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Benny Goodman

Neuvième d'une famille de douze enfants, Benjamin


David Goodman voit le jour le 30 mai 1909 à Chicago
(Illinois).
Apprenti professionnel
Fils d'immigrants juifs d'Europe de l'Est (son père, un
tailleur polonais, et sa mère, une Lithuanienne, se sont
rencontrés dans le Maryland), il fait l'apprentissage de la
clarinette dans l'orchestre de la synagogue Kehelab
Jacob. Trois ans après, il passe musicien professionnel et
joue dans plusieurs formations lors de fêtes familiales
jusqu'à son engagement dans l'orchestre du batteur Ben
Pollack en 1925. Influencé par le jazz New Orleans de
Johnny Dodds et Jimmy Noone, il participe à la riche
scène chicagoane et enregistre ses premières faces pour
Vocalion (1928).

New York, New York


L'année suivante, seulement âgé de vingt ans, il perd son père et part s'établir à New York
en tant que musicien de séance et animateur radio ; il tient notamment le micro de la
célèbre émission Let's Dance . Signé sur Columbia par le producteur (et futur manager)
John Hammond, dont il épouse la fille Alice, Benny Goodman réalise en 1934 ses
premiers succès chantés par Jack Teagarden ( « Ain't Cha Glad? » , « I Ain't Lazy, I'm
Just Dreamin' » ) Billie Holiday ( « Riffin' the Scotch » ) ou Mildred Bailey ( « Ol' Pappy » )
et l'instrumental « Moon Glow » , classé n°1. Le clarinettiste passe ensuite chez RCA
Victor où il obtient cinq nouveaux hits.
Les Trente joyeuses
Star des années 1930, Benny Goodman est le
premier leader de big band à réunir des
musiciens blancs et noirs. Son orchestre
compte des solistes de grande valeur comme
Teddy Wilson (piano), Lionel Hampton
(vibraphone), Harry James et Cootie Williams
(trompette), Charlie Christian (guitare) ou Gene
Krupa (batterie), et un arrangeur de premier
ordre avec Fletcher Henderson. Il est ainsi le
premier musicien populaire à abolir la
ségrégation raciale au sein d'un groupe.
Applaudi au Palomar Ballroom de Los Angeles le 21 août 1935, il joue six mois au
Congress Hotel de Chicago et signe à son retour à New York une nouvelle série de hits au
swing exubérant : « It's Been So Long » , « Goody Goody » , « The Glory of Love », « You
Turn the Tables On Me » , « One O'Clock Jump » (chanté par Ella Fitzgerald), « This
Year's Kisses » (Margaret McCrae), etc. Le 16 janvier 1938 est une date historique :
Benny Goodman est le premier musicien de jazz à fouler la scène du Carnegie Hall de
New York. Le show enregistré donnera lieu à de multiples éditions.
Le roi du swing
Celui que l'on surnomme depuis « le roi du swing » est sollicité au cinéma ( The Big
Broadcast of 1937 , Camel Caravan ). En trio, quartette, sextette ou big band, il continue
de composer ou interpréter de nombreux titres appelés à devenir des standards ( «Don't
Be That Way’, «I Let a Song Go Out of My Heart’, «Sing, Sing, Sing (With a
Swing)» , «And the Angels Sing» , «Darn That Dream’... ). Son exigence envers ses
musiciens lui fait parfois perdre des talents précieux (Gene Krupa, Harry James) dans une
compétition engagée face à Glenn Miller et Artie Shaw. En 1941, après une opération, il
revient au sommet avec « There'll Be Some Changes Made » (Louise Tobin), « Somebody
Else Is Taking My Place »(Peggy Lee) et « A String of Pearls » , suivis du grand succès «
Taking a Chance On Love » (Helen Forrest).

En 1944, Goodman dissous son big band pour des formations plus petites. Le cinéma lui
fait toujours les yeux doux (de The Powers Girls à Sweet and Low-Down) et Broadway
l'accapare (Seven Lively Arts). Reformé, son big band survole le sommet des charts
avec « Gotta Be This Or That » et « Symphony » (Liza Morrow). Après une participation
au film A Song Is Born (1948), le compositeur qui touche également au classique
(le Concerto pour clarinette de Mozart) s'aventure dans le style bebop. Au rayon
contemporain, il passe commande auprès de Bela Bartok (Contrastes), Morton Gould,
Aaron Copland ou George Gershwin (Prelude, Fugue and Riffs ). Les années cinquante et
soixante sont celles de grandes tournées en Europe, Asie, Amérique du Sud et Japon. En
1962, il est invité à jouer en Union soviétique où le jazz est interdit (Benny Goodman in
Moscow).

Fin de carrière
En 1963, RCA réunit son quartette des années 1930
(Goodman, Wilson, Hampton et Krupa) pour
l'album ‘Together Again!’ . En 1970 sort le live ‘Benny
Goodman Today’ (enregistré à Stockholm avec
notamment Buck Pizzarelli) et en 1977 son dernier
album Let's Dance (nommé aux Grammy Awards). Le
17 janvier 1978, un concert est organisé pour fêter le
quarantième anniversaire de sa prestation au
Carnegie Hall de New York. Récompensé par un
Grammy Lifetime Achievement Award, Benny
Goodman s'éteint le 13 juin 1986. Il est enterré au
cimetière de Long Ridge à Stamford (Connecticut)
tandis que ses partitions sont conservées à
l'Université de Yale.