Vous êtes sur la page 1sur 13

c Laurent Garcin

MPSI Lycée Saint-Exupéry

E NSEMBLES ET APPLICATIONS

1 Applications : définitions ensemblistes

Définition 1.1 (Application, ensembles de départ et d’arrivée, graphe)


➢ On appelle application tout triplet f = (E, F, Γ ) constitué
◮ d’un ensemble E appelé ensemble de départ,
◮ d’un ensemble F appelé ensemble d’arrivée
◮ et d’une partie Γ de E × F telle que ∀x ∈ E, ∃!y ∈ F, (x, y) ∈ Γ .
➢ La proposition « (x, y) ∈ Γ » qui signifie que le couple (x, y) appartient au graphe de f se note plus
habituellement « y = f(x) ». On dit alors que y est l’image de x par f et que x est un antécédent de y
par f.

E→F
➢ Plutôt que de définir une application par son graphe, on préfère noter f : ou encore plus
x 7→ f(x)
simplement f : x 7→ f(x) s’il n’y a pas d’ambiguïté sur les espaces de départ et d’arrivée.
➢ L’ensemble des éléments de F qui sont images d’éléments de E par f (i.e. qui ont un antécédent par f) est
appelé l’image de f, notée Im f. Plus formellement

Im f = {y ∈ F | ∃x ∈ E, y = f(x)} = {f(x), x ∈ E}

Remarque. Une application n’a pas toujours comme ensembles d’arrivée et de départ des ensembles de réels ou
même de nombres. On pourrait par exemple considérer E l’ensemble des élèves de la classe, F l’ensemble des entiers
naturels et f l’application de E dans F qui à un élève associe son âge.

Remarque.
➢ Un élément de E a toujours une image par f.
➢ Un élément de F n’a pas toujours un antécédent par f.
➢ Un élément de F peut avoir plusieurs antécédents par f.

R −→ R
Exemple 1. Considérons la fonction carrée f : . Soit y ∈ F.
x 7−→ x2
➢ Si y < 0, y n’a pas d’antécédent par f.
√ √
➢ Si y > 0, y a deux antécédents par f ( y et − y).
➢ Si y = 0, y a un seul antécédent par f (0 lui-même).
L’image de f est R+ .
Différence entre application et fonction
Bien que le programme officiel stipule de ne pas faire de différence entre applications et fonctions, il existe
néanmoins une nuance. Une application est toujours définie sur son ensemble de départ, ce qui n’est pas
R −→ √
R
le cas d’une fonction. Par exemple, est une fonction mais pas une application. En revanche,
x 7−→ x

R+ −→ R √ est bien une application.
x 7−→ x
Si f : E → F est une fonction, on appelle ensemble de définition de f l’ensemble des x ∈ E tels que f(x) est
défini. On le note généralement Df . Par exemple, si f est la fonction racine carrée, l’ensemble de définition
de f est R+ .

http://laurentb.garcin.free.fr 1
c Laurent Garcin
MPSI Lycée Saint-Exupéry

Représentation graphique
Si f est une application (resp. une fonction) dont l’ensemble de départ (resp. l’ensemble de définition) E
est une partie de R (typiquement un intervalle) et dont l’ensemble d’arrivée est R (ou une partie de R), on
peut représenter graphiquement le graphe de f. Si on munit le plan d’un repére (orthonormé), l’ensemble des
points de coordonnées (x, f(x)) où x décrit E est une « courbe » du plan.

Exemple 2. F

La courbe ci-contre n’est pas un graphe d’application ou de fonc- b

tion. En effet, l’argument x est associé à plusieurs valeurs, ce qui


contredit la contrainte imposée sur un graphe (un élément de l’es- x E
pace de départ n’a qu’une image dans l’espace d’arrivée).

Notation 1.2 (Ensemble des applications)


L’ensemble des applications d’un ensemble E dans un ensemble F se note FE .

Remarque. Une famille d’éléments d’un ensemble E indexée sur un ensemble I est également une application de
I dans E. C’est pourquoi l’ensemble de ces familles se note également EI .

Définition 1.3 (Egalité d’applications)


Deux applications f et g sont égales si elles ont même ensembles de départ E et d’arrivée F et même graphe Γ .
L’égalité des graphes est équivalente à la condition suivante :

∀x ∈ E, f(x) = g(x)


R→R R+ → R R → R+
Attention ! En toute rigueur, les applications 2 , 2 et sont trois applications
x 7→ x x 7→ x x→7 x2
différentes puisque leur ensemble de départ ou d’arrivée diffère.
La première et la dernière ont pourtant le même graphe.

2 Composition

Définition 2.1 (Composée d’applications)


E→G
Soient f : E → F et g : F → G deux applications. L’application f : est appelée la composée de f
x 7→ g(f(x))
suivie de g et se note g ◦ f.

http://laurentb.garcin.free.fr 2
c Laurent Garcin
MPSI Lycée Saint-Exupéry

Attention ! Sens de composition Dans la notation g ◦ f, g précède f mais on effectue d’abord f puis g. Cette
convention de notation est due au fait que (g ◦ f)(x) = g(f(x)).
Quand on a deux applications f : E → F et g : F → G, on peut définir g ◦ f mais pas forcément f ◦ g. En effet,
l’ensemble d’arrivée de la première application doit être égal à (ou au moins inclus dans) l’ensemble de départ
de la deuxième application.
Même si on peut définir les deux applications g ◦ f et f ◦ g, ce sont en général deux applications différentes. Si
on considère f : x 7→ sin x et g : x 7→ x2 , on a g ◦ f : x 7→ sin2 x et f ◦ g : x 7→ sin x2 , qui sont deux applications
différentes (l’une est toujous positive alors que l’autre non).
Si f ◦ g = g ◦ f, on dit que f et g commutent.

C −→ C C −→ C
Exemple 1. Les applications et commutent.
z 7−→ iz z 7−→ z5

Proposition 2.2 (Associativité de la composition)


Soient f : E → F, g : F → G et h : G → H trois applications. Alors

h ◦ (g ◦ f) = (h ◦ g) ◦ f

On peut donc noter h ◦ g ◦ f sans parenthèses.


Définition 2.3 (Application identique)
E −→ E
Soit E un ensemble. L’application est appelée application identique ou plus simplement identité
x 7−→ x
de E. Elle se note IdE .

Proposition 2.4 (Elément neutre)


Soient f : E → F une application. Alors
IdF ◦f = f ◦ IdE = f

3 Image directe, image réciproque


3.1 Image directe

Définition 3.1 (Image directe)


Soient f : E → F une application et A une partie de E. On appelle image (directe) de A par f, notée f(A),
l’ensemble des éléments de F qui sont images d’élément de A (i.e. qui ont un antécédent dans A). Autrement dit,

f(A) = {y ∈ F|∃x ∈ A, y = f(x)} = {f(x), x ∈ A}

http://laurentb.garcin.free.fr 3
c Laurent Garcin
MPSI Lycée Saint-Exupéry

Si f est une fonction d’une variable réelle à valeurs réelles,


f(A)
on peut déterminer l’image d’une partie à partir du graphe
de f. Pour cela, on place la partie A sur l’axe des abscisses
et on projette sur l’axe des ordonnées la partie de la courbe
située à la verticale de A.
A

Attention ! L’image par une fonction f d’un intervalle [a, b] n’est pas en général l’intervalle [f(a), f(b)].
L’image d’un intervalle ouvert (resp. fermé) n’est pas forcément un intervalle ouvert (resp. fermé).

Exemple 1.
➢ L’image par la fonction exp de R+ est l’intervalle [1, +∞[.
i π πh
➢ L’image par la fonction sin de l’intervalle − , est l’intervalle ] − 1, 1[.
2 2
➢ L’image par la fonction sin de l’intervalle ]0, 2π[ est l’intervalle [−1, 1].

3.2 Image réciproque

Définition 3.2 (Image réciproque)


Soient f : E → F une application et B une partie de F. On appelle image réciproque de B par f, notée f−1 (B),
l’ensemble des éléments de E qui sont antécédents d’éléments de B (i.e. qui ont une image dans B). Autrement
dit,
f−1 (B) = {x ∈ E|f(x) ∈ B}

Si f est une fonction d’une variable réelle à valeurs réelles, B


on peut déterminer l’image réciproque d’une partie à partir
du graphe de f. Pour cela, on place la partie B sur l’axe des
ordonnées et on projette sur l’axe des abscisses la partie de
la courbe située à l’horizontale de B.

f−1 (B)

Exemple 2.
➢ L’image réciproque de l’intervalle [1, 2[ par exp est l’intervalle [0, ln 2[.
➢ L’image réciproque de [4; +∞[ par la fonction carrée est ] − ∞, −2] ∪ [2; +∞[.
➢ L’image réciproque de {0} par la fonction sin est πZ (l’ensembles des multiples entiers de π).

!!! Le fichier ApplicationsLK01.tex n’existe pas !!!

http://laurentb.garcin.free.fr 4
c Laurent Garcin
MPSI Lycée Saint-Exupéry

3.3 Union et intersection

Proposition 3.3
Soient f : E → F une application, A et B deux parties de E, C et D deux parties de F.

f(A ∩ B) ⊂ f(A) ∩ f(B) f(A ∪ B) = f(A) ∪ f(B)


−1 −1 −1 −1
f (C ∩ D) = f (C) ∩ f (D) f (C ∪ D) = f−1 (C) ∪ f−1 (D)

Attention ! L’inclusion f(A ∩ B) ⊂ f(A) ∩ f(B) peut être stricte. Prenons par exemple pour f la fonction
carrée.
f([−2, 0]) ∩ f([0, 2]) = [0, 4] mais f([−2, 0] ∩ [0, 2]) = f({0}) = {0}

4 Restriction et prolongement

Définition 4.1 (Restriction, prolongement, corestriction)


➢ Soient f : E → F est une application et A une partie de E. On appelle restriction de f à A l’application

A −→ E
f|A : .
x 7−→ f(x)
➢ Soient f : E → F une application et A un ensemble contenant E. On appelle prolongement de f à A
toute application g : A → F telle que g|A = f.
➢ Soient f : E → F une application et B une partie de F telle que Im f ⊂ B. On appelle corestriction de f
E −→ B
à B l’application f|B : .
x 7−→ f(x)
➢ Soient f : E → F une application, A une partie de E et B une partie de F telles que f(A) ⊂ B. On peut
|B A −→ B
alors définir f|A : .
x 7−→ f(x)

Remarque. La restriction d’une application à une partie est unique mais on a en général plusieurs prolongements
possibles d’une application à un même ensemble.

1
si x 6= 0
Exemple 1. L’application de R dans R défine par f(x) = x est un prolongement à R de l’application
0 sinon

R →R
. On lui a ajouté la valeur 0 en 0. On aurait pu ajouter toute autre valeur réelle en 0 et on aurait obtenu
x 7→ x1
un autre prolongement.

5 Injectivité, surjectivité et bijectivité


5.1 Injectivité

Définition 5.1 (Injectivité)


On dit qu’une application f : E → F est injective ou que c’est une injection si l’une des propositions équivalentes
suivantes est vraie :
➢ ∀x, x ′ ∈ E, f(x) = f(x ′ ) ⇒ x = x ′ ;
➢ ∀x, x ′ ∈ E, x 6= x ′ ⇒ f(x) 6= f(x ′ ) ;

http://laurentb.garcin.free.fr 5
c Laurent Garcin
MPSI Lycée Saint-Exupéry

➢ tout élément de F possède au plus un antécédent par f.


Pour éviter toute ambiguïté, on précise généralement l’espace de départ d’une application injective : on dira ainsi
que f est injective sur E.

Remarque. La restriction d’une application injective est injective.

Méthode Prouver l’injectivité en pratique


On se sert la plupart du temps de la première caratérisation de l’injectivité. Pour prouver qu’une application
f : E → F est injective, on commence donc la démonstration par « Soient x, x ′ ∈ E tels que f(x) = f(x ′ ) » et on
montre que x = x ′ .

L’injectivité ou la non-injectivité peut se voir à l’aide de patates. Une application est injective si tout élément
de F reçoit au plus une flèche.

b
F b
F

E b b
E b b

b b b b

b b b b

b b b b

b b

C’est une injection Ce n’est pas une injection


L’injectivité ou la non-injectivité peut également se voir à l’aide d’un graphe. Une application est injective si
toute droite horizontale coupe le graphe en au plus un point, ce qui signifie que toute valeur y est prise au plus une
fois.

y
b b b

C’est une injection Ce n’est pas une injection


Aucun y n’a plusieurs antécédents Certains y ont plusieurs antécédents

http://laurentb.garcin.free.fr 6
c Laurent Garcin
MPSI Lycée Saint-Exupéry


R −→ R
Exemple 1. L’application n’est pas injective mais sa restriction à R+ l’est.
x 7−→ x2

EXERCICE 1.

 C \ {i} −→ C
Montrer que l’application f : z + i est injective.
 z 7−→
z−i

Proposition 5.2 (Injectivité et composition)


Soient f : E → F et g : F → G deux applications.
➢ Si f et g sont injectives alors g ◦ f est injective.
➢ Si g ◦ f est injective alors f est injective.

5.2 Surjectivité

Définition 5.3 (Surjectivité)


On dit qu’une application f : E → F est surjective ou que c’est une surjection si l’une des propositions
équivalentes suivantes est vraie :
➢ ∀y ∈ F, ∃x ∈ E, y = f(x) ;
➢ Im f = F ;
➢ tout élément de F possède au moins un antécédent par f.
Pour éviter toute ambiguïté, on précise généralement les espaces de départ et d’arrivée d’une application surjec-
tive : on dira ainsi que f est surjective de E sur F.

Méthode Prouver la surjectivité en pratique


On se sert la plupart du temps de la première caratérisation de la surjectivité. Pour prouver qu’une application
f : E → F est surjective, on commence donc la démonstration par « Soit y ∈ F » et on cherche x tel que y = f(x).

La surjectivité ou la non-surjectivité peut se voir à l’aide de patates. Une application est surjective si tout
élément de F reçoit au moins une flèche.

http://laurentb.garcin.free.fr 7
c Laurent Garcin
MPSI Lycée Saint-Exupéry

E b
E b

b b
F b b
F

b b b b

b b b b

b b b b

b b

C’est une surjection Ce n’est pas une surjection


La surjectivité ou la non-surjectivité peut également se voir à l’aide d’un graphe. Une application est surjective
si toute droite horizontale coupe le graphe en au moins un point, ce qui signifie que toute valeur y est prise au
moins une fois.

y
b

C’est une surjection Ce n’est pas une surjection


Tout y a un antécédent Certains y n’ont pas d’antécédent

R −→ R R −→ R+
Exemple 2. L’application n’est pas surjective mais l’application l’est.
x 7−→ x2 x 7−→ x2
!!! Le fichier ApplicationsLK16.tex n’existe pas !!!

Proposition 5.4 (Surjectivité et composition)


Soient f : E → F et g : F → G deux applications.
➢ Si f et g sont surjectives alors g ◦ f est surjective.
➢ Si g ◦ f est surjective alors g est surjective.

5.3 Bijectivité

Définition 5.5 (Bijectivité)


On dit qu’une application f : E → F est bijective ou que c’est une bijection si l’une des propositions équivalentes
suivantes est vraie.

http://laurentb.garcin.free.fr 8
c Laurent Garcin
MPSI Lycée Saint-Exupéry

➢ ∀y ∈ F, ∃!x ∈ E, y = f(x).
➢ f est injective et surjective.
Pour éviter toute ambiguïté, on précise généralement les espaces de départ et d’arrivée d’une application bijective :
on dira ainsi que f est bijective de E sur F.

Exemple 3. Pour tout ensemble E, IdE est bijective de E sur E.



R −→ R
Exemple 4. Soient a ∈ R∗ et b ∈ R. L’application est bijective de R sur R.
x 7−→ ax + b

Théorème 5.6 (Réciproque d’une application bijective)


Soit f : E → F une application.
➢ f est bijective si et seulement si il existe une application g : E → F telle que g ◦ f = IdE et f ◦ g = IdG .
➢ Si elle existe, une telle application g est unique ; on l’appelle l’application réciproque ou plus simple-
ment la réciproque de f et on la note f−1 . On alors l’équivalence

∀x ∈ E, ∀x ∈ F, [y = f(x) ⇔ x = f−1 (y)]

➢ L’application réciproque f−1 est bijective de F sur E. De plus, (f−1 )−1 = f.

Attention ! On a renconté la notation f−1 dans deux contextes différents, à savoir les applications réciproques
et les images réciproques. Si f n’est pas bijective, f−1 n’a pas de sens en tant qu’application mais f−1 (B) est
pourtant bien défini. Si f est bijective, f−1 a un sens en tant qu’application. Dans ce cas, f−1 (B) peut à la fois
désigner l’image réciproque de B par F et l’image directe de B par f−1 . Heureusement, les choses étant bien
faites, ces deux interprétations de la même notation correspondent au même ensemble !
Interprétation en termes de graphes

Γf
−1
Supposons que E = F = R. Alors les graphes des applications f et f
sont symétriques l’un de l’autre par rapport à la première bissectrice. Γf−1

Exemple 5. y=x y=x

➢ IdE = Id−1
E . y = x2
➢ La fonction exp est bijec-
tive de R sur R∗+ de réci- y = ex
proque la fonction ln. √
y= x
➢ La fonction carrée est bi-
jective de R+ sur R+ de ré- y = ln x
ciproque la fonction racine
carrée.

http://laurentb.garcin.free.fr 9
c Laurent Garcin
MPSI Lycée Saint-Exupéry

Méthode Montrer qu’une application est bijective

➢ Si on a idée de ce que va valoir f−1 , on donne un nom à cette application de F dans E, disons g et on montre
que
g ◦ f = IdE et f ◦ g = IdF
On prouve que f est bijective de E sur F et même que f−1 = g.
➢ Si on n’a pas idée de ce que va valoir f−1 mais que f est donnée explicitement par une formule, on écrit
« y = f(x) » et on essaie d’exprimer x en fonction de y. On aboutit alors à une expression du type x = g(y).
Si on a procédé par EQUIVALENCE, on a le droit de dire que f est bijective de réciproque g.
➢ Dans tous les autres cas, on démontre en deux temps que f est injective et surjective.

EXERCICE 2.

 C \ {i} −→ C
Montrer que l’application f : z + i réalise une bijection de C \ {i} sur C \ {1}.
 z 7−→
z−i

EXERCICE 3.

Déterminer une bijection de N sur Z.

Bijection induite
Soient f : E → F une application, A ∈ P(E) et B ∈ P(F) tels que f(A) ⊂ B. On dit que f induit une bijection
|B
de A sur B si f|A est bijective.

Exemple 6. Si f : E → F est injective, f induit une bijection de E sur Im f.

Méthode Monter qu’une application induit une bijection


Pour montrer qu’une application f : E → F induit une bijection de A sur B, on peut au choix :
◮ montrer que f est injective et que f(A) = B ;
◮ montrer que tout élément de B admet un unique antécédent par f dans A (résolution d’une équation).

Proposition 5.7 (Bijectivité et composition)


Soient f : E → F et g : F → G deux applications. Si f et g sont bijectives, alors g ◦ f est bijective et (g ◦ f)−1 =
f−1 ◦ g−1 .

!!! Le fichier ApplicationsLK09.tex n’existe pas !!!

6 Cas des ensembles finis


6.1 Ensembles finis et cardinaux

http://laurentb.garcin.free.fr 10
c Laurent Garcin
MPSI Lycée Saint-Exupéry

Définition 6.1
On dit qu’un ensemble non vide E est fini s’il existe n ∈ N∗ et une bijection de J1, nK sur E. Dans ce cas, l’entier
n est unique et est appelé cardinal de E : on le note card E.
Par convention, ∅ est fini et card ∅ = 0.

Remarque. Plus prosaïquement, le cardinal est le nombre d’éléments d’un ensemble.

Proposition 6.2
Deux ensembles finis ont même cardinal si et seulement si il existe une bijection de l’un sur l’autre.

Proposition 6.3
Soit E un ensemble fini et A une partie de E. Alors A est fini et card A 6 card E. Il y a égalité si et seulement
si A = E.

Proposition 6.4
Soit f : E → F.
(i) Si f est injective et F fini, alors E est fini et card E 6 card F.
(ii) Si f est surjective et E fini, alors F est fini et card E > card F.
(iii) Si f est bijective et E fini, alors F est fini et card E = card F.

Méthode Déterminer le cardinal d’un ensemble


Pour déterminer le cardinal d’un ensemble A, il suffit de trouver un ensemble B de cardinal connu et une bijection
de A sur B ou de B sur A. Alors card A = card B.

Principe des tiroirs de Dirichlet


Supposons que l’on veuille ranger n paires de chaussettes dans p tiroirs. Si n > p, il est évident qu’un des
tiroirs comportera plus d’une paire de chaussettes. On peut formaliser cette remarque de la manière suivante.
Si on note E l’ensemble des paires de chaussettes, F l’ensemble des tiroirs et f l’application qui à une paire
de chaussettes associe le tiroir dans laquelle elle se trouve, alors la remarque précédente signifie que f n’est
pas injective.

EXERCICE 4.

Soit n ∈ N∗ . On se donne n + 1 réels de l’intervalle [0, 1[. Montrer que deux d’entre eux sont à une distance
1
strictement inférieure à n l’un de l’autre.

EXERCICE 5.

http://laurentb.garcin.free.fr 11
c Laurent Garcin
MPSI Lycée Saint-Exupéry

Soit x ∈ R et N ∈ N∗ . Montrer qu’il existe (p, q) ∈ Z × N∗ tel que



x − p 6 1

q qN

Proposition 6.5
Soit f : E → F où E et F sont des ensembles finis de même cardinal. Les propositions suivantes sont équivalentes :
(i) f est bijective ;
(ii) f est surjective ;
(iii) f est injective.

Parties finies de N
Toute partie non vide de N admet un plus petit élément. Toute partie non vide est majorée de N admet un
plus grand élément.
Une partie A de N est finie si et seulement si elle est majorée. Dans ce cas, si n = card A, il existe une
unique bijection strictement croissante de J1, nK sur A.

6.2 Opération sur les ensembles finis

Proposition 6.6
Soient E et F deux ensembles finis. Alors E ∪ F et E ∩ F sont finis et

card(E ∪ F) = card E + card F − card(E ∩ F)

EXERCICE 6. Principe d’inclusion-exclusion

Soient A1 , . . . , An n ensembles finis. Montrer que


n
! n k
!
[ X X \
card Ai = (−1)k−1 card Ail
i=1 k=1 16i1 <i2 <···<ik 6n l=1

Définition 6.7 (Partition)


Soit E un ensemble (pas nécessairement fini) et (Ai )i∈I une famille de parties de E. On dit que (Ai )i∈I est une
partition de E si
◮ les Ai sont non vides ;
◮ les Ai sont disjoints deux à deux ;
[
◮ E= Ai .
i∈I
G
On note alors E = Ai .
i∈I

Proposition 6.8 n
X
Soit E un ensemble fini et (Ai )16i6n une partition de E. Alors card E = card Ai .
i=1

http://laurentb.garcin.free.fr 12
c Laurent Garcin
MPSI Lycée Saint-Exupéry

Proposition 6.9
Soient E et F deux ensembles finis. Alors E × F et FE sont finis. De plus, card(E × F) = card E × card F et
card(FE ) = (card F)card E .

6.3 Combinaisons

Définition 6.10 (Permutation)


Soit E un ensemble fini. On appelle permutation de E toute bijection de E dans E.

Proposition 6.11
Soit E un ensemble fini de cardinal n. Il existe n! permutations de E.

Définition 6.12 (Combinaison)


Soit E un ensemble fini et p ∈ N. On appelle combinaison de p éléments de E toute partie de E de cardinal p.

Définition 6.13  
n
Soit E un ensemble fini de cardinal n et p ∈ J0, nK. On note le nombre de combinaisons de p éléments de E.
p

 
n
Remarque. Soit E un ensemble à n éléments. La seule partie de E à 0 éléments est l’ensemble vide donc = 1.
  0
n
La seule partie de E à n éléments est E donc = 1.
n
Propriétés des coefficients binomiaux
Soient E un ensemble
fini de cardinal n.    
P(E) −→ P(E) n n
L’application est un bijection (et même une involution). On en déduit que =
A 7−→ Ā p n−p
pour tout p ∈ J0, nK.
Xn  
n
n
Le cardinal de P(E) est 2 . On en déduit que = 2n (démonstration évidente si on admet la formule
p
p=0
du binôme de Newton).
On suppose n > 1. On fixe un élément x de E et p > 1. L’ensemble des combinaisons de p éléments de E
est l’union disjointe de l’ensemble des combinaisons de p éléments de E contenant
  x et
 de l’ensemble
 des
n n−1 n−1
combinaisons de p éléments de E ne contenant pas x. On en déduit = + .
p p p−1

Proposition 6.14  
2 n n!
Pour tout (n, p) ∈ N tel que 0 6 p 6 n, = .
p (n − p)!p!

http://laurentb.garcin.free.fr 13