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Master : Banque et Marchés Financiers

Année universitaire 2016 /2017

Léconomie du bien etre

Réalisé par :

Ghanim Hamza

Amina Idrissi

Khallouk Nouh Encadré par :


Benoua Fatima Zahra
Mr. Hassani
Jakni Adam
INTRODUCTION:
Apres avoir examiné le comportement de deux types d’agents économiques, le consommateur qui
achète l’output par le moyen des revenus que lui donne l’offre du facteur travail qu’il possède et le
producteur qui vend l’output produit par les facteurs de production (input) utilisés. Chacun de façon
indépendante cherche à maximiser ses propres intérêts, l’un son utilité et l’autre son profit. Nous
considérons alors les marchés des biens et de facteurs comme étant des marchés isolés alors que, de
fait ils sont inter reliés ; nous faisons l’analyse d’un équilibre partiel alors que le système économique
devrait exiger une analyse d’équilibre général. Ainsi dans le marché des biens, on considérait que les
prix des facteurs L et K étaient fixes quand il s’agissait de déterminer le cout marginal du bien, tandis
que dans le marché des facteurs, on considérait que le prix du bien était fixe quand il s’agissait de
déterminer la recette marginale factorielle, alors que manifestement il existe une relation
d’indépendance entre ces prix et par conséquent des marchés en question. Un équilibre général
n’existe que si tous les agents atteignent de façon simultanée leur équilibre partiel d’une façon telle
que les quantités demandés soient égales aux quantités offertes pour tous les biens.
Jusqu'à présent, nous nous sommes basés essentiellement sur des considérations d’efficacité au sens
de PARETO pour évaluer les allocations économiques. Mais d’autres aspects sont importants. Nous
devons nous rappeler à cet égard que l’efficacité au sens de PARETO n’à rien à avoir avec la
distribution du bien être entre les individus. Ainsi donner la totalité des biens à une seule personne et
en principe efficace au sens de PARETO. Mais tous les autres individus pourraient estimer que cette
allocation n’est pas acceptable.
À l'origine de tout échange volontaire, et marchand, il y a la recherche d'un gain. Par exemple, un
consommateur qui est prêt à payer au maximum 10 euros pour un bien et qui trouve une entreprise
qui le vend à 7 euros, procédera à l'échange, son gain en satisfaction pouvant être évalué à 3 euros.
On appelle « surplus » du consommateur » un tel gain. Si, de son côté, le coût de production du bien
est de 5 euros, l'entreprise gagne 2 euros dans l'opération : c'est le profit qu'elle retire de l'opération,
qu'on peut également appeler « surplus du producteur ». Le surplus total procuré par l'échange sera
donc égal à 3 + 2 = 5 euros. Si on connaît la disposition à payer un bien par tous les membres de la
société ainsi que son coût de production, alors il est possible de calculer la somme des surplus
individuels pour divers prix possibles du bien et obtenir ainsi le surplus total relatif à ce bien pour
chacun de ces prix. On peut voir dans ce surplus une mesure du bien-être collectif, que l'on cherche à
rendre maximum – comme le veut l'économie du bien-être – en agissant par exemple sur le prix du
bien. Cette méthode – dite aussi méthode des coûts et avantages − est utilisée, tant bien que mal,
lorsque l'État doit décider de la construction d'infrastructures ou d'équipements (routes, ponts,
aéroports, barrages, réseaux de tout ordre), qui peuvent avoir un impact important, aussi bien au
niveau des avantages procurés aux populations que des coûts, directs et indirects, que la collectivité
va subir. Les évaluations qui peuvent être faites sont toutefois nécessairement très approximatives,
notamment en ce qui concerne les dispositions à payer de chacun.
La méthode du surplus suscite beaucoup de réserves, notamment parce qu'elle revient à chiffrer la
satisfaction, ou l'utilité, des personnes concernées, ce qui n'a pas de sens en soi. Le fait d'additionner
les utilités d'individus différents est aussi sujet à contestation. Doit-on les considérer comme
équivalentes ou bien leur attribuer des coefficients de pondération différents ? Le problème sous-
jacent à cette question est celui de la répartition du bien-être total, et donc des ressources, entre les
membres de la société. Le critère de Pareto évite ces difficultés, mais au prix d'un point de vue plus
limité et conservateur.

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Lorsque Pigou définit le bien-être économique, il écrit : « Le bien-être d'une personne consiste en ses
satisfactions. Mais qu'entend-on par là ? Non seulement le bonheur ou le plaisir ; car les désirs d'un
homme peuvent porter sur d'autres choses et peuvent être satisfaits. (...) [J'emploierai le terme
„utilité“] pour désigner la satisfaction, de sorte que le bien-être économique d'une personne se
compose de ses „utilités“ » (Pigou, 1952). Pigou assimile donc le bien-être à la satisfaction des
désirs. Mais il le fait en ayant en vue de décrire et d'étudier ce qui est. En ce qui concerne ce qui
devait être (le normatif), Pigou dit clairement que la satisfaction ne peut constituer un critère :
« Certaines satisfactions sont par nature meilleures que d'autres, et celèrent de manière
indépendante des insatisfactions qu’elles génèrent par la suite. Si cela est correct, une situation
comportant plus de satisfactions n'est pas nécessairement „meilleure“ qu'une autre qui en a moins.
Pour notre propos, je propose de considérer le bien-être comme les satisfactions, et non comme ce
qui est bon, en laissant donc la possibilité à l'État – qui cherche à promouvoir le bien – de favoriser
une situation où il y a moins de bien-être que dans une autre, mais qui est supérieure du point de vue
de ce qui est bon (goodness) » (Pigou, 1952)

L’économie du bien-être cherche donc à définir et quantifier le bien-être


social des individus, et d'en conclure à des optimums sociaux, selon les
répartitions de richesse et la redistribution
Elle cherche principalement à répondre à la question : « Entre plusieurs situations économiques
possibles - chaque situation étant caractérisée par la façon dont sont réparties les ressources et les
revenus, laquelle est la meilleure ? …on va commencer tout d’abord à éclaircir cette doctrine par un
chapitre présentatif de l’économie du bien-être et cela à travers la boite d’Edgeworth et l’approche de
Pareto que l’on consacre beaucoup d’importance et passer par une vision de l’école de Cambridge et
la prise en compte des externalités et son rôle selon A.Marshall et son élève Pigou qui a développé ce
que Marshall avait commencé et finira ensuite par plusieurs théorèmes qui vont dans ce sens

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Chapitre I : Présentation de l’économie du bien-être.

1) Les gains à l’échange :


On dit qu’il y a gain à l’échange si l’échange entre deux individus conduit à accroitre le bien-être de
l’un sans réduire pour autant celui de l’autre.
Quelle sont les hypothèses qui permettent de vérifier cette situation ? Elles sont au nombre de trois :
- Il n’y a que 2 bien de consommation X et Y ;
- Il n’y a que 2 consommateurs, A et B, qui maximisent leur utilité ;
- Au départ, chaque consommateur dispose d’une quantité fixe de chaque bien : Xa et Ya pour
le consommateur A, Xb et Yb pour le consommateur B.

La boite, ou diagramme, d’Edgeworth permet de représenter graphiquement cette situation


(graphique 13.1).

Au départ, la dotation initiale de chaque consommateur permet de déterminer le point C, tout en


vérifiant la troisième hypothèse .soit encore :
Dotation de A : Oa Xa et Aa YA
Dotation de B : Ob Xb et Ob Yb
A partir du point C, deux courbes d’indifférence sont tracée, l’une pour le consommateur A, Ua, et
l’autre pour le consommateur B, Ub supposons un nouveau point D sur Ua. En D, le consommateur
a vendu une quantité de Y pour acheter une quantité de X. soient Ya’ et Xa’ ces nouveaux points
d’équilibre, dont la caractéristique est d’appartenir toujours à Ua. Dans cet échange, le
consommateur A maintenu constante son utilité. Qu’en est-il pour le consommateur B ? Au point D
correspond une nouvelle courbe d’indifférence, UB’, qui est supérieure à la courbe précédente Ub.
Dans cette transaction, le consommateur B a vu son utilité augmenter.
En conclusion, au point D il y a amélioration du bien-être de B sans qu’il y ait détérioration du
bien-être de A .globalement, le bien-être social a augmenté. L’échange a donc été bénéfique.
Peut-on poursuivre ces échanges et parvenir toujours à l’amélioration du bien-être social ? Qui mais
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à une conclusion, qui est celle de continuer les échanges le long de Ua comme l’illustre le graphique

Il y a un nouveau point d’équilibre, avec arrêt des échanges en E, point de tangence de la courbe
d’indifférence Ua avec Ueb .
Si on suppose maintenant que c’est A qui négocie, le graphique 13.3 montre qu’on obtient un
nouveau point d’équilibre F et une nouvelle courbe d’indifférence Ufb, tangente cette fois à la courbe
d’indifférence Ub.
..

Si on suppose maintenant les graphiques 13.2 et 13.3 on détermine une Zone d’échange (graphique
13.4 ) et une courbe de contrat CC’ (graphique 13.5). la courbe de contrat est la générations de cette
démonstration à toute autre combinaison et dotation initiale de biens (graphique 13.5).

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2) L’approche Parétienne
Définition :

Une situation est dite PARETO-optimale si elle permet d’augmenter la satisfaction d’un individu
sans entrainer pour autant la détérioration de la satisfaction d’un autre individu.

Un optimum parétien est obtenu lorsque tous les marchés sont concurrentiels. Pour qu’ils le soient,
trois conditions doivent être vérifiées :

 La première concerne la consommation ;


 La deuxième concerne les facteurs de productions ;
 La troisième concerne la production.
Mais qu’est-ce qu’un marché concurrentiel ? C’est un marché caractérisé par les deux règles
suivantes.
Tout d’abord, ce sont les prix qui, par leur variation, équilibrent les quantités offertes et les quantités
demandées.

Ensuite, ce prix fixé par le marché devient une donnée qui s’impose à la firme qui vend, comme au
consommateur qui achète. Dans le langage anglo-saxon, c’est un Price Taker.

Equilibre Concurrentiel et Consommation.

On sait que l’équilibre du consommateur est obtenu à partir de l’identité TMS = Px/Py, s’il y a deux
biens offerts au consommateur : un bien X et un bien Y, échangés par deux consommateurs A et B.
Px et Py sont des données qui s’imposent aux deux consommateurs. L’échange est libre, et aboutit à
un équilibre par modification successive des TMS.
L’équilibre est dit PARETO-optimal lorsque :
TMSA = TMSB
Soit encore :
TMS (y/x) A = TMS (y/x) B
Et, si l’on généralise à n consommateurs :
TMS(x/y) A = TMS(X/Y) B = TMS(x/y) C = … TMS(x/Y) n

Equilibre concurrentiel et facteurs de production :

Cet équilibre concerne l’entreprise, ou la firme, qui combine des facteurs de production substituables
tels que le capital et le travail. Si on reprend le diagramme d’Edgeworth étudié supra, il suffit alors
de changer le nom des variables.

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Aux consommateurs A et B, on substitue les entreprises A et B, aux biens X et Y on substitue le
capital K et le travail L, etc.

Le taux marginal de substitution (TMS) devient le taux marginal de substitution technique (TMST).
Le prix des facteurs de production étant, comme le prix des productions, une donnée qui s’impose au
marché, la condition d’optimalité, ou d’efficience, est alors la suivante :

TMS(K/L) A = TMS(K/L) B = TMS(K/L) C = … TMS(K/L) n

Equilibre concurrentiel et production :

Pareto reprend l’analyse walrasienne de la production, Aussi, nous nous contenterons ici d’en
rappeler les grandes lignes.

La substitution du capital au travail et inversement, permet en généralisant le processus de


production de mettre en évidence un taux marginal de substitution technique du capital au travail. A
l’équilibre on doit alors vérifier, pour deux biens X et Y :

TMS x = TMS y = ∣PL/P K∣

Les quantités produites de bien X et de bien Y sont déterminées à partir de la frontière des
possibilités de production. Frontière qui met en évidence un taux marginal de transformation des
produits. Le TMS de Y en X est, à l’équilibre, égal au rapport de leurs couts marginaux respectifs,
lui-même égal au rapport de leur prix. Soit :

TMS (Y ⊸ X) = Cm x / Cm y = Px / Py

L’analyse parétienne est originale à plus d’un titre. En particulier, elle ignore totalement la
redistribution sociale et n’identifie pas nécessaire capitalisme et concurrence pure. Nous insisterons,
en conclusion à cet apport, sur les trois points suivants :

Pareto ne nous dit jamais que la concurrence pure est le paradis terrestre.

 L’optimum atteint peut être, socialement, difficilement supportable. En Particulier, on ne


remet jamais en cause de la dotation initiale des facteurs. Un individu qui en recevrait 90% au
départ en conserve toujours 90%. Il n’y a pas d’effet de redistribution.
 L’optimum peut être atteint à partir d’un régime décentralisé, où l’ordinateur du plan se
substituerait au système concurrentiel de prix. On retrouve ici le théorème de Lange-Lerne
d’un optimum parétien en économie socialiste décentralisée. Dans cette hypothèse, le plan ne
fait que résoudre les préférences sous contrainte, calculer les prix et les donner à tous.
 L’équilibre Pareto-optimal n’est possible que s’il y a convexité des courbes d’indifférence
(graphique 13.6). Dans le cas de préférences non convexes, il n’y a plus d’équilibre possible
(graphique 13.7).

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L’COLE DE CAMBRIDGE

3) Approche d’Alfred Marshall


C’est à partir de la théorie du surplus du consommateur qu’Alfred Marshall aborde l’analyse
du bien-être .Le surplus, défini comme la différence entre la monnaie, mesure de l’utilité
cardinale d’un bien , et l’argent effectivement dépensé pour l’acheter, permet d’identifier le
bien-être

A l’augmentation du surplus.

Les hypothèses de l’analyse sont les suivantes : indépendance des biens les uns par rapport
aux autres et agrégation des « bien-être » partiels en bien-être

Général. Le principe d’agrégation suppose que l’utilité marginale de la monnaie soit


constante et identique pour tous.

A.Marshall se propose ensuite d’appliquer ces principes généraux aux conséquences d’une
politique de subvention et/ou de taxation sur le bien-être général. Pour cela, il part de
l’hypothèse d’un bien produit dans des conditions de rendements d’échelle décroissants, et se
propose d’analyser le fait de taxer pareil produit.

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Le graphique 13.8 résume cette situation. du fait de taxe, le prix du produit augmente, ce qui
entraine une diminution des quantités demandées. La courbe d’offre se déplace vers la gauche du graph,
entrainât un déplacement de l’équilibre en Qe’…..

La comparaison entre l’augmentation du prix-FC- et le montant de la taxe –EC- fait apparaitre que le
premier augmente moins vite que la seconde. Pour que le produit de l’impôt soit supérieur à la diminution
du bien-être, il faut que la surface QBFG soit inférieure à la surface CEF.

Tout va dépendre des élasticités des courbes d’offres et de la demande. cependant, ce que l’on sait c’est
que le produit de l’impôt a d’autant plus de chance d’être supérieur à la diminution du surplus que les
rendements seront fortement décroissants, la courbe d’offre se rapprochant de la verticale.

A supposer cette hypothèse vérifiée, nous ne sommes pas encore définitivement certains que le bien-
être De la collectivité a augmenté. pour cela, nous dit Marshall, il faut comparer la diminution du surplus
par la taxation du produit à son augmentation si le marché était cette fois subventionné. Si la diminution
du surplus, par taxation, est inférieure à son augmentation par subvention, il y aura augmentation de bien-
être Général.…..

Le graphique 13.9 reprend cette hypothèse. Le rectangle CABC exprime l’accroissement de la


subvention, le quadrilatère FDBG, il y aura amélioration du bien-être

Général car cela signifie que l’augmentation du surplus est supérieur à celle de de la subvention. La
subvention permet en effet de réduire le prix (Pe+ Pe4 ) et d’accroitre les quantités. Mais comme le
montre le graphique, cela nécessite que les courbes d’offre (S et S0) traduisent des rendements croissants.

L’analyse D’A.Marshall revient donc à distinguer les branches à rendement croissant de celle à
rendement décroissantes . la comparaison entre taxer les produits des branches à rendement
croissant conduit à privilégier la seconde hypothèse .

En taxant les branches à rendements décroissants, on permet de déplacer les ressources vers des activités
à rendements croissants, augmentant ainsi le bien-être

De la collectivité. L’originalité de cette analyse est de remettre partiellement en cause l’efficience


reconnue au seul modèle de concurrence pur, et de justifier ainsi l’intervention de l’Etat.

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4) Approche de pigou :
Pigou élève d’A.Marshall, va tout naturellement lui succéder .il est le premier à avoir parlé très
explicitement du bien-être, à travers deux ouvrages : Welth and Welfare publié en 1912, The
Economics of Welfare publié en 1920.

Par rapport à l’œuvre du maître, il est à la fois un continuateur étatique, innovateur avec la prise en
compte des externalités.

Intervention de l’état et bien-être

Pour Pigou, le point de départ du bien-être est le revenu national. L’objectif premier est de le
maximiser, ce qui conduit l’auteur à distinguer le court et le long terme. A court terme , ce que
recherche tout agent économique, c’est la satisfaction immédiate, quelle qu’en soit la conséquence
sur le revenu national. A long terme l’objectif est de parvenir à une efficience de plus grande
ampleur, mais éventuellement différée dans le temps, les effets ne s’en faisant pas sentir
nécessairement dans l’immédiat. Privilégier le court terme, c’est donc prendre le risque d’une sous-
croissance, d’un revenu national minoré par rapport au potentiel dont on dispose. Or, rappelle Pigou,
la production doit être poussée jusqu’au moment où son utilité marginale devient égale à la désutilité
marginale du travail.

Seul l’État, dit-il, peut investir pour l’avenir, permettant ainsi, et à long terme, de vérifier cette
identité.

Mais là ne s’arrête pas la justification de l’intervention de l’Etat. Maximiser la production et la


condition nécessaire au bien-être général, mais ce n’est pas la condition suffisante. Encore faut-il la
répartir.

La règle néo-classique rappelle, sur ce point, que la productivité marginale sociale des ressources
doit être la même quelle qu’en soit l’utilisation. L’utilité marginale sera donc maximale si la
distribution est parfaitement égalitaire.

Pigou précise qu’il n’est pas question d’aller jusqu’à cette solution extrême, mais qu’il convient,
par contre, de s’interroger sur les limites de la redistribution par rapport à la diminution du revenu
national.

En d’autres termes, ce qu’il propose comme condition seconde du bien-être est une redistribution

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qui ne remettrait pas en cause le maintien-ou la croissance- du revenu national. Cette redistribution
permettrait d’augmenter les ressources les plus modestes. En prélevant le montant de cette
redistribution sur le revenu des plus riches. Le prélèvement devant s’arrêter dès l’instant où il
entraînera une diminution du revenu national. Qui, en dehors de l’État ? Peut imposer cette
redistribution ? Personne, ne nous dit Pigou. En conséquence, l’intervention de l’État lui apparait
comme à A.Marshall, justifiée et nécessaire, mais pour des raisons différentes et complémentaires.

Le bien-être est conditionné par la maximisation de la production, que seul l’État peut assurer,
comme tenu du fait que les autres agents économiques, dans leur recherche de la satisfaction
immédiate, ne privilégient pas cette condition nécessaire au bien-être général qu’est la recherche
d’une production la plus large possible. Condition seconde à la réalisation du bien-être, la
redistribution des revenus. L’Etat, là encore est le seul à pouvoir la réaliser et doit veiller à ce qu’elle
ne conduise pas, par son excès à la diminution du revenu national.

La prise en compte des externalités

Pigou est le premier à avoir conceptualisé l’externalité. Et pour cela, il définit les effets externes
comme étant ceux, à incidence économique, non pris en compte par le marché. Ce qui le conduit à
distinguer l’externalité positive de l’externalité négative.

Externalité positive. Lorsque l’incidence économique est positive sans avoir eu à payer quoi que ce
soit pour l’obtenir, par exemple l’amélioration de l’environnement par création de parcs, de routes,
etc.

Externalité négative, lorsque l’incidence économique est négative sans que l’on puisse l’imputer à
quiconque, par exemple la pollution engendrée par les transports routiers.

Cette double distinction l’amène à opposer le produit marginal social net (pms) au produit marginal
privé (pmp). Le produit marginal social tient compte des externalités, c’est le produit total net, quelle
que soit l’origine des ressources, individualisées ou non. Le produit marginal privé ignore les
externalités, ce qui revient à individualiser le produit marginal social.

En conséquence, si les externalités sont positives, le produit marginal social est supérieur au
produit marginal privé. Situation inverse si les externalités sont négatives.

Pigou généralise ces conclusions au cout marginal social et au cout marginal privé. Il y aura
efficience économique- et optimum- si le produit marginal de la monnaie est égal à l’inverse du cout
marginal. Toute différence constatée entre le pms et le pmp se traduira par une différence inverse
entre leurs couts respectifs.

Appliquons ce raisonnement à une production engagée sur la base du cout marginal privé. S’il y a
pollution, les externalités sont négatives et pms est inférieur à pmp , ce qui conduit à un cms
supérieur au cmp . Pigou propose alors de faire supporter à l’entreprise, et non à la société, le cout
marginal social de la production par l’instauration d’une taxe (graphique 13.10).

Cette taxe, AB, doit couvrir pour chaque niveau de production l’excès d’un cms, sur le cmp, A’B.
On ne produira plus Qe, mais Qe’. La courbe d’offre se confond alors avec le cms, cette taxe
augmente le prix du produit et fait donc baisser la demande, ce qui revient à réduire le degré de
pollution, et ainsi à améliorer le bien-être global.

Faisons une dernière hypothèse, celle d’externalités positives. Il est alors proposé de verser une
subvention à ceux qui améliorent la situation générale. Sans pour autant en percevoir les dividendes.
Cette subvention permet de réduire le prix Pe à Pe’ , comme on peut le constater sur le graphique
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13.11, et donc de produire davantage, Qe=Q’e, du fait de l’augmentation de la demande suite à la
baisse des prix.

Notons que dans ces deux cas, externalités positive et négatives, taxe et subvention sont supérieures
aux variations de prix.

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CHAPITRE II : Les 2 théorèmes fondamentaux de l'économie du
bien-être
Le premier théorème dit de la "main-invisible"

Le bien-être constitue le cœur de l’analyse économique dans la mesure où la recherche de la


maximisation de la satisfaction conditionne les choix économiques.
En 1776, Adam Smith expose sa théorie de la main invisible dans son ouvrage Recherches sur la
nature et les causes de la richesse des nations.
Selon A. Smith dit que "chaque individu en poursuivant son intérêt personnel est conduit comme par
une main-invisible à réaliser l'intérêt général".
avant Adam Smith on pensait que les intérêts personnels conduisaient à des conflits. C'est le premier
à dire que ça conduit à "l'intérêt général". Il s'agissait à l'époque d'une intuition géniale… mais non
fondée sur une démonstration scientifique.
 1er défaut : on ne sait pas comment agit cette "main invisible.
 2ème défaut : on ne sait pas ce qu'est l'intérêt général.
 3ème défaut : cela est affirmé et non démontré.

 L’OPTIMUM DE PARETO (1848 – 1923) constitue la norme de maximisation du bien-


être par les individus. On peut rappeler la définition de l’optimum de Pareto : lorsque, pour
des ressources et des conditions techniques données, on ne peut pas améliorer la situation de
l’un des agents sans détériorer celle de l’un, au moins, des autres agents, la situation est celle
d’un optimum de Pareto. On dit qu’elle est efficace au sens de Pareto ou Pareto-optimale.
L’optimum de Pareto constitue une situation d’unanimité. La définition de l’optimum se fait à
plusieurs niveau : au niveau du consommateur, (répartition des biens optimale, taux marginal de
substitution identique), du producteur (répartition des facteurs de production optimale, substitution
technique identique), de la combinaison des biens et produits (choix des consommateurs,
offre/demande).
Ces hypothèses fortes permettent d’atteindre un équilibre général concurrentiel, qui ne se limite
pas à un seul marché mais qui prend en compte l’ensemble des interdépendances entre les
différents marchés
Les deux théorèmes de l’économie du bien-être reposent sur des hypothèses fortes :
*l’hypothèse d’un « système complet de marché », c’est-à-dire notamment d’un marché.
Exemple d’externalités et de biens collectifs
*l’hypothèse de monotonie des préférences des ménages

Théorème 1 : Un équilibre concurrentiel, s'il existe, est un optimum de Pareto.


 Un équilibre de concurrence pure et parfaite est un optimum de Pareto. C’est-à-dire tout
équilibre de marché correspond à une allocation des ressources optimales au sens de Pareto.

Théorème 2: dit de "l'information minimale

 toute allocation de Pareto peut être atteinte par un marché concurrentiel. En d’autres
termes, tout optimum de Pareto est un équilibre.

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Les théorèmes de l’économie du bien-être établissent une correspondance entre équilibre du
modèle de concurrence pure et parfaite, et optimum de Pareto. Ils constituent un argument en
faveur de la concurrence : une économie de marché fondée sur la concurrence conduit à une
allocation optimale des ressources, c’est-à-dire une meilleure combinaison possible des biens et des
services.
C’est par le marché que peut être atteinte une situation économique efficace.
Les théorèmes de l’économie du bien-être ne rendent pas compte des imperfections du marché
et de la répartition des revenus

LE THEOREME DE 2nd RANG

Néanmoins, il est démontré que les marchés réels ne répondent pas toujours aux exigences de la
concurrence pure et parfaite. En témoigne l’intervention de l’Etat qui tente de remédier aux
imperfections du marché et de garantir une répartition plus juste des ressources. Les défaillances du
marché remettent en cause l’applicabilité des théorèmes de l’économie du bien-être :
- Les effets externes : externalités positives et négatives hors du système de marché.
- Les biens collectifs qui peuvent être consommés par plusieurs personnes à la fois,
échappent aux critères de la maximisation du bien-être définis dans les deux théorèmes.
- Les imperfections de l’information : la réalité des marchés met en évidence
l’existence
*l’anti sélection : asymétrie de l’information ex ante (ex. sur le marché des
voitures d’occasions, le consommateur ne connaît pas la qualité de la voiture…)
*l’aléas moral : asymétrie de l’information ex post (ex. la souscription à une
assurance-maladie entraîne une augmentation de la consommation de médicaments…)
- Les imperfections de l’information : la réalité des marchés met en évidence l’existence
*l’anti sélection : asymétrie de l’information ex ante (ex. sur le marché des
voitures d’occasions, le consommateur ne connaît pas la qualité de la voiture…)
*l’aléas moral : asymétrie de l’information ex post (ex. la souscription à une
assurance-maladie entraîne une augmentation de la consommation de médicaments…)
-Le théorème de « second rang » : R. Lipsey (1928 - ) et K. Lancaster (1924 – 1999) ont
développé ce théorème dans l’hypothèse d’un équilibre de marché impossible, donc
lorsqu’il est impossible d’atteindre un optimum au sens de Pareto.
Cette impossibilité de répondre aux conditions nécessaires pour atteindre un optimum de
Pareto dans une activité doit amener à rechercher la meilleure situation alternative, qui ne
peut pas être atteinte, si l’on respecte les conditions parétiennes pour l’ensemble des autres
activités.

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CHAPITRE III : les allocations justes
Il existe d'autres critères que celui de Pareto. Sur la base du critère de Pareto les économistes
"justifient" bon nombre de politiques économiques : Il y a unanimité pour dire que la pollution est
un mal, Il y a unanimité pour dire qu'il faut de l'éclairage urbain….Mais beaucoup d'autres
politiques sont menées sur d’autres critères que le critère de Pareto. C'est le cas évidemment des
politiques de redistribution qui ne font pas l’unanimité (puisque l’utilité des riches diminue pour
que celle des pauvres augmente). Les critères utilisés pour ces politiques sont donc autres que celui
de Pareto. Nous allons les présenter.

Le critère de Pareto a un défaut, ce n’est pas une relation d’ordre total. On a vu que le critère de
Pareto ne permettait pas de ranger toutes les allocations. En particulier le critère de Pareto est un
critère d’efficience mais pas de justice. Il nous permet de choisir une allocation efficiente, mais ne
permet de choisir une allocation juste. Existe-t-il des critères permettant de faire ce type de choix ?
On va examiner différents critères qui permettent ce type de choix social, mais chacun a ses
avantages et ses inconvénients. Evidement aucun n'est parfait.

1) Le critère de Pareto (la seule efficience)

Critère de Pareto : xˆ SP x si x̂c c x c , c


On a vu qu’il y a une infinité d’optimums de Pareto sur la courbe des contrats. Ils ne
sont pas comparables entre eux au sens de Pareto. L’allocation x est parfaitement «
dégueulasse » pourtant c’est un optimum de Pareto.

On peut se représenter cette injustice de façon plus claire dans un graphique représentant la
Courbe des Possibilités d’Utilité (CPU) dans le plan Ub , 0,Ua qui visualise la répartition de
l’utilité entre Alice et Blaise. En rappelant qu'il existe une correspondance points par points
entre la CCP et la CPP On peut construire de la même façon la correspondance entre la CC et
la CPU.

Utilité d'Alice

Il y a toutefois une petite différence entre la CPP et la CPU. Sous les hypothèses de stricte
concavité des fonctions de production on a vu que la CPP est strictement concave. Mais l’on a

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posé qu’une hypothèse de quasi-concavité des fonctions d’utilité, il en résulte que la CPU n’est
pas strictement concave. Si l’utilité est mesurée de façon ordinale, la seule contrainte sur la
CPU est que la pente soit négative.

Sur les graphiques 1 et 2, le panier x procure U a à Alice et U b à Blaise. Les allocations en


rouge sont préférées au sens de Pareto. Celles en bleu sont inférieures au sens de Pareto,
celles en blanc ne sont pas comparables au sens de Pareto. Sur le graphe 1 les optimums de
Pareto se situent sur la CC, sur le graphe 2 les optimums de Pareto se situent sur la CPU.

Sur la CC comme sur la CPU on a les allocations efficientes. (Telles qu'il n'existe pas d'ASP)

On voit sur le graphe 2 comment illustrer que le critère de Pareto est une relation d'ordre
partiel : on ne peut pas comparer les points sur la CPU avec le critère de Pareto. Il en résulte
une illustration importante vis à vis de la question de la justice : l’allocation « injuste » x est
un optimum de Pareto non comparable au sens de Pareto une l’allocation « plus juste » .

En résumé le critère de Pareto a comme avantage d'être anodin et en même temps d'insister
sur un aspect fondamental, l'efficience, il a pour inconvénient de ne pas s'intéresser aux
questions de justice. Pour choisir une allocation « juste » il nous faudrait choir un point de la
CPU. Mais on ne le peut pas avec le critère de Pareto. Il nous faut un autre critère.

2 ) Le critère utilitariste
Jérémy BENTHAM (1789) et John Stuart MILL (1830) sont les philosophes
fondateurs de la philosophie utilitariste qui considèrent que l’idéal social est la recherche du
plus grand bonheur pour le plus grand nombre.
Les économistes utilisent une fonction de bien-être en lointain rapport avec cette
vision utilitariste puisque cette fonction consiste à faire la somme pondérée des utilités.
m m

 U (x̂ )    cU c (x c )
SU
Critère utilitariste : xˆ x si c c c

c1 c1
m
La fonction de bien être de la société est W U   a c U c (.) et l'objectif social est de
c1
m

maximiser la somme des utilités : Max W   a cU c (.)


c1

Exemple que l'on utiliser en 3ème année : W   e tU (ct )dt
t 0

Le problème est de savoir quels sont les poids que l’on affecte aux individus. On peut dire,
par exemple, que le bien être de Blaise est deux fois plus important que celui d'Alice… On
règle cette question en décidant arbitrairement que chaque individus vaut 1. On pose donc
 c  1, c .Mais cet arbitraire pose des problèmes.
Examinons graphiquement ce que cela donne : WU  Ua U b  U b  W U a
La pente de la fonction de bien-être (-1) est donc déterminée par la pondération arbitre
choisie. Si on avait dit que Blaise vaut 2 Alice alors on aurait
1 a
W U  U a  2U b  U b  W 1  U , la pente serait ½ pas 1.
2

P a g e 15 | 32
Remarque : les points de la zone rouge sont préférés au sens
utilitariste les points de la zone bleue sont
inférieurs au sens utilitariste

L’avantage de cette fonction de bien-être utilitariste est que ce critère est bien une
relation d'ordre total : il permet d’ordonner tous les états sociaux.
C’est ce dont nous avions besoin pour faire un choix social.
En maximisant cette fonction de bien-être on peut maintenant choisir un point parmi
tous les OP :

Conclusion : en prenant un critère plus fort que celui de Pareto, on a supprimé un des
problèmes. On peut maintenant choisir 1 point parmi les OP. Mais quel prix à t’on
payé et a t’on résolu le problème de justice ?

Les 2 inconvénients : L’arbitraire du choix, l’injustice du choix.

1er problème : le prix payé en prenant un critère plus fort est l’arbitraire du choix social. D'après le
théorème d'impossibilité d'Arrow, on a dit que l'on ne pouvait pas agréger les préférences sans
imposer un choix dictatorial. C’est ce que l’on a fait ici.
- D’abord en imposant des pondérations arbitraires. On a pondéré chacun par un poids égal,
mais pourquoi faire compter autant, les moribonds que les jeunes de 25 ans ? les riches que
les pauvres ? les générations futures que la génération présente ?
- Ensuite en imposant une règle d’agrégation arbitraire : pourquoi faire la somme des
utilités et non le produit ou le produit du carré des utilités ?
- Enfin en faisant des comparaisons interindividuelles d'utilités, c’est à dire en
imposant que ce que perdent certains agents en passant de x à xˆest compensé par ce
que les autre gagnent. Il faut alors mesurer l’utilité de façon cardinale. En supposant

P a g e 16 | 32
des fonctions d’utilité concaves (avec utilité marginale décroissante) la CPU devient
concave.

Supposons l'exemple suivant : Considérons 2 états sociaux notés sˆ et s .

WU U
a b

W  100  100  200


Ŵ  50  250  300

-50 +150 +100

Au sens utilitariste, on a sˆ SU s car (300 > 200)


Mais dire que 300 > 200, c'est dire que 50  150 ; autrement dit, dire que la perte d'utilité
d'Alice est plus petite que le gain d'utilité de Blaise.
Pour dire cela il faut une fonction d’utilité cardinale au sens ou elle est définie à une
transformation affine près.
W  100 100  200
Wˆ  50  250  300
(50 ) (150)(100)
reste vrai sous une transformation affine : Uˆ  2U 10
W  210  210  420
Wˆ  110  560  670
(100 ) (350)(250)
Lord Robbins a dit en 1930 que les économistes ne « doivent pas » faire des comparaisons
interindividuelles d’utilité. Son idée est qu’une telle démarche n’est pas neutre. Il plaide pour
séparer la science économique et la politique. Cette recommandation à eu beaucoup
d’influence et est à l’origine de l’utilisation des seules fonctions d’utilité ordinale et du critère
de Pareto. Toutefois Robbins se trompe : une chose est sure c’est que l’on ne peut pas faire
ces comparaisons interindividuelle car on ne dispose pas de fonctions d’utilité qui
représentent cardinalement l’utilité des individus. Mais si on les avait rien ne nous
empêcherait de faire de telles comparaisons.
Conclusion. Le choix individualiste est arbitraire.

2ème problème : Le choix utilitariste n’est pas « juste »


Le critère utilitariste ne se soucie pas de la justice. Il semble que s soit plus juste que sˆ
Il permet de comparer tous les états de la société et choisir un point mais il n'est pas forcément
"juste", car ce n’est pas sa préoccupation. Sa préoccupation n’est que de maximiser la somme
des utilités pas de répartir les utilités.

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3) Le critère égalitariste
Le critère précédant avait l’avantage d’être efficient, l’égalitarisme est inefficient.
De plus critère n'est pas clair et on va examiner plusieurs significations.
Commençons par distinguer l'égalitarisme ex ante (de traitement) et l'égalitarisme ex post
(d'allocation finale).

 L’égalité des chances


Si l’allocation finale est inégalitaire c’est que les chances des individus au début du jeux sont
différentes. Faut t’il traiter les individus de la même façon ou privilégier les moins chanceux ?
L'égalitarisme de traitement : C'est traiter tout le monde de la même façon.
C’est un principe républicain qui semble juste en opposition à la situation de la monarchie
Française où certains jouissaient de privilèges.
Mais il est clair que ce n’est pas « juste » vis à vis de l’allocation finale puisque alors les forts
vont gagner, les pauvres seront toujours pauvres.
Exemple : fixer le même tarif d'inscription à l'Université. Cela veut dire que cela est financé
par les impôts (tout le monde en paie) : les impôts des pauvres paient les études des riches !!
Les allocations familiales ne sont pas liées aux revenus…
La discrimination positive : C’est donner plus de chances aux moins chanceux en
imposant des quotas.
Exemples : Les entreprises sont obligées d’employer un quota d’handicapés physiques. Les
partis politiques s’obligent à proposer comme candidat députés un quota de femmes. Aux
USA les entreprises sont obligées d’employer un quota de noirs, d’homosexuels…
Cette discrimination est favorable à l’égalité des chances, mais n’est pas juste lorsqu’elle
conduit à évincer un candidat de valeur à un poste au profit d’un candidat incompétent au seul
motif qu’il est homosexuel.

 L’égalité de allocation finale


L’idée est de donner la même chose à tout le monde : xˆ dans la boite suivante

On voit que ce choix est inefficient : xˆ n’est pas un OP.

 L’égalité des utilités Ua=Ub


a Ub

Ua

Ub Ua

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1er problème que veut dire Ua=Ub ? pour dire une telle chose il faut disposer de fonctions
d’utilité définies à une transformation linéaire près, (cardinales au sens très fort).
2ème problème : même si ce problème était résolu la CPU n’est pas nécessairement concave si
des agents sont saturés.

Ub Ub

Ua Ua

Donc deux critiques :


 le choix égalitariste n'est pas optimal au sens de Pareto.
 On peut trouver qu'il n’est pas juste de donner à Blaise la même utilité qu’Alice qui est
saturée.

 L’égalité des rémunérations

Le vrai problème avec l’égalitarisme est dans une économie de production.


On veut qu'à la fin du processus, tout le monde ait la même chose ; c'est le principe du salaire
unique.
Inconvénient : si tous les agents sont rémunérés de façon égalitaire, il n'y a plus intérêt ni à
travailler, ni à épargner : la production va baisser et tout le monde est plus mal.
Le critère d'égalitarisme entraîne une désincitation à la production : on se retrouve dans une
situation d'inefficience technique non optimale.
q2

CPP avec
rémunérations
concurrentielles
CPP avec
rémunérations
égalitaires q1

 Rémunération à l’effort
En 1961, HOMANS a dit avoir réglé le problème : ne pas donner la même chose à tout le
monde mais payer "au mérite", aux efforts consentis et non rémunérer les agents selon leur
Pm. Deux critiques :
 cela n'est pas nécessairement juste puisque les plus productifs qui produisent beaucoup,
seront peu payés s'ils ne font pas d'effort.
 avec ce système, tout le monde est incité à faire plus d'efforts, donc on aura plus d'inputs
travail dans l'économie ; la frontière des possibilités de production va se déplacer cette fois
vers le haut.

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mais c'est inefficient car on "produit trop" … au sens de Pareto, puisque la production
optimale au sens de Pareto est celle qui est égale à la production d'ECG, la CPP avec
rémunérations concurrentielles du graphique précédent.
Avec cet système on survalorise la production, on s'intéresse à la production mais plus à la
consommation ; pourtant au départ, on a dit que seule la consommation était importante, la
production n'est pas une finalité.

 égalitarisme et inefficience
Il existe une substitution entre l'efficacité et l'égalitarisme.

Cette substitution reflète l'idée que on partage mieux le gâteau mais qu'on diminue sa taille.

Mais certaines théories montrent qu'il peut y avoir dans certains cas, une complémentarité
entre efficacité et égalitarisme. C'est ce qui se passe par exemple sur le marché des vedettes
avec les salaires des joueurs professionnels. Comme les salaires sont élevés, il y a de plus en
plus de jeunes qui tentent leurs chances, mais il n'y aura que très peu d'élus. Au final, ces
investissements massifs de capital humain dans cette activité sont complètement inefficients
(car peu d'élus).

Conclusion : le critère égalitariste ne satisfait pas l'efficience, or il est clair que le critère
d'efficience est un pré-requis fondamental à tout choix social. (Cette assertion est critiquée par
SEN). Donc on va rechercher un critère de justice qui satisfait aussi l’efficience.

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4) Le critère de Bergson-Samuelson (1947)
Il s'agit d'un perfectionnement (raté) du critère utilitariste.
Considérons 3 états sociaux et la fonction de bien-être social utilitariste W(Ua … Um) :

Notre problème était que ces 3 états sociaux sont indifférents au sens Utilitariste.

L'idée de Bergson-Samuelson est de supposer que les courbes d'indifférence sociales sont
convexes ; ainsi, si on suppose la fonction de bien-être social W convexe, on obtient :

TMS 1

TMS 2

Maintenant, la situation socialement préférée est s BS s˜


1er avantage : Le résultat est nécessairement plus juste.
2ème avantage : il s'agit tout de même d'une relation d'ordre totale ; ainsi, il est possible de
classer tous les états sociaux.

Ua

Inconvénient : Ce critère n'est pas opérationnel ; en effet, on a un problème de pondération


des individus : quel poids attribuer à tel où tel agent ?
Avec le critère utilitariste les poids étaient connus : chaque agent compte pour 1, donc la
dU b
pente de la courbe d’indifférence sociale était de (-1). Plus exactement le TMS=  =1),
dUa
autrement dit on est prêt à diminuer l’utilité de Blaise de 1 pour augmenter celle d’Alice de 1.
Les pondérations sont clairement annoncés, c’est cela qui le rend le critère utilitariste
opérationnel.
Avec le critère de BS, la pente et le TMS sont variable car la courbe est convexe, c’est cette
convexité qui implique la justice :
TMS 1 : la pente est très forte, le TMS = 5. On donne plus d'importance à l'utilité d'Alice car
elle est plus pauvre : on pondère plus son utilité. On est prêt à diminuer l’utilité de Blaise de 5
pour augmenter celle d’Alice de 1.

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TMS 2 : la pente est plus faible, le TMS = 1/4. On donne plus d'importance à l'utilité de
Blaise.
Concrètement on a besoin d’une hypothèse plus forte que l’hypothèse de convexité.
Concrètement il faut que l’on sache de combien on diminue l’utilité de Blaise pour augmenter
celle d’Alice. Pour faire un choix, il nous faut la valeur du TMS mais le critère BS ne le
donne pas en supposant seulement la convexité.
Tant que l'on ne connait pas la valeur du TMS on ne fait qu'eplorer l'ensemble des OP et on
n'a pas avancé d'un pouce.

5 ) Le critère de Rawls (1971)


Rawls est un des grands philosophes politiques contemporains, dans la lignée de
Rousseau. Rawls est le philosophe contemporain (disons de gauche) à l'opposé de Nozick qui
est lui, disons à droite.
Rawls s'inspire de Rousseau et reprend le concept de l'Etat de Nature (jusqu'au 17ème
siècle, l'idée est que la société a été créée par la nature de l'homme ou par Dieu : l'homme est
une créature naturellement sociable). Au 18ème siècle, on cherche les mécaniques de tout et
notamment de la société, on cherche à expliquer quels sont les principes fondateurs de la
société. Il y a deux réponses :
- Une réponse économique (Turgot, Smith) : les hommes se réunissent en société car ils
peuvent ainsi être plus productifs grâce à la division du travail et mieux satisfaire leurs
besoins grâce au marché où chacun gagne à l'échange.
- Une réponse politique (Rousseau, Locke, Hobbes, Machiavel…) : pour les philosophes
politiques la société est née a partir d’un état antérieur : l'Etat de Nature (concept abstrait).
Avant la société, régnait la violence pour Hobbes et l'on "rentre en société" (d'où signature
d'un contrat social) pour se protéger de la violence. Pour Locke pour devenir libre et
propriétaires. Pour Rousseau le contrat social est signé pour garantir la liberté et la
perfectibilité…

Rawls se demande quel type de contrat social signerait-on dans l’état de nature, quel serait le
contrat social que les individus signeraient avant même de connaître la place qu'ils occuperont
dans la société. Il montre que l’individu, adversaire du risque, signerait un contrat privilégiant
le plus mal loti : chacun prendrait une assurance contre la pauvreté absolue. Donc le bon
critère de choix social est de privilégier le plus mal loti.

La fonction de bien-être de Rawls est W = Min (Ua …Um)


L'objectif social est de maximiser cette fonction Max Min (Ua …Um)

Min U c  x̂c   Min U c  x c 


SR
Critère de Rawls : xˆ x si

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 

Les trois états sociaux sont indifférents, pour ces trois états le bien être social est égal à Ub .
Donc les courbes d'indifférence sociale ont la forme d'angle droit le long de la droite à 45°.

AVANTAGES de ce critère

1) il s'agit d'une relation d'ordre total (les points de la zone hachurée en rouge sont préférés à
ceux de la zone hachurée en bleu).
2) si on maximise W, on peut choisir l'OP noté s*; ainsi le choix social est efficient.
3) Contrairement au critère de Bergson-Samuelson, le critère de Rawls annonce clairement la
pondération (tout pour le plus mal loti) : il est donc opérationnel.
4) ce choix est juste car il se situe sur la droite à 45°. Juste mais pas égalitariste :
Le critère de Rawls est le plus égalitariste des critères efficients mais il ne s'agit pas d'un
critère égalitariste. En effet, prenons l'exemple ci-dessous :
Ua Ub Uc
Etat 1 10 11 12
Etat 2 50 75 1000
Max Min
D'après le critère de Rawls, notre choix se porte vers l'état 2.
D'après le critère égalitariste, notre choix se porte vers l'état 1 où les utilités sont plus "égales"

INCONVENIENT de ce critère
On peut considérer que le critère de Rawls n’est pas juste. En effet si on ne s’occupe que du
plus mal loti on néglige complètement les autres et on peut donc les rendre malheureux :
Ua Ub Uc
Etat 1 10 500 1000
Etat 2 11 12 20
Max Min

Le choix de Rawls est l'état 2.


On peut se demander si cela est juste de sacrifier blaise et caroline pour que alice ait 1
unité de plus d'utilité. Serge KOLM (1978) dit : "faut-il sacrifier le bonheur de millions
d'heureux pour dessiner un léger sourire de plus sur les lèvres d'un malheureux atrabilaire ?"

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Résumons nous : Quels sont les états sociaux choisis selon les critères ci-dessus ?
Admettons que si une préoccupation de justice existe c’est que les individus sont altruistes.
Supposons que leurs courbes d’indifférence ont cette allure.

C
Ub
A
E F

C
F a
U
A
Ub
E Ua

L’utilité d’Alice augmente classiquement jusqu’au point C où elle atteint un maximum. Passé
ce point toute consommation supplémentaire la fait passer sur un niveau d’utilité inférieur. De
même pour Blaise qui atteint un niveau d'utilité maximum lié à sa saturation où à son
altruisme au point A. Les point de tangence des courbes d’indifférence au nord-est de C et au
sud-ouest de A, respectent l’égalité des TMS sur la courbe des contrats, mais ne sont pas de
optimums au sens de Pareto. Cette situation est représentée à droite sur la courbe des
possibilités d’utilité. Blaise a un maximum d’utilité en A, il a en E le même niveau d’utilité
qu’en F. En E il consomme plus de biens qu’en F mais compte tenu de sa saturation ou de son
altruisme son utilité est identique. Si l’allocation de l’économie est en E, une réallocation qui
fait passer de E à F est une amélioration au sens de Pareto. L’utilité d’Alice augmente et laisse
celle de Blaise inchangée. Dans ces conditions seules la partie AC de la courbe des contrats et
de la CPU sont optimales.

Cette situation permet d’éliminer, sur la base de la saturation ou de l’altruisme des individus,
par le critère de Pareto, les parties croissantes de la CPU. Mais les allocations qui sont
optimales entre A et C restent incomparables entre elles au sens de Pareto. On peut toutefois
les comparer grâce aux autres critères à notre disposition.

Critère de Pareto ( Y a t-il du gâchis ?) : entre A et C


Critère utilitariste (pente = -1) :B
Critère égalitariste (on est sur la droite à 45°) : D (ne fait pas partie des OP)
Critère de Bergson-Samuelson : entre A et C
Critère de Rawls : C (le plus égalitariste des choix efficients)

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6) Le critère de Varian (1975)
Jusqu’à présent, sauf avec l’égalitarisme, on n’a jamais tenté de définir a priori ce qu’est une
allocation juste. Le problème avec l’égalitarisme c’est que l’allocation choisie n’est pas
efficiente. On admet que l’efficience est une condition indispensable. Varian va concilier ces
deux points : la justice et l'efficience.

1) Dans une économie d'échanges (boîte d'Edgeworth)

Définition 1 : une allocation est juste au sens de Varian si elle est équitable et efficiente (c’est
à dire OP ; elle se situe sur la CC).
Définition 2 : une allocation est équitable si aucun agent ne préfère le panier d'un autre au
sien, si elle est exempte d’envie, c'est-à-dire si xa a xb , a,b (1, m) .

Est-ce un critère opérationnel et existe-t-il de telles allocation ? La réponse est OUI.

THEOREME Soit x*p* un ECG qui résulte d'une répartition initiale égale de la richesse telle
que Wa(p*) = Wb(p*) (par exemple p* xa  p* xb ) alors x* est juste.

Preuve : il faut que l’allocation soit efficiente (1) et équitable (2).


1) x* est efficiente puisque un ECG est un OP selon le théorème de la main invisible.
2) pour montrer que x* est équitable, il faut montrer qu'il n'y a pas d’envie.
Supposons que x* ne soit pas équitable, que Alice envie Blaise : x*a a x*b , cela signifie
a b
qu’Alice ne peut s’acheter le panier de Blaise : p*x* < p*x*
Mais cela est en contradiction avec l'hypothèse de répartition égale de la richesse qui est :
p* xa  p* xb on a donc une contradiction puisque à l’équilibre : p* xa  p* x*a  p* x*b  p*xb .
Donc l’allocation x* est équitable CQFD.

Donc il existe des allocations justes au sens de Varian : les ECG qui résultent d’une
répartition égale de la richesse. Ce critère est opérationnel : il suffit de réaliser une répartition
égale et le marché conduira les agents à une allocation juste. Une situation "juste" est facile à
obtenir en répartissant la richesse de manière égale. Remarque : On comprend que ce qui est
"dégueulasse" (pour reprendre l’expression de Sen) c'est la répartition initiale et non les
mécanismes du marché.

Illustration de la preuve :
a

x*

x est une répartition égale de la richesse aux prix d’équilibre (il en existe d’autres)
x* est l’ECG qui est aussi un OP
xˆ est l’allocation que chaque agent aurait s’il avait l’allocation de l’autre à l’ECG

P a g e 26 | 32
Sous l'hypothèse de convexité des préférences, il est clair que x * est préféré à xˆ par chaque
agent. Il n’y a pas d’envie à l’ECG. x * est juste.
Avantages :
- on a choisi un OP
- de façon opérationnelle et très simple
- l'utilité ordinale est suffisante pas besoin de cardinalité.

On vient de traiter facilement le problème dans une économie d’échange, mais le problème de
justice est plus difficile dans une économie de production. S’il existe des agents productifs et
d'autres non…

2) Dans une économie de production

Si l’on considère que les différences de richesse initiale proviennent des inégales capacités à
s'enrichir, la définition de la justice doit prendre en compte l’inégale productivité des agents.
Pour traiter cette question supposons deux agents, un productif, l’autre non.

Le travail est homogène et exprimé en nombre d'heures v.


Alice travaille va heures et produit Pma .va
Blaise travaille vb heures et produit Pmb .vb
Pma et Pmb sont les productivités, on suppose que Blaise est plus productif Pmb  Pma .
:

Qu’est-ce qu’une allocation équitable dans ce cadre ?

Si les agents travaillent, il y a maintenant deux bien dans l'économie, le bien et le loisir,
l’allocation de consommation à considérer est maintenant  x, 1 v  où 1 v  est le loisir.

Peut on utiliser la définition précédente de l’absence d’envie : xa , (1 va ) a xb , (1vb ) ?


La réponse est non, car en travaillant ce que Blaise travaille il n’est pas possible que Alice
produise autant. Comme les biens sont maintenant produits l’allocation « éventuellement
enviable » est impossible (hors du domaine des possibilités de production).
Prenons un exemple : Pma .va  25h  10 et Pmb .vb  410h  40
Supposons que chaque agent consomme journellement ce qu’il produit. L’allocation
éventuellement enviable serait :
 xb , (1 vb )  40, (24h 10h) a
 x a , (1 v a ) 10, (24h  5h)
Mais si Alice travaille 10 heures elle ne produira que Pma .vb  210h  20 et non 40. Il est
donc impossible pour Alice d’envier une consommation de 40 car elle ne peut la produire.

Mais si l’on remarque qu’en travaillant 20 heures Alice pourrait produire 40, cela nous
suggère la bonne définition suivante.
a  xb ,1 Pm v b  , a,b (1, m) .
b
Définition 3 : allocation équitable si  x a ,1 v a   
 Pma 


Pmb
Où a
vb est le temps que Alice doit travailler pour produire ce que Blaise produit en vb
Pm
Pmb 4
heure de travail. Dans notre exemple : vb  10h  20 h est le temps que devrait
Pma 2
travailler Alice pour produire ce que Blaise produit en 10h.

Donc on dit que l’allocation est équitable si Alice préfère consommer peu (10) et
travailler 5h plutôt que consommer plus (40) mais en devant travailler 20h.

THEOREME 2 Soit (x*, 1-v*) un ECG qui résulte d'une répartition initiale égale de la
richesse alors cet ECG est juste (équitable + efficient).

Preuve
1) C’est un ECG donc efficient
2) L'idée : puisque la richesse est égale entre les agents, ceux-ci ne peuvent pas s’envier.
Démonstration : Soit une répartition égale en bien xc  x, c et en temps Tc  T , c .
Par hypothèse la richesse est égale et les contraintes budgétaires des agents sont donc :
p * xc  Pmc (T  vc )  p * x  PmcT, c soit encore : p * xc  Pmcvc  p * x , c
En effet à l’équilibre concurrentiel les prix sont p* pour les biens et wc  Pmc pour le temps
de travail.
Supposons qu’à l’ECG, Alice envie Blaise :  xb ,T  Pm vb   x ,T  v 
b a a a


 Pma  
Cela implique qu’elle ne peut pas se payer (à ses prix : p* et Pma) le panier de Blaise :
b
Pm b
p * x  Pm (T 
b a
v )  p * x  PmaT
a
Pm
p * x  Pm T  Pmbvb  p * x 
b a

PmaT p * xb  Pmbvb  p * x
Ce qui contredit l’hypothèse. Donc l’allocation est équitable. CQFD.

Avantage : Evidement il existe de telles allocations, les ECG qui résultent d’une
répartition égale de la richesse. Et ce critère est facilement opérationnel : il suffit de
réaliser une répartition égale et le marché conduira les agents à une allocation
juste. Ce critère peut
« justifier » les taxes sur l’héritage afin de réaliser une allocation initiale "égale".
Ce critère semble n’avoir que des avantages, de plus il donne un autre mérite au marché
(en plus de la coordination et de l’optimalité), le marché est ici un instrument pour
réaliser la justice.

P a g e 28 | 32
Critiques au critère de Varian :
1) Il existe des gens qui n’envient personne, qui se contentent de ce qu’ils ont (Diogène dans
son tonneau, les clochards, les propriétaires des maisons « ça me suffit »…) mais ont est en
droit de trouver leur situation injuste.
2) On peut soutenir raisonnablement que la véritable injustice se trouve dans le fait que les
individus sont dotés de productivités différentes.
3) On peut aussi remarquer qu’il est une injustice peu souvent soulignée, celle de l’inégale
répartition du temps T qui est sans doute, elle, impossible à corriger, sauf par le progrès de
la médecine.
4) Enfin l’esprit du critère dans l’économie de production implique l’idée désagréable que les
« pauvres » n’ont pas à envier les « riches » tant qu’ils ne sont pas prêts à produire ce que
les « riches » produisent

Conclusion

Aucun critère de justice n’est parfait, on pouvait s’en douter. Mais on vient de voir que l’on
pouvait discuter rationnellement de ce concept difficile, inévitablement à l’origine de nombreuses
politiques économiques.
Si l’on disposait d’une fonction de Bien-être social par l’agrégation des préférences individuelles
alors on pourrait choisir le meilleur état social. Mais Arrow à prouvé l’impossibilité d’obtenir une
telle fonction et de faire un tel choix.

- On peut dire que les mécanismes du marché ne sont pas responsables de l’injustice : c’est la
répartition initiale de la richesse qui est "dégueulasse" (répartition initiale des biens, mais aussi le
fait que tout le monde n'est pas doté de la même productivité ou de la même espérance de vie à la
naissance…).

Il est très difficile de choisir un critère : chacun présentant des avantages et des inconvénients.
Vaut-il mieux être en A ou en B ? Il n'y a pas de solutions, le débat semble éternel.

Face à cette difficulté l’attitude des économistes est d’insister sur deux autres points :

1) Si on est à l'intérieur de la CPU, il vaut mieux aller sur la frontière, rendre l’économie efficace.
Donc se contenter du critère de Pareto. Comme dans de nombreux cas la situation de l'économie n'est
pas optimale on va maintenant mener de nombreuses politiques a partir du critère de Pareto.

2) Puisque la répartition de la richesse est une question difficile mieux vaut mener des politiques pour
repousser la frontière. Par exemple favoriser la croissance économique qui permet de distribuer plus
d'utilité à chacun. On examinera cette question l'année prochaine en 3ème année.

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Exercice
Théorème de Coase Une industrie chimique rejette des déchets toxiques dans une rivière et réduit le
profit d’une compagnie de pêche de 150 000$ par an. L’entreprise peut éliminer ces déchets à un coût
de 100 000$ par an. La compagnie de pêche est une coopérative qui syndique de nombreux pêcheurs.

1- Appliquer le théorème de Coase pour expliquer comment une négociation sans coût peut aboutir à
un résultat socialement optimal, peu importe à qui les droits de propriété sont assignés.

2- Vérifier le théorème de Coase si le coût d’éliminer les déchets est doublé et porté à 200 000$ (avec
une perte bénéfice de la compagnie de pêche inchangé de 150 000$).

3- Pourquoi la négociation sans coût est illusoire et quelles sont les conséquences des coûts de
négociation ?

Corrigé

1-Théorème de Coase : si les droits de propriété sur la rivière sont précisément alloués, une
négociation mutuellement avantageuse est possible entre l’entreprise chimique (Em) et la compagnie
de pêche (Cp) pour prendre en considération l’externalité. Si les droits vont aux pêcheurs :
• l’entreprise doit indemniser pour la pollution générée → le coût d’indemnité pour Em ≤ coût de
dépollution
• Les pêcheurs reçoivent une indemnité → prix de l’indemnité ≥ perte de revenus à cause de la
pollution Si les droits vont à l’entreprise :
• Les pêcheurs doivent indemniser pour stopper la pollution générée → le coût d’indemnité pour
Em ≤ restauration des profits si arrêt pollution
• L’entreprise reçoit une indemnité → prix de l’indemnité reçue ≥ perte de revenus si arrêt de la
production

2- Si les coûts de dépollution sont de 100.000 et la perte de profit 150.000 alors la négociation est
impossible L’indemnité maximale versable par l’entreprise (100.000) < perte de profits des pêcheurs
(150.000) Si les coûts de dépollution sont de 200.000 et la perte de profit 150.000 alors la négociation
est possible Si les droits vont aux pêcheurs :
• l’entreprise doit indemniser 150 pour la pollution générée → le coût d’indemnité pour Em (150)
≤ coût de dépollution (200) La négociation lui est profitable car moins couteuse
• Les pêcheurs reçoivent une indemnité → prix de l’indemnité (150) = perte de revenus à cause de
la pollution (150) La négociation permet de restaurer les profits perdus des pêcheurs (ils sont
indifférents) Suite à la négociation l’entreprise préserve même un surplus (50.000) : optimum
social.

3- Si la négociation présente un coût (délais, signature d’un contrat), ce coût doit être au maximum de
50.000 sinon la négociation n’aura pas lieu. Le nombre de pêcheurs présents dans la coopérative peut
engendrer un coût de négociation trop important.

Exercice

Un apiculteur vit à côté d’un verger de pommes. Le propriétaire du verger bénéficie d’externalités
positives des abeilles parce qu’une ruche pollénise à peu près 1 acre de pommiers. Le propriétaire du
verger ne paie cependant rien en contrepartie pour ce service parce que les abeilles viennent dans le
verger sans qu’il n’y ait rien à faire. Parce qu’il n’y a pas assez d’abeilles pour polléniser le verger en

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entier, le propriétaire du verger doit compléter la pollinisation par des moyens artificiels, à un coût de
10 € par acre d’arbres. L’apiculteur a un coût marginal Cm = 10 + 5 Q, avec Q le nombre de ruches.
Chaque ruche lui rapporte un miel d’une valeur de 40 €.
a. Combien de ruches l’apiculteur va t’il conserver ?
b. Est-ce le nombre économiquement efficace de ruches ?
c. Si le propriétaire du verger subventionne l’apiculteur, quels changements vont conduire à un
fonctionnement plus efficace ?
Corrigé

a) L’apiculteur égalise Cm=P. On a donc 10+5Q=40 d’où Q=30/5=6 ruches.

b) Le nombre de ruches résultant de l’optimisation de l’apiculteur n’est pas optimal d’un point de vue
social car il ne prend pas en compte l’externalité positive des abeilles sur la pollinisation des arbres du
verger. Comme une ruche pollinise environ 1 acre de pommier et que la pollinisation artificielle coûte
10 euros par acre, l’externalité positive d’une ruche supplémentaire pour le propriétaire du verger est
de 10 euros. Le Cout marginal social est donc égal = Cm privé – externalité marginale positive Et coût
marginal social = 10+5Q-10=5Q D’un point de vue social, il serait donc optimal de produire tel que
5Q=40 d’où Nb ruches=8. (NB : il faut que le verger fasse au moins 8 acres).

b) Le propriétaire du verger peut subventionner l’apiculteur de façon à ce qu’il décide d’avoir 8


ruches. En effet, si l’apiculteur avait 8 ruches au lieu de 6, le propriétaire du verger aurait 20
euros de pollinisation artificielle en moins à payer. Il est donc prêt à payer 20 euros à
l’apiculteur pour que celui-ci ait 2 ruches en plus. Or, pour l’apiculteur, le coût marginal de la
7ème ruche est de 45 euros (alors qu’elle lui rapporte 40) et celle de la 8ème ruche est de 50
euros (alors qu’elle lui rapporte 40). Le propriétaire du verger peut donc proposer 15 euros (et
éventuellement une part des 5 euros de profit supplémentaire) pour qu’il ouvre 8 ruches au lieu
de 6 et l’arrangement sera bénéfique pour tous.

Conclusion
La question du « bien-être » reste donc, comme du temps de Smith ou de Pigou, au centre des débats
en économie. Cela tient à une raison simple : avec elle se pose la question des moyens à mettre en
œuvre pour gérer et réguler l'économie et pour promouvoir le bien-être de ses membres.

L'économie du bien-être revient, en fait, à poser la question de la place de l'État et des politiques
publiques. D'abord réduite à l'idée simple selon laquelle il suffirait d'établir ou de rétablir les
conditions de la concurrence et de pallier les « défaillances du marché », l'économie du bien-être
désigne de nos jours l'ensemble des moyens mis en place progressivement pour réguler l'évolution du
capitalisme, en fixant des règles, en essayant d'en limiter les dérives et d'en combler certaines lacunes.
C'est le cas, par exemple, des biens collectifs – qui sont sources d'externalités – et dont la production
non réglementée peut conduire à des situations sous-optimales selon le critère de Pareto. L'importance
des questions en jeu – comme par exemple, celle de la pollution environnementale – explique
pourquoi les travaux en économie du bien-être et en éthique se sont développés. Ces enjeux permettent
également de comprendre pourquoi cette branche de l'économie reste le lieu de controverses
importantes, qui reflètent les divergences d'opinion des théoriciens sur le fonctionnement du
capitalisme et sur les possibilités de l'améliorer.

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Plan :

Introduction:

i/ prestation DE L’ECONOMIE DE BIEN ETRE.


1- LES GAINS à L’EPARGNE.
2- L’APPROCHE PORETIENNE.
3- l’APPROCHE D’alfied Marshall.
4- l’APPROCHE DE PIGOU.
II/ LES THEREMES Fondamentaux de l’économie de
bien être.
1- la 1ère théorème dit « la main invisible ».
2- la 2ème théorème dit « l’information
minimale ».
iii/ LES ALLOCATION JUSTES:
1- Le critère de Pareto (la seule efficience).
2- Le critère utilitariste .
3- Le critère égalitariste .
4- Le critère de Bergson- Samuelson( 1947).
5- Le critère de Rawls (1971).
6- Le critère de varian (1975).
Conclusion.

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BIOGRAPHIE:

- Livre de microéconomie : cours et problème cote : Mice 00076


- Manuel : initiation à la microéconomie cote : mice 00071
- Vidéo sur YouTube : les externalités
- Le site web :http : //www.universalis.fr/encyclopedie /microeconomie-
economie-du-bien-etre/

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