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16/9/2015 Turess : Carthage, un patrimoine toujours en danger

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Mohsen Marzouk : Vers la modification de l'intitulé du projet de loi sur la réconciliation économique    Tunisie : Le ministère de l

Carthage, un patrimoine toujours en danger 
Archéologie
Hela HAZGUI Publié dans La Presse de Tunisie le 12 ­ 05 ­ 2012

•  ​
Les  Amis  de  Carthage  lancent  un  appel  :  il  est  urgent  d'activer  la
procédure du Plan de protection et de mise en valeur (PPMV). 

Signaler une annonce inappropriée
«Nous irons de nouveau, cet après­midi, à Bir Fthouha ou plutôt résidence Lire aussi

«La  joie  de  vivre»  sur  les  décombres  de


de  Carthage  (les  terrains  de  12,5  ha  du  parc  archéologique  national, Carthage... 
déclassés, il y a quelques années par le président déchu). Nous apporterons, Archéologie : Classements et déclassements à la Maâlga

avec nous, un bulldozer pour aider la municipalité à démolir les nouveaux Chronique d'un projet saboté 
Parc archéologique national de Carthage­Sidi Bou Saïd
bâtiments  fraîchement  construits»,  affirme  Leïla  Sebaï.  L'archéologue  et
historienne  parle  au  nom d'une récente association baptisée «Les  Amis de « Une enquête juridique s'impose » 
L'avis du juriste, Maître Kehna Abbes
Carthage»,  dont  elle  est  la  présidente.  L'objectif  principal  de  cette
Un siècle d'urbanisation 
association  est  de  tenir  tête  aux  nombreux  dépassements,  en  l'occurrence Carthage : le dossier secret d'un déclassement (II)
immobiliers, qui continuent à souiller le parc archéologique de Carthage.
«Acheter au cœur d'un site historique» 
Les  vestiges  sont  encore  en  danger.  Pourtant,  l'arrêté  ministériel  du  16 Reportage  :  Carthage  :  le  dossier  secret  d'un
déclassement (I)
février  2011,  le  décret­loi  n°11  du  10  mars  2011  et  le  communiqué  du
ministère  de  la  Culture  du  2  mai  2011  ont  été  publiés  pour  mettre  fin  au
Vos amis recommandent
bétonnage  de  cette  zone  en  particulier.  Ils  stipulent  la  suspension  de  la
validité  de  tous  les  permis  de  bâtir  relatifs  aux  terrains  à  caractère
archéologique  et  historique  dans  le  périmètre  du  site  Carthage­Sidi  Bou
Saïd,  inscrit  depuis  1979  sur  la  liste  du  patrimoine  mondial  et  dont  les
frontières ont été communiquées à l'Unesco, en respectant le territoire non­
aedificandi (non constructible), du décret de classement de Carthage publié
le 7 octobre 1985. «Toutes les constructions abusives et non conformes aux
réglementations en vigueur seront démolies, au cas par cas, conformément
aux dispositions réglementaires», annonce le communiqué du ministère de
la Culture. Quant au décret­loi, signé par l'ancien président de la première
période  transitoire,  M.  Foued  Mebazaâ,  il  annule  les  décrets  de
déclassement publiés dans le Journal officiel entre 1992 et 2008. Tous les terrains non bâtis seront donc récupérés. «Les
titres fonciers qui s'y rapportent retournent au domaine public de l'Etat, en préservant les droits des tiers», a­t­on précisé.
«Pourtant, le chantier n'a pas été stoppé», s'indigne Mme Sebaï. Et d'ajouter : «On a entendu parler d'un comité composé
de représentants de six ministères qui étudient, depuis l'année dernière, au cas par cas, ces contrats de vente et d'achat de
terrains situés dans cette zone. Ils ont même discuté des possibilités de pénalisation. Où en sont les résultats des travaux?
Que veut­on faire de Carthage?». Le temps passe et la situation se complique davantage.
Le PPMV est inévitable !
Pour  la  présidente  des  Amis  de  Carthage,  la  solution  est  simple  et  évidente  :  Carthage  a  besoin  d'une  stratégie
d'urbanisation qui tient compte des frontières actuelles du parc archéologique. Les limites fixées par les décrets de 1985
correspondent mal à la situation foncière réelle. Des constructions continuent aujourd'hui à dépasser ces limites... Il n'est
plus  question  d'admettre  cette  anarchie  esthétique,  culturelle  et  historique.  Une  «vision  globale»  et  une  «stratégie»
s'imposent. Il faut d'urgence mettre en place un Plan de protection et de mise en valeur (PPMV). Ce dernier existe. Il a été
lancé  en  1991.  «Pourquoi  est­ce  que  cette  procédure  mettrait  autant  d'années  pour  être  exécutée?»,  se  demande  Leïla
Sebaï.
Revenons à l'histoire pour mieux comprendre le présent. La «saga» de ce projet a été évoquée, il y a une année, dans un

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16/9/2015 Turess : Carthage, un patrimoine toujours en danger

article  signé  Olfa  Belhassine,  paru  dans  La  Presse  du  18  septembre  2011.  Notre  collègue  nous  apprend  que  ce  parc
s'apprêtait à être un espace de promenade, de détente et de culture «Le nouveau Belvédère des Tunisiens»... Le projet a
été le thème, entre 1991 et 1993, de plusieurs Conseils ministériels restreints dirigés par l'ex­président de la République.
«Une commission nationale pour l'aménagement du parc a été créée par décret, prenant part à la conception de ce futur
espace ludique des experts de l'Unesco», écrit Olfa Belhassine. Le Code du patrimoine publié en 1994 apporte au projet sa
forme juridique. A partir de 1996, un bureau d'études a été chargé par l'Institut national du patrimoine (INP), comme le
préconise le Code, d'élaborer un Plan de protection et de mise en valeur (PPMV). Ce Plan a été bouclé en 1999...
«Le directeur de l'INP de l'époque tique pour un mot, pour une virgule. Il n'arrête pas de demander de nouvelles versions
du projet. Le délai de cinq ans est à peine dépassé que le président simule un coup de colère, retire le dossier «Carthage» à
la Culture et le livre aux bulldozers du ministère de l'Equipement». Mme Leïla Sebaï avoue qu'elle était témoin de cette
période qu'elle qualifie de «détresse». Le PPMV a été saboté pour des raisons connues, mais le retard de son application
demeure encore une énigme!
N'a­t­on  pas  promis  qu'il  n'y  aura  plus  de  nouveaux  propriétaires  à  Carthage?  N'a­t­on  pas  également  déclaré  que  les
ministres de la Culture, de l'Equipement et de l'Habitat étaient en train de lancer la procédure d'approbation (PPMV),
conçue  par  l'archéologue  Abelmajid  Ennabli  et  par  l'urbaniste  Jallel  Abdelkéfi?  N'a­t­on  pas  insisté  sur  le  fait  que  la
création du parc national de Carthage ­ Sidi Bou Saïd est le seul moyen de mettre fin aux déclassements et de délimiter,
d'une  manière  quasi  définitive,  les  frontières  du  site?  N'a­t­on  pas  engagé  des  fouilles  pour  interroger  le  terrain,  avant
toute construction?
Dans une interview accordée à La Presse du 5 novembre 2012, l'ancien ministre, Azdine Beshaouch, a bien précisé que «si
les sondages débouchent sur la découverte de pièces archéologiques ne pouvant être déterrées ou déplacées, les parcelles
concernées seront clôturées et déclarées biens publics. Il avait même ajouté que ces terrains seront peut­être transformés
en  petits  musées  aménagés  dans  “Hannibal  :  résidence  de  Carthage”,  pour  rappeler  aux  visiteurs  et  aux  générations
futures cette honte, à jamais gravée dans la mémoire de la Tunisie».
Qu'est­ce qu'on attend alors pour exécuter ce fameux PPMV? 
Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.
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