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INTRODUCTION

Section 1 : Les produits dérivés


I- Définition
II- Objectif
III- Origine du marché des produits dérivés
IV- Avantages et usage des produits dérivés
1- Couverture du risque
2- Spéculation
3- Arbitrage
4- Effet de levier financier (potentiel d'amplification)
5- Stratégies de placement
Section 2 : les contras à terme de type futures
I- Caractéristiques des Futures

1- Le sous-jacent

2- L'échéance

3- La valeur d'un contrat

4- Le cours de compensation

5- La liquidation

6- Les horaires de cotation

7- Le dépôt de garantie

8- L'appel de marge

9- L'effet de levier

II. Les mécanismes du marché des contrats de type futures

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1- La Chambre de compensation
2- La fermeture d’une position
2.1- La fermeture à l’échéance
2.2- Avant l’échéance

CONCLUSION

Introduction

Une des tendances qui marque actuellement le plus les marchés financiers est l'usage

grandissant des produits dérivés. Dans le secteur des placements, tout le monde – des petits

épargnants aux grandes banques en passant par les gestionnaires de portefeuille des

principales institutions - recourt de plus en plus aux produits dérivés. Les transactions sur les

produits dérivés sont en forte croissance depuis le début des années 1980 et représentent

désormais l'essentiel de l'activité des marchés financiers. Ces produits constituent une famille

d’innovations majeures d’instruments de gestion des risques financiers. La demande des

investisseurs et, surtout, la créativité des établissements financiers ont entraîné la

multiplication du nombre et du type de produits dérivés et d’instruments à effet de levier. Les

raisons les plus souvent avancées de cette prolifération des innovations financières incluent

les changements de réglementation, notamment de nature fiscale, et les progrès

technologiques. Généralement il existe 3 familles de produits dérivés : les contrats à terme de

type Forward et Futures, les Swaps et les Options.

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Pour ce travail, on va se limiter aux contrats à terme de type Futures.

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Section 1 : Les produits dérivés

V- Définition

Les produits dérivés sont des instruments financiers qui portent sur des actifs (actions,

indices, matières premières, devises…). Ils n’évoluent donc pas par eux-mêmes, mais en

fonction de ces actifs, appelés sous jacents ou supports, dont ils dérivent. Un produit

dérivé financier peut se définir de façon très générale comme un contrat financier

négociable portant droit sur un autre actif. En d’autre termes, c’est « un contrat dont la

valeur dépend (ou dérive) de celle d’un actif ou d’un indice sous-jacent ». Un produit

dérivé est un instrument financier :

- dont la valeur fluctue en fonction de l’évolution du taux ou du prix d’un produit appelé

sous jacent;

- dont le règlement s'effectue à une date future ;

- qui ne requiert aucun placement net initial ou peu significatif ;

L'actif sous-jacent peut être, par exemple :

 une action cotée en bourse ;


 un indice boursier, comme l'indice des prix à la consommation ;
 une unité négociable d'une matière première (blé, pétrole, cuivre, ...) ;  un taux de

change ;
 les flux d'intérêt que générerait un prêt d'une date de départ, d'une durée et d'un taux

donnés ;

VI- Objectif

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Les produits dérivés sont en effet conçus pour aider ceux qui les utilisent à atténuer les

risques associés à d'autres placements ou à spéculer sur les marchés financiers à un coût

beaucoup plus faible que le permettraient les instruments financiers classiques. La gestion

des risques financiers peut se faire à travers des opérations de bilan. Par exemple, une

société exposée à un risque de change résultant d’opérations effectuées avec l’étranger

peut se protéger contre ce risque en empruntant dans la devise étrangère correspondante

voire même en délocalisant sa production. Une telle gestion des risques par des opérations

bilantielles manque souvent de flexibilité. Les risques financiers peuvent être

alternativement ou conjointement gérés à travers des opérations hors bilan, tels que les

contrats de type Forward ou de type Futures, les Swaps ou les Options. Ainsi, la vocation

principale des produits dérivés est la gestion du risque financier. Comme en témoigne le

tableau ci-contre, les risques affectant un agent économique peuvent être de nature très

variée. Les risques économiques et financiers couverts par les produits dérivés Nature du

risque Définition Risque de taux Risque d’une évolution défavorable du taux d’intérêt

lorsqu’un agent économique est engagé dans une opération financière à taux variable :

celui d’une hausse pour un emprunteur ; celui d’une baisse pour un créancier. Risque de

change Risque d’une modification de la contre-valeur en monnaie nationale d’un flux de

devises à payer ou à recevoir. Une dépréciation de la monnaie nationale pénalisera l’agent

économique qui doit honorer une dette libellée en monnaie étrangère tandis qu’une

dépréciation de la monnaie étrangère pénalisera un agent devant recevoir une créance

libellée dans cette même monnaie. Autres risques de prix — Sur actions ou sur indice

boursier : risque d’une modification de la valeur d’un portefeuille à la suite d’une baisse

du cours des actions ou de tout titre indexé sur un indice boursier ou d’une hausse des

cours lorsqu’un agent économique cherche à se porter acquéreur de ces titres. — Sur

matières premières : risque lié, comme son nom l’indique, à la variation du prix des

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matières premières. Ce risque est important et impose des techniques de couverture

spécifiques. Risque de crédit Risque pour un créancier que l’un ou plusieurs de ses

débiteurs soient dans l’incapacité de rembourser tout ou partie de la dette qu’ils ont

contractée. Risque climatique Risque d’une variation de l’activité économique d’une

entreprise et donc d’une variation de son chiffre d’affaires à la suite d’une variation des

températures. Source : « les produits dérivés et leurs marchés »

VII- Origine du marché des produits dérivés

La volatilité du taux de change, des taux d'intérêt et du taux d'inflation qui prévalait

lors des années 1970 et 1980 est la raison mentionnée le plus fréquemment pour expliquer

l'apparition des produits dérivés. En effet, ces derniers constituent une réponse du secteur

financier aux demandes répétées de leurs clients désirant obtenir des instruments qui leur

permettraient de mieux gérer le risque. Les produits dérivés ont été conçus pour rendre les

opérations de couverture de risque moins coûteuses qu'avec les actifs financiers

classiques. 2 Les produits dérivés permettent en effet de transférer sans grands frais

certains risques aux institutions mieux aptes à les gérer en raison de leurs plus grandes

réserves et aptitudes financières. Sans négliger l'importance primordiale de la demande

d'instruments permettant de mieux gérer le risque, d'autres facteurs ont contribué à la

naissance d'un marché pour les produits dérivés. Une concurrence plus vive sur les

marchés financiers a créé des facteurs d'offre qui ont favorisé le développement de

marchés pour les produits dérivés. Un autre élément à l'origine de la multiplication des

produits dérivés est le déplacement géographique de l'épargne et de l'investissement au

niveau international. Ces événements ont favorisé l'apparition de nouveaux instruments

financiers permettant de gérer les risques à moindre frais et pouvant être échangés sur les

marchés internationaux dans le but de réduire le coût et les risques associés aux prêts et

emprunts internationaux. La mondialisation des marchés financiers a elle aussi favorisé le

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développement du marché des produits dérivés, le secteur bancaire s'exposant davantage

aux devises des autres pays. Les produits dérivés permettent en effet d'étaler le risque de

change et de se procurer des devises étrangères. Enfin, les télécommunications et

l'avènement de l'informatique ont contribué au développement et à l'évolution du marché

des produits dérivés. De nouvelles techniques ont accéléré massivement les calculs, qui

sont aussi devenus plus précis, et ont facilité la transmission de l'information aux

intéressés. Ces progrès ont rendu la constitution et l'implantation des produits dérivés à la

fois commodes et abordables

IV - Avantages et usage des produits dérivés

Outre les nombreux facteurs qui ont contribué à l'apparition des produits dérivés, ces

instruments n'auraient pas connu leur popularité croissante s'ils n'avaient pas ouvert

certaines possibilités intéressantes pour les investisseurs. Pour la personne qui a horreur

du risque, les produits dérivés en réduisent son degré d'exposition au marché, aux taux

d'intérêt et au taux de change. Afin d'atténuer ce risque, on recourt à des opérations de

couverture. De plus, les investisseurs et tous ceux qui participent au marché ont constaté

que les contrats de produits dérivés peuvent s'avérer fort utiles pour la spéculation. Les

possibilités d'arbitrage ont également accru le nombre de transactions de produits dérivés.

Enfin, ces instruments constituent un placement intéressant en raison de leur important

potentiel d'amplification (levier financier) et de la possibilité d'élaborer de nouvelles

stratégies pour la gestion d'un portefeuille.

1-Couverture du risque

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Les produits dérivés sont des instruments financiers de taille qui permettent aux

investisseurs d’employer des mesures de prévention contre les risques; il s’agit là d’une

stratégie où l’on s’engage dans une transaction financière pour contrer la perte potentielle

d’une autre 2 transaction, cette dernière étant désignée “transaction de couverture”. En soi,

l'opération de couverture constitue une forme d'assurance pour l'investisseur, assurance

dont le coût correspond au prix du produit dérivé et aux possibilités de bénéfice perdues

(quand le marché évolue dans le bon sens).

2-Spéculation

Les produits dérivés servent aussi à la spéculation. Alors que dans le cas précédent, le but

poursuivi était de réduire l'exposition aux fluctuations du cours d'un actif, les spéculateurs

opteront pour une position en vertu de laquelle une fluctuation prévisible quoique

incertaine des prix leur permettra de réaliser un profit. En ce qui concerne les produits

dérivés, la spéculation consiste essentiellement à parier sur le mouvement des marchés

financiers. Si le spéculateur anticipe une baisse du prix du pétrole, peut-être achètera-t-il

un contrat à terme négocié en bourse qui lui permettra de vendre du pétrole à une date

donnée dans l'avenir. Ainsi, si ses prévisions se concrétisent, il réalisera un bénéfice.

3-Arbitrage

Les participants du marché financier ont également remarqué que le marché des produits

dérivés présente certaines possibilités au niveau de l'arbitrage. Par arbitrage, on entend

acheter des produits dérivés sur un marché et les revendre simultanément sur un autre

marché pour tirer parti de l'écart des cours ou des variations du taux d'intérêt entre ces

deux marchés. En voici un exemple: un contrat à terme se vendant 96,50 dollars à Toronto

est offert à 95,50 dollars à la bourse de Chicago. En se procurant le contrat à terme à

Chicago et en le revendant à Toronto, l'investisseur réalisera un bénéfice de 1 dollar.

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4-Effet de levier financier (potentiel d'amplification)

Les produits dérivés sont d'une grande utilité comme instrument financier, car leur

potentiel d'amplification passablement important permet à l'investisseur d'atteindre une

position donnée du marché monétaire à un coût nettement moindre. On parle de potentiel

d'amplification parce que la somme d'argent avancée pour passer un contrat est

considérablement plus faible que celle qu'il faudrait débourser pour parvenir à la même

position en achetant l'actif sous jacent Le potentiel d'amplification est d'une importance

primordiale pour ceux qui désirent se prémunir contre le risque, car il permet de bâtir une

couverture avec une somme d'argent plus faible que celle qu'il faudrait débloquer

autrement. L'opération de couverture serait souvent irréalisable sans l'important potentiel

d'amplification des produits dérivés. Malheureusement, le même potentiel peut entraîner

des pertes considérables lorsque le cours des actions va dans le sens opposé à celui que

prévoit le spéculateur.

5-Stratégies de placement

Les produits dérivés peuvent être utilisés de deux autres manières pour modifier un

portefeuille de placements sur le marché financier. L'investisseur peut tout d'abord ajouter

des produits dérivés à son portefeuille. Ces instruments étant relativement nouveaux sur le

marché, on peut ainsi constituer des portefeuilles d'un nouveau genre. En second lieu, les

produits dérivés permettent la conversion des flux monétaires des contrats financiers

négociés antérieurement (c.-à-d. actifs qui font déjà partie du portefeuille). Ainsi, par le

biais d'un swap l'investisseur pourra modifier son flux de revenus ou de paiements afin

que celui-ci se rapproche davantage de ses obligations financières, ou vice versa.

Section 2 : les contras à terme de type futures

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Le développement des transactions de gré à gré a amené, dans le souci d'assurer la sécurité

des règlements/livraisons, la création des marchés à terme organisés. On y négocie des

engagements de livraison standardisés à des échéances également standardisées. Bien que

les contrats à terme de type Futures ayant pour actif support des matières premières

existent depuis 1860, les contrats à terme d’instruments financiers ne sont apparus que

beaucoup plus récemment, en 1979 pour les premiers d’entre eux, les contrats à terme de

devises.

I. Définition

Les Futures, aussi appelés contrats à terme, sont des produits financiers à effet de levier

important, négociables en Bourse. Ils permettent à un acheteur et à un vendeur de

s'engager, à une échéance fixée, sur la livraison et le paiement d'un actif (instruments

financiers, indices, matières premières…) à un prix décidé le jour de l'engagement. Son

principal intérêt est de spéculer sur la variation du sous-jacent avec un effet de levier

important, tout en clôturant sa position avant l'échéance pour éviter de recevoir ou de

devoir livrer l'actif sous-jacent.

Un Future est un engagement négocié entre deux contreparties qui permet : d'acheter ou

de vendre une quantité déterminée d'un actif sous-jacent à une date prédéterminée (la date

d'échéance) à un prix convenu à l'avance.

Les contrats à terme sont des produits standardisés négociables sur un marché réglementé

par le biais d'intermédiaires spécialisés en produits dérivés. Ils peuvent être achetés ou

vendus tout au long de leur durée de vie.

Les contrats à terme constituent une promesse ferme. L'acheteur du contrat à la date

d'expiration s'engage à acheter l'actif sous-jacent au prix convenu. Le vendeur du contrat

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doit, quant à lui, à la date d'expiration, livrer l'actif sous-jacent ou son équivalent en

espèces, selon le contrat négocié.

II. Caractéristiques des Futures

1 - Le sous-jacent

Le sous-jacent d'un Future est la valeur sur laquelle porte la promesse d'achat ou de vente

qui constitue le Future. C'est donc la valeur à laquelle le rendement d'un Future est lié. Les

actifs spécifiques peuvent être très divers et porter sur les indices, les matières premières,

les devises ou encore les taux.

2 - L'échéance

L'échéance est la date de fin de validité du contrat. Pour les contrats à terme, les dates

d'échéance sont standardisées (le 3ème vendredi du mois d'échéance). L'investisseur

choisit l'échéance sur laquelle il veut négocier. La plus négociée est généralement celle du

mois en cours.

Par exemple, concernant le contrat à terme sur l'indice CAC40, les négociations sont

simultanément ouvertes sur 14 échéances glissantes mensuelles, trimestrielles et

semestrielles.

3 - La valeur d'un contrat

La valeur d'un contrat est la valeur nominale sur laquelle porte l'engagement.

Pour chaque contrat Future est affectée une valeur sur l'unité de négociation du sous-

jacent.

La valeur d'un contrat s'obtient donc en multipliant le niveau actuel du contrat (en unité)

par la valeur d'une unité (en euro, en dollar, etc).

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Valeur des contrats = nombre de contrats x valeur d'une unité du sous-jacent x cours du

contrat à terme

Exemple : Pour le contrat à terme sur l'indice CAC40 à chaque point d'indice est affectée

la valeur de 10 euros. Si l'indice CAC40 atteint à terme 3500 points sur l'échéance

septembre 2013, la valeur nominale sur laquelle porte un contrat à terme s'élève à : 3500 x

10€ = 35000€.

4 - Le cours de compensation

Le cours de compensation d'un contrat à terme est établi après chaque séance boursière. Il

est calculé à une heure fixe en fin de séance sur la base des derniers cours cotés avant

cette heure. Il sert à la détermination des appels de marge et à la valorisation des contrats

en position.

Par exemple le cours de compensation sur le Future CAC40 est établi à 18h15 sur la

moyenne des deux dernières minutes de cotation du contrat

5 - La liquidation

La liquidation des contrats à terme arrivés à échéance a lieu le 3ème vendredi de chaque

mois. Dans la très grande majorité des cas, elle s'effectue sous forme de règlement en

espèces de la différence entre le cours de compensation de la veille et le cours de

liquidation.

Il n'y a en général pas de livraison de titres à l'échéance. Mais selon le type de contrat,

pour éviter la livraison des titres, l'investisseur doit veiller à clôturer sa position et à

revendre le contrat avant la liquidation.

6 - Les horaires de cotation

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Les cotations s'étendent de 8h00 à 22h00. La séance de cotation étant divisée en deux

périodes distinctes :

La « session de nuit » : de 18h15 à


La « session du jour » : de 8h00 à 18h15
22h00

La session du jour finit à 18h15. Les ordres Les ordres seront compensés le

passés pendant la session du jour seront jour de Bourse suivant sur la base

compensés sur la base du cours de compensation du prochain cours de

du jour qui est établi à 18h15. compensation.

7 - Le dépôt de garantie

Le dépôt de garantie est le montant exigé préalablement à toute négociation. Il est bloqué

sur le compte de l'investisseur. L'intermédiaire doit lui-même verser un dépôt de garantie

auprès de la chambre de compensation et se doit de demander à l'investisseur au minimum

le même montant de dépôt.

Ce montant est révisable à tout moment par la chambre de compensation en fonction des

évolutions de marché.

Ce montant est également susceptible d'être majoré par l'intermédiaire financier et celui-ci

est en général de 5% à 10% de la valeur du contrat.

8 - L'appel de marge

Chaque jour après la clôture du marché, les positions des investisseurs sont fictivement

liquidées sur la base du cours de compensation. Pour chaque échéance la chambre de

compensation calcule les pertes ou les gains potentiellement réalisés dans la journée sous

forme d'un appel de marge qui correspond :

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le jour où la position est ouverte, à la différence entre le cours de compensation du jour et

le cours auquel a eu lieu la transaction

les jours suivants, à la différence entre le cours de compensation du jour et le cours de

compensation de la veille

le jour où la position est clôturée, à la différence entre le cours auquel a eu lieu la

transaction et le cours de compensation de la veille.

La position ouverte d'un investisseur représente à une date donnée le nombre total de

contrats qu'il devrait négocier sur le marché pour clôturer sa position.

Les appels de marge sont quotidiennement débités ou crédités par l'intermédiaire afin de

couvrir la dépréciation ou de lui faire bénéficier de l'appréciation des contrats qu'il a en

position.

Si le compte n'est pas suffisamment approvisionné pour faire face à l'appel de marge,

l'intermédiaire doit utiliser le dépôt de garantie pour régler l'appel de marge et/ou solder

tout ou partie de la position de l'investisseur.

9 - L'effet de levier

Les Futures disposent d'un effet de levier important au vu du dépôt de garantie. Celui-ci

représente en général entre 5% et 10% de la valeur nominale du contrat. Il est possible de

prendre position sur un montant nominal donné tout en ne mobilisant qu'une partie

minime de ce montant nominal.

Cet effet de levier a pour conséquence de multiplier les gains ou les pertes de

l'investisseur.

III. Les mécanismes du marché des contrats de type futures

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1. La Chambre de compensation

Tel que mentionné ci-dessus, le marché des contrats à terme standardisés est un marché

organisé. Ses mécanismes de fonctionnement sont plus complexes que ceux du marché

des contrats à livrer mais offrent aussi une forme de garantie d’exécution.

Lorsqu’un individu (qu’on appellera l’individu A) désire prendre une position longue

(acheter à terme le sous-jacent) dans un contrat à terme standardisé, il doit d’abord entrer

en contact avec un courtier. Ce dernier transmet la commande à son négociateur (trader)

du parquet du marché des contrats à terme standardisés (que l’on pourrait comparer au

parquet de la bourse, à quelques exceptions près). Le négociateur, par l’intermédiaire

d’autres négociateurs, tentera de trouver un individu (l’individu B) qui désire prendre une

position courte (s’engager à vendre) sur le même contrat. Les contrats étant standardisés,

la négociation se fera seulement au niveau du prix auquel le sous-jacent sera échangé (les

autres caractéristiques sont préétablies et non négociables). Une fois que les deux

négociateurs se seront entendus sur un prix à terme, la transaction sera enregistrée dans

l’ordinateur approprié et les individus seront avisés du prix à terme.

La Chambre de compensation entrera en jeu à l’étape suivante. Effectivement, au lieu que

la transaction se fasse directement entre les deux individus concernés, elle interviendra

entre la Chambre de compensation et l’individu A d’une part, et entre la Chambre de

compensation et l’individu B d’autre part. La Chambre joue donc le rôle d’un écran entre

les deux investisseurs. Comme examiné ci-dessous, cette modalité permet de remplacer

anonymement, par la suite, une des parties originales par une autre.

Le graphique suivant illustre la relation entre les parties :

Paiement Sous-jacent

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Individu A Chambre de compensation Individu B Sous-
jacent Paiement

Ainsi, à l’échéance du contrat, la Chambre de compensation veillera à recueillir l’argent

de l’individu qui a pris la position longue (l’individu A) et s’assurera de payer celui qui a

pris la position courte (l’individu B). S’il y a lieu, la Chambre veillera à ce que l’échange

d’actifs sous-jacents ait lieu en bonne et due forme : elle réclamera l’actif sous-jacent de

l’individu B et veillera à ce que l’individu A puisse en prendre possession au lieu prévu

d’avance dans le contrat (des entrepôts spécialisés s’il s’agit de marchandises). La

Chambre de compensation ne réalise donc aucun profit, puisque ses revenus (ce qu’elle

réclame) sont égaux à ses obligations (ce qu’elle livre).

Pourquoi la Chambre de compensation existe-t-elle?

Son existence offre l’avantage majeur de diminuer (voire éliminer) le risque encouru par

les investisseurs. En effet, la Chambre de compensation assume tout le risque de non-

respect du contrat par l’un des deux investisseurs (risque de crédit). Ainsi, advenant la

faillite de l’individu A, l’individu B se fera tout de même payer par la Chambre de

compensation; cette dernière

absorbera les pertes rattachées à ce défaut (dans le cas d’un contrat à livrer, aussi bien

l’investisseur que la banque peuvent faire défaut; le risque est encore plus évident si la

transaction intervient entre deux individus ou deux entreprises, sans l’implication d’une

grosse banque). Grâce au système de la Chambre de compensation, les investisseurs

courent beaucoup moins de risque et dépensent beaucoup moins de temps et d’argent pour

l’obtention d’évaluations de crédit.

2. La fermeture d’une position

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a) La fermeture à l’échéance

L’existence d’une Chambre de Compensation permet à l’investisseur qui détient une

position courte (vendeuse), et qui ne désire pas livrer l’actif sous-jacent, de prendre une

position opposée le jour de l’échéance du contrat, ou peu avant. Supposons un investisseur qui

s’est engagé dans un contrat à terme standardisé (contrat 1) l’obligeant à livrer 37 500 livres

de café le 30 septembre 1999. S’il ne possède pas le café, n’étant pas producteur, ou s’il lui

est trop coûteux d’effectuer la livraison à l’entrepôt accrédité par la bourse, il peut se dégager

de son contrat à l’échéance de la manière suivante : il s’engage dans un second contrat à terme

standardisé (contrat 2) qui l’oblige à acheter 37 500 livres de café à la même date. L’individu

s’engage donc à livrer et à acheter une même quantité du même produit à une même date. Les

deux obligations s’annulent en termes de café à livrer/accepter.

Il ne reste qu’à régler la différence de prix entre les deux contrats, puisqu’il y a de

fortes chances que le nouveau prix à terme soit différent du prix à terme négocié lors de la

première transaction. Le prix à terme qui prévaut à l’échéance est en fait le prix spot. Si le

nouveau prix à terme négocié pour le rachat (en fait le prix spot) est supérieur au premier

prix à terme (négocié pour la vente), l’investisseur devra payer la différence à la Chambre

de compensation (par l’intermédiaire de son courtier). Dans le cas contraire, il recevra la

différence. Une telle opération s’appelle fermer sa position, c’est à dire prendre une

position opposée qui évite d’avoir à livrer ou acheter l’actif sous-jacent.

Si le détenteur d’une position courte veut livrer le café, il doit en notifier son courtier

d’avance, pendant la période prévue à cet effet. En un tel cas, la Chambre de

compensation assignera une notice de livraison à un détenteur de position longue choisi au

hasard. Pour éviter de se faire assigner une livraison, les détenteurs de positions longues

doivent fermer leurs positions avant la période de notification. Dans la pratique, toutefois,

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les livraisons physiques sont très rares car peu commodes du point de vue du lieu de

livraison, ou encore parce que le bien livré peut ne pas correspondre exactement aux

besoins de l’utilisateur potentiel.

La fermeture de position n’est possible à faible coût que sur le marché des contrats à

terme standardisés.

Important : « fermer sa position » signifie prendre une position opposée sur un même

contrat (même actif sous-jacent et même date d’échéance) afin de ne pas avoir à acheter

ou livrer cet actif.

b) Avant l’échéance

Il est en fait possible de se dégager de son engagement dans un contrat à terme

n’importe quand avant son échéance, suivant le mécanisme décrit ci-dessus. Le prix à

terme applicable à la transaction qui ferme la position n’est pas le même, sauf coïncidence

imprévisible, que le prix à terme qui prévalait lors de la prise de position. On calcule donc

l’avantage (à encaisser) ou le désavantage (à débourser) et la transaction passe par la

Chambre de compensation. Contrairement à ce qui se passe à l’échéance, il est toutefois

impossible de livrer ou prendre livraison du bien sous-jacent avant l’échéance du contrat.

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CONCLUSION

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