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CHAPITRE 7

ETUDE DU COMPORTEMENT DYNAMIQUE ELASTO


PLASTIQUE DE STRUCTURES TENANT COMPTE DU
COMPORTEMENT REEL DES MATERIAUX A VITESSE
ELEVEE DE MISE EN CHARGE
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.1
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

7.1. INTRODUCTION

L’objectif de ce chapitre est d’étudier le comportement de structures métalliques types en


zone sismique tenant compte du comportement réel des matériaux à vitesses élevées de mise
en charge.
Dans la première partie de ce chapitre, on donne un résumé de l’état actuel des connaissances
relatives au comportement local, on s’intéresse plus particulièrement aux paramètres et aux
méthodes qui permettent d’évaluer la ductilité locale.
A la fin de cette partie, nous présentons et nous analysons les résultats des simulations
numériques relatifs à la capacité de rotation, à la séquence de formation des rotules plastiques
et à la ruine des structures étudiées, en montrant dans quelle mesure la vitesse de déformation
peut influencer le comportement local des éléments structuraux.
Cette simulation numérique a été menée à l’aide des codes de calcul DRAIN-2D [A1] et
DUCTROT M [P8], elle comprend deux phases.
Dans la première phase, on détermine au préalable les caractéristiques des rotules plastiques
et la capacité de rotation plastique des structures étudiées à l’aide du logiciel DUCTROT M.
Dans la deuxième phase, on étudie la séquence d’apparition des rotules plastiques et
l’influence de la vitesse de déformation sur cette séquence à l’aide du logiciel DRAIN- 2D.
Cette partie de l’étude est effectuée par des analyses statiques élastoplastiques en poussée
progressive (push over).
Dans la deuxième partie, on fait une étude similaire à la première, mais les paramètres en
question sont ceux relatifs au comportement global de la structure, sachant que ce
comportement est pris en compte au travers d’un coefficient global de comportement qu’on
appelle facteur de comportement. Ce facteur est évalué dans les deux hypothèses avec et sans
influence de la vitesse de déformation à l’aide du logiciel DRAIN-2D. Cette partie de l’étude
est effectuée par des analyses dynamiques élastoplastiques utilisant DRAIN-HASSOUNI et
les accélérogrammes de Kobe et Northridge.
Ce chapitre se termine par des commentaires concernant l’influence de la vitesse de
déformation sur le comportement local et global des structures étudiées.

7.2. COMPORTEMENT LOCAL DES ROTULES PLASTIQUES

7.2.1. CAPACITE DE ROTATION DISPONIBLE DANS LA POUTRE ET DANS LA COLONNE

La capacité de rotation joue un rôle critique dans le dimensionnement des structures en zone
sismique. Les éléments doivent être capables de former des rotules plastiques. Ces rotules
plastiques doivent posséder une capacité de rotation suffisante dans le domaine plastique sans
perte de résistance, ceci permet la redistribution des résistances et un mécanisme global. Cette
capacité de rotation est nécessaire afin qu’une partie de l’énergie induite par l’action sismique
soit dissipée par le comportement plastique de la structure, elle est souvent limitée par le
voilement plastique local des parois de l’élément. C’est une des raisons pour lesquelles le
phénomène de voilement élasto-plastique a été récemment introduit dans les codes de calcul,
afin de tirer profit d’une capacité de rotation maximale de l’élément structurel considéré.
Cette instabilité de section est connue pour générer une loi moment-rotation qui présente une
branche décroissante au-delà d’un certain seuil de rotation. La forme de cette courbe dépend
fortement des rapports géométriques de la section. Afin d’identifier dans quelle mesure la
résistance et la capacité de rotation sont limitées par l’apparition du voilement local,
l’Eurocode3 [E2] définit quatre classes de sections de la façon suivante :
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.2
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

- Les sections transversales de Classe 1 sont celles dans lesquelles peut se former une rotule
plastique pouvant atteindre sans réduction de résistance la capacité de rotation requise pour
une analyse plastique.
- Les sections transversales de Classe 2 sont celles dans lesquelles peut se développer le
moment résistant plastique, mais qui possèdent une capacité de rotation limitée à cause du
voilement local.
- Les sections transversales de Classe 3 sont celles pour lesquelles la contrainte calculée
dans la fibre comprimée extrême en supposant une distribution élastique des contraintes
peut atteindre la limite d’élasticité, mais pour lesquelles le voilement local est susceptible
d’empêcher le développement du moment résistant plastique.
- Les sections transversales de Classe 4 sont celles pour lesquelles le voilement local se
produit avant l’atteinte de la limite d’élasticité dans une ou plusieurs parois de la section
transversale.

L’Eurocode 8 [E4] définit trois classes de ductilité en fonction de la valeur du facteur de


comportement q de la structure de la façon suivante :
- Comportement de la structure faiblement dissipatif 1.5 < q ≤ 2
- Comportement de la structure moyennement dissipatif 2 < q ≤ 4
- Comportement de la structure dissipatif q > 4

La procédure qui consiste à évaluer le niveau de ductilité sur la base de classe de section
contient certaines imperfections [G5], car pour évaluer le niveau de ductilité réel de la
structure, il est nécessaire de tenir compte de toutes les caractéristiques des éléments qui la
composent y compris leur longueur et leur comportement réel au sein de la structure. Pour
cela MAZZOLANI, PILUSO [M13] et GIONCU [G6] proposent de substituer au
comportement de classes de sections le comportement de classes d’éléments et donnent une
nouvelle classification de la ductilité basée sur la capacité de rotation plastique. Dans ce cas le
type de l’élément, sa longueur, la nuance de l’acier et d’autres paramètres tel que la vitesse de
déformation ont une influence sur la ductilité locale

7.2.2. LES METHODES D’EVALUATION DE LA CAPACITE DE ROTATION

Plusieurs chercheurs ont développé des méthodes d’évaluation de la capacité de rotation,


qu’on peut classer comme suit :

7.2.2.1. Méthodes théoriques

Les méthodes théoriques les plus connues sont celles qui utilisent la méthode des éléments
finis[S10, S11, S12, B12, E7 ]. D’autres méthodes théoriques intègrent la relation moment
courbure [A4, A5, A6, G7, K27, K28, K29, L10, M14, M15]. Ces méthodes permettent de
déterminer la rotation correspondante au moment maximum.

7.2.2.2. Méthodes approchées

Ces méthodes sont basées sur l’interprétation des mécanismes de ruine plastiques obtenus
expérimentalement [C25, I2, I3, I4, I5, G8, G9, G10, T5, P9, V2, V3 ].
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.3
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

7.2.2.3. Méthodes empiriques

Ces méthodes sont basées sur l’analyse statistique des données expérimentales disponibles,
obtenues en réalisant des essais sur des éléments en vraie grandeur [ A7, K30, K31, Y2].
L’influence de l’action cyclique sur la capacité de rotation est étudiée par [A4, A5, A6].
Parmi ces différentes méthodes, les plus séduisantes sont certainement celles qui utilisent la
méthode des éléments finis. Mais, ces méthodes nécessitent un travail très dense dans les
zones affectées par le voilement. Les méthodes d’intégration moment-courbure ne donnent
que la rotation correspondant au moment maximum. Les méthodes empiriques qui sont basées
sur les résultats des essais sont très contestées à cause des dispersions des résultats obtenus.
Dans ces conditions, la méthode basée sur le mécanisme de ruine plastique semble la plus
adéquate pour évaluer la capacité de rotation des structures. Cette procédure tient compte de
toutes les propriétés de l’élément, de l’interaction de l’élément avec le reste de la structure et
de l’influence de la vitesse de déformation. Cette méthode utilise le concept des poutres
standards. Dans la suite, cette méthode sera décrite en détail et appliquée, d’une part pour
déterminer la capacité de rotation plastique des structures, d’autre part pour évaluer
l’influence de la vitesse de déformation sur celles-ci et par conséquent sur le comportement
ductile des structures types.

7.2.3. POUTRES STANDARDS

7.2.3.1. Comportement réel de l’élément dans la structure

La capacité de rotation disponible doit être évaluée en tenant compte du comportement réel de
l’élément au sein de la structure. A cause d’un grand nombre de facteurs qui interviennent
dans l’analyse, il est nécessaire de simplifier cette analyse en substituant aux éléments réels
des éléments ayant un comportement très similaire qu’on appelle des poutres standards et qui
sont classées en deux types :
- poutre standard SB1, chargée en son milieu par une force centrée, la variation du moment
est considérée comme très importante (voir figure 7.1.a )
- poutre standard SB2, chargée uniformément, la variation du moment est faible, le moment
est considéré comme quasi-uniforme (voir figure 7.1.b)

q
P

l l

SB1 SB2

Figure 7.1.a. Poutre standard SB1 Figure 7.1.b. Poutre standard SB2

Afin d’utiliser les poutres standards pour déterminer la capacité de rotation disponible dans la
structure, il est nécessaire de déterminer les caractéristiques principales des poutres et des
colonnes dans un mécanisme de ruine réel de la structure. Actuellement il existe deux cas
d’application de la méthode des poutres standards:
1. Poutre continue avec deux types de mécanismes plastiques (figure 7.2).
- Les poutres de rive avec deux rotules plastiques.
- Les poutres centrales avec trois rotules plastiques.
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.4
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

l l l

xi
MP MP
xm

MP MP MP

SB1 SB1
SB2 SB2 SB2

Figure 7.2. Poutres standards de la poutre continue

2. Structures en portiques (figure 7.3) avec deux types de mécanismes plastiques.


- Le mécanisme plastique global, quand les rotules plastiques se produisent uniquement
dans les poutres et dans les bases des colonnes inférieures (figure 7.3).
- Le mécanisme d’étage, quand les rotules plastiques se produisent dans les deux
extrémités des colonnes inférieures (figure 7.3).

q
α F3
q
α F2
xm xi
M Pb
α F1 Ms

H
M Pb SB1 SB1
2H H
M PC M PC
l
SB1
Ms
SB2

2(x i - xm ) 2(l − x i )

Figure 7.3. Poutres standards de la structure en portique

Si on analyse le diagramme du moment fléchissant d’un élément quelconque de la poutre


continue ou de la structure en portique, on constate que les points d’inflexions divisent cet
élément en portions à moments positifs et d’autres à moments négatifs. Il est clair que dans
une portion à moment positif le moment varie considérablement on lui substitue alors la
poutre standard SB1 (figure 7.1.a), et dans le cas d’une portion à moment négatif le moment
reste quasi uniforme on lui substitue alors la poutre standard SB2 (figure 7.1.b).
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.5
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

q
Ma Mb

xm
Mb
Ma

M max
l

Figure 7.4. Caractéristiques de la poutre standard

Dans la poutre présentée à la figure 7.4, soumise à une charge uniforme q , la position du
moment maximum est donnée par:
 M +M l
x m = 1 − 2 a 2 b  (7.1)
 ql 2

L’abscisse du point d’inflexion est donnée par :


 1

 Ma + Mb  
2

M a + M b  8M a  l
2

xi = 1 − 2 ± 1 − 2  + 2   (7.2)
 ql 2  ql 2  ql   2
 

où M a et M b sont les moments aux extrémités de la poutre, il existe quatre situations


intéressantes :
- La poutre de rive de la poutre continue (figure. 7.5)
ql 2
M a = 0, M max = − M b = M p avec M p <
2
l

xi

xm MP

MP
SB1
SB2
xi 2(l - x i )

Figure 7.5. Caractéristiques de la poutre de rive

Les positions du moment maximum et du point d’inflexion sont données par :


 Mp l
 x m = (1 − 2 2 )
 ql 2 (7.3)
x = 2x
 i m
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.6
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

- La poutre centrale de la poutre continue (figure. 7.6)

x i1

x i2

MP MP

MP

SB1 SB1
SB2
2x i2 x i1 − x i2 2x i1

Figure 7.6. Caractéristiques de la poutre centrale

ql 2
M max = − M a = − M b = M p avec M p <
8
Les positions du moment maximum et des points d’inflexions sont données par :



 l
 xm = 2

  1

   8M p  2  l

 xi1 = 1 + 1 − 2   (7.4)
  ql  2
  
  1

   8M p  2  l
 
 xi2 = 1 − 1 − ql 2   2
   
 

- Poutre dans la structure en portique avec deux rotules plastiques aux extrémités de la
poutre ( figure 7.7)
ql 2
M a = − M b = M p avec M p <
4
La position du point d’inflexion est donnée par :
 1

 4 M  4 M 
 
2 l
+ 1 +
p p
xi = 1 − (7.5)
 ql 2
ql   2
2
  
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.7
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

xi

MP
MP

SB1
SB2
2x i1 2(l - x i )

Figure 7.7. Poutres standards associées au mécanisme plastique global

- Poutre dont la rotule plastique de l’extrémité gauche se situe à une certaine distance de
cette extrémité ( figure 7.8)
xi
xm
MP MP
Ma

SB1
SB2

2(x i - xm ) 2(l - x i )

Figure 7.8. Poutres standards associées au mécanisme plastique global

ql 2
M a ≠ M p , M max = M p , M b = M p avec M p <
4
Les positions du moment maximum et du point d’inflexion sont données par :

  1

   M 
 
2
 p
 x m = 1 − 2 ql 2  l
    

 (7.6)
  1

M 
 xi = 1 − 2 − 2  p
( ) l
2

 ql 2 
  
    

On constate que la position des points d’inflexions dans la poutre dépend strictement de
l’amplitude des forces verticales.
Après avoir examiné les deux types de mécanismes de ruine (voir figure 7.3), on constate
qu’il existe deux situations différentes pour la colonne.
1. Dans le cas d’un mécanisme global, la colonne possède une seule rotule plastique à sa base
(voir figure 7.9.a), dans ce cas il convient d’utiliser la poutre standard SB1 avec une
longueur égale à 2 H et la charge normale N possède une excentricité e0 telle que :
M
e0 = ± s (7.7)
N
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.8
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

M S est le moment fléchissant à l’extrémité supérieure de la colonne correspondant au


moment plastique à sa base, le signe plus correspond au cas d’une simple courbure et le
signe moins au cas d’une double courbure.
2. Dans le cas d’un mécanisme d’étage. La colonne travaille avec deux rotules plastiques, une
à l’extrémité inférieure, l’autre à l’extrémité supérieure (voir figure 7.9.b), le point
d’inflexion se situe au milieu de la colonne, dans ce cas il convient également d’utiliser la
poutre standard SB1 avec une longueur égale à H .

e0
N
M smax

Mp
H
N

H
MP 2H

MP H

e0 N
N
Figure 7.9.a Poutre standard SB1 associée Figure 7.9.b Poutre standard SB1 associée
à la colonne dans le mécanisme global à la colonne dans le mécanisme d’étage

7.2.3.2. Le comportement des poutres standards

La loi constitutive σ − ε simplifiée du matériau est présentée à la figure 7.10, les paramètres
qui caractérisent les trois nuances d’acier usuelles de construction sont rassemblés au
Tableau 7.1. La courbe moment rotation est influencé de façon significative par les
caractéristiques de l’acier dans le domaine d’écrouissage.

fu

fy Eh
Plateau

εy εh εu ε
Figure 7.10. Courbe contrainte déformation simplifiée
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.9
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

Nuance
fy(N/mm2) fu(N/mm2) ε y (%) ε h (%) ε u (%) 2
E (N/mm2) Eh (N/mm )
d'acier
Fe 360 235 360 0,115 1,41 14 210000 5500
Fe 430 275 430 0,134 1,47 12 210000 4800
Fe 510 355 510 0,173 1,70 11 210000 4250
Tableau 7.1. Caractéristiques des aciers usuels de construction

Le comportement des poutres standards dépend des deux types de digrammes de moment
fléchissant.
- Le diagramme des moments de la poutre standard SB1 (Figure 7.11.a) comporte trois
zones, la première zone est élastique, la deuxième zone est élasto-plastique, la troisième
zone est plastique
Les variations notables du moment fléchissant induisent dans la zone plastique des
contraintes dans le domaine d’écrouissage. A cause de son épaisseur faible, on peut
supposer que tous les points de la section la semelle de la poutre se plastifient en même
temps sous un moment noté M pf qui sépare la zone élastique et la zone élasto-plastique.
Le moment plastique M P sépare la zone élasto-plasique et la zone plastique dans le
domaine d’écrouissage. Le moment maximum M max est atteint au milieu de la poutre. La
longueur l p de la zone écrouie et la longueur totale l pf de la zone affectée par la
plastification sont données respectivement par les relations suivantes :
1 MP  1 M pf 
l p = 1 −  , l pf = 1 −  (7.8)
2  M max  2  M max 

- Le diagramme des moments de la poutre standard SB2 (Figure 7.11.b) est quasi uniforme.
Dans ce cas la rotule plastique se produit soit dans la zone plastique (M max = M p ) soit
dans le domaine d’écrouissage (M max > M p ) .

lp l pf lp l pf

        
  M pf M pf
M p M max = M p
M max
 zone élastique
 zone élasto-plastique
 zone plastique
Figure 7.11.a. Diagramme des moments Figure 7.11.b. Diagramme des moments
poutre standard SB1 poutre standard SB2

7.2.4. CAPACITE DE ROTATION

7.2.4.1. Courbe moment rotation

Dans le cas de la poutre standard SB1, un certain nombre de points caractéristiques de la


courbe moment rotation marquent le seuil d’un changement important dans le comportement
de la poutre (Figure 7.12.a et Figure 7.12.b), le premier point caractérise la première
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.10
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

plastification des semelles de la poutre le moment correspondant est M pf , le deuxième point


caractérise l’atteinte du moment plastique M p de la section entière et la rotule plastique se
développe au fur et à mesure que la rotation de la section croit, le moment fléchissant dans la
section continue à croître au-delà du moment plastique théorique à cause de l’écrouissage.
Dans ce cas deux types de comportement peuvent avoir lieu :
- Si la section est compacte le voilement ne peut pas avoir lieu (figure 7.12.a) .Dans ce cas le
moment ultime est atteint au moment où la contrainte en traction dans la fibre extrême est
égale à la contrainte ultime. Le moment ultime est évalué approximativement par la
relation (7.9) :
f
Mu = u Mp (7.9)
fy
fu
Tenant compte du rapport des aciers courants de construction on peut estimer que la
fy
valeur de M u se situe dans l’intervalle suivant :
M u ≈ (1.40 − 1.55)M p (7.10)

LAY et GALAMBOS [L10] estiment qu’il est rationnel d’évaluer le moment ultime en
1
réduisant la contrainte ultime à ( f y + f u ), dans ce cas le moment ultime est donné par la
2
relation (7.11)
1 f 
M u = 1 + u  (7.11)
2 f y 
f
Tenant compte du rapport u des aciers courants de construction on peut estimer que la
fy
valeur de M u se situe dans l’intervalle suivant :
M u ≈ (1,22 − 1,27 )M p (7.12)

Sur la base des résultats expérimentaux SAWYER[S13] a montré que cette proposition est
très sévère pour les poutres qui ne présentent pas de voilement local. Il a également montré
que M u dépasse M p de 28,5 % jusqu’à 53 % avec une moyenne de 37,3 % , donc il est
1
plus rationnel de réduire la contrainte ultime à ( f u + 3 f y ) et le moment ultime est évalué
4
par la relation (7.13)
1  f 
Mu = 1 + 3 u M p (7.13)
4  f y 

fu
Tenant compte du rapport des aciers courants de construction on peut estimer que la
fy
valeur de M u se situe dans l’intervalle suivant :
M u ≈ (1,33 − 1,40 )M p (7.14)
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.11
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

Tenant compte de la relation entre la rotation et la déformation , IVANYI [I3] propose une
formule simple qui permet d’évaluer la rotation ultime correspondante au moment ultime
en fonction de la déformation ultime ε u .
θ u = 2 .ε u (7.15)

Si ces valeurs sont atteintes, des fissures se produisent dans les zones tendues. Ce
mécanisme empêche toute dissipation d’énergie induite par le tremblent de terre, il est
considéré comme un danger réel. Ce mécanisme peut expliquer les dommages observés
dans les structures en acier durant les séismes récents de Northridge et de Kobé.
- Si le voilement se produit dans la zone comprimée de la semelle, le moment maximum
atteint reste largement inférieur au moment ultime et la résistance diminue dés les premiers
signes de voilement (figure 7.12.b).

M M
Mu
M max

Mp Mp

M pf M pf

θy θu θ θy θ max θr θ
Figure 7.12.a. Courbe moment-rotation de la Figure 7.12.b. Courbe moment-rotation de la
poutre SB1 en l’absence du voilement local poutre SB2 affectée par le voilement local

Si on compare les deux comportements (Figure 7.12.a et Figure 7.12.b) on voit que le
voilement local opère comme un filtre contre les grandes contraintes dans la zone tendue
en réduisant le danger de fissuration. Donc il est très important de noter qu’une bonne
conception doit permettre le voilement plastique des éléments choisis durant un séisme
fort, afin d éviter la rupture par fissuration des zones tendues.

Les courbes standards SB1et SB2 présentent des comportements similaires dans le domaine
élastique (Figure 7.13.a et Figure 7.13.b). Cette similitude se prolonge dans le domaine
plastique et la différence n’est observée qu’à partir d’un certain seuil de plastification plus ou
moins avancé. Si la rotule plastique se forme avant écrouissage un plateau est observé dans la
courbe moment rotation, c’est le comportement le plus fréquent de la poutre standard SB2. A
la différence de la poutre standard SB1 ce plateau n’est jamais observé, deux situations
peuvent avoir lieu. Si le voilement local se produit dans le domaine plastique avant
écrouissage on observe une capacité de rotation assez faible. Si le voilement local se produit
dans le domaine d’écrouissage une large capacité de rotation est observée.

7.2.4.2. Définition de la capacité de rotation

A l’heure actuelle il n’existe pas une définition standard de la capacité de rotation. Il existe
trois approches différentes pour déterminer cette capacité de rotation.
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.12
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

- La capacité de rotation est définie par le moment maximum M max (Figure 7.13.a), KATO
[K32, K33] , MAZZOLANI et PILUSO [M14,M15], SUZUKI [S12], GEORGESCU et
MAZZOLANI [G7] , KEMP[K27, K28, K29] , supposent que la rotation ultime est celle
qui est produite par le moment maximum M max . NAKASHIMA [N9, N10] , considère
trois valeurs de la capacité de rotation correspondantes à différentes valeurs du moment
dans la partie décroissante la courbe M − θ , M = mM max soit : (0.95, 0.90, 0.80 )M max
- L’EC3 estime que la rotation ultime est celle correspondante au point d’intersection de la
branche décroissante de la courbe M - θ et de la droite horizontale M = M p , (figure 7.13.b).
Mp
L’EC8 adopte la même procédure en prenant M = = 0.9 M p ce dernier surestime la
1,1
rotation ultime.

M max M

0,95M max Mp
Mp
0.90M p
0,90M max

0,80M max

θp θ max θ 0,95 θ 0,90 θ 0,80 θ θp θ 0.90 θ


Figure 7.13.a. Définition de la capacité de Figure 7.13.b. Définition de la capacité de
rotation de la poutre standard SB1 rotation de la poutre standard SB2

- La capacité de rotation est considérée dans un cas plus général, dans lequel en plus de la
rotation ultime la pente de la branche décroissante de la courbe M − θ est calculée, cette
définition qui est suggérée par AXHAG[A8], semble être très prometteuse, car elle décrit
le mécanisme après voilement, cependant cette procédure est difficile à mettre en œuvre,
car les logiciels de calcul des structures ne tiennent pas compte de façon directe du
voilement local.
GIONCU et MAZZOLANI [G5] ont montré que les valeurs qui se réfèrent au moment
maximum M max sont contestées, car d’une part, cette définition sous-estime la rotation
ultime θ u d’autre part, la valeur de M max est déterminée avec incertitude. Dans ces
conditions la définition proposée par l’EC8 [E4] semble être plus fiable. GIONCU et
PETCU [G9] estiment que l’ambiguïté qui consiste à utiliser M p ou 0,9 M p n’est pas très
importante, car les résultats obtenus à l’aide de ces deux valeurs montrent une très faible
différence, ceci à cause du comportement non linéaire de la structure entière.
La formule qui permet de calculer la capacité de rotation est donnée par :
θ up θ u
µa = = −1 (7.16)
θp θp
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.13
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

θ p est la rotation produite par le moment plastique M p


θ u est la rotation totale ultime
θ up = θ u − θ p est la rotation plastique ultime
Dans le cas de la poutre standard SB2, où la partie centrale de la poutre reste plastique, sans
excursion dans le domaine d’écrouissage, un large plateau se produit dans la courbe
M - θ sous le moment de référence M p (voir figure 7.14), la définition ci-dessus peut
s’appliquer pour évaluer la capacité de rotation, mais à condition de prendre un moment
plastique réduit, par exemple 0,9 M p comme le suggère l’EC8 [E4]
M

Mp

M pf

θp θh θr θ

Figure 7.14. Courbe moment-rotation de la poutre standard SB2

7.2.5. VOILEMENT PLASTIQUE DES ELEMENTS EN ACIER

7.2.5.1. Analyse des modes de voilement dans le domaine plastique

La majorité des études expérimentales est réalisée sur la poutre standard SB1. Durant les
essais on a constaté que les déformations se produisent dans une zone très limitée, de grandes
rotations se concentrent dans cette zone. Cette zone se comporte comme une rotule plastique,
si le voilement des semelles se produit les rotations s’amplifient dans cette zone. Les résultats
des études expérimentales et des simulations numériques des modes de voilement sont
présentés dans [G7, I2, I5, K26], des conclusions très importantes sont déduites de ces
résultats, on cite dans la suite les plus importantes d’entre elles:
- Durant les déformations plastiques des froissements dans l’âme et dans la semelle de la
poutre sont observés, ces froissements forment un mécanisme plastique local composé de
zones et de leurs frontières plastiques.
- Le voilement commence toujours par la zone froissée de la semelle qui induit par la suite
des déformations dan l’âme, il existe une importante interaction entre le voilement de la
semelle et les déformations dans l’âme.
- Il existe plusieurs types du voilement plastique local dont la forme dépend à la fois de la
nature de la poutre standard SB1 ou SB2 et de certaines proportions des caractéristiques
géométriques de la poutre. A l’heure actuelle les formes de voilement plastique local les
plus connus sont :
- Voilement dans le plan non symétrique
- Voilement hors plan symétrique ou non symétrique
- Voilement de cisaillement
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.14
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

7.2.5.2. Contrainte critique

Des études expérimentales et théoriques réalisées par KATO[K32, K33], montrent que les
éléments en acier peuvent être le siège de deux types de voilement selon l’élancement des
parois de l’élément :
- Si les parois de la section transversale de l’élément sont élancées, le voilement survient
alors que les contraintes de compression dans la section la plus sollicitée sont largement
inférieures à la limite élastique f y , ce type de voilement est appelé voilement élastique.
- Si les parois de la section transversale de l’élément sont moyennement élancées, le
voilement survient alors que les contraintes de compression dans la section la plus
sollicitée de l’élément sont supérieures à f y toutefois ces contraintes restent inférieures à
la contrainte ultime f u , ce voilement est appelé voilement plastique, cette contrainte de
compression limite est appelée contrainte critique, elle est notée σ c r
Divers chercheurs ont mis cette contrainte σ c r en relation avec la limite élastique f y sous la
forme suivante :
σ c r = sf y (7.17)
où s est un coefficient numérique. La première valeur de ce coefficient est donnée par KATO
[K32, K33] sur la base de l’analyse statistique des données expérimentales.
1 1.600 0.1535
= 0.6003 + + (7.18)
s αf αw

2 2
E  tf  E  tw  1 A 
αf =   ;α w =   ; d e = 1 + np d . (7.19)
f yf  b  f yw  de  2 Aw 

np est l’effort normal réduit.


Le coefficient s ne dépend que des caractéristiques de la section transversale. MAZZOLANI
et PILUSO [M14] proposent une relation analogue à celle de KATO [K32, K33]. Mais
utilisent de nouvelles données expérimentales

1 1.6325 0.0621 b
=K+ + − 2.4085 (7.20)
s αf αw l
E ε
K + 0.5463 + 0.00147 + 0.00777 h (7.21)
Eh εy

Le Tableau 7.2 ci dessous donnent les valeurs de K pour les trois nuances d’aciers usuels de
construction avec une valeur moyenne de 0.6945. Cette relation est plus réaliste que celle de
KATO[K32, K33], car elle tient compte à la fois des variations du moment par le biais du
b
rapport et de l’influence des caractéristiques mécaniques de l’acier.
l
Nuance d'acier Fe 360 Fe 430 Fe 510

K 0,6970 0,6947 0,6933


Tableau 7.2. Valeurs du coefficient K
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.15
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

7.2.5.3. Longueur de voilement

Le voilement plastique est induit par l’instabilité de la semelle en compression. Plusieurs


études aussi bien théoriques qu’expérimentales sont effectuées pour déterminer la longueur de
la zone de la semelle comprimée affectée par le voilement. HAAIJER[H10] est le premier à
démontrer que la longueur de la zone de la semelle affectée par le voilement varie entre (0.8-
1.2.)b. LAY[L8] a donné une expression plus détaillée pour évaluer cette longueur.
1
 4
1
 
l m π t f  Aw  4
 7 1 +ν + 1 
=   (7.22)
2b 4 t w  Af  3 E 4
 1+ 
 Ef 

Si on considère les propriétés des nuances des aciers usuels de construction la relation (7.22)
est exprimée sous une forme plus simplifiée.
1 3 1
l t  Aw 4 t 4  d 4
β = m = 0.71 f   ≈ 0.6 f    . (7.23)
2b tw  Af   tw  b

Les résultats obtenus à l’aide de la relation ci dessus (7.23) pour les sections courantes sont
en bon accord avec ceux obtenus par HAAIJER[H10]. GIONCU et MATEESCU [G8]
proposent une relation qui tient compte du type de poutre standard utilisée.
 3 1 
1 M pf  l  tf  4  d  4 
β = min 1 −  ,1.154     (7.24)
 4  M max  b  tw   b  
 

b
tr
Af

Aw
tw

tr

l m = 2βb

Figure 7.15. Longueur du voilement plastique

7.2.5.4. Elancement limite de la semelle

- Pour prévenir la semelle comprimée de la poutre contre le voilement élastique,


TIMOSHENKO et GERE [T4] proposent la relation suivante :
2
π 2 E  tf 
0.456   ≤ f yf (7.25)
12(1 − ν 2 )  b 
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.16
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

Il en résulte
1 1

b  E 2  2
  = 0.642  = 19. 235  (7.26)
f   f 
 t f  max  yf   yf 

On constate que la relation ci dessus est moins restrictive que celle de l’EC3 qui propose
1

b  235  2
  = 15.  (7.27)
t  f 
 f  max  yf 
- Pour prévenir la semelle de poutre comprimée contre le voilement plastique LAY[L8]
propose la relation suivante :
1

b 1.78  E 2
  =   (7.28)
1  
 t f  min    f 
f 
yf
E  2
 3 + uf 1 + 0.192 
 f yf  E h 
Si on tient compte de la contrainte ultime réduite proposée au paragraphe 7.2.4.1, nous
obtenons :
1

b 1.126  E 2
  =   (7.29)
1  
 t f  min  f
 2 
yf 
f  E
1 + 0.6 uf 1 + 0.192  
 f yf  Eh  

On a rassemblé au Tableau 7.3 les valeurs limites minimums de l’élancement de la semelle


pour les aciers courants de construction.

Nuance d'acier Fe 360 Fe 430 Fe 510


b
  8,38 7,27 6,19
 t f  min
Tableau 7.3. Valeurs minimums limites de l’élancement de la semelle

Dans le cas de la poutre standard SB1, l’absence du voilement locale augmente le risque de
rupture des zones tendues, donc pour éviter ce danger l’élancement donné à la relation (7.29)
doit être considéré comme une limite minimum raisonnable pour prévenir la rupture fragile

7.2.5.5. Elancement limite de l’âme

- Pour prévenir l’âme de la poutre contre le voilement par flexion élastique TIMOSHENKO
et GERE [T4] proposent également la relation suivante :
2
π 2 E  tw 
23.9   ≥ f yw (7.30)
12(1 − ν 2 )  d 
Il en résulte
1 1

d   E 2  2
  ≤ 4.65  = 139 235  (7.31)
f   f 
 tw  max  yw   yw 
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.17
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

On constate également que cette condition est moins restrictive que celle de l’EC3 qui
propose
1

d   235  2
  = 124  (7.32)
t  f 
 w  max  yw 
- L’élancement maximum pour prévenir le voilement par cisaillement élastique [T4] est :
2
π 2 E  tw  f yw
τ c r = 5.35 2
  ≥ (7.33)
12(1 − ν )  d  3
soit
1 1
 E 2  2
d
≤ 2.89  = 85 235  (7.34)
tw f   f 
 yw   yw 

Cette condition est plus restrictive que la condition (7.32)


- Pour éviter le voilement plastique de la zone d’âme du coté de la semelle comprimée de la
poutre l’EC3 [E1] propose la relation suivante :
d  E  Aw 
≤ k   (7.35)
tw  f  A 
 yf  fc 
Afc = aire de la section de la semelle comprimée
Le facteur k = 0.3 pour Classe 1, 0.4 pour Classe 2 et 0.55 pour Classe 3

7.2.5.6. Interaction entre l’élancement de l’âme et de la semelle

Dans les considérations précédentes les élancements imposés à l’âme et aux semelles de
l’élément sont supposés indépendants l’un de l’autre. Cependant une évaluation raisonnable
de la capacité de rotation doit tenir compte de l’interaction entre les semelles et l’âme, car en
réalité l’âme est restreinte par les semelles et les semelles sont restreintes par l’âme. Les lois
d’interaction les plus connues sont écrites sous une forme simple.
2 2
b  d 
A  + B  = 1 (7.36)
 tf   tw 

MAZZOLANI ET PILUSO [M14] proposent les expressions suivantes pour les coefficients
A et B
2
1.6325 0.01553  A 
A= εy , B = ε y 1 + np  (7.37)
b b  Aw 
1 − K + 2.4085 1 − K + 2.4085
l l
Les valeurs de K sont les mêmes que celles déterminées au paragraphe 7.2.5.2. Tableau 7.2.
La relation ci dessus (7.37) tient compte de l’interaction entre les propriétés de la section
b
transversale et de la longueur de l’élément par le biais du terme . Le Tableau 7.4 ci-dessous
l
donne les valeurs limites supérieures des élancements de l’âme et des semelles dans le cas des
aciers courants de construction.
Chapitre 7 - Etude du comportement dynamique elasto-plastique des structures tenant compte du 7.18
comportement réel des matériaux à vitesse élevée de mise en charge.

Nuance d'acier Fe 360 Fe 430 Fe 510


b
  13,5 - 17,3 12,4 - 16,0 10,9 - 14,1
 t f  max
d
  137,7 - 177,3 127,3 - 163,9 112,1 - 144,3
 t w  max
Tableau 7.4. Elancements limites supérieurs d’interaction âme-semelle

KATO [K32, K33] propose des expressions similaires à celles proposées par MAZZOLANI
et PILUSO [M14]
1 A 
1 − np 
1 2 Aw 
A= , B= (7.38)
E 1  E 1 
 − 0.6003   − 0.6003 
1.600 f yf  s  0.1535 f yf  s 
D’autres relations d’interaction semblables aux précédentes sont développées par KATO
[K30, K31, K [43-44-64], DAALI et KOROL [D6], pour les poutres, pour les colonnes en
fonction de la nuance d’acier.

7.2.6. EXPRESSION ANALYTIQUE DE LA COURBE MOMENT ROTATION.

La courbe moment rotation M − θ réelle ne peut être obtenue qu'expérimentalement, en


pratique cette courbe réelle est approchée par trois branches (figure 7.17)dont les expressions
analytiques de ces trois morceaux de courbes sont évaluées selon des hypothèses qui reflètent
un comportement très proche du comportement réel de l’élément.

7.2.6.1. Branche élastique

Cette première branche correspond au début du chargement, dont le comportement est


élastique linéaire, elle s’étend jusqu’au début de la plastification des semelles, juste avant que
le moment plastique théorique soit pleinement développé. L’équation de la courbe moment
rotation correspondante est écrite sous la forme suivante :
θ M
= (7.39)
θp M p

M p est le moment plastique théorique réduit de la section en présence de l’effort normal N et


de l’effort tranchant V . L’expression de M p dans le cas général est donnée par la relation
suivante :
_ _  t d2 
M p = n p v p bt f (d + t f ) f yf + w f yw  (7.40)
 4 
_
1.0 si np ≤ 0.1
np =  (7.41)
1.11(1 − np ) si n p > 0.1
1.0 si v p ≤ 0.5
_

v p =  d 2 t w f yw (7.42)
1 − (vp − 0.5)2 si vp > 0.5
 MP