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UNE ETUDE DES TOPONYMES DES GZENNAYA DU RIF:

INFORMATIONS ET ENSEIGNEMENT

1.—Introduction

Il est fort probable que l’intitulé de ce sujet d’étude, en l’occurrence ‘’ Une


étude des topnymes de la tribu des gzennaya : informations et enseignements
’’, peut susciter nombre d’interrogations, d’ailleurs tout à fait légitimes.

Essayons de lever le voile sur certains aspects de la problématique.

D’abord la notion de tribu doit etre appréhendée en tant que réalité historique,
et entité dynamique , dans la configuration tribale de la région et du pays par le
passé. Par ailleurs, l’entité en tant que telle, ne fut l’objet de réflexion que
d’une manière superficielle et sporadique, sauf quelques rares exceptions (
nous pensons ici à la monographie anthropologique de l’américain C. Coon sur
les gzennaya des années 30 du siècle dernier , non encore traduite de l’anglais
).

Les rares études académiques, toutes disciplines confondues, qui ont effleuré,
sous quelque aspect que ce soit la tribu des gzennaya du Rif, peut etre un motif
d’en couragement pour entamer un domaine aussi peu connu. Loin s’en faut,
nous croyons, qu’une approche par la toponymie des gzennaya du Rif, peut
etre une tentative de plus, perilleuse à première impression, mais l’aventure
aura au moins le mérite d’etre vécue quitte à en tirer le leçons qui s’imposent.
L’une des premières nouveautés qui méritent attention n’est que la toponymie
elle-meme.

Si les études et autres approches toponymiques n’ont pas encore acquis leur
lettre de noblesse , cela doit etre imputé , peut etre, à des raisons qui n’ont
rien avoir avec la valeur intrisèque de la discipline, ni avec les apports
dynamiques qu’elle peut générer.

Etant au carrefour de plusieurs disciplines, et un auxiliaire de bon nombre


d’entre elles, l’étude toponymique est doté avant tout dNn ’ un caractère
interdisciplinaire indéniable et fort prometteur. Ainsi, tout approche d’un
territoire habité, soit-elle, linguistique, culturelle, de géograhie humaine, de
géographie historique, sociologique, historique, archéologique etc ne peut faire
l’économie d’ un apport toponymique, et vis versa.

Comme sera relaté amplement par la suite, la tribu des gzennaya est l’exemple
type des tribus du Maroc, enclavée, ou rudesse de la nature montagnarde qui
se conjugue à d’autres facteurs, se voit etre reléguée à la marge comme tant
d’autres depuis des lustres, mise aussi aux oubliettes, une fois entre les mains
du protectorat dont les interets dictaient de mettre fin à l’ordre ancien, si non
victime d’un désinteret néfaste de la part du politique, et ce, vis-à-vis de tant
de choses, qui sont en rapport avec la promotion, économique,sociale,
culturelle, mémorielle, patrimoniale donc developpementale.

Il est vrai que l’ambition de ce projet s’annonce audacieuse. Pour ce, il faut
reconnaitre dès le départ que les dizaines de milliers de toponymes des
gzennaya quasiment de nature orale, et, ne peuvent etre collectés,répértoriés
et traités numériquement qu’au prix d’une mobilisation cnséquente de moyens
sophistiqués et colossaux. Nous allons emprunter, pour ce, un chemin et une
méthodologie autre, en adéquation avec les spécificités de notre propre
objectif et à la hauteur de nos modestes : ambitions, projet et moyens. Qui,
n’est autre que , recueillir des informations et renseignements de l’étude
topnymique de la tribu des gzennaya, dans les différents terroirs que nous
connaissons dèjà, et que nous pouvons visiter, suite à l’opération de sélection
à opérer dans les différents supports disponibles : les monographies officielles,
cartes, les rares actes des 3douls et de notaires, des publications et articles ou
chroniques en rapport avec la tribu qui recèlent une maigre récolte en
matérieau toponymique. Parmi les centaines qui ont fait l’objet d’une
présélection, de notre part, représentent les éléments bruts de la majorité
écrasente dont on dispose, nous sont pravenus par voie orale.

Nous avons opté, pour ainsi dire et donc faire, à constituer un corpus fort
réduit et très représentatif de la richesse, et de la nomenclature disponible, et
de ce qu’elle est suscéptible de représenter dans l’espace-temps, du monde
réel et perceptible par les sens ou du monde idéel tel que percu et construit et
conceptualisé par l’homme. Tout en mettant à profit nos propres moyens et
compétenses dont on dispose en étant issues d’un terroir du meme territoir
objet de l’étude. En dehors des critères de représentatitivité du matérieau
toponymique, la diponibilité des informations de différents ordres et en
profondeur, sur le site référé, est primordiale dans la séléction à opérer.
Autrement dit, l’importance et la valeur ‘’informationnelle’’ d’ un toponyme ou
de son référent est plus que souhaitable comparativement au degré de
représentativité dont il dispose.

Le tarifit , variété dialectale dominante et exclusive, qui englbe le parler des


gzennaya , de part sa place dans le paysage linguistique dans l’ensemble
amazigh , et les évolutions qu’ elle a vécu et subi, c’est un sujet incontournable
vue sa spécificité et surtout son role et sa fonction de réservoir et de véhicule
d’ autant d’expressions de faits culturels et sociaux passées. Il dispose pour
autant de lieux d’inercomprehension avec les autres dialectes, du moins au
niveau léxical, des fois, et d’une absence de celle-ci d’autres fois, quoique à un
degré mindre par le passé. Cela suscite des tentatives d’études comparatives
en s’appuiyant sur la documentation disponible.

La comparaison s’interessera aussi aux les éléments de léxique communs aux


différentes variétés dialectales, ainsi les toponymes généralement témoins des
parlers du passé communs et éparpillés sur les grands espaces de Tamezgha.
Cela est dicté par la continuité entre le nom commun et le nom propre, du
moins à cause de la transparence relative du matérieau toponymique soumis à
l’étude.

Vient par la suite, une nuance et distinction , entre ‘’ les toponymes d’une
région’’ , et ‘’ la toponymie d’une région ‘’ et leurs études respectives qui le
confirmeront, elle sera laissée de coté, tout en ayant en tete le risque de
certaines confusions ou amalgames. Néanmoins , notre étude touchera des
toponymes parsemés à travers les sous-tribus, douars, ikhsan etc. avec des
degrés de dispersion variés, et au gré de leur disponibilité tout en ayant les
qualités et caractéristiques requises.

L’ambition se fixe pour objectif, une étude d’une toponymie des gzennaya et
non pas , l’étude de la toponymie des gzennaya.

2.—toponymie et toponymes
La toponymie et l’anthroponymie constituent les deux branches de
l’onomastique, science dont l’objet est, l’étude du nom propre. Ce dernier,
depuis la nuit des temps, fut un des rapports de l’homme avec son
environnement, un rapport d’appréhension, de compréhension, d’affection,
d’appropriation etc….chez les grecs le nom propre était un objet de reflexion
philosophique, tandis que les différentes religions l’ont considéré une des
conditions de l’existence meme de vie humaine.

La toponymie , du moins en occident, n’a cmmencé à se constituer en tant


que discipline à part entière qu’ à partir du XVII.-Siècle, ses contours
conceptuels ont émergé et se sont clarifiés au milieu du XIXé.-Siècle.

En bref, si l’existence de nom propre remonte à la nuit des temps, et auquel ,


l’homme a attribué des fonctions et des statuts aussi variées que le permet la
culture en vogue dans l’espace et le temps bien détérminés , la toponymie,
quand à elle, n’a pris place et acquis le statuts de discipline autonome que
tardivement.

Du grec,’’topos’’ lieu et, ‘’onoma’’ nom,le toponyme revet d’autres appellations


telles : nom propre géographique, nom de lieu, nom propre toponymique etc.
La toponymie est définie à la fois , 1 )en compréhension : discipline qui étudie
l’origine, l’évolution et le sens des noms propres de lieu. 2 ) en extension :
l’étude de l’ensemble des toponymes d’un territoire.

Géographes, linguistes , historiens etc . se sont interessés à la toponymie à des


degrés différenciés , chacun depuis ses centres d’interet,dans le temps et dans
l’espace. Mais, d’autres discplines se sont vu, y etre impliquées, ce qui a
conféré le caractère interdisciplinaire aux études toponymiques, malgré que les
linguistes en revendiquent la paternité.

Sans vouloir les conditions et les causes qui auraient pu etre derrière
l’émergence de la science toponymique, les siècles ayant précédé la date de
son apparition , ont connu la floraison de la connaissance encyclopédique en
général à travers le développent de disciplines scientifiques et non scientifiques
qui ont été contemporains des premiers dictionnaires toponymiques. Cela était
accompagné et a coincidé avec l’expansion européenne à travers le monde ou
le contact avec les autres civilisations a eu lieu. Des disciplines se sont
affirmées matures telles, la linguistique, l’anthropologie, l’éthnologie, la
psychologie, l’histoire, la géographie, les sciences de la nature, les sciences
exactes , l’archéologie etc

En Afrique du Nord, les géographes, linguistes et historiens , du temps du


ptrotectorat , et par la suite, n’ont pas dérogé à la règle. Les travausx de Laoust,
C.De Foucauld, A. Basset, A. Bounfour, Azaykou etc ont ouvert l’appétit à de
futures études. Le matérieau étudié est généralement issu de supports écrits,
au gré des transcriptions des écrivains historiens, chroniqueurs, hommes de
lettres ou religieux compétents ou non en langue d‘origine des noms
propres.Quand à celui ( matérieau toponymique amazigh ) qui est largement
dominant et d’une richesse incommensurable et, par-dessus tout, non éxploité,
en demeurant, malheureusement, ou peut etre heureusement, l’apanage de
l’oralité.

Cela laisse entrevoir que toute tentative d’étude de la toponymie d’un


territoire en Afrique du Nord, ici en l’occurrences, la toponymie de la tribu des
gzennaya du Rif, implique , sans cnteste, des éclairages sur : la géographie,
l’histoire, la langue ou le dialecte etc qui participent à l’identitification et
l’analyse de l’entité dans sa globalité.

Avant d’entamer les éclairages utiles et nécessaires sur le territoire qui est
l’objet, ici, de l’approche toponymique, un aperçu plus approfondi sur la
science toponymique, ses caractéristiques, ses différentes applications, les
différentes catégories de toponymes etc tels que proposés par ses précurceurs
et certains continuateurs, mérite un détour.

La théorie du nom propre et particulièrement celle du nom propre


toponymique, s’est enrichit par l’apport de différentes disciplines connexes,
des différents travaux à caractère toponymique. Eclipsé pendant un certain
temps par les travaux de Saussure, qui a relegué la diachronie au second plan,
laissant la mainmise de la synchronie s’accparer des études linguistiques.
D’autres part , à l’instar de J. Stuart Mill, la théorie de démotivtion du nom
propre, sous l’impulsion du structuralisme en vogue, et des études des
différents études de langues européennes, le nom propre présentait comme
simple étiquette, donc démotivé. Le nom propre n’était pas admis comme une
cristalisation de son ancetre nom commun par un processus d’onymisation.
Les théories linguistiques, se sont vu influencées par la suite par les théories
évolutionnistes. La topnymie s’est enrichie ainsi en tant qu’approche et etude
des toponymes en diachronie aussi bien en synchronie ,en tant que supports
linguistiques.

L’évolutionnisme ayant interessé l’étude de tant de phénomènes et savoirs


etc.n’a pas manqué d’inspirer les phénomènes de langue entre autres. Ce qui a
débouché sur la notion de’’ variation’’, en étudiant la notion de variable
dialectale et toplectale dans l’espace-temps.

L’évolution des unités linguistiques constitutives des unités toponymiques est


un autre volet d’application linguistique en toponymie, adoptée par le courant
générativiste.

De part sa constitution, le toponyme doit etre, ainsi , soumis à l’autres logiques


exra-lnguistiques à savoir celles en rapport avec : le ‘’référent’’. L’étude
triadique ( signifiant, signifié, référent ) doit donc supplanter celle de langue qui
est binaire ou diadique ( signifiant, signifié ). Le référent d’origine physique,
concret, ou, idéelle, abstrait , soit-il est donc,un phénomène ou objet ,
d’histoire, de géographie, de géologie,de sociologie, de psychologie, de culture
etc. est à mettre en concurrence , et suceptible d’éclairer le toponyme dans sa
quete etymologique ou sémantique.

La richesse ‘’ référentielle’’ entre autres , a suggéré une catégorisation


toponymique qu’on peut limiter à la liste suivante :

Odonymes, oronymes,hydronymes, hagionymes,…

Les référents des uns et des autres sont considérés, ici, comme lieux de culte
ou de recueillement pour des raisons de croyances occultes ou conscientes,
d’autres sont des accidents ou formes topologiques, boisés ou non, cultivés ou
en jachère, peuvent etre soumis à l’exploitation de l’ homme : agriculture à sec
ou irriguée, chasse, source de bois à usage domestique, parcours de paturage,
etc. généralement de petite taille, connus par les seuls habitants du douar, et
qualifiés et aux quels on a attribué des apellations collés et sied à leurs
caractéristiques physiques ou autres, sous forme de microtoponymes.
A l’origine d’un baptème, un toponyme, peut etre de nature descriptive donc
motivé par les caractères topographiques, faunales ou florales des lieux. Il peut
crislatiser des évènements de l’histoire sociale des lieux.

On distinguera les toponymes opaques, ceux dont les indices détérminatifs,


signifiant, structure consonnantique et référent, ne divulguent rien à leur sujet
ou du moins vis-à-vis des connaissances en langue et au monde
extralinguistique du référent, ex : Boured ( chef lieu de commune de meme
nom, à l’Ouest de Gzennaya, et point de déclenchement de la résistance armée
le 02 Octobre 1955 ) selon Allati ne semble pas etre sujet de décodage ni au
plan étymolgique ni au plan sémantique. on peut citer aussi Aknoul ( centre
urbain), car les autochtones le désignent par Ichawyen une autre appellation
d’origine ethnique. Il y a les toponymes plus ou moins transparents . Ces
derniers manifestent une certaine convergence de signification, qui semble
s’opérer, entre les données linguistiques et les données référentielles,
synchroniquement, et meme au plan diachronique..

L’approche topnymique, entre objet et application :

Cerner l’étymolgie, l’évolution et la signification d’un toponyme d’une part, et


d’autre part étudier l’ensemble des toponymes d’un territoire, qui fait l’objet
meme de la topnymie, ne semble pas etre une mince tache.

La recherche étymologique, qui ne se confond pas nécessairement avec la


quete de sens ou de signification, doit faire appel à une documentation
conséquente, ce qui n’est pas necessairement disponible. Pour ce, on a
généralement recours des études comparatives interdialectales.

L’évolution en toponymie et de langue, soit au plan synchronique ou


diachronique, et pour les memes raisons cités auparavant, doit etre approchée
avec précaution. Au plan formel comme au plan sémantique, certains lexiques
et dictionnaires a entrées par racines, commencent à faire avancer les
recherches. Les comparaisons interdialectales semblent suppléer aux grands
besoins dans le domaine.

L’étude de l’ensemble des toponymes d’un territoire, demeure du moins très


difficile à réaliser, meme pour un terroir aussi réduit soit-il, et à tous les
échelons et étapes du projet, depuis la planification jusqu’à la synthèse
définitive des resultats , en passant par, l’étape de la cueillette, de la mise en
base de données, et ensuite les études qui s’en suivent en vue d’éxploitations
futures.

Si techniquement, l’étude d’un ensemble toponymique est synonyme de


l’impossible, à cela il faut adjoindre une autre difficulté et non des moindres,
celle de pouvoir remonter l’histoire d’un mot depuis son émérgence, de ses
supposés ancètres, décrire son processus évolutionnaire jusqu’à son statut
actuel. Tout en integrant les facteurs internes et externes en jeu, à tout celà.

De part leur application en différentes variétés dialectales, les familles lexicales


trouvent leurs unités se doter de valeurs sémantiques, nuancées par les
contextes des topolectes. Ils gardent pour autant une base lexicale commune,
assez fructueuse pour les applications toponymiques, ayant sévi à certaines
époques par le passé, et qui pourraient meme le fil évolutif de certains termes.

Le toponyme amazigh en général, celui ayant vu le jour et évolué au sein du


territoire de la tribu des gzennaya du Rif, en particulier, de part ses spécificités,
necessite une approche éxploratoire respectant et tenant compte des
dimensons liguistiques,sociales, géographiques et historiques.

3.—Eclairages géographiques et historiques sur la tribu ‘’Gzennaya’’ et son


territoire

3. 1. --Eléments de géographie :

Située dans le Rif central, à la limite Est du grand massif rifain, le teritoire des
gzennaya se caractérise par un relief accidenté. Kouyen l’une de ses sous
chaines culmine à plus de 1900 m , massif à l’image d’un château d’eau ou
commencent les ruissellements des petits ravins, en se multipliant débouchent
sur sur cinq bassins hydroliques d’inégale importance : Kert, Nkour, Msoun-
Moulouya, Innaouen-Sebou et Ouergha. En plus des sols diversifiés, et arrosé à
l’Ouest mieux qu’à l’Est, les vents de l’Est (Chergui) est moins clément que le
gharbi en été comme en hiver, sans oublier les influences marins du Nord et
atlasiens du sud

Il en resulte un couvert végétal très riche en plantes herbacées, annuelles et


persistantes, arbustes , forets de pin et principalement des chainaies
parsemées d’aubépinaies et autre génevrier. Un défrichement sauvage et
continue depuis toujours aura occasinné une mutation radicale des paysages
anciens dans territoire qui connait une forte densité de population a habitation
rurale et fortement parsemée, ou les petits centres urbains sont très récents.

3. 2. --Eléments d’histoire

L’occupation du territoire doit remonter très loin dans le temps. Mais si l’on
tient aux récits médiévaux ( Albakri et autres ) et post médiévaux ( ceux d-Ibn
Khaldoun et autres ), les gzennaya du Rif constituaient avec Ait Warieghel
l’épine dorsale de l’Imarat de Nkour, une rivalité ponctuait meme leur rapport,
autant elle fut le fer de lance de l’éxpansion vers le sud dans les Innaouen au
temps des Meghrawa, des Meknassa, avant, pendant et après les Idrissides. Ibn
Khaldoun et d’autres citent une origine Nefzaouie,et principalement zénète,
mélée à d’autres mouvements Senhajie du temps des Romains suivie de vagues
successives de ces derniers du temps des Amoravides auxquels ont succédé les
mouvements zénètes de l’Est au temps des Mérinides. Tous ont succédé à un
substrat très ancien de sédentaires assez proches des Ghomara de L’Ouest
consiérés de souche Masmoudie.

La toponymie des gzennaya ne semble pas contredire l’existence de ces strates


et influences. Mieux, la confédération tribale des gzennaya est constituée
d’une multi-éthnicité évidente, à l’instar des autres territoires du Rif.

Données territoriales,éthniques et sociales des gzennaya

A l’image de sa géographie gzennaya semble demeurer un rempart de


récalcitrants du moins des indisposés à communiquer entre eux, en arabe
dialectal. Contrairement aux autres tribus de souche amazigh , tels Meghrawa,
Meknassa et Branes au sud, Mernissa de l’Ouest qui sont devenus
arabophones. Pourtat, le bilinguisme subsiste , de part et d’autre, aux
frontières des tarifitophones.

Les tribus tarifitophones limitrophes des Igzennayen sont : Ait Ammart ( N-W ),
Ait Warieriegher ( N ), Ait Temsaman (N ), Ait Touzin ( N-E ), Ibdhalsen ( E)

L’anthropologue américain C.Coon maitre de David Hart a décrit la subdivision


tribale de la cofédération Gzennaya comme suit : ait 3li u3isa , ait 3aSem, Ait
M’hend, Imzdourar, Ait LouTa . l’histoire récente de l’épopée guerrière
vaillante des Igzennayen du 2 Octobre 1955, n’est que l’une des manifestation
résultants de tous les facteurs cités auparavant, parmi d’autres.

Un maillage administratif nouveau semble bousculer l’ancienne réalité.


Gzennaya est l’unique tribu tarifitophone à etre integrée dans une région éxtra-
rifaine Six communes rurales et une commune urbaine semblent se constituer
chacune de douars ayant adopté un souk hébdomadaire qui ne se confond pas
necessairement avec le chef-lieu des communes, dont les monographies
officielles éxistantes sont en deça des renseignements souhaités.

Quoique la gégraphie humaine attribue à la zone l’une des plus fortes densités
d’occupation du sol, l’émigration interne et externe est aussi très importante.
Ce qui présage de déséquilibres dangereux, qui affectent déjà une société
fragiisée motemment au plan identitaire,mémoriel causé par l’hémorragi des
flux humain qui vident le territoire physiquement et surtout au plan de la
culture et de la mémoire, à cause et en plus du tarissement des ressources
naturelles traditionnels.

Un pan de la mémoire autochtone risque de disparaitre à jamais.

La toponymie peut-elle contribuer à revivifier une partie du patrimoine


immatériel culturel et linguistique ?

4.—Etude toponymique

4.1.—Neceessité d’un corpus représentatif

Il n’est pas superflu, de rappeler que les fondements théoriques, et


considérations constitutives ayant été à l’origine de l’entité complexe qu’est le
toponyme eu égard aux strates historiques qu’il aurait traversé, participent à
l’apport et à la valeur globale et multidisciplinaire des informations et
renseignements que peut receler et fournir ce dernier . Et, par ricochet, un
corpus, soumis à l’analyse de ses éléments microstructurels des
microtoponymes individuellement, et à l’analyse globale de l’ensemble de la
macrostucture proposée tout en fournissant une étude conclusive.

En un mot c’est- le corpus- la clé de voute de tout l’édifice du travail en


élaboration.

Il est prétencieux, d’affirmer que la tache est, ou sera aisée. Autant dire dès le
départ que quelque soit la nature des unités toponymiques qui seront à la base
du corpus, ce dernier ne pourra générer que des resultats à la hauteur des
valeurs et spécificités intrisèques de ses constituants pris isolément, et en
globalité.

Plusieurs considérations, qu’il est fastidieux d’en expliciter ici les tenants et les
aboutissants, entrent en jeu. Néamoins, les choix de tout toponyme doit etre
fait sur la base de l’utilité optimale à tout les égards possibles. Concrètement ,
dans toute catégorie toponymique ou sous catégorie toponymique, on dispose
d’un panel de possibilités parmi les dizaines de milliers éxistants d’éléments
existants et donc parmi les centaines qui sont à notre portée , soit par ex. les
toponymes en Tawrirt, Ighzar, alma, …qui sont des sous catégories
toponymiques , chacun d’entre eux est le représentant d’une classe de
centaines de semblables dans un douar donc de dizaines de milliers à travers le
territoire tribal, une fois dotés de déterminant pour individualiser le toponyme
considéré. Autrement dit, le choix doit porter sur les unités toponymiques les
plus riches en informations variées à l’extensive et en profondeur, au plan
linguistique et extralinguistique.

4. 2. -- Catégories est sous catégories toponymiques et mobilisation des


ressources :

Sous catégories de l’hydronyme : ighzer >ighzaa ), tala ( tharaa), TiT ( theT ),


aghbal (>aghbar ), tasellia ( tasedjia ), alma ( arma ), talmat ( tharmat ), tanda (
thanda), agelmam ( ayermam ), anou( fém.tanout pl. anouten, tanoutin ), targa
( > taayaa , pl. taayiouine), ….
--Sous catégories de l’oronyme : adrar ( >adhraa ), tizi ( >thizi ), tawrirt (
thawreth), tagnit ( taynit ), dhar( dhaa ) , a3rour ( a3reu ), akharth ( akhaadh) ,
addar ( addaa), taghda ( thaghdha ), alma ( arma ), abadou ou badou ( badhou
), iggar ( iyyaa), ighir …

-- Sous catégories de l’hagionyme : Tamzguida( tamzyidha ), amrabedh,


tamrabeT, imedlane ( imedhrane ), …

-- Sous catégories de l’odonyme : abrid n…, tsawent, taysart.

Les moyens en notre possession sont très en deça de l’ampleur de la tache à


éxecuter, mais, pour atteindre les objectifs tracés, nous nous sommes attelés à
accomplir notre tache en exploitant au maximum ce dont nous diposons et ce
qui est à notre portée, pour cela, nous avons procédé à :

--Mettre à profit notre propre compétence de locuteur natif dans notre douar
Ibeqqriyene, et dans les autres douars environnants, au nombre d’une
douzaine qui font tous partie de la commune d’Ajdir.

--solliciter les services des personnes informatrices, instruites et ou agées,de


mon entourage , et d’ailleurs

--collecter le maximum de toponymes de mon douar et ceux des douars


environnants, et surtout ceux faisant partie de la commune d’Ajdir, tout en
étant très informé sur les référents et les lieux de collecte ;

--Elargir mon propre répértoire, lors de la tenue des souks hebdomadaires, des
toponymes des gzennaya, muni de renseignements sur les sites qu’ils
désignent, en vue d’un futur triage et éxploitation.

Tableau des catégories et quelques sous catégories toponymiques.

Catégorie sous catégorie variante équivalent français

Hydronyme -Ighzer ighzaa Rivière

-tala thara source

- aghbal aghbar source


- tanda thanda étang, mare

-Agelmam ayermam petit barrage,

-talmat, alma tarmat marécage

- anou,tanout anou puit

- tsellia thasedjia ruisselet

-targa

Oronyme Adrar adhraa montagne

Awrir, tawrirt awrea,thawreth colline

Ighir ighr élévation

Tizi thizi col

Tnikht thnikhth engorgement

Taghda thaghdha val

Dhar dhaa mont

Tagnit thaynit plateforme

Admar adhmaa façade

Addar addaa falaise

Ageddim ayeddim talus

Iggar iyyaa champs

Alma arma prairie

Hagionyme Tamzguida thamzydha mosquée


Amrabedh amrabedh saint

Imedlan imedhran tombeaux

4. 3.-- Modalités et choix des éléments constitutifs d’ un corpus

Comme signalé auparavant, et compte tenu de la thématique choisie, le but


visé consiste à étudier la toponymie et nom des lieux en vue d’ en extraire et
en déduire les informations et renseignements de tout ordre, linguistique,
sociolinguistiques, historiques, géographiques, socilogique, culturelles etc.

Cet objectif ne pourra etre atteint qu’en adoptant la methodologie et les


moyens appropriés, en l’occurrence la nature du contenu du corpus pertinents,
la méthode d’analyse et d’étude de ce dernier adéquats, et finalement la
synthèse qui s’en suit.

4.3.1.--Un corpus qui doit etre le reflet de la richesse toponymique du


territoire

La diversité des catégories et sous catégories des toponymes présents


dans le territoire concerné doivent etre clairement représentés , non
d’une façon aléatoire, mais doit tenir compte de la valeur symbolique, du
choix de la richesse et la valeur informationnelle que procure le
détérminant du toponyme aux plans biologique, historique, mémorielle,
géographique etc.

Tout en sachant qu’ une analyse de la toponymie d’un territoire comportant


des dizaines de milliers de toponymes, necessite des moyens des moyens
importants matériels, financiers, humains et surtout en cmpétences
intellectuelles.

Par ailleurs,un corpus toponymique tel que le notre, s’est vu etre constitué sur
la base d’un matérieau toponymique, puisé dans différentes sources : orale
principalement, écrite( panneaux signalétiques, actes notariaux, documents
administratifs etc. ) très représentatif de l’ensemble de la diversité catégorielle
et des divers régions de la tribu des gzennaya.
4.3. 2. --Critères de séléction pris en compte :

1) ampleur de l’espace représenté, et le degré de médiatisation, et la diffision


géographique du toponyme : microtoponymes et macrotoponymes

2) représentativité catégorielle : hydronyme, oronyme, hagionyme, d’origines


phytonymique, zoonymique ou évènementiels, etc.

3) représentativité aussi variée que possible de toutes les régions, des terroirs
boisés ou non, de labour ou non , et autres microsystèmes

4 ) originalité et richesse expressive de l’unité toponymique en synchronie et


en diachronie, et principalement la profondeur, l’originalité et lampleur
infomationnele escomptée de l’unité toponymique.

4.4. -- Approche analytique du toponyme

De prime abord, et en guise de propser une approche analytique idoine, eu


égard à notre thème d’étude, il nous est paru opportun de formuler un
distincion de fond et de forme entre le signe linguistique stricto-senso et le
signe linguistique toponymique, qu’on qualifie de toponyme ou nom propre
toponymique.

Le strucuralisme de De Saussure définit , le signe linguistique ‘’s’’ comme


étant constiué, d’un signifiant ‘’sa’’ et d’un signifié ‘’sé’’, un toponymie se voit
etre doté d’un troisième constituant : le référent ‘’r’’. On passe ainsi du
diadique au triadique. L’unité linguistique ou léxicale est,ains, différente
radicalement de l’unité toponymique.

De ce fait, le toponyme qui fut à l’ origine un nom commun donc un élément de


langue, qui représentait une classe d’entités, decelables à partir de tès peu
d’informations. Une fois fixé à une entité perceptible elle cumule d’autres
caractéristiques et informations nouvelles, avec le temps et les populations qui
l’epreignentselon les contexte ambiant qui peut lui insuffler une autre vie peut
etre meme un autre sens d’existence, du moins un cumul d’informations.

Il sera procédé , selon les cas, à :

--déterminer les coordonnées administraifs ou autres du référent,


--ensuite à décrire l’entité topologique , ses carastériques saillantes et des
éléments de mémoire disponibles à caractères naturels ou anthropiques
susceptibles d’éclairer le référent ,

--enfin à étayer les élément d’ une analyse linguistique de l’expression


toponymique.

L’anlyse linguistique proprement dite prendra en charge, et aura pour objet,


tous les aspects, y compris les dimensions synchroniques et diachroniques, en
rapport avec le vocabulaire usité par les autochtones.

Des comparaisons avec les parlers d’autres dialectes, auront lieu, en


s’appuiyant sur, et par le biais des divers lexiques, tout en mettant en lumière
les memes toponymes appliqués à plusieurs référents, dans d’autres aires du
territoire tribal, ainsi que sur d’autres contrées de Tamazgha ou à valeurs
référentiels distincts en un meme endroit ( voir TaRMaST, vallée, variété
florale, col, école, Oued, localité ) seront de mise.

Tableau de certains phonèmes , et leur allophone correspondant , selon


l’emplacement dans le mot en tarifit, en des exemples.

Pan amazigh tarifit Equivalent français

l r

awal, iles, alma awar, ires, arma mot, langue,pré

ll

tallest, afullus, imlulli tadjest,afudjus,imrudji obscurité,

Poussin,retourné

r allongement vocalique

Amghar, tasirt, amghaa,taseat chef, Moulin

yt

tamazzayt, tamazzacht
g

gagnit, iggar, agmir taynit, iyyaa, aym ea plateforme,

Champ,frontière

lt

tamellalt, taboqalt, Mlilt tamdjatch,taboqatch, Mritch oeuf,bocal,

Melilla

tuzzalt tuzzatch coutelas

5 . ---Etude et analyse des éléments du corpus

1/ Tizi Usli ( thizi usri ),

chef lieu de la comune de meme nom, entre Taza et Alhuceima.

Composé de ‘’tizi’’( déterminé ), qui est à la fois passage entre deux


versants d’une montagne, et aisé d’accès donc col entre deux elévations, et de
’’usli’’ = u(de) + asli ou isli ( pierre plate ), qui constitue le détérminant du
toponyme, l’individualisant parmi la multitude de cols environnants.

Isli n’est plus usité actuellement en tarifit. Mais en tahaggart il subsiste


toujours. Par contre d’autres toponymes en ‘’isli’’ sont fréquents dans
Gzennaya tels : Bou Isli, douar tout près, Tasliouine, Ighzer N Tasliouine ( connu
pour ses pierres plates dan son lit)…

Cette hypothèse est plus défendable, que celle qui fait correspondre ‘’isli’’ à
fiancé qui omet l’enquete du terrain ou on peut constater que la
dénomination‘’Azrou’’ du douar dominant ‘’Tizi Usli’’ est une actualisation de
‘’isli’’

Tisila/tisira, Tasili ,….d’autres termes ou mots apparentés/ derivés susistent en


tarifit ou en d’autres variantes amazighes ou sous forme de toponymes
2 / Ajdir / Agadir ( ajdea ),

chef lieu de la commune de meme nom, que certains vieillards appellent


toujours ‘’ Tizi N Teghza ‘’

Si au plan sémantique tout le monde s’accorde à ce que l’étymologie se


rapporte à un grenier collectif, qu’on retrouve généralement dans des falaises
ou lieux inaccessibles, la cuvette d’Ajdir ne manque pas de reliefs accidenté . Et
ce pour la relation référent- signifié.

Quand au rapport signifiant – signifié, on peut y déceler une dérivation par


préfixation de ‘’addar’’

Ajdir < aj/ag (élévation, en haut,…) + Addar ( mur, falaise )

Meme si l’analyse suggère une dimension diachronique, il semble que les deux
resultats convergent

3 / Aswir , aswil

dans certaines variétés. C’est un plateau dans le territoire de Tinemlal et Hibel


deux douars dela commune d’Ajdir ………….., qui est sorti de l’anonymat pour le
grand public, car il fut pendant la guerre de libération, en 1955, un lieu de
rassemblement pour les membres de l’armée de libération nationale ( ALN) à
cette époque ; car , étant, ptateau en montagne difficile d’accès pour
l’ennemi…le caractère plat semble le plus pertinent, un second semble
l’accompagner la dureté ou la solidité qui convient aux roches plates et lisses…

Eséouel, en tahaggart, se dit d’un plateau surélevé et dur

Aswir signifie niveau selon certains lexiques et dictionnaires Tamazight –


Français, adopté en néoamazigh en tant que tel..

4 / Adrar N Bayyou,

C’ est une montagne qui surplombe du coté nord la cuvette d’Ajdir, et du coté
est la vallée ou Aghzar N Bayyou, la partie en amont de Oued Nkour.
Adrar N Bayyou < Adrar ( montagne ) + N (de) + Bayyou ( brumeux )

Quoique, la brume, le brouillard, la fumée se confondent dans certains


dialectes, à l’époque contemporaine , pour notre cas les lieux ou le brouillard
persiste le plus c’est sur Adrar N Bayyou et Aghzar N Bayyou.

Il faut signaler que le dimunitif ‘’tayyout’’est très courant ainsi que la


dénomination ‘’Boutayyout’’.

Ailleurs ayyou est articulé aggou .

Adraa Mbayyou / Ighzaa Mbayyou est la réalisation effective des autochtones


qui est loin de faciliter la tache pour un étranger au terroir

A titre de comparaison avec un autre microtoponyme , dans les parages : Iyyar/


Igar N Uyyou, lit . champ de brouillard, le determinant N Uyyou, semble ne
pas poser de problème contrairement cas du toponyme Adrar N Bayyou ou
‘’n’’ de liaison est aussi d’appartenance au brumeux et non à de la brume.

5 / Tala Udmam ( Thara Udhmam )

Réferent : il s’agit d’une source d’eau située dans une obépinaie elle-même
cernée par des chainaies dans la massif de Kouyen( chouyen ) qui surplombe
d’une part, la vallée d’Ajdir du coté Sud-Est, Aknoul du coté Nord-West.

L’aubépine était très prisée, pour la constuction des toitures de maison, et


principalement ‘’asatur’’, la longue transversale qui atteint plusieurs metres,
caractéristique de l’aubépine.

Au plan liguistique : Tala Udmam < Tala ( source ) + U(de) + Admam ( aubépine
), lit. ‘’source de l’aubépine’’. Tala étant le détérminé , Udmam c’est Admam à l’
état d’annexion qui représent e le détérminant qui individualise la dite source
pami d’autres

6 / Sidi 3li Boureqba ( Sidhi 3ri Boaqba )


Boureqba est la traduction de Bouighir, qui véhicule le sens de protecteur, le
responsable…

7 / Tala tazeggwaght ( réalisée : thara thazeggwakhth, lit. Source rouge )

La sonore gh s’est assourdie en kh ayant été contaminée par


sourde t qui s’est spirantisée en th, tout en accentuant le phénomène.

Hydronyme dont la morphologie révèle que le second terme ( adjectif )


spécifie le générique tala.

Sise au douar acht tara thazeggwakht, à 3km à l’Est d’Ajdir ,chef lieu de la
commune de meme nom.

En somme la couleur rougeatre attribuée à la source , de part la couleur du


dépôt rougeatre laissé par l’eau sur la roche, rappelle ses vertus curatives
d’une part, et d’autre part la structure du sous-sol

De thara thazeggwakht on est passé à 3in Hamra qu’on essayé de


rebaptiser 3in Arrahma depuis 1958, que les autochtones ne semblent pas
vouloir adopter. La premiére semble s’imposer localement, la seconde l’est
dant le reste du territoire auprès des arabophones.

8 / TaRMaSt ( ThaaMaSth )

Référent : c’est un site qui se trouve à l’extreme sud de la tribu des gzennaya,
à cheval avec Meknassa achcharqia ( tribu ). On y atteste aussi, Tizi N Tarmast,
Ighzer N Tarmast, et la toute récente Tinmelt N Tarmast. Sa valeur
multiréférencielle dénote d’une origine phytonomique certaine qui s’est
imposé le premier ; la vallée en question est sillonnée par un ighzer qui
continue vers le sud pour rejoindre l’Innaouen .Le sol y est doté d’un haut
degré de salinité, ce qui explique la qualité du cheptel très prisé par les
agriculteurs.

Au plan lexical :
1 ) Armas = arroche, dans un lexique arabe- bebere du Xie siecle d’Ibn Tunart
tel que relaté par Nico van den Boogert dans ‘’La revelation des énigmes’’.

2 ) Arroche = Armas, selon une entrée du dictionnaire de Ali Amanis( 2012 )

9 / Ibouzichitene ( Ibouzichithene )

C’est un toponyme, nom d’un douar, au nord de la commune d’Ajdir,


d’origine ethnonymique. Le singulier est ubouzichi pour les locuteurs natifs, ou
l’etat d’annexion rappelle l’appartenance à une communauté ( Ibouzichitene ).

La racine zk semble suggérer le terme zik réalisé en tarifit zich qui signifie :
ancien, tot, …

On serait meme tenté à considérer leurs aieux comme parmi les premiers
occupants des lieux, surtout , à en croire des objets d’ artisanat sur lesquels
subsistent des symboles amazighes, en leur possession, dont ils prétendent
qu’ils sont de fabrication autochtone.

10 / Aferzaz ( Afaazaz )

Référent : c’est un douar situé à l’extreme Ouest des Gzennaya, à la


frontière avec Mernissa, Imernissen ( Imaanissen ), tribu amazighe arabisée, qui
semble etre à l’origine d’innombrables anthroponymes’’ Fizazi’’, dont les
porteurs se reconnaissent en Rifains

Cette dénomination provient du nom de la plante Aferzaz ( afaazaz ) ou


‘’coloquinte’’ assez répandue dans le terroir.

11 / Ika3bounene

C’est le nom d’une localité (douar)à la frontiére entre Imernissen et


Igzennayen.

De singulier Ake3boun qui provient de Ak3ab( Ach3ab ) qui signifie renard.


Plusieurs familles des gzennaya de Tanger et d’ailleurs portant ce nom
affirment que leurs ancetres leur ont légué de mémoire leur appartenance de
souche à ce terroir.

12 / Taghilast ( Thaghirasth )

Référent : c’est un douar à quelques kilometres à l’Est de Tizi Ousli,


actuellement entièrement déboisé.

Taghilast = panthère, masc. Aghilas = léopard,guépard

13 / Tiddas ( Thiddas )

Référent : relativement connu auprès des douars de la commune d’Ajdir,


c’est un site du douar Ikhoulalyen ( Ikhouanen ), peut etre connu pour ou à
cause de son moulin à eau, Thsirt N Uaman N Thiddas

C’est un toponyme qui doit remonter assez loins car la date de


l’occupation ancienne des lieux , semble le confirmer, toute en étant enclavé.
Toponyme assez présent en Afrique du Nord. Le plus présent est la commune
de Tiddas dans la province de Khémissat. On prétend que la multitude de
collines les unes près des autres est à l’origine de la dénomination.

Au plan linguistique, l’étymologie ou le sens de Tiddas est sujet à


controverse. Si la racine bilitère en d et s semble suggérer, entre autres pour’’
edes’’ : proximité, rapprochement, arrangement, cote à cote, stratagème, …., la
motivation originale pour chacun d’eux est difficile à délimiter au regard de
l’absence de documentation. L’étymologie populaire ne manque pas.

14 / Talmat Ufeqqus ( Tarmat Ufeqqus )

Referent : il s’agit d’un espace relativement accidenté, que départagent des


exploitants agricoles de deux douars limitrophes, à 4 km à l’Ouest d’Ajdir, qui
semble avoir été humide par le passé, comme tant d’autres tilmatines et
almaten des environs
Au plan linguistique c’est un toponyme composé d’un générique/ détérminant
féminin ‘’ Talmat’’ de masculin alma ( champ, humide par le passé peut etre
meme faiblement marécageux ) ‘’Ufeqqus’’ c’est le détérminant dans sa forme
d’état d’annéxion, ‘’afeqqus ‘’ en tarifit ( S, p.104 ) avec ‘’ tafeqqust’’ pl.
‘’tifeqqas’’ est une variété de concombre. Une autre hypothèse proposée :
motte , en prlers du moyen Atlas (Ali Amanis, 2014 )

15 / Ifri N Tamza,( Ifri N Thamza ) ( z emphatique )

est un toponyme à référents multiples, nous avons attesté l’existence de deux,


l’un à Inahnahen et le second à Ihrouchen ( douars )

Ifri ( grotte, vaverne ) le détérminé ,’’ N Tamza’’ le détérminant, du toponyme


qu’on traduit par : la grotte de l’ogresse

16 / Ighzer N Tnikht ( Ighzaa N Thnikht )

Référent : c’est la partie en amont d’une rivière qui prend source dans le massif
de Kouyen sur son flanc Nord, tout en se dirigent vers l’ Ouest et, qui descend
une pente raide pour rejoindre Ighzar Ulili, près de l’école Inahnahen. Dans
cette portion notre aghzar passe au milieu de hautes falaises, qui forment des
couloirs descendants, il y a meme une vallée ‘’ thnikht’’ qui porte le meme
nom.

N Tnikht < N Tnight est le détérminant du toponyme composé, qui fait


référence à l’ autre toponyme : ‘’Tnight ( Tnikht ) ‘’, lieu engorgé, passage très
étroit.

En tarifit, comme en d’autres variantes, on a des temes qui se rapprochent de


la notion d’engorgement,d’étouffement, de couloir Etc. tels : ennagh,
ennough, eghi, tnaghit, negh, ineq,…
17 / Ighzer Ulili ( Ighzaa Uriri )

Référent tel que décrit supra. Il est connu pour avoir un lit et ses bords touffus,
à plusieurs endroits, de laurier ( alili ), il rejoint comme tant d’autres affluents,
à l’amont, en extreme Nord- Est, du bassin de Ouargha, Ighzer N Boured
ensuite Ouargha, via Imarnissen ( Marnissa ).

L’hydronyme Ighzer Ulili, est constitué du générique Ighzer, et du spécifique N


Ulili qui correspond à : Rivière Du Laurier

18 / Tighzratin ( Thighzrathin ) pour les autochtones,

Oued tighzratin selon un panneau signalétique aux abords d’Aknoul….

Les Référents qualifiés de ‘’Tighzratin’’ sont attestés en plusieurs recoins de


Gzennaya et aillleurs. Tighzert est son singulier, exprime le dimunitif de Ighzer (
petite rivière, ruisseau )

La vallée de Tighzratin ( à titre d’exemple ) à laquelle on a attribué une semi


arabisation ‘’Oued Tighzratin’’ rejoint ‘’Ighzar Ichawiyen’’, lui-même une
portion de l’affluent rifain de la Moulouya à savoir : Ighzer N Msoun du bassin
de cette dernière et qui longe la frontière Est avec Metalsa dans le sens Nord-
Sud.

19 / Tawrirt (N) Uborkhes ( Thawraeth UboakhS )

Référent: il s’agit d’une collinen du douar Ibeqriyene

C’est un toponyme compose d’un determiné qui représente la topographie des


lieux ( colline ), et le détérminant est le terme en état d’annexion ( Uborkhes ),
précédé de la particule de liaison N ; aburkhes = criquet, sauterelle .

20 / TiZeGGa ( ThiZeGGa ), Z et G emphatiques


Référent : c’est un site à 5km à l’Ouest d’Ajdir à gauche de la route
secondaire Ajdir – Boured. C’est un groupement d’habitations flanqué au
versant Nord d’une petite montagne. C’est le premier groupe d’habitation
qu’on rencontre sur une route pietonne très ancienne en passant par
Iharchriyene, Iharrasene, ou Ibeqqryene, en provenance d’Ajdir.

TiSGa, tiZGa, TiZeGGa,….au plan léxical, c’est un flanc, c’est aussi le mur
d’accueil de l’entrée d’une maison. La caractère d’élévation semble inclu dans
le cotenu de la déscription adoptée, que l’exposition à des phénomènes
externes.

21 / Talmest ( Tharmest ), l >r, l et r non emphatiques

Référent : c’est un douar au Nord-Ouest de la commune d’Ajdir, doté de


ressources en eau.

Au plan léxical, Talmest ( pl. Tilemsin ) de masculin ou augmentatif


‘’almas’’ signifie : point drainant l’eau…

Plusieurs toponymes, de meme strucure consonnantique, sont attestés à


travers Tamazgha, dont les sites sont généralement humides, tels : Almis
Guigou, Tilemcen etc.

22 / Tachtiouine ( Thachthiouine )

Référent : c’est une chainaie assez particulière, de type chene-zeen, pour


la qualité de son feuillage et son fruit prisé pour la consommation du cheptel.
Situé dans le massif de Kouyene entre Ait Malal ( douar ) et Inahnahen

Tachtiouine, connu aussi sous forme singulier tacht ou tachta, est une
variété de chaine vert, attestée dans le moyen et le haut Atlas marocain, ainsi
qu’en Atlas Blidéen en Algérie.

23 / Tazmayt ( thaZmachth )

Référent : c’st une localité à proximité de la source Tala tazeggwakht du


coté nord, il ya meme une foret du nom de htazemmachth
De racine la bilitère ZM, de verbe primaire iZem, pressurer, serrer, faire
une accolade, bien nouer etc. Azmummi c’est serrer les lèvres, en guise de
sourire ou de faire la grimace

Azmay = jonc…au moyen age, selon le lexique d’Ibn Tunart. C’est aussi une
plante qui sert à confectionner des paniers selon d’autres sources.

24 / tsaft Imedlan ( thsafth Imedhrane )

Réfférent : c’est un site situé au sein de dchar Ibeqqriyen, à environs 4km à

l’Ouest d’Ajdir . Un cimetière est toujours à cet emplacement, mais point de

chene.

Au plan morphologique, c’est unmot composé de tsaft le détérminé, et de

imedlan le détérminant, qui supplanté n imedlan ( sing.amdel ). Les anciens

attestent ainsi, l’éxistence par le passé de plusieurs arbres de chene vert

dans les parages, tout en désignant l’un d’entre eux par ce qui le distingue

des autres à savoir sa proximité des tombeaux qui sont toujours là, le chene

ayant disparu.

Tsaft Imedlan = le chene des tombeaux

Ce toponyme est devenu, alors, un document historique, qui restitue une

réalité et une mémoire révolues. L’intervention de l’homme ou des

conditions climatiques ont fait changé le paysage, à tel point que le référent
a évolué, ce qui n’est pas le cas du toponyme/ signifiant qui véhicule

toujours le meme signifié d’antan.

25 / Addar ( Addaa )

Référent : sis au dchar ( douar ) Ibeqqriyen à 4 km à l’Ouest d’Ajdir. Lieu

se présentant sous forme d’une falaise ou d’un préciipice constitué de

roches.

Dar, dir en amazigh synchronique comme en diachronie est un morphème

léxical, qui entre dans la constitution d’autres toponymes tels : Agadir, Ajdir,

Rusaddir ( Melilla, Mritch < Mlilt ).

En langue il véhicule, selon les contrées de l’Afrique du Nord, les

significations , mur, muraille, élévation imposante à forte déclivité, précipice,

falaise etc. on attribue à la la forme addur le contenu de puissance, de force

dans certain variétés dialectales telle tachlhit.

26 / Tisegdelt ( Tiseydetch )

Référent : c’est un des terroir des gzennaya très enclavé en haute

montagne du massif Kouyène. Malal, Inahnahene, Aferzaz trois des dchoura

( douars ) qui le cernent, en en plus des forets et accidents géographiques

hostiles. Il s’offre comme une fortification naturelle à son approche ,


entouré de ravins s et de rovières à eau perenne que les habitants

considèrent comme un atout pour une vie à l’écart.

Tisegdelt est une forme dérivée de la factitive asegdal, car le morphème

discontinu t…t, semble etre un dimunitif. Asegdal, forme d’état lui aussi

dérivé de : agdal auquel on attribue généraleentle sens de lieu, paturage,

propriété gardée, privée, interdite d’accès etc. Le meme raisonnement peut

etre appliqué à agdal , tout en remarquant que le thèe verbal renvoie à :

couvrir, protégér…

Certains lexiques et dictionnaires amazighes et autres études

léxicologique suggèrent : fortification naturelle ou artificielle.

Il est des toponymes dont les caractéristiques de la forme linguistique et /

ou du référent lui-même

Ils semblent avoir un prenté assez proche, entre eux, tels : Ait Syder < Ait

Sydel < Ait Segdel ( tribu de la confédération des Ql3ia, meme ql3ia de qel3a

ne semble pas étrangère à la notion de ‘’ fortification’’ ), Tisegdelt est un

camps militaire établi au temps des Almoravides, sur une petite motagne,

difficle d’accès, à 12 km à l’Ouest de Sijilmassa. Les Igdulen des cités

impériales….

27 / Wawglint ( Wawiyrint )
Référent : c’est un lieu aux confins des dchoura ( douars ) , Tamjount,

Ibeqriyene, et La3zib d’Inahnahene, à 6 km à l’Est de Boured , chef lieu de la

commune rurale de meme nom…, et à proximité d’un autre champs du nom

de Iyyar N Uyyou ( Iggar N Uggou ) cité supra. On y cultive des arbres

fruitiers tels : figuiers, amendiers, oliviers et surtout la vigne . Dans un

espace éxposé aux différents courants d’air et intempéries…

L’expression toponyique wawylint en parler autochtone, ou wawglint (

wa + ugel + en +t ), est constituée ainsi de : wa, particule de négation, et de

uglint du verbe ugel, pendre ou suspendre, verbe tr/intr, à l’accompli négatif

de la 3eme pers. du pluriel, avec la particule t qui remplace le fruit… dont la

traduction littérale : ils n’ont pas suspendu lui. C’est une expression

toujours d’usage dans les parages, pour signifier, le fait, que les arbres

fruitiers ne fourniraient qu’une faible récolte.

Cela n’est pas en contradiction avec certaines données du terroir, entre

autres, la fréquence du brouillard, que signale, meme, un toponyme de

proximité : Iggar N Uggou.

28 / Tamzguida N Unduf ( Thamzyidha N Unduf

Référent : il s’agit d’une mosquée sise au flanc d’une montagne de meme nom,
dont l’accès est rendu impossibble par une falaise. Actuellement, il n’en reste
que de faibles éparses. La mémoire locale toutes sensibilités confondues la cite
comme s’il s’agit d’une réalité vivante. Mieux, les portugais,raconte-t-on, y
auraient élu domicile, ce qui suggère l’usage des lieux en tant que sentinelle.

L’analyse du terme andouf, semble aller dans le meme sens .

Andouf est une montagne imposante( altitude environs 1500 m), elle domine
un panorama Est-Ouest en flanc Nord. La communauté alentour, s’en est servie
, appremment par le passé, pour sa sécurité, sa défense, et peut etre meme
pour la garde des biens vitaux.

Rares sont les douars qui ne disposent pas de mont du nom Andouf. A titre
indcatif, Andouf est attesté à : Boured, Inahnahen, Ikhoulalyene, à coté de Tizi
Ousli, chez les Ait M’Hend et en tant que station météo faisant partie de la
province de Nador( Signalée dans la toile ).

Andaf, Andouf, Tindouf, Tindaf sont attestés à travers Tamazgha, spécifiant la


fonction des lieux ou de ses locatairs, et non une description des lieux qui peut
etre déduite, à l’image de Agadir et Tisegdelt dont la fonction sociale fait
évacuer ou occulte la description des lieux..

Analyse linguistique :

Tamezguida N Undouf, à l’instar des autres hagionymes en Tamezguida, est un


toponyme composé, individualisé par le détérminant N Undouf. Le spécifique
N Undouf est relatif au lieu de la mosquée, et non pas à une personne comme
c’est la cas pour les marabouts.

Anduf en état d’annexion devient unduf, semble inusité de nos jours en tarifit.
Il semble avoir subi une évolution difficile à suivre ses méandres et péripéties.

/ df/ ou /Tf/ une racine dont le verbe primaire est Ttef, aux sens de : prendre,
attrapper, garder, saisir, détenir….udhuf, en tarifit, c’est l’action de mintenir, de
détenir, de garder, de prendre soin, s’accapparer ….

Si dans d’autres contrées de tamazgha, tel que dans le sud Maroc et en Algérie
également, andaf, adaf, tidaf,…véhiculent les sesns de : sentinelle, garde,
salaire de garde,etc. les dérivations synchroniques et diachroniques peuvent
suggérer l’analyse de ‘’anduf’’ en terme, action , lieu, ou personne de garde
par un préfixe en am , en contact avec d s’est transformé en n : amduf> anduf ,
comme c’est le cas de tamda > tanda ( mare, étang )
Anduf pourrait avoir come correspondants : lieu de garde, garde, sentinelle,
observatoire. L’existence d’une mosquée dans les parages, dénote non
seulement d’ une identification de la mosquée, mais aussi e l’existence
d’habitations qui ont disparus avec le temps coe se fut le cas pour l’existence
éphémère de la mosquée…

29 / Afras Aqechchar ( Afras Aqechchaa )

Référent : c’est un flan de mntagne dans le massif de Kouyen situé à 10 Km


au sud d’Ajdir, c’est une parcelle entièrement déboisée.

C’est un toponyme composé. le générique afras est très fréquent et présent,


car, comme son l’indique, c’est un espace défriché, du verbe fres , enlever le
couvert végétal pour faire apparaitre les traits et les détails derrière. Le
détérminant aqechchar qui est un terme arabe, n’est qu’un doublet ou une
confirmation du détérminé de souche amazigh.

6 . ---Conclusions et remarques conclusives

1 .—comme cela a été suggéré supra, les macrotoponymes, relèvent de


la catégorie des plus connus auprès du public, des gzennaya ou d’ailleurs ou
représentant de grandes régions de la tribu. Il est évident que le partage en
territoires communaux de la tribu, opéré récemment, aurai respecté
approximativement les anciennes divisions sous –tribales, qui correspondent
presque aux regroupements de souks hebdomadaires en place qui se sont vue
se transformer en chefs lieux de communes.

Ces toponymes très médiatisés et ancrés en mémoire sont tous ou presque,


des coquilles vides de sens pour le grand public, si on les aurait doté d’un sens
très approximatif que peut suggérer l’etat actuel de culture et langue. Les cinq
chefs lieux des sept communes et leur correspondant marché hebdomadaire
sont : Tizi Usli ( lundu ), Ajdir ( jeudi ), Jbarna ( dimanche ), Aknoul ( mardi ), Sidi
3li Boureqba ( jeudi, Boureqba est la traducion de Bou Ighir . l’ancien
emplacement est LkhmisN Tasthit tout proche ), Boured ( mercredi ), Gzennaya
Al Janoubia ( samedi, recemment créee en remplacement à Seft N Malal ).
Nous avons pris en compte, ici comme ailleurs, ceux qui se pretent à moins de
confusion et qui ont été l’objet d’étude, et dont la signification concorde avec
les caractéristiques des lieux en question.

D’autres macrotoponymes tels : Tala Tazeggakht, quoique elle est d’une


transparence incontestable, sa création spontanée car d’origine populaire
semble s’affirmer malgré la concurrence symbolique de Ain Arrahma et de Ain
Al Hamra…

Aswil, largement médiatisé depuis les évènements du triangle de la mort, car il


fut un lieu sur , stratégique, difficile d’accès et défendable, un lieu de
rassemblement de ravitaillement pour les éléments de l’ALN ( armée de
libération ntionale ). Si aswil ou aswir n’évoque pas grand-chose auprés des
autochtones en tant que terme, il est désormais , inséparable de la mémoire
des hauts faits d’armes , qui fait la fierté des habitants et fait partie de la
mémoire collective en tant que symbole de bravour et de patriotisme dont ils
s’enorgueillent, qui risque d’évincer l’ancienne signification de la dénomination
à caractère descriptif.

Ces macrotoponymes, semblent avoir hérité d’un cumul symbolique de


l’histoire sociale, économique et organisationnelle de la tribu, qu’il faut
défricher dont la tache incombe à d’autres études …

2. – les microtoponymes et les toponymes à diffusion géographique


limitée, sont relativement plus transparents, mais soumis,surtout au plan
formel, aux aléas du temps, d’assimiltions diverses de la variété dialectale de
tarifite, au point qu’ils deviennent parfois indéchiffrables si on n’ est pas
suffisamment outillés pour accomplir de telles taches.

Ils sont tous de souche amazigh, toute catégories confondues éxception faite
de quelques hagionymes en Sidi…, d’une existence éphémère, car désignant
des lieux désertés depuis une longue date . Si les mosquées et autres lieux à
caractère sacré, ou connaissant des pratiques rituelles ont toujours existé
surtout depuis les Almoravides, les Imrabdhen ont vu leur nombre se multiplier
et, l’ apparition d’un fort contigent semble coincider avec la venue du XVII
eme siècle , qui marque la fin des Bani wettas d’origine autochtone, les
derniers refoulements de maures d’Al Andalus, les premieres incursions des
portugais, et la montée des dynasties chérifiennes…
On y trouve des nom propres toponymiques d’origines diversifiés surtout de
part leur détérminant : anthroponymiques, ex. Ike3bounene, Ibouzichithene,
etc., ceux dont l’étymologie ou origine semble etre , animale , florale,
événementielle etc., comme elle peuvent etre de nature hydronymique,
oronymique, dont le spécifique ou détérminant peut etre phytonymique,
zoonymique, géologique ou autre.

Les hagionymes revetent une richesse informationnelle certaine autant que des
témoins de faits divers, car ce sont des toponymes dont les référents se situent
généralement à certains points stratégiques des terroirs occupés par les
communautés humaines elles se distinguent par: proximité , éxistence de
source d’eau, cimetiéres, lieu de communion etc. la comparaison entre entre
les lieux de leur implantation actuelle et passées ( cimetières, mosquées, saints
) fournissent des renseignements interessants sur les mouvements internes de
populations ainsi que sur les changements de paysages.

Les oronymes , si l’on excepte le terme tizi, ne sont pas visibles dans le corpus.
En réalité, abrid, asawen, tasawent, aysar, taysart devraient figurer en tant que
noms génériques. Peut etre que la multiplicité des sentiers à l’image de adrar
qui se fait rare lui aussi rare dans le corpus, révèle plutot un réalité de taille :
dans le Rif , en général, les habitation sont rarement groupées. C’est une raison
de taille de la multiplication des sentiers qui relient les maisons, et pour
indiquer un chemin on communique par : abrid n, taysaet n, etc. Et,
vraisemblablement, c’est chiffre éffrené des chemins, que les autochtones se
sont trouvés dans l’impossibilité d’inventer et d’octroyer une multitude de
dénomnations qu’il est impossible de garder en mémoire donc inutile pour la
communication.

Les toponymes qui ne reflétent pas les caractéristiques de leur référent


respectif, et qui sont très significatifs au plan sémantique, sont très nombreux.
Ce sont donc des toponymes transparents mais ne disposent pas d’ une
motivation immédiate, et qui demeure manquante, c’est le cas par exemple
de : Tasaft Imedlan, le lieu indiqué est attesté par le contenu du détérminant
de notre toponyme, mais le détérminé ‘’ tasaft’’ a disparu. Là, la valeur du
toponyme est précieuse à l’image d’un document historique, témoins dans
notre cas d’une réalité florale, un chene vert qui fut identifié parmi tant
d’autres en étant proche des tombeaux. On dédut alors l’existence d’une foret,
qu’aurait fait disparaitre l’exloitation effrénée d’une population qui élevait un
cheptel varié.

Un autre cas, parmi tant d’autres, je cite :‘’ Tamzguida N Unduf’’. Comme déjà
explicité supra, il s’agit d’une mosquée qui n’a laissé que des traces sous terre,
et qui a bel et bien existé en étant pérchée au flan d’une montagne du nom de
‘’Andouf’’ tel qu’on le désigne à l’époque actuelle. Mais , le vocable andouf
n’insinue rien pour les habitants.

Il se trouve que le substantif ‘’ anduf ‘’ est d’une valeur capitale, et


insoupçconnée, à plusieurs points de vue. Mise à part sa structure
morphologique, sa valeur sémantique et le référent designé tel qu’analysé dans
son contexte, en étant mis en rapport avec d’autres données nous révélent des
réalités d’éléments d’organisations sociales révolues pour le moins frappantes.
En effet, si anduf corespond à entre autres : guet, lieu de guet, sentinelle,
observatoire, lieu de garde etc . Il s’est avéré , après d’innomrables quetes et
rencontres, que les ‘’Andouf’’ sont éparillés dans pusieurs douars, a tel
enseigne que chez Ait 3li Ou3issa , les plus agés se rappellent , bel et bien,
qu’on montait la garde sur un mont du nom de Andouf, pour suveiller les
mouvements des troupes ennemies au début des années 50 du siècle dernier.

Tindouf, tindaf, andaf d’autres toponymes sont attestés en Algérie, au sud et


au Sud et au au Sud Ouest du Maroc qui semblent etre issues des memes
origines que andouf.

3.—pour les lectures sommaires du corpus au plan représentativité de


certains contenus, nous constatons que certains phénomènes méritent ou
necessitent études sinon interets soutenus.

D’abord , la richesse faunale semble tres faiblement explorée, au regard des


noms qu’on découvre continuellement, ce qui doit prouver, que les anciens
avaient une connaissance meilleure du domaine, par le passé. La toponymie ou
mieux la richesse de la phytonymie n’en est que l’ultime témoin.

Des plantes herbacées, annuelles, arbustes et arbres comestibles soient-elles,


par l’homme ou l’animal, à vertus curatives ou non, reflettent sans conteste
ce que la toponymie peut nous révéler, surtout qu’elle est présente dans la
structure du toponyme sous forme de détérminant, signe que la langue
amazighe regorge de choses non encore élucidées, et, d’autre part, une
invitation adressée aux spécialistes de la langue amazighe en général pour
décliner des traveaux afin d’aller puiser une richesse rare tout en
confectionnant les lexiques de plantes des différents terroirs aussi petits
soient-ils. Ce qui enrichira à coup sure , du moins , le vocabulaire amazigh et
peut etre meme certaines thématiques en rapport avec la diachronie,
developper un savoir faire et un savoir etre conséquents.

L’histoire sociale et culturelle, très peu connue, trouvera sans nul doute des
éclairages, par l’étude de la toponymie d’origine phytonymique, instruira le
commun des mortels sur les rapports spécifiques de l’homme avec son
environnement, non seulement en tant que pasteur, mais aussi qu’artisan,
agriculteur etc . on doit penser par là à des exemples : admam( pour construire
les toitures de maisons et autres outils), tachtiwines, tachta ( son fruit est un
très bon aliment pour le bétail ), tzmacht ( pour la confection de différents
produits et ustenciles pour la maison ) etc.

Les oronymes sont aussi nomreux, s’offrent sous forme de génériques ou


détérminés, ils sont ineressants car ils se font accopagner par une unité
linguistique individualisante, qui transforme le nom commun en en nom
propre, ici toponymique moins abstrait et très riche en informations.

Les parcelles à vocations agricoles du nom de Tifarsi, Afras etc . pullulent


partout, signe que la pratique de défrichementet de déboisement de lieux
forestiers a toujours existé, et que le paysage est en continuelle
transformation.

Les hydronymes de meme, de part leur diversité et leur présence indiquent les
chances et la densité d’une présence humaine par le passé. la comparaison
avec les temps modernes peut nous renseigner, en tenant compte d’autres
facteurs, sur les mouvements de populations, et les types de cultures
pratiquées.

4.--Informations tirés de la morphologie des nom propres


toponymiques :
Les toponymes composés représentent la moitié, des unités qui forment le
corpus à l’étude. Les oronymes et les hydronymes s’accaparent le role de
détérminés ou génériques, tandis que les déteminants ou spécifiques de ces
derniers, tout en individualisant les toponymes, participent à l’organisation de
l’espace tout en se l’approptiant par les différentes communautés y ayant élu
domicile, des rapports sociaux, du mode de rapports entretenus avec la terre et
l’environnement : ex, les différents affuents ou parties d’affluents se voient
octroyés des dénominations qui prennent le cachet des accidents
topographiques qu’ils traversent ( Ighzer N Tnikht ) ou de la variété florale des
lieux ( Ighzer Ulili ) ou meme du phénomène atmosphérique intermittant (
Ighzar N Bayyou )…tout en rappellant que ces derniers sont des portions
d’affluents , respective mentde, Ouargha et Nekkour.

Les oronymes, se démarquent par leur détérminant non seulement pour


révéler la richesse , naturelle des terroirs et culturelle des communautés qui s’y
sont succédé par le passé, mais aussi des transormations qu’ ils ont occasionné
ou qu’ils auraient subi en tant que groupements humains. Que de toponymes
qui désignent lieux de chasse ou foréts qui sont devenus des exploitations…

Les toponymes de statut ethnonymique ou anthroponymique, dont la


morphologie est considérée simple, sont en fait le spécifique ou détérminant
dans la structure : Dchar N …., le terme dchar semmble etre de souche
amazighe, à l’opposé du terme douar qui semble etre d’origine arabe, car dchar
ou tchar semble désigner un terroir occupé par des humains, cette attribution
ne peut etre collée à un terroir desert, ce qui peut suggérer la notion de
occupé, plein, qu’on retrouve en tamazigh : plein = itchar, ichchar, itchour. Ne
dit-on pas Al Qasr Al 3amir ?, une expression qu’on ne retrouve nulle part
ailleurs…

Les toponymes ayant ce statut thnonymique se comptent par centaines , ils


sont assez anciens, témoins d’une organisation sociale de type communautaire.
Par contre les microtoponymes récents et qui beaucoup plus nombreux, se
voient leur déterminant plutôt de type anthroponymique, donc de forme
arabisée.
La forme simple ou composée des unités toponymiques nous d’une richesse
lexicale certaine, à tous les niveaux linguistiques. Les formes dérivées, ne sont
pas des moindres, ainsi que les formes verbales négatives…

A l’exception des études menées par Mina Lefkioui, sur la phonétique et la


phonologie de tarifit, beaucoup de chose reste à faire sur ce plan, qui demeure
un handicap certain pour appréhender les variétés dialectales, du moins leur
richesse léxicale, qui demeure partellement inabordable sans une connaissance
profonde des particularités phonético-phonologiques qui facilitera
l’intercompréhension inte-rdialectale, et meme itra-dialectale. L’exemple de
tisegdelt > tisydetch, est fort révélateur à ce suje. Il aurait passé inaperçu
comme tant d’autres toponymes qui sont l’objet d’altérations, tout en
l’inegrant dans le contingent termes opaques….Et, pourtant les expressions
toponymiques tels tisegdelt, andouf, ajdir etc. relèvent de la meme espèce au
plan du rapport de l’ homme à son contexte. L’autochtone, tout en mettant à
son profit les accidents naturels pour se protéger, sécuriser sa communauté, il
va dans le sens de subvenir à ses besoins élémentaires de survie, de défense
etc.

D’autre part, Tisegdelt et sa famille lexicale qu’on retrouve partout ailleurs


dans les régions de Tamazgha, atteste d’un usage vivace à certaines époques
révolues. Témoignage d’ une origine commune certainequi participe à
corroborer celle d’une langue commune, dans ses étapes de transfomations en
rameaux qui prenaient des couleurs régionales, ici au plan phonique.
Sites electroniques

https://www.persee.fr/doc/rural_0014-2182_1982_num_85_1_2745

http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-
259/Toponymie_du_Qu%C3%A9bec:_un_inventaire_de_richesses_culturelles.h
tml#.WsJcftTFK1s

https://www.lli.ulaval.ca/fileadmin/llt/fichiers/recherche/revue_LL/vol25/LL25
_9_53.pdf

https://www.persee.fr/doc/onoma_0755-7752_2009_num_51_1_1521

https://praxematique.revues.org/1383

https://rives.revues.org/121

http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-
259/Toponymie_du_Qu%C3%A9bec:_un_inventaire_de_richesses_culturelles.h
tml#.Wh1zCNKgK1s

http://cours-fad-public.ensg.eu/mod/imscp/view.php?id=601
Paul Fabre, « Théorie du nom propre et recherche onomastique », Cahiers de praxématique [En
ligne], 8 | 1987, document 1, mis en ligne le 01 janvier 2013, consulté le 11 avril 2018. URL :
http://journals.openedition.org/praxematique/1383

Bibliographie

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d'ordre général ]. In: Annales de Normandie, 2ᵉ année, n°2, 1952. pp. 163-167.

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géotoponymie historique dans un cadre communal (Broye, Saône-et-Loire).
In: Nouvelle revue d'onomastique, n°55, 2013. pp. 3-46.

Kleiber Georges. Sens, référence et existence : que faire de l'extra-linguistique


?. In: Langages, 31ᵉ année, n°127, 1997. Langue, praxis et production de sens,
sous la direction de Paul Siblot. pp. 9-37.

Vaxelaire Jean-louis. Lexicologie du nom propre et onomastique. In: Nouvelle


revue d'onomastique, n°51, 2009. pp. 301-315.

Drouin Jeannine. Éléments de toponymie berbère dans l'Atlas marocain.


In: Nouvelle revue d'onomastique, n°41-42, 2003. pp. 197-219.

Fabre Paul. Ce que la toponymie peut apporter à la... toponymie. In: Le Monde
alpin et rhodanien. Revue régionale d'ethnologie, n°2-4/1997. Nommer
l'espace, sous la direction de Jean-Claude Bouvier . pp. 13-20.

Meynier André. Toponymie et peuplement. In: Annales de Géographie, t. 56,


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Dresch Jean. Toponymie nord-africaine. In: L'information géographique,


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Cojocaru Vlad. Toponymes et appellatifs géographiques. In: Nouvelle revue
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Fabre, P. (1987). Théorie du nom propre et recherche onomastique. Cahiers de


praxématique 8. Théories et fonctionnements du nom propre. Presses de
l’Université Paul-Valéry Montpellier 3. P. 9-25.

Tableau tiré du lexique d’Ibn Tunart, étudié et retranscrit au XVIIIè siècle


Source : http://books.openedition.org/irmc/docannexe/image/1464/img-2.jpg

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« le nom de lieu identifie, il localise, il délimite, il décrit, il caractérise, il rappelle, il perpétue, il
évoque, il distingue ; souvent il hiérarchise et il structure ; Dr. Ahmed BOUALILI 170 en un sens il
approprie(1)»

http://books.openedition.org/irmc/docannexe/image/1464/img-2.jpg