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NOUVEAU

NOUVEAU
OGRAMM
ROGRAM
OGRAM

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Electromagnétisme
2 année e

MP-MP*-PC-PC*
PSI-PSI*-PT-PT*
Jean-Marie BRÉBEC
Professeur en classes préparatoires au lycée Saint-Louis à Paris

Thierry DESMARAIS
Professeur en classes préparatoires au lycée Vaugelas à Chambéry

Alain FAVIER
Professeur en classes préparatoires au lycée Champollion à Grenoble

Marc MÉNÉTRIER
Professeur en classes préparatoires au lycée Thiers à Marseille

Bruno NOËL
Professeur en classes préparatoires au lycée Champollion à Grenoble

Régine NOËL
Professeur en classes préparatoires au lycée Champollion à Grenoble

Claude ORSINI
Professeur honoraire en classes préparatoires au lycée Dumont-d'Urville à Toulon

Jean-Marc VANHAECKE
Professeur en classes préparatoires au lycée Malherbe à Caen

H~=ppi n HACHETTE
Supérieur
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Composition, mise en page et s c h é m a s : Alpha Edit


Maquette intérieure : S.G. Création et Pascal Plottier
Maquette de couverture : Alain Vambacas

© H A C H E T T E L I V R E 2004, 43, quai de Grenelle 75905 paris cedex 15


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I . S . B . N . 978-2-01-145639-7

Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés pour tous pays.

L e Code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes des articles L . 122-4 et L . 122-5, d'une part, que
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contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. 11
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CHARGES ET CHAMP ÉLECTROMAGNÉTIQUE 5

^ CHAMP ÉLECTROMAGNÉTIQUE PERMANENT 37

$ COMPLÉMENTS DE MAGNÉTOSTATIQUE 63

k~ CONDUCTEURS EN ÉQUILIBRE ÉLECTROSTATIQUE CONDENSATEURS (MP-PT) 93

ÉQUATIONS DE MAXWELL 127

^ INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE 167

J APPLICATIONS DE L'INDUCTION 198

£ FERROMAGNÉTISME {PSI-PSI*) 243

ANNEXES 267

INDEX 270

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4
réface
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Cette collection concerne les nouveaux programmes des classes préparatoires aux Grandes Écoles mis en application
à la rentrée de septembre 2004 pour les classes de D e u x i è m e année MP, PC, PSI, et PT.

Les auteurs ont choisi d'aborder le programme de physique par m a t i è r e , et non par filière. Cependant les parties de pro-
gramme spécifiques à une ou plusieurs filières sont bien signalées. Ces indications n ' e m p ê c h e n t pas un élève souhai-
tant approfondir ses connaissances dans un domaine d o n n é , d ' é t u d i e r une partie non retenue pour sa filière.
Ce d é c o u p a g e présente l'intérêt d'englober un ensemble cohérent et complet de connaissances et d'applications pour
une m a t i è r e , ce qui est un atout pour aborder les T I P E (travaux d'initiative personnelle encadrés) et A D S (analyse de
documents scientifiques), par exemple.

• L a physique est une science e x p é r i m e n t a l e et doit être e n s e i g n é e en tant que telle. Les auteurs ont particulièrement
soigné la description des dispositifs e x p é r i m e n t a u x et des protocoles o p é r a t o i r e s qu'ils ont illustrés de nombreux
s c h é m a s . Souhaitons que leurs efforts incitent les professeurs à accorder davantage de place aux activités e x p é r i -
mentales, toujours très formatrices, dans leurs cours et les élèves à s'y intéresser davantage pour mieux a p p r é h e n d e r
les p h é n o m è n e s .

• L a physique n'est pas une science d é s i n c a r n é e , uniquement p r é o c c u p é e de spéculations fermées aux réalités tech-
nologiques. Chaque fois que le sujet s'y prête, les auteurs donnent une large place aux applications scientifiques ou
industrielles propres à motiver les futurs chercheurs et ingénieurs.

• L a physique n'est pas une science aseptisée et intemporelle, elle est le produit d'une é p o q u e et ne s'exclut pas du
champ des activités humaines. Les auteurs ont fait référence à l'histoire des sciences, aussi bien pour décrire l ' é v o -
lution des m o d è l e s théoriques que pour replacer les e x p é r i e n c e s dans leur contexte.

• L a physique étudie des p h é n o m è n e s naturels et des systèmes dont elle cherche à m o d é l i s e r les comportements et à
prévoir les é v o l u t i o n s . Cette m o d é l i s a t i o n a m è n e inévitablement à relier des grandeurs physiques entre elles et à o p é -
rer des traitements m a t h é m a t i q u e s . Les auteurs ont d o n n é aux m a t h é m a t i q u e s leur juste place, en privilégiant la
réflexion et le raisonnement physique et en mettant l'accent sur les p a r a m è t r e s significatifs et les relations qui les
unissent.

• L a m a î t r i s e de la physique n é c e s s i t e un apprentissage et un e n t r a î n e m e n t : pour cela les auteurs ont s é l e c t i o n n é j


des exercices nombreux et v a r i é s , extraits des é p r e u v e s écrites et orales des concours d ' e n t r é e aux Grandes É c o l e s ;
ces exercices s'appuient sur des situations c o n c r è t e s et conduisent à des applications n u m é r i q u e s correspondant à
des dispositifs réels ou des p h é n o m è n e s quotidiens. Tous les exercices sont c o r r i g é s de façon d é t a i l l é e . Dans les
exercices c o m m e n t é s , la solution est d i s c u t é e , et les erreurs à ne pas commettre s i g n a l é e s .

L'équipe d'auteurs, c o o r d o n n é e par Jean-Marie B R É B E C , est c o m p o s é e de professeurs très e x p é r i m e n t é s de classes


préparatoires ; ils possèdent une longue pratique des concours des Grandes Ecoles, et leur c o m p é t e n c e scientifique est ^'
unanimement reconnue. §
Ces ouvrages de seconde année s'inscrivent dans une parfaite continuité avec ceux de première a n n é e , tant dans la
forme que dans l'esprit, car le noyau de l ' é q u i p e d'auteurs est le m ê m e .

Gageons que ces ouvrages constitueront de précieux outils pour les étudiants, tant pour une préparation efficace des |
concours que pour l'acquisition d'une solide culture scientifique. I
s
J.-P. D U R A N D E A U et M . - B . M A U H O U R A T I

3
1
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Charges et champ
électromagnétique

■ Distributions de charges et de courants.


■ Conservation de la charge électrique.
■ Puissance fournie aux charges par le

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
champ électromagnétique.
■ Conduction et loi d’Ohm.
■ Actions de Laplace.

Ce chapitre reprend et complète les notions de


Première année afin de poser les bases de
l’électromagnétisme classique ; celles-ci nous
permettront d’étudier par la suite l’unification, due à
J.-C. Maxwell en 1864, des phénomènes électriques et
magnétiques que d’autres scientifiques avaient ■ Charges et courants électriques (Cours
de Première année).
abordés indépendamment avant lui : les français
P. Laplace (1749-1827) et A.M. Ampère (1775-1836) ■ Électrostatique et magnétostatique
(Cours de Première année).
ou l’anglais M. Faraday (1791-1867) notamment.

5
Électromagnétisme
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1 C h a rg e s e t c o u r a n t s é l e c t r i q u e

dt M
1.1. Distribution de charges
(V )
La densité volumique de charges en un point M d’une distribution est définie
comme une moyenne à l’échelle mésoscopique : Doc. 1a. Distribution volumique de
dq ( M , t ) charge.
r ( M , t ) = ---------------------- ,
dt
où dq ( M , t ) est la quantité de charges contenue à l’instant t dans le volume
élémentaire mésoscopique, dt , entourant le point M (doc. 1a).
Ce volume doit être : dt e
M
• grand à l’échelle microscopique (atomique) pour que le milieu puisse être M
considéré comme continu ; dS
• faible à l’échelle macroscopique pour que la distribution de charges soit
décrite précisément dans tout le domaine étudié. Doc. 1b. Distribution surfacique de
charge :
r ( M , t ) est donc une grandeur locale ; elle s’exprime en C . m–3.
dt = e dS et dq = re dS = s dS .
À l’échelle macroscopique, l’une des dimensions du volume total de la distri-
bution de charges étudiée peut être faible devant les autres : le milieu présente
l’aspect d’une nappe (doc. 1b).
Écrivons la quantité de charges en M :
M d
d q ( M , t ) = r ( M , t ) dt = r ( M , t ) e dS = s ( M , t ) dS ;
la distribution est alors décrite par une densité surfacique de charges s ( M , t ) , dt
s
grandeur locale qui s’exprime en C . m–2.
De même lorsque deux des dimensions du volume sont faibles devant la troi- Doc. 1c. dt = s d et :
sième, la distribution de charges peut être décrite de manière linéique : dq = rs d = ld .
d q ( M , t ) = l ( M , t ) d (doc. 1c)
où l ( M , t ) est une grandeur locale (C . m–1).
La très faible extension spatiale de certaines particules chargées devant les
dimensions du problème étudié (ions issus d’un accélérateur, cations et anions
d’un réseau cristallin) peut justifier leur modélisation par des charges ponctuelles.
j
1.2. Distribution de courants tube
de courant dS
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1.2.1. Courants électriques M


Les mouvements de particules chargées sont à l’origine des courants électriques.
v
Si les charges mobiles d’une distribution, caractérisées par la densité r m ( M , t ) , j
se déplacent à la vitesse v (vitesse d’ensemble, doc. 2) dans le référentiel
rm
d’étude, le vecteur densité de courant volumique j associé à ce mouvement est
défini par : Doc. 2. Densité volumique de courant
j ( M, t ) = rm ( M, t ) v ( M, t ) ; j.
j se mesure en A . m –2.
Remarques –e dt
+e +e
• La densité volumique de charges ne s’identifie pas nécessairement à la den- –e
sité volumique de charges mobiles : pour un métal, les charges de conduction –e
j
sont uniquement les électrons et la densité de charges mobiles est r m = - Ne , –e
+e +e
où N est le nombre d’électrons libres par unité de volume (1 par atome pour
le cuivre par exemple) ; si leur vitesse de déplacement est uniforme, la neutra- Doc. 3a. Dans un métal r m ≠ r ; ici
lité électrique est aussi assurée localement et r = 0 (doc. 3a). r = 0.

6
1. Charges et champ électromagnétique
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• Dans le cas de plusieurs types de porteurs mobiles, le courant volumique est
j
la somme de leurs contributions : j = ∑ jporteurs
porteurs
; ainsi pour un électro-
v– –e
lyte contenant des cations et des anions de charges respectivement +e et – e : +e v+

j = j+ + j – = Ne ( v + – v – ) = 2Nev+ si les mobilités des ions sont j


comparables ; là encore on aura r = 0 (doc. 3b).
Doc. 3b. j ≠ 0 et r = 0.
Comme dans le cas des distributions de charges, lorsque la distribution de cou-
Cas d’un électrolyte d’ions de même
rant a l’aspect d’une nappe, nous la décrirons par une densité de courant sur- mobilité.
facique j S (doc. 4) qui se mesure en A . m–1. u
nappe
Des courants filiformes seront simplement représentés par leur intensité I (doc. 5). de courant jS
M
1.2.2. Intensité électrique v d
Si une charge dq traverse une surface S pendant un intervalle de temps élé- S
mentaire dt, l’intensité électrique I S à travers cette surface est telle que jS
sm
d q = I S dt. L’intensité IS est égale au flux du vecteur j à travers cette sur-
face (doc. 2) : Doc. 4. Densité surfacique de courant

I S(t ) = ∫∫S j ( M, t ) . dS . jS .

Dans le cas d’une nappe de courant, l’intensité du courant traversant une


courbe tracée sur la nappe surfacique Â, et orientée par le vecteur u (normal
à la courbe et tangent à Â) est (doc. 4) : M

I ( M, t )
I (t) = ∫∫ jS ( M , t ) . u d .

Application 1 Doc. 5. Courant filiforme.

Modélisation d’un solénoïde de cuivre est faible devant la longueur d’un enroule-
Un solénoïde cylindrique de longueur L = 25 cm, ment ≈ 30 cm.
de rayon R = 5 cm, est constitué d’un enroulement On ne s’intéressera qu’à l’intensité I qui circule
de fil de cuivre de diamètre d = 0,4 mm. L
dans ce solénoïde, qui comprend --- = 625 spires
d

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
Montrer que l’on peut adopter deux modélisations jointives, soit :
différentes pour la distribution de courant
(supposée uniforme) dans ce solénoïde et les relier n = --- = 2 500 spires/m.
d
l’une à l’autre.
Deuxième modélisation
d
On peut aussi adopter une modélisation surfacique
puisque d R . La distribution est alors une
R axe du nappe de courant de vecteur j S = j S e q , avec
solénoïde d
L I = ∫0 jS . e q d , soit puisque le courant est uni-
Doc. 6.
forme I = j S d et j S = n I e q .
Première modélisation Remarque : On pourra utiliser indifféremment l’une
On peut considérer que les courants sont filiformes, ou l’autre de ces modélisations suivant le problème
puisque la dimension transversale d = 0,4 mm du fil posé.

7
Électromagnétisme

2 C o n s e r vat i o n d e l a c h a rg e é l e c t r i q u e
condensateur
2.1. Principe de conservation intensité I 0
Dans le circuit représenté sur le document 7, la charge du condensateur +q –q
entraîne l’apparition de charges sur ses armatures. Mais lorsqu’une armature
du condensateur a acquis une charge + q, l’autre armature porte la charge oppo- q 0
sée – q. La charge du circuit, système fermé, reste nulle au cours du temps. résistance R
Généralisons ce résultat : + –
L’expérience montre que la charge électrique est une grandeur
générateur
conservative : la charge totale d’un système fermé se conserve au
Doc. 7. Charge d’un condensateur.
cours du temps.
Ce principe de conservation de la charge est applicable dans toute
expérience de physique.

2.2. Loi intégrale de conservation de la charge


électrique j
Considérons le système contenu dans le volume V de l’espace, fixe dans le
référentiel d’étude (doc. 8). Sa charge est, à l’instant t :
Q(t )
Q(t ) = ∫∫∫V r ( M, t ) dt . j P
j
M dt
Sa variation, par unité de temps, est :
S n
d Q(t ) d ∂r ( M , t ) Doc. 8. Évolution de la charge dans un
---------------- = -----
dt dt ∫∫∫V r ( M, t ) dt = ∫∫∫ V
---------------------- dt.
∂t volume V délimité par la surface fer-
L’intégrale d’espace et la dérivation temporelle commutent car elles portent mée Â.
sur des variables indépendantes.
D’après le principe de conservation de la charge électrique, si la charge glo-
bale de ce système varie au cours du temps, c’est qu’il a échangé des charges
avec l’extérieur sous forme de courants.
dQ
Cet échange peut être traduit par l’équation-bilan : -------- = I où I est le courant
dt
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électrique entrant dans le volume V, limité par la surface fermée  :

I = – j ( P, t ) . n dS .
Σ
Le signe moins traduit l’orientation, par convention, de la normale n à la sur-
face  vers l’extérieur, alors que nous cherchons à exprimer le courant qui
entre dans le volume V.

L’équation :
∂r ( M, t )
∫∫∫V ---------------------
∂t
- dt =
S
– j ( P, t ) . dS ,

est l’équation intégrale traduisant, pour un volume V fixe (délimité


par la surface fermée S ) dans le référentiel d’étude, la conservation de
la charge électrique.

8
1. Charges et champ électromagnétique

2.3. Loi locale de conservation de la charge électrique


Appliquons ce bilan de charge à un parallélépipède élémentaire (doc. 9). La
variation, entre t et t + dt , de la charge δq = r ( M , t ) dx dy dz contenue dans
ce volume élémentaire, est :
∂r ( M , t )
d ( δq ) = ---------------------- dt dx dy dz .
∂t

j z ( x, y, z + dz, t ) e z

z j y ( x, y + dy, z, t ) e y
y dQ ( t ) = r ( x, y, z, t ) dt

j x ( x, y, z, t ) e x j x ( x + dx, y, z, t ) e x
j y ( x, y, z, t ) e y

Doc. 9. Évolution de la charge d’un volume


x j z ( x, y, z, t ) e z élémentaire δt = dx dy dz .

Pour exprimer le courant électrique entrant dans le volume δt = dx dy dz ,


nous pouvons associer ses six faces par paires.
Les contributions des faces 1 et 2, orthogonales à l’axe (Ox) sont :
• face 1 : + j x ( x, y, z, t ) dy dz ;
• face 2 : – j x ( x + dx, y, z, t ) dy dz ;
soit, au total :
∂ jx
j x ( x, y, z, t ) dy dz – j x ( x + dx, y, z, t ) dy dz = – ------- dx dy dz .
∂x
L’association deux à deux des faces restantes nous donne les contributions
supplémentaires :

 – ∂-------
jy
dy dx dz et
∂ jz
 – ------
- dz dx dy .
 ∂y   ∂z 
L’intensité entrant dans le parallélépipède élémentaire est donc :
∂ j ∂ j ∂ jz

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δI = –  -------x + -------y + -------  dx dy dz .
 ∂x ∂y ∂z 
Nous reconnaissons ici une expression de la divergence (en coordonnées car-
tésiennes) du champ de vecteur j (cf. Annexe) :
∂ j ∂ j ∂ jz
div j = -------x + -------y + ------- .
∂x ∂y ∂z
Le bilan de charge d ( δq ) = δI dt, avec δI = – div j δt, nous conduit donc
à la relation ci-dessous.

L’équation locale traduisant la conservation de la charge électrique,


s’écrit :
∂r
------ + div j = 0 .
∂t

9
Électromagnétisme

Remarques
• Cette expression n’est pas liée au système de coordonnées choisi. Seule la
formulation de l’opérateur divergence en dépend.
• Le théorème de Green-Ostrogradski (cf. Annexe) permet d’obtenir le résultat
ci-dessus indépendamment du système de coordonnées.
Reprenons l’équation intégrale de conservation :
∂r ( M , t )
∫∫∫ V
---------------------- dt = – j ( P, t ) . dS .
∂t Σ

Or,
Σ
j ( P, t ) . dS = ∫∫∫V div j ( M, t ) dt , soit :
∂r ( M , t )
∫∫∫V ---------------------- + div j ( M , t ) dt = 0 .
∂t
Ce résultat étant valable quel que soit le volume V, la quantité intégrée est nulle :
∂r ( M , t )
---------------------- + div j ( M , t ) = 0 .
∂t

2.4. Cas des régimes permanents


Un régime est permanent (ou encore stationnaire ou indépendant du temps) si n
les grandeurs considérées ne dépendent pas explicitement du temps :
I3 S
r ( M, t ) = r ( M ) et j ( M, t ) = j ( M ) . S2
∂r ( M , t ) S3
• Reprenons l’équation du § 2.2. et faisons --------------------- = 0 ; nous obtenons I2
∂t
S1
j . dS = 0 , donc le courant, I Σ , entrant dans le volume V est nul.
Σ I1
Pour des courants filiformes, les fils s’identifient aux tubes de courant ; consi-
Doc. 10. Courants en un nœud d’un
dérons un nœud de circuit électrique (doc. 10) et entourons-le d’une surface
fermée S : circuit : I Σ = 0 .

IΣ = 0 = I1 + I2 + I3 , soit ∑
k entrants
Ik = 0 .

Ainsi, la loi des nœuds vue en Première année traduit la conservation de la I


charge en régime permanent. I
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• Le courant électrique a même valeur à travers toutes les sections d’un tube
de courant donné : le vecteur densité de courant électrique est à flux conserva-
tif (doc. 11). Doc. 11. Le courant électrique est le
La relation locale de conservation de la charge que nous venons d’écrire nous même à travers toute section d’un tube
permet de traduire ces propriétés par la forme abrégée suivante. de courant.

∂r
En régime permanent, ------ = 0 , et la divergence du vecteur densité
∂t
volumique de courant électrique est nulle : div j = 0 .

∂r
La relation ΣI k = 0 ne semble pas correcte en régime variable où ------ ≠ 0 . Or,
∂t
nous l’avons utilisée en électrocinétique, dans le cas d’un régime variable,
comme si ce régime était permanent !
Les lois de l’électrocinétique constituent un modèle : ce modèle n’est (comme tout
modèle) qu’approximatif, mais suffisamment précis pour étudier le comportement

10
1. Charges et champ électromagnétique

des circuits électriques que nous avons rencontrés. Rappelons qu’en électrocinéti-
que, les éléments (résistances, inductances, capacités, …) sont considérés comme
des objets « ponctuels », de dimension réduite devant la longueur d’onde du phé-
nomène existant dans le circuit.
Nous appellerons approximation des régimes quasi permanents (A.R.Q.P.)
l’approximation que nous avons ainsi implicitement utilisée. Comme cette
dénomination l’indique, il s’agit d’un type de régime dans lequel la dépen-
dance des grandeurs vis-à-vis du temps reste suffisamment lente pour pouvoir
raisonner comme si le régime était permanent.
Nous pouvons quantifier plus précisément cette approximation, en admettant
que l’information véhiculée par un signal électromagnétique (le signal « mise
en mouvement des charges » dans le fil d’un circuit, par exemple) se propage
à une vitesse de l’ordre de la vitesse de la lumière, notée c. Ainsi, le retard lié I ( M 1, t )
à la propagation de l’information « le courant vaut I » entre deux points d’un
L
fil, séparés par une distance L, est de l’ordre de --- (doc. 12).
c
Ce retard peut être négligeable si le temps T caractéristique de l’évolution du R
L
courant dans le circuit (la période, dans le cas d’un régime sinusoïdal par C
exemple) est beaucoup plus grand que ce nécessaire décalage, soit :
L I ( M 2, t )
T --- .
c
Doc. 12. Circuit électrique fonction-
Dans le cas d’un circuit de dimension de l’ordre du décimètre ( L = 0,1 m ) , nous nant dans l’A.R.Q.P. : L cT (sur
obtenons T 3 . 10 –10 s. Autant dire qu’à des fréquences d’utilisation n’excé- ce schéma, T = RC).
dant pas quelques MHz ( T 10 –7 s ) , l’A.R.Q.P. est amplement justifiée.

Dans l’approximation des régimes quasi permanents (A.R.Q.P.) les


dimensions L d’un circuit sont très inférieures devant la quantité cT
où T est le temps caractéristique d’évolution L cT .

Nous retrouvons ainsi l’hypothèse de l’électrocinétique rappelée


précédemment : les dimensions du circuit (donc a fortiori de ses constituants)
sont très faibles devant la longueur d’onde l = cT du phénomène existant
dans le circuit.
Dans l’approximation des régimes quasi permanents (A.R.Q.P.), la

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conservation du flux du vecteur j , traduite localement par div j = 0 ,
est applicable partout (et, en particulier dans un milieu conducteur).

Remarque
Indiquons plus précisément que l’A.R.Q.P. est applicable en dehors des zones
d’accumulation de charges.
∂r
L’égalité ------ = 0 semble inapplicable en présence d’un condensateur. Or le
∂t
modèle de l’électrocinétique nous permet d’écrire que le condensateur est un
élément « ponctuel » de charge totale nulle ; ce qui permet de lever cette
ambiguité. Nous reviendrons sur la description de l’A.R.Q.P., ainsi que sur
cette dernière difficulté au chapitre 5, traitant des équations du champ électro-
magnétique en régime quelconque.

11
Électromagnétisme

Application 2
Champ radial de divergence nulle à travers tout cylindre de hauteur h et de rayon r
L’espace entre deux cylindres concentriques, de compris entre a et b.
hauteur h et de rayons a et b, est occupé par un D’où I ( t ) = 2πrhj ( r, t ) et :
conducteur. Un courant d’intensité électrique I ( t ) I (t)
circule entre les deux cylindres. j ( r, t ) = ------------e r .
2πhr
Déterminer, en négligeant tout effet de bord et dans
l’A.R.Q.P., la répartition de courant entre les deux
cylindres. b
Dans ce système à géométrie cylindrique, le vecteur a
densité de courant électrique est de la forme
(doc. 13) : O j ( r, t )
j ( r, t ) = j ( r, t )e r .
Dans l’A.R.Q.P., j est encore à divergence nulle, ce
qui revient à écrire la conservation de l’intensité I ( t )
Doc. 13. Vecteur densité de courant radial.

Pour s’entraîner : ex. 1.

3 C h a rg e s é l e c t r i q u e s e t c h a m p
é l e c t ro m a g n é t i q u e
3.1. Charges sources du champ électromagnétique
Les charges et les courants électriques créent les champs électrique et magnétique.
Nous avons étudié en Première année des exemples de champs permanents :
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• champ électrique créé par une distribution statique de charges ;


• champ magnétique créé par une distribution stationnaire de courants.
Nous avons pour cela postulé la loi de Coulomb et la loi de Biot et Savart.
Ces lois intégrales déterminent le champ électromagnétique permanent créé
par la distribution considérée par application du principe de superposition.
Nous pouvons généraliser cette approche aux cas de distributions variables :

E et B sont deux facettes d’une même entité : le champ électroma-


gnétique.
Les charges et les courants électriques sont les sources du champ élec-
tromagnétique. Nous verrons que le lien entre le champ électromagné-
tique ( E , B ) et ses sources peut être traduit à l’aide de lois locales :
les équations de Maxwell.

12
1. Charges et champ électromagnétique

3.2. Charges soumises au champ électromagnétique


Comme nous l’avons vu en Première année, les champs électrique et magné-
tique se manifestent par leurs effets sur les charges et les courants.

Une particule de charge q et de vitesse v , évoluant dans une zone où


règne un champ électromagnétique ( E , B ) , subit la force de Lorentz :

F = q (E + v ∧ B ) .

La force exercée par le champ électromagnétique traduit l’interaction électro-


magnétique entre les charges électriques et le champ ( E , B ) .
Nous pourrions dès lors considérer le champ électromagnétique comme un sim-
ple intermédiaire de calcul, la force étant le seul objet physique « observable ».
Nous verrons toutefois que le champ électromagnétique contient de l’énergie
(énergie véhiculée par un faisceau lumineux, par exemple). Nous pourrons
même lui associer une impulsion (et un moment cinétique), comme nous le
faisons plus classiquement pour des objets physiques matériels. Le champ
électromagnétique est une entité physique réelle, dont nous étudierons, dans
les chapitres à venir, les lois de comportement et leurs conséquences.

Application 3
Déviation d’un faisceau de particules en mouvement à la vitesse d’ensemble v , subit de
1) Dans les cas d’une distribution à modélisation plus la force élémentaire :
volumique, caractérisée par les densités de charge
( r m v dt ) ∧ B = j ∧ B dt ,
r ( M , t ) et de courant j ( M , t ) , quelle force
volumique peut-on associer à la force de Lorentz liée au champ magnétique.
exercée sur une charge ? La force élémentaire totale subie est donc :
2) Que peut-on en déduire quant à l’évolution d’un
pinceau de particules chargées, assimilé à un tube de d F = ( r E + j ∧ B )dt .

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
courant rectiligne et de section circulaire de rayon a, L’action du champ électromagnétique sur le milieu
contenant n charges q par unité de volume se est donc caractérisée par la force volumique
déplaçant à la vitesse v dans la direction de l’axe F vol = r E + j ∧ B appliquée au fluide de char-
(Oz) du tube ? (Il s’agit, dans cette modélisation, ges, dont une partie (charge volumique r m , non
d’une distribution « infinie » fonctionnant en régime nécessairement identifiable à r) est en mouvement
« permanent ».)
à la vitesse v .
1) La charge dq = r dt , contenue dans un volume 2) Assimilons le tube de charges en mouvement à
élémentaire dt , subit la force élémentaire liée au un cylindre infini, portant la densité volumique de
charge r = nq et parcouru par la densité volumi-
champ électrique : dq E = r E dt . que de courant :
La charge élémentaire mobile :
j = nqv .
d q m = r m ( M , t )dt , Le champ électrique créé par cette distribution est
radial :
E = E ( r )e r ,

13
Électromagnétisme

et le champ magnétique est orthoradial :


er
B = B ( r ) eq ,
eq v
z
en coordonnées cylindriques d’axe (Oz).
En appliquant le théorème de Gauss à un cylindre
d’axe (Oz) et de rayon r, et le théorème d’Ampère à La vitesse des particules étant inférieure à la vitesse
un cercle d’axe (Oz) et rayon r, nous obtenons, dans de la lumière dans le vide, nous voyons que le jet
le tube ( r a ) : chargé tend à se dilater.
r πr 2 Dans un accélérateur de particules, où sont produits
------------- 
 e0  nq par exemple des paquets d’électrons, il faut réguliè-
E = --------------------- e r = --------- r e r rement concentrer le faisceau pour éviter que ses
2πr 2 e0
particules ne s’éparpillent.
m0 j π r 2 m0 n q v
et B = -------------------- e q = ------------------ r e q . Remarquons que la force d’origine magnétique a un
2πr 2 effet de striction, car elle tend à focaliser le pinceau.
La force volumique subie par le faisceau s’en déduit : Cet effet pourrait se manifester pour un jet de particu-
( nq ) 2 les globalement neutres dans lequel circule un courant
dF vol = r E + j ∧ B = ------------- r ( 1 – e 0 m 0 v 2 )e r électrique. Cet effet « pinch » permet la stabilisation
2e 0
d’une colonne de plasma (gaz ionisé) qui aurait ten-
( nq ) 2 v2
= ------------- r  1 – ----2-  e r , car e 0 m 0 c 2 = 1 . dance à s’étendre du fait de la pression cinétique liée
2e 0  c  à l’agitation désordonnée des particules la composant.

3.3. Puissance cédée par le champ aux charges


La puissance de la force de Lorentz exercée sur une particule de charge q, sou-
mise à l’action des champs E et B , est :

= q (E + v ∧ B ) . v = q E . v .
La force d’origine magnétique, perpendiculaire au mouvement ne travaille pas.
Pour un milieu contenant n charges mobiles par unité de volume, la puissance
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des forces électromagnétiques s’écrit, pour un volume élémentaire dt :

d = ( nqdt )E . v = j . E dt ,
soit, pour la puissance volumique :

vol = j .E.

La puissance volumique vol , cédée par le champ électromagnétique


aux charges, est :

vol = j .E.

Cette puissance est liée au champ électrique. Ainsi, dans un accélérateur de


particules, les particules chargées sont mises en mouvement par un champ
électrique. Un champ magnétique pourra les dévier, sans leur fournir d’éner-
gie, pour les confiner dans un anneau de stockage.

14
1. Charges et champ électromagnétique

Application 4
Accélération d’un faisceau de particules Dans le cas d’électrons, la vitesse acquise est :
Des particules de charge q et de masse m, émises 2 eU
par un filament chauffé avec une vitesse initiale v0 = ----------- ≈ 18,8 . 10 6 m . s –1 .
m
négligeable, sont accélérées par un champ
c
électrique permanent uniforme E 0 régnant entre Cette vitesse est de l’ordre de ------ , et ce résultat est
16
les électrodes accélératrices, distantes de d,
à la limite de validité de la mécanique classique.
représentées sur le document 14.
2) Lorsque les électrons pénètrent dans la zone où
1) Quelle est la vitesse v 0 acquise par ces charges ? règne le champ magnétique, leur équation du mou-
2) Quel sera leur rayon de giration si elles passent vement s’écrit :
dans une zone où un champ magnétique permanent dv
m ------- = q v ∧ B 0
uniforme B 0 perpendiculaire à leur vitesse v 0 , à la dt
sortie des électrodes accélératrices ?
dv q B0
filament soit : ------- = w 0 ∧ v , avec w 0 = – ---------- .
U dt m
Décrivons ce mouvement en coordonnées cartésien-
nes, en choisissant l’axe (Oz) parallèle au champ
B magnétique B 0 = B 0 e z , et l’axe (Ox) parallèle à la
vitesse v 0 initiale (à l’instant t = 0 ).
L’équation d’évolution du vecteur vitesse nous
Doc. 14. Les électrons, après accélération sous la dif-
montre que le vecteur v effectue un mouvement de
férence de potentiel U, pénètrent dans un champ B
précession à vitesse angulaire constante w 0 autour
uniforme.
de l’axe (Oz). Nous en déduisons ses composantes à
Données : Les charges utilisées sont des électrons
l’instant t :
de charge q = – e = – 1,6 . 10 –19 C et de masse
m = 9,1 . 10 –31 kg ; la différence de potentiel v x = v 0 cos ( w 0 t ) et v y = v 0 sin ( w 0 t ).
accélératrice vaut 1 000 V et le champ magnétique Prenant pour origine du système de coordonnées la
est de 0,002 T. position initiale de la particule, nous en déduisons
1) Entre les électrodes accélératrices, les charges l’équation horaire de sa trajectoire, contenue dans le

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subissent l’effet de la force F = q E 0 ; qui leur plan (xOy) :
fournit le travail W = q E 0 d lorsqu’elles traver- v0
x ( t ) = ------ sin ( w 0 t ) ,
sent la zone d’accélération. Si leur vitesse initiale w0
est négligeable devant leur vitesse finale, notée v 0 , v0
le théorème de l’énergie cinétique nous permet et y ( t ) = ------ ( 1 – cos ( w 0 t ) ) .
w0
d’écrire :
1 2 Cette trajectoire, d’équation cartésienne :
--- mv 0 = qE 0 d.
2 v0 2 v0 2
x 2 +  y – ------  =  ------  ,
Le champ électrique permanent dérive d’un poten-  w0   w0 
tiel scalaire V, et le champ E0 , uniforme, est lié à la est un cercle de rayon :
différence de potentiel U entre les électrons par : v0 m v0
R = ------ = ---------- ≈ 5,3 cm.
U = dE 0 . w0 qB 0

15
Électromagnétisme

4 Conduction électrique

4.1. Loi d’Ohm locale


4.1.1. Conductivité d’un milieu
Un matériau conducteur contient des charges libres, ou charges de conduc-
tion, susceptibles de se déplacer sous l’action d’un champ électrique appliqué
au matériau. C’est le cas :
• des métaux, où les charges de conduction sont des électrons ;
• des solutions ioniques, où la conduction électrique est liée aux déplacements
d’ensemble des ions.
Dans de nombreuses situations, le champ appliqué reste suffisamment faible
pour que le vecteur densité de courant électrique j et le champ électrique E
soient liés par une relation linéaire, la loi d’Ohm locale :
j = gE .
Le coefficient g désigne la conductivité du milieu, qui s’exprime en S . m–1 (S
désigne le siemens, ou ohm–1). Le domaine de variation de la conductivité du
milieu est extrêmement étendu, allant des isolants et conducteurs médiocres
aux très bons conducteurs (doc. 15).

conductivité
milieu nature du milieu
(S . m–1 )

paraffine 10 –8 isolant

terreau 6 · 10–6 conducteur médiocre

électrolytes 10 –2 la conductivité dépend de la concentration

Hg 106

Al 3,7 . 107

métaux Au 4,6 . 107 excellents conducteurs


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Cu 5,9 . 107

Hg 6,2 . 107

Doc. 15. Conductivité de quelques milieux.

4.1.2. Modèle élémentaire de conduction électrique


4.1.2.1. Dérive des charges de conduction
Considérons un milieu conducteur possédant n particules, de charge q et de
masse m, par unité de volume, susceptibles d’assurer la conduction du milieu.
L’application d’un champ électrique au milieu entraîne un mouvement de
dérive des charges de conduction du milieu, qui se superpose à leur agitation
thermique désordonnée. Nous noterons v la vitesse associée à ce mouvement
d’ensemble du fluide de charges de conduction de masse volumique r = n m .

16
1. Charges et champ électromagnétique

Nous admettrons que l’effet du champ électrique macroscopique E appliqué


au milieu, peut être représenté par l’intermédiaire d’une force volumique :
F vol = n q E .
4.1.2.2. Modèle de Drüde
Pour rendre compte de l’existence d’une vitesse limite de dérivé, nous modé-
liserons l’effet des interactions entre les charges de conduction et les charges
fixes du matériau par une force volumique, opposée à ce mouvement et pro-
portionnelle à la vitesse de dérive :
v
= – r --- ,
f vol
t
où le facteur t est homogène à un temps.
Pour ce modèle, dû au physicien allemand Paul Drüde (1900), l’équation du
mouvement du fluide de charges de conduction est :
dv v
r ------ = n q E – r --- .
dt t
dv v q
Elle s’écrit aussi : ------ + --- = ---- E .
dt t m
Remarque
Cette dernière expression est analogue à l’équation du mouvement d’une
charge q de masse m, soumise à l’action du champ électrique E et à une force
v
de frottement fluide f = – m --- . Mais la vitesse v désigne, dans ce modèle
t
macroscopique de Drüde, la vitesse d’ensemble du fluide de charges de con-
duction, et non la vitesse d’une particule.
Si le champ électrique est appliqué à l’instant t = 0 au milieu, l’évolution de
la vitesse de dérive est donnée par :
t
qt – --
v = ------ E  1 – e t  .
m  
La constante de temps t apparaît donc comme le temps de relaxation du milieu.
En effet, pour t t , la vitesse de dérive peut être assimilée à sa limite :

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qt
v lim = ------ E = m E ,
m
où m désigne la mobilité des porteurs de charge considérés.
La densité de courant électrique correspondante est alors :
n q2t
j = n q v lim = ------------ E .
m

4.1.2.3. Conductivité du milieu


Ce résultat est en accord avec l’expression locale de la loi d’Ohm, la conduc-
tivité du milieu valant :
n q2t
g = ------------ .
m
Dans le cas où plusieurs types de porteurs (de charges qi , de masse mi et de den-
sité ni ) interviennent (comme dans une solution ionique contenant différents
types d’ions, par exemple), leurs interactions mutuelles peuvent en général être

17
Électromagnétisme

négligées, et nous pouvons les considérer comme des fluides de conduction


indépendants, obéissant à l’équation du mouvement précédente. Leurs contri-
butions au courant électrique s’additionnent, la conduction du milieu est alors
de la forme g = ∑i gi .

La conductivité est proportionnelle au nombre n de charges de conduction par


unité de volume. Cette caractéristique est mise à profit en chimie : la mesure
de la conductivité de la solution permet de suivre l’évolution des concentra-
tions des ions en solution (dosage ou suivi de cinétique).
Dans un milieu métallique, le nombre de particules est relativement peu sen-
sible à la température pour des températures usuelles. La conductivité d’un
métal diminue lorsque la température augmente, puisque l’agitation ther-
mique des ions du réseau tend à augmenter les collisions, donc la force de frot-
tement qui s’oppose au mouvement des charges de conduction.
Dans un semi-conducteur, la densité de charges de conduction est beaucoup
plus sensible à l’influence de la température, et augmente avec celle-ci. L’aug-
mentation de ce nombre de charges de conduction l’emporte alors sur l’aug-
mentation de l’effet des collisions des charges de conduction avec le réseau. La
conductivité du semi-conducteur augmente lorsque la température augmente.
Remarque
Lorsque l’énergie des porteurs en mouvement devient importante, elle peut
parfois permettre la création de porteurs de charges mobiles supplémentaires
par ionisation. Du fait de cet effet d’avalanche, la conduction cesse d’être
linéaire. Ce phénomène est mis en œuvre dans des diodes Zener, lorsqu’elles
sont polarisées en inverse et soumises à une tension supérieure à la tension

Application 5
Zener, au-delà de laquelle cet effet se produit.

Conduction électrique d’un métal définir une conductivité complexe g en régime


1) Évaluer, pour un très bon conducteur comme le sinusoïdal établi.
cuivre métallique, l’ordre de grandeur de la vitesse de Dans quel domaine de fréquence sera-t-il possible
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dérive des électrons de conduction, dans un fil de d’assimiler la conductivité du milieu à sa valeur en


section S = 1 mm2, parcouru par un courant I = 10 A. régime permanent ?
La comparer à la vitesse d’agitation thermique Données :
d’un électron libre à la température T = 300 K. • masse d’un électron : m = 9,1 . 10 –31 kg ;
2) Évaluer le temps de relaxation t du milieu. En • charge d’un électron : – e = – 1,6 . 10 –19 C ;
assimilant t à un temps de collision (temps moyen
• constante d’Avogadro : A = 6,02 . 10 23 mol–1 ;
entre deux collisions successives d’une charge de
conduction avec le réseau), évaluer le libre • constante de Boltzmann : k B = 1,38 . 10 –23 J . K – 1 .
parcours moyen des charges de conduction. Cuivre :
3) Le champ électrique appliqué au milieu est • conductivité : g = 5,9 . 10 7 S . m –1 ;
sinusoïdal, de la forme : • masse volumique : m = 8,9 . 10 3 kg . m –3 ;
E = E 0 e jwt • masse molaire : M = 64 g . mol –1 .
en notation complexe. On considérera que chaque atome de cuivre
Montrer que le modèle précédent nous permet de apporte un électron de conduction.

18
1. Charges et champ électromagnétique

1) S’il existe un seul électron de conduction par 3) En notant v = v 0 e jwt la vitesse complexe du
atome de cuivre, la densité volumique des électrons fluide d’électrons de conduction, lorsque le régime
de conduction est : sinusoïdal est établi, l’équation du mouvement
d’ensemble :
Am
n = ------------ ≈ 8,5 . 10 28 m–3. dv v e
M ------ + --- = – ---- E ,
dt t m
La densité de courant électrique dans le fil est :
et
I -----
j ≈ --- = 10 7 A . m –2 . m
S nous donne v 0 = – ------------------- E 0 .
1 + jw t
La vitesse de dérive s’en déduit :
Le vecteur densité de courant complexe :
j
v = ------ ≈ 0,74 mm . s –1 .
ne j = j 0 e jw t = – n ev ,
1 2 3 nous permet de définir la conductivité complexe :
Si nous utilisons la relation --- m v T = --- k B T pour
2 2
évaluer la vitesse d’agitation des électrons, nous n e2t
------------
obtenons v T ≈ 10 5 m . s –1 à la température m .
g = -----------------
-
ambiante. Nous avons donc v v T , ce qui jus- 1 + jwt
tifie le modèle et donc les calculs précédents. Nous pourrons confondre cette conductivité com-
2) Le temps de relaxation t est : n e2t
plexe avec sa valeur g = ------------ pour des pulsations
mg m
t = --------2- ≈ 2,5 . 10 –14 s.
ne 1.
w --- Pour l’étude de circuits électriques, où la
Le libre parcours est défini comme le produit de la t
vitesse moyenne d’agitation par le temps de colli- fréquence reste toujours très inférieure à 1014 Hz,
sion. Nous pouvons donc l’évaluer par : nous pourrons confondre la conductivité complexe
= v T t ≈ 2,5 nm. avec sa valeur à basse fréquence, car le temps caracté-
Notons qu’il est nettement supérieur à la taille de la 2π
ristique d’évolution T = ------- reste très grand par rap-
maille du réseau cristallin, typiquement de l’ordre w
port au temps de relaxation t du milieu conducteur.
de quelques dixièmes de nanomètres.

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
4.1.2.4. Influence d’un champ magnétique

Lorsque le milieu conducteur est aussi soumis magnétique B , nous devons a


priori tenir compte de la force volumique supplémentaire F vol = n q v ∧ B .
Celle-ci n’est pas négligeable si le champ magnétique est de l’ordre de
E j
--- = ------ . En reprenant les valeurs numériques de l’application précédente,
v gv
nous obtenons un champ de l’ordre de 240 teslas, ce qui est énorme !
Dans la pratique, l’effet d’un champ magnétique (y compris le champ créé par
le milieu conducteur lui-même) dans la traduction de la loi d’Ohm est en géné-
ral faible pour un conducteur, mais non négligeable pour un semi-conducteur.
Pour en tenir compte, nous pourrons utiliser l’équation d’évolution :

dv v q
------ + --- = ---- ( E + v ∧ B ) ,
dt t m

19
Électromagnétisme

qui conduit, en régime permanent (ou variable, caractérisé par un temps


caractéristique T t ), à relier le vecteur densité de courant électrique
j = n q v au champ électromagnétique par la relation :

n q2t j
j = ------------  E + ------- ∧ B  = g ( E + R H j ∧ B ) ,
m  nq 
1
où R H = ------- est appelée constante de Hall du milieu.
nq
Remarque
• Précisons que cette relation est obtenue avec un conducteur fixe.
• Nous reviendrons sur l’influence du champ magnétique au § 5.
4.1.2.5. Référentiel d’étude
La vitesse v , qui nous permet de définir le vecteur densité de courant j , désigne
la vitesse d’ensemble des porteurs de charge mobiles dans le référentiel lié au
milieu conducteur. La loi d’Ohm s’écrit donc dans le référentiel galiléen qui se
déplace à l’instant t à la vitesse du conducteur dans le référentiel du laboratoire.
Nous reviendrons sur l’influence du mouvement du conducteur, à une vitesse
d’entraînement v e lors de l’étude de l’induction électromagnétique.

Le modèle macroscopique de Drüde permet de rendre compte de la


conduction électrique d’un milieu ohmique.
Dans le référentiel du conducteur, le vecteur densité de courant j et
le champ électrique E sont liés linéairement par la relation :

j = gE,
où g est la conductivité du milieu, exprimée en S . m–1.

Pour s’entraîner : ex. 2 et 3.


S1 S2
4.2. Loi d’Ohm intégrale
Considérons, en régime permanent de conduction électrique dans un milieu I
ohmique de conductivité g , une portion d’un tube de courant comprise entre I d
M
deux sections S 1 et S 2 (doc. 16).
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.

En régime permanent, l’intensité électrique, comptée de S 1 vers S 2 , est la


même à travers toute section (orientée) du tube de courant :
Doc. 16. Résistance d’une portion de
I = ∫∫S 1
j1 . d S1 = ∫∫S 2
j2 . d S2 . tube de courant.

Le champ électrique permanent dérive d’un potentiel scalaire V :

E = – grad V .
Le vecteur j est parallèle au champ E , et les deux sections S 1 et S 2 perpen-
diculaires aux lignes de courant constituent des surfaces équipotentielles.
2
La différence de potentiel U = V 1 – V 2 = ∫1 E .d peut alors être calculée
sur tout chemin menant de la section S 1 du tube à la section S 2.
Les vecteurs densité de courant j et champ électrique E sont proportionnels
et de même sens.

20
1. Charges et champ électromagnétique

Nous pouvons donc définir le rapport :


2 2

U ∫
E .d
1 ∫
E .d
R = ---- = ----------------------- = --------------------------- .
1
I
∫∫
j . dS g E . dS ∫∫
S 1 ou S 2 S 1 ou S 2

Ce rapport définit la résistance R de cet élément du milieu ohmique : il est


positif et ne dépend que de la géométrie de la portion de tube de courant con-
sidérée. Cette grandeur, exprimée en ohms (Ω), nous permet d’écrire la rela- S1 S2
tion usuelle U = R I . j
Dans le cas d’une densité volumique de courant uniforme, la résistance d’un
tube conducteur cylindrique de section S et de longueur L est (doc. 17) :
2
∫1 E .d
EL L rR L
R = ----------------------- = ------- = ------- = ---------- . L
JS gS S
∫∫j . dS
Doc. 17. Cas d’un conducteur cylin-
S 1 ou S 2

1 drique dans lequel j est uniforme.


où r R = --- est la résistivité du milieu, exprimée en Ω . m .
g
Pour s’entraîner : ex. 4, 5 et 6.

4.3. Effet Joule


4.3.1. Puissance volumique dissipée
La puissance volumique fournie par le champ aux charges mobiles est :

vol = j .E.
Pour un milieu ohmique, son expression est :
j2 2
vol = ----- = g E .
g
Cette puissance, dissipée par les interactions entre les porteurs de charge
mobiles et le réseau d’un métal par exemple, est convertie en énergie d’agita-
tion thermique : une résistance parcourue par un courant s’échauffe. Ce phé-

6
nomène est ainsi mis à profit dans les radiateurs électriques.

Application
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.

Puissance de la « force de frottement » La puissance volumique correspondante est :


j 2
Retrouver les expressions précédentes en utilisant n m  ------
la force volumique de « frottement » introduite dans v2 n m v2  nq
f vol . v = – r ----- = – -------------- = – ------------------------
le cadre du modèle de Drüde. t t t
j2 .
Le fluide de porteurs mobiles de vitesse d’ensemble = – -----
g
v est soumis à la force volumique :
Cette expression met en évidence la dissipation de la
v puissance, fournie par le champ aux porteurs mobiles,
f vol = – r --- .
t au profit d’un échauffement du milieu conducteur.

21
Électromagnétisme

4.3.2. Puissance dissipée dans un tube conducteur


Envisageons à nouveau la portion de tube de courant comprise entre les sec-
tions S 1 et S 2 , perpendiculaires aux lignes de courant et au champ électrique.
Dans un tube filiforme de courant de section d’entrée élémentaire d S 1 , le vec-
S1 S2
teur densité de courant j est colinéaire à un déplacement élémentaire d le
d j
long de ce tube, et au vecteur surface élémentaire δS (doc. 18).
La puissance dissipée par effet Joule dans ce tube élémentaire est :
δS
2 2
d = ∫1 ( j . E ) ( d . δS ) = ∫1 δI ( E . d ) = δI U ,

où δI est le courant élémentaire parcourant le tube de petite section. Doc. 18. Effet Joule dans un conducteur.
En sommant sur tous les tubes élémentaires constituant la portion de tube de
courant envisagée, nous retrouvons les expressions classiques de la puissance
électrique dissipée par effet Joule dans cette portion de milieu ohmique :
U2
= U I = R I 2 = ------- .
R

5 Fo rce m a g n é t i q u e
exe rc é e s u r l e s c o u r a n t s
5.1. Effet Hall
5.1.1. Un modèle élémentaire
Considérons un fil conducteur dont nous modélisons la section par un rectan-
gle de côtés de longueurs a et b. Ce fil, soumis à un champ électrique E 0 , est
le siège d’un courant de conduction dirigé selon (Ox).
Dans le fil contenant n porteurs de charge mobiles, de vitesse de dérive v et
charge q (sur le document 19, nous avons supposé que les charges mobiles sont
des électrons : q = – e ), la densité volumique de courant électrique est :

j = nqv .
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z
B y
j = –nev + + + + + + +➁+ + +
+ + + + + + + + + +
v
x
– – – – – – – –➀– –
– – – – – – E–H – – – uH = u2 – u1

– ev

F = – ev ∧ B

Doc. 19. Effet Hall dans un conducteur métallique.

22
1. Charges et champ électromagnétique

L’effet d’un champ magnétique B = B e z , appliqué au conducteur, se traduit


par l’apparition d’une force de Lorentz supplémentaire :

F = qv ∧B .

Pour des électrons de charge q = – e : F = – e v B e y .

5.1.1.1. Régime transitoire


Cette force (moyenne, car nous nous intéressons au comportement collectif ➁
des porteurs de charge mobiles) tend à dévier le porteur de charge de sa trajec- v j
toire dans la direction de l’axe (Oy) (doc. 20a). Si les charges de conduction B
F = –ev ∧ B
sont des électrons, de vitesse v dirigée à l’opposée du vecteur densité de cou- déviation
de la trajectoire
rant électrique j , cette force tend à les déplacer vers la face 1. Celle-ci se de l’électron
charge négativement alors que la face 2 accuse un défaut électronique ➀
(doc. 20b). transitoire
Les charges surfaciques qui apparaissent créent à leur tour un champ électri- Doc. 20a. Régime transitoire
que, appelé champ de Hall, qui agit à son tour sur les électrons de conduction.
+ + + + + + + + +
5.1.1.2. Régime permanent ➁
Ce champ de Hall s’oppose à la force de déviation précédente. Le système doit – e EH
tendre vers un nouveau régime permanent, où la force de déviation et la force v J uH 0
créée par le champ de Hall se compensent (doc. 20b), le mouvement des char- EH B
ges de conduction étant le même qu’en l’absence de champ magnétique : –ev ∧ B

– – – – – – – – –
q E H + q v ∧ B = 0 , donc E H = – v ∧ B = R H B ∧ j , permanent

1 Doc. 20b. Régime permanent


où R H = ------- est la constante de Hall du milieu.
nq

5.1.2. Tension de Hall


Le modèle que nous venons de présenter est trop simpliste pour qu’il soit pos-
sible de lui accorder un crédit illimité, mais il permet de rendre compte de ➁ a)
l’apparition, entre les faces 1 et 2, d’une tension de Hall : + + + + + + + + +
uH 0
2 jb 1 I – e EH
UH = ∫1 – E H . d = – bE H = – ------- B = – ----------- IB , puisque I = j a b .
nq nqa v J
porteurs
EH B de
Remarque charge

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
–ev ∧ B
négative
Le signe de la tension de Hall est lié au signe des porteurs de charges mobiles (q = –e)
(doc. 21). Pour un même courant I, les tensions de Hall données par : – – – – – – – – –

– un ruban conducteur où les porteurs de charges sont des électrons b)
(q = – e) ; ➁
– – – – – – – – – uH 0
– un ruban semi-conducteur dont les porteurs de charges majoritaires sont
des trous (lacunes électroniques, q = + e ) seront de signes opposés. I q EH
porteurs
Nous pouvons aussi nous en convaincre en observant que l’effet de déviation v J de
B
charge
du champ magnétique est semblable pour un porteur « + q, + v » ou un por- EH qv ∧B positive
teur « – q, – v », alors que les champs de Hall seront opposés. (q 0)
+ + + + + + + + +
1 ➀
Pour un courant I et un ruban (de facteur ---------) donnés, la tension de Hall per-
nqa Doc. 21. Tension de Hall et signe de la
met une détermination de la valeur du champ magnétique : c’est le principe de charge des porteurs mobiles.
fonctionnement d’une sonde de Hall. a. Porteurs de charge négative.
b. Porteurs de charge positive.

23
Électromagnétisme

Pour un ruban d’argent ( n = 6 . 10 28 m–3 ; q = – e ; épaisseur a = 0,1 mm)


parcouru par un courant élevé I = 5 A dans un champ magnétique intense
B = 1 T, la valeur U H = 5,2 µV est très faible.
Il faut donc amplifier cet effet pour pouvoir effectuer une mesure précise.
Le phénomène est facilement observable avec des matériaux semi-conducteurs
pour lesquels le nombre n de porteurs de charges par unité de volume qui par-
ticipent à la conduction, est nettement plus faible (10 5 à 10 6 fois plus faible),
donc la tension de Hall est 105 à 106 fois plus grande.
Pour s’entraîner : ex. 9.

5.2. Modèle de Hall des forces de Laplace


Lorsque le régime permanent est établi, nous pouvons analyser les efforts aux-
quels sont soumises, par unité de volume, les charges du fil, supposé immobile
dans le référentiel d’étude.
Pour les charges mobiles (de charge q) :

F m vol = n q ( E 0 + E H + v ∧ B ) = n q E 0 .
Pour les charges fixes, la densité volumique de charges est – n q , donc :

F f vol = – n q ( E 0 + E H ) .
La force volumique subie par le fil vaut au total :

F vol = F f vol + F m vol = – n q E H = + n q v ∧ B = j ∧ B .


Remarques
• Nous pouvons aussi dire que ce résultat traduit l’effet, au sein du matériau
conducteur, de la déviation des charges de conduction, qui est un effort trans-
mis aux charges fixes du fil par l’intermédiaire des collisions.
• Les charges surfaciques fixes et opposées, qui apparaissaient sur les surfa-
ces du ruban conducteur au § 5.1.1., n’apporteront pas de forces supplémen-
taires s’appliquant au fil.
Id
Nous admettrons la généralisation de ce résultat lorsque l’élément de conduc-
teur est en translation dans le référentiel galiléen d’étude (doc. 22).
dF L = I d ∧ B
La force de Laplace à laquelle est soumis un élément conducteur, de B
volume élémentaire dt , parcouru par un courant de densité volumi- Doc. 22. Force de Laplace appliquée à
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que j et placé dans un champ magnétique B , est : un élément de circuit filiforme.

dF L = j dt Ÿ B .

En utilisant les équivalences entre éléments de courants :


j dt ↔ I d ,
nous avons de même :

La force de Laplace : d F L = Id ∧ B s’exerce sur un élément de


longueur d d’un circuit filiforme.

5.3. Efforts subis par un circuit


Nous pouvons utiliser l’expression de la force de Laplace exercée sur un élé-
ment de courant, pour déterminer la résultante et le moment par rapport à un
point de ces efforts exercés sur un circuit donné.

24
1. Charges et champ électromagnétique

Dans le cas d’un circuit filiforme, nous écrirons :

• FL =
°∫circuit I d ∧ B pour la résultante des efforts de Laplace ;

• G L/O =
°∫circuit OM ∧ ( I d ∧ B ) , pour le moment de ces efforts en un

7
point O.

Application
Efforts de Laplace exercés sur un disque
conducteur 1) L’élément de longueur d = dr e r subit une force
On considère un disque conducteur de rayon a élémentaire :
solidaire d’un arbre de rayon négligeable.
dF = I d ∧ B = I dr e r ∧ B e z = – I drBe q .
Ce disque se trouve dans un champ magnétique
Pour le rayon OA et donc pour le disque, la force
uniforme et invariable dans le temps : B = B e z . a
Ce disque est relié électriquement à un circuit exercée est F = ∫0 – I Bdreq ; comme I, B et eq
extérieur (que nous ne détaillons pas ici) par
l’intermédiaire de l’arbre d’une part et de sa sont indépendants de r, F = – B I a e q .
périphérie d’autre part et il est parcouru par un
courant I (doc. 23)

i
B
O eq
z
dF
A er
i
Doc. 24.
Doc. 23.
2) Le moment élémentaire par rapport à (Oz)
s’écrit :
Pour simplifier l’étude on considère que le courant
circule à l’intérieur du disque le long du rayon OA. dG z = ( OM ∧ dF ) . e z = ( r e r ∧ ( I d ∧ B ) ) . e z ;

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1) Déterminer la force de Laplace subie par un d’où pour le rayon OA :
élément du rayon OA situé à la distance r de O. a a2
G z = – BI ∫0 r dr , et G z = – BI ----- .
En déduire la force de Laplace s’exerçant sur le 2
disque.
3) Pour retrouver le même résultat il faut que le point
2) Déterminer, par la même méthode, l’expression d’application de la force totale soit au milieu de OA :
du moment par rapport à l’axe z des actions
magnétiques sur le disque. a a2
--- e r ∧ ( – B I a e q ) = – BI ----- e z .
3) Montrer que l’on peut retrouver ce dernier 2 2
résultat en utilisant la force de Laplace calculée Ce résultat tient au fait que les forces élémentaires sont
en 1), à condition de l’appliquer en un point uniformes sur tout le rayon OA. Ce résultat est intuitif
particulier du rayon. Quelle(s) hypothèse(s) mais il est cependant préférable d’utiliser le raisonne-
justifie(nt) ce résultat ? ment de la question 2), qui est plus systématique.

25
Électromagnétisme

Les efforts exercés par un champ magnétique sur les éléments de courants per-
mettent la mise en mouvement de circuits sans intervention mécanique directe.
En fournissant de l’énergie électrique, nous pouvons imposer le passage d’un
courant électrique dans un circuit. L’existence d’efforts de Laplace entraîne sa
mise en mouvement, donc l’acquisition d’énergie mécanique dans le circuit. La
présence du champ magnétique permet une conversion de l’énergie, appelée
transduction électromécanique. Ce principe est la base de fonctionnement
des moteurs tournants. Nous l’utiliserons en particulier aux chapitres 6 et 7.

Application 8
Pompe électromagnétique Les forces de Laplace exercées sur le milieu con-
Un fluide conducteur ducteur sont, en moyenne, dirigées parallèlement à
(sodium liquide) peut la canalisation.
I
circuler dans une canali- B Ce dispositif permet donc de créer un effet de pom-
sation. Un générateur fait page, sans nécessiter la présence d’une pompe
passer un courant I à mécanique dont le mouvement des pales permettrait
j
travers la canalisation, qui de pousser le fluide dans la canalisation.
est plongée à cet endroit Nous sommes donc en présence d’une pompe sans
dans un champ magnétique, I partie mobile.
dirigé perpendiculairement
Ce dispositif est particulièrement utile pour dépla-
à la direction moyenne des
cer un fluide très corrosif, comme le sodium fondu
lignes de courant (doc. 25). Doc. 25. Champ B dans
circulant dans les circuits d’échange thermique de
Quel peut être l’intérêt un fluide conducteur. certaines centrales nucléaires…
d’un tel dispositif ?
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26
1. Charges et champ électromagnétique

CQFR
● CONSERVATION DE LA CHARGE ÉLECTRIQUE
• La charge totale d’un système isolé se conserve au cours du temps. Ce principe se traduit par des
équations :
∂r ( M , t )
• de conservation intégrale :
Σ
j ( P, t ) . n dS + ∫∫∫V ---------------------
∂t
dt = 0;

∂r ( M , t )
• de conservation locale : div j ( M , t ) + --------------------- = 0 .
∂t

• En régime permanent, le champ de vecteurs j est à flux conservatif :


div j ( M ) = 0 ,
et l’intensité électrique est la même à travers toutes les sections d’un même tube de courant ; la loi des
nœuds est applicable.
• Dans l'approximation des régimes quasi permanents (A.R.Q.P.) les dimensions L d’un circuit sont très
inférieures devant la quantité cT où T est le temps caractéristique d’évolution L , cT .

• Dans l’approximation des régimes quasi permanents (A.R.Q.P.), l’équation div j = 0 et ses consé-
quences sont également valables.

● CHARGES ET CHAMP ÉLECTROMAGNÉTIQUE


• Les charges et les courants électriques sont les sources du champ électromagnétique.
• Une particule de charge q et de vitesse v , évoluant dans une zone où règne un champ électromagné-
tique ( E , B ) , subit la force de Lorentz :

F = q(E + v ∧ B ) .
• La puissance volumique vol cédée par le champ électromagnétique aux charges et courants, est :
3 vol = j . E .

● CONDUCTION ÉLECTRIQUE ET LOI D’OHM

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• Le modèle macroscopique de Drüde permet de rendre compte de la conduction électrique d’un milieu
ohmique. Dans le référentiel du conducteur, le vecteur densité de courant j et le champ électrique E
sont liés linéairement par la relation :
j = gE,
où g est la conductivité du milieu, exprimée en S . m–1.

● FORCES DE LAPLACE
• La force de Laplace à laquelle est soumis un élément conducteur parcouru par un courant et placé dans
un champ magnétique B , peut s’écrire :

dF L = j d, ∧ B ou dF L = I d, ∧ B ,
suivant le modèle de distribution de courants envisagé.

27
Contrôle rapide
Électromagnétisme

Avez-vous retenu l’essentiel ?


✔ À quelle(s) condition(s) peut-on substituer une modélisation surfacique à une modélisation volumique de char-
ges ou de courants ?
✔ Comment s’exprime l’intensité pour une densité surfacique ?
✔ Dans quelles hypothèses peut-on appliquer la loi des nœuds ?
✔ Comment s’exprime la puissance volumique cédée aux charges par le champ électromagnétique ?
✔ La loi de conservation de la charge et la loi d’Ohm locale sont-elles des lois phénoménologiques ou des lois
générales ?
✔ Comment s’exprime la force élémentaire de Laplace pour un tronçon d de conducteur parcouru par un courant
I et soumis à un champ B ?
✔ Décrire en quelques phrases le mécanisme de l’effet Hall.

Du tac au tac (Vrai ou faux)

1. Dans un électrolyte : ❑ d. la résistance d’un tronçon de conducteur ohmi-


L
❑ a. tous les ions participent à la conduction que est toujours donnée par R = ------- .
gS
❑ b. les vitesses des différents ions sont égales
❑ c. les normes des vitesses des différents ions sont 4. La conservation de la charge est donnée par :
égales
❑ d. le vecteur densité de courant volumique est la ❑ a. div j + r = 0
somme vectorielle des densités de courant asso- ∂r
❑ b. div j + ------ = 0
ciées à chaque type d’ion. ∂t
∂r
2. Soit un champ électromagnétique ( E , B ) : ❑ c. div j – ------ = 0
∂t
❑ a. l’action de ce champ sur une charge ponctuelle
dQ V S
s’exprime toujours par : q ( v ∧ B + E ) ❑ d. ------------ + j . dS = 0 .
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dt Σ

❑ b. les termes q ( v ∧ B ) et q E correspondent


5. Lorsque l’approximation des régimes quasi
chacun à un travail cédé aux charges
permanents s’applique :
❑ c. si le champ agit sur une distribution de charge
surfacique on peut rendre compte de cette action ❑ a. le temps caractéristique d’évolution des gran-
à l’aide d’une force surfacique deurs physiques dans un circuit est faible devant
❑ d. cette force s’exprime alors par : le retard lié à la propagation

dF = – s dS ( v ∧ B + E ) . ❑ b. div j = 0
❑ c. les conducteurs présents dans le circuit sont
3. Soit un matériau conducteur ohmique : ohmiques
❑ a. toutes les charges participent à la conduction ❑ d. les fréquences sont très inférieures à 1 Mhz
❑ b. la conductivité g est une caractéristique du ❑ e. la propagation est instantanée.
matériau Solution, page 32.
❑ c. l’ordre de grandeur de g pour un métal est
107 S . m–1

28
Exercices
Données : le milieu ohmique est du cuivre, de conducti-
Sphère radioactive vité g ≈ 6 . 10 7 S . m–1 et de temps de relaxation
t = 10 –14 s.
Une petite sphère radioactive de rayon a, initialement
neutre, émet de façon isotrope par sa surface n charges q *
par unité de temps, avec une vitesse radiale v de norme v Deux milieux ohmiques en contact
constante. Deux milieux ohmiques, de conductivités g 1 et g 2 , occu-
Déterminer, à un instant t, la répartition de charges et de pent respectivement les zones z 0 et z 0 .
courants correspondante.
Ce système est soumis, à l’instant t = 0 , à un champ

Temps de relaxation d’un milieu ohmique électrique uniforme E 0 = E 0 e z .


On supposera que les temps de relaxation t 1 et t 2 (défi-
Dans cet exercice, tous les champs de vecteurs considérés nis dans le modèle de Drüde) des deux milieux sont ici
sont dirigés parallèlement à l’axe (Ox). négligeables.
1) Un temps de relaxation surprenant 1) Que valent, à l’instant initial, les densités volumiques
a) Un milieu ohmique de conductivité g possède une de courant j 1 et j 2 dans les milieux 1 et 2 ?
répartition de charge volumique r 0 ( x ) = r ( x, t = 0 )
En déduire, à partir d’un bilan de charges judicieux, qu’il
initiale non identiquement nulle. En utilisant une surface
de Gauss adaptée, relier l’évolution spatiale du champ apparaît sur le plan z = 0 une charge surfacique s que

électrique E = E ( x, t ) e x à la charge volumique r ( x, t ) l’on reliera à j 1 et j 2 .


du milieu. 2) En déduire l’équation différentielle vérifiée par s et
Remarque : Le théorème de Gauss est applicable en étudier le régime transitoire correspondant.
régime variable. Indiquer l’état obtenu à la fin du régime transitoire.
b) Quelle loi d’évolution de la charge volumique r ( x, t ) Discuter la cohérence des résultats obtenus avec le
peut-on déduire alors de la conservation de la charge modèle utilisé.
électrique, en utilisant la loi d’Ohm ?
Effet de magnéto-résistance
Vers quel état le milieu évolue-t-il ? dans une plaque conductrice
Au bout de quel temps caractéristique T peut-on considé-
rer que le milieu a perdu le souvenir de son état initial ? Un milieu ohmique de temps de relaxation t possède n
charges de conduction (de charge q et de masse m) par
c) Indiquer l’ordre de grandeur de ce temps caractéristique
unité de volume. Une différence de potentiel impose un
T associé à cette relaxation.
La loi d’Ohm est-elle effectivement utilisable pour étu- champ électrique E ( M ) en tout point M de ce milieu.
1) Quelle est la conductivité g 0 du milieu ?

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dier ce régime transitoire ?
2) Modèle de Drüde
2) Un champ magnétique B = B 0 e z est appliqué au
Pour corriger l’incohérence du résultat précédent, on se milieu. Montrer que, en régime permanent, le vecteur
propose d’appliquer au milieu conducteur (possédant n densité volumique de courant peut être écrit sous la forme
porteurs mobiles de charge q et de masse m par unité de
volume) le modèle de Drüde (cf. § 4.1.2.). On note t le j = [ g ] E , en explicitant la matrice [ g ] en fonction de
temps de relaxation associé. la conductivité g 0 et de la pulsation cyclotron w c définie
Le nombre n de porteurs mobiles par unité de volume ne q B0
par w c = ---------- .
peut être constant puisque r varie, mais on admet qu’en m
pratique, sa variation relative est extrêmement faible. On utilisera les coordonnées U0
a) En reprenant l’étude précédente, indiquer l’équation cartésiennes.
d’évolution de la charge r ( x, t ) obtenue en utilisant 3) Le milieu occupe l’espace E0
cette nouvelle approche. situé entre les plans ( x = 0 )
et ( x = a ) . O a x
b) Quel temps caractérise ici, compte tenu des ordres de
grandeur, la perte de mémoire du conducteur ?
Est-il comparable au temps T obtenu précédemment ?

29
Exercices
Il est soumis à une différence de potentiel :
on exprimera j par ses composantes dans la base cylin-
U0 = U ( x = 0) – U ( x = a) .
drique ( e r , e q , e z ) .
Quelle est la résistance R 0 d’une section S de ce milieu
2) Quelle est la nouvelle expression de la résistance du
conducteur en l’absence de champ magnétique ?
système ?
4) Quelle est la nouvelle valeur R de la résistance du
Comparer celle-ci à la valeur de la résistance en l’absence
conducteur précédent en présence du champ magnétique
de champ magnétique, en utilisant les ordres de grandeur
B = B0 ez ? relatifs à un bon conducteur et pour un champ magnéti-
Le comparer à R0 pour un champ de B 0 = 1 T , pour un que de 10 teslas.
milieu métallique. A.N. : q = – e = 1,6 . 10 –19 C, m ≈ 9,1 . 10 –31 kg
A.N. : q = – e = 1,6 . 10 –19 C, m ≈ 9,1 . 10 –31 kg et t ≈ 10 –14 s.
et t ≈ 10 –14 s.

Résistance entre deux conducteurs Oscillations d’un petit aimant


cylindriques, analogie thermique
Un petit aimant de masse m, de moment magnétique ,
Deux cylindres conduc- z est suspendu rigidement à l’extrémité P d’une tige OP de
teurs coaxiaux, de hauteur masse négligeable et longueur L . Il peut effectuer des
h et de rayon R1 et R2 res- mouvements de rotation dans un plan vertical, autour de
pectivement, sont séparés l’axe horizontal (Oz) (durant les oscillations du système,
par un milieu conducteur
ohmique de conductivité g . reste constamment perpendiculaire à OP ).
Un courant I circule dans Le système est plongé dans un champ magnétique B = B e x
ce système lorsqu’il est uniforme et horizontal. On négligera tout frottement.
soumis à une tension R1 R2
On indique qu’un moment magnétique subit de la part
U = V ( R1 ) – V ( R2 ) .
1) Déterminer la résistance R de ce système de deux d’un champ B uniforme un couple G = ∧B.
manières différentes (on négligera tout effet de bord). Discuter l’évolution de la période des petites oscillations
2) Proposer une analogie avec une situation du système, autour de sa position d’équilibre stable, en
géométriquement semblable correspondant à un fonction de la mesure algébrique B du champ magnétique
phénomène de conduction thermique, en régime (B peut être positif ou négatif).
permanent, dans un milieu satisfaisant à la loi de Fourier
et de conductivité thermique l . y
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Quelle est la résistance thermique R th correspondante ?


O x
g
Effet de magnéto-résistance q B
entre deux conducteurs cylindriques
La résistance précédente est plongée dans un champ P
magnétique uniforme et permanent B = B 0 e z . aimant
Le champ électrique est encore radial, mais la répartition
des lignes de courant est altérée par la présence du champ
magnétique.
1) Déterminer le nouveau vecteur densité volumique de Interaction entre deux spires
courant j . Deux spires circulaires, de rayons R 1 et R 2 , parcourues
qt par les courants I et i, ont un même axe (Oz). La
On pourra noter m = ------ la mobilité des porteurs de deuxième spire a un rayon R 2 petit devant R 1 et devant la
m
charge (de charge q et de masse m) du milieu ohmique et distance d séparant ces deux circuits ( R 2 R 1 et
R2 d ).

30
1. Charges et champ électromagnétique

portant des charges volumiques respectives r et –r . On


suppose les points O1 et O2 sur l’axe (Ox), d’abscisses
R1 b b
I x 1 = --- et x 2 = – --- .
a R2 2 2
i z Préciser la relation liant s0 , r et b.
b) Exprimer le champ électrique engendré par ces deux
d cylindres, puis en déduire avec a) celui qu’engendre le
cylindre portant la charge surfacique s ( q ) .
2) Un fil conducteur rectiligne cylindrique de rayon a et
Évaluer la force d’interaction exercée par l’une sur l’autre : d’axe (Oz), ohmique, de conductivité g (n porteurs
a) en évaluant le champ magnétique créé par la grande mobiles de charge q par unité de volume), est soumis à un
spire en un point de la petite spire ;
champ électrique E = E 0 e z ( E 0 0 ) et à un champ
b) en utilisant le champ magnétique créé par la petite
spire en un point de la grande spire. magnétique B = B 0 e y ( B 0 0) .
a) Expliquer qualitativement l’apparition de charges
* surfaciques sur le cylindre, et préciser la valeur du champ
Effet Hall dans un fil cylindrique
de Hall attendu à l’intérieur du cylindre, en régime
1) Un cylindre, à base circulaire de rayon a et d’axe (Oz), permanent.
porte la charge surfacique s = s 0 cos q , en coordonnées b) Montrer que les résultats établis lors de la résolution
cylindriques d’axe (Oz). de la première question permettent de proposer une
a) Montrer qu’une telle distribution peut être obtenue description du régime permanent précédent.
comme étant la limite, pour b tendant vers 0, de la Préciser la valeur de la charge surfacique s 0 caractérisant
superposition de deux cylindres d’axes (O1z) et (O2z), cet état.

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31
Corrigés
Le théorème de Gauss donne ici :
Solution du tac au tac, page 28.
r Sdx ∂E ( x, t ) r ( x, t )
1. Vrai : a, d ; Faux : b, c – SE ( x ) + SE ( x + dx ) = ----------- , soit ----------------- = -------------- .
2. Vrai : a, c ; Faux : b, d e0 ∂x e0
3. Vrai : c ; Faux : a, b, d
b) La loi d’Ohm permet d’écrire j = j ( x, t )e x = g E ( x, t )e x et la
4. Vrai : b, d ; Faux : a, c
conservation de la charge est traduite localement par :
5. Vrai : b, e ; Faux : a, c, d
∂j ( x, t ) ∂ r ( x, t )
----------------- + ------------------ = 0 .
∂x ∂t
On en déduit l’équation d’évolution :
• À l’instant t, la sphère a émis la charge n q t . Le principe de
conservation de la charge implique alors qu’à la date t, la charge de la sphère ∂ r ( x, t ) g r ( x, t )
------------------ + ------------------ = 0 ,
∂t e0
est Q ( t ) = – n q t .
dont la solution décroît exponentiellement vers zéro, avec un temps
• Une charge émise à l’instant 0 a parcouru la distance v t. La charge émise est e0
donc comprise entre les sphères de rayon a et a + v t . caractéristique T = ---- .
g
On a donc pour r a + v t , r = 0 et j = 0 . c) Pour un bon conducteur comme le cuivre, la conductivité est :
On considère maintenant les valeurs de r comprises entre a et a + v t .
g ≈ 6 . 10 7 S . m–1,
Entre les sphères de rayons r et et on obtient T ≈ 10 –19
s.
r + dr existent les charges émises sphère On sait cependant que la loi d’Ohm n’est applicable que pour des temps
entre les instants : de rayon r caractéristiques d’évolution grands devant le temps de relaxation t du modèle
r–a r + dr – a de Drüde. Ce résultat n’a donc pas de signification sérieuse, puisqu’il se situe
t – ---------- et t – --------------------- , dQ
v v dans un domaine où le modèle utilisé pour l’obtenir est clairement inapplicable
dr . (puisque t = 10 –14 s).
soit en δt = ----
v sphère
2) a) On considère l’équation d’évolution de la vitesse d’ensemble v = v e x
Cela correspond à une charge : de rayon
des charges mobiles, c’est-à-dire ici des électrons de charge – e :
r + dr
dr
dQ = n q ---- . dv v eE
v ---- + - = – ------ .
dt t m
L’émission étant isotrope, la densité de charges est à symétrie sphérique et vaut :
Le vecteur densité de courant électrique est j = – n e v , où n, de variation
dQ nq . relative négligeable, peu être pris comme un facteur constant.
- = -------------
r ( r, t ) = ---------------- -
4 π r 2 dr 4 π r2 v
∂j j n e2E gE
Elle ne dépend pas de t dans la zone d’espace qui a été atteinte par les charges On en déduit : ---- + - = ----------- = ------ .
dt t m t
∂r
émises depuis l’instant initial : ----- = 0 . ∂E ( x, t ) r ( x, t ) ∂j ( x, t ) ∂ r ( x, t )
∂t D’autre part ----------------- = --------------- et ----------------- + ------------------ = 0 .
∂x e0 ∂x ∂t
a + vt
On vérifie que
∫ r ( r )4 π r 2 dr = n q t , ce qui représente la charge L’équation d’évolution de la densité volumique de charge du milieu est donc :
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a
émise par la sphère entre l’instant initial et la date t. ∂2r 1 ∂r 1 e0
-------2 + - ----- + ----- r = 0 , avec T = ---- .
• La densité volumique de courant s’en déduit : ∂t t ∂t t T g
n q er b) Comme T t , le régime transitoire correspondant est pseudo-
j = j ( r, t ) e r = r m v = r ( r, t )v e r = -----------2 .
4πr périodique, et le temps caractérisant la décroissance exponentielle des
Son flux est conservatif dans la zone a r a + v t , où l’écoulement des oscillations de la densité de charge est égale à t .
charges est permanent. En utilisant l’annexe, on vérifie bien que Ce temps caractéristique apparaît bien comme le temps de relaxation du milieu :
au bout de quelques t , le milieu a perdu la mémoire de son état initialement
1 ∂
---2 ----- ( r 2 j ) = 0 , soit div j = 0 . perturbé et il est revenu à la neutralité électrique.
r ∂r

1) Si le temps de relaxation
1) a) Le champ étant dirigé
selon l’axe (Ox), on considère une de chaque milieu est négligeable, les
densités volumiques de courant z = 0– z = 0+
surface de Gauss, de la forme d’un
parallélépipède d’arêtes parallèles E ( x, t )e x E ( x + dx, t )e x doivent être initialement égales à :
z
aux axes (Ox), (Oy), et (Oz), et j1 = g 1 E0 ez ➀ ➁
possédant deux faces de surface S
aux abscisses x et x + dx . x x + dx et j2 = g 2 E0 ez .

32
1. Charges et champ électromagnétique

Elles ne sont pas égales, et leur flux n’est pas le même, à travers une portion du qt
plan ( z = 0 ) , en z = 0 – et z = 0 + . Le vecteur j s’écrit j = n q v = g 0 E + ---- j ∧ B , soit en projection :
m
Ainsi, à partir d’un bilan de charges appliqué à un petit cylindre, de section S,
« compris entre les abscisses z = 0 – et z = 0 + », on déduit l’apparition  jx – t wc jy = g 0 Ex

d’une charge surfacique s sur le plan ( z = 0 ) , liée aux densités volumiques  jy + t wc jx = g 0 Ey .

de courant j 1 et j 2 par la relation :  jz = g 0 Ez
On en déduit :
ds
----- = ( j 1 – j 2 ) . e z .  wc t 
dt 1
 ------------------
2 2
- ------------------
2 2
- 0
2) Le plan ( z = 0 ) , portant une charge surfacique uniforme s , engendre le  1 + wc t 1 + wc t 
 
s j = [g ] E = g 0  – wc t 1 E
champ E = ± ------- e z . On admet la validité de ce résultat obtenu en Première ------------------
- ------------------
- 0
2 e0  2 2 
année pour un champ électrique permanent. Comme ce champ se superpose au  1 + wc t 2 1 + wc t 2 
 
 0 0 1
champ E 0 , on en déduit les valeurs des densités volumiques de courant à
l’instant t : 3) La résistance du tube considéré, de section S et épaisseur a, vaut :
s s
j 1 = g 1  E 0 – ------  e z et j 2 = g 2  E 0 + ------  e z , a
R 0 = -------- .
 2 e0   2 e0  g0 S
et l’équation d’évolution de la charge surfacique s :
4) La tension U 0 (entre les plans ( x = 0 ) et ( x = a ) ) impose le champ
ds s s
----- = g 1  E 0 – ------  – g 2  E 0 + ------  . U0
dt  2 e0   2 e0  électrique E = E 0 e x dans le conducteur avec E 0 = ----- . Le courant
a
traversant une section S de ces plans est :
2 e0 2 ( g1 – g2 )
- et s 1 = e 0 E 0 --------------------- , on obtient :
En posant T = ------------- 1 U0
g1 + g2 ( g1 + g2 ) I = j x S = g 0 ------------------
2
- E0 S .
1 + wc t 2
d s ( s – s1 ) La nouvelle résistance est donc : E0
----- + -----------------
- = 0.
dt T 2
U a ( 1 + wc t 2 ) 2
À l’instant t, le plan n’est pas chargé, et on en déduit : - = R 0 ( 1 + w c t 2 ).
R = --- = ------------------------- O a x
I g0 S
1
– --- Pour un milieu métallique, on trouve :
s ( t ) = s1  1 – e T .
 
R – R0 qt 2
------------- = w c t 2 =  ---- B ≈ 3 . 10 –6 .
2
Lorsque le régime limite est établi ( t T ) , la charge surfacique du plan est R0 m 
s = s 1 et les densités de courant sont identiques dans les deux milieux :
La valeur de la résistance est fort peu affectée par le champ magnétique.
2 g1 g2
j 1 = j 2 = -------------- E 0 e z .
g1 + g2

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Les temps de relaxation t 1 ou t 2 (définis dans le modèle de Drüde) des 1) • Première méthode : étude de la répartition de courant
milieux ont été supposés négligeables, c’est-à-dire ici très petits devant Le vecteur densité de courant est radial, j = j ( r, q, z ) e r , dans la base
2 e0 associée aux coordonnées cylindriques d’axe (Oz). Le système est de révolution,
T = -------------- .
g1 + g2 et on suppose que cette distribution ne dépend pas de la coordonnée z, dans
Cette hypothèse n’est pas réalisée compte tenu des résultats de l’exercice l’espace occupé par le conducteur ohmique (effet de bords négligés et donc
e0 invariance par translation suivant z). On a alors j = j ( r ) e r .
précédent où l’on a établi que ---- t i ( i = 1 ou 2).
gi Le flux de ce champ est le même, en régime (quasi) permanent à travers tout
La forme obtenue pour le régime transitoire est donc très discutable. Un modèle cylindre de rayon r ( R 1 r R 2 ) et de hauteur h. Il est égal à I donc :
moins naïf conduirait à reconsidérer celui-ci, mais le régime limite, défini dans tous
s1 s1 I
les cas par j 1 = j 2 , donc g 1  E 0 – ------  = g 2  E 0 + ------  , sera le même. j ( r ) = ------------ .
 2 e0   2 e0  2π r h
On en déduit le champ électrique dans ce milieu ohmique :
1
E = -------------- e r ,
n q2t 2 πg r h
1) La conductivité du milieu est g 0 = ---------- .
m et la différence de potentiel aux bornes de cet élément résistif :
2) En régime permanent, la vitesse d’ensemble des porteurs vérifie l’équation
(cf. § 4.1.2.) : I R2
U = V 1 – V 2 = ------------ ln  ----  .
qt 2 πg h  R 1 
v = ---- ( E + v ∧ B ) .
m

33
Corrigés
R2 n q2t
ln  ----  On peut alors écrire : j = n q v = g E + m j ∧ B , avec g = ---------- .
 R1  m
La résistance est donc R = ---------------- . On en déduit, en coordonnées cylindriques (jz étant évidemment nul) :
2 πg h
• Deuxième méthode : association de tubes de courant élémentaires  jr = g E + m jq B0
On considère une petite portion élémentaire d’un tube de courant, de longueur  .
dr et de section d 2 S = dz r d q comme indiqué sur le schéma.  jq = – m jr B0
Sa résistance est : gE
Ceci implique : j r = ------------------------2 ,
1 dr 1 d 1 + ( m B0 )
-- ------- = -- -------------- .
g d2S g dz r d q au lieu de j r = g E en l’absence de champ magnétique.
La résistance du tube élémentaire d’angle d q , compris entre les rayons R 1 et 2) Ainsi, en reprenant le calcul de l’exercice précédent (première méthode), on
R 2 , s’obtient par association en série de tels éléments. Elle vaut donc : trouve une valeur de la résistance :
R2
1 ds 1 R R2
-- -------------- = --------------- ln  ----2  .
∫ r = R 1 g dz r d q g dz d q  R 1  ln  ---- 
 R1 
R B = ---------------- [ 1 + ( m B 0 ) 2 ] .
La résistance totale s’obtient par association en parallèle de tels tubes 2π g h
élémentaires, soit : La résistance du système est donc multipliée par le facteur [ 1 + ( m B 0 ) 2 ] .
1 2π h
g dz d q g 2π h A.N. : m ≈ 1,7 . 10 –3 C . s . kg–1. Il apparaît que même pour un champ
-- =
R ∫ ∫ ---------------- = ---------------- ,
R R2 magnétique extrêmement fort (10 teslas), la correction apportée à la valeur de
ln  ----  ln  ---- 
q=0 z=0 2
 R1   R1  la résistance reste faible : 1 + ( m B 0 ) 2 ≈ 1 + 3 . 10 – 4 .
On a donc vu l’influence de la magnéto-résistance en présence de la géométrie
ce qui correspond bien au résultat précédent.
dite de Corbino.

z

Pour étudier le mouvement de rotation, on lui applique le théorème du
➀ moment cinétique, en projection sur l’axe (Oz) de rotation, en notant q l’angle
dr d’inclinaison du pendule par rapport à la verticale.
rdq
Le petit aimant subit de la part du champ magnétique le couple :
dz
G = ∧B = – B sin q e z .
L’équation du mouvement de rotation est donc :
J q̇˙ = m L 2 q̇˙ = – m g L sin q –
B sin q .
2) Dans le cas électrique, on utilise j = g E = – g gradV . Si B – m g L (en particulier lorsque le moment magnétique de l’aimant
Dans le cas thermique, on écrit j Q = – l grad T entre les deux cylindres de est dans le même sens que le champ magnétique en q = 0 ) la position
d’équilibre q = 0 est stable.
températures T 1 et T 2 .
La période des petites oscillations vaut :
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T1 – T2
On trouve donc un flux thermique F th = --------------
- du cylindre ➀ vers le m L2
R th T = 2 π -------------------------- .
R2 mgL+ B
ln  ----  Si le champ et le moment magnétique sont de directions opposées en q = 0 ,
 R1 
cylindre ➁ avec R th = ---------------- . et que B – m g L , c’est la position q = π qui est alors position
2π l h
d’équilibre stable.
La période des oscillations au voisinage de cette position d’équilibre est alors :
1) En présence du champ magnétique, l’équation du mouvement mL 2
T = 2 π ---------------------------------- (attention, B+mgL 0 ).
d’ensemble des porteurs est, dans le cadre du modèle de Drüde de la forme –( B + m g L )
(cf. § 4.1.2) :
dv v q
----- + -- = --- ( E + v ∧ B ) . a) Soit M un point de coordonnées cylindriques ( r = R 2 , q , z )
dt t m
appartenant à la petite spire. Ce point appartient à un plan contenant l’axe (Oz),
Soit, en régime permanent :
qui coupe diamétralement la grande spire. C’est un plan d’antisymétrie de la
qt distribution de courant correspondant à la grande spire. Le champ magnétique
v = ---- ( E + v ∧ B ) = m ( E + v ∧ B ) .
m
B 1 au point M appartient à ce plan, donc :
En l’absence de champ magnétique, la vitesse de dérive est radiale. Le champ
magnétique B = B 0 e z dévie les porteurs dans le plan ( e r , e q ) . B 1 = B 1r ( r, z )e r + B 1z ( r, z )e z .

34
1. Charges et champ électromagnétique

On veut exprimer le champ B 1 au voisinage de l’axe (Oz) ( r R1 ) . m 0  2 cos q 2 e r2 + sin q 2 e q2 


Pour cela, on considère une surface fermée ayant la forme d’un petit cylindre B 2 ( P ) = -----------  -------------------------------------------- 
4π  r2 
d’axe (Oz), de rayon r et de hauteur dz. Le flux du champ B 1 à travers cette
surface est nul, donc : m 0  – 2 cos a e r2 + sin a e q2 
= -----------  -----------------------------------------------
- ,
4π  2
(R + d 2)
2

π r 2 [ B 1z ( axe ) ( z + dz ) – B 1z ( axe ) ( z ) ] + 2 π r dz B 1r ( r, z ) = 0 . 1

La composante radiale du champ est donc liée à la valeur du champ sur l’axe par : en utilisant les coordonnées sphériques r 2 , q 2 et j 2 , centrées sur la petite
spire.
r dB 1z ( axe )
B 1r ( r, z ) = – - ------------------
2 dz
Soit le petit contour rectangulaire représenté ci-dessous. On peut écrire que
e r2 q2
la circulation du champ B 1 est nulle sur celui-ci (au niveau de la petite spire,
e q2 j2
on est en dehors des sources créant le champ B 1 ), soit : a
– dz B 1r ( r, z ) + dz B 1z ( axe ) = 0 , z
à des termes d’ordre supérieur ou égal à 2 en r près.
d

z z + dz
r
z La force exercée sur la grande spire s’en déduit :

r F L′ =
°∫ I R d j e
grande spire
1 2 j2 ∧ B2

j = 0 .. 2π
2
z z + dz z
m0 I R2  – 2 cos a e + sin a e 
r2 q2 
∧  -----------------------------------------------
On en déduit finalement :
= --------------------
4π °∫ d..j e
j 2 = 0 2π
2 j2 
 2
(R + d ) 2
3
--
2
-
- ,


1
r dB 1z ( axe )  – 2 cos a e – sin a e 
B 1 = B 1z ( axe ) ( z ) e z – - ----------------- e r m0 I R2 q2 r2 
d j 2  -----------------------------------------------
°∫
2 dz F L′ = -------------------- , ou encore :
4π  3
--
- 
à des termes d’ordre supérieur ou égal à 2 en r près. j2 = 0 .. 2π 
2
( R1 + d ) 2 2 
La résultante des forces exercées sur la petite spire s’en déduit :
R 2 dB 1z ( axe ) ( z ) m0 I R2  + 3 cos a sin a e  m0 I R2 d
2
F L = id l 2 ∧ B 1 = i R 2 d q e q ∧  – ---- ------------------------ e r  --------------------------------r-  = 3- -----------------------
°∫
petite spire
°∫
q = 0 .. 2π
 2 dz z = d F L′ = --------------------
4π 
 ( R2 + d 2 ) 2 
--- 
3 2 2
2
5 z
---
2
e .
1 ( R1 + d )
2 dB 1z ( axe ) ( z )
= i π R 2  ------------------------  e . Ce résultat est opposé au précédent.
 z = d z

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dz
Remarque : Seule la partie non uniforme de cette expression intervient pour
calculer la résultante des forces de Laplace exercées sur la petite spire.
La grande spire crée, en un point de l’axe d’abscisse z, le champ : 1) a) La charge portée par une surface dS = a d q dz du cylindre est
2 dq = s 0 cos q d S .
m0 I m0 I R1
B 1 = -------- sin 3 a e z = -------------------------3 e z . Lorsque les axes des cylindres, portant des charges volumiques opposées se
2 R1 ---
2
2 ( R1 + z 2 ) 2 rapprochent, celles-ci compensent dans leur zone commune, ne laissant
subsister qu’une « écorce » chargée, d’épaisseur localement égale à b cos q .
On en déduit :
2 2
3 m 0 I R 1 ( π R 2 i )d volume
F L = – - -------------------------------
- ez .
2 5
--- élémentaire
2
( R1 + d ) 2 2 b cosq dS
q b
C’est une force attractive si les deux spires sont orientées dans le même sens
O2 O1
(c’est-à-dire i et I de même signe).
b) En un point P de la grande spire, le champ B 2 créé par la petite spire est
b
assimilable à celui d’un dipôle de moment , soit :

35
Corrigés
La charge correspondante est dq = r b cos q dS (son signe est bien celui de On en déduit le champ extérieur :
cos q ). On en déduit la relation assurant l’équivalence de ces distributions
r a 2 b cos q e r + sin q e q  .
lorsque b tend vers 0 : r b = s 0 . E = -----------  ----------------------------------
-
2 e0  r2 
b) • Un seul cylindre chargé en volume
Pour un cylindre de rayon a et d’axe (Oz), portant la charge volumique r , le • Cylindre chargé en surface
On utilise l’équivalence développée à la question précédente, lorsque b tend
champ électrique, radial, est de la forme E = E ( r ) e r . On peut le déterminer vers 0 avec r b = s 0 . On obtient alors :
en appliquant le théorème de Gauss à un cylindre d’axe (Oz), de rayon r et de s0
hauteur arbitraire, soit : • pour r a , E = – ------- e x ;
2 e0
r r a2
E = ------- r e r pour r a et E = -------- ---- e r pour r a. s 0 a 2 cos q e r + sin q e q 
2 e0 2 e0 r • pour r a, E = ----------  ----------------------------------
- .
2 e0  r2 
• Deux cylindres
2) a) Les charges de conduction sont mises en mouvement dans la direction de
Dans la zone commune, soit à la limite où b tend vers 0 pour r a , on aura :
l’axe ( Oz ) par le champ.
r r Le champ magnétique les dévie parallèlement à ( Ox ) .
E = ------- ( H 1 M – H 2 M ) = – ------- b e x ,
2 e0 2 e0 Par exemple, des électrons ( q 0 ) qui se déplacent dans le sens des z
où H1 et H2 désignent les projections du point M où on calcule le champ, décroissants, sont déviés du côté des x décroissants.
respectivement sur les axes (O1z) et (O2 z). On peut prévoir l’apparition de charges surfaciques, positives sur le côté
Hors des cylindres ( r a ) , on doit effectuer un développement de x 0 et négatives sur le côté x 0 .
l’expression du champ, dans la mesure où r b . Il est toutefois délicat de Ces charges créent à leur tour un champ de Hall qui vient compenser l’effet du
développer directement le champ (car les normes, mais aussi les directions des champ magnétique :
champs sont différentes pour les deux cylindres). Il est préférable (et
recommandé) d’utiliser les expressions des potentiels associés : EH = – v ∧ B .

r a2 r1 r a2 r2 Sous l’action conjuguée du champ B et du champ de Hall E H , les charges de


V 1 = – -------- ln  ---  et V 2 = + -------- ln  ---  (à des constantes près).
2 e0  a  2 e0  a  conduction retrouvent en régime permanent un mouvement de dérive dû au
Le potentiel de l’ensemble est alors V = V 1 + V 2 , soit : j g
champ E , parallèlement à l’axe (Oz), soit v = ------ = ------ E 0 e z .
 r 2 + b r cos q + b----2  nq nq
ra 2 r ra  2 4  r a2 b Le champ de Hall, uniforme dans le cylindre, vaut :
V = -------- ln  ---  = -------- ln  -------------------------------------
2
   ≈ -------- - cos q .
2 e0 r1 4 e0  2 b2 2 e0 r
r – r cos q + ----  g
 4  E H = ------ E 0 B 0 e x .
nq
b) D’après les résultats établis à la question 1), on peut proposer pour le
r g
r1 cylindre une charge surfacique s = s 0 cos q , avec s 0 = – 2 e 0 ------ E 0 B 0 ,
nq
qui créerait un tel champ à l’intérieur du cylindre.
r2
q
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H2 H1 x

b b
- -
2 2

36
Champ
électromagnétique
permanent 2

En Première année, nous avons décrit le champ


électrique permanent créé par une distribution de

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charges. Ce champ à circulation conservative dérive ■ Lois locales du champ électromagnétique
d’un potentiel scalaire et son flux à travers une surface en régime permanent.
fermée est donné par le théorème de Gauss.
De façon analogue, le champ magnétique permanent,
créé par une distribution de courants, est à flux
conservatif, et sa circulation sur un contour est donnée
par le théorème d’Ampère.
En restant dans le cadre des régimes permanents,
■ Électromagnétisme de Première année :
nous formulerons ces propriétés du champ • loi de Coulomb ;
électromagnétique permanent en termes de • loi de Biot et Savart ;
lois locales : ces lois ou équation locales (équations • champs électrique et magnétique perma-
aux dérivées partielles) permettent de décrire nents ;
• théorèmes de Gauss et Ampère.
les propriétés du champ en chaque point de l’espace.

37
P037-052-9782011456397.fm Page 38 Samedi, 24. mars 2007 5:37 17

Électromagnétisme

1 Le champ électrique permanent

1.1. Champ électrique d’une distribution de charges


M
1.1.1. Loi de Coulomb et superposition des effets eP → M
La loi de Coulomb indique la force d’interaction, dans le vide, entre deux char-
ges ponctuelles. Le principe de superposition, qui postule la linéarité des effets q
P
de l’interaction coulombienne, nous a permis d’exprimer le champ créé par les dq (P)
modèles usuels de distributions de charges.
1 dq ( P )
dE P ( M ) = ------------- ---------------2- e P → M (doc. 1) et E ( M ) =
4 π e0
PM
∫∫∫Dq dE . Doc. 1. Champ créé par une distribu-
tion de charges.

1.1.2. Propriétés du champ


Nous savons que le champ électrique permanent est un champ à circulation
conservative qui vérifie le théorème de Gauss. L’étude de sa topographie nous
a montré que le champ électrique possède les propriétés de symétrie d’un vec-
teur « vrai » ou vecteur polaire. Nous savons en particulier que :
• le champ électrique engendré par une distribution invariante par translation
ou de révolution autour d’un axe, possède les mêmes invariances que celle-ci
(doc. 2) ;
• lorsqu’une distribution possède un plan de symétrie, le champ électrique
appartient à ce plan en chacun de ses points (doc. 3) ; t (M) E
• lorsqu’une distribution possède un plan d’antisymétrie, le champ électrique E
est perpendiculaire à ce plan en chacun de ses points (doc. 4). M

E
E
M M Doc. 2. Distribution invariante par
translation.

+ + − +

Π Π∗
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Doc. 3. Distribution possédant un plan Doc. 4. Distribution possédant un plan


de symétrie Π. d’antisymétrie Π ∗ .

Application 1
Symétrie du champ électrique
Rappeler la forme la plus générale du champ a) Une distribution, possédant la symétrie sphérique
électrique engendré par une distribution de charges : de centre O vérifie :
a) à symétrie sphérique ; r ( M ) = r ( r , q, j ) = r ( r ) ,
b) à symétrie cylindrique. en coordonnées sphériques de centre O.

38
2. Champ électromagnétique permanent

Tout plan passant par le centre O de la sphère est l’axe (Oz). Donc le champ électrique, au point M,
plan de symétrie. Par un point M quelconque passe appartient à l’intersection de ces plans :
une infinité de plans de symétrie contenant M et O.
E ( M ) = E ( r , q, z ) = E ( r , q, z ) e r .
Le champ E ( M ) appartient à tous ces plans et donc
à leur intersection : il est radial. L’invariance par L’invariance par translation dans la direction de
rotation autour du point O implique que son module l’axe (Oz) et par rotation autour de cet axe, nous
ne dépend que de la distance r au centre. En conclu- permet finalement d’affirmer que le champ d’une
sion, le champ d’une distribution de charges à symé- distribution de charges à symétrie cylindrique est de
la forme :
trie sphérique est de la forme E ( M ) = E ( r ) e r .
b) Une distribution possédant la symétrie cylindri- E ( M ) = E ( r ) er .
que est invariante par rotation autour de son axe Remarque
(Oz) et par translation parallèlement à cet axe.
Il ne faut pas confondre les notations r et e r des
Donc r ( M ) = r ( r, q, z ) = r ( r ) , en coordonnées coordonnées sphériques et cylindriques.
cylindriques d’axe (Oz).
Nous renvoyons si nécessaire le lecteur au cours de
Tout point M appartient à deux plans de symétrie de Première année, pour une révision plus détaillée
la distribution : le plan qui contient M et l’axe (Oz), des propriétés de symétrie du champ.
et celui qui contient M et qui est perpendiculaire à

1.2. Flux du champ électrique


ligne
1.2.1. Théorème de Gauss de champ
Le théorème de Gauss indique que le flux du champ électrique à travers une E
E
surface fermée S est égal à la charge située à l’intérieur de cette surface divi-
sée par e 0 :
Q int à Σ
E . dS = ---------------- .
Σ e0
C’est une propriété intégrale du champ électrique, dont nous avons déjà établi Doc. 5. Évolution de l’amplitude du
quelques conséquences. champ dans un tube vide de charge.
• Dans une zone de l’espace vide de charges, le champ électrique est à flux con-
servatif (le flux est le même à travers toutes les sections d’un tube de champ
donné). Sur un graphique du champ électrique, un resserrement des lignes de

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champ correspond alors à une augmentation du module du champ (doc. 5). E2
• L’utilisation du théorème de Gauss, associée à l’utilisation des propriétés de
symétrie d’une distribution (à symétrie élevée), permet une détermination N1 → 2 E1
rapide du champ créé.

• Lors de la traversée d’une nappe de charge surfacique s, la composante nor-
male du champ électrique présente une discontinuité (doc. 6) :
➀ la nappe porte s
s
( E 2 – E 1 ) . N 1 → 2 = ----- .
e0
Doc. 6. Discontinuité de la composan-
1.2.2. Divergence du champ électrique te normale du champ à la traversée
d’une nappe chargée :
Le théorème de Green-Ostrogradski (cf. Annexe) nous permet de relier le flux
d’un champ vectoriel à travers une surface fermée S et l’intégrale de sa diver- s
( E 2 – E 1 ) . N 1 → 2 = ----- .
gence sur le volume délimité par S : e0

Σ
E . dS = ∫∫∫ divE dt .

39
Électromagnétisme

Ainsi, le flux du champ électrique à travers la surface qui délimite le volume


δq = r δt
élémentaire δt s’écrit (doc. 7) :

δF = divE δt .
Ce volume contient la charge δq = r δt . Le théorème de Gauss nous indique
δq r
que ce flux vaut aussi δF = ------ = ----- δt .
e0 e 0
Comparant les deux expressions du flux, nous en déduisons que : Doc. 7. Volume élémentaire chargé.
r
divE = ----- .
e0
Le champ électrique est lié à ses sources par la loi locale :
r
divE = ----- .
e0

Cette équation traduit la première des lois régissant l’évolution locale du


champ électromagnétique. Nous en verrons encore trois autres (une pour le
champ électrique et deux pour le champ magnétique), l’ensemble constituant
le groupe des « quatre équations de Maxwell ».
Par référence au théorème de Gauss, nous appellerons équation de Maxwell-
Gauss celle que nous venons d’obtenir.
L’équation locale de Maxwell-Gauss permet de retrouver le théorème de Gauss :
r (P) Q int à S
.
Σ
E . dS = ∫∫∫ divE dt = ∫∫∫ ------------- dt = ---------------
e0 e0
Les lois locale et intégrale sont deux formulations de la même propriété fon-
damentale du champ électrique.
Remarque
En étudiant les cartes de champ électrique, nous avons observé que le champ
créé par des charges fixes diverge à partir des charges positives et converge
vers les charges négatives (doc. 8). Cette propriété justifie l’appellation
« divergence » associée à l’opération de dérivation intervenant dans cette loi
locale.
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.


+

Doc. 8. Les lignes du champ électrique convergent ou divergent, vers les charges
électriques ou vers l’infini.

40
2. Champ électromagnétique permanent

1.3. Circulation du champ électrique permanent


E2
1.3.1. Circulation conservative
Nous savons que le champ électrique permanent est à circulation conservative. N1 → 2 E1
• Sa circulation sur une courbe, allant d’un point à un autre, ne dépend pas du

trajet suivi entre ces points.
• Sa circulation le long de tout contour (courbe fermée) est nulle :

la nappe porte s
°∫G E .d = 0 , quel que soit G.
Doc. 9. Discontinuité du champ à la
traversée d’une nappe chargée :
Ces propriétés impliquent que :
s
• les lignes du champ d’un champ électrostatique ne peuvent être des courbes E 2 – E 1 = ---- N 1 → 2 .
e0
fermées ; les lignes de champ, divergeant à partir des charges, vont de celles-
ci vers l’infini ou bien vers d’autres charges (doc. 8) ;
• la composante tangentielle du champ électrique est continue à la traversée
d’une surface chargée. Connaissant la discontinuité normale du champ, la dis-
continuité du champ à la traversée d’une nappe chargée s’en déduit (doc. 9) :
s
E 2 – E 1 = ---- N 1 → 2 .
e0 S N

1.3.2. Rotationnel du champ électrique permanent


Le théorème de Stokes (cf. Annexe) lie la circulation C G d’un champ de vec-
teur sur un contour G , au flux du rotationnel de ce champ à travers toute sur-
face S orientée s’appuyant sur G (doc. 10) :
G
CG =
°∫G E .d = ∫∫S (G ) rot E . dS . Doc. 10. Surface orientée S s’appuyant
sur un contour G.
Cette circulation du champ électrique permanent est nulle, car la courbe G est
fermée. Nous en déduisons que rot E = 0 .

L’équation rot E = 0 traduit localement le caractère conservatif de


la circulation du champ électrique permanent.

1.4. Potentiel scalaire

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
1.4.1. Champ de gradient
La circulation du champ électrique permanent est conservative, et l’égalité :
B
VB = VA + ∫A – E .d ,

définit la différence de potentiel V B – V A , sans qu’il soit nécessaire de préciser le


chemin (liant les points A et B) sur lequel la circulation du champ est calculée B
(doc. 11). Cette écriture définit le potentiel à une constante près. Le choix de cette d
constante, appelé choix de jauge, n’affecte pas la valeur du champ électrique.
La circulation élémentaire du champ s’identifie, au signe près, à la différen-
tielle (exacte) de la fonction V ( r ) :
A
E . dr = – dV ( r ) .
Doc. 11. Courbe reliant deux points A
Ainsi le champ électrique permanent, à circulation conservative, dérive du
et B.
potentiel scalaire V :
E = – grad V ( r ) .

41
Électromagnétisme

Le champ est perpendiculaire aux surfaces équipotentielles et les lignes de champ


sont orientées dans le sens des potentiels décroissants. Les documents 12a et 12b
illustrent cette propriété dans le cas d’un dipôle.

a) b)
(+ q)

axe du dipôle

(– q)

Doc. 12a. Lignes de champ (en cou-


leur) et lignes équipotentielles (en
noir) d’un dipôle électrique, dans un
plan contenant le dipôle.
Le § 1.3 nous a montré d’autre part, qu’un champ à circulation conservative b. Visualisation du potentiel.
est un champ de rotationnel nul et réciproquement.
Un champ de vecteurs à circulation conservative est un champ de
rotationnel nul ; c’est aussi un champ de gradient. Ces propriétés,
équivalentes, s’appliquent au champ électrique permanent.

1.4.2. Équation de Poisson


Le champ électrique permanent dérive d’un potentiel V et, en présence d’une den-
sité volumique de charges r, satisfait donc l’équation locale de Maxwell-Gauss :
r
E = – grad V et divE = ----- .
e0
Nous en déduisons :
r
div ( – gradV ) = – ∆V = ----- ,
e0
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.

où ∆V est le laplacien de la fonction potentiel V (cf. Annexe).


En régime permanent, le potentiel scalaire V vérifie l’équation locale
appelée équation de Poisson :
r
DV + ----- = 0 .
e0
Remarque
Dans une région vide de charges, c’est-à-dire en dehors de la distribution de
charges créant le champ et le potentiel, ce dernier obéit à l’équation de
Laplace :
∆V = 0 .
Nous pouvons retrouver cette équation dans d’autres domaines de la physique
(conductions thermique, électrique, mécanique des fluides) où des problèmes
analogues (équations et conditions aux limites semblables) admettent des
solutions similaires.

42
2. Champ électromagnétique permanent

Application 2
Conducteur à l’équilibre électrostatique En notant 2 le milieu extérieur (vide), 1 le milieu
1) Un matériau conducteur (métallique, par exemple) conducteur où le champ est nul, et N la normale à
est en équilibre électrostatique. Cela signifie que la la surface du conducteur, dirigée vers l’extérieur,
vitesse du mouvement d’ensemble des charges nous en déduisons la valeur du champ au voisinage
(vitesse mésoscopique) est nulle ; on dit que les immédiat de la surface du conducteur :
charges ne se déplacent pas. Quelle doit être la valeur s
du champ électrique au sein d’un tel matériau ? E voisinage immédiat = ----- N .
de la surface
e 0
2) Que peut-on en déduire quant au potentiel d’un
Dans le cas représenté sur le document 13, cette
conducteur en équilibre électrique électrostatique ?
relation s’écrit :
3) Ce conducteur peut être électrisé. Où doit se s (Q)
répartir cette charge lorsque le conducteur est à E ( P ) = -------------- N
e0
l’équilibre ? Quelle est la valeur du champ
électrostatique juste à l’extérieur de ce conducteur, car le champ n’est pas défini sur la surface.
c’est-à-dire au voisinage immédiat de sa surface ?

1) La situation envisagée est statique : il n’y a pas de


mouvement d’ensemble des charges. Le « fluide de N
charges » de conduction du matériau restant immo- conducteur Q
bile, nous en déduisons la nullité du champ électri- P
en équilibre
que à l’intérieur du métal. électrostatique
2) Si le champ est nul dans le conducteur, le
potentiel y est nécessairement uniforme : le conduc- Doc. 13. Le champ électrique E , au voisinage immé-
teur à l’équilibre constitue un volume équipotentiel. diat de la surface d’un conducteur en équilibre, est
donné par :
3) Le champ est nul dans le conducteur, sa diver-
s (Q)
gence aussi. Il n’y a donc pas de charge volumique E ( P ) = -------------- N .
e0
r
dans le conducteur car divE = ----- .
e0 Remarque : Lorsque la surface d’un conducteur a,
Si celui-ci est chargé, sa charge est nécessairement localement, une « forte courbure », on observe une
répartie en surface, représentée par une densité sur- forte densité superficielle de charges et donc un
facique de charge s. champ important au voisinage de cette surface

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
(cf. chapitre 4, § 1.5.).
La discontinuité du champ à travers une surface
chargée est donnée par la relation : Ce champ peut alors ioniser localement l’air et pro-
voquer des phénomènes spectaculaires (feux de
s Saint-Elme) que l’on peut voir sur les pointes des pio-
E 2 – E 1 = ---- N 1 → 2 .
e0 lets en montagne ou au sommet du mât d’un bateau.

1.5. Importance des lois locales


Les lois locales introduites comme postulat de l’électrostatique permettent,
par leur résolution, de retrouver la loi de Coulomb ainsi que les lois intégrales.
Elles contiennent donc « toute l’électrostatique ». Nous ferons cette même
remarque à la fin du paragraphe suivant sur le champ magnétique permanent,
puis lors de l’étude générale du champ électromagnétique dans le chapitre 5.
Il faut dès maintenant réaliser l’intérêt de ce type de loi qui réside dans leur
concision et la puissance de leur contenu.

43
Électromagnétisme

Application 3
Condensateur plan b)
Un conducteur plan est constitué de deux armatures s1
métalliques dont les faces en regard sont planes, de s2
section S et parallèles, séparées par la distance h.
Le milieu situé entre les armatures est assimilé au
zone
vide (doc. 14). de condensateur plan
La différence de potentiel U = V 1 – V 2 est imposée conducteurs idéal
entre les deux armatures du condensateur.
Pour décrire ce système, on néglige tout effet de Doc. 14a. et b. Condensateur plan à armatures circu-
bord : on considère que les bords du condensateur laires.
sont rejetés à l’infini.
1) En négligeant les effets de bord, le problème est
Le condensateur apparaît alors comme un ensemble
invariant par toute translation parallèlement aux
de deux plans conducteurs infinis en regard.
armatures du condensateur et, par symétrie, par rap-
1) Quelle est, dans cette approximation, la valeur port à tout plan perpendiculaire à celles-ci. Le
du champ électrique entre les armatures du
condensateur ? champ est de la forme E = E ( x ) e x .
Quelle est la charge portée par les armatures du Sa divergence est nulle entre les armatures, donc
condensateur ? E ( x ) = cte = E 0 . La circulation du champ entre
En déduire la capacité de ce dernier. les armatures nous donne :
A.N. : S = 10 m 2 ; h = 1 mm . Conclusion ? V1 – V2
E 0 = ------------------ .
2) Si le milieu entre les armatures est de l’air, de h
permittivité proche de celle du vide, le champ Dans les armatures, le champ est nul (cf. Applica-
électrique ne peut excéder une valeur de l’ordre de tion 2). La discontinuité du champ à la surface de
3 . 10 6 V . m –1 au-delà de laquelle l’ionisation de celles-ci nous donne alors s 1 = e 0 E 0 = – s 2 .
l’air crée une étincelle de rupture entre les armatures La charge des armatures s’écrit :
du condensateur. V1 – V2
Commenter les ordres de grandeur correspondants Q 1 = – Q 2 = e 0 S ------------------ .
h
de la charge et de la différence de potentiel.
La capacité du condensateur est donc :
3) Quelle est l’énergie emmagasinée par le conden-
sateur lorsqu’il est chargé, sous la différence de e0 S
C = --------- ≈ 9 pF .
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.

potentiel précédente ? h
Commenter son ordre de grandeur. Nous voyons que cette capacité augmente avec la
Montrer que l’énergie emmagasinée par le conden- section des armatures. En pratique, on peut utiliser
sateur peut être retrouvée en associant au champ deux feuilles métalliques, séparées par un isolant et
électrique une énergie volumique : enroulées sur elles-mêmes, pour obtenir un conden-
e0 E 2 sateur de faible encombrement tout en gardant une
vol = ------------
. valeur suffisante pour la surface de ses armatures.
2
1 De plus, l’isolant peut avoir une permittivité
Données : e 0 = ----------------------9- F . m –1 .
36π . 10 nettement plus importante que le vide (gain d’un
facteur 1 000 environ). Les valeurs de l’ordre de µF,
a) couramment rencontrées dans les montages électro-
V1 niques, sont ainsi plus élevées que celle que nous
h
U venons d’obtenir.
V2 Remarquons que le farad reste tout de même une
« grosse » unité (une capacité de l’ordre du farad
x
n’est rencontrée qu’exceptionnellement).

44
2. Champ électromagnétique permanent

2) Pour E 0 = 3 . 10 6 V . m–1, nous obtenons : En pratique, elle est stockée sous forme d’énergie
potentielle mécanique (énergie potentielle de pesan-
U = 3 000 V et Q = 2,7 . 10 – 8 C. teur de l’eau stockée dans un barrage), ou d’énergie
En électrostatique, les charges sont faibles et les dif- libérable par réaction chimique (combustible, pile)
férences de potentiel élevées. Ainsi, par exemple, ou nucléaire. Une fois libérées, ces énergies sont
une tension U = 1 V appliquée aux bornes d’une souvent converties sous forme électrique, et utili-
résistance de 10 Ω entraîne l’apparition d’un cou- sées immédiatement.
rant de 100 mA, soit 0,1 coulomb par seconde. Nous pouvons noter que cette énergie peut se mettre
3) L’énergie emmagasinée est : sous forme :
1 2
--- C U 2 ≈ 4 . 10 – 4 J. 1 1 e0 S e0 E 0
2 --- CU 2 = --- --------- ( E 0 h ) 2 = S h ------------ ,
2 2 h 2
Elle est extrêmement faible ; par comparaison, une
plaque de cuisson nécessite couramment une puis- ce qui fait apparaître une énergie volumique :
sance d’alimentation de l’ordre du kW, soit e0 E 0
2

103 joules par seconde. Ici apparaît un problème vol = ------------ .


2
technique très important : il n’est pas possible de
stocker de l’énergie sous forme électrique.

2 Le champ magnétique permanent


dB
M
2.1. Champ d’une distribution de courants P
2.1.1. Loi de Biot et Savart j dC
La loi de Biot et Savart indique que le champ magnétique créé dans le vide, en
un point M, par une réparation de courants permanents peut être obtenu
comme la superposition des contributions élémentaires (doc. 15) : Doc. 15. Champ magnétique d’une dis-
tribution de courants.
m0 eP → M
dB = ------- dC ∧ ---------------2- ,
4π PM

de chacun de ses éléments de courant dC , situé au point P mobile sur la dis-

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tribution ( dC = j dt , j S dS ou bien I d , pour une distribution de courants
respectivement volumique, surfacique ou filiforme).

2.1.2. Propriétés du champ


Nous savons que le champ magnétique est un champ à flux conservatif qui
vérifie le théorème d’Ampère. L’étude de sa topographie nous a montré que le
champ magnétique possède les propriétés de symétrie d’un pseudovecteur ou
vecteur axial. Nous savons en particulier que :
• le champ magnétique engendré par une distribution invariante par translation
ou de révolution autour d’un axe possède les mêmes invariances
(doc. 16a et b) ;
• lorsqu’une distribution possède un plan de symétrie, le champ magnétique
est perpendiculaire à ce plan en chacun de ses points (doc. 17) ;
• lorsqu’une distribution possède un plan d’antisymétrie, le champ magnéti-
que appartient à ce plan en chacun de ses points (doc. 18).

45
Électromagnétisme

a) b) Oy B ( M ′ ) ( Ox )

B M′
( Oy ) B (M)
M′
M B M
Oz Ox
j
Doc. 16. Invariance.
a. Par translation. b. Par rotation.

B B
M
M

Π Π∗
Doc. 17. Champ magnétique sur un Doc. 18. Champ magnétique sur un plan
plan de symétrie Π . d’antisymétrie Π ∗ .

2.2. Circulation du champ magnétique


2.2.1. Théorème d’Ampère I3
I2
Le théorème d’Ampère relie la circulation du champ magnétique le long d’un I5 I I4 I6
1
contour au courant enlacé par ce contour (doc. 19) :
I4

°∫G B .d = m 0 I enlacé .
G
Nous avons observé quelques conséquences de cette propriété intégrale du
champ magnétique. Doc. 19. Soit B le champ magnétique
• Dans une zone de l’espace vide de courants, le champ magnétique est à cir- créé par les courants I 1, I 2, …, I 5 et
culation conservative. I 6 . L’application du théorème d’Am-
• L’utilisation du théorème d’Ampère, associée à l’utilisation des propriétés de père donne :
symétrie d’une distribution à symétrie « élevée », permet une détermination
rapide du champ créé. °∫G B . d = m 0 ( I 1 – I 3 – 3I 4 ) .
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.

• La traversée d’une nappe de courant de vecteur densité de courant surfacique j S


s’accompagne d’une discontinuité des composantes tangentielles du champ
magnétique (doc. 20) : N 1 → 2 B1 B2

N 1 → 2 ∧ ( B2 – B1 ) = m 0 jS .
M dS

2.2.2. Équation de Maxwell-Ampère en régime permanent
Le théorème de Stokes (cf. Annexe) nous permet d’écrire : ➀
Doc. 20. Traversée d’une nappe de cou-
°∫G B . d = ∫∫S (G ) rot B . dS .
rant de vecteur courant surfacique j S :
Le courant I « enlacé » par le contour G est égal au flux du vecteur densité de
courant électrique à travers toute surface orientée qui s’appuie sur ce contour N 1 → 2 ∧ ( B2 – B1 ) = m 0 jS .
(rappelons que j , vecteur densité de courant volumique, est à flux conservatif
en régime permanent) :

I enlacé = ∫ ∫S (G ) j . dS .

46
2. Champ électromagnétique permanent

En identifiant les expressions précédentes, qui sont valables pour toute surface
S , nous déduisons que rot B = m 0 j .

Le champ magnétique permanent est lié à ses sources par la loi locale :
rot B = m 0 j .

Lois locale et intégrale sont, ici encore, deux formulations de la même pro-
priété, puisque l’équation locale nous permet de retrouver le théorème
d’Ampère :

°∫G B . d = ∫∫S (G ) rot B . dS = ∫∫S (G ) m0 j . dS = m 0 I enlacé .


x
Contrairement au champ électrique permanent, le champ magnétique perma-
nent n’a pas un rotationnel nul : le premier « diverge » à partir de ses sources
(les charges), le second « tourbillonne » autour de ses sources (les courants).
Les lignes du champ magnétique sont bouclées sur elles-mêmes, en contour-
nant des lignes de courant (doc. 21). Rappelons que les lignes de champ Doc. 21. Les lignes du champ magnéti-
magnétique sont des courbes fermées. que, créé par une spire, « tourbillon-
nent » autour du fil.
2.3. Flux du champ magnétique
2.3.1. Flux conservatif
En Première année, nous avons constaté le caractère conservatif du flux
magnétique :
• le flux du champ magnétique à travers toute surface fermée est nul : S2
F2
B . dS = 0 quelle que soit S ; n2
Σ

• ce flux est identique à travers toutes les sections d’un même tube de champ F1
n1
(doc. 22).
Ces propriétés impliquent que :
S1
• lorsque les lignes du champ magnétique se resserrent, son amplitude augmente ;
• le flux du champ magnétique est identique à travers toutes les surfaces Doc. 22. Le flux de B à travers deux
(orientées) s’appuyant sur un même contour fermé ; surfaces S 1 et S 2 s’appuyant sur un

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
• la composante normale du champ magnétique est continue à la traversée même tube de champ, ne dépend pas du
d’une nappe de courant. choix de ces surfaces : F 1 = F 2 .
Connaissant la discontinuité tangentielle, nous en déduisons que la disconti-
nuité du champ à la traversée d’une nappe de courant est (doc. 20) :

B2 – B1 = m0 jS ∧ N 1 → 2 .

2.3.2. Équation du flux magnétique


Contrairement au champ électrique, le champ magnétique a un flux toujours
nul à travers une surface fermée. Le théorème de Green-Ostrogradski nous
permet de relier, pour toute surface fermée, le flux du champ à sa divergence.
La divergence du champ magnétique est donc nulle en tout point.
Le caractère conservatif du flux magnétique est traduit par la loi locale :
div B = 0 .

47
Électromagnétisme

Remarque
De même que pour l’électrostatique, les lois introduites comme postulat de la
magnétostatique permettent par leur résolution de retrouver la loi de Biot et
Savart ainsi que les lois intégrales : elles contiennent donc « toute la
magnétostatique ».
De plus ces lois locales étant toutes linéaires, elles contiennent donc le

Application 4
« principe » de superposition.

Lignes de champ Toutefois, si nous observons les cartes de champ


électrique et magnétique d’un dipôle électrique d’un doublet de charges et de champ
Sur le document 23, sont représentées, dans un plan magnétique d’une spire (doc. 24a et 24b) à des dis-
contenant un dipôle électrique, quelques lignes de tances trop faibles pour justifier l’approximation
champ électrique engendré par celui-ci. dipolaire, nous retrouvons les différences fondamen-
Cette représentation est identique dans le cas tales de comportement des champs électrique et
magnétique. magnétique : le premier diverge à partir de la charge
positive pour converger vers la charge négative, le
second tourbillonne autour des courants qui le créent.

p ou

–q
+q

Doc. 23. Lignes de champ d’un dipôle électrique ou


magnétique.
Quelle remarque peut inspirer cette figure ? N’est-ce Doc. 24a. Lignes de champ électrique d’un doublet de
pas paradoxal, compte tenu de la dissymétrie existant charges.
entre les deux jeux d’équations locales :
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.

 r
 divE = ----
e0
- et rot E = 0 ;

 divB = 0 et rot B = m j .
 0

Les cartes de lignes de champ des dipôles électrique


et magnétique sont identiques loin du dipôle,
comme nous l’avons vu en Première année.
En dehors de leurs sources (donc, ici, hors du point
où est placé le dipôle), les champs correspondants
satisfont aux mêmes équations locales : divergence
et rotationnel sont simultanément nuls. Les cartes
de champ électrique et magnétique peuvent donc Doc. 24b. Lignes de champ magnétique d’une spire de
présenter des similitudes. courant.

48
2. Champ électromagnétique permanent

2.4. Potentiel vecteur : B est un champ de rotationnel


Pour tout champ de vecteur B de divergence nulle, il existe un champ A , non

unique, tel que B = rot A ; on dit que B est un champ de rotationnel.


Remarque
La non-unicité de A correspond au fait que rot ( grad f ) = 0 ; quelle que soit
la fonction f considérée le champ A′ = A + grad f convient aussi.
Comme le champ magnétique permanent est à divergence nulle, il possède
cette propriété mathématique :

Le champ magnétique dérive d’un potentiel vecteur, noté A : B = rot A .


Ce champ de vecteur n’est défini qu’à un champ de gradient près.
Remarque : Le choix de f, appelé choix de jauge, ne modifie pas le champ.
2.4.1. Circulation du potentiel vecteur
Par application du théorème de Stokes et de la relation précédente :

°∫G A . d = ∫∫S rot A . dS = ∫∫S B . dS .


La circulation du potentiel vecteur le long d’un contour G est égale au
flux du champ magnétique à travers toute surface orientée s’appuyant
sur ce contour.

Application 5
Potentiel vecteur d’un champ uniforme rB 1
Finalement, A ( r ) = --------0 ou A = --- B 0 ∧ r .
On considère un champ B 0 = B 0 e z . 2 2

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
Montrer que l’on peut associer à ce champ un z
potentiel vecteur de la forme A = A ( r ) e q en
coordonnées cylindriques d’axe (Oz). dS B0
On peut utiliser la circulation du potentiel vecteur H
en choisissant comme contour G un cercle de centre
H porté par (Oz) et de rayon r : A
G
O
°∫G d A . d = ∫cercle A ( r ) eq r dq eq = A ( r )r2 π .
Doc. 25.
D’autre part, la surface doit s’appuyer sur le contour
et être orienté par lui ; on choisit le disque de centre Ainsi que nous l’avons déjà indiqué, ce potentiel
H orienté : vecteur n’est pas unique : le lecteur pourra vérifier
que les champs A 1 = x B 0 e y ou A 2 = – y B 0 e x
∫∫disque B . dS = ∫∫disque B0 ez r dr dq ez = B0 π r 2 . conviennent aussi.

49
Électromagnétisme

CQFR
● CHAMP ÉLECTROMAGNÉTIQUE PERMANENT
Nature du champ Loi locale Loi intégral
Équation de Maxwell-Gauss : Théorème de Gauss :
flux r r (P) Q int à S
divE = -----
e0 E . dS = ∫∫∫ ------------- dt = ---------------
Électrique

Σ e0 e0
Le rotationnel du champ électrique La circulation du champ électrique
permanent est nul : permanent est conservative :
circulation
rot E = 0 partout
°∫G E .d = 0 quel que soit G

Équation du flux magnétique : Le champ magnétique a un flux


conservatif :
flux divB = 0 partout
B . dS = 0 quelle que soit S fermée
Σ
Magnétique

Équation de Maxwell-Ampère : Théorème d’Ampère :


rot B = m 0 j .
°∫G B . d = ∫∫S m0 j . dS
circulation Remarque : Dans l’A.R.Q.P., en = m 0 I enlacé
l’absence d’accumulation de charge :
∂r
------ = 0 et div j = 0
∂t

● POTENTIEL SCALAIRE V ET POTENTIEL VECTEUR A ASSOCIÉ AU CHAMP PERMANENT


Lien avec le champ
Équation locale
local intégral
• Un champ de rotationnel nul • La circulation du champ • Le potentiel scalaire V vérifie l’équa-
Potentiel scalaire

est un champ de gradient : électrique permanent sur tion de Poisson :


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une courbe reliant deux r


rot E = 0 ⇔ E = – gradV points, définit la différence ∆V + ---- = 0 .
e0
• Choix de jauge de potentiel scalaire entre
Le potentiel scalaire est ces points :
défini à une constante près. B
VA – VB = ∫A E .d

• Un champ de divergence • La circulation du poten-


nulle est un champ de tiel vecteur sur un contour
Potentiel vecteur

rotationnel : est égale au flux du champ


magnétique à travers toute
div A = 0 ⇔ B = rot A . surface orientée s’appuyant
• choix de jauge sur ce contour :
Le potentiel vecteur est défini
à un gradient près. °∫G A . d = ∫∫S B . dS .

50
Contrôle rapide
2. Champ électromagnétique permanent

Avez-vous retenu l’essentiel ?


✔ Pour un point M appartenant à un plan d’antisymétrie d’une distribution de charges, quelle est la direction du
champ en M ?
✔ Pour un point M appartenant à un plan de symétrie d’une distribution de courants, quelle est la direction du
champ magnétique en M ?
✔ Quelle est la loi locale correspondant au théorème d’Ampère en régime permanent ?
r
✔ Comment passe-t-on de la loi locale divE = ----- au théorème de Gauss ?
e0
✔ Que peut-t-on dire de la circulation d’un champ électrique permanent ? Quelle grandeur physique scalaire fon-
damentale en électrocinétique peut-on alors définir et comment ?
✔ Écrire les lois locale et intégrale qui lient le champ magnétique et le potentiel vecteur A .
✔ Le champ B est-il à flux conservatif ?

Du tac au tac (Vrai ou faux)

1. Le potentiel scalaire V : ❑ e. pour calculer le champ magnétique on peut


choisir un cercle comme contour pour appliquer
❑ a. est défini par E = – grad V le théorème d’Ampère
❑ b. est tel que les équipotentielles sont perpendicu-
❑ f. on peut toujours appliquer le théorème d’Ampère
laires aux lignes de champ
quel que soit le contour.
r
❑ c. vérifie l’équation ∆V – ---- = 0
e0 3. Soit une sphère uniformément chargée en

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
❑ d. est tel que le champ « remonte » les potentiels surface :
❑ e. peut être déterminé de manière unique à partir ❑ a. le champ électrique qu’elle crée est radial
du champ électrique.
❑ b. le champ électrique est continu à la traversée de
2. Soit un cylindre de révolution de longueur infi- la sphère chargée
nie parcouru par un courant volumique uni- ❑ c. le potentiel est continu à la traversée de la sphère
forme parallèle aux génératrices du cylindre : chargée
❑ a. le champ magnétique qu’il crée est radial ❑ d. div ( E ) = 0 pour tout point n’appartenant pas
❑ b. le champ magnétique est nul à l’intérieur du à la sphère
cylindre ❑ e. pour un point extérieur à la sphère :
❑ c. le champ magnétique est continu à la traversée Q sphère
E = ------------------2- e r
de la surface du cylindre 4 π e0 r
❑ d. la norme du champ magnétique n’est fonction
que de la distance à l’axe du cylindre ❑ f. à l’extérieur de la sphère, le champ électrique E
est un vecteur à flux conservatif.
Solution, page 57.

51
Exercice commenté
Diode à vide
ÉNONCÉ

Une diode à vide est constituée de deux armatures métalliques cylindriques de même axe
z z
(Oz) et de hauteur h. L’armature intérieure est un filament de rayon R1 négligeable devant
le rayon R2 de la seconde armature. Ce filament, chauffé, est susceptible d’émettre des I
électrons (de charge – e et de masse m) avec une vitesse initiale négligeable.
Alimentée par un générateur de f.e.m. U0 ( U 0 0 ) , la diode est traversée par un courant R
I dont l’orientation est indiquée ci-contre.
U0
L’armature intérieure est au potentiel zéro.

;
On s’intéresse au régime permanent.
R2
Le mouvement des électrons vers l’armature extérieure de la diode crée une charge
d’espace r ( r ) à l’intérieur de la diode et une densité volumique de courant définie par le

;
vecteur radial j ( r ) = j ( r ) e r , où r désigne la composante radiale du vecteur OM = r (on néglige donc tout « effet
de bord » dû à la valeur finie de la hauteur h des armatures).
1) Quelle est l’expression de la densité volumique de courant électrique j ( r ) en fonction du courant I ?
2) Exprimer la valeur v ( r ) de la vitesse des électrons en fonction du potentiel V ( r ) .
3) En déduire l’équation différentielle vérifiée par le potentiel V ( r ) à l’intérieur de la diode.
4) Montrer qu’une solution de la forme V ( r ) = A r a est compatible avec ce problème. Déterminer les constantes A
et a. En désignant par U = V ( R 2 ) – V ( R 1 ) = V ( R 2 ) la différence de potentiel entre les armatures, tracer la
caractéristique I = f ( U ) de ce dipôle.
5) Quelle est la puissance volumique fournie par le champ électrique aux charges en mouvement ? En déduire la
puissance totale absorbée par la diode.
Préciser les valeurs numériques de I et pour U 0 = 200 V et R = 1 kΩ.
6) Le générateur de tension continue est remplacé par un générateur de tension sinusoïdale d’amplitude U 0 . Quelle est
l’allure du chronogramme du courant I ( t ) traversant le circuit ? On admettra que les résultats trouvés précédemment
en régime permanent restent valables en régime variable (ce qui est vrai si la fréquence de la tension sinusoïdale n’est
pas trop élevée, dans l’A.R.Q.R.P., cf. chapitre 5).

CONSEILS SOLUTION
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.

Dans ce problème, il faut utiliser : 1) En régime permanent, le vecteur j est à flux conservatif : son flux est le
– la définition de l’intensité I qui cor- même à travers tout cylindre d’axe ( Oz ) , de hauteur h et de rayon r compris
entre R 1 ≈ 0 et R 2.
respond au flux du vecteur j ;
Il vaut – I (le signe moins vient de l’orientation du courant I sur le schéma
électrique).
I
Nous en déduisons j ( r ) = – --------------- .
2πrh
– les lois de la mécanique : le théo- 2) Appliquons le théorème de l’énergie cinétique à un électron émis avec une
rème de l’énergie cinétique ou ce qui vitesse négligeable par le filament :
revient au même la relation fonda-
1 2 eV ( r ) .
mentale que l’on intégrerait. --- m v 2 ( r ) + ( –e ) ( V ( r ) – V ( R 1 ) ) = 0 , soit v ( r ) = ------------------
2 m

52
2. Champ électromagnétique permanent

Les équations de l’électrostatique 3) Le potentiel V ( r ) satisfait l’équation de Poisson, soit :


contiennent :
1 ∂ ∂V r (r )
• le théorème de Gauss (sous forme ∆V ( r ) = --- -----  r -------  = – ----------- .
r ∂r  ∂r  e0
locale ou intégrée) ;
La densité de charge est ici égale à la densité de charge mobile :
• la loi ; E = – grad V
• ou l’équation de Poisson. j (r ) = r (r ) v (r ) .
L’expression du laplacien en coor- Nous en déduisons l’équation différentielle que doit satisfaire V ( r ) :
données cylindriques est donnée en ∂ ∂V I m 1
annexe. -----  r -------  = +  ------------------ ------  ---------------- .
∂r  ∂r   2 π e 0 h 2 e  V (r )

4) La solution proposée V ( r ) = Ar est compatible avec le problème étudié pour :


2
2 9I m ---
a = --- et A =  ------------------ ------  3 .
3  8 π e0 h 2e
Nous en déduisons que le courant et la tension U = V ( R 2 ) aux bornes du
dipôle sont liés par la relation :
2 3
--- 8 π e0 h 2e ---
U = A ( R 2 ) 3 , soit I =  ------------------ ------  U 2 .
 9R 2 m
Remarque : L’expression ci-dessus n’est plus valable pour de fortes intensités,
car un phénomène de saturation (dont nous n’avons pas tenu compte ici) inter-
vient lorsque tous les électrons émis par l’armature intérieure sont captés par
l’armature extérieure.
L’expression précédente n’est bien entendu applicable que pour I 0 (les
électrons ne peuvent que remonter les potentiels). Lorsque U est négatif, le
courant est nul (la diode est bloquée).
5) La puissance volumique fournie par le champ aux charges est :
AI
vol = j . E = -----------------4
---
3π h r 3
–I 2A
puisque j = -------------- e r et E = – grad V = – --------1- e r .
2π h r ---

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3r 3
La puissance totale absorbée par la diode est donc :
R2 2
AI ---
=
0=R
∫∫∫r j . E dt =
R2
∫ -----------------4--- 2π rh dr
r=0
= AI ( R 2 ) 3 = UI
1 3π h r 3
résultat évidemment attendu. I (A)
Le point de fonctionnement du mon- 0,3
Une étude graphique (ou numérique) tage est à l’intersection de la caracté- 0,2
est nécessaire pour déterminer ristique I = f ( U ) de la diode et de 0,1
l’intensité I qui traverse le circuit. U0 – U 0
la droite de la charge I = ----------------- ,
R –0,1 100 200 300 U (V)
comme indiqué ci-contre.
Numériquement : I = 87 mA, U = 113 V et = UI = 9,8 W.

53
Exercice commenté
Il faut utiliser le graphe de la 6) Lorsque la f.e.m. du générateur U géné = U 0 sin w t est positive, le courant
question 5) pour une f.e.m. variable : I ( t ) est positif. Il est obtenu point par point, en confrontant à tout instant la
U géné = U 0 sin w t . caractéristique du dipôle à la caractéristique de charge d’équation :
U 0 sin w t – U
I = -------------------------------- .
R
Lorsque la f.e.m. du générateur U géné = U 0 sin w t est négative, le courant
I ( t ) est nul.

I (mA)

87

0 T T 3T 2T t
--- -------
2 2

Le schéma représente l’allure de I ( t ) sur une période de la tension


d’alimentation : la diode « redresse » le courant : c’est un redressement mono-
alternance.
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54
Exercices
Les expressions des opérateurs divergence, rotationnel, ... Est-ce compatible avec les valeurs proposées ?
dans les différents systèmes de coordonnées, sont fournies 3) En utilisant les résultats de l’application 2, calculer les
dans l’annexe. charges surfaciques s 1 et s 2 de chaque armature et en
déduire que les armatures portent deux charges opposées
Champ électronique uniforme Q 2 = Q et Q 1 = – Q ( Q 0 ) .
4) Calculer la capacité C de ce condensateur, définie par
Montrer que dans une région vide de charges, où les Q Q
lignes de champ d’un champ électrostatique sont rectili- C = ------------------ = ------ .
V2 – V1 V0
gnes et parallèles, le champ est uniforme.
Données : V 0 = 10 kV ; R 1 = 1,5 cm ; R 2 = 3 cm ;
Champ divergent de divergence nulle h = 10 cm ; e 0 = 8,85 . 10 –12 F . m–1.
a
1) Quelle est la divergence du champ ----2 e r , en
r Champ magnétique et potentiel vecteur
coordonnées sphériques de centre O ? Conclure. créés par un solénoïde
2) Quel est le flux de ce champ à travers la sphère de
Soit un solénoïde «infini», de section circulaire de rayon
centre O et de rayon r ?
R, constitué de spires jointives, à raison de n spires par
3) Ces deux résultats ne sont-ils pas en désaccord ? unité de longueur, et parcouru par un courant I.
1) Rappeler l’expression du champ magnétique B créé
Champs tourbillonnants de rotationnel nul par ce solénoïde en tout point.
Comme dans l’exercice précédent, montrer, en utilisant 2) Proposer un potentiel vecteur A associé à ce champ,
l’exemple d’un champ magnétique créé par un fil rectili-
gne infini parcouru par un courant I, que le calcul de la sous la forme A = A ( r ) e q .
a
circulation d’un champ --- e q (en coordonnées cylindri-
r Écrantage de Debye
ques) peut aboutir à des résultats en désaccord.
Expliquer pourquoi cette contradiction n’est qu’apparente. On considère un milieu globalement électriquement neu-
tre, dans un état ionisé (un plasma par exemple), constitué
Condensateur cylindrique de particules de charges +q et –q, de densités moyennes
identiques égales à n 0.
Un condensateur cylindrique est constitué par deux cylin- On considère une charge q de ce milieu au point O. La
dres métalliques (appelés armatures du condensateur) présence de la charge q en O modifie localement la répar-
coaxiaux, d’axe ( Oz ) , de rayons R1 et R2 et de hauteur h. tition des charges positives et négatives, celle-ci ayant

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L’armature interne du con- R2 alors les densités n + ( r ) et n – ( r ) respectivement, à la
densateur est portée au V1 = 0 distance r de O.
R1
potentiel V 1 = 0 et l’arma- Ces densités sont données par la loi de Boltzmann, à
ture externe au potentiel l’équilibre thermodynamique (statistique) du système à la
V 2 = V 0 0 (chaque arma- température T :
ture forme une surface équi- V 2 = V 0
qV qV
potentielle). Il n’y a aucune – ----------
kB T
+ ----------
kB T
charge entre les armatures. n + ( r ) = n0 e et n – ( r ) = n 0 e ,
On négligera les effets de bords (on considère que les puisque l’énergie d’une charge q en un point de potentiel V
bords sont « rejetés à l’infini »). s’écrit p = q V . À grande distance de l’origine O le
1) Quelles sont les expressions du champ et du potentiel milieu retrouve sa neutralité globale et les densités de char-
à l’intérieur du condensateur (pour R 1 r R 2 ) ? ges positives et négatives tendent vers la même valeur n0 ; en
2) Quelles sont, à encombrement du condensateur donné, prenant V = 0 pour r → ∞ , on a bien n + ( r ) = n – ( r ) = n 0 .
les valeurs du rayon intérieur R1 qui permettent de 1) Établir l’équation différentielle vérifiée par le
maintenir le champ électrique inférieur à 2 · 106 V · m–1 potentiel V(r).
dans le condensateur ? 2) Linéariser celle-ci pour qV k T , puis la résoudre.

55
Exercices
On introduira une distance caractéristique du phéno- 1) Établir l’équation traduisant les variations du champ
mène, appelée longueur de Debye, dont on donnera le magnétique au sein du matériau supraconducteur.
sens physique. Quelle est la dimension de l ?
3) Comparer le potentiel obtenu au potentiel créé pour Donner sa valeur numérique pour :
une charge q placée en O dans le vide.
n = 1029 m –3 ; q = –1,6 . 10 –19 C ; m = 9,1 . 10 –31 kg ;
Interpréter en justifiant le nom « écrantage » donné au m 0 = 4 π . 10 –7 H . m –1.
phénomène.
2) En déduire la répartition du champ magnétique lorsque
la plaque est présente et représenter les variations de son
Étude d’un exemple amplitude en fonction de l’abscisse z pour d = l et pour
à symétrie cylindrique d = 10 l.
1) Un fil rectiligne infini est modélisé par un tube de 3) Quelle est la densité volumique de courant électrique
courant d’axe (Oz) et de rayon a, parcouru par le courant j dans le matériau ?
volumique uniforme : Représenter les variations de son amplitude en fonction
j = j ez . de z pour d = l et pour d = 10 l.
Le résultat obtenu permet-il de comprendre que la plaque
a) Rappeler l’expression du champ magnétique engendré ne modifie pas la valeur du champ en dehors de celle-ci.
par cette distribution de courants.
4) Pour une plaque d’épaisseur 2 d = 1 mm, que peut-on
b) On cherche A sous la forme A = A ( r ) e z . dire de la répartition de champ et de courant au sein du
Déterminer A ( r ) pour r a et r a. matériau ?
Proposer une modélisation plus simple, à expliciter, de la
A est-il continu en r = a ?
situation obtenue.
Achever la détermination de A .
2) Le même fil étant supposé porter la charge volumique *
Sphère supraconductrice parfaite
uniforme r, quelles sont les expressions du champ
électrique et du potentiel scalaire associés à cette Une bille supraconductrice, de rayon a, est placée dans un
distribution ?
champ magnétique uniforme B 0 = B 0 e z . À l’intérieur
3) Que deviennent les expressions établies dans cette
du supraconducteur parfait (cf. exercice 8 : la longueur de
étude dans le cas d’un fil rectiligne infini, mince,
London est négligeable), le champ magnétique est nul.
parcouru par le courant I ou portant la charge linéique l ?
1) On se propose de déterminer le champ magnétique
autour de la bille.
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Effet Meissner a) Préciser les équations et conditions aux limites


caractérisant le champ à l’extérieur de la bille.
Un modèle microscopique de la conduction électrique
dans un matériau supraconducteur conduit à poser l’équa- b) Montrer que la superposition au champ B 0 du champ
tion de London. Celle-ci relie le vecteur densité de courant
créé par un dipôle magnétique, de moment dipolaire
volumique j et le champ B en un point du milieu : à préciser, permet de réaliser des conditions identiques
dans la zone ( r a ) .
B
rot j = – -----------2- . c) En déduire la répartition du champ magnétique autour
m0 l
de la sphère supraconductrice.
m 2) Proposer une analogie entre ce problème et le cas d’un
où l = ---------------2- est la constante de London du maté-
m0 n q écoulement incompressible et irrotationnel de fluide
riau (n charges q, de masse m par unité de volume). parfait autour d’une bille immobile.
Une plaque supraconductrice est plongée dans un champ 3) a) Quelle est la répartition de courant obtenue sur la
magnétique uniforme B 0 = B 0 e x . Cette plaque occupe la sphère supraconductrice ?
zone ( – d z d ) . Le champ magnétique à l’extérieur b) Établir, à partir de cette répartition, le moment
de la plaque n’est pas modifié par la présence de celle-ci. magnétique de la sphère. Le résultat est-il surprenant ?

56
2. Champ électromagnétique permanent

Champ magnétique de deux fils


parallèles
Deux fils infinis parallèles, En déduire le potentiel vecteur associé sous la forme
a eq
distants de a, sont parcou- er A ( r ) ez .
rus par des courants +I et I I M
–I. r En déduire A pour le système des deux fils.
1) Rappeler l’expression q
2) Calculer B et donner l’allure des lignes de champ si
du champ créé par un fil O
a r .
parcouru par un courant I.

2 1

Corrigés
2) Son flux est conservatif. Il est en particulier le même à travers toutes les
Solution du tac au tac, page 51. sphères de rayon r centrées en O et il est égal à 4 π a .
1. Vrai : a, b ; Faux : c, d, e
3) Il s’agit donc d’un champ de divergence nulle à flux non nul à travers une
2. Vrai : c, d, e, f ; Faux : a, b
surface fermée : la sphère de rayon r centrée en O.
3. Vrai : a, c, d, e, f ; Faux : b
Ces résultats ne sont pas contradictoires, car le théorème de Green-Ostrogradski
ne saurait s’appliquer ici sans précaution, puisque le champ n’est pas défini dans
tout le volume contenu à l’intérieur de cette sphère.
On a deux méthodes de résolution à notre disposition. Le champ électrostatique engendré par une charge ponctuelle q (on aurait alors
• En utilisant les lois locales : divergence et rotationnel q
a = ----------- ) est un exemple d’un tel champ. Il ne faut donc pas se méprendre
En prenant l’axe ( Ox ) colinéaire aux lignes de champ, on note : 4p e 0
en disant que l’équation locale de Maxwell-Gauss justifie bien que, sur une
E = E ( x, y, z ) e x le champ électrostatique :
carte du champ électrique, les lignes du champ E divergent à partir des
∂E ( x, y, z ) ∂E ( x, y, z ) ∂E ( x, y, z ) charges. Ceci n’est en principe valable que localement, juste au niveau des
divE = ----------------------- et rot E = ----------------------- e y – ----------------------- e z .
∂x ∂z ∂y charges ( r = 0 ). Ailleurs, c’est-à-dire en dehors des charges, ce champ a une
divergence nulle, et son flux se conserve.
En écrivant div E = 0 (espace vide de charges) et rot E = 0 (champ
statique), on obtient l’uniformité du champ.
• En utilisant les lois intégrales : flux et circulation
On considère une surface fermée : le cylindre élémentaire de longueur ∆ x et de On considère le champ d’un fil rectiligne infini d’axe ( Oz ) , parcouru

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
section S, ayant ses génératrices parallèles à l’axe ( Ox ) . Le flux du champ E par le courant I :
à travers cette surface fermée est nul. La surface latérale du cylindre m 0 I eq
n’intervenant pas dans l’expression du flux, on en déduit que le champ ne peut B = ---------------- .
2π r
pas dépendre de la variable x, d’où E ( x, y, z ) = E ( y, z ) .
Son rotationnel est nul partout où le champ est défini (pour r non nul) :
La circulation du champ sur un contour rectangulaire élémentaire, pris par
exemple dans le plan ( Ox, Oy ) , de côtés d x et dy, est nulle, donc : 1 ∂ ( r Bq )
Ce champ est orthoradial, donc rot ( B ) = - ---------------- e z (symétrie cylindrique).
∂E ( y, z ) r ∂r
0 = E ( y + dy, z )dx – E ( y, z )dx = ------------------ dx dy .
∂y Comme r B q = cte , on a rot ( B ) = 0 .
Il vient E ( y, z ) = E ( z ) . Or, la circulation de ce champ sur un cercle de rayon r et d’axe ( Oz ) n’est pas
En prenant un cadre de côtés dx et dz dans le plan ( Ox, Oy ) , on obtient de nulle et vaut m 0 I .
même E ( z ) = E 0 , ce qui achève la démonstration. Le théorème de Stokes ne peut s’appliquer ici sans précaution, car une surface
s’appuyant sur ce contour intercepte l’axe ( Oz ) sur lequel le champ n’est pas défini.
a m0 I
1) La divergence de ce champ radial est : L’équation locale indique qu’un champ - e q (tel que B , avec a = ------- - ) ne
r 2π
a 1 ∂ a tourbillonne autour de sa source qu’au voisinage immédiat de celle-ci.
div  ---2 e r = ---2 ----- r 2  ---2 = 0 (symétrie sphérique).
r  r ∂r  r  Remarque : La circulation de ce vecteur sur toute courbe n’entourant pas le fil
Il s’agit donc d’un champ à flux conservatif, partout où il est défini (pour r non nul). est nulle (cf. H-Prépa, Électromagnétisme, 1re année).

57
Corrigés
On en déduit :
1) Les effets de bord sont négligés ; le problème est alors invariant par 2 π e 0 hV 0
translation parallèlement à ( Oz ) et par rotation autour de ( Oz ) . Il faut Q 2 = 2 π R 2 h s 2 = -------------------
- = Q et Q1 = 2 π R1 h s1 = – Q .
R2
ln  ---- 
chercher un champ E = E ( r ) e r auquel est associé le potentiel V ( r ) . Entre  R1 
les armatures, donc en l’absence de charge, le champ est à flux conservatif : son Q 2π e 0 h
4) La capacité du condensateur est donc : C = -----2 = ---------------- .
flux est le même à travers tous les cylindres d’axe ( Oz ) et de rayon r V0 R2
ln  ---- 
( R 1 r R 2 ) , donc 2 π r h E ( r ) = cte , soit :  R1 
A.N. : C = 8 pF .
A r
E ( r ) = -- et V ( r ) = – A ln  ---  .
r  r0 
Utilisant les valeurs du potentiel sur les armatures :
1) Le champ magnétique est uniforme à l’intérieur du solénoïde
V ( R 1 ) = 0 et V ( R 2 ) = V 0 ,
(d’axe ( Oz ) ) et vaut B = m 0 n I e z . Il est nul à l’extérieur du solénoïde
r
ln  ----  (cf. H-Prépa, Électromagnétique, 1re année).
 R1  V0
on trouve : V ( r ) = V 0 ---------------- et E ( r ) = – -------------------- . 2) On calcule la circulation de A sur un cercle passant par M, d’axe ( Oz ) et
R R2
ln  ----  r ln  ---- 
2
 R1   R1  de rayon r (ce cercle est une ligne du champ vectoriel A ).
2) L’amplitude du champ est maximale en r = R 1 : Cette circulation est égale au flux du vecteur B à travers ce cercle, d’où :
r
V0 • pour r R , A ( r ) = m 0 n I - ;
E max ( R 1 ) = ---------------------- . 2
R2
R 1 ln  ----  • pour r R , A ( r ) = m 0 n I ----- .
a2
 R1 
2r
On constate que le potentiel
vecteur est continu à la traversée de A
E max ( kV . cm –1 ) la surface r = R du solénoïde.
40 La fonction A ( r ) est représentée
R 1 max ci-contre. a
30 R 1 min m0 n I -
2
20
R1
10 ---- O R r
R2
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
1) Le potentiel satisfait l’équation de Poisson :
r ( n + – n – )q
Limiter cette valeur à 2 . 10 6 V . m–1, soit 20 kV . cm–1, revient à imposer une ∆V = – ---- = – ----------------------- .
e0 e0
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borne inférieure et une borne supérieure au domaine de variation du rayon R1


qV ( r ) qV ( r )
(cf. schéma ci-dessus). – ------------
kB T
+ ------------
kB T
Numériquement, cela donne : Sachant que n + ( r ) = n 0 e et n – ( r ) = n 0 e , il vient :
R 1 min = 0,085 cm et R 1 max = 2,95 cm . qV ( r )
r ( r ) = – 2q n 0 sh ------------ .
La valeur proposée par l’énoncé kB T
vérifie bien : s2 Le problème étant à symétrie sphérique autour de la charge q située à l’origine,
E on obtient V ( r ) = V ( r ) , donc (cf. Annexe) :
R 1 min R1 R 1 max .
3) La discontinuité du champ 1 ∂ ∂V 2n 0 q  qV ( r )
----2 -----  r 2 ------  = ---------
- sh ------------ .
(cf. Application 2) au niveau des s1 r ∂r  ∂r  e 0  kB T 
armatures donne :
1 d dV ( r ) 1 d2
– e 0 V0 Rappel : ----2 ----  r 2 ------------  = - ------2 ( r V ( r ) ) .
s 1 = ---------------------
- r dr  dr  r dr
R2
R 1 ln  ----  d 2 ( rV ( r ) ) 2n 0 q 2
 R1  2) Linéarisée, cette équation devient --------------------- = -------------
- ( rV ( r ) ) .
dr 2 e 0 kB T
+ e 0 V0 La solution r V ( r ) de cette équation, qui ne diverge pas lorsque r tend vers • ,
et s 2 = ---------------------- .
R2 est de la forme :
R 2 ln  ----  r
 R1  – ---
d
r V ( r ) = Ae ,

58
2. Champ électromagnétique permanent

e 0 kB T
où d = ------------2- est la longueur caractéristique de l’atténuation du potentiel z
2n 0 q
ou longueur de Debye. P
Lorsque r tend vers 0, cette solution doit être équivalente au potentiel créé par ez
j P∗
q eq
la charge q seule, ce qui impose A = ----------- .
4 πe 0
r
M er
q – --
Finalement, le potentiel est V ( r ) = --------------- e d .
4 π e0 r
3) Le potentiel obtenu décroît beaucoup plus rapidement que le potentiel
q
coulombien V ( r ) = --------------- . Au voisinage immédiat de la charge + q, ce sont Doc. 1. Symétries du fil parcouru par un courant.
4 π e0 r
des charges – q qui se placent préférentiellement, atténuant l’effet de la charge
b) Considérons un contour G , contenu dans un plan q = cte , de surface
« centrale ». Ceci explique le résultat obtenu : au-delà de quelques d, le potentiel de
r élémentaire (doc. 2) :
q – --
Debye : V ( r ) = -------------- e d est très inférieur au potentiel coulombien, comme
4 πe 0 r dS = – h dr e q .
le montre le schéma ci-dessous, sur lequel sont tracées les courbes du potentiel (Attention à l’orientation !)
r L’application de l’égalité : z
coulombien (en couleur) et du potentiel écranté (en noir) en fonction de x = - .
d G
°∫ A . d
G
=
∫∫ S
B . dS
eq dS h
à ce contour nous donne :
10
A ( r + dr )h – A ( r )h = – B ( r ) h dr ,
8 soit : r
d A(r)
------------- = – B ( r ) . r + dr
dr
6
Par intégration, on obtient : Doc. 2. Contour G .
potentiel coulombien 2
 r1
– r2
4 potentiel écranté  A = m 0 j ------------
- ez si r a ;
 4
 A = m j a---- ln  r---2 e si r a.
2
2 r
x = -  0
2  r z
d
où r1 et r2 sont des constantes d’intégration.
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 On sait que le champ magnétique d’une distribution de courants peut au plus
présenter une discontinuité finie (cas d’une nappe de courant). Ce champ
dérivant d’un potentiel, ce dernier doit nécessairement être continu. On doit
donc raccorder par continuité les deux expressions précédentes, soit :

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1) a) Le plan Π, contenant l’axe ( Oz ) et le point M, est un plan de 2
symétrie de la distribution de courants : – r2
 A = m j a-------------
 0 - ez si r a ;
4
 a 2 a
B ( M ) = B ( r, q, z ) = B ( r, q, z ) e q .  A = m 0 j ---- ln  -  e z si r a.
 2  r
La distribution étant invariante par rotation autour de ( Oz ) et par translation
parallèlement à cet axe, on a : Remarque : On a choisi, de plus, d’annuler la valeur prise par le potentiel en
r = a : ce choix est arbitraire.
B ( M ) = B ( r ) eq .
2) Dans le cas d’un fil chargé, les symétries de la distribution indiquent que le
L’application du théorème d’Ampère à un cylindre (doc. 1), d’axe ( Oz ) et de champ électrique est de la forme :
rayon r, donne enfin :
E ( r, q, z ) = E ( r ) e r .
 B = m j -r e si r a ;
 0
2 q L’application du théorème de Gauss à un cylindre d’axe ( Oz ) , à base circulaire
 a 2 de rayon r et de hauteur arbitraire, conduit alors à (doc. 3) :
 B = m 0 j --- - e si r a.
 2r q
 E = ---r- -r e r si r a;
Le champ magnétique de cette distribution volumique de courant est continu en  e0 2
r = a.  a2
 E = ---r- ---
- e si r a.
 e 0 2r r

59
Corrigés
Pour ce problème invariant par translation parallèlement à ( Ox ) ou ( Oy ) , où
z
le champ appliqué est dirigé selon ( Ox ) , B s’écrit simplement :
P
d2B B
B = B ( z )e x , avec
------2- + ----2 = 0 .
P dz l
r L’équation différentielle donne immédiatement la dimension de l : c’est une
eq
M er longueur. Numériquement l = 17 nm.
2) Le modèle de description de la répartition de courant est volumique, et le
champ magnétique est continu en z = – d et z = d , donc :
B ( – d ) = B ( d ) = B0 .
Doc. 3. Symétrie du fil chargé. On en déduit que le champ magnétique dans la plaque, est :
z
On obtient le potentiel V ( r, q, z ) = V ( r ) par intégration de ch  -- 
 l
dV ( r ) B = B 0 -------------- e x .
------------ = – E ( r ) , sachant que le potentiel doit être continu en r = a . Si on d
dr ch  -- 
choisit de prendre le potentiel scalaire, défini à une constante près, nul en  l
r = a , on obtient : B
Les variations de ---- sont représentées ci-dessous pour d = l dans le
2 – r2
B0
 V = ---r- a-------------
- si r a; premier graphe, et pour d = 10 l dans le second.
 e0 4
 2
 V = ---r- a---- ln  a-  si r a.
 e0 2  r B
----
B
----
Les expressions que l’on a obtenues pour les champs et potentiels sont B0 B0
cas d = l cas d = 10 l
analogues.
1 1
Notons qu’il faut cependant surveiller les symétries et antisymétries planes des
0,8 0,8
distributions, qui imposent des directions différentes aux champs E , B et A .
0,6 0,6
3) Dans le cas d’une distribution filiforme, on peut envisager le cas limite où a
0,4 0,4
tend vers 0 et remplacer dans les expressions précédentes le produit j π a 2 par z z
I, courant électrique circulant dans le fil, et le produit r π a 2 par l , charge 0,2 -- 0,2 --
d d
linéique du fil. On obtient alors, pour r 0 :
–2 –1 0 1 2 –2 –1 0 1 2
m0 I
 B = ---------e
 2πr q
 Le champ magnétique ne pénètre dans la plaque que sur une profondeur de
 A = m------
0 I  r0 
- ln --- e l’ordre de la longueur de London l. Le supraconducteur a la propriété
 2π  r  z « d’expulser » le champ magnétique : c’est l’effet Meissner.
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l
 E = ----------- 3) La densité volumique de courant est :
-e
 2 πe 0 r z
et  z
l r sh  -- 
- ln  ---0 
 V = ---------
rot B B0  l 
 2 πe 0  r  j = ---------- = j ( z ) e y = ------- --------------- e y .
m0 m0 l  d 
où r 0 est un rayon pour lequel on choisit d’annuler les potentiels. ch --
 l
Ces expressions, analogues, font apparaître en symétrie cylindrique une évolution
1 Les variations de j ( z ) dans la plaque sont représentées ci-dessous.
en - des champs, alors que les potentiels présentent une évolution logarithmique.
r
m0 l m0 l
-------- j ( z ) -------- j ( z )
B0 B0
1) Le champ magnétique permanent vérifie l’équation de Maxwell- 0,6
Ampère : 0,4 z 0,5 z
-- --
rot B = m 0 j . 0,2 d d
– 1 – 0,5– 0,6 0,5 1 – 1 – 0,5 0,5 1
Sa divergence est nulle, de sorte qu’en prenant membre à membre le rotationnel
– 0,4 – 0,5
de cette équation, on obtient avec l’équation de London
– 0,2
B
∆B + ----2 = 0 . cas d = l cas d = 10 l
l

60
2. Champ électromagnétique permanent

Pour d l , la densité de courant est localisée au voisinage des surfaces de La composante normale du champ magnétique est continue, donc nulle, en tout
la plaque, où elle prend des valeurs très importantes. Par exemple, pour
point à la surface de la sphère : e r . B ( r = a, q, j ) = 0 , où r, q et j
B 0 = 1 T , j ≈ 5 . 10 13 A . m–2.
désigne les coordonnées sphériques du point considéré.
On sait qu’une nappe plane infinie de courant surfacique j S crée un champ b) On place un dipôle au point O, dirigé selon l’axe de révolution du problème :
m0 js = e z . Il est clair que les deux premières conditions énoncées à la
magnétique ± --------- de part et d’autre de la nappe. Pour deux nappes
2 question précédente sont vérifiées, le champ total étant :
symétriques par rapport au plan ( z = 0 ) , parcourues par des courants
surfaciques opposés, les champs s’additionnent entre les plaques, mais se B ( r ) = B 0 + Bdipôle
compensent en dehors. La distribution volumique obtenue pour la plaque m 0 ( 2 cos q e r + sin q e q )
-.
= B 0 ( cos q e r – sin q e q ) + ----------- ------------------------------------------
supraconductrice s’apparente à une superposition de nappes d’épaisseur dz , 4π r3
symétriques par rapport au plan ( z = 0 ) , de courants opposés. On voit donc Il faut ajuster la valeur du moment dipolaire de façon à vérifier aussi :
que le champ créé par la plaque supraconductrice est nul en dehors de celle-ci.
e r . B ( r = a, q, j ) = 0 . z er
Donc la plaque ne perturbe pas le champ B 0 appliqué, sauf en son sein. M
2 π B0 a3 B0
Cela impose = – ----------------- . q eq
m0
dz y dz O

c) Le champ, identique dans les deux cas de


B plaque = 0 – j dz e y + j dz e y B plaque = 0 figure dans la zone ( r a ) , est :
a3 a3
B ( r ) = B 0 cos q  1 – ----3  e r – sin q  1 + --------3 e r .
 r   2r 
z
2) Un fluide en écoulement incompressible ( div v = 0 ) et irrationnel
B plaque = 0 ( rot v = 0 ) , s’écoulant à la vitesse v 0 = v 0 e r loin de la sphère, et glissant
le long de la surface de la sphère en r = a (fluide parfait), engendre un
4) Les graphes des 2) et 3) ont montré que, pour d l:
problème identique de détermination du champ de la vitesse v .
• le champ magnétique ne pénètre dans la plaque que sur une très faible
Immédiatement l’expression de ce champ s’en déduit :
épaisseur ;
• la densité volumique de courant est quasiment nulle au sein du matériau, sauf a3 a3
v ( r ) = v 0 cos q  1 – ----3  e r – sin q  1 + --------3 e r .
au voisinage de sa surface où elle est très importante.  r   2r 
On peut alors remplacer cette distribution par un modèle surfacique, pour lequel Le schéma ci-dessous représente, dans un plan contenant l’axe ( Oz ) , quelques
la densité surfacique de courant est prise égale à :
z z lignes du champ résultant de la superposition d’un champ uniforme B 0 et du champ
sh  --  ch  --  – 1
B0  l  B0  l  d’un dipôle, parallèle à B 0 et d’orientation opposée. On distingue la trace de la

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d d
jS =
∫ j dz =
∫ ------- -------------- dz e y = ---- ----------------------- e y .
z = 0 m0 l d m0 d m0 1
ch  --  ch  -- 
z=0 ---
 l  l sphère de rayon a =  – ------------  3 autour de laquelle « s’écoule » le champ total.
 2 π B0 
B0
Lorsque d l , j S tend vers ---- e y sur la face z = d, le courant surfacique
m0 y
étant opposé sur la face z = – d . À cette distribution surfacique est
logiquement associé un champ magnétique discontinu à la traversée des surfaces 0,6
de la plaque supraconductrice. 0,4
0,2
0
1) a) Hors de la sphère (et hors des sources du champ B 0 , éloignées),
– 0,2
le champ magnétique total, c’est-à-dire la superposition du champ B 0 appliqué
et du champ créé par les courants parcourant la sphère, vérifie : – 0,4
B0
– 0,6
divB = 0 et rot B = 0 .
– 0,9 – 0,6 – 0,3 0 0,3 0,6 0,9 x
et donc aussi l’équation de Laplace ∆B = 0 .
À grande distance, le champ magnétique s’identifie au champ appliqué B 0 .

61
Corrigés
3) a) La répartition de courant est Le champ dipolaire de la ligne bifilaire s’en déduit :
donnée par la discontinuité du champ di = j S a d q
m 0 I a cos q m0 a I cos q
magnétique à la surface de la sphère : a dq B = rot A = rot ------  ------------  e z = ----------- grad  ---------  ∧ e z
2π  r  2π  r 
B( r = a +, q, j ) – B( r = a –, q, j ) q soit :
a
= m0 jS ∧ er . O
m0 a I cos q sin q m 0 a I – sin q e r + cos q e q
B = -----------  – --------- e – --------- e  ∧ e z = -----------  ---------------------------------------
- .
2 π  r 2 r r 2 q 2π  r2 
De ce fait, j S = e r ∧ B( r = a +, q, j )
3B 0 Les lignes de champ sont, dans des plans d’altitude z = cte , données par :
= – -------- sin q e j .
2 m0 dr r dq dr – sin q d q
---- = -------- , soit ---- = ------------------ .
b) À une spire, de rayon R et parcourue par un courant i, est associé un moment Br Bq r cos q
dipolaire M = i π a 2 . Après intégration, on trouve r = D cos q (D désignant la constante
On peut ici découper la répartition de courant surfacique sur la sphère, en petites d’intégration). Les lignes de champ sont des cercles tangents en O à l’axe ( Oy )
bandes circulaires élémentaires de largeur a d q et de rayon a sin q , parcourues comme le montrent les simulations ci-dessous.
par le courant di = j S a d q , de moment dipolaire :
3 π a 3 B0 y
d = di π a 2 e z = – ----------------- sin 3 q d q e z .
2 m0
Le moment dipolaire total de la sphère est donc : 0,6
π 3 π a 3 B0 3 π a 3 B0 4 2 π a 3 B0 0,4
=

q=0
– ----------------- sin 3 q d q e z = – ----------------- - e z = – ----------------- e z .
2 m0 2 m0 3 m0 0,2
Naturellement, on retrouve le moment dipolaire du dipôle qui remplaçait la 0 + –
sphère supraconductrice à la première question. – 0,2
– 0,4
1) Le champ magnétique, engendré par un fil rectiligne coïncidant avec – 0,6

l’axe ( Oz ) et parcouru par le courant I, est :


– 0,9 – 0,6 – 0,3 0 0,3 0,6 0,9 x
m0 I eq
B = ------- ---- , soit pour A :
2π r Sur le schéma ci-dessus apparaissent les lignes de champ des deux fils : le
m0 I  r0  champ tourbillonne autour des fils ; sur le schéma ci-dessous, sont tracées les
A = ------- ln --- e z (cf. exercice 7).
2π  r  lignes de champ des deux fils dans l’approximation dipolaire : cercles tangents
Pour les deux fils associés, on peut donc écrire : en O à l’axe ( Oy ) .

m 0 I  eq eq 
B = B 1 + B 2 = -------  -----1- – -----2- y
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2 π  r1 r2 

m0 I r2 0,6
et A = A 1 + A 2 = ------- ln  ---  e z
2 π  r1  0,4
où r1 et r2 , désignant les distances entre le point considéré et chacun des fils, 0,2
s’exprime en fonction des coordonnées cylindriques r et q du point :
0
1
a 2 --- – 0,2
r 2 ou 1 =  r 2 ± ar cos q + ----  2 .
 4 – 0,4
2) Dans l’approximation dipolaire r a , on écrit : – 0,6
r 2 ou 1 a m 0 I  a cos q 
---------- ≈ 1 ± ----- cos q , soit A = ------
- ------------ e .
r 2r 2π r  z – 0,9 – 0,6 – 0,3 0 0,3 0,6 0,9 x

62
Compléments de
magnétostatique 3
Ce chapitre, bien que spécifique MP/MP*,
mérite d’être abordé par tous les étudiants, ■ Application du théorème d’Ampère à des
indépendamment des filières. distributions non filiformes de courant.
Ce chapitre complète et prolonge les notions de ■ Champ et potentiel vecteur créés par un
magnétostatique abordées en Première année et dans dipôle magnétostatique.
les deux premiers chapitres. ■ Actions subies par un dipôle magnétos-

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
tatique.
Ainsi que nous l’avons vu, les distributions de courants
peuvent être non filiformes : courants volumiques ou
courants surfaciques sont alors utilisés pour les
modéliser : comment calculer,
pour des systèmes de haute symétrie,
le champ que créent ces distributions ?
Un électron qui « gravite » autour de son noyau, ou ■ Théorème d’Ampère.
une spire parcourue par un courant peut être modélisé
■ Densités surfacique et volumique de
par des dipôles magnétiques ; nous verrons, d’une courant.
part, l’expression du potentiel vecteur et du champ
■ Forces de Laplace.
magnétique qu’il crée à grande distance et, d’autre
part, les actions qu’il subit de la part d’un ■ Dipôle électrostatique : champ et poten-
tiel scalaire créés et actions subies.
champ extérieur.

63
Électromagnétisme

1 Champs magnétiques créés par des


distributions non filiformes

1.1. Circulation du champ magnétostatique


Le champ magnétostatique est caractérisé en un point par les équations locales :
div ( B ) = 0 et rot ( B ) = m 0 j ;
cette dernière équation permet par intégration :

∫∫S rot ( B ) . dS = m0 ∫∫S j . dS

de trouver le théorème d’Ampère avec le théorème de Stokes :

°∫G B . d = m0 ∫∫S j . dS ;

le terme ∫∫S j . dS représente le courant enlacé par le contour G.

Cette formulation peut être utilisée quelle que soit la distribution de courant
n
considérée, filiforme ou non. I
S
Rappelons que la surface S est orientée par le contour G et que les courants sont
comptés positivement lorsqu’ils traversent la surface dans le sens positif (doc 1).
En magnétostatique, le théorème d’Ampère s’écrit :
G
∫∫S rot ( B ) . dS = m 0 I enlacé par G .
Doc. 1. Le courant I traverse la surface
S s’appuyant sur le contour G dans le
Remarque
sens de n , il est compté positivement.
Le théorème d’Ampère n’est, sous cette forme, valable qu’en régime
permanent ; nous verrons au chapitre 5 comment il se généralise aux régimes
variables et à quelles conditions il peut s’appliquer sous cette forme aux régi-
mes lentement variables.

1.2. Calcul d’un champ magnétique à l’aide


du théorème d’Ampère
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.

1.2.1. Principe de calcul


Le principe de calcul correspondra à la démarche suivante dans le cas de dis-
tributions de courants à symétries élevées telles que celles développées ici.
1.2.1.1. Première étape : considérations de symétries
Il faut obtenir, à l’aide des symétries de la distribution, la forme du champ
magnétique :
• utilisation de plan de symétrie ou d’antisymétrie pour déterminer sa direction ;
• utilisation d’invariance par rotation ou translation pour réduire la dépen-
dance de ses composantes vis-à-vis des coordonnées… (il faut penser à utiliser
un système de coordonnées adapté à la symétrie du problème).
1.2.1.2. Deuxième étape : choix du « contour d’Ampère »
La forme obtenue pour le champ détermine le choix de la courbe G de circu-
lation du « contour d’Ampère » pour obtenir sans peine la circulation du
champ magnétique.

64
3. Compléments de magnétostatique

1.2.1.3. Troisième étape : application du théorème d’Ampère


Elle achève la détermination du champ magnétique.
Le théorème d’Ampère permet une détermination rapide du champ
magnétique pour des distributions de courants de symétries élevées.
Après détermination de la forme du champ à l’aide de considérations
de symétrie, son application à un contour de géométrie adaptée aux
symétries du problème permet de déterminer l’amplitude du champ.
Nous allons appliquer ce principe de calcul à la détermination de champs cor-
respondant à des distributions surfaciques et volumiques.

1.2.2. Distribution à géométrie plane : nappe plane infinie


Nous nous intéressons à la détermination du champ créé par une nappe de cou-
rant infinie confondue avec le plan ( xOy ) , avec j S = j S e x (doc. 2). C Π
M G
B
1.2.2.1. Considérations de symétrie
y
z jS
La distribution est invariante par rapport à tout plan parallèle à ( xOz ) , donc
O x D
B ( x, y, z ) = B ( x, y, z )e y . L’invariance du problème par translation parallèle- G M¢
ment à ( Ox ) ou bien ( Oy ) nous permet la simplification supplémentaire : A

B ( x, y, z ) = B ( z )e y . Doc. 2. Nappe plane infinie.

Notons aussi que le plan ( xOy ) est un plan de symétrie de la distribution :


Au point M ′ symétrique du point M par rapport à ce plan, le champ B′ est
l’opposé du symétrique du champ B en M : la fonction B ( z ) est impaire.

B ( z ) = – B ( –z ) .

1.2.2.2. Choix du contour d’Ampère


Un contour permettant un calcul aisé de la circulation doit posséder des côtés
parallèles au champ, à z = cte, le caractère impair de B ( z ) nous conduisant
naturellement au choix du document 2 :
La circulation du champ sur G s’écrit :

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
B C D A

°∫G B. d = ∫A B . dz e z + ∫B B ( z )e y . dy e y + ∫C B . dz e z + ∫D B (–z )e y . dy e y .
Or B ⊥ e z donc, les circulations de A à B et de C à D sont nulles ; comme
B ( –z ) = – B ( z ) , en appelant L la longueur on obtient :

°∫ B . d = B ( z )L + ( –B ( z ) ( –L ) ) = 2B ( z )L .

1.2.2.3. Application du théorème


L
I enlacée par G = ∫0 jS e x . dx N = – jS L .

Le signe – provient du fait que la normale N à la surface orientée par G est


m0 jS
égale à N = – e x . Il vient finalement B ( z ) = – ------------ e y pour z 0
2
m0 jS
et comme B ( –z ) = –B ( z ) , B ( z ) = + ------------ e y pour z 0.
2

65
Électromagnétisme

Remarque
Le champ magnétique présente la discontinuité attendue m 0 j S ∧ e z à la tra-
versée de la couche plane. Sachant cela et utilisant les opérations de symétrie,
il est très simple de retrouver la valeur du champ magnétostatique créé par z
cette distribution.
Pour s’entraîner : ex. 1.
P

1.2.3. Distribution à géométrie cylindrique de courants parallèles : j B


cylindre infini de densité de courants uniforme r
O
Dans ce modèle d’extension infinie, un courant d’intensité résultante I circule M
parallèlement à ( Oz ) dans un cylindre d’axe ( Oz ) , à la section circulaire de
rayon R, avec une densité volumique uniforme j = j e z (doc. 3).
1.2.3.1. Considération de symétrie
Tout plan contenant l’axe ( Oz ) étant un plan de symétrie, B est orthoradial :
Doc. 3. Cylindre infini.
B = B ( r, q, z )e q (en coordonnées cylindriques d’axe ( Oz ) ).
La distribution de courant présente les symétries de translation selon ( Oz ) et
de rotation autour de ( Oz ) : la norme de B ne dépend donc que de la coor-
donnée r. Il nous reste B = B ( r )e q .

1.2.3.2. Choix du contour d’Ampère


Les lignes de champ sont donc des cercles centrés sur ( Oz ) et la norme de B est
la même en tout point d’une ligne de champ. Nous choisirons donc un contour z
d’Ampère G confondu avec une ligne de champ, cercle d’axe ( Oz ) et de rayon r.

La circulation de B s’écrit donc :



G1
°∫G B . d =
°∫0 B ( r )e q . r dq e q = B ( r ) 2πr .

G2
1.2.3.3. Application du théorème d’Ampère
•0 r R. Le courant enlacé par G1 vaut :
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I enlacé par G1 = ∫ ∫S G1
j . dS = ∫ ∫S G2
j e z . dS e z = j π r 2 . Doc. 4. Choix du contour d’Ampère.

r
D’où B = m 0 j --- e q pour un point intérieur au cylindre.
2
•r R. Le courant enlacé par G2 vaut :

I G2 = ∫ ∫S G2
j . dS = ∫ ∫S j ez . dS ez B(r)
où S est la section droite du cylindre, soit I G2 = j π R2 ; R
m 0 j ---
2
R2
et B = m 0 j ------ e q pour un point extérieur au cylindre.
2r
Le champ est ici continu puisque la distribution est volumique (doc. 5). O R r
À l’extérieur du cylindre, le champ s’identifie à celui créé par un fil rectiligne,
parcouru par un courant I = j π R 2 et confondu avec l’axe ( Oz ) . Doc. 5. Évolution de B(r).

66
3. Compléments de magnétostatique

Application 1
Cylindre avec cavité cylindrique
R, parcouru par un courant de densité uniforme j , et
Une cavité cylindrique,
d’axe ( O′z ) et de section j ez du champ B 2 d’un cylindre plein d’axe ( O′z ) et de
circulaire de rayon R′, a été rayon R¢, parcouru par un courant de densité volumi-
pratiquée dans un cylindre O
B que uniforme – j .
conducteur d’axe ( Oz ) et O′
Pour le cylindre plein :
de rayon R (doc. 6). En
dehors de la cavité, le m0 m0
B 1 ( M ) = ----- j r e q = ----- ( j ∧ OM ).
conducteur est parcouru par 2 2
Doc. 6.
un courant constant de m0
De même B 2 ( M ) = ----- ( – j ∧ O′M ).
densité uniforme j = j e z . 2
Déterminer le champ magnétique en tout point de la Le champ résultant est alors :
cavité. m0
B = B 1 + B 2 = ----- ( j ∧ OO′ ).
2
Procédons par superposition. B est la résultante du
Ce champ est uniforme en tout point de la cavité. Il
champ B 1 d’un cylindre plein d’axe ( Oz ) et de rayon est perpendiculaire à OO′ (doc. 6).

z
1.2.4. Distribution de courant axisymétrique : le tore
Le contour C est dessiné dans un plan contenant l’axe ( Oz ) . Sa rotation com-
plète autour de l’axe ( Oz ) engendre un tore (doc. 7). Si C est un cercle, le tore C
obtenu est à section circulaire ; si C est un rectangle, le tore obtenu est à sec- I y
tion rectangulaire.
x
Nous étudions le champ magnétique engendré par N spires généralement
enroulées sur un tore et parcourues par un courant d’intensité I (cette situation Doc. 7. Tore à section circulaire.
s’apparente aux circuits primaire et secondaire de certains transformateurs).
y B (M)
1.2.4.1. Considération de symétrie eq
Tout plan contenant l’axe ( Oz ) est un plan de symétrie des courants et er

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M
l’amplitude du champ magnétique, orthoradial, ne dépend en coordonnées I
cylindriques r, q, et z que des variables r et z (doc. 8) : O q
x
B = B ( r, z )e q . z
I
1.2.4.2. Choix du contour d’Ampère P
Sur les lignes de champ, cercles d’axe ( Oz ) , la norme du champ reste cons- Doc. 8. Mise en évidence d’un plan de
tante. Sur un contour d’Ampère G coïncidant avec une ligne de champ, la cir- symétrie des courants.
culation du champ vaut 2πrB ( r, z ) . z
1.2.4.3. Champ magnétique
Appliquons maintenant le théorème d’Ampère.
Pour un contour G1 à l’intérieur du tore (doc. 9), la somme des courants enla- G1 y
cés est NI. Le champ en un point à l’intérieur du tore est donc :
x G2
m 0 NI
B int = ------------- e q .
2πr Doc. 9. Choix du contour d’Ampère.

67
Électromagnétisme

Pour un contour G2 à l'extérieur du tore, la somme des courants enlacés est


nulle (il est toujours possible de trouver une surface s’appuyant sur G2 sans
point commun avec le tore), et le champ extérieur l’est aussi :
B ext = 0 .
Ces résultats montrent que le tore canalise les lignes de champ magnétique.
Remarque
La dépendance de B vis-à-vis de z est masquée mais effective : si z et r sont
tels que le point M est intérieur au tore, B est non nul ; il est nul si M est exté- M
jS eq
rieur au tore. n ext → int
jS
Nous retrouvons encore la discontinuité du champ B à la traversée d’une
répartition surfacique de courants :
Doc. 10. En M :

2
B int – B ext = m 0 j S ∧ n ext → int = m 0 j S e q en posant NI = j S 2πr (doc. 10).
j S ( M ) ∧ n ext → int ( M ) = j S e q .

Application
Recherche de la distribution • jq = 0
de courant connaissant B Procédons de même pour le contour rectangulaire
Une distribution de courant crée un champ G = ABCD, dont les côtés AB et CD de longueur dr
k sont radiaux, et les côtés BC et DA, de longueur dz,
magnétique B = 0 pour r a et B = -- e q pour sont parallèles à l’axe ( Oz ) (doc. 12). Le théorème
r
r a (en coordonnées cylindriques r, q et z d’axe d’Ampère donne C G = 0 = m 0 j q dr dz , donc jq = 0.
( Oz ) , k étant une constante positive). • Détermination de jz
Caractériser la distribution de courants créant un tel Pour le contour G = ABCD (doc. 13) contenu dans
champ. un plan perpendiculaire à l’axe ( Oz ) , AB et CD
Remarquons que les lignes de ce champ orthoradial sont radiaux et de longueur dr, DA est un arc de cer-
sont des cercles d’axe ( Oz ) sur lesquels la norme cle de longueur rdq et BC un arc de cercle concen-
du champ est constante. Le champ proposé est à flux trique de longueur ( r + dr ) dq . Appliquons le
conservatif, il s’agit bien d’un champ de nature théorème d’Ampère :
magnétique. B ( r + dr ) ( r + dr ) dq – B ( r )r dq = m 0 j z dr . r dq ,
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Recherchons une distribution j de densité volumi- 1 d k


soit m 0 j z = --- ------ ( rB ( r ) ) = 0 . Avec B ( r ) = --
que j = j r e r + j q e q + j z e z . r dr r

Le problème étudié semble adapté à une distribution pour r a et B ( r ) = 0 pour r a, jz est partout nul.
invariante par rotation autour de ( Oz ) et par trans- Il n’existe pas de courant à densité volumique !
lation parallèlement à cet axe. Montrons donc que jr • Conclusion
et jq sont nuls.
Les courants sont donc nécessairement répartis sur
• jr = 0 la surface cylindrique de rayon r = a. La relation de
Appliquons le théorème d’Ampère au contour passage :
G = ABCD (doc. 11), comprenant les deux arcs de cer-
B 2 – B 1 = m 0 j S ∧ n 12
cle AB et CD vus de l’axe ( Oz ) sous l’angle rdq et les
deux côtés BC et DA de longueur dz, parallèles à l’axe
conduit à : n 12 ∧ ( B 2 – B 1 ) = m 0 j S ,
( Oz ) . La circulation du champ sur ce contour est
nulle (les contributions des arcs de cercle sont oppo- k
sées). Cette circulation dC = 0 est encore, d’après le soit : j S = ---------- e z .
a m0
théorème d’Ampère, m 0 j r r dq dz ; donc jr est nul.

68
3. Compléments de magnétostatique

z z z rdq dr
rdq A dr B D
C
dq C
dz G
D dz
B A
z′ G z′ D C z′
A B
Doc. 11. Doc. 12. Doc. 13.

2 M o m e n t d i p o l a i re m a g n é t i q u e

2.1. Moment magnétique d’un circuit filiforme


Le moment magnétique d’une boucle de courant, parcourue par un
courant I et définie par son contour G orienté de surface S , est :
M = IS .

Sa norme s’exprime en A . m2. = I π a2n


Dans le cas d’une spire circulaire : I P1
M = I p a 2n . G
I
Sur le document 14, le plan de la spire P 1 est un plan de symétrie de distribu-
tion de courants perpendiculaire au moment. Tout plan P 2 contenant l’axe de
spire est un plan d’antisymétrie qui contient le moment dipolaire magnétique. P2
Nous remarquons donc que :
Le moment magnétique se comporte comme un vecteur axial. Doc. 14. Moment magnétique et symé-
tries de la distribution.

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Application 3
Moment magnétique atomique
Un électron de charge q = – e de masse me , décrit, Calculer le moment magnétique associé à ce
dans une représentation classique, une trajectoire mouvement orbital de l’électron.
circulaire d’axe ( Oz ) et de rayon r autour du noyau
ponctuel en O, on admet que le moment cinétique de
l’électron par rapport à l’axe ( Oz ) est : L’électron tournant à vitesse v constante dans le
h sens positif par rapport à ( Oz ) sur sa trajectoire cir-
Lz = = ------ culaire, le moment cinétique par rapport à ( Oz ) est :

(h est la constante de Planck : h = 6,63 . 10–34 J . s). L z = m e v r , avec L z = par hypothèse.

69
Électromagnétisme

v qui sert d’unité de mesure des moments magnéti-


L’électron décrit N = --------- tours par unité de temps ques en physique atomique. Les électrons des
2πr
et l’intensité associée à un tel mouvement est : atomes présentent des moments magnétiques orbi-
taux (associés à leur mouvement autour du noyau)
ev e
I = qN = – --------- = – -----------------2- . et des moments magnétiques intrinsèques associés à
2πr 2πm e r
leur « spin ».
Le moment magnétique correspondant, mesuré Le couplage de ces moments magnétiques, selon les
algébriquement sur ( Oz ) , est : lois quantiques, fournit un moment magnétique
e atomique éventuellement non nul. Les atomes se
= π r 2 I = – --------- . comportent alors comme des dipôles magnétiques
2m e
interagissant avec un champ magnétique extérieur.
Ce calcul élémentaire fait apparaître le magnéton de
La notion de dipôle magnétique est invoquée avec
Bohr :
profit à l’échelle atomique pour interpréter les
e
m B = --------- = 9,26 . 10 –24 A . m 2 , propriétés magnétiques de la matière.
2m e

2.2. Moment dipolaire d’une distribution de courants


Dans le cas d’une distribution de courants limités dans l’espace, la définition
est généralisée en considérant qu’il s’agit d’une superposition continue de
boucles de courant filiformes (tubes de courant élémentaires) :

= ∫d .

Application 4
Moment magnétique d’une sphère L’intensité de cette spire, associée au mouvement de
en rotation, chargée en surface rotation, est en comptant la charge traversant une
section droite Rdq par unité de temps :
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Une sphère chargée uni- z


w w
formément en surface, de Rdq dI =  ------ s ( 2πR 2 sin q dq ) ,
 2π
charge totale q et de rayon R,
tourne à la vitesse angulaire q q
R s = ------------2- désignant la densité surfacique uniforme
w autour de ( Oz ) . 4πR
O
de charges. Le moment élémentaire d associé à
Déterminer le moment
cette spire est :
magnétique de la distribution
de courant associée. d = πR 2 sin2 q dI e z ,
Doc. 15.
wq
soit : = -------- R 2 sin3 q dq e z .
d
4
π 4
Utilisons les coordonnées sphériques d’axe ( Oz ) et 0 ∫
Comme sin3 q dq = --- , le moment résultant est :
3
découpons la sphère en spires de largeur Rdq w q R2
(doc. 15). = ---------------- e z .
3

70
3. Compléments de magnétostatique

3 C h a m p e t p o t e n t i e l vec t e u r c r é é s p a r
un dipôle magnétique
z
3.1. Approximation dipolaire B
M
Une boucle de courant crée, en tout point M de l’espace, un champ magnétos- a
tatique donné par la loi de Biot et Savart.
a
Nous avons calculé ce champ pour un point de l’axe d’une boucle circulaire : O
I
m0 I
B ( M ) = --------- sin3 a e z (doc. 16).
2
m0 I a 2 Doc. 16. Champ sur l’axe d’une boucle
a
Si M est très éloigné sur l’axe sin a ≈ a ≈ --- , B ( z ) = ---------------
-. circulaire.
z 2z 3
a
En généralisant, nous admettrons qu’à grande distance de la boucle  --- 1 M
r
pour une spire circulaire de rayon a (doc. 17) , la norme du champ magnétique r

1.
décroît comme ----3 La boucle se comporte alors comme un dipôle magnétique.
r
a
En des points très éloignés de la boucle de courant, son champ magné-
tique tend vers celui d’un dipôle magnétique de moment M . Doc. 17. Boucle de courant.

1
Le terme en ----3 du champ magnétique, créé à grande distance, dépend unique-
r
ment de r = OM et du moment magnétique . Il ne fait pas intervenir la
géométrie précise de la boucle. Une spire circulaire de rayon a et de même
a 3
moment magnétique créera le même champ à grande distance, à l’ordre  --- .
 r
Nous l’utiliserons par la suite comme représentation simplifiée d’un dipôle
magnétique.

Application 5
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
Absence de terme monopolaire
m0  eP → M
- .
dans le champ magnétique
En un point M très éloigné
B ( M ) = ------
4π °∫C  I dP ∧ ---------------
PM 2 
M
d’une boucle de courant Dans l’hypothèse r d , l’approximation la plus
C, circuit filiforme localisé forte consiste à remplacer :
r
dans un domaine D de C eP → M eO → M e r
taille caractéristique d --------------- - = ----r2- , avec e r = --- .
- par ---------------
PM 2 OM 2 r r
( r = OM d , O étant O P
un point du domaine D), la I dP Une telle approximation fournirait un champ :
norme du champ magné- Doc. 18. m0 er m0 I er
- =  ∫ dP  ∧  --------------
- .
tique créé par cette boucle
1
ne contient pas de terme en ----2 . Pourquoi ?
B 0 ( M ) = ------I
4π °∫C dP ∧ ----
r 2 ° C   4πr 2 
r Or l’intégrale représente la somme de vecteurs élé-
D’après la loi de Biot et Savart, le champ magnéti-
que en un point M est : mentaires tangents au contour : elle est donc nulle.

71
Électromagnétisme

Remarque : Un calcul similaire fournit un champ


Ainsi B 0 = 0 et le premier terme non nul de B
1 E 0 non nul pour le champ électrostatique créé par
(terme dipolaire variant en ----3 ) est obtenu en faisant
r une distribution localisée de charges si la somme de
une approximation moins forte. Ce résultat traduit ces charges est non nulle ; il peut exister un terme
l’absence de terme monopolaire magnétique. monopolaire électrique.

3.2. Analogie avec le dipôle électrostatique


Considérons un doublet de charges – q et +q (distantes de a) centré en O et de
moment dipolaire p = qa e z = pe z . Tout plan contenant l’axe ( Oz ) est un
plan de symétrie. Les lignes de champ du vecteur E , de révolution autour de l’axe
( Oz ) , sont contenues dans de tels plans. Quelques lignes de champ électrostati-
que sont représentées dans un plan contenant ( Oz ) sur le document 19a.
Considérons à présent une spire circulaire de rayon a, d’axe ( Oz ) et de moment
dipolaire magnétique = I π a 2 ez = e z . Tout plan contenant l’axe ( Oz )
est un plan d’antisymétrie. Les lignes de champ du vecteur axial B , de révolution
autour de l’axe ( Oz ) , sont contenues dans de tels plans. Le document 19b repré-
sente quelques lignes de champ magnétostatique dans un plan contenant ( Oz ) .

–q z z
+q
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.

Doc. 19a. Lignes de champ électrostatique d’un Doc. 19b. Lignes de champ magnétostatique.
doublet –q et +q.

L’extension de la zone apparaissant sur ces documents est de l’ordre de (10a)2.


Les deux cartes de champ obtenues sont clairement distinctes, car les compor-
tements des champs au voisinage de leurs sources sont très différents : le
champ électrostatique diverge à partir de ses sources, les charges, alors que le
champ magnétostatique tourbillonne autour des siennes, les courants.
Si nous observons ces cartes de champ à une échelle beaucoup plus grande
(zone de l’ordre de (100 a2)) nous obtenons dans les deux cas la même confi-
guration des lignes de champ (doc. 20).

72
3. Compléments de magnétostatique

Le champ électrostatique d’un dipôle p = pe z et le champ magné-


tostatique d’un dipôle M = Me z ont le même comportement à
grande distante r a.

3.3. Application au calcul du champ magnétostatique


3.3.1. Champ dipolaire
Le champ électrostatique d’un doublet de charges a pour coordonnées sphéri-
ques d’axe ( Oz ) (doc. 21), dans l’approximation dipolaire :
1 2 p cos q 1 p sin q
E r = ----------- -------------------
- , E q = ----------- --------------
- et E j = 0 .
4πe 0 r3 4πe 0 r 3

p ou

Doc. 20. Ligne de champ d’un dipôle qu’il soit


électrique ou non.

Du fait de l’analogie observée à grande distance des sources, nous suppose-


rons que le champ B créé au point M de coordonnées sphériques (r, q, j) par
un dipôle = e z placé en O est de la forme :
cos q sin q B ( M ) ou E ( M )
B r = 2B 0 a 3 -----------
-, B q = B 0 a 3 ----------
- Bj = 0 .
r3 r3  E q eq

Le facteur B0 est une constante homogène à un champ magnétique que nous  Bq eq

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
allons déterminer.  Br er
r 
Remarques M  E r er
• Il est possible d’obtenir ce résultat par développement du champ B créé par q
O
une spire en un point éloigné. Un tel calcul est assez fastidieux. ou p
• Il est également envisageable d’exploiter l’identité des équations des lignes
de champ des dipôles électrique et magnétique pour parvenir aux expressions Doc. 21. Composantes des champs
proposées ci-dessus. d’un dipôle.

3.3.2. Détermination du champ par identification


Pour trouver la constante B0, nous pouvons comparer le champ dipolaire pré-
cédent avec le champ créé par une spire en un point très éloigné sur l’axe de
celle-ci (doc. 16).
Sur son axe ( Oz ) , le champ de la spire est (cf. § 3.1) :
m0 I a2 m0
B ( z ) ≈ --------- --------3- = -----------3- .
2 z 2πr

73
Électromagnétisme

a3 m0
Identifiant cette valeur à B r = 2B 0 ----3- , nous obtenons B 0 a 3 = ----------- .
r 4π
Les composantes Br , Bq et Bj , en coordonnées sphériques, du champ d’un

dipôle magnétique placé en O et de moment = e z sont donc :

B = m 0
-----------
2 cos q
- --------------
-
 r 4π r3

 m0 sin q .
 B q = -----------
4π r 3
- -----------

 Bj = 0

L’expression du champ magnétique du dipôle M est en coordonnées


sphériques d’axe ( O, M ) :
m 0 2M cos q e r + M sin q e q
-.
B ( r ) = ------ ----------------------------------------------------------
4p r3
Le champ magnétique créé en M par un dipôle magnétique M placé
en P est donné par son expression intrinsèque :
m 0 3 ( M . PM )PM – M PM 2
-.
B ( M ) = ------ -------------------------------------------------------------
4p PM 5

Pour s’entraîner : ex. 4 à 7.

3.3.3. Potentiel vecteur


Ainsi que nous l’avons vu au chapitre 2, le potentiel vecteur A est lié au
champ B par la relation B = rot A .
Nous nous bornerons simplement à admettre l’expression de ce potentiel
vecteur :
L’expression du potentiel vecteur est, en coordonnées sphériques
d’axe ( O, M ) :
m 0 M sin q
A = ------ ----------------
- ej .
4p r 2
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.

Le potentiel vecteur créé en M par un dipôle placé en P est donné par


son expression intrinsèque :
m 0 M ∧ PM
A ( M ) = ------ --------------------- .
4p PM 3

Nous pouvons vérifier que rot A = B en utilisant les coordonnées sphériques


du rotationnel (cf. Annexe).
1 ∂ ( sin q A j ) m 2 cos q
B = - =
------------- -------------------------- -----0- --------------------
-
r sin q ∂q 4π r3
1 ∂ ( r Aj ) m sin q
– --- ----------------- -----0- ----------------
r ∂r 4π r 3
0 0

74
3. Compléments de magnétostatique

3.3.4. Analogies de formules


Expérimentalement les lignes de champ d’un dipôle électrostatique et d’un
dipôle magnétique sont identiques : cela nous a permis de trouver l’expression
de B , puis celle de A pour un dipôle magnétique.
Le tableau suivant permet de bien visualiser les analogies de formules.

dipôle électrostatique dipôle magnétique

1 p . PM m0 ∧ PM
V ( M ) = ----------- ---------------
- A ( M ) = ------ ---------------------
-
4πe 0 PM 3 4π PM 3

1 ( 3 p . PM )PM – p . PM 2 B ( M ) = ----- m 0 ( 3 . PM )PM – PM 2


E ( M ) = ----------- ------------------------------------------------------------
- - ------------------------------------------------------------
-
4πe 0 PM 5 4π PM 5

Remarquons :
1 m0
• la substitution de ----------- par ------ ;
4πe 0 4π
• le produit scalaire apparaissant dans l’expression de V ( M ) et le produit vec-
toriel dans A ( M ) ;

6
• les expressions très similaires de E ( M ) et B ( M ).

Application
Soit un dipôle magnétique de moment porté par En coordonnées sphériques (polaires dans un demi-
(Oz). plan méridien), nous obtenons :
Déterminer en coordonnées polaires ( r, q ) les dq 2 cos q
dr dr
équations des lignes de champ magnétique d’un ------ = r ------- , soit ------ = --------------- dq.
Br Bq r sin q
dipôle magnétique dans un plan contenant l’axe (Oz).
Une ligne de champ étant une courbe (plane ici) en Par intégration, il vient r = A sin2 q , A étant une
constante dépendant de la ligne considérée.
tout point M de laquelle le champ B est tangent, les

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
Il est évident que les équations des lignes de champ
vecteurs dM et B sont colinéaires : d’un dipôle électrostatique sont identiques.
dM ∧ B = 0.

3.3.5. Différence fondamentale entre doublet et spire


L’analogie entre les comportements des dipôles électrique et magnétique est si
troublante qu’historiquement les physiciens ont d’abord cherché à mettre en
évidence des causes similaires pour interpréter les champs créés.
Une distribution de charges se comportant comme un dipôle électrique peut être
représentée par un doublet de charges (–q, +q) distantes de d tel que le moment
soit p = qd .
Une distribution de courants se comportant comme un dipôle magnétique doit-
elle son existence, par analogie, à un doublet de « charges magnétiques » ?

75
Électromagnétisme

L’expérience a tranché et la réponse à cette question est négative : c’est le


modèle de la boucle de courant qu’il convient d’utiliser pour retrouver les pro-
priétés de telles distributions de courants.
Si les lignes de champ sont semblables en des points éloignés, elles se différen-
cient au voisinage du doublet ou de la spire (doc. 19) représentant de tels dipôles.
On retrouve là les différences profondes entre un champ électrostatique dont
les lignes de champ partent de la charge positive pour aller vers la charge néga-
tive, et un champ magnétostatique pour lequel les lignes de champ se refer-
ment sur elles-mêmes.
Cette distinction de comportement apparaît nettement dans l’étude des pro-
priétés diélectriques et magnétiques des milieux.
La polarisation des milieux matériels se traduit par l’existence d’un moment
dipolaire électrique volumique à l’échelle macroscopique. Elle est correctement
interprétée par le modèle de doublets de charges à l’échelle microscopique.
Leur aimantation se traduit par l’existence d’un moment dipolaire magnétique
volumique à l’échelle macroscopique. Elle est correctement interprétée par le
modèle de boucles de courant à l’échelle microscopique.

4 A c t i o n d ’ u n c h a m p ext é r i e u r
sur un dipôle
Nous nous intéressons dans cette partie à l’action d’un champ extérieur per-
manent (donc indépendant du temps), B , sur une boucle filiforme caractéri-
S
sée par sa surface plane orientée, de vecteur S , parcourue par un courant I, de
moment magnétique = I S (doc. 22).
Tout tronçon élémentaire d de ce contour, situé en un point M subit des
O
actions de Laplace :
• une force élémentaire, dF L = I d ∧ B ; I M d

• un moment par rapport au point O, dG L = OM ∧ ( I d ∧ B ) . Doc. 22. Boucle de courant.

Nous cherchons à déterminer l’action de ce champ sur l’ensemble de la boucle.


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4.1. Action d’un champ uniforme


Supposons que B soit uniforme :

∧B) = I  ∧ B = 0,
FL =
°∫circuit ( I d  °∫circuit d 

car B peut être sorti de l’intégrale et


°∫circuit d = 0, le circuit étant fermé.

La résultante est nulle et le torseur des efforts de Laplace est un couple, dont
le moment peut être calculé par rapport à n’importe quel point O :

GL =
°∫circuit OM ∧ ( I d ∧B);

soit en développant :

GL = I  – . d ) B +  . B )d  .
 °∫circuit ( OM   °∫circuit ( OM 

76
3. Compléments de magnétostatique

Le premier terme est nul, car : Double produit vectoriel :


2
 OM  A ∧ ( B ∧ C ) = ( A . C ) B – ( A . B )C.
°∫circuit ( OM . d ) =
°∫circuit d  -----------
2 
- = 0, puisque d = d ( OM ).

d ( OM ) = d
Le deuxième terme peut être exprimé à l’aide d’une intégration par parties,
dont le premier terme est nul puisque le circuit est fermé :
B
GL = I  ( OM . B )d  = I 0 – ( d . B ) OM  , car d ( OM ) = d .
 °∫circuit   °∫circuit 
dS
M
Des deux expressions précédentes, nous déduisons :
O
1
G L = --- I  . B )OM 
2  °∫circuit
( OM . B ) d –
°∫circuit (d
 I surface
1 élémentaire
= --- I  ( OM ∧ d ) ∧ B ,
°∫
2  circuit  Doc. 23. L’aire du triangle :
en utilisant la formule du double produit vectoriel et en « sortant » B de 1
dS = --- OM ∧ d
l’intégrale puisqu’il est uniforme. 2

1
Remarquons enfin que --- OM ∧ d = dS (doc. 23) de sorte que le couple
2
s’écrit : GL
GL = I S ∧ B = ∧B .
a. B
Comment agit ce couple ? Pour non colinéaire à B , G L ≠ 0 et tend à aligner B

sur B de sorte que G L soit nul (doc 24 a et b). Le système est à l’équilibre GL
stable.
Remarquons que ∧ B = 0 si et B sont de même sens ou de sens b.
opposés ; dans ce dernier cas, on a aussi un équilibre mais instable (doc. 25) : Doc. 24. Le couple « rappelle » vers
une petite perturbation induit un couple qui écarte de sa position d’équilibre. B
Lorsqu’un circuit est plongé dans un champ magnétique uniforme, le
torseur des efforts de Laplace se réduit à un couple de moment :
GL 1
1
GL = I S Ÿ B = ŸB, B

où S est le vecteur surface associé au contour décrivant le circuit et

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
GL 2
M = I S son moment magnétique. 2

Doc. 25.
Ce couple tend à aligner le dipôle M dans le sens du champ B .

Pour s’entraîner : ex. 8. z


4.2. Champ extérieur non uniforme
B
Nous allons montrer sur un exemple que dans ce cas la résultante n’est pas
nulle. y
Soit un cadre rectangulaire de surface S = ae x ∧ be y soumis aux effets d’un A D y
champ B = B x e x + B y e y + B z e z . x
a
Nous supposerons que ce champ, bien que non uniforme, varie peu à l’échelle b
B C
du cadre. Ce cadre est parcouru par un courant I (doc. 26). x I
Doc. 26. Cadre rectangulaire soumis à

B non uniforme.

77
Électromagnétisme

4.2.1. Couple
Remarquons tout d’abord qu’à l’ordre le plus bas, puisque B varie peu, le
terme prépondérant est toujours :

GL = ∧B ;
le premier effet du champ extérieur sera donc toujours un effet d’alignement
du dipôle sur le champ.
4.2.2. Force résultante
Le cadre rectangulaire de surface S = ae x ∧ be y = ab e z , parcouru par un
courant I, placé dans un champ B = B x e x + B y e y + B z e z non uniforme est
soumis aux forces de Laplace F L suivantes :

FL =
°∫circuit I d ∧B .

La contribution de A à B donne :
b b
F LAB = I a e x ∧ B y  x, y – ---, z e y + B z  x, y – ---, z e z
 2   2 
b b
= I a B y  x, y – ---, z e z – I a B z  x, y – ---, z e y .
 2   2 
On obtient de même :
a a
F LBC = – I b B x  x + ---, y, z e z + I b B z  x + ---, y, z e x
 2   2 
b b
F LCD = – I a B y  x, y + ---, z e z + I a B z  x, y + ---, z e y
 2   2 
a a
F LDA = I b B x  x – ---, y, z e z – I b B z  x – ---, y, z e x .
 2   2 

Ce qui donne (en supposant les variations de B lentes à l’échelle du cadre) :

a a
F L x = I b B z  x + ---, y, z – I b B z  x – ---, y, z
 2   2 
∂B z
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.

= I ab -------- .
∂x
b b
F L y = I a B z  x, y + ---, z – I a B z  x, y – ---, z
 2   2 
∂B z
= I ab -------- .
∂y
a a
F Lz = – I b B x  x + ---, y, z + I b B x  x – ---, y, z
 2   2 
b b
– I a B y  x, y + ---, z + I a B y  x, y – ---, z
 2   2 
∂B ∂B ∂B z
= – I a b  --------x + --------y = I a b  --------
 ∂x ∂y   ∂z 
∂B ∂B ∂B
car divB = --------x + --------y + --------z = 0 .
∂x ∂y ∂z

78
3. Compléments de magnétostatique

On obtient ainsi :

Un dipôle magnétique de moment magnétique M = M z e z = I abe z


placé dans un champ magnétique B non uniforme est soumis à une
force :
∂B z
M z ---------
∂x
F L = M ∂--------
Bz
-
z
∂y
∂B z
M z ---------
∂z
F : dérive vers les zones
de champ intense
Le dipôle (aligné sur B ) est attiré par les champs intenses (doc. 27). Ces résul- B
tats sont analogues à ceux que nous avons obtenus, en Première année, dans le
cas d’un dipôle électrique p soumis à l’action d’un champ électrique E Lignes
B de champ
(cf. H-Prépa, Électromagnétisme, 1re année).

4.3. Énergie potentielle d’interaction


Doc. 27. Lorsque est parallèle à B
Les actions de Laplace évoqués ci-dessus peuvent être étudiées d’un point de et de même sens, il existe un effet de dé-
vue énergétique. Cette étude sort du cadre de cet ouvrage. Nous admettrons que : rive vers les champs intenses.
L’équation :
EP = – M . B ,
exprime l’énergie potentielle d’interaction entre un dipôle magnéti-
que rigide (ou permanent) de moment M ( M = cte ) et le champ
magnétique B (permanent) qui lui est appliqué.

Nous retrouvons l’effet d’alignement :


• Si et B sont de même sens, p = – . B est minimale et corres-
pond à une position d’équilibre stable ;
• Si et B sont de sens opposés, p = . B est maximale, la posi-

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tion d’équilibre est instable.
Pour s’entraîner : ex. 9 et 10.

79
Électromagnétisme

CQFR
● THÉORÈME D’AMPÈRE
• En magnétostatique, le théorème d’ampère s’écrit ∫ ∫S rot ( B ) . dS = m 0 I enlacé par G .

• Le théorème d’Ampère permet une détermination rapide du champ magnétique pour des distributions
de courants de symétries élevées.
Après détermination de la forme du champ à l’aide de considérations de symétries, son application à un
contour de géométrie adaptée aux symétries du problème permet de déterminer l’amplitude du champ.

● DIPÔLE MAGNÉTIQUE
• Le moment magnétique d’une boule de courant, parcourue par un courant I et définie par son contour
G de surface S , est = IS.
• Dans le cas d’une spire circulaire, = I πa 2 n .
Le moment magnétique se comporte comme un vecteur axial.

● CHAMP ET POTENTIEL
• En des points très éloignés d’une boucle de courant, son champ magnétique tend vers celui d’un dipôle
magnétique de moment .
• Le champ électrostatique d’un dipôle p = pe z et le champ magnétostatique d’un dipôle = ez
ont le même comportement à grande distance.
• L’expression du champ magnétique du dipôle est en coordonnées sphériques d’axe ( O, ) :
m 0 2 cos q e r + sin q e q
-.
B ( r ) = ------ -------------------------------------------------------
4π r3
• Le champ magnétique crée en M par un dipôle magnétique placé en P est donné par son expression
intrinsèque :
m 0 3 ( . PM )PM – PM 2
-.
B ( M ) = ------ ---------------------------------------------------------------
4π PM 5
• L’expression du potentiel vecteur est, en coordonnées sphériques d’axe ( O, ) :
m 0 sin q
A = ------ ---------------- ej .
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4π r 2
• Le potentiel vecteur créé en M par un dipôle placé en P est donné par son expression intrinsèque :
m0 ∧ PM .
A ( M ) = ------ --------------------
-
4π PM 3

● ACTION D’UN CHAMP EXTÉRIEUR PERMANENT


• Lorsqu’un circuit est plongé dans un champ magnétique uniforme, le torseur des efforts de Laplace se
réduit à un couple de moment G L = I S ∧ B = ∧ B , où S est le vecteur surface associé au contour

décrivant le circuit et = I S son moment magnétique.


Ce couple tend à aligner le dipôle dans le sens du champ B .
• L’équation p = – . B , exprime l’énergie potentielle d’interaction entre un dipôle magnétique rigide

(ou permanent) de moment ( = cte ) et le champ magnétique B (permanent) qui lui est appliqué.

80
Contrôle rapide
3. Compléments de magnétostatique

Avez-vous retenu l’essentiel ?


✔ Rappeler l’expression du théorème d’Ampère.
✔ À quels types de distributions de courant peut-on appliquer le théorème d’Ampère ? Indiquer les étapes de la
méthode de calcul d’un champ magnétique grâce à ce théorème.
✔ Comment définit-on un moment magnétique ?
✔ Indiquer les analogies et les différences fondamentales existant entre une distribution dipolaire électrique et une
distribution dipolaire magnétique.
✔ Comment s’expriment les actions de Laplace subies par un dipôle magnétique de la part d’un champ extérieur
uniforme ?
✔ Comment s’expriment les actions de Laplace subies par un dipôle magnétique de la part d’un champ extérieur
non uniforme ?
✔ Quels sont, qualitativement, les effets correspondant à l’action d’un champ extérieur sur un dipôle magnétique ?

Du tac au tac (Vrai ou faux)

1. Lors de l’application du théorème d’Ampère : 3. La résultante des actions de Laplace sur un


❑ a. le contour d’Ampère est déterminé par les lignes circuit filiforme fermé :
de champ du champ magnétique ❑ a. est nulle
❑ b. la surface à travers laquelle on détermine le cou- ❑ b. est nulle pour un champ uniforme
rant enlacé a une orientation quelconque ❑ c. est nulle pour un champ non uniforme

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❑ c. la surface à travers laquelle on calcule le courant ❑ d. tend à rapprocher le dipôle des champs intenses
enlacé est orientée par le contour d’Ampère. ❑ e. tend à éloigner le dipôle des champs intenses.
2. Le potentiel vecteur créé par un dipôle 4. L’énergie potentielle d’interaction dipôle-
magnétique s’exprime par : champ extérieur est :
m0 ❑ a. ∧B
❑ a. ------ -----2 . e r
4π r
❑ b. .B
m0
❑ b. ------ -----3 ∧ e r ❑ c. – .B
4π r
❑ d. minimale lorsque le dipôle est aligné sur le
m0
❑ c. ------ -----2 ∧ e r champ
4π r
❑ e. maximale lorsque le dipôle est aligné sur le
champ.
❑ d. 4πm 0 -----2 ∧ e r .
r Solution, page 85.

81
Exercices
Courant uniformément réparti entre Tube cylindrique infini
deux plans parallèles
Un tube cylindrique conducteur creux d’axe (Oz), infini-
e e ment long a pour rayon intérieur R et pour rayon extérieur
Entre les deux plans z = – --- et z = + --- , existe un cou- R + e. Il est parcouru par un courant permanent I , de den-
2 2
rant de densité volumique uniforme j = j e x . sité j uniforme (parallèle à (Oz)) dans le conducteur.
1) Quelles sont les symétries du champ magnétique B 1) Exprimer le vecteur densité volumique de courant j .
créé par ces courants ? Si e R , on assimile le courant à une nappe
cylindrique ; calculer le vecteur densité surfacique de
2) Calculer le champ B en tout point de l’espace.
courant j S associé.
3) Étudier le cas limite e → 0 , le produit j e restant
2) Calculer le champ B en tout point. On utilisera les
constant. Conclure.
coordonnées cylindriques ( r, q, z ) .
3) On se place dans l’hypothèse e R.
z
a) Exprimer B en tout point intérieur du conducteur ; on
posera r = R + u , et on linéarisera l’expression de B ( u ) .
b) Lorsque e → 0 , quelle est la discontinuité du champ
e magnétique ?
y 4) On cherche à déterminer l’action mécanique de B sur
ex j le conducteur lui-même.
a) Calculer la force de Laplace subie par un élément de
volume en la mettant sous la forme :
dF = f ( u )R dq dz du e r ; exprimer f ( u ) .
Champ créé par un faisceau cylindrique
d’électrons b) En déduire l’expression de la force magnétique
appliquée à un élément de tube d’aire δS.
Un faisceau électronique a la forme d’un cylindre très Préciser son orientation.
long de rayon R et d’axe (Oz). Les électrons ont tous la c) Définir et calculer la pression magnétique Pm en
même vitesse v = v e z et ils sont uniformément répartis fonction de I et R, puis en fonction de j S .
avec une densité de n électrons par unité de volume.
Validité de l’approximation dipolaire
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.

magnétique
v
Une spire circulaire de centre O et de rayon R, contenue dans
z le plan (Oxy) est parcourue par un courant permanent I.
1) En un point de l’axe (Ox) d’abscisse x, rappeler la valeur
1) En adoptant un modèle volumique, calculer la densité B 0 ( x ) du champ magnétique dans l’approximation
volumique de charge et le vecteur densité volumique de dipolaire.
courant j . 2) Exprimer la valeur exacte du champ électrique sous la
forme B ( x ) = B 0 ( x ) f ( x ) .
2) Calculer le champ électrique E ( M ) en un point M de
coordonnées cylindriques ( r, q, z ) . La fonction f ( x ) a la forme d’une intégrale que l’on ne
cherchera pas à calculer :
3) Calculer le champ magnétique B ( M ) . Quelle relation 2p

relie E et B ?
f ( x) = ∫x = 0 u ( x, a ) da .
4) Le faisceau peut-il rester cylindrique ? 3) Calculer numériquement f ( x ) pour certaines valeurs
x
On indique que e 0 m 0 c 2 = 1 . du rapport --- , et en déduire les valeurs de x pour
R

82
3. Compléments de magnétostatique

lesquelles ces deux expressions du champ sont égales à en tout point, ce qui revient à confondre le nord magnéti-
1 % près. que avec le nord géographique.
4) Reprendre ce calcul pour un point de l’axe (Oz). On admet que ce champ est identique à celui d’un dipôle
Conclure.
magnétique de moment placé au centre de la terre.

Champ magnétique créé par un solénoïde

5) Un solénoïde est constitué de N spires régulièrement (nord) horizontale


bobinées sur un cylindre de section S (non nécessairement
I
circulaire), de longueur et dont les génératrices sont verticale
parallèles à l’axe (Oz). Il est parcouru par un courant I. BT
l

M2

r
M1
a
z
1) D’après le schéma déterminer l’orientation de .
--- --- h
2 2 2) Calculer avec ce modèle, l’inclinaison en fonction de
la latitude l.
3) En France, l = 45 ° et la composante horizontale du
1) Déterminer le moment magnétique d associé à une champ géomagnétique est B H ≈ 2,0 . 10 –5 T .
tranche de solénoïde de longueur élémentaire dz. Comparer la valeur mesurée de I (64 °) avec celle déduite
2) Calculer le champ B en un point M1 situé sur l’axe du modèle.
(Oz), à une distance h de l’extrémité du solénoïde, avec Déterminer la norme de . (Le rayon terrestre est
l’approximation h a . Dans le cas d’un solénoïde à R T = 6,4 . 10 6 m .)
section circulaire, comparer avec l’expression obtenue 4) Pour expliquer ce moment magnétique, on suppose
sans cette approximation. que des courants volumiques parcourent le noyau
3) Calculer le champ B en un point M2 situé sur le plan terrestre, assimilé à une sphère de rayon R = 3 000 km.
de symétrie, à une distance r de l’axe, avec On suppose également que leur densité volumique

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l’approximation r a . Étudier le cas limite du s’exprime en coordonnées cylindriques par j = J e q
solénoïde infiniment long. avec J uniforme et constant. Calculer la valeur de J.

Modèle simplifié du champ magnétique Champ magnétique crée par une ligne
bifilaire infinie
terrestre
1) Montrer que le champ magnétique créé par un fil
Le champ géomagnétique B T est caractérisé en tout point infiniment long, parcouru par un courant permanent I,
de la surface terrestre par sa norme, sa déclinaison D peut se mettre sous la forme :
(angle entre la composante horizontale de B T et le nord B = e z ∧ grad f ( r )
géographique) et son inclinaison I (angle entre B T et le (l’axe (Oz) des coordonnées cylindriques est confondu
plan horizontal). On suppose que la déclinaison est nulle avec le fil).

83
Exercices
parcourue par le courant i constant (on suppose qu’un
z générateur de courant idéal alimente cette spire).
–I I 1) Étudier les actions mécaniques subies par le dipôle,
eq
puis discuter l’existence et la stabilité de positions
r er
M d’équilibre.
q
a a 2) S’il existe un équilibre stable, déterminer la période
– --- O --- x
2 2 des petites oscillations du dipôle de masse m.

i
2) Une ligne bifilaire est composée de deux fils parallèles R
à l’axe (Oz), distants de a, et parcourus par des courants
opposés – I et I ; l’axe (Ox) coupe les deux fils aux points z
a a
d’abscisses – --- et --- .
2 2
Déterminer le champ magnétique en tout point suffisam-
ment éloigné des fils ( r a ).
3) Quelle est la forme des lignes de champ ? Interaction entre deux spires
4) Les deux fils, distants de 5 mm, sont parcourus par un
courant de 10 ampères. Deux spires circulaires (de rayons R1 et R2), parcourues
par les courants I et i, ont même axe (Oz). La seconde
Calculer le champ B créée à 10 cm. spire a un rayon R2 petit devant R1 et la distance d sépa-
rant ces deux circuits. Évaluer la force d’interaction exer-
Oscillations d’un petit aimant cée par une spire sur l’autre en :
a) évaluant le champ magnétique, puis la force de
Un petit aimant, de masse m
z
y Laplace, créée par la grande spire sur la petite (un point
et de moment magnétique , O x de la petite spire est au voisinage de l’axe (Oz)) ;
est suspendu au bout d’une b) considérant la petite spire comme un dipôle
tige rigide de masse négligea- L B
magnétique subissant l’action du champ magnétique créé
ble et de longueur L, pouvant q par la grande ;
effectuer des mouvements de
rotation autour de l’axe (Oz). c) utilisant le champ magnétique créé par la petite spire
en un point de la grande.
Discuter l’évolution de la
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période des oscillations du système en fonction de la


valeur du champ magnétique B = Be x , uniforme, dans
I
lequel est plongé ce système (attention, B peut être positif R1
ou négatif). R2
a
i z
Dipôle magnétique glissant sur l’axe
d’une spire
Un dipôle magnétique de moment = e z (constant) d
est mobile le long de l’axe (Oz) d’une spire de rayon R

84
Corrigés
m0 j e e
Solution du tac au tac, page 81. et : B ( z ) = + ------------ e y si z -.
2 2
1. Vrai : a, c ; Faux : b
2. Vrai : c ; Faux : a, b, d 3) Si e → 0 , le système de courants tend vers une nappe surfacique.
3. Vrai : b, d ; Faux : a, c, e Le courant traversant une longueur mesurée selon (Oy) est I ( ) = j e .
4. Vrai : c, d ; Faux : a, b, e La densité surfacique de courant est donc j S = j e .

On retrouve, à l’extérieur, les valeurs de B créé par une nappe surfacique :


1
B ≈ ± - m0 jS ey .
1) • Tout plan y = cte est plan de symétrie pour les courants ; on en 2
À l’intérieur, la variation est de plus en plus brusque au fur et à mesure que
déduit que B = B ( x, y, z )e y .
e → 0 ; à la limite, le champ B est discontinu.
• Le système est invariant par toute translation parallèle à (Ox) ou (Oy). B est
donc indépendant de x et y et B = B ( z )e y .
• Le plan z = 0 est plan de symétrie pour les courants, donc plan d’antisymétrie B(z)

pour B .
Donc B ( z ) = – B ( – z ) . m0 jS
---------
2
2) z
e e z
–- -
2 m j 2
0 S
– ---------
B ( z ) = B ( z )e y 2
ex
Γ
h
Remarquons une fois encore que c’est la modélisation surfacique qui introduit
la discontinuité. Pour la distribution volumique, les expressions du 2) montrent
y
–h e
j que B est continu en ± - .
2

Soit le contour rectangulaire G représenté sur le schéma. La circulation de


1) • Il y a n électrons de charge –e, soit une charge totale (–n e) par
B sur les côtés parallèles à (Oz) est nulle, et la circulation sur les côtés unité de volume.
parallèles à (Oy) ne fait intervenir qu’une seule valeur de B : La densité volumique de charge est r = – n e .
B ( h ) = – B ( – h ) . Il est donc possible de déterminer B ( h ) au moyen du
théorème d’Ampère. • Le vecteur densité volumique de courant est tel que j = r m v ,
• = – B ( h ) + 0 + B ( – h ) + 0 = – 2 B ( h ) (avec h 0 ). r m = r = – n e et j = – n e v .

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• Soit IG le courant traversant la surface délimitée par G . D’après le théorème
2) Pour une répartition de charge à symétrie cylindrique, E est de la forme :
d’Ampère : = m 0 I G . En identifiant les deux expressions de on obtient :
E = E ( r )e r .
m0 Ir
B ( h ) = – --------- . On détermine E ( r ) par le théorème de Gauss appliqué à un cylindre de
2
La valeur de IG dépend de z : révolution de rayon r et de hauteur h quelconque. On obtient :
e n e R2 ner
• si h - (cas du schéma), le courant traverse une surface égale à e et E = – ----------- e r si r R et E = – -------- e r , si r R .
2 2 e0 r 2 e0
I G = j e ; alors : 3) Pour une répartition de courants à symétrie
m0 j e z
B ( h ) = – ----------- ; cylindrique, B est de la forme B = B ( r )e q .
2
e On détermine B ( r ) par le théorème de Gauss
• si h - , le courant traverse une surface égale à 2 h et I G = 2 j h ; B ( r )e q
2 appliqué à une ligne de champ circulaire de rayon r :
alors B ( h ) = – m 0 j h . On obtient : r
Pour conclure :
m0 j e
B ( z ) = – ----------- e y si z
e
-
°∫ B ( r )e
G
q . r d q eq = m0
∫∫ ( – n e v ) e
S
z . dS e z .
(G )
2 2 Soit B ( r ) . 2 π r = – n e v m 0 π h 2 si r R
e e
B ( z ) = – m 0 j z e y si – - z - B ( r ) . 2 π r = – n e v m 0 π r 2 si r R
2 2

85
Corrigés
m0 n e v R2 On exprime maintenant i ( r ) :
d’où B = – -------------------- e q si r R • r R + e : la totalité de courant I traverse la surface S délimitée par G :
2r
m0 n e v r i(r) = I ;
B = – ------------------ e q si r R .
2 •R r R + e : seule une partie de I traverse la surface S :
Pour cette distribution volumique E et B sont continus en R. r2 – R2
On remarque que, dans les deux cas : i ( r ) = j π ( r 2 – R 2 ) = I -------------------
- ;
e2 + 2 R e
B = m0 e0 v ∧ E . •r R : aucun courant ne traverse la surface S :
4) Un électron , à une distance r de l’axe ( r R ) est soumis à la force de i(r) = 0 .
Lorenz :
En conclusion :
F = – e(E + v ∧ B ) .
m0 I
B = --------- e q si r R ;
Avec les expressions trouvées de E et B : 2πr
n e2 r m0 I r2 – R2
F = ---------- ( 1 – e 0 m 0 v 2 ) e r . B = --------- ------------------
- e si R r R+e ;
2 e0 2 π r e 2 + 2 Re q
Or, e 0 m 0 et la vitesse de la lumière dans le vide sont liés par : B = 0 si r R.
1
e 0 m 0 = ----2 . 3) a) Les expressions sont inchangées à l’intérieur du tube et à l’extérieur. Dans
c le volume du conducteur, l’expression se simplifie, en posant
On en déduit :
n e2 r v2 u
F = ----------  1 – ----2  e r . r = R  1 + -- :
2 e0  c  R
u u2
Pour une particule matérielle, v est inférieure à c ; la force est donc dirigée vers R 2  2 -- + ----2
1 r2 – R2 1  R R u
l’extérieur. - -------------------
- = -------------------- ----------------------------- ≈ ----- ,
r e +2Re
2
u e e2 eR
Sous l’effet de son propre champ électromagnétique, un faisceau électronique R  1 + -- R 2  2 -- + ----2
 R  R R 
initialement parallèle tend à diverger.
e
à l’ordre le plus bas en -- .
R
1) Modélisation volumique Soit l’expression linéarisée pour R r R+e :
Les lignes de courant sont parallèles à l’axe (Oz) : j = j e z . m0 I
B ( u ) = ------------u .
L’intensité I est le flux de j à travers une section du fil, soit : 2 π Re

I = π[ ( R + e )2 – R2 ] j . b) B = 0 pour r = R –
I m0 I
Donc j = ---------------------------
-e .
π( e2 + 2 R e ) z et B ≈ ---------- e q pour r = R + .
2πR
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Modélisation surfacique
I La discontinuité de B est :
I est égale au produit de j S par la circonférence du tube, j S = ---------- e z .
2πR
m0 I
2) Tout plan contenant l’axe (Oz) est plan de symétrique ; cela implique ∆B = ---------- e q = m 0 j S e q = m 0 j S ∧ e r .
2πR
B = ( r, q, z ) e q .
Le système est invariant par translation parallèle à (Oz), et par rotation d’axe (Oz). On retrouve bien l’expression générale de la discontinuité de B lors de la
B ne peut dépendre ni de z ni de q. traversée d’une nappe de courants surfaciques.

B est donc de la forme B = B ( r ) e q . 4) a) En coordonnées cylindriques, un élément de volume a pour expression


d t = r dr d q dz .
Les lignes de champ sont des cercles sur lesquels B ( r ) est uniforme. On e
applique le théorème d’Ampère à une ligne de champ G de rayon r : Dans le conducteur, à l’ordre le plus bas en -- , r ≈ R et dr = du , soit :
R

°∫ B . d
G
= 2 π rB ( r ) = m 0 i ( r ) , où i ( r ) est le courant traversant la d t = R du d q dz .
surface plane S délimitée par G. De plus :
m0 i ( r ) I I
B ( r ) = -------------- . j = ---------------------------
- e ≈ ------------ e .
2πr π ( e 2 + 2 R e ) z 2 π Re z

86
3. Compléments de magnétostatique

z z
R er
Rd q
M
er
eq
δS q
dz y

O x
u I
Oe
« pastille » d’aire
δ S = R d q dz
2) On calcule le champ B en un point M de l’axe (Ox) par intégration de la loi
de Biot et Savart.
On applique la loi de Laplace :
m0 I 2
dF = j ∧ B d t ≈ – ------------------
- u e R d q dz du . I y
4 π2 R2 e2 r
P
b) On peut aussi écrire :
R
m0 I 2 a
dF = – ------------------
- u du δ S e r .
4 π2 R2 e2 O M x
La force totale δF qui s’exerce sur la « pastille » d’aire δ S est :
e
δF =
∫ u=0
dF .

m0 I2 e
δ F = – ------------------
4 π2 R2 e2
-
∫ u=0
u du δ S e r , Soit dB , en M (d’abscisse x), correspondant à l’élément de spire de longueur
R d a situé au voisinage de P.
m0 I2 D’après la relation de Biot et Savart :
soit δF = – -------------
- δ S er .
8 π2 R2
m 0 I d ∧ PM
c) La force δF est normale à la surface et proportionnelle à δ S . dB = ---------------------------
-
4 π PM 3
On peut donc poser δF = – P m δ S e r , avec :
avec ici d = ( – R sin a e x + R cos a e y ) d a
m0 I2 1 2
- = - m0 jS .
P m = -------------

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8 π2 R2 2 et PM = ( x – R cos a )e x – R sin a e y ;
La pression magnétique tend à comprimer le conducteur.
d’où dB = dB e z , avec :
Remarque : Cette pression est très faible :
m 0 I ( R 2 – R x cos a ) d a
pour I = 1000 A et R = 1 cm , P m = 160 Pa… dB = ------------------------------------------------------
-3
---
4 π ( R 2 + x 2 – 2 R x cos a ) 2
 1 – --x cos a d a
1) Le moment magnétique de la spire est : m0 I R2  R 
= ------------3- ---------------------------------------------3- .
= π R2 I ez . 4π x ---
 1 – 2 R-- cos a + R----2 2
En un point de l’axe (Ox), les coordonnées sphériques d’axe (Oz) sont telles que :  x x 2 
π En intégrant sur la spire (a variant de 0 à 2π ), on obtient
r = x, q = --, e r = e x et e q = – e z .
2
B ( x ) = B 0 ( x ) f ( x ) , avec :
En utilisant l’expression des composantes du champ B dans la base locale
 1 – --x cos a
( e r, e q ), on obtient : 1 2π  R 

m0 I R2
f ( x ) = – --
π ∫ 0
---------------------------------------------3 d a .
 1 – 2 R-- cos a + R----2 2
---
B 0 ( x ) = – ------------
- e .  x x2
4 x3 z

87
Corrigés
3) Le champ total est obtenu par intégration :
x
-- 7 8 9 10 11 12 –h
R
f (x) 1,023 1,018 1,014 1,011 1,009 1,008
B ( M1 ) =
∫ z = –( h + )
dB

m0 N I S 1 1
L'approximation dipolaire est donc exacte à mieux que 1 % près dans le plan de soit : B ( M 1 ) = ---------------  ----2 – ------------------2 e z .
4π  h (h + ) 
la spire, à une distance du centre supérieure à 11 R.
4) Sur l’axe de la spire : r = z , q = 0 et e r = e z . Si M1 « à gauche » du solénoïde, on a r = +z , cos q = – 1 et e r = – e z .
2 m0 π R2 I m0 R2 I L’expression finale de B ( M 1 ) est inchangée, ce qui est en accord avec le fait
On en déduit B 0 = --------------------
- e z = -------------
-e .
4 π z3 2 z3 z que le plan médian du solénoïde est un plan de symétrie pour les courants.
L’expression exacte du champ est : Dans le cas particulier du solénoïde à section circulaire de rayon R :
m0 I m0 I R2 S = π R 2 et la valeur cherchée du champ en M1 est :
B ( z ) = -------- sin3 a e z = ------------------------3- e z ou encore :
2R --- m0 N I R2 R2
2( R2 + z2 ) 2 B ( M 1 ) = ------------  ----2 – ------------------2 e z
4  h (h + ) 
1
B ( z ) = B 0 ( z )g ( z ) avec g ( z ) = -------------------------3 . m0 N I
R 2 --- B ( M 1 ) = ------------ ( tan2 q 2 – tan2 q 1 ) e z .
2  1 + ----2  2 4
 z 
À grande distance, q 1 et q 2 tendent vers 0, et à l’ordre de 2, on a :
Comme g ( z ) est inférieur à 1, g ( z ) ≈ 1 à mieux que 1 % près si
g ( z ) 1 – 10 –2 . Avec un développement limité de g ( z ) , cette condition 1
cos q 1 – cos q 2 ≈ - ( tan2 q 2 – tan2 q 1 ) .
devient : 2
3 R2 La valeur approchée et la valeur exacte sont bien équivalentes à grande distance.
1 – -------2- 1 – 10 –2 , soit z 12,2 R .
2z 3)
En extrapolant ces résultats aux autres directions, on en conclut que er
l’approximation dipolaire est exacte à mieux que 1 % près, pour des distances M2
supérieures à environ 15 fois le rayon de la spire. Ainsi, si on se place à 8 cm
d’une spire circulaire de diamètre D = 1 cm (parcourue par un courant I ), cette eq a dz
r a
spire peut être assimilée (avec une excellente approximation) à un dipôle 0
magnétique. q
O P dI z

1) À une tranche de longueur dz , on peut associer une spire de section S,


On place cette fois l’origine O des coordonnées dans le plan de symétrie.
dz
normale à l’axe (Oz), parcourue par un courant élémentaire dI = NI ----- . B ( M 2 ) , normal à ce plan, est parallèle à e z .
Cette tranche possède donc un moment magnétique élémentaire La tranche de cote z crée en M2 un champ :
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dz
d = N I S ----- e z . m 0 N I S dz
dB = ---------------------
3
( 2 cos q e r + sin q e q ).
4 π PM 2
2)
dz Avec les notations précisées sur le schéma :
z r
M1 PM 2 = ---------- ; z = r tan a ,
cos a
dI r
z = 0 d’où : dz = -----------
- da ;
cos2 a
( –z )
( 2 cos q e r + sin q e q ) . e z = 2 sin2 a – cos2 a .
On ne calcule que la composante dB z :
On suppose M1 « à droite » du solénoïde, comme sur la figure, et on fixe en M1 m 0 N I S cos a d a
l’origine des z. La distance entre la spire et M1 est alors égale à ( – z ) . dB z = --------------------------------
- ( 2 sin2 a – cos2 a ) .
4π r2
Si on utilise l’expression du champ créé par un dipôle magnétique en
a0
coordonnées polaire alors r = ( – z ) , q = 0 et e r = e z et le champ créé
en M1 par la tranche de cote z a pour expression :
Par intégration B =
∫ a = – a0
dB z e z , soit :

m0 N I S m0 N I S
dB = ---------------------3 dz e z . B = --------------2- ( sin3 a 0 – sin a 0 ) e z .
4 π ( –z ) 4π r

88
3. Compléments de magnétostatique

Or, comme : 4) On considère le noyau de rayon R comme un ensemble de spires élémentaires


2 2 m0 N I S dont les caractéristiques sont : rayon a = r sin q ; section dS = r dr d q ;
sin a 0 = - : B ( M 2 ) = – ----------------------------3 e z .
----------------- courant dI = J dS ; moment magnétique :
4r 2 + 2 ---
π ( 4r 2 + 2 ) 2 d = π a 2 dI = J π r 3 sin2 q dr d q .
Si r , le solénoïde se comporte comme un dipôle de moment magnétique
NIS .
Si r , on retrouve le modèle du solénoïde infiniment long, pour lequel le
champ B est nul à l’extérieur.
r dI
q a
z

Pour sommer sur l’ensemble des spires élémentaires, il faut faire varier q entre
0 et π et r entre 0 et R. On obtient :
R π
π2R4
= Jπ
∫ 0
r 3 dr
∫ 0
sin2 q d q = ---------J ,
8
soit J = 7,4 . 10 – 4 A. m –2 .

m0 I eq
1) Le champ créé par un fil infini a pour expression B = -------- ----
1) Dans ce modèle, le champ est invariant par rotation autour de l’axe 2π r
er
des pôles (Oz). est donc orienté selon (Oz). Le sens de B T , tel qu’il est (théorème d’Ampère) e q = e z ∧ e r et grad ( ln r ) = ---- , d’où :
indiqué sur la figure, est cohérent avec une orientation dans le sens nord Æ sud. r
m0 I er
2) Avec les notations usuelles des coordonnées polaires, on obtient : B = e z ∧ -------- ---- = e z ∧ grad f ( r ) ,
2π r
m0 I r
avec f ( r ) = -------- ln --- , r0 étant une distance constante quelconque.
eq 2 π r0
a
er 2) Le point M est à une distance r1 du fil d’abscisse - (intensité +I ) et à une
r I 2
q a
distance r2 du fil d’abscisse – - (intensité –I ).

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BT 2
z
Le champ total en M est, par superposition :
B ( M ) = e z ∧ ( grad f 1 + grad f 2 ) = e z ∧ grad f ,
m0 I r1 r2 m0 I r1
avec f = f 1 + f 2 = --------  ln --- – ln --- = -------- ln --- .
2 π  r0 r 0 2 π r2

Connaissant les composantes B r et B q de B T , on peut écrire : 2 a2


r 1 = r 2 + ---- – a r cos q soit, à l’ordre 1 :
4
B a
tan I = ----r = 2 cot an q , soit tan I = 2 tan l . r 1 = r  1 – ----- cos q .
Bq  2r 
3) Pour l = 45 ° , on trouve tan I = 2 , soit I = 63 ° . De même :
Le modèle est, de ce point de vue, satisfaisant. a2
r 2 = r 2 + ---- + a r cos q soit, à l’ordre 1 :
m 0 sin q m 0 cos l 4
B H = – B q = -------------------
- = --------------------
-, r1
4πR 3 4 π R3 a a
r 2 = r  1 + ----- cos q et --- = 1 – - cos q .
d’où = 7,4 . 10 22 A . m 2 .  2r  r2 r

89
Corrigés
a L’équation du mouvement de rotation est donc :
On obtient donc, à l’ordre 1 en - :
r
m L 2 q̇˙ = – m g L sin q – B sin q .
m0 I a m0 I a
f = -------- ln  1 – - cos q = – -------- - cos q Si B – m g L (en particulier lorsque le moment magnétique de l’aimant
2π  r  2π r est dans le même sens que le champ magnétique en q = 0), la position
m0 I a m0 I a d’équilibre q = 0 est stable.
grad f = -------- ---2 cos q e r + -------- ---2 sin q e q et donc : Si le champ et le moment magnétique sont de directions opposées en q = 0 et si
2π r 2π r
B – m g L, c’est la position q = p qui est alors position d’équilibre
m0 I a m0 I a stable.
B = – -------- ---2 sin q e r + -------- ---2 cos q e q .
2π r 2π r La période des petites oscillations s’obtient en écrivant, pour la position stable
On peut comparer ce champ à celui créé par un dipôle magnétique à grande en 0, par exemple, sin q ≈ q soit :
1 m g L + B
distance : la croissance des composantes de B est en ---2 alors que pour le
r q̇˙ +  --------------------------
- q = 0
 m L2 
1
dipôle elle est en ---3 .
r m
et : T = 2 π L -------------------------- .
mgL+ B
3) Soit d = dr e r + r d q e q un déplacement élémentaire le long d’une Pour q = π :
ligne de champ.
m
T = 2 π L – -------------------------- .
d est parallèle à B , d’où : mgL+ B
dr sin q
------- = – --------- .
r dq cos q
Cette dernière équation s’intègre en : 1) Le champ créé par une spire en un point de son axe est :
ln r = ln cos q + cte ou encore r = 2 R cos q . m0 i
B = ------- sin3 a e z .
Les lignes de champ sont donc des cercles tangents en O à l’axe (Oy). 2R

y
O a B
R z z
i
a a x
–- -
2 2
Le champ que subit l’aimant de moment est donc :
m0 i  R  3
B = ------- ------------------- e z .
2 R  R 2 + z 2
La force subie par le dipôle est :
4) La norme de B ne dépend que de la distance r, et non de q. On obtient
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B = 1,0 . 10 –6 T . dB
F = z ------ e z
dz
À titre de comparaison :
• un fil unique parcouru par le même courant crée à 10 cm un champ de 3 m0 i R2 z
soit : F = – ---------------- ----------------------5 e z .
2 . 10 –5 T ; 2 ---
( R2 + z2 ) 2
• la composante horizontale du champ magnétique terrestre est, en France, de
l’ordre de 2 . 10 –5 T. F(z)
Les variantes de ---------- sont représentées sur le schéma ci-après, si et B
F max
sont orientés dans le même sens.
Pour étudier le mouvement de rotation, on applique le théorème du La force a une amplitude maximale :
moment cinétique, en projection sur l’axe (Oz) de rotation, en notant q l’angle 24 m 0 i R
de l’inclinaison du pendule par rapport à la verticale. F amx = ------------------ , atteinte en z = ± -- .
5
--- 2
52 R
Le petit aimant subit le couple G = ∧B = – B sin q e z de la part du
champ magnétique.
Remarque :
Si B 0 et q ∈ ]0, π [ par exemple, on trouve bien que le dipôle magnéti-
que a tendance à s’aligner sur le champ B .

90
3. Compléments de magnétostatique

F a) Soit un point de coordonnées cylindriques r = ( R 2, q, z )


-------- appartenant à la petite spire.
F max
Ce point appartient à un plan contenant l’axe (Oz), qui coupe diamétralement la
0,6 grande spire.
C’est un plan d’antisymétrie de la distribution de courant correspondant à la
0,2
0 grande spire. Le champ magnétique B 1 au point M appartient à ce plan, donc :
–0,2
B 1 = B 1z ( r, z ) e z + B 1r ( r, z ) e r ,
–0,6
B1 n’étant pas fonction de q car la distribution de courant de (1) est de révolution
z autour de (Oz).
–2 –1,5 –1 –0,5 0 0,5 1 1,5 2 --
R Le rayon de la spire 2, étant faible devant R1 et d, on peut considérer que, au
voisinage de l’axe :
2) La position z = 0 paraît être la position d’équilibre du dipôle qui glisse le long B 1z ( r, z ) ≈ B 1z ( axe ) ( z ) .
de l’axe (Oz) car F = 0. Soit une surface fermée ayant la forme d’un petit cylindre d’axe (Oz), de rayon
Celle-ci est stable pour l’orientation envisagée du dipôle : un déplacement
r et de hauteur dz. le flux du champ B 1 à travers cette surface est
δz 0 donne naissance à une force algébrique négative, qui ramène alors le
nécessairement nul, donc :
dipôle à sa position d’équilibre.
Au voisinage de cette position d’équilibre, l’équation du mouvement du dipôle π r 2 [ B 1z ( axe ) ( z + dz ) – B 1z ( axe ) ( z ) ] + 2 π r dz B 1r ( r, z ) = 0 .
est, pour z R : La composante radiale du champ est liée à la valeur du champ sur l’axe par :
d2z 3 m0 i .
m -------2 = F ( z ) = – ---------------
- r dB 1z ( axe )
dt 2 R3 B 1r ( r, z ) = – - ------------------ .
2 dz
On obtient alors l’équation du mouvement d’un oscillateur harmonique de
période :
2 m R3 z r
T = 2 π ---------------- .
3 m0 i z + dz
Pour étudier la position d’équilibre, on peut calculer l’énergie potentielle
d’interaction entre et B , soit à partir de F , soit directement à partir de :
Ep = – .B,
m0 i R3 1 z
E p = – ------------------- ----------------------3 .
2R ---
( R2 + z2 ) 2
En dérivant Ep (z) on obtient :
On en déduit finalement :

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dE p ( z ) 3 z
- = -
-------------- m 0 i R 2 -----------------------5 r dB 1z ( axe ) ( z )
dz 2 --- B 1 = B 1z ( axe ) ( z ) e z – - ------------------------- e r .
( R2 + z2 ) 2 2 dz
qui s’annule bien pour la seule valeur z = 0 : on retrouve la position Seule la partie non uniforme de cette expression sera utile pour calculer la
d’équilibre. résultante des forces de Laplace exercées sur la petite spire.
d 2 E p ( z ) La résultante des forces exercées sur la petite spire s’en déduit :
Enfin le calcul de  ----------------
- montre que pour 0 :
 dz 2  z = 0

d 2 E p ( z )
 ----------------
-
3 m0 i
= ---------------
- 0,
fL =
°∫petite spire
id ∧ B1

 dz 2  z = 0 2 R3
r dB 1 ( axe ) ( z )
i a df e q ∧  – - ----------------------- e r r
la position est stable, et : =
°∫f = 0... 2π
 2 dz  = R2
z = d
1 d 2 E p ( z ) k
w 0 = ---  ----------------
2
- = --- ,
m  dz 2  z = 0 m 2 dB 1 ( axe ) ( z )
= i π R 2  ----------------------- e .
 dz z = d z
d 2 E p ( z )
où k =  ----------------
- est la constante de raideur du ressort équivalent. On sait que la grande spire crée sur l’axe le champ :
 dz 2  z = 0
2
Enfin : m0 I m0 I R1
B 1 = -------- sin3 a e z = --------------------------3 e z ,
2π 2 m R3 2 R1 ---
T = ------ = 2 π ---------------- . 2
w0 3 m0 i 2 ( R1 + z 2 ) 2

91
Corrigés
2 2
3 m 0 I R 1 ( π R 2 i )d
et cela donne : f L = – - -------------------------------
- ez ,
2 2
5
--- er
( R1 + d ) 2 2
r q2
qui est une force attractive si les deux spires sont orientées dans le même sens
eq
(i et I de même signe). a
b) En considérant la petite spire comme un dipôle magnétique de moment
z
2
2 = i π R 2 e z , on peut exprimer la force, dirigée selon (Oz) (symétrie de
révolution du problème), sous la forme : d
dB 2  dB 1 ( axe ) ( z )
fL = z ------ e z = ( i π R 2 )  ----------------------- ez
dz dz z=d
La force exercée sur la grande spire s’en déduit :
 3 m I R2 d 
i π R 2  – ---------------------------3
2 0 1

°∫
= ez , FL = I R 1 df e φ ∧ B 2
 --- petite spire
 2 ( R2 + d 2 ) 2  φ = 0...2π
1 z=d
ce qui redonne bien le même résultat. m0 I R1  – 2 cos a e + sin a e 
df e φ ∧  -------------------------------------------
-q
°∫
r
Ce calcul suppose que l’on ne conserve que le premier terme du développement = -------------------
4π grande spire  3
--
- 
 2 
de B 1 : le dipôle est en un point de l’axe (Oz).
φ = 0...2π (R + d 2) 2
1
2

m0 I R1  – 2 cos a e – sin a e 
df  -------------------------------------------
c) En un point P de la grande spire, le champ B 2 créé par la petite spire est r
°∫
q
= -------------------
4π φ = 0...2π
 3
--- 
 2 
assimilable à celui d’un dipôle de moment , soit : (R + d 2) 2
1

m 0 I R 1  + 3 cos a sin a e z


m0 2 cos q 2 e r + sin q 2 e q 2 2
B 2 ( P ) = -----------  ------------------------------------------ 3 m0 π i I R 1 R 2 d
4π 
-
 = -------------------  -------------------------------
- = - -------------------------------
- ez ,
r2 2  --- 
3 2 5
---
 ( R2 + d 2 ) 2  2
(R 1 + d ) 2 2
1
m 0  – 2 cos a e r + sin a e q
= -----------  -------------------------------------------
- . résultat logiquement opposé aux précédents.
4π  2
( R1 + d 2 )
2

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.

92
Conducteurs
en équilibre
électrostatique
Condensateurs
4
MP-MP*

■ Propriétés des conducteurs en équilibre © Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
électrique.
■ Condensateurs.
L’équilibre de charges électriques est un cas
particulier de régime permanent ; cet état existe
lorsque des charges sont accumulées sur des
conducteurs électriques.
L’étude de telles situations permet d’aborder le
principe des condensateurs, qui sont des composants ■ Champ électrique permanent.
usuels de circuits électriques et dont l’utilisation
■ Potentiel scalaire.
dépasse le cadre très restrictif des régimes statiques.

93
Électromagnétisme

1 L e c o n d u c t e u r e n é q u i l i b re é l e c t r i q u e

1.1. Champ dans le conducteur


Un conducteur possède des charges dites libres, pouvant se déplacer dans
l’ensemble du volume occupé par le milieu conducteur. Le déplacement de ces
charges de conduction assure le passage de courant électrique dans le milieu
lorsque celui-ci est soumis à un champ électrique.
Lorsqu’un conducteur est à l’équilibre électrique, les charges mobiles qu’il
contient sont au repos.
Ce régime est statique. Nous parlerons de conducteurs en équilibre électros-
tatique.
La vitesse d’ensemble des charges mobiles est nulle : le champ électrostatique
auquel elles sont soumises est donc nul au sein du milieu conducteur en équilibre.

Dans un conducteur à l’équilibre électrostatique, le champ électrique


est nul.

Remarque
Nous admettons que les actions subies par les charges de conduction peuvent
être représentées par la seule influence d’un champ électrique, grandeur
macroscopique que nous supposons définie à l’intérieur du conducteur. C’est
ce champ macroscopique qui est nul dans le conducteur à l’équilibre.

1.2. Potentiel du conducteur


Le champ électrostatique est un cas particulier de champ électrique permanent
qui dérive d’un potentiel scalaire V :
E = – gradV .
Dans le conducteur à l’équilibre, le champ est nul et le potentiel est donc uni-
forme.
y
0,8
0,6
© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.

0,4
0,2
0
– 0,2
– 0,4
– 0,6 Doc. 1. Équipotentielles et lignes de
champ du système constitué d’une
– 0,8 charge ponctuelle q et d’une sphère
x métallique portant une charge Q
– 0,6 – 0,3 0 0,3 0,6 0,9 1,2 1,5 1,8 (q 0 et Q 0 sur cette simulation).

Le volume occupé par un conducteur à l’équilibre est un volume équi-


potentiel.
Le potentiel étant continu, la surface du conducteur est une surface
équipotentielle.

94
4. Conducteurs en équilibre électrostatique. Condensateurs (MP-MP*)

Envisageons le cas particulier d’une charge ponctuelle q placée au voisinage


d’une sphère métallique portant la charge Q.
Sur le document 1 sont représentées quelques lignes de champ et traces de sur-
faces équipotentielles de ce système à l’équilibre électrostatique : nous voyons
qu’au voisinage de la sphère, les équipotentielles, qui sont de révolution
autour de l’axe (Ox), sont quasiment sphériques.

1.3. Charges du conducteur


Dans le conducteur à l’équilibre, nous avons :

E = 0 et donc divE = 0 .
La charge volumique du milieu est donc nulle.
Un conducteur peut porter une charge totale Qtotale non nulle, s’il a été élec-
trisé. La charge volumique étant nulle, cette charge est répartie à la surface du
conducteur.

Les charges portées par un conducteur à l’équilibre sont réparties à


sa surface.

Rappelons qu’il est impossible de définir le champ en un point Q d’une surface


portant une densité surfacique de charge s. Il est donc impossible de définir le
champ en un point de la surface.

Il est impossible de définir le champ électrostatique en un point situé E (P)


sur la surface d’un conducteur. N (Q)
P
1.4. Champ au voisinage immédiat de la surface du Q
conducteur. Théorème de Coulomb
conducteur
Le champ électrostatique E est perpendiculaire aux surfaces équipotentielles.
En un point P, situé au voisinage immédiat d’un point Q de la surface du Doc. 2a. Le champ électrostatique en un
conducteur (c’est-à-dire juste à l’extérieur de celui-ci) (doc. 2a), le champ est point P, situé au voisinage immédiat d’un
donc colinéaire au vecteur unitaire N ( Q ) normal à la surface du conducteur : point Q de la surface d’un conducteur,
est tel que :
E ( P ) = E N ( Q ),

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E (P) = E N (Q) .
lorsque P est voisin de Q.
Si le champ n’est pas nul, il définit sans ambiguïté la direction des lignes de
champ : elles sont normales à la sphère métallique (doc. 1).
Considérons une surface de Gauss S G , à cheval sur la surface du conducteur
(doc. 2b).
La surface S G affleure la surface (supposée régulière) du conducteur, et l’élé- E (P)
ment dS qui lui correspond est d’extension suffisamment faible pour que nous dS N (Q) partie
puissions considérer que la charge surfacique s et le champ électrostatique « latérale »
P
sont uniformes dans cette zone. sQ
Le champ est nul dans le conducteur ; il est normal à la surface du conducteur
et son flux à travers la partie latérale est donc nul. SG
Le flux du champ E à travers la surface S G est donc : conducteur

Φ = E . dS = E ( P ) . N ( P ) dS = E ( P ) . N ( Q ) dS = E dS . Doc. 2b. Le champ à la surface d’un


SG conducteur.

95
Électromagnétisme

D’après le théorème de Gauss (il n’y a pas de charge volumique dans le


• Nous retrouvons la discontinuité
conducteur), ce flux est égal à : s
habituelle ----N à travers d’une sur-
q ( SG ) s ( Q ) dS e0
- = --------------------- .
F = -------------- face chargée s.
e0 e0
• La valeur du champ au voisinage
Nous en déduisons la valeur du champ en un point situé au voisinage immédiat immédiat de la surface du conducteur
de la surface d’un conducteur : ne dépend que de la densité surfacique
s (Q) de charge à l’endroit considéré. Ce
E ( P ) = -------------- N ( Q ) . champ est toute fois lié à l’ensemble
e0
des charges portées par ce conducteur
Ce résultat constitue : le théorème de Coulomb. et par des conducteurs voisins
éventuels : la valeur de s n’est qu’un
Soit un point Q de la surface d’un conducteur en équilibre ; en un
élément de cette répartition, qui cor-
point P situé au voisinage immédiat du point Q, le champ électrostati- respond à l’équilibre de l’ensemble du
que est normal et égal à : système considéré.
s (Q)
E ( P ) = -------------- N ( Q ) .
e0

2 R é a l i s at i o n d e l ’ é q u i l i b re
é l e c t ro s t at i q u e
2.1. Analyse d’un équilibre
Nous venons de décrire quelques propriétés générales d’un conducteur à l’équi-
libre électrostatique. Pour analyser plus précisément la répartition des charges
sur le conducteur à l’équilibre, envisageons le cas d’une sphère métallique
subissant l’influence d’un champ électrique permanent qui lui est appliqué. a)
Nous supposerons que cette sphère est :
• initialement non chargée, c’est-à-dire que la somme totale de ses charges
est nulle (on dit aussi que la sphère est initialement neutre) ;
ez
• isolée, c’est-à-dire qu’il n’existe aucun contact électrique entre cette sphère et
« l’extérieur » ; la sphère reste globalement neutre (conservation de la charge).
Cette sphère, de centre O et de rayon R, est soumise au champ uniforme :
E 0 = E 0 ez (doc. 3a).
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b) c)

– ++
– +
ez –– ++
ez
– q ++

– +
– ++
–– +
–– ++

Doc. 3. Sphère métallique soumise à un champ E 0 = E 0 e z :


a) le champ appliqué est uniforme ;
b) état transitoire : le champ dû au déplacement des charges dans la sphère déforme les lignes du champ E 0 ;
c) l’équilibre est atteint pour E 0 = 0 à l’intérieur de la sphère.

96
4. Conducteurs en équilibre électrostatique. Condensateurs (MP-MP*)

Soumis au champ E 0 , les électrons de conduction dérivent au sein de la sphère


et se déplacent sous l’influence du champ appliqué.
Un excès de charges négatives apparaît sur l’hémisphère d’abscisse z 0, tan-
dis qu’un défaut d’électrons entraîne l’apparition d’une charge positive sur
l’hémisphère opposé.
Remarque : Nous ne cherchons pas ici à décrire l’évolution réelle du conduc-
teur vers l’équilibre.
• La sphère n’est plus seulement passive, car elle crée à son tour un champ élec-
trique propre E ′ , dirigé de ses charges positives vers ses charges négatives. À
l’intérieur de la sphère, ce champ E ′ s’oppose au champ E 0 appliqué (doc. 3b),
dont les lignes sont déformées.
• L’amplitude du champ « propre » E ′ augmente avec le déplacement des
charges. L’équilibre est atteint lorsque le champ électrique total E = E 0 + E ′
est nul à l’intérieur de la sphère. La densité volumique de charges l’est aussi,
et le conducteur porte une charge surfacique totale nulle de densité s variable
avec la position sur la sphère, donc avec q (doc. 3c).
• Ce raisonnement nous permet d’imaginer l’état du conducteur à l’équilibre.
Pour déterminer complètement l’équilibre atteint, nous aurons à calculer s ou
E ′ , ou bien un potentiel V = V0 + V′ associé à ce problème (la connaissance
de l’une de ces grandeurs nous permet d’obtenir les deux autres). L’applica-
tion suivante en propose une détermination.

Application 1
Sphère métallique soumise à un champ 2) Le document 4a représente la sphère de centre O et
initialement uniforme de rayon R, portant la charge surfacique s = s0 cosq.

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Sur le document 4b figurent deux boules de rayon R et
Dans une région de l’espace existe un champ a a
de centre respectifs O+ et O –, d’abscisse + --- et – ---
uniforme E 0 , porté par un axe (Oz). Une sphère 2 2
sur l’axe (Oz), chargées uniformément avec les
conductrice, initialement neutre et isolée, est placée densités respectives +r0 et –r0 .
en O dans ce champ électrique E 0 . Pour étudier la Montrer que la première distribution peut être
répartition de charges s sur la sphère, on se obtenue comme limite de la seconde, lorsque la
propose de construire l’état d’équilibre par distance a tend vers zéro, à condition d’imposer une
superposition du champ appliqué E 0 et de celui relation particulière liant r0 , a et s0 .

créé par la sphère en équilibre électrique E′ . On a) s = s0 cosq b)


travaille en coordonnées sphériques. R
O q –r0 O q +r0
1) Quelle doit être la dépendance de la charge z O O z
surfacique s (q, j) vis-à-vis de l’angle j, en
coordonnées sphériques (r, q, j) de centre O et a
d’axe (Oz) ? Pourquoi le choix s = s0 cosq peut-il Doc. 4. Sphères chargées :
sembler une solution acceptable a priori ? a) en surface ; b) en volume.

97
Électromagnétisme

3) Déterminer le champ créé par cette distribution r0 r0 a


dans et à l’extérieur de la sphère. soit au total : E′ ( M ) = -------- O + O – = – --------- e z .
3e 0 3e 0
4) Quelle valeur faut-il donner à la constante s0 Lorsque a → 0, nous obtenons à l’intérieur de la
pour que la distribution de charges envisagée sur la sphère le champ uniforme :
sphère métallique représente effectivement l’état de
s0
polarisation obtenu à l’équilibre électrostatique ? E′ = – -------- e z .
3e 0
5) Quelle est la valeur du champ total E en tout
À l’extérieur de la sphère, nous savons que les deux
point ?
boules chargées créent le même champ que celui
Discuter le comportement de ce champ en r = R.
qui serait créé si toute leur charge :
Commenter l’allure des lignes de champ, représentées
4
sur le document 3c, au voisinage de la sphère. ± q = ± --- π R 3 r 0
3
1) La solution de ce problème de recherche de l’équi- était concentrée en O– ou O+ respectivement. Lors-
libre électrostatique doit être invariante par rotation que a → 0, le champ vu à la distance supérieure R
autour de l’axe de révolution (Oz). La densité surfa- du point O correspond au champ d’un dipôle placé
cique s ne doit pas dépendre de la variable j. en O et de moment dipolaire :
Le champ dans la sphère doit être nul et les charges
4
p = q O – O + = --- π R 3 r 0 e z .
surfaciques doivent créer un champ opposé à E 0 3
dans la sphère, donc s = s0 cosq semble acceptable, Le champ créé vaut donc à l’extérieur de la sphère :
avec s0 0 : il doit y avoir plus de charges positi-
1 3 ( p . r )r – r 2 p
ves à droite qu’à gauche. E′ = ----------- ---------------------------------------
-
4πe 0 r5
2) Considérons un élément de surface de la sphère,
repéré par les angles moyens q et j, de surface : s 0 2 cos q e r + sin q e q
= --------  --------------------------------------------
- .
dS = R 2 sin q dq dj . 3e 0  r3 
Cet élément porte la charge : 4) Le champ électrique total, E = E 0 + E′, est nul
dq = s dS = s 0 R 2 sin q cos q dq dj . à l’intérieur de la sphère métallique, à l’équilibre
Considérons maintenant les deux boules chargées. électrostatique. Nous en déduisons que la constante
Dans l’espace commun, la charge totale est nulle. s0 vaut :
Ainsi, lorsque a tend vers zéro, les charges de cette s0 = 3e0 E0 .
distribution sont localisées dans une mince pelli- 5) À la surface de la sphère, le champ électrique
cule, au voisinage de la surface de la sphère de cen- total est :
tre O et de rayon R, portant la charge volumique +r0 E = E 0 + E′
ou –r0 suivant le signe de z, donc de cosq.
= E 0 ( cos q e r + sin q e q ) + E′
L’élément de volume dt compris entre ces deux
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sphères, sur lesquelles il découpe pour a R la 0 si r = R –


même surface élémentaire dS, est égal à : s (q)
3E 0 cos q e r = ------------e r si r = R + .
a dS cos q . e0
Il contient la charge : dq = r 0 a dS cos q (dq est Ce résultat est en accord avec le théorème de Cou-
bien du signe de cosq). lomb. Le champ électrique est normal à la sphère
En comparant les deux expressions de l’élément de métallique, volume équipotentiel.
charge dq, nous pouvons obtenir la sphère chargée Les lignes de champ que nous observons (doc. 3c)
comme limite de l’ensemble des deux boules char- sont, elles aussi, normales à la sphère.
gées, lorsque a tend vers zéro, à condition d’im- π
Ce n’est cependant pas vrai pour q = --- : la courbe,
poser r0 a = s0 . 2
intersection de la sphère avec le plan z = 0 corres-
3) À l’intérieur de la sphère, les deux boules char-
pond à une ligne neutre (s = 0) donc à des points de
gées créent les champs :
champ nul. Ce champ est bien normal à la surface
r0 r0
E 1 ( M ) = -------- O – M et E 2 ( M ) = – -------- O + M , équipotentielle en ces points, mais pas obligatoire-
3e 0 3e 0 ment les lignes de champ.

98
4. Conducteurs en équilibre électrostatique. Condensateurs (MP-MP*)

2.2. Le problème électrostatique


2.2.1. Influence électrostatique
Le problème que nous venons de décrire est élémentaire, car la géométrie est
simple et le champ appliqué uniforme.
En pratique, le champ E appliqué à un conducteur 1 (la sphère pour notre
exemple) est lui-même engendré par des charges portées par un ou plusieurs
conducteurs ( 2 , 3 , …, n ). Une fois en équilibre, le conducteur 1 agit à son
tour sur ses voisins. L’équilibre électrostatique d’un ensemble de conducteurs
est donc le fruit d’un équilibre global où les conducteurs influent les uns sur les
autres. Nous parlerons d’influence électrostatique mutuelle des conducteurs.

2.2.2. Charge d’un conducteur par influence


Prenons l’exemple d’une charge q placée au voisinage d’un plan conducteur
relié à la terre : lorsque la charge q est approchée, des charges surfaciques
apparaissent sur le plan métallique.
Cette charge du conducteur s’effectue sans contact électrique avec la charge
qui est approchée : le plan conducteur est chargé « par influence » (notons
qu’il est en revanche relié à la terre, dont il « tire » la charge, égale à –q, qui
se répartit à sa surface).
La charge d’un conducteur par influence est une manifestation du phéno-
mène général d’influence électrostatique.

Approcher un conducteur chargé C1 d’un conducteur C2 influence la


répartition de charge sur C2 .
• Si C2 est isolé, sa charge totale reste constante, mais ses charges sur-
faciques sont modifiées.
• Si C2 est maintenu à un potentiel donné, sa charge totale est modifiée
par la présence de C1 .

Remarque
Nous n’avons envisagé que le cas où une charge ponctuelle q est approchée à
distance d d’un conducteur. Si cette charge est portée par une sphère de rayon
non négligeable devant d, la répartition de charge à la surface de la sphère est
notablement modifiée par la présence du plan conducteur. L’influence élec-
tube de champ
trostatique est mutuelle.

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
éléments
1
2.2.3. Éléments correspondants correspondants
Considérons deux éléments de surface sur deux conducteurs voisins, qui se Q
correspondent : ces éléments sont reliés l’un à l’autre par un tube du champ
électrostatique (doc. 5).
Formons une surface de Gauss en refermant ce tube par deux surfaces complé-
mentaires contenues dans les conducteurs ; le flux du champ E à travers cette –Q
surface est nul puisque E = 0 dans les conducteurs et E est orthogonal au
vecteur surface hors des conducteurs.
Doc. 5. Éléments correspondants.
Cette surface de Gauss contient donc une charge nulle : deux éléments corres-
pondants des conducteurs portent des charges opposées.
2.2.4. Influence totale
Deux conducteurs sont en état d’influence totale si toute ligne de
champ partant de l’un aboutit à l’autre.

99
Électromagnétisme

Dans ces conditions, leurs surfaces entières constituent deux éléments corres-
Q2e = Q2 + Q1
pondants.
3
Les charges portées par ces conducteurs sont donc opposées.
2
Deux conducteurs en état d’influence totale portent des charges opposées.
1 Q1
En pratique, une telle situation est difficilement réalisable, car la présence
d’autres conducteurs est susceptible de perturber cet état d’influence totale. Q2i = – Q1
Elle peut cependant être préservée si l’un des conducteurs se trouve dans une
cavité de l’autre, qui forme alors un écran électrique protégeant l’intérieur de
la cavité d’influences extérieures (doc. 6). Doc. 6. Conducteur 1 dans la cavité
de 2 , de charge totale :
Dans ce cas, toute ligne de champ partant, dans la cavité, du conducteur 1 ,
Q 2 = Q 2i + Q 2e .
ne peut pas revenir sur celui-ci et elle aboutit sur le conducteur 2 , car les
lignes de champ « descendent » les potentiels. Les charges intérieures en regard sont
opposées :
Placer un conducteur dans la cavité d’un second permet d’obtenir
Q 2i = – Q 1 .
deux armatures métalliques en état d’influence totale.

3 E n s e m bl e d e c o n d u c t e u r s e n é q u i l i b re

V1
L’équilibre électrostatique d’un ensemble de conducteurs est régi par des cri-

;; ;;; ;
tères assez simples (propriétés générales d’un conducteur à l’équilibre). Nous
devinons cependant que la recherche de l’équilibre d’un ensemble de conduc-
teurs est un problème délicat. Nous en décrirons ici quelques aspects. a

3.1. Données du problème


Considérons divers conducteurs fixes dans l’espace ; sur certains conducteurs V2 = 0
(doc. 7) :
• le potentiel est imposé (conducteurs de type 1) ;
• sur d’autres, la charge totale est imposée (conducteurs de type 2) ; ils sont
b
dits isolés.
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Le but est de connaître « tout » : ainsi, cet équilibre peut être considéré comme
étant entièrement déterminé si nous connaissons :
V3
• a : le potentiel Vk des divers conducteurs ;
;
• b : la charge Qk des divers conducteurs ;
• c : la répartition de charges sur les conducteurs s(Qk ) ;
c
• d : le champ électrostatique E ( M ) ;
• e : le potentiel V(M) en tout point de l’espace, extérieur aux conducteurs. Q4

3.2. La connaissance du potentiel est suffisante d


En réalité, la connaissance du potentiel V(M) en tout point de l’espace, exté-
rieur aux conducteurs (e), est suffisante pour tout déterminer. Doc. 7. Certains conducteurs sont :
• a) Le potentiel est continu. Soit un point Mk de la surface d’un conducteur k • de type 1 (a, b et c) : leur potentiel est
et P un point voisin du point Mk , le potentiel s’écrit : imposé ;
• de type 2 (d) : leur charge est impo-
V k = V (Mk) = lim V ( P ).
P → Mk sée (ils sont isolés de tout générateur).

100
4. Conducteurs en équilibre électrostatique. Condensateurs (MP-MP*)

• b) E = 0 à l’intérieur des conducteurs.


Le potentiel permet de calculer E ( M ) à l’extétrieur des conducteurs :

E ( M ) = – gradV ( M ) .
• c) La discontinuité du champ E permet de calculer la répartition des charges
sur les conducteurs (théorème de Coulomb) :

s ( M k ) = e0 E ( P ) . N ( M k ) .
• d) Cette répartition de charge permet d’atteindre la charge Qk du conducteur
k, égale à :
Qk = s ( M k ) dS k .
Σk

Pour déterminer l’équilibre électrostatique, nous pouvons donc chercher un


potentiel scalaire V(M) en tout point extérieur aux conducteurs et les diverses
autres grandeurs s’en déduiront.
La connaissance du potentiel V(M), en tout point M de l’espace exté-
rieur aux conducteurs, permet de déterminer tous les paramètres
électriques du système (charges, répartition des charges, potentiel des
conducteurs, champ électrique, …).

3.3. Équation de Laplace, conditions aux limites


et théorème d’unicité
Pour l’espace vide de charge séparant les conducteurs 1, …, n, le potentiel
vérifie l’équation de Laplace ∆V = 0.
Supposons connues les conditions aux limites, c’est-à-dire :
• soit les n potentiels de ces n conducteurs ;
• soit les n charges de ces n conducteurs ;
• soit les charges des conducteurs 1 à k et les potentiels des conducteurs k + 1
à n (k quelconque).
Alors on démontre, et nous admettrons, que la fonction potentiel V, nulle à
l’infini et satisfaisant ∆V = 0, est unique.
Il n’existe pas de méthode générale de résolution de l’équation de Laplace

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avec des conditions aux limites.

3.4. Théorème de superposition


Supposons que le système de n conducteurs dans l’état d’équilibre unique cor-
respondent aux conditions aux limites suivantes : les charges des conducteurs
1 à k sont imposées (Q1 … Qk ) et les potentiels des autres sont également
imposés (Vk + 1 … Vn ). La fonction potentiel satisfaisant à l’équation de
Laplace ∆V = 0 compte tenu de ces conditions aux limites est notée Va (M).
Ce même système de conducteurs (on ne les change pas de place, on n’en
retire pas, on n’en ajoute pas…) voit ses conditions aux limites changer : les
conducteurs 1 à k ont maintenant les charges imposées Q′1 … Q′k et les autres
les potentiels V ′k + 1 … V ′n . La fonction (unique), potentiel solution de
l’équation de Laplace est notée Vb (M).
Si maintenant nous imposons à ce système les conditions aux limites
( Q 1 + Q′1 … Q k + Q′k , V k + 1 + V ′k + 1, V n + V ′n ) alors la fonction potentiel solu-
tion de ∆V = 0 est Va (M) + Vb (M) puisque l’équation de Laplace est linéaire.

101
Électromagnétisme

En fait, nous pouvons, dans le deuxième état, changer ce que nous imposons à
un conducteur : charge ou potentiel. En effet V et Q sont liés (cf. § 3.2).
Les charges des conducteurs se déduisent de leurs potentiels par des relations
linéaires : une superposition d’états d’équilibre est encore un état d’équilibre.
Ainsi, si les états :
( Q 1, V 1, …, Q n, V n ) et ( Q′1 , V′1 , …, Q′n , V′n )
sont deux états d’équilibre d’un ensemble de n conducteurs, l’état :
( Q 1 + Q′1 , V 1 + V′1 , …, Q n + Q′n , V n + V′n )
en est un autre, le champ total au sein des conducteurs étant ici encore nul.

Une superposition d’états d’équilibre électrostatique d’un ensemble


de conducteurs est encore un état d’équilibre de ce système.

Nous pourrons mettre en pratique ce résultat en « construisant » certains états


d’équilibre par superposition d’états d’équilibre plus « simples ».
Plaçons, par exemple, une toute petite bille métallique portant la charge q au
voisinage d’une sphère conductrice maintenue au potentiel nul. La sphère, au
potentiel nul, se charge par influence et acquiert une charge Q1 (doc. 8a).
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Doc. 8a. La charge q vaut q1 et la sphère est au potentiel nul :


q = q1 ; V1 = 0 et Q = Q1 .

Si cette sphère est portée au potentiel V2 , la charge q étant maintenant nulle


(q = 0) sur la petite bille (quasi ponctuelle : rayon négligeable devant celui de
la sphère et sa distance à celle-ci), nous obtenons un deuxième état d’équilibre
où la sphère porte la charge Q2 = 4πe 0 RV2 .
Cet état est représenté par le document 8b.
Par superposition de ces deux états, nous obtenons un troisième état d’équili-
bre où la sphère, maintenue au potentiel V2 , porte, en présence de la charge q1 ,
la charge totale Q1 + Q2 . Cet état est représenté par le document 8c.
Remarque
Dans la mesure où nous négligeons le rayon de la petite bille, nous ne pouvons
pas définir son potentiel.

102
4. Conducteurs en équilibre électrostatique. Condensateurs (MP-MP*)

q=0

Doc. 8b. La charge q est nulle et la sphère est au Doc. 8c. La charge q vaut q1 et la sphère est au potentiel V2 .
potentiel V : Cet état d’équilibre est la superposition des deux autres :
q = 0 ; V = V2 et Q = Q2 . q = q1 ; V = V2 et Q = Q1 + Q2 .

Application 2
Cavité d’un conducteur, écran électrique Quel est le potentiel de ′ ? Le conducteur intérieur
1) Un conducteur de potentiel V0 possède une influence-t-il ′ ?
cavité vide de charge (doc. 9a). 4) Énoncer le théorème des écrans le plus général.
Quelles sont les valeurs du champ et du potentiel
1) La cavité constitue un domaine vide de charges,
dans la cavité du conducteur ?
où le potentiel vérifie ∆V = 0. Il existe une solution
Quelle est la charge surfacique s portée par la évidente de cette équation, qui vaut V0 sur les bords
surface du conducteur bordant la cavité ?
de la cavité, c’est V = V0 en tout point de la cavité.
Quelle est la charge Q i portée par cette surface
Comme la solution est unique, c’est la solution du
intérieure ?
problème. Le champ électrique est donc nul en tout
2) Que devient ce dernier résultat si la cavité point de la cavité. Par application du théorème de
contient un deuxième conducteur portant la charge Coulomb, nous en déduisons que la charge surfaci-
q (doc. 9b) ? que du conducteur sur toute la surface de la cavité

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Quel est le potentiel de ce conducteur quand q = 0 ? est nulle et donc Q i = 0.
2) Sauf précision supplémentaire (et géométrie très
V0 V0 simple !), nous ne sommes pas en mesure de déter-
′ ′
miner complètement la valeur des champs et poten-
tiels dans la cavité. Nous savons cependant qu’à
l’équilibre, le champ électrique est nul au sein du
q conducteur . L’application du théorème de Gauss
Qi à une surface fermée, contenue dans le conducteur
et contenant la cavité, nous permet d’écrire :
q+Q
0 = ---------------i , soit Q i = – q. Dans la cavité, les char-
Doc. 9a. Cavité vide de Doc. 9b. Cavité contenant e0
charge. une charge q. ges en regard sont opposées : c’est le théorème des
éléments correspondant.
La présence de ′ change-t-elle le résultat ? Quand q = 0, Q i = 0 et donc on trouve comme en 1) :
3) ′ est neutre est porté au potentiel 0 et le V = V0 qui est le potentiel à l’intérieur de la cavité et
conducteur intérieur à est chargé. aussi sur le deuxième conducteur.

103
Électromagnétisme

Ce résultat ne fait pas intervenir ′. Ainsi le potentiel Ainsi V = 0 est le potentiel qui convient à cette
du conducteur neutre intérieur au conducteur creux situation : ∆V = 0 avec V = 0 sur et à l’infini et
porté au potentiel V0 est V0 indépendant de ′. Le con- Q = 0 sur ′.
ducteur creux porté à un potentiel fixé fait écran aux La présence du conducteur chargé intérieur au conduc-
influences de ′ sur le conducteur neutre intérieur. teur creux n’est pas intervenue : celui-ci fait écran aux
3) ′ est à l’extérieur de et le potentiel à l’extérieur influences du conducteur intérieur sur ′ extérieur.
de vérifie ∆V = 0 avec V = 0 sur et à l’infini. 4) Par superposition des situations précédentes : un
Essayons la solution V = 0 partout. Elle vérifie bien conducteur creux porté à un potentiel fixé fait écran
∆V = 0 et V = 0 sur et à l’infini. aux influences des conducteurs extérieurs sur les
On a alors aussi V = 0 sur ′ d’où, puisque V = 0 « à conducteurs intérieurs et aux influences des conduc-
teurs intérieurs sur les conducteurs extérieurs.
côté » de ′ un champ E nul au voisinage de tout
point de ′ donc s = 0 partout sur ′ donc Q ′ = 0 Remarque : L’espace est séparé en 2 parties disjointes
ce qui est vrai. par une surface fermée portée à un potentiel donné.

3.5. Relations entre charges et potentiels


Limitons-nous au cas de deux conducteurs et considérons un premier état
d’équilibre électrostatique {1} : { Q′1, V ′1 ; Q′2, V ′2 = 0 }.
Les relations entre charges et potentiels sont linéaires ; nous pouvons écrire :
Q′1 = C 11 V ′1 et Q′2 = C 21 V ′1 ,
où les coefficients C11 et C21 ne dépendent que de la géométrie de l’ensemble
des conducteurs.
Avec un état {2} : { Q″1 , V ″1 = 0 ; Q″2 , V ″2 }, nous pouvons écrire de même :
Q″1 = C 12 V ″2 et Q″2 = C 22 V ″2 .
La superposition des deux états {1} et {2}, nous donne, dans le cas de deux
conducteurs seuls en présence :
 Q 1 = C 11 V 1 + C 12 V 2
 où Q i = Q′i + Q″i et V i = V ′i + V ″i .
 Q 2 = C 21 V 1 + C 22 V 2
Les coefficients Ci j , appelés coefficients d’influence électrostatique de
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l’ensemble des deux conducteurs 1 et 2 en présence, ne dépendent que de


la géométrie du système.

Application 3
Influence électrostatique mutuelle
de deux sphères conductrices
Deux sphères de rayons R1 et R2 , dont les centres 2) On appelle capacité propre d’un conducteur le
sont distants de d, sont mises en présence, coefficient C permettant de relier la charge Q de ce
maintenues respectivement aux potentiels V1 et V2 . conducteur à son potentiel V, lorsque ce conducteur
1) Évaluer les valeurs des coefficients d’influence est seul dans l’espace, le potentiel étant pris nul à
caractérisant ce système, lorsque d est très l’infini.
supérieure aux rayons des sphères.

104
4. Conducteurs en équilibre électrostatique. Condensateurs (MP-MP*)

Quelles sont les valeurs des capacités propres C1 et De même, pour le potentiel V2 :
C2 des sphères précédentes ?
1 R2
Sont-elles rigoureusement identiques aux coefficients V 2 ≈ ------------------  ------ Q 1 + Q 2 .
C11 et C22 précédents ? 4πe 0 R 2  d 

1) Le potentiel du conducteur 1 peut être calculé en En ne gardant que les termes au plus d’ordre 1 en
R R
n’importe quel point de la sphère, par exemple au -----1- ou -----2- , nous en déduisons :
centre O1 (M1 sur 1 et M2 sur 2) : d d
s 1 dS 1 s 2 dS 2 R1 R2
1 C 11 ≈ 4πe 0 R 1 ; C 12 ≈ – 4πe 0 ------------ ≈ C 21 ;
V 1 = -----------  ∫∫ --------------- +∫∫ --------------- d

4πe 0 S ( 1 ) O 1 M 1 S ( 2 ) O1 M 2 
C 22 ≈ 4πe 0 R 2 .
1 Q s 2 dS 2
= -----------  -----1- +∫∫ --------------- .
4πe 0 R 1  S ( 2 ) O1 M 2  Remarque : Nous avons C12 = C21 : cette propriété
n’est pas liée aux approximations de calcul
Si la distance d est suffisamment grande devant R2 ,
utilisées : on a toujours Cij = Cji .
la distance O1M2 est relativement peu différente de
d, et nous aurons : 2) Lorsque l’une des sphères est seule dans l’espace,
nous obtenons C1 = 4πe 0R1 (ou C2 = 4πe 0R2 ), sans
1 Q Q
V 1 ≈ -----------  -----1- + -----2- approximation.
4πe 0  R 1 d 
L’égalité entre les coefficients C11 et C1 n’est liée
1 R1
= ------------------  Q 1 + ------ Q 2 . qu’à l’approximation que nous avons effectuée.
4πe 0 R 1  d 

3.6. Un exemple de construction de solution


La solution du problème électrostatique est unique, mais sa détermination
exacte est en général très délicate. Il est en pratique beaucoup plus facile
d’inverser le raisonnement : à partir de la donnée de surfaces équipotentielles,
nous pourrons envisager une situation d’équilibre électrostatique acceptable,
associée à des distributions de charges simples.
Considérons le cas d’une charge q placée au voisinage d’un plan conducteur,
d’équation x = 0 et maintenu au potentiel nul (doc. 10a).

© Hachette Livre – H Prépa / Électromagnétisme, 2e année, MP-PC-PSI-PT– La photocopie non autorisée est un délit.
conducteur plan

V=0

Doc. 10a. Charge ponctuelle et plan conducteur au Doc. 10b. Deux charges ponctuelles symétriques :
potentiel V = 0. on retrouve le plan de potentiel V = 0.
Nous pouvons remplacer cette situation par une distribution très simple, constituée
de deux charges opposées placées symétriquement par rapport au plan x = 0
(doc. 10b). Dans les deux cas, nous avons dans la zone x 0 une charge q placée
devant le plan x = 0, sur ce plan V = 0, et en dehors des charges ∆V = 0.

105
Électromagnétisme

Les deux situations sont, dans cette zone, caractérisées par la même équation
différentielle et les mêmes conditions aux limites. La solution, unique, est la
même dans les deux cas. Ainsi, les lignes de champ et surfaces équipotentielles
sont identiques, sur les documents 10a et 10b, dans la zone x 0.

4 C o n d e n s at e u r s

4.1. Définition
Considérons deux conducteurs en état d’influence totale.
La donnée des potentiels V1 et V2 des deux conducteurs détermine le potentiel
V, solution unique de l’équation de Laplace dans la cavité.
Lorsque les potentiels V1 et V2 sont identiques, l’unique solution V est
évidente : c’est V = V1 = V2 dans la cavité. Le champ est alors nul dans la
cavité et les charges Q1 et Q2i aussi (doc. 11).
Lorsqu’une différence de potentiel U = V1 – V2 est imposée entre les deux 2
conducteurs, le champ n’est plus nul dans la cavité. Les surfaces en regard por-
tent alors les charges Q1 et Q2i = –Q1 . 1

Deux conducteurs en état d’influence totale définissent un condensa-


teur, qui accumule des charges électriques opposées sur ses armatures
lorsqu’une différence de potentiel est imposée entre celles-ci.
Doc. 11. Le condensateur est déchargé :
4.2. Capacité du système V1 = V2 et Q2i = –Q1 = 0.
La charge Q1 peut s’écrire :
Q 1 = C 11 V 1 + C 12 V 2 .
Elle est nulle si V1 = V2 , donc C11 = –C12 .
Posons C = C11 = –C12 . La charge Q accumulée par l’armature 1 du conden-
sateur (Q = Q1 = –Q2i ) est donc liée à la différence de potentiel U = V1 – V2
entre les armatures du condensateur.
Elle peut alors s’écrire :
Q1 = C(V1 – V2 ) ou Q = C U, soit Q2i = –Q1 = C(V2 – V1 ).
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La charge Q emmagasinée par un condensateur est liée à la différence


de potentiel U existant entre ses armatures par la relation :
Q = C U.
Le coefficient C est la capacité du condensateur.
Lorsque les armatures du condensateur sont reliées par un circuit électrique
celui-ci peut libérer cette charge emmagasinée jusqu’à ce que la différence de
potentiel entre ses armatures soit nulle.
La géométrie des armatures détermine la forme du potentiel dans la cavité, qui
ne dépend pas de la présence d’éventuels conducteurs à l’extérieur de cette
cavité (cf. Application 2).
La capacité est une caractéristique intrinsèque du condensateur, fixée par sa
géométrie.
De plus, si le potentiel V1 est supérieur au potentiel V2 , les lignes de champ
sont dirigées de 1 vers 2 . La charge Q est donc du signe de la différence de
potentiel U : C est positive.

106
4. Conducteurs en équilibre électrostatique. Condensateurs (MP-MP*)

La capacité C du condensateur est un facteur géométrique, positif.


Son unité est le farad (F).

Remarque : C est homogène à e 0 L : [C ] = [e 0 ]L, e 0 s’exprime en F . m –1 .

4.3. Modèles de condensateurs


Il n’est pas possible d’accéder à un conducteur enfermé dans la cavité d’un autre.
Les condensateurs réels réalisent de façon approchée un cas d’influence totale.
4.3.1. Le condensateur plan
Un condensateur plan est constitué de deux armatures métalliques planes, de
surface S, distantes de e.
Le cas d’influence totale est assez bien réalisé et nous pourrons évaluer
convenablement la capacité de ce condensateur si son épaisseur e est faible
devant les dimensions des plaques qui le constituent.
Lorsqu’une différence de potentiel U = V1 – V2 est imposée entre ses armatu-
res, celles-ci acquièrent des charges opposées. Des charges de signes opposés
s’attirent, de sorte que les charges se disposent essentiellement sur les faces en
regard des plaques du condensateur, « à l’intérieur » du condensateur.
Les lignes de champ observées sont alors quasiment rectilignes et parallèles
entre elles entre les armatures, comme indiqué sur le document 12a. Sur les
bords du condensateur, elles « débordent » de celui-ci. Si l’épaisseur e est
petite par rapport à la taille des armatures, ces zones où les lignes de champ
sont distordues ne contiennent qu’une partie relativement faible de la charge
accumulée par le condensateur. Par la suite, nous nous contenterons de négli-
ger les effets de bords (doc. 12b).
Nous savons que lorsque les lignes de champ sont rectilignes et parallèles, le
a)
champ est uniforme. Le champ à l’intérieur du condensateur est donc de la forme : V = V1
E = E 0 ez , e
et la différence de potentiel entre les armatures vaut :
U = V1 – V2 = eE0 . V = V2
z
Le théorème de Coulomb nous indique d’autre part que la charge surfacique
b)
portée par l’armature 1 est : V = V1
s1 = e0 ez . E = e0 E 0 = – s2 . e

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Remarque V = V2
Négliger les effets de bords revient à considérer que le champ du condensateur z
est, entre ses armatures, assimilable au champ engendré par deux plans infinis Doc. 12. Champ d’un condensateur
parallèles (portant des charges surfaciques uniformes et opposées). plan :
Cette charge surfacique est uniforme et la charge de cette armature est : a) allure des lignes de champ ;
U b) effets de bord négligés.
Q 1 = s 1 S = Q = e 0 ---- S .
e
La capacité d’un condensateur plan de surface S et d'épaisseur e vaut :
e0 S
C = -------- .
e
Remarque
Notre étude est a priori limitée aux seuls régimes statiques. L’étude du com-
portement d’un condensateur plan en régime variable, au chapitre 5, nous
montrera que notre description du champ du condensateur reste valable dans
l’A.R.Q.P., c’est-à-dire en pratique jusqu’à des fréquences très élevées.

107
Électromagnétisme

Application 4
Étude des effets de bord d’un condensateur plan a) Commenter ces courbes.
Soit un modèle de condensateur plan, constitué de En déduire un ordre de grandeur de la distance δ
deux plaques métalliques rectangulaires, infiniment sur laquelle s’exercent les effets de bord.
fines et distantes de e (doc. 13). On suppose que b) La différence de potentiel ∆V entre deux
e a b. équipotentielles est-elle constante ?
x b Quelle est sa valeur ?
z
2) Le tracé des lignes de champ est en fait tel que le
e flux du champ électrique E à travers tout tube de
---
2 champ est une constante (doc. 15).
épaisseur e dz

e y
– --- a
2
Doc. 13. Condensateur plan, dont la surface des ar-
matures est rectangulaire.
I. Condensateur plan idéal
Calculer la capacité C de ce condensateur plan,
lorsque l’on néglige les effets de bord. e
En déduire la capacité par unité de longueur ,
comptée dans la direction de sa grande dimension : e e e

dC
= -------- . Doc. 15. Pour l’ensemble des tubes de champ de E , le
db
II. Étude des effets de bord flux du champ électrique E , à travers toute surface
1) On se propose d’étudier les effets de bord s’appuyant sur un tube de champ, est une constante
existant en y = a. Pour cela, on s’intéresse à une ∆F pour ce tracé.
portion du condensateur de longueur dz.
e a) Donner un ordre de grandeur de la charge ∆q,
L’armature de cote x = – --- est au potentiel V = 0 « interceptée » sur les plaques du condensateur
2
e (profondeur ∆z), par les divers tubes de champ de
et celle de cote x = --- est au potentiel V = U (on
2 la simulation ?
suppose U 0). Le tracé des lignes de champ et des
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Préciser la valeur de cette charge ∆q en fonction de


équipotentielles (dans un plan z = cte) apparaît sur e 0 , U et ∆z.
le document 14.
b) Commenter la répartition des charges à
x l’intérieur du condensateur plan, à l’extérieur du
condensateur plan, et à l’extrémité des plaques.
V=U 0
c) Les deux conducteurs sont-ils en influence
totale ?
Comment pourrait-on estimer la capacité
e « parasite » constituée par l’extrémité du
y
condensateur plan de largeur e, 2e, 3e, … et de
profondeur dz, en ne tenant compte que des charges
« intérieures » et « extérieures » sur ces distances.
V=0
(L’expression générale de la capacité n’est pas
demandée, car la connaissance du champ à
Doc. 14. Mise en évidence des lignes de champ et des
l’extérieur serait nécessaire.)
lignes équipotentielles au voisinage du bord d’un
condensateur plan semi infini.