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Constat des problèmes

dans un logement
CROUS

Décembre 2017

Par ​Un Étudiant Anonyme

À l’intention d’​Ugo Bernalicis


Député LFI de la 2ème circonscription du Nord
Introduction
Je suis étudiant en informatique. Je ne suis pas originaire du Nord.
Je vis dans une chambre rénovée du bâtiment H de la résidence Hélène Boucher du CROUS de Lille. J’y suis
depuis 2 ans et demi et, avant ça, j’ai été dans une chambre rénovée de la résidence Évariste Galois pendant
1 an.
Je quitte ma chambre cet hiver car je pars en Erasmus en Autriche. Avant de partir, je souhaitais faire un bilan
de la situation à travers mon expérience personnelle.
Dans ce document je détaille beaucoup d’éléments problématiques que je rencontre quotidiennement.
Certains paragraphes proposent quelques pistes à explorer pour trouver des solutions. D’une manière
générale, je suis favorable à toute action concrète et rapide qui participe à aider les résidents.
On lâche rien, bonne lecture.

Sommaire

Introduction 2

Sommaire 2

Constats 3
La laverie 3
Les douches 5
Les toilettes 8
La chambre 9
Le lit 9
La cuisine 9
La fenêtre 10
Les rideaux 10
La porte 11
Le frigo 11
L’état des lieux 12
Les visites 12
Les blattes et punaises de lit 13
Accès à internet 14
L’administration 14
La sécurité 14
Le courrier 14
Discussions avec les agents 15

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Constats

La laverie
Pour faire une lessive au CROUS, il vous faut 4 choses: votre linge, du produit lessive, des bottes et une
demi-journée de libre. Je passe les deux premières qui sont explicites.

Depuis maintenant 1an et demi, il y a une


machine à laver qui fuit et qui recouvre la
moitié du sol d’eau. On peut voir les traces
d’eau souillée à force.

La demi-journée, c’est parce qu’il va vous


falloir du temps.
Dans la résidence où je suis logé, soit 5
bâtiments de 4 étages à 25 chambres par
étage (à vérifier), donc 500 personnes, c’est
un grand total de 3 machines à laver, et de 2
machines à sécher le linge qui sont
disponibles.

Un cycle de lavage prend 50 minutes, et un cycle de séchage prend 1h15, quand la machine ne surchauffe
pas et qu’il ne faut pas la relancer depuis le début.
Heureusement, tout le monde n’utilise pas la laverie, certains d’entre nous peuvent faire leur lessive chez eux
quand ils rentrent le week-end.
Je vis à 300km de chez moi. J'essaye donc de faire ma lessive aux heures creuses mais je n’en ai pas
toujours la possibilité. Il m’arrive parfois de faire 6 ou 7 allers-retours entre ma chambre et la laverie avant
qu’une machine soit disponible. Le tout m’aura pris 6 heures.
Je pourrais aussi faire la queue dans la laverie et attendre (probablement pas plus de 4 heures) pour en finir
plus rapidement.

Pour payer la laverie (qui je dois dire est très abordable, à 3€ la lessive + 1€ le
séchage), il y a une borne de paiement. Environ 1 fois sur 5, elle plante, et il
faut alors attendre 5 minutes qu’elle reboot.

Pour entrer dans la laverie, il faut aller au bâtiment réhabilité, et là deux options
s’offrent à nous. La première, passer par la sortie de secours qui est une porte
qui ne ferme jamais. La deuxième, possible depuis l’année dernière, passer par
la porte principale, car elle est démagnétisée et donc reste ouverte en
permanence.

Anecdote amusante:
J’ai rencontré le directeur de la résidence il y a deux ans alors que je passais
par la porte de secours pour aller faire ma lessive. Il m’interpelle et me gronde
pour avoir fait cela.
Je lui explique que c’est la norme dans sa résidence, et que c’est même la
solution recommandée par les agents d’accueil. Il me rétorque que ça va pour
cette fois, mais que de toute façon il va faire faire un devis pour remplacer la porte. Deux ans plus tard, même
directeur, rien n’a changé. (Je pense qu’il s’est rendu compte qu’il n’avait pas les moyens de le faire.)

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Les machines à sécher le linge surchauffent car elles sont bourrées de particules de tissu. Les filtres qui
protègent la machine sont cassés. Leur dernier remplacement a eu lieu il y a 1 an et demi et quand il a été fait,
les machines n’ont pas été nettoyées.
Quand j’utilise une machine, je passe du temps à essayer de a nettoyer, mais il faut des outils spéciaux pour
accéder à certains endroits.

Comme c’est une entreprise privée qui s’occupe de la laverie, s’il y a un problème, c’est à nous de nous
débrouiller avec eux par SMS ou téléphone.

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Les douches
Pour moi, chaque douche est une expérience.
De la même manière qu’une promenade dans une ville ancienne révèle l’histoire qui s’y est déroulée au fil des
siècles, les douches du CROUS nous révèlent les grands travaux dont elles ont fait l’objet.

La partie la plus ancienne est la tuyauterie. On devine qu’elle a évoluée au cours du temps car il n’y a pas
deux douches avec la même tuyauterie. Remarquez au passage l’ingéniosité du système : ne pas installer de
pommeau de douche dans la plupart des douches pour ne pas avoir à les réparer.

Ensuite furent installées les cloisons (1) afin d’adhérer aux


normes sociétale des Premiers Temps.

Ensuite, probablement durant la période paléovoyeurite, on voit


que des plaques ont été ajoutées en dessous (2) et au dessus
(3) des cloisons et des portes pour éviter qu’un opportun ne
puisse se rincer l’oeil.

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Mais ces modifications du design originel ne furent pas sans dégât. La douche était, et reste encore
aujourd’hui, un sauna. Pour tenter de pallier à ce problème, des bouches d’aérations ont été installées, mais
pour une raison qui échappe encore aux scientifiques de nos jours, cela n’est pas suffisant.

Certains artéfacts sont encore visibles de nos jours, comme cette fontaine, qui, comme en témoigne les traces
sur le mur, date au moins d’avant la révolution citoyenne.

Des modèles de douches plus modernes font aujourd’hui leur apparition avec, par exemple, la douche
discothèque. La lumière dans cette douche clignote extrèmement rapidement. La visite n’est pas
recommandée aux personnes épileptiques.
Un autre effort de modernité peut être remarqué avec l’installation de boutons poussoirs pour éviter le
gaspillage d’eau. Effort ruiné par le fait qu’il faut réappuyer sur le bouton immédiatement, faute de quoi, l’eau
redevient froide. Il faudrait, alors, attendre de nouveau qu’elle chauffe. Un procédé qui peut prendre jusqu’à 5
minutes.

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Pour une raison qui échappe encore aux experts, bien qu’il y ait 4 sanitaires par étages, plutôt que de séparer
les toilettes des douches, chaque salle de sanitaires a été conçue pour posséder à la fois 2 toilettes et 2
douches. Pour le plaisir auditif et olfactif du preneur de douche ?
Ceci dit, il n’y a de toute façon pas 4 salles utilisables par étage. En effet, certaines sont fermées pour des
“travaux” qui auraient commencé il y a plus d’un an. En réalité condamner la salle est plus simple que de
payer les réparations. C’est le concierge lui-même qui me l’a dit.

Dans les salles qui ne sont pas fermées, il arrive souvent qu’une douche sur deux soit condamnée.

J’ai une chance toute particulière, car à mon étage se trouve Le Graal des douches :
pommeau de douche extra large, faux plafond non souillé, tuyauterie repeinte, joints serrés, robinet mitigeur
thermostatique nouvelle génération®, débit d’eau incomparable aux autres douches du 4ème.

Prévoir 15-20 minutes d’attente par visiteur.

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Les toilettes
Les toilettes n’ont pas de lunette. Je ne sais pas pourquoi, mais je devine que c’est en rapport avec le
nettoyage par les agents d’entretien. Une fois, quelqu’un a acheté une lunette et l’a installé. Le lendemain, elle
avait disparue.
Comme il n’y a pas de lunette, si on en a besoin ou si on a la mauvaise idée d’être une femme, on doit
s'asseoir sur un rebord qui n’est pas prévu à cet effet.
C’est inconfortable et extrèmement non-hygiénique. Même en utilisant du papier toilette à chaque fois qu’il faut
s'asseoir, pour nettoyer le rebord, ça ne suffit pas. S’en suivent des problèmes de peau (boutons, rougeurs,
démangeaisons). Je n'inclurai pas de photo ici.

Il y a un problème de savoir-vivre et de savoir-être. Les agents d’entretien sont poussés à bout, mais tentent
tout de même de faire passer le message. Cependant, ces messages reprochent la faute mais n’éduquent
pas. Une personne ne sachant pas utiliser la brosse de toilette ne saura que faire du dit message. Une
personne n’ayant pas conscience de ce qu’est la civilité et l’hygiène collective ne se sentira pas concernée par
ces messages.

Il faudrait une campagne d’information et de sensibilisation à propos des gestes de propreté.


Il faut aussi recréer un sentiment de communauté dans les résidences, par exemple, en proposant des idées
d’animation.

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La chambre
Je suis dans une chambre rénovée de 9m² avec un loyer de 202.4€.

Le lit
Les lits ne sont rien d'autre qu'une planche de bois en guise de sommier et un bloc de mousse en guise de
matelas. Le "matelas" ne fait que 1m90 de long, et 90cm de large.
Comme je fais 1m84, pour éviter d'avoir les pieds dans le vide ou l'oreiller qui tombe du matelas, je mets des
vêtements au pied du matelas (c’est aussi afin de boucher l’espace entre le matelas et le bois du lit et ainsi
éviter que le matelas ne bouge pendant la nuit)

La cuisine
L’organisation de la chambre est telle que la fenêtre est à l’opposé de la cuisine. Cela veut dire qu’à chaque
fois que je cuisine, afin de ne pas étouffer dans la vapeur, je dois mettre ma robe de chambre ou mon
manteau, ouvrir la fenêtre et laisser toute la chaleur sortir avec la vapeur.

Il y a une étagère juste au-dessus de la plaque chauffante.


C’est le premier endroit où vont la vapeur et les éclats
d’huile et de sauces.
Si on cuisine pendant un certain temps, la condensation fait
retomber l’eau souillée dans le plat. C’est mon ingrédient
secret, quand j’ai de la visite.
Il y a une prise électrique juste à coté de la plaque
chauffante, le deuxième endroit où vont la vapeur et les
éclats d’huile et de sauces.
Non seulement cet emplacement est dangereux, mais il
n’est pas pratique. Pour y brancher quelque chose qui est
n’importe où dans la chambre, le câble est tendu à son
maximum.

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Il y a un évier et un lavabo, à 10 cm l’un de l’autre.
Le lavabo est large et peu profond. L’évier est étroit et profond. Impossible de faire la vaisselle dans le lavabo
car le robinet est trop court.
Donc la vaiselle c’est dans l’évier. Une pièce à la fois : ça utilise plein d’eau et c’est difficile de ne pas en
mettre partout en rinçant.
On peut voir sur la photo que même une assiette moyenne ne rentre pas dans l’évier.

La fenêtre
Non seulement la fenêtre n’est pas isolée, mais on peut carrément sentir un courant d’air froid si on ne ferme
pas les rideaux. Comme il n’y a pas d’auvent au-dessus de la fenêtre, quand il faut ouvrir la fenêtre pour
cuisiner par exemple, il pleut directement sur le lit, et l’eau qui s’est accumulée sur la fenêtre coule aussi à
l’intérieur de la chambre. Mais, même si on n’ouvre pas la fenêtre, lorsqu’il pleut fort ou qu’il neige (dans le
ch’nord c’est souvent), l’eau se collecte dans un coin et coule à l’intérieur, inondant le rebord de fenêtre.

Le radiateur est, lui, situé juste en dessous de la fenêtre. Au moins, ce n’est pas loin du bureau.
Je me suis renseigné sur le sujet. Il s’agit d’un design typique des endroits où les fenêtres sont mal isolées. En
effet, si le radiateur était à l’opposé de la fenêtre, cela créerait un courant d’air dans toute la chambre en
permanence. Bien sûr, la contrepartie est plus de perte de chaleur et une aération plus difficile.
On retrouve cette configuration partout dans la résidence.

Même le radiateur éteint, les tuyaux qui passent dans la chambre chauffent. De plus, la chaleur remonte des
étages inférieurs. Donc, en hiver, j’ai trop chaud pour dormir. Il est impossible d’avoir la fenêtre entrouverte. La
seule chose à faire est de la bloquer à environ 1 tiers en fermant le rideau. Du coup, la nuit je dors avec la
fenêtre ouverte, qui selon la force du vent fait plus ou moins de bruit.
Toutes les nuits, je suis réveillé au milieu de la nuit parce qu'il fait trop froid, je ferme la fenêtre et je me
rendors. Si je n’ouvre pas la fenêtre avant de me coucher, je suis réveillé au milieu de la nuit parce qu'il fait
trop chaud, et là c’est plus dur de se rendormir. Il faut aussi, alors, ouvrir la fenêtre, et je risque d’être réveillé
une deuxième fois par le froid.

Les rideaux
Devant mon bâtiment il y a un lampadaire qui produit une lumière puissante et non-orientée (au moins elle est
jaunâtre et pas blanche). Mes rideaux ne sont pas parfaitement opaques. De plus il y a un petit espace entre
le bord de la fenêtre et le rideau, laissant donc passer un peu de lumière.
Lors de ma première année en résidence universitaire c’était pire, et il me fallait un masque de nuit pour
dormir correctement.
Cette année, les rideaux sont suffisamment opaques pour masquer assez la lumière des lampadaires et me
laisser dormir. Mais, en été, la lumière du soleil qui se lève très tôt est trop forte et c’est impossible de dormir
sans un masque de nuit.

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La porte
Les murs ne sont pas très épais et il y a des trous qui donnent sur le faux-plafond et le couloir. Il y a un espace
tout autour de la porte pour le plus grand bonheur des cafards qui peuvent aller et venir quand bon leur
semble. Toute cette porosité fait qu’il y a peu d’intimité et qu’on peut sentir ce qui vient des autres chambres
jusque dans la sienne. Le mélange de cigarette, cuisine et de marijuana rend parfois l’air difficile à respirer.
Au moins c’est pratique pour glisser des tracts sous la porte.

Le frigo
Depuis que je suis arrivé il y a 3 ans, mon frigo est cassé. La porte du freezer est cassée donc ça givre
partout, même dans l’espace entre la paroi du frigo et le freezer.

La lumière ne marche pas. La porte n’est plus hermétique. Les cafards entrent à l’intérieur et pondent leurs
oeufs dans les parois et le bac à légumes. Cette année, j’ai réussi à faire remplacer l’ampoule. J’ai discuté
avec le concierge. Il me dit, avec grand regret, qu’il n’a pas le budget pour remplacer les frigos cassés.

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L’état des lieux
J’ai pris une photo de l’état des lieux de ma chambre quand j’ai déménagé cet hiver. Il correspond à tout ce
que j’ai décris et n’a pas changé depuis 3 ans.
Notez que les états possibles sont limités à “Neuf”, “Bon” et “Moyen”. Forcément, par comparaison, tout est en
bon état. Ajoutez “Mauvais” et “Détruit” et les deux premières cases ne seront jamais remplies.

Les visites
Il n’y a aucun protocole pour accueillir un visiteur, c’est même formellement interdit dans le règlement, alors
que c’est quelque chose qu’on a tous besoin de faire de temps en temps. Quand, par exemple, mon père doit
conduire 300km pour m’aider à emménager et déménager mes affaires, il est obligé de passer la nuit sur
place.
A deux dans la chambre, quelqu’un doit dormir par terre, avec les cafards qui rampent la nuit, c’est vraiment
pas sympa. Un matin, en me réveillant après avoir dormi par terre, j’ai ramassé mon téléphone et vu qu’il avait
écrasé un cafard en tombant de mon oreiller. Comme quoi les informaticiens s’occupent des bugs même en
dormant.

Dans la résidence en Autriche où je vais au prochain semestre, je sais déjà que je peux demander un lit et des
draps supplémentaires pour un visiteur pour 15€ par nuit, 40€ le week-end. Il faudrait avoir la même chose au
CROUS.

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Les blattes et punaises de lit
Certes, c’est un problème dont le CROUS n’est pas entièrement responsable. Et certes, le CROUS mène des
actions pour le combattre.
Une nuit, j’ai été réveillé par mon détecteur de fumée à 3 heures du matin. J’allume la lumière, en panique,
monte sur mon lit pour appuyer sur le bouton pour l’arrêter. Et là, je vois un petit groupe de bébés cafards qui
se promènent dans les ouvertures du détecteur. J’en déduis donc qu’ils ont déclenché le laser. Je regarde
alors autour de moi, et je vois des dizaines de cafards se promener sur le sol, les murs, le plafond et la
cuisine. J’ai bien dormi cette nuit là.

Dès le lendemain, j’ai commencé à me renseigner sur des méthodes de désinsectisation. J’avais déjà des
cafards avant, mais je n’en avais jamais eu autant.
J’ai testé plein de trucs. Ce qui a vraiment fonctionné, c’est la terre de diatomée. Une poudre sans produit
chimique, mais qui, au niveau microscopique, est composée de roches tranchantes et crochues. La poudre
s’accroche aux cafards qui se déshydratent et meurent en quelques jours.
J’ai commencé à l'utiliser quelques semaines après qu’un tueur de blattes professionnel ait empoisonné toute
ma chambre durant 24h, sans que ça ne fasse grand chose. J’ai remarqué: en quelques jours, tous les
cafards que j'apercevais étaient couverts de poudre, et, en une semaine, j’étais débarrassé à 95%.

Je pense qu’il faut faire passer le message à tous les résidents. Comme c’est une poudre utilisée dans les
élevages de poules, on peut l’acheter en gros et la partager avec tout le monde pour pas cher.
Quelques conseils d’utilisation :
- La poudre prend l’humidité. Il faudra donc la changer quand les cafard peuvent juste marcher dessus
sans que ça s’accroche. Ce n’est pas la peine d’en mettre des tonnes: ça complique juste le nettoyage
nécessaire pour pouvoir remettre de la poudre neuve.
- Pour éviter qu’elle s’humidifie trop vite, il faut aérer la chambre le plus souvent possible, surtout quand
on cuisine.
- Il faut mettre la poudre dans les endroits de passage (derrière le frigo, près des plinthes, dans la partie
cachée au dessus du frigo). Ne pas en mettre près de la nourriture pour éviter d’en ingérer.
- Se protéger un minimum les yeux et surtout la bouche, car la poudre légère, même si elle n’est pas
toxique, peut s’accrocher aux muqueuses et causer des problèmes respiratoires. Pas besoin de se
protéger les mains, mais il faut alors se les laver avec précaution après usage pour ne pas s’en mettre
dans les yeux/nez/bouche.

Les pièges à cafard n’ont pas marché une seule fois pour moi, c’est un gachi d’argent !
Bien que l’impact soit faible, faire sa vaisselle immédiatement après avoir mangé permet de limiter les sources
de nourriture des cafards. Essayer de ne pas avoir d’eau stagnante sur la cuisine pour limiter les sources
d’eau.

Je ne pense pas avoir des punaises de lit. J’ai entendu dire que mettre du scotch double face sur les pieds du
lit permettait de ne pas se faire piquer, car, comme les punaises ne peuvent pas voler, pour monter sur le lit
elles passeront par le scotch et resteront collées.

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Accès à internet
L’accès à internet coûte 10€ et le coût est inclus dans le loyer. Il est donc impossible de résilier le contrat pour
changer de fournisseur. Même si c’était le cas, ce n’est pas sûr que la prise téléphonique de la chambre
fonctionne et permette donc d’utiliser son propre modem.
La connexion est en wifi, il n’y a pas moyen de se connecter en ethernet.
Le fournisseur d’accès internet est Wifirst, une entreprise privée du groupe Bolloré.
Wifirst est le contact le plus appelé sur mon portable. Ne le dites pas à mes parents. Il ne se passe pas deux
semaines sans coupure, et pendant le mois d’octobre c’était au moins une fois par semaine.
Quand il y a une coupure, elle ne peut jamais être réglée en moins de 24h, car il faut une intervention juste
pour redémarrer le routeur. Pendant le mois d’octobre il y a dû avoir en tout près de 10 jours sans internet.
J’ai perdu des soirées et week-ends entiers de travail.
Quand la bibliothèque universitaire n’existait pas encore, je passais des week-ends dans la zone wifi de la
grande surface V2 à travailler. Cela ne règle bien entendu pas le problème des coupures en soirée quand tout
est fermé.

Quand la connexion n’est pas coupée, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problème. Aux heures de pointe,
elle peut ralentir jusqu’à ne plus être utilisable. Et sinon, aléatoirement, la connexion au serveur DNS peut
tomber.
La connexion à internet n’est donc jamais maintenue plus de quelques heures sans interruption. C’est donc
impossible de faire quelque chose qui requiert une connexion stable, comme par exemple un jeu vidéo
multijoueur.

L’administration

La sécurité
Samedi 17 décembre vers 20h, un début d'incendie s'est déclaré à l'étage en dessous du mien, du même côté
du bâtiment.
Je l'ai su seulement parce que j'ai voulu aller prendre une douche à ce moment là.
En effet, la sonnette d'alarme dans ma partie de l'étage ne fonctionnait pas et la porte coupe-feu rendait le
bruit presque inaudible.
Je l'ai signalé. Ce genre de chose peut arriver mais, j'ai comme un doute sur le fait que les mises à jour de
sécurité soient faites correctement, il faudrait y regarder de plus près.
Au moment de l’incident, on voyait clairement que personne ne savait quoi faire. On imaginait bien que rester
dans le bâtiment n'était pas la meilleure idée, mais ne connaissant ni la procédure ni la gravité de la situation,
certains attendaient près de leur chambre qu'on leur dise quoi faire.
Il faudrait une campagne d’information et de sensibilisation à propos des gestes de sécurité, comme cela est
fait par la ville pour le recyclage.

Le courrier
La livraison des lettres est faite à l’accueil. Il faut attendre que les agents fassent le tri du courrier pour pouvoir
le réclamer. Même si on sait qu’il est là, comme il n’a pas été trié, impossible de l’avoir avant.
Le tri se fait tous les midis. Si je reçois une lettre le lundi à 13h, je ne l’aurai pas avant le lendemain matin.
Si je reçois une lettre le vendredi à 13h, je ne l’aurai pas avant le lundi matin suivant. Quand ce n’est pas
urgent ça va. C’est problématique quand on doit faire des démarches administratives, ce qui arrive assez
souvent quand on est étudiant, et d’autant plus, quand on demande une aide financière.
Pour les colis, à partir d’une certaine taille, le CROUS ne prend pas le colis, donc la poste ne livre même pas.
On reçoit directement un avis de passage et c’est à nous de trouver le temps d’aller au bureau de poste.

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Discussions avec les agents
J’ai eu l’occasion de discuter un peu avec le concierge et les agents d’entretien.
Le concierge m’a rapporté certains faits incroyables :
Des chambres dont les meubles avaient disparu et où des familles vivaient.
Des chambres dont l’occupant ne sortait jamais, même pas pour aller aux toilettes, et qui utilisait l’évier et des
bouteilles.
Des voyeurs dans les douches qui dévissent les serrures pour voir à travers les portes.

Les femmes de ménages m’ont parlé de leur dilemme avec la propreté.


Elles me racontent avoir retrouvé des serviettes hygiéniques cachées derrière les tuyaux et dans le faux
plafond. Parfois du mare de café dans les douches. Parfois les sanitaires ont le sol recouvert d’eau sale. Les
odeurs de cigarette, de marijuana et de produits d’entretien leur monte à la tête.
Et malgré tout, elles me parlent des étudiants comme si c’était leurs enfants (leurs propres mots). Elles ne se
plaignent pas de la quantité de travail et de la paye, mais regrette le manque de contact humain et l'absence
d’hygiène de certains.

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