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Poids

Obésité: un phénomène complexe


À l’échelle mondiale, l'obésité touche 600 millions d’adultes, soit environ 13 % de la population, selon
l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Autrefois réservée aux pays industrialisés, cette maladie côtoie dorénavant les carences
nutritionnelles dans les pays en développement, c’est ce que l’on appelle le double fardeau
nutritionnel.

Mais quelles sont les causes et les conséquences de l’obésité ? Extenso fait le point sur cet enjeu
majeur de santé publique.

Qu’est-ce que l’obésité ?

Si de multiples organisations se sont intéressées à ce phénomène les dernières années, ce n’est


qu’en 2013 que l’American Medical Association a adopté une politique reconnaissant l’obésité comme
étant une maladie à part entière.

L'obésité correspond à une augmentation excessive du gras corporel par rapport à la masse
musculaire, dans une proportion telle qu'elle peut avoir une influence dommageable sur la santé.

Une personne est considérée comme étant obèse lorsque son indice de masse corporelle (IMC) est
plus grand que 30 et ses risques pour la santé augmentent plus l’IMC surpasse ce chiffre.

Catégories d'IMC (kg/m2) Classification d’obésité Risque de développer


des problèmes de santé
30.0-34.9 Obésité de classe I Élevé
*Si obésité abdominale :
risque très élevé
35.0-39.9 Obésité de classe II Très Élevé
≥40 Obésité de classe III Extrêmement élevé

Toutefois, étant donné que cette mesure tient seulement compte du poids (en kilogrammes) et de la
taille (en mètres) d’une personne, l’IMC a ses limites et n’est pas une mesure directe de la masse
adipeuse.

Pour sa part, l’obésité abdominale ou viscérale, faisant référence à un tour de taille de 102 cm ou plus
chez les hommes et de 88 cm ou plus chez les femmes, est une mesure qui prédit encore mieux les
risques pour la santé liés à l’excès de poids d’un individu. En effet, les personnes dont la graisse
s’accumule autour de l'abdomen ont plus de risque de développer des maladies cardiovasculaires, de
l’hypertension, un diabète de type 2, et certains cancers.

Ainsi, un homme ayant un excès de poids (IMC de 25 à 29,9) peut être exposé à un risque aussi élevé
pour sa santé qu’une personne souffrant d’obésité, si elle présente de l’obésité abdominale (tour de
taille de 102 cm ou plus).

L’obésité en chiffres
Au Canada, la prévalence de l’obésité a nettement progressé dans les trois dernières décennies, en
passant de 6,1 % de la population adulte en 1985 à 18,3 % de la population en 2011. Toutefois, si l’on
se compare aux États-Unis, où l’obésité touchait 35 % de la population en 2011-2012, il est possible
de se consoler.

Fait inquiétant, non seulement l’obésité de classe I touche de plus en plus de Canadiens, mais surtout
l’obésité de type II et III, soit les formes d’excès de poids entrainant des risques très élevés pour la
santé, a plus que quadruplé de 1985 à 2011. Toutefois, le Québec semble se défiler habilement de
cette tendance nationale en étant la province qui présente les taux les plus bas d’obèses de classe II
et III, suivi de près par la Colombie-Britannique.

Sachant que 80 % des personnes diabétiques souffrent d’excès de poids ou d’obésité, la hausse de la
prévalence de l’obésité peut ainsi expliquer la progression de plusieurs maladies chroniques, tels le
diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.

Un fardeau social et économique pour le Québec ?

Les frais de santé liés à l’excès de poids, et plus particulièrement à l’obésité abdominale,
s’établissent à plus de 1,5 milliard de dollars, soit 10% des coûts totaux des consultations
médicales et des hospitalisations des adultes.

De plus, plusieurs personnes ayant un excès de poids subissent de la stigmatisation à l’égard de leur
poids, ce qui peut miner leur estime de soi et les conduire à adopter des comportements alimentaires
malsains.

Que nous réserve l’avenir?

La mauvaise nouvelle : L’Organisation for Economic Co-operation and Development (OECD) prédit
que plusieurs pays, incluant le Canada, verront leur taux d’obésité continuer de progresser de 4 % à 5
% par année, ce que confirme également une étude effectuée en 2014.

La bonne nouvelle : malgré l’augmentation de la prévalence de l’obésité dans toutes les provinces
canadiennes, le Québec continuera probablement de maintenir un des taux les plus faibles
d’embonpoint et d’obésité comparativement aux autres provinces canadiennes.

Qu’est-ce qui cause l’obésité?

Si certaines organisations qualifient l’obésité d’épidémie mondiale, cette maladie multifactorielle n’est
pas contagieuse en soi. Or, les habitudes de vie des parents et de toute la famille peuvent bel et bien
se transmettre aux enfants, de façon volontaire ou non.

À cet effet, manger plus souvent en famille est associé à une diminution de la consommation de
boissons gazeuses ainsi qu’à une diminution des problèmes d’obésité chez les jeunes. Pour en savoir
plus, lisez l’article Nos petits mangeurs « Comment agir aux repas avec un enfant de petit poids ou en
embonpoint? » ou l’article Extenso « Alimentation : les mots à ne pas dire ».

Au-delà de l’influence de la famille et des pairs, divers facteurs biologiques, socio-culturels,


personnels et environnementaux peuvent contribuer à l’obésité, ce qui en fait une maladie complexe.
Et bien que les mauvaises habitudes alimentaires et le manque d’activité physique soient souvent
pointés du doigt, plusieurs autres facteurs peuvent influencer notre poids et notre silhouette, tels que :

Facteurs modifiables (saines habitudes de Facteurs incontrôlables


vie)
Les habitudes alimentaires Le bagage génétique
Le niveau d’activité physique L’âge
Le niveau de sommeil Le taux d’hormones
Le tabagisme Certaines maladies
Le stress psychologique
La prise de médicaments
L’historique de poids, etc.

De plus, le statut socio-économique, l’environnement alimentaire et médiatique ainsi que plusieurs


autres facteurs ont un impact sur notre poids. Certaines études ont d’ailleurs révélé que le taux
d’obésité chez les femmes a tendance à s’accroitre plus le revenu diminue.

C’est dire que ce phénomène complexe ne découle pas nécessairement d’un manque de
motivation ou de volonté, mais bien d’un amalgame de déterminants. Et comme certains facteurs
sont hors de notre contrôle, miser sur les saines habitudes de vie demeure la meilleure stratégie afin
d’améliorer l’état de santé des personnes obèses.

Considérant uniquement l’aspect lié à l’alimentation, l’excès de poids peut survenir lorsqu’une
personne consomme plus de calories qu’elle n’en dépense chaque jour en bougeant, en pratiquant un
sport ou en travaillant physiquement. Le surplus des calories ingérées est alors emmagasiné sous
forme de graisses.

Les principaux responsables alimentaires :

 Les aliments et boissons ultra-transformés et de restauration.


 Les aliments riches en gras et en sucres comme les desserts, les boissons sucrées et les fritures.
 Les trop grandes portions, particulièrement celles servies dans les restaurants.
 Les régimes drastiques populaires.
 Les repas devant les écrans (télévision, ordinateur, tablette, cellulaire, etc.)

Pour en savoir plus sur les comportements qui nous poussent à manger plus que nos besoins, lisez
notre article « Ce qui nous pousse à trop manger ».

Saviez-vous que les gourmands pourraient être en meilleure santé que les personnes moins
aventureuses au niveau alimentaire? C’est du moins ce que laisse entendre une étude
exploratoire effectuée en 2015 auprès de 501 jeunes femmes adultes aux États-
Unis.

Selon cette étude, les femmes appréciant découvrir des aliments nouveaux avaient
un poids inférieur et rapportaient être plus actives physiquement et ayant une
alimentation plus équilibrée que le groupe de femmes moins aventureuses au niveau
alimentaire.

Ayant plus tendance à déguster les aliments, les gastronomes semblent avoir plus de plaisir
à manger et à cuisiner. De plus, ils semblent être davantage à l’écoute de leurs signaux
corporels de faim et de satiété, ce qui leur permettrait de maintenir leur poids naturel plus
facilement.
Conséquences de l’obésité sur la santé

L’obésité, et plus particulièrement l’obésité abdominale, a des répercussions négatives sur la santé,
en plus d’être à l’origine de plusieurs maladies :

 Maladies cardiovasculaires (maladie coronarienne, AVC)


 Diabète de type 2
 Hypertension
 Augmentation des lipides sanguins (dyslipidémie)
 Résistance à l’insuline
 Certaines formes de cancers (sein, utérus, pancréas, côlon)
 Apnée du sommeil, problèmes respiratoires
 Affections de la vésicule biliaire
 Ostéoarthrite

De plus, l’« obésité sévère » (stades II et III) est liée à un plus haut taux de mortalité ainsi qu’à une
demande accrue sur le système de soins de santé.

Pour notre santé : misons sur un mode de vie sain et actif

Saviez-vous qu’une réduction du poids d’aussi peu que cinq pour cent (5 %) peut améliorer votre
état de santé et réduire le risque d’apparition du diabète de type 2 de près de 60 %? De plus,
l’adoption de saines habitudes de vie peut améliorer plusieurs indicateurs de santé, tel le taux de gras
dans le sang, même si le chiffre sur la balance demeure le même.

Si la saine alimentation peut contribuer à prévenir certaines problématiques de poids, l’activité


physique a aussi son rôle à jouer. Il a d’ailleurs été estimé que 1 051 000 cas d’obésité pourraient être
évités si les personnes inactives devenaient actives.

Alors, pour votre santé, misez sur une alimentation variée et équilibrée ainsi que sur la pratique
d’activité physique régulière, peu importe votre poids!
Références
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