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17/09/2008

Lignes aériennes : matériels.


Conducteurs et câbles de garde
par André CHANAL
Ingénieur de l’École supérieure d’électricité
Ingénieur en chef honoraire d’EDF, direction de la production et du transport
et Jean-Pierre LÉVÊQUE
Ingénieur de l’École spéciale des travaux publics
Chef de la division retour d’expérience et animation technique liaisons au Centre national
d’expertise réseau, réseau de transport d’électricité, EDF

1. Conducteurs .............................................................................................. D 4 422 – 2


1.1 Métaux utilisés et constitution des conducteurs ...................................... — 2
1.1.1 Aluminium : câbles aluminium-acier (ACSR)................................... — 2
1.1.2 Alliage d’aluminium : conducteurs homogènes en almélec (AAAC) — 2
1.1.3 Alliage d’aluminium : câbles almélec-acier (AACSR) ...................... — 2
1.2 Conducteurs usuels ..................................................................................... — 3
1.3 Conducteurs compacts................................................................................ — 4
1.4 Conducteurs à haute température ............................................................. — 5
1.4.1 Conducteur aluminium-acier ACSS .................................................. — 5
1.4.2 Conducteur type TACSR..................................................................... — 6
1.5 Caractéristiques mécaniques...................................................................... — 6
1.5.1 Module d’élasticité ............................................................................. — 6
1.5.2 Charge de rupture assignée............................................................... — 7
1.5.3 Charge maximale admissible ............................................................ — 7
1.6 Utilisation de l’almélec................................................................................ — 7
1.6.1 Avantages............................................................................................ — 7
1.6.2 Inconvénients...................................................................................... — 7
1.7 Choix des conducteurs................................................................................ — 7
2. Câbles de garde ........................................................................................ — 8
2.1 Différents câbles de garde. Conditions à respecter .................................. — 8
2.2 Câbles de garde almélec-acier.................................................................... — 8
2.3 Câbles de garde à circuits de télécommunication incorporés................. — 8
2.4 Choix des câbles de garde .......................................................................... — 8
3. Association préconisée entre câble de garde et conducteur...... — 10
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. D 4 422

et article indique les caractéristiques des câbles nus pour la construction des
C lignes aériennes : conducteurs et câbles de garde.
Au cours des dernières décennies, aucune évolution importante n’est apparue
dans le choix des métaux conducteurs. Sont utilisés presque exclusivement :
— l’aluminium écroui, de grande pureté, dans des câbles bimétalliques alumi-
nium-acier ;
— un alliage d’aluminium, l’almélec, qui possède une résistance mécanique à la
traction notablement plus importante que celle de l’aluminium et permet, de ce
fait, de réaliser des câbles homogènes constitués uniquement de fils d’almélec.
Cependant, récemment, dans le but d’accroître la capacité de transport de cer-
taines lignes existantes sans modifier notablement l’environnement, des
métaux conducteurs pouvant supporter des températures de fonctionnement
plus élevées que celles de l’aluminium ou de l’almélec ont été étudiés. Les
conducteurs installés dans différents pays paraissent avoir un comportement
acceptable et permettent ainsi le renforcement des ouvrages.

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Une autre voie de recherche fait actuellement l’objet d’expérimentations : elle


consiste à réaliser des conducteurs composés d’assemblages de matériaux
conducteurs et composites (fibres de carbone) de façon à obtenir des câbles per-
formants peu sensibles aux variations de température. Les recherches n’ont pas
conduit, à ce jour, à des expérimentations satisfaisantes.
Par contre, en ce qui concerne les câbles de garde des lignes HTB, l’évolution
est plus importante : on a utilisé, au cours des dernières années, de plus en plus
fréquemment des câbles comportant des circuits de communication incorporés.
Actuellement, la pose de câbles renfermant des fibres optiques est généralisée
sur l’ensemble du réseau de transport afin de permettre, si nécessaire, l’installa-
tion de transmissions à haut débit d’informations numériques. Cette orientation
fait suite aux décisions du comité interministériel pour l’Aménagement du terri-
toire du 9 juillet 2001 visant à desservir la totalité du territoire avec des perfor-
mances équivalentes et satisfaisantes.
Dans les réseaux de distribution, la part des canalisations souterraines s’est
accrue dans les travaux d’extension ou de renouvellement et celle des câbles
nus a notablement diminué.
Pour les lignes basse tension, des conducteurs préassemblés sont systémati-
quement utilisés : ceux-ci ne sont pas traités dans le présent article.

1. Conducteurs 1.1.2 Alliage d’aluminium : conducteurs


homogènes en almélec (AAAC)

1.1 Métaux utilisés et constitution Les alliages d’aluminium utilisés pour les conducteurs AAAC (all-
des conducteurs aluminium alloy conductor) de lignes aériennes contiennent de
faibles additions de magnésium et de silicium et sont appelés
Les conducteurs nus, utilisés pour la construction des lignes « almélec ».
aériennes, sont des câbles constitués de fils ronds ou exceptionnel- La métallurgie de ces alliages permet, dans certaines limites, une
lement de fils trapézoïdaux ou profilés en forme de Z. adaptation des caractéristiques électriques et mécaniques aux utili-
Pour réaliser ces câbles, les métaux conducteurs de faible résisti- sations envisagées. Les deux caractéristiques précédentes varient
vité sont peu nombreux. Seuls sont utilisés actuellement l’alumi- dans le même sens : si on diminue la résistivité, on diminue égale-
nium dans sa forme écroui dur, de grande pureté d’une part, et un ment la résistance mécanique et inversement.
alliage d’aluminium, l’almélec, d’autre part. Les caractéristiques de Les lignes sont construites, en France, avec un alliage type 6101
ces métaux ont peu évolué au cours des dernières décennies et leur ou 6201 (norme NF EN 50183) qui a une contrainte à la rupture en
température maximale de fonctionnement ne peut dépasser 100 °C. traction de 320 MPa environ et une résistivité encore acceptable de
Cependant, certains métaux conducteurs, par exemple l’aluminium 3,26.10–8 Ω.m, bien que notablement supérieure à celle de l’alumi-
recuit, ou certains alliages devraient permettre des températures de nium. La contrainte à la rupture permet de réaliser des câbles homo-
fonctionnement plus élevées, de l’ordre de 200 °C, et sont actuelle- gènes constitués uniquement de fils en almélec, pouvant supporter,
ment testés (§ 1.4). en plaine, des surcharges légères de givre (voir article sur le dimen-
Depuis plusieurs années, le cuivre n’est plus utilisé en raison de sionnement des lignes aériennes [D 4 421], § 3.3.3).
sa masse et de son coût. Cependant, des conducteurs en cuivre
équipent encore des lignes anciennes. Exemple : le câble homogène en almélec de 570 mm2 peut sup-
porter un paramètre de réglage de 2 200 m, à 45 °C sans vent, et une
portée équivalente du canton de réglage de 1 500 m avec une sur-
1.1.1 Aluminium : câbles aluminium-acier (ACSR) charge légère de givre.

L’aluminium utilisé, écroui et de grande pureté (norme NF EN


60889) a une contrainte à la rupture en traction de 160 MPa très
insuffisante pour réaliser les lignes à haute tension.
1.1.3 Alliage d’aluminium :
câbles almélec-acier (AACSR)
Pour pallier cet inconvénient, les câbles ACSR (steel-reinforced
aluminium conductor) comportent au centre une âme en fil d’acier
galvanisé qui supporte la plus grande partie de la tension mécani- Dans le but d’obtenir des câbles très résistants mécaniquement pour
que et autour de cette âme, plusieurs couches de fils d’aluminium les zones fortement givrées ou les lignes de montagne, des câbles
conduisant le courant électrique. Les fils d’acier sont zingués, soit almélec-acier (AACSR : steel-reinforced aluminium alloy conductor)
après tréfilage, soit avant le dernier passage dans la filière, cette sont réalisés avec des sections voisines de celles des câbles alu-
deuxième façon d’opérer donnant une meilleure adhérence à la cou- minium-acier (ACSR), les fils d’aluminium étant remplacés par des fils
che de zinc. d’almélec. On utilise toujours de l’acier à très haute résistance mé-
Deux types d’acier sont utilisés, caractérisés par leur contrainte canique.
minimale à 1 % d’allongement (norme NF EN 50189) : Le tableau 1 indique les caractéristiques électriques et mécani-
— acier à très haute résistance mécanique toujours retenu pour ques des métaux utilisés en France. En Grande-Bretagne, on utilise
les lignes HTB : 1 410 à 1 450 MPa ; un câble en alliage d’aluminium ayant une contrainte à la rupture de
— acier normal : 1 140 à1 170 MPa. 280 MPa et une résistivité moyenne de 2,92.10–8 Ω.m.

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Tableau 1 – Caractéristiques comparées des matériaux utilisés


Caractéristique Cuivre (1) Almélec Aluminium Acier
Résistivité à 20 °C ......................................(10–8 Ω.m) 1,72 3,26 2,82 ~ 15
Coefficient de température ........................(10–3 K–1) 4,1 3,6 4
Masse volumique ......................................... (kg.m–3) 8 890 2 700 2 700 7 800
Contrainte à la rupture en traction (2) ............ (MPa) 380 à 450 320 à 380 150 à 190 1 410 à 1 450 (2)
câble : 105 000 câble : 60 000 câble : 185 000
Module d’élasticité ........................................... (MPa) fil : 120 000 câble : 60 000 fil : 65 000 fil : 200 000
Coefficient de dilatation linéique .............. (10–6 K–1) 17 23 23 11,5
(1) pour mémoire.
(2) acier à très haute résistance mécanique ; contrainte minimale à 1 % d’allongement.

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Tableau 2 – Caractéristiques des câbles homogènes en alliage d’aluminium les plus utilisés
Section Composition Diamètre Charge Résistance Masse Module Coefficient
extérieur de rupture linéique linéique d’élasticité de dilatation
Diamètre assignée électrique sans graisse linéaire
Désignation
Nombre nominal à 20 °C
de fils des fils
(mm2) (mm) (mm) (daN) (Ω/km) (kg/km) (MPa) (10–6 K–1)
Aster 34,4 34,36 7 2,5 7,5 1 175 0,958 94 62 000 23
Aster 54,6 54,55 7 3,15 9,45 1 775 0,603 149 62 000 23
Aster 75,5 75,54 19 2,25 11,25 2 455 0,438 208 60 000 23
Aster 148 148,01 19 3,15 15,75 4 810 0,224 407 60 000 23
Aster 228 227,83 37 2,8 19,6 7 405 0,146 627 57 000 23
Aster 288 288,34 37 3,15 22,05 9 370 0,115 794 57 000 23
Aster 366 366,22 37 3,55 24,85 11 535 0,0905 1 009 57 000 23
Aster 570 570,22 61 3,45 31,05 18 530 0,0583 1 574 54 000 23
Aster 1 144 1 143,51 91 4,0 44 36 020 0,0292 3 164 52 500 23
Aster 1 600 1 595,93 127 4,0 52 50 270 0,0206 4 425 50 500 23

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Tableau 3 – Caractéristiques des câbles équibrins en alliage d’aluminium-acier les plus utilisés
Section nominale Composition Diamètre Charge Résistance Masse Module Coefficient
extérieur de rupture linéique linéique d’élasticité de
des fils des fils Nombre de fils Diamètre assignée électrique sans dilatation
Désignation en alliage d’acier nominal à 20 °C graisse linéaire
d’aluminium des fils
alliage
d’aluminium acier
(mm2) (mm2) (mm) (mm) (daN) (Ω/km) (kg/km) (MPa) (10–6 K–1)

Phlox 37,7 28,27 9,42 9 3 2 8,3 2 285 1,176 152 93 000 17,0
Phlox 59,7 37,70 21,99 12 7 2 10,0 4 415 0,882 276 108 000 15,3
Pastel 147,1 119,28 27,83 30 7 2,25 15,75 7 910 0,279 547 84 000 18,1
Pastel 288 233,80 54,55 30 7 3,15 22,05 15 130 0,142 1 070 84 000 18,0
Pastel 299 206,17 93,27 42 19 2,5 25,2 19 850 0,162 1 320 96 500 16,3

1.2 Conducteurs usuels Lorsque tous les brins ont le même diamètre, le câble est dit
« équibrin » (figures 1a et 1c, tableau 3), les couches successives
Les conducteurs usuels sont des câbles normalement formés de comportant respectivement un brin (central), six brins, douze brins,
couches successives de brins ronds à sens d’enroulement alternés, dix-huit brins, etc., le nombre de brins de la couche i étant égal au
de façon à limiter le plus possible les réactions de torsion (tableau 2). nombre de brins de la couche (i–1)+6. (0)

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Tableau 4 – Caractéristiques des câbles non équibrins en alliage d’aluminium-acier les plus utilisés
Composition Diamètre Charge Résistance Masse Module Coefficient de
Section nominale (nombre × diamètre nominal) extérieur de rupture linéique linéique sans d’élasticité dilatation
assignée électrique graisse linéaire
Désignation des fils des fils d’acier à 20 °C
en alliage
d’aluminium alliage d’aluminium acier
2 (mm2) (mm) (daN) (Ω/km) (kg/km) (MPa) (10–6 K–1)
(mm )
Phlox 94,1 51,95 42,12 15 × 2,10 19 × 1,68 12,8 7 795 0,642 481 112 000 14,7
Pastel 412 325,72 85,95 32 × 3,6 19 × 2,4 26,4 22 380 0,103 1 593 82 000 17,8
Pétunia 612 507,83 104,79 66 × 3,13 19 × 2,65 32,1 31 260 0,0657 2 245 77 500 18,6
Polygonum 956,66 227,82 (54 × 2,8) + (66 × 3,47) 37 × 2,8 44,7 63 210 0,0349 4 475 75 500 18,1
1 185
Crocus 301 221,67 (1) 78,94 36 × 2,80 (2) 19 × 2,30 22,70 14 900 0,131 1 250 79 300 16,7
Crocus 412 325,72 (1) 85,95 32 × 3,60 (2) 19 × 2,40 26,40 17 300 0,089 1 580 72 000 17,6
Crocus 617 507,10 (1) 104,79 (42 × 2,61) + (20 × 4,24) (2) 19 × 2,65 32,17 23 100 0,0571 2 241 62 000 18,3
(1) section nominale des fils d’aluminium (mm2)
(2) composition des fils d’aluminium

point de goutte voisin de 100 °C pour éviter qu’elle puisse progresser


vers le point bas des portées et former des gouttelettes ; la couche
Al
extérieure n’est pas graissée car la propreté de la surface des câbles
est impérative pour diminuer le phénomène d’effet couronne (voir
Acier article sur le dimensionnement des lignes aériennes [D 4 421], § 2.2).

1.3 Conducteurs compacts


a équibrin homogène b non équibrin en aluminium-acier

Dans un conducteur constitué de brins ronds, les vides représen-


4e couche (24) 3e couche (18) tent environ 20 % du volume total. Avec des brins de section trapézoï-
2e couche (12) dale ou profilés en forme de Z, il est possible de réduire le
1re couche (6) pourcentage de vide dans de grandes proportions. On réalise ainsi
Brin central des câbles compacts (figure 1d) ayant, pour un même diamètre exté-
rieur, une résistance électrique inférieure de 15 à 20 %, suivant les
cas, à celle des conducteurs constitués uniquement de brins ronds.
L’utilisation de fils profilés en Z dans les réseaux haute tension
n’est pas récente. Vers 1950, ils équipaient les premiers câbles de
garde à circuit de télécommunication incorporé, les fils en Z consti-
c équibrin (61 fils) tuant une gaine protégeant les circuits et évitant leur écrasement.
Les câbles compacts ont un très bon comportement et leur utili-
sation, indépendamment des considérations économiques qui doivent
être examinées dans chaque cas, est techniquement très intéressante :
— pour la réalisation des lignes nouvelles à cause de la diminu-
tion des pertes et également de l’augmentation de la puissance
transmissible pour une même température de fonctionnement ;
— pour le renouvellement des conducteurs des lignes anciennes
pour les mêmes raisons, en choisissant cependant un câble de dia-
mètre voisin de celui équipant la ligne existante. Le maintien du
même diamètre extérieur conduit dans les supports d’alignement, à
des contraintes mécaniques voisines de celles existant précédem-
ment en cas de grand vent ou de surcharge de givre.
d compact (fils ronds et fils en Z) On notera que les câbles compacts ont une surface extérieure
cylindrique et lisse : pour une même section, le coefficient de traînée
Figure 1 – Conducteurs usuels aux vitesses de vent élevées est plus faible et la sécurité de la ligne
est ainsi augmentée.
Dans le cas contraire, le câble est dit « non équibrin » (figure 1b, Le tableau 5 indique les caractéristiques électriques et mécani-
tableau 4). ques de quelques câbles compacts (almélec homogène, fils en Z).
Les comportements des différents câbles, pendant les travaux de De tels câbles sont utilisés sur le réseau français. Il conviendra de
construction et en exploitation, ne sont pas identiques : cohésion vérifier leur comportement (fluage, bruit par effet couronne).
entre couches, tenue dans les pinces de suspension, résistance aux Exemple : le tableau 5 indique les caractéristiques des câbles com-
agressions externes, etc. Il est donc souhaitable de retenir un cata- pacts de 346 mm2, 455 mm2 et 707 mm2 qui permettraient éventuelle-
logue des câbles les plus utilisés ayant donné satisfaction. Ceux-ci ment de remplacer les câbles aluminium-acier Crocus 301, Crocus 412 et
figurent, pour la France, dans la norme NF EN 50182. Crocus 617 (tableau 4) qui équipent certaines lignes anciennes à 225 kV
Pour éviter toute corrosion, les couches de câbles sont graissées ou 400 kV.
avec une graisse neutre vis-à-vis de l’aluminium et du zinc, chimi- La diminution de la résistance électrique serait de 26 % pour le pre-
quement pure. Pour les lignes HTB, la graisse utilisée doit avoir un mier câble riche en acier et de 16 à 17 % pour les deux autres.

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Tableau 5 – Caractéristiques électriques et mécaniques de quelques conducteurs compacts (almélec, fils en Z)


Désignation Azalée 261 Azalée 346 Azalée 455 Azalée 666 Azalée 707

Section théorique.....................................................................(mm2) 261 345,65 455 665,92 706,76

Nombre de fils......................... 1+6 1+6 1 + 6 + 12 1 + 6 + 12 1 + 6 + 12


Fils ronds
Diamètre nominal ......... (mm) 2,8 3,20 2,9 3,45 3,60

Composition Nombre de couches................ 2 2 2 2 2

Fils en Z Nombre de fils......................... 12 +18 12 +18 18 + 24 18 + 24 18 + 24

Hauteur nominale ......... (mm) 2,80 3,20 2,90 3,45 3,60

Diamètre extérieur .................................................................... (mm) 19,6 22,40 26,10 31,50 32,40

Masse linéique sans graisse...................................................(kg/m) 0,735 0,958 1,240 1,852 1,966

Masse linéique avec graisse...................................................(kg/m) 0,743 0,969 1,266 1,886 2,006

Charge de rupture assignée ..................................................... (daN) 8 490 11 116 14 790 21 130 22 363

Résistance linéique électrique à 20 °C .................................. (Ω/km) 0,1279 0,0968 0,0738 0,0507 0,0475

Module d’élasticité....................................................................(MPa) 59 000 58 700 55 000 54 200 54 000

Coefficient de dilatation linéaire..........................................(10-6K-1) 23 23 23 23 23

288 (22,05)
Câbles AA de diamètre proche 294 (22,25) 592 (31,70) 612 à 617
228 (19,6) 412 (26,4)
(diamètre de ces câbles en mm) .............................................(mm2) 297 (22,45) 5,95 (31,60) (32,20)
301 (22,70)
– 1,6
+ 0,08 – 0,6
Écart en diamètre entre le câble CEE et ces câbles AA ............. (%) 0 – 0,2 – 1,1 – 0,3 + 0,6
– 1,3
(0)

Tableau 6 – Caractéristiques comparées des matériaux conducteurs


Température maximale
Résistivité Contrainte
Utilisé dans Allongement (°C)
Matériau conducteur à rupture
conducteur (10–8 Ω.m) (MPa)
à rupture
Permanent Temporaire
Aluminium 1350 H 19 ACSR 2,825 160 à 180 1% 75 100
écroui dur
Almélec 6201 AAAC 3,26 315 à 325 3% 75 100
Aluminium
recuit 1350 H0 ACSS 2,92 59 à 97 ~ 20 % 250 250

Associés à d’autres dispositions : augmentation du paramètre de 1.4.1 Conducteur aluminium-acier ACSS


réglage, si la résistance mécanique du câble et des pylônes le per-
met, voire même augmentation de la section des conducteurs, les Utilisé sur certaines lignes aux États-Unis, le conducteur ACSS
câbles compacts sont un outil à la disposition des exploitants pour (aluminium conductor steel supported) est expérimenté en France.
renouveler certains ouvrages. L’aluminium est recuit, ce qui lui confère une grande stabilité ther-
mique, un allongement à la rupture supérieur à celui de l’acier et
une résistivité électrique légèrement supérieure à celle de l’alumi-
nium écroui et bien inférieure à celle de l’almélec (tableau 6).
1.4 Conducteurs à haute température Le conducteur a une constitution très semblable à celle d’un câble
aluminium-acier normal ACSR, mais il est conçu et installé pour que
Dans les pays industrialisés, les contraintes environnementales la totalité de la charge mécanique soit supportée par l'acier.
rendent la construction des lignes plus difficile et la dérégulation du Ainsi, sous la contrainte d’une tension mécanique ou variation de
marché de l’électricité bouleverse la répartition des transits. Il appa- la flèche des portées, il se comporte comme le câble en acier consti-
raît donc nécessaire d’accroître l’intensité admissible de certaines tuant cette âme ; l’allongement du conducteur est déterminé par le
lignes existantes ; l’utilisation de conducteurs pouvant supporter coefficient de dilatation de l’acier qui est moitié de celui de l’alumi-
des températures de fonctionnement élevées constitue une techni- nium écroui ou de l’almélec et par le module d’élasticité qui est trois
que intéressante. fois plus grand.

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Effort

24 fils trapézoïdaux
d'aluminium recuit
F2 C

A A’
F1
19 fils ronds d'acier
∅ 2,62 mm

B B’ D

Figure 2 – Conducteur ACSS 548 mm2

O B1 B’1 D1
Allongement
Exemple : conducteur ACSS 548 mm2 (figure 2) :
— 24 fils trapézoïdaux d’aluminium : 445 mm2 ;
— 19 fils ronds d’acier : 102 mm2 ;
— diamètre : 28,2 mm ;
— charge de rupture assignée : 155 kN (en ne tenant compte que de
l’acier) ; Figure 3 – Allongement d’un câble en fonction de l’effort
— masse linéique : 2,03 kg/m ; de traction exercé
— résistance linéique : 0,063 Ω/km.

1.5.1.1 Constatations expérimentales et définition


Les premières conclusions de l’évaluation de ce conducteur
démontrent qu’il pourrait remplacer des câbles aluminium-acier
La figure 3 représente l’allongement d’un câble en fonction de
sur des lignes courantes (vent normal ou vent fort, givre léger et
l’effort de traction pendant plusieurs cycles successifs de traction et
pollution faible) et qu’il permettrait d’augmenter la capacité de
de détente. Les constatations expérimentales sont les suivantes.
transport de 50 %. Il reste quelques interrogations sur la tenue
de ce câble et sur les outils à utiliser pour sa mise en œuvre. L’allongement n’est pas une fonction linéaire des brins lorsque
l’on effectue sur un câble neuf une première traction mécanique : la
courbe OA correspond à une mise en place des brins qui subsiste
lorsque l’effort décroît. Cela explique l’allongement résiduel OB1.
1.4.2 Conducteur type TACSR Cependant, l’allongement est proportionnel à l’effort au cours de la
décroissance de l’effort de traction : AB est rectiligne.
Ce type de conducteur, thermal ACSR, développé au Japon, uti- Après plusieurs cycles de traction et de détente effectués avec
lise un alliage aluminium-zirconium qui peut supporter également un effort maximal F1, l’allongement résiduel OB1 se stabilise et
des températures de 210 à 230 °C. Sa charge de rupture est celle de prend une valeur OB’1, un peu supérieure à OB1 ; les cycles effort-
l’aluminium et sa résistivité est légèrement supérieure à celle de allongement correspondant sont aplatis et représentés par A’B’.
l’aluminium.
Au cours d’un nouvel essai, si l’effort de traction dépasse cette
valeur maximale F1 et atteint la valeur F2, on obtient un nouvel
allongement résiduel OD1 supérieur à OB’1, conséquence d’une
1.5 Caractéristiques mécaniques nouvelle mise en place ou déformation des brins. Toutefois, la
décroissance mécanique de la tension fournit encore un graphique
rectiligne CD, parallèle à AB et A’B’.
1.5.1 Module d’élasticité D’après ce qui précède :
— on peut définir un module d’élasticité E du câble correspon-
Il est difficile de définir pour un câble des grandeurs mécaniques dant à la pente des droites AB, A’B’ ou CD ;
caractéristiques comme on le fait pour un métal massif. Le module — ce module n’est utilisable dans les calculs qu’après une pre-
d’élasticité soulève tout particulièrement des difficultés car l’allon- mière mise en place obtenue en appliquant au câble un effort relati-
gement d’un câble résulte simultanément de l’allongement de ses vement important ;
brins et de leurs déplacements les uns par rapport aux autres, dépla- — lorsque cet effort initial est occasionnellement dépassé, à la
cements qui peuvent s’accompagner de frottements et de déforma- suite par exemple d’une surcharge de givre, un nouvel allongement
tions locales non élastiques. permanent peut être constaté.

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En raison des difficultés de l’expérimentation, il est délicat de La dureté superficielle des fils d’almélec est plus élevée, sensi-
connaître le module d’élasticité d’un câble avec une précision infé- blement le double de celle des fils d’aluminium. Il en résulte une
rieure à 5 % ; mais cette incertitude a peu d’influence sur le calcul de moindre sensibilité aux chocs et blessures pendant le déroulage et
la tension mécanique d’une portée. une meilleure tenue dans les pinces de suspension, plus particuliè-
rement en cas de glissement.
1.5.1.2 Réglage des câbles d’une portée ou d’un canton de Le manchonnage est plus simple puisqu’il suffit de comprimer un
pose. Compensation de l’allongement inélastique seul tube pour relier deux extrémités, au lieu de deux pour les
câbles aluminium-acier : un tube pour l’acier et un tube pour l’alu-
Lors de la construction d’une ligne, si l’on tend simplement les minium.
câbles à la tension correspondant à la température ambiante, on
La résistance à la corrosion en bord de mer est bonne.
constatera, bien évidemment, une flèche supérieure pour la même
température, lorsque la ligne aura subi un hiver un peu rigoureux Enfin, pour les câbles almélec-acier, l’allongement à la rupture
ou supporté des surcharges de givre. Il est donc impératif, pour des fils d’almélec est sensiblement égal à celui des fils d’acier (4 %),
conserver les gardes au sol prévues dans le projet, de compenser ce qui conduit à un bon comportement des câbles.
les allongements résiduels provenant de la mise en place des brins.
On appelle cette opération : compenser l’allongement inélastique
des câbles.
1.6.2 Inconvénients
Le constructeur, pour cela, pourrait appliquer aux câbles un effort
initial de traction important avant de les mettre en place, mais cette
opération nécessiterait un matériel lourd, notamment pour les La métallurgie de l’almélec est plus complexe que celle de l’alumi-
conducteurs de lignes à haute tension. Aussi préfère-t-on réaliser la nium, conduisant à un coût d’approvisionnement du métal conduc-
mise en place des câbles en considérant que la flèche de réglage teur plus élevé. L’élimination des impuretés (fer, cuivre) est impérative
doit être celle de la température ambiante diminuée de 10 °C ou pour obtenir les caractéristiques mécaniques et électriques requises.
15 °C.
La résistivité électrique est plus importante. Cet inconvénient est
compensé par le fait que l’on peut utiliser des câbles homogènes et
que la totalité de la section est utile.
1.5.2 Charge de rupture assignée
La détoronnabilité est plus grande lorsqu’un fil de la couche exté-
rieure est coupé par un coup de foudre ou un arc de puissance. Cette
La charge de rupture assignée (CRA), qui remplace la charge de tendance à se détoronner est due à l’élasticité du métal qui donne
rupture nominale utilisée précédemment, est égale : au fil le comportement d’un ressort ; elle peut être corrigée, en par-
— pour les câbles en almélec homogène, à la somme des résis- tie, en donnant aux fils une légère préformation au cours de la fabri-
tances en traction de chacun des fils ; cation.
— pour les câbles bimétalliques (aluminium-acier ou almélec- Enfin, pour un conducteur homogène et dans le cas d’un court-
acier), à la somme des résistances en traction de chacun des fils circuit, l’augmentation de la flèche est plus importante car celle-ci
d’alliage, cette somme étant augmentée de la charge des fils d’acier est liée à la température de l’almélec, alors qu’elle est liée à celle de
correspondant à un allongement de 1 %. l’acier dans un câble bimétallique ([D 4 421], § 2.4.3).

1.5.3 Charge maximale admissible


Ces avantages et inconvénients sont appréciés avec des poids
plus ou moins importants en fonction des techniques de
La charge maximale que le câble ne doit pas dépasser en service
construction et des conditions d’approvisionnement. À ce jour,
et qui correspond à « l’effort ultime » ([D 4 421], § 3.6.1) est prise
certains pays tels que la France utilisent systématiquement
égale à 70 % environ de la charge de rupture assignée.
l’almélec, et d’autres, assez peu, bien que le retour d’expérience,
après plusieurs décennies d’utilisation, soit satisfaisant.

1.6 Utilisation de l’almélec


1.7 Choix des conducteurs
L’utilisation de l’almélec pour la construction des lignes s’est pro-
gressivement généralisée en France à partir de 1960. Il est utile de
rappeler les avantages et les inconvénients de l’almélec. On se reportera à l’article traitant du calcul des lignes aériennes
[D 4 420] (§ 1.2) qui indique les différents critères intervenant dans
le choix des conducteurs, les plus importants étant l’intensité maxi-
1.6.1 Avantages male admissible, la résistance mécanique et, pour les lignes 400 kV
et 225 kV, l’effet couronne. Pour les lignes HTA, les chutes de tension
La résistance mécanique plus élevée que celle de l’aluminium interviennent également dans le choix des câbles.
écroui permet la mise en œuvre dans les zones de plaine, de câbles Le catalogue des conducteurs proposé en France ayant un
homogènes sans âme d’acier. Les câbles sont plus légers que les nombre limité de câbles, le choix est fait en fonction de la tension,
câbles aluminium-acier électriquement et mécaniquement équiva- de la puissance à transporter et des surcharges prévisibles de
lents et les efforts de traction pour un même paramètre de réglage givre ou de neige.
sont plus faibles. Cet avantage est particulièrement important pour
les lignes très sinueuses car les efforts appliqués aux pylônes D’autres pays utilisent des pratiques différentes. Par exemple,
d’angle sont plus faibles. aux États-Unis, le constructeur peut choisir dans un catalogue très
abondant et les lignes sont, le plus souvent, équipées de câbles
Exemple : la masse linéique du câble Aster 570 (tableau 2) est infé- différents. En Allemagne, certains réseaux sont réalisés avec un
rieure de 30 % à celle du Pétunia 612 (tableau 4). Pour un paramètre seul câble aluminium-acier : on installe un seul câble pour le
de réglage de 1 900 m à 45 °C, la tension maximale sous le vent est 110 kV, un faisceau de deux conducteurs pour le 225 kV et un fais-
inférieure de 20 %. ceau de quatre conducteurs pour le 400 kV.

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2.2 Câbles de garde almélec-acier


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Tableau 7 – Conducteurs utilisés pour les lignes HTB


suivant les zones de givre
Ils sont analogues aux câbles conducteurs décrits au paragraphe 1.
Certains sont d’ailleurs utilisés comme conducteur sur les lignes HTA.
Tension Le tableau 8 indique les câbles de garde almélec-acier usuels.
Givre léger Givre moyen Givre lourd
(kV)

Pastel 288
63 ou 90
Aster 228
Aster 366
Pastel 299 Pastel 299
Pastel 412
2.3 Câbles de garde à circuits
Aster 570
Pastel 412
Pétunia 612 Pétunia 612 de télécommunication incorporés

Aster 570 Pétunia 612 Pétunia 612 Ils permettent la transmission d’ordres ou de données entre deux
225 2 Aster 570 2 Pétunia 612 2 Pétunia 612 postes haute tension. Les circuits de télécommunication sont inclus
ou 1 Aster 1 600 dans un tube central en aluminium qui assure à la fois la protection
et l’étanchéité. Autour de ce tube sont disposées les couches de fils
2 Aster 570 2 Pétunia 612 2 Pétunia 612 d’acier et d’almélec (figure 4).
400 3 Aster 570 2 Aster 1 144
4 Aster 570 (1) 2 Aster 1 600 2 Aster 1 600 Le tube peut être remplacé par une couche de fils en Z constituant
une gaine et assurant une protection équivalente.
(1) Par suite des contraintes d’environnement et des difficultés de construc- Les circuits de télécommunication sont, suivant les cas :
tion d’ouvrages neufs, les ouvrages à 400 kV sont, le plus souvent, équi- — des quartes téléphoniques ;
pés de faisceaux de 4 Aster 570. — un câble coaxial (technologie aujourd’hui abandonnée) ;
— de fibres optiques.
Les câbles de garde comportant des quartes téléphoniques sont
Le tableau 7 indique les câbles couramment utilisés en France utilisés pour un nombre limité de voies de transmission et pour de
pour les lignes HTB. courtes longueurs. Les câbles comportant des fibres optiques instal-
lés presque systématiquement sur les lignes HTB permettent des
longueurs importantes de transmission et ont l’avantage d’être
indifférents à tout phénomène électrique.

2. Câbles de garde Le tableau 9 indique les caractéristiques des câbles de garde à cir-
cuits de télécommunication incorporés.

2.1 Différents câbles de garde. 2.4 Choix des câbles de garde


Conditions à respecter
Les vérifications électriques et mécaniques doivent être faites sys-
tématiquement dans chaque projet.
Les rôles multiples des câbles de garde, leur dimensionnement et
leur disposition sur les lignes sont développés dans l’article
[D 4 421] (§ 2.3.1). Rappelons qu’ils doivent satisfaire à la fois à des
conditions mécaniques et électriques.
Situés au-dessus des conducteurs, ils sont plus tendus que ceux-
ci pour assurer une bonne protection contre la foudre. Cependant,
malgré leur faible section, ils doivent présenter une sécurité méca-
nique équivalente à celle des conducteurs en cas de vent violent ou
Armure en fils ronds d'almélec
de surcharge de givre ou de neige. Il est donc impératif qu’ils soient
calculés avec les mêmes hypothèses climatiques que les conduc- Revêtement synthétique
teurs et que les efforts qu’ils génèrent dans les supports soient pris
en compte dans leur totalité, plus particulièrement dans l’hypothèse
de givre dissymétrique ([D 4 421], § 3.3.3). Cette condition est
Renfort non
contraignante car la faible longueur des suspensions sur les sup- métallique
ports d’alignement ne permet qu’un faible amortissement, dans les (Kevlar)
portées adjacentes, d’une surtension mécanique provoquée par une
surcharge localisée.
Enveloppe Fibres optiques
Électriquement, ils doivent assurer l’interconnexion des mises à d'aluminium
terre des supports et tolérer les échauffements provoqués par les Armure en fils Jonc isolant rainuré
courants de court-circuit. ronds d'acier
Pour satisfaire à ces conditions, les câbles de garde comportent
36 fibres optiques pour le Thym 107, 48 et plus pour les autres câbles.
toujours une section importante d’acier et, autour de l’âme d’acier,
une couche ou exceptionnellement deux couches de fils d’almélec.
Deux types de câbles de garde sont utilisés :
— des câbles almélec-acier normaux ;
— des câbles almélec-acier comportant à l’intérieur des circuits
de télécommunication. Figure 4 – Câble de garde à fibres optiques incorporées

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Tableau 8 – Câbles de garde almélec-acier usuels pour les lignes HTB (d’après NF EN 50182)

Câbles à deux
Câbles à une couche d’almélec couches
d’almélec

Désignation................................................................. Phlox Phlox Phlox Phlox Phlox Phlox Phlox Pastel Pastel
376 288 228 181,6 147,1 116,2 94,1 228 147,1

Résistance linéique en continu à 20 °C ........ (Ω/km) 0,226 0,238 0,300 0,378 0,467 0,590 0,642 0,180 0,279

almélec ......... (mm2) 147,78 140,28 110,83 88,36 71,57 56,55 51,95 184,72 119,28
Sections
acier .............. (mm2) 227,83 148,07 116,99 93,27 75,54 59,69 42,12 43,10 27,83

almélec ...........(mm) 24 × 2,8 18 × 3,15 18 × 2,8 18 × 2,5 18 × 2,25 18 × 2 15 × 2,10 30 × 2,8 30 × 2,25
Composition
acier ................(mm) 37 × 2,8 19 × 3,15 19 × 2,8 19 × 2,5 19 × 2,25 19 × 2 19 × 1,68 7 × 2,8 7 × 2,25

Diamètre extérieur ........................................... (mm) 25,20 22,05 19,60 17,50 15,75 14,00 12,60 19,60 15,75

Masse linéique sans graisse........................... (kg/m) 2,200 1,550 1,225 0,975 0,790 0,624 0,481 0,848 0,547

Charge de rupture assignée ............................ (daN) 36 930 24 990 20 100 16 020 13 280 10 490 7 795 12 080 7 910

Module d’élasticité...........................................(MPa) 130 000 124 000 124 000 124 000 124 000 124 000 112 000 84 000 84 000

Coefficient de dilatation linéaire................(10–6K–1) 13,5 14,2 14,2 14,2 14,2 14,2 14,7 18,1 18,1

(0)

Tableau 9 – Câbles de garde almélec-acier à circuits de télécommunication incorporés

Désignation.......................................................................... Thym 107 Thym 157,4 Thym 268

Diamètre du circuit de télécommunication .............. (mm) 7,3 10 10

Résistance linéique en continu à 20 °C .................. (Ω/km) 0,53 0,330 0,246

almélec ..........(mm2) 63 100,9 135,5


Sections
acier ...............(mm2) 44 56,5 132

almélec ........... (mm) 20 × 2,0 19 × 2,60 22 × 2,8


Composition
acier ................ (mm) 14 × 2,0 18 × 2,0 42 × 2,0

Diamètre extérieur ...................................................... (mm) 15,3 19,2 23,6

Masse linéique sans graisse......................................(kg/m) 0,63 0,90 1,6

Charge de rupture assignée ....................................... (daN) 8 500 11 500 23 600

Module d’élasticité......................................................(MPa) 112 000 103 000 120 000

Coefficient de dilatation linéaire...........................(10–6K–1) 15,5 15,8 14,5

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Le tableau 10 indique les câbles de garde le plus couramment uti-


lisés en fonction des surcharges de givre ou de neige. Dans les 3. Association préconisée
zones de givre moyen ou lourd, on utilise des câbles de section plus
importante, plus résistants mécaniquement et qui ont un comporte-
entre câble de garde
ment géométrique, sous l’effet des surcharges, compatible avec
celui des conducteurs.
et conducteur
Pour la vérification électrique, on se reportera à l’article [D 4 421],
(§ 2.4.1). Le tableau 11 indique les courants de court-circuit dans les En plus des considérations de dimensionnement aux courants de
différents câbles de garde pour une température maximale de défaut et aux exigences de sécurité mécanique, le câble de garde ne
170 °C des fils d’almélec. peut être choisi indépendamment du conducteur qu’il protège. Il
faut en effet vérifier que le câble de garde et le conducteur présen-
(0) tent un comportement géométrique comparable. On diminue ainsi
les risques d’amorçage par rapprochement dangereux des deux
types de câbles (en cas de surcharge différente de givre).
Tableau 10 – Choix des câbles de garde
Exemple : le Thym 157,4 convient en givre léger, alors que c’est le
Thym 268 qui convient en givre moyen et en givre lourd.
Câbles almélec- Câbles à circuits de
acier normaux télécommunication Le tableau 12 donne l’association mécanique entre câble de
garde et conducteur, pour éviter les risques d’amorçage.
Lignes courantes Phlox 94,1 Le choix des conducteurs se fait en fonction des puissances à
Phlox 116,2 Thym 107
(givre léger) Thym 157,4 transiter. Le choix des câbles de garde se fait en fonction de l’inten-
Phlox 147,1 sité de court-circuit des postes de raccordement.
Zones givrées ou (0)
Phlox 181,6
montagneuses Phlox 228 Thym 268
(givre moyen ou lourd) Phlox 376 Tableau 12 – Associations conducteurs / câbles de garde
(0) Câbles de garde
Niveau
Givre
de Conducteurs à circuits de
Tableau 11 – Courants de court-circuit admissibles dans les (clm)
tension classiques télécommunication
différents câbles de garde (2) incorporé

Courant maximal Aster 228 Phlox 94,1 Thym 107


(A) Aster 366 Phlox 116,2 Thym 157,4
Désignation HT
durée durée Thym 107
du défaut : du défaut : Aster 570 Phlox 116,2
Thym 157,4
0,5s 0,25s 2
Phlox 116,2
Câbles à une couche d’almélec Aster 366 Thym 157,4
225 kV Phlox 147,1
Phlox 94,1 8 000 11 000 Aster 570 Phlox 147,1 Thym 157,4
Phlox 116,2 8 500 12 000 400 kV Aster 570 Phlox 228 Thym 157,4
Phlox 147,1 11 000 15 500 Pastel 299
Phlox 181,6 Thym 268
Phlox 181,6 13 500 19 000 HT Pastel 412
Phlox 228 17 000 24 000 Pétunia 612 Phlox 228 Thym 268
4
Phlox 288 21 500 30 000 Pastel 412 Phlox 288 Thym 268
225 kV
Phlox 376 22 500 31 500 Pétunia 612 Phlox 288 Thym 268
400 kV Aster 1 144 Phlox 288 Thym 268
Câble à deux couches d’almélec
Pastel 299 Phlox 181,6 Thym 268
Pastel 147,1 18 000 25 500
HT Pastel 412 Phlox 228 Thym 268
Câbles Thym Pétunia 612 Phlox 288 Thym 268
Thym 107 8 500 12 000 6 Pastel 412 Phlox 288 Thym 268
Thym 157,4 15 000 18 000 225 kV Pétunia 612 Phlox 376 Thym 268
Thym 268 20 000 28 000 Aster 1 600 Phlox 376 Thym 268
(1) Échauffement maximal de 170 °C des fils d’almélec 400 kV Aster 1 600 Phlox 376 Thym 268

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