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Réseaux d’accès optiques Chapitre II

II.1. Introduction :

Le réseau d'accès (ou boucle locale) permet de connecter les locaux du client (Customer
Premises) au cœur de réseau de l'opérateur de télécommunications ou du fournisseur d'accès
Internet [1]. Les techniques d’accès numérique fleurissent dans tous les domaines qu’autorise
la transmission : sur les câbles de cuivre (réseau téléphonique pour l’ADSL) ou des ondes
radio (Wi-Fi, WiMAX...). Ces techniques sont assez peu coûteuses car elles ne nécessitent pas
de travaux lourds, elles offrent cependant des performances limitées, avec des portées de
quelques kilomètres et des débits de quelques Mbit/s au mieux. Or les abonnés, que ce soit
les particuliers, les professionnels ou les acteurs publics, ont besoin aujourd’hui de débits
toujours plus élevés, voire symétriques, avec une meilleure réactivité du réseau, pour des
usages comme la vidéo haute définition, le partage de fichiers volumineux. Ceci amène les
opérateurs à envisager des solutions plus performantes avec la fibre optique [1].

Fig. II.1 : Schématisation d’architecture d’un réseau d’accès.

L’introduction de la fibre optique dans les réseaux d’accès présente de nombreux avantages
comparativement aux autres médias de transmission tels que la paire torsadée, les câbles
coaxiaux ou encore la voie hertzienne [2,3]:

 la bande passante quasi illimitée des fibres optiques permet d’obtenir une plus grande
capacité de transmission de données jusqu’à l’abonné final ;
 la distribution sur fibre optique permet de réduire les coûts de gestion et de
maintenance du réseau.

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 La pénétration progressive de la fibre optique dans les réseaux d’accès nous amène
chaque jour un peu plus près du concept du réseau tout optique.

En outre, les fibres optiques offrent aujourd’hui les débits conformes au très haut débit aussi
bien dans le sens descendant que montant, aussi les problèmes d’éloignement sont abolis et
tous les usagers ont la possibilité de bénéficier du même niveau de service.

II. 2. Réseaux d’accès optique :

Le réseau d’accès optique est souvent constitué par une partie en fibre optique suivie d’une
partie en conducteur métallique qui va jusqu’au terminal de l’abonné. Selon la localisation de
la terminaison du réseau optique. Les fibres optiques peuvent être déployées selon diverses
topologies FTTx où la variable « x » décline le niveau plus ou moins profond de déploiement
de la fibre vers l’usager final. Les technologies FTTx (Fiber To The x) consistent à remplacer
le support téléphonique classique en cuivre par la fibre optique, sur une partie de la boucle
locale de l'utilisateur. Comme la fibre optique présente un bien meilleur affaiblissement que le
cuivre, elle permet de proposer des offres d'accès à des débits supérieurs et avec une
couverture plus large que les technologies xDSL utilisées seules [4].
La fibre optique est amenée jusque chez l’abonné et apporte le 1Gbit/s par utilisateur avec
FTTH mais pour des raisons de coût, l’arrivée de la fibre peut s’arrêter de façon plus proche
vers l’abonné (au trottoir) avec FTTC (Fiber to the Curb) ou à l’entrée dans le bâtiment avec
FTTB (Fiber to the Building). Dans ces deux derniers cas, la continuité s’effectue par le biais
de câbles métalliques jusqu’à la porte de l’utilisateur. La figure ci-dessous illustre les
différentes architectures FTTx [5].

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Fig. II.2: Technologie de la FTTX.

II.3. La technologie FTTH :

FTTH est l'acronyme de Fiber To The Home qui signifie « fibre optique jusqu'à l’abonné » en
français. C’est un réseau de télécommunications qui se termine en fibre optique au domicile
de l'abonné et offre des débits qui peuvent atteindre 2 Gbit/s, il est largement reconnu comme
la solution optimale pour la diffusion du haut débit dans les communautés nouvelles et
existantes. Comparable au câble dans son installation, puisqu'il nécessite la pose de fibres
optiques jusque chez l'abonné, le FTTH est principalement utilisé dans les zones urbanisées
en raison de son coût élevé de déploiement. Il est toutefois bien adapté aux zones rurales car
la fibre optique offre l'avantage de pouvoir transporter le signal sans dégradation sur de
longues distances, contrairement à la paire de cuivre. Cette technologie est déjà utilisée en
milieux urbains en Asie du Sud - Est et aux États-Unis, ainsi que dans quelques
agglomérations européennes. D'après un rapport publié par l'IDATE « Institut pour le
Développement et l'Aménagement des Télécommunications et de l'Économie », l'Asie domine
toujours très largement le classement des continents les plus fibrés [6, 7, 20]. L’inconvénient
principal de FTTH pour les opérateurs est le coût de l’installation. En effet, il faut déployer
de nouveaux câbles dans le sol ou dans les airs afin de raccorder chaque habitation à ce
nouveau réseau. C’est d’ailleurs pour cette raison que le nouveau réseau de fibre optique se
développe surtout dans les zones très urbanisées pour l’instant.

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II.4. Déploiement des réseaux d’accès optique :

Le déploiement des réseaux d'accès optique était très limité jusqu'en 2003. Il était cantonné à
quelques liaisons point-à-point « P2P » pour connecter des entreprises ayant besoin d'une
bande passante importante. Le premier véritable déploiement a eu lieu au Japon et son essor
accroît actuellement à très grande vitesse. La liaison point-à-multipoint « P2P » est
l'architecture très majoritairement choisie dans ce type de réseau, cette technologie offre une
large bande passante à l'utilisateur. Ainsi la technologie FTTH remplace progressivement le x
DSL.

Fig. II.3: Différentes architectures de la technologie FTTH a) Point-à- Point, b) Point-à -multipoints.

▪ liaison point à point ou « P2P » est l’architecture physique la plus simple à envisager. En
effet, il s’agit de remplacer les paires de cuivre, dédiées par une fibre optique dans le cas
d’un réseau FTTH. Elle consiste de disposer à chaque abonné sa propre fibre de chez lui
jusqu'au nœud de raccordement optique (NRO). C'est une solution très couteuse mais
avantageuse au niveau de la sécurité de transfert puisque les données des différents
utilisateurs sont séparées.

▪ Contrairement à un réseau de type FTTH-P2P, le FTTH partagé (point à multi- points ou


P2MP) permet de mutualiser une partie du réseau entre différents usagers. La fibre
optique entre l'abonné et le NRO est partagée grâce à un répartiteur supplémentaire
installé en amont. Cette solution est moins coûteuse à mettre en œuvre mais elle ne permet
pas d'ajuster facilement le débit, en plus d'employer des composants passifs ce qui
diminue énormément les coûts de chaque connexion [8,9].

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II.5. Description des réseaux optiques passifs :

Le réseau optique passif PON (Passive Optical Network) est un réseau point-multipoint
(P2MP) dans lequel le médium est la fibre optique qui se présente sous la forme illustrée à la
figure (II.4). Il est composé d’éléments optiques passifs, car les distances à parcourir ne
nécessitent pas de régénération du signal ; ceci évite le besoin de courant électrique entre le
nœud central de distribution et l'abonné, et réduit les coûts de matériel, d'installation,
d'opération, et d'entretien du réseau [10].
Il se caractérise d’une manière générale par les entités suivantes : un système de terminaison
de ligne optique l’OLT (Optical Line Terminal) situé dans le site technique de l’opérateur ,
une unité de réseau optique ONU (Optical Network Unit) qui dessert directement le domicile
de l’utilisateur si elle est partagée entre plusieurs clients et suivie d'une transmission
secondaire (cas des FTT Cab / FTTC / FTTB) ou une terminaison de réseau optique ONT
(Optical Network Termination) si elle est mono client cas de FTTH et des éléments passifs
(fibre et splitter ou coupleur) situés dans la partie du réseau de distribution assurant
l’interconnexion entre un OLT et plusieurs ONT [3, 11,21].
Cette solution est moins coûteuse à mettre en œuvre mais elle ne permet pas d'ajuster
facilement le débit [11]. En revanche elle offre l'avantage de limiter le nombre de fibres à
déployer grâce à l’utilisation du répartiteur optique (splitter) fonctionnant comme un hub.

Fig. II.4 : Schéma simplifiée d’un réseau d’accès optique point à multipoint.

Les architectures PON peuvent être organisées en étoile (un coupleur en sortie de chaque port
PON de l’OLT dessert plusieurs ONT), en arbre (en cascadant les coupleurs, un coupleur
pouvant desservir plusieurs sous-branches) et/ou en bus (sérialisation des coupleurs). C’est
l’architecture en arbre qui est la plus souvent déployée.

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Fig. II.5: Topologies de base: (a) arbre; (b) bus; (c) l'anneau.

II.6. Standardisations du PON :

Les technologies associées aux PON (Passive Optical Network) sont de type ATM, Ethernet
ou Gigabit (UIT-T), ce qui donne naissance aux G.983 Broadband Passive Optical Network
UIT-T (BPON) [12], le UIT-T G.803.2ah Ethernet Passive Optical Network (de EPON) [13]
et de l'UIT-T G.984 Réseau Gigabit-capable Passive Optical GPON [14].

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