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DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Remerciements

Nous souhaitons adresser nos remerciements à toute personne qui, de près ou de loin,
a contribué à l’aboutissement de ce Projet de Fin d’Etudes. Commençant par notre
encadrante interne Mme. Saadia AMGAAD, professeur au département génie civil, qui
nous a guidé au fur et à mesure de l’avancement de notre travail et qui n’a ménagé ni
temps, ni efforts pour nous conseiller. Nous la remercions du fond du cœur pour sa
gentillesse, son encouragement et sa patience.

Nous tenons ensuite à remercier notre encadrant externe du TEAM Maroc Monsieur
DHIBA Amine, ingénieur chef de projet, qui nous a donné le temps, l’inspiration et la
passion de travailler, sans oublier tout le corps de la section Ouvrage d’art du TEAM
Maroc pour leur soutien et leurs précieuses remarques.

Nous remercions également tous les professeurs du département génie civil de nous
avoir assuré des cours cohérents et consistants et qui nous ont été d’une grande utilité
durant notre Projet de Fin d’Etudes.

Que messieurs les membres du jury trouvent ici l’expression de nos reconnaissances
pour avoir accepté de juger notre travail.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Résumé

Suite au lancement du projet de train à grande vitesse reliant Tanger et Casablanca, l’office
national des chemins de fer a projeté plusieurs ouvrages d’art pour le franchissement des
différents obstacles s’opposant à la ligne. En effet, le présent mémoire porte à détailler l’étude
de l’ouvrage d’art qui franchit OUED EL HACHEF, notamment le tablier, tout en tenant compte
des exigences du maître d’ouvrage ainsi que les différentes contraintes naturelles et
fonctionnelles.

De prime abord, nous justifierons le choix de la variante mixte, le bipoutre en particulier, et ses
avantages pour la grande vitesse et on définira aussi les normes et les outils informatiques à
adopter pour le dimensionnement et la modélisation des différents éléments structuraux du
tablier.

En vue de déterminer les diagrammes des sollicitations, nous commencerons par un inventaire
des charges, suivi par l’énumération des combinaisons à prendre en compte en phase de
construction comme en phase d’exploitation.

Dans un dernier volet, nous vérifierons la charpente métallique et la dalle en béton selon les
normes prescrites par les Eurocodes, et nous nous assurerons que l’ouvrage ne présente
aucune nuisance lors de sa mise en service.
‫‪DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.‬‬

‫الملخص‬
‫يف أعقاب إطالق مرشوع إلقطار إلفائق إلرسعة إلرإبط بني طنجة وإدلإر إلبيضاء‪ ،‬قد‬
‫قام إملكتب إلوطين للسكك إحلديدية ابلتخطيط لعدة قناطر إلهدف مهنا ختطي خمتلف‬
‫إحلوإجز إملعرقةل لسري إلقطار‪ .‬و تندرج هذه إلطروحة يف إطار درإسة تفاصيل إلقنطرة‬
‫إليت متكن من عبور وإدى إحلاشف‪ ،‬ابخلصوص جزئهيا إلعلويني (إلبالط و إلعارضتني‬
‫إلرئيس تني) ‪ ،‬مع إلخذ بعني الاعتبار متطلبات إلعميل وخمتلف إلعوإمل إلطبيعية‬
‫وإلوظيفية‪.‬‬
‫يف إلبدإية‪ ،‬س نقوم بتربير إختياران للقنطرة ذإت إلمعدة إملزدوجة ومزإايها مع إلرسعة‬
‫إلعالية و حتديد إملعايري و إلوسائل إملعلوماتية إليت يتعني إعامتدها لتصممي ومنذجة خمتلف‬
‫إلعنارص إلهيلكية للجزء إلعلوي للقنطرة‪.‬‬
‫من أجل حتديد إلرسوم إلبيانية إملتعلقة ابلقوى إدلإخلية‪ ،‬نبدأ جبرد إلقوى إملطبقة ‪،‬‬
‫وخمتلف تركيباهتا يف مرحةل إلبناء كام هو إحلال يف مرحةل إلتشغيل‪.‬‬
‫أما يف إجلزء إلخري‪ ،‬سوف نقوم ابلتحقق من إملقاطع إلفوالذية وإلبالطة إخلرسانية وفقا‬
‫للمعايري إملنصوص علهيا يف "إلوروكود" ‪ ،‬وس نعمل عىل إلتأكد من أن إلقنطرة ال متثل أي‬
‫مصدر إزعاج خالل إس تعاملها‪.‬‬
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Abstract

Following the launch of the high-speed train between Tangier and Casablanca, the ONCF has
planned several structures for crossing various obstacles opposing the line. Indeed, this project
will illustrate the details of the study of the bridge crossing OUED EL Hachef, particularly its
deck, taking into account the requirements of the client and the various natural and functional
restrictions.

At first, we will justify the choice of the steel girder, the double girder in particular, and its
advantages for high speed and also define the standards and IT tools to be adopted for the
design and modeling of the various structural elements of the deck .

In order to determine the sollicitations diagram, we begin with an inventory of loads, followed by
a list of load combinations to consider in both the construction and the exploitation stages.

In the last part, we will examine the steel frame and the concrete slab according to the
standards prescribed by the Eurocodes, and we will ensure that the structure dosen’t cause
any nuisance when it is used.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

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Introduction

Dans une perspective de promouvoir le développement durable au Maroc et d’assurer


les liaisons entre ses différents pôles économiques, l’office national de chemin de fer a
annoncé le lancement d’une ligne à grande vitesse reliant Tanger et Casablanca. Ce
projet dotera le Maroc d’un atout d’une grande importance qui contribuera à dynamiser
le secteur industriel et à alléger la montée en volume du trafic.

Pour mener à bien ce projet, des études multiples sont à faire afin de décortiquer les
composantes de cette ligne et de définir les différents obstacles qu’elle traverse.

Les ponts, moyen de franchissement, constituent une part importante de ce réseau, ils
requièrent une attention spéciale lors de l’étude comme dans l’exécution. Le pont
traversant Oued El Hachef est répété être le «plus grand ouvrage envisagé à ce jour au
Maroc en général et en infrastructure ferroviaire en particulier», comme a indiqué
l’ONCF. Situé dans le Nord du pays, il s’étendra sur 3,5 km de longueur permettant de
faire la liaison entre les rives de la brèche.

On se propose alors de faire la conception et le dimensionnement du tablier de


ce viaduc. Pour commencer, on doit faire une comparaison entre plusieurs variantes
pour choisir celle qui convient aux exigences du site, puis on procède au
dimensionnement des éléments structuraux du tablier à l’aide des Eurocodes.

Puisqu'il s'agit d'un pont mixte bipoutre, plusieurs vérifications sont à faire pour
assurer son bon fonctionnement et éviter sa ruine.
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CHAPITRE I. Contexte du projet


CHAPITRE II. Inventaire Des Variantes
CHAPITRE III. Choix Du Mixte
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CHAPITRE I. Contexte du projet

Le plan de situation décrit l’emplacement de l’ouvrage sujet d’étude. Le pont se situe comme
décrit ci-dessous à proximité de la ville de Tanger. Il enjambe une brèche du nom d’EL
HACHEF.

Figure 1 : PLAN DE SITUATION.

Caractéristique de l’ouvrage : Le bi-poutre mixte enjambe la brèche d’El HACHEF sur une
longueur de 3466,5 m, la largeur de son tablier est de 12,58 m.
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La structure géométrique de l’ouvrage est rectiligne non biaisée, elle se développe sur une
longueur de 3466,5 m. Les figures suivantes montrent l’implantation en plan de l’ouvrage sur
l’oued EL HACHEF, ainsi que certaines de ses caractéristiques:

Figure 2- VUE EN PLAN DU VIADUC DE FRANCHISSEMENT DE LA VALLEE D’EL HACHEF.


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Le profil en long est la ligne située sur l’axe de l’ouvrage définissant en élévation le
tracé en plan, il doit être défini en tenant compte de nombreux paramètres liés aux
contraintes fonctionnelles et naturelles de l’obstacle à franchir.

Figure 3 -PROFIL EN LONG

Le viaduc en question fait partie d'un réseau ferroviaire à écartement standard, dont la vitesse
maximale est de 350km/h [Vitesse théorique de conception].
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CHAPITRE II. Inventaire Des Variantes

Définir une conception et faire un choix de type d’ouvrage est la première étape de tout projet.
Une recherche appropriée permettrait de définir la variante qui s’inscrit le mieux dans le
contexte fonctionnel et naturel du franchissement de notre obstacle.

Cette section énumère d’une manière peu exhaustive l’ensemble des variantes de pont qu’on
peut considérer pour le projet en question, et détaille pour chaque type de pont ses
inconvénients et ses avantages.

Pour franchir une brèche donnée, plusieurs variantes peuvent être envisagées, mais tout
d’abord, et afin de déterminer la solution optimale, on doit bien connaitre l’éventail des
solutions possibles avec leurs sujétions, leurs limites et leur coût tout en nous basant sur les
critères suivants :

- L’obstacle à franchir : OUED EL HACHEF ;


- La voie portée : pont rails (ligne à grande vitesse) ;
- Les matériaux principaux dont sont constitués les éléments de chaque pont ;
- Le système structural : isostatique ou hyperstatique ;
- La disposition en plan : droits, biais, courbes ;
- Leur durée de vie prévue : définitif ou provisoire.

Parmi les paramètres intervenants dans le choix du type de l’ouvrage, on peut citer :

- Les profils de la chaussée (en long, en travers, en plan).


- Les positions possibles des appuis.
- La nature du sol de fondation.
- Le gabarit à respecter.
- Les conditions d’exécution et d’accès à l’ouvrage.

Nous énumérons dans ce paragraphe de la manière la plus exhaustive possible l’ensemble


des types de pont qui existent, leurs avantages, et leurs inconvénients.
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o Domaine d’emploi :

- Pour les ponts dalles en béton armé : Petites portées: 15m pour une seule travée et
jusqu’à 18m pour plusieurs travées.
- Pour les ponts dalles en béton précontraint : portées moyennes : 22m pour une seule
travée et jusqu’à 25m pour plusieurs travées.

o Avantages :

- Minceur et légèreté relatives


- Grande réserve de sécurité :
- comportement satisfaisant sous fissuration,
- bonne résistance vis-à-vis de la flexion rendant les dalles moins sensibles aux tassements
différentiels d’appuis
- Grande rigidité horizontale permettant d’encaisser sans trop de dommages les chocs de
véhicules lourds circulant sur la voie franchie
- Liberté dans la conception des formes.

o Inconvénients :

- Grande consommation de béton et d'aciers surtout par rapport à celle d'ouvrages à


poutres.
- Utilisés pour le franchissement de brèches de faible longueur entre 15 et 60 m.
-

Figure 4- PONT DALLE


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o Avantages :

- Structures monolithiques, d'où leur rusticité et leur robustesse ;


- Souvent ne nécessitent ni joints de chaussée ni appareils d'appui, d’où facilité d'entretien ;
- Possibilité de disposer un remblai de faible hauteur sur les cadres et les portiques confère
à ces derniers une plus grande souplesse d'utilisation.

o Inconvénients :

- Leur grande hyperstaticité implique leur sensibilité aux déformations imposées


(tassements du sol notamment) et nécessitent certaines précautions au niveau de la
conception, du calcul et de l'exécution ;

- Certains présentent un aspect peu satisfaisant dans leurs formes et proportions, ou


engendrent un effet d'écran préjudiciable à la visibilité et à l'esthétique pour les usagers de
la voie franchie.

Figure 5-PONT PORTIQUE

Domaine d’emploi : Des portées entre 30 et 45 m

o Avantages :

- Pas de cintres et ni d'échafaudages donc il n’y a pas de contraintes liées à la réalisation


(site accidenté, réduction de gabarits, voies dont les contraintes d'exploitation sont fortes
...) ;
- Possibilité de réduction des délais d'exécution (fabrication indépendante des poutres par
rapport au reste du chantier) ;
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- Maîtrise de la qualité des poutres ;


- Le fonctionnement isostatique est insensible aux tassements différentiels et aux effets d'un
gradient thermique.
o Inconvénients :

- Travées indépendantes, d’où multiplication du nombre de joints de chaussée ce qui est


très onéreux en entretien d’où la nécessité d’un attelage de travées par l’intermédiaire du
hourdis ;
- Adaptation difficile aux tracés en plan courbes ou biais (poutres rectilignes) ;
- La préfabrication implique l’implantation d’appuis à intervalles réguliers pour réaliser des
travées de longueurs égales ;
- Sensibilité aux chocs transversaux des véhicules hors gabarits.

Figure 6-PONT A POUTRES PREFABRIQUEES PRECONTRAINTES PAR POST TENSION

Domaine d’emploi : des portées entre 100 et 200

o Avantages :

- Bonne adaptation aux sites montagneux et encaissés ;


- Intérêt esthétique certain et bonne insertion dans le site.

o Inconvénients :

- Nécessité d’un sol de fondation résistant pour des fondations solides et bien ancrées
- S’applique surtout pour les ouvrages à travée unique.
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Figure 7- PONT A ARC

Domaine d’emploi : Des portées de 35 m à 120 m

o Avantages :

- Construction des tabliers qui s'effectue sans contact avec le sol, ce qui permet de
construire des ouvrages au-dessus de rivières à fortes crues ou au-dessus de vallées très
accidentées ou très profondes.
- Possibilité de réaliser des ouvrages de géométries très diverses. Ainsi, en élévation, il est
possible de projeter des tabliers de hauteur constante ou variable.

o Inconvénients :

- À portées identiques, les ouvrages construits par cette méthode sont beaucoup plus lourds
que les ouvrages mixtes, ce qui conduit à des appuis et des fondations plus importantes
(pénalisant en zone sismique ou lorsque le terrain est médiocre).
- Importance des tâches à effectuer in situ tant pour le coulage du tablier que pour
l'aménagement des accès au chantier.
- Le tablier est assez épais, ce qui peut poser des problèmes dans certains sites.
- Le découpage en petits éléments et la multiplicité des phases de bétonnage favorisent les
différences de teinte entre deux voussoirs successifs.
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Domaine d’emploi : Des portées de 200 m à 1 km

o Avantages :

- Répartition des forces au niveau des piliers, ce qui rend inutile la réalisation de massifs
d'ancrage aux berges ;
- Sa structure stable lui permettant d'être construit sur à peu près tout type de terrains
- Pas besoin d'arrêter entièrement la circulation pendant la maintenance, les autres haubans
pouvant supporter le poids du pont.

o Inconvénients :

- Les ponts à haubans ont de moins grandes portées que les ponts suspendus car les piliers
où sont rattachés les haubans doivent être élevés, et par conséquent, plus fragiles et plus
vulnérables au vent et aux vibrations engendrées par la circulation.

Figure 8- PONT A HAUBANS [PONT DE MILLAU]

Domaine d’emploi : Au-delà de 1 km

o Avantages :

- La structure d'un pont suspendu lui permet d'avoir des portées importantes.
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o Inconvénients :

- Déformations dues à la souplesse de l'ouvrage ;

- Nécessite la présence de massifs d'ancrage imposants et lourds, indispensables pour


retenir les forces considérables qui s'exercent, d’où fonctionnellement lié à la géologie du
sol support ;
- Le remplacement des câbles est un travail très dur et fastidieux demandant plusieurs mois
ainsi que la fermeture du pont durant ce délai ;

- La prise au vent mal étudiée peut provoquer son effondrement.

Figure 9- PONT SUSPENDU [AKASHI - JAPON]

Domaine d’emploi : 8-5m (isostatique) ; 12-30m (hyperstatique).


o Avantages :

- Grande résistance répond au mieux aux exigences des ponts ferroviaires)


- Une excellente pérennité sans aucun problème de fatigue
- Grande facilité d’exécution
- Très bonne « maintenabilité »

o Inconvénients :
- Un grand élancement (Gabarit limité)
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o Les avantages:

- La possibilité de franchir les grandes portées ;


- La rapidité d’exécution globale ;
- La précision dimensionnelle des structures ;
- Le gain sur les coûts de construction ;
- Offrent de multiples possibilités de conception architecturale ;
- Facilitent l’entretien, car les éléments de la structure sont bien accessibles pour les
inspections et la maintenance.
-
o Les inconvénients:

- Le problème majeur des ponts mixtes est la protection contre la corrosion et le phénomène
de la fatigue des assemblages;
- Ce type d’ouvrage demande une main d’œuvre qualifiée (surtout les soudeurs);
- Les poutres en I sont sensibles au déversement pour l’ensemble des pièces du pont;
- La stabilité des membrures des poutres qui ont tendance à flamber latéralement
lorsqu’elles sont comprimées;
- Surveillance exigée avec des visites périodiques.

Figure 10- PONT MIXTE BALTIMORE [ETATS UNIES]

Notez qu’on a retenu la variante mixte, la justification de ce choix fera l’objet du chapitre
suivant.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE III. Choix Du Mixte

Les ponts alliant l’acier et le béton sont constitués d’une charpente porteuse en acier
(élément principal) et d’une dalle de roulement en béton (élément secondaire). Qu’elle soit
connectée ou non à la charpente métallique, la dalle de béton permet d’apporter la raideur
nécessaire au pont pour le franchissement d’un véhicule circulant à grande vitesse. De plus,
l’utilisation de ces deux matériaux permet de réaliser des ouvrages simples et naturels avec un
minimum d’assemblage. Ainsi les problèmes de fatigue des assemblages, sièges de
concentrations de contrainte cyclique, sont moins nombreux et la pérennité de ces
constructions est mieux assurée.

La construction mixte associe la dalle en béton à la résistance de la structure globale.


Elle est bien connue aujourd’hui et l’Eurocode 4 [AFN.94] lui est entièrement consacré. La
mixité acier béton utilise ces deux matériaux de la manière la plus satisfaisante. Le béton
procure la raideur à la structure et une grande part de son poids propre. Il est le plus souvent
en compression. L’acier porte l’ouvrage sur de grandes distances tout en apportant de la
légèreté.

L’archétype du tablier métallique utilisé sur les lignes nouvelles du TGV, pour les
franchissements de moyennes portées (de 40 à 60 m) ne présentant pas de difficultés de profil
en long ou de gabarit contraignant, est une structure en bipoutre coiffée par une dalle en béton
participant de 40 cm d’épaisseur.

Cette conception présente l’avantage d’être à la fois simple de construction et


économique [Avantages technico-économiques du bi-poutre]. En effet, elle permet un gain sur
le tonnage d'acier dû à un meilleur rendement des sections d'acier mises en œuvre. La
répartition des charges entre les deux poutres étant sans ambiguïté et permet d'ajuster la
résistance en flexion de chacune des poutres au plus près des besoins, sans excès de
matière.

Un autre grand avantage reconnu au bipoutre mixte tient au fait que la dalle sépare la
poutraison porteuse de la voie et forme ainsi un parfait écran protecteur, ce qui autorise toutes
les interventions de contrôle, d’inspection, voire de réparation sur la charpente métallique, sans
gêner l’exploitation de la ligne.

Nous jugeons cela suffisant pour la justification du choix, la variante mixte étant
clairement la variante la plus appropriée, la plus économique, et surtout la plus performante.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE I. Description de la géométrie du pont


CHAPITRE II. Justification de la conception [Pour le
premier module]
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CHAPITRE I. Description de la géométrie du pont

La détermination de la travure nous permettra de discrétiser la coupe longitudinale du


tablier, déterminer les portées et les emplacements des appuis.

Pour le présent projet, il s’agit d’un ouvrage droit qui enjambe sur une longueur de
3,466 Km la brèche d’EL HACHEF, sa géométrie ne présente pas de courbure [Tracé
en plan rectiligne].

Le pont est constitué en lui-même du fait de sa longueur de plusieurs modules [Ponts


indépendants], ces modules présentent la particularité d’être continus, séparés entre
eux par des travées isostatiques, qu’on appelle appareils de dilatation.

Ces appareils de dilatation (des travées inertes fixes) ont pour rôle de diminuer l’effet
de dilatation des modules, et de remédier aux forces longitudinales que génère le
déplacement des trains sur les rails.

Le viaduc se voit être discrétisé en 11 modules pour une longueur totale de 3466,50
mètres entre lignes d’appuis extrêmes. [D’autres considérations d’ordre géotechnique
entrent dans le choix de cette discrétisation, ces considérations sortent du cadre de
notre étude et ne feront pas l’objet d’une explication quelconque].

La répartition des travées est comme la suivante :

- Un tablier à 5 travées entre C0 et PC5


- Un tablier à 1 travée entre PC5 et PC6
- Un tablier à 10 travées entre PC6 et PC16
- Un tablier à 1 travée entre PC16 et PC17
- Un tablier à 10 travées entre PC17 et PC27
- Un tablier à 1 travée entre PC27 et PC28
- Un tablier à 10 travées entre PC28 et PC38
- Un tablier à 1 travée entre PC38 et PC39
- Un tablier à 10 travées entre PC39 et PC49
- Un tablier à 1 travée entre PC49 et PC50
- Un tablier à 13 travées entre PC50 et C63

Les 5 ouvrages isostatiques (qui constituent des encastrements pour les modules)
ont chacun une portée de 48m.
Les 6 ouvrages hyperstatiques ont tous des travées de rive de 50.625m et des
travées courantes de 56.500m.

Longitudinalement l’ouvrage se développe comme suit [Voir figures ci-dessous].


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 11- DEVELOPPEMENT LONGITUDINAL DU VIADUC


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Transversalement, la dalle présente un profil en toit avec un dévers de 2,5% de part


et d’autre l’axe du pont.

La dalle, dont l'épaisseur avoisine généralement les 40 cm, repose à la fois sur les
poutres et sur les pièces de pont [Diaphragmes]. Cette disposition permet de donner
aux poutres l'écartement souhaité, tout en disposant d'une possibilité
d'encorbellement libre pouvant atteindre les 2,5 m.

La conception [Avec encorbellements latéraux] permet d’alléger le tablier, augmenter


la portée déterminante et rendre le tablier plus esthétique.

L’écartement des poutres est fonction de la largeur du tablier (lt), il est égal à 0,55.lt , ceci nous
donne un écartement de 6,3 m, et un encorbellement de 3,14 m.

Dans ce qui suit nous nous limiterons à l’étude du premier module seul, les autres étant de
conception analogue [Continuité, variation d’inertie …], et ne présentant aucune différence en
terme d’étude et de dimensionnement.
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Figure 12- SECTION TRANSVERSALE DU TABLIER.


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE II. Justification de la conception [Pour le


premier module]

L’archétype du tablier métallique utilisé sur les lignes nouvelles du TGV, pour les
franchissements de moyennes portées (de 40 à 60 m) ne présentant pas de difficultés de profil
en long ou de gabarit contraignant, est une structure en bipoutre coiffée par une dalle en béton
participant de 40 cm d’épaisseur.
Les poutres principales, en I espacées de 6,00 m, ont une hauteur de 2,50 m pour une portée
assez classique de 40 m, ce qui donne un élancement moyen de 16 en ouvrage continu.
L’entretoisement est assuré tous les 6 à 7 m par des diaphragmes porteurs de la dalle à
laquelle ils sont connectés. De construction simple, la solution est économique. Mais en l’état,
elle a l’inconvénient d’une certaine déformabilité sous les actions de torsion. Aussi, pour
réduire la déformabilité transversale du tablier, le « profil ouvert » du bipoutre est rigidifié en
torsion par l’addition d’un contreventement en treillis disposé dans le plan des semelles
inférieures qui le transforme en un « profil quasi fermé ». Une autre solution pour fermer le
bipoutre consiste à contreventer au moyen d’une dalle en béton connectée aux semelles
inférieures. [Hourdis Inférieur].

Les poutres principales travaillent en flexion entre les appuis. Les sollicitations augmentent
d'une part avec le carré de la portée, d'autre part et simultanément avec le poids mort dont la
part due à l'acier croît avec la portée pour satisfaire les besoins en résistance.

Plusieurs solutions permettent de limiter l'effet de dérive due au poids mort d'acier.

o Choix d'un élancement correct :

Pour obtenir un bon rendement, la hauteur de la poutre doit être en proportion avec sa portée.
Cette propriété est caractérisée par une grandeur essentielle appelée « élancement », qui
exprime le rapport entre la longueur L de la travée principale et la hauteur Hp de la poutre
principale L/Hp.

Pour une loi de hauteur constante, le tableau suivant donne les valeurs d'élancements moyens
adoptés, selon que la poutre est du type à âme pleine, en caisson ou en treillis, que le pont est
routier ou ferroviaire et que la configuration est en travée indépendante ou en travées
continues.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Pont-route Pont-rail
Travées Travées Travées Travées
indépendantes continues indépendantes continues
Âme pleine : 22 30 14 16
Treillis 11 15 10 12
Caisson 30 30 à 60 - 19
Tableau 1- ELANCEMENT MOYEN DES PONTS

Le cas qui nous intéresserait est celui des ponts-rails, une autre formule est développée pour
la détermination de l’élancement : [réservée aux lignes LGV] Hp=L/14 – 0,4 m.

o La continuité sur appui :

La continuité sur appuis est un facteur d'économie important. Les statistiques montrent qu'une
travée continue de 50 m, par exemple, consomme 20 % d'acier en moins qu'une travée
indépendante de même longueur. Aussi la continuité est-elle toujours adoptée, sauf cas
particulier.

o La variation de hauteur ou d'inertie :

Un accroissement de hauteur ou d'inertie sur appuis provoque une augmentation des moments
fléchissants négatifs sur appuis accompagnée d'une égale diminution des moments positifs en
travée. [Illustration ci-dessous] ;

Tableau 2- EFFET DU SYSTEME STRUCTURAL SUR LES SOLLICITATIONS

L'inertie variable, avantageuse pour un tablier tout acier, n'offre pas le même intérêt
pour un tablier mixte. On sait en effet que le meilleur rendement d'une section mixte
est obtenu sous moment fléchissant positif en travée, lorsque la semelle supérieure
en béton est correctement comprimée. Si bien qu'en construction mixte l'intérêt serait
plutôt de faire migrer les moments fléchissants négatifs sur appuis vers le moment
fléchissant positif en travée ; d'où le recours parfois à des formules de dénivellation
d'appui ou d'assouplissement des sections sur appuis par l'emploi d'aciers à plus
haute limite d'élasticité tendant à réduire l'inertie par diminution des sections.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

En ce qui nous concerne, la variation d’inertie aura pour intérêt principal d’optimiser
sur la matière tout en tenant compte du changement de sollicitations qui s’opère le
long des travées.

Architecturalement, l'effet bénéfique de l'inertie variable pour un tablier à poutres


sous chaussée n'est plus à démontrer. Dans sa ligne générale, l'ouvrage y gagne
nettement en finesse.

L'étude des éléments transversaux permet de fixer la coupe transversale de l'ouvrage par le
nombre de poutres, leur écartement, leur entretoisement ainsi que le mode de fonctionnement
de l'ensemble de la structure.

L'entretoisement intervient dans le mode de fonctionnement de la poutraison. Le rôle joué par


les éléments transversaux s'exprime dans plusieurs domaines.

- En flexion générale de l'ouvrage, l'ensemble composé par les poutres principales et


l’entretoisement constitue une structure spatiale résistante et stable, d'abord lors des
phases de montage, puis en situation de service grâce au complément structurel
apporté par la dalle.
Pour sa part, l'entretoisement participe au maintien de la forme de la section droite en
fonction du rapport existant entre sa raideur flexionnelle propre et les raideurs
flexionnelle et torsionnelle de l'ensemble de la poutraison principale.
Ainsi, une poutre en caisson caractérisée par une grande raideur de torsion exige un
entretoisement spécifique capable d'accompagner le travail en torsion de la section.
En revanche, pour un pont à poutres droites à âme pleine, cette caractéristique est
beaucoup moins prononcée et se traduit par des exigences différentes.

- En flexion locale, les structures transversales peuvent être amenées à supporter


directement la dalle avec ses équipements et les surcharges de chaussée, pour
reporter ensuite ces charges sur les poutres principales. Ce rôle s'ajoute au précédent.

- Sur appuis, Un entretoisement spécial et renforcé est nécessaire pour résister aux
fortes sollicitations développées par les réactions d'appui verticales et horizontales.

Le comportement de l'entretoisement est donc très dépendant du type de poutraison auquel il


est associé, et réciproquement. Il en résulte des solutions et des dispositions constructives
propres à chaque tablier.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Le premier module s’étend sur une longueur de 270,75 m, il est constitué de 5


travées, deux travées de rives d’une portée de 50,625 m et 3 intermédiaires d’une
portée de 56,5 m.

Figure 13- VUE EN PLAN DU PREMIER MODULE

Pour les portées considérées [Portées qui se situent entre 40 et 80 m], les épaisseurs
de tôles varient le long de l'ouvrage (épaisseur de la semelle inférieure, de la semelle
supérieure, et de l'âme). Pour une travée, les changements se feront selon le schéma
ci-dessous:

Figure 14- SCHEMA QUI ILLUSTRE LES VARIATIONS D'EPAISSEUR LE LONG D’UNE TRAVEE

Nous envisageons dans un premier temps de faire un pré-dimensionnement de la section de


poutre, les dimensions de cette poutre [Les épaisseurs pour être plus précis] varieront après
quoi tel que décrit dans le schéma ci-dessus.

Notons que l'intérêt principal de tout changement d'épaisseur serait d'optimiser sur la matière
tout en tenant compte du changement de sollicitations qui s’opère le long de la travée.

o Largeurs de Semelles : [Guide Sétra du développement durable]

Pour le cas d'un pont mixte destiné au trafic ferroviaire les largeurs des semelles sont
déterminées à l'aide des formules suivantes :
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

bsemelle,inf = 0,25+ Largeur du tablier/40 + L/125

Avec un ajustement pour les ponts ferroviaires réservés aux lignes TGV on trouve :

bsemelle,inf = 1200mm.

Les semelles supérieures sont plus étroites car d'une part il n'y a pas de risque de
déversement en service (dalle connectée), et d'autre part les aciers passifs de la
dalle sont proches et contribuent à la résistance de la section. Donc on prendra
comme largeur de semelle supérieure :

bsemelle,sup = bsemelle,inf - 0,2

Ce qui nous donne une largeur de semelle : bsemelle,sup = 1000mm.

Les largeurs des semelles supérieure et inférieure sont constantes sur tout l'ouvrage,
comme dans la grande majorité des ponts mixtes.

o Epaisseurs de Semelles :

En application des prescriptions du Guide de conception durable des ponts mixtes acier-béton, les
épaisseurs des semelles doivent définir un ratio b/t supérieure à 30.

Pour la semelle supérieure on trouve t ≥ 33,33 mm, et pour la semelle inférieure t ≥ 40 mm.

On prendra tsup = 35 mm, tinf = 45 mm.

Pour déterminer l’épaisseur de l’âme, il faut respecter au mieux les conditions


suivantes :
- Résistance à la corrosion;
- Résistance au cisaillement;
- Résistance au voilement.
- Résistance en fatigue.

L'épaisseur des âmes dépend des efforts que doit reprendre la section (V et M), elle
est souvent petite en travée par rapport aux sections sur appuis vu que l'effort
tranchant en travée est faible. Cependant les âmes sont sollicitées pendant le
lancement et ne doivent donc pas être trop fines (pas moins de 16 mm).

Nous ferons varier dans notre exemple l'épaisseur de l'âme entre 22 et 34mm.
Comme déjà nous l’avons précisé, Hp =L/14 – 0,4 ≈ 3,75 m. Hp étant la hauteur de poutre, L la
portée déterminante du module en question 56,5 m.

La géométrie initiale de la poutre vous est donnée ci-dessous, elle peut servir aux calculs du CRT
(Cas où l’on envisagerait de faire un modèle filaire demi-tablier seul, ce qui n’est pas le cas pour la
présente étude [Voir analyse globale – modèle de calcul numérique]).
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 15- GEOMETRIE INITIALE DE LA POUTRE

On confère à la géométrie initiale de la poutre une variation le long de chaque travée, cette
variation a pour intérêt principal l'optimisation sur la matière tout en tenant compte du
changement de sollicitations qui s’opère le long de la travée. Notez toutefois que la variation
des épaisseurs est gouvernée par des limitations.

o Limitation des variations d'épaisseur des semelles :

Pour limiter les problèmes de fatigue, on limitera les variations d'épaisseur dans les semelles :

tf,max ≤ 1.5 tf,min

Par exemple si une semelle inférieure mesure 60 mm d'épaisseur dans un tronçon, elle ne
devra pas mesurer plus de 90 mm (ou moins de 40 mm) dans le tronçon voisin.
Les épaisseurs des semelles sont des multiples de 5 mm.

Note : Les sections de poutres pour lesquelles on a opté et par conséquent les
épaisseurs données aux semelles et à l’âme ont été choisies de telle manière à éviter
des sections de classe 4.

Une coupe en élévation du premier module vous est donnée dans la page suivante.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 16-VUE EN ELEVATION DU PREMIER MODULE


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Les ponts mixtes à poutres sont composés de poutres principales métalliques dans la
direction de la portée de l’ouvrage et de poutres secondaires métalliques dans la
direction perpendiculaire. Les poutres principales sont les éléments porteurs du pont,
elles participent à la résistance en flexion générale de l’ouvrage sous son poids
propre et sous les charges d’exploitation. Les éléments transversaux ne participent
pas directement à cette flexion générale. Cependant, la flexion principale du pont
dans la direction longitudinale sous charge excentrée produit une flexion secondaire
dans la direction transversale. La rigidité de l’ouvrage dans cette direction est
assurée par les éléments transversaux.
Ces éléments transversaux peuvent être, comme les poutres principales, connectés à
la dalle.
Ainsi, leur premier rôle consiste à supporter la dalle ainsi que les charges verticales
et d’en reporter le poids sur les poutres principales. Mais qu’ils soient connectés ou
non, ils assurent l’alignement des poutres et conservent les angles des sections.
Communément nommés entretoise ou élément d’entretoisement, les éléments
transversaux sont nombreux et appartiennent à quatre grandes familles suivant leur
spécificité : montants, pièce de pont, entretoise, diaphragme. Ils peuvent être situés
en zone courante de l’ouvrage ou sur appui (pile ou culée).

En ce qui nous concerne, le système d’entretoisement adopté est celui des


diaphragmes, nous justifions ce choix dans les parties qui suivent.

o Définition et rôle des diaphragmes :

Les diaphragmes sont, comme les pièces de pont, reliés à la dalle et sont présents
tout au long de l'ouvrage avec un entraxe de 8-11 m en général. Ils ont une forme de
I constituée de tôles verticales fermant totalement le caisson, les membrures
supérieures et inférieures des diaphragmes sont soudées directement aux
membrures des poutres, tandis que les âmes des diaphragmes sont soudées aux
montants.

Ils permettent de reprendre les efforts de torsion et les réactions d'appui (efforts
tranchants), une autre raison à leur emploi est d’empêcher le déversement des
membrures comprimées des poutres.

Les diaphragmes améliorent la transition des efforts en les dirigeants directement


vers les membrures des poutres. Des goussets circulaires horizontaux sont parfois
soudés entre les membrures des poutres et des diaphragmes. La transmission des
efforts se diffuse alors parfaitement entre les deux semelles, empêchant ainsi toute
concentration de contraintes.

Les diaphragmes raidissent l’ensemble de la section du pont et maintiennent les


angles droits de la section en fibre supérieure comme inférieure. Leur hauteur étant
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

identique à celle des poutres principales, il est nécessaire de réaliser des trous
d’homme indispensables à la circulation à l’intérieur du caisson. Des raidisseurs
verticaux autour des trous d’homme sont donc à prévoir.

Les diaphragmes ferment la section et la raidissent. De ce fait, ils sont utilisés dans le
cas de ponts ferroviaires, car les charges de poids propre et d’exploitation sont plus
importantes que celles d’un pont routier. De plus, la dalle est souvent plus épaisse et
alourdie par le poids du ballast.

o Caractéristiques géométriques des diaphragmes :

Les diaphragmes utilisés pour le présent projet, ont les caractéristiques suivantes :
[Les dimensions ci-dessous répondent aux exigences du guide de conception durable
des ponts mixtes acier-béton].

- Semelles supérieure et inférieure : largeur 300mm, épaisseur 20mm.

- Ame : épaisseur 15mm.

Ces diaphragmes sont distants de 8.00m à 9.417m suivant les travées.

Figure 17- COUPES SUR DIAPHRAGME COURANT


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 18- COUPE DIAPHRAGME CULEE


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

L’hourdis inférieur a pour fonction principale de contreventer la structure en donnant


au tablier un fonctionnement en caisson et il se comporte comme une triangulation en
croix de Saint-André par ses bielles et tirants. Les connecteurs placés sur la semelle
inférieure des poutres principales reprennent les mêmes efforts (que le hourdis
inférieur) qui sont des efforts de torsion dus principalement aux surcharges du tablier.

Lors des calculs, le hourdis inférieur est négligé vis-à-vis de la flexion du tablier.
Cependant, il se trouve entraîné du fait de la présence des connecteurs par la
déformation des semelles inférieures des poutres principales.

L’hourdis pris en compte a une épaisseur moyenne de 15 cm.

Les montants jouent le rôle de raidisseurs verticaux de l'âme et de montants de


cadres d'entretoisement.
Les montants sont le plus souvent des simples plats ou des poutres en Té. Ces
dernières peuvent être composées de tôles soudées ou réalisées à partir de demi-
profilés laminés, suivant la hauteur des poutres.
Les montants sont soudés sur les poutres principales de l’ouvrage suivant la direction
verticale. Ils peuvent être utilisés seuls comme de simples raidisseurs transversaux
des poutres ou être associés avec les éléments d’entretoisement. Ils permettent alors
la liaison poutre/entretoise et ils diffusent sur la hauteur de la poutre les efforts
passant dans l’entretoise.

Ils permettant aussi d'atteindre la pleine capacité de résistance des poutres


principales. En premier lieu, ils augmentent la résistance au voilement de l'âme ;
ensuite, à condition d'être suffisamment rigides, ils permettent, après voilement de
l'âme, d'ancrer le champ diagonal qui se développe dans l'âme ; enfin ils évitent tout
mouvement transversal des semelles.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 19-ASSEMBLAGE D'UN MONTANT SUR UNE POUTRE

Les montants simplifient considérablement les assemblages sur le chantier, car ils
sont soudés directement sur les poutres principales en atelier. Ainsi équipées, les
poutres sont transportées jusqu’au chantier et seule la liaison avec les pièces
d’entretoisement nécessite une intervention de soudure sur le chantier.
De plus, ils permettent de raidir les poutres pendant les manipulations de transport et
ainsi de réduire les risques de voilement de l’âme.

Pour augmenter le rapport résistance/poids propre des poutres, l'âme peut être
renforcée, non seulement à l'aide de raidisseurs transversaux, mais également par
des raidisseurs longitudinaux. La fonction principale des raidisseurs longitudinaux est
d'accroître la résistance en voilement de l'âme pour les sollicitations de cisaillement
et de flexion.

La spécificité d'un élément mixte est due à l'association mécanique de deux


matériaux performants de nature et propriétés différentes, l'acier et le béton, par
l'intermédiaire d'une connexion (des connecteurs) située à l'interface des matériaux
et qui permet d'accroître à la fois la rigidité et la résistance de l'élément.

Le principal rôle des connecteurs est de s'opposer au glissement et au soulèvement


de la dalle en béton par rapport aux poutres métalliques, ils sont faits d'acier et ils
peuvent être sous plusieurs formes : arceaux, cornières, goujons…

Les goujons sont toutefois le moyen de connexion le plus utilisé, ils sont commode et
rapide de mise en place [exécutée par soudage électrique]. Du point de vue de leur
comportement et en raison de leur souplesse en cisaillement, les goujons permettent
une bonne redistribution de l’effort rasant entre eux. D’autre part, les goujons ont la
particularité de posséder une même résistance dans toutes les directions.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE I. Données générales – Données de


Construction
CHAPITRE II. Dalle en béton armé
CHAPITRE III. Matériaux
CHAPITRE IV. Actions
CHAPITRE V. Combinaisons d’actions
CHAPITRE VI. Analyse structurale
CHAPITRE VII. Modélisation Sous CSiBridge
CHAPITRE VIII. Recueil des Sollicitations
CHAPITRE IX. Justification des sections mixtes aux
ELU autres que la fatigue
CHAPITRE X. Justification des sections mixtes aux
ELS
CHAPITRE XI. Connexion
CHAPITRE XII. Flexion locale
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE I. Données générales – Données de


Construction

Avant de présenter les données relatives à l’environnement il est nécessaire de


définir les notions de classes d’exposition qu’introduisent les Eurocodes.

Les nouveaux textes normatifs relatifs au béton prennent en compte la durabilité en


s’appuyant sur la notion de Classes d’Exposition.

Ils imposent au prescripteur de définir les actions dues à l’environnement auxquelles


le béton de l’ouvrage ou de chaque partie d’ouvrage va être exposé pendant la durée
d’utilisation de la structure.

La précision des données permettant la détermination des classes d’exposition est


fondamentale pour chaque ouvrage. Elle permet d’optimiser les performances du
béton et sa durabilité en sélectionnant avec précision les caractéristiques en termes
de formulation et de performance des bétons, parfaitement adaptés aux
environnements dans lesquels ils vont se trouver.

Les Eurocodes définissent 18 classes d’exposition regroupées en 6 catégories : par


corrosion (XC, XD, XS) et d’attaques (XF, XA) dépendant des actions et conditions
environnementales auxquelles le béton est soumis. La sixième catégorie étant la
classe X0 classe pour laquelle il n’y a aucun risque ni d’attaque ni de corrosion.

Classes d’exposition
X0 Aucun risque de corrosion ou d’attaque.
XC Corrosion induite par carbonatation.
XD Corrosion induite par les chlorures ayant une origine
CORROSION autre que marine ( sel de déverglaçage).
XS Corrosion induite par les chlorures présents dans
l’eau de mer.
XF Attaques de gel/dégel avec ou sans agent de
ATTAQUES déverglaçage.
XA Attaques chimiques.
Tableau 3 -CLASSES D'EXPOSITION
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

o Gel :

L’ouvrage est situé dans une zone de gel modéré et salage peu fréquent. Les classes
d’exposition choisies pour l’ouvrage (XC et XA), utiles pour le calcul des enrobages,
sont données ci-dessous : [EN 1992-1-1, tableau 4.1]

- Sous chape d’étanchéité, la classe d’exposition est XC3.


- Pour la face inférieure du hourdis, elle devient XC4
- Pour la longrine de BN4 et la corniche, elles deviennent XC4.

En ce qui concerne les équipements [longrines _ corniches et contre-corniches _


bordures et contre-bordures] le béton employé est C25/30. Sans ces spécifications
nous aurions pris égale les deux classes de résistance, celle du béton de l’hourdi et
celle du béton des équipements.

En application des ‘’ Recommandations pour la durabilité des bétons durcis soumis


au gel ‘’ et de la norme NF EN 206, le béton doit être au minimum de classe C35/45.

o Humidité :

L’humidité relative (RH) est supposée égale à 80%.

o Température :

La température minimale de l’air ambiant (période de retour 50) à laquelle est soumis
l’ouvrage, est supposée égale à -20°C. Cette donnée est nécessaire pour déterminer
les qualités d’acier de charpente.

Les hypothèses concernant les phases de construction sont importantes pour toutes
les vérifications pendant la mise en place de l'ossature métallique et en cours de
bétonnage. Elles sont aussi nécessaires pour déterminer les valeurs des coefficients
d'équivalence acier/béton. Enfin, le calcul des sollicitations dans le tablier doit tenir
compte des phases de construction.

Le phasage de construction suivant a été retenu : [Le phasage ci-dessous concerne


le premier module].

- mise en place de la charpente métallique ;


- coulage en place des plots du hourdis supérieur par pianotage : La longueur
totale de 270,75 m a été découpée en 30 plots de bétonnage tels qu’indiqué
dans le schéma de bétonnage ci-dessous. Ils sont coulés dans l'ordre indiqué
sur la figure. Le poids propre de l'équipage mobile est pris en compte dans les
calculs à hauteur de 2 kN/m².
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Le début du coulage du premier plot correspond à l'origine des temps dont la


définition est nécessaire pour déterminer les âges respectifs des plots de béton.

Le temps de réalisation de chaque plot est évalué à 3 jours ouvrables [EN1994-2, 6.6.5
(3)]. Le premier jour est consacré au bétonnage, le deuxième jour à la prise du béton,
et le troisième jour au déplacement de l’équipage mobile. Cette séquence, permet de
respecter une résistance minimale de 20MPa avant décoffrage. Cette mesure permet
de ne pas endommager un béton partiellement durci dont le fonctionnement en mixte
serait sollicité par les phases ultérieures de bétonnage.

La dalle est ainsi complètement réalisée en 105 jours (incluant un jour chômé en fin
de semaine).

- Mise en place des superstructures :

Elle est supposée terminée en 60 jours de façon que le tablier soit entièrement
réalisé à la date t = 105 + 60 = 165 jours.

Compte tenu de ces choix, le tableau [Annexe1 : Phasage de construction] donne l’âge des
différents plots, ainsi que l’âge moyen t0 de l’ensemble du béton mis en œuvre, pour
chaque phase de construction.

Figure 20- ORDRE DE BETONNAGE DES PLOTS DU HOURDIS EN BETON

Note : La théorie des lignes d’influence permet de déterminer les travées ou fraction de travées
à charger pour obtenir les moments maximum et minimum en un point de la poutre. Ainsi pour
obtenir les moments maximum et minimum sur appuis, on effectue un chargement par travée
entière comme indiqué ci-dessous :

Figure 21- LIGNE D'INFLUENCE DU MOMENT SUR APPUI


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

On obtient ainsi le moment minimum pour le troisième appui [comme exemple], en chargeant
les travées adjacentes à l’appui, puis les travées alternées de part et d’autre.

Pour éviter d’éventuels distributions qui seraient dans ce cas préjudiciable [Apparition de
zones fissurées prématurées], nous préconisons de suivre l’ordre de bétonnage qu’illustre la
figure 20.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE II. Dalle en béton armé

L'enrobage nominal est la somme d'un enrobage minimal et d'une marge pour
tolérance d'exécution : cnom = cmin + Δcdev.

On prend Δcdev = 10 mm en considérant les tolérances d'exécution (La valeur de


Δcdev peut être fournie par l'Annexe Nationale) ;

L'enrobage nominal est le résultat d'un compromis entre une valeur élevée, favorable
pour la durabilité, et une valeur plus faible, favorable pour le bon fonctionnement
mécanique de la dalle.

Dans le cas de notre projet, on a retenu les enrobages suivants pour les aciers
passifs :

Pour la nappe supérieure (XC3) : Pour la nappe inférieure (XC4) :

Classe structurale : 4 + 2 = 6 Classe structurale : 4 + 2 +0 = 6

(0 pour la résistance du béton ≤ C35/45) (0 pour la résistance du béton ≤ C40/50 )

D'où cmin = 35 mm et cnom = 45 mm d'où cmin = 40 mm et cnom = 50 mm

Les ouvertures maximales de fissures wmax dépendent de la classe d'exposition et


elles sont données par l'EN1992-2 AN:

- En flexion locale de la dalle: - En flexion longitudinale d'ensemble:

wmax = 0,3 mm sous combinaison ELS wmax = 0,3 mm sous combinaison ELS
fréquente. fréquente.

wmax = 0,3 mm sous les actions indirectes non


calculées (retraits gênés), dans les zones
tendues sous combinaison ELS
caractéristique.

Deux méthodes sont envisageables pour s'assurer de la maîtrise de la fissuration :

a) Méthode 1 (appelée méthode directe) :


On calcule directement, de façon conventionnelle, l'ouverture des fissures et on
vérifie qu'elle est inférieure à une valeur limite fixée par les spécifications du projet.
[Utilisée dans le cadre de notre étude pour les vérifications de flexion locale].
b) Méthode 2 (appelée méthode indirecte) :
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

On respecte des dispositions constructives définies suivant le niveau de contraintes


dans les armatures (diamètres maximaux des barres d'acier, ou espacement
maximum entre barres). Le respect de ces dispositions assure la limitation de
l'ouverture des fissures à la valeur limite fixée par les spécifications du projet.
[Utilisée dans le cadre de notre étude pour les vérifications de flexion globale ou
longitudinale].

Le ferraillage disposé obéit à des règles de bonne pratique, généralement le taux de


ferraillage qu’on dispose est de l’ordre de 1% de la section en béton. [Ce taux doit
toutefois être supérieur au taux minimum de non fragilité défini dans les
paragraphes : X.3.1 et XII.2.2].

Le ferraillage transversal est placé à l'extérieur du ferraillage longitudinal, du côté de


la surface libre du hourdis.

- Ferraillage transversal : - Ferraillage longitudinal :

HA20 avec l'espacement s = 125 mm en


HA25 avec l'espacement s = 125 mm en nappe supérieure
nappe supérieure.
HA16 avec l'espacement s = 160 mm en
HA25 avec l'espacement s = 140 mm en nappe inférieure (soit au total ρ = 1% de
s
nappe inférieure (soit au total ρs = 1,97 la section de béton)
% de la section de béton).

Par simplification, la section réelle de la dalle pour un demi-tablier est modélisée par un
rectangle principal de largeur égale à la largeur réelle (soit 6.29), et un rectangle
secondaire modélisant un renformis de largeur égale à celle de la semelle supérieure de
la charpente (soit 1m). Les hauteurs respectives e1 et e2 de ces rectangles sont calculées
de façon que la section réelle et la section équivalente aient les mêmes caractéristiques
mécaniques (section et centre de gravité identiques).

Ce qui revient à satisfaire les deux équations suivantes :

Ab.Yg= 0,1777. Ab = e2²+12,58 .(e2+ ).e2 et Ab =2.e2+12,58.e1

On trouve e1 ≈ 0,375 mm et e2 ≈ 0,29 ;

Les caractéristiques mécaniques de la section transversale complète du hourdis valent :


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

 Section : Ab = 4,777 m².


 Inertie (autour d’un axe ∆ horizontale situé à l’interface entre la dalle et la
charpente métallique ) : I∆=0,1888 m4 ;
 Périmètre : p = 25,6642 m.

Géométrie réelle :

Figure 22- GEOMETRIE REELLE DU TABLIER

Modèle de calcul pour la flexion longitudinale :

Figure 23- MODELISATION DE L'HOURDIS POUR LA FLEXION LONGITUDINALE

Une deuxième approche plus simplificatrice considère l’épaisseur moyenne de l’hourdis


en question :

Epaisseur à l’axe du tablier = 0,45 m


Epaisseur à l’axe des poutres = 0,40 m
Epaisseur aux extrémités = 0,25
Epaisseur moyenne = 0,375

Cette épaisseur moyenne est celle que nous introduirons dans le modèle. La section
participante sera déterminée à partir de cette épaisseur moyenne à laquelle s’ajoutera le
renformis de 1000*30 mm².

L’hourdis ainsi modélisé gardera une largeur réelle de 12,58.


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE III. Matériaux


L’EN1994-2 limite les caractéristiques des matériaux quand ils sont utilisés dans la structure
mixte :

 Bétons de classe C20/25 à C60/75 (ou pour les bétons légers : LC20/25 à LC60/75) ;
 Aciers de nuance S235 à S460 ;

Par ailleurs, l’EN1992-1-1 limite l’emploi de ses règles de calcul (dimensionnement et


dispositions constructives) aux armatures passives de limite d’élasticité comprise entre 400 à
600 MPa.

o Généralités :

La nuance d’acier choisie est S355.

Dans le but d’avoir une bonne soudabilité et une meilleure valeur de la ténacité sur le palier
haut de la courbe de transition (voir figure 1.1 de l’EN1993-1-10 par exemple), les qualités
suivantes sont à retenir :

Epaisseur Qualité
t ≤ 30 mm S 355 K2 ou S 355 N
30 mm ≤ t ≤ 80 mm S 355 N
80 mm < t S 355 NL
Tableau 4-CHOIX DE LA QUALITE D’ACIER SELON L’EPAISSEUR

Nous rappelons que la ténacité caractérise l’aptitude qu’a le matériau à s’opposer aux
fissurations dans des conditions de température basse. [EN1994-2, 3.3(1) qui renvoie à
EN1993-2, 3.2.3(2)]

Les choix entrepris ci-dessus étaient faits sur la base du tableau suivant : [Extrait du EN1993-
2, tableau 3.1]

Epaisseur nominale Exigences supplémentaires


t ≤ 30 mm T 27J = -20°C
30 mm ≤ t ≤ 80 mm Acier à grain fin. Par exemple S 355 N/M
80 mm < t Acier à grain fin. Par exemple S 355 NL/ML

T27J : la température à laquelle intervient la rupture pour une énergie d’impact de 27J.

o Résistance à la rupture fragile :

En supplément du tableau-A, la qualité de l’acier doit être choisie pour éviter la rupture fragile
par basse température. Cette qualité dépend principalement de l’épaisseur de la plaque, du
niveau de contrainte de traction dans la section σEd et de la température de service TEd.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Le tableau ci-dessous donne les épaisseurs maximales utilisables en fonction de σ Ed et de TEd


ainsi que des qualités d’acier utilisées pour l’exemple.

σEd 0,75 fy 0,50 fy 0,25 fy


TEd -30°C -20°C -30°C -20°C -30°C -20°C
S355 K2 ou N 50 60 80 95 130 150
S355 NL 75 90 110 135 175 200
Tableau 5-EPAISSEURS MAXIMALES UTILISABLES EN FONCTION DE σEd ET DE TED

La combinaison à considérer pour calculer σEd est la combinaison accidentelle de charges où


l’action de la température est l’action accidentelle :

A[TEd] “+” Σ Gk “+” Ψ1Qk1”+” Σ Ψ2Qk2

En pratique cela revient dans les cas courants à calculer σEd sous l’action des charges
permanentes et des charges fréquentes Ψ1Qk1 de trafic.

La température de service TEd peut être prise égale à la valeur caractéristique de la


température minimale de l’air sous abri Tmin définie dans l’annexe 1 de l’EN1991-1-5
(température ayant une probabilité annuelle de dépassement de 0,02, ou encore une période
de retour de 50 ans). Tmin est prise pour notre exemple égale à -20°C.

Au stade du pré-dimensionnement, on peut supposer σEd = 0,5 fy mais il faudra vérifier ce point
après le dimensionnement pour ajuster au besoin la qualité de l’acier. Il sera alors possible
d’interpoler entre les valeurs de σEd définies dans le tableau 4.2 ;

Dans les zones de moments négatifs, et même si la section de semelle reste comprimée sous
combinaison caractéristique, on ne descendra pas sous le niveau 0,25f y pour déterminer
l’épaisseur maximale utilisable.

o Synthèse du choix des nuances et qualités :

Les tableaux ci-dessus conduisent aux choix dans le cas présent (TEd = -20°C et σEd =0,25fy).

Epaisseur Qualité
t ≤ 30 mm S 355 K2
30 mm ≤ t ≤ 80 mm S 355 N
80 mm < t <135 mm * S 355 NL

(*) Cette valeur peut être augmentée si la traction σ Ed est inférieure en valeur absolue à 0,5fy
avec un seuil à 0,25fy (jusqu’à tmax = 200mm si TEd =-20°C).

o Caractéristiques mécaniques des aciers :

Elles sont données dans la norme EN10025-2 pour la nuance S355K2 et dans la norme
EN10025-3 pour les nuances S335N et S335NL.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

T(mm) ≤16 >16 >40 >63 >80 >100


≤40 ≤63 ≤80 ≤100 ≤150
fy 355 345 325 325 315 295
fu 470 470 470 470 470 450
Tableau 6-DEGRESSIVITE DE FY ET FU EN FONCTION DE L’EPAISSEUR T DE LA TOLE.

Ci-dessous, vous est présentée cette dégressivité.

L’acier de charpente a un module d’élasticité Ea =210000 MPa. Son coefficient de dilatation


thermique est normalement αtha =12.10-6 par °C. Par simplification, pour l’analyse globale, on le
prend égal ici à celui du béton, soit αtha = αthc=10.10-6 par °C.

Le béton de hourdis est un béton normal de classe C35/45. Les principales caractéristiques
sont les suivantes : [EN1992-1-1, 3.1.2 Tableau 3.1].

- Résistance caractéristique à la compression sur cylindre : fck= 35 MPa,


- Valeur moyenne de la résistance à la traction fctm=-3,2 MPa.
- Fractile 5% de la résistance caractéristique à la traction :
fctk, 0,05 = 0,7 fctm = -2,2 MPa.
- Fractile 95% de la résistance caractéristique à la traction :
fctk, 0,95 =1,3 fctm= -4,2 MPa.
- Résistance moyenne en compression à 28 jours :
fcm=fck+8 =43 MPa.
- Module d’élasticité :
Ecm =22000*(fcm/10)0,3 = 34077 MPa.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Note : La résistance en compression du béton est définie, conformément à l'approche


statistique de la norme NF EN 206-1, comme le fractile1 5% de la distribution des résistances.
En effet, le béton étant fabriqué avec des matériaux hétérogènes qui peuvent varier sur la
durée d'un chantier et qui sont mis en œuvre dans des conditions variables (température,
hygrométrie mais aussi conditions de chantier), sa résistance peut varier au cours d'un
chantier. Pour l’exemple du pont de Normandie, la moyenne des résistances mesurées fcm est
égale à 81,6 MPa et l'écart type s est égal à 4,5 MPa. Si l'on considère que la distribution des
résistances suit une loi normale, le fractile 5% fck est égal à fcm – 1,645 s (soit 74,2 MPa).
L'Eurocode Béton adopte, pour simplifier, la relation suivante : fcm = fck + 8 MPa.
1Le fractile 5% d’une distribution signifie que 5% des valeurs de la distribution sont inférieures
à ce fractile (Autrement dit 95% des valeurs sont plus fortes).

La résistance de calcul fcd à la compression est définie de façon différente dans l’EN1994-2
(pour le comportement mixte en flexion longitudinale), et dans l’EN1992-2(pour le
comportement en béton armé en flexion transversale) :

- En mixte : fcd=fck/γc.
- En béton armé : fcd= αcc fck/γc.

La valeur de αcc (coefficient tenant compte des effets à long terme sur la résistance à la
compression) recommandée par l’EN1992-2 est de 0,85. L’Annexe Nationale l’a modifié pour la
valeur 1,0, utilisée dans la suite de notre rapport.

Les armatures passives utilisées sont des barres à haute adhérence (HA) de classe
B2 avec une limite d’élasticité fsk = 500 MPa.

Dans l’EN 1992-1-1, on a Es=200 000 MPa pour le module d’élasticité des aciers
passifs. Cependant par simplification par rapport au module utilisé pour la charpente,
l’EN1994-2 autorise de prendre Es= Ea = 210 000 MPa, ce qui est fait dans notre
cas.

Note : L’attention du lecteur est attirée sur les notations utilisées pour la limite
d’élasticité des aciers passifs. Elle est notée fyk dans l’Eurocode 2, alors que fyk
désigne la limite d’élasticité de l’acier de charpente dans l’Eurocode 4.

Dans le présent rapport, les notations utilisées pour les armatures sont celles de
l’Eurocode 4, à savoir fsk pour les armatures et fyk pour l’acier de charpente, même
lorsqu’on se réfère à l’Eurocode 2.
2 L'allongement maximal de l'acier dépend de sa classe A, B ou C (que l’on peut
appeler classe de ductilité). La classe A correspond aux petits diamètres et
correspond donc plutôt aux cadres, aciers transversaux et treillis. [Annexe 2 : Armatures
Passives].
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Nous ne prenons pas en compte les situations de projet accidentelles.

Pour l’ELU :

Situation de projet γc γS γM γv
(béton) (acier passif) (charpente) (goujons)
Durable 1,5 1,15 γM0 = 1,0 Plastification, instabilité locale 1,25
Transitoire γM0 = 1,1 Instabilité d’élément
Ruine de section nette tendue
γM0 = 1,25
Référence EN1992-1-1, 2.4.2.4 EN1993-2, 6.1 et tableau 6.2 EN 1994-2
+
AN,2.4.1.2

Note : Dans les situations accidentelles les coefficients de sécurité sur les matériaux diminuent : γc=
1,2 ; γS= 1,0.

Pour l’ELU de fatigue :

γc,fat γs,fat γMf γMf,s


(béton) (acier (charpente) (goujons)
passif)
1,5 1,15 Méthode Faibles Fortes 1,25
d’évaluation conséquences conséquences
suite à la ruine suite à la ruine
Tolérance de 1,00 1,15
l’endommagement
Durée de vie sûre 1,15 1,35
EN1992-1-11, 2.4.2.4 EN1993-1-9, tableau 3.1 [relatif à la fatigue] EN1994-2+
AN,6.8.2

En ce qui concerne les méthodes de justification, la méthode de tolérance de


l’endommagement est adoptée à condition de mettre en œuvre pendant la durée de
vie une procédure d’inspection et de maintenance pour détecter et remédier à
l’endommagement par fatigue. La méthode de durée de vie sûre est adoptée pour
obtenir, avec une fiabilité acceptable, un comportement satisfaisant de la structure
sans compter sur la détection d’un endommagement par inspection régulière en
service. [EN1993-1-9, 3].

Pour le calcul des ponts, les Annexes Nationaux ont retenu le concept de durée de
vie sûre (100 ans). Toutefois l’utilisation de ce concept n’exclut pas une inspection
régulière.

Pour l’ELS :
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

γc γS γM, ser γv
(béton) (acier passif) (charpente) (goujons)
1,0 1,0 1,0 1,25
EN1992-1-1, 2.4.2.4 EN1993-2, 7.3(1) Note : C’est la valeur de la résistance PRk du goujon qui est
modifiée entre ELS et ELU, et pas la valeur de γv.
EN1994-2, 6.8.1 (3)
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE IV. Actions

Dans les actions permanentes, on distingue le poids propre de la charpente


métallique, celui de la dalle en béton armé et les superstructures.

Le poids volumique de l'acier de charpente est pris égal à 78,5 kN/m3 [EN 1991-1-1,
tableau A-4].

Pour le calcul des sollicitations et des contraintes en flexion longitudinale, le poids


des éléments transversaux de charpente métallique [Non inclus les diaphragmes
courants et sur culée], situés en travée, est représenté par une charge verticale
uniformément répartie de 1070 N/ml 1 pour une poutre principale (ce qui constitue
plus de 5% du poids de cette poutre).
1Détails pour la valeur 1070N/ml :

Raidisseurs longitudinaux : 47 kg/ml


Goujons : 12 kg/ml
Raidisseurs de vérinage : 26 kg/ml
Raidisseurs verticaux : 188/8.437 = 22 kg/ml

Total : 1070N/ml

Le poids des éléments transversaux sur appui est sans influence sur les résultats de
calcul de flexion longitudinale. Il ne joue que sur la valeur de la descente de charge
sur les piles et culées (hors du cadre de ce rapport).

Le poids volumique du béton armé est pris égal à 25 kN/m3. [EN1991-1-1, tableau 1-1].

Poste Caractéristiques Pondération max Pondération min


Etanchéité Epaisseur 30 mm, 1,2 0,8
étendue sur une
largeur de 12,24 m.
Ballast Epaisseur moyenne 1,3 1
0,6 m, étendu sur
une largeur de 10,66
m.
Grave-bitume Epaisseur 120 mm 1,4 0,8
Corniche béton 0,912t/ml/corniche 1 1
préfa
Contre-corniche 0,390t/ml/corniche 1 1
Caniveau à câbles 0,21t/ml/caniveau 1 1
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Caniveau à eau 0,08t/ml/caniveau 1 1


Caténaires 0,15t/m/poutre 1,3 1
Armement des 0,15t/m/poutre 1,3 1
voies
Remplissage des 0,05t/m/poutre 1 1
caniveaux d’eau
Tableau 7-VALEURS NOMINALES DES CHARGES DE SUPERSTRUCTURE

Le poids volumique de l’étanchéité et de l’enrobé est pris égal à 24kN/m3 [EN1991-1-1,


tableau A-6].

Les dimensions du tableau ci-dessus correspondent aux valeurs nominales des poids
propres pour lesquelles aucune pondération en fourchette n’est nécessaire. On
pondère la valeur nominale de la couche d’étanchéité de +/-20% et celle du ballast de
+30% / -20% pour déterminer les valeurs caractéristiques inférieures et supérieures.
Le tableau ci-dessous donne les valeurs de charges obtenues par mètre linéaire
(pour une seule poutre).

Poste qnom (kN/ml) qmax (kN/ml) qmin (kN/ml)


Etanchéité 4,4064 5,28768 3,52512
Ballast 63,96 83,148 63,96
Grave-bitume 17,6256 24,67584 14,10048
Corniche béton préfa 9,12 9,12 9,12
Contre Corniche 3,9 3,9 3,9
Caniveau à câbles 2,1 2,1 2,1
Caniveau à eau 0,8 0,8 0,8
Remplissage des caniveaux d’eau 0,5 0,5 0,5
Caténaires 15 19,5 15
Armement des voies 15 19,5 15
Tableau 8 - VALEURS MIN ET MAX DES CHARGES DE SUPERSTRUCTURE

Pour plus de détails en ce qui concerne les éléments de superstructure envisagées dans notre
cas voir [PARTIE II -- CHAPITRE I. Description de la géométrie du pont – Section
transversale].

Le retrait du béton est une déformation εr imposée dans la section de béton comprimé
qui a trois origines physiques possibles :

- Retrait thermique εth:

Il s’effectue à court terme et traduit la différence de température existant au moment


du durcissement entre le béton et la charpente métallique déjà en place.

- Retrait endogène εca :


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Il s’effectue à court terme, juste après la mise en œuvre du béton, et traduit la


poursuite de l’hydratation du ciment après la prise, ce qui entraîne une diminution du
volume initialement mis en œuvre.

- Retrait de dessiccation εcd : [EN1992-1-1, 3.1.4(6)].

Il s’effectue à long terme, pendant la durée de vie de l’ouvrage, et traduit une


évaporation progressive de l’eau contenue dans le béton. EN1992-1-1, 3.1.4(6)

Même s’il s’effectue sur le long terme, le retrait de dessiccation commence dès le
coulage du béton. L’EN1992-1-1 (auquel l’EN1994-2 renvoie) traite donc
simultanément εca et εcd. On calculera donc un retrait global εcs = εca + εcd à la mise en
service (c’est à dire à court terme pour tini=165 jours) et en fin de vie de l’ouvrage
(c'est-à-dire à long terme pour tfin=100 ans ≈ ∞).

Le retrait thermique est traité dans l’EN1994-2 car il s’agit d’une particularité d’une
structure mixte.

o Calcul du retrait à la mise en service :

Le calcul de εcs nécessité de connaître l’âge t du béton à l’instant tini considéré. A cet
instant, chaque plot a un âge différent. Pour simplifier, on considère l’âge moyen de
tous les plots calculés en tenant compte du phasage de construction : t =114,46 jours
(Voir section phasage de construction).

- Retrait endogène : [EN1992-1-1, 3.1.4(6)].

εca (t) = βas(t). εca(∞)

εca(∞)= 2,5 (fck-10).10-6= 6,25.10-5

βas(t) = 1 – exp(-0,2√ ) = 0,8823 pour t = 114,46 jours.

On obtient :

εca (t) = 5,51. 10-5

- Retrait de dessiccation : [EN1992-1-1, annexe B2].

εcd (t) = βds(t, ts).Kh εcd, 0

εcd, 0 est appelé retrait de dessiccation de référence et calculé par :

εcd, 0 = 0,85.[ (220+110.αds1).exp(-αds2.fcm/fcm0)].10-6 . βRH

L’humidité relative retenue pour le projet est de 80%, on en déduit le coefficient : βRH
= 1,55.[1-(RH/100)3] = 0,7564. fcm0 est une valeur de référence de la résistance à la
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

compression prise égale à 10MPa. Les coefficients αds1 et αds2 traduisent la rapidité
de prise du béton. Pour un ciment à prise normale (N), on a : αds1 = 4 et αds2 = 0,12.

D’où on déduit : εcd, 0 = 2,53.10-4.

Le coefficient Kh dépend du rayon moyen h0 = 2Ac/u où Ac ≈ 4,8 m2 est l’aire de la


section de béton et u le périmètre exposé à la dessiccation. u s’obtient en soustrayant
au périmètre réel p = 25,91 m les longueurs qui ne sont pas en contact direct avec
l’atmosphère (c’est-à-dire la largeur des semelles métalliques supérieures ainsi que
la largeur de la chape d’étanchéité, encore il faut soustraire de part et d’autre les
largeurs couvertes par les contre-corniches) :

u=12,58+0.375*2 = 13,33 m.

Par suite, on a h0 = 720 mm, puis kh = 0,72.

Par hypothèse, l’âge ts du béton quand le retrait de dessiccation commence est pris
égal à 1 jour. Alors, on a :

βds(t, ts) = (t-ts)/(t-ts+0,04.√ ) = 0,14 pour t =114,46 jours et pour h0 en mm.

On obtient :

εcd (t) = 2,55.10-5

Retrait à la mise en service : εcs(t) = εca(t) + εcd(t) = 8,06.10-5

La valeur ci-dessus de εcs est appliquée à chaque plot de bétonnage dès que le béton
correspondant est mis en œuvre. Le retrait de dessiccation représente les 31,6% du
retrait total à la mise en service, le reste est apporté par le retrait endogène.

Une hypothèse simplificatrice admissible consiste à appliquer ce retrait au jeune âge


en une seule phase à la fin du bétonnage de la dalle. Il est intégré (phase par phase
ou d’un seul coup) dans les combinaisons de charges pour les vérifications de la
structure à la mise en service.

o Calcul du retrait à long terme : (∞).

L’âge du béton est considéré infini. En faisant tendre t vers l’infini dans les
expressions précédentes, on trouve que : βas(∞) = 1 et βds(∞, ts) = 1.

εcs(∞) = εca(∞) + εcd(∞)

avec : εca(∞) = 6,25.10-5 et εcd(∞) = Kh εcd, 0 = 1,82.10-4

Au final, on applique εcs(∞) = 2,445.10-4 sur la dalle complète (en une seule phase).
74% sont apportés par le retrait de dessiccation et 26% par le retrait endogène.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Il est intégré dans les combinaisons de charges pour les vérifications de la structure
au temps infini.

o Calcul du retrait thermique :

L’EN1994-2 nous permet de prendre en considération le retrait thermique, dont la


cause est la différence de température ∆T entre l’acier de charpente et le béton au
moment du bétonnage.

La valeur de ∆T est recommandée à 20°C mais est modifiable dans l’Annexe


Nationale. En appliquant strictement l’EN1994-2, on obtiendrait alors :

εth = αth. ∆T = 2.10-4 ce qui est relativement élevée. (αth = 10-5°C - [EN1994-2, 7.4.1(6)]).

L’Annexe Nationale reprend le calcul du retrait thermique et ne prend en


considération que la moitié de cette valeur.

εth = αth. ∆T/2 = 1.10-4

Le retrait thermique est appliquée à la structure en même temps que le retrait au


jeune âge εcs = 8,06.10-5. Il ne s’utilise normalement qu’à court terme pour déterminer
les zones fissurées de l’analyse globale et pour vérifier que les fissures de la dalle
sont maîtrisées. Par simplification, on a choisi de le traiter de la même façon que le
retrait à la mise en service.

o Bilan des retraits :

Pour les vérifications à la mise en service, on applique un retrait de 8,06.10-5 + 1.10-4


= 1,806.10-4 à chaque plot lorsqu’il est bétonnée. Pour les vérifications au temps
infini, on applique un retrait de 2,445.10 -4 à la totalité de la structure, après
achèvement des phases de bétonnage.

Pour les vérifications des états transitoires correspondant aux différentes phases de
bétonnage, le calcul serait identique à celui des vérifications à la mise en service,
mais avec des dates et âges moyens de béton différents pour chaque état transitoire.

Quand on applique une charge de compression constante sur une éprouvette de béton, celle-ci
présente une déformation immédiate puis elle continue de se déformer progressivement dans
le temps lorsque la charge est maintenue. A long terme, la déformation finale observée est
environ 3 fois supérieure à la déformation initiale. C’est cette déformation évolutive sous
charge constante qu’on appelle fluage du béton.

Dans une structure mixte, les charges de flexion longitudinales ayant une courte durée
d’application (Par exemple les charges variables du trafic sur l’ouvrage) sont reprises par une
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

section résistante mixte homogénéisée fissurée ou non. Pour homogénéiser la section mixte
(non fissurée), on divise l’aire du béton par un coefficient d’équivalence n 0=Ea/Ecm (de l’ordre
de 6) avant de l’ajouter à l’aire de charpente métallique.

L’effet du fluage du béton qui, par définition même du phénomène, ne joue que pour les
charges ayant une longue durée d’application, est pris en compte par une diminution de la
section résistante du béton, c’est-à-dire une augmentation du coefficient d’équivalence. De
façon simple, comme le règlement français des ponts mixtes le propose, cette augmentation
devrait d’un facteur de 3 (cohérent avec les observations d’essai de compression sur
éprouvette de béton).

L’EN1994-2 remplace ce facteur 3 par une expression plus élaborée, 1 + Ψ L.φ(t,t0) dépendant
du type de charge permanente appliquée sur le long terme et de la fonction de fluage dans le
temps définie par l’EN1992-1-1.

Le coefficient d’équivalence pour les calculs de la structure à long terme est noté nL.
Il dépend du type de charge appliqué sur la poutre (par l’intermédiaire du coefficient
ΨL) et du fluage du béton à l’instant considéré (par l’intermédiaire de la fonction de
fluage φ(t,t0)).

nL =n0.[1+ ΨL. φ(t,t0)]

Coefficient n0 :

n0 =Ea/Ecm = 210000/[22000.(fcm/10)0,3] = 6,1625.

Coefficient ΨL :

ΨL traduit la dépendance du coefficient d’équivalence au type de charge appliquée :

- Charge permanente (poids propre des plots de dalle, superstructure) ΨL=1,1.


- Retrait du béton ; ΨL=1,1.

Fonction du fluage φ(t,t0) :

φ(t,t0) = φ0.βC(t,t0) = φ0. (t-t0/(βH+t-t0))0,3= φ0 lorsque t tend vers l’infini.

βH est un coefficient qui ne dépend que de l’humidité relative et du rayon moyen h0 =


720 mm, calculé dans le paragraphe sur le retrait.

φ0 = φRH.β(fcm). β(t0)

= (1+ (1-RH/100)/(0,1.h00,33).α1).α2.(16,8/fcm0,5).(1/(0,1+t00,2)).
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Les coefficients α1 et α2 tiennent compte de l’influence de la résistance du béton


lorsque fcm≥35MPa (sinon α1= α2=1). Dans notre exemple fcm=43MPa et on en déduit
donc que :

α1=(35/fcm)0,7=0,866 ; α2=(35/fcm)0,2=0,960.

t0 est l’âge moyen du béton (en jours) lorsque le cas de charge considéré est
appliqué sur la structure :

- Charge permanente : (poids propre d’un plot de dalle) :

Lorsqu’on bétonne le plot j (2≤j ≤30), les j-1 premiers plots déjà bétonnés ont tous
des âges différents. La moyenne de ces j-1 valeurs fournit l’âge moyen t0j du béton
pour le cas de charge correspondant au bétonnage du plot j. Il faudrait donc calculer
autant de valeur de nL qu’il y a de phases de bétonnage.

Pour simplifier, l’EN1994-2 permet de ne considérer qu’une seule valeur moyenne de


t0 pour le calcul de toutes les phases de bétonnage de la dalle. Du fait de la très
faible influence de choix de cette date sur la valeur finale des sollicitations et des
contraintes dans la structure, on a considéré que l’âge moyen de bétonnage était
égal à la moitié de la durée de bétonnage de la dalle complète, soit t0=105/2 = 52,5
jours.

- Charge permanente (superstructure) :

Le cas de charge des superstructures s’applique 60 jours après la fin du bétonnage.


t0 = 114,64 jours. [Date moyenne des plots bétonnés].

- Retrait du béton :

Le retrait est supposé commencer dès la mise en œuvre du béton et s’étale pendant
toute sa durée de vie. L’EN1994-2 impose une valeur de t0 égale à 1 jour pour le
calcul du coefficient d’équivalence correspondant.

- Calcul de nL :

Le calcul effectué est récapitulé dans le tableau suivant :

Chargement ΨL t0 (jours) φ(∞,t0) nL


Bétonnage 1,1 52,5 1,276041225 14,81243529
Retrait 0,55 1 2,677559902 15,23772459
Superstructure 1,1 114,64 1,098395616 13,60822249
Tableau 9 - COEFFICIENTS D'EQUIVALENCES POUR LES DIFFERENTS CAS DE CHARGE
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

o Généralités :

Pour l’analyse globale de flexion longitudinale, les actions du trafic ferroviaire sont
définies au moyen de modèles de charges.

- Le modèle de charge 71 (et le modèle SW/0 pour les ponts à travées continues),
pour représenter le trafic normal sur les grandes lignes :

- Le modèle SW/2, pour représenter les charges lourdes ;

- Le modèle HSLM, pour représenter la charge de trains de voyageurs circulant à des


vitesses supérieures à 200Km/h ;

o LM71 :

Le modèle de charges pour l’étude du comportement statique du chargement des


trains est le LM71 (EN 1991-2 § 6.3.2). Il modélise le passage de tout le trafic pour 2
millions de cycles.

La disposition et les valeurs caractéristiques des charges verticales doivent être


conformes à la figure ci-après :

Figure 24- SCHEMA DE CHARGE LM71

o SW /0 et SW/2:

Les schémas de charges SW représentent l’effet statique des circulations ferroviaires


lourdes. La disposition des charges est indiquée sur la figure ci-après avec les
valeurs caractéristiques des charges verticales conformes à celles figurant dans le
tableau ci –dessous :

Figure 25 - SCHEMA DE CHARGE SW


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Classe de charge qvk (KN/m) a(m) b(m)


SW/0 133 15 5,3
SW/2 150 25 7,0
Tableau 10 - SYSTEME DE CHARGE SW

o Train à vide :

Pour certaines vérifications un schéma de charges particulier est utilisé, dénommé


"Train à vide". Il consiste en une charge linéaire verticale uniforme, ayant une valeur
de 12,5 KN/m, et appliquée sur toute la longueur de l'ouvrage.

Cette charge n’est pas dimensionnante et donc non retenue pour les calculs.

o Excentricité :

L´effet d´un déplacement latéral des charges verticales doit être pris en compte en
limitant le rapport des charges de roues d´un même essieu à 1,51, l’excentricité ‘’ e ‘’
qui en résulte apparaît dans la figure suivante :

Figure 26-EXCENTRICITE DES CHARGES VERTICALES


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Les sollicitations et déformations statiques d'un pont dues aux trains de charges sont
augmentées ou diminuées par les effets suivants :
- La mise en charge rapide provoquée par la vitesse des circulations franchissant la
structure, et les forces d'inertie de la structure, qui ne sont pas prises en compte dans
les calculs statiques;
- Les variations des charges de roues dues aux défauts aléatoires des roues et de la
voie,
- Le passage d'une succession de charges espacées de façon plus ou moins
régulière, ce qui peut exciter la structure et, dans certains cas, conduire à sa mise en
résonance (lorsque la fréquence d'excitation est en concordance avec la fréquence
propre de la structure, il y a un risque que les vibrations cumulées, créées lors du
franchissement de la structure par la succession d'essieux, ne soient des vibrations
excessives).

Les effets dynamiques sont pris en compte, au moyen des coefficients ou si


les deux conditions correspondantes sur la flèche sous poids permanent et la vitesse
sont toutes deux vérifiées.
Dans le cas contraire, il y a lieu à se référer à une analyse dynamique complète.
o Condition sur la flèche sous charges permanentes :
La première condition exige que la flèche de la structure δ 0, sous charges
permanentes, soit comprises entre une limite supérieure δ S et une limite inférieure δi,
avec :

Application numérique :
δs = 6,69 cm ; Or δ0 = 1,51 cm << δs (Voir : [VIII. Géométrie déformée]).
L : étant la portée d'une travée en mètre.
o Condition sur la vitesse:
La vitesse doit être inférieure à 220km/h .
o Calcul des Coefficients:
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Les coefficients dynamiques, multiplicateur des sollicitations et déformations sous les


schémas de charges UIC71 et SW (et donc sous les deux chargements UIC71+SW/0
et SW/2) sont calculés, selon le LIVRET 2.01, de la manière suivante :

Avec 1 < <1,67, coefficient à prendre en compte pour un entretien de la voie


soigné

= longueur caractéristique en m donnée par le tableau I.3 (page 176 Livret 2.01),
et définie pour chaque élément porteur de la structure.

Le CPS spécifie le coefficient à utiliser en fonction de la ligne concernée. A défaut, on


utilise .

Les résultats après calcul sont :

- Poutres principales : - Diaphragmes :

[Pour les tabliers [Pour les


isostatiques]. diaphragmes courants].

[Pour les tabliers [Pour les diaphragmes


hyperstatiques]. d'extrémité d'ouvrage].

Les coefficients de majoration dynamique qu’on prendra en compte sont les


suivants :

Pour les poutres principales des tabliers isostatiques


Pour les poutres principales des tabliers hyperstatiques
Pour les diaphragmes courants
Pour les diaphragmes d’extrémité d’ouvrage
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

o Le vent :

Il est rappelé que les effets du vent sur les ouvrages doivent être déterminés en
construction et en service, et que pour cette seconde situation, on distingue deux
types de charges de vent:

- Un vent non cumulable aux charges de trafic, appliqué uniquement sur le tablier,
calculé avec la valeur de base de la vitesse de référence, et appliqué seul sur les
ouvrages sans trafic.

- Un vent cumulable aux charges de trafic, calculé avec la même valeur de la vitesse
de référence, et appliqué sur les ouvrages et les charges roulantes d'exploitation,
cette force de vent doit être pondérée par un coefficient ψ 0 pris égal à 0,6.

Pour le projet du viaduc de Hachef, la vitesse du vent extrême est donnée ci-
dessous :

Ouvrages Région Vitesse de pointe


Viaduc EL HACHEF 4 39 m/s

L’ensemble de ces données ont été introduites dans le logiciel, CSiBridge prend en
considération d’une manière automatique l’effet du vent.

o Actions thermiques :

L'action thermique caractéristique est notée Tk et se décompose en 4 composantes


constitutives selon le schéma de la figure ci-dessous :

Figure 27-COMPOSANTES CONSTITUTIVES D'UN PROFIL DE TEMPERATURE

- Une composante uniforme : ∆Tu


- Un gradient thermique linéaire suivant l'axe horizontal transversal du tablier : ∆TMy
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

- Un gradient thermique linéaire suivant la hauteur du tablier : ∆TMz


- Une composante non linéaire donnant lieu à des contraintes auto-équilibrées : ∆TE

Dans notre étude, on ne considère pas la composante linéaire horizontale ∆TMy du


gradient thermique. La composante ∆TE se traduit par un diagramme de contraintes
équilibrées dans la section considérée du tablier (c'est-à-dire que ces contraintes ne
donnent lieu à aucun effort). L'ensemble ∆TMz + ∆TE est pris en compte dans les
ponts par l'utilisation d'un gradient thermique non linéaire.

L’EN1991-1-5 laisse le choix à l’Annexe Nationale entre deux définitions du gradient thermique
vertical dans un pont :

- Un gradient linéaire sur toute la hauteur du tablier (non retenu par l’Annexe Nationale) ;
- un gradient non-linéaire qui peut être défini suivant deux procédures, continue ou discontinue
(voir figure ci-dessous). Les valeurs ∆T1 et ∆T2 sont définies en fonction du type de
revêtement de surface du tablier dans l’annexe B de l’EN1991-1-5.

Figure 28 - DEFINITION DES GRADIENTS THERMIQUES NON LINEAIRES POUR UN PONT MIXTE

Conformément au choix de l'Annexe Nationale de l'EN1991-1-5, on retient pour l’étude


suivante le gradient non linéaire discontinu avec une différence de température de +/- 10°C
dans le béton de la dalle par rapport à l’acier de la charpente. Le gradient non linéaire positif
est noté ∆TM,heat et le gradient non linéaire négatif est noté ∆TM,cool.

Ce gradient thermique est une action variable (au même titre que le trafic routier) et il
s'applique sur une section mixte homogénéisée à court terme. Cette action est introduite
directement dans le logiciel pour le recueil des sollicitations globales.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE V. Combinaisons d’actions

Tout pont est à vérifier pour les situations de projet suivantes :

 Situations de projet transitoires :


 Charpente seule sous son poids propre (avec différentes phases suivant les
étapes choisies pour le montage),
 Fin du bétonnage de chaque plot de dalle (30 situations).
 Mise en œuvre d’éventuelles dénivellations d’appuis.
 Situations de projet durables :
 A la mise en service (état du pont en fin de construction),
 En fin de durée de vie, c’est-à-dire 100 ans (état considéré comme l’infini dans
les calculs),
 Situations de projet accidentelles :
 Séisme,
 Chocs,

Le présent rapport ne traite pas des situations de projets accidentelles. Pour chaque situation
de projet on définit les combinaisons aux états limites de services (ELS), et aux états limites
ultimes (ELU).

Notes qu’il est indispensable de compléter le présent dimensionnement par une étude
sismique, le site [vallée El Hachef] étant de sismicité élevée.

Un calcul de fourchette en Gk,sup et Gk,inf est à prévoir à cause de la variabilité des charges
de superstructure. [EN 1990, 4.1.2]

Nous ne tiendrons pas comptes des forces de freinage ou d’accélération. En effet ces actions-
là sont horizontales et ne servent qu’au dimensionnement des appareils d’appuis et des joints
de dilatation que nous ne traiterons pas. [EN 1991-2, 4.4.1]

L’EN1991-2 définit des groupes de charges, qui prennent en considération l’effet combiné des
systèmes de charge, ces groupes sont à considérer séparément, ils définissent chacun une
action caractéristique variable à combiner avec des charges autres que celles du trafic. [ EN
1991-2, 6.8.2]

Le tableau (page suivante) est extrait de l’EN1992-1, tableau 6.11 :


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Les actions de trafic (LM71, SW/0, SW/2 doivent être multipliées par les coefficients
dynamiques que nous calculons ci-dessous). Nous rappelons aussi que l’action du SW/0 n’est
à considérer que quand il s’agit d’un pont à travées continues.

Les combinaisons d’actions sont établies à l’aide de l’EN 1990 et son annexe normative A2 ‘’
Application aux ponts ‘’.

En situation de projet durable ou transitoire, pour des justifications de


dimensionnement des éléments structuraux (hors semelles, pieux, murs de culées ou
autres éléments soumis à des actions géotechniques), les combinaisons d’actions
prennent la forme ci-dessous : [EN 1990, 6.4.3.1(3)].

∑ + ∑
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Le symbole ‘’+’’ signifie que le système pondéré qui précède [par ex :


∑ doit être combiné au suivant. [Dans ce cas , puis combiné
à∑ .

Les coefficients partiels γ et Ψ proviennent de l’EN1991. [Ces coefficients vous sont


présentés ci-dessous].

Coefficients ψ : Coefficients γ :

- Charges ferroviaires sur deux voies: ψ0 = - Charges permanentes : γG, sup = 1.35 γG,inf = 1
0.8 ψ1 = 0.7 ψ2 = 0
- Retrait : γG, sup = 1 γG,inf = 0
- Charges ferroviaires sur une voie : ψ0 = 0.8
ψ1 = 0.8 ψ2 = 0 - Dénivellation d’appuis : γG, sup = 1.35 γG,inf = 0

- Charges d’exploitation dalle basse : ψ0 = - Charges LM71 : γQ = 1.45


0.8 ψ1 = 0.5 ψ2 = 0 - Charges SW/0 : γQ = 1.45
- Actions du vent : ψ0 = 1 ψ1 = 0.5 ψ2 = 0 - Charges SW/2 : γQ = 1.35 [tableau A2.4(B)(NA) de
- Actions dues à la température : ψ0 = 0.6 ψ1 l’annexe nationale EN 1990/A1/NA]
= 0.6 ψ2 = 0.5 - Charges dalle basse : γQ = 1.35

- Actions du vent : γQ = 1.5

- Actions thermiques : γQ = 1.5

Les combinaisons obtenues sont :

• Charges permanentes * (1,35 ou 1) + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis *


(1,35 ou 0) + Charges LM71 voie1 * 1,45 + Charges LM71 voie2 *1,45 + Charges
dalle basse * 1,35*0,8 + Action du vent * 1,5 + Actions thermiques * 1,5*0,6
• Charges permanentes * (1,35 ou 1) + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis *
(1,35 ou 0) + Charges SW/0 voie1 * 1,45 + Charges SW/0 voie2 *1,45 + Charges
dalle basse * 1,35*0,8 + Action du vent * 1,5 + Actions thermiques * 1,5*0,6
• Charges permanentes * (1,35 ou 1) + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis *
(1,35 ou 0) + Charges LM71 voie1 * 1,45 + Charges SW/2 voie2 *1,35 + Charges
dalle basse * 1,35*0,8 + Action du vent * 1,5 + Actions thermiques * 1,5*0,6
• Charges permanentes * (1,35 ou 1) + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis *
(1,35 ou 0) + Charges SW/0 voie1 * 1,45 + Charges SW/2 voie2 *1,35 + Charges
dalle basse * 1,35*0,8 + Action du vent * 1,5 + Actions thermiques * 1,5*0,6
• Charges permanentes * (1,35 ou 1) + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis *
(1,35 ou 0) + Charges dalle basse * 1,35 + Charges LM71 voie1 * 1,45*0,8 + Charges
LM71 voie2 *1,45*0,8 + Action du vent * 1,5 + Actions thermiques * 1,5*0,6
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

• Charges permanentes * (1,35 ou 1) + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis *


(1,35 ou 0) + Charges dalle basse * 1,35 + Charges SW/0 voie1 * 1,45*0,8 + Charges
SW/0 voie2 *1,45*0,8 + Action du vent * 1,5 + Actions thermiques * 1,5*0,6
• Charges permanentes * (1,35 ou 1) + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis *
(1,35 ou 0) + Charges dalle basse * 1,35 + Charges LM71 voie1 * 1,45*0,8 + Charges
SW/2 voie2 *1,35*0,8 + Action du vent * 1,5 + Actions thermiques * 1,5*0,6
• Charges permanentes * (1,35 ou 1) + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis *
(1,35 ou 0) + Charges dalle basse * 1,35 + Charges SW/0 voie1 * 1,45*0,8 + Charges
SW/2 voie2 *1,35*0,8 + Action du vent * 1,5 + Actions thermiques * 1,5*0,6
• Charges permanentes * (1,35 ou 1) + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis *
(1,35 ou 0) + Actions thermiques * 1,5 + Charges LM71 voie1 * 1,45*0,8 + Charges
LM71 voie2 *1,45*0,8 + Charges dalle basse * 1,35*0,8 + Action du vent * 1,5
• Charges permanentes * (1,35 ou 1) + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis *
(1,35 ou 0) + Actions thermiques * 1,5 + Charges SW/0 voie1 * 1,45*0,8 + Charges
SW/0 voie2 *1,45*0,8 + Charges dalle basse * 1,35*0,8 + Action du vent * 1,5
• Charges permanentes * (1,35 ou 1) + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis *
(1,35 ou 0) + Actions thermiques * 1,5 + Charges LM71 voie1 * 1,45*0,8 + Charges
SW/2 voie2 *1,35*0,8 + Charges dalle basse * 1,35*0,8 + Action du vent * 1,5
• Charges permanentes * (1,35 ou 1) + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis *
(1,35 ou 0) + Actions thermiques * 1,5 + Charges SW/0 voie1 * 1,45*0,8 + Charges
SW/2 voie2 *1,35*0,8 + Charges dalle basse * 1,35*0,8 + Action du vent * 1,5

Note : L’action permanente est à multipliée par un coefficient 1, 35 lorsque


défavorable et considérée sans augmentation si son action est favorable. D’autre
part, le retrait n’est pas pris en considération si son action est favorable.

En service (situation de projet durable), les combinaisons de l'ELS caractéristique à


considérer sont les suivantes (A2.4.1 de l'annexe A2 de l'EN1990) :

∑ + ∑

• Charges permanentes + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis * (1 ou 0) +


Charges ferroviaires * 1 + Charges dalle basse * 0,8 + Action du vent * 1 + Actions
thermiques * 0,6

• Charges permanentes + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis * (1 ou 0) +


Charges dalle basse * 1 + Charges ferroviaires * 0,8 + Action du vent * 1 + Actions
thermiques * 0,6

• Charges permanentes + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis * (1 ou 0) +


Actions thermiques * 1 + Charges ferroviaires * 0,8 + Charges dalle basse * 0,8 +
Action du vent *1
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

En service (situation de projet durable), les combinaisons de l'ELS fréquent à


considérer sont les suivantes (A2.4.1 de l'annexe A2 de l'EN1990) :

∑ + ∑

Charges permanentes + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis * (1 ou 0) +


Charges ferroviaires sur deux voies * 0,7 + Actions thermiques * 0,5

• Charges permanentes + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis * (1 ou 0) +


Charges ferroviaires sur une seule voie * 0,8 + Actions thermiques * 0,5

• Charges permanentes + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis * (1 ou 0) +


Charges d’exploitation dalle basse * 0,5 + Actions thermiques * 0,5

• Charges permanentes + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis * (1 ou 0) +


Actions du vent * 0,5 + Actions thermiques * 0,5

• Charges permanentes + Retrait * (1 ou 0) + Dénivellation d’appuis * (1 ou 0) +


Actions thermiques * 0,6

En service (situation de projet durable), la seule combinaison de l'ELS quasi-


permanent à considérer est la suivante (A2.4.1 de l'annexe A2 de l'EN1990) :

∑ ∑

Charges permanentes + (1,0 ou 0,0) Retrait + 0,5* gradient thermique.


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE VI. Analyse structurale

L’analyse structurale de l’ouvrage est une analyse globale de l’ensemble de l’ouvrage


qui vise à obtenir les différentes sollicitations de flexion longitudinale et les
contraintes correspondantes. L’analyse est faite en respectant le phasage de
construction et en considérant deux états de la structure, à court terme (mise en
service de l’ouvrage) et à long terme (fin de vie de l’ouvrage).

L’analyse globale prend en compte plusieurs facteurs qu’on mentionne ci-dessous :

o Prise en compte de la géométrie déformée : [EN1994-2, 5.2.1]

Dans le cas d’un pont à poutres, les effets de la géométrie déformée n’interviennent
pas. L’analyse est donc une analyse de premier ordre.

o Effets de non linéarité des matériaux :

La résistance des sections mixtes sous moment positif est en général une résistance
plastique impliquant la prise en compte de non linéarité des matériaux. Les efforts et
par la suite les contraintes sont néanmoins calculés à partir d’une analyse linéaire
élastique.

Cette analyse doit tenir compte de la fissuration du béton, de son retrait et de son
fluage, ainsi que du phasage de construction.

o Prise en compte de la fissuration du béton [EN1994-2, 5.4.2.3(2)]

Elle se fait, de façon générale par deux analyses globales successives :

 Dans une première analyse globale, dite ‘’ non fissurée ‘’, la participation du
béton de la dalle aux caractéristiques mécaniques de la poutre modélisée est
considérée dans toutes les sections transversales du tablier ;
 Dans une section transversale donnée si les contraintes longitudinale σ c dans
la fibre supérieure de la dalle en béton sous ELS caractéristique est inférieure
à -2fctm = -6,4MPa, alors le béton de cette section est considéré comme
fissuré dans la deuxième analyse. Ce critère définit ainsi des zones fissurées
de part et d’autre des appuis intermédiaires du tablier ;
 Dans une deuxième analyse globale, dite ‘’ fissurée ‘’, on réduit la participation
de la dalle en béton dans les zones fissurées à celle de ses armatures
passives. Les sollicitations et contraintes issues de cette deuxième analyse
sont exploitées dans ce qui suit pour justifier chaque section transversale du
tablier.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

A condition que :

- Le rapport entre 2 travées adjacentes soit toujours supérieur à 0,6 et,


- Aucune dénivellation d’appui ne soit envisagée,

L’analyse fissurée peut être directement faite en considérant pour les zones
fissurées, des longueurs égales à 15% des portées de part et d’autre de chaque
appui intermédiaire.

o Prise en compte du traînage de cisaillement dans la dalle : [EN 1994-2,


5.4.1.2]
Le trainage de cisaillement dans la dalle en béton peut être pris en compte par
réduction de la largeur réelle de dalle à une largeur dite efficace. Il influence donc la
valeur des caractéristiques mécaniques des sections, utilisées dans le calcul de
l’analyse globale. Pour un bipoutre, les effets du traînage ne sont réellement sensible
que pour les petites portées (inférieures à 40 m) ou pour les ouvrages de grande
largeur. [Le lecteur est renvoyé au paragraphe suivant pour la détermination pratique
des largeurs efficaces].

Explication du phénomène :

La répartition des contraintes normales dans une section transversale n'est pas
uniforme, car plus une fibre longitudinale de la dalle est éloignée transversalement de
l’âme métallique, plus elle présente un retard de déformation sur la fibre centrale (elle
« traîne »). Ce phénomène est appelé traînage de cisaillement. Afin de le prendre en
compte dans les calculs, on définit des largeurs efficaces pour la dalle.

Figure 29- TRAINAGE DE CISAILLEMENT


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Pour le calcul de flexion longitudinale, on peut modéliser le tablier soit sous la forme d’une file
continue de barres, placée au niveau de la fibre moyenne de la poutre modélisée, et posée sur
des appuis simples au niveau des piles et culées [C’est-à-dire qu’on modélise le demi-tablier
seul sous forme filaire], ou bien on modélise tout le tablier, et dans ce cas il s’agira d’un model
filaire section transversale entière.

La première modélisation étant défavorable vis-à-vis du critère de flèche, nous réaliserons


sous logiciel toute la section transversale, ceci nous éviterait de reprendre le model au cas où
le critère de flèche n’est pas satisfait.

Pour une poutre maîtresse dans une section donnée du tablier, la largeur efficace de
dalle est la somme de 3 termes : [EN1994-2, 5.4.1.2(5)].

beff = b0 + β1be1+ β2be1

Avec:

- b0 (= 750 mm), l’entraxe entre les rangées extérieures de connecteurs goujons;


- bei = min {Le/8 ; bi} où Le est la portée équivalente dans la section considérée et où
bi est la largeur géométrique réelle de la dalle associée à la poutre maîtresse ;
- β1= β2 =1 sauf pour les sections sur culées et pile-culée C0 et PC5 où βi = 0,55
+0,025.Le/bei <1,0 avec bei égal à la largeur efficace à mi-travée de rive.

Pour le calcul de la portée équivalente, on fera recours aux schémas suivants :

Le1= 0,85*L1= 0,85*50,625= 43,03m pour les sections situées en travée de rive C0-
P1 et P4-C5, et pour les sections situées sur les culées C0 et C3 ;
Le2= 0,7*L2= 0,85*56,5= 39,55m pour les sections situées en travée intermédiaire;
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Comme Lei/8 est toujours supérieur à bi, on en déduit que la largeur efficace est
égale à la largeur réelle, sauf pour les sections sur culées.
D'où pour les travées intermédiaires: beff = 6,29m.

Pour le calcul des sollicitations avec une analyse globale élastique linéaire, on peut utiliser des
largeurs constantes par travée et égale à la valeur à mi- portée. Dans le cas de cet exemple,
cela permet de faire le calcul des sollicitations avec la largeur réelle de dalle sur toute la
longueur du pont, c’est-à-dire que le traînage de cisaillement de la dalle n’a pas d’influence sur
les sollicitations. Ceci est logique compte tenu des portées envisagées pour l’exemple, qui sont
relativement grandes pour un pont bipoutre. [EN 1994-2, 5.4.1.2(4)]

La largeur efficace étant prise constante et égale à la


demi-largeur de l’hourdis, il s’agira toujours d’un profilé
métallique coiffé d’une dalle de caractéristique constante
tel que présente la figure ci-après.

L’inertie et le centre de gravité que donnent les tableaux ci-dessous sont calculés à
partir d’un coefficient d’équivalence n à court terme. Une première étape consiste
donc à calculer le coefficient d’équivalence n.

- n= Eacier/Ebéton.
- Ebéton = Einst= 22000.(fcm/10)0,3 = 22000*(43/10)^0,3.

Ebéton [MPa] 34077,1462


Eacier [MPa] 210000
n cours terme = trafic 6,162487867

L’égalité des moments statiques par rapport à la fibre supérieure du béton nous
donnent les résultats suivants :
Ah.ZG=Aacier.(Zacier+hbéton)+Abéton.Zbéton/n

Où :
Ah : Aire de la section homogène. Ah est égale à A béton/n + Aacier.
ZG : Centre de gravité de la section homogène.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Zbéton : Distance à partir de la fibre supérieure de la section en béton à son centre de


gravité. Zbéton est égale à hbéton/2.
Zacier : Distance à partir de la fibre supérieure de la section en béton au centre de
gravité de la section en acier. Zacier est égale à hbéton + hacier/2.
Ceci nous permettrait de localiser le centre de gravité par rapport à la fibre supérieure
du béton, puis de calculer l’inertie homogène :

Ihomogène = Iacier + Ibéton + (ZG – hacier/2)².Aacier + (ZG – hbéton/2)².Abéton

Où :
Iacier : Moment d’inertie de l’acier par rapport au centre de gravité du profilé métallique.
Ibéton : Moment d’inertie de la section de béton par rapport à son centre de gravité.

Le tableau ci-dessous résume les caractéristiques géométriques des différentes


sections adoptées dans l’étude. [Annexe 3 : recueil des caractéristiques géométriques d’une
section].

Sections : Caractéristiques Géométriques :


Aacier[cm²] 1771
hacier[cm] 375
Abéton[cm²] 23887
Iacier[cm4] 39820000
Ibéton 2890000
ZG [cm] 83,4314567
Ihomogène[cm4] 161826216,6
Aacier[cm²] 2166
hacier[cm] 375
Abéton[cm²] 23887
Iacier[cm4] 51340000
Ibéton 2890000
ZG [cm] 92,68630227
Ihomogène[cm4] 204281674,2
Aacier[cm²] 3630
hacier[cm] 375
Abéton[cm²] 23887
Iacier[cm4] 92000000
Ibéton 2890000
ZG [cm] 118,4926226
Ihomogène[cm4] 349818113,6
Aacier[cm²] 1697
hacier[cm] 375
Abéton[cm²] 23887
Iacier[cm4] 38970000
Ibéton 2890000
ZG [cm] 81,55173177
Ihomogène[cm4] 155120587,1
Tableau 11 - CARACTERISTIQUES GEOMETRIQUES DES SECTIONS HOMOGENES
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

[Feuille Excel : Zones fissurées]

Dans un premier temps on réalise une analyse globale non fissurée. Les sollicitations
et les contraintes longitudinales σc dans la dalle sont calculées en considérant que le
béton participe à la raideur en flexion de toutes les sections.
La figure ci-dessous illustre les valeurs de contraintes obtenues alors sous
combinaison ELS caractéristique ainsi que les zones où cette contrainte dépasse -
2.fctm = -6,4 MPa sur le parement supérieur du hourdis.
Bien que les moments soient nuls aux extrémités du tablier, les contraintes
représentées ne le sont pas car elles incluent les contraintes auto-équilibrées dues
au retrait et à l’action thermique (appelées auto-contraintes, ou « effet primaire », ou
encore « effet isostatique » dans l’EN1994-2).
Pour l’analyse fissurée ultérieure, on a pris en compte pour chaque appui
intermédiaire, une seule zone fissurée, continue et la plus longue possible.

10

0
0 50 100 150 200 250 300
-5

-10

-15
Figure 30- ENVELOPPE DES CONTRAINTES DANS LA FIBRE SUPERIEURE SOUS ELS CARACTERISTIQUE

En terme pratique, cela donne :


• Une zone fissurée sur P1 qui commence à l’abscisse x = 39,8 m (soit 21,38% de
travée de rive fissurée) et qui se termine à l’abscisse x = 60,8 m (soit 18,0% de la
deuxième travées) ;
• Une zone fissurée sur P2 qui commence à l’abscisse x = 99 m (soit 14,0% de
travée centrale fissurée) et qui se termine à l’abscisse x = 115 m (soit 19,3% de
travée de rive fissurée).
• Une zone fissurée sur P3 qui commence à l’abscisse x = 156 m (soit 14,0% de
travée centrale fissurée) et qui se termine à l’abscisse x = 172 m (soit 14,8% de
travée de rive fissurée).
• Une zone fissurée sur P4 qui commence à l’abscisse x = 207,8 m (soit 15,0% de
travée centrale fissurée) et qui se termine à l’abscisse x = 229,2 m (soit 15,3% de
travée de rive fissurée).

On affecte à ces zones un béton non résistant [wet concret], dont la seule fonction est
de transférer les charges à la charpente métallique. (Voir paragraphe : [VII.2.7]).
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Lors de la deuxième analyse globale, la présence des zones fissurées modifie


l’introduction de certaines actions sur le modèle de calcul.

o Retrait du béton :

L'action du retrait est introduite sur le modèle filaire sous la forme d'un effort normal
Nb = Ecm.εcs.Ab appliqué au centre de gravité de la dalle en béton. Cet effort se
ramène au niveau du centre de gravité de la section mixte à l'effort normal Nb et au
moment fléchissant Mb = Nbzb où zb est la distance entre le centre de gravité mixte et
le centre de gravité de la dalle.
Pour la détermination des zones fissurées, ces efforts qualifiés d'« isostatiques » (ou
de « primaires ») par l'EN1994-2 sont appliqués dans toutes les sections du modèle.
L'EN1994-2 appelle effets « hyperstatiques » (ou « secondaires ») du retrait, la
différence entre les efforts internes de la Résistance des Matériaux obtenus dans le
modèle de la poutre continue sous l'action des efforts isostatiques, et les efforts
isostatiques eux-mêmes. [Ceci est analogue à l’effet hyperstatique introduit par les
précontraintes dans une poutre sur plusieurs appuis].

Pour l'analyse dite fissurée, les effets isostatiques du retrait (Nb et Mb) ne sont plus
appliques dans les zones fissurées sur appuis intermédiaires. Le retrait au jeune âge
et le retrait thermique εcs + εth = 1,7.10-5 restent appliques plot par plot, en dehors
des zones fissurées, sur une structure homogénéisée avec un coefficient
d'équivalence à court terme (n0 = 6,1625). Le retrait au temps infini εcs = 2,4.10-4
reste applique en une seule phase sur la dalle complète (à l’exception des zones
fissurées) et pour une structure homogénéisée avec un coefficient d'équivalence nL =
15,24.

o Gradient thermique [EN1994-2, 5.4.2.2 (6)]

Le gradient thermique est une action variable appliquée sur une structure
homogénéisée avec un coefficient d'équivalence à court terme (n0 = 6,1625). Dans
les zones fissurées, il est traité de la même façon que le retrait. C’est là une des
raisons du choix de cette définition du gradient thermique dans l’Annexe Nationale de
l’EN1991-1-5.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE VII. Modélisation Sous CSiBridge

La modélisation du pont en question a été faite sous CSiBridge, la nouvelle extension


de SAP dédiée exclusivement aux calculs de ponts.
Le logiciel dispose de modèles prédéfinis permettant une rapide modélisation du pont
qu’il soit mixte, suspendu ou autre. CSiBridge intègre plusieurs fonctionnalités que
nous exposons ci-dessous.

Les produits CSi utilisent en général la norme AASHTO, mais ils admettent la
définition de nouvelles entrées dites ‘’ User ‘’. Cela permettrait l’introduction des
matériaux, des trains de charges et combinaisons tels que définies dans les
Eurocodes.

L’introduction de la géométrie du pont s’effectue soit en ayant recours aux modèles


prédéfinies [Templates], soit en modélisant entièrement le pont.

La géométrie du pont étant complexe, nous optons pour la première alternative. Il


faudrait toutefois pour introduire l’inertie variable que présentent les poutres suivre le
cheminement suivant :

- Un premier pré-dimensionnement des poutres en acier [Girders] doit être effectué


selon les prescriptions d’AASHTO.

- On effectue une première analyse sous poids propre uniquement [Sans définition
des charges de trafics, climatiques ou autres]. L’analyse généralement permet le
recueil des sollicitations, dans notre cas elle permet de déverrouiller l’onglet
optimisation [Design/Rating > Design Requests > Run Super > Optimize], où l’on va
introduire la variation des poutres.

- La structure étant ajustée, on définit les charges et surcharges d’exploitation, les


propriétés des matériaux, les combinaisons, puis on relance l’analyse.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

o Hauteur de la poutre [Girder Depth] :

En l’absence de toute restriction sur la profondeur de l’ouvrage, l’article 2.5.2.6.3 du


règlement AASHTO préconise un ratio profondeur-portée minimal pour les poutres
en acier des ponts mixtes à travées continues [Composite I-section in a continuous
span] de 0,027L, L étant la portée caractéristique de l’ouvrage.
En l’absence de toute restriction [Gabarits à préserver ou autre], une section plus
profonde est à prévoir pour donner plus de rigidité aux poutres en phases de
construction où le comportement non mixte prédomine.
On peut donc envisager d’augmenter la profondeur de l’ouvrage jusqu’à 0,032L.

o Epaisseur de l’âme [Web] :

En l’absence de raidisseurs longitudinaux, [Non prévus jusqu’à présent], l’épaisseur


minimale tw de l’âme est donnée selon l’article 6.10.2.1 par :
D/ tw ≤150.
D étant la profondeur de de la poutre définie précédemment.

o Semelles [Flanges] :

La largeur des semelles minimale que définit l’AASHTO dans l’article 6.10.2.1 est
donnée par bf≥D/6, l’épaisseur minimale est donnée par tf≥1,1tw. L’article 6.10.2.2
ajoute à cela la condition suivante : bf/2tf ≤12.

Le pré-dimensionnement ci-dessus est presque analogue à celui présenté dans le


guide Sétra pour la conception durable des ponts mixtes, la section de poutre
résultante telle que introduite dans le logiciel est la suivante :

Figure 31 -GEOMETRIE INITIALE DE LA POUTRE [AASHTO]

Au niveau de Components>Type>Frame Propreties on introduit la géométrie de notre


poutre telle que mentionnée ci-dessous :
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

On commence par choisir le modèle prédéfini [Steel Girder : Pont Mixte] au niveau
de : Orb>New> QuikBridge.

Le Quick Bridge Template apparait, on introduit les portées au niveau de Span


Lenghts, et on choisit le type Pont mixte [Steel Girder].
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Ces opérations achevées le logiciel génère un ensemble d’éléments relatifs au pont


par défaut, l’utilisateur peut toujours intervenir et introduire de nouveaux
changements.

La base de données dont dispose le logiciel en ce qui concerne les matériaux n’inclut
pas les nuances d’aciers et les classes de béton utilisées par les eurocodes.
CSiBridge offre toutefois la possibilité d’ajouter et de redéfinir de nouveaux
matériaux. [Components>Type>Material Propreties].

N.B : L’objet de notre analyse étant principalement le recueil des sollicitations, et non
pas le dimensionnement, on aurait pu nous contenter de garder les matériaux que
génère le logiciel par défaut lors du choix du modèle [Template] et ne changer que
les masses volumiques, ainsi que les propriétés qui dépendent du temps [Time
dependent propreties] pour l’introduction de l’effet du retrait et du fluage dans
l’analyse.

Au niveau de l’onglet Components>Superstructure, on introduit l’ensemble des


modifications nécessaires pour obtenir la section transversale du pont. [Telle que
présentée dans le paragraphe : Modélisation de la dalle pour la flexion longitudinale].
La fenêtre qu’encadre le petit rectangle en noir représente la géométrie finale du pont
après introduction des différentes modifications.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Remarquez que le logiciel affecte automatiquement les matériaux et les sections


définies précédemment à la structure.

Autre le chargement UIC71, le SW/0 et SW/2 ne figurent pas dans la base de


données du logiciel, c’est à l’utilisateur de les définir. La définition en elle-même n’est
pas une chose compliquée, l’attention du lecteur est attirée cependant sur le fait que
les Eurocodes introduisent une excentricité dont il faut tenir compte.

o Calcul de l’excentricité : [EN1991-2, 6.3.5]


L´effet d´un déplacement latéral des charges verticales doit être pris en compte en
supposant que le rapport des charges de roue d´un même essieu puisse être compris
entre 1,25 et 1,00 de l´excentricité résultante « e » qui apparaît sur la figure :
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Application numérique : On a r=1,58, ce qui nous donne une excentricité e qui


vérifie : e ≤ 1,58/18 = 0,087 m.
Le logiciel prend en considération cette excentricité par la définition de la distance
minimale par rapport aux deux bords de la voie [Lane Edges], le train de charge
(qv1+qv2, Qv1+Qv2) devra donc garder une distance minimale des deux bords (Il
s’agit des rails) égale à r/2-e =1,58/2-0,087 = 0,702 m.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CSi Bridge permet de prendre en considération le phasage de construction, à travers


la commande Staged Construction qui figure dans l’onglet Analysis > Schedule
Stages.

L’option Schedule Stages va nous permettre de recueillir les sollicitations pour les
phases de construction et de mise en service.

[Annexe 4:Flexion d’un élément de poutre]

La fissuration est prise en compte par l’introduction d’un béton non résistant qui ne
fait que transférer le chargement vers la charpente métallique, comme M = EId²y/dx²,
si on réduit la rigidité du béton EI, les sollicitations vont être directement transmises
aux poutres en acier. [Ceci aurait comme conséquence d’introduire l’effet non mixte
dans les zones fissurées au niveau des appuis].

Ceci peut être effectué par la définition d’un béton non résistant, béton nommé ‘’ wet
concrete ‘’ au niveau de l’onglet Advanced>Define> Area modifiers. Avant toutefois
de procéder à cela, il faudra sélectionner le béton, ceci pouvant être fait au niveau de
l’onglet Home> Select> Propreties> Material Propreties>C35/45.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Une fois défini, on affecte ce béton aux zones fissurées pour le retrait et le gradient
thermique tel que décrit dans l’analyse globale. Cette affectation peut être faite au
niveau de l’onglet Analysis> Load Cases > Retrait.
L’analyse est non linéaire, pour tenir compte des effets de retrait qui dépendent du
temps, et pour tenir compte aussi des zones fissurées.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Ceci conclut l’ensemble des astuces jugées utiles pour la modélisation du pont et
aussi pour l’analyse, il ne s’agit pas d’un tutoriel exhaustif qui illustre les différentes
étapes à suivre pour la modélisation, mais plutôt d’un ensemble d’astuces
indispensables à l’analyse qui ne figurent pas dans les tutoriels accompagnant le
logiciel.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE VIII. Recueil des Sollicitations

Figure 32-MOMENT SOUS POIDS PROPRE.

Figure 33-EFFORT TRANCHANT SOUS L'ACTION DU POIDS PROPRE

Figure 34-MOMENT SOUS L’ACTION DE SW/0


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 35-EFFORT TRANCHANT SOUS L'ACTION DE SW/0

Figure 36-MOMENT SOUS L’ACTION DE SW/2

Figure 37-EFFORT TRANCHANT SOUS L'ACTION DE SW/2


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

FIGURE 38-MOMENT SOUS L’ACTION DE UIC71

Figure 39-EFFORT TRANCHANT SOUS L'ACTION DE UIC71

Figure 40-MOMENT SOUS GRADIENT THERMIQUE


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 41-MOMENT SOUS RETRAIT

Note : Les sollicitations sous retrait données par le logiciel tiennent compte des deux effets
primaires et secondaires du retrait, il s’agit du retrait global.
L’action thermique produit un effet similaire à celui de l’action du retrait.

Figure 42-EFFORT TRANCHANT ELS-CARACTERISTIQUE

Figure 43-MOMENT ELS-CARACTERISTIQUE


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 44-EFFORT TRANCHANT ELU FONDAMENTALE

Figure 45 - MOMENT ELU FONDAMENTAL


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE IX. Justification des sections mixtes aux


ELU autres que la fatigue

Pour satisfaire aux exigences de résistance et d'utilisation d'une structure mixte,


l'EN1994 s'appuie sur les vérifications aux états limites ultimes qui sont associés à la
ruine de la structure. Selon l'EN 1994-2, une section mixte doit donc être vérifiée à
l'ELU vis-à-vis de:

La résistance en section [EN1994-2, 6.2.1 et 6.2.2];


La résistance au voilement par cisaillement [EN 1994-2, 6.2.2] ;
La résistance au lancement [EN 1994-2, 6.5] ;
La résistance au glissement (connexion) ;
La résistance en fatigue [EN 1994-2, 6.8];
La résistance au déversement.

La résistance de la structure à l’ELU peut être déterminée par calcul élastique ou par
calcul plastique. Dans un élément sollicité en flexion, tel que la poutre mixte, c’est la
résistance en flexion de la section mixte qui est le paramètre prédominant lors du
dimensionnement de la structure. Dans ce chapitre, nous développerons les
méthodes d’analyse de la résistance en flexion de la poutre mixte, ainsi que les
principes de vérification en effort tranchant.

Le tableau en dessous récapitule l’ensemble des contraintes, efforts tranchants et


moments dans les S1 S2 S3 S4 et S5 :

Section coordonnés MELU(MN,m) TELU(MN) σarm(MPa) σsup(Mpa) σinf(Mpa) τâme(Mpa)


S1 270,75 97,75 9,87 - - - -
S2 56,625 -83,04 11,1 -223,5 -260,3 259,6 115,1
S3 50,625 -152,64 14,99 -256,3 -294,3 271,4 122,6
S4 135 76,53 6,63 - - - -
S5 163,25 -142,17 13,85 -245,8 -273,7 254 120,3
Tableau 12 - RECAPITULATIF DES EFFORTS ET CONTRAINTES DANS LES SECTIONS SOUS ELU
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

En dessous, vous sont donnés les emplacements des différentes sections


envisagées pour le calcul.

Figure 46-REPARTITION DES SECTIONS DE CALCUL

Les différentes sections constituant une structure mixte sont vérifiées sous les
combinaisons d’actions ELS et ELU. Les vérifications à l'ELU font appel à la notion
de classe de sections. Selon la classe d’une section, les vérifications sont de natures
différentes. La classe d’une section dépend de ses caractéristiques géométriques
(incluant la prise en compte de l’ensemble dalle / connecteurs comme élément
stabilisant de la semelle supérieure), mais aussi du signe et de l’intensité des efforts
appliqués.

De façon analogue à l'Eurocode 3, le choix de la méthode pour l'analyse globale


dépend de la capacité de la structure à justifier un comportement ductile à l'ELU et
donc de la classification des sections de la poutre mixte.
Le concept de "classes de section transversale", définit dans l'EN 1993-1-1, permet
d'identifier dans quelle mesure leur résistances et leur capacité de rotation sont
limitées par l'apparition du voilement local sous les efforts de flexion et de
compression. Les sections sont classées, en fonction de l'élancement
(largeur/épaisseur, noté c/t) des différentes parois comprimées qui les composent, de
leur limite d'élasticité et des contraintes sollicitantes à l'ELU.

Elles sont au nombre de 4 :

Les sections transversales de Classe 1 sont celles qui peuvent former une rotule
plastique possédant la capacité de rotation exigée pour l'analyse plastique.
Les sections transversales de Classe 2 sont celles qui, bien qu'elles soient capables
de développer un moment plastique, ont une capacité de rotation limitée et ne
conviennent donc pas pour les structures calculées par analyse plastique.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Les sections transversales de Classe 3 sont celles où la contrainte calculée dans la


fibre comprimée extrême peut atteindre la limite élasticité mais où le voilement local
empêche le développement du moment résistant plastique.
Les sections transversales de Classe 4 sont celles où le voilement local limite
fortement le moment résistant (ou la résistance à la compression pour les éléments
sous charges normales). Une prise en compte explicite des effets du voilement local
est nécessaire.
Le tableau suivant résume les attributs de chaque classe d'une section soumise à la
flexion:

Figure 47-PRINCIPE DE CLASSIFICATION DES SECTIONS (CAS DE LA FLEXION SIMPLE)


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Pour la classification de l’âme, on définit d’abord la position de l’axe neutre plastique


pour définir la partie en compression. Si après vérification, l’âme est en dehors des
classes 1 et 2, elle doit être considérée en classe 3 ou 4 et justifier donc un calcul
élastique sur la section brute ou efficace (réduite par le voilement local).

Le système de classification établie pour les poutres en acier s'applique aussi aux
poutres mixtes et la classe d'une section mixte est la classe la plus élevée des parois
comprimées en acier qui la composent. A ce propos on peut faire trois remarques
préliminaires :

- Le voilement local ne peut être provoqué que par des contraintes de compression.
Toute paroi soumise uniquement à de la traction est obligatoirement de classe 1 quel
que soit son élancement ;
-Si une paroi est de classe n sous compression uniforme, alors elle est forcément de
classe m ≤ n pour tout autre cas de sollicitation qui ne peut que diminuer les efforts
de compression ;
-Si les connecteurs respectent les espacements définis dans l'EN1994-2, 6.6.5.5
alors une semelle comprimée en acier connectée à une dalle en béton est de classe
1.

Pour le cas d'un pont mixte, on trouve que les sections en travée soumises à un
moment positif sont soit de classe 1 soit de classe 2 (la hauteur comprimée de l'âme
est très faible du fait d'une position très haute de l'axe neutre plastique, et la semelle
supérieure connectée au béton comprimé est de classe 1). A l'inverse, les sections
au voisinage des appuis intermédiaires, soumises à un moment fléchissant négatif,
sont généralement de classes 3 ou 4 (hauteur d'âme comprimée relativement
importante).

L'EN1994-2 permet de reclasser une section en I dont les semelles sont de classe 1
ou 2 et l’âme de classe 3. Cela permet alors de justifier la section en plasticité. Le
moment résistant plastique est alors déterminé en limitant les hauteurs d'âme
comprimée à 20εtw , c'est-à-dire en supprimant la zone d'âme susceptible de voiler.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 48- RECLASSEMENT D'UNE SECTION DE CLASSE 2

La justification en flexion consiste à évaluer le moment résistant de la section et de le


comparer avec les sollicitations dont elle est soumise afin de s'assurer qu'aucun état
de ruine n'est envisageable.

Les sections de classe 1 ou 2 peuvent être justifiées en plasticité comme elles


peuvent être justifiées en élasticité. Les sections de classe 3 sont justifiées en
élasticité, éventuellement reclassées en classe 2 efficace et justifiées en plasticité.
Les sections de classe 4 sont aussi justifiées en élasticité, mais avec un calcul
conduit sur une section efficace, réduite pour tenir compte du risque de voilement.

o Justification en plasticité

La position de l'axe neutre plastique (ANP) ainsi que le moment résistant plastique
𝑀 ,𝑅 sont calculés en considérant les résistances plastiques suivantes pour les
matériaux:

- Acier de charpente (traction ou compression) : = 𝑘/ 𝛾 0


- Armatures passives (traction) : = 𝑘/ 𝛾
- Béton (compression) : 0,85 𝑐 = 0,85 𝑐𝑘 / 𝛾𝑐

La résistance du béton tendu et celle des armatures comprimées sont négligées.


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Les figures ci-après schématisent d'une façon générale le diagramme plastique pris
en compte pour une poutre en I sous moment positif 𝑀𝐸 ≥ 0 (resp. sous MEd < 0).

Figure 49- CALCUL DU MOMENT RESISTANT PLASTIQUE POSITIF MPL,RD+

Figure 50 - CALCUL DU MOMENT RESISTANT PLASTIQUE NEGATIF MPL,RD -

La justification des sections de classe 1 ou 2, soumises en général à un moment


positif, se fait en vérifiant la condition suivante :

𝑀𝐸 ≤ 𝑀 ,𝑅

Avec :
- 𝑀𝐸 : Le moment sollicitant à l'ELU, déterminé par une analyse globale élastique
fissurée;
- 𝑀 ,𝑅 : Le moment résistant plastique;

Dans le cas où :
 la section en flexion négative, au niveau ou à proximité d'un appui adjacent, est
de classe 3 ou 4;
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

 le rapport des longueurs des portées adjacentes à cet appui (la plus courte/la plus
longue) est inférieur à 0,6.

Note : Il se peut que le cas de charge conduisant au moment maximum en travée soit
proche de celui conduisant au moment minimum sur appui. Pour éviter une
éventuelle redistribution qui serait alors préjudiciable, l'EN 1994-2 limite 𝑀𝐸 à
0,9.𝑀 ,𝑅 dans la section de classe 1 ou 2 en travée.

o Justification en élasticité:

Les contraintes admissibles à l'ELU sont données par matériau :

- fyd pour l'acier de charpente


- fsd pour les armatures passives,
- fcd pour le béton comprimé.

La résistance du béton tendue est nulle.

o Sections efficaces des sections de classe 4:

Dans le cas d'une section mixte de classe 4, il convient d'utiliser la section efficace à
l'instant considéré pour la vérification des contraintes aux différentes stades de
construction et d'utilisation [EN1994-2, 6.2.1.5]

Les contraintes à l'ELU issues de l'analyse globale (et calculées sur une aire brute
tenant compte du traînage de cisaillement) sont utilisées pour déterminer l'aire
comprimé initiale Ac de la section d'acier de charpente, puis l'aire efficace A c,eff = ρ Ac
(avec ρ coefficient de réduction ρ<1) de cette aire comprimée. L'aire Ac peut être
composée de plusieurs éléments de classe 4 (semelles et âmes) et le calcul de Ac,eff
est alors itératif.
A partir des contraintes ELU initiales, un premier calcul fournit le coefficient de
réduction et l'aire efficace pour le premier élément. Les contraintes ELU sont
réévaluées avec les caractéristiques mécaniques de cette première section efficace,
puis utilisées pour déterminer le coefficient de réduction et l'aire efficace du deuxième
élément. Et ainsi de suite
La réévaluation des contraintes de l'ELU sur une section efficace mixte (à chaque
pas du calcul itératif) doit tenir compte :
• d'un éventuel décalage eN du centre de gravité de la section efficace par rapport
à la section initiale, qui se traduit en présence d'un effort normal NEd par un
moment fléchissant additionnel NEd eN ;

• du phasage de construction, c'est-à-dire distinguer les efforts repris par la


charpente efficace seule, des efforts repris par la section mixte efficace
(homogénéisée avec un coefficient d'équivalence dépendant du cas de charge
appliqué).
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Le schéma de la figure propose une façon de faire dans le cas d'une section en I non
raidie (dont seule l'âme est de classe 4) sous l'action du seul moment fléchissant MEd
< 0 (cas le plus courant). Ma est la part du moment MEd reprise par la section de
charpente seule et Mc est la part du moment MEd reprise par la section mixte (MEd =
Ma + Mc). Les contraintes efficaces à justifier sont réévaluées avec les
caractéristiques efficaces et les valeurs Ma et Mc.

Figure 51 - REEVALUATION DES CONTRAINTES POUR UNE SECTION EFFICACE

Quelle que soit la classe de la section mixte, on doit vérifier :

VEd ≤ min( Vpl,a,Rd ; Vb,Rd )

Vpl,a,Rd est la résistance plastique à l’effort tranchant de la charpente métallique. Lorsque l’âme
devient très élancée, elle risque de voiler sous l’action de VEd, on doit alors vérifier que VEd ≤
Vb,Rd. Vb,Rd est la résistance au voilement par cisaillement.

y
- pl,a,Rd v où Av est l'aire de charpente cisaillée par VEd (généralement l'aire de
γM0 √
l'âme de la poutre, pondérée d'un facteur η dépendant de la nuance d'acier).
- b,Rd bw,Rd bf,Rd w w
M1√

- 𝜂 = 1,2 pour les aciers jusqu′à la nuance S460 selon l'Annexe Nationale de l'EN1993-
1-5.
-𝑉𝑏 ,𝑅 représente la contribution des semelles à la résistance au voilement par
cisaillement (généralement négligeable par rapport à celle de l'âme pour les poutres
traditionnelles d'ouvrages d'art).
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

- 𝑉𝑏𝑤,𝑅 représente la contribution de l'âme à la résistance au voilement par


cisaillement.
Enfin, on rappelle que la contribution de la dalle en béton armé est négligée dans la résistance
(plastique et au voilement) de la section mixte sous effort tranchant.

Lorsque Ed Rd , VEd diminue la résistance à la flexion. La diminution à


prendre en compte dépend de la classe de la section.

Pour les sections en I de classe 1 ou 2, la limite d'élasticité de l'aire cisaillée Av est


réduite pour le calcul du moment résistant plastique avant justification en flexion.
Dans le calcul de Mpl,Rd, on ne tient pas compte du décalage de l'ANP introduit par la
modification des limites d'élasticité sur l'aire cisaillée 𝐴𝑣 .
Pour les sections en I de classe 3 ou 4, un critère d'interaction est défini :
f,Rd
η [ ][ η ] 1
avec :
Ed f,Rd Ed
η et η
Remarques:

- Le calcul de Mpl,Rd ne considère que les aires efficaces des semelles mixtes dues
au traînage de cisaillement, ainsi qu’au voilement si la semelle est de classe 4.
- Mf,Rd est calculé avec les mêmes hypothèses que Mpl,Rd, mais en négligeant
complètement l'aire de l'âme.
- Ce critère d'interaction n'est pas à vérifier dans les sections situées à moins de
hw/2 d'un appui comportant un raidisseur vertical.

La répartition des matières a donné cinq types de sections selon si l'on se situe sur
les appuis d'extrémité ou si l'on se déplace des appuis intermédiaires vers le milieu
des travées.

o Caractéristiques géométriques des sections :

Section Semelle supérieure Semelle inférieure Âme


S1 1000*35 mm2 1200*45 mm2 3670*24 mm2
S2 1000*50 mm2 1200*60 mm2 3640*26 mm2
S3 1000*105 mm2 1200*115 mm2 3530*34 mm2
S4 1000*35 mm2 1200*45 mm2 3670*22 mm2
S5 1000*105 mm2 1200*115 mm2 3530*32 mm2
Tableau 13 -CARACTERISTIQUES GEOMETRIQUES DES SECTIONS
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

o Classification :

- Section 1, 2 et 4 : [Feuille de calcul Justification des sections à l’ELU].

Les sections en travée soumises à des moments fléchissants positifs sont supposées
de classes 1 ou 2.

Exemple de la section 1 :

- La jonction béton-semelle vérifie les dispositions de l’EN1994-2, la semelle


supérieure est donc de classe 1.
- La semelle inférieure est tendue [Aucun risque de voilement], elle est donc de de
classe 1.

Pour déterminer la classe de l’âme, on cherche la position de l’ANP [Axe neutre


plastique].
- Résistance plastique du béton comprimé :
Fc = Ac.0,85fck/γc = 47,38 MN

- Résistance plastique de la semelle supérieure de charpente :


Ffs = Afs.fyf/γM0 = 10,325 MN

- Résistance plastique de l’âme :


Fw = hwtwfyw/γM0 = 29,23 MN

- Résistance plastique de la semelle inférieure de charpente :


Ffi = Afifyf/γM0 = 17,55 MN

Comme on a Fc ≤ Ffs + Fw + Ffi et Fc + Ffs ≥ Fw + Ffi, on en déduit que l’ANP est situé
dans la semelle supérieure de charpente à la distance x de la fibre extrême
supérieure de cette semelle. En écrivant l’équilibre des efforts autour de l’ANP, on
déduit :

x = (Ffs + Fw + Ffi – Fc )/(2bfsfyf)

Comme l’ANP est situé dans la semelle supérieure, l’âme est entièrement tendue et
est donc de classe 1.

Note : Le même cheminement de classification a été entrepris pour les autres


sections soumises à des moments fléchissants positifs, et a donné le même résultat.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

- Section 2, 3 et 5 : [Feuille de calcul Justification des sections à l’ELU]

Les sections sur appuis soumises à des moments fléchissants négatifs sont souvent
de classes 3 et 4.

Exemple de la section 3 :

- Semelle supérieure tendue donc de classe 1


- Semelle inférieure comprimée :

c/t = (bfi-tw) / 2.tfi = 9.78 ≈ 11.68ε → la semelle inférieure est de classe 3 [EN1993-
1-1, tableau 5.2].

L’âme est tendue en partie haute et comprimée en partie basse. On cherche la


position de l’axe neutre plastique.

- Résistance plastique des armatures :


Fap = As.fsk/γs = 10,38 MN

- Résistance plastique de la semelle supérieure de charpente :


Ffs = Afs.fyf/γM0 = 30,975 MN

- Résistance plastique de l’âme :


Fw = hwtwfyw/γM0 = 41,40 MN

- Résistance plastique de la semelle inférieure de charpente :


Ffi = Afifyf/γM0 = 40,71 MN

Comme on a Fap + Ffs ≤ Fw + Ffi et Fap+Ffs+Fw ≥Ffi on en déduit que l’ANP est dans
l’âme à une certaine distance x de la jonction âme/semelle supérieure. En écrivant
l’équilibre des efforts autour de l’ANP, on déduit :

x = (Fw+Ffi – (Fap + Ffs))/(2twfyw) = 1847,85 mm.

Moins de la moitié de la hauteur de l’âme est comprimée.


α = (hw-x)/hw = (3530 – 1846,85)/3530 = 0,47 < 0,5, l’élancement limite entre les
classes 2 et 3 tel que défini par [l’EN 1993-1-1, tableau 5.2 (feuille 1/3)] est donné par :

hw/tw = 3530/34 = 103,83 > 41,5ε/α = 71,88 avec ε = √

On en déduit que l’âme est au moins de classe 3 et on raisonne donc maintenant sur
les contraintes ELU au niveau de la semelle supérieure et inférieure que donne le
tableau 13.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Ψ = -278/254,1 = -1.09 ≤ -1
c/t = hw/tw = 3530/34 = 103,82 < 62ε(1-Ψ)√(-Ψ) = 112,24 → l’âme est de classe 3

Note : Le même cheminement de classification a été entrepris pour les autres


sections soumises à des moments fléchissants négatifs, et a donné le même résultat.

o Conclusion :

Les sections sur appuis seront justifiées pour une analyse élastique, tandis que les
sections à mi- travée seront justifiées pour une analyse plastique.

La section 1 est justifiée en plasticité:

o Justification en flexion :

Critère de justification en flexion:

MEd = 97,75 MN.m ≤ Mpl,Rd = 132,90 MN.m [Mpl,Rd est calculé à partir de l’ANP]

La section 1 est justifiée vis-à-vis de la flexion.

o Justification à l'effort tranchant :

Comme √ , l'âme (raidie par les raidisseurs verticaux) doit


être vérifiée vis-à-vis du voilement sous cisaillement. [EN1993-1-5, 5.1(2)]
La résistance à l’effort tranchant s’obtient par :

VRd = min( pl,a,Rd ; bw,Rd )

On a pl,a,Rd ww et bw,Rd w w; ww
M0√ M1√ M1√

Compte tenu de la répartition des cadres d’entretoisement dans la première travée


(espacement a = 8,437 m), un montant vertical se trouve dans la section vérifiée. On
conduit donc la vérification au voilement dans le panneau adjacent le plus sollicité à
l’effort tranchant [VEd = 9,875MN].

On suppose que les montants verticaux sont rigides.

La détermination des coefficients Kτ, 𝜂 et se fait à partir de l’AN1993-1-5 et de


son annexe A3.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Le coefficient minimal pour le voilement par cisaillement Kτ est donné par :

Kτ = 5,34 +4.(hw/a)2 = 8,367


𝜂 = 1,2
σE = = 8,3 MPa
τcr = 𝑘𝜏 σE =67,63 MPa

λw = √ = 1,71

χw = = 0,568

Résultats :

pl,a,Rd et bw,Rd

Or VEd = 9,875 MN Donc [Non vérifiée, d’où la nécessité d’un


raidisseur longitudinal de voilement].

Caractéristiques du raidisseur longitudinal :

position/haut 1,25
h 0,3
e 0,02

Note : Pour augmenter le rapport résistance/poids propre des poutres planes, l'âme
peut être renforcée, non seulement à l'aide de raidisseurs transversaux, mais
également par des raidisseurs longitudinaux. La fonction principale des raidisseurs
longitudinaux est d'accroître la résistance en voilement de l'âme pour les sollicitations
de cisaillement et de flexion. Un raidisseur efficace devant rester rectiligne, il limite
donc le voilement de l'âme à de petits sous-panneaux. Il en résulte une augmentation
significative de la résistance ultime de la poutre.

L’inertie et l’aire de la section efficace du raidisseur sont calculées avec une portion
d’âme collaborante de 15εtw de part et d’autre le raidisseur longitudinal. [EN1993-1-5,
9.1(2)]
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

L’effet du raidisseur longitudinal est introduit dans le coefficient minimal pour le


voilement par cisaillement Kτ.

Pour les plaques dont le coefficient d’aspect α = a/hw est inférieur à 3, Kτ est la
suivante :

Kτ = 4,1 + + 2,2√

Ci-dessous, vous sont présentés les nouveaux résultats [En tenant compte de
l’existence du raidisseur longitudinale].

15εt [m] 0,297


A [m²] 0,020736
Ist [m4] 0,000157
a/hw 1,195113314
Kτ 12,16408727
σE 8,308051585
τcr 101,0598645
λw 1,403911973
χw 0,651167928
Vbw, Rd [MN] 9,98952255
VRd [MN] 9,98952255

En prenant en compte l'utilisation d'un raidisseur longitudinal secondaire (pour l'effort


tranchant seulement), on recalcule la résistance, d'où:

bw,Rd ; [Effort tranchant vérifié].

o Interaction flexion effort tranchant :

On a VEd ≥ 0.5 VRd .


Toutefois, la valeur de Vmax est obtenue en bout de poutre où M = 0, et V < 0.5 VRd
au niveau de Mmax, il n’est donc pas nécessaire de vérifier l’interaction flexion / effort
tranchant.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

La section 2 est justifiée en élasticité.

o Justification en flexion

On vérifie successivement :
σs,inf = 262,8 MPa ≤ fyf /γM0 = 295 MPa,
σs,sup = - 254 MPa ≥ - fyf /γM0 = - 295 MPa,
et σarma,max = - 220,8 MPa≥ - fsk /γS = - 434,8 MPa.

La section 2 est donc justifiée en flexion à l'ELU. Les vérifications sont faites ici pour les fibres
extrêmes des semelles de la charpente.

o Justification à l’effort tranchant

Pour la justification de la section de l’âme sous effort tranchant, on doit, en premier


lieu, savoir si la vérification de l’âme vis-à-vis du voilement sous cisaillement est
nécessaire.
Pour cela, on doit vérifier que : √𝑘

√𝑘
→ L'âme (raidie par les raidisseurs verticaux) doit être vérifiée vis-à-vis du voilement
sous cisaillement.
On a pl,a,Rd w w et bw,Rd w w; w w
M0√ M1√ M1√

Tout calcul fait, on trouve :

[Nécessité d’un raidisseur longitudinal de voilement de même


caractéristique que pour la section 1].

L’introduction du raidisseur nous donne :

bw,Rd ; [Section 2 justifiée vis-à-vis de l’effort


tranchant].

o Justification sous l’interaction M, V

VEd ≥ 0.5 VRd, on vérifie l’interaction flexion / effort tranchant selon le critère suivant :

f,Rd
[ ][ 1

Or, on a : et

f,Rd
[ ][
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Conclusion : La section 2 est justifiée vis-à-vis de l’interaction flexion / effort tranchant

La section 3 est justifiée en élasticité.

o Justification en flexion :

On vérifie successivement :

σs,inf = 271,4 MPa ≤ fyf /γM0 = 295 MPa,


σs,sup = - 294,3 MPa ≥ - fyf /γM0 = - 295 MPa,
et σarma,max = - 256,3MPa≥ - fsk /γS = - 434,8 MPa.

Conclusion : La section 3 est donc justifiée en flexion à l'ELU.

o Justification à l’effort tranchant

Pour la justification de la section de l’âme sous effort tranchant, on doit, en premier


lieu, savoir si la vérification de l’âme vis-à-vis du voilement sous cisaillement est
nécessaire.
Pour cela, on doit vérifier que : √𝑘

Or √𝑘
L'âme (raidie par les raidisseurs verticaux) doit être vérifiée vis-à-vis du voilement
sous cisaillement.
On a pl,a,Rd w w et bw,Rd w w; w w
M0√ M1√ M1√

Tout calcul fait, on trouve :

Conclusion : La section 2 est justifiée vis-à-vis de l’effort tranchant

o Justification sous l’interaction M, V

On a VEd ≥ 0.5 VRd , il faut donc vérifier l’interaction flexion / effort tranchant selon le
critère suivant :
f,Rd
[ ][ 1
Or, on a : et
f,Rd
[ ][

Conclusion : La section 3 est justifiée vis-à-vis de l’interaction flexion / effort


tranchant.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

La section 4 est justifiée en plasticité.

o Justification en flexion:

Critère de justification en flexion:

MEd = 76,537 MN.m ≤ Mpl,Rd = 128,70 MN.m

Conclusion : La section 4 est justifiée vis-à-vis de la flexion.

o Justification à l'effort tranchant:

Comme √𝑘 , l'âme (raidie par les raidisseurs verticaux) doit


être vérifiée vis-à-vis du voilement sous cisaillement.
On a pl,a,Rd w w et bw,Rd w w; w w
M0√ M1√ M1√

On trouve :

[ Section justifiée vis-à-vis de l’effort tranchant].

o Interaction flexion effort tranchant :

On a VEd ≥ 0.5 VRd, il faut donc vérifier l'interaction flexion/effort tranchant.

On considère un moment résistant réduit égal à la résistance de calcul de la section


transversale déterminée en utilisant pour l’aire de cisaillement une limite d’élasticité
réduite.

(1-ρ) .fy = (1-0.51)*345 = 169.1 MPa

MEd = 76,537 MN.m ≤ Mpl,rd = 101,75 MN.m

Conclusion :

- La section 4 est justifiée vis-à-vis de l’interaction flexion / effort tranchant

- La section 4 est justifiée aux ELU.


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

La section 3 est justifiée en élasticité.

o Justification en flexion

On vérifie successivement :

σs,inf = 254 MPa ≤ fyf /γM0 = 295 MPa,


σs,sup = - 273,7 MPa ≥ - fyf /γM0 = - 295 MPa,
et σarma,max = - 245,8 MPa≥ - fsk /γS = - 434,8 MPa.

La section 5 est donc justifiée en flexion à l'ELU.

o Justification à l’effort tranchant

Pour la justification de la section de l’âme sous effort tranchant, on doit, en premier lieu, savoir
si la vérification de l’âme vis-à-vis du voilement sous cisaillement est nécessaire.
Pour cela, on doit vérifier que : √𝑘
Or √𝑘
L'âme (raidie par les raidisseurs verticaux) doit être vérifiée vis-à-vis du voilement sous
cisaillement.
On a pl,a,Rd w w et bw,Rd w w; w w
M0√ M1√ M1√

Tout calcul fait et avec l'utilisation des raidisseurs longitudinaux, on trouve :

Conclusion : La section 5 est justifiée vis-à-vis de l’effort tranchant

o Justification sous l’interaction M, V

On a VEd ≥ 0.5 VRd , il faut donc vérifier l’interaction flexion / effort tranchant selon le critère
suivant :

f,Rd
[ ][ 1

Or, on a : et

f,Rd
[ ][

Conclusion : La section 5 est justifiée vis-à-vis de l’interaction flexion / effort tranchant


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Les vérifications des sections sous effort tranchant faites aux paragraphes
précédents nécessitent de s'assurer que les montants verticaux sont suffisamment
rigides pour assurer un fonctionnement en treillis de l'âme.

Afin de vérifier la résistance et la rigidité des raidisseurs qui agissent en qualité de supports
des panneaux intérieurs de l'âme, il convient que leurs sections efficaces présente une rigidité
minimale donnée par :

D'après l'article 9.1(2) de l'EN1993-1-5, l'inertie du raidisseur est calculée avec une portion
d'âme de largeur égale de chaque coté du raidisseur en évitant tout chevauchement
des parties collaborantes correspondant à deux raidisseurs voisins ( voir la figure suivante).

Dans le cas défavorable d'une épaisseur d'âme faible ( ) et d'une hauteur d'âme
maximale ( ), on obtient

Figure 52-Définition d'un montant vertical de panneau d'âme


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 53-COUPE SUR RAIDISSEUR

Comme : √ ⇨

Les montants verticaux constituent donc bien des raidisseurs rigides pour les
panneaux d'âme justifiés sous l'effort tranchant comme on l'a déjà supposé dans nos
justifications aux ELU.

Il convient aussi de s'assurer que les montants verticaux ne risquent pas de flamber
en torsion (significatif dans le cas de raidisseurs verticaux en Té ouverts). Pour cela
on vérifie :

Où :

est l'inertie polaire du raidisseur seul par rapport à son point de soudage sur l'âme
principale;

est l'inertie de torsion du raidisseur seul (sans l'âme collaborante).

Après tout calcul fait, on trouve :

On en déduit :

Afin de vérifier la membrure comprimée d'un bipoutre mixte au déversement en


service ou en construction, on se ramène à l'étude du flambement latéral de ses
semelles comprimées.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

On considère alors que la semelle est simplement appuyée latéralement au niveau


des piles et des culées. La semelle est aussi posée sur appuis élastiques au niveau
des cadres d'entretoisement. La stabilité latérale de la membrure est donc liée à la
rigidité des cadres que l'on commence par évaluer dans un premier temps.
Dans un deuxième temps, il est nécessaire de calculer la charge critique de
flambement latéral donnée par l'EN1993-2.

Dans l’étude de rigidité Cd des cadres d’entretoisement on néglige l’extensibilité de la


dalle ce qui revient à vérifier le déversement qu’en phases de constructions avant
durcissement du béton d’hourdis.

Pour le calcul de rigidité, on propose d'utiliser l'approche de l'article de MM. Roche et


Foucriat paru dans le bulletin Ponts Métalliques n°11 mais en tenant compte de
certaines modifications à savoir :

o homogénéiser la largeur participante de l'âme principale dans le montant du


cadre par rapport aux hypothèses des Eurocodes, c'est à dire remplacer 21ε
tw par 15ε tw;
o introduire la déformée d'effort tranchant dans le calcul des déplacements δ1 et
δ2 en pied de portique, pour les deux configurations de charge envisagées, ce
qui représente une réduction (défavorable) d'environ 15% sur la raideur Cd
par rapport à la pratique usuelle ;

Comme dans le BPM11, on fait l'hypothèse conservatrice qu'il n'y a pas de


transmission de moment des montants verticaux du cadre à la dalle en béton. La
flexibilité de la dalle est donc toujours négligée. Par ailleurs, les assemblages
entretoise–montants sont supposés parfaitement rigides, et l'extensibilité des
montants est aussi négligée.

Modélisation du portique sous Robot Structural Analysis :


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Charges de même sens F=1KN, Charges de sens opposées F=1KN,


auxquelles correspond un déplacement δ1 auxquelles correspond un déplacement δ2

Les déplacements et sont obtenus à partir des résultats de Robot Structrul


Analysis. La rigidité Cd du cadre s'obtient alors par : [ ] 71428,24
KN/m.

En introduction, il a été noté que la méthode simplifiée n'est normalement pas


applicable puisque :
- La section de semelle est variable
-Le gradient de moment conduit à une variation de contraintes (on notera que la
contrainte peut parfois être plus grande au premier changement de section de
semelle que sur l'appui).
Dans le cas où la largeur de semelle est constante, on pourrait l'appliquer en
calculant la contrainte critique avec la section d'épaisseur maximale et la contrainte
sollicitante maximale (sur appui ou au premier changement de section). Ces
hypothèses minimisent la charge critique et sont donc sécuritaires. Le calcul est
réalisé ci-dessous pour la travée de portée L = 56,50 m.
𝑐 avec a = 9,416 m
On cherche tout d’abord la charge critique 𝑐 après on détermine l’élancement
réduit 𝜆 𝑇 et on vérifie en suite le critère de déversement, le calcul s'effectue comme
suit :
0,016 m4 𝛾 22228,98

√𝛾 30,24 = 10740,94 KN

D'où : 324842, 29

A partir de la charge critique, on calcule l'élancement réduit :

√ avec 𝐴 𝑏
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

hw,c= 1750 mm obtenu après détermination du centre de gravité de la section


plastique, hw,c correspond à la hauteur d’âme comprimé pour une section de classe 3
ou 4 complètement plastifiée [ Non compte tenu du béton tendu].
Aeff = 0,1557 mm²
fy = 295 MPa car tf = 120 mm
D'où λLT = 0,3761

On utilise la courbe de flambement d :


[ ]

Le critère de déversement est donc vérifié, puisque :

σcritique= = 232,67 MPa.

σmax [compte tenu du phasage de construction] est égale à : 122MPa.

Un calcul analogue à celui-là a été fait pour les sections de classe 1 et 2, voir Feuille
de calcul Déversement.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE X. Justification des sections mixtes aux


ELS

Pour la justification d'une section mixte à l'ELS, en flexion longitudinale, il convient de


vérifier :

- Les limitations sur les contraintes dans la charpente, les aciers passifs et le béton,
sous combinaison ELS caractéristique.

- La maîtrise de la fissuration du béton de la dalle,

- La respiration de l’âme.

Pour les vérifications d'ouverture de fissures, les actions sont classées suivant leur
origine :
- Actions directes,
- Actions indirectes (par exemple, un retrait gêné).

On rappelle que les limites retenues pour le calcul des ouvertures de fissures en
flexion longitudinale générale valent :
• 0,3 mm sous les actions directes de l'ELS fréquent (conformément à l’Annexe
Nationale de l’EN1992-2),
• 0,3 mm sous les actions indirectes non calculées, dans les zones tendues à l'ELS
caractéristique.

Ces deux types d'actions, directes et indirectes, ne se cumulent pas, et les


vérifications correspondantes sont indépendantes. Les actions directes sont
généralement dimensionnantes dans les zones d'appui alors que les actions
indirectes sont plutôt dimensionnantes en partie courante.

Les contraintes calculées en élastique à l'ELS caractéristique, sont limitées dans la


charpente métallique, comme dans le béton du hourdis et dans les armatures
passives. Compte tenu des vérifications de l'ELU, cette limitation n'est généralement
pas dimensionnante.

Sous la combinaison caractéristique de l'ELS, les contraintes normales et de


cisaillement dans la charpente métallique doivent vérifier :
- Pour la semelle d'épaisseur 115 mm (la semelle d'épaisseur maximale), on a
𝑀
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

𝑀 ⁄𝛾 , avec 𝛾

- Dans l'âme, 𝑀

𝜏 𝑀 ⁄ 𝑀
√ 𝛾

√ 𝜏 √ 𝑀 ⁄𝛾

La charpente métallique est justifiée aux ELS vis-à-vis des contraintes.

La contrainte de compression dans le béton doit être limitée suivant les critères :

- sous l'ELS caractéristique pour limiter la fissuration de flexion


longitudinale.

Note : Ce critère n'est indiqué que pour des parements de béton de classe
d'exposition XD, XF et XS. Une dalle de pont mixte sera généralement XC. On choisit
de retenir tout de même ce critère qui permet notamment de s’affranchir de tout
risque de fatigue du béton de la dalle.

- sous l'ELS quasi-permanent pour ne pas avoir à faire un


calcul de fluage non linéaire (le fluage est pris en compte de façon simplifiée
par les coefficients d'équivalence qui supposent un fluage linéaire).

Les coefficients 𝑘 et 𝑘 sont soumis au choix de l'Annexe Nationale


de l'EN1992-1-1.

Pour les sections où le moment est négatif et tend la dalle, une telle vérification n'est
bien sûr pas à faire. Alors que pour les sections à mi-travée soumises à un moment
positif maximal on trouve que la contrainte de la compression a pour valeur :

Sous ELS caractéristique, 𝑀 𝑀

Sous ELS Quasi-permanent, 𝑀 𝑀

Conclusion : La dalle en béton armé est justifiée aux ELS vis-à-vis des contraintes.

La limitation de la traction dans les armatures transversales est faite suivant les
critères de l'EN1994-2, 7.2, et qui sont comme suit :

• sous ELS caractéristique pour limiter la fissuration de


flexion longitudinale ;
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

• sous ELS caractéristique si la traction est créée par des


déformations imposées.

Les coefficients k3 = 0,8 et k4 = 1,0 sont soumis au choix de l'Annexe Nationale de


l'EN1992-1-1.

A partir du calcul des contraintes avec et sans participation du béton de la dalle dans
la résistance de la section, il convient de choisir l'une ou l'autre des valeurs suivant le
signe du moment Mc,Ed ( de la dalle ) sollicitant la section mixte. Les contraintes
calculées avec un béton participant ne sont pas nulles aux extrémités libres à cause
de l’introduction dans leur calcul des auto-contraintes de retrait.

Lorsque Mc,Ed est négatif, il convient aussi d’ajouter aux contraintes calculées sans
béton participant, le terme Δσs lié à la rigidité du béton tendu entre les fissures et qui
vaut de l’ordre de 106 MPa (à voir dans le paragraphe de vérification de fissuration
due aux charges extérieures ).

D'après les calculs déjà établis sous l'ELS caractéristique, la contrainte a pour valeur
de 183,4 MPa.
Le critère est largement vérifié.

Lors de chaque passage de véhicules sur le pont, l'âme tend à se déformer


légèrement hors de son plan, suivant l'allure de la déformé du premier mode critique
de voilement [Voir Annexe : théorie de flambement], avant de revenir à sa position
initiale. Cette déformation répétée, appelée respiration de l’âme, est susceptible de
générer des fissures de fatigue à la jonction âme/semelle ou âme/raidisseur vertical.

Les risques de respiration d'une âme raidie sont négligeables dans le cas des ponts
ferroviaires lorsque le critère suivant est satisfait :

𝑏⁄

Or pour la travée de longueur L= 50,625 m


On a b =2*ht/3 = 2,5 m et tw min=0,022 m

Conclusion : 𝑏⁄ Le critère est vérifié.


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

La limitation de la largeur de fissures à une valeur acceptable peut être obtenue en mettant en
place un ferraillage minimum de non-fragilité défini par :
𝐴
𝐴 𝑘𝑘 𝑘
ks, kc et k sont donnés par [l'EN1994-2, 7.4.2].

Figure 54-DIAGRAMME DE CONTRAINTES AVANT ET APRES L'INSTANT DE FISSURATION

La quantité kcfct,effAct est une expression approchée de l'effort dans le béton tendu sous l'effet
du moment de fissuration :
• La contrainte au milieu du béton tendu sous l'effet d'un moment de fissuration (moment
créant une contrainte fct,eff en fibre supérieure de la dalle en section non fissurée) est donnée
par :

D'où : 𝑘

Il convient d'ajouter la traction supplémentaire due au retrait gêné, terme non calculé et évalué
forfaitairement à kc = 0,3.
Note : On obtient souvent kc = 1.

Cet effort de traction est ensuite réduit pour tenir compte forfaitairement de différents effets :
• non-uniformité des contraintes dans la dalle, par le coefficient k = 0,8 ;
• transfert d'effort de la dalle vers la charpente au moment de la fissuration, par le coefficient
ks = 0,9.
On met donc en place un ferraillage permettant d'équilibrer cet effort, en travaillant à la limite
élastique fsk. On obtient ainsi le ferraillage de base à mettre en place dans toute section.

On verra aux paragraphes suivants qu'il peut être nécessaire de réduire fsk pour d'autres
justifications.

Par simplification, on effectue un calcul en prenant en compte la dalle d'épaisseur moyenne


constante.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

• L'axe neutre élastique des sections étant situé dans l'âme, la totalité de la dalle est tendue.
Donc Act représente la section de la dalle : Act = 2,36 m² ;
• fct,eff = fctm = 3,2 MPa (on ne peut pas garantir de façon certaine que la fissuration se produira
au jeune âge) ;
• hc = 0,375 m (épaisseur de la dalle à l'exclusion du renformis) ;
• z0max = 0,991 m (calculé avec un coefficient d'équivalence n0 à court terme) ;
•:𝑘 ( )

• fsk = 500 Mpa.


• k = 0,8
• ks = 0,9
𝐴

Soit un taux de ferraillage minimum de


Ce ferraillage minimum étant largement respecté, il est inutile de faire un calcul prenant en
compte la variation d'épaisseur transversale de la dalle, comme demandé par l'EN1994-2.

Il s’agit de vérifier que l’ouverture des fissures reste inférieure à 0,3 mm par la méthode
indirecte dans les zones tendues de la dalle sous combinaison ELS caractéristique. Cela
suppose de connaître la contrainte dans les armatures passives. Sous l'effet des retraits gênés
(retrait de dessiccation, retrait endogène, retrait thermique), on ne connaît pas cette contrainte.
Le calcul conventionnel suivant est proposé :
𝐴
𝑘 𝑘 𝑘
𝐴
On remarque qu’il s’agit en fait de la formule du ferraillage minimum lue à l'envers. Il s'agit
donc de la contrainte qui se développe dans les armatures au moment de la fissuration causée
par le retrait gêné.
Avec les sections d'aciers choisies pour le ferraillage en section ( ρs = 1 %), on obtient :
𝑀

Avec des armatures passives HA20 mises en œuvre, on a

La contrainte admissible limite est obtenue par interpolation linéaire dans le tableau 7.1 de l’EN
1994-2 :
Pour wk = 0.3 mm :
σs max= 230.6 MPa > 193.6 MPa

Conclusion : Section vérifiée.

Le calcul général de flexion longitudinale permet d'obtenir les contraintes dans la nappe
supérieure d'armatures passives, en section fissurée, sous l'effet de la combinaison ELS
fréquente. On note que la valeur maximale de contrainte a pour valeur :

σs0 = 160.8 MPa


DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Ces valeurs doivent être majorées pour tenir compte de la présence de la charpente métallique
:
σs= σs0 + Δ σs
L'expression littérale du terme Δσs se démontre à partir de l'équilibre des efforts dans les deux
modèles de comportement de la figure suivante:

Figure 55-ORIGINE DU TERME DE CONTRAINTE LIE A LA RIGIDITE DU BETON TENDU ENTRE LES FISSURES

On a : d'où : 𝑀
𝑀

On obtient le diamètre maximum autorisé pour les barres d’armature par interpolation linéaire
dans le tableau 7.1 de l’EN 1994-2 :
, d'où

On obtient l'espacement maximum autorisé pour les barres d'armature par interpolation dans le
tableau 7.2 de l'EN1994-2 présenté ci-dessous (avec une ouverture admissible de 0,3 mm) : s
= 175 mm.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 56- ESPACEMENT MAXIMAL DES BARRES POUR DES OUVERTURES DE FISSURES wk

L’ouverture des fissures est contrôlée si un des deux critères ci-dessus est vérifié.
Le diamètre maximum obtenu étant trop faible pour ce type d’ouvrage, il faudra que le
ferraillage respecte le critère d’espacement minimum, les barres longitudinales devront donc
être espacées de moins de 175 mm.

On étudie la flèche obtenue sous charges de LM 71 appliquées sur une voie.


On applique un coefficient 0.575 = 0.5/0.87 aux charges LM71 voie 1 .

Pour les travées de 50.625 m, δmax= 13.79 mm < L/2100 = 24 mm


Pour les travées de 56.5 m, δmax= 16.04 mm < L/2100 = 27 mm

Conculsion : Le tablier est justifié vis-à-vis du critère de flèche pour le confort des passagers.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE XI. Connexion

La liaison entre la dalle en béton et la charpente métallique est assurée via des
connecteurs soudés sur la semelle supérieure de la poutre. Cette connexion est
essentiellement prévue pour résister au cisaillement horizontal et est appelée
"connexion au cisaillement".
Pour le dimensionnement de la connexion, à l'ELS comme à l'ELU, la section 6 de
l’ENV1994-2 propose une approche de calcul élastique, fondé sur l’équilibre d’un
bloc de dalle entre deux sections critiques successives supposées non fissurées,
même quand le béton est tendu. Dans les zones comportant des sections de classe 1
ou 2 où au moins une fibre est plastifiée à l’ELU, un calcul élasto-plastique de la
connexion est aussi nécessaire.
Outre les goujons verticaux classiques de connexion d'une dalle horizontale en
béton, l'EN1994-2 traite aussi dans son article 6.6.4, les goujons disposés
horizontalement dans le sens de l’épaisseur de la dalle, comme par exemple les
goujons soudés sur une âme métallique pour la connexion d'un hourdis inférieur de
pont. Dans la suite de ce paragraphe, seuls les goujons verticaux sont abordés.

Selon l'EN 1994-2, la résistance caractéristique PRk de ce type de connecteur se


calcule sur la base de deux modes de ruine :
- La ruine par cisaillement de l'acier à la base du goujon, vis à vis de laquelle on a
une résistance caractéristique:

- La ruine par écrasement du béton en pied, vis-à-vis de laquelle on a une résistance


caractéristique :
√ 𝐸
Avec :
- : Le diamètre du fût du goujon avec la condition 16 ≤ ≤ 25 ;
- : Un facteur correctif :
( )

- h : La hauteur du goujon ;
- : La résistance ultime à la traction de l’acier du goujon ;
- 𝑐𝑘 : La résistance caractéristique du béton en compression ;
- 𝐸𝑐 : Le module d’élasticité du béton.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

La résistance caractéristique d'un goujon s'écrit alors :

La résistance de calcul 𝑅 vaut:


- à l'ELU
- à l'ELS caractéristique 𝑘
le coefficient ks est soumis au choix de l'annexe nationale, il a pour valeur 0,6

Dans le cadre du présent pont, on choisit des connecteurs de diamètre d = 22 mm, et


de hauteur h = 200 mm. On suppose que les connecteurs sont disposés par rangées
de 4. Pour un connecteur élémentaire, on obtient alors :
PRk1 = 0,136 MN ; PRk2 = 0,153 MN
PRdELS = 0,082 MN ; PRdELU = 0,109 MN

DIMENSIONNEMENT A L’ELS

Lorsque le comportement de la structure demeure élastique dans une section


donnée, chaque cas de charge de flexion générale produit un flux de cisaillement
longitudinal appelé aussi « glissement » à l’interface entre la dalle en béton et la
charpente métallique.
Pour chaque section transversale du tablier située longitudinalement à l’abscisse x, le
flux de cisaillement le long de l’interface acier/béton se déduit des caractéristiques de
la section et les efforts auxquels elle est soumise:
𝑉
𝑣
avec :
- 𝑉𝐸 : est l’effort tranchant sous le cas de charge considéré, issu de l’analyse
globale élastique fissurée.
- 𝑐 : est le moment statique de la dalle en béton par rapport au centre de
gravité de la section mixte:
- mixte: est le moment d'inertie de la section mixte;

En général, il convient d'utiliser les caractéristiques élastiques de la section non


fissurée pour déterminer
l'effort de cisaillement longitudinal, même si l'analyse globale suppose une fissuration
du béton. ( EN 1994-2, 6.6.2.1). D'ailleurs, pour le calcul du flux de cisaillement à
l’interface, même si la section est soumise à un moment négatif, on détermine les
caractéristiques μc et mixte avec la section mixte non fissurée.

Compte tenu des variations du coefficient d’équivalence (donc des grandeurs μ c et


Imixte) avec les différentes actions et les phases de construction, le flux de cisaillement
doit être calculé successivement sous chaque cas de charge et combiné ensuite avec
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

les coefficients partiels de sécurité de l’état limite de service (combinaison


caractéristique).

Comme pour les contraintes normales calculées en comportement mixte non fissuré,
le coefficient d’équivalence utilisé pour 𝑐 et mixte est le même que celui utilisé pour
calculer l’effort tranchant élémentaire correspondant à chaque contribution.

A l’ELS, le comportement de la structure reste entièrement élastique et le calcul de


flexion d’ensemble est fait en enveloppe. On détermine donc dans chaque section
d’abscisse x une valeur du flux de cisaillement par :

𝑣 [|𝑣 𝑣 |

[EN1994-2, 6.8.1(3)]

Dans toute la section du tablier, la densité de connecteurs utilisés doit être suffisante
pour reprendre intégralement le flux de cisaillement. On divise l’ouvrage en
tronçons de longueurs (1 ≤ ≤ ) , sur chacun desquels on dispose un nombre
de connecteurs et on vérifie la condition suivante :
𝑣

Pour des raisons constructives, il n’est en général pas envisageable de faire évoluer
continûment la densité de connecteurs. On divise alors l’ouvrage en n tronçons de
longueurs i (1 ≤ ≤ ) sur chacun desquels on dispose un nombre (1 ≤ ≤ )
de connecteurs (densité constante par tronçon). Le choix des tronçons s’effectue en
observant les variations de vL,Ed ELS(x), chaque tronçon ayant typiquement une
longueur comprise entre 5 et 15 m.
Pour notre cas, on propose de découper la longueur du module en tronçons de
14,0625 m [Valeur que conditionnent les sorties logiciels, les sollicitations étant
données pour des valeurs de xi à pas constant de 2,8125 nous prendrons en
considération la sollicitation maximale dans un intervalle qui s’étend sur 5x i c'est-à-
dire un intervalle de longueur 14,0625] ;
Par exemple, pour le tronçon [45 ; 55,33] autour de l'appui P1, le flux de cisaillement
obtenu en valeur absolue sous ELS caractéristique vaut successivement (en MN/m) :

X(m) 45 47,8125 50,625 52,97918 55,33335


vL,Ed(x) 1,18 1,30 1,42 1,24 1,13

Le flux de cisaillement ELS maximal à reprendre est donc de 1,42 MN/m, ce qui est
assuré à condition de placer les rangées de connecteurs au pas maximal de (4
goujons par rangée) :

𝑣
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

En disposant le nombre entier de rangs de goujons tout juste nécessaires dans


chaque tronçon, on peut calculer le flux de cisaillement repris par tronçon. La figure
suivante illustre ce dimensionnement élastique de la connexion sous ELS
caractéristique. La courbe représentant le flux de cisaillement global que les
connecteurs sont en mesure de reprendre englobe ainsi complètement celle du flux
de cisaillement ELS. Les valeurs correspondantes des espacements des rangées
sont récapitulées dans le paragraphe de dispositions de ce chapitre et comparées
avec l’ensemble des calculs de connexion pour déduire l’espacement à mettre en
œuvre au final.

1,8

1,6

1,4
Glissement ELS(MN/m)

flux de cisaillement
1,2

0,8
glissement repris
0,6 par les goujons

0,4

0,2

0
0 50 100 150 200 250 300
Abscisse (m)

Figure 57- REPRISE DU GLISSEMENT A L'ELS

DIMENSIONNEMENT A L’ELU

Le dimensionnement de la connexion béton-acier débute par un calcul élastique du


flux de cisaillement, avec la même méthode que pour l’ELS. Dans chaque section, le
flux de cisaillement à l’ELU v ,𝐸 𝐸 𝑈 est donc donné par :

𝑣 [|𝑣 𝑣 |

Calculé à partir des efforts tranchants de l’ELU et des caractéristiques mécaniques


d’une section résistante non fissurée, en respectant le phasage de construction.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

La densité de connecteurs, constante par tronçon, doit alors vérifier les deux critères
suivants :
- localement, le flux de cisaillement ne doit pas dépasser de plus de 10% ce que la
densité de connecteurs permet de reprendre :
𝑣
- par tronçon, le nombre de connecteurs doit être suffisant pour transmettre la
totalité de l’effort de cisaillement :

∫ 𝑣

où xi et xi+1 désignent les abscisses aux limites du tronçon i.


Par simplification, on retient la même répartition en tronçons défini précédemment
pour les calculs de l'ELS. Pour le tronçon autour de l'appui P1, le flux de cisaillement
obtenu en valeur absolue sous ELU fondamental vaut successivement (en MN/m) :

X(m) 45 47,8125 50,625 52,97918 55,33335


vL,Ed(x) 1,58 1,74 1,9 1,63 1,50

Le flux de cisaillement ELU maximal à reprendre est donc de 1,9 MN/m.


Finalement, l'écartement maximal des rangées de 4 goujons sur le tronçon [45 ;
55,33] pour vérifier les critères de dimensionnement à l'ELU est :

( )
𝑣 [ ∫ 𝑣

Sur la figure suivante, similaire à celle du dimensionnement à l'ELS, les positions


relatives des courbes représentant le flux de cisaillement global que les connecteurs
sont en mesure de reprendre et le flux de cisaillement ELU sont différentes de celles
du calcul ELS.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

2,5

Glissement ELU (MN/m) 2

1,5

flux de cisaillement
1
glissement repris par

0,5

0
0 50 100 150 200 250 300
Abscisses (m)

Figure 58-REPRISE DU GLISSEMENT A L'ELU (MN/M)

DIMENSIONNEMENT NON LINEAIRE : CAS DES ZONES PLASTIFIEES

On rappelle que sous un moment positif, une section a tendance à se plastifier,


même partiellement, à l'ELU, d'où la nécessité de compléter le calcul précédent. En
effet, le comportement de la structure devient plastique et la loi donnant le flux de
cisaillement en fonction des efforts n'est plus linéaire, et donc le calcul précédent
devient inexact. En zone plastifiée, on retrouve une sollicitation importante de la
connexion et à de fortes redistributions entre sections voisines.

o Délimitation de la zone plastifiée :

Dans un premier temps, on doit déterminer l'emplacement des zones où le calcul non
linéaire de la connexion est nécessaire.
A partir de l'EN 1994-2, 6.6.2.2, on identifie la section en travée, notée B, et définie
comme étant celle soumise à la plastification maximale. En général, cette section est
celle soumise au moment MEd maximal à l'ELU en l'absence de variation brutale des
caractéristiques de section.

Comme présentés dans la figure suivante, A et C présentent les sections de la limite


de la zone plastifiée. Elles correspondent aux sections pour lesquelles M Ed à l'ELU
est égal au moment résistant élastique : 𝑀 𝑀 𝑀 𝑀

Compte tenu de la définition du moment résistant élastique, A et C sont les sections


encadrant B où le diagramme des contraintes normales de l'ELU atteint pour la
première fois une de ses bornes élastiques au niveau de l'une des fibres de la section
(béton ou charpente métallique).
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 59-DEFINITION DE LA ZONE PLASTIFIEE POUR LE CALCUL DE LA CONNEXION

o Diagramme d'interaction dans la section B :

l'EN1994-2, 6.2.1.4 préconise pour le calcul élasto-plastique la construction d'un


diagramme d'interaction dans la section B entre le moment sollicitant M et l'effort de
compression résultant dans la dalle F. Ce diagramme est défini à partir de trois points
remarquables ( voir figure suivante) :
- Le point G qui caractérise l'état de la section B, pour la phase donnée de
construction de la structure qui correspond au bétonnage du plot de dalle comportant
cette section B. La section résistante ne comprend alors que la charpente métallique
et aucun effort de compression n'est présent dans la dalle ( M = M a,Ed et F = 0 );
- Le point H qui correspond à une section B sollicitée à son maximum en
comportement plastique mixte. Alors, si l'axe neutre plastique est dans la dalle, on a :

𝑀 𝑀
𝑏 (noté Nc,f par l'EN1994-2)

Où beff est la largeur efficace de la dalle dans la section B et h c et la hauteur de la


dalle comprimée.
- Le point J qui correspond à l'état de première plastification de la section B pour
lequel M = Mel,Rd. A ce moment M correspond à un diagramme de contraintes
normales qui atteint une limite élastique sur une des fibres de la section B. En
intégrant ce diagramme sur la hauteur de la dalle et dans la largeur efficace, on
obtient la résultante Fel,B de compression dans la dalle (notée Nc,el par l'EN1994-2).
Le diagramme d'interaction M-F dans la section B correspond alors aux deux droites
GJ et JH. Par simplification, il est possible de s'affranchir du calcul de M el,Rd et
d'utiliser le diagramme linéaire GH.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 60-DIAGRAMME D'INTERACTION M-F DANS LA SECTION B

o Calcul du moment résistant élastique Mel,Rd :

La figure en dessous représente un état possible des contraintes dans la section B


déterminé à l’issue de l’analyse globale élastique fissurée, en respectant le phasage
de construction. Cette section est de classe 1, justifiée en résistance (sous la flexion)
par MEd ≤ Mpl,Rd. On constate que la contrainte sur la fibre extrême inférieure a
dépassé la limite élastique, c'est-à-dire que MEd > Mel,Rd.
Le moment résistant élastique s’obtient dans ce cas là en appliquant un coefficient k
< 1 sur le diagramme des contraintes apporté par Mc,Ed (comportement mixte de la
section B) de façon à ramener le diagramme final sous MEd dans ses limites
élastiques. Pour l’exemple de la figure, cela donne :
𝑘 puis 𝑀 𝑀 𝑘 𝑀

Il est à noter que la plastification de la section B peut aussi être atteinte par excès de
compression dans le béton, même si cela est plus rare que la situation de la figure
présentée.

Note : Un cas limite intéressant est à mentionner. Lorsque k = 1, cela signifie que la
section B est juste à la limite de son comportement élastique, et par conséquent, les
sections A, C et B sont confondues.

La résultante de compression Fel,B dans la dalle, quand M = Mel,Rd est calculée en


intégrant le diagramme élastique des contraintes sous k.Mc,Ed.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 61-CALCUL DE Mel,Rd

 Dimensionnement des connecteurs dans la zone plastifiée:


Entre les sections A et B (respectivement B et C), le nombre de connecteurs N AB
(resp. NBC) doit globalement être suffisant pour reprendre en cisaillement la variation
d’effort de compression dans la dalle :

Les connecteurs peuvent être répartis avec une densité constante entre les sections
A et B (respectivement B et C). FB est lu sur le diagramme d’interaction M-F dans la
section B, soit par le diagramme GJH, soit par le diagramme GH (voir figure). Cet
effort dans la dalle correspond au moment MEd qui sollicite effectivement la section B
à l’ELU et qui provient de l’analyse globale élastique fissurée de la structure.
L’utilisation du diagramme simplifié GH est en général nettement plus défavorable et
peut conduire à surdimensionner le nombre de connecteurs.

En A (respectivement C), l’effort de compression FA (respectivement FC) dans la dalle


en béton s’obtient par intégration du diagramme élastique des contraintes de l’ELU
sur la section de la dalle.

Dans le présent projet, On vérifie donc qu’aucune section n’est plastifiée dans les
poutres principales en calculant les contraintes à l’ELU à mi travée.
On obtient :
- Section 1 : σmax = 322.2 Mpa < fy = 335 Mpa
- Section 4 : σmax= 258.3 Mpa < fy = 335 Mpa

=>Aucune section n’est plastifiée, les valeurs calculées précédemment


conviennent.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Pour les dalles coulées en place, tel est notre cas, l'EN1994-2, 6.6.5 recommande les
dispositions constructives suivantes:

Pour assurer un comportement mixte de la poutre, l'espacement longitudinal maximal


entre deux rangées de connecteurs successives est fixé à
avec est l'épaisseur de la dalle. Dans notre cas, on
a:

Selon l'EN1994-2, la semelle supérieure est de classe 1 vu qu'elle est connectée à la


dalle. Or cette semelle vérifie la condition donc sans la dalle,
elle aurait été de classe 4. Pour pouvoir la considérer en classe 1, il faut que les
rangées de connecteurs soient suffisamment rapprochées pour l’empêcher de voiler
entre deux rangées successives. Cela se traduit par un critère supplémentaire sur
:

Aussi, pour une épaisseur de semelle , on obtient :

Ce critère est complété par la donnée d'une distance maximale entre la rangée
longitudinale de connecteurs la plus excentrée et le bord libre de la semelle
supérieure comprimée, là encore pour éviter le voilement local de cette semelle le
long de son bord libre. Cet éventuel voilement ne concerne que les zones où la
semelle connectée est de classe 3 ou 4.
Pour les sections à mi-travée où 𝑏 et , on obtient alors :

Afin d'assurer un soudage correct des goujons, Il faut vérifier une autre condition sur
D traduite par : .

Dans notre cas, si l'on alors avec une largeur de semelle 𝑏


, on obtient 𝑏 𝑏 .

On prend 𝑏 et qui est bien entre 25mm et


259,97 mm.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

La présence d'un renformis au niveau de la semelle doit être accompagnée d'une


distance minimale de 40 mm entre la face inférieure de la tête des connecteurs et la
nappe des armatures passives.
Ainsi, deux exigences supplémentaires doivent être prises en compte :
-La distance minimale 𝑣 entre le bord du renformis et le bord extérieur du
connecteur le plus excentré est de 50 mm ;
- L’angle entre la semelle supérieure et le renformis doit être supérieur 45°.

Figure 62-DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES TRANSVERSALES

Dans notre cas, les critères liés à l’ancrage de la connexion dans la dalle sont
dûment vérifiés.

En plus des critères cités ci-avant, l'EN1994-2 ajoute des critères liés à la nature des
connecteurs et qui sont définis par:
-Hauteur du goujon : h ≥ 3.
- Dimensions de la tête du goujon : hte ≤ 0,4. ≤ 1,5.
Dans notre cas, on prend , et .

Les critères relatifs à la charpente principale donnent des espacements longitudinaux


maximum à respecter. Il existe aussi des espacements minimum à respecter lorsque
des goujons sont utilisés :
- Longitudinalement : ≥ 5. ⇨ = 110 ;
- Transversalement : ≥ 2,5. ⇨ = 55 .

Récapitulatif : On constate que l’ELS est presque toujours dimensionnant, sauf dans
les sections proches de la mi-travée.
Dans ces zones, l’espacement juste nécessaire pour reprendre le flux de cisaillement
de l’ELS, devient trop important pour que le voilement de la semelle entre deux
rangées successives de connecteurs puisse être évité. Les dispositions constructives
prennent alors le pas.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

 Calcul des goujons :

Nous disposerons longitudinalement les goujons par rangée de 4 éléments.


En respectant les règles mentionnées auparavant, par souci d’uniformisation et afin
de faciliter le ferraillage de la dalle, nous proposons de retenir un espacement de 10
cm sur les sections 1, 2,3 et 5 et 20 cm sur la section 4. Voir ci-dessous le schéma
récapitulatif de la répartition des connecteurs.

Figure 63-REPARTITION DES CONNECTEURS

Pour plus de détails sur le calcul voir en annexe la feuille Excel "Connexion".
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

CHAPITRE XII. Flexion locale

La dalle en béton doit faire l'objet des justifications suivantes :

- la mise en œuvre d'un ferraillage de non-fragilité,


- la limitation des contraintes sous ELS caractéristique,
- la limitation de l'ouverture des fissures sous ELS quasi-permanent,
- la résistance en flexion à l'ELU,
- la résistance au poinçonnement,
- la résistance à l'effort tranchant vertical à l'ELU,
- la résistance à l'effort tranchant longitudinal à l'ELU,
- la résistance au cisaillement au droit des joints de la dalle,
- les règles de cumul d'armatures.

En ce qui nous concerne, les vérifications sont présentées pour deux sections
caractéristiques de la dalle en béton, au droit de la poutre métallique et à mi-portée
transversale de la dalle. L'accent est mis sur les points spécifiques à une dalle de
pont mixte, notamment le fait qu'elle est tendue longitudinalement sur appui.

o Sollicitations sous charges permanentes :

Les sollicitations sous charges permanentes relèvent de la flexion simple et peuvent


être calculées à partir d'un modèle à barres. On considère une bande transversale de
dalle, d’une largeur égale à un mètre longitudinal de tablier, modélisée comme une
poutre isostatique reposant sur deux appuis simples au niveau des âmes métalliques.
Cette hypothèse est défavorable par rapport à l'appui partiellement encastré que
constitue la semelle supérieure de la charpente. Cette poutre isostatique est soumise
aux charges réparties variables selon le schéma de la figure ci-dessous pour les
superstructures et le poids propre du béton.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Figure 64-MOMENT SOUS CHARGEMENT REPARTIE PERMANENT

Figure 65-MOMENT SOUS CHARGEMENT ENTIER

Les charges ponctuelles [Corniches ; Contre-corniche, et autres] ont comme effet de


réduire les sollicitations à mi-portée transversale de la dalle. Nous considérons les
deux phases de construction : avant et après mise en place des équipements;
comme simplification le moment pris en considération à mi- travée concernera les
charges réparties permanentes, tandis que celui pris au droit des appuis impliquera
tout le chargement y compris le chargement ponctuel.

On obtient finalement :

Mt [Kn.m/M] Ma [Kn.m/M]
34,66 137
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

o Sollicitations sous charges de trafic :

(a)- Modèle de calcul :

Les portées de la dalle à prendre en compte sont mesurées entre nus d’appuis, et nus
d’entretoises. En général l’hourdis repose sur des éléments de faible rigidité de torsion, en
conséquence il est considéré comme simplement appuyé, on ne tient compte du fait qu’il est
partiellement encastrée que forfaitairement.

(b)- Diffusion des charges :

Pour le calcul des sollicitations sous charges de trafic on tient compte de leur diffusion sur le
plan moyen de la dalle. Longitudinalement telle que décrit dans l’EN 1991-2, 6.3.6.2, la
diffusion longitudinale d’une charge se fait selon le schéma suivant :

Notez que l’élément par lequel s’effectue


cette diffusion est la traverse.

(1)- Charge sur traverse.


(2)- Plan de référence [Plan moyen de la
dalle].

Transversalement, pour les ponts avec voie ballastée et traverses bi-bloc, il convient de répartir
les charges comme indiqué ci-dessous :

Figure extraite de L’EN1991-2, 6.3.6.3(2)

(1)-Plan de roulement.
(2)-Plan moyen de la dalle ou plan de
référence.

Les rectangles de répartition obtenus pour les trois systèmes de chargement UIC71, SW/0,
SW/2 sont décentrés. Pour le calcul des sollicitations on peut utiliser les abaques de Pucher
qui donnent les surfaces d’influences des moments et des efforts tranchants. Une autre
alternative à cela serait d’utiliser les abaques de Pigeaud ou de Mougin. La méthode de
superposition nous permettrait alors de déduire directement les sollicitations [Artifice de
Résal].
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

(c)- Dimensions du rectangle d’impact :

- a = 2.tan(α).(e+h/2) + ltraverse
- b = 2.tan(α).(e+h/2) + btraverse

Où,

- a est la dimension transversale du rectangle d’impact,


- b la dimension longitudinale,
- e = 0,6875 m, épaisseur du ballast + grave-bitume + étanchéité.
- h = 0,375 m, épaisseur de la dalle.
- α : angle de diffusion.

btraverse [m] l traverse [m] α[Rad] e + h/2 [m] a [m] b [m]


0,29 0,6 0,24 0,875 1,02825423 0,71825423

(d)- Artifice de Résal : [Principe].

On se ramène au cas de la charge centrée par une superposition de cas de charge


correspondant à des rectangles centrés chargés positivement ou négativement par la même
densité de charge.

Exemple :

(e)- Abaques de Pigeaud :

Le modèle de dalle que nous étudions est le suivant :

La dalle est supposée articulée sur son contour. On tiendra compte de l’encastrement partiel
forfaitairement.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Les moments par unité de largeur au centre de de la dalle se calculent par les expressions
suivantes :

Mox = (M1+νM2).P
Moy = (M2+νM1).P

ν : Coefficient de poisson, ( = 0 à l’ELU et 0,2 à L’ELS).

Les coefficients de moments M1 et M2 sont des coefficients dont les valeurs ont été calculés
par Pigeaud, en 1921, et mises sous forme d’abaques en fonction des rapports ρ = lx/ly, u/lx et
v/ly. Ces abaques ont été rétablis avec plus de précision par J.P. Mougin.
L’utilisation des abaques de Mougin est assez simple. Les abaques sont donnés pour plusieurs
valeurs de ρ variant de 0,05 à 1,0 en 0,05. Pour des valeurs de ρ intermédiaires on effectue
une interpolation linéaire.

On ce qui nous concerne lx = 6,3 m et ly=8,4375 m, ρ = lx/ly = 0,75.


Les abaques sont donnés pour ρ = 0,7 et ρ = 0,8 [Annexe 5: Abaques de Mougin]. Pour chaque
valeur de ρ on dispose de deux abaques, celui d’en haut représente M1 et celui d’en bas
représente M2.
On détermine les paramètres α et β tels que définis la figure ci-dessous, les courbes dans les
abaques sont paramétrées en β, tandis qu’on peut lire sur les abscisses les valeurs de α.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

(c)- Illustration de la méthode de calcul : [Voir Feuille de calcul Flexion locale].

L’illustration va être faite pour le système de chargement UIC71, le recueil des sollicitations
étant pour ce cas de charge le plus difficile. Notez que pour obtenir la sollicitation maximale il
faut disposer les rectangles d’impact le plus près possible du centre de la dalle.

Cette disposition étant faite on obtient le schéma de charge ci-dessous, où les rectangles
jaunes représentent la charge concentrée P=250KN, et les rectangles noirs représentent la
charge répartie 80 KN.

On applique le principe de superposition pour obtenir le moment pour les quatre rectangles
encadrés en noir les plus proches du centre de la dalle.

Notez que pour appliquer ce principe, on doit charger chaque rectangle de la même densité de
charge, cela revient à diviser P par les dimensions u et v de chaque rectangle à part.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

(d)- Résultats de Calcul :

Le modèle de charge SW/2 est dimensionnant dans tous les cas.

Pour la section au droit de l’âme métallique, le moment de flexion transversal vaut MSW/2 = 346
KN.m/ml.
Pour la section à mi-portée de la dalle, le moment de flexion transversale vaut MSW/2 = 216
kN.m/ml.

Les moments combinés donnent :

Mser.carac Mser.fréq Mquasi-permanent MELU


Mt [KN.m/ml] 380,209375 241,989625 138,3248125 565,1150625
Ma [KN.m/ml] 352,9683594 266,5810156 201,7905078 400,9183594

EN1992-1-1, 9.3.1

L’EN1992-1-1 donne un ferraillage minimum de flexion à mettre en œuvre pour les


dalles. La valeur recommandée (soumise au choix de l’Annexe Nationale) est :
As,min = 𝑏
Où bt est la largeur de la dalle (on raisonne ici par tranche d’un mètre donc bt = 1m)
et d = 0,3125 m est la hauteur utile de la section (distance du centre de gravité de la
nappe d’armature considérée, à la fibre extrême comprimée du béton).

On trouve :
As,min.sup [m²] As,min.inf [m²]
0,00052 0,00052

Pour l’exemple numérique, le ferraillage mis en place est largement supérieur au


ferraillage de non-fragilité.

[EN1992-1-1, 7.2(5) et
7.2(2)]

Il convient de vérifier les limites suivantes :


σs ≤ k3fsk
σc ≤ k1fck

Où k1 et k3 sont données par l’Annexe Nationale de l’EN1992-1-1. Ces calculs de


contraintes sont réalisés en négligeant la participation du béton tendu. Pour vérifier
les armatures passives, c’est généralement le calcul à long terme, conduit avec un
coefficient d'équivalence n (armature/béton) de 15, qui fournit les valeurs les plus
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

défavorables. Pour vérifier la limite de compression dans le béton, c’est généralement


le calcul des contraintes à court terme avec n = Es/Ecm = 5,9 qui est défavorable. En
flexion transversale, le comportement est celui d’une section en béton armé, on
retient Es = 200000MPa.

Pour le calcul de σs et σc on commence par rechercher l’emplacement du centre de


gravité de la section homogène. On effectue cette recherche à l’aide de l’équation
des moments statiques de la section homogénéisée réduite (S.Hb.R.) provenant de
l’équation de l’équilibre des résultantes de la section, de l’hypothèse de Bernoulli et
de celle d’adhérence parfaite :

μ =∫ 𝐴 𝐴

Une fois on trouve x [position du centre de gravité par rapport à la fibre extrême du
béton], on détermine l’inertie homogène I homogène.

I homogène = +n.AS2. (x-d’)²+nAS1(d-x)²

Puis on applique les équations ci-dessous pour le calcul de σs et σc :


σst = et σc =

Application numérique [Voir Feuille de calcul Flexion locale] :

Pour les sections au droit des poutres métalliques, on a d = 0,3125 m ; As = 39,25


cm2 ; M = 0,309 MN.m
Avec n = 5,9 on obtient σc = 19,82 MPa <21 Mpa
Avec n = 15 on obtient σS = 294 < 400 MPa.

Pour la section à mi-portée transversale de la dalle, on a d = 0,3125 m ; As = 39,25


cm² ; M = 0,311 MN.m
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Avec n = 5,9 on obtient σc = 19,91 MPa <21 Mpa


Avec n = 15 on obtient σS = 295 < 400 MPa.

On choisit de vérifier l’ouverture de fissure par la méthode directe, l’aspect théorique


de cette vérification vous est présenté ci-dessous :

Prenons l’exemple d’un tirant en béton armé soumis à un effort normal de traction [Ce
tirant est l’équivalent de la portion de béton tendue dans une poutre fléchie].

Considérons un état homogène non fissuré, correspondant à la portion de béton


entre deux fissures successives. On a :
F = Ac.σct + As.σs1 (1)
Dans le cas d’un effort de traction F constant, on aura : dF= Ac.dσct + As.dσs1 (2)
Rappelons que : φ.fbd.dx = A.dσs1 cette équation illustre la condition d’adhérence,
où fbd est la contrainte ultime d’adhérence. fbd = η1.η2fctk,0,05/γc

(1) et (2) nous donnent :


|dσct| = =

Si fbd est constant on obtient en intégrant :


σct = ∫ = =
L’équation trouvée traduit la linéarité des contraintes dans le béton, chose illustrée
dans l’exemple du tirant ci-dessus.

La distance minimale entre deux fissures est telle que : σct = fct =
Dans la réalité l’écartement des fissures sr : srmin≤ sr ≤ 2 srmin
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Les fissures apparaissent progressivement de manière aléatoire, quand tous les


écartements sont compris entre ces 2 valeurs, c’est l’état de fissuration complète.

L’expérience montre qu’en général sr ≈ 1,8 srmin.

L’EC2 définit l’ouverture de fissure de calcul à partir de l’espacement maximal des


fissures sr,max (résultats de retour d’expérience) afin de se placer en sécurité.
Cette ouverture calculée a un caractère conventionnel (sans comparaison possible
avec des ouvertures mesurables sur ouvrages).

L’ouverture moyenne wm d’une fissure peut être déterminée en calculant


l’allongement moyen d’une armature par rapport à l’allongement du béton sur la
longueur comprise entre deux fissures :

Wm = Srm(εsm-εcm)

Notez que pour une force F>Ffissuration l’allongement relatif de l’acier vaut : εsm = εs2 - ∆ε
Avec :
- εs2 : Allongement relatif de l’acier nu sans participation du béton tendu.
- ∆ε : Réduction de la déformation de l’acier par participation du béton tendu entre les
fissures.

Considérons cette fois-ci l’effort Ff causant la fissuration du tirant : Ff = Acfct+AsσS1


L’hypothèse d’adhérence parfaite conduit à : εc = εs1 ;
soit : = lors de la fissuration fct/Ec = σS1/Es
Soit σS1 = Es/Ec.fct = αe fct soit Ff = (Ac + αe AS). fct

Après fissuration, seul l’acier reprend l’effort dans le tirant dans la section fissurée, la
contrainte dans l’acier dans cette section est donc :
σSf = Ff/As = (Ac/As + αe).fct

En posant ρ = As/Ac on trouve : σSf = Ff/As = (1 + αe ρ).fct/ρ

L’EC2 suppose que la déformation moyenne du béton est proportionnelle à la


déformation moyenne de l’acier au moment de la fissuration :

εsm-εcm = εs2 - kτ. εsf = 1/Es(σs2-kτ σsf).


εsm-εcm = (σs2-kτ.(1 + αe ρ).fct/ρ)/Es

Après avoir détaillé l’aspect théorique on passe à l’aspect réglementaire :

Wk = Sr,max(εsm-εcm)
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Si l’espacement des barres adhérentes ≥ 5(c + φ/2) ; Sr,max = 1,3(h - x)


Si l’espacement des barres adhérentes < 5(c + φ/2) ; Sr,max = k3c+k1k2k3.φ/ρp,eff
- x : Distance de la fibre supérieure à l’axe neutre.
- φ : diamètre des barres ou diamètre équivalent : φeq = (n1φ²+n2φ²)/( n1φ+n2φ)
- c : enrobage (en mm).
- k1 = 0,8 pour les barres HA, 1,6 pour des aciers effectivement lisses.
- k2 = 0,5 en flexion, 1 en traction pure et valeur intermédiaire en traction excentrée
(7.13)
- k3 = 3,4*(25/c)2/3 si c>25 mm et 3,4 sinon k3 = 0,425
- ρp,eff = As / Ac,eff avec Ac,eff =b*hc,eff avec hc,eff = min(2,5(h-d);(h-x)/3;h/2)

Au final, on trouve :

εsm-εcm = ≥ 0,6

- σs : contrainte dans les aciers sous combinaison quasi-permanente (G + 0,3Q) en


supposant la section fissurée ;
- kt = 0,4 pour un chargement de longue durée, 0,6 pour une courte durée
- fct,eff : valeur moyenne de la résistance en traction du béton au moment où les
premières fissures sont supposées apparaître
- αe = Es/Ecm.

Application à notre exemple :

Tous calculs faits, on obtient les ouvertures de fissures suivantes :


- Section au droit des poutres métalliques wk=0,19 mm < 0,3 mm.
- Section à mi-portée de la dalle wk=0,09 mm < 0,3 mm.

[EN 1992-1-1, 6.1]

On doit vérifier, sous la combinaison fondamentale de l’ELU, que le moment


sollicitant est inférieur au moment résistant ultime. Le moment résistant ultime est
calculé à partir des diagrammes contraintes-déformations suivants :
- Pour le béton, un diagramme rectangulaire simplifié équivalent :
λ = 0,80 et η = 1,00 car fck = 35 MPa ≤ 50 MPa
fcd = 23,3 MPa (avec αcc = 1, choix de l’Annexe Nationale)
εcu3 = 3,5 mm/m
- Pour les armatures passives, un diagramme bilinéaire avec écrouissage (armature
de classe B au sens de l'annexe C de l'EN1992-1-1) :
fsd = 435 MPa
k = 1,08
εud = 0,9.εuk = 45 mm/m (choix de l’Annexe Nationale)
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Les armatures comprimées sont négligées.


Le moment ultime résistant est MRd = λ.x.b.ηfcd.(x- λ.x/2) + fsd.As.(d – x) Avec x = d.
εcu3/( εcu3+ εud).

On en déduit MRd= 0,5 MN.m pour les deux sections à mi-travée et au droit des
poutres métalliques.
Pour la section au droit des poutres métalliques, on aurait MRd = MELU pour As =
39,04 cm²/m. Il est utile de connaître cette valeur pour justifier l’interaction de la
flexion locale avec le cisaillement longitudinal

EN 1992-2, 6.2.2

L'effort tranchant maximal à l'ELU est obtenu au droit des âmes métalliques, côté
intérieur, en appliquant le modèle de charge SW/2. La valeur numérique obtenue est
VELU = 396 kN / ml.

Dans le sens transversal, la dalle n’est pas tendue. Elle a un comportement de type «
béton armé » et sa résistance en l'absence d'armatures d'effort tranchant s'obtient
donc directement en appliquant la formule (6.2a) de l'EN1992-2, avec les
modifications qui y ont été apportées par l'Annexe Nationale de l'EN1992-2 :

VRd,c = bwd . {k1σcp + max (CRd,c.k.(100.ρl.fck)1/3 ; vmin }

Où :
- fck est donné en MPa

- k = 1+√ avec d en mm.


- ρl = ASl/(bw.d)

Asl est l’aire des armatures tendues (voir figure 6.3 de l’EN1992-2 pour les
dispositions que doivent vérifier ces armatures). Dans le cas de l’exemple du guide,
Asl correspond aux armatures transversales en nappe supérieure au niveau des
poutres. bw est la plus petite largeur de la section droite tendue. Pour la dalle, bw =
1000 mm de façon à calculer un effort résistant VRd,c par mètre linéaire.

- σcp =NEd/Ac ≤ 0,2 fcd en MPa. Cette contrainte est nulle en l’absence d’effort normal
(ce qui est le cas dans le sens transversal de la dalle de l’exemple).

- Les valeurs de CRd,c et k1 sont fournies par l’Annexe Nationale de l’EN1992- 2. On


utilise les valeurs recommandées :

CRd,c = 0,18/γC = 0,12


k1 = 0,15
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

vmin a été modifié par l'Annexe Nationale de l'EN1992-2 :


vmin= 0,035.k3/2 .√ pour les poutres.
vmin= (0,035/γc).√ pour les dalles.

Application à notre exemple : [Feuille de calcul Flexion locale].

bw [mm] 1000
fck [MPa] 35
k 1,8
ρ1 0,01256
σcp 0
CRd,c 0,12
K1 0,15
vmin [MPa] 1,340978084

On trouve VRd,c = 419 KN/m> 396 KN/m.

Il n'est donc pas nécessaire d'ajouter des armatures d'effort tranchant dans la dalle,
autres que celles résultant des dispositions constructives (recouvrement, poussée au
vide,…). Un minimum de 3 à 4 cadres par m² est nécessaire pour maintenir les aciers
pendant le bétonnage.

EN 1992-2, 6.2.2

Dans le chapitre connexion, on a déterminé un flux de cisaillement longitudinal à


l’interface entre la dalle en béton et la charpente métallique, par une analyse
élastique à l’ELS caractéristique et à l’ELU. Le nombre de connecteurs a été
dimensionné en conséquence, pour reprendre ce flux et assurer ainsi le
comportement mixte des sections du tablier.

A l’ELU, ce flux de cisaillement doit aussi être équilibré sur les différentes surfaces de
rupture possibles dans la dalle en béton. Cela revient à s’assurer que les armatures
passives qui traversent ces surfaces sont suffisantes pour éviter toute ruine par
cisaillement du béton, ou toute rupture par fendage longitudinal de la dalle.

En ce qui nous concerne, le flux maximal de cisaillement VEd repris par les
connecteurs est egale à 1,9 MN/m, valeur que l’on retient ici pour la vérification de la
dalle.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

L’EN1994-2 considère 2 surfaces potentielles de rupture [voir figure ci-dessous] :

- Surface a-a traversée une seule fois par les deux nappes d’armatures
transversales, As = Asup + Ainf
- Surface b-b traversée deux fois par la nappe d’armature inférieure, As = 2Ainf

- Surface de rupture a-a :


Le flux de cisaillement longitudinal à équilibrer dans la section a-a est égal à vEd,a =
1,9/2 = 0,95 MN/m (car il y a 2 sections a-a de part et d’autre de la poutre principale).
A ce flux, correspond une contrainte de cisaillement τEd = vEd,a/hf où hf est la hauteur
de la surface de rupture. Cette contrainte est reprise par des bielles de compression
dans le béton, inclinées en plan d’un angle θf par rapport à l’axe longitudinal du
tablier, et cousues entre elles par les armatures transversales.

Il faut alors procéder à deux vérifications :

- Reprise de l’effort traction par les aciers passifs :


τEd.hf.tan θf ≤ fsd
Où s est le pas des barres transversales d’armature dont la section totale pour un
mètre linéaire longitudinal de tablier vaut As.
- Résistance en compression des bielles en béton :
τEd ≤ v.fcd.sinθf.cosθf
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

v = 0,6.(1 – fck/250) avec fck en MPa (facteur de réduction pour la résistance


du béton fissuré en cisaillement).

La dalle étant tendue dans le sens longitudinal, on doit limiter l'inclinaison des bielles
a cotan θf = 1,25 c'est-à-dire θf = 38,65° ;
Dans le cas de notre exemple, sur poutre, le ferraillage transversal est constitué de
HA25 en nappe supérieure et inférieure avec un pas de s = 125 mm, soit As/s = 78,5
cm²/m. Et on vérifie bien :

≥ = 15,05 cm²/m

On considère une épaisseur de dalle hf = 0,34 m pour la surface a-a.


τEd = 1,9/(2*0,34) = 2,53 MPa ≤ vfcdsinθfcosθf = 8,79 MPa.

Les deux critères sont donc vérifiés. Le ferraillage minimum nécessaire pour
reprendre les cisaillements sur la surface a-a est de 15,05 cm²/m.

Surface de rupture b-b :

Le flux de cisaillement longitudinal à équilibrer dans la section b-b est égal à vEd,b =
1,15 MN/m. La hauteur de cette surface de rupture se calcule en entourant les
goujons au plus près (voir figure ci-dessus) :

Hf = 2hsc + b0 + φtête = 2*0,200 + 0,75 + 0,035 = 1,185 m.


On en déduit la contrainte de cisaillement sur la surface de rupture b-b :
τEd= 1,9/1,185 = 1,6 MPa

Pour l’exemple numérique du guide, on vérifie successivement les deux critères :


As/s = 78,53 cm²/m (2 rangées de HA25 au pas s = 125 mm)

= 9,52 cm²/m.

τEd = 1,75 MPa ≤ vfcdsinθfcosθf = 8,79 MPa.

EN 1992-2,
6.2.4

Les charges de l’Eurocode sont telles qu'on peut les disposer pour avoir
simultanément un maximum de flux de cisaillement longitudinal et un maximum de
moment de flexion transversale. Pour tenir compte de cette concomitance, l'EN1992-
2 fixe les règles suivantes :
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

• la vérification de la compression dans les bielles se fait avec une hauteur h f réduite
de la profondeur de la zone comprimée en flexion transversale (ce béton étant épuisé
en compression, il ne peut pas simultanément reprendre du cisaillement) ;

• l'aire totale d'acier doit être supérieure à Aflex + Acis/2 où Aflex est la section d'acier
nécessaire vis-à-vis de la flexion et Acis la section nécessaire vis-à-vis des
cisaillements longitudinaux.

o Résistance des bielles en compression :

Dans le paragraphe précédent, on constate que la compression dans les bielles est
largement inférieure à la limite admissible. La réduction ne pose donc pas de
problème.

- section a-a :
hf,red = hf - xELU = 0,375 – 0,05 = 0,325 m.
τEd,red = 2,92 MPa ≤ 8,79 MPa.

- section b-b :

hf,red = hf – 2.xELU = 1,085 m.


τEd,red = 1,75 MPa ≤ 8,79 MPa.

o Cumul d’armatures :

Pour les armatures, la question du cumul ne se pose que pour la section a-a où les
aciers supérieurs équilibrent à la fois la flexion et les cisaillements.
Dans la section sur poutre principale, la section d'acier A flex,sup nécessaire vis-à-vis de
la flexion transversale de l’ELU est égale à 39,04 cm²/m [Voir limitation des
contraintes à l’ELS caractéristique]. La section d'acier Acis nécessaire vis-à-vis des
cisaillements longitudinaux est égale à 15,05 cm²/m.

De façon générale, il convient de vérifier que :


Asup ≥ Aflex, sup
Ainf ≥ Aflex, inf
Ainf + Asup ≥ max { Acis ; Acis/2+Aflex,sup ; Acis/2+Aflex,inf}.

L’Eurocode ne précise pas la façon de répartir les aciers de couture entre les deux
faces. On recommande d’adopter la règle de répartition proposée dans le guide Sétra
de calcul des ponts selon l’Eurocode 2 :

Asup ≥ Acis/4+ Aflex, sup


Ainf ≥ Acis/4+ Aflex, inf
Ainf + Asup ≥ Acis
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Le tableau suivant récapitule L’ensemble des calculs : [Feuille de calcul : Flexion


locale].

Aflex, sup [cm2/m] 39,04112483


Aflex, inf [cm2/m] 0
Acis[cm2/m] 15,05282932
Asup[cm2/m] 44,15625
Ainf[cm2/m] 39,25
Acis/4+Aflex,sup 42,80433216
Acis/4+Aflex,inf 3,76320733
Ainf+Asup 83,40625

Asup est obtenu après augmentation d’une armature le nombre d’armature dont on
disposait au début et qui était 8 armatures HA25 par mètre transversal.
La règle de cumul est ici dimensionnante pour la nappe supérieure d’armatures.
DIMENSIONNEMENT DU TABLIER MIXTE DU PONT EL HACHEF : ANALYSE FISSUREE.

Conclusion

Par le biais de ce projet de fin d’études, nous avons été amenés à faire une analyse de
conception et de dimensionnement du tablier d’un bipoutre mixte destiné au trafic
ferroviaire. Cette variante, choisie parmi plusieurs, se présente comme la plus
avantagée pour le projet de la ligne à grande vitesse.

Le dimensionnement des différents éléments de l’ouvrage a demandé, tout d’abord,


l’établissement des hypothèses dont on a tenu compte lors de la conception et le choix
des matériaux. La majeure partie des calculs a été effectuée manuellement en s’aidant
des guides SETRA (Application des Eurocodes) et des diagrammes de sollicitations
générés par le logiciel CSIBridge.

L’analyse que nous avons entreprise tient compte de plusieurs facteurs dont
principalement la fissuration du béton dans les zones tendues, cette analyse nous
permet de limiter le comportement mixte de l’ouvrage aux zones non fissurées, où
seule les sections de charpente travaillent.

A l’issue de l’analyse globale on identifie les zones fissurées au niveau des appuis
intermédiaires où l’action primaire du retrait (isostatique) n’est plus à prendre en
considération. Généralement les Eurocodes préconisent une longueur de 15% de
travée de part et d’autre des appuis intermédiaires comme zones fissurées, or en ce qui
nous concerne, les portions de dalle fissurées trouvées dépassent dans certaines
régions de loin cette valeur.

Pour compléter notre étude, une analyse dynamique et sismique est à prévoir pour
l’ensemble de la structure.