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Poids

L’indice de masse corporelle (IMC) : un indicateur


imparfait?
Pour évaluer la corpulence et les risques probables sur la santé, le calcul de l’IMC tient compte de
deux facteurs : la taille et le poids. La simplicité de ce calcul a toutefois un prix : l’IMC a ses limites.
Voici quelques-unes des raisons expliquant pourquoi ce chiffre doit être considéré avec précaution.

Un système de classification ne tenant pas compte des variations individuelles

Comme les différents seuils de l’IMC ont été établis selon des données relatives à la santé d’une
population d’adultes européens et nord-américains, les personnes âgées de moins de 18 ans et les
femmes enceintes ou qui allaitent ne doivent pas utiliser ce système de classification. De plus, aucun
consensus n’existe actuellement concernant les personnes ayant une autre origine ethnique. Par
ailleurs, s’il existe des différences concernant la composition et le format corporel des hommes et des
femmes, ce système de classification ne fait aucune distinction selon l’âge ou le sexe des individus.

Bref, comme ce système est fondé sur des données populationnelles, il ne permet pas d’évaluer
précisément les risques pour la santé d’un individu de façon personnalisée. Afin de préciser le risque
individuel pour la santé, d’autres facteurs tels que les habitudes de vie (l’alimentation et l’activité
physique) et la présence d’autres facteurs de risques pour la santé doivent être pris en compte.

Des poids « naturels » en dehors des intervalles de « poids normal »

Comme les divers déterminants du poids ne sont pas pris en compte dans l’estimation de l’IMC, ce
système de classification peut sous-estimer ou surestimer les risques pour la santé chez certaines
personnes. Par exemple, les adultes qui ont une forte musculature, comme les sportifs de haut
niveau, peuvent avoir un IMC se retrouvant dans l’intervalle « excès de poids », voire même « obésité
», qu'ils soient en bonne santé ou non. À l’inverse, les personnes naturellement minces peuvent avoir
un IMC légèrement sous l’intervalle « poids normal » sans nécessairement être à risque de
développer des problèmes de santé.

Au-delà de l’IMC : le mode de vie

Bien que les études démontrent que l’embonpoint et l’obésité représentent des facteurs de risque
pour certaines maladies comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, l’hypertension,
l’apnée du sommeil, l’arthrose et certains cancers, la mesure dans laquelle un surplus de poids est
associé à un risque pour la santé demeure incertaine. De plus, ces études épidémiologiques tiennent
rarement compte des habitudes de vie, des fluctuations de poids (l’effet « yoyo » des régimes
drastiques) ou du statut socio-économique des participants lorsqu’elles établissent une relation entre
le poids et le développement de certaines maladies. Pourtant, ces facteurs ont une réelle influence sur
les risques pour la santé d’une personne. Il est donc difficile de définir quel déterminant du poids est
principalement en cause dans le développement de ces maladies.

Certaines études ont d’ailleurs démontré que, quand ces facteurs étaient contrôlés, le risque de
développer des problèmes de santé s’atténuait ou disparaissait totalement chez les participants qui
souffraient de surpoids ou d’obésité légère. Prenons l’exemple de l’effet « yoyo » résultant des
tentatives de perte de poids répétées, qui augmente le niveau d’inflammation et donc les risques pour
la santé. Dans certaines études, des participants qui souffraient d’obésité légère, mais qui
maintenaient un poids stable, présentaient des risques pour leur santé similaires aux participants
ayant un « poids santé ». Autrement dit, vaut mieux conserver un léger excès de poids que de voir
notre poids fluctuer constamment au fil des années.
D’autres points de repères permettant d’évaluer les risques pour la santé

L’endroit où on accumule un surplus de poids permet encore mieux d'évaluer les risques pour la santé
que le chiffre inscrit sur notre balance. En effet, un excès de masse adipeuse, et particulièrement un
excès se situant dans la région abdominale, est relié à divers problèmes de santé. Ainsi, la mesure du
tour de taille et la connaissance de notre type de silhouette corporelle représentent d’autres points de
repères utiles permettant d’évaluer les risques pour la santé.

Somme toute, même s’il est imparfait, l’IMC demeure sans contredit un outil de dépistage utile.
Toutefois, il ne peut, à lui seul, diagnostiquer un problème de santé. Si vous avez des inquiétudes
concernant votre poids, consultez un professionnel de la santé qui saura faire une évaluation globale
de votre état de santé, tel un médecin ou un nutritionniste.
Références
 Bacon, L., Aphramor, L. Weight Science : Evaluating the Evidence for a Paradigm Shift. Nutrition Journal, 2011; 10:9
 Campos, P., Saguy, A., Ernsberger, P., Oliver, E., Gaesser, G. International Journal of epidemiology, The epidemiology
of overweight and obesity : public health crisis or moral panic?, 2006, 35:55-60.
 Statistique Canada. Indice de masse corporelle chez les adultes. (IMC) [EN LIGNE] http://www.statcan.gc.ca/pub/82-
229-x/2009001/status/abm-fra.htm (Page consultée le 20 janvier 2015)
 Santé Canada. Le nomogramme de l'indice de masse corporelle (IMC). [EN LIGNE] http://www.hc-sc.gc.ca/fn-
an/nutrition/weights-poids/guide-ld-adult/bmi_chart_java-graph_imc_java-fra.php (Page consultée le 20 janvier 2015)

 Santé Canada. Lignes directrices canadiennes pour la classification du poids chez les adultes - Guide de référence
rapide à l'intention des professionnels [EN LIGNE] http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/nutrition/weights-poids/guide-ld-
adult/cg_quick_ref-ldc_rapide_ref-fra.php (Page consultée le 9 février 2015)