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SYNTAXE

PHRASE SIMPLE [320-330]


320. MODES ET TEMPS DES INDEPENDANTES ET
PRINCIPALES

  Sommaire

Indicatif [321]
       Faits présents [322]
       Faits passés [323]
       Faits futurs [324]
       Indicatif de possibilité [325]
Impératif [326]

Subjonctif [328]
       Subjonctif de possibilité [329]
       Subjonctif d'ordre [330]

321. INDICATIF

L'indicatif sert à exprimer des faits conformes à la réalité situés par rapport au moment de la
parole.
Les temps de l'indicatif en latin correspondent assez à ceux du français.

322. Faits présents L'indicatif présent sert à exprimer :


- des faits actuels au moment de l'énonciation

Non equidem inuideo, miror magis (Virg., Buc., 1, 11),


"Je ne t'envie pas, je m'étonne plutôt".

- une vérité générale

Verba uolant, scripta manent (proverbe),


"Les paroles volent, les écrits restent".
323. Faits passés L' indicatif, pour exprimer des faits relatifs au passé, s'emploie  :
- à l'imparfait (temps de la description) : décrit des faits passés
dans leur durée.

Ibam forte uia Sacra (Hor., Sat., 1, 9, 1),


"Je me promenais un jour sur la Voie Sacrée".

- au parfait (temps de la narration) : décrit des faits passés


accomplis.

Veni, uidi, uici (Suét., Caes., 37),


"Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu" !

- au plus-que-parfait : décrit un fait passé antérieur à un passé.

Ad riuum eundem lupus et agnus uenerant (Phèdre, 1, 1, 1),


"Un loup et un agneau étaient venus près de la même rive ".

- au présent (présent historique ou de narration) dans les récits,


en contraste avec d'autres temps du passé, par souci de style.

Nostri, omissis pilis, rem gladiis gerunt. Repente post tergum


equitatus cernitur : cohortes aliae appropinquabant. Hostes
terga uerterunt. Fugientibus equites occurrunt. Fit magna
caedes (Cés., B.G., 7, 88, 3).
"Nos soldats, laissant leurs javelots, se battent à l'épée. Soudain, par
derrière, apparaît la cavalerie : d'autres cohortes approchaient. Les
ennemis tournèrent le dos. Les cavaliers s'opposent à leur fuite. Un
grand carnage se produit".

N.B. Pour l'infinitif historique ou de narration, voir [293].


 
324. Faits futurs L'indicatif, pour exprimer des faits relatifs à l'avenir, s'emploie  
- au futur simple

Faciam ut potero (Cic., Sen., 7),


"Je ferai comme je pourrai".

- au futur antérieur pour exprimer un fait relatif à l'avenir, antérieur


à un fait futur.

Fecero (Tér., Phorm., 882),


 "Je l'aurai fait".
325. Indicatif L'indicatif s'emploie avec des verbes comme posse, decet, oportet,
exprimant la esse + adjectif ou adjectif verbal, pour exprimer la possibilité,
possibilité nécessité, opportunité, convenance. L'indicatif latin peut se traduire
par un conditionnel français.
  Ad mortem te, Catilina, duci iussu consulis iam pridem
oportebat (Cic., Cat., 1, 1, 2),
"Depuis longtemps déjà, Catilina, il aurait fallu t'envoyer à la mort
sur l'ordre du consul".

326. IMPERATIF

327. Ordre / défense L'impératif s'emploie pour exprimer ;


- un ordre (injonction, prière, souhait, exhortation, selon le contexte)

Vare, redde legiones (Suét., Aug., 23)


"Varus, rends les légions".

 - une défense (ne + impératif ou noli, nolite + infinitif)


(Concurrence avec le subjonctif parfait à la 2ème personne [330])

Equo ne credite (Virg., En., 2, 48),


"Ne vous fiez pas au cheval".

Nolite sinere nos cuiquam seruire (Cic., Par., 5, 41),


"Ne permettez pas que nous soyons asservis à quelque chose".

 
328. SUBJONCTIF

329. Possibilité Divers temps du subjonctif s'emploient pour exprimer :


- une possibilité ou une expression adoucie dans le présent :
(Négation : non) subjonctif présent ou parfait.
Quis dubitet ? Quis dubitauerit ? (Cic., Parad., 6, 48)
 "Qui douterait? Qui peut/pourrait douter?".

- une possibilité dans le passé : subjonctif imparfait.

Ego tibi irascerer ? Tibi possem irasci ? (Cic., ad Quint. fr., 1, 3,


1).
 "Moi, je me serais fâché contre toi ? J'aurais pu me fâcher contre
toi ?"

N.B.
Le subjonctif de possibilité peut se rencontrer aussi dans des
propositions subordonnées [346].
Pour les modes des principales dans la période conditionnelle [371 et
suivants].
 
330. Ordre - défense Divers temps du subjonctif s'emploient pour exprimer :
- souhait - regret - un ordre : subjonctif présent (souhait, exhortation, concession,
selon le contexte)
(Négation : ne) (2ème pers. : impératif [326])

Amemus patriam (Cic., Sest., 143).


 "Aimons notre patrie".

Ne difficilia optemus (Cic., Verr., 2, 4, 15).


 "Ne souhaitons pas des choses difficiles".

Sit fur, sit sacrilegus, at est bonus imperator (Cic., Verr., 2, 5, 4).
"Qu'il soit voleur, qu'il soit profanateur, il est du moins bon général".

- une défense (2ème personne) : ne + subjonctif parfait, mais aussi


ne + subjonctif présent. (Voir aussi impératif [326]).

Ne mortem timueritis (Cic., Tusc., 1, 98).


"Ne craignez pas la mort."

Ne requiras (Cic., Sen., 33).


"Ne recherche pas".

- un souhait : utinam/utinam ne + subjonctif présent ou parfait.

Vtinam illum diem uideam (Cic., Att., 3, 3),


"Pourvu que je voie ce jour-là".
(souhait réalisable dans le présent ou l'avenir)

Vtinam uere augurauerim (Cic., Rep., 2, 5, 138),


"Pourvu que j'aie prédit la vérité".
(souhait qu'un événement passé se réalise)

- un regret : utinam/utinam ne + subjonctif imparfait ou plus-que-


parfait

Illud utinam ne uere scriberem (Cic., Fam., 5, 17, 3)!


 "Ah ! si je pouvais ne pas dire vrai en disant cela !".
[mais cela est vrai. Regret qu'un événement se réalise]

Vtinam omnes M. Lepidus seruare potuisset(Cic., Phil., 5, 39)!


"Ah ! si Marcus Lepidus avait pu les sauver tous !"
 [mais il ne l'a pas fait. Regret qu'un événement se soit réalisé].