyen âge :

Au cours de la dite période le contrôle a été exercé pour les systèmes


d’information comptables à savoir les techniques de vérification. C’est ainsi que
l’église et les croisades ont influencé fortement l’évolution des techniques des
comptes. Ils ont développé le commerce pour pallier et remédier d’une manière
complète ou provisoire aux défaillances éventuelles de leurs mémoires. Il est conçu
alors par écrit certaines de leurs transactions. De même, i l y a eu développement de
la comptabilité analytique d’exploitation par la famille Médicis utilisé afin de faire
contrôler ses affaires (Collins et Vallin, 1992).

1.1.1.3. Troisième période : de la fin du moyen âge au début du 19 ème siècle :

Cette période est généralement considérée comme la plus intéressante, la plus


florissante voire même la plus importante de l’histoire de la comptabilité et par la du
contrôle. C’est ainsi qu’on assiste à une amélioration et un perfectionnement des
techniques de vérification pour pouvoir alors effectuer une certaine surveillance des
activités. Aux 14 éme et 15 éme siècles il y a eu naissance, en Italie du Nord, de la
méthode de partie double (partita de doppia) qui continue de nos jours d’être le trait
le plus caractéristique de la comptabilité des entreprises. Elle se trouve ainsi au cœur
de tout système comptable base de toutes les actions de contrôle. La naissance de la
méthode de la partie double est consacrée par la publication en 1494 du premier
ouvrage imprimé qui traite de la comptabilité, «La summa di arithmetica, geometria,
proportioni, et proportionalita». Avec la publication de cet ouvrage, s’ouvre
l’époque où toutes les techniques comptables se développeront simultanément sur les
plans de la pratique et des écrits.

En outre, c’est qu’au 18 éme siècle qu’il ya eu apparition du contrôle


arithmétique de la comptabilité et ce par l’établissement d’une balance générale
périodique.

Ainsi, nous pouvons mentionner que durant cette période les tentatives de
contrôles ont dépassé l’aspect de vérification pour atteindre celui de la surveillance.

24
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

Une première association d’auditeurs externes fût alors créée en Royaume -Uni en
1854. Elle s’appelle “Institue of Chartered Accountants of Scotland”. Un peu plus
tard en 1887, se fût créée en Amérique une autre association appelée “l’American
Association of Public Accountants”.
Ce passage a contribué notamment à l’émergence des techniques de contrôles
à base comptable telles que le contrôle interne et l’audit. Le développement de ce
dernier (l’audit) s’est effectué selon les grandes phases historiques qui suivent :

1.1.1.4. Quatrième période : du début du 19 ème siècle jusqu’au début du 20 ème


siècle :

Cette période est étroitement liée au développement des organisations


professionnelles de comptable et d’audit. Ainsi, la finalité de l’audit était orientée
principalement vers la recherche de la fraude. Les modes de contrôle étaient donc
axés vers la vérification détaillée, voire exhaustive, des pièces comptables.

1.1.1.5. Cinquième période : à partir du début du 20 ème siècle jusqu’à nos jours :

Durant cette période, nous pouvons constater tout d’abord, un changement


dans le contexte économique à travers l’augmentation du volume de transaction et
des enregistrements comptables à vérifier. La découverte de fraudes importantes
mettant en cause la responsabilité des auditeurs aux Etats Unis. De même, face à
l’augmentation de la taille et de la complexité des entreprises, les auditeurs ont peu à
peu assimilé l’intérêt de la qualité des procédures internes pour s’assurer de la
fiabilité des informations produites par le système comptable. Ensuite, la prédilection
d’une nouvelle approche d’audit plus globale basée sur l’utilisation de moyens de
vérification axés sur les statistiques. Ainsi que l’analyse des risques englobant
l’activité de l’entreprise.
Le rôle de l’audit moderne, résultat de cette évolution historique, est
aujourd’hui suffisamment stabilisé aux yeux de la profession pour qu’elle puisse en
proposer une définition précise à la lumière des pratiques constatées.

25
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

1.1.2. L’audit financier : définition et objectif :

L’audit recouvre, dans les faits, un concept assez large. Il consiste, d’une
manière générale en un examen mené par un observateur professionnel, sur la
manière dont est exercée une activité, par rapport à des critères spécifiques à cette
activité. En effet, la compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) a
pris le parti d’adopter le terme d’«audit » dans les modèles de rapport des
commissaires aux comptes et en donne la définition suivante :
«Un audit consiste à examiner, par sondages, les éléments probants justifiant les
données contenues dans les comptes. Il consiste également à apprécier les principes
comptables suivis et les estimations significatives reten ues pour l’arrêté des comptes
et à apprécier leur présentation d’ensemble ».

Cette définition est restrictive en ce qu’elle concerne l’activité de l’auditeur


financier externe, exercée dans un cadre légal prédéfini et obligatoire. En effet, la
publication des informations financières par les entreprises semblent être d’une
importance primordiale pour les différentes parties prenantes de l’entreprise, ce qui
implique l’importance d’une opinion professionnelle et indépendante.

En France, l’article 228 de la loi sur les sociétés commerciales définit de


manière générale la mission du commissaire aux comptes :
« Les commissaires aux comptes certifient que les comptes annuels sont réguliers et
sincères et donnent une image fidèle du résultat des opérations des e xercices écoulés
ainsi que de la situation financière et du patrimoine de la société à la fin de cet
exercice. (….) ils ont pour mission permanente, à l’exclusion de toute immixtion dans
la gestion, de vérifier les valeurs et documents comptables en vigueu r. Ils vérifient
également la sincérité et la concordance avec les comptes annuels des informations
données dans le rapport de gestion du conseil d’administration ou du directoire,
selon le cas, et dans les documents adressés aux actionnaires avec la situa tion
financière et les comptes annuels ».

Ainsi, nous pouvons constater que l’objectif attendu du processus d’audit est
la « certification » des comptes annuels de l’entreprise, c'est-à-dire – si l’on place

26
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

dans le contexte terminologique Français – la reconnaissance de leur « régularité » et


de leur « sincérité » afin de fournir une « image fidèle » des opérations de l’exercice
écoulé et de la situation financière à la fin de cet exercice (Mikol, 1999) 5.

L’audit financier procède en priorité d’une volonté de fiabiliser les informations de


nature financière fournies par les entités, objet de l’audit. Cet objectif de fiabilisation
nécessite l’existence d’un référentiel à la fois connu par l’émetteur de l’information
et par celui qui a vocation à la recevoir et à l’utiliser ; ce langage commun
d’expression de l’information financière constitue le référentiel comptable prédéfini,
dont l’auditeur vérifie le respect. Cependant, l’audit financier s’efforce d’aller au -
delà, même lorsqu’il s’agit d’une mission légale classique de commissariat aux
comptes, et la nature et l’ampleur des missions confiées à l’auditeur financier
peuvent être très variables.

Restant dans le même contexte, nous présentons la définition donnée par


l’O.E.C.C.A de France qui avance ce qui suit : l’audit : «est l’examen auquel possède
un professionnel compétent et indépendant en vue d’exprimer une opinion motivée
sur la régularité et la sincérité du bilan et des comptes de résultat d’une entreprise» .

1.2. L’audit en France : spécificités légales et


professionnelles :

Pour restaurer la confiance du marché financier et pour faire face aux


différents scandales financiers (Enron, Worldcom, …), la clause de rotation a été
mise en place dans plusieurs règlementations des différents pays du monde . En effet,
plusieurs auteurs prévoient que pour résoudre le problème d’indépendance et
protéger le public, la rotation constitue la meilleure solution (Carey et Simnett,
2006 ; Jeong-Bon Kim et Cheong H. Yi, 2009). La plupart des pays adoptent une
rotation de l’auditeur tous les cinq ans. Selon le code d’I.F.A.C, il y a un risque de
familiarité après les cinq premières années du mandat. Pour la France, la distinction
est que la durée du mandat est de 6 ans avec un Co-Commissariat aux comptes.

5
Mikol A. (1999), «Les audits financiers», Paris : Editions d’Organisation.

27
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

Ainsi, notre contexte objet de notre travail de recherche se distingue des autres par
ses spécificités légales et professionnelles.
Au cours de ce paragraphe, nous exposerons tout d’abord le contexte légal et
professionnel de la pratique d’audit en France (§1). Dans u n second temps, nous
proposerons quelques caractéristiques distinctives du mandat d’audit (§2).

1.2.1. Des normes légales et professionnelles précises :

La notion du commissariat aux comptes, ou le contrôle légal des comptes, tel


que défini par les directives européennes, est l'ensemble d'interventions qui peuvent
être résumées dans les points détaillés comme suit :
- Une mission d’audit des comptes.
- Des interventions spécifiques qui ont pour objet, soit : de vérifier certaines
informations, de s’assurer du respect de certaines garanties légales
particulières, de donner les suites fixées par les textes légaux ou
réglementaires à la constatation de certains faits.
- Des missions particulières liées à la réalisation de certaines opérations.
- Une obligation de communication de ses conclusions aux organismes et aux
personnes désignées par les textes légaux ou réglementaires.

Cela est le rôle de l’audit légal (ou le commissaire aux comptes) d’une
manière générale en Europe. En ce qui concerne notre contexte de reche rche c’est à
dire en France, il y a des règles précises qui la distinguent des autres pays. En effet,
les sociétés faisant appel public à l’épargne, qui sont soumises par définition à la
présentation de comptes consolidés, doivent, au titre de l’article L. 225-228 du Code
de commerce, disposer d’aux moins deux commissaires aux comptes. Cette règle a
été initialement mise en place afin de permettre un double contrôle. De même, et sur
la base de l’article 14 du Code de déontologie professionnelle du commissar iat aux
comptes, «lorsqu’une société est dotée de plusieurs commissaires aux comptes, ceux -
ci constituent l’organe de contrôle légal de l’entité». Le texte d’application de cet
article indique qu’il appartient aux Co-Commissaires de déterminer ensemble, de
manière concertée, les principes d’organisation de leur mission. «Dans tous les cas,
ceux-ci doivent tenir compte de leur responsabilité conjointe qui implique, pour

28
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

chacun d’eux, la nécessité, d’une part, de connaître tous les aspects de l’entité et de
son environnement, et notamment ses principales zones de risques, d’autre part, de
maîtriser le contenu de l’ensemble des travaux réalisés» .
Toutefois, le législateur n’a pas évoqué directement le partage des tâches et
des honoraires entre les deux commissaires aux comptes. Or, depuis le règlement
COB n°2002-06, applicable à compter du 1 er janvier 2003, les émetteurs français ou
étrangers dont les titres sont négociés sur un marché réglementé, et leurs filiales
françaises et étrangères, sont obligés d’indiquer dans leurs prospectus et documents
de référence le montant des honoraires versés à chacun des commissaires aux
comptes ou autres professionnels du réseau dont ils sont membres, sous la forme
d’un tableau synthétique.

1.2.2. Les principales caractéristiques du mandat d’audit :

Compte tenu de ses enjeux, la qualité du contrôle des comptes annuels des
entreprises présente un élément important de la vie économique. En effet, pour
affirmer leur efficacité et leur rationalité, les principes et les méthodes utilisés par
les auditeurs doivent présenter des caractéristiques acceptables par l’environnement.
En France, nous choisissons la durée du mandat et le Co -Commissariat aux comptes
comme spécificité qui le différencient des autres contextes.

1.2.2.1. La durée du mandat :

Selon Hoyle (1978), il est difficile à fixer une durée du mandat qui garantie la
qualité de l’audit. A cet égard, nous pouvons constater que la fixation de la durée du
mandat semble être un sujet très important dans les règles de rotation. Vu la présence
du Co-Commissariat aux comptes dans le contexte français nous pouvons déduire que
la durée doit tenir compte de cette particularité. Autrement dit, la durée peut être
plus longue par rapport aux autres pays n’ayant pas une obligation d’un d ouble
contrôle.
La durée du mandat en France est de six ans non renouvelable.

29
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

1.2.2.2. Double commissariat aux comptes :

Le code de déontologie désigne le Co-Commissariat aux comptes comme


«l’exercice collégial du commissariat aux comptes» . Autrement dit, il s’agit d’une
forme de contrôle légal des comptes fondés sur la pluralité des commissaires aux
comptes.
En se basant sur l’article 225-228 alinéa 3 du code de commerce, le Co-
Commissariat aux comptes concerne les sociétés astreintes à publier des com ptes
consolidés. Toutefois, a partir du 15 mai 2001, date de publication de la loi NRE
(nouvelle réglementation économique), cet article ne s’applique pas uniquement aux
sociétés par action. L’obligation de désigner deux commissaires aux comptes
concerne désormais toute société quelle que soit sa forme, tenue par le code de
commerce de publier des comptes consolidés (article L 820 -1 du code de commerce).

1.3. Problématique de la qualité d’audit :

1.3.1. Les théories de recherche et l’observation de la qualité d’audit :

La firme est considérée comme un système juridique qui sert à établir une
multitude de contrats implicites et explicites régissant les relations entre les agents.
Ces contrats trouvent leur importance en définissant les droits des différe nts agents,
aux objectifs divergents, et qui recherchent la maximisation de leurs propres
fonctions d’utilité. Alors, le recours à un intervenant externe parait nécessaire pour
résoudre les conflits d’intérêts.

Dans ce cadre d’analyse, plusieurs soubassements théoriques peuvent être


utilisés. Pour notre étude, nous tenons compte de l’approche contractuelle de la firme
qui tient à présenter cette dernière comme un nœud de contrat souvent générateurs de
conflits. Ce cadre théorique intègre essentiellement la théorie de l’agence et la
théorie de signal.

30
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

1.3.1.1. Théorie de l’agence et la qualité d’audit :

En se référant aux apports de la théorie d’agence, nous pouvons noter qu’en


présence d’information imparfaite entre le principal et l’agent, la confiance accordée
par les actionnaires (principal) aux dirigeants (agent) est mise en doute. Dans de
telles situations les actionnaires ont intérêt à mettre en place les mécanismes de
contrôle pour aligner les intérêts de l’agent avec ceux du principal et limiter, par
conséquent, les pertes occasionnées par une divergence d’intérêts (Jensen et
Meckling, 1976 ; Fama, 1980).

Selon Shapiro (1987), l’auditeur est le «gardien de confiance» entre les


parties, ce qui permet de garantir la transparence de l’information fi nancière.
Outre la théorie de l’agence, la théorie des signaux à contribué également à
l’explication des motifs du recours aux auditeurs externes.

1.3.1.2. Théorie des signaux et la qualité de l’audit :

La théorie de signaux se fonde sur le fait que l'in formation est inégalement
partagée ou asymétrique. En effet, les dirigeants d'une entreprise disposent
notamment d'une information supérieure à celle de ses pourvoyeurs de fonds. Alors,
dans un contexte d’asymétrie informationnelle entre les investisseurs externes et les
dirigeants d’entreprise, ces derniers ont intérêt à se signaler, par le biais du rapport
d’audit la fiabilité des informations divulguées sur le marché financier (Carassus et
Gardes, 2005) 6.
Dans ce sens, Akerlof (1970), mentionne que la si gnalisation est le fait qu’un
agent émet des signes pour indiquer sa qualité ou la qualité de ses biens à un autre
agent. Le rapport d’audit constitue alors, un véritable moyen de signalisation dont
disposent les dirigeants de l’entreprise pour assurer la confiance des anciens
investisseurs et d’attirer l’attention des autres.
A ce stade, nous pouvons conclure que pour faire face aux conflits d’intérêts
entre le principal et l’agent, l’audit constitue un mécanisme incitant ou obligeant
l’agent à agir conformément aux intérêts des partenaires de l’organisation. Ainsi, une

6
Carassus D., Gardes N., (2005), «Audit externe et gouvernance : proposition d'un cadre de réflexion
conceptuel», Colloque de l'IAAER, Bordeaux.

31
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

question qui se pose : quels sont les déterminants de la qualité d’audit garantissant la
confiance des utilisateurs des états financiers ?

1.3.2. Les déterminants de la qualité d’audit :

La qualité de l’audit a été définie de nombreuses façons :


 Les praticiens de la littérature définissent souvent la qualité d’audit en
fonction de conformité du degré de l’audit aux normes d’audit (Krishnan et Schauer,
2001).
 Au contraire, les chercheurs en matière comptable identifient des dimensions
multiples de la qualité d’audit et ces dimensions mènent souvent à des définitions
apparemment différentes (Watkins et al., 2004) :
- DeAngelo (1981) : le marché a évalué la probabilité que les états financiers
contiennent des erreurs significatives et que l’auditeur a pu découvrir et publier les
inexactitudes en question.
- Lee et al. (1998) : la probabilité qu’un auditeur ne publiera pas un rapport
disqualifié à propos d’états financiers contenant des erreurs sign ificatives (cité par
Watkins et al., 2004).
L’examen de la littérature comptable antérieure, nous permet de constater que
la compétence (la probabilité qu’un auditeur découvre une inexactitude donnée) et
l’indépendance (la probabilité qu’un auditeur publie réellement une inexactitude
découverte) constituent deux déterminants de la qualité d’audit (Watts et
Zimmerman, 1986).

1.3.2.1. La compétence de l’auditeur :

Récemment, plusieurs recherches (Krishnan, 2003 ; Balsam et al., 2003)


comptent sur l’expertise industrielle dans une tentative de contrôler la compétence de
l’auditeur.
Balsam et al. (2003) montrent que les firmes auditées par des experts dans
l’industrie présentent un faible niveau d’ajustements comptables discrétionnaires.
Les résultats impliquent une latitude managériale moins importante et un bénéfice
plus crédible. Dans le même sens, Ferdinand A. Gul et al. (2009) ont examinés si la

32
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

spécialisation de l’auditeur dans l’industrie affecte la relation entre une durée courte
du mandat d’audit et la qualité des bénéfices. Les résultats montrent que les
bénéfices ont une qualité plus meilleure lorsque les sociétés sont auditées par des
auditeurs experts dans l’industrie en comparaison avec les sociétés auditées par des
non spécialistes.
Francis (2004) documente que les grands cabinets d’expertise comptable
(appartenant aux “Big Four” promeuvent leur expertise industrielle et observe
empiriquement que les parts de marché dans l’industrie ne sont pas également
distribués parmi les grands cabinets d’expertise comptable. L’auteur soutient que les
experts dans l’industrie ont une connaissance plus profonde que les non experts grâce
à l’expérience plus grande dans l’industrie qui leur permet de faire des jugements
plus précis en matière d’audit. Il ajoute que les cabinets d’expertise comptable qui
disposent d’un nombre important de clients (par conséquents des honoraires plus
importants) dans une industrie, présentent à leurs auditeurs plus d’opportunités pour
acquérir une connaissance profonde dans l’industrie qui mène à l’expertise
industrielle.

En se focalisant sur les honoraires d’audits, Francis et al. (2005) présentent


que le leader de l’industrie aux Etats-Unis reçoit une prime d’honoraire d’audit
comparativement aux autres auditeurs appartenant aux “Bi g Four”. Dans la même
orientation, Ferguson et al. (2003) [cité par Francis et al. (2005)] montre que les
deux leaders de l’industrie en Australie reçoivent une prime comparativement aux
autres auditeurs appartenant aux “Big Four”. DeFond et al. (200 0) constatent que les
trois leaders de l’industrie à Hong- Kong obtiennent une prime quant à d’autres
cabinets appartenant aux “Big Four”. Il y a ainsi la preuve que les états financiers
audités présentent de meilleures qualités dans le cas ou l’auditeur est un expert
(spécialiste) dans l’industrie. De même Van Caneghem (2004) montre clairement
l’existence d’une relation positive entre les cabinets d’audits appartenant aux “Big
Five” qui sont munis d’une connaissance spécifique dans l’industrie auquel la société
appartient et l’efficacité de l’audit. De plus il avance qu’il existe un rapport positif
entre l’expertise dans l’industrie et la compétence de l’auditeur.

33
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

1.3.2.2. L’indépendance de l’auditeur :

Dans son étude analytique, DeAngelo (1981) a pu monter que les auditeurs de
grande tailles offrent des services de meilleurs qualités que les autres auditeurs. En
effet, les plus grands cabinets d’audit sont assumés pour être moins dépendants de
leurs clients pour les motifs suivants : tout d’abord ils possèdent un nombre
important de clients. De plus, ils subissent plus de pertes en cas d’accord avec les
pressions des clients de ne pas annoncer une infraction découverte.

Typiquement, les études empiriques utilisent une variable dichotomique codée


1 si la firme est auditée par des cabinets appartenant aux “Big”, 0 sinon comme
proxy des différences de la qualité d’audit entre les grands et les petits cabinets
d’audit (Van Caneghem, 2004).

Dans une étude récente, Aloke (Al) Ghosh et al. (2009) affirment qu’il n’y a
aucune relation entre l’indépendance de l’auditeur et le rapport d’honoraire d’audit.
Cependant, l’indépendance de l’auditeur est négativement associée à l’importance du
client.

Employant des méthodologies différentes, diverses études (Palmrose, 1988 ;


Francis et al., 1999 ; Blokdijk et al., 2003) évaluent l’exactitude du proxy nommé
“brand name”. En effet, les résultats de ces études suggèrent que le proxy de marque
ou encore de réputation permet de capturer correctement les différences de la qualité
d’audit. Dans ce qui suit nous avançons quelques exemples : en premier lieu, les
firmes auditées par les auditeurs “Big Five” sont confrontées à des taux de litiges
faibles (Palmrose, 1988). En deuxième lieu, les firmes auditées par les cabinets
d’audit appartenant aux “Big Five” utilisent un niveau de matérialités quantitatives
faibles (Blokdijk et al, 2003). Et finalement, des erreurs en comptabilité sont moins
probables pour être observés dans les états financiers des firmes auditées par les
cabinets appartenant aux “Big Five” (DeFond et Jiambalvo, 1991).

Comme nous l’avons déjà mentionné, il existe deux déterminants de la qualité


d’audit : l’indépendance et la compétence. Toutefois, nous pouvons constater le

34
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

dysfonctionnement du processus d’audit vu les différents scandales financiers


caractérisant le monde des affaires sur le plan international (Enron, Vivendi
Universal, Parmalat, WorldCom…). C’est en ce sens que la loi de sécurité financière
a vu le jour en France. Dans cette perspective, nous souhaitons qu’un double contrôle
(Co-Commissariat aux comptes) permettant l’amélioration de la qualité d’audit et
garantissant ainsi, la fiabilité des informations publiées.

Section 2 : Le Co-Commissariat aux comptes :


Après avoir présenté l’audit comme étant un mécanisme de gouvernement
d’entreprise permettant ainsi, de réduire les coûts d’agence et d’aligner par la suite
l’intérêt de l’agent avec celle du principal (Jensen et Meckling, 1976). Nous nous
mettons l’accent dans cette deuxième section sur un autre concept (le Co-
Commissariat aux comptes) qui constitue tout d’abord un autre mécanisme de
contrôle et caractérisant notre contexte de recherche qui vise à l’amélioration de la
sécurité financière après les différents scandales financiers.

2.1. La profession des commissaires aux comptes :

Concernant la profession, elle est très réglementée et soumise à des règles


spécifiques. En effet, le Haut Conseil du Commissariat aux Comptes qui a été
institué par la loi n o 2003-706 du 1 er août 2003 en tant qu’une autorité de contrôle
externe à la profession 7 veille à :
- la surveillance de la profession avec le concours de la Compagnie nationale
des commissaires aux comptes 8.
- veiller au respect de la déontologie et de l'indépendance des commissaires aux
comptes.

Le haut conseil des commissaires aux comptes organise les contrôles de l’activité des
professionnels. Plus précisément, il est chargé :

7
L’article L 821-1 du code de commerce.
8
L'article L. 821-6 du code de commerce.

35
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

- d’identifier et de promouvoir les bonnes pratiques professionnelles ;


- d’émettre un avis sur les normes d’exercice professionnel él aborées par la
Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC).

Dans le cadre de sa mission de surveillance de la profession de commissaire


aux comptes, la création du Haut Conseil du Commissariat aux Comptes a permis
d’anticiper l’évolution de la législation européenne qui préconise de «renforcer le
contrôle légal des comptes dans l’UE 9».

2.2. La loi de sécurité financière et la mission des


commissaires aux comptes :

En prévoyant une rotation des commissaires aux comptes signataires au


minimum tous les six ans. La loi de sécurité financière du 1 er Août 2003 a renforcé
les garanties d'indépendance individuelle des commissaires aux comptes en précisant
les incompatibilités objectives et subjectives.

Les incompatibilités subjectives sont celles qui ne prennent pas en


considération la personne. La loi de sécurité financière n’ajoute pas plus
d’informations. Quant aux incompatibilités objectives sont celles qui touchent le
commissaire et son client. La loi de la sécurité financière remplace l’énumé ration qui
était dans l’article L225-224 par deux principes généraux énoncés dans son article
104 (L822-11 du code de commerce) selon lesquels :
- il est interdit au commissaire aux comptes d’avoir un intérêt auprès de
l’audité,
- il est interdit au commissaire aux comptes de fournir un conseil ou une
prestation de service à la personne qui l’a chargé de certifier ses comptes 10.

9
Livre vert de la Commission, du 24 juillet 1996, intitulé « Rôle, statut et responsabilité du contrôleur légal des
comptes dans l'Union européenne » [COM(96) 338 - Journal officiel C 321 du 28.10.1996].
10
Ce principe de dissociation entre la certification et les autres responsabilités existait déjà mais il était assorti
d’exceptions qui sont maintenant écartées.

36
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

A travers l’instauration de ces principes, le but du législateur a été de palier le


non exhaustivité de l’ancienne énumération.
Par ailleurs, la loi sur la sécurité financière interdit au commissaire aux
comptes et à l’associé signataire d’accéder à la fonction de « dirigeant » ou
« salarié » d’une personne ou « entité » qu’il a contrôlé moins de cinq ans après
cessation de ses activités 11.

Précédemment, le code de commerce ne dictait pas cette interdiction aux


salariés. De ce fait, il était par exemple possible au commissaire aux comptes de
devenir le directeur financier d’une entreprise dont il certifie les comptes. La loi de
sécurité financière par cette interdiction évite les conflits d’intérêt que peut susciter
cette situation. Dans le même sens, une personne qui a dirigé ou a été salariée d’une
personne morale ne peut pas devenir son commissaire aux comptes cinq ans après la
cessation de ses fonctions 12.

Ainsi, l'objet de la loi de sécurité financière est de prévenir les conflits


d'intérêt entre l'auditeur et l'auditée en interdisant aux commissaires aux comptes «de
fournir a la personne qui l'à chargé de certifier ses comptes, ou aux personnes qui la
contrôlent ou qui sont contrôlées par celle ci (...) tout conseil ou toute autre
prestation de services n'entrant pas dans les diligences directement liées à la mission
des commissaires aux comptes (...)».

Par ailleurs, La loi de sécurité financière assure l'indépendance des


commissaires aux comptes à l’égard de la direction de la société. Elle a encadré
l’exercice de la profession de commissaire aux comptes. En renforçant la crédibilité
des auditeurs, elle permet d’accroître leurs responsabilités. Elle a amélioré les règles
de contrôle des comptes pour les commissaires aux comptes. Le Co -Commissariat,
spécificité française qui améliore la qualité du contrôle, est réaffirmé, et ses
modalités d'exercice sont renforcées.

11
L822-12 du code de commerce.
12
L822-13 du code de commerce.

37
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

L’article 120 de la même loi (article L. 225-235 du code de commerce)


dispose que «les commissaires aux comptes présentent, dans un rapport joint à leur
rapport sur les comptes, leurs observation sur le rapport du président du conseil
d’administration ou de surveillance sur le contrôle interne, pour celles des
procédures de contrôle interne qui sont relatives à l’élaboration et au traitement de
l’information comptable et financière».

En tenant compte de ces caractéristiques légales et professionnelles, nous


pouvons déduire quelques caractéristiques qui peuvent distinguer le contexte
Français.

2.3. L’efficacité du Co-Commissariat aux comptes :

Les scandales financiers caractérisant le monde des affaires d’aujourd’hui, ont


montré le dysfonctionnement du processus d’audit. P ar ailleurs, la faillite du cabinet
Arthur Anderson montre clairement que les deux déterminants classique de la qualité
d’audit, qui sont la compétence et l’indépendance semblent être remis en cause
(Fama et Jensen, 1983a ; Watts et Zimmerman, 1986).

Cependant, pour faire face aux comportements totalement frauduleux de


certains dirigeants (voire par exemple, l’affaire Enron, en tête, Adelphia, et surtout
WorldCom), le législateur américain a adopté la loi dite «Sarbanes-Oxley» 13 qui
constitue la plus importante réforme aux Etats-Unis depuis la crise des années 1930.
Dans ce cadre, plusieurs études confirment que l’acte «Sarbanes -Oxley» pourrait
produire des conséquences économiques en examinant les réactions du marché aux
événements législatifs relatifs. De même, cette loi va avoir des conséquences sur les
entreprises elles même, ainsi, que sur les autres contextes (Ivy Xiying Zhang, 2007 ;
Nicholas V. Vakkur et al., 2010).

Ainsi, la loi de sécurité financière qui a été diffusée en France constitue une
conséquence de l’adoption de la loi «Sarbanes-Oxley» aux Etats-Unis. Ces
différentes règlementations viennent tout d’abord dans le but d’augmenter la
13
La loi «Sarbanes-Oxley» prend le nom des deux sénateurs : Paul Sarbanes, et Michael Oxley.

38
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

responsabilité des sociétés et de mieux protéger les investisseurs. Ensuite, la


modernisation du contrôle légal des comptes et d’assurer la transparence.

Dans ce sens, nous pouvons constater que l’efficacité des travaux de l’auditeur
constitue une condition de fiabilité des états financiers publiée par les entreprises
(Miklos A. Vasarhelyi et al., 2004) . C’est pour restaurer la confiance des parties
prenantes (stakeholders), et en particulier les investisseurs de la crédibilité de
l’information financière publiée, que le législateur français a instauré la loi de
sécurité financière.

A ce stade, nous essayons de présenter l’efficacité du Co-Commissariat aux


comptes avec une durée du mandat de six ans caractérisant le contexte français
comme étant un modèle qui se différencie du modèle Anglo-saxon fondé, lui, sur un
contrôle mono-auditeur pour une durée moins longue. Ainsi, les études dans ce
dernier modèle s’interrogent sur la relation opposant l’auditeur à l’entreprise auditée
(Charles W. Bame-Aldred et al., 2007). Par contre, pour notre contexte d’étude, il
n’existe pas à notre connaissance d’étude portant sur la relation tout d’abord entre les
deux commissaires aux comptes et par la suite entre les deux auditeurs et la société
auditée.

Comme nous l’avons déjà mentionné, que les déterminants classiques (la
compétence et l’indépendance) ont été dépassés par les événements de
l’environnement économique à l’échelle mondiale (les scandales financiers). C’est
pour cette raison que le législateur français à soumettre les entreprises à l’imposition
d’un double contrôle (le Co-Commissariat aux comptes). Ce phénomène paraît a
notre égard, très important pour garantir la qualité de l’audit et par la suite, la
satisfaction des parties prenantes et de leurs confiance vis -à-vis des informations
financières publiées par les sociétés. Toutefois, pour spécifier notre étude, notre
intérêt ne sera pas focaliser uniquement sur le phénomène en tant que tel. Mais,
plutôt la question qui se pose à ce stade est la suivante : quel est la combinaison,
parmi les combinaisons possible, permettant d’atteindre la qualité d’audit la plus
meilleure ?

39
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

Ainsi, la société peut être auditée selon l’une des trois combinaisons possible
suivantes :
- Les deux auditeurs appartiennent à des cabinets «BIG».
- Les deux auditeurs appartiennent à des cabinets «Non BIG».
- L’un des deux auditeurs appartient à un cabinet «BIG» alors que l’autre
appartient à un cabinet «Non BIG».

En adoptant ce point de vue, nous nous essayerons dans le schéma situé ci -


dessous d’étudier et d’expliquer les différentes relations entre d’une part les
auditeurs eux même et d’autre part avec la société auditée.
BIG

Auditeur 1 BIG

Non BIG Société auditée Rapport d’audit

Auditeur 2 BIG

Non BIG
Figure 1.2 : les différentes combinaisons possibles d’auditeurs.

Section 3 : théorie des jeux : concept et enjeux :

En tant que garant de la bonne qualité de l'information financière, l'audit


s’insère comme nous l’avons déjà mentionné dans la relation d’agence pour résoudre
le problème de l’asymétrie de l’information entre les responsables dirigeants et les
différentes parties prenantes de l’entreprise. De même pour s’assurer du respect des
états financiers de la société aux réglementations.

40
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

Responsables
dirigeants

Auditeur 1 Entreprise Auditeur 2

Contrôle et vérification

Les états financiers

Image fidèle Respect des réglementations

Rapport d’audit
(Opinions des auditeurs)

Investisseur Actionnaire Créanciers L’Etat


s s

Figure 1.3 : la place de l’audit dans la théorie d’agence.

Dans cette section, notre objectif est d’étudier, l’effet de la relation entre
l’auditeur et le ou les dirigeants de la société à travers une approche par la théorie
des jeux sur les travaux d’audit tout au long d’une mission d’audit. En particulier,
nous mettrons en évidence l’effet de la relation entre les deux vérificateurs sur la
qualité d’audit et l’opinion finale des auditeurs.

Par conséquent, après la consultation d’une revue de la littérature désormais


abondante, voir à titre d’exemple les études de Richard Fairchild (2008), Ulrike
Stefani (2007), Antle R. et Nalebuff B. (1991) et Smith J R. et al. (2000), il nous
parait très intéressant d’étudier cette relation (auditeur / auditeur) via une approche

41
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

par la théorie des jeux. De plus, l’examen de la littérature montre l’inexistence d’une
étude parait menée dans le contexte français, ce qui constitue un avantage et un plus
pour notre travail de recherche.

Pour ce faire, nous aborderons cette section par la définition de la théorie des
jeux en tant que tel. Ensuite, nous nous mettrons l’accent sur les soubassements
théoriques étudiant les différentes relations qui pèsent sur l’opinion et les stratégies
suivis des deux auditeurs qui sera évalué empiriquement dans les chapitres qui
suivent.

3.1. La théorie des jeux : quelques fondements théoriques :

La théorie des jeux est un outil d’analyse des comportements humains. Fut
fondée par Von Neumann (1903-1957), mathématicien de l’Institute of Advanced
Study of Princeton et Morgenstern (1902-1977), économiste de l’université de
Princeton dès lors de la publication de leurs ouvrage «Theory of Games and
Economic Behavior 14» en 1944. C’est en 1928, date de proposition du théorème du
minimax par John Von Neumann que l’histoire de la théorie des jeux a connu un
nouvel essor concrétisé par la parution en 1944 de leurs ouvrages précitée que la
théorie des jeux est considérée comme étant une nouvelle discipline.

Ainsi si les économistes ont été les premiers à utiliser cet outil en économie
industrielle, ils ont été rejoints depuis par des chercheurs de divers disciplines,
comme la sociologie et les sciences politiques. En ce sens, M.G. Fiestras-Janeiro et
al. (2011) ont fourni un examen des applications de la théorie des jeux dans la
gestion des systèmes d’inventaire centralisés. En outre, ils présentent un nouveau
modèle d’inventaire centralisé : un réseau de distribution multi-client. De même,
Matthias Hanauske et al. (2010) démontrent l’utilité de la théorie des jeux pour
l’étude du degré de comportement agressif chez une population donnée des agents

14
Von Neumann J., Morgenstern O., Theory of Games and Economic Behavior (3ème édition),
Princeton University Press, 1953.

42
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

durant la dernière crise financière et économique. Ainsi, ces études viennent de


confirmer la variété des disciplines s’appropriant de cet outil.

3.1.1. Définition d’un jeu :

Comme nous l’avons déjà cité au début de cette section, que la théorie des
jeux constitue une approche mathématique de problèmes d e stratégie tels qu’on en
trouve en économie. En effet, «Selon l’acceptation courante, un jeu est une situation
où des individus (les joueurs) sont conduits à faire des choix p armi un certain
nombre d’actions possibles, et dans un cadre défini à l’avance (les règles du jeu), le
résultat de ces choix constituant une issue du jeu, à laquelle est associé un gain,
positif ou négatif, pour chacun des participants 15».

En s’inspirant des travaux de Jacques-François Thisse 16, nous pouvons


constater que selon le principe de rationalité économique, stipulant que chacun des
joueurs cherche à prendre les meilleures stratégies et décisions pour lui -même, les
participants à un jeu agissent pour leur propre intérêt. Un exemple très précis, est
celle d’un joueur d’échecs qui emploie les moyens et les décisions qui lui paraissent
les meilleurs, pour réaliser son objectif qui est sans doute : gagner la partie.
Toutefois, le choix optimal pour un participant dépend en premier lieu de la qualité
et la quantité d’informations dans sa disposition et dans un deuxième lieu des choix
et décisions des autres joueurs, puisque chacun d’eux n’est maître de son sort.

3.1.2. Trois grandes parties pour la théorie des jeux :

Dans sa thèse, Michel Carrard 17 présente que Bernard Guerrien 18 rappelle dans
sa préface de l’ouvrage de David M. Kreps que tout au long de l’histoire de la théorie
des jeux, trois périodes distinctes nous pouvons repérer les unes aux autres :

15
Guerrien B., Dictionnaire d’analyse économique, La Découverte, 1996.
16
Jacques-François Thisse, Théorie des jeux : une introduction.
17
Michel Carrard, «l’impact de l’aeroport Notre-Dame-des-Landes sur le devenir des relations entre Nantes et
Rennes : étude prospective à l’aide des théories des jeux», thèse de doctorat en Aménagement de l’espace –
Urbanisme, l’université Européenne de Bretagne (18 novembre 2009).
18
Guerrien B., Préface in Kreps D.M., Théorie des jeux et modélisation économique , Dunod, 1999.
Edition originale parue en 1990 sous le titre : Game Theory and Economic Modeling, Oxford
University Press.

43
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

La première période s’étale, des années vingt jusqu’à la fin de la deuxième Guerre
mondiale. Des mathématiciens comme, Ernst Zermelo (1871 -1953) qui a publié un
article précurseur de la théorie des jeux. C’est dans le cadre d’un jeu d’échecs, qu’il
introduit le processus logique dit de récurrence à rebours (backward induction). Cette
méthode consiste à étudier les mécanismes de décisions garantissant la solution du
jeu. En 1921, l’ouvrage d’Emile Borel (1871-1956), “Théorie des jeux et les
équations intégrales à noyau symétrique gauche” présente la définition d’un jeu et
précisément les jeux à somme nulle ainsi que, la notion de stratégie mixte.

Durant cette période, les jeux de société à somme nulle, c'est-à-dire ce qui est
gagné par un joueur et automatiquement perdu par l’autre caractérise la théorie des
jeux.

La deuxième période de la théorie des jeux s’étale dès la publication de


l’ouvrage de Von Newmann et Morgenstern en 1944 et court jusqu’à la fin des
années soixante dix. Tout au long de cette période, l’accent a été mis essentiellement
sur la notion de coopération entre les différents acteurs. Un jeu est dit coopératif « si
les individus peuvent communiquer et s’engager à prendre certaines décisions,
sachant qu’ils auront éventuellement, individuellement, intérêt à opter pour un choix
différent au moment où ils prennent effectivement leur décision » 19. En d’autres
termes, dans le cadre d’un jeu coopératif les joueurs peuvent passer entre eux des
accords qui les lient mais, de manière contraignante fo rmant ainsi, une coalition. A
cet égard, nous pouvons constatés d’après les travaux de Elise BONZON 20 que :
Une coalition est un sous-ensemble de joueurs : = {1,…, N}. Si C est une
coalition d’un seul joueur (C = {i}), C est appelé singleton. Si C est la coalition
formée de tous les joueurs (C = N), C est appelé grande coalition.

Dans le même sens, Roger A. McCain (2008) affirme que l’intérêt de la théorie
des jeux coopératifs est la recherche de la cohérence des décisions d’un groupe de

19
Cahuc P., La nouvelle microéconomie, op. cit.
20
ELISE BONZON, Modélisation des interactions entre agents rationnels : les jeux booléens, thèse de doctorat
l’Université Paul Sabatier de Toulouse III, 2007.

44
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

joueurs. C'est-à-dire le choix d’une stratégie commune dans l’intérêt mutuel de ceux
qui conviennent.

Finalement, la troisième période qui débute dès les années quatre vingt jusqu'à
nos jours se caractérise par la dominance des jeux non coopératifs. Au contraire de
ce qui est admis dans le cadre de la théorie des jeux coopératifs, les joueurs dans le
cadre des jeux non coopératifs sont plus opportunistes. En ce sens, si des coalitions
se forment entre les joueurs, il faut spécifier toutes les options stratégi ques offertes
aux joueurs, du fait qu’ils cherchent les actions qui leurs permettent la satisfaction
maximale. Bref, la formation des coalitions à cet égard résulte essentiellement de
décisions individuelles des joueurs.

Ainsi, intéressés par sa performance, l’entreprise est le lieu de rencontre des


différents acteurs économiques. Les intérêts de chaque partie et la différence de
position entre ses intervenants font distinguer deux types de relations : soit
convergents soit également contradictoires.

3.2. Les relations entre les différentes parties

La principale caractéristique spécifiant les cabinets d'audit c'est le détient du


monopole de la certification des comptes, pour toutes entreprises quelle que soit sa
forme dès la publication de la loi NRE en Mai 2001. En France, la pratique des
mandats de six ans non renouvelable leur fournit un marché un peu stabilisé. Toute
fois, depuis les différents scandales financiers nous pouvons clairement constater que
la confiance accordée aux cabinets d’audit à été remise en cause.

3.2.1. Relation auditeur – audité

Le contrat liant l’auditeur à son client est source de nombreux conflits. Selon
Reiter et Williams (2004) les pressions politiques et économiques constituent
l’origine de ces conflits. La contradiction entre les objectifs des deux parties vue
l'état du marché concurrentiel, la recherche de la profitabilité de l'entreprise d'une
part, et la nécessité de révéler les zones de risques ainsi que les erreurs dans les

45
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

comptes du client sont souvent antinomiques. En ce sens, Richard and Vanstraelen


(1999) prévoit que plus le contrat est long plus l’auditeur est indépendant dans ses
décisions.

Herrbach (2001) prévoit la notion de contrat social : contrat vis à vis des tiers
et contrat vis à vis de l'employeur de l'auditeur. Ce contrat est assimilé à une relation
de contributions dont l'auditeur est tenu à offrir à savoir : son savoir, ses
compétences, sa loyauté etc., et des rétributions dont il tire profit telque son salaire,
les avantages, la carrière etc. (Libby et Thorne, 2004 ; Brakel, 2000).

3.2.2. Relation auditeur – auditeur

Selon l’article L 823-2 du Code de commerce : «Les personnes et les entités


astreintes à publier des comptes consolidés désignent au moins d eux Co-
Commissaires aux comptes». En effet, «Est puni d'un emprisonnement de deux ans et
d'une amende de 30000 euros le fait, pour tout dirigeant de personne ou de l'entité
tenue d'avoir un commissaire aux comptes, de ne pas en provoquer la désignation ou
de ne pas le convoquer à toute assemblée générale» aux termes de l’article L 820-4
de ce même Code.

D’après cette obligation légale nous pouvons constater que la mise en place du
Co- commissariat aux comptes a pour objectif de favoriser l’élargissement des
compétences des auditeurs, l’amélioration du niveau de confiance vis à vis les
comptes de l’entreprise, de réduire le risque d’erreurs et de permettre aux deux
auditeurs d’agir quant à la pression exercée par leur client.

Toutefois, Charles PIOT et Alain SCHATT (2010) 21 prévoient que «Les


auditeurs ont, quant à eux, fait état des difficultés de coordination des travaux,
d’harmonisation des méthodes d’investigation, et surtout du fait que les deux
cosignataires du rapport d’audit (unique) étaient responsables solidairement de
l’opinion émise».

21
Charles PIOT et Alain SCHATT (2010), La réglementation de l’audit est-elle dans l’intérêt public
: quelques enseignements du modèle français, Cahier du FARGO n° 1100606, Juin 2010.

46
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

Après ce qui a été avancé, nous pouvons conclure que la relation entre les
deux auditeurs du même client peut ne pas être dans le même sens. Dans le cadre de
notre travail de recherche, nous supposons, sur la base du principe de rationalité
économique que la relation auditeur – auditeur puisse être conflictuelle. A cet égard,
John Tomer (2008) mentionne que le terme "rationality" comporte l’utilisation
appropriée de la raison de faire les choix. En d’autres termes, choisir les meilleurs
moyens permettant d’atteindre les objectifs. Dans ce sens, nous pouvons dire que les
individus sont censés agir de telle façon qu’ils maximisent leurs profit et optimisent
leur bien être.

Après les différents scandales financiers, nous pouvons signaler que les
déterminants de la qualité de l’audit ont été remis en cause. Face à cette situation,
divers chercheurs se sont concentrés sur la notion de l’éthique de l’auditeur en tant
que facteur primordial permettant de maintenir la capacité de ce dernier a révéler les
erreurs et d’éviter les pressions du client (Haim Falk et al., 2008 ; Joni J. Young et
Marcia Annisette, 2009).

La théorie d’agence qui définit la problématique de la divergence d’intérêts


entre les principaux acteurs d’une entreprise (Jensen et Meckling, 1976 ; Fama,
1980), peut aussi confirmer notre supposition que les deux auditeurs peuvent tomber
en conflit et ceux-ci peut être expliqué par le maintien de l’un d’eux du pouvoir
informationnelle que l’autre. Aussi bien, les moyens matériels constituent un élément
essentiel dans cette relation, qui favorise la supposition de conflit entre les deux
auditeurs.

47
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

Conclusion du chapitre I

La recherche actuelle poursuit une nouvelle direction dans l’analyse de la


qualité de l’audit et en se basant sur l’effet du Co-Commissariat aux comptes sur le
processus d’audit et ses résultats finals. En effet, les différents scandales comptables
ont montré la remise en cause des principaux déterminants de la qualité d’audit et la
défaillance des grands cabinets d’audit. De même, la théorie d’agence renforcée par
l’asymétrie d’information qui existe entre l’auditée et l’auditeur et les deux auditeurs
entre eux semble remettre de nombreuses questions. Cette question nous semble
originale dans sa position mais légitime dans son implication vue leurs effets sur les
différentes parties prenantes de l’entreprise.

A cet égard, une lecture critique adressée aux modèles traditionnels de la


qualité d’audit montre que plusieurs prétentions limitent le réalisme de la théorie
d’agence de la firme en tant que modèle de compréhension de l’efficacité des
mécanismes de la gouvernance (Hendry, 2002). Le cadre théorique dans lequel
s’inscrit notre problématique générale de recherche concernant la qualité de l’audit
est celui de la théorie contractuelle de la firme ainsi, que la théorie des jeux. Le
choix de ce courant est justifié, d’une part, par les critiques sérieuses qui ont été
adressées à l’égard de la qualité de l’audit suite aux derniers scandales financiers, et
d’autre part, par les caractéristiques et la spécificité de notre contexte d’étude. Il en
résulte que la qualité de l’audit se base sur le choix d’une telle combinaison
d’auditeurs garantissant la confiance de différentes parties intervenant dans
l’entreprise (Paugam et Casta, 2012).

L’objectif de ce chapitre est de présenter une revue de la littérature pour les


concepts clés de notre recherche. Tout d’abord, nous avons essayé de présenter
l’historique et l’évolution de l’audit financier, l’environnement d’audit en France
ainsi que les déterminants de la qualité de l’audit (section 1). Ensuite, nous avons
présenté la profession du Co-Commissariat aux comptes et le rôle des vérificateurs
de comptes (section 2). Finalement, nous avons abordé le rôle de la théorie des jeux

48
Chapitre 1 : Qualité de l’audit, Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et théorie
des jeux

dans différents disciplines dans le but de résoudre quelques problèmes et pour étudier
la relation entre les acteurs (section 3). En d’autres termes notre premier chapitre
expose le cadre théorique proposé tout au long de cette recherche.

Dans le chapitre suivant, nous mettrons l’accent sur les hypothèses de


recherche de nos études empiriques. Nous allons donc étudier, dans une première
étape, l’association entre l’audit et la gouvernance d’entreprise. Dans une deuxième
étape nous allons examiner la relation entre la qualité de l’audit et la présence de
deux commissaires aux comptes. Finalement, nous présenterons la méthodologie de
recherche adoptée dont principalement notre problématique et les hypothèses de
recherche, un cadre d’analyse de nos études empiriques, les résultats et leurs
discussions.

49
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

Chapitre 2

Revue de la littérature sur les


études empiriques antérieures et
constitution des hypothèses de
recherche

50
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

Introduction
En tant qu’entité économique et sociale ayant des objectifs bien définis,
l’entreprise constitue un lieu d’intervention et de rencontre de plus ieurs parties
prenante qui sont intéressés par sa performance. De ce fait, les actionnaires, les
dirigeants et les tiers (les salariés, les clients, les fournisseurs, les banques et l’Etat)
sont les principales intervenants qui cherchent la performance de la firme. Les débats
étudiants la gouvernance d’entreprise prévoient qu e les intérêts de ses différents
acteurs peuvent dans une large mesure être convergents. Toutefois, en raison de la
recherche de l’intérêt personnel, ses parties peuvent tomber en conflits. Ainsi, la
théorie d’agence constitue le cadre d’analyse de la différence de position entre ses
parties. En effet, selon Coriat et Weinstein (1995) 22 une relation d’agence est définie
comme étant «un contrat par lequel une ou plusieurs personnes (le pri ncipal) engage
une autre personne (l’agent) pour accomplir une action en son nom, ce qui implique
la délégation à l’agent d’un certain pouvoir décisionnel» .

Dans leur article Jensen et Meckling (1976) prévoient que la firme se résume
souvent à une boite noire. Cette boite noire cherche la maximisation de son profit
sous contrainte de ressources (inputs) et de production (outputs). En ce sens, la
théorie d’agence présente la firme comme un système juridique qui sert à établir une
multitude de contrats implicites et explicites régissant les relations entre les agents.
Ce nœud de contrats souvent générateurs de conflits nécessite le recours à un
intervenant externe pour résoudre ses différents types de problèmes (Jensen et
Meckling, 1976).

Dans le cas de l’entreprise, nous constatons souvent, que les dirigeants ont un
accès direct réel à l'activité de l'entreprise et leur confère un avantage informationnel
plus important que les autres parties. Face à cette situation d’asymétrie d’information
entre les intervenants, le principal (l’actionnaire) à des moyens pour limiter les coûts
d’agence, en lui permettant de mieux contrôler les actions de l’agent (dirigeant).
Ainsi, les incitations (les avantages en nature et la rémunération à la performance) et

22
Coriat B. et Weinstein O. (1995). Les nouvelles théories de l'entreprise. Paris : Livre de poche.

51
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

le contrôle constituent les deux principaux moyens permettant d’aligner le


comportement de l’agent avec celui du principal (Basak Denizci Guillet et al., 2012).

A cet égard Jensen et Meckling (1976) soulignent que leur théorie « aide à
expliquer pourquoi des ‘rapports comptables’ (accounting reports) peuvent être
fournis volontairement […] aux actionnaires, et pourquoi les auditeurs indépendants
peuvent être engagés par les dirigeants pour attester de la fidélité et de la régularité
(accuracy and correctness) de ces rapports » (p. 306). En ce sens, nous rappelons
que les mécanismes de gouvernement d’entreprises permettent de contrôler les
comportements individualistes des managers et de réduire les coûts d’agence. En se
basant sur les travaux de Charreaux (1997) 23 : «le gouvernement des entreprises
recouvre l’ensemble des mécanismes qui ont pour effet de délimiter les pouvoirs et
d’influencer les décisions des dirigeants, autrement dit, qui ‘gouvernent’ leur
conduite et définissent leur espace discrétionnaire» . Cette définition permet de
prendre en considération les mécanismes de gouvernance aussi bien interne
qu’externe.

Dans notre étude nous allons nous intéresser aux rôles de l’audit externe
comme mécanisme de contrôle et de réduction des coûts d’agence. En effet, Je nsen et
Meckling (1976) font l’hypothèse que l’audit est un des moyens de contrôle de
l’opportunisme des managers. Cependant, l’audit ne sera efficace que si les auditeurs
seront capables de rendre public (report) d’éventuelles failles dans l’application d es
contrats (Aloke (Al) Ghoshet al., 2009 ; Rong-Ruey Duh et al., 2009 ; Chrystelle
Richard, 2006). Ainsi, en se référant aux travaux antérieurs, nous constatons que
l’incompétence, le manque d’indépendance, la baisse des honoraires d’audit et la
manque d’expérience constituent les facteurs explicatifs parmi d’autres, des défis
auxquels la profession d’auditeurs est confrontée (Sikka et al., 1998 ; Bazerman et
al., 1997 ; Groveman 1995 ; Hatherly 1999).

23
Charreaux G. (1997), « Vers une théorie du gouvernement des entreprises », in Charreaux G., Le
gouvernement des enterprises – Corporate governance, théories et faits, Ed. Economica, Paris, Coll. Recherche
en Gestion, Chapitre 15, pp. 421-469.

52
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

Nous parlons ainsi des déterminants de la qualité d’audit essentiellement :


l’indépendance et la compétence, auxquels nous pouvons ajouter l’effet des rotations
des auditeurs, c'est-à-dire la relation entre la qualité de l’audit et la durée du mandat
de l’auditeur qui constitue une garantie fondamentale de la vraisemblance des
contrôles et de la crédibilité des rapports divulgués par les auditeurs. Toutefois,
compte tenu des différentes caractéristiques spécifiant le contexte Français des autres
contextes, nous nous mettrons notre attention tout au long de c e papier de recherche
sur les déterminants de la qualité de l’audit et l’efficacité du Co -Commissariat aux
comptes en France.

Ainsi, dans le cadre de ce deuxième chapitre nous tenterons de présenter un


fondement théorique permettant de déduire les hypothèses de recherche de nos études
empiriques qui seront traitées dans le troisième et le quatrième chapitre.

L’organisation de ce chapitre prend le statut suivant : Dans une première


section, nous mettrons l’accent sur une revue de littérature traitant les concepts
d’audit et la gouvernance d’entreprise d’une manière générale. La deuxième section
sera consacrée à étudier le processus de légitimation du Co -Commissariat aux
comptes, le cadre conceptuel de l’efficacité de ce phénomène, ainsi que les pratiques
de l’audit. En fin, la troisième section sera réservée à la présentation de notre
problématique, questions et hypothèses de recherche.

Le schéma ci-dessous résume l’articulation de notre démarche tout au long de


notre deuxième chapitre.

53
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

Partie I : L’audit et gouvernement d’entreprises : aspects théorique

Les principes de l’audit Gouvernement Audit externe et réduction


d’entreprises des coûts d’agence
{

Le Co-commissariat aux comptes en tant que mécanisme de contrôle


permettant la satisfaction des différents intervenants aux seins de
l’entreprise (la confiance des actionnaires)

Partie II : Le Co-Commissariat aux comptes et la qualité de l’audit

Cadre règlementaire de La qualité de l’audit Les pratiques de l’audit


l’audit

Relecture et renouvellement de la problématique de la quali té de


l’audit (nouvelle mesure de la qualité d’audit)

Partie III : Problématique, questions et hypothèses de recherche

Présentation de la Questions de Hypothèses de


Problématique générale recherche recherche

Figure 2.1 : Structure du Chapitre 2

54
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

Section 1 : Audit et gouvernement d’entreprise :


aspects théoriques

Ce travail se situe par rapport à une approche d’évaluation de la qualité de


l’audit. A ce titre, plusieurs soubassements théoriques peuvent être utilisés. En ce
sens, nous essayons de délimiter ce que nous entendons par audit financier par
rapport à d’autres activités voisines. En effet, on entend par l’audit financier, l’audit
« externe légal », c'est-à-dire un contrôle obligatoire des comptes annuels de
l’entreprise réalisé par une tierce personne indépendante. Ainsi, nous pouvons
distinguer des autres formes d’audit de la manière suivante comme l’indiquent Casta
et Mikol (1999)24 :

L’audit externe légal est une activité de vérification de la part d’un


professionnel d’un exercice comptable bien déterminé d’une entreprise quel conque.
L’objectif est de donner une opinion dans un rapport détaillé si les comptes de
l’entreprise sont établis conformément à la législation et qu’ils donnent une image
fidèle de la réalité des choses. Au contraire, l’audit externe contractuel consiste à ce
que l’entreprise demande à un cabinet d’audit la vérification de ses comptes. En
d’autres termes les modalités d’intervention sont déterminées par les deux parties en
fonction du besoin pour lequel le cabinet d’audit est engagé. En ce qui concerne
l’audit interne, c’est un dispositif de l’entreprise, défini et mis en œuvre sous sa
responsabilité. En ce sens les travaux sont orientés par la direction de l’entreprise.

Pour notre thèse, nous tenons à ce que les termes d'audit et d'auditeur se
limiteront au domaine de l'audit externe légal en vue de la certification des comptes
annuels.

24 Casta J.-F. & Mikol A. (1999). Vingt ans d’audit : de la révision des comptes aux activités multiservices.
Comptabilité-Contrôle-Audit, mai, pp. 107-121.

55
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

1.1. Les principes de l’audit financier


Mikol (1999) 25 observe que « l’audit est fondamentalement une étude critique
qui a pour objet la vérification des comptes de l’entreprise et la qualité de sa
gestion. La vérification des comptes dans le but de certification est appelée audit
financier ». En ce sens, la démarche d’audit à pu être développée durant les dernières
décennies pour devenir une pratique qu’on peut la qualifier de scientifique
(Smieliauskas et Smith 1990). Ainsi, l’approche conceptuelle moderne du contrôle
des comptes repose comme l’indique Herrbach (2000) sur une vision déterminée de
l’entreprise et de la notion d’audit. Elle implique une démarche structurée qui
s’articule autour de la notion de « risque » et de maîtrise du risque.

1.1.1. L’entreprise aux yeux de l’auditeur

Herrbach (2000) dans la ligné des travaux de Power (1996) et Grenier et


Bonnebouche (1998) 26 prévoient que toute démarche de vérification repose à la base
sur la construction d’un cadre d’interprétation de l’entité contrôlée. Pour cette raison
une telle démarche de vérification nécessite une vision systémique de l'entreprise que
nous pouvons les aborder à trois niveaux : en premier lieu, le système réel et concret
des transactions physiques de l’entreprise. En deuxième lieu, un système
d’information qui traduit les flux de ses transactions physiques. Finalement, le
système de décision que, dans le contexte réglementaire français, l’auditeur doit
l’ignorer.

Reste important à signaler que les différents systèmes précités sont inter reliés
entre eux. L’exemple des cycles (achats, production, ventes, investissements,
financement, trésorerie…) d’une telle entreprise montrent clairement que ses
différents systèmes sont imbriqués les uns dans les autres. Ainsi, nous pouvons
illustrer la relation entre les rubriques du bilan et le compte de résultat dans le
schéma suivant :

25
Mikol A. (1999). Les audits financiers. Paris : Editions d’Organisation.
26
Grenier C. & Bonnebouche J. (1998). Système d’information comptable. Paris : Foucher.

56
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

STOCKAGE
Ventes aux (Production) Achats aux

CLIENTS L’ENTREPRISE FOURNISSEURS


(Créances de l’entreprise) Immobilisations (Dettes de l’entreprise)
(financement)

Encaissements DISPONIBILITES Paiements


(Trésorerie)

Figure 2.2 : la correspondance entre les comptes du bilan et le cycle d’exploitation.

1.1.2. La démarche d’audit


Mikol (1999) prévoit que la validation des états financiers de l’entreprise
nécessite de l’auditeur une attention particulière en suivant les étapes suivantes : tout
d’abord la prise de connaissance générale de l’entreprise dans laquelle l’auditeur doit
comprendre le contexte dans lequel elle évolue et de la situer dans son
environnement économique, social et juridique. Une vision rapide pour vérifier la
cohérence des éléments constituant les états financiers. Ensuite, l’identification et
l’analyse des cycles significatifs de l’entreprise. Finalement, l’auditeur doit
mentionner son opinion concernant les états financiers de l’entreprise dans un
rapport d’audit, après l’examen de ses cycles et l’évaluation du risque d’audit. En ce
sens, Simons Neil (2009) annonce qu’il faut six étapes d’audit pour la préparation de
l’organisation et une bonne qualité d’audit.

L’objectif de l’auditeur est de s’assurer que l’entreprise a respecté les normes


lors de l’établissement des états financiers. L’exhaustivité, l’évaluation, la réalité et
la séparation des exercices sont les principales caractéristiques des états financiers
pour garantir la confiance des différents partenaires de l’entreprise. En d’autres
termes les états financiers doivent fournir une image fidèle de la réalité économique
de l’entité.

57
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

L'auditeur doit évaluer explicitement le risque d’audit en comparant les


procédures d’audit (circuits de circulation des biens et documents, utilisation de
documents normalisés, instauration des systèmes de contrôle) aux cycles de
l'entreprise. C'est-à-dire la possibilité d’exprimer une opinion non appropriée sur une
information comprenant des inexactitudes significatives. Il devrait être généralement
très important que l’auditeur au niveau de son dossier de travail doit justifier la
réflexion relative au caractère significatif (Blokdijk et al., 2003). En effet, les
normes internationales d’audit (ISA 320.04-05, IFAC 1997) prévoient ce qui suit :
« l’évaluation du caractère significatif est affaire de jugement professionnel. Lors de
l’élaboration du plan d’audit, l’auditeur définit un seuil de signification acceptable
afin de détecter les anomalies quantitatives significatives. Toutefois, il convient de
tenir compte à la fois du montant (quantité) et de la nature (qualité) des anomalies ».

1.1.3. L’évaluation du risque d’audit et option de l’auditeur

Le risque d’audit comporte trois composantes : le risque inhérent, le risque lié


au contrôle, et le risque de non détection.
- Le risque inhérent (RI) : est lié généralement à l’activité de l’entreprise et à
son environnement (avant même de considérer le système de contrôle interne). Le
niveau de centralisation concernant l’organisation du groupe, la diversification
concernant la politique générale du groupe et la cohérence des systèmes concernant
la politique comptable, constituent des exemples du risque inhérent.
- Le risque lié au contrôle (RCI) : provient de la possibilité que les
défaillances intrinsèques du système d’information de l’entreprise ne lui permettent
pas à éviter ou déceler les erreurs (Risques associés aux défauts de contrôle interne).
- Le risque de non détection (RND) : c'est-à-dire le risque que des anomalies
significatives ne soient pas détectées par l’auditeur, doit être déterminé pour chaque
solde de compte ; ce risque dépend de l’évaluation faite du risque inhérent et du
risque lié au contrôle.

Le risque d’audit est la résultante de ces trois composantes (RI), (RCI) et


(RND). Il se présente sous la forme mathématique suivante :

58
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

RA = RI * RCI * RND

En matière d’audit, l’opinion de l’auditeur constitue l’out put du travail


d’audit. Ainsi, le rapport d’audit permet d’exprimer l’opinion de l’auditeur sur les
comptes annuels de l’entreprise. A cet égard, il y a trois niveaux de résultats :
- Certification sans réserves : les comptes annuels sont établis selon les règles
en vigueur et les principes comptables sont appliqués. L’objectif de l’image fidèle
est atteint.
- Certification avec réserves : les réserves expriment une limitation à la portée
de la certification. Elles s’expliquent par le fait que les concepts de régularité, de
sincérité et de l’image fidèle ont un caractère relatif.
- Refus de certification : si l’auditeur a constaté des erreurs ou irrégularités
dans l’application des règles et principes comptables, suffisamm ent importantes pour
affecter la validité d’ensemble des comptes ou bien, des incertitudes affectant les
comptes dont la résolution dépend d’événements futurs et dont l’importance est telle
qu’il ne lui est pas possible de se faire une opinion sur l’ensemb le des comptes.

1.2. Gouvernement d’entreprise

Il s’agit de mettre en exergue l’origine et l’évolution du concept de


gouvernement d’entreprise.

1.2.1. Définition et origine du système du gouvernement d’entreprise

Le débat a été mené par deux célèbres théoriciens, Berles et Means 27 aux
Etats- Unis, à la suite de la crise économique mondiale de 1929. Selon ces auteurs la
forte séparation de la propriété et de la gestion nécessite la mise en place d’un
système de gouvernance pour éviter la perte de valeur. A cet égard, la gouvernance
d’entreprise est associée au souci de sécuriser l’investissement des actionnaires dans

27
Berle, A. A. & Means, G. C. (1932). The Modern Corporation and Private Property. New York: MacMillan.

59
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

les grandes sociétés cotées, et d’éviter que les objectifs personnels des dirigeants
conduisent à dégrader la valeur actionnariale.

L’usage du terme du gouvernement d’entreprise a évolué avec le temps. Cet


usage trouve son origine à la fois au développement des sociétés anonymes cotées et
à la dispersion de la structure de propriété dans les grandes entreprises. Dans cette
structure, le pouvoir de décision des actionnaires (principaux) diminue puisqu’il est
confié aux dirigeants (agents) qui ne détiennent pas d’actions. Cette situation de
séparation de la propriété et de la gestion est à l’origine du problème d’agence.

Les dirigeants qui gèrent l’entreprise pour servir les intérêts de leurs mandants
disposent de compétences spécifiques et d’une meilleure information sur l’entreprise
et son environnement. Cette asymétrie d’information leur permet d’orienter la
gestion de l’entreprise en fonction de leurs propres intérêts (Shleifer et Vishny,
1997). Dans ces conditions la gouvernance d’entreprise peut être définie comme un
ensemble de mécanismes qui disciplinent les dirigeants. Cependant, sur les acteurs de
la vie des entreprises concernés la définition de la gouvernance d’entreprise n’est pas
unanime. Selon, la définition de Shleifer et Vishny (1997), la gouvernance
d’entreprise regroupe les moyens par lesquels les fournisseurs de capitaux de
l’entreprise peuvent s’assurer de la rentabilité de leu r investissement. Selon cette
définition le champ de la gouvernance est limité aux conflits d’intérêts entre les
dirigeants et les propriétaires (shareholders).

Charreaux (1997) propose une définition plus large. La gouvernance


d’entreprise recouvre l’ensemble des mécanismes organisationnels dont l’effet est de
délimiter les pouvoirs et d’influencer les décisions des dirigeants, ceux qui
gouvernent leur conduite et définissent leur espace discrétionnaire. Selon cette
définition la sphère des acteurs concernés par les conflits d’intérêts est élargit pour
comprendre différents parties tels que, les salariés, les banquiers les clients ou les
pouvoirs publics (Stakeholders).

60
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

Zingales (2000) définit la gouvernance comme un ensemble de lois et de


règles qui régissent le fonctionnement de la firme. Le rôle des règles serait,
cependant, surestimé dans le débat abordant le thème de la gouvernance. D’autres
facteurs seraient aussi importants tels que la structure des marchés en amont et en
aval ou bien le rôle des médias dans la formation de la réputation et de l’opinion
politique. Par ailleurs, le rôle original du système de gouvernance était d’empêcher la
personne qui contrôle les actifs d’en abuser. En effet, le r ôle de la gouvernance
consiste à prévenir les conflits d’intérêts entre les parties prenantes et les empêcher
de paralyser ou détruire la firme (Zingales, 2000). Afin d’éviter le risque de la
fragmentation du pouvoir qui peut toucher la pérennité du capital organisationnel,
Zingales prévoit que la conception d’un système de gouvernance qui pourrait
protéger l’intérêt de chaque partie prenante.

1.2.2. Les mécanismes de gouvernement d’entreprise

La littérature nous offre divers types des mécanismes de contrôle. En effet,


parmi les typologies nous constatons, celle qui prend en considération le caractère
interne ou externe des systèmes de contrôle. En d’autres termes, celle basée sur
l’appartenance interne ou externe des responsables exerçant le contrôle (Jensen,
1993 ; Charreaux, 1997).

Selon Jensen (1993) les mécanismes de la gouvernance d’entreprise pourraient


être classés en deux larges catégories : les mécanismes internes (la concentration de
la propriété, l’endettement, la nature des détenteurs de blocs de contrôle, le conseil
d’administration,…) et les mécanismes externes. La concentration de la propriété et
le conseil d’administration sont souvent considérés comme des mécanismes primaires
du contrôle interne. Tandis que les mécanismes externes regroupent les principaux
marchés qui représentent l’environnement de l’entreprise (le marché du travail, celui
des biens et des services et celui des capitaux) et le système légal propre à chaque
pays (système financier, système juridique…). Ces différents mécanismes évoluent
ensemble dans un système pour affecter le gouvernement des entreprises. Ces

61
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

systèmes de gouvernance diffèrent d’un pays à un autre selon les spécificités


culturelles, réglementaires et institutionnelles.

Dans les lignes suivantes et sur la base d’une revue de la littérature


approfondie nous examinons l’évolution du cadre conceptuel des mécanismes de la
gouvernance des entreprises. Notre souci est de relever les faiblesses de ces
mécanismes. En effet, les scandales financiers durant les dernières années montrent
clairement la faillite de ces mécanismes de gouvernance et des systèmes de contrôles.

1.2.3. Les critiques adressées au système de gouvernement d’entreprise

Les différentes approches théoriques avancées, ci-dessus, ont certainement


fourni de nombreuses perspicacités concernant le fonct ionnement de l’entreprise.
Elles ont, également, enrichi notre connaissance de la dynamique du comportement
des organisations. Cependant, leur prééminence signifie également que les
conceptions alternatives au sujet du gouvernement d’entreprise n’ont pas é té prises
considérablement. Dans ce sens des critiques de la validité descriptive et normative
de ces théories, qui mettent en question leur pertinence dans l’explication du rôle de
gouvernement d’entreprise, s’imposent à l’évidence.

La simplification de la plupart des théories économiques de l’entreprise ont


été largement critiquées, particulièrement par les chercheurs qui ont prouvé que les
entreprises sont caractérisées par une forte présence d’asymétrie d’information et une
forte perturbation exercée par son environnement (Perrow, 1986). Eisenhardt (1989),
l’un des défenseurs de la théorie d’agence, montre que cette dernière présente une
vue partielle du monde, bien qu’elle soit valide, et ignore également la complexité
réelle des organisations. Ainsi, d’autres perspectives additionnelles pourraient aider à
saisir cette complexité organisationnelle (Eisenhardt, 1989).

Dans ce sens, Ghoshal et Moran (1996) font des critiques concernant l’usage
de la théorie des coûts de transaction. Selon eux, cette théo rie accorderait une
importance excessive à la notion d’opportunisme, et pourrait conduire le dirigeant à

62
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

négliger des mécanismes informels du contrôle (appelé également "contrôle social"),


pourtant essentiels lorsqu’on souhaite assurer la motivation et l’e ngagement des
individus. Dans ces conditions, l’instauration d’un climat de confiance, l’atteinte
d’un niveau élevé de coopération entre individus, qui se traduisent par une forte
adhésion à un objectif commun, ont tendance à devenir les règles de jeu pour en
réussir.

De même, certains suggèrent que la contribution des théories contractuelles de


l’entreprise est insatisfaisante autant de leurs prétentions fondamentales. Ghoshal et
Moran (1996) critiquent fortement les prétentions pessi mistes de Williamson (1975,
1985) surtout au sujet des organisations et du comportement et motivation des
individus. Par ailleurs, les implications normatives des théories financières
classiques sont perçues comme périlleuses. Ghoshal et Moran (1996) critiquent le
fait que ces théories créent les conditions qui encouragent le type de comportement
qu’elles supposent.

En somme, plusieurs chercheurs ont noté que les théories traditionnelles du


gouvernement d’entreprise sont ethnocentriques dans leur conceptualisation, et que
la grande partie des évidences empiriques employées pour les soutenir a été tirée
principalement à partir des sources anglo-saxonnes (Boyd et al, 1996). En outre, la
majorité des études empiriques semble être basée sur des inférences de source
secondaire (Boyd et al, 1996).

Face à ces constats, Jacqueline Dionne-Proulx et Gilbert Larochelle (2010


p.36) prévoient que : «Le monde des affaires est aujourd’hui confronté à une crise de
confiance sans précédent dans l’histoire du capitalisme en Occident. L’effondrement
des empires commerciaux que l’on croyait jusque là invulnérables a éclaboussé les
gestionnaires de haut rang et les a même discrédités en les ramenant au rang de
grands prédateurs de la finance. Enron, Parmalat et Vivendi Universal ne sont que
quelques symptômes de malaises plus fondamentaux et qui forcent maintenant la
réflexion sur ce que doit devenir la gouvernance d ’entreprise». Ces différents
scandales financiers frappant le monde, nous permet de constater que la crédibilité

63
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

des dirigeants soit remise en cause et qu’ils sont confrontés à un défi de


renouvellement. Alors, le recours à un intervenant externe parait nécessaire pour
résoudre les conflits d’intérêts. Selon Shapiro (1987), l’auditeur est le « gardien de
confiance» entre les parties, ce qui permet de garantir la transparence de
l’information financière.

1.3. L’audit externe et la réduction des coûts d’agence

L’audit joue un rôle de contrôle très important dans la réduction des coûts
d’agences entre les managers et les actionnaires. Les auditeurs sont supposés agir
dans l’intérêt des actionnaires et assurent aux utilisateurs la vérification de la validité
des états financiers mais ceci n’est pas toujours en réalité vrai. En effet l’asymétrie
de l’information entre les actionnaires et les managers crée, pour ces derniers,
l’opportunité de manipuler les résultats. De plus les scandales récents dans le monde
ont posé plusieurs questions sur le rôle des auditeurs dans la détection des erreurs et
des manipulations comptables de la part des dirigeants. Plusieurs points doivent être
réformés suite à ces faits. Il est donc important, d’étudier la relation entre la qualité
d’audit et la gestion des résultats, une telle relation peut affecter potentiellement
l’intégrité des états financiers.

1.3.1. L’audit externe, mécanisme de surveillance permettant de réduire les


coûts d’agence

Jensen & Meckling, (1976) prévoient que la problématique de la demande


des services d’audit externe est au cœur de la relation d’agence. Selon ces
auteurs l’audit est un mécanisme de contrôle permettant de limiter les comportements
opportunistes des managers et donc de réduire les coûts d’agence. En effet, dans le
cadre d’une relation d’agence, l’asymétrie d’information entre principal et agent crée
un problème de hasard moral, qui est le souci qu’un agent poursuivra son propre
intérêt personnel aux dépens du principal (Watts & Zimmerman, 1983). En outre
selon Wilson et al. (1997), « La théorie d’agence postule que la fonction d’utilité des
actionnaires peut être différente de celle des dirigeants » ce qui permet de créer des

64
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

conflits d’intérêt entre les deux parties. Les conflits d’intérêts résultent du fait que
chaque partie au sein de la firme essaie de maximiser sa propre utilité. Elles naissent
essentiellement des actions entreprises par le dirigeant et qui consistent à détourner
une partie de la richesse des actionnaires et des créanciers pour son propre intérêt.
C’est ce qu’on appelle l’opportunisme du dirigeant.

Dans ce sens, la théorie d’agence suppose que le recours à l’audit


externe comme un mécanisme de minimisation des possibilités de manipulations des
managers. De plus il permet de réguler les conflits d’intérêt de réduire l’asymétrie
informationnelle entre le principal et l’agent (Jensen et Meckling, 1976). C’est à
dire, le recours aux services d’audit externe peut être considérer comme mécanisme
incitant ou obligeant le ou les individus, à qui une responsabilité a été déléguée, à
agir dans l’intérêt des propriétaires de l’organisation. Po ur s’assurer que l’agent agit
dans l’intérêt du principal, ce dernier est dans l’obligation de mettre en place un
mécanisme de surveillance et supporte ainsi divers coûts de contrôle (appelés coûts
d’agence) :
 les dépenses de surveillance et d'incitation,
 les coûts d'assurance,
 le coût d'opportunité (écart entre le résultat de l'action pour le principal et le
comportement optimal pour le principal).
Watts et Zimmerman (1986), prévoit qu’un audit externe permet de réduire les
coûts d’agence. Dans les années 1970, l’importance du contrôle (ici traduction de
l’anglais monitoring) des différentes parties prenantes de l’entreprise devient le
centre de la théorie de la firme. Selon Jensen et Meckling (1976), ce contrôle est
dévolu aux auditeurs. Cependant, l’audit ne sera efficace pour réduire les coûts
induits par les comportements opportunistes des managers (coûts d’agence) que si le
marché anticipe que les auditeurs seront capables de rendre public (report)
d’éventuelles failles dans l’application des contrats.

65
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

1.3.2. L’audit externe, mécanisme de signal permettant de réduire les effets


de sélection adverse

La notion de la sélection adverse fait référence à un problème d'opportunisme


précontractuel. Ce problème résulte du fait que certains agents détiennen t des
informations privées non accessibles à certains autres. Akerlof (1970), mentionne
que la sélection adverse est l’incapacité des individus à obtenir quelques
informations sur les caractéristiques des biens de même nature. Selon lui,
l’observation du marché des voitures d’occasion, montre que l’impossibilité de
distinguer les bons des mauvais véhicules conduit à l’établissement d’un prix unique
sur le marché. Ainsi, les possesseurs de voitures en bon état refusent de vendre leurs
voitures avec le prix proposé par le marché du fait qu’ils pourraient obtenir un
meilleur prix. Comme résultat, il ne reste sur le marché que les mauvaises voitures.
En raisonnant de la même façon, les acheteurs penseront qu’il n’existe sur le marché
que des véhicules de mauvaise qualité et refusent d’acheter au prix du marché. Par
ailleurs, lorsque la sélection adverse est particulièrement importante, aucun prix ne
permet d’égaliser sur un marché la demande et l’offre d’un bien donné.

Moore et Ronen (1990), suggèrent que les managers possèdent plus


d’informations en interne sur la qualité de leur management. Au contraire, des
investisseurs qui ne possèderont pas ces informations. Il est important à présent de
mentionner que l’impossibilité de distinguer les qualités des gestion naires peut alors
conduire à l’échec du marché des nouveaux titres parce que les investisseurs ne
savent pas les bons des mauvais concernant les managers. Au -delà de ces constats, la
demande de services d’audit externe constitue un mécanisme de contrôle po ur limiter
l’asymétrie de l’information entre les dirigeants et les investisseurs pour attirer et
faciliter l’obtention de nouveaux capitaux. En effet, l’engagement d’auditeurs
externes permet de garantir la diffusion des informations sur la qualité de l’e ntreprise
et, par conséquent, sur la qualité du management des dirigeants. La finalité de l’audit
externe est de contrôler et de vérifier la capacité de la gérance de la direction en
vérifiant les rapports financiers passés. Ainsi, l’appel à des services d ’audit externe
peut être considéré comme un moyen utilisé par les managers de bonne qualité pour

66
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

émettre des signaux vis-à-vis des investisseurs. Selon Melumad et Thoman, (1990)
l’auditeur joue le rôle d’un contrôleur surveillant. En effet, le rapport d’au dit qui
constitue l’output de ce dernier est utilisé par les dirigeants qui détiennent les
informations pour les signaler (les risque encourus par l’entreprise) aux investisseurs
qui ne sont pas informés. Le rôle de l’auditeur est alors de réduire le risque subis par
les investisseurs.

Section 2 : Le Co-Commissariat aux comptes et


la qualité de l’audit
2.1. Cadre réglementaire de l’audit : le processus de légitimation
du Co-Commissariat aux comptes

L’objectif de cette partie est de présenter le cadre régl ementaire applicable à


l’audit en France afin de montrer la spécificité. De ce fait, de grandes phases
marquent l’apparition et le développement de la notion du Co -Commissariat aux
comptes en France. Elles sont synthétisées ci-après, afin de situer le contexte
historique de la réglementation qui s’applique actuellement. Dans ce qui suit, nous
essayons de détaillé les différentes phases de l’histoire de l’audit dans notre contexte
de recherche :

 Phase 1 : Le recours volontaire à une pluralité de contrôleurs (avant 1966)

A partir du 19 ème siècle, les sociétés par actions préfèrent le recours à la


pluralité des vérificateurs dans le cadre d’une mission limité e et temporaire. Le code
de commerce de 1807 a été un peu souple en laissant cette pratique à la volonté des
sociétés. Il n’organise pas expressément la protection des actionnaires et le contrôle
des administrateurs.

Comme l’indique Bennecib (2004) ce recours volontaire aux services de


plusieurs vérificateurs est une pratique dotée de l’ancien régime. Dè s le 17 ème siècle,

67
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

certaines grandes Compagnies Royales 28 sont dotées de plusieurs commissaires de


surveillance. Toutefois, ces derniers sont des représentants du Roi, et leur contrôle ne
s’exerce pas toujours au profit de l’intérêt de la société ou de l’in térêt général, car il
s’agit le plus souvent, de postes offerts à d’importants commis de l’État, afin qu’ils
puissent y faire fortune avant de s’élever par la suite aux premières places de l’État.
Dans ce sens, ce n’est qu’au 19 ème siècle que les textes réglementaires
prévoyant la pluralité des contrôleurs ont été mis en place dans les sociétés par
actions. Les textes les plus marquants sont les suivants :
- La loi de 1856 concernant les Sociétés en Commandite par Actions (SCA),
rendant obligatoire le contrôle des gérants par un Conseil de Surveillance, nommé
par l’assemblée générale des actionnaires,
- La loi de 1863 relative à la création des Sociétés à Responsabilité Limitée
(SARL) prévoyant l’existence des « commissaires de société », mandataires des
actionnaires,
- La loi de 1867 concernant les sociétés par actions, instituant le contrôle légal
(article 32) par « un ou plusieurs » commissaire(s) dont les attributions sont encore
limitées.
A cette époque, la pluralité des vérificateurs n’est pas limitée à la France
puisque Bennecib (2004) mentionne l’existence obligatoire de trois contrôleurs en
Allemagne, cinq contrôleurs en Pologne et en Italie entre trois et cinq vérificateurs.

 Phase 2 : L’instauration du Co-Commissariat aux comptes (Loi de 1966)

Bien qu’elle soit mise en place dans la pratique avant cette date, la pluralité
des commissaires aux comptes devient une contrainte légale en 1966, pour les
sociétés faisant appel public à l’épargne (loi n° 66-537 du 24 juillet 1966 sur les
sociétés commerciales) 29.

28
Telles que les Compagnies d’Indes Orientales et Occidentales .
29
Article 223 al.3 : «les sociétés faisant appel public à l’épargne sont tenues de désigner au moins deux
commissaires aux comptes. Il en est de même des sociétés par action ne faisant pas appel public à l’épargne,
mais dont le capital excède un montant fixé par décret » (seuil fixé à cinq millions de francs par le décret du 22
mars 1967). Le champ d’application évoluera par la suite, puisque depuis 1984, ce sont les entreprises
consolidantes, cotées ou non, qui ont l’obligation de nommer deux commissaires aux comptes.

68
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

De ce fait, la pluralité des contrôleurs est considérée comme étant un


mécanisme pour renforcer les pouvoirs des commissaires face aux managers. Dans
les sociétés de grandes taille, la complexité des tâches rend nécessaire la
collaboration de plusieurs commissaires aux comptes. A cette époque, le
commissariat aux comptes était réalisé par des personnes physiques, ayant des
moyens limités, et chargés de contrôler de très nombreuses sociétés. Selon Ramirez
(2005) 30 le contrôle légal des comptes en France dans les années 1970 à été fondé sur
«l’individualisme et la notabilité».

La COB suggère que l’institution d’un collège de deux contrôleurs « donne


des résultats qui sont à l’opposé de ceux que le législateur souhaitait obtenir ». Ceux -
ci peuvent être cause d’un partage arbitraire des tâches entre les deux vérificateurs.
L’OEC à publiée en 1972 une étude concluant que les conditions parfaites de
fonctionnement ne sont pas réunies et que l’utilité du Co -Commissariat « reste à
démontrer ».

 Phase 3 : Le maintien du Co-Commissariat aux comptes (Loi de 1984)

L’émergence des réseaux internationaux d’audit et le progrès de la profession


comptable en France à été marqué depuis les années 1970. A cet égard, Casta et
Mikol (1999) 31 constatent que la raison de l’apparition de ces réseaux en France
revient à l’implantation des multinationales de l’Amérique du Nord sur le territoire
Européen. Ainsi, la mission de ces cabinets est de réaliser des audits contractuels des
entreprises mères qui ont des filiales installées en France.

Le succès de ces grands cabinets est lié en premier lieu, à leur longue maîtrise
des techniques d’audit et de consolidation. En fait, la consolidation en France n’est
que peu répandue 32. En deuxième lieu, Les vérificateurs français n’ont pas encore

30
Ramirez C. (2005), « Contribution à une théorie des modèles professionnels. Le cas des comptables libéraux
en France et au Royaume-Unis », Thèse de Sociologie, EHESS, juin 2005.
31
Casta J.-F., Mikol A. (1999), « Vingt ans d’audit : de la révision des comptes aux activités multiservices »,
Comptabilité-Contrôle-Audit, N° spécial : Les Vingt ans de l’AFC, mai, pp. 107-121.
32
En France, l’obligation pour les sociétés faisant appel public à l’épargne d’établir des comptes consolidés est
instituée par la loi du 1er mars 1983.

69
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

l’expérience nécessaire concernant les systèmes et les procédures d’audit et limitent


leurs travaux aux contrôles comptables de fin d’année. Toutefois, les commissaires
aux comptes français ont essayé dès le début des années 1970, à constituer des
regroupements dans le but d’atteindre une taille critique et de fusionner leurs moyens
et leurs collaborateurs.

Ramirez (2005) a constaté que la profession comptable française en


s’appuyant sur les pouvoirs publics vient s’organiser pour faire face aux cabinets
Anglo-saxons. Afin de former des cabinets d’ampleur nationale, d’importants
mouvements de concentration ont été remarqués entre les cabinets français. En effet,
six cabinets d’expertise comptable et de commissariat aux comptes ont été regroupés
en association en 1982 33. Dans ce contexte et face aux critiques adressées par la COB
concernant le maintien de la pluralité des contrôleurs, le gouvernement a proposé de
supprimer la pluralité des commissaires aux comptes. Toutefois, cette décision a été
considérée comme une menace pour les cabinets français car elle favorise la création
d’un monopole des cabinets anglo-saxons. Par ailleurs, la CNCC lors de son Congrès
qui s’est tenu à Versailles en 1978, a statué sur l’unanimité pour le maintien du
double contrôle pour les grandes entreprises. Les débats parlementaires préalables au
vote de la loi du 1 er mars 1984 relative à la prévention et au règlement amiable des
difficultés des entreprises, (cité par Bennecib, 2004) sont issus des pressions des
professionnels français.

En ce sens, le texte de la loi prévu en 1984 prévoit que l’obligation de


nomination de deux vérificateurs concerne « les sociétés astreintes à publier des
comptes consolidés ». Quelques mois plus tard, l’obligation d’établissement des
comptes consolidés est redéfinie par la loi du 1 er janvier 1985 : elle concerne toutes
les sociétés commerciales qui contrôlent de manière exclusive ou conjointe une ou
plusieurs autres entreprises, ou qui exercent sur elles une influence notable 34. Face à

33
Association Française pour le Développement de l’Audit (AFDA), présidée par Edouard Salustro.
34
La loi du 1er janvier 1985 prévoit des exemptions à l’obligation de consolider (art. L357-2) pour les sous-
groupes contrôlés par une entreprise qui les inclut dans ses comptes consolidés et pour les petits groupes lorsque
l’ensemble constitué par la société et ses filiales consolidées ne dépasse pas pendant deux exercices successifs,
deux des trois seuils suivants : total de bilan > 15 millions d’Euros, chiffre d’affaires net > 30 millions d’Euros et
nombre moyen de salariés permanents > 250 (décret n° 2002-12 du 26 février 2002).

70
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

ces constats, la vérification des comptes s’effectue par deux commissaires aux
comptes et s’applique à toutes les entreprises consolidantes.

 Phase 4 : Évolutions consécutives au rapport Le Portz (Depuis 1993)

La COB et la CNCC ont chargé en 1992 un groupe d’étude sous la direction de


Yves Le Portz (ancien président de la COB) pour préparer un rapport sur la
déontologie des commissaires aux comptes dans les sociétés faisant appel public à
l’épargne (APE). Cependant, la faillite de plusieurs entreprises marquant le début des
années 1990 montre clairement que l’un des deux critères fondamentaux de la qualité
de l’audit à savoir l’indépendance des contrôleurs à été remis en cause. Les membres
de ce groupe d’étude ont constaté que les cabinets anglo-saxons (appelés les « BIG
») ont dominé le marché français.

De ce fait, la Profession Comptable 35 montre que plus que la moitié des


sociétés (77%) appartenant à l’indice SBF 120 sont auditées par au moins un « BIG 6
». Le rapport Le Portz (1993) indique que les « BIG 6 » av ec six autres grands
cabinets français 36 sont membres de réseaux qui ont développé des activités de
Conseil. De même, ce rapport constate que 15 % des sociétés faisant APE et 20 %
des cent plus grandes entreprises françaises ne disposent pas de deux commiss aires
aux comptes. À partir de ces données, il émet la proposition pour que « soit mis fin à
certaines situations dans lesquelles les deux commissaires appartiennent au même
cabinet ou au même réseau ».

Cette proposition est adoptée par le Conseil Nation al le 8 avril 1993, et


intégrée en septembre 1993 dans la Norme Professionnelle n° 15 relative à
l’acceptation et au maintien des missions. Cette norme a depuis été intégrée dans le
Code de Déontologie Professionnelle (CDP) 37.

35
N° 136, mai 1994 : « Qui Audite le SBF 120 ? ».
36
Les « BIG 6 » : Coopers & Lybrand, Ernst & Young, Arthur Andersen, Befec PriceWaterhouse, KPMG,
Detoitte Touche Tomatsu, et 6 grands cabinets français : Salustro Reydel, Calan Ramolino, Fiducial, Mazars,
Guérard, ACL Audit.
37
Article 17 du Code de déontologie de la profession de commissaire aux comptes (annexe du Décret n° 2005-
1412 du 16 novembre 2005).

71
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

La réglementation applicable au Co-Commissariat aux comptes, fondée sur les


textes du Décret-loi de 1935 et de la loi de 1966 relative aux sociétés commerciales,
ainsi que sur les règles issues du Rapport Le Portz de 1993, fixe les règles de partage
des travaux entre les Co-Commissaires, réglemente les honoraires d’audit pour
quelques catégories de sociétés, encadre la compétence et l’indépendance des
commissaires aux comptes. A cet effet, elle précise également les types de missions
autorisées, établit la durée des mandats à six ans, définit leur responsabilité légale et
instaure un contrôle de l’activité des auditeurs. De plus, la loi de Sécurité financière
de 2003 vient encore renforcer cette réglementation.

2.2. Les pratiques de l’audit : les auditeurs face à leurs marché et


à la qualité
Du fait qu’ils constituent des entités économiques, les cabinets d’audit
présentent une caractéristique spécifique qui en fait des acteurs originaux. En outre,
ils monopolisent la certification des comptes, qui constitue une obligation pour les
entreprises commerciales françaises. De ce qui à été annoncé, nous pouvons dire
qu’en France les cabinets d’audit bénéficient d’un marché captif et stabilisé par la
pratique des mandats de six ans.

Notre objectif tout au long de ce paragraphe est de montrer les caractéristiques


du marché d’audit en France : rôles des auditeurs, la concurrence sur le marché
d’audit et les auditeurs face à la qualité de l’audit.

2.2.1. Les auditeurs et le marché d’audit

L’instauration d’un plan d’action visant le soutien et la bonne conduite de la


profession comptable a été l’objectif des grands cabinets d’audits européens. En
effet, en 1996 nous constatons la parution du «Responding to Market Expectations».
En effet, Herrbach (2000) prévoit que cette démarche a été entraînée par le
développement du monde des affaires judiciaires impliquant les auditeurs en Europe.
Nous présentons dans ce qui suit les différences de perception entre la profession et
ses interlocuteurs.

72
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

2.2.1.1. L’auditeur et la détection de la fraude et les entreprises en difficultés

Casta et Mikol (1999), prévoit que le rôle du contrôle des comptes ne s’agit
pas de détecter les fraudes et les manipulations des comptes mais de s’assurer que les
états financiers sont sincères et donnent une image fidèle de la réalité de l’entreprise.
En effet, les démarches habituelles de certification des comptes annuels reposent en
effet a priori sur la bonne foi des dirigeants des sociétés contrôlées. Toutefois, dans
le cadre de certaines situations particulières ou pour une mission d’audit contractuel
l’objectif primordial des vérificateurs est la détection des erreurs et des fraudes 38. Au
contraire de ce qui à été mentionné, certains chercheurs prévoient que les pressions
du public poussent les auditeurs à prendre les mesures nécessaires pour lutter contre
la fraude et les manipulations des managers (Sikka et al. 1998).

Dans le cadre de la relation entre l’auditeur et la détection des entreprises en


difficultés, nous remarquons que les commissaires aux comptes, effectuent l eurs
travaux de contrôle sous l’hypothèse dite de « continuité d’exploitation ». En
d’autres termes, l’évaluation et le contrôle des comptes de l’entreprise lors de la
détection de ses difficultés sera moins sévère que dans une optique de revente
immédiate. Toutefois, dans une économie caractérisée par des difficultés
d’entreprises et les complexités des transactions économiques rend plus difficiles la
certification de leurs états financiers.

Cependant, suite les scandales financiers caractérisant le monde des affaires


durant cette dernière décennie Bazerman et al. (1997) remette nt en cause les opinions
émises par les auditeurs en critiquant l’indépendance de certains auditeurs. En outre,
une lourde attaque à été attribuée à la profession. Moizer (1995), co nsidère que les
exemples des scandales réalisés à différents contextes montrent que la certification
ne représente pas un indicateur de la santé d’une société. En effet, divers entreprises
certifiées avec réserve survivent. Alors que les entreprises qui to mbent en faillite ont
été certifiées sans réserve.

38
L’abandon de l’hypothèse de la bonne foi des dirigeants mette en question toute l’histoire de la pratique et la
pensée de l’audit (Francis 1994).

73
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

2.2.1.2. La valeur ajoutée de l’audit pour l’audité

A coté de la protection de l’intérêt des tiers, nous posons la question sur les
besoins de l’entreprise contrôlée. C'est-à-dire ce que peut lui apporter son
commissaire aux comptes au-delà de la simple certification. En ce sens, Jeppesen
(1998) exprime que la mission d’audit n’apporte aucune valeur au client. En effet,
certains chercheurs suggèrent que depuis une dizaine d’années la valeur de l’audit
peut se limiter à l’augmentation du niveau du contrôle interne. En affirmant ce qui à
été précité, Humphrey et Moizer (1990) les travaux d’audit ne peuvent pas apporter
grands choses au profit du client de plus qu’une mission traditionnel le d’audit peut
offrir à l’audité.

Certes, les grands cabinets sont conscients de ces insuffisances. Ils cherchent
ainsi, d’accroitre la qualité de leurs services et de justifier les honoraires importants
qu’ils reçoivent en contre partie de la simple certification des compt es. Dans ce sens,
Jeppesen (1998) prévoit que les cabinets d’audit cherchent à inventer de nouvelles
méthodes de travail et d’apporter des éléments constructifs à leurs clients.

2.2.2. La concurrence sur le marché d’audit

2.2.2.1 . Le développement de la concurrence et la pression de la demande

L’évolution actuelle du marché d’audit rend difficile de trouver un équilibre


entre l’intérêt des différentes parties de la profession. Dans la lignés des travaux de
Dirsmith et Haskins (1991), nous constatons que la saturation du marché d’audit
ainsi que les pressions concurrentielles peuvent entraver l’unité de la profession. En
effet, cette dernière a connu trois phases. Une phase de développement missile durant
les années 1980. Une deuxième phase de stagnation au début des années 1990. La
dernière période est celle des années 1990 à nos jours qui a connu à nouveau une
progression ralenti.
Pour faire face à la situation de saturation du marché, les cabinets d’audit ont
recours à la publicité pour faire preuve de leurs qualités. Toutefois, Leduc (1999)

74
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

prévoit que l’interdiction de la loi de cette pratique en Fran ce mène les cabinets à
l’utiliser de façon indirect voir même détourné. De plus, les grands cabinets
cherchent à développer des avantages concurrentiels sur ses confrères, tels que la
spécialisation ou la mise en œuvre de méthodologies originales. Cette situation
renseigne à ce que la déontologie professionnelle devra s’adapter à la réalité des
pratiques.

Alliés à la concurrence, les cabinets ont également subi une forte pression sur
les honoraires de la part de leurs clients. En ce sens, les cabinets d’audit sont dans
l’obligation de baisser leurs prix pour l’octroi des mandats d’audit suite à
l’application des appels d’offre. Cette obligation de passer par la pratique des appels
d’offre, force les regroupements et les fusions des cabinets entre eux.

2.2.2.2. Concentration et segmentation du marché de l’audit

La concurrence entre cabinets a entraîné une modification de la nature des


acteurs intervenant sur le marché. La profession tend à être dominée par de grosses
structures intégrées à des réseaux nationaux ou internationaux dont la logique
économique et les valeurs sont nettement en porte-à-faux avec celle du commissaire
aux comptes traditionnels, dont l’approche s’apparente davantage à celle d’une
profession libérale. Selon Charles Piot (2008) le phénomène de concentration touche
le marché de l’audit à un niveau mondial depuis les années 70. Cet auteur prévoit que
le phénomène de concentration a été confirmé dès la fusion PWC ayant donné
naissance aux Big Five. Le marché tend à se segmenter entre les gros cabinets
internationaux. Cette segmentation est elle-même le reflet d’une segmentation au
niveau de la clientèle entre les petits clients et les gro sses sociétés ou groupes à forte
visibilité.

D’un point de vue économique, la concentration de la profession pose le


problème de l’existence éventuelle de collusions entre les acteurs pour restreindre le
niveau de concurrence sur les prix lorsque le marché a été suffisamment concentré.
En ce sens, Herrbach (2000) indique que : « les recherches réalisées sur les
honoraires des cabinets d’audit ont montré que les gros cabinets touchent des

75
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

honoraires systématiquement plus élevés, ce qui favorise la concentr ation et la


segmentation à leur profit (Moizer 1997). Cette situation a été analysée par certains
chercheurs en utilisant des concepts issus de l’économie industrielle. Trois
déterminants de la structure des marchés permettant d’expliquer, en théorie, la
concentration au sein d’un marché au profit des acteurs les plus importants ont été
étudiés : l’existence d’économies d’échelle, la diversification (fournir des
prestations diversifiées au client) et la différentiation (différence de qualité au
niveau de la prestation fournie). Or, concernant spécifiquement le marché de l’audit,
les études empiriques réalisées n’ont pas pu mettre en évidence l’existence
d’économies d’échelle et le fait de fournir des services additionnels n’a pas été jugé
susceptible de justifier les différences de prix entre les différents cabinets (Yeardley
et al. 1992) ». Toutefois, nous constatons qu’en France, le développement de la
concentration du marché de l’audit et ses conséquences ont fait l’objet de très peu de
recherches, ce qui rend plus difficile une appréciation de l’état de ce marché dans
notre contexte d’étude.

Section 3 : Problématique, questions et hypothèses de


recherche
Tout au long de cette section, nous essayons à présenter successivement notre
problématique générale, les questions qui y sont liées ainsi que les hypothèses de
recherche de nos études empiriques. Les chapitres suivants (3 et 4) seront réservés à
l’étude de l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes, de la qualité de l’audit et la
nature de la relation entre les acteurs sur la base d’un échantillon d’entreprises cotées
françaises. A cet égard, cette section sera structurée en trois parties : la présentation
de notre problématique générale (1), les questions de recherche (2) et les hypothèses
de recherche (3).

76
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

3.1. Présentation de la problématique


Nous avons vu précédemment que notre contexte d’étude se distingue des
autres contextes par ses spécificités légales ainsi que professionnelles. De même, le
besoin de renforcer, de restaurer la confiance des utilisateurs des états financiers (les
actionnaires dans notre cas) et l’explication de la relation entre auditeur / auditeur
constitue une raison logique pour mener cette thèse. En effet, nous constatons la
remise en cause de la qualité de l’audit suite aux scandales financiers pendant la
dernière décennie. Pour faire face à cette situation, nous essayons dans une première
étude empirique (chapitre 3) à proposer un modèle de l’efficacité du Co -
Commissariat aux comptes. De plus, une deuxième étude empirique (ch apitre 4) à
pour objectif d’étudier le choix de la combinaison d’auditeurs contribuant à une
meilleure qualité d’audit et l’effet du théorème de la rationalité économique (dans le
cadre de la théorie des jeux) sur la nature de la relation auditeur/auditeur .

Le choix de l’étude de l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes, de la


qualité de l’audit et la relation entre les parties n’est pas arbitraire. Les critiques
adressées aux mécanismes de gouvernance d’entreprises et les défaillances des
systèmes de contrôle et de vérifications des comptes pourraient être résolues par
l’étude de l’effet de la présence de deux auditeurs sur la qualité de l’audit. En effet,
le rapport d’audit peut jouer un rôle très important dans le maintien de la confiance
entre l’entreprise et les différentes parties qui l’entour ent. Par conséquent, la
confiance des actionnaires est le produit de l’efficacité du Co -Commissariat aux
comptes. En d’autres termes, la présence de deux commissaires aux comptes pour la
certification des états financiers de l’entreprise peut avoir une influence sur la
confiance des actionnaires. De même, un bon choix des deux commissaires aux
comptes permet de prouver l’efficacité de ce phénomène et de garantir une meilleure
qualité de d’audit. Ainsi, celle-ci peut influencer la confiance des utilisateurs des
états financiers.

Dans ce cadre s’intègre l’objet de notre thèse dont la problématique essentielle


porte sur les déterminants de la confiance des actionnaires, le choix de la

77
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

composition du collège de commissaires aux comptes permettant de garantir une


meilleure qualité d’audit et le sort du jeu entre auditeurs.

3.2. Questions de recherche

L’efficacité des travaux de contrôle reste un sujet d’actualité. Les scandales


financiers caractérisant la dernière décennie ravivent les débats sur la crédibilité de
l’information financière publiée et par voie de conséquence sur la fiabilité de
l’opinion émise par l’auditeur. Dans ce contexte, il nous paraît légitime de nous
interroger sur les déterminants d’une meilleure qualité de l’audit et de l’efficacité du
Co-Commissariat aux comptes afin de renforcer la crédibilité de l’information
financière et comptable publiée et par la suite restaurer la confiance des actionnaires.

De plus, selon le principe de rationalité économique, nous essayons


d’expliquer la situation contradictoire entre les parties qui sont dont l’obligation de
collaborer ensemble et d’autre part, chacun d’eux cherche la maximisation de son
fonction d’utilité. Il n’existe à notre connaissance qu’u n nombre réduit d’études sur
le Co-Commissariat aux comptes, la composition du collège de commissaires aux
comptes et l’introduction de la théorie des jeux dans la discipline comptable
(Bennecib, 2004 ; Marmousez, Sophie, 2012 ; Richard Fairchild, 2008 ; Fischbacher
et Stefani, 2007 ; Paugam et Casta, 2012).

Compte tenu de ces dernières considérations et de l’alimentation de l’examen


critique du processus de vérification, nous essayons à travers ce travail de recherche
de répondre aux interrogations suivantes :

 Quelle est l’effet du Co-Commissariat aux comptes sur la confiance des


actionnaires ?
 Dans quelle mesure les mécanismes de gouvernance et le Co -Commissariat
aux comptes peuvent ils restaurer la confiance des actionnaires ?

78
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

Sur la base de la discussion avancée ci-dessus, d’autres questions s’imposent à


l’évidence :

 Quelle est la combinaison d’auditeurs possible permettant de garantir une


meilleure qualité d’audit ?
 Quel est le sort du jeu entre les deux commissaires aux comptes ? (les gains
et les pertes de chacune des parties

Sur la base de notre connaissance du cadre règlementaire du commissariat aux


comptes en France et de l’étude de la littérature antérieure, nous pouvons bâtir un
ensemble d’hypothèses permettant d’expliquer la nature de la rel ation entre
l’entreprise et les tiers, l’impact des mécanismes de gouvernance sur la confiance des
actionnaires et l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes et finalement le choix
de la composition du collège de commissaire aux comptes sur la qualité de l’audit.

3.3. Études empiriques antérieures et hypothèses de recherche

3.3.1. Le Co-Commissariat aux comptes : instrument de contrôle pour la


restauration et le maintien de la confiance

3.3.1.1. L’effet du Co-Commissariat aux comptes sur la confiance des


actionnaires et la qualité de l'audit

L’établissement des comptes financiers est un des principaux moyens de


contrôle de l’activité des dirigeants. Mais pour que ce moyen soit efficace, encore
faut-il que les informations comptables produites soient fiables. En effet, dans un
contexte de remise en cause de la crédibilité des informations financières et de
l’opinion de l’auditeur, nous nous interrogeons sur l’efficacité d’un double contrôle
dans les sociétés cotées françaises. De ce fait l’efficacité de l’audit constitue une
condition de fiabilité de l’information financière publiée par les sociétés cotées
(Bennecib, 2004).

79
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

Dans deux études récentes, Bennecib (2002 ; 2004) propose d’évaluer


l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes à partir d’une anal yse de la perception
de l’avis des tiers. Selon cet auteur, le Co-Commissariat aux comptes est considéré
comme étant efficace s’il conduit à améliorer la confiance que les tiers accordent au
rapport d’audit. Ainsi, nous pouvons formuler l'hypothèse suivant e :

Hypothèse 1.1 (H1.1) : la présence de deux commissaires aux comptes (BIG4) à un


impact positif et significatif sur la confiance des actionnaires.

3.3.1.2 . Jeu simple avec deux joueurs et qualité de l’audit

Marmousez, Sophie (2012) a essayé d'étudier la spécificité française qui est le


Co-Commissariat aux comptes et, en particulier, les déterminants du choix de la
composition du collège de commissaires aux comptes (zéro, un ou deux Big 4). Ce
choix est théoriquement associé aux mécanismes de gouvernan ce mis en place par les
sociétés. Les résultats trouvés montrent que, sur un échantillon de 175 sociétés
cotées issues du SBF 250, les prédictions théoriques fondées sur une approche
politico-contractuelle ne sont que faiblement vérifiées. Cependant, la co nstitution des
sous-échantillons plus homogènes en termes de taille, il ressort clairement que, pour
les petites et moyennes sociétés, la proportion de l'actionnariat familial est
négativement associée au choix d'au moins un Big 4, mais pas à celui de deux Big 4.
Pour les moyennes sociétés, la sélection d'au moins un Big 4 est également
influencée par les autres mécanismes de gouvernance : elle les complète
(indépendance du conseil ou dissociation des fonctions de président et de directeur
général) ou s'y substitue (présence d'un comité d'audit). Pour les plus grandes
sociétés, le choix se réduit à deux possibilités (un ou deux Big 4) et s'explique par
des contraintes opérationnelles (taille et niveau d'internationalisation de la société
auditée).

Dans ce paragraphe, nous contribuons à la littérature à deux niveaux. Tout


d'abord, nous approfondissons la compréhension des conséquences de l'exigence de
vérification conjointe française sur la qualité des états financiers. Par conséquent, les

80
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

interactions stratégiques entre les Co-Commissaires s’avèrent d’importance


considérable en termes de qualité des états financiers. Au meilleur de notre
connaissance, cette étude est la première à utiliser la théorie des jeux pour étudier la
qualité d’audit en présence du Co-Commissariat aux comptes. Deuxièmement, nous
essayons de démontrer l'idée que la présence de deux auditeurs Big 4 garantie une
bonne qualité des états financiers. Compte tenu des interactions stratégiques entre les
Co-Commissaires, nous apportons la preuve que la relation entre les Co-
Commissaires et la qualité des états financiers peuvent être plus complexe que deux
Big 4 valent mieux qu'un Big 4, qui est mieux que rien.

Dans ce cadre, Francis et al. (2009) analysent les conséquences de l'exigence


du Co-Commissariat aux comptes en France sur un échantillon de 261 observ ations
et constatent que deux auditeurs Big 4 sont associés à des faibles niveaux des
accruals anormaux. De même, un paire hétérogène d’auditeurs Big 4 / non -Big 4 sont
également associés à de faibles niveaux des accruals anormaux, mais dans une
moindre mesure. Plus expressément, Francis et al. (2009, 37) prévoient qu’en
France, « firms with one or two Big 4 auditors are less likely to have income -
increasing abnormal accruals than other firms. […] firms audited by two Big 4
auditors are even less likely to have income-increasing accruals».

A l’instar de ces travaux de recherche et quelques soit les arguments avancés,


nous proposons de tester à travers ces deux hypothèses l’effet de la composition du
collège commissaires aux comptes sur la qualité de l’audit :

Hypothèse 2.1 (H2.1) : La qualité de l’audit produite par un pair homogène


d’auditeurs (BIG4_BIG4)/(SMALL_SMALL) est moins inférieure que celle
produite par un pair hétérogène.

Hypothèse 2.2 (H2.2) : La qualité de l’audit produite par un pair hétérogène


d’auditeurs (BIG4 / NON BIG 4) est plus meilleure que celle produite par un pair
homogène.

81
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

3.3.1.3 . L’effet de l’opinion des auditeurs et des honoraires d’audit sur la


confiance des actionnaires et la qualité de l’audit

Le rapport d’audit est devenu le fondement de toutes les décisions de la part


des investisseurs. En effet, aux Etats-Unis, depuis 1989 il existe deux rapports
d’audit. Un rapport dit « clean » si l’entreprise n’encourt pas de risque de faillite et
un rapport dit de « going concern » qui mentionne les inquiétudes de l’auditeur sur la
continuité d’exploitation de l’entreprise. Deux types d’audit de mauvaise qualité
peuvent être identifiés (Francis, 2004) :
 L’auditeur émet un rapport « clean» à la place d’un « going concern » ;

 L’auditeur émet un rapport de « going concern » à la place d’un un rapport


« clean ».

Walid B. A. et Viger, Chantal (2000) prévoient que les informations au sujet


de la continuité d'exploitation devraient être présentées dans une note distincte aux
états financiers. Cependant, le vérificateur exprime une opinion sans restriction s'il
juge la présentation de ces informations adéquate. En revanche, aux Etats -Unis, le
vérificateur doit ajouter un paragraphe dans son rapport détaillant les incertitudes de
continuité d'exploitation. Cette étude compare l'impact du format de présentation au
Canada avec celui des Etats-Unis. Les résultats obtenus montrent que l'inclusion d'un
paragraphe explicatif, dans le rapport du vérificateur, faisant référence aux
problèmes de continuité d'exploitation, affecte la prise de décision des investisseurs
et leurs perceptions du risque. Sur la base de ces développements nous pouvons
émettre l’hypothèse suivante :

Hypothèse 1.2 (H1.2) : l’opinion des auditeurs impacterait positivement et


significativement la confiance des actionnaires.

La revue de la littérature sur les honoraires d’audit est multiple. En effet, dans
le cadre de l’audit légal des comptes, les commissaires aux comptes ont pour mission
d’engager les travaux nécessaires pour certifier les comptes de l’entreprise. Lorsque
les entreprises publient des comptes consolidés, les travaux sont répartis de manière
concertée entre les Co-Commissaires aux comptes. De l’ampleur de ces travaux

82
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

dépend le montant des honoraires d’audit (Géraldine Broye, 2009). Selon Manita et
Chemangui (2007) Les honoraires perçus par l’auditeur ont été identifiés par la
littérature comme un facteur influençant l’indépendance de l’auditeur et par
conséquent la qualité de son audit. Par ailleurs « certaines recherches ont testé si la
pression exercée sur le montant des honoraires a une influence sur la qualité
d’audit. Elles soutiennent l’hypothèse que si le cabinet d’audit perçoit des
honoraires très faibles, sa profitabilité ne peut être restaurée qu’en réduisant le
volume des heures de travail, ce qui va affecter la faculté des auditeurs à détecter les
erreurs dans les états financiers (Malone et Robert, 1996). Cependant d’autres
recherches ont montré l’importance très relative de cette hypothèse étant donné que
la qualité d’audit ne dépend pas seulement du nombre d’heures de travail sur une
mission mais aussi des moyens techniques mis en œuvre, qu’il s’agisse d’outils
informatiques ou de moyens humains très spécifiques intervenant à l’occasion de
certains contrôles (David et al, 2006) » (Manita et Chemangui, 2007). De ce fait,
nous posons dans ce qui suit l’hypothèse suivante :

Hypothèse H1.3 (H1.3) : les honoraires d’audit ont un impact positif et significatif
sur la confiance des actionnaires.

Hypothèse H2.3 (H2.3) : les honoraires d’audit ont un impact positif et significatif
sur la qualité de l’audit.

3.3.2. L’effet des mécanismes du gouvernement d’entreprise sur la


confiance des actionnaires et la qualité de l’audit

3.3.2.1. L'indépendance des membres des comités d'audit et des conseils


d'administration

Le comité d’audit constitue un parmi d’autres mécanismes de contrôle qui à


été apparu après la crise économique des années trente. En France, il a été introduit
par le rapport Viénot (1995). En d’autres termes, c’est une redécouverte d’une
pratique anglo-saxonne plus ancienne. En ce sens, dans un environnement de plus en

83
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

plus complexe, concurrentiel et imprévisible, fait que la fonction d’a udit financier ne
s’inscrit plus seulement dans le cadre isolé d’une mission externe, mais dans un
processus complexe intégrant les travaux accomplis par les services d’audit interne.
Selon Piot et Kermiche (2009) : « le rôle du comité d’audit est de coordonner les
travaux des auditeurs internes et externes, dans le but de mobiliser les moyens jugés
nécessaires à l’intégrité du processus d’audit, et d’en optimiser l’utilisation ». De
même, le comité d’audit permet d’assurer l’indépendance l’auditeur tout en les
protégeant des conflits qui pourrait ce produire à cause des pressions managériales.

Par ailleurs, jusqu’a les années 80, plusieurs institutions (SEC, AICPA)
promouvent la mise en place des comités d’audit. Reste important à signaler que ces
institutions précitées ne précisent pas réellement l’objectif de ces comités. L’objectif
principal c’est la restauration et le maintien de la confiance du public. En ce sens,
Tiphaine Compernolle (2010) mentionne que : [Le seul élément qui paraît
véritablement d’importance est que le comité d’audit soit composé d’administrateurs
externes, d’administrateurs n’appartenant pas au management. Birkett (1986) y voit
le signe d’une volonté de renforcer l’image de la gouvernance des entreprises auprès
du grand public plus qu’une volonté de renforcer la qualité de la gouvernance elle -
même :« Cependant, une étude historique du développement des comités d’audit
montre que toutes les parties intéressées attendent de ces comités qu’ils renforcent
l’image de l’entreprise auprès du grand public. » (Birkett, 1986, p. 123) 39.

Les comités d’audit existent pour donner confiance aux investisseurs (Tracie
Woidtke et Yin-Hua Yeh, 2013). Ainsi, jusque vers la fin des années 1970 aux Etats-
Unis, leur simple mise en place permet la restauration de la confiance des marchés
financiers dans la qualité de l’information comptable et la qualité de l’audit. Les
comités d’audit semblent n’avoir qu’un rôle cosmétique à jouer pour rassurer les
marchés financiers. Cela ne semble plus vrai durant les an nées 1980.

39
“However, a historical review of the development of audit committees shows that all interested segments
expect the committees to strengthen the corporate image to the general public.”

84
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

Un mécanisme du gouvernement d’entreprise comme le conseil


d’administration peut être évalué par sa capacité à promouvoir l’apprentissage
organisationnel (Lazonick et O’Sullivan, 1998 ; Bruce Hearn, 2013). Il en résulte que
le critère d’efficience recherché est la capacité à créer et protéger une rente
organisationnelle. Néanmoins, et vu son rôle disciplinaire et stratégique (Charreaux,
2006), le conseil d’administration mérite une attention particulière. Au -delà des
exigences juridiques ou réglementaires, les membres du conseil devraient posséder
les connaissances spécifiques et les compétences technologiques afin d’aider les
dirigeants à mieux mettre les stratégies en place. De ce fait, la composition du
conseil fait allusion à la différence entre les membres internes et les membres
externes. Les membres externes sont couramment considérés comme indépendants ce
qui constitue un levier efficace du contrôle des dirigeants. De même, ils sont vus
comme une source importante de renseignements et surtout d’accès aux ressources
les plus déterminantes. Alors que les membres internes sont réputés comme une
source prioritaire dans le traitement des questions stratégiques. Pourtant, dans un
contexte fortement risqué, le niveau d’indépendance des administra teurs a été
récemment revisité. Ainsi, quelques chercheurs ont suggéré que bien que les
outsiders puissent être reconnus comme indépendants, il y a eu des facteurs sociaux
et psychologiques qui permettent de limiter leur objectivité (Whestphal et Zajac,
1998).

Xue et al. (2007) ont montré que les membres externes pourraient être plus
efficaces pour les conseils qui traitent des problèmes d’agence au niveau du
fonctionnement du comité d’audit et de rémunération. Par contre, les membres
internes pourraient mieux soutenir les conseils qui se concentrent sur des questions
spécifiques concernant l’orientation stratégique de l’entreprise au niveau du
fonctionnement du comité d’investissement et de finance. En outre, diverses études
ont développé l'importance des administrateurs externes au sein du conseil
d'administration. Grâce à la pertinence de leur connaissance et à leur
complémentarité avec l'entreprise, ils jouent le rôle de contrôleurs indépendants de
gestion. La présence significative d'administrateurs ex ternes indépendants renforce le
degré d'autonomie des entités de contrôle (Morck et Nakamura, 1999 ; Kaplan et

85
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

Minton, 1994). A cet égard, le degré d'indépendance d'un conseil d'administration est
étroitement rattaché à sa composition (John et Senbet, 1998). Toutefois, une lecture
de la littérature nous a permis de conclure que le lien entre l'indépendance du conseil
et l'efficacité du contrôle débouche sur des conclusions contradictoires. Selon N. Del
Vecchio (2010), du moment qu'ils peuvent être nommés su r proposition des
dirigeants, ils se trouvent incapables de remettre en cause les compétences ou les
choix d'un manager qui les a sélectionnés. Leur neutralité se trouvant ainsi biaisée.
Ainsi, selon ce qui vient d’être écrit, notre hypothèse peut être for mulée de la façon
suivante :
Hypothèse H1.4 (H1.4) : l'indépendance des membres des comités d'audit et des
conseils d'administration à un effet positif et significatif sur la confiance des
actionnaires.

3.3.2.2. L’influence de l’endettement des firmes sur la confiance des actionnaires


et la qualité de l’audit

Selon la vision de Jensen et Meckling (1976) de la théorie d’agence, le recours


à un mécanisme de gouvernance comme l’endettement constitue une solution aux
conflits entre les dirigeants et les actionnaires. De ce fait, avec l’augmentation du
risque de faillite, un tel système d’endettement encourage le dirigeant, qui se voit
menacé par la perte de ses avantages en numéraire ou en nature, à adopter une
gestion plus efficace et plus conforme aux intérêts des actionnaires. En ce sens, ce
mécanisme constitue un moyen de discipline des dirigeants qui permet de favoriser la
confiance du public. Par ailleurs, en présence de la dette, le dirigeant, en tant que
représentant des actionnaires, peut être amené à privilégier les intérêts des
actionnaires à l’encontre des intérêts des créanciers, ce qui engendre des conflits
d’intérêts entre ces deux parties. Piot (2005a) affirme sur la base d’un échantillon
d’entreprise françaises, allemandes et canadiennes, que le s entreprises françaises
fortement endettées sont plus susceptibles d’avoir des coûts d’agence actionnaires -
créanciers élevés. Face à cette situation, une bonne réputation d’un cabinet d’audit
est fortement recommandée (ou fortement souhaitée par les créan ciers) afin d’arbitrer
entre la pertinence des choix comptables et la fiabilité de l’information fournie aux

86
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

créanciers. Les arguments qui précèdent peuvent être résumés dans l’hypothèse
suivante :

Hypothèse 1.5 (H1.5) : les dettes des entreprises impact eraient négativement et
significativement la confiance des actionnaires.

Gillet (2010) prévoit que : « le niveau d’endettement des entreprises peut être
un facteur influençant la décision de mettre en place une vérification sociétale. Selon

Chow (1982) et également Carey et al. (2000), les débats théoriques quant à
l’association entre le niveau des dettes des entreprises et la demande d’audit externe
ont tendance à favoriser une association positive ». Dans le même sens, Balckwell et
al. (1998) supposent que la demande des services d’audit externe résulte de la
nécessité de minimiser la supériorité du maintien de l’information entre les
différentes parties prenantes. Comme l’indique Carey et al. (2000) le niveau
d’endettement à un impact positif sur la demande des services de l’audit externe. A
l’instar de ces travaux de recherche nous proposons de tester l’hypothèse suivante :

Hypothèse 2.4 (H2.4) : Les dettes des entreprises ont un impact négatif et
significatif sur la qualité de l’audit.

3.3.3. L’effet de la profitabilité et la taille sur la confiance des actionnaires


et la qualité de l’audit

La performance financière de l’entreprise fait appel à des indicateurs


comptables et financiers qui permettent un contrôle de la gestion des entreprises.
Ainsi, elle s’intéresse essentiellement à l’efficacité et à l’efficience de la mise en
œuvre des moyens mis à la disposition de l’entreprise (Sadao Nagaoka, 2006). La
mesure de la rentabilités des actifs par le ROA a été cité dans différentes études
(Simnett et al., 2009 ; Kolk et Perego, 2010 ; Abaoub et al, 2008).

87
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

Ce ratio, bien qu'il place l'ensemble des actifs sur un même plan de risque et
néglige les activités hors bilan qui prennent plus d'ampleur dans les activités d'une
firme, couvre en totalité les activités de la firme sans pour autant être affecté par les
manipulations comptables (Barro, 2000). Il mesure la rentabilité de l'entreprise par
rapport aux propriétaires et conformément à sa structure financière (Foster, 1986).
En ce sens, le niveau de performance de la firme peut être vu comme un proxy de la
confiance des actionnaires. Dans ce cas, une rentabilité des actifs satisfaisante a une
influence certaine sur le niveau de soutien des investisseurs et des créanciers. Sur la
base de ce qui a été avancé, nous supposons que la confiance des actionnaires sera
influencée par le rendement des actifs (ROA) :

Hypothèse 1.6 (H1.6) : il existe une relation positive et significative entre le


rendement des actifs et la confiance des actionnaires.

Hypothèse 2.6 (H2.6) : Il existe une relation positive et significative entre le


rendement des actifs et la qualité de l'audit.

Les différentes études empiriques qui visent la modélisation de la qualité de


l’audit ou bien les honoraires d’audit externe reconnaissent la taille de la société
auditée comme principale variable explicative. En effet, la littérature théorique
montre le lien entre la taille de l’entreprise et la qualité de l’audit. Ainsi, la taille
étant une source de visibilité, plus une entreprise est grande et plus elle sera observée
et soumise à des pressions de la part du public (Cooke, 1992). Dans cette
perspective, les firmes de grande taille doivent se comporter de manière attentive et
donner l’exemple de la bonne gestion des ressources du fait de leur visibilité et pour
le maintien de la confiance du public (Bewley et Li, 2000). Il en résulte l’hypothèse
suivante :

Hypothèse 1.7 (H1.7) : la taille de l’entreprise est une variable qui influence de
manière négative et significative la confiance des acti onnaires.

D’autres recherches ont démontré le lien positif entre la taille de l’entreprise


et la demande des services d’audit externe (Carey et al. 2000). Dans le cadre de

88
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

l’explication théorique proposée à la relation entre la taille de la firme et la qu alité


de l’audit, Rita Yuniarti (2011) a examiné les facteurs déterminants de la qualité de
l'audit en proposant l'hypothèse que la taille de l'entreprise d'audit et les frais de
vérification (honoraires d'audit) ont un effet sur la qualité de vérification des
comptes. Les résultats empiriques de l’étude d’Ali Abedalqader et al. (2011)
montrent que la qualité de l'audit se détériore, lors de la titularisation du cabinet
d'audit en raison de la croissance de l'ampleur des accruals discrétionnaires.
Cependant, l'analyse des données n'a pas révélé que la taille de l'entreprise d'audit a
un impact significatif sur la corrélation entre l'ancienneté du cabinet d'audit et de la
qualité d’audit. L’hypothèse de la taille de l’entreprise est donc formulée de la façon
suivante :

Hypothèse 2.5 (H2.5) : la taille de l’entreprise a un impact négatif et significatif


sur la qualité de l’audit.

89
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

H1.1 : La présence de deux auditeurs BIG 4 à


AUDIFI1
un impact positif et significatif sur la confiance
des actionnaires. AUDIFI2

H1.2 : L’opinion des auditeurs impacterait


positivement et significativement la confiance OPIN
des actionnaires.
H1.3 : Les honoraires d’audit ont un impact
positif et significatif sur la confiance des HON_AUD
actionnaires.
H1.4 : L’indépendance des membres des
IND_COM
comités d’audit et des conseils d'administration
à un effet positif et significatif sur la confiance
CAD_IND
des actionnaires.
H1.5 : Les dettes des entreprises impacteraient CONFIANCE
(CONFIANCE)
négativement et significativement la confiance
LEV
des actionnaires.
H1.6 : Il existe une relation positive et
significative entre le rendement des actifs et la ROA

confiance des actionnaires.


H1.7 : La taille de l’entreprise est une variable
qui influence de manière négative et SIZE

significative la confiance des actionnaires.


Variables de contrôle
- DUR_COL DUR_COL

- REMUN REMUN

- ΔSALES
ΔSALES

- AGE AGE

Figure 2.3 Récapitulatif des hypothèses du modèle de la première étude empirique

90
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

H2.1 : La qualité de l’audit produite par


un pair homogène d’auditeurs BIG4_BIG4

(BIG4_BIG4)/(SMALL_SMALL) est
SMALL_SMALL
moins inférieure que celle produite par
un pair hétérogène.
H2.2 : La qualité de l’audit produite par
un pair hétérogène d’auditeurs (BIG4 /
BIG4_SMALL
NON BIG 4) est plus meilleure que celle
produite par un pair homogène.
H2.3 : Les honoraires d’audit ont un
impact positif et significatif sur la
HONO_AUD SCORE
qualité de l’audit.
H2.4 : Les dettes des entreprises à un
impact négatif et significatif sur la LEV
qualité de l’audit.
H2.5 : La taille de l’entreprise est une
variable qui influence de manière
négative et significative la qualité de SIZE
l’audit.
H2.6 : Il existe une relation positive et
significative entre le rendement des ROA
actifs et la qualité de l'audit.

Variables de contrôle
CEO
- CEO
- INDCEO INDCEO
- AGE AGE

Figure 2.4. Récapitulatif des hypothèses du modèle de la deuxième étude empirique

91
Chapitre 2 : Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures et constitution des
hypothèses de recherche

Conclusion du chapitre II

L’objectif de ce chapitre est de trouver les différents liens qui pourraient


exister entre les différentes variables de cette recherche. Il s’agit d’abor d, de
spécifier l’impact du Co-Commissariat aux comptes et des mécanismes de
gouvernance sur la confiance des actionnaires et puis d’étudier l’effet de la
composition du collège commissaires aux comptes sur la qualité de l’audit.

La revue de la littérature en la matière nous a conduits à révéler l’importance


de ces mécanismes qui paraissent indispensables car ils permettent d’accorder une
place prédominante aux termes comme le Co-Commissariat et la théorie des jeux. Le
bien fondé de notre propos est la suivante. La confiance des actionnaires et la qualité
de l’audit, qui sont souvent affectées par une forte asymétrie d’information et des
mécanismes et une marge discrétionnaires très élevée de la part des dirigeants,
nécessitent des mécanismes adéquats pour les y discipliner. De plus, nous proposons
une mesure originale de la qualité de l’audit qui permet de dépasser les retombés des
différents scandales financiers et leurs effets sur la réalité économique de
l’entreprise. De même, nous avons essayé d’exploiter le bien fondé de la théorie des
jeux pour spécifier l’effet de la composition du collège commissaires aux comptes
sur la qualité de l’audit. A cet égard nous avons adopté une approche critiquable aux
modèles traditionnels étudiant l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes et la
qualité de l’audit.

Les hypothèses relatives à l’étude de l’effet de la présence du Co -


Commissariat aux comptes et des mécanismes de gouvernance sur la confiance des
actionnaires et la qualité d’audit sont bien spécifiées au ni veau de chaque mécanisme
et chaque étude empirique.

92
Introduction de la deuxième Partie

Introduction de la deuxième partie

La réalisation d’un travail de recherche est une œuvre importante dans le sens
ou le chercheur est appelé à développer certaines qualités d’objectivité et de
neutralité et un sens d’analyse et de synthèse en exploitant des données et des
analyses théoriques et empiriques. Pour ce faire la démarche dans cette étude est de
type hypothético-déductif.

En effet, cette deuxième partie est d’une grande importance du fait qu’e lle
mettre en exergue la validation empirique des hypothèses théoriques posés dans la
première partie. Il s’agit de construire des modèles empiriques dessinés à tester la
démarche théorique. La réalisation de cette étape nécessite la définition des variabl es
sur lesquelles se fondent ou pas la réalisation des propositions théoriques.

L’objectif de la deuxième partie vise à étudier les principes méthodologiques


pour, ensuite, mettre à l’évidence les hypothèses de recherche à la réalité afin de
dégager les résultats et de les interpréter dans un contexte bien spécifique.

Dans chaque étude empirique, il est nécessaire d’effectuer des préalables axés
principalement sur la définition des modèles à tester et la constitution de
l’échantillon.

Dans le premier chapitre de la deuxième partie (troisième chapitre), nous


présentons l’effet de la présence de deux auditeurs sur la qualité de l’audit. En effet,
le rapport d’audit peut jouer un rôle très important dans le maintien de la confiance
entre l’entreprise et les différentes parties qui l’entour. Par conséquent, la confiance
des actionnaires est le produit de l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes. En
d’autres termes, la présence de deux commissaires aux comptes pour la certification
des états financiers de l’entreprise peut avoir une influence sur la confiance des
actionnaires. De même, un bon choix des deux commissaires aux comptes permet de
prouver l’efficacité de ce phénomène et de garantir une meilleure qualité de d’audit.
Ainsi, celle-ci peut influencer la confiance des utilisateurs des états financiers.

92
Introduction de la deuxième Partie

L’objectif du deuxième chapitre de la présente partie (quatrième chapitre)


consiste à étudier empiriquement la relation entre les deux commissaires aux comptes
tout au long de leur mission au sein de l’entreprise.

Reste important à signaler que tout au long de ses deux études empiriques,
nous procédons en premier lieu à présenter notre échantillon. En deuxième lieu, le
choix des modèles et l’identification des variables. En troisième lieu, nous
présenterons les résultats de l’analyse économétrique. Enfin, les dernières sections
seront réservées à nos conclusions.

La figure suivante met en exergue notre démarche dans la deuxième partie du


présent travail.

93
Introduction de la deuxième Partie

La délimitation de la recherche

Examen de l’effet du Co-Commissariat aux comptes sur la confiance des


actionnaires et la qualité de l’audit
 Tester l’effet du Co-Commissariat aux comptes et des mécanismes
de gouvernance sur la confiance des actionnaires et la qualité de
l’audit.
 Le choix de la meilleure combinaison d’auditeurs pour une
meilleure qualité d’audit en adoptant une indice permettant la
mesure de la qualité d’audit.

Examen de la relation entre auditeur / auditeur


 L’importance de la théorie des jeux en tant qu’outil d’analyse des
comportements stratégiques.
 Le sort du jeu entre les deux commissaires aux comptes : les gains
et les pertes.

Les résultats atteints


 La présence de deux commaissaires (BIG 4) à un impact positif et
significatif sur la confiance des actionnaires.
 Une meilleure qualité d’audit est conditionnée par le choix d’un
pair hétérogène d’auditeurs (BIG4_SMALL).

La justification empirique de l’impact du Co-Commissariat aux


comptes sur la restauration de la confiance des actionnaires
(BIG4_BIG4) et de la qualité de l’audit (BIG4_SMALL).

Figure 3.1 : Plan de la deuxième partie

94
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Chapitre 3

La confiance des actionnaires : proposition


d’un modèle de l’efficacité du
Co-Commissariat aux comptes : validation
empirique dans le contexte français

95
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Introduction
Tout travail de recherche nécessite le développement de c ertaines qualités
d’objectivité et une attention particulière dans l’exploitation et le t raitement des
données. Pour cela, nous avons suivi certaines étapes successives et complémentaires
afin de mettre en valeur des corrélations significatives et aussi tirer des conclusions
intéressantes.

La démarche adoptée dans cette étude est de type hypothético-déductif. Ce


chapitre est d’une grande importance du fait qu’il met en exergue la validation
empirique des hypothèses théoriques posées dans la première partie. Il s’agit de
construire un modèle empirique dessiné à tester la démarche théorique. La réalisation
de cette étape nécessite la définition des variables sur lesquelles se fondent ou non
les propositions théoriques. Dans ce chapitre nous fixons les objectifs empiriques de
cette étude.

Il convient d’abord de rappeler que la problématique de cette première étude


empirique consiste, d’une part, à savoir quelle est l’effet du Co -Commissariat aux
comptes sur la confiance des actionnaires, et d’autre part, à s’interroger dans quelle
mesure les mécanismes de gouvernance peuvent ils restaurer et maint enir la
confiance des actionnaires.

Afin de clarifier notre démarche méthodologique, visant à expliquer les


facteurs déterminants de la restauration et du maintien de la confiance des
actionnaires en vers les travaux d’audit, notre étude sera scindée en t rois sections. La
première section sera consacrée aux choix de la méthode statistique à utiliser. Dans
la deuxième section nous présenterons l’échantillon de notre étude et la collecte des
données, la proposition de notre modèle explicatif et la mesure des variables. En fin,
une troisième section dans laquelle nous présenterons les résultats issus de
l’estimation de notre modèle de recherche.

Le schéma ci-dessous résume l’articulation de notre démarche tout au long de


notre troisième chapitre.

96
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Partie I : la méthode d’analyse des données : la régression logistique

Économétrie des variables Pratique de la régression


qualitatives logistique

Le choix de la régression logistique comme méthode d’estimation


adaptée lors de la présence d’une variable dépendante dichotomique

Partie II : Sélection de l’échantillon, formation des variables et proposition


du modèle

Sélection de Formation des variables Le modèle de la recherche


l’échantillon

Proposition d’un modèle de recherche de la confiance des


actionnaires envers l’efficacité du Co -Commissariat aux comptes
spécifique au contexte français

Partie III : Résultats empiriques

Statistiques descriptives Matrice de Régression économétrique


corrélation du modèle

Figure 3.2 : Structure du Chapitre 3

97
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Section 1 : La méthode d’analyse des données :


Aperçu sur les régressions logistiques

Wacheux (1996) considère que l’analyse des données consiste à réduire les
informations, les catégoriser et les mettre en relation avant d’aboutir à une
description, une explication ou une configuration. Ainsi, l’analyse se compose de
trois étapes très couramment utilisées à savoir la condensation des données, leur
présentation, l’élaboration et la vérification des conclusions. En effet, la première
tache, se fait en partie d’une manière anticipée car le chercheur réduit le champ de
ses investigations par sa question de recherche et la méthode de collecte des données.
Cette opération est assurée également par le codage des variables. Ainsi, la
codification consiste à la définition d’un code pour chacune des variables et
éventuellement pour chacune des modalités de ces variables. De ce fait, chaque
variable doit être spécifiée suivant sa nature qualitative (nominale ou ordinale) ou
quantitative (scalée ou métrique, discrète ou continue). A cet égard, l’identification
des méthodes statistiques du traitement des variables est d’une grande importance.
En effet, le choix de(s) méthode(s) d’analyse appropriées est tributaire de l’objectif
de recherche (descriptif, explicatif…), du nombre des variables manipulées ainsi que
de leur échelles de mesure (nominale, ordinale, métrique…).

La figure suivante décrit le choix des méthodes d’analyse en fonction du type


de données à traiter.

98
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Figure 3.3 : Classification des méthodes multivariées

L’observation de la figure ci-dessus présentée, nous permet de déterminer la


procédure de prédiction appropriée. En effet, au début de n’importe quel étude
empirique, chaque chercheur doit se poser la question si sa variable à expliquer est
qualitative ou quantitative. Compte tenu de l’objectif explicatif du modèle et de la
nature de nos variables, nous utiliserons les méthodes d’analyse logit/probit. En
effet, comme le décrit la figure ci-dessus, lorsque la variable à expliquer est
qualitative, il convient d’utiliser la régression logistique. Concernant les variables
explicatives, elles sont qualitatives et quantitatives. Il s’agit d’un modèle logit si la
distribution est logistique et d’un modèle probit si la distribution est normale.

99
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

1.1. Économétrie des variables qualitatives :

Dans les modèles ou la variable expliquée prend la valeur 0 ou 1,


l‘estimation linéaire n’est pas tout à fait appropriée car les valeurs prédites peuvent
être dessous de 0 et au dessus de 1, ou compris entre les deux. De même , la
faiblesse de la variance de la variable expliquée peut conduire à des estimations de
mauvaise qualité lorsqu’on utilise les MCO 40.

L’inadéquation du modèle linéaire conduit à modéliser, non pas la variable


dépendante elle- même, mais la probabilité qu’elle prenne la valeur 1 ou 0. Pour
modéliser cette probabilité, on suppose qu’il existe une variable latente y* telle que :
y = 1 si y* ≥ 0 et y = 0 si y* < 0.

Ensuite on suppose que cette variable dépend linéairement d‘un certain


nombre de variables explicatives X :
y* = β ‫ י‬X + 
Le modèle à estimer dépend de l’hypothèse faite sur la distribution du terme
d’erreur  . Les deux lois les plus utilisées sont la loi logistique et la loi normale.
 Lorsqu’on utilise la loi logistique, on parle de modèle Logit donc la
fonction de répartition est :

 Lorsqu’on utilise la loi normale centrée réduite, on parle de modèle


Probit dont la fonction de répartition est :

40
Cependant, il peut être toujours utile de comparer les résultats obtenus en MCO (modèle
de probabilité linéaire) à ceux obtenus avec les techniques d‘estimations en économétrie
qualitatives comme le Logit ou le Probit.

100
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Il n’y a pas de test économétrique pour choisir entre les deux modèles. Dans la
pratique, les résultats des deux méthodes sont similaires, sauf sur de très grands
échantillons.

1.2. Pratique de la régression logistique :

L’objectif de toute régression est l’étude et l’établissement des relations entre


une variable à expliquée et des variables indépendantes afin d’analyser les
associations et de faire des prévisions. Cependant, les régressions classiques ne sont
pas adaptées aux variables à expliquer dichotomiques. Philippe Cibois (1999, 12)
dans la ligné des travaux de Agresti (1990, 84) « …le modèle de probabilité linéaire
a un défaut structurel majeur. Les probabilités doivent tomber entre 0 et 1, alors que
les fonctions linéaires prennent des valeurs sur toute la ligne réelle » 41. Comme
l’indique Thomas (2000), afin de remédier les inconvénients de la méthode des
moindres carrés appliqués à ce type de variable à expliqué qu alitative
(hétéroscédasticité, nature continue du résidu inadapté, valeurs prédites en dehors de
l’intervalle [0,1]), les modèles logit et probit sont adaptés. Il s’agit alors d’expliquer
la survenue ou non d’un évènement ou choix. Dans ce papier de recherche, les
actionnaires ont confiance ou n’ont pas de confiance envers l’efficacité du Co -
Commissariat aux comptes. On considère que la réalisation de notre variable à
expliqué binaire comme provenant d’une règle de décision. En adoptant la même
démarche de celui de Thomas (2000), cette règle fait associ er les variables
indépendantes x i à la contemplation de l’événement (y i = 0) ou (y i = 1).

A cet égard, considérons un échantillon de N individus d’indices i= 1,…, N.


Pour chaque individu, on observe si un certain évènement ou choix s’est réalisé et
l’on pose :

41
Traduction de: « …the linear probability model has a major structural defect. Probabilities must
fall between 0 and 1, whereas linear functions take values over the entire real line ».

101
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

1 si l’événement s’est réalisé (les actionnaires ont confiance envers


l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes).
yi =
0 si l’événement n’est pas réalisé (les actionnaires n’ont pas de confiance
envers l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes).

Nous supposons que la réalisation de l’évènement (y i = 1) est plutôt associée à


des valeurs plus grandes que x i et celle de (y i = 0) à des valeurs plus petites que x i .
Alors, il existe une certaine valeur seuil notée z dépendant de la combinaison linéaire
x i β, où β constitue un vecteur de paramètre au-delà de laquelle la proportion des (y i =
1) l’emporte sur celle des (y i = 0). Cette règle de décision n’est pas déterministe,
c'est-à-dire que pour certaines observations y i peut être nul alors que les valeurs de x i
sont élevées. Pour tenir compte de ce caractère non déterministe, le terme aléatoire ε i
est intégré dans la combinaison. La règle de décision devient alors : la proportion des
(y i = 1) est plus grandes pour x i β + ε i > z, et plus petites pour x i β + ε i ≤ z. La règle

aléatoire ou probabiliste sera donc la suivante : Prob (y i = 1) = Prob (x i β+ ε i > z).

Supposant une variable y i * (tolérance du système) le modèle peut alors


s’écrire :
1 si y i * > z
yi =
0 si y i * ≤ z

Avec, la variable y i * = x i β + ε i est aléatoire du fait de la présence du terme

d’erreur ε i est appelée variable latente (inobservable).


La règle de décision probabiliste peut s’écrire de la façon suivante :

Prob (y i =1) = Prob (x i β+ ε i > z) = 1 – Prob( ε i < z - x i β)

Prob (y i =0) = Prob (x i β+ ε i ≤ z) = Prob( ε i ≤ z - x i β)

102
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Nous cherchons à l’aide de ces modèles (logit et probit), à spécifier la


probabilité d’apparition de l’événement. Dans la présente recherche, l’existence d’un
sentiment de confiance de la part des actionnaires envers l’efficacité du Co -
Commissariat aux comptes. A cet égard, nous développons un modèle de régression
logistique qui nous permet d’étudier l’effet de l’ensemble de nos variables
indépendantes sur le phénomène observé.

Ainsi, comme la valeur seuil peut être normalisée à 0, le modèle s’écrit de


façon générale :

Avec F(.) la fonction de répartition issue de la distribution statistique du terme


d’erreur ε i et f(.) la fonction de densité associée.

Prob (y i =1) = Prob ( ε i >- x i β ) = 1 – F (- x i β )

Prob (y i =0) = Prob ( ε i ≤ - x i β ) = F (- x i β )

En effet, l’hypothèse de symétrie de la densité de εi autour de 0 :

f(x i β) = f(-x i β) et F(x i β) = 1 - F(- x i β)

Nous constatons ainsi, que les valeurs observées de y i sont considérées comme
étant l’application de la loi binomial avec une valeur probabiliste F (x i β) lorsque
notre évènement (les actionnaires ont confiance envers l’efficacité du Co -
Commissariat aux comptes) prend la valeur yi = 1 et 1 – F (x i β) lorsque notre
évènement (les actionnaires n’ont pas de confiance envers l’efficacité du Co -
Commissariat aux comptes) prend la valeur y i = 0.

Pour résumer on aura donc :

Prob (y i =1) = 1 – F (- x i β) = F (x i β)
Prob (y i =0) = F (- x i β) = 1 – F (x i β)

103
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Dans chaque étude empirique le chercheur doit se poser quelques questions


Comme le choix de la forme de la fonction, l’estimation des paramètres du modèle à
partir d’un échantillon, mesurer le pouvoir explicatif du modèle, etc …. En ce sens,
La régression logistique permet de répondre précisément à chacune de ces questions
et elle le fait surtout de manière cohérente avec sa démarche d'apprentissage. Au
contraire du modèle probit qui repose sur l’hypothèse d’une distribution normale des
variables beaucoup plus forte, le modèle logit a globalement moins de contraintes et
donne des résultats aussi satisfaisants. Pour les raisons que nous l’avons déjà cité,
nous choisissions de traiter nos données selon le modèle logit.

Section 2 : Sélection de l’échantillon, formation


des variables et modèle de recherche
Pour chaque étude empirique, il est nécessaire d’effectuer des préalables axés
principalement sur la constitution de l’échantillon. Dans les lignes suivantes, nous
présentons le terrain de la recherche et les caractéristiques de l’échantillon de notre
étude, la formation des variables et la constitution de notre modèle.

2.1. Sélection de l’échantillon :

Pour tester empiriquement le cadre théorique développé, nous nous sommes


intéressés aux entreprises opérant dans le contexte Français. Notre attention au
niveau de ce papier de recherche sera mise sur l’effet de la présence de deux
auditeurs et les mécanismes de gouvernance sur la confiance des actionnaires. Pour y
parvenir, nous essayons de tester nos questions de recherche sur la population des
sociétés françaises cotées appartenant à l’indice SBF 250. Cet indice, a pour objet de
représenter l’évolution des Premier, Second et Nouveau Marché dans leur ensemble.
En effet, il est composé des 120 Sociétés du SBF 120 42 (y compris les 40 entreprises

42
L’indice SBF 120 est composé des 120 valeurs les plus actives de la cote (source :
http://euronext.com indices nationaux).

104
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

du CAC 40 43) de plus 130 autres valeurs cotées. Il en découle que cet indice s’appuie
sur une nomenclature sectorielle, et est composé des valeurs les plus capitalisées de
chaque secteur (source : http://euronext.com indices nationaux).

Le choix de cet indice se justifie en fonction de notre choix méthodologique et


par l’obligation de composer avec 1/ d’une part, la nécessité d’obtenir une population
suffisamment large pour permettre d’effectuer des tests statistiques et 2/ d’autre part,
un ensemble de grandes sociétés (groupes) soumises à l’obligation de publier des
comptes consolidés, afin de pouvoir prendre en compte la spécificité française du
Co-Commissariat aux comptes.

Comme nous l’avons déjà mentionné, la population de départ de notre


première étude empirique regroupe l’ensemble des entreprises Françaises cotées du
SBF 250 durant la période 2005-2010. Les variables comptables ainsi que les
variables financières de notre modèle économétrique ont été extraites de la base de
données Data Stream et des documents de références publiés par les entreprises sur le
site des autorités des marchés financiers (http://www.amf -france.org).

A partir de ce panel de données, les sélections et les m odifications suivantes


ont été effectuées :

A l’instar de quelques travaux de recherche (Bennecib, 2004 ; Marmousez,


2012), les institutions financières, gouvernement hors finance et les établissements
non classifiables sont exclues de l’échantillon d’analyse. Ces groupes évoluant dans
des environnements réglementaires spécifiques, les mesures standards de
performance, tant comptables que financières, utilisées dans cette thèse pourraient
voir leurs capacités explicatives altérées ou pourraient biaiser les estimateurs de
notre modèle testé.

43
L’indice CAC 40 est calculé sur un échantillon de 40 valeurs du Premier Marché choisies parmi
les 100 plus fortes capitalisations. Il est l’indice de référence et ses variations sont très fortement
corrélées avec celles de l’ensemble du marché (source : http://euronext.com indice s nationaux).

105
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Il est notamment important de noter que l’absence des documents de référence


ou bien des rapports annuels pour un nombre important d’entreprises chaque année
fait perdre plusieurs observations. En effet, les informatio ns nécessaires ne sont pas
disponibles dans la plus part des bases de données pour les années étudiées.

Cette indisponibilité des données pour ces sociétés crée un biais de sélection
de l’échantillon qu’il convient d’avoir en tête lorsque nous passons à l ’interprétation
des résultats issus de nos traitements statistiques. De ce fait, toutes observations,
pour laquelle une des variables composant notre modèle n’est pas disponible, est
également exclue du panel.

Ces diverses modifications nous mènent à un échantillon de 145 entreprises


cotées françaises, soit un total de 870 observations d’entreprises -années.
L’échantillon de l’étude étant réduit, il ne s’agit pas de procéder à une généralisation
des résultats mais d’apporter une meilleure compréhension du p hénomène étudié. Il
ne s’agit pas d’avoir une représentativité statistique et un échantillon complet mais
d’explorer suffisamment la variété des situations.

Les tableaux 3.1 et 3.2 présentent la composition de notre échantillon et une


ventilation d’entreprises par secteur d’activité.
Tableau 3.1 : Composition de l’échantillon (étude empirique n° 1)

Période d’échantillonnage
2005 - 2010
Sociétés cotées du SBF 250 250
- rapports annuels non disponibles -41
- données manquantes ou niveau de détail insuffisant -64
Échantillon final 145

106
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Tableau 3.2 : Caractéristique de l’échantillon


Secteur Code Euronext N
Services aux consommateurs 5000 23
Industries 2000 32
Matériaux de base 1000 7
Technologie 9000 34
Services aux collectivités 7000 6
Biens de consommations 3000 24
Santé 4000 17
Télécommunication 6000 2
Total 145

2.2. Analyse de la taille de l’échantillon :

La taille de l’échantillon est d’importance considérable pour pronostiquer la


validité des résultats empiriques. Elle affecte la possibilité de généraliser les
résultats de la régression. Il n’existe pas, à notre connaissance, d’indicateur formel
pour déterminer le nombre minimum d’observations nécessaire pour mener une
régression. Pour cela, nous avons utilisés des règles empiriques utilisés pour un
modèle de régression linéaire et pour un modèle de régression logistique. En effet,
pour ce qui est de la régression linéaire, une règle empirique impose de disposer d’au
moins 5 observations par variable explicative, un ratio de 15 à 20 observations par
variable explicative étant optimal (Tabachnik et Fidell, 2000). Dans le cas de la
régression logistique, la taille de l’échantillon doit être supérieure au nombre de
paramètres à estimer, a savoir le nombre de variables explicatives (K) auq uel il
convient d’ajouter un paramètre supplémentaire correspondant à la constante.
Empiriquement, il est généralement considéré que les estimations fournies sont
fiables lorsque la taille de l’échantillon étudié (N) est égale ou supérieur à [100 + K
+ 1] (Aldrich et Nelson, 1984).

Dans ce papier de recherche, notre modèle de régression logistique que nous


allons utiliser comporte 9 variables indépendantes et 4 variables de contrôle, soit au
total 13 variables indépendantes. En utilisant le critère empiriq ue utilisé dans le cas
d’une régression linéaire, la taille de notre échantillon doit donc être au moins égale

107
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

à 65 (5*13), la taille optimale étant de 195 (15*13). En utilisant la règle empirique


dans le cas des régressions logistiques, la taille de l’éch antillon doit être égale ou
supérieure à 114 (100 + 13 + 1).

Après ce qui à été énoncé au dessus, nous pouvons conclure que la taille de
notre échantillon (145 entreprises) est suffisante pour obtenir des résultats
statistiquement fiables.

2.3. Formation des variables :

Ce paragraphe sera consacré au choix des variables opérationnelles destinées à


être testées dans notre modèle statistique. L’organisation est de la façon suivante :
nous présentons dans un premier temps la variable à expliquer (ou variab le
dépendante), puis dans un second temps les variables explicatives destinées à tester
nos hypothèses. Un tableau de synthèse résume enfin la définition de chaque variable
et sa méthode de calcul.

En effet, l’un des principaux objectifs de cette étude co nsiste à tester si la


restauration et le maintien de la confiance des actionnaires est expliquée par
l’interaction entre la présence du Co-Commissariat aux comptes avec quelques
mécanismes de gouvernance d’entreprise. A fin de clarifier notre démarche, nou s
essayons via une revue de la littérature enrichissante de modéliser empiriquement les
relations entre ses différentes variables.

2.3.1. Variable dépendante : la confiance des actionnaires (CONFIANCE)

L’idée d’étudier la confiance des actionnaires du coté sociologique constitue


un défi pour la plupart des chercheurs. Perez (2003) indique que cette discipline est
utile pour comprendre le gouvernement d’entreprise qui « implique à la fois des
institutions, des relations, des règles et des comportements » . C’est pourquoi, dans
ce paragraphe, nous essayons de définir la notion de la confiance des actionnaires
afin d’appréhender l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes.

108
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

En fait, ce concept est au cœur des préoccupations. Mothe C. (1999) suggère


que : « La confiance apparaît rarement comme une variable dépendante, mais
essentiellement comme une variable explivative, soit de la performance des firmes
soit de leur structure de gouvernance. Il n’existe pas aujourd’hui de mesure unique
de la confiance, ni d’étude de cas dédiée spécifiquement à la confiance. Les mesures
utilisées par les auteurs sont essentiellement tirées de la littérature psychosociale
avec une forte prédominance de l’aspect interpersonnel ». A cet égard, une telle
définition est difficile à adopter. La littérature nous offre plusieurs définitions de la
confiance soit sous l’angle socio-philosophique, soit, du coté managériale
(McAllister, 1995 ; Zucker, 1986 ; Barney et Hansen, 1994 ; Hosmer, 1995). En
effet, nous nous basons dans ce papier de recherche sur l’opinion de McAllister,
(1995) qui prévoit que les récents développements dans les sciences des
organisations montrent l’importance de la confiance interpersonnelle dans l’efficacité
organisationnelle. De même, la définition proposée par Bid ault (1998, p.34) nous
semble intéressante car elle permet d’intégrer une grande partie des caractéristiques
de la confiance : « présomption que, en situation d’incertitude, l’autre partie va, y
compris face à des circonstances imprévues, agir en fonction de règles de
comportement que nous trouvons acceptables ».

L’idée de notre premier modèle consiste à clarifier la relation entre la


confiance des actionnaires et la présence d’un double contrôle. Malgré l’évolution de
la réglementation, le Co-Commissariat aux comptes reste encore un concept ignoré.
A cet égard, Bennecib (2002) prévoit que : « les scandales financiers qui jalonnent
l’histoire ravivent les débats sur la crédibilité de l’information financière publiée et
par voie de conséquence sur la fiabilité de l’opinion émise par l’auditeur ».
Toutefois, Shapiro (1987), indique que l’auditeur est le «gardien de confiance» entre
les parties, ce qui permet de garantir la transparence de l’information financière.

Face à cette situation contradictoire, nous avons choisi comme variable à


expliquer la confiance des actionnaires envers l’efficacité du Co -Commissariat aux
comptes. En effet, nous pouvons résumer cette dernière dans l’opinion de l’auditeur.
En ce sens, une mission d’audit est caractérisée de qualit é lorsque l’auditeur
appartient à un réseau international (BIG4) et qu’il certifie sans aucune réserves ou

109
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

remarques les états financiers de l’entreprise et que l’opinion de ce dernier montre


une image réelle de la situation économique de l’entreprise auditée.
Pour ce faire, nous avons choisi de mesurer notre variable dépendante de la
façon suivante :

CONFIANCE it : Variable binaire mesurant le degré de confiance des actionnaires


envers l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes. En d’autre terme, égale 1 si la
moyenne des cours de clôture journalière en bourse durant la semaine qui suit la
publication du rapport et l’émission de l’opinion des commissaires aux comptes
augmente par rapport aux cours de clôture journalière en bourse durant la semaine
qui précède la publication du rapport et l’émission de l’opinion des commissaires aux
comptes et 0 dans le cas contraire.

 1, si la moyenne des cours après une semaine de la publication du rapport


d’audit > la moyenne des cours avant une semaine de la publication du rapport
d’audit.
 0, si non.

2.3.2. Mesure des variables explicatives liée à la confiance des actionnaires

Deux groupes de variables seront examinés successivement. Le premier


groupe comprend les variables indépendantes. Le deuxième groupe est relatif aux
variables de contrôle. Toutefois, la prudence nous conduit à signaler les difficultés
rencontrées pour mesurer ces différentes variables.

2.3.2.1. Les variables indépendantes

La majorité des études empiriques suppose que le Co-Commissariat aux


comptes permettrait de collationner les avis et de donner un poids important à
l’opinion des deux commissaires (Guedas, 2007). En effet, Ebondo Wa Mandzila
(2006) suggèrent que ceci permet d’éviter les pressions exercées par l’audité. En ce
sens, les dirigeants des entreprises ne peuvent pas exposer les deux commissaires aux

110
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

comptes ensemble et au même moment. En d’autres termes, les managers sont dans
l’obligation de minimiser les manipulations.

De notre part, nous avons essayé d’étudier l’effet de la présence de deux


auditeurs sur la récupération et le maintien de la confiance des actionnaires.
Empiriquement, nous avons remarqué une relation positive et significative entre les
variables explicatives et la variable à expliquer du modèle de notre première étude
empirique. De ce fait, nous avons retenu l’hypothèse de l’effet de la présence de
deux cabinets BIG4 et de l’opinion des commissaires aux com ptes sur la confiance
des actionnaires.

Ainsi, nous présentons les variables explicatives de notre modèle de la façon


suivante :

La taille du cabinet d’audit « AUDIFIRM » et « AUDIFI_A »

Ces deux variables sont binaires. Chaque variable prend la valeur 1 si le


cabinet est un « Big four » 44 et 0 si le cabinet ne fait pas partie des grands cabinets
internationaux. En effet, plusieurs études ont montré l’effet de la taille du cabinet
sur la qualité d’audit et par conséquent l’effet sur la confiance des actionnaires.
DeAngelo (1981) montre analytiquement que plus l’auditeur est de grande taille, plus
celui-ci sera de qualité. Aussi, Francis et al. (1999) montrent que les firmes ayant
une plus grande propension de générer des accruals ont généralement tendance à
choisir les auditeurs « Big » pour convaincre le marché de la fiabilité de leurs
informations divulguées. Plus précisément, l’article de Gopal Krishanan (2003)
étudie l’effet de la qualité d’audit sur l’évaluation des accruals discrétionnaires. Il a
trouvé que le marché des capitaux accorde une plus grande valeur aux accruals
discrétionnaires des firmes clientes d’un auditeur de qualité (Big) qu’aux accruals
discrétionnaires des firmes clientes d’un auditeur ayant un plus bas niveau de qualité
(non Big). Ceci nous amène à supposer que la taille du cabinet d’audit a un impact
sur la confiance des actionnaires.

44
Les « Big four »sont: KPMG, ERNEST & YOUNG, PRICEWATERHOUSECOOPERS et DELOITTE.

111
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

 AUDIFIRM it : codée 1 si l’entreprise est auditée par un grand cabinet


international d’audit (BIG4) et 0 sinon.
 AUDIFI_A it : de même qu’AUDIFIRM, mais elle concerne le deuxième
commissaire aux comptes.

L’opinion sur la continuité d’exploitation « OPINION »

Cette variable est binaire. Elle prend 1 si l’entreprise reçoit une opinion sur la
continuité d’exploitation et 0 sinon. Une littérature a étudié la relation entre
l’émission d’un rapport signalant le « going concern » de la firme auditée (comme
étant un « proxy » de la qualité de l’audit et plus précisément de l’indépendance de
l’auditeur) et la durée du mandat. DeFond et al. (2002) et Carey et Simnett (2006)
ont prouvé qu’il y a une corrélation négative entre l’opinion de l’auditeur sur la
continuité d’exploitation et la longue durée du mandat. Dans ce travail de recherche
nous suggérons que l’opinion des auditeurs prend la valeur 1 si les deux auditeurs
certifient sans aucune réserves ou remarques les états financiers de l’entreprise et 0
sinon.

 OPINION it : égale 1 si les deux auditeurs certifient sans aucune réserves ou


remarques sur les états financiers de l’entreprise et 0 sinon.

Les honoraires d’audit « HONOR_AUD»

Plusieurs études ont montré que les honoraires perçus par le commissaire aux
comptes influenceraient son indépendance et par conséquent la qualité du son service
(De Angelo, 1981). En ce sens, diverses recherches ont analysés si la pression
exercée par l’auditée sur les honoraires versés à l’auditeur a une influence sur la
qualité de son service. A cet égard, Malone et Robert, (1996) prévoient que lorsque
le cabinet d’audit perçoit un montant d’honoraires très faibles, sa profitabilité ne
peut être restaurée qu’en réduisant le volume des heures de travail, ce qui va affecter
la faculté des auditeurs à détecter et par la suite révéler les erreurs dans les états
financiers. A l’encontre, d’autres recherches estiment que la qualité des services

112
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

rendus par l’auditeur ne dépend pas uniquement du nombre d’heures de travail mais
aussi des moyens humains et techniques (David et al, 2006).

 ΔHONOR_AUD it : variation des honoraires d’audit entre (t) et (t-1) divisé par
total des honoraires (t-1).

L’indépendance des membres du comité d’audit « IND_COMITE »

La théorie d'agence pose en principe un risque moral inhérent dans les


relations d’agent-principal qui donne lieu à l’augmentation des coûts d'agence. Par
exemple, les agents peuvent adopter des procédures et des méthodes comptables qui
donnent des résultats comptables favorables et qui peuvent maximiser leurs propres
richesses. Le comité d'audit est un moyen pour réduire ce problème, car les comités
d’audit efficaces augmentent la qualité et la crédibilité des comptes financiers. Cela
aide le travail du conseil d'administration, qui est chargé de sauvegarder et d'avancer
les intérêts des actionnaires (Alchain et Demsetz 1972 ; Fama et Jensen 1983).

Marmousez Sophie (2012) annonce que lorsqu’ apparaissent les sociétés avec
des actionnaires « externes » qui fournissent une partie du financement et partage les
risques avec l’entrepreneur, l’audit est déjà une pratique usuelle. L’audit existe
naturellement dans cette nouvelle forme de société. Il est réalisé annuellement par un
comité d’actionnaires et/ou d’administrateurs (directors). Quelles sont les incitations
que les membres de ce comité ont à être indépendants ? La réputation joue un rôle
important dans l’élection en tant qu’administrateur, en tant qu’auditeur et avant cela
même dans l’admission dans la société. Les membres du comité d’audit auront de
fortes incitations à être performants dans la tache d’audit qui leur été confiée et à
faire preuve d’indépendance pour maintenir leur réputation.

Pour Watts et Zimmerman (1983), le comité d’audit favorise la performance


de l’auditeur et de son indépendance. Le comité d'audit fournit, au nom du conseil
d'administration, la responsabilité de contrôle du processus d’établissement des états
financiers de l'entreprise. En effet, le rôle primaire du comité d'aud it est d'assurer
"une haute qualité des états financiers". De plus, le comité d'audit est le moniteur

113
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

final du processus d’élaboration des états financiers. Le comité peut réduire la


gestion opportunistes des résultats en évaluant la compétence et l'indépe ndance des
auditeurs externes, en s'engageant à des discussions proactives avec les managers de
la compagnie et les auditeurs externes concernant les jugements principaux de
comptabilité, et par l’investigation découvrant la nature et l'ampleur des problè mes
que la gestion et les auditeurs ont données une attention considérable, aussi bien que
les résultats de ces discussions (Herdman 2002). D’après ces différentes études nous
suggérons que l’indépendance des membres du comité d’audit à un effet positif e t
significatif sur la confiance des actionnaires.

 IND_COMITE it : c’est le ratio du nombre des administrateurs indépendants par


rapport au nombre total.

L’indépendance des membres du conseil d’administration « CAD_IND »

Plusieurs études montrent que le conseil d’administration constitue un


mécanisme de gouvernance interne d’importance considérable (Boujenoui et Zeghal,
2006). En effet, Les recherches antérieures concernant le conseil d'administration
s'est concentrée sur plusieurs domaines. A cet égard, n ous essayons dans cette thèse
dans la ligné des travaux de Igalens et Point (2009) et Godard et Schatt (2005 a et b),
d’étudier l’effet de l’indépendance des membres du conseil d’administration sur la
confiance des actionnaires.

En ce sens, un administrateur est indépendant lorsqu’il n’entretient aucune


relation de quelque nature que ce soit avec la société, son groupe ou sa direction et
qui puisse compromettre l’exercice de sa liberté de jugement 45. Les administrateurs
internes sont des membres de l’équipe dirigeante d’une entreprise. Ainsi, il est
supposé que leurs décisions soient alignées avec celles des managers. A l’inverse, les
décisions des administrateurs externes considérés qui sont des membres non

45
Selon les rapports Viénot I et II, peut être considéré comme administrateur indépendant toute personne n’ayant
« aucun lien d’intérêt direct ou indirect avec la société ou les sociétés de son groupe et qui peut ainsi être
réputée participer en toute objectivité aux travaux du conseil » (Rapports Viénot I, 1995). Il s’agit plus
simplement d’un administrateur qui « n’entretient aucune relation de quelque nature que ce soit avec la société
ou son groupe qui puisse compromettre l’exercice de sa liberté de jugement » (Rapports Viénot II, 1999). En
2002, le rapport Bouton est venu renforcer l’importance des administrateurs indépendants.

114
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

dirigeants du conseil seront alignées avec les intérêts des actionnaires. Comme ils
représentent les actionnaires, les administrateurs externes sont prévu plus
indépendants et plus compétents que les administrateurs internes et semblent avoir un
effet positif sur le management des dirigeants (Alexandre & Paquerot 2000). De plus,
les administrateurs externes sont indépendants des dirigeants des entreprises, en
effet, ils apportent plus d’expérience pour l’entreprise (Firstenberg et Malkiel, 1980).
Ils sont a priori plus réceptifs aux différentes attentes des parties prenantes. Nous
supposons ainsi, que l’indépendance des membres du conseil d’administration à un
impact sur la confiance des actionnaires.

 CAD_IND it : Ce proxy détecte l’indépendance du conseil d’administration et


qui est mesuré par le ratio du nombre des administrateurs indépendants par
rapport au nombre total.

La taille de l’entreprise « SIZE »

C’est une valeur logarithmique de total des actifs à la fin de l’année


financière. Cette mesure de logarithme de la taille permet de réduire l’amplit ude de
la variable Taille pour les grandes entreprises, et contribue ainsi à réduire
l’hétéroscédasticité et l’étalement qui pourraient résulter de certains points extrêmes,
par exemple en termes de taille (Timan et Wessels, 1988).

Geiger et Raghunandan (2002) ont déduit une relation négative entre la


variable de la taille de la firme et l’émission d’une opinion sur la continuité
d’exploitation (en tant qu’un « proxy » de la qualité). A cet égard, Bewley et Li
(2000) annoncent qu’en raison de leur taille et afin d’entretenir la crédibilité de leurs
informations publiées, les entreprises ont intérêt à être transparentes. De manière
générale, la taille de l’entreprise source de visibilité, incite les entreprises à mettre
en place des pratiques visant à démontrer leur engagement environnementalement et
socialement responsable. Plus récemment, Ben Rhouma (2008) a montré que plus une
entreprise est de grande taille (proxy de sa visibilité politique) et plus elle aura
tendance à communiquer des informations de natures environnementales afin de

115
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

répondre aux différents pressions exercées sur elle. Nous examinons dans ce papier
l’effet de la taille sur la confiance des actionnaires.

 SIZE it : c’est le logarithme népérien du total actif de la firme i à l’instant t.

L’endettement de l’entreprise « LEV »

Cette variable mesure le niveau de l’endettement de la firme étudiée, et plus


globalement, le niveau de contrainte financière qui pèse sur la société en raison de
ses choix d’endettement financier, et de politique fin ancière. Cette variable est le
ratio entre la dette financière totale et l’actif comptable. Ce ratio est retenu comme
mesure de l’endettement par Zimjewski et Hagerman (1981). Selon Carey et Simnett
(2006), cette variable capte le risque associé avec un ni veau de dette élevé.

L’obtention des ressources financières pour les entreprises peut se faire soit
par une augmentation de leurs capitaux propres, soit en ayant recours à
l’endettement. Lorsque l’endettement est important, les créanciers demandent plus
d’information et de fiabilité dans cette information afin d’évaluer et de juger
l’entreprise. Ainsi, les managers mettent en place un processus de contrôle et de
vérification des informations propre à leur entreprise en vue de se conformer aux
contraintes et pressions imposées par leurs créanciers. Comme l’indique Carey et al.
(2000) le niveau d’endettement à un impact positif sur la demande des services de
l’audit externe. Dans ce qui suit, nous estimons une influence négative et
significative du niveau des dettes de l’entreprise sur la confiance des actionnaires.

 LEV it : mesuré par le ratio : dettes (t-1)/ total actif (t-1).

La performance financière « ROA »

Dans une étude récente, Poonam Mahajan et al. (2012) examinent le


rendement des actifs et la performance des banques du secteur public en Inde, en
prenant comme variable dépendante ROA. De même, Simnet et al. (2009) ainsi que

116
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Kolk et Perego (2010) ont mesuré la profitabilité des entreprises par le ROA qui
mesure la rentabilité des actifs des entreprises.

En se référant à ses différentes études, nous utilisons le Return On Assets noté


ROA pour examiner son effet sur la confiance des actionnaires.

 ΔROA it : variation du ratio ROA (Résultat net/ Total Actifs) entre t et t -1.

2.3.2.2. Les variables de contrôles

Nous ajoutons aux variables principales présentées dans la partie précédente,


les variables de contrôle issues de la littérature antérieure qui permettent de
compléter la spécification de notre modèle de déterminants.

La durée de collaboration entre les associés et l’entreprise « DUREE_COL »

La durée du mandat est la période pendant laquelle est maintenue la relation


entre une société et ses vérificateurs (Johnson et al, 2002). En effet, les lois sur la
sécurité financière (loi SOX notamment) obligent les entreprises à changer le
responsable vérificateur des comptes de cette dernière. L’idée est qu’au bout de
quelques années, l’auditeur risque de perdre son indépendance, d’être moins
rigoureux dans l’application du processus et des normes d’audit e t plus rattaché avec
le client. Par contre, certains chercheurs comme Siegel (1999) soutiennent l’idée que
la rotation des associés sur un même dossier d’audit a pour inconvénient
l’augmentation du coût de la mission d’audit. De plus, cette mesure ne perme t pas au
cabinet d’acquérir une réputation suffisante lui permettant d’accumuler ses
compétences.

D’autres auteurs suggèrent que la rotation des associés constitue l'un des
principales initiatives politiques qui ont été mises en œuvre dans de différents p ays à
travers le monde pour répondre aux préoccupations concernant la qualité d’audit et
par conséquent la confiance du public (Carey et Simnett, 2006). Nous supposons

117
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

dans ce papier de recherche, qu’une durée de collaboration entre les associés


supérieurs à 2 ans a un impact positif et significatif sur la confiance des actionnaires.

DUREE_COLit : durée de collaboration entre les associés signataires et


l’entreprise (en fonction de mois).

La rémunération du dirigeant « REMUN »

Diverses études théoriques et empiriques montrent que le recours à une


politique d’incitation salariale efficace peut améliorer la perfo rmance de la firme
(Murphy, 1997). Ainsi, la mise en place d’une structure de récompense des dirigeants
efficace oblige ces derniers à prendre des actions et décisions spécifiques
conformément aux attentes des actionnaires. Ces actions spécifiques se manifestent
par le changement des dimensions de la stratégie de l’entreprise. De plus, Lin et al .
(2009) supposent qu’un bon système de récompense est celui qui permet une
valorisation équitable des compétences apportées par le dirigeant dans la
construction des opportunités de croissance et de développement à long terme pour
l’avenir de l’entreprise.

Pour y parvenir à réaliser les objectifs optimaux, les entreprises disposent


d’une importante flexibilité dans le choix de la manière de rémunération de leurs
dirigeants. De ce fait, le salaire des dirigeants peut varier d’une entreprise à une
autre en fonction de sa taille, sa performance et au secteur d’ac tivité au quelle elle
appartient. La composante la plus utilisée est le salaire de base. Ce dernier est
souvent complété par l’attribution des incitatifs à court terme (le bonus annuel) et par
des rémunérations à long terme (les stock-options et les actions gratuites). Les
dirigeants peuvent aussi bénéficier d’avantages en nature et de primes de départ et de
régimes de retraite supplémentaires (Gomez-Mejia et Wiseman, 1997). Ainsi, Bonnet
(2005) estime qu’un minimum entre actionnaires et dirigeants est néce ssaire pour que
ces derniers puissent développer un capital managérial utile à la croissance de
l’entreprise. Nous supposons dans cette thèse que la rémunération des dirigeants a un
effet positif et significatif sur la confiance des actionnaires.

118
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

 REMUN it : La variation de la rémunération des dirigeants, calculée par la


variation de la part variable entre (t) et (t-1) divisée par le total de la
rémunération versée au titre de l’année (t-1).

Le chiffre d’affaires « ΔSALES »

Carey et Simnett (2006), ont utilisé la variable « GROWTH » qui mesure la


variation des actifs de l’entreprise pour montrer que l’évolution de cette dernière est
contrôlée positivement avec le niveau des accruals. Nous examinons dans cette étude
l’impact de la variation du chiffre d’affaire sur la confiance des actionnaires.

 ΔSALES it : C’est la variation du chiffre d’affaire entre (t) et (t -1) divisée par le
total actif (t-1).

Le logarithme de nombre d’années que l’entreprise est cotée « AGE »

Diverses études ont utilisé l’âge de cotation comme variable de contrôle


(Aloke (Al) Ghosh et al., 2009 ; Collins and Kothari, 1989; Barth et al., 1998;
Francis et Ke, 2006) Nous avons pris la valeur logarithmique de nombre d’années de
cotation de l’entreprise pour capter la non normalité.

 AGE it : logarithme népérien du nombre d’années de cotation de l’entreprise.

2.4. Le modèle de la recherche :

L’objectif de notre première étude (étude empirique n°1) est d’expliquer les
facteurs influençant la confiance des actionnaires. Nous proposons de ce fait, un
premier modèle pour tester l’impact de la présence de deux commissaires aux
comptes et de leur opinion sur la confiance des actionnaires. En ce sens, il convient
de spécifier le type de modèle à utiliser pour notre étude. L’objectif est de prédire les
valeurs prises par une variable catégorielle à partir de plusieurs variables

119
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

explicatives. Toutefois, la prudence nous conduit aussi à intégrer d’autres variables


de contrôle pour améliorer la qualité de nos modèles choisis.

Les méthodes statistiques à mettre en œuvre pour examiner les di fférentes


types de relations entre variables sont liées aux types de données à traiter (Evrard et
al., 2003). Dans la présente recherche, la variable dépendante ou à expliquer, qui
correspond à l’existence ou non de la confiance des actionnaires : est une variable
binaire. Elle prend la valeur 1 si la moyenne des cours de clôture journalière en
bourse durant la semaine qui suit la publication du rapport et l’émission de l’opinion
des commissaires aux comptes augmente par rapport à la moyenne des cours de
clôture journalière en bourse durant la semaine qui précède la publication du rapport
et l’émission de l’opinion des commissaires aux comptes et 0 dans le cas contraire.
Le modèle est donc dichotomique, c'est-à-dire un modèle statistique dans lequel la
variable expliquée ne prend que deux modalités. En revanche, les variables
explicatives énoncées précédemment sont de différentes natures.

La spécification mathématique de notre modèle peut prendre la forme


suivante :

Modèle 1 (étude empirique n°1) : modèle relatif à la confiance des actionnaires et


l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes

CONFIANCE it = α 0 + α 1 AUDIFIRM it + α 2 AUDIFI_A it + α 3 OPINION it + α 4


ΔHONOR_AUD it + α 5 DUREE_COL it + α 6 IND_COMITE it + α 7
CAD_IND it + α 8 REMUN it + α 9 SIZE it + α 10 ΔSALES it + α 11
LEV it + α 12 ΔROA it + α 13 AGE it +  it .
Variable dépendante :

CONFIANCE it : Variable binaire mesurant le degré de confiance des actionnaires


envers l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes. Elle prend la valeur 1 si la
moyenne des cours de clôture journalière en bourse durant la semaine qui suit la
publication du rapport et l’émission de l’opinion des commissaires aux comptes
augmente par rapport à la moyenne des cours de clôture journalière en bourse durant

120
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

la semaine qui précède la publication du rapport et l’émission de l’opinion des


commissaires aux comptes et 0 dans le cas contraire.
 1, si la moyenne des cours après une semaine de la publication du rapport
d’audit > la moyenne des cours avant une semaine de la publication du rapport
d’audit.
 0, si non.

Variables indépendantes :

AUDIFIRM it : codée 1 si l’entreprise est auditée par un grand cabinet international


d’audit (BIG4) et 0 sinon ;
AUDIFI_A it : de même qu’AUDIFIRM, mais elle concerne le deuxième commissaire
aux comptes ;
OPINION it : égale 1 si les deux auditeurs certifient sans réserves les états financiers
de l’entreprise et 0 sinon.
ΔHONOR_AUD it : variation des honoraires d’audit entre (t) et (t -1) divisé par total
des honoraires (t-1) ;
IND_COMITE it : c’est le ratio du nombre des administrateurs indépendants par
rapport au nombre total ;
CAD_IND it : Ce proxy détecte l’indépendance du conseil d’administration et qui est
mesuré par le ratio du nombre des administrateurs indépendants par rapport au
nombre total ;
SIZE it : c’est le logarithme népérien du total actif de la firme i à l’instant t ;
LEV it-1 : mesuré par le ratio : dettes (t-1) / total actif (t-1) ;
ΔROA it : variation du ratio ROA entre t et t-1 ;

Variables de contrôles :

DUREE_COL it : durée de collaboration entre les associés signataires et l’entreprise


(en fonction de mois) ;
REMUN it : La variation de la rémunération des dirigeants, calculée par la variation
de la part variable entre (t) et (t-1) divisée par le total de la rémunération versée au
titre de l’année (t-1) ;

121
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

ΔSALES it : C’est la variation du chiffre d’affaire entre (t) et (t -1) divisée par le total
actif (t-1) ;
AGE it : logarithme népérien du nombre d’années de cotation de l’entreprise.

122
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Tableau 3.3 : Récapitulatif des variables de recherche de l’étude empirique n°1

Niveau de Variables Mesure retenue par référence


recherche aux études antérieures
Variable à CONFIANCE Variable binaire mesurant le degré de
confiance des actionnaires envers
expliquer l’efficacité du Co-Commissariat aux
comptes (Bennecib, 2004). En d’autres
termes égale 1 si la moyenne des cours de
clôture journalière en bourse durant la
semaine qui suit la publication du rapport
et l’émission de l’opinion des
commissaires aux comptes augmente par
rapport aux cours de clôture journalière en
bourse durant la semaine qui précède la
publication du rapport et l’émission de
l’opinion des commissaires aux comptes et
0 dans le cas contraire.
Variables OPINION Codée 1 si les deux auditeurs certifient
Modèle 1 sans réserves les états financiers de
(étude explicatives l’entreprise et 0 sinon (Carey et Simnett,
2006).
empirique
AUDIFIRM Codée 1 si l’entreprise est auditée par un
n°1) grand cabinet international d’audit (BIG4)
et 0 sinon (Carey et Simnett, 2006).
AUDIFI_A De même qu’AUDIFIRM, mais elle
concerne le deuxième commissaire aux
comptes (Carey et Simnett, 2006).
HONOR_AUD Variation des honoraires d’audit entre (t)
et (t-1) divisé par total des honoraires (t -1)
(Manita et Chemengui, 2007).
IND COMITE Le ratio du nombre des administrateurs
indépendants par rapport au nombre total
(Bronson et al, 2009).
CADIND Ce proxy détecte l’indépendance du
conseil d’administration et qui est mesuré
par le ratio du nombre des administrateurs
indépendants par rapport au nombre total
(Manita et Chemengui, 2007).
SIZE C’est le logarithme népérien du total
actif de la firme i à l’instant t (Francis et
al, 1999).
LEV Mesuré par le ratio : dettes (t-1)/ total actif
(t-1) (Francis et al, 1999).
ΔROA Variation du ratio ROA entre t et t-1.
Variables de DUREE_COL Durée de collaboration entre les associés
signataires et l’entreprise (en fonction de
contrôle mois ) (Carey et Simnett, 2006).

REMUN La variation de la rémunération des


dirigeants, calculée par la variation de la
part variable entre (t) et (t-1) divisée par le
total de la rémunération versée au titre de
l’année (t-1).
ΔSALES C’est la variation du chiffre d’affaire entre
(t) et (t-1) divisée par le total actif (t-1).
AGE Le logarithme népérien du nombre
d’années de cotisation de l’entreprise.

123
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Section 3 : Résultats empiriques

Dans cette section, nous exposerons les résultats empiriques correspondant à


nos traitements statistiques 46. En effet, la première étape de notre démarche
empirique consiste à effectuer une analyse préliminaire de la base de données dont
on dispose. A travers une analyse descriptive, nous déterminons l’effet de la présence
du Co-Commissariat aux comptes et des mécanismes de gouvernances sur la
confiance des actionnaires. Cette analyse sera représentée à l’aide d’un tableau
composé de nos variables de recherche ainsi que de leur description (minimum,
maximum, moyenne, écart type).

Nous passons à l’application des méthodes d’estimation et des tests de


spécification de notre modèle de recherche expliquant, d’une part, l’impact du Co -
Commissariat aux comptes et, d’autre part, l’effet des mécanismes de gouvernance
sur la confiance des actionnaires.

Ainsi, toutes les analyses statistiques ont été effectués à l’ai de du logiciel STATA.
Afin de tester ces différentes relations, nous allons utiliser la méthode de la
régression logistique.

3.1. Statistiques descriptives :

Les variables explicatives sont étudiées à l’aide d’indicateurs de dispersions


dont l’objectif est de caractériser la variabilité des données : la moyenne, le
minimum le maximum et l’écart type. Le tableau 3.4 présente ces statistiques.

46
Les traitements statistiques sont réalisés avec le logiciel STATA, plus de détails, peuvent être
consultés en annexes de la thèse.

124
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Tableau 3.4 : Statistiques descriptives

Variables Nombres Observations Moyenne Min Max Ecart


d’entreprises type
CONFIANCE 145 870 0.6666 0 1 0.4716

AUDIFIRM 145 870 0.5850 0 1 0.4929

AUDIFI_A 145 870 0.5781 0 1 0.4941

OPINION 145 870 0.5770 0 1 0.4943

ΔHONOR_AUD 145 870 0.1907 -1.6382 10.1205 0.7431

DUREE_COL 145 870 29.5172 12 72 16.6058

IND_COMITE 145 870 0.4878 0.25 1 0.1820

CAD_IND 145 870 0.5360 0.27 0.88 0.1211

REMUN 145 870 0.0611 -0.8891 1.1200 0.2578

SIZE 145 870 7.4633 1.2719 14.4237 2.4399

ΔSALES 145 870 0.0558 -7.0109 1.1805 0.2817

LEV 145 870 0.6091 0.0007 0.9794 0.1873

ΔROA 145 870 0.02867 0.00001 0.9154 0.0856

AGE 145 870 1.5538 .8450 2.2764 0.3477

Avec :
CONFIANCE = 1 si la moyenne des cours après une semaine de la publication du rapport d’audit >
à la moyenne des cours avant une semaine de la publication du rapport d’audit et = 0 si non ;
AUDIFIRM = 1 si l’entreprise est auditée par un grand cabinet international d’audit (BIG4) et = 0
sinon ; AUDIFI_A = de même qu’AUDIFIRM, mais elle concerne le d euxième commissaire aux
comptes ; OPINION = 1 si les deux auditeurs certifient sans aucune réserves ou remarques sur les
états financiers de l’entreprise et = 0 sinon ; ΔHONOR_AUD = Variation des honoraires d’audit
entre (t) et (t-1) divisé par total des honoraires (t-1) ; DUREE_COL = Durée de collaboration entre
les associés signataires et l’entreprise (en fonction de mois) ; IND_COMITE = C’est le ratio du
nombre des administrateurs indépenda nts par rapport au nombre total ; CAD_IND = Ce proxy
détecte l’indépendance du conseil d’administration et qui est mesuré par le ratio du nombre de s
administrateurs indépendants par rapport au nombre total ; REMUN = La variation de la
rémunération des dirigeants, calculée par la variation de la part variable entre (t) et (t -1) divisée par
le total de la rémunération versée au titre de l’année (t-1) ; SIZE = C’est le logarithme népérien du
total actif de la firme i à l’instant t ; ΔSALES = C’est la variation du chiffre d’affaire entre (t) et (t -
1) divisée par le total actif (t-1) ; LEV = Mesuré par le ratio : dettes (t-1)/ total actif (t-1) ; ΔROA =
Variation du ratio ROA entre t et t-1 ; AGE = Logarithme népérien du nombre d’années de cotation
de l’entreprise.

125
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Pour chaque variable, le nombre d’observations est de 870. Plusieurs résultats


prêtent à discussion. En premier lieu, les résultats des statist iques descriptives nous
conduisent à faire les constatations suivantes. Les statistiques de notre variable
dépendante (CONFIANCE) ainsi que les variables explicatives AUDIFIRM,
AUDIFI_A et OPINION tendent à rappeler l’effet de l’entré en application de la loi
de sécurité financière sur les entreprises Françaises depuis l’année 2003, ce qui
pourrait expliquer le résultat positif de la moyenne (0.66 ; 0.58 ; 0.57 et 0.57) sur la
période étudiée. Ainsi, nous avons remarqués que presque 66% des actionnaires
appartenant à notre échantillon d’étude ont confiance de la présence de deux
auditeurs BIG4 pour le contrôle et la vérification des états financiers des entreprises.
De plus, nous avons constatés que le marché Français est dominé par les grands
cabinets internationaux d’audit puisqu’en moyenne, 58% des firmes de notre
échantillon sont auditées par des Big4. De même, plus que 57% des auditeurs
certifient sans aucunes réserves ou remarques sur la régularité et la sincérité des états
financiers en émettent une opinion favorable. Il est également intéressant de noter
qu’en France, le rapport Bouton (2002) 47 insiste sur l’importance du critère
d’indépendance. Ainsi, le pourcentage des membres indépendants du conseil
d’administration est en moyenne de 53%, alors qu’en moyenne 48% des membres des
comités d’audit sont considérés comme indépendants (Géraldine B., 2009). De plus,
l’observation du tableau montre qu’en moyenne 60% des entreprises constituant
notre échantillon sont endettées.

3.2. Matrice des corrélations de Pearson :

Comme l’indique Bressoux (2008), la méthode de la régression logistique est


très sensible aux problèmes de multicolinéarité entre les variables indépendantes.

De ce fait, il est important, avant d’effectuer l’analyse multivariée, de


s’assurer qu’une colinéarité trop importante entre les variables indépendantes ne va
pas nuire à l’interprétation des résultats. Lorsque les variables explicatives sont

47
D. Bouton (2002) : Rapport du groupe de travail « Pour un meilleur gouvernement des entreprises cotées »,
AFEP/MEDEF, 23 septembre 2002.

126
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

corrélées entre elles, on parle de multicolinéarité. La multicolinéarité est


problématique car elle a pour conséquence de fournir une estimation incorrecte des
coefficients de la régression, et par là même de fausser l’estimation du poids relatif
de chaque variable explicative.

En effet, la multicolinéarité intervient lorsque les corrélations entre variables


sont élevées. De ce fait, Evrard et al. (2003) précise que les études en sciences
sociales sont confrontées à ce type de problème car les concepts étudiés sont très
souvent liés entre eux. En se basant sur la matrice de corrélation il n’existe p as de
corrélation significativement problématique dépassant le seuil 0.8. Pour s’assurer
qu’il n’existe pas de réel problème de multicolinéarité, un examen complémentaire
des coefficients VIF (Variance Inflation Facteur) et de la tolérance est réalisé. Ce
test indique si la corrélation est acceptable en mesurant le degré d’augmentation de
l’erreur standard en raison du degré de corrélation des variables explicatives entre
elles.

Afin d’identifier d’éventuels problèmes de multicolinéarité entre les variable s


indépendantes, nous avons, tout d’abord, établir une matrice des corrélations
présentée ci-dessous. Dans cette matrice apparaissent, au dessous de la diagonale, les
coefficients de corrélation de Pearson.

127
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Tableau 3.5 : Matrice des corrélations de Pearson

DUREE_COL
CONFIANCE

IND_COMIT
ΔHONOR_A
AUDIFIRM

AUDIFI_A

CAD_IND
OPINION

ΔSALES
REMUN

ΔROA
SIZE

AGE
LEV
UD

E
CONFIANCE 1.00
0
AUDIFIRM .394 1.00

AUDIFI_A .383 .008 1.00

OPINION .638 .133 .135 1.000

ΔHONOR_AU .191 .260 .324 .038 1.00


D
DUREE_COL .058 .084 .082 .049 .141 1.00

IND_COMITE .526 .561 .400 .225 .151 .090 1.00

CAD_IND .491 .517 .370 .216 .184 .109 .769 1.00

REMUN .103 .020 .035 .100 - .069 .115 .097 1.00


.045
SIZE .140 .329 .292 .007 .688 .164 .145 .247 - 1.00
.047
ΔSALES .075 .054 - .02 - - .063 .063 .005 - 1.00
.030 .037 .076 .020
LEV - - - -.032 .070 - - - - .133 - 1.00
.130 .026 .125 .049 .142 .114 .073 .023
ΔROA .117 .032 .013 .075 - - .144 .030 .051 - - -.005 1.00
.026 .049 .081 .019
AGE .163 .205 .278 .036 .479 .122 .123 .203 - .470 - .026 -.085 1.00
.051 .024 9

Avec :
CONFIANCE = 1 si la moyenne des cours après une semaine de la publication du rapport d’audit > la
moyenne des cours avant une semaine de la publication du rapport d’audit et = 0 si non ; AUDIFIRM = 1
si l’entreprise est auditée par un grand cabinet internati onal d’audit (BIG4) et = 0 sinon ; AUDIFI_A = de
même qu’AUDIFIRM, mais elle concerne le deuxième commissaire aux comptes ; OPINION = 1 si les
deux auditeurs certifient sans aucune réserves ou remarques sur les états financiers de l’entreprise et = 0
sinon ; ΔHONOR_AUD = Variation des honoraires d’audit entre (t) et (t -1) divisé par total des honoraires
(t-1) ; DUREE_COL = Durée de collaboration entre les associés signataires et l’entreprise (en fonction de
mois) ; IND_COMITE = C’est le ratio du nombre des administrateurs indépendants par rapport au nombre
total ; CAD_IND = Ce proxy détecte l’indépendance du conseil d’administration et qui est mesuré par le
ratio du nombre des administrateurs indépendants par rapport au nombre total ; REMUN = La variation de
la rémunération des dirigeants, calculée par la variation de la part variable entre (t) et (t -1) divisée par le
total de la rémunération versée au titre de l’année (t -1) ; SIZE = C’est le logarithme népérien du total
actif de la firme i à l’instant t ; ΔSALES = C’est la variation du chiffre d’affaire entre (t) et (t-1) divisée
par le total actif (t-1) ; ENDETTEMENT = Mesuré par le ratio : dettes (t-1)/ total actif (t-1) ; ΔROA =
Variation du ratio ROA entre t et t-1 ; AGE = Logarithme népérien du nombre d’années de cotation de
l’entreprise.

128
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Les résultats exposés dans ce tableau indiquent que la plupart des variables
explicatives AUDIFIRM, AUDIFI_A, OPINION, ΔHONOR_AUD, IND_COMITE,
CA_DIND, SIZE, ΔROA ainsi, que les variables de contrôle tels que (DUREE_COL,
REMUN, ΔSALES, et AGE) sont positivement corrélées à notre variable dépendante
(CONFIANCE). Les variables explicatives et les variables de contrôle quand à eux
semble être globalement faiblement corrélés ce qui signifie que les résultats obtenus
ne sont pas biaisé.

Nous avons donc calculé le VIF pour chacune de nos variables indépendantes.
Ainsi, le VIF permet de savoir quelle proportion de chaque variable indépendante est
expliquée par les autres variables indépendantes. En effet, le VIF est donné par la
formule suivante :
VIF(X k ) = 1/ (1- R k 2 )

Où X k est une variable indépendante et R k 2 est le carré des coefficients de


corrélation multiple obtenu en régressant X k sur les autes variables indépendantes.

Neter, Wesserman et Kutner (1983), suggèrent que la collinéarité n’est pas


considérée comme étant un problème quand le VIF n’excède pas 10. De même ordre
d’idées, Chatterjee et al. (1999) proposent les règles suivantes pour évaluer les VIF :
 Des valeurs supérieures à 10 sont preuve de colinéarité.
 Une moyenne des VIF considérablement plus importante que 1 suggère la
colinéarité.

Cependant, à l’instar de Ding et Stolowy (2003), il nous semble plus prudent


de considérer que le VIF doit être inférieur à 3 pour conclure qu’il n y a pas de
problème de colinéarité.

129
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Tableau 3.6 : VIF des variables indépendantes


Variables VIF
AUDIFIRM 1,36
AUDIFI_A 1,02
OPINION 1,43
ΔHONOR_AUD 1,08
DUREE_COL 1,07
IND_COMITE 1,48
CAD_IND 1,59
REMUN 1,11
SIZE 1,28
ΔSALES 1,02
LEV 1,33
ΔROA 1,04
AGE 1,21
Moyenne des VIF 1,23

Comme l’indique le tableau 3.6 ci-dessus, tous les VIF sont inférieurs à 1,5,
sauf le VIF de la variable CAD_IND qui est très légèrement supérieur à 1,5 (1,59).
La moyenne des VIF est légèrement supérieure à 1. Conformément à ce qui a été
exposé précédemment, nous concluons donc qu’il n’y a pas de problème de
colinéarité.

3.3. Régression :

Les régressions simples permettent d’étudier la liaison entre une variable


dépendante y (les actionnaires ont confiance ou non de l’efficacité du Co -
Commissariat) et une autre variable indépendante x. Ainsi, lors de la régression
simple, chacune des variables explicatives est étudiée séparément. Toutefois, La
régression simple ne tient pas compte des autres facteurs. A cet égard, la principale
limite des régressions simples réside dans la prise en compte d’un seul facteur pour
expliquer une variable dépendante. Pour résoudre ce problème, des régressions
multiples sont utilisées. Les régressions multivariées permettent d’étudier la liaison

130
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

entre une variable dépendante y (les actionnaires ont confiance ou non de l’efficacité
du Co-Commissariat) et un ensemble de variables indépendantes x 1 ,…, x k .

Nous effectuons tout d’abord, le test de Hausman qui permet de déterminer si


les coefficients des deux estimateurs (fixe et aléatoire) sont statistiquement
différents. En effet, si la probabilité de ce test est inférieure à 10%, c eci implique
que le modèle à effets fixes est préférable au modèle à effets aléatoires 48. Dans cette
étude, la probabilité du test est supérieure au seuil de 10% (Prob>chi2 = 0.7067) ce
qui implique que le modèle à effets aléatoires est préférable au modèle à effets fixes.

Après avoir présenter le test de spécification de Hausman qui montre que le


modèle à effets aléatoires est préférable au modèle à effets fixes, nous confrontons le
modèle décrit au début de la section au panel de données dynamique en vue de tester
empiriquement l’impact de la présence du Co-Commissariat aux comptes et des
mécanismes de gouvernance sur la confiance des actionnaires. Pour ce faire, Nous
effectuons une régression logistique multivariées pour résoudre le problème de la
prise en compte d’une seule variable explicative lors de l’utilisation de la régression
logistique simple.

Le tableau 3.7 présente les coefficients et statistiques standards de la


régression estimée de notre modèle. Ces coefficients sont, en grande majorité,
statistiquement significatifs.

48
Kangni KPODAR, « Manuel d’Initiation à Stata (version 8) », centre d’études et de recherches sur le
développement international. France (Janvier 2005).

131
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Tableau 3.7 : Résultats de la régression du modèle de confiance des actionnaires


Variables Signe prédit Coef. t-stat Sig
constante -6.7677 -4.27 0.000 ***
AUDIFIRM + 2.6372 4.85 0.000 ***
AUDIFI_A + 2.6799 5.35 0.000 ***
OPINION + 5.8162 9.39 0.000 ***
ΔHONOR_AUD + 1.0206 2.31 0.021 **
DUREE_COL + -0.0179 -1.90 0.058 *
IND_COMITE + 3.6022 1.92 0.055 *
CAD_IND + 6.6915 2.66 0.008 ***
REMUN + 0.3970 0.56 0.572 (n/s)
SIZE - -0.2115 -1.83 0.067 *
ΔSALES +/- 0.8208 0.67 0.505 (n/s)
LEV - -2.2957 -2.28 0.022 **
ΔROA + 8.7607 2.26 0.024 **
AGE +/- 0.1947 0.32 0.748 (n/s)
Nombre d’entreprises 145
Nombre d’observation 870
Wald chi2 98.65
Prob > chi2 0.0000
*, **, *** : les coefficients sont significatifs aux seuils de 10 %, 5 % et 1 %, respectivement
Avec :
CONFIANCE = 1 si la moyenne des cours après une semaine de la publication du rapport d’audit > la
moyenne des cours avant une semaine de la publication du rapport d’audit et = 0 si non ; AUDIFIRM = 1
si l’entreprise est auditée par un grand cabinet international d’audit (BIG4) et = 0 sinon ; AUDIFI_A = de
même qu’AUDIFIRM, mais elle concerne le deuxiè me commissaire aux comptes ; OPINION = 1 si les
deux auditeurs certifient sans aucune réserves ou remarques sur les états financiers de l’entreprise et = 0
sinon ; ΔHONOR_AUD = Variation des honoraires d’audit entre (t) et (t -1) divisé par total des honoraires
(t-1) ; DUREE_COL = Durée de collaboration entre les associés signataires et l’entreprise (en fonction de
mois) ; IND_COMITE = C’est le ratio du nombre des administrateurs indépendants par rapport au nombre
total ; CAD_IND = Ce proxy détecte l’indépendance du conseil d’administration et qui est mesuré par le
ratio du nombre des administrateurs indépendants par rapport au nombre total ; REMUN = La variation de
la rémunération des dirigeants, calculée par la variation de la part variable entre (t) et (t -1) divisée par le
total de la rémunération versée au titre de l’année (t -1) ; SIZE = C’est le logarithme népérien du total
actif de la firme i à l’instant t ; ΔSALES = C’est la variation du chiffre d’affaire entre (t) et (t -1) divisée
par le total actif (t-1) ; ENDETTEMENT = Mesuré par le ratio : dettes (t-1)/ total actif (t-1) ; ΔROA =
Variation du ratio ROA entre t et t-1 ; AGE = Logarithme népérien du nombre d’années de cotation de
l’entreprise.

132
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Dans ce paragraphe, nous confrontons notre modèle décrit auparavant au panel


de données en vue de tester empiriquement l’impact du Co -Commissariat aux
comptes sur la confiance des actionnaires. Il convient de préciser , tout d’abord, que
le modèle est statistiquement significatif dans son ensemble (Wald chi2(13) = 98.65 ;
Prob > chi2 = 0.0000). Autrement dit les variables indépendantes contribuent à
l’explication de la confiance des actionnaires (CONFIANCE) à raison de 98.65%.
Ce qui semble indiquer que le Co-Commissariat aux comptes et les mécanismes de
gouvernance peuvent être considéré comme garant de la confiance des actionnaires.

Nous avons considéré dans notre analyse que le niveau d’internationalisation


des cabinets d’audit (appartenance au réseau des grand cabinets d’audit BIG4, ou
non). Les résultats révèlent que les variables AUDIFIRM et AUDIFI_A semble être
positivement significatif au seuil de risque de 1%. Cela implique, que les firmes
cherchent à convaincre le marché de la fiabilité de leurs informations divulguées. En
effet, devant la difficulté voir l’impossibilité pour le public d’observer le
comportement opportuniste des dirigeants des entreprises, nous suggérons que la
présence de deux auditeurs BIG4 ont la capacité à résoudre les problèmes et les
dysfonctionnements spécifiques existant au sein d’une entreprise donnée et ils sont
capable, en tenant compte de son pouvoir de détection et d’explication, de résoudre
le problème auquel l’entreprise est confrontée. Ainsi, les recours aux cabinets BIG4
permet la récupération et le maintien de la confiance des actionnaires envers
l’efficacité des travaux d’audit.

En ce qui concerne les variables OPINION et ΔHONOR_AUD sont


respectivement positive et significative à l’ordre de 1% et 5% (P>|z| = 0.000 ; P>|z| =
0.021). En effet, l’opinion de l’auditeur est l’image concrète de son indépendance et
compétence. De plus, cette variable peut être interprétée par le fait que le dirigeant
de l’entreprise ne peut pas exercé des pressions sur les deux commissaires en même
temps. Ce qui permet a l’un d’eux au moins, d’émettre une opinion reflétant la
situation économique et financière réelle de l’entreprise ( Sundgren, Stefan, 2009).
De même, la littérature, nous permet de constater que l’indépendance de l’auditeur
est influencée par les honoraires perçus par ce dernier et par conséquen t la qualité de
son audit (Malone et Robert, 1996). Cependant, les actionnaires perçoivent les

133
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

honoraires d’audit comme facteur visant à contrôler et à atténuer le comportement


opportuniste des dirigeants. Ainsi, l’opinion et les honoraires d’audit servent
principalement d’indicateurs de la qualité de l’audit, affectant la confiance des
actionnaires. Par ailleurs, la durée de collaboration entre les associés signataire
(DUREE_COL) est négativement significative (-0.0179) à l’ordre de 10% (P>|z| =
0.058). Carey et Simnett (2006) suggèrent que durant les deux premières années la
qualité d’audit peut être faible à cause de la méconnaissance de l’entreprise et de son
environnement. Durant la deuxième phase (début de la 3 ème année jusqu'à la fin de la
5 ème année) la qualité de l’audit devient plus meilleure à cause de l’expertise acquis.
La troisième phase est caractérisée par l’absence de l’œil critique chez l’auditeur
affaiblit la qualité de son audit. En ce sens, nous avons constatés l’effet négatif de la
durée de collaboration entre les associés sur la confiance des actionnaires. Dans ce
cadre, le changement de l’un des associés signataires avant de collaboré ensemble au
moins deux ans, influence de manière négatif la mission et l’efficacité des travaux
d’audit, ce qui explique la méfiance des actionnaires.

Les variables IND_COMITE et CAD_IND sont positive (3.6022 et 6.6915) et


significative à l’ordre de 10% et 1% (P>|z| = 0.055 ; P>|z| = 0.008). En effet, le
conseil d’administration et le comité d’audit constituent des mécanismes de contrôle
des actions des dirigeants qui permettent de vérifier que les décisions prises sont
conformes à l’intérêt des actionnaires. Ainsi, l’indépendance des membres du comité
d’audit et du conseil d’administration peuvent être con sidéré comme mécanismes
médiateur aidant à la résolution des conflits entre auditeurs externes et direction
(Stewart et Munro, 2007). De plus, ils constituent deux facteurs influençant la
capacité de l’auditeur externe à résister aux pressions de l’audité. Ceci permet la
restauration et le maintien de la confiance des actionnaires envers l’efficacité du Co -
Commissariat aux comptes.

Le résultat des autres variables montre un effet négatif ( -0.2115 et -2.2957) et


significatif de la taille (SIZE) et l’endettement (LEV) de l’entreprise à raison de 10%
et 5% (P>|z| = 0.067 ; P>|z| = 0.022) sur la confiance des actionnaires. S’agissant des
caractéristiques de l’entreprise, nous constatons que plus une entreprise, est de
grande taille et plus l’auditeur trouve des difficultés à bien mener sa mission de

134
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

vérification. De même, les résultats suggèrent que plus une entreprise est endettée et
moins elle diffusera des informations sociétales dans son rapport annuel. Ce qui
explique la méfiance des actionnaires. Par contre, les actionnaires semblent être
intéressés par le rendement des actifs. De ce fait, la variable (ΔROA) à un impact
positif (8.7607) et significatif au seuil de risque de 5% (P>|z| = 0.024).

En ce qui concerne les variables de contrôle, la rémunération des dirigeants, la


variation du chiffre d’affaires, son statut de cotation (âge) sont notamment des
facteurs non déterminants de la confiance des actionnaires dans le contexte français.

135
Chapitre 3 : La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de l’efficacité du Co-
Commissariat aux comptes : validation empirique dans le contexte français

Conclusion du chapitre III

Notre recherche s’est focalisée, dans ce troisième chapitre sur la relation entre
la présence de deux vérificateurs et de quelques mécanismes de gouvernance et la
confiance des actionnaires.

Après avoir défini la notion de confiance comme étant la « présomption que,


en situation d’incertitude, l’autre partie va, y compris face à des circonstances
imprévues, agir en fonction de règles de comportement que nous trouvons
acceptables » (Bidault, 1998, p.34), notre démarche a débuté par la présentation de la
méthode d’analyse des données. En effet, le choix de la méthode de régression
logistique n’est pas arbitraire. Du fait que, les régressions classiques ne sont pas
adaptées aux variables à expliquer dichotomiques, les modèles logit et probit sont
plus adaptés. Ensuite, nous avons mis l’accent sur la sélection de notre échantillon,
la mesure des variables, ainsi que, la proposition de notre modèle de recherche.
Enfin, nous avons énoncés les résultats de la régression économétrique.

Sur le plan théorique, l’idée d’étudier la confiance d es actionnaires du coté


sociologique constitue un défi pour la plupart des chercheurs. En effet, une telle
définition est difficile à adoptée. La littérature soutient que la confiance des
actionnaires est influencée par plusieurs facteurs (Bennecib, 2004 ; Carey et Simnett,
2006 ; Tiphaine Compernolle, 2010). Par ailleurs, cette étude constitue à notre
connaissance un des premiers travaux qui se focalisent sur l’étude de l’effet du Co -
Commissariat aux comptes et des mécanismes de gouvernance sur la confianc e des
actionnaires.

Sur le plan empirique, nos résultats vérifient et valident nos hypothèses de


recherche. Cela revient à mentionner l’existence d’une relation positive et
significative entre le Co-Commissariat aux comptes et certains mécanismes de
gouvernance étudié sur notre variable dépendante. Nous pouvons donc conclure que
nos variables explicatives conduisent à la minimisation des manipulations de la part
des dirigeants, ce qui affecte la confiance des actionnaires.

136
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Chapitre 4

Qualité de l’audit et choix des


commissaires aux comptes : une
approche par la théorie des jeux

137
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Introduction

Dans la lumière des récents scandales financiers, l'indépendance de l’auditeur


est devenue le centre de nombreux débats. En effet, ses études cherchent
essentiellement à clarifier les processus permettant de minimiser les risques de non -
détection d’erreurs ou de fraudes dans les comptes financiers des clients. De même,
les scandales comptables ont ouvert un débat entre les universitaires, les régulateurs
et la profession comptable sur la façon de restaurer la confiance du public concernant
l’information financière divulgués par les sociétés. La discussion se concentre sur les
gestionnaires qui ont pris trop d’avantages et qui utilisent une comptabilité agressive,
trompeuse, voir même frauduleuse. En outre, la profession d'audit a été vivement
critiqué pour son effort insuffisant, à la fois lors de l'exécution des travaux de
vérification et lors de la déclaration des résultats au public (Zeff, 2003a, 2003b).

Nous avons constatés, la présence de quelques jeux dans la littérature d’audit


pour analyser l'interdépendance stratégique entre les stratégies adoptées par les
gestionnaires et les choix de l'effort qui sera appliqué de la part de l'auditeur (Magee
1980 ; Fellingham et Newman, 1985). Dans ces modèles, le gestionnaire peut soit
préparer les états financiers d’une manière correcte ou surestiment la situation
économique de son entreprise. De l’autre coté, l'auditeur peut soit procéder à une
vérification sommaire qui laisse des manipulations inaperçue, ou à une vérification
complète et approfondie.

Reste important à signaler que la démarche adoptée dans cette étude est de
type hypothético-déductif. L’importance de ce chapitre consiste à ce qu’il met en
évidence la validation empirique des hypothèses théoriques posées dans la première
partie. L’objectif est de construire un modèle empirique dessiné à tester la démarche
théorique.

La problématique de notre deuxième étude empirique consiste, en premier


lieu, à savoir quelle est la combinaison d’auditeurs possible permettant de garantir

138
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

une meilleure qualité d’audit, et en deuxième lieu, à s’interroger sur le sort du jeu
entre le collège commissaires aux comptes.

Afin de clarifier notre démarche méthodologique, la modélisation empirique


de cette étude sera scindée en trois sections. La première section sera consacrée aux
choix de la méthode statistique à utilisé. Dans la deuxième section nous présenterons
l’échantillon de notre étude et la collecte des données, la proposition de notre modèle
explicatif de la qualité de l’audit et la mesure des variables. En fin, une troisième
section dans laquelle nous présenterons les résultats et leur interprétation issues de
l’estimation économétrique de notre modèle de recherche.

Dans les pages suivantes, nous essayons de présenter les différents modèles
sous jacents aux hypothèses développées dans la partie théorique.

139
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Partie I : La méthode d’analyse des données : Aperçu sur


les données de panel

Présentation des choix Les tests


méthodologiques

Partie II : Sélection de l’échantillon, formation des variables et


modèle de recherche

Sélection de Choix des variables Jeu simple entre Co-


l’échantillon d’approximation Commissaires aux comptes
et modèle de la recherche

Partie III : Analyse statistiques, résultats et interprétations

Analyses descriptives Analyse bivariée : Matrice Analyse multivarié


univariés des corrélations de Pearson

Figure 4.1 : Structure du Chapitre 4

140
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Section 1 : La méthode d’analyse des données :


Aperçu sur les données de panel

Les données en panel possèdent deux dimensions : une pour les individus (ou
une quelconque unité d’observation) et une pour le temps. Elles sont généralement
indiquées respectivement par l’indice i et t. Il est souvent intéressant d’identifier
l’effet associé à chaque individu, c’est un effet qui ne varie pas dans le temps, mais
qui varie d’un individu à l’autre. Cet effet peut être fixe ou aléatoire (Dormont B.
(1989-1, 1989-2) ; Mairesse et Mohnen (1990, 1999)).

1.1. Présentation des choix méthodologiques :

L’utilisation des données de panel permet d’accéder à une quantité


d’informations considérable. Ce type des données couvre les deux dimensions :
individuelle (estimateurs between) et temporelle (estimateurs within). La dimension
individuelle prédomine souvent sur la dimension temporelle ; elle traite
essentiellement les disparités inter-individuelles et, par des outils économétriques,
vise à mieux expliquer le comportement des individus. Souvent ce sont des données
brutes qui proviennent des documents de synthèse comptables, ce qui explique une
certaine frustration que l’on peut ressentir quant à la qualité de ces données et à leur
capacité à représenter les phénomènes économiques 49.

En effet, l’économétrie des données de panel permet d’analyse r les


informations au niveau micro-économique, d’étudier le comportement des firmes, et
surtout, grâce aux logiciels informatiques et aux spécifications mathématiques, de
mettre en rapport les entrés (inputs) et les sorties (outputs) du processus de
production au sein de l’entreprise. L’utilisation de l’économétrie des données de
panel permet d’éviter les problèmes liés à l’agrégation des données (Griliches, 1994).
La possibilité d’obtenir des résultats asymptotiques et des estimations d’une bonne

49
Louzzani Y. : « Immatériel et performances des entreprises : cas des entreprises industrielles en France sur la
période 1994-1998 », thèse de doctorat en sciences de gestion, Université Toulouse I, Juin 2004.
141
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

précision que peut apporter l’économétrie des données de panel est une autre raison
de choisir cette méthode d’estimation.

Ainsi, nous pouvons conclure qu’à partir d’un même échantillon, les données
de panel permettent de faire des estimations dans les deux dimens ions, individuelle
et temporelle.

1.1.1. L’estimateur between (inter-individuel) :

Soit le modèle (1) 50 à erreurs composées :

Y it = x it β + u it (1)

Avec : i = 1, …, N ; t = 1, …, T et u it = c i + ε it

2
Où on suppose que : c i ~ N (0, σ a ) ; ε it ~ N (0, σ  ) et que c i et ε it sont des termes
2

aléatoires indépendants. Le résidu traduit les biais liés aux variables omises, il prend
en compte les spécificités individuelles à travers le terme c i .

Y est la variable endogène.


x est la variable explicative, indépendante de ε it .

On suppose que les deux variables sont centrées.


Ce modèle est fondé sur un postulat qui consiste à appliquer un même
paramètre à tous les individus et à toutes les périodes, on parle dans ce cas
d’homogénéité des comportements. Les estimations sont faites sur les niveaux
moyens des variables.

Cet estimateur résulte de l’application des moindres carrés ordinaires (MCO) au


modèle :
Y i. = x i. β + u i. (Moyennes individuelles) (2)

50
Le modèle présenté ci-dessus a une seule variable explicative. Les deux variables x et y sont
centrés, ce qui permet d’éliminer la constante.
142
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Avec : i = 1,…, N ; t =1,…, T


T
1
Où Yi . 
T
Y
t 1
it est la moyenne individuelle de y pour l’individu i, T est la durée.

Les variables transformées renseignent sur les niveaux moyens où se situent


les individus. La variance interindividuelle (ou between) est due aux écarts de
niveaux moyens entre les individus et correspond, de ce fait, à des différences
permanentes, ce qui permet de dire que les régressions faites sur ce type de modèle
correspondent à une estimation en coupe (Y. Louzzanni, 2004).

1.1.2. L’estimateur within (intra-individuel) :

Cet estimateur résulte de l’application des moindres carrés ordinaires au


modèle :

(Y it - Y i. ) = (x it – x i. ) β + (u it – u i. ) (3)

Avec : i = 1,…, N ; t =1,…, T

On parle également de modèle à effet fixe. L’application des MCO sur le


modèle (3) s’apparente à une estimation en série, véhiculant ainsi une information
d’ordre temporel. Ces régressions sont réalisées sur des écarts observés dans la
période autour des niveaux moyens.

Puisque axé sur la dimension temporelle, cet estimateur néglige une part
importante de l’information contenue dans les échantillons, et est, par ailleurs, très
sensible aux erreurs de spécification. Il élimine les effets individuels et l’auto
corrélation des variables diminue. Du fait de la prédominance de la dimension
temporelle, les corrélations avec la variable temps augmentent nettement par rapport
à la dimension totale. Notons également que dès que l’on suppose que la perturbation
du modèle est indépendante des variables explicatives, ces deux estimateurs sont
sans biais (Y. Louzanni, 2004).

143
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

1.1.3. L’estimateur total :

A partir de ces estimateurs linéaires, sans biais et orthogonaux, on peut définir

 
selon la valeur de μ des combinaisons des estimateurs between ˆ B (en coupe) et

 
within ̂W (en série). ˆ    ˆw  1   ˆB .
Le modèle estimé est :
Y i. = x it β + ε it (4)

Avec : i = 1,…, N ; t =1,…, T

Ainsi l’estimateur ‘total’, qui correspond à ̂ MCO estimateur des moindres carrés

ordinaires, pour lequel  est égal à la part de la variance


VW
intra-individuelle des x

(variables explicatives) dans leurs variances totales :   VW ( x) V ( x) suppose la non


existence des effets spécifiques.

Les estimateurs MCO, situés dans la dimension totale où les variations


temporelles sont négligeables devant les variations inter-individuelles, ont beaucoup
de difficultés à appréhender les phénomènes dynamiques. En revanche, ils sont plus
robustes vis-à-vis d’une mauvaise spécification de la théorie modélisée (Y.
Louzanni, 2004).

1.1.4. L’estimateur des MCG :

Traditionnellement, on rajoute aux estimateurs précités, l’estimateur ̂ MCO qui


est seul à être efficace à distance finie. La méthode des MCG, qui est, rappelons le,
une combinaison des méthodes within et between, permet d’obtenir un estimateur
efficace dans les modèles à effets aléatoires, c’est à dire dans les modèles où les
effets spécifiques ne sont pas corrélés avec les variables explicatives (en revanche,
dans le cas où les variables explicatives sont corrélées avec les effets spécifiques,

144
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

modèles à effets fixes, l’estimateur le plus efficace est donné par la méthode
‘within’).

Selon le niveau de précision de la spécification et l’importance du nombre


d’observations (N) et de la période étudiée (T), on utilise tel ou tel estimateur. Si,
d’une part, la spécification du modèle est bonne, et d’autre part N et T tendent vers

l’infini, les estimateurs, ̂ MCO , ̂ MCG ,  B , ̂W convergent en probabilité vers β.


ˆ

Enfin, pour résumer nous pouvons souligner que dans le cas d’une non
convergence entre les différents estimateurs l’essentiel de l’information est transmis
par les deux estimateurs, total (MCO) ou des MCG (selon que les effets existent ou
non) et temporel (intra). De ce fait, les estimations des MCG s’apparentent aux
régressions à caractère de ‘coupe’ privilégiant les différences interindividuelles, et
l’estimateur temporel correspond plutôt aux régressions à caractère ‘chronique’,
prenant surtout en compte la dimension temporelle (Y. Louzanni, 2004).

1.2. Les tests

Dans le cadre de ce papier de recherche, deux tests ont été nécessaires pour la
réalisation de notre étude :

1.2.1 Test d’existence ou non d’effets spécifiques :

L’existence d’un ou plusieurs effet doit conduire à opter aux méthodes à effet
fixe, le within, ou aux méthodes à effet aléatoire, les MCG. Dans le cas contraire,
c’est à dire le non existence d’effet, ce sont les méthodes des MCO qui sont utilisées.
Les étapes poursuivies pour la réalisation de ce test sont les suivantes :
Prenant le même modèle (1) :
Y it = x it β + c i + ε it

Avec : i = 1,…, N ; t =1,…, T


H 0 : c 1 = c 2 = … = c n-i = 0
145
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

H1 : ci ≠ 0 ; avec : i = 1,2,…, N-1

Soit ˆMCO  y  x MCO et ˆW  y  xW . La statistique de Fisher est donnée par :

TN  N  Z ˆMCO
'
ˆMCO  ˆW' ˆW  F N  1, TN  N  Z 
N  1ˆMCOˆMCO  ˜
F '

Où :
Z représente le nombre de variables explicatives,
T représente le nombre d’années,
N représente le nombre d’observations.

1.2.2 Test d’Hausman (1978) :

Le test de spécification d’Hausman (1978) est un test général qui peut être
appliqué à des nombreux problèmes de spécification en économétrie. Mais son
application la plus répandue est celle des tests de spécification des effets individuels
en panel. Il sert ainsi à discriminer les effets fixes et aléatoires. L’idée générale du
test d’Hausman est à la fois simple et géniale. Supposons que l’on cherche à tester la
présence éventuelle d’une corrélation ou d’un défaut de spécification. Admettons que
l’on dispose de deux types d’estimateurs pour les paramètres du modèle étudié. Le
premier estimateur est supposé être l’estimateur non biaisé à variance minimale sous
l’hypothèse nulle de spécification correcte du modèle (absence de corrélation). En
revanche, sous l’hypothèse alternative de mauvaise spécification, cet estimateur est
supposé être biaisé. On suppose que le second estimateur est non biaisé dans les deux
cas. Dès lors, il suffit de comparer une distance, pondérée par une matrice de
variance covariance, entre les deux estimateurs pour pouvoir déterminer si la
spécification est correcte ou non. Si la distance est statistiquement nulle, la
spécification est correcte, on choisit le premier estimateur. Si la distance est
importante, le modèle est mal spécifié 51.
On prenant le même modèle :

51
Hurlin Christophe : « L’économétrie des données de Panel » ; Ecole Doctorale Edocif, P. 49.
146
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Y it = x it β + c i + ε it

Avec : i = 1,…, N ; t =1,…, T


L’hypothèse testée concerne la corrélation des effets individuels et des variables
explicatives.
H 0 : E (c i /x it ) = 0
H 1 : E (c i /x it ) ≠ 0
Avec : i= 1,…, N ; t =1,…, T

La statistique de χ 2 est donnée par :

  
H  Jˆ ' V Jˆ
1
Jˆ ~  Z  1
2

Jˆ  ˆMCG  ˆW
Z représente le nombre de variables explicatives.

Comme exposé dans le troisième chapitre, la régression logistique est l’outil


adapté pour notre deuxième étude empirique.

Section 2 : Sélection de l’échantillon, formation des


variables et modèle de recherche

Nous proposons de présenter dans le cadre de cette section la méthodologie de


notre travail empirique qui cherche à tester, dans le contexte Français et ce pour la
période s’étalant de 2005 à 2010, la relation entre la qualité d’audit et le choix du
collège commissaires aux comptes. Ainsi, que les conséquences de la divulgation des
informations de la part de ses entreprises qui sont tenu de nommé deux auditeurs de
part la loi. Afin d’examiner cette relation, la constitution de l’échantillon, la
définition et la mesure des variables et la constitution du modèle sont mis en œuvre
pour tester nos hypothèses précité.

147
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

2.1. Sélection de l’échantillon :

La population de départ de notre deuxième étude regroupe l’ensemble des


entreprises Françaises cotées appartenant à l’indice SBF 250. Cet indice, a pour objet
de représenter l’évolution des Premier, Second et Nouveau Marché dans leur
ensemble. En effet, il est composé des 120 Sociétés du SBF 120 (y compris les 40
entreprises du CAC 40) de plus 130 autres valeurs cotées. Il en découle que cet
indice s’appuie sur une nomenclature sectorielle, et est composé des valeurs les plus
capitalisées de chaque secteur (source : http://euronext.com indices nationaux).

En effet, notre échantillon est composé de trois sous-échantillons. Le premier


sous-échantillon contient les entreprises Françaises cotées auditées par deux
auditeurs BIG4. Le deuxième contient les entreprises Françaises cotées auditées par
un auditeur BIG4 et un autre auditeur NON BIG4. Le dernier sous -échantillon
contient les entreprises auditées par deux auditeurs NON BIG4.

Les variables comptables ainsi que les variables financières de notre modèle
économétrique ont été extraites de la base de données Data Stream et des documents
de références publiés par les entreprises sur le site des autorités des marchés
financiers (http://www.amf-france.org), durant la période 2005 à 2010. En fait, avec
les données extraites de la base de données Data Stream, ce site comporte toutes les
entreprises de l’échantillon, leurs adresses, leurs courriers électroniques (e -mail)
ainsi que ses états financiers annuels (les bilans consolidés, les états de r ésultats, les
états flux de trésorerie, les notes aux états financiers…) observés sur la période 2005
à 2010.

A partir de ce panel de données, les sélections et les modifications suivantes


ont été effectuées :

A l’instar de quelques travaux de recherche (Marmousez, 2012), les


institutions financières, gouvernement hors finance et les établissements non
classifiables sont exclues de l’échantillon d’analyse. Ces groupes évoluant dans des
environnements réglementaires spécifiques, les mesures standards de p erformance,
148
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

tant comptables que financières, utilisées dans cette thèse pourraient voir leurs
capacités explicatives altérées ou pourraient biaiser les estimateurs de notre modèle
testé.
Les tableaux 4.1 et 4.2 présentent la composition de notre échantillon et une
ventilation d’entreprises par secteur d’activité.

Tableau4.1 : Composition de l’échantillon (étude empirique n° 2)

Période d’échantillonnage
2005 - 2010
Sociétés cotées du SBF 250 250
- rapports annuels non disponibles -41
- données manquantes ou niveau de détail insuffisant -23
Échantillon final 186

Tableau 4.2 : Caractéristique de l’échantillon

Secteur Code Euronext N


Services aux consommateurs 5000 29
Industries 2000 39
Matériaux de base 1000 8
Technologie 9000 42
Services aux collectivités 7000 7
Biens de consommations 3000 32
Santé 4000 24
Télécommunication 6000 2
Pétrole et Gaz 0001 3
Total 186

2.2. Choix des variables d’approximation :

Plusieurs recherches ont développé des construits multidimensionnels de la


qualité d’audit (Schroeder et Al, 1986 ; Carcello et Al, 1992 ; Behn et al., 1997,
etc...). Chaque étude se contente d’établir, en se basant soit sur la littérature
149
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

académique et/ou professionnelle des « proxies » pour évaluer la qualité de


l’auditeur. Cette complexité provoque une situation d’ambiguïté sur la pertinence de
ces indicateurs. A fin de clarifier notre démarche, nous essayons via une revue de la
littérature enrichissante de modéliser empiriquement les relations entre ses
différentes variables.

De ce fait, dans ce paragraphe nous nous mettrons l’attention sur le choix des
variables opérationnelles destinées à être testées dans notre modèle statistique.
L’organisation est de la façon suivante : nous présentons dans un premier temps la
variable à expliquer (ou variable dépendante), puis dans un second temps les
variables explicatives destinées à tester nos hypothèses. Un tableau de synthèse
résume enfin la définition de chaque variable et sa méthode de calcul.

2.2.1. Variable dépendante : La qualité de l’audit (SCORE)

En se basant sur la littérature, nous essayons de déterminer une méthode pour


mesurer la qualité de l’audit. En effet, l’évaluation de la qualité de l’audit et de
l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes représente le centre d’intérêt de cette
étude. De leur coté, Manita et Chemengui (2007) soulignent qu’elle est purement
complexe de les simplifiée à une seule dimension. Elle n’est pas directement
observable et dépend des critères difficiles à saisir, tel que le cas de l’évaluation de
«l’indépendance». Par ailleurs, la faillite du cabinet Arthur Andersen, montre
clairement la remise en cause et l’insuffisance de ces concepts classiques à
expliquer, à eux seuls, la qualité d’audit.

Pour ce faire, nous proposons le calcul d’un score de la q ualité de l’audit. En


ce sens, plusieurs facteurs influencent la qualité de l’audit (Bennecib, 2004 ; Manita
et Chemengui, 2007 etc…). Selon Manita et Chemengui (2007) les auditeurs doivent
posséder des connaissances et une expérience suffisantes pour mene r à bien une
mission d’audit financier. De même, Aldesier (1995) à montrer que parmi 11 facteurs
influençant la qualité de l’audit, l’expérience du cabinet permet d’améliorer la
qualité de l’audit offerte.

150
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Dans une activité comme l’audit, les rémunérations de l’auditeur ont été
identifiées comme un facteur influençant la qualité de son audit. De même, Leenox
(1999a) affirme que les montants élevés des honoraires sont interprétée par la
littérature comme signe d’une bonne qualité d’audit. En parallèle de ce s facteurs
nous citons aussi l’indépendance des membres du conseil d’administration et du
comité d’audit.

Dans le cadre de cette étude, il est nécessaire de déterminer la méthode du


calcul du score. En ce sens, une méthode dite « simple » qui consiste à totaliser pour
chaque entreprise les points obtenus après lecture du support d’information et une
deuxième dite méthode de pondération qui consiste à pondérer les scores obtenus par
le score le plus élevé dans l’échantillon ou par le nombre des items forma nt l’indice
en question (Paugam et Casta, 2012).
Dans le cadre de ce travail on utilise la méthode de pondération. Le score de la
qualité de l’audit est calculé dans une première étape de la manière suivante :

 5 
IND_QUALITE it =  VARi ,t / N 
 J 1 

Avec :
 INDQUALITE it : c’est le niveau de la qualité de l’audit calculé pour
l’entreprise i
 VAR it : c’est l’ensemble des variables constituant notre indice qualité. Ces
variables sont :
- Confiance it : prend la valeur 1 si la moyenne des cours de clôture
journalière en bourse durant la semaine qui suit la publication du rapport et
l’émission de l’opinion des commissaires aux comptes augmente par rapport
aux cours de clôture journalière en bourse durant la semaine qui précède la
publication du rapport et l’émission de l’opinion des commissaires aux
comptes et 0 dans le cas contraire (Benali A., 2013) ;
- Rotation it : égale 1 si l’entreprise à changer son auditeur soit à cause de
la fin de son mandat soit suite à un litige, 0 sinon ;

151
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

- Expérience 1 it : égale 1 si l’auditeur 1 à un nombre élevé de clients (dans


notre étude, supérieur à 15), 0 sinon ;
- Expérience 2 it : égale 1 si l’auditeur 2 à un nombre élevé de clients (dans
notre étude, supérieur à 15), 0 sinon ;
- Opinion it : égale 1 si les deux auditeurs certifient sans réserves les états
financiers de l’entreprise et 0 sinon.
 N : c’est le nombre total des variables utilisés pour mesurer la qualité de
l’audit.

Après le calcul de notre indice qualité, le score sera affecté de la manière suivante :
SCORE_QUL it : égal 1 si la valeur de l’indice qualité est supérieure à la moyenne, 0
si non.

2.2.2. Mesure des variables explicatives liés à la qualité de l’audit

2.2.2.1. Variables indépendantes

Il est bien entendu que les études empiriques en matière de qualité d’audi t ont
utilisées de différentes mesures. Les mesures employées portent sur les inputs aussi
que les outputs des travaux de vérifications des auditeurs. Dans ce sens, la plupart
des études ont mesurés la qualité de l’audit par deux mesures essentielles à sav oir la
compétence et l’indépendance (Chrystelle Richard, 2006 ; Elizabeth Carson, 2009).
Toutefois, Hazgui et al., (2010) ont identifié 16 défaillances affectant la qualité de
l’audit. Celles-ci sont ainsi rattachées à des problèmes de compétence et
d’indépendance de l’auditeur. En effet, ces défaillances sont en grande partie
considérées comme facteurs de non-qualité. C'est-à-dire qu’elles peuvent être
rattachées à un défaut lié à l’un des deux dimensions suivantes à savoir la
compétence ou l’indépendance. En plus, l’introduction des différentes mesures n’a
pas pu absorber les scandales financiers apparus durant la dernière décennie et la
crise de confiance qu’a connue le marché dans les rapports d’audit.

152
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Dans le cadre de cette étude, notre souci est d’étudier laquelle des
combinaisons des cabinets d’audits permettant de garantir une meilleure qualité de
l’audit. Ainsi, à l’instar de quelques travaux de recherche associant la qualité de
l’audit à la présence du Co-Commissariat aux comptes (Bennecib, 2004 ; Paugam et
Casta, 2012, etc…), nous essayons de tester cette relation via les variables
indépendantes suivantes :

 AUDITOR_PAIR it : est l'un des trois variables binaires suivantes :


 BIG4_BIG4 : égal 1 si l’entreprise est auditée par deux BIG4, 0 si non ;
 BIG4_SMALL : égal 1 si l’entreprise est auditée par un BIG4 et un NON
BIG4, 0 si non ;
 SMALL_SMALL : égal 1 si l’entreprise est auditée par deux NON BIG4, 0
si non.
 HONOR_AUDit : variation des honoraires d’audit entre (t) et (t -1) divisé par
total des honoraires (t-1) ;
 SIZE it : Cette variable mesure la taille de l’entreprise en fonction du log de
son total de bilan
 LEV it : mesuré par le ratio : dettes (t-1)/ total actif (t-1).
 ROAit : variation du ratio ROA entre t et t-1

2.2.2.2. Les variables de contrôles

En plus des variables principales, nous ajoutons quelques variables de contrôle


issues de la littérature antérieure qui permettent de compléter la spécification de
notre modèle de recherche.
 CEO it : égale à 1 si l'entreprise i subit un changement du dirigeant (PDG) en t-
1 ou t et 0 sinon.
 IND_CEO it : égale 1 si le président directeur générale (PDG) de l’entreprise
est indépendant et 0 sinon.
 AGEit : logarithme népérien du nombre d’années de cotation de l’entreprise.

153
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

2.3. Jeu simple entre Co-Commissaires aux comptes et modèle de la


recherche :

Tout au long de notre étude empirique, nous essayons d’étudier la relation


entre la qualité de l’audit et le Co-Commissariat aux comptes. De plus, en se basant
sur la théorie des jeux simples (Paugam et Casta, 2012), nous apportons la preuve
que la combinaison d’auditeurs BIG4/NON BIG4, permet d’assurer et de générer une
meilleure qualité des informations financières divulgués, d’où une meilleure qualité
de l’audit.

Ainsi, nous contribuons à la littérature à deux niveaux. Tout d'abord, nous


approfondissons la compréhension des conséquences de l'exigence de la vérification
conjointe française sur la qualité des états financiers. Par conséquent, les interactions
stratégiques entre les Co-Commissaires pour l’évaluation et le jugement de qualité
des états financiers demeurent d’importance considérable. Au meilleur de notre
connaissance, cette étude est la première à utiliser la théorie des jeux pour étudier la
qualité de l’audit en présence du Co-Commissariat. Deuxièmement, nous contestons
l'idée que deux auditeurs BIG 4 prouvent nécessairement la qualité des états
financiers. Compte tenu des interactions stratégiques entre les Co -Commissaires,
nous apportons la preuve que la relation entre les Co -Commissaires et la qualité des
états financiers peut être plus complexe que deux BIG 4 valent mieux qu'un BIG 4,
qui est mieux que rien.

2.3.1. Jeu simple entre commissaires aux comptes

Comme la loi sur la sécurité française exige que chaque Co -vérificateur vérifie
le travail entrepris par l'autre auditeur indépendant menant au rapport d'audit
conjoint, la déclaration conjointe de vérification peut être considérée comme le
résultat d'un jeu non coopératif entre les deux commissaires aux comptes.

La théorie des jeux a déjà été utilisée pour décrire les relations entre une
entreprise et son (unique) vérificateur. En ce sens, des relations stratégiques sont

154
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

analysés dans un ensemble de jeux coopératifs (Hatherly et al., 1996). Demski et


Swieringa (1974) avance que «la structure tarifaire est (en collaboration) convenu»
entre l'auditeur et l'audité et qu'ils partagent les coûts potentiels juridiques associés
aux méthodes comptables inacceptables. Hatherly et al. (1996) et Antle et Nalebuff
(1991) considèrent également que l’auditeur et l'audité conclu un commun accord sur
une stratégie bien défini et sur le processus de vérification à mettre en œuvre. D'un
autre côté, d'autres études supposent des interactions non coopératifs entre auditeur
et l'audité (Fellingham et Newman, 1985 ; Cook et al., 1997). Dans ce cadre
l'auditeur peut prendre des mesures pour contrôler l'audité. À notre connaissance, la
théorie des jeux n'a jamais été utilisée pour modéliser les interactions entre les Co -
Commissaires aux comptes en relation avec la qualité de l’audit. Dans ce qui suit,
nous décrivons notre modèle du jeu simple et nous rappelons nos hypothèses.

Comme les entreprises peuvent être réticentes à divulguer volontairement,


leurs informations, le résultat socialement désirable de l'audit es t d'obliger les
entreprises à produire des niveaux suffisants de divulgation de ses informations. En
effet, la nature concurrentielle du secteur de l'audit peut être structurée comme un jeu
non coopératif entre les auditeurs. Ainsi, pour déterminer le nive au de l'information
produite par les entreprises, les auditeurs peuvent décider de prendre ou de ne pas
prendre des mesures correctives afin de garantir l’accès à l’information de la part du
public.

2.3.1.1. Jeu de deux joueurs avec un pair homogène d’auditeurs

Nous émettons l'hypothèse que les Co-Commissaires aux comptes (dans ce cas
deux auditeurs de type BIG4 ou bien deux auditeurs de type NON BIG4 (SMALL)
ont le choix entre deux stratégies : soit prendre des «Mesures Correctives» pour
augmenter le niveau de divulgation des informations ou de prendre «Aucune Action».
En outre, nous supposons que :

- Prendre des mesures correctives pour améliorer le niveau de divulgation génère


des coûts C MC pour les auditeurs. Ces coûts sont partagés à parts égales en tre les

155
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

deux commissaires aux comptes (1/2 * C MC ) où ils ont tous les deux décider de
prendre des mesures correctives (le coût d’ «Aucune Action» sont mis à zéro). De
plus, les auditeurs supportent la totalité des coûts C MC quand ils décident seul de
prendre des mesures correctives.

- Si aucun des deux auditeurs ne prend pas des mesures correctives le niveau de
divulgation volontaire des informations sera «faible», mais le choix de l’un des deux
auditeurs de prendre des «mesures Correctives» est suffisant pour générer un «haut»
niveau de divulgation de l’information et qui constitue l’optimum social (solutions
marqués d'une étoile dans le tableau 4.3).

Tableau 4.3 : Stratégies des auditeurs et niveau de divulgation des informations


Auditeur 1
Mesures correctives Aucune Action
*
Auditeur 2 Mesures correctives Haute divulgation Haute divulgation *
Aucune Action Haute divulgation * Faible divulgation
Le tableau 4.3 décrit le niveau de divulgation de l’information conditionnellement aux stratégies des
commissaires aux comptes. Les résultats optimaux sont indiqués avec une étoile.

- Enfin, si les auditeurs sont associés à une entreprise à faible niveau de


divulgation, ils supportent les coûts de réputation C REP . Ces coûts sont partagés à
parts égales (1/2 * C REP ) entre les deux auditeurs.

Avec un pair homogène d’auditeurs, les stratégies et les résultats peuvent être
représentés sous la forme présentée dans le tableau 4.4.
Tableau 4.4 : Résultat du jeu avec deux auditeurs de même type
Auditeur 1
Mesures Aucune action
Correctives
Mesures Correctives (-1/2*C MC ; -1/2*C MC ) (0 ; - C MC )
Auditeur 2 Aucune Action (-C MC ; 0) (-1/2*C R E P ; -1/2*C R E P )
Le tableau 4.4 décrit les gains du jeu conditionnels aux stratégies des acteurs. C MC représente les
coûts de l'adoption des «Mesures Correctives», le C REP sont les coûts de réputation en cas d’une
faible divulgation d’information, «Aucune Action».

156
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Ainsi, la solution de l’équilibre de Nash pour ce jeu entre les deux auditeurs
dépendra de la valeur de la stratégie relative à des coûts des «Mesures Correctives»
par rapport aux coûts générés par la stratégie des coûts de réputation notée «Aucune
Action».

Lemma1 :

Si 1/2 * C REP < C MC , alors la solution d'équilibre de Nash est donnée quand à la fois
les deux auditeurs ne prennent pas les mesures correctives similaires à la solution du
dilemme du prisonnier.

Preuve :

Si l’auditeur n°1 choisit de prendre comme stratégie : «Aucune Action»


Cette stratégie domine lorsque :
 L’auditeur n°2 choisit de prendre comme stratégie des «Mesures Correctives»,
car -1/2 * C MC <0.
De même, elle domine aussi quand :
 L’auditeur n°2 choisit de faire «Aucune Action», depuis 1/2 * C REP < C MC par
hypothèse.
Le même argument vaut pour l'autre joueur.

La signification de ce résultat est que si les coûts de réputation sont assez bas,
soit parce qu'ils sont faibles en termes absolus, soit parce qu'elles sont partagées par
les deux commissaires aux comptes, les auditeurs choisissent de prendre «Aucune
Action» et le niveau de divulgation de l’information qu’estime le public sera trop
faible. C'est le cas typique dans le jeu du dilemme du prisonnier. Par conséquent,
nous faisons l'hypothèse suivante :

H1 : La qualité de l’audit produite par un pair homogène d’auditeurs


(BIG4_BIG4)/(SMALL_SMALL) est moins inférieure que celle produite par un pair
hétérogène.
157
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

2.3.1.2. Jeu de deux joueurs avec un pair hétérogène d’auditeurs

Nous introduisons dans ce paragraphe deux joueurs de types différents : un


auditeur de type BIG4 et un autre de type NON BIG4.

 En raison des économies d'échelle et du capital humain, les coûts du choix de


prendre des «Mesures Correctives» pour atteindre le même niveau de
divulgation pour les NON BIG 4 sont plus importants que pour les BIG 4 de
sorte que :

 K * CMC (Avec k>1) 52.


NB 4
C MC

Nous faisons l'hypothèse d'une relation linéaire entre les coûts des auditeurs
NON BIG 4 et les coûts des auditeurs BIG 4. Si les deux commissaires aux comptes
décident de prendre des «Mesures Correctives», les coûts sont réduits pour les
auditeurs BIG 4 de 1/2*C MC , et à k/2*C MC pour les auditeurs NON BIG 4.

 Les coûts de réputation C REP généré lorsque l’auditeur est associé avec une
entreprise ayant un faible niveau de divulgation sont plus élevés pour un BIG
4 que pour les NON BIG 4 parce qu'ils n’ont «plu s à perdre» (DeAngelo 1981,
183). Dans notre modèle, nous faisons l'hypothèse que tous les coûts de
réputation chutent sur l’auditeur BIG 4, alors qu’aucun coût de réputation
pour l’auditeur NON BIG 4.

Avec un pair hétérogène d’auditeur les stratégies et les résultats des acteurs,
peuvent être représentés de la manière suivante dans le Tableau 4.5.

52
Nous croyons que la détection des anomalies et risques dans le cadre d’une mission d’audit constitue un cadre
idéal car ils reposent sur la compétence du capital humain que les auditeurs NON BIG 4 sont moins susceptibles
d'être propriétaires.
158
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Tableau 4.5 : Jeu de deux joueurs avec un pair hétérogène d’auditeurs


Auditeur BIG 4
Mesures correctives Aucune Action
Auditeur NON Mesures correctives (-1/2*C MC ; -k/2*C MC ) (0 ; -k*C MC )
BIG 4 Aucune Action (-C MC ; 0) (-C R E P ; 0)
Le tableau 4.5 décrit les gains conditionnels aux stratégies des acteurs. C MC représente les coûts de
l'adoption de la stratégie «Mesures Correctives», C REP sont les coûts de réputation en cas d’un faible
niveau de divulgation d’informations.

Comme dans le cas précédent, la solution d'équilibre de Nash pour ce jeu de


deux joueurs avec deux types différent d’auditeurs dépendra de la valeur relative des
coûts du choix de la stratégie «Mesures Correctives» par rapport aux coûts de
réputation engendrée par un faible niveau de divulgation.

Lemma 2 :

Si C REP > C MC alors la solution d'équilibre de Nash est donné lorsque l’auditeur de
type BIG 4 choisit de prendre des «Mesures Correctives», et l’auditeur de type NON
BIG 4 choisit de prendre «Aucune Action».
Preuve :

Si l’auditeur de type Non-BIG 4 choisit de prendre comme stratégie : «Aucune


Action», cette stratégie domine strictement celle choisit par l’auditeur de type BIG 4,
depuis –K * C MC < –K / 2 * C MC < 0. En outre, compte tenu de la stratégie choisit par
l’auditeur Non-BIG 4, le choix de l’auditeur BIG 4 de prendre des «Mesures
Correctives» domine le choix d’ «Aucune Action» si et seulement si C REP > C MC .
La compréhension de ce résultat est que, l’auditeur Non-BIG 4 va supporter un coût
de réputation (correspond ici au choix d’«Aucune Action») moins couteux et fait face
ainsi, à des coûts plus élevés pour mettre en œuvre le choix de prendre des «Mesures
Correctives» comme stratégie. En effet, un cabinet Non-BIG 4 n’a aucune incitation
à prendre le choix des «Mesures Correctives». Ainsi, le choix de la stratégie «Aucune
Action», domine strictement l'autre stratégie. En conséquence, l’auditeur Non-BIG 4
joue le rôle d'un passager profiteur de la situation. Étant donné le choix de l’auditeur

159
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Non-BIG 4, l’auditeur BIG 4 ne choisi de prendre des mesures correctives que si les
coûts de réputation associés à un faible niveau de divulgation dépassent les coûts de
prendre seul des mesures correctives. En conséquence, nous faisons l'hypothèse
suivante :

H2 : La qualité de l’audit produite par un pair hétérogène d’auditeurs (BIG4 / NON


BIG 4) est plus meilleure que celle produite par un pair homogène.

Dans le cadre de cette étude, la spécification mathématique de notre modèle


peut prendre la forme suivante :

Étude empirique n°2 : modèle de la théorie des jeux simples relatif à la qualité de
l’audit en présence du Co-Commissariat aux comptes.

SCORE_QUL it = α 0 + α 1 AUDITOR_PAIR it + α 2 HONOR it + α 3 LEV it + α 4 SIZE it


+ α 5 ROA it + α 6 CEO it + α 7 INDCEO it + α 8 AGE it +  it .
Avec :
SCORE_QUL it : égal 1 si la valeur de l’indice qualité est supérieure à la moyenne, 0
si non.

AUDITOR_PAIR it : est l'un des trois variables binaires suivantes :


 BIG4_BIG4 : égal 1 si l’entreprise est auditée par deux BIG4, 0 si non ;
 BIG4_SMALL : égal 1 si l’entreprise est auditée par un BIG4 et un NON
BIG4, 0 si non ;
 SMALL_SMALL : égal 1 si l’entreprise est auditée par deux NON BIG4, 0 s i
non.
HONOR it : le rapport entre honoraires d’audit entre (t) et (t-1) divisé par total des
honoraires (t-1) ;
LEV it : mesuré par le ratio : dettes (t-1)/ total actif (t-1).
SIZE it : Cette variable mesure la taille de l’entreprise en fonction du log de so n total
de bilan.
ΔROA it : variation du ratio ROA entre t et t-1 ;

160
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

CEO it : une variable dichotomique égale à 1 si l'entreprise i subit un changement


dirigeant en t-1 ou t et 0 sinon ;
INDCEO it : égale 1 si le président directeur générale (PDG) de l’entrepr ise est
indépendant et 0 sinon ;
AGE it : logarithme népérien du nombre d’années de cotation de l’entreprise.

161
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Tableau4.6 : Récapitulatif des variables de recherche de l’étude empirique n° 2


Niveau de Variables Mesure retenue par référence aux études
recherche antérieures
Un indice de mesure de la qualité de l’audit.
(Paugam et Casta, 2012).
Etude INDQUALITE it
CONFIANCE égale 1 si la moyenne des
empiriqu cours après une semaine
 5

e n° 2 =  VARi ,t / N  de la publication du
rapport d’audit > la
 J 1  moyenne des cours avant
une semaine de la
publication du rapport
Calcul de la d’audit et 0 sinon (Benali
variable A., 2013).
dépendante 1 0 égale 1 si l’entreprise a
ROTATION
changé l’un de ses
auditeurs, 0 sinon (Carey
et Simnett, 2006).
EXPERIENCE Pour chacun des deux
auditeurs cette variable
égale 1 si l’auditeur à un
nombre élevé de clients
(supérieur à 15), 0 sinon
(Aldesier, 1995).
OPINION égale 1 si les deux
SCORE_QUL auditeurs certifient sans
réserves les états
financiers de l’entreprise
et 0 sinon

AUDITOR_PAIR BIG4_BIG4 égal 1 si l’entreprise est


auditée par deux BIG4, 0
si non (Paugam et
Casta, 2012).
BIG4_SMALL égal 1 si l’entreprise est
auditée par un BIG4 et un
NON BIG4, 0 si non
(Paugam et Casta,
Variables 2012).
explicatives SMALL_SMALL égal 1 si l’entreprise est
auditée par deux NON
BIG4, 0 si non (Paugam
et Casta, 2012).
HONOR C’est le rapport entre la somme des honoraires
des deux auditeurs et le total des actifs (Manita
et Chemengui, 2007).
LEV Mesuré par le ratio : dettes (t-1)/ total actif (t-1)
(Francis et al, 1999).
SIZE Le logarithme népérien du total actif de la firme i
à l’instant t (Francis et al, 1999).
ΔROA variation du ratio ROA entre t et t-1
Variables de CEO égale à 1 si l'entreprise i subit un changement
contrôle dirigeant en t-1 ou t et 0 sinon (Naser M.
AbuGhazaleh et al., 2011).
INDCEO égale 1 si le président directeur générale (PDG)
de l’entreprise est indépendant et 0 sinon (Naser
M. AbuGhazaleh et al., 2011).
AGE Le logarithme népérien du nombre d’années de
cotisation de l’entreprise

162
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Section 3 : Analyse statistiques, résultats et


interprétations

Pour mener à bien notre analyse empirique des données recueillies, nous
adoptons une démarche de tests statistiques, (celle adapté par Evard et al., 2003 ; p.
351) structurée autour de trois familles de méthodes. En premier lieu, une analyse
univariée qui nous permet de décrire les caractéristiques de notre échantillon. En
deuxième lieu, une analyse bivariée qui nous permet d’étudier la corrélation entre les
variables. Enfin une analyse multivarié qui correspond à des relations entre groupes
de variables dans le cadre de l’analyse explicative.

3.1. Analyses descriptives univariés

3.1.1. Description générale de l’échantillon

Le tableau 4.7, montre la répartition de notre échantillon composé de 186


sociétés par types de collèges commissaires aux comptes.

Tableau 4.7 : Répartition des 186 sociétés selon le type de collège commissaires aux
comptes
Nombre de sociétés Pourcentage
2 Big 4 64 34,40%
1 Big 4 et 1 Non-Big 4 75 40,32%
2 Non-Big4 47 25,26%
Total 186 100%

D’après le tableau 4.7, il apparait qu’environ 35% des entreprises sont


auditées par un paire d’auditeurs de type Big 4 (BIG4BIG4) au cours de la période,
41% des entreprises sont vérifiées par un paire d’auditeurs de type Big 4 jumelé avec
un Non-Big 4 (BIG4SMALL) et les 25% autres sont auditées par un paire d’auditeurs
de type Non-Big 4 (SMALLSMALL).

163
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

3.1.2. Statistiques descriptives

Tableau 4.8 : statistiques descriptives des 186 sociétés selon le type de collège
commissaires aux comptes

variables N Deux Big 4 1 Big 4 et 1 Non- Deux Non-Big4


Big4
(N = 64) (N = 75) (N = 47)
Moyenne Ecart- Moyenne Ecart- Moyenne Ecart-
type type type
SCORE 186 .6406 .4800 .6406 .4800 .6406 .4800
BIG4BIG4 186 .4130 .4926 - - - -
BIG4SMALL 186 - - 1.9970 1.7856 - -
SMALLSMALL 186 - - - - .3028 .4597.
HONOR 186 .6018 .3400 .6648 .2022 .6061 .3399
LEV 186 .5534 .1810 .5642 .1439 .5534 .1810
SIZE 186 3.2029 .9535 7.0692 2.2169 3.4056 1.5339
ROA 186 .0364 .0686 .0524 .0939 .05199 .0935
CEO 186 .2855 .4674 .2855 .4674 .2855 .4674
INDCEO 186 .5733 .2043 .4435 .2453 .5592 .2185
AGE 186 1.4259 .46909 1.4259 .4690 1.4259 .4690
SCORE_QUL it : égal 1 si la valeur de l’indice qualité est supérieure à la moyenne, 0 si non ;
AUDITOR_PAIR it : est l'un des trois variables binaires suivantes :
 BIG4_BIG4 : égal 1 si l’entreprise est auditée par deux BIG4, 0 si non ;
 BIG4_SMALL : égal 1 si l’entreprise est auditée par un BIG4 et un NON BIG4, 0 si non ;
 SMALL_SMALL : égal 1 si l’entreprise est auditée par deux NON BIG4, 0 si non.
HONOR it : le rapport entre honoraires d’audit entre (t) et (t-1) divisé par total des honoraires (t-1) ;
LEV it : mesuré par le ratio : dettes (t-1)/ total actif (t-1) ;
SIZE it : Cette variable mesure la taille de l’entreprise en fonction du log de son total de
bilan ; ROAit : variation du ratio ROA entre t et t -1 ;
CEO it : une variable dichotomique égale à 1 si l'entreprise i subit un changeme nt de PDG en t-1 ou t
et 0 sinon ;
INDCEO it : le nombre d'administrateurs indépendants non -exécutifs, divisé par le nombre total de
membres des conseils ;
AGE it : logarithme népérien du nombre d’années de cotation de l’entreprise.

164
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Appliquée à un échantillon de 186 entreprises françaises appartenant à l’indice


du SBF 250, l’analyse descriptive se propose d’offrir une représentation objective
des caractéristiques de notre échantillon retenu.

Pour chaque variable, le nombre d’observations est de 1116. Plusieurs


résultats prêtent à discussion. Les statistiques de notre variable dépendante (SCORE)
montrent une moyenne dépassant 60% ce qui signifie que la plus part des entreprises
constituant notre échantillon publient leurs états financiers en conformit é avec la
législation. En d’autres termes, les missions d’audit au sein de ses entreprises ont
aboutis à ce que les états financiers ont été préparé de manière rigoureuse et reflète
la réalité économique de plus que la moitié de notre échantillon.

L’observation de la moyenne de la variable explicative (AUDITOR_PAIR)


montre qu’une grande partie de notre échantillon (75 entreprises = 40,32%) préfèrent
la combinaison suivante d’auditeurs (BIG4_SMALL).

Par ailleurs, nous avons remarqués que les honoraires d’audit versés pour les
trois combinaisons d’auditeurs (BIG4BIG4 ; BIG4SMALL ; SMALLSMALL) sont
respectivement de 60,18% ; 66,48% et 60,61%. Ce résultat montre que la
combinaison d’un grand cabinet d’audit avec un petit cabinet reçoivent des
honoraires d’audit plus que les autres et cela est dû à la meilleure qualité de leur
audit.

En ce qui concerne les dettes, il parait clairement que la plupart des


entreprises constituant notre échantillon ont des taux d’endettement élevé soient en
moyenne 55,34% pour les entreprises auditées par deux Big 4 et deux Non-Big 4 et
56,42% pour les entreprises auditées par un pair hétérogène d’auditeurs. Ceux -ci
peuvent être expliqués par le poids du financement bancaire qui est assez élevé pour
la majorité des entreprises de notre échantillon.

Concernant, la variable taille (SIZE) (mesurée par le logarithme du total actif)


est de l’ordre de 3.2029 ; 7.0692 et 3.4056 respectivement pour les entreprises
auditées par deux Big4 ; un Big4 et un Non-Big4 et deux Non-Big4. On assiste à ce
165
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

que la taille des entreprises auditées par un pair hétérogène d’auditeurs est plus grand
que celles auditées par un pair homogène et ceux est dû à leur masse globale dans
notre échantillon.

L’observation des variables de contrôles montre qu’en moyenne 28,55% des


entreprises constituant notre échantillon optent pour le changement de l eurs PDG. En
plus, nos statistiques montrent qu’en moyenne 57,33% des entreprises auditées par
deux Big4 sont indépendants ; 44,35% pour les entreprises auditées par un Big4 et un
Non-Big4 et finalement 55,92% pour les sociétés auditées par deux Non -Big4. Enfin,
il ressort des statistiques présentées dans le tableau, que les entreprises de notre
échantillon sont assez âgées avec une moyenne de 1.4259.

Les grandes caractéristiques des entreprises de notre échantillon ayant été


dégagées, il importe à présent de mener notre analyse bivariée qui constitue un
préalable à l’analyse multivariée.

3.2. Analyse bivariée : Matrice des corrélations de Pearson

L’analyse bivariée consiste à étudier la corrélation entre les variables prises


deux à deux pour s’assurer de l’absence de multicolinéarité entre les variables de
notre modèle. Cette analyse est un préalable indispensable à l’analyse multivariée
(objet du paragraphe suivant).

La multicolinéarité est un problème statistique souvent rencontré en régression


logistique. En effet, l’estimation de ce type de régressions exige l’absence de
multicolinéarité. Ce problème de multicolinéarité intervient lorsque les corrélations
entre variables sont élevées. Une analyse bivariée est alors conduite afin de tester
l’éventuelle existence d’un problème de multicolinéarité dans nos données. La
matrice de corrélation affiche des valeurs calculées du coefficient de corrélation de
Pearson. C’est selon la valeur de ce coefficient que nous pourrons nous prononcer
sur l’ (in)existence d’un problème de multicolinéarité dans notre modèle de
régression.

166
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Plusieurs auteurs retiennent pour ce coefficient de corrélation, une valeur


critique égale à 0,7 (Kervin, 1992) et à partir de laquelle un problème sérieux de
colinéarité entre les variables indépendantes est prononcé. Cette valeur critique est
élevée à 0,8 d’après Evrard et al. (2003). Dans notre analyse, nous retenons la limite
fixé par Kervin (1992). Les matrices de corrélation que nous avons dégagée sont
présentées dans les tableaux suivants :

Tableau 4.9 : Matrice des corrélations de Pearson (estimation avec : 2 Big 4)


SCORE BIG4BIG4 HONOR LEV SIZE ROA CEO INDCEO AGE
SCORE 1
BIG4BIG4 .1200 1
HONOR -.0346 -.0064 1
LEV -.0943 .1387 -.1306 1
SIZE .1497 .2800 .0664 .1011 1
ROA .0659 .0198 -.0303 -.1607 -.0887 1
CEO -.1159 .0035 -.1696 .0395 .0013 .1206 1
INDCEO .0191 .0343 -.0173 -.0027 .0246 .0224 -.0657 1
AGE .1057 .1203 .0359 .0143 .2215 .0823 .0230 .1023 1
Définition des variables (voir tableau 4.6)

Tableau 4.10 : Matrice des corrélations de Pearson (estimation avec : 1 Big 4 et 1 Non-
Big4)
SCORE BIG4SMAL HONOR LEV SIZE ROA CEO INDCEO AGE

SCORE 1
BIG4SMAL -.0570 1
HONOR .0797 -.0603 1
LEV -.0755 -.1691 -.0541 1
SIZE .2252 -.1648 .3594 .1849 1
ROA .0231 -.0584 .0345 -.1803 -.1267 1
CEO -.1159 .0424 -.2296 .0840 -.0468 .0094 1
INDCEO .1318 .2753 .1880 -.2813 .0659 .1042 -.1636 1
AGE .1057 -.1722 .1534 -.0203 .3123 .0601 .0230 .0935 1
Définition des variables (voir tableau 4.6)

167
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Tableau 4.11 : Matrice des corrélations de Pearson (estimation avec : Deux Non-Big4)
SCORE SMALSMAL HONOR LEV SIZE ROA CEO INDCEO AGE
SCORE 1
SMALSMAL -.3640 1
HONOR -.0253 -.1450 1
LEV -.0943 .1458 -.1247 1
SIZE .1779 -.2389 .1074 .1570 1
ROA .0202 -.0468 -.0401 -.1778 -.1252 1
CEO -.1159 .2863 -.1772 .0395 .0050 .0027 1
INDCEO -.0151 -.0663 -.0451 -.0431 -.2701 .0687 -.0435 1
AGE .1057 -.1556 .0408 .0143 .1769 .0582 .0230 .0908 1
Définition des variables (voir tableau 4.6)

Les résultats montrent que tous les coefficients de corrélation de Pearson sont
inférieurs à 0,7, limite à partir de laquelle nous commençons généralement à avoir un
problème sérieux de multicolinéarité (Kervin, 1992). Cela indique alors l’absence de
multicolinéarité entre les variables indépendantes incluses dans notre modèle de
régression logistique.

3.3. Analyse multivarié

Les données en panel possèdent deux dimensions : une pour les individus (ou
une quelconque unité d’observation (dans notre modèle les entreprises)) et une pour
le temps (dans notre modèle 2005, 2006, 2007, 2008, 2009 et 2010). Elles sont
généralement indiquées respectivement par l’indice i et t. Il est souvent intéressant
d’identifier l’effet associé à chaque individu, c’est un effet qui ne varie pas dans le
temps, mais qui varie d’un individu à l’autre. Cet effet peut être fixe ou aléatoire.

Le test de Hausman est un test qui permet de déterminer si les coefficients des
deux estimateurs (fixe et aléatoire) sont statistiquement différents. L’idée est que
sous l’hypothèse nulle d’indépendance entre les erreurs et les variables explicatives,
les deux estimateurs sont non biaisés, donc les coefficients devraient peu différer.

Le résultat suit une loi χ 2 avec k-1 degré de liberté. La comparaison de la


valeur tabulée de χ 2 (k) à 95% avec celle calculée à partir du test de Hausman peut
nous amenés a précisé l’estimation en effet fixe ou en effet aléatoire. De même, si la

168
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

probabilité de ce test est inférieure à 10%, ceci implique que le modèle à effets fixes
est préférable au modèle à effets aléatoires 53. Dans cette étude, la probabilité du test
est inférieur au seuil de 10% (pour la combinaison d’auditeurs BIG4_BIG4 la
Prob>chi2 = 0.0038 ; pour la combinaison BIG4_SMALL la Prob>chi2 = 0.0000 ;
pour la combinaison SMALL_SMALL la Prob>chi2 = 0.0000) ce qui implique que
pour les trois sous échantillons les modèles à effets fixes sont préférable au modèle à
effets aléatoires

53
Kangni KPODAR, « Manuel d’Initiation à Stata (version 8) », centre d’études et de recherches sur le
développement international. France (Janvier 2005).
169
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Tableau 4.12 : Les coefficients et statistiques de la régression logistique


Coeff. z P>|z| Coeff. z P>|z| Coeff. z P>|z|
BIG4BIG4 .208 0.90 0.368 - - - - - -
BIG4SMALL - - - 1.120 4.44 0.000*** - - -
SMALLSMALL - - - - - - -.746 -2.42 0.016**
HONOR 5.159 2.50 0.012** 4.484 2.15 0.031** 5.357 2.54 0.011**
LEV -3.991 -1.92 0.055* -4.767 -2.22 0.026** -4.735 -2.31 0.021**
SIZE 1.192 1.97 0.049** 1.970 3.73 0.000*** 1.066 1.83 0.067*
ROA -2.071 -0.89 0.376 -4.214 -2.37 0.018** -4.115 -2.51 0.012**
CEO -3.795 -0.77 0.439 -3.183 -0.66 0.507 -3.659 -0.73 0.467
INDCEO 1.070 1.32 0.185 .659 0.69 0.491 .848 1.04 0.300
AGE 3.540 2.39 0.017** 3.746 2.35 0.019** 3.886 2.77 0.006***

LR chi2(8) 33.85 89.85 44.59


Prob > chi2 0.0000 0.0000 0.0000
N 186 186 186
Firm-fixed OUI OUI OUI
effects
*, **, *** : les coefficients sont significatifs aux seuils de 10 %, 5 % et 1 %, respectivement
Avec :
AUDITOR_PAIR it : est l'un des trois variables binaires suivantes :
 BIG4_BIG4 : égal 1 si l’entreprise est auditée par deux BIG4, 0 si non ;
 BIG4_SMALL : égal 1 si l’entreprise est auditée par un BIG4 et un NON BIG4, 0 si non ;
 SMALL_SMALL : égal 1 si l’entreprise est auditée par deux NON BIG4, 0 si non.
HONOR it : le rapport entre honoraires d’audit entre (t) et (t-1) divisé par total des honoraires (t -1) ;
LEV it : mesuré par le ratio : dettes (t-1)/ total actif (t-1) ;
SIZE it : Cette variable mesure la taille de l’entreprise en f onction du log de son total de bilan ;
ROA it : variation du ratio ROA entre t et t -1 ;
CEO it : une variable dichotomique égale à 1 si l'entreprise i subit un changement de PDG en t -1 ou t
et 0 sinon ;
INDCEO it : le nombre d'administrateurs indépendants non-exécutifs, divisé par le nombre total de
membres des conseils ;
AGE it : logarithme népérien du nombre d’années de cotation de l’entreprise.
.
Le tableau 4.12 ci-dessus fournit les résultats de la régression logistique de
notre modèle. L’estimation de notre modèle est subdivisée en trois étapes pour
choisir la meilleure combinaison d’auditeurs (AUDITOR_PAIR). En ce sens, une

170
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

première estimation du modèle à été effectué avec la variable explicative


(BIG4_BIG4). Une deuxième avec la variable indépendante (BIG4_SMALL).
Finalement, une troisième estimation avec la variable (SMALL_SMALL).

Tel qu’il ressort du dit tableau, le résultat de la première estimation affiche


une valeur de 33,85% significative au seuil de 1% avec une probabilité de Chi2
nulle. La deuxième estimation montre une valeur de 89.85% significative au seuil de
1% (Prob > chi2 = 0.0000). Enfin, notre troisième estimation présente une valeur de
44.59% significative au seuil de 1% (Prob > chi2 = 0.0000).

3.3.1. La variable : AUDITOR_PAIR

Avant d’entamer l’interprétation de nos résultats concernant notre première


variable explicative, il nous semble important de présenter quelques travaux de
recherches portant sur les déterminants du choix des auditeurs.

Tableau 4.13 : Recherches antérieurs présentant des modèles des choix d’auditeurs
Articles Modèle de choix variables Echantillon et
résultats
Hamilton, Li BIG4 = a1 + a2 Ln TA+ BIG4 = 1 si la société à Echantillon : 1253

a3 Ln Sub + a4 DE + a5 choisi un BIG4, 0 sinon observations qui


et Stokes
Quick+ a6 Foreign + LnTA = Log naturel du représentent toutes les
(2005)
a7CATA + a8 ROI + a9 sociétés cotées
TA de la société
Loss + a10 Intangible + u disponibles en 2003
auditée à la fin de
Résultat : Pseudo R 2 =
l’année
0,1594
Ln Sub = Log naturel
Les variables LnTA,
du nombre de filiales DE, CATA et Loss
auditées de la société sont positivement et
DE = ratio dettes à significativement
long termes sur TA de associées aux choix

la société auditée à la d’un BIG4

fin de l’année La variable Intangible


est négativement et
Quick = ratio actif
significativement
circulant (moins les

171
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

stocks) sur passif associée au choix d’un


circulant de la société BIG4.

auditée
Foreign = proportion
de filiales étrangères
de la société auditée
CATA = ratio actif
circulant sur TA de la
société auditée à la fin
de l’année
ROI = ratio résultat
avant impôt sur TA de
la société auditée
Loss = 1 si la société à
fait des pertes dans les
années précédentes, 0
si non
Intangible = ratio actifs
incorporels sur TA
Lennox (2005) AUD = a1 AUD = 1 si le cabinet Echantillon : 540
MOWN_LOW + a2 d’audit est un BIG5, 0 grandes sociétés
MOWN_INTERM + a3 sinon britanniques non
MOWN_HIGH + MOWN = pourcentage cotées pour l’année
CONTROLS + u des actions ordinaires 2000.
détenues par les Résultats :
dirigeants Les variables
MOWN_LOW = MOWN_LOW et
MOWN si MOWN > MOWN_HIGH sont
L% et L% sinon négativement et
MOWN_INTERM = 0 significativement
si MOWN < L%, associées aux choix
MOWN moins L% si d’un BIG5.
L% < MOWN < H% Dans les variables de
moins L% sinon contrôle, la variable
MOWN_HIGH = 0 si mesurant la

172
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

MOWN < H% et proportion


MOWN moins H% d’administrateurs
sinon non dirigeants du
CONTROLS = conseil
variables de contrôle, d’administration est
telles que par exemple positivement et
l’âge de la société ou significativement
l’endettement associée au choix
d’un BIG5, de même
que les variables
capturant la taille.

Notre modèle démontre que la variable explicative AUDITOR_PAIR mesurant


le choix du collège commissaires aux comptes affirme nos hypothèses précitées. En
ce sens, la combinaison BIG4_BIG4 est positivement associée à notre variable
dépendante SCORE mesurant la qualité de l’audit. Toutefois, elle n’est pas
significative (P>|z| = 0,368). La combinaison BIG4_SMALL est positivement et
significativement associée à la variable dépendante SCORE au seuil de 1% (P>|z| =
0,000). Par contre, la présence de deux commissaires aux comptes de type Non -Big4
(SMALL_SMALL) à un effet négative et significative sur la qualité de l’audit au
seuil de 5% (P>|z| = 0,016 ; Coeff. = -0,746).

L’observation de ses résultats montre que dans le cas ou l’entreprise est


auditée par un pair homogène d’auditeurs (soit BIG4_BIG4 soit SMALL_SMALL) le
résultat de la mission d’audit à été démontré à travers le jeu décris dans la part ie
précédente. Ceux-ci peut être expliqué par le fait que si les coûts de réputation sont
assez bas, soit parce qu'ils sont faibles en termes absolus, soit parce qu'ils sont
partagées par les deux commissaires aux comptes, les auditeurs choisissent de
prendre «Aucune Action». L’effet de cette stratégie à un effet négatif sur la qualité de
l’audit puisque le niveau de divulgation de l’information qu’estime le public sera
trop faible et par conséquent une mauvaise qualité d’audit.

173
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

A l’inverse, dans le cas ou l’entreprise est audité par un pair hétérogène


d’auditeurs (BIG4_SMALL), les coûts du choix de prendre des mesures correctives
sont réduit pour l’auditeur BIG4. Toutefois, les coûts de réputation sont plus élevés.
Par ailleurs, pour l’auditeur de type Non-Big4 (SMALL) les coûts de cette stratégie
sont plus couteux que l’autre partie (BIG4), mais, il à l’avantage que les coûts de
réputation seront beaucoup moins chère (voir même égal à zéro) du fait qu’ils n’ont
plus à perdre (DeAngelo, 1981, 183). Ceux-ci favorise le niveau de divulgation de
l’information au profit du public d’où une meilleure qualité d’audit.

3.3.2. La variable : honoraire d’audit (HONOR)

Nous remarquons que la variable (HONOR) est significative au seuil de 5%


pour les trois estimations et présente un effet positif sur la qualité de l’audit.

En ce sens, la littérature prévoit que les honoraires d’audit ont une grande
influence sur l’indépendance de l’auditeur et par conséquent sur la qualité de son
audit (Manita et Chemangui, 2007). En effet, les clients demandant les services
d’audit ont plus de problèmes en général, et donc plus de risques pour l’auditeur. En
étudiant un échantillon d’entreprises Australiennes, Craswell et al. (2002) ont montré
le lien existant entre les honoraires d’audit (qui mesure la dépendance des auditeurs)
et la probabilité d’émettre des opinions d’audit qualifiés (Sophie Audousset, 2009).

Ainsi, nous supposons que les honoraires d’audit permettent de mesurer la


dépendance financière des cabinets d’audit par rapport aux clients, ce qui leurs
permet de mener à bien le processus de vérification des comptes et par la suite
d’émettre une opinion reflétant la réalité économique et financière de l’entreprise.

3.3.3. La variable : Endettement (LEV)

Nos résultats présentés dans le tableau 4.13 montrent un effet négatif et


significatif à l’ordre de 5% entre l’endettement (qui mesure le risque de faillite) sur
la qualité de l’audit (P>|z| = 0,055 ; P>|z| = 0,026 ; P>|z| = 0,021) respectivement
pour les trois combinaisons soient BIG4_BIG4, BIG4_SMALL et SMALL_SMALL.

174
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

En effet, la moyenne de l’endettement est supérieure à 50% pour la totalité de


notre échantillon. Les dettes représentent donc plus que 50% du total actif. Ces
résultats peuvent être expliqué par le fait que plus une entreprise est endettée et
moins elle diffusera des informations dans son rapport annuel.

Nos résultats se corroborent avec celles de Déjean et Martinez (2009a et b) qui


prévoient que le niveau d’endettement était parmi les déterminants de la diffu sion
d’informations sociétales.

3.3.4. La variable : taille (SIZE)

La variable (SIZE) est significative au seuil de 5% pour la combinaison


BIG4_BIG4 (P>|z| = 0,049), 1% pour la combinaison BIG4_SMALL (P>|z| = 0,000),
10% pour la combinaison (P>|z| = 0,067) et dénote un effet positif sur la qualité de
l’audit.

Ainsi, la qualité de l’audit repose sur le postulat que la taille de l’entreprise


est un bon indicateur de la visibilité de sa politique et démontre sa performance que
ce soit financière, économique ou bien concurrentielle. De plus, divers études
prévoient que plus l’entreprise est de grande taille, plus elle aura tendance à publier
des informations correctes et reflétant une image fidèle de sa réalité économique et
ceux afin de répondre aux différentes pressions exercées sur elle (Ben Rhouma,
2008).

3.3.5. La variable : ROA

Cette variable s’avère non significative pour la première combinaison


d’auditeurs (P>|z| = 0,376). Par contre elle est significative au seuil de 5% pour la
deuxième (P>|z| = 0,018) et la troisième (P>|z| = 0,012) combinaison d’auditeurs en
signalant un effet négatif sur la qualité de l’audit.

175
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Comme l’indique Chaney, Jeter et Shivakumar (2004) en étudiant un modèle


de choix d’auditeur, la performance financière (ROA) est négati vement et
significativement associée au choix d’un BIG 5.

Ce résultat peut être expliqué par la crise financière mondiale en particulier la


zone euro. En effet, Les statistiques tendent à rappeler que les places financières
européennes ont connu des crises retentissantes durant la dernière décennie (ex. crise
asiatique en 1997-1998, effondrement de la bulle internet en 1999-2000, la crise que
connaissent plusieurs pays de l’union européenne) ce qui pourrait expliquer les résultats
obtenues et l’effet négatif de la performance financière sur la qualité de l’audit.

3.3.6. Les variables de contrôle

En ce qui concernant les variables de contrôle (CEO, INDCEO et AGE), nous


avons constatés que le changement du PDG (CEO) à un effet négatif sur la qualité de
l’audit, mais, il reste un effet non significatif. La variable INDCEO, n’a aucun effet
sur la qualité de l’audit.

L’âge mesuré par le logarithme népérien du nombre d’années de cotation de


l’entreprise semble être positivement et significativement au seuil de 5% (P>|z| =
0,017 ; P>|z| = 0,019) associées à la qualité de l’audit, pour les deux premières
combinaisons d’auditeurs (BIG4_BIG4 et BIG4_SMALL). De même, cette variable
est positivement et significativement à l’ordre de 1% (P>|z| = 0,006) associé à notre
variable dépendante (SCORE) pour la troisième combinaison (SMALL_SMALL).

Ainsi, Yeoh et Jubb (2001) prévoient que l’âge de l’entreprise constitue un


critère déterminant d’une qualité différenciée d’audit, dans le sens ou les entreprises
nouvellement crées attirent plus les cabinets d’audit.

176
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Conclusion du chapitre IV

Tout au long de ce quatrième chapitre, nous avons tenté à apporter une


réponse à notre problématique qui consiste d’une part, à étudier la combinaison
d’auditeurs permettant de garantir une meilleure qualité d’audit et d’autre part de
démontrer les gains et les pertes des deux parties du jeu étudier (les deux
commissaires aux comptes).

D’une manière générale, la qualité d’audit à fait l’objet de nombreux études


empiriques (Bennecib, 2004 ; Lennox, 2005). Ainsi, nous avons essayé en premier
lieu de mettre l’accent sur la méthode d’analyse des données de panel de façon
générale. Ensuite, nous avons mis l’accent sur la sélection de notre échantillon, la
mesure des variables, ainsi que, la proposition de notre modèle de recherche. Enfin,
nous avons énoncés les résultats de la régression économétrique.

Nos résultats empiriques montrent qu’une meilleure qualité d’audit est


conditionnée par la présence d’un pair hétérogène d’auditeurs (BIG4_S MALL). En
plus la qualité d’audit est influencé par un niveau élevé d’honoraires d’audit, la
minimisation du taux d’endettement, une grande taille reflétant la performance de
l’entreprise et des moyens financières permettant à l’entreprise de faire face au x
crises économique qui l’entoure.

Tous ces facteurs influençant la qualité de l’audit ont été issue de la littérature
en la matière (Bennecib, 2004 ; Manita et Chemangui, 2007 ; Naser M. AbuGhazaleh
et al., 2011 ; Francis et al, 1999) à laquelle nous ajoutons l'interdépendance
stratégique entre les stratégies du premier auditeur et les stratégies du deuxième
auditeur au sein de l’entreprise (Fellingham et Newman, 1985 ; Richard Fairchild,
2008 ; Fischbacher et Stefani, 2007 ; Paugam et Casta, 2012). Ainsi, nous avons
essayés dans cette étude empirique, d’étudier les déterminants et les conséquences du
choix de la composition de ses vérificateurs. Ces sociétés ont la liberté de choisir
entre deux Big 4, un Big 4 et un non-Big 4 ou bien deux non-Big 4.

177
Chapitre 4 : Qualité de l’audit et choix des commissaires a ux comptes : une approche par la théorie
des jeux

Dans notre cas d’analyse nous avons constatés que la composition du collège
commissaires aux comptes d’un Big 4 et un non-Big 4 conduit à une meilleure
qualité d’audit.

178
Conclusion Générale

Conclusion
Générale

179
Conclusion Générale

L’ambition de cette thèse a émergé à travers les interrogations clas siques et


modernes autour de la confiance des actionnaires et la qualité de l’audit. Ces
interrogations ont été progressivement précisées, discutées et définies tout au long du
chemin de notre recherche. Toutefois, nous avons fourni un intéressement particulier
à la synthèse des différentes positions de réflexion mais aussi nous avons pensé à
avoir suffisamment de recul nécessaire à l’orientation de nos objectifs et à la
formulation de nos hypothèses.

Les dernières crises (désormais celles de gouvernance d éclenchée par l’affaire


Enron et celle de subprime amorcée aux États-Unis avec les premiers défauts
significatifs sur les prêts Subprime) ont mis en lumière de nombreux
dysfonctionnements du marché financier et des mécanismes de gouvernance de
l’entreprise cotée. Pour restaurer la confiance des investisseurs, les régulateurs se
sont intervenus par l’instauration de nouvelles lois ou la révision de quelques
clauses. En France, l’instauration de la loi de la sécurité financière en 2003 (à la
suite de la loi SOX aux états unis) est une illustration de ce mouvement. Par
conséquent, la réglementation française est devenue l'une des plus complètes
d'Europe dans la garantie de l’indépendance (Pochet, 1998, p 85). Ses spécificités, et
essentiellement le Co-Commissariat aux comptes, intéressent de plus en plus les
régulateurs internationaux. Nous nous partons de cette réflexion et nous focalisons
sur la relation entre la qualité de l’audit et la confiance des actionnaires. En adoptant
une approche contractuelle de la firme, nous présentons le rôle du Co-Commissariat
aux comptes dans la promotion de la qualité de l’audit. La confiance, étant un
nouveau concept dans ce domaine, est étudié sur la base d’une démarche clinique de
l’ergonomie de l’activité.

La question centrale de notre recherche est une interrogation sur la qualité de


l’audit en présence du Co-Commissariat aux comptes. Pour répondre à cette
problématique que nous voyant intéressantes, nous avons essayé de faire un retour
sur les différentes retombées conceptuelles et de discuter les différents concepts qui
relatent au sujet de la confiance des actionnaires et de la qualité de l’audit. Dans le
même ordre d’idées, nous avons essayé de développer une synthèse des différents

180
Conclusion Générale

résultats issus des différentes théories. Lors de notre retour sur les différents
concepts, nous avons rendu compte du fondement théorique des différents aspects de
notre problématique tout en considérant l’importance de la théorie récente et de
l’orientation des champs de recherche actuels.

D’un point de vue épistémologique, nous avons essayé de respecter les


préceptes de la démarche scientifique tout en conciliant entre l’observation réelle des
phénomènes à expliquer et fondement théorique. De plus, en critiquant les différentes
contributions majeures, nous avons relevé une interconnexion entre la notion de
confiance des actionnaires et la qualité de l’audit. Ainsi, qu’entre la qualité d’audit et
le concept de la théorie des jeux. Bien que nos constatations émanent d’un fondement
théorique, que nous le jugeons adéquat, nous avons eu de la chance de prendre le
chemin correct de l’investigation dans ce thème. En effet, nos résultats corroborent
bien la littérature empirique actuelle. Nous citons, entre autres, les travaux de Carey
et Simnett (2006), Paugam et Casta (2012), Richard Fairchild (2008), Fischbacher et
Stefani (2007), Nicholas V. Vakkur et al. (2010), Manita et Chemangui (2007),
Sophie Marmousez (2012).

D’un point de vue empirique, nous avons développé nos hypothèses à la


lumière de nos constatations et discussions théoriques. La formulation de nos
hypothèses de recherche est basée sur la littérature antérieure concernant la théorie
contractuelle de la firme, gouvernement d’entreprise et la théorie des jeux. Ainsi,
nous avons essayé d’avoir un aspect pragmatique aux objectifs visés. En premier
lieu, nous avons essayé d’expliquer les facteurs déterminants de la restauration et du
maintien de la confiance des actionnaires en vers l’efficacité du Co -Commissariat
aux comptes. Dans ce sens, les hypothèses déclarées devraient être insérées dans le
cadre de la théorie contractuelle de la firme. Nous avons constaté une exposition
significative entre la confiance des actionnaires et la présence de deux auditeurs Big
4, l’opinion qui l’émet, les honoraires perçus par les commissaires aux comptes, la
durée de collaboration entre les associés signataires et l’entreprise, l’indépendance
des membres du comité d’audit et du conseil d’administration, la taille, l’endettement
et la performance financière de l’entreprise. Notamment, entre la qualité de l’audit et
la présence d’un pair hétérogène d’auditeurs, les honoraires d’audit, le niveau

181
Conclusion Générale

d’endettement, la taille de l’entreprise, la performance financière et le nombre


d’années de cotation.
Nous avons vérifié minutieusement les implications du Co -Commissariat aux
comptes sur soit la confiance des actionnaires soit sur la qualité de l’audit en
employant des données annuelles. En premier lieu, nous avons analysé dans une
première étude empirique les déterminants de la restauration et le maintien de la
confiance des actionnaires. Nos résultats confirment, sur un échantillon de sociétés
françaises cotées issues du SBF 250 sur la période 2005 -2010, les résultats de
Marmousez (2012). Plus précisément, une meilleure qualité d’audit est conditionnée
par la présence d’un pair hétérogène d’auditeurs (Un Big 4 avec un non -Big 4). De
plus, nous contribuons à souligner l’effet significatif de deux Big 4 et des
mécanismes de gouvernance sur la confiance des actionnai res. En ce sens, les
résultats montrent l’effet positif et significatif de deux Big4 sur la variable
dépendante. En deuxième lieu, nous avons analysés en se basant sur un jeu simple
entre auditeurs la relation entre la qualité d’audit et la présence de deu x vérificateurs.
Les résultats empiriques affirment les résultats du jeu entre auditeurs sur le plan
théorique. Nos résultats corroborent les enseignements de la littérature récente. Nous
citons les travaux de Perez (2003), Bennecib (2002), David et al. (2006), Sophie
Marmousez (2012), Igalens et Point (2009), Lin et al. (2009), Ben Rhouma (2008),
Poonam Mahajan et al. (2012). Cependant, l’interprétation des résultats que nous
proposons repose uniquement sur la façon dont peut se passer l’interaction entre les
deux commissaires aux comptes.

L’objectif de cette thèse était de comprendre, en utilisant un échantillon de


sociétés cotées françaises, quels facteurs pouvant expliquer d’une part la confiance
des actionnaires et de l’autre part, la qualité de l’audit. Il nous est progressivement
apparu que la question de la qualité était une question centrale de notre recherch e.

En ce sens, ce travail de recherche apporte des éclairages intéressants à des


questions peu abordées dans notre contexte d’étude.

Dans un premier temps, il est intéressant d’étudier le Co -Commissariat aux


comptes en tant que mécanisme permettant à l’entreprise auditée de maintenir la

182
Conclusion Générale

confiance de ses actionnaires et du public d’une manière générale. La problématique


de la qualité des mesures utilisées dans les deux études empiriques nous a fait
prendre conscience de la complexité d’obtenir des résultat s irréfutables dans un
travail comme celui que nous avons réalisé.

Ensuite, notre étude contribue à la littérature antérieure par le fait qu’elle


complète cette littérature en étudiant les liens entre le concept sociologique (la
confiance), le Co-Commissariat aux comptes et les mécanismes de gouvernance dans
notre contexte d’étude. De plus, l’introduction de la théorie des jeux en étudiant
l’interaction entre les stratégies des deux auditeurs pour saisir la meilleure
combinaison d’auditeurs permettant de garantir aux entreprises une meilleure qualité
d’audit.

En effet, Le principal apport de ce travail est d’explorer le bien fondé de la


théorie des jeux et la littérature en matière d’audit pour démontrer l’efficacité du Co -
Commissariat aux comptes, et, d’étudier la relation entre les deux vérificateurs des
états financiers au sein de l’organisation. Ainsi, nous avons essayé d’abordé le rôle
de la théorie des jeux dans différents disciplines dans le but de résoudre quelques
problèmes et pour étudier la relation entre les acteurs.

Enfin, un autre apport de notre thèse est d’ordre plutôt, méthodologique. En


effet, les études antérieures ont limité l’étude de la notion de la confiance sur le coté
sociologique et n’ont pas pris en considération l’exploitation des données de panel.
En plus, l’introduction de la théorie des jeux dans l’étude de la qualité de l’audit
permet de surmonter les insuffisances de la littérature concernant la problématique
du choix des commissaires aux comptes.

L’envie fondamentale de cette thèse était d’explorer la théorie des jeux en tant
que discipline dans l’étude de l’effet du Co-Commissariat aux comptes sur la qualité
de l’audit. Toutefois, nous devons mentionner que notre recherche est loin d’être
indépendante de toute faiblesse. Nous signalons l’existence de limites théoriques
associées à certaines faiblesses d’interprétation de la divergence des positions de
réflexions. Nous signalons, également que nous avons apprécié parfois des difficultés

183
Conclusion Générale

de synthèse entre différentes approches qui paraissent semblables ou pour lesquelles


nous n’avons pas trouvé un critère de classification adéquat.

De point de vue échantillonnage, nous avons constatés que notre échantillon


est assez restreint dans la mesure où il mérite d’inclure d’autres c ontextes.

La problématique de notre thèse est susceptible de fournir une pertinence


potentielle dans la mesure où elle soulève une nouvelle interrogation. Toutefois, nous
ne pouvons pas miser sur une généralisation parfaite de nos résultats . Cela suppose
que des voies de recherches futures sont possibles. En effet, nous pouvons opter pour
un échantillon plus étendu mais plus diversifié et une période d’étude plus longue.
De même, nous ne prétendons pas comprendre la manière dont se passe réellement le
travail entre les deux commissaires aux comptes. Plusieurs pistes pour des recherches
futures nous semblent, dans ce domaine, intéressantes à explorer. Il pourrait être
intéressant également de faire appel à d’autres champs de littérature. Le champ de la
littérature comportementale (organizational behavior) nous apparait, à ce titre
particulièrement riche.

Notre thèse fournit quelques éléments de réponses et ouvre la voie à de futures


recherches sur le sujet.

184
Bibliographie

BIBLIOGRAPHIE

185
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205
Annexes

Annexes

206
Annexes

---------------------------------------------------------------------------------
Annexe 1: Etude empirique N°1
. tsset code annee
panel variable: code (strongly balanced)
time variable: annee, 2005 to 2010
delta: 1 unit

Annexe 1.1 : Estimation à effets fixes du modèle de confiance des actionnaires


. xtlogit confiance audifirm audifi_a opinion honor_aud duree_col ind_comite cad_ind
remun size sales lev roa age, fe

Iteration 0: log likelihood = -46.594716


Iteration 1: log likelihood = -42.003932
Iteration 2: log likelihood = -40.222329
Iteration 3: log likelihood = -39.999331
Iteration 4: log likelihood = -39.971479
Iteration 5: log likelihood = -39.965308
Iteration 6: log likelihood = -39.963835
Iteration 7: log likelihood = -39.96354
Iteration 8: log likelihood = -39.963491
Iteration 9: log likelihood = -39.96348
Iteration 10: log likelihood = -39.963477

Conditional fixed-effects logistic regression Number of obs = 870


Group variable: code Number of groups = 145

Obs per group: min = 6


avg = 6.0
max = 6

LR chi2(13) = 350.11
Log likelihood = -39.963477 Prob > chi2 = 0.0000

------------------------------------------------------------------------------
confiance | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]
-------------+----------------------------------------------------------------
audifirm | 2.843414 2.428161 1.17 0.242 -1.915694 7.602522
audifi_a | 15.25969 1389.504 0.01 0.991 -2708.117 2738.637
opinion | 6.342713 1.084092 5.85 0.000 4.217933 8.467494
honor_aud | -.5925099 2.152556 -0.28 0.783 -4.811443 3.626423
duree_col | -.013246 .018808 -0.70 0.481 -.0501089 .023617
ind_comite | 10.50377 7.136994 1.47 0.141 -3.484487 24.49202
cad_ind | 12.44764 9.959079 1.25 0.211 -7.071797 31.96708
remun | .523568 .9639187 0.54 0.587 -1.365678 2.412814
size | -1.218094 .6789836 -1.79 0.073 -2.548877 .1126897
sales | .4677542 .5212062 0.90 0.369 -.5537913 1.4893
lev | -2.672134 2.81891 -0.95 0.343 -8.197097 2.852828
roa | 20.8997 62.78741 0.33 0.739 -102.1614 143.9608
age | 11.92759 8.759719 1.36 0.173 -5.241144 29.09632
------------------------------------------------------------------------------

. estimates store fe

207
Annexes

Annexe 1.1.1. : Impression écran de l’estimation à effets fixes du modèle de


confiance des actionnaires

208
Annexes

Annexe 1.2 : Estimation à effets aléatoires du modèle de confiance des


actionnaires

. xtlogit confiance audifirm audifi_a opinion honor_aud duree_col ind_comite cad_ind


remun size sales lev roa age, re

Fitting comparison model:

Iteration 0: log likelihood = -553.76733


Iteration 1: log likelihood = -252.16897
Iteration 2: log likelihood = -194.46864
Iteration 3: log likelihood = -176.57129
Iteration 4: log likelihood = -173.50009
Iteration 5: log likelihood = -173.36261
Iteration 6: log likelihood = -173.36224

Fitting full model:

tau = 0.0 log likelihood = -173.36224


tau = 0.1 log likelihood = -172.80901
tau = 0.2 log likelihood = -172.38696
tau = 0.3 log likelihood = -172.18009
tau = 0.4 log likelihood = -172.32473

Iteration 0: log likelihood = -172.18009


Iteration 1: log likelihood = -171.48123
Iteration 2: log likelihood = -171.22646
Iteration 3: log likelihood = -171.22442
Iteration 4: log likelihood = -171.22442

Random-effects logistic regression Number of obs = 870


Group variable: code Number of groups = 145

Random effects u_i ~ Gaussian Obs per group: min = 6


avg = 6.0
max = 6

Wald chi2(13) = 98.65


Log likelihood = -171.22442 Prob > chi2 = 0.0000

------------------------------------------------------------------------------
confiance | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]
-------------+----------------------------------------------------------------
audifirm | 2.63725 .5433651 4.85 0.000 1.572274 3.702226
audifi_a | 2.679949 .5004578 5.35 0.000 1.699069 3.660828
opinion | 5.816284 .619498 9.39 0.000 4.60209 7.030477
honor_aud | 1.020699 .4411706 2.31 0.021 .1 560204 1.885377
duree_col | -.0179134 .0094471 -1.90 0.058 -.0364295 .0006027
ind_comite | 3.602226 1.879806 1.92 0.055 -.0821252 7.286578
cad_ind | 6.691515 2.515778 2.66 0.008 1.760681 11.62235
remun | .3970554 .7030672 0.56 0.572 -.9809309 1.775042
size | -.2115215 .1156268 -1.83 0.067 -.4381459 .0151029
sales | .8208922 1.230726 0.67 0.505 -1.591285 3.23307
lev | -2.295733 1.004809 -2.28 0.022 -4.265122 -.3263447
roa | 8.760709 3.882903 2.26 0.024 1.150358 16.37106
age | .1947761 .6055382 0.32 0.748 -.992057 1.381609
_cons | -6.76778 1.583617 -4.27 0.000 -9.871613 -3.663948
-------------+----------------------------------------------------------------
/lnsig2u | .0349993 .6763242 -1.290572 1.36057
-------------+----------------------------------------------------------------
sigma_u | 1.017654 .3441319 .5245126 1.974441
rho | .2394225 .1231582 .0771711 .5423292
------------------------------------------------------------------------------
Likelihood-ratio test of rho=0: chibar2(01) = 4.28 Prob >= chibar2 = 0.019

. estimates store re

209
Annexes

Annexe 1.2.1. : Impression écran de l’estimation à effets aléatoires du modèle de


confiance des actionnaires

210
Annexes

Annexe 1.3 : Test de Hausman


. hausman fe

Note: the rank of the differenced variance matrix (12) does not equal the
number of coefficients being tested (13); be sure this is what you
expect, or there may be problems computing the test. Examine the
output of your estimators for anything unexpected and possibly consider
scaling your variables so that the coefficients are on a similar scale.

---- Coefficients ----


| (b) (B) (b-B) sqrt(diag(V_b-V_B))
| fe re Difference S.E.
-------------+----------------------------------------------------------------
audifirm | 2.843414 2.63725 .2061636 2.366584
audifi_a | 15.25969 2.679949 12.57974 1389.504
opinion | 6.342713 5.816284 .5264298 .8896497
honor_aud | -.5925099 1.020699 -1.613209 2.106862
duree_col | -.013246 -.0179134 .0046674 .0162632
ind_comite | 10.50377 3.602226 6.901539 6.884985
cad_ind | 12.44764 6.691515 5.756124 9.636084
remun | .523568 .3970554 .1265126 .6594208
size | -1.218094 -.2115215 -1.006572 .6690659
sales | .4677542 .8208922 -.353138 .
lev | -2.672134 -2.295733 -.3764008 2.633745
roa | 20.8997 8.760709 12.13899 62.6672 3
age | 11.92759 .1947761 11.73281 8.738764
------------------------------------------------------------------------------
b = consistent under Ho and Ha; obtained from xtlogit
B = inconsistent under Ha, efficient under Ho; obtained from xtlogit

Test: Ho: difference in coefficients not systematic

chi2(12) = (b-B)'[(V_b-V_B)^(-1)](b-B)
= 8.96
Prob>chi2 = 0.7067
(V_b-V_B is not positive definite)

Prob>chi2 = 0.7067 > 0.1

Lorsque la probabilité du test est supérieure au seuil de


10%, donc le modèle à effets aléatoires est préférable au
modèle à effets fixes (Kangni KPODAR, 2005 54).

54
Kangni KPODAR, « Manuel d’Initiation à Stata (version 8) », centre d’études et de recherches sur le
développement international. France (Janvier 2005).
211
Annexes

Annexe 1.3.1. : Impression écran du Test de Hausman

Annexe 1.4 : Statistiques descriptives du modèle de confiance des actionnaires

. tabstat confiance audifirm audifi_a opinion honor_aud duree_col ind_comite cad_ind


remun size sales lev roa age, statistics( mean sd min max ) columns(variables)

stats | confia~e audifirm audifi_a opinion honor_~d duree_~l


---------+------------------------------------------------------------
mean | .6666667 .5850575 .5781609 .5770115 .1907453 29.5 1724
sd | .4716757 .4929955 .4941372 .4943178 .7431299 16.60581
min | 0 0 0 0 -1.638272 12
max | 1 1 1 1 10.12057 72
----------------------------------------------------------------------

stats | ind_co~e cad_ind remun size sales lev


---------+------------------------------------------------------------
mean | .4878621 .5360575 .0611686 7.463368 .0558586 .6091734
sd | .1820818 .1211661 .2578924 2.439929 .2817408 .1873369
min | .25 .27 -.8891621 1.271963 -7.010989 .0007287
max | 1 .88 1.120071 14.42379 1.180538 .9794305
----------------------------------------------------------------------

stats | roa age


---------+--------------------
mean | .0286703 1.553853
sd | .0856 .3477446
min | .0000125 .845098
max | .9154248 2.276462
------------------------------
Annexe 1.4.1. : Impression écran des statistiques descriptives du modèle de
confiance des actionnaires

212
Annexes

Annexe 1.5 : Matrice de corrélation de Pearson du modèle de confiance des


actionnaires
. correlate confiance audifirm audifi_a opinion honor_aud duree_col ind_comite
cad_ind remun size sales lev roa age
(obs=870)

| confia~e audifirm audifi_a opinion honor_~d duree_~l ind_co~e


-------------+---------------------------------------------------------------
confiance | 1.0000
audifirm | 0.3942 1.0000
audifi_a | 0.3835 0.0081 1.0000
opinion | 0.6383 0.1336 0.1355 1.0000
honor_aud | 0.1911 0.2605 0.3246 0.0385 1.0000
duree_col | 0.0588 0.0843 0.0820 0.0491 0.1411 1.0000
ind_comite | 0.5264 0.5616 0.4006 0.2256 0.1513 0.0906 1.0000
cad_ind | 0.4912 0.5170 0.3702 0.2163 0.1841 0.1094 0.7692
remun | 0.1032 0.0205 0.0356 0.1006 -0.0456 0.0696 0.1150
size | 0.1406 0.3298 0.2922 0.0071 0.6885 0.1644 0.1459
sales | 0.0752 0.0545 -0.0309 0.0281 -0.0374 -0.0766 0.0631
lev | -0.1303 -0.0263 -0.1259 -0.0328 0.0705 -0.0495 -0.1426
roa | 0.1174 0.0324 0.0134 0.0751 -0.0265 -0.0496 0.1446
age | 0.1638 0.2055 0.2784 0.0362 0.4792 0.1228 0.1230

| cad_ind remun size sales lev roa age


-------------+---------------------------------------------------------------
cad_ind | 1.0000
remun | 0.0979 1.0000
size | 0.2477 -0.0475 1.0000
sales | 0.0635 0.0050 -0.0206 1.0000
lev | -0.1143 -0.0739 0.1334 -0.0233 1.0000
roa | 0.0300 0.0512 -0.0814 0.0195 -0.0058 1.0000
age | 0.2038 -0.0513 0.4707 -0.0240 0.0269 -0.0851 1.0000

Annexe 1.5.1. : Impression écran Matrice de corrélation de Pearson du modèle de


confiance des actionnaires

213
Annexes

estat vif
|VIF
-------------+---------
audifirm | 1.36
audifi_a | 1.02
opinion | 1.43
honor_aud | 1.08
duree_col | 1.07
ind_comite | 1.48
cad_ind | 1.59
remun | 1.11
size | 1.28
sales | 1.02
lev | 1.33
roa | 1.04
age | 1.21
-------------+---------
Mean | 1.23

214
Annexes

---------------------------------------------------------------------------------
Annexe 2: Etude empirique N°2

. tsset code annee


panel variable: code (strongly balanced)
time variable: annee, 2005 to 2010
delta: 1 unit

Annexe 2.1 : Estimation à effets fixes du modèle de la qualité de l’audit en


présence de deux auditeurs de type BIG4_BIG4

. xtlogit score big4big4 honoaud lev size roa ceo indceo age, fe

Iteration 0: log likelihood = -211.72221


Iteration 1: log likelihood = -184.43519
Iteration 2: log likelihood = -184.0612
Iteration 3: log likelihood = -183.99396
Iteration 4: log likelihood = -183.99307
Iteration 5: log likelihood = -183.99307

Conditional fixed-effects logistic regression Number of obs = 1116


Group variable: code Number of groups = 186

Obs per group: min = 6


avg = 6.0
max = 6

LR chi2(8) = 65.68
Log likelihood = -183.99307 Prob > chi2 = 0.0 000

------------------------------------------------------------------------------
score | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]
-------------+----------------------------------------------------------------
big4big4 | .208758 .2426193 0.86 0.390 -.2667672 .6842832
honoaud | 4.107748 2.017032 2.04 0.042 .1544381 8.061059
lev | -5.240636 2.189437 -2.39 0.017 -9.531853 -.9494179
size | 2.501852 .5098304 4.91 0.000 1.502603 3.501101
roa | -4.017889 1.672318 -2.40 0.016 -7.295572 -.7402062
ceo | -3.415508 4.891222 -0.70 0.485 -13.00213 6.171111
indceo | .8234204 .9351964 0.88 0.379 -1.009531 2.656372
age | 3.613118 1.497895 2.41 0.016 .6772983 6.548939
------------------------------------------------------------------------------

. estimates store fe

Annexe 2.1.1. : Impression écran de l’estimation à effets fixes du modèle de la


qualité de l’audit en présence de deux auditeurs de type
BIG4_BIG4

215
Annexes

Annexe 2.2 : Estimation à effets aléatoires du modèle de la qualité de l’audit en


présence de deux auditeurs de type BIG4_BIG4
. xtlogit score big4big4 honoaud lev size roa ceo indceo age, re

Fitting comparison model:

Iteration 0: log likelihood = -728.77631


Iteration 1: log likelihood = -672.37208
Iteration 2: log likelihood = -671.42867
Iteration 3: log likelihood = -671.42537
Iteration 4: log likelihood = -671.42537

Fitting full model:

tau = 0.0 log likelihood = -671.42537


tau = 0.1 log likelihood = -646.71329
tau = 0.2 log likelihood = -624.43287
tau = 0.3 log likelihood = -604.3893
tau = 0.4 log likelihood = -586.36549
tau = 0.5 log likelihood = -570.1887
tau = 0.6 log likelihood = -555.82915
tau = 0.7 log likelihood = -543.57859
tau = 0.8 log likelihood = -534.48074

Iteration 0: log likelihood = -543.56413


Iteration 1: log likelihood = -523.7535
Iteration 2: log likelihood = -521.24234
Iteration 3: log likelihood = -521.1132
Iteration 4: log likelihood = -521.11318
Iteration 5: log likelihood = -521.11254
Iteration 6: log likelihood = -521.11254

Random-effects logistic regression Number of obs = 1116


Group variable: code Number of groups = 186

Random effects u_i ~ Gaussian Obs per group: min = 6


avg = 6.0
max = 6

Wald chi2(8) = 40.45


Log likelihood = -521.11254 Prob > chi2 = 0.0000

------------------------------------------------------------------------------
score | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]
-------------+--------------------------------------------------- -------------
big4big4 | .265187 .2233812 1.19 0.235 -.1726322 .7030061
honoaud | -.9509393 .7152252 -1.33 0.184 -2.352755 .4508764
lev | -3.699828 1.23288 -3.00 0.003 -6.116229 -1.283427
size | .5647381 .1265375 4.46 0.000 .3167292 .812747
roa | -2.458294 1.494271 -1.65 0.100 -5.387013 .470424
ceo | -.728675 .4469121 -1.63 0.103 -1.604607 .1472567
indceo | 1.469543 .7138517 2.06 0.040 .0704192 2.868667
age | .4687254 .5020518 0.93 0.351 -.515278 1.452729
_cons | -1.295471 1.262565 -1.03 0.305 -3.770054 1.179111
-------------+----------------------------------------------------------------
/lnsig2u | 2.084022 .2230534 1.646846 2.521199
-------------+----------------------------------------------------------------
sigma_u | 2.834913 .3161685 2.27 8285 3.527536
rho | .7095449 .0459693 .6120644 .7908988
------------------------------------------------------------------------------
Likelihood-ratio test of rho=0: chibar2(01) = 300.63 Prob >= chibar2 = 0.000

. estimates store re

216
Annexes

Annexe 2.2.1. : Impression écran de l’estimation aléatoires du modèle de la qualité


de l’audit en présence de deux auditeurs de type BIG4_BIG4

Annexe 2.3: Test de Hausman (combinaison BIG4_BIG4)


. hausman fe

---- Coefficients ----


| (b) (B) (b-B) sqrt(diag(V_b-V_B))
| fe re Difference S.E.
-------------+----------------------------------------------------------------
big4big4 | .208758 .265187 -.056429 .0946835
honoaud | 4.107748 -.9509393 5.058688 1.885967
lev | -5.240636 -3.699828 -1.540808 1.809321
size | 2.501852 .5647381 1.937114 .4938778
roa | -4.017889 -2.458294 -1.559595 .750866
ceo | -3.415508 -.728675 -2.686833 4.870762
indceo | .8234204 1.469543 -.6461225 .604159
age | 3.613118 .4687254 3.144393 1.411252
------------------------------------------------------------------------------
b = consistent under Ho and Ha; obtained from xtlogit
B = inconsistent under Ha, efficient under Ho; obtained from xtlogit

Test: Ho: difference in coefficients not systematic

chi2(8) = (b-B)'[(V_b-V_B)^(-1)](b-B)
= 33.45
Prob>chi2 = 0.0001

Prob>chi2 = 0.0001 < 0.1

La probabilité du test de Hausman est inférieure au seuil


de 10%, donc le modèle à effets fixes est préférable au
modèle à effets aléatoires (Kangni KPODAR, 2005).

217
Annexes

Annexe 2.3.1. : Impression écran du Test de Hausman (combinaison BIG4_BI G4)

Annexe 2.4 : Statistiques descriptives du modèle de la qualité de l’audit


(combinaison BIG4_BIG4)
. tabstat score big4big4 honoaud lev size roa ceo indceo age, statistics( mean sd min
max ) columns(variables)

stats | score big4big4 honoaud lev size roa


---------+------------------------------------------------------------
mean | .640681 .4130824 .6061111 .5534974 7.069209 .0514132
sd | .480016 .4926081 .3399769 .1810017 2.216914 .0944883
min | 0 0 -1 -.5 .6133209 -.601207
max | 1 1 1 1.294712 13.48255 .8050341
----------------------------------------------------------------------

stats | ceo indceo age


---------+------------------------------
mean | .2855112 .4435597 1.425974
sd | .4674576 .2453583 .4690962
min | 0 0 0
max | 4.433747 1 2.296665
----------------------------------------

Annexe 2.4.1. : Impression écran Statistiques descriptives du modèle de la qualité


de l’audit (combinaison BIG4_BIG4)

218
Annexes

Annexe 2.5 : Matrice de corrélation de Pearson du modèle de la qualité de


l’audit (combinaison BIG4_BIG4)

. correlate score big4big4 honoaud lev size ro a ceo indceo age


(obs=1116)

| score big4big4 honoaud lev size roa ceo


-------------+---------------------------------------------------------------
score | 1.0000
big4big4 | 0.1200 1.0000
honoaud | -0.0253 0.0049 1.0000
lev | -0.0943 0.1387 -0.1247 1.0000
size | 0.2252 0.3101 0.1170 0.1024 1.0000
roa | 0.0170 -0.0657 -0.0457 -0.1898 -0.1253 1.0000
ceo | -0.1159 0.0035 -0.1772 0.0395 -0.0468 0.0109 1.0000
indceo | 0.1318 -0.1170 0.2092 -0.2318 0.0659 0.1016 -0.1636
age | 0.1057 0.1203 0.0408 0.0143 0.3123 0.0603 0.0230

| indceo age
-------------+------------------
indceo | 1.0000
age | 0.0935 1.0000

Annexe 2.5.1. : Impression écran du Matrice de corrélation de Pearson du modèle


de la qualité de l’audit (combinaison BIG4_BIG4)

219
Annexes

Annexe 2.6 : Estimation à effets fixes du modèle de la qualité de l’audit en


présence de deux auditeurs de type BIG4_SMALL

. xtlogit score big4small honoaud lev size roa ceo indceo age, fe

Iteration 0: log likelihood = -209.9947


Iteration 1: log likelihood = -172.45817
Iteration 2: log likelihood = -172.04812
Iteration 3: log likelihood = -172.00615
Iteration 4: log likelihood = -172.00508
Iteration 5: log likelihood = -172.00508

Conditional fixed-effects logistic regression Number of obs = 1116


Group variable: code Number of groups = 186

Obs per group: min = 6


avg = 6.0
max = 6

LR chi2(8) = 89.66
Log likelihood = -172.00508 Prob > chi2 = 0.0000

------------------------------------------------------------------------------
score | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]
-------------+----------------------------------------------------------------
big4small | 1.121371 .2524132 4.44 0.000 .6266507 1.616 092
honoaud | 4.486339 2.082755 2.15 0.031 .4042137 8.568463
lev | -4.734897 2.141964 -2.21 0.027 -8.93307 -.5367245
size | 1.970843 .5287169 3.73 0.000 .9345768 3.007109
roa | -4.143033 1.769925 -2.34 0.019 -7.612022 -.6740441
ceo | -3.185148 4.802037 -0.66 0.507 -12.59697 6.226672
indceo | .6668181 .956992 0.70 0.486 -1.208852 2.542488
age | 3.736202 1.594869 2.34 0.019 .6103168 6.862087
------------------------------------------------------------------------------

. estimates store fe

Annexe 2.6.1. : Impression écran de l’estimation à effets fixes du modèle de la


qualité de l’audit en présence de deux auditeurs de type
BIG4_SMALL

220
Annexes

Annexe 2.7 : Estimation à effets aléatoires du modèle de la qualité de l’audit en


présence de deux auditeurs de type BIG 4_SMALL
. xtlogit score big4small honoaud lev size roa ceo indceo age, re

Fitting comparison model:

Iteration 0: log likelihood = -728.77631


Iteration 1: log likelihood = -674.85526
Iteration 2: log likelihood = -673.97112
Iteration 3: log likelihood = -673.96833
Iteration 4: log likelihood = -673.96833

Fitting full model:

tau = 0.0 log likelihood = -673.96833


tau = 0.1 log likelihood = -648.99896
tau = 0.2 log likelihood = -626.56776
tau = 0.3 log likelihood = -606.44514
tau = 0.4 log likelihood = -588.38349
tau = 0.5 log likelihood = -572.19108
tau = 0.6 log likelihood = -557.82849
tau = 0.7 log likelihood = -545.5804
tau = 0.8 log likelihood = -536.45325

Iteration 0: log likelihood = -545.57156


Iteration 1: log likelihood = -521.80493
Iteration 2: log likelihood = -517.79768
Iteration 3: log likelihood = -517.47276
Iteration 4: log likelihood = -517.4727
Iteration 5: log likelihood = -517.47189
Iteration 6: log likelihood = -517.47189

Random-effects logistic regression Number of ob s = 1116


Group variable: code Number of groups = 186

Random effects u_i ~ Gaussian Obs per group: min = 6


avg = 6.0
max = 6

Wald chi2(8) = 39.06


Log likelihood = -517.47189 Prob > chi2 = 0.0000

------------------------------------------------------------------------------
score | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]
-------------+----------------------------------------------------------------
big4small | .3784966 .1404873 2.69 0.007 .1031465 .6538467
honoaud | -1.01816 .7821297 -1.30 0.193 -2.551106 .514786
lev | -3.614728 1.300103 -2.78 0.005 -6.162883 -1.066573
size | .6666008 .1404681 4.75 0.000 .3912884 .9419132
roa | -2.531102 1.5362 -1.65 0.099 -5.542 .4797956
ceo | -.8399029 .4843276 -1.73 0.083 -1.789167 .1093616
indceo | 1.091498 .7563998 1.44 0.149 -.3910188 2.574014
age | .769931 .5597142 1.38 0.169 -.3270886 1.866951
_cons | -2.823881 1.483822 -1.90 0.057 -5.732119 .0843566
-------------+----------------------------------------------------------------
/lnsig2u | 2.335351 .243493 1.858113 2.812588
-------------+----------------------------------------------------------------
sigma_u | 3.214511 .3913555 2.532119 4.080804
rho | .7585055 .0446018 .6608906 .835035
------------------------------------------------------------------------------
Likelihood-ratio test of rho=0: chibar2(01) = 312.99 Prob >= chibar2 = 0.000

. estimates store re

221
Annexes

Annexe 2.7.1. : Impression écran de l’estimation à effets aléatoires du modèle de la


qualité de l’audit en présence de deux auditeurs de type BIG
4_SMALL

Annexe 2.8: Test de Hausman (combinaison BIG4_SMALL)

. hausman fe

---- Coefficients ----


| (b) (B) (b-B) sqrt(diag(V_b-V_B))
| fe re Difference S.E.
-------------+----------------------------------------------------------------
big4small | 1.121371 .3784966 .7428748 .2097039
honoaud | 4.486339 -1.01816 5.504499 1.930322
lev | -4.734897 -3.614728 -1.120169 1.702276
size | 1.970843 .6666008 1.304242 .5097158
roa | -4.143033 -2.531102 -1.611931 .8790464
ceo | -3.185148 -.8399029 -2.345245 4.777551
indceo | .6668181 1.091498 -.4246795 .5862534
age | 3.736202 .769931 2.966271 1.493428
------------------------------------------------------------------------------
b = consistent under Ho and Ha; obtained from xtlogit
B = inconsistent under Ha, efficient under Ho; obtained from xtlog it

Test: Ho: difference in coefficients not systematic

chi2(8) = (b-B)'[(V_b-V_B)^(-1)](b-B)
= 35.77
Prob>chi2 = 0.0000

Prob>chi2 = 0.0000 < 0.1

La probabilité du test de Hausman est inférieure au seuil


de 10%, donc le modèle à effets fixes est préférable au
modèle à effets aléatoires (Kangni KPODAR, 2005).

222
Annexes

Annexe 2.8.1 : Impression écran du Test de Hausman (combinaison


BIG4_SMALL)

Annexe 2.9 : Statistiques descriptives du modèle de la qualité de l’audit


(combinaison BIG4_SMALL)
. tabstat score big4small honoaud lev size roa ceo indceo age, statistics( mean sd
min max ) columns(variables)

stats | score big4sm~l honoaud lev size roa


---------+------------------------------------------------------------
mean | .640681 1.997041 .6061111 .5534974 7.069209 .0514132
sd | .480016 1.785632 .3399769 .1810017 2.216914 .0944883
min | 0 .0000103 -1 -.5 .6133209 -.601207
max | 1 6.009627 1 1.294712 13.48255 .8050341
----------------------------------------------------------------------

stats | ceo indceo age


---------+------------------------------
mean | .2855112 .4435597 1.425974
sd | .4674576 .2453583 .4690962
min | 0 0 0
max | 4.433747 1 2.296665
----------------------------------------

Annexe 2.9.1. : Impression écran des Statistiques descriptives du modèle de la


qualité de l’audit (combinaison BIG4_SMALL)

223
Annexes

Annexe 2.10 : Matrice de corrélation de Pearson du modèle de la qualité de


l’audit (combinaison BIG4_SMALL)

. correlate score big4small honoaud lev size roa ceo indceo age
(obs=1116)

| score big4sm~l honoaud lev size roa ceo


-------------+---------------------------------------------------------------
score | 1.0000
big4small | -0.0570 1.0000
honoaud | -0.0253 0.0693 1.0000
lev | -0.0943 -0.1013 -0.1247 1.0000
size | 0.2252 -0.1648 0.1170 0.1024 1.0000
roa | 0.0170 -0.0514 -0.0457 -0.1898 -0.1253 1.0000
ceo | -0.1159 0.0424 -0.1772 0.0395 -0.0468 0.0109 1.0000
indceo | 0.1318 0.2753 0.2092 -0.2318 0.0659 0.1016 -0.1636
age | 0.1057 -0.1722 0.0408 0.0143 0.3123 0.0603 0.0230

| indceo age
-------------+------------------
indceo | 1.0000
age | 0.0935 1.0000

Annexe 2.10.1 : Impression écran du matrice de corrélation de Pearson du modèle


de la qualité de l’audit (combinaison BIG4_SMALL)

224
Annexes

Annexe 2.11 : Estimation à effets fixes du modèle de la qualité de l’audit en


présence de deux auditeurs de type SMALL_SMALL
. xtlogit score smallsmall honoaud lev size roa ceo indceo age, fe

Iteration 0: log likelihood = -210.29685


Iteration 1: log likelihood = -182.51684
Iteration 2: log likelihood = -182.15908
Iteration 3: log likelihood = -182.08901
Iteration 4: log likelihood = -182.08758
Iteration 5: log likelihood = -182.08758

Conditional fixed-effects logistic regression Number of obs = 1116


Group variable: code Number of groups = 186

Obs per group: min = 6


avg = 6.0
max = 6

LR chi2(8) = 69.49
Log likelihood = -182.08758 Prob > chi2 = 0.0000

------------------------------------------------------------------------------
score | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]
-------------+----------------------------------------------------------------
smallsmall | -.6932768 .3249414 -2.13 0.033 -1.33015 -.0564033
honoaud | 4.34377 2.090723 2.08 0.038 .246028 8.441512
lev | -5.24475 2.185551 -2.40 0.016 -9.528351 -.96115
size | 2.425354 .5106219 4.75 0.000 1.424554 3.426154
roa | -4.061379 1.675881 -2.42 0.015 -7.346045 -.7767123
ceo | -3.389826 5.004939 -0.68 0.498 -13.19933 6.419675
indceo | .6852628 .9430846 0.73 0.467 -1.163149 2.533675
age | 3.534699 1.483019 2.38 0.017 .628 0365 6.441362
------------------------------------------------------------------------------

. estimates store fe

Annexe 2.11.1. : Impression écran de l’estimation à effets fixes du modèle de la


qualité de l’audit en présence de deux auditeurs de type
SMALL_SMALL

225
Annexes

Annexe 2.12 : Estimation à effets aléatoires du modèle de la qualité de l’audit en


présence de deux auditeurs de type SMALL_SMALL
. xtlogit score smallsmall honoaud lev size roa ceo indceo age, re

Fitting comparison model:

Iteration 0: log likelihood = -728.77631


Iteration 1: log likelihood = -640.66292
Iteration 2: log likelihood = -639.11494
Iteration 3: log likelihood = -639.09799
Iteration 4: log likelihood = -639.09798

Fitting full model:

tau = 0.0 log likelihood = -639.09798


tau = 0.1 log likelihood = -618.8093
tau = 0.2 log likelihood = -600.37173
tau = 0.3 log likelihood = -583.69527
tau = 0.4 log likelihood = -568.65158
tau = 0.5 log likelihood = -555.15742
tau = 0.6 log likelihood = -543.26458
tau = 0.7 log likelihood = -533.29411
tau = 0.8 log likelihood = -526.26626

Iteration 0: log likelihood = -533.36876


Iteration 1: log likelihood = -516.1647
Iteration 2: log likelihood = -514.15645
Iteration 3: log likelihood = -514.06541
Iteration 4: log likelihood = -514.06536
Iteration 5: log likelihood = -514.06512
Iteration 6: log likelihood = -514.06512

Random-effects logistic regression Number of obs = 1116


Group variable: code Number of groups = 186

Random effects u_i ~ Gaussian Obs per group: min = 6


avg = 6.0
max = 6

Wald chi2(8) = 54.13


Log likelihood = -514.06512 Prob > chi2 = 0.0000

------------------------------------------------------------------------------
score | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]
-------------+----------------------------------------------------------------
smallsmall | -1.118028 .2798638 -3.99 0.000 -1.666551 -.5695045
honoaud | -1.0294 .6872765 -1.50 0.134 -2.376437 .3176373
lev | -3.267902 1.201438 -2.72 0.007 -5.622677 -.9131272
size | .4740339 .1222546 3.88 0.000 .2344193 .7136485
roa | -2.521133 1.489747 -1.69 0.091 -5.440984 .3987171
ceo | -.5310479 .435797 -1.22 0.223 -1.385194 .3230986
indceo | 1.1329 .7058951 1.60 0.109 -.2506293 2.516429
age | .4219824 .4824217 0.87 0.382 -.5235468 1.367512
_cons | -.2517936 1.233978 -0.20 0.838 -2.670347 2.16676
-------------+----------------------------------------------------------------
/lnsig2u | 1.958636 .2276533 1.512443 2.404828
-------------+----------------------------------------------------------------
sigma_u | 2.662639 .3030793 2.130212 3.328141
rho | .6830422 .0492859 .5797131 .7710025
------------------------------------------------------------------------------
Likelihood-ratio test of rho=0: chibar2(01) = 250.07 Prob >= chibar2 = 0.000

. estimates store re

226
Annexes

Annexe 2.12.1. : Impression écran de l’estimation à effets aléatoires du modèle de


la qualité de l’audit en présence de deux auditeurs de type
SMALL_SMALL

Annexe 2.13: Test de Hausman (combinaison SMALL_SMALL)


. hausman fe

---- Coefficients ----


| (b) (B) (b-B) sqrt(diag(V_b-V_B))
| fe re Difference S.E.
-------------+----------------------------------------------------------------
smallsmall | -.6932768 -1.118028 .4247507 .1651156
honoaud | 4.34377 -1.0294 5.37317 1.974531
lev | -5.24475 -3.267902 -1.976848 1.825699
size | 2.425354 .4740339 1.95132 .4957706
roa | -4.061379 -2.521133 -1.540245 .767614
ceo | -3.389826 -.5310479 -2.858778 4.98593
indceo | .6852628 1.1329 -.4476369 .6253965
age | 3.534699 .4219824 3.112717 1.402 36
------------------------------------------------------------------------------
b = consistent under Ho and Ha; obtained from xtlogit
B = inconsistent under Ha, efficient under Ho; obtained from xtlogit

Test: Ho: difference in coefficients not systematic

chi2(8) = (b-B)'[(V_b-V_B)^(-1)](b-B)
= 42.01
Prob>chi2 = 0.0000

Prob>chi2 = 0.0000 < 0.1

La probabilité du test de Hausman est inférieure au seuil


de 10%, donc le modèle à effets fixes est préférable au
modèle à effets aléatoires (Kangni KPODAR, 2005).

227
Annexes

Annexe 2.13.1. : Impression écran du test de Hausman (combinaison


SMALL_SMALL)

Annexe 2.14 : Statistiques descriptives du modèle de la qualité de l’audit


(combinaison SMALL_SMALL)
. tabstat score smallsmall honoaud lev size roa ceo indceo age, statistics( mean sd
min max ) columns(variables)

stats | score smalls~l honoaud lev size roa


---------+------------------------------------------------------------
mean | .640681 .3028674 .6061111 .5534974 7.069209 .0514132
sd | .480016 .4597044 .3399769 .1810017 2.216914 .0944883
min | 0 0 -1 -.5 .6133209 -.601207
max | 1 1 1 1.294712 13.48255 .8050341
----------------------------------------------------------------------

stats | ceo indceo age


---------+------------------------------
mean | .2855112 .4435597 1.425974
sd | .4674576 .2453583 .4690962
min | 0 0 0
max | 4.433747 1 2.296665
----------------------------------------

Annexe 2.14.1. : Statistiques descriptives du modèle de la qualité de l’audit


(combinaison SMALL_SMALL)

228
Annexes

Annexe 2.15 : Matrice de corrélation de Pearson du modèle de la qualité de


l’audit (combinaison SMALL_SMALL)

. correlate score smallsmall honoaud lev size roa ceo indceo age
(obs=1116)

| score smalls~l honoaud lev size roa ceo


-------------+---------------------------------------------------------------
score | 1.0000
smallsmall | -0.3640 1.0000
honoaud | -0.0253 -0.1450 1.0000
lev | -0.0943 0.1458 -0.1247 1.0000
size | 0.2252 -0.3757 0.1170 0.1024 1.0000
roa | 0.0170 -0.0355 -0.0457 -0.1898 -0.1253 1.0000
ceo | -0.1159 0.2863 -0.1772 0.0395 -0.0468 0.0109 1.0000
indceo | 0.1318 -0.2688 0.2092 -0.2318 0.0659 0.1016 -0.1636
age | 0.1057 -0.1556 0.0408 0.0143 0.3123 0.0603 0.0230

| indceo age
-------------+------------------
indceo | 1.0000
age | 0.0935 1.0000

Annexe 2.15.1. : Impression écran de la matrice de corrélation de Pearson du


modèle de la qualité de l’audit (combinaison SMALL_SMALL)

229
Annexes

Annexe 2.16 : Statistiques descriptives du modèle de la qualité de l’audit en


présence des trois combinaisons d’auditeurs
. tabstat score big4big4 big4small smallsmall honoaud lev size roa ceo indceo age,
statistics( mean sd min max ) columns(variables)

stats | score big4big4 big4sm~l smalls~l honoaud lev


---------+------------------------------------------------------------
mean | .640681 .4130824 1.997041 .3028674 .6061111 .5534974
sd | .480016 .4926081 1.785632 .4597044 .3399769 .1810017
min | 0 0 .0000103 0 -1 -.5
max | 1 1 6.009627 1 1 1.294712
----------------------------------------------------------------------

stats | size roa ceo indceo age


---------+--------------------------------------------------
mean | 7.069209 .0514132 .2855112 .4435597 1.425974
sd | 2.216914 .0944883 .4674576 .2453583 .4690962
min | .6133209 -.601207 0 0 0
max | 13.48255 .8050341 4.433747 1 2.296665
------------------------------------------------------------

Annexe 2.16.1. : Impression écran des Statistiques descriptives du modèle de la


qualité de l’audit en présence des trois combinaisons d’auditeurs

230
Annexes

Annexe 2.17 : Matrice de corrélation de Pearson du modèle de la qualité de


l’audit en présence des trois combinaisons d’auditeurs

. correlate score big4big4 big4small smallsmall honoaud lev size roa ceo indceo age
(obs=1116)

| score big4big4 big4sm~l smalls~l honoaud lev size


-------------+---------------------------------------------------------------
score | 1.0000
big4big4 | 0.1200 1.0000
big4small | -0.0570 -0.2749 1.0000
smallsmall | -0.3640 -0.1371 0.0133 1.0000
honoaud | -0.0253 0.0049 0.0693 -0.1450 1.0000
lev | -0.0943 0.1387 -0.1013 0.1458 -0.1247 1.0000
size | 0.2252 0.3101 -0.1648 -0.3757 0.1170 0.1024 1.0000
roa | 0.0170 -0.0657 -0.0514 -0.0355 -0.0457 -0.1898 -0.1253
ceo | -0.1159 0.0035 0.0424 0.2863 -0.1772 0.0395 -0.0468
indceo | 0.1318 -0.1170 0.2753 -0.2688 0.2092 -0.2318 0.0659
age | 0.1057 0.1203 -0.1722 -0.1556 0.0408 0.0143 0.3123

| roa ceo indceo age


-------------+------------------------------------
roa | 1.0000
ceo | 0.0109 1.0000
indceo | 0.1016 -0.1636 1.0000
age | 0.0603 0.0230 0.0935 1.0000

Annexe 2.17.1. : Matrice de corrélation de Pearson du modèle de la qualité de


l’audit en présence des trois combinaisons d’auditeurs

231
Annexes

Annexe 3 : Exemples de rapports des commissaires aux comptes

232
Annexes

233
Annexes

234
Table des matières

Introduction Générale ........................................................................................... 1


1. Mise en contexte ............................................................................................. 2
2. La démarche adoptée ....................................................................................... 4
3. Question centrale et problématique de la recherche .......................................... 5
4. Objectifs de thèse ............................................................................................ 8
5. Contributions .................................................................................................. 8
6. La méthodologie de recherche ....................................................................... 11
7. Design de la recherche .................................................................................. 12

Chapitre I. Co-Commissariat aux comptes, confiance des actionnaires et


théorie des jeux ........................................................................................ 18
Introduction ......................................................................................................... 19
Section 1 : La qualité de l’audit : ......................................................................... 22
1.1. L’audit financier : historique, définition et objectif : .................................. 22
1.1.1. L’évolution historique du concept d’audit : .......................................... 23
1.1.1.1. Première période : le contrôle à l’antiquité : ..................................... 23
1.1.1.2. Deuxième période : le contrôle au moyen âge : .................................. 24
1.1.1.3. Troisième période : de la fin du moyen âge au début du 19 ème siècle : . 24
1.1.1.4. Quatrième période : du début du 19 ème siècle jusqu’au début du 20 ème
siècle : ........................................................................................................... 25
1.1.1.5. Cinquième période : à partir du début du 20 ème siècle jusqu’à nos
jours : ............................................................................................................ 25
1.1.2. L’audit financier : définition et objectif : .................................................. 26
1.2. L’audit en France : spécificités légales et professionnelles : ........................ 27
1.2.1. Des normes légales et professionnelles précises : ...................................... 28
1.2.2. Les principales caractéristiques du mandat d’audit : .................................. 29
1.2.2.1. La durée du mandat : .......................................................................... 29
1.2.2.2. Double commissariat aux comptes : .................................................... 30
1.3. Problématique de la qualité d’audit : ........................................................... 30
1.3.1. Les théories de recherche et l’observation de la qualité d’audit : ............... 30
1.3.1.1. Théorie de l’agence et la qualité d’audit : ........................................... 31
1.3.1.2. Théorie des signaux et la qualité de l’audit : ....................................... 31
1.3.2. Les déterminants de la qualité d’audit :..................................................... 32
1.3.2.1. La compétence de l’auditeur : ............................................................ 32
1.3.2.2. L’indépendance de l’auditeur : ........................................................... 34

235
Section 2 : Le Co-Commissariat aux comptes : ................................................. 35
2.1. La profession des commissaires aux comptes : ............................................. 35
2.2. La loi de sécurité financière et la mission des commissaires aux comptes :. 36
2.3. L’efficacité du Co-Commissariat aux comptes :........................................... 38
Section 3 : théorie des jeux : concept et enjeux : ............................................... 40
3.1. La théorie des jeux : quelques fondements théoriques : .............................. 42
3.1.1. Définition d’un jeu : ................................................................................. 43
3.1.2. Trois grandes parties pour la théorie des jeux : ......................................... 43
3.2. Les relations entre les différentes parties ..................................................... 45
3.2.1. Relation auditeur – audité ......................................................................... 45
3.2.2. Relation auditeur – auditeur ..................................................................... 46
Conclusion du chapitre I ..................................................................................... 48

Chapitre II. Revue de la littérature sur les études empiriques antérieures


et constitution des hypothèses de recherche ....................................... 50
Introduction ......................................................................................................... 51
Section 1 : Audit et gouvernement d’entreprise : aspects théoriques............... 55
1.1. Les principes de l’audit financier ................................................................. 56
1.1.1. L’entreprise aux yeux de l’auditeur .......................................................... 56
1.1.2. La démarche d’audit ................................................................................. 57
1.1.3. L’évaluation du risque d’audit et option de l’auditeur ............................... 58
1.2. Gouvernement d’entreprise .......................................................................... 59
1.2.1. Définition et origine du système du gouvernement d’entreprise ................ 59
1.2.2. Les mécanismes de gouvernement d’entreprise ......................................... 61
1.2.3. Les critiques adressées au système de gouvernement d’entreprise ............. 62
1.3. L’audit externe et la réduction des coûts d’agence ...................................... 64
1.3.1. L’audit externe, mécanisme de surveillance permettant de réduire les coûts
d’agence ............................................................................................................ 64
1.3.2. L’audit externe, mécanisme de signal permettant de réduire les effets de
sélection adverse ................................................................................................ 66
Section 2 : Le Co-Commissariat aux comptes et la qualité de l’audit ............ 67
2.1. Cadre réglementaire de l’audit : le processus de légitimation du Co-
Commissariat aux comptes .......................................................................... 67
2.2. Les pratiques de l’audit : les auditeurs face à leurs marché et à la qualité . 72
2.2.1. Les auditeurs et le marché d’audit ........................................................... 72
2.2.1.1. L’auditeur et la détection de la fraude et les entreprises en difficultés 73
2.2.1.2. La valeur ajoutée de l’audit pour l’audité .......................................... 74
2.2.2. La concurrence sur le marché d’audit ....................................................... 74
2.2.2.1. Le développement de la concurrence et la pression de la demande ...... 74
2.2.2.2. Concentration et segmentation du marché de l’audit .......................... 75

236
Section 3 : Problématique, questions et hypothèses de recherche ......................... 76
3.1. Présentation de la problématique ................................................................. 77
3.2. Questions de recherche ................................................................................. 78
3.3. Études empiriques antérieures et hypothèses de recherche ......................... 79
3.3.1. Le Co-Commissariat aux comptes : instrument de contrôle pour la
restauration et le maintien de la confiance .......................................................... 79
3.3.1.1. L’effet du Co-Commissariat aux comptes sur la confiance des
actionnaires et la qualité de l'audit ................................................................. 79
3.3.1.2. Jeu simple avec deux joueurs et qualité de l’audit .............................. 80
3.3.1.3. L’effet de l’opinion des auditeurs et des honoraires d’audit sur la
confiance des actionnaires et la qualité de l’audit .......................................... 82
3.3.2. L’effet des mécanismes du gouvernement d’entreprise sur la confiance des
actionnaires et la qualité de l’audit ..................................................................... 83
3.3.2.1. L'indépendance des membres des comités d'audit et des conseils
d'administration ............................................................................................. 83
3.3.2.2. L’influence de l’endettement des firmes sur la confiance des
actionnaires et la qualité de l’audit ................................................................ 86
3.3.3. L’effet de la profitabilité et la taille sur la confiance des actionnaires et la
qualité de l’audit ................................................................................................ 87
Conclusion du chapitre II .................................................................................... 92
Introduction de la deuxième partie ..................................................................... 92

Chapitre III. La confiance des actionnaires : proposition d’un modèle de


l’efficacité du Co-Commissariat aux comptes : validation empirique
dans le contexte français ......................................................................... 95
Introduction ......................................................................................................... 96
Section 1 : La méthode d’analyse des données : Aperçu sur les régressions
logistiques .................................................................................................... 98
1.1. Économétrie des variables qualitatives : .................................................... 100
1.2. Pratique de la régression logistique : ......................................................... 101
Section 2 : Sélection de l’échantillon, formation des variables et modèle de
recherche .................................................................................................... 104
2.1. Sélection de l’échantillon : ....................................................................... 104
2.2. Analyse de la taille de l’échantillon : ......................................................... 107
2.3. Formation des variables : .......................................................................... 108
2.3.1. Variable dépendante : la confiance des actionnaires (CONFIANCE) .... 108
2.3.2. Mesure des variables explicatives liée à la confiance des actionnaires . 110
2.3.2.1. Les variables indépendantes ............................................................. 110
2.3.2.2. Les variables de contrôles ................................................................ 117
2.4. Le modèle de la recherche : ....................................................................... 119
Section 3 : Résultats empiriques ...................................................................... 124

237
3.1. Statistiques descriptives : .......................................................................... 124
3.2. Matrice des corrélations de Pearson : ......................................................... 126
3.3. Régression : .............................................................................................. 130
Conclusion du chapitre III ................................................................................ 136

Chapitre IV. Qualité de l’audit et choix des commissaires aux comptes :


une approche par la théorie des jeux .................................................. 137
Introduction ....................................................................................................... 138
Section 1 : La méthode d’analyse des données : Aperçu sur les données de panel
................................................................................................................... 141
1.1. Présentation des choix méthodologiques : .................................................. 141
1.1.1. L’estimateur between (inter-individuel) : ............................................. 142
1.1.2. L’estimateur within (intra-individuel) : ............................................... 143
1.1.3. L’estimateur total : ............................................................................. 144
1.1.4. L’estimateur des MCG : ...................................................................... 144
1.2. Les tests .................................................................................................... 145
1.2.1 Test d’existence ou non d’effets spécifiques : ....................................... 145
1.2.2 Test d’Hausman (1978) : ...................................................................... 146
Section 2 : Sélection de l’échantillon, formation des variables et modèle de
recherche .................................................................................................... 147
2.1. Sélection de l’échantillon : ........................................................................ 148
2.2. Choix des variables d’approximation : ....................................................... 149
2.2.1. Variable dépendante : La qualité de l’audit (SCORE) .......................... 150
2.2.2. Mesure des variables explicatives liés à la qualité de l’audit ................ 152
2.2.2.1. Variables indépendantes .................................................................. 152
2.2.2.2. Les variables de contrôles ................................................................ 153
2.3. Jeu simple entre Co-Commissaires aux comptes et modèle de la recherche :154
2.3.1. Jeu simple entre commissaires aux comptes......................................... 154
2.3.1.1. Jeu de deux joueurs avec un pair homogène d’auditeurs ................... 155
2.3.1.2. Jeu de deux joueurs avec un pair hétérogène d’auditeurs ................. 158
Section 3 : Analyse statistiques, résultats et interprétations ................................ 163
3.1. Analyses descriptives univariés ................................................................. 163
3.1.1. Description générale de l’échantillon .................................................. 163
3.1.2. Statistiques descriptives ...................................................................... 164
3.2. Analyse bivariée : Matrice des corrélations de Pearson .............................. 166
3.3. Analyse multivarié .................................................................................... 168
3.3.1. La variable : AUDITOR_PAIR............................................................ 171
3.3.2. La variable : honoraire d’audit (HONOR)……………………………….174
3.3.3. La variable : Endettement (LEV)…………………………………………174
3.3.4. La variable : taille (SIZE)…………………………………………………175
3.3.5. La variable : ROA………………………………………………………….175
3.3.6. Les variables de contrôle………………………………………………….176
Conclusion du chapitre IV…………………………………………..…………..…….177

238
Conclusion générale ………………………………..…………………..……...…….179
Bibliographie …………...…………………………..…………………..……...…….185
Annexes ………………………………..…………………..…………………....…….206

239
Résumé
L’ambition de cette thèse a émergé à travers les interrogations classiques et modernes
autour de la confiance des actionnaires et la qualité de l’audit. Pour étudier ces
interrogations, nous nous sommes intéressés au cadre réel mais actuel du sujet ; c’est le
cadre de la théorie contractuelle de la firme et la théorie des jeux.
Du point de vue théorique, nous avons développé le sujet dans le cadre de la théorie
contractuelle de la firme et la théorie des jeux. Ainsi, Motivé par les récents travaux de
Sophie Marmousez (2012), Paugam et Casta (2012) et les débats actuels portant sur la
qualité de l’audit, cette thèse pose les questions sur la qualité d’audit en présence du Co-
Commissariat aux comptes. Pour cela, nous avons adopté le cadre conceptuel et la
démarche clinique de l’ergonomie de l’activité.
Du point de vue empirique, nous avons travaillé sur un échantillon d’entreprises
Françaises cotées, avec des données annuelles de panel selon les objectifs et les hypothèses
à tester. Nous tentons d’étudier les liens existant entre la confiance des actionnaires et le
Co-Commissariat aux comptes et quelques mécanismes de gouvernance (1), la qualité
d’audit et le Co-Commissariat aux comptes via une approche par la théorie des jeux (2)
durant la période 2005 - 2010.
La synthèse des résultats nous laisse postuler l’effet significatif de deux Big 4 et des
mécanismes de gouvernance sur la confiance des actionnaires (1), une meilleure qualité
d’audit est conditionnée par la présence d’un pair hétérogène d’auditeurs (BIG4_SMALL)
(2).
Mots clés : Confiance des actionnaires, Co-Commissariat aux comptes, Qualité d’audit,
Théorie des jeux, données de Panels.
Classification JEL : C33, C72, D74, G3, M41, M42.

Summary
The ambition of the thesis was developed from the traditional and modern
interrogations around the shareholders confidence and audit quality. To study these
interrogations, we were interested in the real framework but in the current context of the
subject; this is the framework of contractual theory of the firm and the games theory.
From a theorical viewpoint, we developed the subject from a theoretical in the
context of the contractual firm theory and the games theory. So motivated by the recent
works of Sophie Marmousez (2012), Paugam and Casta (2012) and the current debate on the
quality of the audit, this thesis raises questions on audit quality in the presence of Joint-
Auditors. For this, we adopted the conceptual framework and the clinical methodology of
French ergonomics.
From an empirical viewpoint, we worked on a sample of French listed companies,
with annual panel data according to the objectives and hypotheses to be tested. We studied
the relationship between shareholder confidence and joint-auditors and some governance
mechanisms (1), audit quality and the joint auditors using an approach based on game theory
(2) during the period 2005 - 2010.
The summary of results makes it possible to assume the significant effect of two Big
4 and governance mechanisms on shareholder confidence (1), a clearer audit quality is
conditioned by the presence of heterogeneous peer auditors (BIG4_SMALL) (2).
Key words: Shareholders Confidence, Joint Audit, Audit quality, Game theory, Panel Data
JEL Classification : C33, C72, D74, G3, M41, M42.

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