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VENDREDI 19 AOÛT 2016

LE JOURNAL DE SAÔNE-ET-LOIRE

POUR SORTIR SAÔNE-ET-LOIRE ET RÉGION

 
 

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S AÔNE-E T-LOIRE

NATURE

Chauve-souris :une

La Nuit internationale de la chauve- souris met un coup de projecteur sur un animal plus utile que nuisible, dont les populations sont pourtant en déclin. Plusieurs rendez-vous de sensibilisation seront proposés en Saône-et-Loire.

L es chauves-souris sont comme Bat- man : le tout-venant les croit dan-

gereuses, forcément suspectes à frico- ter avec la nuit, alors qu’en réalité, elles rendent un grand service à la so- ciété. Sans le charisme de George Clooney ou de Christian Bale, leur cause semble plus dure à défendre que celle de l’homme chauve-souris. Mê- me la recherche scientifique ne s’y in-

téresse vraiment que depuis les an- nées 90. Cette Nuit internatio- nale de la chauve- souris est une façon de re- dorer le bla- son de cet inoffensif mammifère insec- tivore, à travers des balades nocturnes ac- compagnées d’experts, des chiropté- rologues. Car ces justicières s’atta- quent à un autre ennemi de la nation :

le moustique.

opérationséduction

qui joue un rôle primordial dans l’écosystème. Plus étonnant, son guano, loin d’être nocif, peut ser- vir d’engrais puissant.

…mais menacée

Une espèce utile… « Leur guano ne tâche pas, elles n’abî- ment pas les charpentes
Une espèce utile…
« Leur guano ne tâche pas, elles n’abî-
ment pas les charpentes et ne se pren-
nentpasdanslescheveuxdesdames. »
Grégoire Duranel, chargé de mission
Natura 2000, balaie les clichés. En Eu-
rope, le chiroptère, nom scientifique
de la chauve-souris, est un insectivore
strict. Ses scores de régulateur des in-
sectes sont sa meilleure carte de visite.
Une chauve-souris mange
l’équivalent d’un tiers de
son poids chaque nuit,
jusqu’à 3 000 moustiques
pour certaines
espèces.
U n
e
colonie

comme celle de Brancion fait ainsi disparaître une tonne d’insectes par an. Un véritable insecticide naturel

d’histoire naturelle d’Autun (SHNA).

Que faire en présence de chauves-souris ?

Une ligne SOS chauve-souris a été mi- se en place par la Société d’histoire naturelle d’Autun et le groupe Chirop- tère Bourgogne. Des experts ac- cueillants répondent à vos questions. Parmi les règles de base : ne pas dé- ranger les individus. Les chauves-sou- ris sont fragiles et inoffensives, parti- culièrement en hiver où le moindre dérangement peut épuiser leur réser- ve de graisse et les tuer. Des experts peuvent se déplacer gratuitement chezvouspourvousconseillersurdes actions : installer une bâche pour le guano (et l’utiliser en engrais), créer un nichoir ou devenir refuge, laisser des petites fissures dans une façade qui peuvent devenir des habitats de reproduction (2 ou 3 cm suffisent à un murin de Daubenton, moins à une pi- pistrelle). Protégés, il est interdit de détruire individus et habitat. Il faudra donc attendre l’automne et leur dé- part pour entamer certains aménage- ments.

Marion Peiffert

POUR ALLER PLUS LOIN. SOS Chauve-souris Bourgogne : 03.86.78.79.38 ou www.bourgogne-nature.fr www.nuitdelachauvesouris.com

Les populations de chauve- souris ont reculé de 50 % en 50 ans au niveau euro- péen. En cause, le déve- loppement de l’agricul- ture intensive, qui modifie les paysa- ges et contamine les individus à tra- vers l’usage de pes- ticides et d’antipa- rasitaires, mais aussi les aménage- ments urbains qui réduisent leur habi- tat. En Saône-et- Loire, qui compte cinq espè- ces en dan- ger sur le seul territoi- re du Cluni- sois, deux enti- tés travaillent main dans la main pour la protection de cette es- pèce protégée : Natura 2000 Grosne-Clunisois et la Société

 

LE SAVIEZ-VOUS

 
 

n Assister à l’envol des chauves- souris à Brancion

Le site de Brancion est une sorte de Côte d’Azur pour le grand rhinolo- phe en été, puisque c’est une des trois plus importantes colonies de reproduction de Bourgogne. Un lieu crucial donc, pour la préservation de cette espèce de chauve-souris en danger qui a fait l’objet d’une récente étude par Natura 2000 et la SHNA, permettant d’établir la présence de quelque 600 à 700 individus. Cha- que soir à la tombée de la nuit, on peut assister à un ballet incompara- ble : l’envol de la colonie. Rensei- gnez-vous à l’accueil du château de Brancion qui, si vous promettez de vous faire discret, saura vous indi- quer le lieu exact de ce spectacle de virtuoses.

n Des visites au sonar

Vous rêviez d’une batmobile, voici la “batbox”. Ce petit boîtier capable de capter les ultrasons envoyés par les chauves-souris pour se déplacer accompagnera les animateurs lors

des

balades nocturnes. Grâce à une

enceinte, vous pourrez plonger dans l’univers ultrasonique de la chauve- souris. Chaque espèce émettant sa propre fréquence, il est aussi possi-

ble

de savoir quel type de chauves-

souris chasse dans les environs. « Ça

n’est pas aussi simple à déterminer qu’un chant d’oiseau », prévient Alexandre Cartier.

n Les espèces rencontrées dans la région

Une importante colonie de grand

murin, une espèce de 40 cm d’enver- gure, gîte à Autun. On croise aussi pipistrelles communes - la petite ombre qu’on voit passer sous les lampadaires -, noctules ou murins

de

Daubenton. On retrouve ces

n Petite envergure et grandes oreilles, l’oreillard roux est une des espèces de chiroptères les

n Petite envergure et grandes oreilles, l’oreillard roux est une des espèces de chiroptères les plus “mignonnes”. Il est plutôt

derniers en nombre à Saint-Clé-

ment-sur-Guye. À La Grande-Ver- rière, on aura peut-être la chance de croiser un oreillard, la plus “jolie” des reines de la nuit, avec son petit gabarit et ses oreilles immenses. Mais les chauves-souris chassant jusqu’à 30 km autour de leur gîte, impossible de savoir à l’avance qui

on

apercevra précisément parmi les

forestier. Photo Alexandre CARTIER

24 espèces recensées en Bourgogne.

Alexandre CARTIER 24 espèces recensées en Bourgogne. La Grande-Verrière, bientôt un refuge ? n La

La Grande-Verrière, bientôt un refuge ?

en Bourgogne. La Grande-Verrière, bientôt un refuge ? n La pipistrelle commune, petite ombre que l’on

n La pipistrelle commune, petite ombre que l’on voit sous les lampadaires. Ph. JOUVE

La Grande-Verrière est en pas- se de devenir la première com- mune de Saône-et-Loire à pos- séder son label Refuge pour chauves-souris. Afin de proté- ger les colonies de grand mu- rin, sérotine commune et

oreillard qui passent l’été dans le clocher, la municipalité tra- vaille avec la Société d’histoire naturelle d’Autun à son amé- nagement. Le label Refuge est accordéauxcollectivités,mais aussi aux particuliers, qui s’en-

gagentdansdesactionsdepro-

tection des chauves-souris : ni- choirs, aménagements, sensibilisation… RENDEZ-VOUS. Conférence et balade nocturneavecAlexandreCartier,

chargé d’étude faune sauvage et chiroptérologue à la SHNA. Vendredi

19 août à 20 h. Salle de la mairie.

Gratuit. Tel 03.86.78.79.38.

RENDEZ-VOUS

 

n

AUTUN. Projection du documentaire Une vie de grand rhinolophe de Tanguy Stoecklé suivi d’unebalade

le long de l’Arroux, avec

baladeanimées par Samy

Mezani, chiroptérologue bénévole du groupe Chirop- tère Bourgogne. SALLE COMMUNALE. Samedi

Ludovic Jouve, chiroptéro- logue à la Société d’histoire naturelled’Autun. CINÉMA ARLETTY. Vendredi 26 août à 21 h. Gratuit. Tel. 03.86.78.79.38

27

août à 20 h 30. Gratuit.

Inscription au 03.85.96.27.35.

n MATOUR.Dernièredes balades nocturnes. MAISON DES PATRIMOINES Mercre di 24 août à 20 h 30. Tarifs

n

SAINT-CLÉMENT- SUR-GUYE. Conférence et

4,60/3,10 €. Inscription au

03.85.59.78.84

SAO - 1

www.lejsl.com