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Chapitre I Présentation de l'ouvrage et hypothèses de calcul

1- INTRODUCTION GENERALE :

Construire a toujours été l’un des premiers soucis de l'homme et l'une de ses
occupations privilégiées. A ce jour, la construction connaît un grand essor dans la plus part des
pays et très nombreux sont les professionnels qui se livrent à l'activité de bâtir dans le domaine
du bâtiment ou des travaux publics.
Cependant, si le métier de construire peut être considéré parmi les plus anciens exercés
par l'homme, il faut reconnaître qu'il lui a fallu au cours des dernières décades, s'adapter pour
tenir compte de l'évolution des constructions, mais surtout des nouvelles techniques qui
permettent une fiabilité maximale de la structure vis-à-vis des aléas naturels tel que les séismes.
Une structure doit être calculée et conçue de telle manière ce qu’elle reste apte à
l'utilisation pour laquelle elle a été prévue, compte tenu de sa durée de vie envisagée et de son
coût.
 Elle ne doit pas être endommagée par des événements, tels que : l’explosion, les chocs
ou on autre phénomène.
 Elle doit résister à toutes les actions et autres influences susceptibles de s'exercer aussi
bien pendent l'exécution que durant son exploitation et qu'elle ait une durabilité
convenable au regard des coûts d'entretien.
Pour satisfaire les exigences énoncées ci-dessus, on doit choisir convenablement les matériaux,
définir une conception, un dimensionnement et des détails constructifs appropriés et spécifier
les procédures de contrôles adaptées au projet considéré, au stade de la conception, de la
construction et de l’exploitation. Pour ce faire, il faut impérativement respecter les normes et les
règles en vigueur qui sont propres à chaque pays.

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2- PRESENTATION DE L'OUVRAGE :

Le présent projet consiste en l’étude d’un bâtiment à usage d’habitation en (R+8+1S/S).


Il est implante dans la commune de BAB EZZOUAR, Wilaya d’Alger classée par le RPA99 en
zone de forte sismicité (zone III).
La structure de l’ouvrage est mixte en portiques et voiles.

2.1- Caractéristiques de la structure :


Les caractéristiques de la structure sont :
 Longueur totale : 26.80 m.
 Largeur totale : 22.70 m.
 Hauteur totale sans acrotère : 27.54 m.
 Hauteur de l’étage courant : 3.06m.
 L’immeuble comprend une cage d’escaliers et une cage d’ascenseur
permettant la communication entre les différents niveaux et de plus il possède une
terrasse inaccessible.

2.2- Description technique de l’ouvrage :


 Structure principale :
Notre bâtiment est constitué de voiles et de portiques en béton armé.
 Structure secondaire :
 Plancher dalle pleine en béton armé.
 Escalier en béton armé.
 Acrotère en béton armé.
 Maçonnerie : mur de façade en double parois de brique creuses.
 Corps charges :
Cloisons de répartition en briques creuses de 10cm d’épaisseur.
 Le revêtement :
 Marbre pour le sol et les marches d’épaisseur de 2cm.
 Une couche de plâtre de 2cm pour les murs intérieurs et 3cm pour les
plafonds.

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Figure. I.1 : Vue en perspective de la structure.

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Figure. I.2 : Vue en plans de la structure.

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3- LES DIFFERENTS ETATS LIMITES :

Les calculs justificatifs sont conduits suivant « la théorie des états limites » et le « RPA 99 ».

Un état limite est un état dans lequel se retrouve une structure ou un élément de structure
tel que, s'il est dépassé dans le sens défavorable, cette structure ou cet élément ne répond plus
aux fonctions pour lesquelles il est conçu.
On définit deux états limites :

3-1- État limite ultime (E.L.U) :


Les états qui conduisent à la ruine de l’ouvrage soit par :
-perte de l’équilibre statique (basculement).
-perte de stabilité de forme (flambement).
-perte de résistance (rupture).

 Hypothèses de calcul :

Les hypothèses de calcul sont les suivantes :


- Les sections droites restent planes après déformation « hypothèse de NAVIER».
- Il n’y a pas de glissement relatif entre les armatures et le béton.
- Le diagramme contrainte déformation du béton est parabole rectangle (ELU).
- La résistance à la traction du béton est négligeable.

- Les déformations des sections sont limites à ε


bc =3,5‰ en flexion et ε
bc =2‰ en compression
simple.

- L’allongement maximal des aciers est conventionnellement limité à εbc = 10‰.


- On peut supposer concentrer en son centre de gravite la section d’un groupe de plusieurs
barres tendues ou comprimées.
- Règles des trois pivots :
Le dimensionnement à l’état limite est conduit en supposant que le diagramme des
déformations passe par l’un des trois pivots A, B ou C définis ci après :

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Figure. I.3.Diagramme des déformations.

3-2- État limite de service (ELS) :


C’est les états au-delà desquels ne sont plus satisfaites les conditions normales
d’exploitation et de durabilité, ils correspondent à :
- La limite de compression du béton.
- La limite d’ouverture des fissures.
- La déformation admissible des éléments de construction (flèche).

 Hypothèses de calcul :
Les hypothèses de calcul sont les suivantes :
- Les sections droites restent planes, et il n’y a pas de glissement relatif entre les armatures et le
béton.
- Le béton tendu est négligé.
- Le béton et l’acier sont considérés comme de matériaux linéairement élastiques.
- Le rapport des modules d’élasticité longitudinaux de l’acier et de béton est pris égal à 15
(n= Es/Eb). (n : coefficient d’équivalence).
- Le retrait et le fluage de béton sont négligés.

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4- CARACTERISTIQUES MECANIQUES DES MATERIAUX :


4-1- Le béton : Le béton est un matériau de construction composé d’un mélange de
ciment, de granulats et d’eau. Il est défini de point de vu mécanique par sa résistance à la
compression qui varie avec la granulométrie, le dosage et l’âge du béton :
La composition du béton sera établie par un laboratoire en tenant compte des caractéristiques
des matériaux et de leurs prévenances. Dans le cas courant le béton utilisé est dosé à 350kg/m 3
de ciment Portland CEM II
Le dosage courant par 1m3 sera comme suit :
-Granulats (sable0/3, gravier8/15 et 15/25).
- sable 400L.
-gravions 800L.
-Ciment 350kg/m3 (CPA).
-Eau de gâchage 175L.
A titre indicatif pour 1m3 de béton nous avons :
 Granulats naturels :
-Sable : 380×10-6 à 450×10-6 m3 (Ds≤ 5 mm ).
-Gravions : 750×10-6 à 850×10-6 (Dg).
 Ciment : 300 à 400Kg.
 Eau de gâchage : 150 L à 200 L.
La réalité pratique conduit vers le rapport : E/C=0.5

a- Résistance caractéristique à la compression :


Pour les conditions courantes de fabrication, le béton est défini du point de vu
mécanique par sa résistance à la compression, à l’âge de 28jours de durcissement, à 95% par
des essais sur des éprouvettes normalisées notées fc28 dans ce calcul.
Elle sera prise à fc28 =25MPa (Art A.2.1.13 BAEL91.)
La résistance du béton à la compression avant 28 jours est (Art A2.1.11 BAEL91) :
 j
 j  28 jours  f cj  4,75  0,83 j  f c 28 pour f c 28  40 MPa

 j
 j  28 jours  f cj   f c 28 pour f c 28  40 MPa
 1, 4  0 .95 j
 j  28 jours  f cj  f c 28  25 MPa


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b- Résistance caractéristique à la traction :
La résistance caractéristique du béton à la traction à j jours notée ftj est conventionnellement
définie par la relation suivante :
ftj = 0,6 + 0,06fcj si fc28 ≤ 60MPa.
ftj = 0,275(fcj) 2/3 si fc28 > 60MPa.
t =28 jours, ft28=2.1 MPa (Art. A.2.1.12 BAEL91).

c- Contraintes limites de compression :


- La contrainte admissible de compression à l’état limite ultime (ELU) est donnée
Par :
0,85  f c 28
f bu 
  b
Avec :
 : dépend de la durée d’application de la charge.

1 lorsque la durée pro bable d'application  24 heures.



  0,9 lorsque 1 heure  la durée probable d'application  24 heures.
0,85 lorsque la durée probable d'application  1 heure.

 b : Coefficient de sécurité, pour tenir compte d’éventuels défauts localisés dans la masse du

béton qui entraîne la diminution de la résistance.


1,5 en situation durable ou transitoire (SDT)
b  
1,15 en situation accidentelle (SA)

 fbu  14.17 MPa en SDT


-Pour f28 = 25 MPa 
 fbu  18.48 MPa en SA

- La contrainte admissible de compression à l’état limite de service (ELS) est donnée par :
 bc= 0.6 fc28

Pour fc28 = 25 MPa   bc = 15 MPa. (Art. A4.3.41 BAEL91).


* Diagramme contrainte-déformation : (Art. A-4-3-41 BAEL 91) :
Le diagramme déformation  bc , contrainte  bc du béton pouvant être utilisé dans tous les cas et
le diagramme de calcul dit « parabole rectangle » en compression avec flexion, les

déformations relatives du béton son limitées à 3.5 0 00 .

ELU :

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Le raccourcissement maximal du béton est limité à 3.5 0 00

On a un diagramme parabole-rectangle.
 bc

fbu

 bc

2 0 00 3.5 0 00

Figure. I.4. Diagramme contraintes déformation du béton à l’ELU.

ELS :
 bc

0.6 fc 28

 bc

 bc

Figure. I.5. Diagramme contraintes déformation du béton à l’ELS.

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* 0 0 00   bc  2 0 00 Compression pure. Avec :  bc raccourcissement du béton

* 2 0 00   bc  3.5 0 00 Compression avec flexion.

*En compression pure, les déformations relatives du béton sont limitées à 2 0 00 .

*En compression avec flexion, les déformations relatives du béton sont limitées à

3.5 0 00

d- Module de déformation longitudinale du béton (BAEL 91, Art. A-2-2-2) :


Le module de déformation « Eij » à l’âge de « j » jour est en fonction de la durée
d’application des charges. (Art. A.2.1.21 BAEL91)
On distingue :
- Module de déformation longitudinale instantanée, sous charges de courte durée
(< 24 heures).

Eij  11000  3 f c 28 Eij  32164.20 MPa



- Module de déformation différée, sous charges d’une longue durée :
E ij
E vj  3700  3 f c 28  Eij  10818.87 MPa
3 

e- Module de déformation transversale du béton :


La valeur du module de déformation transversale est donnée par :

E
G
2 1   

 : Coefficient de Poisson donné par l’article (A.2.1.3 du BAEL 91).


=0 (L’ELU) Pour le calcul des déformations en considérant le béton non fissuré.
 = 0.2 (L’ELS) Pour le calcul des déformations en considérant le béton fissuré.

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f- Contrainte limite de cisaillement (Art. A-5-2-11 BAEL 91) :
f c 28
- Fissuration peu nuisible  u  min(0.2 ; 5MPa)
b
Pour fc28 = 25 MPA  SDT  u  3.33MPa
SA  u  4.35MPa
- Fissuration préjudiciable ou très préjudiciable FP ou FTP :

f c 28
 u  min(0.15 ; 4MPa )
b

Pour fc28 = 25 MPa  SDT  u  2.50MPa


SA  u  3.26MPa

 Fluage de béton :
Sous chargement constant, la déformation de béton augmente continuellement avec le temps,
Les déformations du fluage sont loin d’être négligeables puisqu’elles peuvent représenter
trois fois les déformations instantanées, EV=E =3Ei

 Phénomène de retrait :
Après coulage, une pièce de béton conservée à l’air tend à se raccourcir.
L’évaporation de l’eau non liée avec le ciment peut entrainer des déformations de
l’ordre de 1.5×10-4 à 5×10-4
*La principale conséquence du retrait est l’apparition de contraintes internes de traction.
*Pour se protéger des désordres liés au retrait, on adoptera les dispositifs constructifs
suivants :
- Utiliser des bétons à faible chaleur d’hydratation.
- Maintenir les parements en ambiance humide après coulage.
- Éviter de raccorder des pièces de tailles très différentes.
- Utiliser les adjuvants limitant les effets du retrait.

4-2- L’ACIERS : Les armatures d’un béton armé sont des aciers qui se distinguent par
leurs nuances et leurs états de surface ainsi l’acier est un alliage Fer-Carbonne en faible
pourcentage, sont rôle est d’absorber les efforts de traction, de cisaillement et de torsion.
L’acier résiste bien à la traction et à la compression, de plus il ne réagit pas

Chimiquement avec le béton.


Les barres d’acier mises en œuvre sont le plus souvent torsadées. Elles sont dites à haute
adhérence notées H.A.

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Les armatures du béton permettent une grande économie de béton mais nécessitent des
précautions particulières de mise en œuvre.
Il est ainsi indispensable que l’acier soit correctement enrobé de béton et ne soit pas au
contact avec le milieu extérieur. Si l’acier vient à rouiller, au contact de l’air humide ou de
l’eau, sa section utile diminue et la résistance de la structure est réduite. Au contraire, la rouille,
en gonflant, peut faire éclater le béton et conduire à la ruine de la pièce.

a- Module d’élasticité longitudinale :


Le module d’élasticité longitudinale de l’acier pris est égal à :
E s  2  10 5 MPa (Art A2.2.3BAEL91).

b- Les contraintes limites :


 État limite ultime "ELU" (Art A.2.2.1BAEL91) :
Pour le calcul on utilise le diagramme contrainte-déformation (Art. A.4.3.2BAEL91) :

 S (MPa)

fe Allongement
s
10 000   es
 es 10 0 00
fe

s
Raccourcissement

Figure. I.6 : Diagramme contrainte déformation de l’acier.

Avec :
 S : Contrainte de l'acier.
s : Coefficient de sécurité de l'acier, il a pour valeur :

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SDT   s  1,15   s10  347,83 MPa SA   s  1   s10  400MPa
L
 S : Allongement relatif de l'acier :  S 
L

 État limite de service "E.L.S" (Art A.4.3.2BAEL91) :


Il est nécessaire de limiter l’ouverture des fissures (risque de corrosion). Et d’après les règles
BAEL 91, la contrainte limite varie selon le type de fissuration
On distingue trois cas de fissurations :
fe
 Fissuration peu nuisible (FPN) :  S   S  s (Art A.4.5.32BAEL91)
-Cas des éléments situés dans les locaux ouverts ou fermés (pas de gaz ni de produits
chimiques). Dans ce cas il n’ ya pas de vérifications à effectuer.
*Pour limiter la fissuration, il convient dans la mesure du possible d’utiliser de gros
diamètres dans de grandes sections.
*D’éviter de très petits diamètres dans les pièces exposées aux intempéries.
*De prévoir le plus grand nombre de barres compatibles avec une mis en place correcte
du béton.
2
 Fissuration préjudiciable :  S  min( fe;110  . ft 28 )  201.63 MPa
3
(Art A.4.5.33BAEL91)
-cas des éléments exposés aux intempéries, risque d’infiltration.
1
 Fissuration très préjudiciable :  S  min( fe;90  . ft 28 )  164.97 MPa
2
(Art A.4.5.33BAEL91)
-cas des éléments exposés à un milieu agressif et qui doivent assurer une étanchéité.
Avec  : coefficient de fissuration tel que :
 =1 pour des ronds lisses.
 =1.6 pour des aciers H.A.

c- Protection des armatures (Art A.7.1BAEL91) :

Dans le but d’avoir un bétonnage correct et prémunir les armatures des effets
d’intempéries et d’agents agressifs, on doit veiller à ce que l’enrobage (c) des armatures soit
conforme aux prescriptions suivantes :

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 5cm : pour les ouvrages exposés à la mer ou exposés aux embruns ou aux brouillards
salins, ainsi que pour les ouvrages exposés à des atmosphères agressives.
 3cm : pour les parois coffrées ou non qui sont soumises(ou susceptible de l’être) à des
actions agressives, à des intempéries, aux des condensations, au contact d’un liquide
(réservoirs, tuyaux…).
 1cm : pour les parois qui seront situées dans les locaux couverts et clos et qui seront non
exposées aux condensations.
-Lorsque le béton présente une résistance caractéristique supérieure à 40MPa, l’enrobage des
armatures doit être strictement assuré à l’exécution.

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