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Affaire Gilles

Andruet
Affaire Andruet
Nature du
Homicide
crime
Type de
Assassinat
crime
Titre Affaire Gilles Andruet
Pays de lieu
 France
du crime
Ville Saulx-les-Chartreux
Pays
 Maroc
associé
Nature de
Batte de baseball
l'arme
Type d'arme Arme contondante
Date du
22 août 1995
crime
Nombre de
1 : Gilles Andruet
victimes
Jugement
Statut Affaire jugée
Date du novembre 2003
jugement 27 janvier 2014
Recours En appel à la cour d'assises du
Val-de-Marne en mars 2006
modifier  

L'Affaire Andruet est une affaire criminelle


française concernant le meurtre le 22 août
1995 du joueur d'échecs Gilles Andruet,
fils de l'ex-pilote automobile Jean-Claude
Andruet. Il a été battu à mort après avoir
été drogué.

Préambule
En 1993, Gilles Andruet utilise une
martingale qu'il a élaborée pour gagner au
blackjack, grâce à sa mémoire, son esprit
mathématique et statistique, et la
méthode de comptage des cartes inventée
par le joueur américain Ken Uston[1].

La première année, Andruet gagne


beaucoup d'argent, et joue de plus en plus
dans les casinos des quatre coins du
monde, plus pour le plaisir de gagner que
par appât du gain. Il attire l'attention avec
son tempérament provocateur et les
casinos finissent par le repérer. Il se
retrouve interdit de blackjack.
Malheureusement, il est pris par « le
démon du jeu ». Ne pouvant plus jouer au
blackjack, il se rabat sur la roulette.
Contrairement au blackjack, sa mémoire
extraordinaire et ses facilités
mathématiques ne lui apportent pas plus
d'avantage qu'à n'importe quel joueur et il
perd donc beaucoup plus souvent qu'il ne
gagne. Ses amis tentent de le dissuader
de jouer. Pour pouvoir soutenir un tel
rythme de vie, il commence à consommer
et à vendre [réf. nécessaire] de la drogue
(héroïne et cannabis). L'argent qu'il avait si
rapidement gagné au blackjack est vite
dilapidé. Il entre dans la spirale infernale
du joueur compulsif. Il joue plus d'argent
qu'il n'en a, fait des emprunts qu'il ne peut
pas rembourser, il est interdit bancaire[2] et
fiché à la Banque de France, devient SDF
et ses conditions de vie sont de plus en
plus précaires.
Le 4 août 1995, Andruet reçoit un chèque
de notaire de 398 000 francs comme
avance sur l'héritage d'une tante. Étant
interdit bancaire, il n'a pas de compte en
banque et ne peut donc pas encaisser ce
chèque[3]. Il demande de l'aide à ses
connaissances de jeux de casino. Joseph
Liany, ancien commerçant rencontré au
casino d'Enghien-les-Bains, joueur assidu
comme lui, propose son aide à Andruet,
par l'intermédiaire de son fils Franck[4],[5].
Avec la recommandation de Franck Liany,
Gilles Andruet peut ouvrir un compte à la
banque marocaine Chaabi (filiale de la
Banque populaire du Maroc) à Paris et y
dépose son chèque[6]. Andruet accorde
procuration à Franck Liany sur le compte
en banque[3]. À la mi-août 1995, il achète
une Ford Sierra d'occasion à Chaloum
Zenou mais avertit ce dernier de
n'encaisser le chèque qu'à partir du
22 août 1995, date à laquelle il doit
recevoir la somme de l'héritage.

Assassinat
Le 21 août 1995 vers 23 h, Gilles Andruet,
alors au volant de sa voiture, une Ford
Sierra, s'arrête devant une succursale du
restaurant L’Entrecôte à Paris, pour saluer
Yolanda, une amie polonaise serveuse
dans le restaurant. Trois hommes sont
avec lui dans la voiture[7].

Le corps de Gilles Andruet est découvert


par une maraîchère au petit matin du
22 août 1995, enroulé dans une alaise de
lit blanche et à moitié immergé sur une
berge de l'Yvette, à Saulx-les-Chartreux,
dans l'Essonne. Andruet a été assassiné
dans la nuit, roué de coups de batte de
baseball après avoir été drogué à la
morphine et au flunitrazépam (la "drogue
du viol")[8]. Sa voiture est retrouvée
abandonnée à quelques kilomètres de là.
Dans le coffre, il y a de nombreuses taches
de sang et dans la boîte à gants une
photocopie du chèque. Sur l'alaise blanche
tachée de sang, un poil est trouvé en 2001,
de l'ADN mitochondrial en est extrait,
correspondant à l'ADN de la famille Liany.
Le 25 août 1995, Franck Liany a fini de
totalement vider le compte en banque[6].

Les suspects

Franck Liany est serveur au Golf de l’Étoile,


un club de sport et bar-restaurant situé
près de l'Arc de Triomphe, dont le gérant
est son cousin Sacha Rhoul[9],[10]. Le père
de Franck Liany, Joseph, est le frère de
Sylvia Liany-Rhoul, la mère de Sacha. Son
père, Alexandre, présenté par Bruno
Coquatrix à Johnny Hallyday, est devenu
un des proches collaborateurs du chanteur
(il apparaîtra notamment dans le film
documentaire consacré à l'artiste, J'ai tout
donné)[11]. Sacha use du carnet d'adresses
de son père pour attirer une importante
clientèle « people »[12].

Une nuit de décembre 1995, alors qu'il est


au bar du restaurant, Loïc Simon, un
serveur au Golf de l’Étoile et ami proche de
Sacha Rhoul, se plaint de n'avoir reçu que
30 000 des 50 000 francs promis par
Joseph Liany pour tuer à coups de batte
de baseball un joueur d’échecs[12] ayant
contracté une dette de jeu auprès de
Joseph Liany. À la suite de quoi, Loïc
Simon se suicide par pendaison[13] le
14 août 1996, peu de temps après avoir
confessé le meurtre de Gilles
Andruet[14],[15]. Les propos de Loïc Simon
sont en partie confirmés par Sacha Rhoul,
au cours de son audition à la police de
Versailles en 2001[16]. Au cours de la
déposition de son témoignage, la serveuse
Yolanda avait reconnu formellement
Joseph Liany comme l'un des passagers
de la voiture d'Andruet[17]. Elle sera par la
suite victime d'appels anonymes répétitifs
et de menaces de mort sur elle et son
enfant (qui continueront malgré les
changements de numéro de téléphone
qu'elle entreprend et son inscription sur
liste rouge[3],[7]), et cela dans l'objectif de la
déstabiliser et de la dissuader de
témoigner face au tribunal (ce qui
fonctionnera).

Départ de Sacha Rhoul

Sacha Rhoul quitte la France en 1997 pour


aller vivre à Marrakech, au Maroc,
reprenant ainsi la gérance du Palais Rhoul,
un hôtel cinq étoiles qui appartient à sa
famille (où séjourneront de nombreuses
célébrités : Johnny Hallyday, Jamel
Debbouze, etc.)[18],[19]. Outre sa nationalité
française, il a, de par sa mère et son père
également marocains, la nationalité
marocaine [9], ce qui lui permet de ne pas
être extradé vers la France. Là-bas, il
récupère son prénom de naissance
marocain et se fait donc appeler
Chahine[20],[21].

Jugement
Premier procès (2003)

Un premier procès a lieu en


novembre 2003. Sacha Rhoul qui n'est pas
convoqué, est absent. Seuls son cousin et
son oncle, Franck et Joseph Liany sont
jugés. Chacun rejette la responsabilité sur
l'autre[22]. Dix-huit témoins menacés ont
bizarrement la mémoire qui flanche, ou
présentent des certificats médicaux
justifiant leur absence à cette audience[23].
Franck et Joseph Liany sont reconnus
coupables. Le premier est condamné à
sept ans de prison pour « recel de produit
d'un meurtre », le second à quinze années
pour meurtre, sur la base des témoignages
et de l'empreinte ADN mitochondrial,
extraite du poil trouvé sur l'alaise blanche,
ayant appartenu à Franck. Seul Joseph
Liany fait appel de la décision du
tribunal[24].

Deuxième procès de Joseph


Liany (2006)

Joseph Liany ayant fait appel, le procès a


lieu en mars 2006 à la cour d'assises du
Val-de-Marne. Sacha Rhoul absent est
condamné par contumace à quinze ans de
prison[25]. Toutefois, à cette date, il semble
circuler librement en France[26].

La défense de Joseph Liany se basant


uniquement sur le fait que l'ADN
mitochondrial retrouvé peut aussi
appartenir à Sacha Rhoul, neveu de
Joseph Liany, obtient l'acquittement de ce
dernier au bénéfice du doute, au grand
désarroi du père de la victime, l'ex-pilote
de rallye Jean-Claude Andruet[24].
Procès de Sacha Rhoul (2014)

Jean-Claude Andruet menaçant d'enlever


Sacha Rhoul comme dans la récente
affaire Dieter Krombach, Rhoul est extradé
du Maroc vers la France en mars 2010[27].
Il est incarcéré quatre mois à la maison
d'arrêt de Fleury-Mérogis. En juin 2010, il
est libéré, sous contrôle judiciaire, contre
le versement d'une caution de
50 000 euros[28]. Le 27 janvier 2014[29],[30],
il est acquitté en France et au Maroc[31].

Références
Cet article est partiellement ou en
totalité issu de l'article intitulé « Gilles
Andruet » (voir la liste des auteurs).
1. Haget Henri et Leblond Renaud, « Echec
et mort d'un surdoué », LExpress.fr,
21 septembre 1995 (lire en ligne )
2. « Le champion d'échecs avait été
drogué et noyé », La Dépêche du Midi,
14 mars 2006 (lire en ligne )
3. Le Point, magazine, « Le mystérieux
meurtre de Gilles Andruet rejugé », Le
Point, 25 janvier 2014 (lire en ligne )
4. « Le Franco-Marocain Sacha Rhoul
acquitté du meurtre de Gilles Andruet »,
L'Est républicain, 30 janvier 2014 (lire en
ligne )
5. « Gilles Andruet, la dérive d'un génie »,
Le Parisien, 27 janvier 2014 (lire en ligne )
6. « Sacha Rhoul acquitté du meurtre du
joueur d'échecs Gilles Andruet », Le Monde,
30 janvier 2014 (lire en ligne )
7. « Affaire Andruet : témoin agressé et
malaise à l'audience », Libération.fr,
14 novembre 2003 (lire en ligne )
8. « L'assassin présumé de G.Andruet
extradé », Le Figaro, 7 mars 2010 (lire en
ligne )
9. François de Labarre, « Affaire Andruet, le
coupable arrêté », Paris Match,
7 mars 2010 (lire en ligne )
10. « Saulx-les-Chartreux : Jean-Claude
Andruet raconte la vie de son fils », Le
Parisien, 30 janvier 2014 (lire en ligne )
11. « Dix-neuf ans après, Sacha Rhoul jugé
pour le meurtre de Gilles Andruet », Le
Point, 27 janvier 2014 (lire en ligne )
12. « Procès Andruet: Sacha Rhoul fait
bonne figure », Le Figaro, 30 janvier 2014
(lire en ligne )
13. « Meurtre de G. Andruet: que fait la
police avec Sacha Rhoul? » , sur
20minutes.fr, 23 janvier 2008 (consulté le
26 mai 2017)
14. Sébastien Thomas, « Le meurtrier
condamné à quinze ans de prison », Le
Parisien, 15 novembre 2003 (lire en ligne )
15. « Une procédure judiciaire à
rallonges », Le Parisien, 27 janvier 2014 (lire
en ligne )
16. « Le jet-setteur accusé du meurtre du
Mozart des échecs », Le Parisien,
27 janvier 2014 (lire en ligne )
17. Stéphanie Auguy, « Le témoignage
poignant de Jean-Claude Andruet », Le
Parisien, 11 novembre 2003 (lire en ligne )
18. Site internet de Sylvia Liany-Rhoul
19. Site internet de Sylvia Liany–Rhoul
20. François de Labarre, « Affaire Andruet -
Sacha Rhoul enfin jugé », Paris Match,
27 janvier 2014 (lire en ligne )
21. « Palais Rhoul bâti sur un scandal » ,
sur News, Reviews, Toughts and Gossip !,
17 septembre 2014 (consulté le
26 mai 2017)
22. Marc Pivois, « Procès Andruet: quinze
ans de réclusion », Libération,
15 novembre 2003 (lire en ligne )
23. Florian Loisy, « Affaire Andruet : le
meurtre du champion d'échecs reste
impuni » , sur leparisien.fr, 19 juillet 2016
24. Christophe Bouton, « Affaire Andruet :
un acquitté, un condamné… par
contumace » , sur Échecs64 (consulté le
3 mars 2010).
25. Louis Morice, « L'extradition de Rhoul
relance l'affaire Andruet », Le Nouvel
Observateur, 12 mars 2010 (lire en ligne )
26. « Le Gambit Rhoul, variante
Bamberski ? » , sur echecs64.20minutes-
blogs.fr (consulté le 26 mai 2017)
27. Alain Chouffan, « Maroc : Sacha Rhoul
n'aurait pas dû être extradé », Le Nouvel
Observateur, 11 mars 2010 (lire en ligne )
28. « 19 ans après le meurtre de la star des
échecs Gilles Andruet, un jet-setteur à la
barre » Article d'Alexandra Guillet publié le
27 janvier 2014 sur LCI
29. « Meurtre de Gilles Andruet : acquitté,
Sacha Rhoul est "immensément
soulagé" », RTL.fr, 3 février 2014 (lire en
ligne )
30. lefigaro.fr, « Sacha Rhoul acquitté du
meurtre de Gilles Andruet », Le Figaro,
30 janvier 2014 (lire en ligne )
31. « Sacha Rhoul rentre à Dunkerque,
acquitté du meurtre de Gilles Andruet » ,
sur La Voix du Nord, 30 janvier 2014
(consulté le 26 mai 2017)

Documentaires télévisés
« Meurtre de Gilles Andruet : échecs et
mat » le 27 novembre 2005 Secrets
d'actualité sur M6, puis le 29 avril 2009
dans Enquêtes criminelles : le magazine
des faits divers sur W9.
« Rencontre mortelle au casino »
(deuxième reportage) dans « ... chez les
millionnaires » le 26 mai, et le 2 et le 10
juin 2014 dans Crimes sur NRJ 12.
« Gilles Andruet, échecs et mort » en
octobre 2014 dans Faites entrer l'accusé
présenté par Frédérique Lantieri sur
France 2.

Émission radiophonique
« Retour sur le procès de Sacha Rhoul »
le 3 février 2014 dans L'Heure du crime
de Jacques Pradel sur RTL
« L’assassinat de Gilles Andruet,
champion de France d’échecs »,
émission Hondelatte raconte sur Europe
1 de Christophe Hondelatte, 21 février
2017

Article connexe
Liste d'affaires criminelles françaises

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