Vous êtes sur la page 1sur 1

NICOLAS SARKOZY EST FORMELLEMENT ACCUSÉ DE CORRUPTION ET DE

FINANCEMENT ILLEGAL

L'ex-président français Nicolas Sarkozy a été accusé, mercredi, d'avoir accepté de l'ancien
dictateur libyen Mouammar Kadhafi des dizaines de millions d'euros en financement illégal pour sa
campagne présidentielle de 2007.

Les juges d'instruction responsables de l'enquête avaient mis en examen et placé sous contrôle
judiciaire M. Sarkozy pour corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de
fonds publics.

M. Sarkozy, qui a été président de la France de 2007 à 2012, avait été interrogé par la police pour
une deuxième journée consécutive, mercredi, dans le cadre de l'enquête sur un présumé financement
illégal de campagne. Après une première journée en garde à vue mardi, il avait passé la nuit chez lui,
à Paris, et s'est de nouveau présenté mercredi au commissariat de Nanterre, à l'ouest de la capitale,
afin de rencontrer des enquêteurs anticorruption.

M. Sarkozy, âgé de 63 ans, et son ancien chef de cabinet Claude Guéant ont toujours clamé leur
innocence dans cette affaire. Un autre proche de M. Sarkozy, l'ancien ministre Brice Hortefeux, a été
rencontré par la police mardi, mais il n'a pas été arrêté. M. Hortefeux a ensuite déclaré sur Twitter
que les informations qu'il avait fournies aux autorités devraient contribuer à mettre un terme à une
série «d'erreurs et de mensonges».

On ne sait rien des interrogatoires en garde à vue de M. Sarkozy, et son avocat, Thierry Herzog,
n'a pas répondu à une demande de commentaires.

L'enquête dans cette affaire de financement illégal présumé avait débuté en 2013, mais elle s'est
accélérée trois ans plus tard quand l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine a raconté au
site internet Mediapart qu'il avait remis à MM. Sarkozy et Guéant trois valises libyennes contenant en
tout cinq millions d'euros. M. Takieddine prétend avoir remis l'une des trois valises à MM. Sarkozy et
Guéant au ministère de l'Intérieur, à l'époque où le futur président était responsable de ce portefeuille
dans le gouvernement de Dominique de Villepin.

M. Takieddine a répété ses allégations mercredi soir dans une entrevue à la chaîne française
d'information en continu BFM.

Les allégations font état de quelque 50 millions d'euros (80 millions $ CAN) versés secrètement à
la campagne Sarkozy par Mouammar Kadhafi. Un tel versement d'argent violerait la limite de 21
millions d'euros permise pour une campagne présidentielle en France, les règles sur le financement
provenant de l'étranger de même que celles sur l'identification des donateurs.

M. Takieddine a ses propres démêlés avec la justice française: on le soupçonne d'avoir


illégalement financé la campagne présidentielle du candidat conservateur Édouard Balladur en 1995.

M. Sarkozy, quant à lui, a entretenu des relations complexes avec Mouammar Kadhafi. Une fois à
l'Élysée, en 2007, il a rapidement invité le dictateur libyen pour une visite d'État et l'a reçu à Paris
avec tous les honneurs. Quatre ans plus tard, la France de Sarkozy a joué un rôle de premier plan
dans les frappes aériennes menées par les forces de l'OTAN contre les troupes de Kadhafi, pour venir
en aide aux rebelles qui tentaient de renverser le dictateur.

Centres d'intérêt liés