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Analyse asymptotique

1 Relations de comparaison
1.1 Le cas des suites
1.1.1 Définitions et notations
Les suites numériques considérées sont à valeurs réelles ou complexes et ne s’annulent plus à partir d’un certain rang

Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites numériques.

• Domination  
un
On dit que (un )n∈N est dominée par (vn )n∈N et on note un = O(vn ) lorsque la suite est bornée.
vn n∈N

• Négligeabilité
un
On dit que (un )n∈N est négligeable par rapport à (vn )n∈N et on note un = o(vn ) lorsque −→ 0.
vn n→+∞
• Équivalence
un
On dit que (un )n∈N est équivalente à (vn )n∈N et on note un ∼ vn lorsque −→ 1.
vn n→+∞

1.1.2 Exemples fondamentaux

Exercice 1
1. Classer les suites dont le terme général est donné ci-dessous par ordre de négligeabilité :
n, nα , nβ (α 6= β), q n , ln(n).
2. Comparer aussi n! et an , n! et nn .

Exercice 2
1. Montrer que la notation un = o(1) signifie un −→ 0.
n→+∞
2. À quoi la notation un = O(1) équivaut-elle?
3. Que peut-on (et doit-on) dire d’une suite bornée par rapport à une suite de limite ∞?

1.1.3 Liens entre ces relations


Quelques propriétés. (un )n∈N , (vn )n∈N et (wn )n∈N sont des suites numériques.
 
un un
• un = o(vn ) ⇒ un = O(vn ) car −→ 0 ⇒ est bornée.
vn n→+∞ vn n∈N
• un ∼ vn ⇒ un = O(vn ). Même argument que précédemment avec le quotient qui tend vers 1.

• Très importante :

un ∼ vn ⇔ un − vn = o(vn ) ⇔ un = vn + o(vn )

un un − vn
En effet −→ 1 ⇔ −→ 0.
vn n→+∞ vn n→+∞
ATTENTION On veillera à ne pas mélanger les deux notations : un = vn + o(vn ) et un ∼ vn .
ON N’ÉCRIRA JAMAIS : un ∼ vn + o(vn ).
un un vn
• Si un = O(vn ) et vn = O(wn ) alors un = O(wn ) car = × et un produit de suites bornées est une
wn vn wn
suite bornée.

1
• Si un = o(vn ) et vn = O(wn ) ou vice-versa, alors un = o(wn ). Car le produit d’une suite de limite nulle par
une suite bornée est une suite de limite nulle.
• L’équivalence est une... relation d’équivalence : quelles que soient les suites (un )n∈N , (vn )n∈N , (wn )n∈N
un ∼ un
(un ∼ vn et vn ∼ wn ) ⇒ un ∼ wn
un ∼ vn ⇒ vn ∼ un
Exercice 3
Le démontrer.

• Négligeabilité, domination et produit


un wn un
Si un = o(vn ) alors un wn = o(vn wn ) car = . On a la même propriété avec la domination et
v n wn vn
l’équivalence.

1.1.4 Négligeabilité, domination et combinaisons linéaires


On se donne autant de suites que nécessaire.
• Si un = o(wn ) et vn = o(wn ) alors ∀λ,µ ∈ R ou C, λun + µvn = o(wn ) car
λun + µvn un vn
=λ +µ −→ λ × 0 + µ × 0 = 0.
wn wn wn n→+∞
• on a la même propriété avec des O.

1.1.5 Opérations sur les équivalents


Les propriétés de l’équivalence des suites sont essentiellement multiplicatives.
On se donne (un )n∈N , (vn )n∈N , (u0n )n∈N , (vn0 )n∈N des suites.
Exercice 4
• Si un ∼ vn et u0n ∼ vn0 alors un u0n ∼ vn vn0
un vn
• Sous les mêmes hypothèses : 0 ∼ 0 .
un vn
• On verra plus loin que si un > 0 à partir d’un certain rang, il en est de même de vn .
On suppose donc que un > 0 à partir d’un certain rang. Montrer que, pour tout α > 0, uαn ∼ vnα .
√ √
En particulier un ∼ vn .

Exercice 5

1. On pose un = −n + n, vn = −n, u0n = n, vn0 = n + 1.
Vérifier que un ∼ vn , u0n ∼ vn0 mais que un + u0n 6∼ vn + vn0 .
On voit sur cet exemple que l’équivalence se marie mal avec l’addition.
Cependant, dans certains cas, on a des propriétés intéressantes. La suivante est à savoir re-démontrer :
2. Si un ∼ vn alors un + vn ∼ 2vn .

1.1.6 Propriétés conservées par équivalence


On se donne deux suites équivalentes (un )n∈N et (vn )n∈N .
1. Le signe
On suppose que les suites sont à valeurs réelles.
À partir d’un certain rang, un et vn sont de même signe. En particulier, si un > 0, il en est de même de vn .
un un
En effet, comme −→ 1, il y a un rang à partir duquel > 0.
vn n→+∞ vn
2. Limite
(un )n∈N converge si et seulement si (vn )n∈N converge et elles ont la même limite.
Cette propriété s’étend au cas des suites réelles de limite infinie.

La démonstration est immédiate.

2
3. En appliquant la propriété précédente à une suite constante non nulle, on a la propriété suivante :
Soit ` 6= 0. un ∼ ` ⇔ un −→ `.
n→∞

Cette propriété est très utile pour établir la convergence et trouver la limite d’une suite.

1.2 Cas des fonctions


On se donne un intervalle non trivial, a un élément de I ou une extrémité, finie ou non, de I et deux applications
f et g de I dans R ou C.
Les fonctions considérées ne s’annulent pas au voisinage de a sauf, éventuellement, en a de sorte que les quotients
de telles fonctions sont définis au voisinage de a sauf en a.

1.2.1 Définitions et notations


• Domination
On dit que f est dominée par g au voisinage de a et on écrit f (x) = O(g(x)) ou f (x) = O (g(x)) ou en
a x→a
encore f (x) = O(g(x)) lorsque f /g est bornée au voisinage de a.
a
• Négligeabilité
On dit que f est négligeable par rapport à g au voisinage de a et on note f (x) = o(g(x)) ou f (x) = o (g(x))
a x→a
f (x)
ou encore f (x) = o(g(x)) lorsque −→ 0.
a g(x) x→a
• Équivalence
On dit que f est équivalente à g au voisinage de a et on note f (x) ∼ g(x) ou f (x) ∼ g(x) ou encore
a x→a
f (x)
f (x) ∼ g(x) lorsque −→ 1.
a g(x) x→a

1.2.2 Les exemples fondamentaux

Exercice 6
1. À quelle condition sur α et β a-t-on xα = o(xβ )?
0
2. À quelle condition sur α et β a-t-on xα = o(xβ )?
+∞

Exercice 7
1. Classer les fonctions suivantes en termes de négligeabilité quand x tend vers +∞.
ln , exp , x 7→ xα .
2. Pour quelles valeurs de α, la comparaison entre ln et x 7→ xα est-elle plus particulièrement remarquable?
3. Même question avec x 7→ xα et exp.

Exercice 8
Donner un équivalent simple de sin(x), tan(x), ex − 1 et de x 7→ 1 − cos(x) quand x tend vers 0.

1.2.3 Liens entre ces relations


Ce sont rigoureusement les mêmes que pour les suites.

1.2.4 Opérations sur les équivalents


Même chose.

1.2.5 Propriétés conservées par équivalence


Même chose.

3
2 Développements limités
2.1 Notion de développement limité à l’ordre n en un point
On a vu la notion de développement limité à l’ordre 1. On étend cette notion à un ordre quelconque.
K désigne R ou C.

2.1.1 Définition
On se donne un intervalle I, un réel a appartenant à I ou qui est une extrémité de I (le cas infini est donc exclu).
Soit f : I → K et n ∈ N∗ . On dit que f admet un développement limité à l’ordre n lorsqu’il existe des éléments
a0 , . . . ,an ∈ K et une application ε définie au voisinage de 0 et de limite nulle en ce point tels que
∀x ∈ I, f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + a2 (x − x0 )2 + · · · + an (x − x0 )n + (x − x0 )n ε(x − x0 ).
On peut adopter plusieurs écritures :

∀x ∈ I, f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + a2 (x − x0 )2 + · · · + an (x − x0 )n + (x − x0 )n ε(x − x0 ) avec lim ε = 0


0

∀x ∈ I, f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + a2 (x − x0 )2 + · · · + an (x − x0 )n + o((x − x0 )n )
f (x0 + h) = a0 + a1 h + a2 h2 + · · · + an hn + o(hn )
Cette définition s’étend naturellement au cas d’une fonction définie sur I\{a}.
Lorsque f admet un développement limité à l’ordre n en a, elle est prolongeable par continuité en a.

2.1.2 Unicité, troncature


Proposition : Si f admet un développement limité à l’ordre n en x0 , celui-ci est unique.

Démonstration :
f (x) − a0 f (x) − a0 − a1 (x − x0 )
On a a0 = lim f d’où l’unicité de a0 , puis a1 = lim d’où celle de a1 , puis a2 = lim
x0 x→x0 x − x0 x→x0 (x − x0 )2
d’où celle de a2 et ainsi de suite. C.Q.F.D.
Proposition :
Si f admet un DLn en x0 donné par f (x0 + h) = a0 + a1 h + · · · + an hn + o(hn ) alors, pour tout m < n, f admet
un DLm en x0 donné par f (x0 + h) = a0 + a1 h + · · · + am hm + o(hm ).
Démonstration :
il suffit d’observer que, pour tout k de m + 1 à n, hk = o(hm ) et si g(h) = o (xm ) alors g(x) = o(xm ) car
x→0
g(x) g(x) g(x)
m
= xn−m n avec n −→ 0 et xn−m −→ 0.
x x x x→0 x→0

2.1.3 Forme normalisée


Soit f une application admettant un DLn : f (x0 + h) = a0 + a1 h + · · · + an hn + o(hn ).
Soit p le plus petit indice k tel que ak 6= 0. Alors, on peut écrire f (x0 + h) = hp (α0 + α1 h + · · · + αq hq + o(hq ))
avec ∀k de 1 à q, αk = ap+k et p + q = n.
Cette écriture est clairement unique. On l’appelle l’écriture normalisée du développement limité.

Avec cette notation, on a f (x0 + h) ∼ α0 hp .


Lorsque f est à valeurs réelles, son signe au voisinage de x0 est défini par cet équivalent ; il dépend donc de la
parité de p et du signe de α0 .

1
2.1.4 Un exemple qui se révèlera utile plus tard : Le DL1 de en 0
1−x
1
Pour tout entier n > 1, = 1 + x + x2 + · · · + xn + o(xn ).
1−x
n
1 X 1 1 − xn+1 xn+1
En effet : − xk = − = = o(xn ). C.Q.F.D.
1−x 1−x 1−x 1−x
k=0

4
2.2 Opérations
2.2.1 Combinaisons linéaires
Soient f : I → K, g : I → K deux applications admettant en x0 des développements limités d’ordre m et n
respectivement.
On pose f (x0 + h) = a0 + a1 h + · · · + am hm + o(hm ) et g(x) = b0 + b1 h + · · · + bn hn + o(hn ).
Alors, pour λ, µ ∈ K, en posant p = min{m,n}, λf + µg admet un DLp donné par :
λf (x0 + h) + µg(x0 + h) = (λa0 + µb0 ) + (λa1 + µb1 )h + · · · + (λap + µbp )hp + o(hp ).
Démonstration :
On tronque à l’ordre p et on observe que si ϕ(h) = o(hp ) et ψ(h) = o(hp ) alors λϕ(h) + µψ(h) = o(hp ).

2.2.2 Produits
Pour calculer simplement le produit de deux développements limités, on utilise leur écriture normalisée.
On se donne f et g de I dans K admettant chacune un développement donné sous forme normalisée par :
f (x0 + h) = hq (α0 + α1 h + · · · + αm hm + o(hm )) et g(x0 + h) = hr (β0 + β1 h + · · · + βn hm + o(hn )).
X Xk X k
On pose p = min{m,n} et, pour tout k de 0 à p soit ck = αi βj = αi βk−i = αk−j βj .
i+j=k i=0 j=0
Alors on a f (x0 + h)g(x0 + h) = hq+r (c0 + c2 h + · · · + cp hp + o(hp )).
Démonstration : On tronque à l’ordre p et on développe (α0 +α1 h+· · ·+αp hp +o(hp ))(β0 +β1 h+· · ·+βp hp +o(hp )).
p
X
Il y a les termes αi βj hi+j avec i + j 6 p qu’on regroupe pour obtenir ck hk .
k=0
Il y a les termes αi hi × o(hp ), 0 6 i 6 p et les o(hp ) × βj hj ; ces termes sont tous des o(hp ).
Il y a enfin le (hp ) × o(hp ) ; c’est aussi un o(hp ).
On peut donc écrire :
Xp
p p p p
(α0 + α1 h + · · · + αp h + o(h ))(β0 + β1 h + · · · + βp h + o(h )) = ci hi + o(hp ) d’où l’écriture annoncée.
i=0

2.2.3 Quotient
On garde les notations du paragraphe précédent avec q > r.
f (x0 + h) α0 + α1 h + · · · + αp hp + o(hp )
On a alors = hq−r .
g(x0 + h) β0 + β1 h + · · · + βp hp + o(hp )
α0 + α1 h + · · · + αp hp + o(hp )
Montrons qu’il existe γ0 , . . . ,γp réels tels que = γ0 + · · · + γp hp + o(hp ).
β0 + β1 h + · · · + βp hp + o(hp )
Cette égalité équivaut à (β0 + · · · + βp hp + o(hp ))(γ0 + · · · + γp hp + o(hp )) = α0 + · · · + αp hp + o(hp ).
Xk
D’après le calcul fait sur les produits, cela donne les équations βk−j γj = αk .
j=0
Un tel système est triangulaire et il y a un unique pivot : β0 6= 0 d’où l’existence et l’unicité.
1
Pratiquement, on trouve un DLp de et écrivant :
β0 + β1 h + · · · + βp hp + o(hp )
1 1 1
p p
= × ) puis en utilisant le développe-
β0 + β1 h + · · · + βp h + o(h ) β0 1 − (−β1 /β0 h − β2 /β0 h + · · · − βp /β0 hp + o(hp )
2
1
ment de obtenu plus haut.
1−x
Exercice 9
x2 x3
On donne le DL3 de ln en 1 : ln(1 + x) = x − + + o(x3 ).
2 3
x
Utiliser la méthode précédente pour donner un DL2 de x 7→
ln(1 + x)

5
2.2.4 Fonctions composées
On se donne une application f : I → R admettant un développement limité en x0 donné par
f (x0 + h) = a0 + a1 h + · · · + ap hp + o(hp ).
On se donne une autre application d’un intervalle J dans K admettant en a0 un développement limité d’ordre q
de la forme g(a0 + H) = b0 + b1 H + · · · + bq H q + o(H q ).
On obtient un développement de g ◦ f en!écrivant :
X p
g ◦ f (x0 + h) = g a0 + ak hk + o(hp )
k=1 !q !q !
p p p
!
X X X
= b0 + b1 ak hk + o(hp ) + · · · + bq ak hk + o(hp ) + o ak hk + o(hp )
k=1 k=1 k=1
On développe en ne gardant que les termes de degré inférieur ou égal à p.
On veillera à toujours développer suivant les puissances d’une grandeur qui tend vers zéro.

2.3 Formules de Taylor


2.3.1 Intégration des développements limités
À partir de la règle de L’Hospital, on établit la propriété suivante :
Soit f : I → R dérivable sur I, a ∈ I et n ∈ N tels que f (a) = 0 et f 0 (x) = o((x − a)n−1 ).
x→a
Alors f (x) = o ((x − a)n ).
x→a
On en déduit le théorème suivant :

Théorème d’intégration des développements limités


Soit f : I → R dérivable et telle que f 0 admette en x0 ∈ I un développement limité à l’ordre n − 1 donné par :

f 0 (x0 + h) = a0 + a1 h + · · · + an−1 hn−1 + o(hn−1 )

Alors f admet un développement limité à l’ordre n obtenu en intégrant terme à terme celui de f 0 :

h2 hn
f (x0 + h) = f (x0 ) + a0 h + a1 + · · · + an−1 + o(hn )
2 n
Démonstration :
n−1
(x − x0 )k
X
Il suffit d’appliquer le résultat précédent à x 7→ f (x) − f (0) − ak
k
k=0
ATTENTION Le résultat précédent ne peut être utilisé pour dériver un développement.
Exercice 10
Dans cet exercice, on étudie le cas d’une fonction dérivable, admettant un développement à l’ordre n mais dont
la dérivée n’admet aucun développement limité.
Soit f : R → R définie par f (0) = 0 et ∀x 6= 0, f (x) = exp(−1/|x|) cos(exp(1/|x|)).
1. Quelle est la parité de f ? On étudie dorénavant f sur R+ .
2. Montrer qu’au voisinage de 0, f (x) = o(xn ).
e−1/x
Indication : trouver lim .
x→0+ xn
3. En déduire que f admet un développement limité à tout ordre et écrire ce développement.
4. Montrer que f est dérivable en 0.
5. Montrer que f est dérivable sur R∗ et calculer f 0 (x) pour tout x 6= 0.
6. Montrer que f 0 n’a pas de limite en 0 et conclure.

6
Exercice 11
1. Rappeler le développement limité à l’ordre 1 de la fonction tangente en 0.
2. En utilisant l’expression de tan0 (x) en fonction de tan x, donner un DL2 de tan0 (x).
3. En utilisant le théorème ci-dessus, donner un DL3 de tangente en 0.
Ce développement est à connaı̂tre en tant que résultat de cours.
4. À partir du développement précédent, refaire un travail analogue pour trouver un DL5 de tan en 0.

2.3.2 Formule de Taylor-Young


Théorème
Soit I un intervalle et f : I → K une application de classe C n+1 . Alors, pour tout a ∈ I, f admet un développement
limité à l’ordre n et celui-ci est donné par la formule de Taylor-Young

h2 00 hn (n)
f (a + h) = f (a) + hf 0 (a) + f (a) + · · · + f (a) + o(hn )
2! n!
c’est-à-dire
n
X hk
f (a + h) = f (k) (a) + o(hn )
k!
k=0
ou encore :

(x − a)2 00 (x − a)n (n)


f (x) = f (a) + (x − a)f 0 (a) + f (a) + · · · + f + o((x − a)n )
2! n!
c’est-à-dire
n
X (x − a)n
f (x) = f (k) (a) + o((x − a)n )
n!
k=0

Démonstration : Elle sera donnée dans le cours sur le calcul intégral.

Exercice 12
Soit f : I → K, n ∈ N∗ et a ∈ I. On suppose que f admet en a une dérivée n-ème.

1. Montrer que f admet des dérivées jusqu’à l’ordre n − 1 au voisinage de a.


2. On suppose n = 1. Justifier que f admet un DL1 en a et donner celui-ci.
3. Soit n > 2. On suppose que, pour toute fonction admettant en a une dérivée d’ordre n − 1, cette fonction
possède un développement limité à l’ordre n−1 en a et que celui-ci est donné par la formule de Taylor-Young.
Soit alors f admettant une dérivée n-ème en a.
(a) Justifier que f 0 admet un développement limité à l’ordre n − 1 en a et écrire ce développement.
(b) En utilisant le théorème d’intégration des DL, montrer que f admet un DLn en a et écrire celui-ci.
(c) Conclure.

2.3.3 Les développements limités usuels

Exercice 13
1. Le plus facile : exp. Calculer tous les exp(k) (0) et en déduire le développement limité à tout ordre de exp.
2. Pour λ ∈ C on pose f : x 7→ eλx .
(a) Calculer les f (k) (0) pour tout entier k.
(b) Écrire le DLn de f en 0.
(c) On prend λ = i. Écrire le développement limité de x 7→ eix à l’ordre 2n + 1.
(d) En séparant la partie réelle de la partie imaginaire, déduire de ce qui précède le DL2n de cos en 0 et le
DL2n+1 de sin en 0.

7
3. On retrouve les DL de cos et sin de façon plus conventionnelle.
(a) Vérifier que toutes les dérivées d’ordre impair de cos s’annulent en 0.
Pour tout p ∈ N, que vaut cos(2p) puis cos(2p) (0)?
Écrire alors le DL2n de cos en 0.
(b) Vérifier que toutes les dérivées d’ordre pair de sin s’annulent en 0.
Pour tout entier naturel p, que vaut sin(2p+1) puis sin(2p+1) (0)?
Écrire alors le DL2n+1 de sin en 0.
1
4. (a) Rappeler le DLn de en 0.
1−x
1
(b) Écrire le DLn−1 de en 0.
1+x
(c) En déduire le DLn de ln(1 + x) en 0 (ou de ln en 1, ce qui revient au même).
(d) Trouver aussi le DLn de − ln(1 − x).
Deux méthodes possible : remplacer x par −x dans le DL de ln(1 + x) ou dériver − ln(1 − x).
/ N et fα : R∗+ → R∗+ définie par ∀x > 0, fα (x) = xα .
5. Soit α ∈
(a) Trouver l’expression de la dérivée k-ème de fα . Que vaut alors cette dérivée en 1?
(b) Écrire le DLn de fα en 1.
(k)
(c) Pour α = −1, écrire fα (x) au moyen d’une factorielle, d’une puissance de −1 et d’une puissance de x.
(d) Retrouver alors le DLn de 1/x en 1.
6. (a) Rappeler le DL5 de tan obtenu dans l’exercice 10
1
(b) En utilisant le DLn de , donner le DL2n de arctan0 puis le DL2n+1 de arctan en 0.
1+x

2.4 Application des développements limités


2.4.1 Calculs d’équivalents et de limites
Quelques exemples valent mieux que de longs discours.
Exercice 14
Déterminer les limites suivantes :

(
1 1 1 1 1 si x=0
a) lim − b) lim − 2 c) f 0 (0) pour f : x 7→ sin x
x→0 sin x x x→0 sin2 x x si x 6= 0
x
√ √
ex − 1 (1 + x)1/x − e
 
1 1+x− 1−x−x
d) lim ln e) lim f) lim
x→0 x x x→0 ln(1 + x) − x x→0 x

2.4.2 Dérivabilité d’un prolongement par continuité


L’utilisation du théorème “Limite de la dérivée” permet d’obtenir la dérivabilité en un point où l’on a prolongé
une fonction.
Exercice 15 (
1 si x=0
Retrouver la dérivée en 0 de f : x 7→ sin x en calculant sa dérivée sur R∗ puis en prenant la
si x 6= 0
x
limite en 0 cette expression.

Exercice 16
x
Soit f définie sur R par f (0) = ` et ∀x 6= 0, f (x) = .
ex −1
1. Quelle valeur faut-il donner à ` pour que f soit continue?

8
2. Justifier que f est dérivable sur R∗ et calculer f 0 (x) pour tout x 6= 0.
3. Trouver lim f 0 (x).
x→0
4. Qu’en conclut-on pour f ?

2.4.3 Position relative de la courbe et de la tangente


Si f admet un développement d’ordre n > 1 en x0 donné par : f (x0 + h) = a0 + a1 h + · · · + an hn + o(hn ), posons
p = min{k > 1, ak 6= 0}.
On peut alors écrire le DLp de f en x0 sous la forme : f (x) = f (x0 ) + (x − x0 )f 0 (x0 ) + (x − x0 )p [ap + ε(x − x0 )]
avec lim ε = 0.
0
La tangente à la courbe de f au point d’abscisse x0 a pour équation y = f (x0 ) + (x − x0 )f 0 (x0 ) de sorte que
f (x) − f (x0 ) − (x − x0 )f 0 (x0 ) = (x − x0 )p [ap + ε(x − x0 )] représente l’écart entre la courbe et la tangente au
voisinage de ce point.
Comme ap 6= 0, ap + ε(x − x0 ) est du signe de ap au voisinage de x0 . Donc la position de la courbe par rapport à
sa tangente est donnée par le signe de ap (x − x0 )p .
Lorsque p est pair, la courbe reste d’un seul côté de la tangente et lorsque p est impair, elle coupe sa tangente.
On parle alors de point d’inflexion.

2.4.4 Étude d’extrema


On a vu qu’il ne suffit que f 0 s’annule pour que la fonction ait un extremum en un point intérieur à l’intervalle.
En considérant un développement plus poussé, on peut préciser les choses.
Si f (x) = f (x0 ) + ap (x − x0 )p + o((x − x0 )p ) = f (x0 ) + (x − x0 )p (ap + ε(x − x0 )) avec ap 6= 0 et lim ε = 0.
0
Exercice 17
Déterminer le comportement de la fonction en x0 en fonction de la parité de p et le signe de ap .

2.5 Détermination d’asymptotes


2.5.1 Étude systématique
On a étudié en terminale le cas des asymptotes verticales et horizontales. Nous envisageons maintenant les branches
infinies quand x tend vers ±∞.
On s’intéresse au cas où lim f = ±∞.
±∞

∗ Dans un premier temps, on étudie le comportement de f (x)/x.


f (x)
• Lorsque −→ 0, le point s’éloigne horizontalement beaucoup plus rapidement qu’il monte ou
x x→+∞
descend.
On parle de branche parabolique horizontale.
Exercice 18
Représenter cette situation.

f (x)
• Lorsque −→ ±∞, c’est le contraire. On parle alors de branche parabolique verticale.
x x→±∞
Exercice 19
Représenter cette situation.

f (x)
• Examinons le cas intermédiaire : −→ a 6= 0.
x x→±∞
Cela équivaut à f (x) ∼ ax.
x→±∞
On dit alors que la courbe admet une direction asymptotique de pente a.

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∗ Dans un deuxième temps, nous précisons le cas précédent.
On considère donc le cas où la courbe admet une direction asymptotique de pente a 6= 0.
On étudie alors f (x) − ax.
• Si f (x) − ax −→ b ∈ R, alors la courbe admet une asymptote oblique d’équation y = ax + b.
x→±∞
• Si f (x) − ax −→ ±∞, on dit que la courbe représentative de f admet une branche parabolique
x→±∞
oblique de pente a.

2.5.2 Pratiquement
On peut utiliser des développements limités pour exprimer f (x), au voisinage de l’infini, sous une forme
f (x) = ax + o(x) avec a 6= 0 ou plus précisément f (x) = ax + b + o(1).
Dans le premier cas, on peut conclure à une branche infinie de direction asymptotique de pente a. Dans le second
cas, on a une asymptote oblique d’équation y = ax + b.
Voyons sur un√ exemple comment on peut utiliser les développements limités pour parvenir à nos fins.
Soit f : x 7→ x2 − 2x + 2.r
2 2
Pour tout x > 0, f (x) = x 1 − + 2 .
x x
√ h h2
Comme 1/x → 0 quand x → +∞, on a, en utilisant 1 + h = 1 + − + o(h2 ) :
! 2 8
2 2
     
1 2 2 1 2 1 1
f (x) = x 1 + − + 2 − − + 2 + o(1/x2 ) = x 1 − + 2 + o(1/x2 )
2 x x 8 x x x 2x
= x − 1 + 1/(2x) + o(1/x). On a donc une asymptote oblique d’équation y = x − 1 quand x tend vers +∞.
Exercice 20
Finir en trouvant l’asymptote quand x tend vers −∞.

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