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2009

Théories de la
Communication
Chapitre 1 :
Communication,
technique et média
Mineur

La communication est lié à l’Histoire, c’est grâce aux progrès et au


développement technique de la communication qu’il y a eu
l’émergence des études approfondies de al communication. C’est dans
ce domaine que les critiques sont les plus virulentes et en même
temps les plus optimistes.

P. Breton : L'explosion de la communication à l'aube du XXIe siècle


(Avec Serge PROULX) [2002 - Paris : La Découverte ; Montréal : Boréal, 400 p.]

FAIVRE-MALFROY Florian
Site plateforme Histoire – Géographie Lyon 3
06/10/2009

Théories de la Communication 1
- Chapitre 1 : Communication, technique et médias -

Introduction :

Après la seconde guerre mondiale, il arrive que tout ce qui c'est passé depuis 1 siècle et ½ dans la
communication justifie ce quoi c’est passé durant la guerre. Tous les événements se sont enclenchés à cause
des progrès de la communication. Les techniques ont permis aux gouvernements et continents d’échanger des
informations.
A partir de la Révolution les gens développe les échanges commerciaux et bancaires se apparaissent dans le
monde entier. Cela justifie le besoin d’outils de communication (développement des signaux lumineux, du
télégraphe, du système morse, moyen de capture des images…) La mondialisation du XIXe S. a provoquée le
développement de chaque technique (téléphone disque, métro, électricité). Il ya un « transport de l’énergie »

La radio va évidement jouer un rôle majeur : cela va profondément changer les sociétés. Un des changements
principaux sera la disparition des étapes de communication : on supprime la distance, les éléments
géographiques naturels et physiques. La correspondance devient immédiate. Les moyens de communication
vont changer les moyens de contrôle du territoire.

Durant la guerre de sécession, les troupes de Napoléon arriveront trop tard sur le champs de bataille. Cette
anecdote n’arrivera plus. Ensuite il n’aurait pas été possible d’envoyer des colons en Afrique sans être en lien
avec eux, pour se tenir au courant de leurs avancées, de ce qu’ils font.

La Radio a été un enjeu durant la seconde G.M. et tous les outils de communication ont servit les régimes
totalitaires. Cette guerre a été une guerre de la communication :
A. Turing trouve un moyen de décoder les messages allemands, en décodant tous les systèmes de cryptage
des Nazis. Ainsi les anglais connaissaient les mouvements de la Luftwaffe presque au jour au jour.
Wiener développera le « Radar », qui constituera un moyen de combat avec les japonais
Les États-Unis utiliseront Hollywood pour la propagande (A. Hitchcock, J. Ford…)
La guerre Froide sera évidement un centre encore plus grande de la communication et de la technique. Livres
sur la propagande et sur la communication, accusent cette dernière : il y a un mouvement d’horreur au sujet de
la communication en France (Jacques Ellul décrit les moyens de communication).

I. L’élan de la cybernétique :
Apparition dès 1946 des machines à calculer qui deviendront petit à petit des ordinateurs.
Wiener développera les premiers ordinateurs en 1947 en Grande Bretagne. Ce dernier va aussi être le
premier à penser la technique de communication.

Le cognitivisme est une de ces théories :


En analysant le fascisme, le totalitarisme, il constate que la communication est verticale. L’idée de dire
ce qu’on devrait construire, est une communication horizontale : pour qui les individus soit égaux.

La société peut être comprise seulement par l’étude de ces messages.


Etudier une société revient à étudier la circulation des messages. Une bonne société fait circuler les
massages de façon égale.

P.29 : La machine est à l’image de l’homme parce que l’homme fonctionne comme une machine. Déjà,
dans Cybernétique et société, Wiener écrivait : « je soutiens que le fonctionnement de l’individu vivant
et celui de quelques machines très récentes sont précisément parallèles. » (Wiener, 1952).
L’homme est une sorte de machine, de calculatrice. Il faut penser le développement selon le
développement des machines.

Théories de la communication 2
De fait, pour la cybernétique le support physique est indifférent et hommes et machines relèvent d’un
même être informationnel qui engendre un fonctionnement parallèle, si ce n’est identique. On peut
suivre le schéma de la communication de C. Shannon, Weaver et Wiener vulgarisent le schéma en
gardant que l’émetteur, le message, ou le récepteur. Il évoque la théorie du « bruit » comme brouilleur
du message. Ainsi une bonne communication se fait sans brouillage ; on doit le recevoir tel qu’il a été
envoyé.
Dans le langage, les discours courants sont des messages redondants, soit inutiles et qui se répètent.
Un bon message aura des éléments non redondants dont on pourra faire l’économie. Sauf que
l’homme a besoin de cette redondance la machine elle peut recevoir le message une fois, cela suffira.
L’homme est profondément différent de la machine. Nous ne sommes pas que des
récepteurs/émetteurs.

Il y a une théorie de la propagation des messages : on ne reçoit pas de la même façon les messages
l’identité des messages est une hypothèse risquée.
(Manque surement la Seconde théorie)
Il y a une troisième théorie : le message doit être sauvegardé dans son improbabilité, dans son unicité.
Faut-il éliminer tout ce qui est redondant ?
Non, la redondance sont les adjectifs, la politesse et permettent de différencier notre dialogue - avec
une personne physique – de celui fait avec/ou entre les machines. On a tendance à nous considérer
comme machine et à nous réduire à une communication entre robot. LA théorie que nous sommes
programmés par nos ADN est née de la cybernétique.

Critique généralisé de la Communication : Elle viendra des sciences sociale classiques (différents de la
cybernétique : qui vient de scientifique mathématicien).

II. La technique ou l'enjeu du siècle, Jacques Ellul


[Paris - Economica - 1990]

Jusqu’au XIXe Siècle, les gestes techniques de la vie sociale sont très précis, et très identifiables.
La technique est un monde d’artisan possédant une compétence technique, et agit dans les domaines
particuliers. La société organise différents type de métiers très séparés les uns des autres. Il y a un
monde des techniques et un monde de la technique, qui recouvre la société tout entière.
La technique n’est plus localisée, mais elle devient globale. Il semble qu’il y ait plus qu’une seule
technique. Nous sommes passés d’un monde compartimenté à un monde généralisé, où tout le monde
peut participer. Cette transition de la technique provoque un monde où l’absence de contrôle (par les
individus) domine. On ne contrôle plus la technique, la communication (ex : internet).

Il y a une « perte du langage » au profit de la numération : tout se chiffre. Nous sommes dans un
monde mathématique : perte du langage, de l’orthographe, de la culture littéraire.
Les nouveaux moyens de communication créaient de nouveaux langages adaptés. Il y a un rapport aux
média, aux concepts de « masse » comme unité (in)quantitative.
Ceux qui contrôlent les moyens de communication nous considèrent comme une masse qui réagit de
façon identique et programmée = idée du « Mouton médiatique ».

La technique est un handicap à la démocratie, et à la société de vie. Simplement parce que nous serions
manipulés, nous aurions les mêmes influences, les mêmes pesées et réaction.

Pourtant la technique a permis certains progrès :


L’élection d’Obama, la prolifération d’association et de communication, de groupes altermondialistes,
se sont fondé grâce à Internet. Si on observe les pays où les dictatures perdurent, ce sont ces même
pays et gouvernement qui limitent les moyens de communications.

http://w3.u-grenoble3.fr/les_enjeux/2007-meotic/Faucheux/home.html

Théories de la communication 3
Technique Et Science Comme Idéologie, J. Habermas.
[Gallimard - 1990]

Dans son livre, Habermas fait le constat suivant, que toutes sociétés se fondent sur deux formes
d’activités :
- Activité instrumentale : logiques de vie (Construire un habitant une culture)
- Activité communicationnelle.
Toutes sociétés peuvent être examinées selon le rapport qu’elles laissent entre les 2 activités.
Le travail est cette activité rationnelle par rapport à une fin, c'est-à-dire une activité instrumentale
et/ou un choix rationnel obéissant à des règles techniques (savoir empirique) et à une stratégie (savoir
analytique). Il s’agit toujours de réaliser des objectifs définis dans des conditions données. Soulignons
cependant que l’activité stratégique se fait en établissant une déduction en référence avec certaines
valeurs ou maximes.
L’interaction médiatisée par des symboles est une activité communicationnelle : elle se conforme à des
normes qui définissent les attentes des comportements réciproques.

Les sociétés démocratiques ont besoins de la démocratie :


Le gouvernement de la société, qui était soumis à des règles communicationnelle, n’est pas en train de
devenir à quelque chose qui soit soumis çà une activité instrumentale.

Est-ce que la rationalité technique n’est pas en train de renverser les choses ?

Rationalité (Weber) : type d’activité rationnelle par rapport à une fin (concerne le chef d’entreprise
comme le fonctionnaire de l’administration moderne) :
- caractérise la forme de l’activité économique, la forme bourgeoise des échanges au niveau du droit
privé et la forme bureaucratique de la domination.
- extension des domaines de la société soumis aux critères de décision rationnelle (industrialisation
du travail social, urbanisation des modes de vie, technicisation des communications).
- la rationalisation croissante de la société est liée à l’institutionnalisation du progrès scientifique et
technique : sciences et techniques investissent la société et transforment les institutions
(Anciennes légitimations se trouvent détruites)

Cette rationalité technique fait partie du processus de rationalisation des activités sociales qui signifie
l’extension des domaines de la société soumis au critère de choix rationnel. Mais cette rationalité est
technique, stratégique, et calculatrice : « la rationalité de la science et de la technique est déjà
intrinsèquement une rationalité qui dispose des choses (Verfügung), une rationalité de la domination »,
nous explique Jürgen Habermas.
On utilise de façon plus commode les instruments.

http://pagesperso-orange.fr/philocom/textes/pdf/habsce.pdf

L’idée d’un équilibre entre 2 formes humaine est beaucoup plus intéressante que le monde binaire de
Wiener.
Il y a une façon de penser aux problèmes technique.

Théories de la communication 4
III. Fonctionnement et usages :
Flichy a proposé un modèle très intéressant, qui repose sur une idée d’équilibre.

Il donne plusieurs exemples :
- celui du téléphone ; qui était prévu pour les gens qui ont besoin d’information rapidement. L’usage
du téléphone est…
On construit donc des lignes téléphoniques pour l’usage qu’on a prévu, et on se fonde dans l’image
qu’on en a faite. Sauf qu’à l’usage, les gens ne font rien de prévu/ Alors que l’entreprise Bell avait
prévu que l’usage allait seulement être informative, le téléphone se retrouve comme outils de
communication à grand échelle.
Il y a d’abord pour lui un cadre de fonctionnement, qui est définit par les propriétés techniques de
l’appareil, et aussi définit comment les gens vont utiliser l’appareil.
Sauf que le cadre d’usage ne fonctionne pas comme ce qui avait été prévu par le cadre de
fonctionnement. Le téléphone se trouve « DEPLACE » par les usagers.
Autre exemple de déplacement : que toute Internet
Cette technologie retransmettre des informations secrète en utilisant un ce des réseaux pourtant
que l’usager a été très différent des problèmes techniques nouveau apparaissent.

Parfois les changements technologiques sont sources de surprises pour les inventeurs.

Le passage du cinéma à la vidéo est très intéressant, puisque le cinéma amateur s’est transformé
en film de famille et de souvenir. Les caméras deviennent des accessoires de loisir.
Avec la monté des mouvements de libération des mœurs et libération sexuel, il a eut une monté
des vidéos porno privée : donnera lieu à la mise en place d’un marché. Usage des techniques ne sait
pas le chemin prévu à l’avance.

Le modèle pose le problème du contrôle : qui contrôle les technologies que nous utilisons ; nous
avons tendance à penser que le contrôle de certaine innovation doit être limité dans le temps (ex :
les médicaments). La lutte pour le contrôle d’un processus social est importante. Pour ce qui est de
l’exemple d’internet, on a un problème avec la numérisation des documents ayant un droit
d’auteur. Internet semble hors de contrôle : qui contrôle les logiciels, les réseaux ?
La pression devient extrêmement forte. Il y a par le téléchargement illégale, une tentative de
contrôle pas les usagers des industries qui fabriquent ces objets diffusés.

IV. La télévision :
L’époque de la télévision, se pose après la 2° G.M. elle a déjà une certaine histoire :
Invention anglaise de 1927 (à Londres), où pendant ces années 30’ on fait des recherches, des
innovations sont faites dans plusieurs pays du monde : Etats-Unis, Angleterre et légèrement en
France.
Ce qui est intéressant c’est que personne ne sais quoi faire de cette innovations, qui de surcroit ne
se développe pas, par manque de moyens. Système basique de 420 lignes en N/B., peu pratique car
oblige le direct, ce qui n’intéresse personne. Et le problème est que les industriels ne savent pas
quoi faire de la télévision.
Il faut faire face à la radio américaine qui marche très bien ; et mettre sur le marché la télévision
allait mettre en péril la radio, et donc son économie - qui s’est très bien développé – qui rapporte
gros (NBC, ABC, CBS…).
Pourtant RCA achète malgré tout, le procédé et utilise le réseau NBC, car de la même filiale.

SARNOFF écrit en 1942, que la télévision va envahir les foyers et remplacer la radio et le cinéma.
RCA va développer la télévision, et créer des programmes sur la Cote Ouest qui a la plus de poste
TV (foyers équipé à plus de 70% à New-York).

Théories de la communication 5
Mais les télévisions ne sont pas encore dans les foyers, mais plutôt dans les bars, qui se
transforment en salle de spectacle, en diffusant des retransmissions de matchs sportifs ; qui seront
les principaux programmes à succès
La télévision arrive en Angleterre.
- Puis les nazis installerons la télévision mais ne se développera pas comme au Etats-Unis dans les
années 1950. La crise immobilière va contribuer à cela, car au lendemain de la guerre, il y a le baby
boom, il faut du logement. Chacun tentera de s’installer dans les suburbs, en construisant des leurs
petits pavillon ou logeront dans des caravanes. En s’éloignant des villes, les populations s’éloignent
des centres de divertissement, de leurs structures et du loisir de la ville. Dans le but d’y remédier,
ils s’équiperont de télévision qui apporte une certaine contrepartie à ce manque.

- En 1952, il y a une demande incroyable, ce qui augmente la production de télévision, de


programme (Tout est tournée à N-Y, dans les studios) et les financements commenceront à arriver,
parle biais de sponsors – avec de programmes sponsorisés de façon total (ex : TEXACO-SHOW).
Pour aboutir à un taux de 50% pour ce qui est de l’équipement des postes télévision dans les
foyers.
Cela provoque une crise du cinéma, de la fréquentation des cinémas, et de la radio (qui changera
les usages : la radio devient jeune).

Le succès de la télévision engendré par les programmes fait de toutes pièces par les entreprises
pour la première fois suscitées des problèmes, des interrogations et des débats.
- En Angleterre, la concurrence de la BBC et iTV (cf. : loi de non-monopole de la BBC) provoque une
émergence de programme de très grande qualité (Soap-opera, Show, séries…) et va donc la
développer.
- En France c’est le général De Gaulle qui va crée un engouement pour la télévision, puisqu’il fera ses
discours à l’écran dès 1959. Toute la France écoutait religieusement les discours du patriarche.

- Mais au Etats-Unis, un scandale apparait : Dans un programme l’entreprise qui produisait, voulant
faire durer l’audience gardait un candidat à succès en lui donnant les réponses pour qu’il ne parte
pas (et reste à l’antenne). Un technicien écrit au TIMES et dévoile la supercherie, ce qui fait scande.
Les studios deviennent responsables des programmes et des chaines, les entreprises ne doivent
plus produire un programme dans sa totalité.

Emergence de la télévision moderne :


L’ouvrage de Marshall Mc Luhan, Pour comprendre les média, analyse en profondeur les effets de la
technologie sur la réception que les hommes ont des média et de l’information.
Il a beaucoup insisté sur la dimension pragmatique que revêt la forme des média, influant
directement sur le sens de leur contenu, et l’idée que les média sont des prolongements de nos
sens et de notre système nerveux central. Selon McLuhan, le moyen de transmission par lequel
nous recevons le message, c'est-à-dire le média, exerce autant, sinon plus d'influence sur nous que
le contenu lui-même. La manière dont nous percevons l'information est transformée par le média
qui nous la transmet.
D'après McLuhan, notre façon de percevoir les messages est transformée par les médias. Comme
l'explique le cinéaste André Martin, nous ne comprenons pas Shakespeare de la même manière
qu'il était compris jadis, car les perceptions sont modifiées. La manière d'aborder les sujets, les
notions fondamentales, telles l'espace ou le temps, ont évolué elles aussi, et cette évolution influe
sur notre civilisation qui, a fortiori, se transforme. Le média, c'est-à-dire le canal qui permet la
transmission (radio, télévision, journaux, téléphone, etc.) crée un milieu qui agit sur nos
perceptions sensorielles.
Nos sens : le goût, le toucher, l'ouïe, l'odorat et la vue, réagissent différemment selon le média.
McLuhan explique que les médias sont des extensions de nous-mêmes : le livre est le prolongement
de l'œil, le téléphone et la télévision sont l'extension du système nerveux…
«Le média, c'est le message». Ce n'est pas le contenu qui affecte la société, mais le canal de
transmission lui-même. Mac Luhan « message comme médium ».
En outre, le medium utilisé influence considérablement nos sens et, par là même, notre cerveau; à
tel point que le contenu même du message peut s'en trouver grandement affecté.

Théories de la communication 6
En cela aussi, « un nouveau médium ne s’ajoute jamais aux média antérieurs et ne les laisse jamais
intacts. Il les bouscule sans cesse et leur trouve de nouvelles formes et de nouveaux emplois. »
Il est déduit que la Télévision va être le premier médium universel dans un village planétaire
« De toutes parts nous parvient l’information à vitesse accélérée, à vitesse électronique. On dirait
que nous faisons tous partie (...) d’un petit village mondial » (McLuhan).
Il voit dans la Télévision une image utopiste et positive. Alors que d’autres auteurs s’opposent à la
Télévision
- Complément de cours –

J. HABERNAS :
La démocratie est ce gouvernement qui rend nécessaire l’information des citoyens. Elle est
indispensable pour avoir des avis, des critiques (vote vote, lois…) en 1960, il dit que l’information
est nécessaire.
La télévision serai en train de transformer la démocratie et sera la source de manipulation grave. Il
y a un pourvoir de l’image que la radio n’a pas. La TV permet l’apparition du paraitre des formes, et
des termes politiques.

Théorie du pourvoir de la télévision.


Les populations utilisent la télévision comme moyen de se tenir informé (souvent dans l’unique but
de pouvoir tenir un sujets de discutions au travail), et non pas pour réfléchir et s’informer.

Autres exemples :
Débat, TV-confrontation des termes politiques : Nixon et Kennedy, pour certains ce derniers aurai
gagné par son physique et présence à l'écran. La télévision nous manipule.

Une des hypothèses les plus florissantes dans la recherche contemporaine sur les effets des médias
est celle dite de « agenda-setting ». La notion d'agenda-setting désigne un modèle qui établit une
relation causale entre l'importance que les médias accordent à certains sujets {issues) et la
perception qu'ont les consommateurs de nouvelles de l'importance de ces sujets. Les médias
influencent l'ordre du jour des affaires publiques dans la mesure où le public ajuste sa perception
de l'importance relative des sujets à l'importance que les médias leur accordent.

Cette idée, qui a été formalisée et testée pour la première fois par McCombs et Shaw (1972), a
ouvert la voie à un important courant de recherche en communication politique. La recherche
classique en ce domaine consiste à comparer l'agenda des médias (les thèmes abordés par les
médias et l'importance qu'ils leur accordent) avec l'agenda du public (mesuré par des enquêtes où
l'on demande aux gens de dire quels sont à leur avis les problèmes les plus importants auquel la
société fait face) pour tenter de dégager une relation de causalité entre les deux. Selon lui la
télévision est devenu le média le plus puissants elle ne nous dit pas quoi penser mais plutôt à quoi
penser. Logique de l'agenda.

La télévision est un média divers : un sondage a monter au gens 3 choses : une substitution au
baby-sitting, une présence et...

Daniel Dayan & Elihu Katz, La télévision cérémonielle


Certains événements politiques sont devenus des cérémonies émotionnelles universelles.

S’il est vrai que la télévision est regardée par les gens, on doit alors trouver une catégorie de gens
On s'intéresse à la fiction, à la télévision.

- IEN ANG étudia DALLAS [tout comme KATZ (années 1980)]


- BUCKHINGAIM étudia Eastenders (série)
- DE PASQUIER étudia la série "Hélène et les garçons"

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Dallas arrivée en 1978, a été très critiqué en France, qui a même cessé de diffusé des séries
américaines car représentatif de d’autres mœurs. Comment une population différente s'intéresse-
t-elle à la série. Il y a en fait un intérêt à la situation relation qu'on les gens dans la vie. On s'identifie
aux personnages. Malgré les communautés, les générations, les publics différents, on s’intéresse
tous ensembles à des séries avec des personnages bien précis.

François Gost (ouvrage sur média et télévision) Introduction le l’analyse de la télévision,


La télévision tourne autour de 3 pôles séparés, qui coexistent :
- Information (de l’ordre de la presse)
- Divertissement (de l’ordre du théâtre
- Fiction (de l’ordre du cinéma)
Alors que dans l’habitude, ces 3 notions soient séparées, dans la télévision, ils sont coexistant.
Aujourd’hui on a aussi une logique du divertissement dans le domaine de l’information : notion de
spectacle, casting du présentateur. Il faudrait se poser al questions si le spectacle à avoir avec
l’information. La téléréalité se place au milieu de tout ça car elle est à la fois mise en scène,
divertissante, et parfois informative.
F. Gosse travaillé sur la notion de promesse dans la télévision, comme quoi le meilleur est toujours
à venir.

Il faut admettre que dans la technologie a un coté du « mal » et du « bien ».

- Complément important de cours -

Théories de la communication 8
Roman Ossipovich Jakobson (1896-1982)
Penseur russe qui devint l'un des linguistes les plus influents du XXe siècle en posant les premières pierres du développement
de l'analyse structurelle du langage, de la poésie et de l'art.
Roman Jakobson a proposé de distinguer les fonctions du langage dans son ouvrage Essais de linguistique générale (1981):
- la fonction « expressive » ou émotive qui traduit les émotions de celui qui parle
- la fonction « conative » qui a pour but d’agir sur le destinataire (en donnant un ordre par ex)
- la fonction « phatique » qui vise à établir ou à maintenir un contact (ex « Allô ! » au téléphone)
- la fonction « métalinguistique » qui consiste à réguler son propre discours (« je voulais dire que », « voila ce que je
pense »…)
- la fonction « poétique » qui vise à rechercher des effets de style
- la fonction « référentielle » qui consiste à transmettre une information.

Son schéma de la communication :


Référent : ce dont parle le langage (le monde, ma
représentation du monde).
Émetteur : celui qui parle.
Destinataire ou récepteur : celui qui reçoit le
message.
Message : le message lui-même.
Code : c'est l'instrument utilisé pour délivrer le
message (la langue).

Ecole de Palo Alto


Présentation : il s’agit d’un groupe de chercheurs d’origines scientifiques diverses qui, a un moment donné de leur
activité, ont travaillé à Palo Alto, petite ville de la banlieue de San Francisco. Aussi appelé "Collège Invisible" parce
que regroupant des idées et théories, plus que des individus installés dans la ville. Cette école s’inspire de la
systémique pour élaborer une théorie de la communication différente de celle présentée par les ingénieurs
Shannon et Weaver : ils développent une approche pragmatique de la communication.
→ Ce groupe de chercheurs se veut innovant et, avec entre autres Gregory Bateson, Jay Haley, et Don Jackson, Paul
Watzlawick va faire de cette Ecole de Palo Alto une référence dans les domaines des théories de la communication,
de la psychothérapie et de la thérapie familiale.
Fondée dans les années 50 par Gregory Bateson, l’appellation «Ecole de Palo Alto » regroupe en réalité deux
groupes qui vont travailler en parallèle avec continuité et divergence :
Le premier autour de Bateson et de sa théorie de la communication (« double-bind ») en lien avec la cybernétique,
les méthodes de Milton Erickson et les diagnostiques brillants de Don Jackson, entre 1952 et 1962.
Le second groupe avec la création du MRI (Mental Research Institut) en 1959 par Jackson, l’arrivée de Watzlawick
en 1962 et ses travaux sur l’homéostasie familiale.
→ L’idée fédératrice de ces différents auteurs est que tout élément communique et entre en relation avec la
totalité à laquelle il appartient.

Le fondateur : Gregory Bateson (1904-1980) et son groupe.


Anthropologue d’origine anglaise, Bateson parcourt le monde dans le cadre de recherches en biologie.
En 1951, il publia, avec le psychiatre Jurgen Ruesch un livre intitulé Communication : The social matrix of psychiatry
dans lequel il développait plusieurs concepts qui constituaient autant d’ébauches d’un tournant majeur dans
l’appréhension des phénomènes de communication.
L’idée centrale de l’ouvrage consiste à concevoir la communication comme la matrice dans laquelle sont
enchâssées toutes les activités humaines.
Aussi, il élargit le champ de la communication à tous les processus par lesquels les individus s’influencent
mutuellement.
Et distingue 4 niveaux de communication : intrapersonnel (avec soi-même), interpersonnel (entre deux personnes),
groupal (entre plusieurs personnes) et culturel (entre de nombreux individus).
En 1952, il reçoit une subvention de la fondation Rockfeller pour étudier les « paradoxes de l’abstraction dans la
communication » : c’est la naissance du premier groupe de Palo Alto avec le « projet Bateson ».
→ Composition du groupe : Bateson, de jeunes chercheurs tels que John Weakland, Jay Haley, William Fry ; et deux
hommes clés : Donald D. Jackson qui rejoint le groupe lors du départ de Fry (1954) et Milton Erickson qui, sans faire
partie du groupe, l’influence par son charisme et ses méthodes.

Théories de la communication 9
Le projet débouche ainsi sur l’élaboration de la théorie du double-bind ou double contrainte formulée en 1956
dans leur article intitulé Vers une théorie de la schizophrénie.
Pour eux, « Le paradoxe est un modèle de communication qui mène à la double contrainte ». C’est cette situation
qu’ils trouvèrent dans les familles de schizophrènes sans conclure cependant qu’il s’agissait d’une causalité linéaire
vers la maladie mentale.
La théorie affirme l'existence de relations conflictuelles entre le malade psychotique et son entourage, le dernier
donnant au premier des ordres absurdes et impossibles à exécuter (en résumé caricatural: je te donne l'ordre de
me désobéir, sinon...). Ces ordres impossibles à respecter étant, forcément, toujours suivis de sanctions, ils
entraîneraient ainsi l'apparition de la psychose.
Autre ex : C’est le cas lorsque l’on vous dit "soyez naturel". Car on vous invite à "être" ce que précisément la même
invitation empêche : d’être naturel.
Ce projet, dirigé par Bateson va durer jusqu’en 1962, date à laquelle celui-ci part pour poursuivre ses propres
recherches dans le domaine de la communication : la psychiatrie n’a jamais été pour lui qu’une application
parcellaire de ses théories.
Jackson, qui a toujours été intéressé par les applications pratiques du projet fonde en 1959 le Mental Research
Institute (MRI), constituant le second groupe de Palo Alto.

Le Mental Research Institute ou le second groupe :


En 1959, le psychiatre Don Jackson, déjà lié au groupe autour de Bateson à l’invitation de ce dernier, fonda à Palo
Alto le MRI avec l’ambition avouée d’étudier dans le détail la schizophrénie et d’en extrapoler des éléments
théoriques sur la communication interpersonnelle.
Dès 1960, il fut rejoint par Paul Watzalawick, psychiatre d’origine autrichienne.
Leurs travaux s’inscrivaient explicitement dans la foulée des théories du groupe de Bateson, mais il convient de
noter que les deux groupes demeurèrent distincts et affichèrent régulièrement leurs divergences.
Watzlawick et Jackson, rejoints par Weakland, Fisch, Hall et d’autres encore crée la psychothérapie systémique
basée notamment sur la notion d’homéostasie familiale qui suppose que soigner une pathologie psychiatrique chez
un membre de la famille passe par la prise en compte de toute la famille, la personne malade n’étant qu’un
symptôme de la pathologie du système (famille).
→ il s’agit d’une perspective empreinte de systémique et cybernétique.
En 1967, dans leur ouvrage Pragmatics of Human Communication (une logique de la communication), Paul
Watzlawick, Jeanet Beavin et Don Jackson entendaient présenter une synthèse des travaux du groupe de
Watzlawick et de Betson.
Dans le second chapitre « Propositions pour une axiomatique de la communication » ils énoncent 5 axiomes qui
s’inscrivent dans la pragmatique, que l’on a nommé les axiomes de Watzlawick qui sont des propriétés
fondamentales de la communication, des sortes de principes fondateurs de la pragmatique de la communication.
1- "On ne peut pas ne pas communiquer."
2- "Toute communication présente deux aspects : le contenu et la relation, tels que le second englobe le premier et
par suite est une méta-communication."
3- "La nature d’une relation dépend de la ponctuation des séquences de communication entre les partenaires."
4- "Les êtres humains usent simultanément de deux modes de communication : digitale et analogique."
5- "Tout échange de communication est symétrique ou complémentaire, selon qu’il se fonde sur l’égalité ou la
différence."

Shannon- Wiener - Weaver : modèle de la communication

Contexte : la fin des années 1940 est marquée, aux États-Unis, par une activité encore frénétique de
l'industrie militaire. Des moyens considérables en homme et en équipement sont déployés avant de
favoriser l'effort de guerre. Parmi les préoccupations dominantes, deux vont marquer durablement le
développement du champ théorique de la communication et de la diffusion :
- la propagande
- les infrastructures de communication
C'est dans ce second champ qu'il convient de situer les travaux de Claude Shannon.
Présentation : Claude Shannon (1916-2001) est un chercheur intégré dans les laboratoires de recherche
de Bell à New York, société active de la télégraphie et la téléphonie ; ingénieur électricien et
mathématicien.

Si l'on remonte aux travaux qui l’inspirèrent, on trouve des noms aussi illustres que Norbert Wiener (qui fut maître de Shannon
au MIT) ou même Albert Einstein qui s'était déjà interrogé sur la question de la capacité de canal à transporter des messages.
→ L'apport de Shannon est d'avoir su formaliser les considérations intérieures en intégrant l'ensemble des paramètres utiles.
Théories de la communication 10
Ses travaux constituent un repère incontournable, le fondement des théories de la communication. D'innombrables recherches
et théorisations se sont inscrites dans le prolongement de l'opposition avec les perspectives shannoniennes.

Théorie : le système général de la communication.

Émetteur, canal et récepteur = « intermédiaires


techniques »
Bruit = toute source d'interférence susceptible de
détériorer le signal est donc d'affecter la
communication.
Caractéristiques du schéma : structure linéaire
unidirectionnelle ; la communication est décomposée
en étapes, en séquences de processus qui
s’enchaînent.

→ la communication ainsi modélisée place en tête des préoccupations la lutte contre le bruit, dans le but d'améliorer
la fiabilité de la transmission, et ensuite de pouvoir réduire la redondance (portions superflues, inutiles parce que
répétitives du message) et ainsi augmenter les capacités et les débits de transmission.

Les apports de Norbert Wiener :


Présentation de N. Wiener : (1894 – 1964) mathématicien américain, théoricien et chercheur en
mathématiques appliquées, il incarne le père fondateur de la science générale des systèmes
mieux connue sous l’appellation de cybernétique qu’il définit dans son ouvrage «Cybernetics or
control and communication in the animal and the machine » (1948)
La cybernétique : sciences du contrôle et des communications dans l’homme, l’animal et la
machine.
→ Science qui se donne pour objet l’étude des systèmes vivants et non vivants ; la
science des régulations au sein des organismes vivants et des machines.
Notre monde est intégralement constitué de systèmes, vivants ou non-vivants,
imbriqués et en interaction. Peuvent ainsi être considérés comme des "systèmes": une société, une économie, un
réseau d'ordinateurs, une machine, une entreprise, une cellule, un organisme, un cerveau, un individu, un
écosystème…
Un système cybernétique peut être défini comme un ensemble d'éléments en interaction, les interactions entre les
éléments peuvent consister en des échanges de matière, d'énergie, ou d'information.
Ces échanges constituent une communication, à laquelle les éléments réagissent en changeant d'état ou en modifiant leur
action. La communication, le signal, l'information, et la rétroaction sont des notions centrales de la cybernétique et de tous
les systèmes, organismes vivants, machines, ou réseaux de machines.

L’apport de Wiener au modèle de la communication : le feedback ou processus de régulation.

L'approche cybernétique d'un "système" consiste en une


analyse globale des éléments en présence et surtout de leurs
interactions.
Les éléments d'un système sont en interaction réciproque.
L'action d'un élément sur un autre entraîne en retour une
réponse (rétroaction ou "feedback") du second élément vers
le premier. On dit alors que ces deux éléments sont reliés par
une boucle de feedback (ou boucle de rétroaction).

→ C’est une révolution, car la communication cesse


d’être conçue comme linéaire, mais comme circulaire (boucles) : Emetteur et récepteur interagissent.

Wiener distingue 2 types de feedback :


- feedback positif : il conduit à accentuer un phénomène (Réactions de B renforcent l’attitude A)
- feedback négatif : régulation, amortit le phénomène (Réactions de B conduisent A à
se corriger).

Les apports Warren Weaver :

Théories de la communication 11
Présentation : Warren Weaver (1896-1978) est un mathématicien, philosophe de la communication.
Il a « humanisé » le schéma purement technique de Shannon.
Modèle présenté dans l’ouvrage « Théories mathématiques de la communication » (1949) de Shannon et Weaver.
Il complète le schéma de Shannon en y introduisant un récepteur sémantique entre le récepteur technique (qui transforme les
signaux en message) et le destinataire. Ce récepteur soumet le message à un second décodage, destiné à mettre un sens sur
les mots reconstitués, à accorder les caractères sémantiques des messages avec les possibilités sémantiques des destinataires.
De même, Weaver suggère d'insérer entre source et émetteur un paramètre supplémentaire qualifié de bruit sémantique,
rendant compte de phénomènes de perturbations ou de distorsion de signification.
Bruit sémantique : tout élément susceptible de perturber le codage, le décodage et le décodage sémantique (fatigue,
distraction, maladie, ivresse, préjugés…)

Aussi, Weaver introduit « les trois niveaux des problèmes de communication » :


technique : précision de transmission des symboles de la communication
sémantique : les symboles véhiculent-ils la signification désirée ?
efficacité : influence sur les comportement et attitudes.

Mc Luhan
Présentation : McLuhan, Herbert Marshall, théoricien des communications canadien (1911 -
1980). Professeur d'anglais à l'Université de Toronto, McLuhan acquiert une renommée
internationale dans les années 60 pour ses études des effets des médias sur la pensée et le
comportement.

CONCEPTS :
Les trois âges de l'humanité
Ce sont nos techniques de communication qui déterminent nos modes de perception et de connaissance. À chaque
âge son medium, de la parole aux médias électroniques.
Dans le développement du processus de communication, on peut distinguer trois étapes :
- le stade primitif de la société sans écriture, dans lequel l'usage de la parole domine ;
- la « galaxie Gutenberg », où l'imprimerie tromphe et multiplie les informations visuelles mais
parcellise l'information et la nature humaine (ce qui entraîne le travail à la chaîne, le nationalisme
en politique, etc.)
- la « galaxie Marconi » ou ère électronique, qui propose un message simplifié mais global et
reconstitue la famille humaine en une seule « tribu mondiale ».

Un modelage mutuel
Nous façonnons des outils qui, à leur tour, nous façonnent...
McLuhan s'attache davantage au « sensorium », c'est-à-dire à l'effet des médias sur nos sens. Il pose pour postulat
que les médias agissent sur nous, car ils manipulent les proportions dans lesquelles interviennent nos sens. Ainsi,
l'alphabet phonétique valorise la vue, qui détermine à son tour notre façon de penser.

Des prolongements du corps humain


Plus qu'un moyen, le medium est une prothèse de l'œil, de la main, de l'oreille et, au-delà, du système nerveux.

Théories de la communication 12
McLuhan considère toutes les technologies comme autant d'extensions du corps : le crayon prolonge la main, et la
roue prolonge le pied. Ces extensions demeurent cependant dialectiques : issues d'un environnement (avec ses
dimensions sociales, politiques et économiques), elles modifient aussi cet environnement. Ainsi, les
environnements tout autant que les technologies modifient nos vies. McLuhan affirme que les médias créent des
environnements qui influencent nos perceptions à tel point que nous n'en notons plus totalement les
conséquences.
Plus qu'un moyen, le medium est une prothèse de l'œil, de la main, de l'oreille et, au-delà, du système nerveux.
McLuhan considère toutes les technologies comme autant d'extensions du corps : le crayon prolonge la main, et la
roue prolonge le pied. Ces extensions demeurent cependant dialectiques : issues d'un environnement (avec ses
dimensions sociales, politiques et économiques), elles modifient aussi cet environnement. Ainsi, les
environnements tout autant que les technologies modifient nos vies. McLuhan affirme que les médias créent des
environnements qui influencent nos perceptions à tel point que nous n'en notons plus totalement les
conséquences.

“World is a global village”


Un « village global » où chacun serait en relation avec chacun. McLuhan en a rêvé; Internet l'a fait !
La métaphore du village global fut énoncée pour la première fois en 1962 par le canadien Marshall McLuhan pour
décrire l'essor des médias électroniques et leur influence croissante sur les sociétés humaines. Dans son livre La
Galaxie Gutenberg, le théoricien de la Communication pressent l'émergence d'une "tribu mondiale", humanité
transformée par la "galaxie Marconi" où l'électronique engendre de nouveaux instruments médiatiques et induit de
nouvelles perceptions.

« Le medium c’est le message »


L'essentiel n'est pas dans le contenu transmis, mais dans le mode de transmission.
Mc Luhan renverse la perspective habituelle, dans son livre « Pour comprendre les médias » (1964), en affirmant
que « le message, c’est le medium ». Ce qui importe, ce n’est pas, selon lui, le contenu des messages, mais la façon
dont ceux-ci sont transmis. Autrement dit, le mode de transmission d’une culture influe sur celle-ci et la
transforme. L’important c’est le «message » exercé par les médias sur les modes d’appréhension et de perception
du monde et de ses réalités. Donc ce n'est pas le contenu qui affecte la société, mais le canal de transmission lui-
même.
En énonçant que le message, c'est le média, il énonce entre autres que le fond (l'important) c'est la forme prise par
le média (l'effet de la technologie), ainsi que sa combinaison avec son message.

M. Mc Combs et D. L. Shaw ou la théorie de l’agenda-setting


Contexte :
• Mc Combs et Shaw analysent également les campagnes électorales dans l’optique de l’influence sur les gens. Ils
vont déboucher sur une théorie psychosociologique plus fine en essayant de comprendre les dynamiques à
l’œuvre. En terme de recherche au niveau électoral, les Etats-Unis sont un parfait terrain de recherche puisque le
système américain est binaire (Démocrates-Républicains).
• Mc Combs et Shaw partent de deux constatations contradictoires :
- Il est faux de dire que les médias influencent directement leur public.
- Il est faut de dire qu’ils ne l’influencent pas.
Ils vont donc aboutir à une théorie développant l’idée que les médias mettent un certain nombre d’information « à
l’agenda », à l’ordre du jour. Ils nous disent ce à quoi il faut penser. Cependant, ils ne nous influencent pas
directement quant à ce qu’il faut en penser.
• Cette théorie est le fruit de cinq recherches successives
: deux de Mc Combs et Shaw et 3 autres.

La théorie :
Théories de la communication 13
L'hypothèse de base est la suivante: les médias exercent un effet considérable sur la formation de l'opinion
publique, en attirant l'attention de l'audience sur certains évènements et en négligeant d'autres.
Les médias définissent ainsi le calendrier des évènements et la hiérarchie des
sujets qu’il note dans leur agenda. Ce qui entraine immanquablement que les auditeurs ou les téléspectateurs le
notent aussi et le mémorisent à leur tour. En plus de l'ordre de présentation des nouvelles du jour (comme le dit
Postman), le médiateur va influencer de manière plus voyante ses auditeurs par son commentaire verbal ou
gestuel, par le montage, par les illustrations visuelles ou sonores qui seront choisies. Le récepteur se trouve ainsi
soumis à une double influence : celle du choix du sujet et celle du commentaire sur le sujet.

Par conséquent, la fonction des médias n'est pas de dire aux gens ce qu'ils doivent penser mais sur quoi ils
doivent porter leur attention. Ils proposent donc l'hypothèse suivante: il existe une relation entre l'ordre
hiérarchique des évènements présentés par les médias et la hiérarchie de signification attachée à ces mêmes
problèmes de la part du public et des politiciens.

Bilan:
• Il existe bien une influence des médias sur le public par le biais d’une mise à l’ordre du jour d’un certain nombre
de thèmes.
• L’opinion personnelle n’est pas nécessairement influencée par les médias. Ils disent à quoi mais pas comment il
faut penser.
• L’opinion individuelle n’est pas déterminée par les médias. C’est un mécanisme complexe qui passe par
l’appartenance sociale et dans laquelle jouent les médias.
• Des chercheurs vont se demander comment fonctionne la mise à l’agenda, quelle relation existe entre la
connaissance d’un sujet et sa mise à l’agenda. Ils vont montrer que plus on connaît un sujet, moins on se fait
influencer par les médias.
• La mise à l’ordre du jour agit sur le processus de régulation sociale car si les médias ne décidaient pas de parler
d’un sujet précis, personne à part les spécialistes ne s’en préoccuperait. Les médias mettent en relief des
évènements. Ils influencent de ce fait la dynamique sociale.
• Du point de vue de cette théorie, la presse n’est pas un miroir de la société mais fonctionne plutôt comme un projecteur. Se
pose alors la question de la responsabilité des journalistes et des professionnels de la communication. Bourdieu a étudié ce
thème en se demandant ce qui se passe dans le jeu médiatique.

Modèle de LAZARSFELD et KATZ : two-step flow of communication


Présentation : Paul Felix Lazarsfeld (1901-1976) est plus particulièrement reconnu pour l'importance de ses
travaux sur les effets des médias sur la société et pour l'utilisation de techniques d'enquêtes pour la collecte
d'information. Il fut membre de la célèbre École de Frankfort qui regroupa, dans les années trente, un ensemble
d'individus qui eurent, par la suite, une influence significative sur le développement des sciences sociales en Europe
et en Amérique. Parmi les membres de l'École de Frankfort, on peut mentionner les noms de Max Horkheimer, de
Theodor Adorno, de Paul Lazarsfeld, d'Herbert Marcuse, d'Erik Fromm et de Kurt Lewin. Plusieurs des membres de
cette école émigrèrent aux États-Unis pour éviter la répression nazie et contribuèrent au développement du
domaine des communications en Amérique du Nord. Ses travaux portèrent sur l'influence qu'exercent les médias sur
la décision des électeurs, ce qui lui permit de développer sa célèbre «Two-step flow Theory» (1955 – Katz et
Lazarsfeld). Il s'intéressa aussi à l'impact de la radio sur son auditoire. Il fut à la fois un observateur rigoureux de
l'influence croissante des médias sur notre existence et un critique averti de leurs abus.

Two-step flow Theory :


Tirant les enseignements de diverses enquêtes réalisées au cours de campagnes électorales américaines de 1940
et de 1948, Elihu Katz et Paul Lazarsfeld avaient élaboré, en 1955, une théorie connue sous le nom de théorie des
deux étages de la communication ou communication en deux temps.
Ils montrèrent ainsi, par leur analyse de la campagne électorale, que l'opinion des citoyens est peu affectée par cette
dernière. L'influence des médias s'opère selon un processus à deux niveaux :
Les leaders d'opinion (personnes qui, par leur comportement ou leur position, ont une emprise sur leur entourage)
filtrent l'information et pèsent sur l'opinion des individus.
Les groupes de référence (famille, collectivité de travail...)
→ les informations difusées par les médias étant d'abord reçues par des leaders d'opinion, ceux-ci les relayant au
reste de la population au cours de conversations
interpersonnelles.

L'influence des mass media est ainsi effective lorsqu'elle est


prise en relais par les réseaux de communication et d'influence
personnelle existant au sein des groupes primaires (famille,
petits groupes d'amis ou de collègues).
En effet, les contacts au sein de ces groupes paraissent avoir
sensiblement plus d'influence que les mass media (par exemple
à l'égard des intentions de vote). De plus, dans la mesure où les
Théories de la communication 14
mass media exercent une influence, celle-ci requiert l'intermédiaire d'individus : les «leaders d'opinion » qui en vont
être à la fois les agents de transmission et les interprètes.
Or, ces leaders d'opinion sont plus gros consommateurs de mass media que ceux sur lesquels ils ont une influence,
au moins dans le domaine au sein duquel s'exerce cette dernière. D'où la thèse d'un two-step flow, d'un flux à deux
paliers de la communication, et, en particulier, de l'influence qui s'exercerait d'abord des mass media sur les leaders
d'opinion, puis de ceux-ci vers ceux qu'ils influencent. Cette thèse, d'abord énoncée à propos du domaine de l'action
politique et des choix électoraux (cf. The People's Choice, de Lazarsfeld, Berelson & Gaudet), a par la suite été
testée avec succès dans divers autres domaines (cf. Personal Influence de Katz et de Lazarsfeld).

En bref : 2 niveaux = Les groupes de référence (communauté de


travail, associations, syndicats, relations familiales et amicales,
etc.) dans lesquels sont insérés les individus, et l'existence de
leaders d'opinions au sein de ces groupes, ont une importance
décisive.
La première diffusion du message des médias s'effectue de
façon verticale en direction des leaders d'opinion. Elle se
poursuit à l'intérieur du groupe de manière horizontale, par
l'intermédiaire des leaders.
Katz et Lazarsfeld introduisent un niveau de médiation
supplémentaire. Les médias touchent les individus directement,
mais lorsque ceux-ci rencontrent des difficultés à s'approprier ou
interpréter le message, ils se tournent vers leurs groupes
d'appartenance. Les messages que délivrent les médias sont
donc soumis à la pression des groupements quels qu'ils soient
et reflètent en grande partie les opinions et les idéologies
préétablies de ces derniers.

-> Au 1er palier, il y a les personnes relativement bien informées parce qu'exposées directement aux médias; au
second il y a celles qui fréquentent moins les médias et qui dépendant des autres pour obtenir l'information.

Cette conception marque une rupture complète avec les modèles classiques (de souche Shannon) et appuie l’idée
que la communication de masse ne réduit pas le public à un ensemble, une masse uniforme et atomisée, mais
qu’au contraire elle s’articule dans un système de relais traditionnels de la communication antérieurs à
l’avènement des médias modernes.

Limites du modèle :
La communication médiatique n’est envisagée que sous l’angle de la persuasion.
Favorise une vision élitiste de la consommation médiatique et du développement des attitudes et opinions.
Excessivement simplificateur dichotomisant les publics en actifs (leaders, guides) et passifs (followers, suiveurs).
Fait l’impasse sur l’influence directe que peuvent avoir les médias sur ceux qui sont identifiés comme passifs.

Théories de la communication 15

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