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ArcHydro : détermination des bassins

versants d’un territoire (1)


Nous allons utiliser ArcHydro pour calculer les différents bassins versants d’un
territoire. Il est important de connaître les différentes étapes pour arriver au résultat,
mais aussi de savoir sur quelles hypothèses on se base. En effet, les hypothèses
utilisées par ArcHydro ne sont pas les seules existantes pour faire ce travail, par
contre elles sont les seules disponibles dans le cadre d’ArcGis.

La détermination des bassins versants se fait en suivant les étapes:

1- Détermination de la direction d’écoulement


2- Détermination de l’accumulation d’écoulement
3- Détermination du réseau d’écoulement
4- Segmentation du réseau d’écoulement
5- Détermination du bassin versant de chaque tronçon du réseau d’écoulement
6- Fusion des bassins versants de chaque élément pour constituer des bassins versant
de la taille souhaitée.

1- Détermination de la direction d’écoulement


Chaque cellule du MNT est entourée par 8 autres cellules.

Le principe d’ArcHydro est d’établir vers quelle cellule s’écoule l’eau, à partir de la
cellule centrale. Pour cela il calcule la pente entre la cellule centrale et les 8 cellules
environnantes. Il considère que l’eau s’écoule vers la cellule qui a la pente la plus
forte.
Cette hypothèse est une des bases d’ArcHydro, mais elle n’est pas universelle.
D’autres algorithmes (non disponibles avec ArcGis) considèrent que, bien qu’il y ait
un écoulement plus important vers la cellule avec plus forte pente, il y aura un
écoulement vers toutes les cellules plus basses que la cellule centrale.

Pour suivre le processus nous allons utiliser le MNT corrigé lors des articles
précédents (ArcHydro : 2- Préparer un MNT corrigé pour l’hydrologie – 1ère
partie et ArcHydro : Préparer un MNT corrigé pour l’hydrologie – 2ème partie).

Pour calculer la direction d’écoulement cliquez sur « Terrain Preprocessing »->


« Flow direction »
Le résultat montre les différentes directions d’écoulement calculées à partir du MNT.

2- Détermination de l’accumulation
d’écoulement
La deuxième étape consiste à calculer combien de cellules s’écoulent, en amont, vers
chacune des cellules du MNT.

Quand aucune cellule s’écoule vers la cellule considérée, la valeur est de 0. Quand
plusieurs cellules s’écoulent vers la cellule considérée, la valeur est égale à la somme
de valeurs d’écoulement de ces cellules.

Pour calculer la direction d’écoulement cliquez sur « Terrain Preprocessing »->


« Flow accumulation »
Les seuls champs à renseigner sont le raster en entrée (Flow direction) et le nom du
raster en sortie.

Le résultat se présente comme suit:

3- Détermination du réseau d’écoulement


Pourquoi réseau d’écoulement et pas réseau hydrographique? Le réseau
hydrographique répertorie les « cours d’eau ». La qualification de cours d’eau repose
essentiellement sur les deux critères suivants :

 la présence et la permanence d’un lit naturel à l’origine, distinguant ainsi un cours


d’eau d’un canal ou d’un fossé creusé par la main de l’homme;
 la permanence d’un débit suffisant une majeure partie de l’année.
Dans notre cas, on ne tiendra pas compte de ces critères. Nous allons construire un
réseau seulement à partir des données d’accumulation. On construit un réseau à
partir d’un seuil d’accumulation, par exemple 150. Ceci revient à dire que, du moment
où l’accumulation atteint 150 cellules, on considère que l’on est sur un tronçon de
notre réseau hydrographique. Ceci est complètement indépendant du fait que cette
cellule se trouve ou non sur le tracé d’un cours d’eau « officiel ». Il est clair qu’à partir
d’un certain seuil, on se trouvera forcément sur les cours d’eau « officiels ».

La définition du seuil ne répond à aucune règle absolue. Il dépend de l’objectif de


l’étude, de la taille de votre zone d’étude, du type de terrain, bref, de beaucoup de
paramètres. Ceci dit, ça ne vous avance pas beaucoup. Alors, comment trouver la
bonne valeur?

Dites vous que vous allez, à la fin du traitement, obtenir une photographie de
l’ensemble de votre territoire. La valeur que vous allez choisir ici, pour créer votre
réseau hydrographique, s’apparente au grain de votre photo. C’est la taille la plus
petite pour laquelle vous pourrez avoir une information. En fonction de votre objectif,
et sachant que plus vous ajoutez de la définition à votre photo, plus long et compliqué
est le processus, vous devez trouver un bon compromis. Il est inutile d’ajouter de la
définition très fine si vous ne recherchez qu’une vue globale, et il serait malvenue de
choisir un gros grain si vos objectifs sont des études de détail de votre territoire.

Pour calculer le réseau d’écoulement cliquez sur « Terrain Preprocessing »->


« Stream definition ». La fenêtre de définition s’ouvre:
Vous pouvez rentrer soit le nombre de cellules d’accumulation, soit la surface
moyenne de bassin versant à partir desquelles on considère qu’il y a « cours d’eau ».
Ce qui est très utile c’est que, dès que vous rentrez une des deux valeurs, ArcHydro
calcule automatiquement l’autre.

Pour notre exemple, nous rentrons 150 cellules, ce qui correspond à un bassin versant
d’environ 0,84 km².

Le résultat de la commande est le suivant:

Dans l’article précédent, ArcHydro : détermination des bassins versants d’un


territoire (1), nous nous sommes arrêtés à la définition de notre réseau
hydrographique. Nous allons terminer e processus en abordant les trois derniers
points:

4- Segmentation du réseau d’écoulement


5- Détermination du bassin versant de chaque tronçon du réseau d’écoulement
6- Fusion des bassins versants de chaque élément pour constituer des bassins versant de la
taille souhaitée

Segmentation du réseau d’écoulement


Il ne faut pas oublier que nous sommes en train de travailler en mode raster. Chaque
pixel (cellule) peut contenir une ou plusieurs valeurs, mais elles sont toutes
« indépendantes ». Contrairement au réseau hydrographique de type vecteur, où
nous avons des tronçons identifiés, ici rien ne nous permet de dire que deux pixels,
mêmes contigus, appartiennent à un même tronçon hydrographique.
L’étape de segmentation à laquelle nous allons procéder répond à ce besoin: la
commande va chercher les pixels contigus entre deux nœuds hydrographiques.

Les nœuds considérés sont: les sources, les jonctions, les exutoires.
Les pixels contigus entre deux nœuds auront le même identifiant de tronçon. Et
chaque tronçon sera numéroté différemment.

Pour créer ce réseau, nous utilisons la commande « Terrain Preprocessing » ->


« Stream Segmentation »

Visuellement, le raster résultant est identique au précédent. Pour voir la différence


vous pouvez changer la symbologie en « Valeurs uniques ». Vous verrez alors les
pixels appartenant à chaque tronçon avec la même couleur.

Détermination du bassin versant de chaque


tronçon du réseau d’écoulement
Maintenant que nous avons construit les tronçons du réseau hydrographique nous
allons déterminer les bassins versants de chaque tronçon, c’est à dire les cellule qui se
déversent sur chacun des tronçons. Contrairement à notre notion classique de bassin
versant qui prend en comte le ruissellement des berges di tronçon ainsi que les
apports des tronçons en amont de celui qui est considéré, dans cette étape nous
allons seulement prendre en compte le ruissellement direct sur chaque tronçon, sans
tenir compte des apports qui peuvent arriver par les biais des affluents du tronçon.
Pour cela nous utiliserons la commande « Terrain Preprocessing » -> « Catchment
Grid delineation »

Les entrées sont le raster avec les directions d’écoulement et le raster avec les
tronçons hydrographiques.
La sortie sont les bassins versants de chaque tronçon.

Maintenant, nous souhaitons voir les bassins versants tels que nous les connaissons,
pas tronçon par tronçon, mais bien par cours d’eau principal. C’est ce que nous allons
faire dans la prochaine étape.
Fusion des bassins versants de chaque élément
pour constituer des bassins versant de la taille
souhaitée
Pour continuer dans cette étape, nous allons quitter le monde raster pour rejoindre le
monde vecteur. Même s’il y a moyen de faire ce que nous souhaitons avec des rasters,
il est beaucoup plus simple de travailler en mode vecteur.
Nous allons donc convertir en vecteur les bassins versants des tronçons et le réseau
de tronçons.
Pour convertir les bassins versants des tronçons, nous utilisons la commande
« Terrain Preprocessing » -> « Catchment Polygon Processing »
Pour convertir le réseau de tronçons en polylignes, nous utilisons la commande
« Terrain Preprocessing » -> « Drainage Lines Processing »

Vous pouvez voir que les propriétés de chaque tronçon permettent de savoir les
nœuds qui le limitent ainsi que le tronçon aval suivant.

Nous allons maintenant calculer les bassins contigus avec la fonction « Adjoint
Catchment Processing ».

Cette fonction génère le bassin versant agrégé, cumulé et contigu en amont de chaque
bassin de tronçon hydrographique. Pour chaque bassin versant généré, le polygone
construit délimite toute la zone contigüe amont du tronçon. Si Deux tronçons
confluent vers le tronçon en question, le polygone entoure les trois bassins de
tronçons. Puis, on cherche quels bassins de tronçons sont contigus à ce polygone et
on en génère un nouveau bassin versant contigu. On effectue ce processus jusqu’à ne
plus avoir de bassins de tronçons qui s’écoulent vers le bassin versant généré.

Pour exécuter cette commande on utilise « Terrain Preprocessing » -> « Adjoint


Catchment Processing ».

Les entrés sont les lignes d’écoulement (« DrainageLine ») et la couche de polygones


bassins versants (« Catchment”). Le résultat est stocké dans une nouvelle couche
vectorielle de type polygone (« AdjointCatchment ») que vous pouvez renommer.
Cette couche nous permettra de réaliser toute une série de calculs intéressants, mais
la commande a aussi ajouté une champ attribut dans la table de « Catchment » avec
l’identifiant du bassin aval et un autre champ attributaire dans la table de
DrainageLine avec l’identifiant du bassin versant du tronçon.