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COURS DE PROCEDES GENERAUX DE

CONSTRUCTION

1ère ANNEE DE LICENCE EN GENIE CIVIL

FOKWA Francelle Carole

Ing. PLET de génie civil


PROGRAMME

Chapitre 1 : L’implantation

Chapitre 2 : Les terrassements

Chapitre 3 : Les fondations

Chapitre 4 : Les éléments porteurs de la superstructure

Chapitre 5 : Les planchers

Chapitre 6 : Les escaliers

Chapitre 7 : La mise hors d’eau du bâtiment

Chapitre 8 : La réalisation des éléments en béton armé

Chapitre 9 : Les enduits

Chapitre 10 : Les échafaudages

Chapitre 11 : La reprise en sous-œuvre

Chapitre 12 : L’isolation thermique et acoustique

Chapitre 13 : Les constructions industrielles

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Chapitre 1 : L’IMPLANTATION

L’implantation est la matérialisation sur le terrain, de l’emprise d’un ouvrage tel que prévu dans le
dossier des travaux.

1. Documents nécessaires

3.1. Les documents graphiques

Il s’agit des plans relatifs à l’ouvrage et au site de construction.

- Plan de situation : il est fourni par les services d’urbanisme et situe le terrain par rapport à une
artère connue (rue, route, boulevard).
- Plan de masse : il sert à localiser sur le terrain un ouvrage à construire et ses abords immédiats
(propriétés voisines, constructions voisines, murs mitoyens, zone de recul par rapport à la
propriété publique ou privée).
- Plan de fondation : il permet la matérialisation des différents éléments de la fondation.

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3.2. Les documents écrits

- Le devis descriptif : il décrit les travaux, le mode opératoire et les matériaux à utiliser.
- Le devis quantitatif : il récapitule les surfaces et volumes de chaque partie d’ouvrage.
- Les cahiers de prescriptions communes et spéciales ou cahiers de charges : ils précisent les
conventions du contrat de construction.

2. Les éléments de références d’une implantation

Il s’agit des éléments fixes par rapport auxquels l’on peut se repérer au moment de l’implantation.
Ce repérage se fait dans le plan vertical, on parle d’alignement de référence (1, 2, 3, 4). Mais aussi dans le
plan horizontal, on parle dans ce cas de repères de nivellement (5, 6, 7, 8).

Fig 3 : Illustration des éléments de référence

3. But de l’implantation et matériels utilisés

Tel que précisé en introduction, l’implantation a pour but de matérialiser l’emprise du bâtiment sur
le terrain ou site de construction. Elle permet d’effectuer, tels que prescrits dans les documents graphiques,
le tracé géométrique de la fondation.
Pour ce faire, un certain nombre de matériels doit être utilisé.

- Jalons : ce sont des tiges en bois ou en métal de 2m, peintes alternativement en blanc et en
rouge. Leur rôle est de déterminer ou de prolonger un alignement.

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- Cordeau : il permet de représenter les directrices.
- Ruban : il permet de mesurer des longueurs.
- Niveau à bulle d’air : il permet de déterminer et vérifier l’horizontalité.
- Niveau à caoutchouc : il permet de déterminer et vérifier l’horizontalité en utilisant le principe
des vases communicants.
- Niveau à lunette : c’est un appareil d’optique muni d’une lunette pour effectuer des visées
rectilignes, et d’un cercle horizontal pour la lecture des angles. Il permet le tracé d’alignements,
la mesure d’angles horizontaux et un nivellement.
- Chaises d’implantation : elles sont constituées de piquets métalliques ou en bois plantés dans
le sol munis de traverses horizontales (lattes) avec repères de fixation des cordeaux. Leur rôle
est de permettre la fixation des cordeaux d’alignement de lignes directrices.

Fig 4 : (de gauche à droite) ruban, niveau à lunette, niveau à caoutchouc, jalon

4. Réalisation d’une implantation

3.4.Décapage de la terre végétale

1. Choix des éléments de référence pour l’alignement et le nivellement

2. Procédé pratique

- Matérialisation de la première directrice par les jalons M et N.


- Obtention de la directrice N°2 et du point E à partir de la station en B.
- Mise en place des chaises avec traverses pour pouvoir positionner les cordeaux d’alignement.
- La station en A permet d’obtenir le point F, de placer la chaise N°4, et de contrôler les
diagonales (AE=FB).
- Mener les parallèles aux directrices (repérage par clouage sur les chaises, des fouilles, semelles,
amorces) en se servant des côtes cumulées.

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2. Tracé d’un retour d’équerre sur le site

Il s’agit du procédé pratique du tracé sur le chantier, des perpendiculaires et parallèles, à un


alignement de référence donné.

1. Construction d’une équerre

Il s’agit de tracer un triangle de dimensions 3m, 4m, 5m ou leurs multiples (ex. 1,5 m - 2 m – 2,5m).

2. Construction d’un demi-carré

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Il s’agit de tracer un demi-carré de dimensions :

- Côté : 10m, diagonale : 14,14 m.


- Côté : 5m, diagonale : 7,07m.

Fig 5 : Construction d’un demi-carré (même principe dans le cas d’une équerre)

3. Construction à l’aide du niveau à lunette

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Chapitre 2 : LES TERRASSEMENTS

1. But et généralités

Après l’implantation, on procède au terrassement conformément au plan de terrassement et au devis


descriptif du dossier des travaux. C’est une opération de modification du relief d’un terrain dans le but est
de préparer l’assise de la construction et de ses abords.
Le terrassement consiste en quatre opérations élémentaires :

- La fouille ou le déblai : c’est l’opération d’extraction de terre.


- Le remblai : c’est l’opération d’apport de terres pour combler des cavités et rattraper un niveau.
- La charge : c’est la mise en place des terres dans des véhicules de transport.
- Le transport : c’est l’acheminement des terres extraites vers un dépôt.

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2. Documents nécessaires

Les travaux de terrassement doivent respecter le plan de masse et les profils en long et en travers.

Fig. 5 : exemple de plan de masse et profil


3. Travaux préliminaires
Préalablement, on procède à l’implantation du bâtiment.

3.1. Terrassement en découverte


C’est le décapage de la terre arable sur 20 ou 30 cm d’épaisseur.

3.2. Implantation du terrassement

Elle consiste à délimiter la surface ou zone à terrasser, en formant sur le sol des bandes blanches
avec de la chaux ou du plâtre, l’aplomb des directrices reliant les repères de fouilles placées sur les chaises
d’implantation du bâtiment.
ABCDEF, contour du bâtiment prévu.

A1B1C1D1E1F1, contour du terrassement.

Fig. 5: Illustration de l’implantation du


terrassement

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3.3. Piquetage

Il consiste en la mise en place de piquets repères indiquant le niveau à atteindre. Ils peuvent être
alignés dans le cas de tranchées ou alors placés en quadrillage, en cas de terrassement en excavation.

4. L’opération de déblaiement

Elle consiste en l’extraction des terres. Les cavités qui en résultent sont appelées fouilles. Celles-ci
peuvent être creusées manuellement ou mécaniquement, suivant le tracé effectué lors de l’implantation. Le
niveau ou la profondeur de la fouille est donné par les piquets- repères. Le blindage se fait au fur et à
mesure du creusage, en fonction du type de fouille. On distingue : les fouilles en rigoles, les fouilles en
tranchées, et les fouilles en excavation.

Types de fouilles :

1. en rigoles (1)

2. en tranchées (2)

3. en excavation (3)

Dans certains cas (fouilles en excavation et en tranchées), il existe le risque pour les parois de
s’effondrer. Dans ce cas, on procède au blindage des fouilles au fur et à mesure du creusage.

4.1. Fouilles en tranchées

Dans le cas de fouilles en tranchées de plus de 1,30 m de profondeur et d’une largeur inférieure ou
égale aux 2/3 de la profondeur, il existe le risque pour les parois de s’effondrer.

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Pour palier à cet effondrement, l’on procède au blindage des fouilles. Cette opération consiste à
maintenir provisoirement les parois d’un talus ou d’une tranchée pour assurer la sécurité tout au long des
travaux. Le principe consiste à plaquer des parois continues ou discontinues en bois ou en métal à
l’intérieur des fouilles par des étrésillons qui jouent le rôle de butons et d’entretoises.
Le blindage peut s’effectuer par :
- Planches verticales
- Planches horizontales
- Panneaux préfabriqués jointifs ou non
- Caissons
- Un châssis mobile qui porte un cadre rigide suspendu avec les éléments de blindage.

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- Blindage par battage de rideaux de palplanches : des rideaux de palplanches sont enfoncés
dans le sol avant le terrassement, et les étrésillons sont posés au fur et à mesure du creusage. Ce
procédé peut être également employé dans le cas de fouilles en excavation.

4.2.Fouilles en excavation
Dans le cas d’une excavation, les parois peuvent être maintenues par :
- Talutage : les parois sont taillées en forme de talus.

- Butonnage : lorsque la largeur de fouilles est inférieure à 20 m. les butons sont disposés
horizontalement en travers de l’excavation et dans les angles, de manière à limiter la gêne

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occasionnée à la réalisation de la structure définitive à l’intérieur de la fouille. Dans le cas où les
fouilles ont une plus grande taille, on peut envisager un butonnage s’appuyant en partie sur une
estacade préalablement construite.

- Le blindage par parois berlinoises traditionnelles : Des profilés métalliques H sont descendus
dans des forages, distants de 2,50 m environ, et scellés en pied. Au fur et à mesure de la
descente du terrassement, on met en place des madriers horizontaux entre les ailes des H et des
planches verticales contre la terre à soutenir. Les profilés métalliques peuvent être tirantés ou
butonnés en fonction des caractéristiques de la fouille.

- Le blindage par parois lutécienne : C'est une variante de la berlinoise, dans laquelle le blindage
en planches et madriers est remplacé par un voile en béton projeté (épaisseur 25 cm), armé de
treillis soudé. Dans ce cas, la paroi réalisée constitue le mur définitif. La paroi peut être
soutenue soit par butons ou soit par tirants.

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- La paroi clouée : C'est une paroi en béton projeté de 30 cm d'épaisseur environ. La technique
consiste à terrasser par passes descendantes de 2,50 m et à projeter du béton sur le terrain à
soutenir. La paroi est armée de treillis soudé et est ancrée dans le terrain à soutenir par des
clous. Les clous sont constitués de barres d'acier nervurées type GEWI 26, 32 ou 36 mm,
scellées dans le sol par injection d'un coulis de ciment.

- Le blindage par paroi parisienne : C'est une méthode dérivée de la berlinoise. On descend des
poteaux en BA préfabriqués dans des forages. Après terrassement de la passe correspondante,
on ferraille le voile en se reprenant sur les aciers en attente des poteaux. On vient ensuite couler
la paroi entre les poteaux derrière une banche.

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- Le blindage par voile préfabriqué havé : Cette technique consiste à mettre en place des voiles
préfabriqués en béton armé, solidement étayés au fur et à mesure de l’exécution de l’excavation.
Ces éléments de voile présentent des aciers en attente pour leurs liaisons avec la semelle et les
voiles contigus. Pour pallier à tout risque d’éboulement des terres, le voile est descendu par
havage, derrière des fermes de contreventement en acier, ancrées dans une longrine en béton.

5. Les opérations de remblaiement et de compactage


Le remblaiement est l’opération d’apport de terre afin de rattraper le niveau du sol ou de combler
une cavité. L’épandage (répartition) des terres se fait par couches de 20 cm en général suivi d’arrosage et
de compactage.
L’objectif du compactage est de réduire au maximum les vides à l’intérieur de la terre de remblai, et
augmenter ainsi la capacité portante.

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Notion de foisonnement
Lorsque l’on procède à un terrassement, le volume des terres prélevées est supérieur au volume des
fouilles exécutées. C’est le phénomène de foisonnement des terres.
De même un volume V’ de terres déblayées va subir une diminution de volume et devenir V’’. On
parle de compactage, ou contre-foisonnement, ou affaissement, ou de tassement.
On distingue ainsi plusieurs coefficients caractérisant ces phénomènes :
- Le coefficient ou indice de foisonnement
- Le coefficient de foisonnement résiduel

La prise en compte de ces coefficients permet de :


- Déterminer sur le chantier la quantité de déblais à mettre en dépôt
- Déterminer la capacité des véhicules de transport
- Evaluer la production de l’atelier de compactage
- Déterminer les dimensions initiales à donner aux remblais afin qu’ils atteignent les côtes
exigées après tassement.
6. Matériels utilisés
Le terrassement peut se faire manuellement ou à l’aide d’engins.

6.1. Terrassement manuel

Il se fait dans le cas de faibles volumes à terrasser. On peut citer comme matériels : pioches, pelles,
pelles-bêches, brouettes.

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6.2. Terrassement mécanique

Il se fait à l’aide d’engins :

D’excavation
- La pelle hydraulique : utilisée pour rigoles et tranchées dans les terrains meubles ou compacts
(sable, argile)
- Chargeuses : tracteurs équipés d’un large godet à l’avant adapté à deux bras de relevage.

De nivellement
- Dozers : tracteurs avec bouclier ou large lame à l’avant. (bulldozer : la lame est non
orientable et perpendiculaire à l’axe de l’engin ; angle dozer : lame orientable ; tilt dozer : lame
inclinable sur l’horizontale.
- Niveleuses : elles permettent l’épandage des terres et le réglage des talus grâce à une lame
coupante pouvant s’orienter dans toutes les directions.
- Scrapers : ils servent au chargement, au transport et à l’épandage des terres. Ils sont équipés
d’une benne munie d’une lame coupante dans sa partie inférieure.

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De transport
Il s’agit d’une façon générale des camions dans lesquels sont chargés puis acheminés les terres.

De compactage
- Rouleaux vibrants automoteurs
- Rouleaux vibrants tractés
- Rouleaux mixtes
- Compacteurs à pneus

Compacteurs à pneus

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Chapitre 3 : LES FONDATIONS

1. But et généralités

Les fondations sont des ouvrages enterrés destinés à transmettre au sol les surcharges provenant de
la superstructure.
Pour remplir cette fonction le sol support doit présenter une résistance suffisante et des tassements
compatibles avec l'ouvrage. Pour cela, une étude du sol (reconnaissance du sol) est réalisée afin de
connaître son comportement mécanique lorsqu’il est soumis à un chargement : conditions de stabilité de
la fondation, conditions de tassement du sol.
En fonction de la profondeur à laquelle se trouve le bon sol, on distingue deux principaux types de
fondations : superficielles et profondes.

2. Les fondations superficielles

Nous adopterons les notations suivantes :

- B : Largeur de la semelle ou la plus petite dimension


- D : Encastrement ; C’est l’épaisseur minimale des terres au-dessus du niveau de la fondation.
- L : Longueur de la semelle (dimension dans le sens perpendiculaire à la largeur)
- F : Charge totale provenant de la superstructure
D D
On appelle fondation superficielle toute fondation dont le rapport est plus petit que quatre ( 4 ).
B B
Les fondations superficielles sont :

- Les semelles plates, en béton armé, filantes sous murs ou ponctuelles sous poteaux,
- Les massifs ou des longrines en béton souvent coulés à pleine fouille,
- Les radiers généraux de grande dimension

Leur stabilité est normalement assurée sans tenir compte des butées sur les faces verticales, sauf
parfois dans le cas des massifs semi-profonds.

2.1. Les semelles isolées

Elles sont réalisées sous des poteaux. Leurs dimensions de surface sont homothétiques à celles du
poteau qu’elles supportent. Elles peuvent être de forme rectangulaire ou circulaire.

2.2. Les semelles filantes

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Elles sont réalisées sous murs ou sous une file de poteaux. Leurs dimensions de surface sont
homothétiques à celles du mur qu’elles supportent.

Fig 1 : Illustration des fondations sur semelles isolée (à gauche) et filante (à droite)

2.3. Les radiers généraux

Lorsque les semelles deviennent trop importantes et que l'on ne veut pas aller fonder en profondeur,
ou que des fouilles sont difficilement réalisables, il est intéressant de construire un radier général. Le
bâtiment est alors posé sur une sorte de plancher.

La solution de fondation par radier général est envisageable après vérification de l’absence de
tassements dus à un terrain de résistance non homogène ; on doit particulièrement s’intéresser à la nappe
phréatique dans le cas d’un radier, car la poussée d’Archimède peut faire sauter le bâtiment comme un
bouchon… La répartition des contraintes sous le radier doit être uniforme.

3. Dimensionnement des fondations sur semelles

La surface de la semelle doit être suffisante pour répartir sur le sol, les charges apportées par les
porteurs verticaux. La capacité portante du sol doit être supérieure à la pression exercée par les fondations.
N u [N ]
La surface S d’une semelle s’exprime : S [mm²]
q [ MPa]
Nu représente l’effort ultime apporté par l’ouvrage (obtenu par descente de charges).

q la contrainte admissible (capacité portante) du sol (obtenue par étude de sol).

BX AX
Condition d’homothétie : (permet de déterminer à partir de S la section de la semelle).
BY AY

BX AX
Hauteur de la semelle : H 10cm B X AX (à vérifier dans le plan y).
4

NB : dans le cas de semelles filantes, Ay=1m.

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Principe de ferraillage

Lorsque l’on pousse sur un balai contre Le béton de la fondation, pris entre Il se crée dans la fondation des bielles
le sol ses poils s’écartent. l’ouvrage et le sol, va subir le même de béton qui vont s’écarter et créer de
phénomène. la fissuration dans la fondation.

Fig 2 : Comportement mécanique des semelles

Il est donc nécessaire de placer des aciers afin que les bielles de béton ne s’écartent pas et, ainsi,
éviter la fissuration du béton de la fondation.
Les aciers principaux porteurs sont placés dans le

sens de la largeur de la semelle.

Les aciers placés dans la longueur de la semelle

sont les aciers de répartition.

Fig 3 : types d’armatures de ferraillage d’une semelle

Les aciers de répartition servent à maintenir les armatures principales et à réaliser un ceinturage
(chaînage) bas de l’ouvrage. Dans le cas d’une semelle isolée les aciers sont porteurs dans les 2 sens.

Fig 4 : Ferraillage de semelles isolée et filante

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3.1. Dimensionnement des radiers

Mécaniquement, le radier se comporte comme une poutre renversée. Il est dimensionné comme une
poutre et donc armé en partie supérieure entre les murs de refends.

Fig 5 : Répartition des charges sous un radier et principe de ferraillage

L’épaisseur du radier varie en fonction de la nature des ouvrages (de 20 cm à 50 cm en général, au-
delà exceptionnellement).

Fig 6 : Types de radier

3.2. Procédé de réalisation de semelles superficielles


Les travaux préliminaires à la réalisation d’une semelle est l’implantation, suivie du terrassement
(creusage de la fouille).

- Coulage du béton de propreté


Le béton de propreté est une couche de béton dosé au minimum de 150 kg/m³ de ciment. Son rôle
est d’éviter la souillure de la semelle par le sol lors du bétonnage, de positionner les écarteurs d’armatures
afin de respecter l’enrobage de celles-ci (4 à 5 cm) et d’obtenir une surface plane pour la réalisation de la
semelle.

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- Coffrage de la semelle
Le coffrage se fait dans des coffres métalliques ou en bois. Cependant, pour des raisons
d’économie, le coulage peut se faire directement dans la fouille ; les parois servent alors de coffrage
perdu.

- Ferraillage de la semelle
Il s’agit du façonnage et de la mise en place dans les coffres, des armatures de la semelle, ainsi que
des armatures de liaison poteau-semelle. Des cales en béton doivent être placées judicieusement sur le
béton de propreté pour respecter l’enrobage des armatures. Elles se composent soit de barres ou soit de
treillis soudé. Elles renforcent le béton qui résiste très peu à la traction.

- Bétonnage
Il s’agit du coulage du béton au dosage recommandé dans le dossier des travaux.

3.3. Quelques dispositions constructives

Glacis

Dans le cas de fondations très larges (Ax à partir de 1,50 m ou 2,00 m), on peut réaliser un glacis
pour économiser du béton mais sa mise en œuvre est plus difficile. La hauteur de la semelle aux extrémités
est au moins égale à 6 Ø + 6 cm, Ø étant le diamètre des armatures en cm.

Fig 7 : Semelle avec glacis


Renfort d’armature sous une ouverture

Une semelle filante est sollicitée comme une poutre au droit des ouvertures dans le voile (cas d’une
baie), il s’avère donc nécessaire de positionner une armature de renfort sous cette ouverture.

Voile

Ouverture
Semelle filante
Renfort d’armature

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Fig 8 : Renfort d’armature sous une ouverture dans la semelle filante

Renforcement des fondations

Au droit des angles de l’ouvrage et des trumeaux les plus chargés, on élargit les fondations afin
qu’elles résistent aux efforts importants résultants.

Fig 9 : Renforcement des fondations au droit des angles et des trumeaux les plus chargés

Semelle excentrée

Dans le cas de bâtiment construit contre un bâtiment existant, on ne peut pas créer de semelle
symétrique car il est interdit d’empiéter sur le terrain voisin. Cette fondation risque donc de pivoter si on ne
prend aucune précaution, d’où la mise en place d’un buton, bloquant cette rotation contre la semelle
voisine.

Semelle excentrée

Fig 10 : Raidissement d’une semelle excentrée

Joint de rupture

Un joint de rupture doit être prévu entre 2 ouvrages voisins, lorsqu’ils subissent des différences
importantes de charge, s’appuient sur des sols de natures différentes ou possèdent des fondations de natures
différentes (cas d’un ouvrage à construire contre un ouvrage ancien).

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Fondations de natures
Charges différentes Sols de natures différentes
différentes

Fig 11 : Condition de mise en place d’un joint de rupture

Le joint de rupture sépare complètement les 2 ouvrages, y compris les fondations. Il est réalisé à
l’aide de polystyrène.

Fig 12 : Joint de rupture


Joint de dilatation

Un ouvrage soumis à de grandes différences de température va subir des dilatations d’autant plus
importantes que cet ouvrage est long. Il est donc prévu de disposer des joints de dilatation tous les 30 m. Le
joint de dilatation sépare complètement les 2 ouvrages, hormis leurs fondations. Il réalisé à l’aide de
polystyrène.

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Fig 13 : Joint de dilatation

Fondation sur terrain en pente

Dans ce cas les fondations se trouvent à des niveaux différents et les semelles supérieures peuvent
exercer une poussée sur les semelles inférieures qui ne sont pas dimensionnées en conséquence, ou risquent
d’amorcer un glissement d’ensemble.

Fig 14 : Construction sur des terrains en pente


Il existe deux solutions pour résoudre ce problème :

Fig 15 : Solutions de fondation envisageables


- Soit respecter une pente de 2 pour 3 entre les 2 semelles.
- Soit, si cela s’avère impossible, exécuter des redans en gros béton.
Fondation sur sol argileux

Dans ce cas il peut se produire, après terrassement de la fouille, un gonflement par déchargement du
poids des terres excavées ou par augmentation de la teneur en eau du sol. On peut alors soit effectuer une
purge (ôter le sol argileux pour le remplacer par un meilleur sol), soit traiter le sol en place (à la chaux par
exemple) ou soit en tenir compte dans les calculs.

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Fig 16 : Problèmes rencontrés en sols argileux
4. Protection contre l’humidité

Si le terrain de fondation est perméable (sables, graviers,...) et non immergé, les eaux de
ruissellement s'infiltrent rapidement sans soumettre le mur périphérique à une importante humidité
permanente ; par contre, si le terrain de fondation est peu perméable (argile, limon...), les eaux d'infiltration
peuvent venir s'accumuler le long du mur enterré.

Fig 17 : Mouvements des eaux d’infiltration à proximité d’une construction


Dans le premier cas il n’y a pas de précaution particulière à prendre, l’arase étanche réalisée entre le
mur de soubassement et le plancher du rez-de-chaussée suffit.

Dans le deuxième cas la réalisation d’un drain périphérique est nécessaire. Il entoure complètement
la construction dans le cas d’un terrain plat ou, profitant de la pente, peut éviter un coté.

Cas des terrains Cas des terrains en


sensiblement plats pente

Drains Drai
Collecteur Drai

Collecteur

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Fig 18 : Disposition de drains tout autour de la construction

Conception générale

Un drainage comporte obligatoirement :

1. Une tranchée drainante, remplie de matériaux perméables allant de la granulométrie la plus


importante en bas (autour du drain) à la plus faible en haut.

2. Un drain placé toujours sur la face supérieure de la fondation afin d’éviter les affouillements sous
celle-ci.

3. Des regards de visite à chaque changement de direction et au point haut.

4. Un dispositif d’évacuation des eaux recueillies par les drains.

Fig 19 : Détails du dispositif de drainage


5. Les fondations profondes
D
On appellera fondation profonde toute fondation dont le rapport est plus grand que quatre (
B
D
4 ). Il en existe plusieurs types dont les principaux sont : les puits, les barrettes, les pieux, les micro-
B
pieux et les colonnes ballastées (procédé qui se situe à la limite entre technique de fondation et technique
de traitement de sol).
5.1. Les puits

Ils se rattachent, de par le principe de réalisation, aux fondations profondes. Ils sont cependant
calculés suivant les règles de fondations superficielles. Pour ces raisons on les qualifie de fondations semi-
profondes.

La fiche d’un puits excède rarement 5 mètres, et sa mise en œuvre est réalisée au tractopelle ou
manuellement. De ce fait l’assise du puits n’est pas plane et on coule alors un béton de propreté en fond de

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puits sur 5 cm. Les puits ne comportent généralement pas d’armature. Ils sont bien adaptés à des descentes
de charges ponctuelles. Cette technique est employée dans des chantiers de faible à moyenne envergure.

5.2. Les barrettes

La technologie s’améliorant, on a construit des machines de chantier capables de créer des


excavations plus profondes (jusqu’à plusieurs dizaines de mètres) qu’avec des tractopelles, tout en
respectant une faible section pour l’excavation (50 à 120 cm). On appelle ce dispositif de fondation
«barrette ».

Les barrettes sont des pieux de section très allongée, comme des éléments de murs. Elles sont
coulées dans le sol dans des trous forés sous boue de bentonite. Les parois moulées sont des murs
constitués de barrettes juxtaposées. Elles peuvent servir d’écran d’étanchéité ou de soutènement mis en
place avant exécution des fouilles.
La section la plus rencontrée est 250 cm par 100 cm. Les barrettes sont souvent groupées. La
capacité portante d’une barrette peut atteindre plusieurs centaines de tonnes. Groupées, elles peuvent
fonder des ouvrages conséquents.
Les parois de l’excavation sont stabilisées par boue de bentonite et coulées très rapidement. Cette
technique est bien adaptée à des chantiers d’envergure.

5.3. Les pieux

Le pieu est le type de fondation profonde le plus ancien. A l’origine, il était constitué d’un tronc
d’arbre enfoncé verticalement dans un sol trop mou pour supporter une fondation superficielle. La force
portante d’un pieu est la somme de deux termes :

- La résistance de pointe, qui dépend de la section du pieu et de la résistance du sol à ce niveau,


- Le frottement latéral exercé par le sol sur toute la hauteur du pieu et qui dépend de la surface
latérale du pieu, des caractéristiques du sol et de l’interface entre le sol et le pieu.

Les pieux servent donc à reporter les charges sur des couches résistantes situées en profondeur,
comme des colonnes. On parle alors de pieux chargés en pointe.

Ils peuvent aussi, si la résistance de pointe est très faible, tenir surtout par l’effet des frottements
latéraux. On parle alors de pieux flottants.

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Les pieux constituent la solution technique adéquate quand le bon sol se situe à une profondeur
importante, et que le chantier n’est que de moyenne envergure. Leur mode de mise en œuvre peut autoriser
la prise en compte du frottement latéral.
Il existe deux catégories principales de pieux : les pieux battus et les pieux forés. Ces catégories
sont elles-mêmes des familles qui comportent de nombreuses variantes que nous ne ferons que citer.
Pour l’ensemble des types de pieux, l’ancrage minimal doit s’effectuer dans la couche de sol dite
«bon sol» ; on veillera à ancrer le pieu de 3 fois son diamètre dans la couche préconisée s’il fonctionne
principalement en pointe.

5.3.1. Les pieux battus

Ce sont des éléments préfabriqués en bois, béton armé ou métalliques qu’on enfonce dans le sol par
battage avec un mouton jusqu’à l’obtention d’un couple de valeurs (enfoncement, énergie) qui correspond
à la résistance mécanique désirée. Les capacités portantes sont de l’ordre de 100 tonnes pour des diamètres
de 50 cm à 80 cm.
Au terme du battage, on réalise le recépage du pieu, qui correspond à la démolition des bétons se
trouvant en partie haute (tête) du pieu, et leur « recépage » permet de mettre à nu les armatures pour reprise
dans le massif de tête.

5.3.2. Les pieux forés

Ce sont des éléments en béton armé mis en place à l’intérieur d’un trou préalablement foré. Le
forage peut se faire à la tarière pour les terrains meubles, ou à la roto percussion pour les terrains
rocheux…).

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Principe de réalisation d’un pieu foré tubé
Les micro-pieux
Ce sont de pieux dont le diamètre est inférieur à 25 cm. Ils ne travaillent donc qu’en frottement
latéral, du fait de leur faible diamètre. Pour leur mise en œuvre, on réalise un forage préalable de petite
section. Dans ce forage on introduit un « armatube » (un tube creux métallique de forte section) qu’on
descend en fond du forage et qui dépasse du terrain en partie haute. On injecte un coulis de ciment par cet
armatube. L’injection peut se faire à faible pression (moins de 1 MPa) ou à haute pression (plusieurs
MPa).
Cet aspect a des conséquences sur les forces de frottement, donc sur la capacité portante. Les micro-
pieux de 14 cm de diamètre peuvent atteindre des capacités portantes variant de 50 à 80 tonnes. Mais on a
l’habitude de les dimensionner pour 30 à 40 tonnes.
La technique des micropieux est bien adaptée à la réparation ou à la rénovation. C’est aussi une
bonne alternative quand on veut fonder un ouvrage en bordure de fondations existantes.

Les colonnes ballastées


Pour exécuter une colonne ballastée on réalise une excavation par des engins mécaniques. Puis on la
remplit de ballast qu’on compacte grâce à un pilon introduit dans l’excavation. Ce matériau repousse le
terrain et compacte à son tour le sol. On répète cela plusieurs fois. Le maillage de colonnes est déterminé
par les caractéristiques du terrain et les charges à reprendre.
La section des colonnes dépend de l’aptitude du sol à se déformer lors de la phase de compactage.
Une fois les colonnes achevées, le sol est un matériau composite, fait d’une alternance de colonnes et de sol
en place, mais qui a été compacté par l’action des colonnes. Les colonnes ballastées constituent donc une
technique hybride qui inclut une amélioration du sol par compactage.
On fonde ensuite l’ouvrage soit sur les colonnes par des fondations superficielles ponctuelles, soit
sur le matériau hybride par un radier. Pour des sections de largeur 60 cm à 120 cm les colonnes ballastées

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classiques offrent des portances de 20 à 30 tonnes par colonne. Ce système de fondation est intéressant
pour des chantiers relativement importants.

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