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Ecrits et dessins1 : Christophe Avon (Directeur)

& Pascale Courtial (Attachée de direction)

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Dessins vectorisés d’après les photographies en haute résolution des spécimens types ou paratypes étudiés.
REVISION DU GENRE BATHYSCIOLA (REGION PACA-FRANCE)
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LES COMPTES RENDUS DU L. E. F. H. E - DECEMBRE 2008 -
REVISION DU GENRE BATHYSCIOLA (REGION PACA-FRANCE)
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Biodiversité des coléoptères édaphiques :

Révision du genre Bathysciola Jeannel, 1910


région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, France
(Coleoptera, Leiodidae, Bathysciinae, Leptodirini)

Christophe AVON* & Pascale COURTIAL**

*Laboratoire d’Entomologie, Faune hypogée & endogée (LEFHE)


« Le Maestro » entrée C, 21, chemin Sorgentino, F-06300 Nice

** Université de Nice Sophia Antipolis, Service Etudes et Pilotage. F-06300 Nice

Résumé. – Le genre Bathysciola Jeannel, 1910 région Provence-Alpes-Côte d’Azur, France


est révisé. 14 espèces nouvelles sont décrites avec de nombreuses mises en synonymies et
recombinaisons.

Summary. – Biodiversity of the edaphic coleopters : revision of the Bathysciola Jeannel,


1910 genus Provence-Alpes-Côte-d’Azur area, France. (Coleoptera, Leiodidae,
Bathysciinae, Leptodirini). The genus Bathysciola Jeannel, 1910 (Provence-Alpes-Côte
d’Azur area, France) is revised. 14 new species are described with many setting in
synonymies and recombinations.

Mots-clés. – Coleoptera, Leiodidae, Bathysciinae, Leptodirini, Bathysciola, biodiversité,


nouvelle espèce, nouvelle sous-espèce, édaphique, endogé, hypogé, cavernicole, grotte,
biospéléologie.

Key words. – Coleoptera, Leiodidae, Bathysciinae, Leptodirini, Bathysciola, biodiversity,


new specie, new subspecies, edaphic, endogeous, hypogeous, endogean, hypogean, cave,
caves beetles, underground beetles, biospeleology.

Introduction

Toutes les Bathysciola que nous avons étudiées pour la rédaction de cette révision sont toutes
endémiques dans leurs localités respectives (Région PACA). Elles sont toutes endogées ou
hypogées, anophtalmes et aptères. Les femelles sont en majorité plus petites que les mâles.
Nous avons constaté que les espèces endogées de basses altitudes ne sont jamais muscicoles
contrairement à ce qui était écrit dans les articles de Jeannel et de Bonadona (Cf.
Bibliographie), mais humicoles avec de nombreuses espèces de basse altitude qui
affectionnent les nids de fourmis (myrmécophiles2), même en milieu relativement sec :
plateau karstique du plan des Noves, de la Sarrée, de la Malle, commune de Vence jusqu’à
Saint-Vallier de Thiey dans les Alpes Maritimes. Concernant les espèces dites « muscicoles »,
nous voudrions préciser qu’elles sont cantonnées seulement dans les ubacs alpins ou préalpins

2
Sous les pierres enfoncées, les fourmilières sont toujours accompagnées d’un groupe de petits collemboles
agrégés qui pourrait expliquer la présence des Bathysciola (nourriture). De ce fait, rien n’indique que ces
dernières soient des myrmécophiles strictes.
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où la densité des mousses est évidemment plus importante. C’est certainement seulement pour
cette raison que nous rencontrons les Bathysciola dans ces biotopes et non par nécessité d’une
véritable vie strictement muscicole où le végétal serait indispensable.

Les espèces hypogées sont des cavernicoles stricts qui ne vivent qu’en zone troglobie, donc en
absence totale de lumière et à forte humidité. Bonadona (1985-1988) avait constaté que ces
espèces ont toujours (parmi leurs trois soies constantes) une soie courte et introversée aux
styles (paramères) de l’édéage. Les endogées conservent leurs trois soies longues et
normalement implantées. Le nombre important d’espèces que nous avons étudiées ces deux
dernières années confirme les conclusions de Bonadona à l’exception de B. brevicollis
Abeille, 1882 qui est strictement endogée et qui possède deux longues soies et une soie
extroversée plus petite à l’apex des styles (paramères) de l’édéage. Chez le genre Bathysciola,
les habitus se ressemblent beaucoup et il est impossible de séparer correctement les espèces
par leur simple comparaison extérieure. Egalement, les organes copulateurs à l’intérieur d’un
même groupe restent semblables. Comme nous le verrons, seules les pièces copulatrices et les
carènes mésosternales des mâles restent de bons critères de séparation.

Toutes les études antérieures (Jeannel, Bonadona, Giordan, Avon & Courtial etc.) ont amené
leurs auteurs à classer les Bathysciola en étudiant l’organe copulateur en vue de dessus et la
pièce copulatrice par transparence. Le premier problème était la description des organes
copulateurs. Etant très arqués, il restait très difficile, pour ne pas dire impossible, de les
monter tous d’une manière identique, entre lame et lamelle. Effectivement, la vue de dessus se
trouvait fortement modifiée surtout concernant les apex : groupe B. giordani, lancéolés ou non
selon l’angle de montage. Le deuxième problème important était l’étude des pièces
copulatrices par transparence qui demandait un œil plus qu’averti, mais surtout la chance que
cette dernière ne soit pas en position d’évagination, masquée par l’épaisseur de la chitine à
l’apex de l’édéage. Nous y avons remédié d’une part en callant les organes copulateurs d’une
manière identique pour toutes les observations (figure 1), et d’autre part en réalisant
l’extraction des pièces copulatrices. Ces dernières étant très petites et très fragiles, une
technique extrêmement minutieuse de dissection a donc été mise au point à l’aide de micro-
aiguilles. Après extraction, ces pièces ont été colorées à l’éosine afin d’identifier les
membranes et de ne pas les confondre avec leurs sclérites principaux et représentatifs (figure
2). Les profils des carènes mésosternales, les organes copulateurs et les pièces copulatrices
ont ensuite été photographiés en haute résolution puis vectorisés avec notre méthode de
numérisation « Procruste » (Cf. Avon, 1995, l’Entomologiste, 51 (4) pp. 193-204). Nous
obtenons sur nos ordinateurs des schémas extrêmement précis que nous vous présenterons ci-
dessous. Concernant les habitus, seul le pourtour est exploitable. En effet, les descriptions
antérieures (Jeannel, Bonadona, Giordan, Avon & Courtial etc.) mentionnent des longueurs
pour chaque espèce qui ne sont qu’indicatives. Effectivement, le pronotum de ces insectes a la
faculté de s’imbriquer plus ou moins profondément sur les élytres selon l’état (contracté ou
non) des exemplaires étudiés, ceci jouant sur leur longueur, l’ovalité générale et l’aspect du
scutellum. Pour les mâles, nous ne pourrons donc que donner des longueurs indicatives
comprises entre 1,40 et 2,00 mm. avec une grande variabilité de longueurs à l’intérieur même
d’une population. Concernant les carènes mésosternales, nous ne retiendrons que celles des
mâles car elles sont peu variables. Contrairement à ce que nous pensions jusqu’à présent
(Avon, 1994, l’Entomologiste, 50 (2) p. 134), nous avons constaté que chez les femelles la
variabilité des carènes mésosternales est trop importante dans une même population. Dans ce
cas, les différences rencontrées sur ces carènes ne permettent plus une anticipation sur la
découverte d’espèces nouvelles à partir seulement de l’étude des carènes des femelles.

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Figure 1. 1. Apex d’un édéage représentatif du groupe B. brevicollis Nov. 2. Apex d’un édéage représentatif du
groupe B. aubei Nov. a. angle à la base de l’apex. 3. Apex d’un édéage représentatif du groupe B. giordani Avon
& Courtial 2008. b. apex lancéolé. 4. Apex d’un édéage représentatif du groupe B. champsauri Nov. A gauche
des apex sont représentées les soies du style (paramère) gauche de l’édéage. Notons la présence d’une soie
courte chez les espèces des groupes B. brevicollis Nov. (1.) et B. champsauri Nov. (4.), groupes hypogés ou
alpins.

Les collections

Une révision sérieuse du genre Bathysciola Jeannel, 1910 impose la consultation de grandes
collections. Il en existe six principales : la collection du MNHN de Paris ; les collections
Jeannel et Fagniez, propriétés actuelles du MNHN de Paris ; la collection Ochs,
successivement propriété de Curti et aujourd’hui celle du MHN de Genève ; puis les deux
plus intéressantes à notre sens pour l’étude de ce genre : la collection Bonadona, dont la partie
principale (carabiques et montages) est la propriété du MHN de Lyon avec la section
complète des Bathysciola directement léguée par Bonadona à J.-C. Giordan ; puis la
collection de J.-C. Giordan lui-même, qui comprend une remarquable série de Bathysciola.
Nous voudrions dés à présent remercier chaleureusement et plus particulièrement ce dernier
entomologiste qui n’a pas hésité à nous ouvrir ses portes et ses collections pour une étude
approfondie de chaque espèce. Nous avons pu ainsi étudier et redécrire tous les types et
paratypes disponibles. Sauf indication, les exemplaires manquants en collection ont été
recapturés par nos soins.

Dans le texte qui suit, nous noterons « [ex.] » les collections dont la propriété n’est plus celle
de leurs auteurs. Les départements prospectés sont : les Alpes Maritimes, les Alpes de Haute
Provence, le Var, les Bouches du Rhône et le Vaucluse.

Espèces non traitées

Seules deux espèces n’ont pas été traitées dans les Alpes de Haute Provence car trop peu
d’exemplaires sont accessibles pour étude. Elles n’ont également pu être recapturées jusqu’à
ce jour. Il s’agit de :

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Bathysciola subalpina Fairmaire, Stett. Ent. Zig. XXX, p. 231. Localité type : Forêt de
Durbon, haute vallée du Queyras, Alpes de Haute Provence (type in coll. Fairmaire [ex]) est
étiqueté « Gap », in coll. MNHN de Paris).

Bathysciola ubayensis Fagniez, 1922. Ann. Soc. Lynn. Lyon, 1921, p. 107. Localité type :
Saint Paul sur Ubaye (Hustache : in coll. Fagniez [ex] et in coll. Biospeologica [ex]).

Les groupes

Nous avons séparé les Bathysciola de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en quatre


groupes bien distincts compatibles avec les espèces des départements ou pays limitrophe
(Italie).

Espèces endogées (humicoles ou myrmécophiles), anophtalmes et aptères, localisées à l’ouest


du fleuve « le Var »3 jusqu’au massif de la Sainte-Baume (Départements : Alpes Maritimes,
Var, BDR et AHP). Pièce copulatrice avec les pièces antérieures en palettes étroites à larges ;
3 longues soies aux styles de l’édéage (exceptionnellement, la population de B. digna typique
des Frayères ouest, Ampus, Var, possède quelquefois 1 soie moyenne introversée et 2 longues
soies aux styles de l’édéage) ; apex de l’édéage ogival et anguleux à la base (figure 1 : 2) ;
carène mésosternale régulièrement arrondie, souvent légèrement crénelé sur le dessus (B.
digna digna n. comb.)…………………….I. Groupe : B. aubei Nov.

Espèces hypogées (troglobies), anophtalmes et aptères, localisées à l’ouest du fleuve « le Var


» (Départements : Alpes Maritimes, Var et Alpes de Haute Provence). Pièce copulatrice avec
les pièces latérales ou axiales filiformes ; stylet antérieur long et en deux parties symétriques ;
1 petite soie introversée et 2 longues soies aux styles de l’édéage (sauf chez B. magalii n. sp.
et B. brianconnetensis lauvensi n. ssp. qui possèdent 3 longues soies) ; apex de l’édéage
ogival, plus ou moins pointu et non anguleux à la base (figure 1 : 1) ; carène mésosternale à
bord antérieur subvertical et unidenté au sommet.
……………………………….…………...II. Groupe : B. brevicollis Nov.

Espèces endogées (humicoles de moyennes et hautes altitudes), anophtalmes et aptères,


localisées à l’est du fleuve « le Var » (Département : Alpes Maritimes, espèces traitées
jusqu’à la frontière italienne). Pièce copulatrice avec les pièces latérales antérieures
fusionnées au sommet (B. guillaumensis Avon & Courtial, 2008) ou séparément oblongues ; 3
longues soies aux styles de l’édéage ; apex de l’édéage toujours lancéolé (figure 1 : 3) ; carène
mésosternale arrondie, à bord postérieur festonné.
……………………………………...........III. Groupe : B. giordani (Avon & Courtial, 2008).

Espèces hypogées (troglobies), anophtalmes et aptères, localisées le long de la Durance


(Département : Alpes de Haute Provence). Pièce copulatrice hyaline avec les pièces latérales
antérieures absentes ; 1 petite soie introversée et 2 longues soies aux styles de l’édéage ;
édéage très large à apex ogival (figure 1 : 4) ; carène mésosternale arrondie.
………………….......................................IV. Groupe : B. champsauri Nov.

3
Une petite population de B. courtiali andrei n. ssp. à singulièrement été découverte sur le Mont Boron, à Nice,
dans les Alpes Maritimes. Cette population est donc la seule représentante du groupe B. aubei à l’est de la vallée
du Var.
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Figure 2. Nouvelle Terminologie des pièces copulatrices pour le genre Bathysciola Jeannel, 1910. Paa.
Pièces annexes antérieures (Pair), souvent fusionnée aux pièces annexes postérieures (Pap). Pa. Pièces latérales
antérieures (Pair). Expc. Extensions de la pièce centrale (Pair) souvent fusionnée à la pièce centrale (Pc). Sta.
Stylet antérieur (Pair ou Impair car souvent divisé sur son axe). Stp. Stylets postérieurs (Pair). Pp. Pièces
latérales postérieures (Pair). Pl. Pièces latérales (annexes antérieures ou postérieures) (2xPair). Pc. Pièce centrale
(Impair). Ce. Cerasum, soit la pièce en « Y » de Jeannel, 1927 (Impair, en forme de queue de cerise). Lce. Pièces
latérales du cerasum (Pair). Fce. Flagelle du cerasum (Impair et quelquefois fourchu). Fla : Flagelle apical
(Pair). Les zones grisées indiquent la position notale des pièces à l’intérieur du sac interne. Elles sont également
souvent les plus chitinisées.

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Terminologie des pièces copulatrices

Les pièces copulatrices extraites des organes copulateurs apparaissent comme beaucoup plus
complexes que celles qui avaient été observées par le passé, par transparence. Les éléments
constitutifs de ces pièces se retrouvent chez tous les Bathysciinae avec leurs variabilités et
leurs constantes. Elles demandent de ce fait à être nommés dans une terminologie que nous
proposerons dans la figure 2. Ces pièces copulatrices présentent toujours un « cerasum » à la
base : la pièce en « Y » de Jeannel (figure 2 : Ce). Nos schémas ne représenteront que ceux
qui nous semblent d’intérêt pour les descriptions des espèces.

Description des espèces

Nos études comparatives modernes nous montrent la présence de nouvelles espèces et sous-
espèces jusqu’alors insoupçonnées. Leur nombre important étudié nous implique de créer de
nouvelles combinaisons et synonymies qui seront détaillées ci-dessous. Nous insisterons sur
le fait que tous les caractères utilisés dans cette révision, pour les divisions ou les
groupements, sont constants et vérifiés sur un nombre important d’individus et d’espèces.

La découverte de cette remarquable biodiversité pour le genre Bathysciola Jeannel est donc
inédite, au moins pour la région Provence Alpes Cote d’Azur. Elle apporte un intérêt tout
particulier dans l’étude et la protection des coléoptères édaphiques de cette région.

I. Groupe B. aubei Nov. (Biogéographie : figure 4).

Bathysciola aubei Kiesenwetter, 1850.

Localité type : Toulon, Var, dans un nid de Pompilus4 (Guérin-Méneville : in coll. Aubé [ex] ;
in coll. MNHN Paris). Autre localité : massif de la Sainte-Baume, Var et BDR (Abeille,
Giordan : 2 ♀ in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1947). Saint Maximin (Caillol) ; Le Beausset
(M. de Boissy) ; Hyères (Abeille).

Ecologie

Il existe beaucoup de localités citées par Jeannel (1911-1927) concernant l’indigénation de


cette espèce. Cependant, nous ne pourrons retenir seulement les localités ci-dessus énoncées.
Cette espèce ne dépassant pas, à notre avis, la ville d’Hyères à l’est du massif de la Sainte
Baume, département du Var. Au delà, nous avons pu prospecter un bon nombre des stations
connues. Il en ressort qu’elles appartiennent souvent à d’autres formes cantonnées à l’est de la
ville d’Hyères (B. digna et ses sous-espèces, cf. ci-dessous).

4
La présence de Bathysciola dans les nids de Pompilus est accidentelle (Jeannel, 1911). Il arrive régulièrement
que, lors de la fuite, ces insectes se réfugiassent dans divers petits orifices dont les nids de Pompilus, les
« poteries » de guêpes maçonnes, les trous de vers et divers autres petits diverticules.
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Figure 3. 1. Habitus de Bathysciola digna digna n. comb. 2. carène mésosternale du même. 3. vectorisation de
la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Les Frayères, commune de Châteaudouble/Ampus, département du Var.

Bathysciola digna digna n. comb.

(=B. aubei digna Bonadona, 1985). Localité type : Les Frayères, Châteaudouble/Ampus, Var
(Bonadona, 1946, Avon & Courtial, 2008 : 4 exemplaires in coll. Giordan, leg. Bonadona,
1946 ; 1 ♂ in coll. MNHN Paris – dépôt du type - ; 1 ♂ in coll. Avon & Courtial). Autres
localités : Montferrat, Var (Bonadona, 1945 : 1 ♂ et 1 ♀ in coll. Giordan, leg. Bonadona,
1945). Vérignon (à 900 m. d’altitude), Var (Bonadona, 1947, Giordan, Avon & Courtial,
2008 ; 1 exemplaire in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1947 ; 2 ♂ et 4 ♀ in coll. Avon &
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Courtial). Le Collet de Grapoux, Bargemon ouest, à la limite de Montferrat, Var (Avon &
Courtial, 2008 : 2 ♂ et 6 ♀ in coll. Avon & Courtial). Châteaudouble, Jas de Pajelier, Var
(Avon & Courtial, 2008 : 1 ♂ in coll. Avon & Courtial). Aiguines, Var, Lieu-dit « la petite
forêt » (Avon & Courtial, 2008 : 14 ♂ et ♀ in coll. Avon & Courtial). La Motte, Var
(Bonadona, 1946 : 2 exemplaires in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1946). Ampus, Var
(Bonadona, 1945 : 1 exemplaire in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1945). Les Arcs sur Argens,
Var (Bonadona, 1946 : 1 ♀ et 1 ♂ in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1946). Le Muy, Var
(Bonadona, 1947 : 1 ♂ in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1947). Fréjus, Var (Bonadona, 1948 :
1 ♂ in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1948).

Le massif des Maures est un ensemble géologique cristallin. Nous savons aujourd’hui que les
sols métamorphiques n’ont pas été colonisés par le genre Bathysciola. La répartition de ce
genre s’arrête en bordure (Mercantour, Maures) comme nous pouvons l’observer sur les cartes
biogéographiques (figures 4 et 30). Les localités du Var que Bonadona avait mentionnées en
1985 (Fréjus, inondation du Reyran ; Le Muy, inondation de l’Argens ; Les Arcs, inondation
de l’Aille), sont toutes traversées par des fleuves provenant de zones calcaires en amont : il
semblerait que, lors des crues, les Bathysciola sont transportées sur quelques kilomètres,
jusqu’à la limite de ces massifs. Les fleuves les plus importants : l’Argens, le Verdon et
l’Artuby pour le département du Var, le fleuve « le Var » pour le département des Alpes
Maritimes, ont ainsi certainement joué un rôle important dans la dispersion des espèces (voir
les flèches représentant ces systoles sur les cartes, figures 4 et 30).

Sous-espèce assez étroite et allongée (figure 3 : 1). Base du pronotum rectiligne avec les
angles postérieurs arrondis et fortement retombants. Elytres tronqués à l’apex. Jonction
apicale entière, faiblement arrondie. Carène mésosternale (figure 3 : 2) régulièrement arrondie
et légèrement crénelée. Jonction du bord antérieur avec la clavicule, en V. Clavicule avec sa
crête arrondie aux angles et peu pentue. Edéage régulièrement arqué, avec son apex ogival et
anguleux à la base, bien représentatif du groupe B. aubei (figure 1 : 2). Pièce copulatrice
(Figure 3 : 3-4) à stylet antérieur très long et courbe très caractéristique de l’espèce. Pièces
antérieures très minces en palettes à l’apex et à base subcarrée. Pièces postérieures grandes en
copeaux allongés. Pièce centrale grande, avec de longues plaques sclérifiées subtriangulaires
(voir les vectorisations : figure 3).
Ecologie

Cette espèce vit dans le milieu du sol superficiel, en zone calcaire, souvent à argiles rouges.
Après la pluie elle se rencontre sous les pierres en compagnie d’Anillus et d’Hypotyphlus. Les
zones de chênaies sont les plus propices. Elles procurent un humus fin et délicat, mélangé aux
argiles rouges donnant à la terre sa couleur et sa texture aérée très caractéristique.

Bathysciola digna caussolensis n. comb. n. nom.

(=B. aubei digna Bonadona, 1985 « Forêt de Caussols », Bonadona, 1947 ; =B. aubei digitata
Bonadona, 1985 « Ravin des Hautes-Ribes », Bonadona, 1947 : 1 ♂ in coll. Bonadona [ex.]).
Localité type : Forêt de Caussols, Caussols, AM (Giordan, Avon & Courtial, 2008 : 1 ♂ et 3
♀ in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1945 et 1946 ; 2 ♂ et 2 ♀ in coll. Avon & Courtial). Autre
localité : les Basses-Ribes, Grasse, AM (Avon & Courtial, 2008 : 1 ♂ et 1 ♀ in coll. Avon &
Courtial).

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Figure 4. Carte de répartition géographique des espèces et sous espèces du genre Bathysciola Jeannel, 1910 dans les
départements du Var, des Alpes Maritimes et des Alpes de Haute Provence, à l’ouest de la vallée du Var, jusqu’à la
Durance. Biodiversité du groupe B. aubei Nov. gna : B. digna digna n. comb. cau : B. digna caussolensis n. comb. n.
nom. ori : B. digna orientalis n. comb. n. nom. occ : B. digna occidentalis n. comb. n. nom. med : B. digna medius n.
comb. n. nom. verd. B. digna verdonensis n. ssp. dig : B. digitata Bonadona, 1985. pse : B. pseudodigitata n. sp. cour : B.
courtiali courtiali, Avon, 2007. and : B. courtiali andrei n. ssp. Biodiversité du groupe B. brevicollis Nov. och : B. ochsi
ochsi Jeannel, 1924. rut : B. ochsi rutensis n. ssp. bri : B. brianconnetensis Ochsi, 1949. chei. B. brianconnetensis cheironi
n. ssp. lauv. B. brianconnetensis lauvensi n. ssp. aubi. B. aubierensis n. sp. val. B. brianconnetensis valferrierei n. ssp. laun.
B. brevicollis launei n. ssp. spe : B. spectata Bonadona, 1988. spe-jos. B. spectata josyi n. ssp. gior : B. giordania
Bonadona, 1985. tur : B. turcati Fagniez, 1922. par : B. parvula Bonadona, 1988. verd : B. digna verdonensis n. ssp. bona :
B. bonadonius n. sp. mag : B. magalii n. sp. Biodiversité du groupe B. champsauri Nov. furc. B. furca Avon, 1994. fov. B.
foveicollis (Peyerimhoff, 1904). cham. B. champsauri (Peyerimhoff, 1904). Les flèches indiquent une systole probable des
espèces autour des massifs cristallins et le long des grands fleuves. Les hachures indiquent le camp militaire de Canjuers, non
prospecté.

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Il existe en réalité deux formes individuelles que l’on peut rencontrer dans une même
population. Elles se caractérisent par une petite différence au niveau de l’apex des pièces
latérales antérieures (figure 5 : 3) qui est plus arrondi.

Figure 5. 1. Habitus de Bathysciola digna caussolensis n. comb. n. nom. 2. carène mésosternale du même. 3.
variante des pièces latérales antérieures que l’on peut rencontrer à l’intérieur de la population de la Forêt de
Caussols et dans toute la population des Basses-Ribes à Grasse. 4. vectorisation de la pièce copulatrice. 5. vue
éclatée. Forêt de Caussols, commune de Caussols, département des Alpes Maritimes.

Sous-espèce plus robuste, large et assez longue (figure 5 : 1). Base du pronotum bisinuée avec
les angles postérieurs pointus et moyennement retombants. Elytres non tronqués à l’apex avec
la jonction apicale entière, assez arrondie. Carène mésosternale (figure 5 : 2) doublement
bombée et non crénelée. Le bord postérieur en pente douce. Jonction du bord antérieur avec la
clavicule, en large U. Cette dernière avec sa crête large, peu pentue et ses angles légèrement
arrondis. Edéage comme l’espèce nominative, représentatif du groupe B. aubei Nov. (figure 1
: 2). Pièce copulatrice (figure 5 : 4) à stylet assez long, droit et très étroit, non courbe. Pièces
antérieures oblongues assez arrondies. La superposition d’une pièce plus ou moins pointue à
l’apex de chaque pièce latérale antérieure fait ressembler l’ensemble à deux oreilles de canidé.
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Pièces postérieures assez petites et courtes en copeaux triangulaires. Pièce centrale en V


ouvert avec les plaques sclérifiées étroites et allongées aux apophyses (voir les vectorisations :
figure 5).

La forme (natio) « orta » Bonadona, 1988.

(=B. aubei orta Bonadona, 1988). Localité type : Aven du Clos des Lauves (=Lauzes),
Gréolières, AM (Bonadona, Giordan, 1983 : 8 ♂ et 5 ♀ in coll. Bonadona [ex.] (Giordan leg.
1983) ; 1 ♂ in coll. MNHN Paris – dépôt du type -).

Habitus et pièce copulatrice comme celui du type. Cette forme à été capturée avec B.
brianconnetensis lauvensi n. ssp. (=B. diva Bonadona, 1988), qui fait partie du groupe B.
brevicollis Nov. et qui est une espèce hypogée stricte. Les styles (paramères) de l’édéage
possèdent 3 longues soies à leur apex comme la majorité des espèces endogées, ce qui
confirme qu’elle n’ait été peut-être trouvé qu’accidentellement dans l’aven du Clos des
Lauves (=Lauzes) à Gréolières. Notons tout de même que B. brevicollis de la Colmiane
possède 2 longues soies et 1 courte extroversée à l’apex des styles de l’édéage alors qu’il
s’agit là d’une espèce strictement endogée. Nous avons rencontré ces exceptions seulement
dans les biotopes alpins.

Ecologie

Les rares chênes pubescents confèrent au biotope l’humus nécessaire aux indigénations de
Bathysciola digna caussolensis n. comb. n. nom. sur Gréolières et dans la Forêt de Caussols.
Plus bas dans la vallée, dans la commune de Grasse, nous retrouvons une autre petite
population cantonnée au ravin des Basses Ribes, au beau milieu d’une forêt mixte, de chênes
pubescents et de pins. Cette forme s’est apparemment largement répartie au nord et au sud du
plateau de Caussols, dans les Alpes Maritimes. Tous les individus ont été capturés sous les
pierres enfoncées.

Bathysciola digna orientalis n. comb. n. nom.

(=B. aubei degenerata Bonadona, 1985). Localité type : Source du Riou, Vence, AM
(Bonadona, 1953, Giordan, Avon & Courtial : plusieurs ♂ et ♀ in coll. Bonadona [ex.] ; 1 ♂
et 1 ♀ in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1953 ; 1 ♂ in coll. MNHN Paris – dépôt du type – ; 1
♂ et 1 ♀ in coll. Avon & Courtial). Autres localités : Forêt de Coursegoules, Coursegoules,
AM (Avon & Courtial, 2007 : 3 ♂ et 3 ♀). Plan des Noves, Vence, AM (Avon & Courtial,
2007 : 1 ♂ et 1 ♀ in coll. Avon & Courtial). Forêt de Canons, Vence, AM (Avon & Courtial,
2007 : 1 ♂ et 2 ♀ in coll. Avon & Courtial). Pic des Courmettes (Sainte-Claire Deville, =B.
aubei aubei Kies., 1850, var. epuraeoides Fairmaire). Aven de Courmes (Ochs, =B. aubei
aubei Kies., 1850, var. nerusorum Fagniez). Les Courmettes, Courmes, AM (Avon &
Courtial, 2008 : 1 ♂ et 2 ♀ in coll. Avon & Courtial).

Cette sous-espèce avait été décrite sous le nom de B. aubei degenerata par Bonadona en 1985
car aucune structure interne (pièces copulatrices) n’avait pu être observée à travers l’organe
copulateur. En réalité, en période de reproduction, les Bathysciola présentent une pièce
copulatrice à demi-évaginée restant bloquée sous l’épaisseur de chitine apicale de l’édéage.
Ainsi elle devient totalement invisible, même pour un œil averti. Le fait est qu’ici cette sous-
espèce possède bien une pièce copulatrice normalement structurée (figure 6 : 3-4). Le nom
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« degenerata » employé par Bonadona afin de qualifier les pièces comme étant
« dégénérées » devient donc inapproprié (nomen nudum). Outre la nouvelle combinaison,
nous proposerons le nouveau nom orientalis pour cette sous-espèce de B. digna qui indigène
en réalité une aire orientale bien plus vaste que la localité du type (source du Riou à Vence),
des grands plateaux du col de Vence, Coursegoules, Courmes jusqu’aux Courmettes, dans le
département des Alpes Maritimes (figure 4).

Figure 6. 1. Habitus de Bathysciola digna orientalis n. comb. n. nom. 2. carène mésosternale du même. 3.
vectorisation de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Source du Riou, commune de Vence, département des Alpes
Maritimes.

Sous-espèce relativement massive et ovale, assez longue (figure 6 : 1). La base du pronotum
est subrectiligne avec les angles postérieurs légèrement arrondis et fortement retombants.
Elytres longs, non tronqués à l’apex, avec leur jonction apicale en retrait de l’extrémité. Les
angles largement arrondis. Bord marginal régulièrement arqué sauf avant l’apex. Carène
mésosternale (figure 6 : 2) arrondie mais assez relevée en dôme en son centre. Bord antérieur
très légèrement crénelé. Bord postérieur rectiligne, en pente douce. Jonction du bord antérieur
avec la clavicule, en large U. Cette dernière est tordue vers l’avant, sa crête est large et
arrondie. Angles de la crête très arrondis. Edéage comme l’espèce nominative, représentatif
du groupe B. aubei Nov. (figure 1 : 2). Pièce copulatrice (figure 6 : 3-4) à stylet antérieur
large à la base, très massif puis rapidement rétréci vers l’apex, après le milieu. Ce stylet
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dépasse à peine les deux pièces antérieures latérales. Pièce centrale massive et large, divisée
en son centre jusqu’à la base. Les plaques sclérifiées sont petites et subcarrées. Les deux
pièces latérales antérieures sont en larges palettes sculptées et avec une échancrure basale
assez bien marquée. Pièces postérieures en très longs copeaux, plus longs que les pièces
latérales antérieures (voir les vectorisations : figure 6)

Ecologie

Cette sous-espèce endogée colonise les plateaux assez secs des Préalpes de Vence, mais
également les proximités des sources et les vallons. Les zones de feuillus (chênes pubescents
et amandiers) sont des biotopes privilégiés. Sous les pierres enfoncées.

Figure 7. 1. Habitus de Bathysciola digna occidentalis n. comb. n. nom. 2. carène mésosternale du même. 3.
vectorisation de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Forêt de Peygros, commune de Fayence, département du
Var.

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Bathysciola digna occidentalis n. comb. n. nom.

(=B. aubei digna Bonadona, 1985, «Pont des Veyans, commune de Montauroux», Bonadona,
1946 : 1 ♂ et 2 ♀ in coll. Bonadona [ex.] ; 3 exemplaires in coll. Giordan, leg. Bonadona,
1946). Localité type : Forêt de Peygros, Fayence, Var (Avon & Courtial, 2008 : 11 ♂ et ♀ in
coll. Avon & Courtial).

Sous-espèce longue et étroite (figure 7 : 1). La base du pronotum convexe, creusée avant les
angles postérieurs. Ces derniers sont assez pointus et légèrement retombants. Bord marginal
des élytres subrectiligne puis arrondi en quart de cercle ; les apex presque uniformément
joints. Carène mésosternale assez plane (figure 7 : 2), non crènelée, avec le bord antérieur très
long, en pente douce et le bord postérieur plus court et rapidement arrondi. Jonction du bord
antérieur avec la clavicule directe. Cette dernière est assez large et saillante, droite à crête
légèrement bombée vers l’avant. Edéage, comme pour l’espèce nominative, représentatif du
groupe B. aubei Nov. (figure 1 : 2). Pièce copulatrice (figure 7 : 3-4) à stylet antérieur long et
assez large avant le premier tiers basal, bifide à l’apex en pointes courbes et de longueurs
différentes. Pièce centrale de taille moyenne, peu chitinisée, sans plaques sclérifiées. Les deux
pièces latérales antérieures larges à la base mais la palette est courte, en rame subparallèle et
arrondie à l’apex. Pièces postérieures en copeaux massifs et triangulaires, moins longs que les
pièces antérieures (voir les vectorisations, figure 7).

Ecologie

Sous-espèce endogée cantonnée au nord de Fayence, proche de Montauroux, dans le


département du Var. Elle est commune dans la forêt de Peygros, sous les pierres enfoncées en
zone de chênes pubescents. Elle n’a pas colonisée les cavités de proximité comme la célèbre
« doline de Peygros » qui abrite une autre Bathysciola strictement hypogée : B. parvula
Bonadona, 1988 qui sera redécrite dans cette révision.

Bathysciola digna verdonensis n. ssp.

Localité type : Forêt de Pierre-Grosse, Rougon, AHP (Avon & Courtial, 2008 : 3 ♂ et 8 ♀ in
coll. Avon & Courtial). Autre localité : Aven du Clos Gagnard, Bois de Siounnet, Trigance,
Var (Avon & Courtial, 2008 : 3 ♂ et 2 ♀ in coll. Avon & Courtial).

Il est par habitude de nommer « Clos Cagnard » l’aven s’ouvrant dans le Bois de Siounnet à
Trigance, dans le département du Var ; cependant, les cartes topographiques de l’IGN ainsi
que l’Office National des Forêts nous indiquent « Clos Gagnard ». Nous retiendrons donc
cette dernière orthographe.

Petite sous-espèce étroite à pronotum plus large que les élytres réunis (figure 8 : 1). Ce dernier
avec sa base subrectiligne très légèrement sinuée, les angles postérieurs peu arrondis mais
retombants. Bord marginal des élytres subrectiligne puis régulièrement arqué après le milieu.
L’apex des élytres est assez rapidement écourté. Elytres non directement joints à l’apex, avec
les angles internes arrondis.

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Figure 8. 1. Habitus de Bathysciola digna verdonensis n. ssp. 2. carène mésosternale du même. 3. vectorisation
de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Forêt de Pierre-Grosse, commune de Rougon, département des Alpes de
Haute Provence.

Carène mésosternale (figure 8 : 2) très bombée et régulièrement arrondie, non crénelée. Son
bord postérieur est en pente douce. Jonction du bord postérieur à la clavicule, en V largement
ouvert. Clavicule étroite à la base puis élargie jusqu’à sa crête qui est rectiligne. Dans la
population du Clos Gagnard, la clavicule est moins saillante. Ses angles arrondis. La clavicule
ne dépasse pas en hauteur le sommet de la carène mésosternale. Edéage comme chez l’espèce
nominative, représentatif du groupe B. aubei Nov. (figure 1 : 2). Pièce copulatrice (figure 8 :
3-4) avec le stylet antérieur large à la base, assez long et en pointe légèrement lancéolé au
tiers apical. Pièces latérales antérieures sculptées, assez étroites, petites, subparallèles et
arrondies à leur extrémité. Pièce centrale très caractéristique, en forme d’os avec son bord
antérieur plus sclérifié. Pièces latérales postérieures en gros copeaux triangulaires (voir les
vectorisations : figure 8).

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Ecologie

Aux environs de Rougon, dans les Alpes de Haute Provence, dans un petit vallon moussu
complanté de chênes pubescents et d’érables. Sous les pierres enfoncées. Sous-espèce ayant
également colonisée l’Aven du Clos Gagnard à Trigance (AHP) qui n’est autre qu’une grande
doline au fond moussu.

Bathysciola digna medius n. comb. n. nom.

(=B. aubei digna Bonadona, 1985, « Garagaï », Bonadona, 1946). Localité type : Forêt du
Garagaï, Gourdon, AM, (Bonadona, 1946, Avon & Courtial, 2008 : 2 ♂ et 4 ♀ in coll.
Bonadona [ex.] ; 6 exemplaires in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1948 ; 2 ♂ et 2 ♀ in coll.
Avon & Courtial). Autre localité : Plateau de La Sarrée, Magagnosc, AM (Avon & Courtial,
2008 : 1 ♂ et 1 ♀ in coll. Avon & Courtial). Saint-Vallier de Thiey, les Taissounières, AM
(Avon & Courtial, 2008 : 3 ♂ et 2 ♀ in coll. Avon & Courtial). Saint-Vallier de Thiey, le
Boutinet, AM (Avon & Courtial, 2008 : 18 ♂ et ♀ in coll. Avon & Courtial).

Sous-espèce de taille moyenne, en ovale assez large, à pronotum un peu plus large que les
élytres réunis (figure 9 : 1). Ce dernier avec sa base très échancrée en arc très régulier. Les
angles postérieurs sont pointus. Bord marginal des élytres régulièrement arqué jusqu’à l’apex.
Ce dernier est brusquement tronqué et parfaitement joint en angles droits. Carène
mésosternale (figure 9 : 2) régulièrement arqué et très saillante comme chez la sous-espèce
précédente mais sans sculptures latérales. La clavicule est très peu saillante, droite, avec son
arête rectiligne. La jonction du bord antérieur de la carène à la clavicule forme un petit
méplat. Edéage comme chez l’espèce nominative, représentatif du groupe B. aubei Nov.
(figure 1 : 2). Pièce copulatrice (figure 9 : 4-5) avec le stylet antérieur massif, assez long et
bien élargi à la base. Pièces latérales antérieures en palettes sculptées, arrondies et assez
larges. Echancrures basales très bien marquées. La pièce centrale est large et bien divisée en
son centre, surtout dans les populations des Taissounières et du Boutinet à Saint-Vallier de
Thiey, dans les Alpes Maritimes (figure 9 : 3). Les plaques latérales postérieures en copeaux
triangulaires de taille moyenne et pointus à leur extrémité postérieure (voir les vectorisations :
figure 9).

Ecologie

Sous-espèce endogée localisée de Gourdon à Saint-Vallier de Thiey, dans les Alpes


Maritimes. C’est la représentante de B. digna orientalis n. comb. n. nom. des Préalpes de
Vence, dans les Préalpes de Grasse. Elle vit dans de petites forêts de chênes pubescents, aux
sols calcaires à argiles rouges. Sous les pierres enfoncées avec Anillus, Scotodipnus et
Hypotyphlus.

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Figure 9. 1. Habitus de Bathysciola digna medius n. comb. n. nom. 2. carène mésosternale du même. 3. pièce
centrale que l’on rencontre dans les populations des Taissounières et au Boutinet, commune de Saint-Vallier de
Thiey, département des Alpes Maritimes. 4. vectorisation de la pièce copulatrice. 5. vue éclatée. Forêt du
Garagaï, commune de Gourdon, département des Alpes Maritimes.

Bathysciola digitata Bonadona, 1985.

(=B. aubei digitata Bonadona, 1985). Localité type : île Sainte-Marguerite, îles de Lérins,
AM. Allée des Eucalyptus (Bonadona, 1950, Avon & Courtial, 2008 : 1 ♂, in coll. MNHN
Paris – dépôt du type - ; 2 ♂ forme de grande taille, in coll. Avon & Courtial ; allée du Centre
: 1 ♂ forme typique, in coll. Avon & Courtial).

Un seul mâle restant connu, nous avons entrepris, en février 2008 une recherche intensive
dans les forêts de l’Ile Sainte Marguerite, une des deux Iles de Lérins. Ces prospections ont

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permis à l’un de nous (P. Courtial) de capturer 3 mâles supplémentaires. Après leur étude,
nous avons élevé la sous-espèce de Bonadona (B. aubei digitata Bonadona, 1985) au rang
d’espèce, en fonction de la singularité de sa pièce copulatrice.

Figure 10. 1. Habitus des deux formes de Bathysciola digitata Bonadona, 1985 (F1 et F2 à la même échelle). 2.
et 3. carènes mésosternales (variantes) des mêmes. 4. cerasum. 5. vectorisation de la pièce copulatrice. 6. vue
éclatée. Ile Sainte-Marguerite, îles de Lérins, département des Alpes Maritimes.

Il existe en réalité deux formes individuelles (figure 10 : 1) pour cette espèce de l’île Sainte-
Marguerite, îles de Lérins, département des Alpes Maritimes. L’une est très petite et très
trapue (forme typique) ; l’autre presque 1/3 plus longue, avec les élytres plus longs. Quelque
soit sa forme, le pronotum a toujours une base bisinuée et n’est jamais plus large que les
élytres réunis. Les angles postérieurs sont assez arrondis et légèrement retombants. Le bord
marginal des élytres est régulièrement arqué, mais l’apex est tronqué. La jonction apicale des
élytres est en angles légèrement arrondis. Carène mésosternale (figure 10 : 2-3) assez
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saillante, plus ou moins régulièrement arrondie et quelquefois très légèrement crénelée,


surtout du côté du bord antérieur. Ce dernier formant un U plus ou moins marqué à la jonction
avec la clavicule. Cette dernière est assez saillante. Elle atteint le niveau du sommet de la
carène mésosternale chez la forme trapue, elle est plus saillante et plus pointue chez la forme
la plus longue. L’organe copulateur et les pièces copulatrices sont strictement identiques chez
les deux formes (y compris leur taille). Organe copulateur de type digna (figure 1 : 2). Pièce
copulatrice (figure 10 : 5-6) très caractéristique, avec le stylet antérieur trifide et bien
chitinisée. Pièces latérales antérieures en palettes moyennes, à base étroite et apex subcarré.
Pièce centrale très grosse en forme de signe Π (pi). Le cerasum grand et flagellé (figure 10 :
4). Pièces latérales postérieures en très petits copeaux courts mais larges (voir les
vectorisations : figure 10).

Ecologie

Cette espèce endogée est particulière car elle indigène les humus mixtes, composés de débris
de feuilles de chênes pubescents, de chênes verts et de feuilles d’eucalyptus. Le terrain est
calcaire, à argiles rouges, comme sur les plateaux continentaux. Cette espèce ayant
visiblement des affinités avec B. pseudodigitata n. sp. du lac de Saint-Cassien dans le Var, il
apparaît qu’elle ait colonisé l’île Sainte-Marguerite (Iles de Lérins) en longeant le bord du
massif des Maures, jusqu’à Grasse, puis la vallée vers Cannes (figure 4). Bonadona (1985)
cite une espèce à stylet antérieur trifide du « ravin des Hautes Ribes » à Grasse que nous
n’avons pu reprendre. A ce jour, B. digitata n’est connu que par 1 ♂ déposé au MNHN de
Paris et 3 ♂ in coll. Avon & Courtial. Notons également que dans le ravin des Basses Ribes à
Grasse (à peine en contrebas du ravin des Hautes Ribes cité par Bonadona) nous avons
découvert une population de B. digna caussolensis n. comb. n. nom. et que le pourtour de la
ville de Cannes est peuplé par B. courtiali courtiali, Avon, 2007 ; ces deux espèces ne
représentant pas d’affinités particulières avec B. digitata Bonadona, 1985. Sous les pierres
enfoncées.

Bathysciola pseudodigitata n. sp.

Localité type : Base d’avirons du Lac de Saint-Cassien, Montauroux, Var (Avon & Courtial,
2007 : 1 ♂ in coll. Avon & Courtial).

Cette espèce est certainement synonyme de B. digna digna n. comb. (=B. aubei digna
Bonadona, 1985), indiqué par Bonadona de « Saint-Cassien-des-Bois, tamisage, 15.V.1947 ».
Une seule ♀ de Saint-Cassien-des-Bois, Var, étant connue (in coll. Giordan, leg. Bonadona,
1947), elle ne peut être correctement classée.

L’habitus de cette espèce (figure 11 : 1) est assez proche de celui de la forme courte et trapue
de B. digitata de l’île Sainte-Marguerite (figure 10 : 1). Mais le pronotum est plus large que
les élytres, plus rectiligne avec les angles postérieurs plus pointus et beaucoup plus
retombants. Les élytres sont tronqués à l’apex et presque parfaitement joints. Carène
mésosternale (figure 11 : 2) similaire mais sinuée sur le sommet. La jonction de son bord
antérieur avec la clavicule est en V. Clavicule beaucoup plus étroite que chez l’espèce
précédente ; son arête est pentue et sinuée. Organe copulateur de type digna représentatif du
groupe B. aubei Nov. (figure 1 : 2) Pièces copulatrices (figure 11 : 3-4) avec un stylet
antérieur trifide comme chez l’espèce précédente mais les pointes extérieures sont
extroversées et non introversées. L’ensemble est plus massif, plus épais. Pièces latérales
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antérieures en palettes assez longues et sculptées. L’échancrure basale est très prononcée,
donnant à ces pièces un aspect relativement étranglé un peu avant le milieu. Pièce centrale
moyenne, divisée du côté antérieur, avec de petites plaques sclérifiées aux apophyses. Pièces
latérales postérieures en longs copeaux triangulaires, deux fois plus longs que chez l’espèce
précédente (voir les vectorisations : figure 11).

Figure 11. 1. Habitus de Bathysciola pseudodigitata n. sp. 2. carène mésosternale du même. 3. vectorisation de
la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Base d’avirons du Lac de Saint-Cassien, commune de Montauroux,
département du Var.

Ecologie

Cette espèce endogée a été découverte dans une tranchée creusée dans un sol métamorphique,
au bord du lac de Saint-Cassien, commune de Montauroux, département du Var. Elle provient
certainement de la forêt de chênes pubescents en amont de la localité, plantée sur un sol
calcaire à d’argiles rouges. Malgré nos nombreuses recherches, nous n’avons pu recapturer
cette espèce dans la tranchée, ni dans les forêts environnantes. Un seul ♂ reste donc connu et

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conservé dans la collection des auteurs. Cette espèce paraît proche de B. digitata Bonadona,
1985 de l’île Sainte-Marguerite d’où son derivatio nominis.

Bathysciola courtiali courtiali, Avon, 2007.

Localité type : Parc départemental de la Valmasque, Mougins, AM (Avon, 2006, 2007, 2008 :
nombreux exemplaires ♂ et ♀ in coll. Avon). Autre localité : forme à pièces antérieures
sculptées : Bois d’Opio, Opio, AM (Avon & Courtial, 2008 : 1 ♂ et 1 ♀ in coll. Avon &
Courtial). Cannes, AM (Grouvelle, Warnier, Bonadona, 1946 : 1 ♂ et 2 ♀ in coll. Giordan,
leg. Bonadona, 1946). La Napoule (Sainte-Claire Deville). Inondation de la Siagne à Cannes
(Sainte-Claire Deville).

Figure 12. 1. Habitus de Bathysciola courtiali courtiali, Avon, 2007. 2. carène mésosternale du même. 3. carène
mésosternale du mâle de Cannes (AM). 4. variante observée sur les pièces latérales antérieures dans la
population d’Opio. 5. vectorisation de la pièce copulatrice. 6. vue éclatée. Parc départemental de la Valmasque,
commune de Mougins, département des Alpes Maritimes.

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Bonadona (1985) avait considéré des exemplaires de Cannes comme appartenant à l’espèce B.
digna digna n. comb. (=B. aubei digna Bonadona, 1985), mais ils sont à rattacher à courtiali.
Les exemplaires de la Napoule, inondation de la Siagne à Cannes (Sainte-Claire Deville) et
Cannes (Grouvelle, Warnier), (=var. aubei s. str. et var. epuraeoides Fairmaire) sont
également à rattacher à B. courtiali courtiali Avon, 2007. La carène mésosternale du seul
mâle examiné est très proche de celle de l’espèce nominative excepté deux très petites
crénelures sur son bord postérieur. La jonction du bord antérieur avec la clavicule n’est pas
directe.

Cette espèce représente ainsi B. digna dans le sud du département des Alpes Maritimes. Elle
reste surtout proche par sa morphologie extérieure de B. digna medius n. comb. n. nom.,
mais sa carène mésosternale et sa pièce copulatrice sont bien différentes.

Base du pronotum assez rectiligne avec les angles postérieurs légèrement arrondis et
légèrement retombants (figure 12 : 1). Le pronotum est plus large que les élytres réunis. Bord
marginal des élytres régulièrement arqué, les apex non tronqués et parfaitement joints en
angle droit. Carène mésosternale (figure 12 : 2) à sommet arrondi et saillant. Bord antérieur en
pente douce légèrement convexe, rejoignant parfaitement la clavicule. Bord postérieur en
pente douce légèrement concave. Pas de crénelure. Clavicule large droite et très peu saillante,
son arête rectiligne, ses angles aigus. Organe copulateur bien représentatif du groupe B. aubei
Nov. (figure 1 : 2). Pièce copulatrice (figure 12 : 4-5) avec le stylet antérieur petit et fin,
dépassant à peine les pièces latérales antérieures. La partie médiane de ce stylet est
légèrement renflée. Les pièces latérales antérieures sont en palettes sculptées ou non (figure
12 : 3-4) mais toujours en forme (profil) de « pouce » avec une échancrure basale prononcée.
Pièce centrale désolidarisée sur son axe en partie antérieure, en deux L renversés
symétriquement joints. Sur chacun est présente une petite plaque sclérifiée. Pièces latérales
postérieures en très grands copeaux vaguement triangulaires plus larges que chaque pièce
latérale antérieure et presque aussi longs qu’elles (voir les vectorisations : figure 12).

Ecologie

Cette espèce endogée est implantée sur le pourtour de la ville de Cannes, Opio, Vaugrenier,
jusqu’à Nice (Mt Boron), dans le département des Alpes Maritimes. Son centre de répartition
est probablement la localité du type. Dans la commune de Mougins, département des Alpes
Maritimes, la population est ainsi bien fixée aux environs du Lac de Fontmerle, dans de rares
et petites forêts de chênes pubescents, au sol calcaire, qui subsistent encore au milieu des
habitations (Parc départemental de la Valmasque).

Bathysciola courtiali andrei n. ssp.

Localité type : Les Tamarins, Biot, AM (Avon & Courtial, 2008 : 15 exemplaires ♂ et ♀, in
coll. Avon & Courtial). Autre localité : Parc Départemental de Vaugrenier, AM (Giordan : 1
♀ in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1949, étiqueté « Etang de Vaugrenier AM. 12. III. 1949,
Bonadona leg. Bathysciola aubei ssp. digna Bonadona det. »). Mont Boron, Nice, AM (1 ♂ in
coll. Giordan).

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Figure 13. 1. Habitus de Bathysciola courtiali andrei n. ssp. 2. carène mésosternale du même. 3. vectorisation
de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Les Tamarins, commune de Biot, département des Alpes Maritimes.

Sous-espèce courte, large et massive (figure 13 : 1) différente de l’espèce nominative qui est
plus longue et étroite. Pronotum un peu plus large que les élytres réunis. Sa base rectiligne
puis régulièrement arquée vers les angles postérieurs. Ces derniers sont arrondis et
retombants. Bord marginal des élytres rectiligne puis brusquement arrondi vers l’apex en
quart de cercle. Jointures apicale en angles arrondis. Carène mésosternale (figure 13 : 2)
beaucoup plus plate que chez l’espèce nominative, avec sa crête légèrement crénelée. Son
bord antérieur en pente douce, son bord postérieur sinué et tronqué. Angle de liaison avec la
clavicule en V. Clavicule très particulière, de base très en avant lui donnant un aspect couché.
Crête de la clavicule en pente, avec ces angles arrondis. Organe copulateur semblable à celui
de l’espèce nominative et représentatif du groupe B. aubei Nov. (figure 1 : 2). Pièce
copulatrice (figure 13 : 3-4) avec le stylet antérieur plus long que chez l’espèce nominative et
sans renflement au milieu. Les pièces latérales antérieures de même type que chez l’espèce

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nominative mais plus petites et avec une échancrure interne plus accusée. Pièce centrale plus
massive, toujours divisée en son milieu, mais les apophyses sont plus relevées et les plaques
sclérifiées plus grandes. Les pièces latérales postérieures de même type que chez l’espèce
nominative mais plus petites et plus arrondies postérieurement (voir les vectorisations : figure
13).

Ecologie

Cette sous-espèce endogée a colonisée le vallon de la Brague à Biot dans le Parc


Départemental de la Brague, puis plus en aval, le Parc Départemental de Vaugrenier. Un
individu mâle à été étonnement capturé à l’est de la vallée du Var, à Nice (Mt Boron),
département des Alpes Maritimes. Elle se cantonne dans les litières d’humus de divers
feuillus tels qu’aulnes, frênes, charmes, noisetiers, lauriers, noyers et chênes pubescents, dans
un mélange de terre noire argileuse et de limon.

Bathysciola bonadonius n. sp.

Localité type : Col de Fa (=Fam), Castellet-les-Sausses, Alpes de Haute Provence (Avon &
Courtial, 2008 : 4 ♂ et 3 ♀, in coll. Avon & Courtial).

Espèce de petite taille, ovoïde (figure 14 :1), assez proche de B. digna caussolensis n. comb.
n. nom. et de B. digna digna n. comb. Bord marginal des élytres régulièrement arqué, avec la
jonction apicale en quart de cercle. Pronotum d’aspect bien transverse, avec ses angles
postérieurs très retombants et pointus. Sa base est bisinuée. Carène mésosternale (figure 14 :
2) doublement bombée comme celle de B. digna caussolensis n. comb. n. nom. Jonction du
bord antérieur avec la clavicule, en large U. Cette dernière bien rectangulaire. Sa crête est
droite et peu pentue. Ses angles sont très légèrement arrondis. Edéage régulièrement arqué
avec son apex ogival très anguleux à la base, bien représentatif du groupe B. aubei Nov.
(figure 1 : 2). Styles (paramères) avec 3 longues soies à l’apex. Pièce copulatrice (figure 14 :
3-4) avec le stylet antérieur très long et fin. Après la déshydratation dans les différents bains
d’alcool réalisée en laboratoire, le stylet se déforme et prend un aspect bouclé représenté sur
la figure 14 : 3 et 4. Les pièces latérales antérieures sont comme chez B. digna caussolensis n.
comb. n. nom., en forme d’oreilles de canidé, mais ici beaucoup plus petites. Les pièces
latérales postérieures ne sont pas en forme de copaux, mais allongées, avec leur extrémité
antérieure superposée aux pièces latérales antérieures. Pièce centrale massive comme chez B.
digna digna n. comb., mais avec deux apophyses basales densément ponctuées. Elle ne
possède pas de plaques sclérifiées. Stylets postérieurs filiformes, à base large comme ceux de
B. digna digna n. comb., mais ici cette base est densément ponctuée. L’ensemble de
l’armature est très compact dans le lobe médian (voir les vectorisations : figure 14).

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Figure 14. 1. Habitus de Bathysciola bonadonius n. sp. 2. carène mésosternale du même. 3. vectorisation de la
pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Col de Fa (=Fam), commune de Castellet-les-Sausses, département des Alpes
de Haute Provence.

Ecologie

Espèce endogée alpine bien implantée au Col de Fa (=Fam), dans la commune de Castellet-
les-Sausses, département des Alpes de Haute Provence. Dans les forêts mixtes de pins,
d’érables et de hêtres au sol gréseux. Sous les pierres enfoncées avec Scotodipnus. Pourtant
proche de Guillaumes et de Beuil, localités de B. brevicollis launei n. ssp., cette espèce est
isolée par la grande plaine du fleuve « Le Var » (figures 4 et 30) qui constitue une importante
barrière géographique en aval. Cependant, les lignées archétypes sont apparemment passées
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en amont de la source du fleuve pour coloniser les régions alpines sous la forme brevicollis
(figure 30).

II. Groupe B. brevicollis Nov. (Biogéographie : figure 4).

Bathysciola ochsi ochsi Jeannel, 1924.

Localité type : Grotte d’Eynési (=Balma Fumada), Courmes, AM (in coll. Ochs [ex.], in coll.
Fagniez [ex.] ; in coll. Jeannel [ex.] ; in coll. Biospeologica [ex.] ; in coll. Bonadona [ex.] ;
plusieurs exemplaires in coll. Avon ; 27 exemplaires in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1955).
Aven N° 1 de la Combe de Suy, Courmes, AM (2 exemplaires in coll. Giordan).

Il était très peu probable que la seule ♀ indiquée par Bonadona (1985) de la Grotte du
Cabreiret, dans la commune d’Andon, AM, appartienne bien à cette espèce. Nous n’avons pu
étudier pour l’instant qu’une carène mésosternale d’un mâle très abimé. Cette carène intacte
(figure 22. 3.) ressemble beaucoup à celle de B. brianconnetensis spectata n. comb. de l’aven
Cresp sur le plateau de Caussols. Nous placerons donc provisoirement ce seul mâle connu en
sous-espèce de B. brianconnetensis (Cf. B. brianconnetensis josyi n. ssp.) en attendant la
capture d’un nouveau mâle.

Espèce hypogée, assez longue (figure 15 : 1) mais avec le pronotum très court, donc d’aspect
très transverse. La base de ce dernier est rectiligne avec les angles postérieurs pointus et peu
retombants. Bord marginal des élytres régulièrement arqué. Elytres brusquement resserrés à
l’apex, puis tronqués. La jonction apicale en petits angles arrondis. Carène mésosternale
(figure 15 : 2) avec son bord antérieur subvertical et unidenté légèrement arrondi. Le bord
postérieur est en pente douce et denticulé. Le bord postérieur n’est pas joint à la clavicule, il
en est très éloigné, au moins d’une valeur équivalente à la hauteur de la carène mésosternale.
Clavicule large et arrondie avec un petit méplat denticulé au sommet. Cet ensemble sternal,
contrairement à la sous-espèce Bathysciola ochsi rutensis n. ssp. décrite ci-dessous, ne
présente aucune pilosité. Edéage avec l’apex ogival non anguleux à la base représentatif du
groupe B. brevicollis Nov. (figure 1 : 1). Pièce copulatrice (figure 15 : 3-4) à grand stylet
antérieur bifide à la base et pointu à l’apex. Ce stylet est divisé en deux parties par son axe de
symétrie. Une troisième partie, un petit stylet court et chitinisé est visible au milieu. Un long
flagelle part de l’intérieur de la pièce copulatrice et sort par l’extrémité du stylet principal. Les
pièces latérales antérieures et postérieures, contrairement aux espèces strictement endogées,
semblent être ici fusionnées en deux grandes parenthèses sinuées qui englobent les stylets
antérieurs et postérieurs. Stylets postérieurs bien chitinisés semblant s’être fusionnés avec la
pièce centrale habituellement rencontrée chez les espèces endogées. Plaques latérales bien
sclérifiées à la base de ces stylets (voir les vectorisations : figure 15).

Ecologie

Cette espèce hypogée est bien implantée dans la grotte d’Eynési (=Balma Fumada), commune
de Courmes, département des Alpes Maritimes. Elle se rencontre moins régulièrement dans
quelques petites cavités aux alentours, sur le petit plateau karstique de Saint-Barnabé. B. ochsi
ochsi cohabite avec Duvalius ochsi Dodero de forme typique. Elle atteint rarement la zone
d’entrée de la grotte, indigènée par une remarquable population de Troglorites ochsi Jeannel.

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Figure 15. 1. Habitus de Bathysciola ochsi ochsi Jeannel, 1924. 2. carène mésosternale du même. 3.
vectorisation de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Grotte d’Eynési, commune de Courmes, département des
Alpes Maritimes.

Bathysciola ochsi rutensis n. ssp.

Localité type : Aven du Rute n°2, Saint-Jeannet, AM (Avon, 1994, 1996 : nombreux
exemplaires ♂ et ♀, in coll. Avon). Autre localité : Grotte Trastour, Saint-Jeannet, AM,
(située à 300 m. de l’Aven du Rute n°2), (11 exemplaires ♂ et ♀, in coll. Giordan). Grotte du
Riolan, Aiglun, AM (3 exemplaires in coll. Giordan).

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Figure 16. 1. Habitus de Bathysciola ochsi rutensis n. ssp. 2. carène mésosternale du même. 3. vectorisation de
la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Aven du Rute n°2, commune de Saint-Jeannet, département des Alpes
Maritimes.

Bonadona avait considéré cette espèce comme étant la même que le type. Il en avait par
contre fait deux schémas différents des organes copulateurs (Bonadona 1985, 1988). En
réalité, après examens comparatifs de nombreux exemplaires des deux populations, grotte
d’Eynési et aven du Rute N° 2, nous pouvons dire aujourd’hui qu’il s’agit bien de deux sous
espèces différentes. Nous la décrivons ci-dessous.

L‘habitus (figure 16 : 1) de cette sous-espèce est différent de celui du type (figure 15 : 1) par
son pronotum plus large que les élytres avec ses angles postérieurs très retombants, ses élytres
à bord marginal légèrement concave dans le tiers antérieur en vue de dessus. La jonction
apicale possède des angles plus arrondis. La carène mésosternale (figure 16 : 2) est moins
saillante, son bord antérieur est très proche de la clavicule. Cette dernière est large et arrondie.
Tout cet ensemble sternal présente une pilosité sur l’arête de la carène et au sommet de la
clavicule. Organe copulateur de même type que chez l’espèce nominative (figure 1. 1.). Par
contre, la pièce copulatrice est bien différente (figure 16 : 3), notamment par sa pièce centrale
non fusionnée avec les stylets postérieurs qui sont représentés par deux longs sclérites hyalins
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et filiformes, de part et d’autre de l’axe de symétrie, les centraux introversés et les extérieurs
extroversés. Les pièces latérales antérieures et postérieures sont fusionnées comme chez
l’espèce nominative et ne présentent pas d’autres particularités. La pièce centrale est
constituée de deux sclérites droits et pointus, chitinisés et extroversés par rapport à l’axe de
symétrie de la pièce. Ils sont antérieurement joints par une pièce en barre hyaline fixée aux
deux plaques sclérifiées. Le flagelle est présent comme chez l’espèce nominative (voir les
vectorisations : figure 16).

Ecologie

Cette sous-espèce hypogée colonise l’aven du Rute n°2 et la grotte Trastour à Saint-Jeannet
dans le département des Alpes Maritimes. Ces deux cavités se trouvent en bordure du grand
plateau de Saint-Jeannet (Plateau du Rute et de Perséguier), distantes toutes deux des cavités
abritant l’espèce nominative d’environ 10 km et séparées par un abrupt vallon : « les Costes
de la Cagne ». Ces gorges pouvant être considérées comme une bonne barrière
biogéographique ayant contribué à la séparation des deux populations.

Bathysciola brianconnetensis Ochs, 1949.

(= Bathysciola diva Bonadona, 1988). Ex. localité type : Balme de Lèse, Briançonnet, AM
(Ochs, 1949 : quelques exemplaires in coll. Bonadona [ex.] ; in coll. Ochsi [ex.]). Nouvelle
localité type : Trou de Derrière la Roche, Briançonnet, AM (14 exemplaires in coll. Giordan).
Autres localités : Grotte des Fées, Saint-Auban, AM (Giordan, 1981 : 3 ♂ et 2 ♀ in coll.
Bonadona [ex.], 1 ♂ in coll. MNHN Paris – dépôt du type –) ; Aven 28-A1, Caille, AM
(Bonadona : quelques exemplaires in coll. Bonadona [ex.]).

Espèce que Bonadona avait considérée comme étant nomen nudum en 1985. Nous redécrirons
aujourd’hui cette espèce à partir d’exemplaires mâles provenant du Trou de Derrière la
Roche, Briançonnet, AM (Giordan) et d’autres de la grotte des Fées à Saint-Auban, AM
(Giordan). La Bathysciola diva de Bonadona 1988 de Saint-Auban est en fait synonyme de
cette espèce antérieurement décrite par Ochs en 1949 sous le nom « briançonnetensis ». Il
convient donc de considérer le Trou de Derrière la Roche de Briançonnet comme étant la
nouvelle localité type de Bathysciola brianconnetensis Ochs, 1949. Les pièces copulatrices
des spécimens que nous avons étudiés (provenant des deux localités) sont identiques. Seules
les carènes mésosternales sont très légèrement différentes (figure 17 : 2). De plus, nous avons
longtemps hésité à remplacer les formes brianconnetensis par ochsi (prioritaires) afin de
conserver un groupe (phylogénique) plus homogène ; mais la spécialisation des B. ochsi au
domaine cavernicole strict nous semblant plus avancée (fort allongement des pièces annexes
de la pièce copulatrice), nous avons décidé de les conserver spécifiquement séparées. Il reste
cependant évident que les deux formes s’intègrent bien ici dans un seul et même groupe
d’espèces : groupe B. brevicollis Nov.

Espèce hypogée assez longue (figure 17 : 1). Le pronotum ressemble beaucoup à celui de
Bathysciola ochsi ochsi Jeannel, 1924, mais les angles postérieurs sont plus retombants. Bord
marginal des élytres moins arqué et moins tronqué à l’apex. Jonction apicale en petits angles
arrondis. Carène mésosternale (figure 17 : 2) avec son bord antérieur subvertical et unidenté
au sommet (Grotte des Fées, à Saint-Auban, AM) ou plus arrondi (Trou de Derrière la Roche,
à Briançonnet, AM). Le bord postérieur est joint à la clavicule. Il part en pente douce et
légèrement sinuée jusqu’au sommet. Clavicule moyenne et non saillante. Aucune pilosité
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apparente sur la carène comme on peut la rencontrer sur celle de Bathysciola ochsi rutensis n.
ssp. Edéage avec son apex ogival, non anguleux à la base, représentatif du groupe B.
brevicollis Nov. (figure 1 : 1). Pièce copulatrice (figure 17 : 3-4), à grand stylet antérieur
bifide à la base et mousse à l’apex. Ce stylet est divisé en deux parties symétriques et
ondulées sur leurs bords. La base bifide est constituée de deux tiges arquées et chitinisées.
Pièces latérales antérieures filiformes et sinuées, mais plus larges, en palettes chitinisées, à
partir de leur moitié postérieure. Pièces latérales postérieures hyalines, filiformes et sinuées.
La pièce centrale constitue l’extrémité du stylet postérieur. Ce dernier est court et hyalin. Les
deux plaques latérales sont petites mais fortement chitinisées (voir les vectorisations : figure
17).

Figure 17. 1. Habitus de Bathysciola brianconnetensis Ochs, 1949. Trou de Derrière la Roche, Briançonnet,
département des Alpes Maritimes. 2. variantes des carènes mésosternales du même, selon les localités. 3.
vectorisation de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée.

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Ecologie

Espèce hypogée, au fond des grottes et avens du domaine subalpin et alpin (figure 4), au nord-
ouest et au sud-ouest de la Montagne du Cheiron.

Bathysciola brianconnetensis lauvensi n. ssp.

Localité type : Aven du Clos des Lauves (=Lauzes), Gréolières, AM (Bonadona, Giordan : 3
♂ et 7 ♀ in coll. Giordan).

Figure 18. 1. Habitus de Bathysciola brianconnetensis lauvensi n. ssp. 2. variantes des carènes mésosternales du
même, dans la même population. 3. vectorisation de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Aven du Clos des
Lauves (=Lauzes), Gréolières, département des Alpes Maritimes.

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Sur les cartes topographiques de l’IGN ainsi que d’après l’Office National des Forêts, le nom
exact du clos ou s’ouvre l’aven est : « Clos des Lauves ». Les panneaux forestiers indiquent
également cette orthographe. Ainsi nous la conserverons, le derivatio nominis de cette sous-
espèce de brianconnetensis en dépend : « lauvensi ».

Figure 19. 1. Habitus de Bathysciola brianconnetensis valferrierei n. ssp. 2. carène mésosternale du même. 3.
vectorisation de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Grotte Gérard, Val Ferrière, département des Alpes
Maritimes.

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Espèce dont l’habitus est très proche de l’espèce type (figure 18 :1). Ainsi, elle peut
facilement être confondue avec cette dernière, mais la pièce copulatrice est bien différente
(figure 18 : 3-4). La carène mésosternale (figure 18 : 2) est plus saillante avec son bord
postérieur plus abrupt et non sinué. La jonction avec la clavicule se fait avant, avec un méplat
caractéristique (figure 18 : 2, zoom sur jonction avec la clavicule). Organe copulateur toujours
représentatif du groupe B. brevicollis Nov., mais les styles (paramères) portent 3 longues
soies à leur apex. Pièce copulatrice avec un très grand stylet antérieur en deux parties étroites
et symétriques, peu ondulées. Base en deux tiges arquées. Pièce centrale en deux parties
symétriques larges et longues. Plaques latérales grandes et longues, fortement chitinisées.
Pièces latérales antérieure très longues et en palettes triangulaires hyalines vers le tiers
postérieur. Pièces latérales postérieures très hyalines et froissées, courtes et discrètes (voir les
vectorisations : figure 18).

Ecologie

Cette petite population est isolée dans l’Aven du Clos des Lauves (=Lauzes), sur un plateau
lapiazé, à Gréolières, dans le département des Alpes Maritimes.

Bathysciola brianconnetensis valferrierei n. ssp.

Localité type : Grotte Gérard, Val Ferrière, AM (Giordan : ♂ et ♀ in coll. Giordan).

Espèce endogée dont les styles de l’édéage possèdent 2 longues soies et 1 soie courte à l’apex,
comme chez toutes les autres espèces hypogées ou alpines. L’habitus (figure 19 : 1) est
différent des autres sous-espèces connues. Le pronotum est non régulièrement arrondi, sa base
est fortement sinuée et ses angles postérieurs sont fortement retombants. Les élytres sont
subparallèles jusqu’au milieu, puis rapidement arqués vers l’apex. Ce dernier est donc tronqué
et la jonction apicale, à la suture élytrale, se fait en angles très petits et arrondis. La carène
mésosternale (figure 19 : 2) n’est pas du type habituel rencontré chez les formes
brianconnetensis. Elle est arrondie de la base jusqu’à la jonction avec la clavicule. Son bord
postérieur présente quelques épines éparses. La clavicule est moyennement saillante et ses
angles sont arrondis. Edéage représentatif du groupe B. brevicollis Nov. (figure 1 : 1). Pièce
copulatrice (figure 19 : 3-4) avec un stylet en deux parties symétriques assez larges et
longues, avec leurs apex joints mais non soudés. La base est large, sans tiges arquées
filiformes. Pièce centrale à base torsadée et chitinisée, jointe au stylet postérieur qui est divisé
en deux pièces symétriques arquées, hyalines et moyennement longues. Plaques latérales
fortement chitinisées. Pièces latérales antérieures très longues et filiformes. Le premier tiers
antérieur est plus large, avec un point de chitine sur son bord extérieur. Les pièces latérales
postérieures sont plus courtes, en palettes étroites et légèrement plissées (voir les
vectorisations : figure 19).

Ecologie

Dans les forêts de sapins, sous les pierres enfoncées, en milieu alpin.

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Bathysciola brianconnetensis cheironi n. ssp.

Localité type : Aven de la Moulière, Andon, AM (3 ♂ et 1 ♀ in coll. Giordan). Autre localité :


Grotte du Logis-Neuf, Caussols, AM (1 ♂ in coll. Giordan). Aven du Pylône, Gréolières, AM
(2 ♂ et 1 ♀ in coll. Giordan). Grotte de la Vadrouillette, Conségude, AM (1 ♂, in coll.
Giordan).

Figure 20. 1. Habitus de Bathysciola brianconnetensis cheironi n. ssp. de l’aven de la Moulière, Andon,
département des Alpes Maritimes. 2. variantes des carènes mésosternales du même, selon les localités. 3.
vectorisation de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée.

Espèce hypogée, courte et trapue (figure 20 : 1). Pronotum comme chez l’espèce type. Elytres
courts, régulièrement arqués, puis rapidement tronqués à l’apex. Jonction apicale en angles
arrondis. Carène mésosternale assez variable selon les localités (figure 20 : 2). Sommet en
pointe presque symétrique, à bord antérieur et postérieur de longueur égale (Grotte de la
Vadrouillette, Conségudes, AM) ou à bord postérieur en pente douce, légèrement sinué, avec
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une dent largement arrondie au sommet ; bord antérieur plus abrupt jusqu’à la jonction avec la
clavicule (Aven de la Moulière à Andon, Aven du Pylône à Gréolières et Grotte du Logis-
Neuf à Cassons, AM). Clavicule peu saillante, à crête plus ou moins plane. Organe copulateur
représentatif du groupe B. brevicollis Nov. (figure 1 : 1). La pièce copulatrice (figure 20 : 3-4)
est la même chez toutes les populations des localités connues. Le stylet antérieur est formé de
deux pièces longues et symétriques, assez larges à la base. Cette dernière est constituée de
deux cornes régulièrement arquées. Pièce centrale jointe à un stylet postérieur filiforme, en
deux parties symétriques et parallèles, chitinisées. Plaques latérales très petites et oblongues,
chitinisées. Pièces latérales antérieures filiformes et chitinisées vers le milieu, en palettes plus
larges et plissées avant l’apex. Pièces latérales postérieures filiformes et hyalines. Un flagelle
sort de la base de la pièce copulatrice (voir les vectorisations : figure 20).

Figure 21. 1. Habitus de Bathysciola aubierensis n. sp. 2. carène mésosternale du même. 3. vectorisation de la
pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Aven des Aubières, Andon, département des Alpes Maritimes.

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Ecologie

Cette sous-espèce alpine colonise quelques cavités entre Andon et Gréolières, dans les Alpes
maritimes. La grotte de la Vadrouillette, à Conségudes, AM, abrite une petite population
isolée dont un seul mâle est connu et étudié. Plus au sud, existe une autre population dans la
grotte du Logis-Neuf à Caussols. Egalement, un seul mâle est connu et étudié, provenant de
cette localité. Comme les autres sous-espèces de brianconnetensis, cette forme est implantée
sur les plateaux au nord et au sud de la Montagne du Cheiron.

Bathysciola aubierensis n. sp.

Localité type : Aven des Aubières, Andon, AM (9 exemplaires in coll. Giordan).

Cette espèce est très différente des Bathysciola précédemment décrites. Seul le stylet antérieur
de la pièce copulatrice et le type d’édéage peuvent indiquer une appartenance éventuelle au
groupe B. brevicollis Nov. L’édéage est cependant très court et très large, renflé en vue de
dessus. Cet aspect du lobe médian est unique chez les espèces ici révisées.

Espèce hypogée, oblongue (figure 21 : 1). Pronotum régulièrement arqué avec ses angles
postérieurs retombants et mousses. La base est fortement sinuée. Elytres assez larges et
courts. Leur bord marginal est subparallèle puis régulièrement arqué vers le tiers apical, en
quart de cercle. Jointure apicale en deux petits angles arrondis. Epaules anguleuses. Carène
mésosternale (figure 21 : 2), peu représentative du groupe B. brevicollis Nov. car très peu
saillante mais arrondie. Son bord antérieur est plus long que le postérieur. Jonction avec la
clavicule au dessus de la base de la carène. Clavicule large, saillante presque jusqu’au
sommet de la carène ; sa crête est arrondie, surtout à son angle postérieur. Organe copulateur
bien représentatif du groupe B. brevicollis Nov. (figure 1 : 1). Pièce copulatrice (figure 21 : 3-
4), avec son stylet antérieur bifide, en deux parties filiformes réunies à la base. La base avec
deux plaques fortement chitinisées. L’ensemble reste relativement court et ne présente pas,
contrairement aux espèces précédentes, une base bifide filiforme en arc. Pièce centrale en V
antérieurement ouvert en deux dents extroversées et chitinisées, représentant les plaque
latérales. La base de cette pièce centrale forme deux branches réunies en un long flagelle
jusqu’au cerasum. Il existe deux pièce latérales antérieures oblongues, antérieurement
chitinisées, de part et d’autre de la pièce centrale. Pièces latérales postérieures très longues et
assez hyperplasiques, chitinisées dans leur tiers antérieur. Deux petites pièces annexes
hyalines existent en prolongement antérieur de ces pièces latérales postérieures (voir les
vectorisations : figure 21).

Ecologie

Bathysciola aubierensis n. sp. est une population bien à part, isolée sur le plateaux d’Andon,
dans l’Aven des Aubières, AM. La morphologie de sa pièce copulatrice est remarquable par le
fait qu’elle comporte à la fois les caractères représentatifs du groupe B. aubei Nov. (présence
de pièce latérales antérieures courtes) et ceux du groupe B. brevicollis Nov. (stylet antérieur
en deux parties symétriques et pièces latérales filiformes). L’habitus et la carène mésosternale
de cette espèce indiquent également une possible parenté avec les espèces du groupe B. aubei
Nov. Notons que la seule localité connue se trouve juste sur « l’étranglement » géonémique
formé par les deux groupes superposés, à l’ouest de la Montagne du Cheiron (figure 4). Nous

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ne savons pas encore si cet étranglement est naturel ou dicté par l’absence de prospections,
notamment au nord de l’Artuby (sud-est des Alpes de Haute Provence).

Bathysciola brianconnetensis spectata n. comb.


(=Bathysciola spectata Bonadona, 1988).

Localité type : Aven Cresp, Caussols, AM (Bonadona, Giordan, 1980 : 2 ♂ et 9 ♀ in coll.


Bonadona [ex.] ; 1 ♂ in coll. MNHN Paris – dépôt du type - ; 13 exemplaires in coll.
Giordan).

Figure 22. 1. Habitus de Bathysciola brianconnetensis spectata n. comb. de l’Aven Cresp, commune de
Caussols, département des Alpes Maritimes. 2. carène mésosternale de B. brianconnetensis spectata n. comb. de
l’Aven Cresp, à Caussols et de la sous-espèce josyi n. ssp. de la grotte du Cabreiret à Andon, AM. 3.
vectorisation de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée.

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Ecologie

Cette espèce hypogée vit en sympatrisme avec d’autres représentants de la riche faune
entomologique souterraine de l’Aven Cresp, plateau de Caussols, AM : Duvalius brujasi
Deville, Duvalius ochsi boursini Ochs, Duvalius voraginis Jeannel, Troglodromus bucheti
Deville, Isereus giordani Bonadona et au pied du premier puits, Actenipus obtusus Chaudoir.

Bathysciola brianconnetensis josyi n. ssp.

Localité type : Grotte du Cabreiret, dans la commune d’Andon, AM (Bonadona, 1985 : 2 ♀ in


coll. Giordan leg. Bonadona, 1952 ; Avon & Courtial, 2008 : 1 ♂ abimé in coll. Avon &
Courtial).

Comme nous l’avons dit plus haut, il était très peu probable que la seule ♀ indiquée par
Bonadona (1985) de la Grotte du Cabreiret soit bien une B. ochsi typique.

Nous n’avons pu étudier pour l’instant qu’une carène mésosternale d’un mâle très abimé.
Cette carène intacte (figure 22 : 2) correspond à celle de B. brianconnetensis spectata n.
comb. de l’aven Cresp sur le plateau de Caussols. Nous placerons donc provisoirement ce
seul mâle connu en sous-espèce de B. brianconnetensis en attendant la capture d’un nouveau
mâle.

Ecologie

Espèce hypogée dans la grotte du Cabreiret, commune d’Andon, AM.

Bathysciola giordania Bonadona, 1985.

Localité type : Grotte des Deux-Goules, Saint-Vallier de Thiey, AM (Bonadona, 1947,


Giordan, 1982 : nombreux exemplaires ♂ et ♀ in coll. Bonadona [ex.] ; 1 ♂ in coll. MNHN
Paris – dépôt du type - ; 3 ♂ et 3 ♀ in coll. Giordan dont 2 ♂ leg. Bonadona, 1947-1948).

Contrairement au dessin de Bonadona (1985, figure 10a), la carène mésosternale n’a pas de
dent au sommet (figure 23 : 2). Par contre, certaines femelles en ont.

Espèce assez large et robuste (figure 23 : 1). Pronotum long, avec ses côtés subparallèles dans
le premier quart basal. Sa base est sinuée. Les angles postérieurs sont retombants et assez
aigus. Elytres régulièrement arqués puis brusquement tronqués à l’apex. Jonction apicale en
angles arrondis. Carène mésosternale (figure 23 : 2) arrondie, avec son bord antérieur
légèrement ondulé. La jonction avec la clavicule se fait presque au sommet de celle-ci. Cette
clavicule est large et peu saillante. Organe copulateur (figure 1 : 1) représentatif du groupe B.
brevicollis Nov. La pièce copulatrice (figure 23 : 3-4) est originale dans le groupe. Son stylet
antérieur est court, en deux parties filiformes et symétriques, jointes à l’apex. Cette jointure
est fortement chitinisée. La base de ce stylet possède deux épines extroversées et également
fortement chitinisées. De part et d’autre du stylet antérieur existent des pièces qui sont peut-
être d’anciens éléments ayant constitués le stylet. Il s’agit de pièces cornues et mousses, avec
leur bord externe largement chitinisé. Une large pièce centrale est également inédite. Elle est
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plate et de forme triangulaire, avec ses angles arrondis. Un manchon et un petit flagelle
constituent sa base. Le stylet postérieur est représenté par deux parties filiformes et
symétriques, de la longueur du corps de la pièce centrale. Deux pièces latérales sont présentes.
Elles sont longues et englobent l’ensemble. Un « nœud » de chitine existe vers leur milieu
(voir les vectorisations : figure 23).

Figure 23. 1. Habitus de Bathysciola giordania Bonadona, 1985. 2. carène mésosternale du même. 3.
vectorisation de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Grotte des Deux-Goules, commune de Saint-Vallier de
Thiey, département des Alpes Maritimes.

Ecologie

Seule la grotte des Deux-Goules, à Saint-Vallier de Thiey, AM, abrite cette espèce. Elle y est
hypogée avec Duvalius voraginis Jeannel. Une autre Bathysciola se capture sous les pierres
enfoncée, dans la forêt des alentours. Il s’agit de Bathysciola digna medius n. comb. n. nom.

Bathysciola turcati Fagniez, 1922.

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Localité type : Balme Putride (=Baume Pouteri, Fagniez), Châteaudouble, Var (plusieurs
exemplaires in coll. Fagniez [ex.] ; in coll. Bonadona [ex.] ; in coll. Biospeologica [ex.], 37
exemplaires in coll. Giordan).

Figure 24. 1. Habitus de Bathysciola turcati Fagniez, 1922. 2. carène mésosternale du même. 3. vectorisation de
la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Balme Putride (=Baume Pouteri, Fagniez), commune de Châteaudouble,
département du Var.

Espèce hypogée à pronotum imposant (figure 24 : 1), subparallèle vers le premier tiers basal,
puis fortement arqué en quart de cercle. Il est long et un peu plus large que les élytres réunis.
Sa base est sinuée. Ses angles postérieurs sont pointus et rectilignes. Bord marginal des
élytres régulièrement arqué jusqu’à l’apex. Jonction apicale sans angles arrondis. Carène
mésosternale (figure 24 : 2) peu saillante mais cependant dépassant le niveau du sommet de la
crête de la clavicule. Son sommet est pointu mais mousse à fort grossissement. La jonction

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avec la clavicule se fait dans l’angle de sa crête. Cette dernière est rectiligne ou légèrement
concave. Pièce copulatrice (figure 24 : 3-4) à stylet antérieur imposant, en deux larges dents
symétriques, très écartées à la base. La zone apicale est fortement chitinisée par endroit.
Pièces centrale avec deux apophyses sinuées et fortement chitinisées (=plaques latérales). Il
existe un flagelle partant de cette pièce centrale jusqu’au cerasum. Pas de stylet postérieur.
Une paire de pièces latérales englobent l’ensemble. L’une est longue et hyaline et la plus
externe est filiforme, avec une zone davantage chitinisée vers son milieu (voir les
vectorisations : figure 24).

Ecologie

Espèce hypogée localisée essentiellement dans la grotte « La Balme Putride » à


Châteaudouble, dans le Var. La particularité de cette cavité est que son sol est essentiellement
recouvert d’une épaisse couche de guano de Chauves-souris.

Bathysciola parvula Bonadona, 1988.

Localité type : Doline de Peygros, Fayence, Var (Bonadona, Giordan, 1982 : 9 exemplaires in
coll. Giordan ; 1 ♂ in coll. MNHN Paris – dépôt du type - ; des exemplaires in coll. Bonadona
[ex.]).

Espèce hypogée, courte et oblongue, assez trapue (figure 25 : 1). Pronotum à côtés
régulièrement arqués. Ses angles sont pointus et très retombants. Sa base est légèrement
sinuée. Bord marginal des élytres régulièrement arqué et rapidement arrondi à l’apex.
Jonction apicale en angles très arrondis. Crène mésosternale (figure 25 : 2) pointue au milieu
de sa crête. Le dessin de Bonadona (1988, fig. 6) est mal orienté et possède un sillon à la
jonction avec la clavicule. Ce vide n’est en réalité qu’un effet d’optique provenant d’un pli de
chitine subvertical. Clavicule moyennement saillante, assez large, avec sa crête légèrement
convexe. Pièce copulatrice (figure 25 : 3-4) à stylet antérieur en deux parties symétriques
assez larges, à bords ondulés. Ces parties sont extroversées à partir du 1/6ème apical. Pas de
pièce centrale ni de stylet postérieur. Pièces latérales très larges et hyalines, froissées. Les plus
externes sont filiformes et sont les plus courtes (voir les vectorisations : figure 25).

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Figure 25. 1. Habitus de Bathysciola parvula Bonadona, 1988. 2. carène mésosternale du même. 3. vectorisation
de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Doline de Peygros, commune de Fayence, département du Var.

Ecologie

La Doline de Peygros est un grand gouffre largement ouvert, au sol recouvert de mousses
épaisses. Une cavité pénétrable existe en partie basse, lieu de vit de cette espèce ainsi que du
Duvalius voraginis Jeannel. Troglodromus bucheti est endogé sous les mousses et le pierrier
du fond de l’aven avec Trechus obtusus et divers Pseudoscorpions. Une autre Bathysciola se
capture endogée dans la forêt autour de la cavité. Il s’agit de B. digna occidentalis n. comb.
n. nom.

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Bathysciola magalii n. sp.

Localité type : dans une source au bord du Jabron, Noyers sur Jabron, Alpes de Haute
Provence (Avon & Courtial, 2008 : 1 ♂ in coll. Avon & Courtial).

La carène mésosternale, l’organe copulateur, la pièce copulatrice complexe et filiforme et


l’habitus robuste font que cette nouvelle espèce se place sans hésitation dans le groupe B.
brevicollis Nov. Cette espèce remarquable par sa pièce copulatrice qui possède à la fois les
caractères représentatifs du groupe B. aubei Nov. (présence des pièces latérales antérieures) et
ceux du groupe B. brevicollis Nov. (stylet antérieur massif en deux tiges symétriques et pièces
postérieures filamenteuses). Il s’agit là peut-être d’une espèce intermédiaire.

Figure 26. 1. Habitus de Bathysciola magalii n. sp. 2. carène mésosternale du même. 3. vectorisation de la pièce
copulatrice. 4. vue éclatée avec détail du cerasum. Noyers sur Jabron, département des Alpes de Haute Provence.

Espèce assez robuste (figure 26 : 1). Son pronotum est très transverse comme celui de B.
ochsi. Ses angles postérieurs sont légèrement retombants et arrondis. Organe copulateur
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régulièrement arqué avec l’apex ogival, non anguleux à la base, représentatif du groupe B.
brevicollis Nov. Carène mésosternale petite et courte, unidentée au sommet. Son bord
antérieur est arqué ; le postérieur légèrement crénelé et en pente douce. Clavicule massive et
beaucoup plus haute que la carène. Cette dernière sans pilosité. Pièce copulatrice de type
« brevicollis », constituée d’éléments filiformes, avec le cerasum bien développé. Les deux
pièces latérales antérieures existent. Elles sont en forme de losange. Le stylet antérieur est en
deux parties longues et pointues avec un petit stylet axé et superposé sur l’axe de symétrie,
ceci comme chez B. ochsi mais il est ici plus large (figure 26 : 3-4). Pièce centrale non
fusionnée, en deux lames courbes. Stylet postérieur très long et filiforme. Sa base est
sclérifiée. Cerasum assez massif avec sa base bifide en « langue de serpent » (voir les
vectorisations : figure 26).

Ecologie

Cette nouvelle espèce a été capturée dans la localité type du Duvalius muriauxi (Trechinae), à
Noyers sur Jabron, dans les Alpes de Haute Provence. La source est constituée d’une
remarquable moraine de pied de vallon à conglomérats de galet (pouding). Ce vallon draine
une partie nord de la Montagne de Lure et se jette dans le Jabron.

Bathysciola brevicollis Abeille, 1882.


(= B. bonadonai Giachino, 1988. 1 ♂ in coll. Giordan, leg. Giachino).

Localité type : Saint-Martin-Vésubie, AM (Brisout, Pic, Grouvelle). Autres localités : Massif


de l’Authion (2 ♂ et 2 ♀ in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1983). Turini et Peïra-Cava, AM
(Sainte-Claire Deville, Avon 1994 : 4 ♀ in coll. Avon & Courtial ; 7 exemplaires in coll.
Giordan, leg. Bonadona, 1954). Venanson, source du Libaret, AM (Giordan : 2 ♂ in coll.
Giordan leg. Bonadona, 1949). La Colmiane, Valdeblore, AM (Avon & Courtial, 2008 : 19
exemplaires in coll. Avon & Courtial) (= B. bonadonai Giachino, 1988. 1 ♂ in coll. Giordan,
leg. Giachino). La Brigue, AM (1 ♂ et 2 ♀ in coll. Giordan). Fontan, Ligronte, AM (Giordan :
2 ♂ et 3 ♀ in coll. Giordan, leg. Turcat, 1983). Fontan, La Fontaine Froide (2 ex. in coll.
Giordan, leg. Turcat). Forêt de Caïros (=vallée du Cayros, =Cairros), Castagne, Saorge, AM
(Bonadona, Giordan, 1983 : 1 ♂ et 2 ♀ in coll. Bonadona [ex.] ; 4 ♀ in coll. Giordan, leg.
Turcat).

Après examen de la pièce copulatrice de l’espèce de Giachino (B. bonadonai Giachino, 1988),
nous pouvons dire qu’elle est exactement identique à celle de B. brevicollis. Nous la plaçons
donc en synonymie de B. brevicollis antérieurement décrite par Abeille de Perrin en 1882.

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Figure 27. 1. Habitus de Bathysciola brevicollis Abeille, 1882. La Colmiane, Valdeblore, département des Alpes
Maritimes. 2. variantes des carènes mésosternales du même selon les localités. 3. vectorisation de la pièce
copulatrice. 4. vue éclatée.

Bathysciola brevicollis Abeille, 1882 natio nicaeensis Peyr. (=B. aubei aubei Kies., 1850, var.
epuraeoides Fairmaire) du vallon des Fleurs à Nice, dans les Alpes Maritimes, semble devoir

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être rattaché à B. guillaumensis Avon & Courtial, 2008 de Falicon à Nice, également dans les
Alpes Maritimes. B. guillaumensis Avon & Courtial, 2008 est redécrite ci-après.

Espèce oblongue (figure 27 : 1) avec le pronotum très arrondi. Ses angles antérieurs sont
retombants avec sa base bisinuée. Jonction apicale des élytres en angles très arrondis. La
carène mésosternale est très festonnée sur son bord postérieur. Il en existe des variantes
(figure 27 : 2) où la jonction avec la clavicule peut ne pas être creusée. Clavicule de taille
moyenne, peu saillante. Sa crête est relativement arrondie. Organe copulateur à apex ogival et
assez pointu. Pièce copulatrice (figure 27 : 3-4) composée d’un long stylet antérieur en 2
parties symétriques et soudées. Pièce centrale avec 2 apophyses antérieures, sa base est
sclérifiée et prolongée postérieurement par 2 stylets hyalins et filiformes. Ils atteignent le
cerasum. Pièces latérales antérieures très caractéristiques, triangulaires et chitinisées. Leur
base est filiforme. Pièces latérales postérieures très longues comme celles de B. ochsi rutensis
n. ssp. Le cerasum est joint à leur base. Pièces annexes filiformes (voir les vectorisations :
figure 27).

Les B. brevicollis des différentes localités se ressemblent beaucoup. Cependant, nous pouvons
en distinguer 2 sous-espèces essentiellement par le type de carène mésosternale et de pièce
copulatrice (Cf. ci-dessous).

Ecologie

Espèce endogée et alpine. Elle colonise les vallons très humides complantés de sapins. Sous
les pierres profondément enfoncées.

Bathysciola brevicollis launei n. ssp.

Localité type : Beuil, Les Launes, AM (Bonadona : 2 ♂ et 9 ♀ in coll. Giordan, leg.


Bonadona, 1953). Massif du Mont Mounier, Beuil, AM et La Croix du Sapet, Valberg, AM
(Chobaut). Saint-Etienne de Tinée, AM (Sainte-Claire Deville).

Sous-espèce endogée, courte et trapue (figure 28 : 1). Pronotum assez long, sa base
subrectiligne à angles postérieurs très discrets. Bord marginal régulièrement arrondi mais
davantage droit vers la base. Elytres courts et larges. Leur bord marginal est subparallèle dans
le premier tiers, puis régulièrement arqué jusqu’à l’apex. Ce dernier brusquement tronqué puis
rectiligne jusqu’à la jonction apicale. Cette dernière en angles très petits et arrondis. Carène
mésosternale (figure 28 : 2) à bord postérieur denté et abrupt. Sommet plat et bord antérieur
en pente douce jusqu’à la clavicule. Cette dernière fortement inclinée vers l’arrière. Ses angles
sont arrondis. Organe copulateur représentatif du groupe B. brevicollis Nov. (figure 1 : 1).
Pièce copulatrice (figure 28 : 3-4) remarquable par la longueur du stylet antérieur et son
fusionnement avec les pièces latérales. Pièce centrale massive à apex bifide et à base évasée
en deux apophyses très chitinisées. Stylet postérieur fusionné à la pièce centrale en deux tiges
symétriques progressivement filiformes. Il existe deux pièces annexes en losanges allongés
qui englobent la base du stylet antérieur. Cette base est chitinisée (voir les vectorisations :
figure 28).

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Figure 28. 1. Habitus de Bathysciola brevicollis launei n. ssp. 2. carène mésosternale du même. 3. vectorisation
de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Beuil, Les Launes, département des Alpes Maritimes.

Ecologie

Espèce endogée localisée aux alentours de Beuil, jusqu’à Saint-Etienne de Tinée, AM, en
forêt de conifères, sous les pierres enfoncées.

Bathysciola brevicollis nocei n. ssp.

Localité type : Grotte de Noce, La Brigue, AM (Giordan : 1 ♂ et 2 ♀ in coll. Giordan).

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Figure 29. 1. Habitus de Bathysciola brevicollis nocei n. ssp. 2. carène mésosternale du même. 3. vectorisation
de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Grotte de Noce, La Brigue, département des Alpes Maritimes.

Sous-espèce ovale, de taille moyenne (figure 29 :1). Pronotum comme celui de B. brevicollis
launei n. ssp. Le bord marginal des élytres est régulièrement arrondi. La jonction apicale est
en angles très arrondis. Carène mésosternale (figure 29 : 2) avec le bord postérieur en pente
douce, légèrement crénelé et plus court que le bord antérieur. Le sommet est plat. La jonction
avec la clavicule se fait un peu en dessus de la base. Clavicule de biais, dirigée vers l’arrière.
Sa crête et ses angles sont arrondis. Organe copulateur représentatif du groupe B. brevicollis
Nov. (figure 1 : 1). Pièce copulatrice (figure 29 : 3-4) avec un très long stylet antérieur en
deux parties symétriques jointes à l’apex et extroversées à la base. Cette dernière est jointe par
une large palette subcarrée surmontée de deux zones en L opposés fortement sclérifiés. Il
semblerait que cet ensemble constitue le fusionnement du stylet antérieur avec la pièce

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centrale. Le stylet postérieur se limite à deux filets hyalins plus courts que le stylet antérieur.
Un flagelle existe à la base de la pièce copulatrice. Les pièces latérales sont scindées en deux.
L’une (au total une paire symétrique) courte et hyaline partant du niveau de la base du stylet
antérieur et englobant telle une parenthèse le premier tiers basal de ce dernier ; l’autre partant
de la base des plaques en L opposés et descendant presque aux apex du stylet postérieur, avec
un élargissement notable dans les deux derniers tiers. Cet élargissement comporte de
nombreux plis.

Ecologie

Il s’agit là de la sous-espèce de brevicollis rencontrée la plus à l’est du département des Alpes


maritimes. Il se pourrait que nous la rencontrions également en Italie. Elle colonise la grotte
de Noce, dans la commune de La Brigue, AM, en forêt alpine complantée de conifères.

Figure 30. Carte de répartition géographique des espèces et sous-espèces du genre Bathysciola Jeannel, 1910 dans le
département des Alpes Maritimes, à l’est de la vallée du Var. Biodiversité du groupe B. giordani Avon & Courtial,
2008. dan : B. giordani Bonadona, 1985. ana : B. turcatiana Bonadona, 1988. gui : B. guillaumensis Avon & Courtial, 2008.
Biodiversité du groupe B. brevicollis Nov. bre : B. brevicollis Abeille, 1882. noc. B. brevicollis nocei n. ssp. laun. B.
brevicollis launei n. ssp. and : B. courtiali andrei n. ssp. Les flèches indiquent une systole probable des espèces autour des
massifs cristallins et le long des grands fleuves.

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III. Groupe : B. giordani Avon & Courtial, 2008. (Biogéographie : figure 30).

Bathysciola giordani Bonadona, 1985.

Localité type : Forêt de Menton, Monti (vallée du Careï), Menton, AM (Rey, Bonadona,
1953 : 1 ♂ in coll. MNHN Paris – dépôt du type - ; 2 ♀ et 1 ♂ in coll. Giordan, leg.
Bonadona, 1955 ; 2 ♀, in coll. Avon & Courtial) ; Monaco, AM (Paragallo, =B. aubei aubei
Kies., 1850). Autre localité : Massif de l’Euzièra, La Trinité, Nice, AM (Avon & Courtial,
2007 : 2 ♂ et 2 ♀ in coll. Avon & Courtial). Parc Forestier Départemental de la Grande
Corniche et Fort de la Revère, AM (Avon & Courtial, 2007 : 2 ♂ et 2 ♀, in coll. Avon &
Courtial).

Figure 31. 1. Habitus de Bathysciola giordani Bonadona, 1985. 2. variantes des carènes mésosternales du même,
selon les localités. 3. vectorisation de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Massif de l’Euzièra, La Trinité, Nice,
département des Alpes Maritimes.

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Cette sous-espèce est assez trapue et de longueur moyenne (figure 31 : 1). Le pronotum est
large et dépasse la largeur des deux élytres réunis. Sa base est légèrement convexe en vue de
dessus. Ses angles postérieurs sont pointus et retombants, avec le bord interne rectiligne. Bord
marginal des élytres régulièrement arrondi. Angle apical également largement arrondi. La
jonction apicale forme deux petits angles arrondis. On observe trois variantes dans les carènes
mésosternales d’une même population (figure 31 : 2-3). L’une (Fort de la Revère) présente
des carènes très saillantes à bord antérieur abrupt dans son premier tiers, puis incliné jusqu’à
une dent sommitale. Le bord antérieur est légèrement festonné. La jonction du bord antérieur
avec la clavicule se fait un peu avant. La deuxième variante présente des carènes moins
saillantes, à bord antérieur partant de la clavicule, puis progressivement bombé jusqu’à la dent
sommitale (Massif de L’Euzière). La troisième est ondulée sur toute la longueur de sa crête
(Monti, Menton). Le bord postérieur est fortement festonné en escaliers. Les clavicules sont
de taille et de hauteur moyenne, avec leur crête rectiligne quelquefois légèrement ondulée.
Organe copulateur à apex lancéolé, représentatif du groupe B. giordani Avon & Courtial 2008
(figure 1 : 3). Pièce copulatrice (figure 31 : 3-4) avec un stylet antérieur trifide, constitué de
deux barres longues, fines et pointues, très chitinisées, apicalement extroversées et reliées en
leur centre par une membrane un peu moins sclérifiée formant une dent médiane arrondie à
l’apex. Deux palettes extroversées constituent la base du stylet antérieur en complément de la
base des deux barres chitinisées. Pièce centrale divisée en deux parties symétriques
constituées de deux plaques sclérifiées en forme de L renversés surmontés d’un triangle moins
chitinisé. Pièces latérales antérieures en deux palettes longues et creuses, tordues à leurs
extrémités. Stylets postérieurs hyalins, courts et entiers. Il existe deux pièces latérales très
caractéristiques, étroites et disposées à 45° sur le premier tiers des pièces latérales antérieures.
Chacune est saillante et possède à son extrémité, une pointe chitinisée dirigées vers le bas en
vue de dessus. Comme pour B. bonadonius n. sp., B. turcatiana Bonadona, 1988 et B.
guillaumensis Avon & Courtial, 2008, il se pourrait que ces deux pièces soient les pièces
latérales postérieures résiduelles et non des pièces annexes (voir les vectorisations : figure
31).

Ecologie

Espèce endogée répartie du Parc Forestier Départemental de la Grande Corniche, Fort de la


Revère et du massif de l’Euzière, jusqu’à Monti, au dessus de Menton, dans le département
des Alpes Maritimes. Sous les pierres enfoncées et dans l’humus des chênes pubescents. En
terrain calcaire et argileux.

Bathysciola turcatiana Bonadona, 1988.


(=B. turcatianus indiqué par erreur sur les étiquettes in coll. Giordan, leg. Turcat).

Localité type : La Colmiane, Valdeblore, à 1700 m. d’altitude, AM (Bonadona, 1948,


Giordan : 3 ♂ et 3 ♀ in coll. Giordan, leg. Bonadona ; quelques exemplaires in coll.
Bonadona [ex.] ; 1 ♂ in coll. MNHN Paris – dépôt du type -). Autres localités : Tourrettes-
Levens, AM (Bonadona, 1953 : 2 ♂ et 1 ♀ in coll. Bonadona [ex.] ; 3 exemplaires in coll.
Giordan, leg. Bonadona, 1953). Châteauneuf-Villevieille, Mont Macaron, Chapelle Saint-
Joseph, AM (Avon & Courtial, 2008 : 1 ♂ et 1 ♀ in coll. Avon & Courtial). Châteauneuf-
Villevieille, vallon du Touron, AM (Avon & Courtial, 2008 : 1 ♂ in coll. Avon & Courtial).
Sospel, Requiston, AM (Avon & Courtial, 2008 : 2 ♂ et 1 ♀ in coll. Avon & Courtial). Autres
localités : Contes, AM (Raffaldi, 2008 : 11 ex. in coll. Raffaldi). Berthemont, AM (4
exemplaires in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1971). Lantosques, AM (1 ♂ et 2 ♀ in coll.
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Giordan, leg. Bonadona, 1947). Le Moulinet, AM (Avon & Courtial, 2008 : 2 ♂ in coll. Avon
& Courtial).

Espèce endogée très oblongue (figure 32 : 1). Pronotum ogival avec sa base concave en vue
de dessus et ses angles postérieurs pointus et retombants. Bord marginal des élytres
régulièrement arqué et rapidement recourbé à l’apex donnant un aspect général apical assez
tronqué et subcarré. Jointure des élytres à l’apex en très petits angles arrondis. Carène
mésosternale assez variable selon les populations (figure 32 : 2). Nous pouvons les regrouper
en deux ensembles. Le premier indigène les basses altitudes (Châteauneuf-Villevieille et
Contes dans les Alpes Maritimes) et possède une carène très saillante, festonnée au sommet et
sur son bord postérieur. Le bord antérieur part de la clavicule et monte en ligne droite
jusqu’au sommet. Le deuxième indigène de plus hautes altitudes. Il présente des espèces à
carène mésosternale également saillante mais avec leur sommet pointu. Le bord postérieur ne
présente pas ou peu de festons. Le bord antérieur part de la clavicule, mais est légèrement
concave jusqu’au sommet. Toutes les clavicules sont larges et peu saillantes (env. ½ de la
hauteur de la carène). Leur crête est très légèrement ondulée. Organe copulateur à apex
lancéolé, représentatif du groupe B. giordani Avon & Courtial 2008 (figure 1 : 3). Pièce
copulatrice (figure 32 : 3-4) avec un stylet antérieur long et très fortement chitinisé, pointu à
la base puis régulièrement élargi jusqu’à l’apex qui est bifide. Ce stylet est entouré d’un
doublage hyalin évasé à la base en deux hypophyses latérales. Un flagelle sort à l’apex du
stylet. La base de ce flagelle est doublée d’une membrane hyaline tubulaire. Pièces latérales
antérieures petites, assez longues et subrectangulaires. Leur base est sclérifiée. Pièce centrale
divisée au milieu, formant deux pièces symétriques de base large et d’apex pointu. Des
plaques sclérifiées existent à la base. Les stylets postérieurs sont courts et hyalins,
hyperplasiques. Il existe trois filaments (ou flagelles) qui partent de la pièce centrale et
s’arrêtent à la base du cerasum. Ils sont peut-être le prolongement du flagelle apical. Le
cerasum est assez grêle, joint à la base par une pièce plate et cornue très caractéristique. Il
existe également deux pièces longues et hyalines, d’aspect froissé, de part et d’autre des
pièces latérales antérieures. Comme pour Bathysciola giordani Bonadona, 1985, B.
bonadonius n. sp. et B. guillaumensis Avon & Courtial, 2008, il se pourrait que ces deux
pièces soient les pièces latérales postérieures résiduelles et non des pièces annexes (voir les
vectorisations : figure 32).

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Figure 32. 1. Habitus de Bathysciola turcatiana Bonadona, 1988. 2. variantes des carènes mésosternales du
même selon les localités. 3. vectorisation de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Châteauneuf-Villevieille,
département des Alpes Maritimes.

Ecologie

Cette espèce endogée paraît provenir d’une ancienne souche (le groupe B. giordani)
largement répartie en rive gauche du Var et de la Tinée, dans le département des Alpes
Maritimes, depuis la bordure du massif du Mercantour (La Colmiane) jusqu’à Châteauneuf-
Villevieille beaucoup plus au sud et jusqu’au Moulinet, au nord de Menton. Il s’agit d’une
espèce endogée qui peut indigéner les milieux relativement secs (mont Macaron, Contes) et
les domaines alpins ou subalpins (La Colmiane) en bordure des massifs cristallins (figure 30).
Cette espèce pourrait-être présente en Italie.

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Bathysciola guillaumensis Avon & Courtial, 2008.

Localité type : Falicon, Nice, AM (Avon & Courtial, 2007 : nombreux exemplaires ♂ et ♀ in
coll. Avon & Courtial). Vallon des Fleurs, Nice, AM (=B. brevicollis natio nicaeensis Peyr.,
in coll. MNHN Paris). Aspremont, AM (Paragallo). Nice, AM (Grouvelle, =B. aubei aubei
Kies., 1850, var. aubei s. str. et var. epuraeoides Fairmaire).

Figure 33. 1. Bathysciola guillaumensis Avon & Courtial, 2008. 2. carène mésosternale du même. 3.
vectorisation de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Commune de Falicon, département des Alpes Maritimes.

Espèce endogée assez oblongue (figure 33 : 1). Son pronotum large dépasse la largeur des
élytres réunis. La carène mésosternale (figure 33 : 2) est très festonnée. Le bord postérieur
part au milieu de la clavicule et non à sa base. La clavicule est fine, saillante et arrondie sur sa
crête. Organe copulateur à apex largement lancéolé, représentatif du groupe B. giordani Avon
& Courtial 2008 (figure 1 : 3). Depuis la rédaction de sa diagnose (Avon & Courtial 2008,
l’Entomologiste, tome 64, 2008, n°2), nous avons pu extraire la pièce copulatrice et la
vectoriser (figure 33 : 3-4). Elle est composée d’un stylet antérieur très large à la base, peut-
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être fusionné avec l’éventuelle pièce centrale. Il est constitué de deux parties longues et
symétriques en arcs extroversés et unies à la base. L’ensemble est bien chitinisé. Les pièces
latérales antérieures sont constituées de deux palettes symétriques unies à l’apex. Il existe
deux pièces longues et fines qui y sont superposées. Les stylets postérieurs sont hyalins,
entiers et extroversés à l’apex. Deux pièces en forme de parenthèses hyalines et
hyperplasiques englobent l’ensemble antérieur. Comme pour B. bonadonius n. sp., B.
turcatiana Bonadona, 1988 et B. giordani elianei n. ssp., il se pourrait que ces deux pièces
soient les pièces latérales postérieures résiduelles et non des pièces annexes (voir les
vectorisations : figure 33).

Ecologie

Espèce endogée ayant colonisée les vallons humides complantés de chênes pubescents, aux
environs immédiats de Nice, dans le département des Alpes Maritimes. Sous les pierres
enfoncées, en terrain calcaire à argiles rouges.

IV. Groupe : B. champsauri Nov. (Biogéographie : figure 30).

Bathysciola champsauri (Peyerimhoff, 1904).

Localité type : Baume des Pierres, Quinson, AHP (2 ♂ et 2 ♀, in coll. Giordan, leg. Fagniez,
sans date) ; (in coll. Peyerimhoff [ex]).

Espèce très longue et subparallèle (figure 34 : 1). Le pronotum est très large, plus large que
les élytres réunis. Ses bords sont régulièrement arqués avec ses angles postérieurs très peu
retombants et arrondis. Sa base est subrectiligne à légèrement sinuée. Elytres subparallèles
jusque vers le milieu, puis régulièrement arqués jusqu’à l’apex. Jonction apicale directe sans
angles arrondis. Carène mésosternale (figure 34 : 2) un peu particulière, à deux étages. Le
bord postérieur est légèrement crénelé. Le sommet est arrondi. La jonction avec la clavicule
se fait juste avant son angle postérieur. Cette clavicule est petite, de biais et dirigée vers
l’arrière. Elle est peu saillante et sa crête est rectiligne. Organe copulateur large et ogival
(figure 1 : 4). Styles (paramères) avec 1 petite soie introversée et 2 longues soies apicales,
comme les autres Bathysciola hypogées ou alpines. Pièce copulatrice (figure 34 : 3-4) hyaline,
bien représentative du groupe B. champsauri Nov. Stylet antérieur très petit en deux parties
symétriques dirigées de l’extérieur vers l’intérieur aux apex. Une petite excroissance
extroversée est présente à l’apex de chaque partie. Ce stylet antérieur, la pièce centrale et le
stylet postérieur semblent être fusionnés en une pièce unique peu chitinisée. Un flagelle part
de la base du stylet antérieur pour atteindre certainement le cerasum. Ce dernier est assez
imposant et complexe (figure 34 : 3). Deux longues pièces latérales sont présentes. Elles
englobent l’ensemble. Antérieurement massives et plissées, leur largeur se réduit en
descendant vers le cerasum. Elles deviennent filiformes à la jonction avec celui-ci (voir les
vectorisations : figure 34).

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Figure 34. 1. Habitus de Bathysciola champsauri (Peyrimhoff, 1904). 2. carène mésosternale du même. 3.
vectorisation de la pièce copulatrice. 4. vue éclatée. Baume des Pierres, commune de Quinson, département des
Alpes de Haute Provence.

Ecologie

Espèce hypogée localisée dans la Baume des Pierres à Quinson, dans les Alpes de Haute
Provence (figure 4). Elle fait visiblement partie d’un groupe d’espèces ayant suivi la Durance
entre Sisteron et Quinson.

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Bathysciola foveicollis (Peyerimhoff, 1904).

Localité type : Forêt de Verdaches (Peyerimhoff), AHP. Autres localités : Forêt de Berles et
Forêt de Favier, AHP (Peyerimhoff). Doline de Cousson, Dignes, AHP (Sainte-Claire-
Deville). Les Dourbes, Dignes, AHP (4 ♀ in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1953).

Cette espèce est indiquée du Vaucluse (Jeannel, 1911-1927) : « sommet du mont Lubéron
(Ch. Fagniez) ». Cette dernière localité très éloignée de la localité du type ne devrait pas
abriter cette espèce, mais une autre forme que nous n’avons pu encore étudier. La description
originale est donc pour l’instant à conservée.

Ecologie

L’espèce est visiblement répartie aux environs de Dignes, dans les Alpes de Haute Provence,
dans les forêts alpines ou subalpine de résineux.

Bathysciola furca Avon, 1994.

Localité type : Aven Gonnet (=Aven Muriaux [err.]), Noyers-sur-Jabron, Montagne de Lure,
Alpes de Haute Provence (Avon, 1994 : 1 ♂ in coll. MNHN Paris – dépôt du type -). Aven
PAC, Montagne de Lure, Noyers sur Jabron, Alpes de Haute Provence (1 ♂ in coll. Giordan).
Authon, AHP (3 ♂ in coll. Giordan, leg. Bonadona, 1955).

Espèce de taille moyenne, à élytres larges (figure 35 : 1). Styles (paramères) avec 1 petite soie
introversée et 2 longues soies apicales, comme toutes les autres Bathysciola hypogées ou
alpines. Carène mésosternale (figure 35 : 2) moyennement saillante avec son bord antérieur
qui part progressivement assez loin de la clavicule. Il peut être légèrement sinué. Son sommet
est arrondi. Le bord postérieur est convexe à subhorizontal en une crête largement ondulée
(Aven Gonnet), ou régulièrement convexe (Authon). Clavicule large et dirigée vers l’arrière.
Sa crête est légèrement ondulée. Elle est saillante de la moitié de la hauteur de la carène.
L’organe copulateur est large, avec un apex ogival non anguleux à la base (figure 1 : 4). Pièce
copulatrice (figure 35 : 3-4) hyaline, de même type que celle de Bathysciola champsauri
(Peyerimhoff, 1904). Elle est cependant plus complexe. Le stylet antérieur se limite à une
plaque hyaline avec une base en U renversé et légèrement chitinisée. Une pièce en forme de
fourche bifide vers la base et très chitinisée caractérise cette espèce et a donné son derivatio
nominis. Stylet postérieur soudé à l’ensemble central en deux filaments symétriques élargis à
leur extrémité avec deux plaques sclérifiées. Entre ces deux filaments, part un flagelle
rejoignant le cerasum. Ce dernier est large et massif, mais peu chitinisé, sans apophyses bien
définies. De part et d’autre du flagelle, existent deux pièces légèrement sclérifiées et
superposées. Les pièces latérales sont filiformes et plissées. Deux pièces annexes chapeautent
le haut du stylet antérieur. Leur base est légèrement chitinisée ; leur apex est froissé et hyalin
(voir les vectorisations : figure 35).

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Figure 35. 1. Habitus de Bathysciola furca Avon, 1994. Aven Gonnet, Noyers-sur-Jabron, département des
Alpes de Haute Provence. 2. variantes des carènes mésosternales du même, selon les localités. 3. vectorisation de
la pièce copulatrice. 4. vue éclatée.

Ecologie

Espèce endogée ou hypogée. Le type ♂ a été capturé dans l’aven Gonnet (Avon, 1994), sur la
Montagne de Lure, dans les Alpes de Haute Provence, en compagnie de Duvalius muriauxi
Jeannel. Il est déposé au MNHN de Paris mais ne possède plus aujourd’hui d’organe
copulateur. Elle existe également dans quelques cavités environnantes (Aven PAC), mais
surtout à Authon (AHP) où elle atteint le milieu du sol superficiel.

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Bibliographie

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LES COMPES-RENDUS DU

LABORATOIRE D’ENTOMOLOGIE FAUNE HYPOGEE ET ENDOGEE

BIODIVERSITE DES COLEOPTERES EDAPHIQUES

Révision du genre Bathysciola Jeannel, 1910


région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, France
(Coleoptera, Leiodidae, Bathysciinae, Leptodirini)

Sous la Direction de C. Avon

Ecrits et dessins
Christophe Avon & Pascale Courtial

Imprimé à Nice (France)


Déposé à la Bibliothèque Nationale de France (Paris)
Bibliothèque Municipale de Marseille

N° ISSN : 1269-9152

Dépôt légal DLE - en cours – 4ème trimestre 2008

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