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Aménagement d’un cours d’eau

1. Introduction :
La plupart des milieux aquatiques ont été profondément remaniés par l’homme,
parfois depuis des temps fort anciens. De nombreux aménagements de cours d’eau ont été
réalisés : dragage (approfondissement du lit), canalisation (bétonnage des berges et parfois du
fond), endiguement (augmentation de la hauteur des berges pour éviter le débordement des
eaux), mais aussi rectification du cours (recoupement des méandres) et recalibrage
(augmentation de la capacité du lit en modifiant sa profondeur et sa largeur). Ces
aménagements répondaient souvent à des objectifs légitimes : protéger des inondations les
terres cultivables et les habitations, lutter contre l’érosion des berges, faciliter la navigation
fluviale, produire de l’énergie, irriguer, alimenter en eau potable les hommes et le bétail, et,
beaucoup plus récemment, créer des bases de loisirs. Mais ils ont longtemps été conduits dans
l’ignorance des fonctionnements hydrologique et écologique des systèmes fluviaux, dont la
compréhension repose aujourd’hui pour l’essentiel sur des résultats obtenus au cours des deux
dernières décennies. Or, ces aménagements modifient de façon durable les composantes
physiques des cours d’eau : pente, profondeur, vitesse du courant, forme des berges. Ils ont
donc des répercussions sur le fonctionnement des écosystèmes qui ne sont pas toujours
prévisibles à long terme. En général ils induisent une diminution de la diversité naturelle des
habitats et des espèces présentes. En outre, l’enfoncement du lit d’un cours d’eau abaisse le
niveau de sa nappe d’accompagnement, ce qui nuit aux boisements riverains.
Le Rhin : un exemple édifiant d’aménagement ignorant du long terme
Jusqu'au milieu du XIXe siècle, le Rhin était un fleuve libre, peu perturbé par l’action des
hommes. Ses bras multiples formaient un réseau enchevêtré qui abritait de nombreuses îles
couvertes de forêts alluviales foisonnantes, parmi les plus riches d'Europe occidentale Ses
eaux hébergeaient une quarantaine d’espèces de poissons, dont le saumon. Ses crues
fréquentes inondaient les forêts, entretenant une grande diversité animale et végétale, et
alimentaient la nappe phréatique rhénane. Mais, lors de ses crues, le Rhin devenait violent et
causait des dommages importants aux villages voisins, et la navigation y demeurait difficile.
On chercha à apprivoiser ce Rhin sauvage en édifiant entre 1830 et 1936 un réseau continu de
digues. Un chenal permanent fut également construit pour faciliter la navigation. Ces premiers
aménagements réduisirent la largeur du fleuve d’environ 14 % et enfoncèrent son lit ; en
outre, en limitant son champ d’inondation, ils appauvrirent les forêts rhénanes. Malgré tout
leurs effets restaient limités et les saumons pouvaient encore remonter le Rhin pour y frayer.
Mais la canalisation du Rhin, entreprise dès 1930 avec l’édification du Grand Canal d’Alsace,
eut des conséquences délétères bien plus graves. Ses objectifs étaient d’améliorer la
navigation et d’exploiter l’énergie hydroélectrique. En réalité, les populations situées en aval
du secteur aménagé furent exposées à un risque accru d’inondation. En outre, plus de 50 %
des forêts furent détruites sur la rive française et la dégradation de la qualité des eaux, dans les
années 1950 et 1960, fit disparaître les poissons migrateurs, comme le saumon, et appauvrit
considérablement la faune piscicole. Enfin, la réduction des champs inondables du Rhin
réduisit l’alimentation de la nappe phréatique rhénane tout en la privant de ses filtres
purificateurs naturels qui la débarrassaient des nitrates et des phosphates. Aujourd’hui tous
ces efforts paraissent désuets car les deux objectifs de navigation fluviale et de production
d’énergie hydroélectrique ont beaucoup perdu de leur intérêt. On assiste donc à une
multiplication d’actions et de projets nouveaux visant à concilier la gestion des crues pour
sécuriser les populations riveraines, la gestion des milieux naturels pour restaurer leur
biodiversité, et la gestion de la nappe phréatique pour favoriser sa ré-alimentation en eau de
bonne qualité.

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2. Définition :
Les cours d’eau sont des milieux dynamiques évoluant perpétuellement en fonction
des caractéristiques physiques et saisonnières. La qualité de vie d’un cours d’eau dépend de
nombreux facteurs tels que la vitesse du courant, la sinuosité du lit, le débit, la qualité de la
ripisylve, le taux d’oxygène dissous....
Ces facteurs peuvent être dégradés ou modifiés, c’est pourquoi les cours d’eau doivent être
entretenus ou aménagés afin de maintenir ses différentes fonctionnalités liées à différents
usages.
3. Facteurs physico chimiques, biologiques et hydromorphologiques
Pour découvrir les facteurs d’influence de la qualité des cours d’eau
3.1. Facteurs physico chimiques
Les principaux facteurs physico-chimiques déterminant l’état des cours d’eau sont les
suivants :
- la température,
- le taux d’oxygène dissous
- le taux d’azote
- le taux de phosphore
- le taux de polluants
- le pH
- le taux de salinité
- la présence ou non de prolifération végétale
- le taux de matières en suspension....

3.2. Les facteurs hydromorphologiques représentent les facteurs morphologiques et


dynamiques (évolution des profils en long et en travers). Sont alors étudiés :

Figure (01) : L’aire géographique d’alimentation du cours d’eau.

- le lit mineur (diversification des écoulements, aménagement de l’habitat piscicole, sinuosité


du cours d’eau, pente, granulométrie...)
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Figure (02) : Des faciès d’écoulement diversifiés.

3.2.1. Différents exemples d’aménagements essentiellement piscicoles.

Figure (03) : Risberme en enrochements

Figure (04) : Agencement de blocs

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Figure (05) : Des blocs et radier artificiel

Figure (06) : Caches artificielles sur un petit ruisseau affluent

- l’état des berges et des ripisylves

Figure (07) : Des berges naturelles.

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- le lit majeur et ses annexes: (maillage bocager, reconnexion des annexes hydrauliques,
bandes enherbées, restauration de zones humides...)

3.2.2. Déconnexion entre le lit mineur et le lit majeur et ses annexes hydrauliques
Ces déconnexions ont des caractéristiques très variables selon les cours d’eau, la
largeur de la zone intra-digues, la hauteur des digues, etc. : elles peuvent être permanentes :
plus aucune connexion n’existe quel que soit le niveau atteint par les crues ;elles peuvent être
temporaires ou se traduire « seulement» par une moindre fréquence de connexion : par
exemple, les connexions qui avaient lieu au moins une fois par an ou une fois tous les 2 ans,
ne se font plus que tous les 5 ans, tous les 10 ans, etc.

Figure (08) : Des annexes hydrauliques.

4. les différentes conditions à respecter dans l’aménagement:


- le régime hydrologique; en respectant ou rétablissant
- les débits minimums d’étiage,
- la connexion avec les eaux souterraines,
- l’alternance de courants lents et rapides,
- une variation des profondeurs.
- les conditions morphologiques; en respectant les connectivités latérales des cours d’eau
avec ses milieux annexes tels que les prairies inondables, les bras morts, les zones humides...,
le maintien ou le rétablissement de l’état physique des berges et de la végétation riveraine.
- la continuité écologique : en rétablissant la libre circulation des organismes aquatiques (par
exemple les poissons migrateurs) à des échelles spatiales compatibles à leur cycle de
développement et en rétablissant des flux de sédiments.

5. Les différents types d’aménagement:


Sans intervention de l’Homme, la richesse des cours d’eau disparaît. En effet, les lits des
cours d’eau s’encombrent de divers détritus et les berges sont envahies par la végétation.
L’envasement prend alors le dessus, les capacités d’écoulement sont réduites et les risques

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d’inondation augmentent. La qualité écologique diminue, les cours d’eau sont alors moins
diversifiés en terme d’espèces (animales et végétales).
Les différents travaux visent donc à :
- maintenir ou améliorer la qualité de l’eau (augmentation de son pouvoir épurateur),
- freiner ou favoriser l’écoulement des eaux selon la sensibilité aux inondations,
-stabiliser les berges pour lutter contre leur érosion,
- améliorer la qualité des habitats pour la faune et la flore
- préserver la qualité paysagère.

Protection des berges

Figure (09) : Enrochement de berge en secteur agricole.

Figure (11) : Murs en traversée urbaine.

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Figure (12) : Palplanches en protection de berge de rivière naviguée.

Figure (13) : Exemple de réduction de la richesse spécifique au niveau de l’écotone « rive


» suite à une protection de berge (d’après Amoros et al., 1993).

- la continuité écologique (migration des poissons) et la ligne d’eau : présence d’un obstacle à
l’écoulement, reconquête des écoulements libres...
- le débit

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6. Améliorer ou préserver les fonctions des cours d’eau :
Toute intervention doit être précédée d’un diagnostic de l’état initial et global du cours d’eau
(de l’amont et de l’aval) ce qui permet de mieux cibler les différents objectifs des
interventions. Ensuite, l’impact de ces dernières doit être mesuré. Enfin, une évaluation et un
suivi des travaux doivent être réalisés. Toute intervention doit donc être raisonnée et planifiée.
Trois types d’intervention sont utilisés :
- la restauration consiste à mener des opérations permettant de rendre à la rivière l’état dans
lequel elle aurait dû se trouver si elle avait fait l’objet d’une gestion régulière,
- l’aménagement consiste à modifier fortement le cours d’eau en vue de satisfaire un objectif
particulier,
- l’entretien consiste à garder le cours d’eau dans un état optimal.
Citons quelques méthodes pour entretenir le lit d’un cours d’eau
- le faucardage : Cette technique assure le bon écoulement des eaux ce qui va favoriser la
circulation de l’oxygène, la diminution du taux de matières organiques et réduire les obstacles
susceptibles de gêner la circulation des poissons.
- le curage : Cette technique limite l’engorgement du lit et évite les dépôts trop importants.
- mise en place de déflecteurs ou épis, des minis seuils
-recharger le lit en matériaux granulaires

Endiguement et merlons de curage

Figure (14) : Endiguement en béton sur les deux berges en zone urbanisée

Figure (15) : Ancien merlon de curage en bordure

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Figure (16) : Etroit pour les crues fréquentes et large pour les crues plus rares en zone
rurale

L’endiguement d’un cours d’eau a souvent été couplé à d’autres interventions telles que :
- la rectification du lit mineur ;
- la protection des berges contre l’érosion ;
- la suppression de la ripisylve.
- Les impacts sont donc souvent multiples.

7. Des interventions sur les berges et les ripisylves :


Les opérations d’entretien des cours d’eau concernent particulièrement celui des ripisylves et
des berges.
La ripisylve est une formation végétale composée de trois strates :
- une strate herbacée
- une strate arbustive
- une strate arborée
La ripisylve a de nombreux rôles quant à la préservation de la qualité des cours d’eau :
- elle protège et consolide les berges
- elle retient les pollutions diffuses et élimine naturellement les nitrates.
- elle évite le dessèchement et freine le ruissellement de l’eau
- elle abrite de nombreuses espèces
- elle fait office de corridor biologique.
Les berges sont des écotones. Elles constituent une zone de transition entre
l’écosystème aquatique et forestier (qui est la ripisylve). Elles abritent des espèces de milieux
aquatiques et de rive (par exemple, la musaraigne aquatique (Neomys fodiens), le martin
pêcheur (Alcedo atthis), le cincle plongeur (Cinclus cinclus) et bien d’autres...).
Si les berges doivent être restaurées, leur artificialisation (en béton par exemple) n’est pas
conseillée. Elles perdent alors leur potentiel de corridor écologique, ne permet plus les
échanges entre le sol et le cours d’eau. De plus, il arrive que les espèces telles que les
amphibiens ne puissent pas remonter sur la berge par manque de support. Des techniques de
génie végétal sont alors utilisées. Ces techniques consolident les berges avec des végétaux
vivants. Leur système racinaire permet de stabiliser les berges et de les protéger du courant et

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de l’érosion. Différents facteurs physiques et botaniques sont à prendre en compte pour les
plantations comme par exemple :
- l’exposition à la lumière
- le pH
- la porosité du sol
- la morphologie aérienne des végétaux
- le pouvoir de régénération des végétaux
- leur action sur les autres plantes
- la morphologie du système racinaire.....

8. Améliorer la diversité biologique


La Directive Cadre sur l’eau fait apparaître comme obligation le rétablissement de la
continuité écologique sur les cours d’eau classés "à grands migrateurs" et ceux qui pourraient
le devenir. Le saumon, l’alose, la lamproie, la truite, l’anguille, qui sont des poissons
migrateurs, sont très sensibles à la qualité de l’habitat et en particulier pour se reproduire.
Pour en savoir plus consultez la rubrique vie aquatique : Importance des caractéristiques du
milieu pour les espèces.
Différents aménagements sont donc nécessaires afin d’augmenter la capacité d’accueil
du milieu pour les poissons :
- mise en place d’ouvrages telles que les passes à poissons : les passes à poissons permettre
aux poissons de franchir des obstacles artificiels.
- mise en place de divers habitats :
- de frayères,
- de caches sous berges où ils peuvent se reposer, s’abriter,
- de déflecteurs qui diminuent la section d’écoulement et contribuent à la diversification des
habitats (création de fosses par exemple) et des écoulements
- de seuils qui créent des petites chutes d’eau qui favorisent l’oxygénation du milieu et
maintiennent une hauteur d’eau adéquate pour le développement des juvéniles. Les seuils vont
également favoriser le développement de fosses à l’aval (zones refuges potentielles)
- Le fond doit présenter certaines particularités pour que les femelles viennent pondre :
- Un lit de galets ou de graviers stables pour éviter un déplacement trop important des œufs en
cas de crue.
- La granulométrie doit être adaptée pour que les femelles puissent creuser un trou et y mettre
leurs œufs
- La hauteur d’eau, la vitesse du courant et l’oxygénation sont également des facteurs
importants.
Les barrages doivent également être aménagés afin que les poissons puissent les franchir en
remontant la rivière.
Il ne faut pas oublier les aménagements complémentaires afin de lutter contre les
espèces exotiques envahissantes qui perturbent les hydro systèmes et ont un impact important
sur la biodiversité indigène. Pour en savoir plus, consultez la rubrique "suivi et protection des
milieux aquatiques" : les espèces invasives
Afin d’améliorer la qualité des écosystèmes aquatiques et de diversifier les habitats
certaines règles sont à respecter :

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- Modifier le moins possible la morphologie du cours d’eau
- Ne pas artificialisée les berges et le fond
- Reconnecter les bras morts
- Respecter les liaisons fonctionnelles entre le cours d’eau et les annexes hydrauliques
(prairies, parcelles riveraines
- Diversifier les écoulements

Aménagement contre l’inondation

1. Introduction :
L’inondation peut être définie comme étant une submersion temporaire, naturelle ou
artificielle d’un espace terrestre ; cette submersion affecte en général les terrains avoisinant un
cours ou un plan d’eau à niveau variables tels que les lits majeurs, les parties basses des
vallées et les plaines côtières.

2. définition:
Elle correspond à la submersion de terrains à la suite d’épisodes pluvieux importants
ou d’accidents (rupture accidentelle d’un endiguement protégeant des terrains sous le niveau
normal des eaux, rupture de barrage). Les fortes pluies engendrent une crue, parfois associée à
une remontée de la nappe phréatique. On distingue deux grands types de crues :
2.1. Les crues océaniques:
Sont provoquées par des précipitations réparties sur plusieurs jours ou semaines, mais
d’intensité modeste, et/ou parfois par la fonte des neiges. La montée des eaux et la décrue sont
lentes, progressives et donc facilement prévisibles. La durée des hautes eaux varie de
plusieurs jours à quelques semaines selon la taille du bassin d’alimentation du cours d’eau et
la durée des précipitations.
2.2. Les crues torrentielles:
Résultent des précipitations de type orageux. Elles durent entre quelques heures et deux
journées, et se produisent très vite après les pluies (moins de 24 h). Ces crues, plus fréquentes
dans les zones de relief accidenté et dans les régions à climat méditerranéen ou tropical.
Lit mineur :
Espace fluvial formé d'un chenal unique ou de chenaux multiples et de bancs de sables
et/ou galets, recouverts par les eaux coulant à pleins bords avant débordement. Un cours d'eau
s'écoule habituellement dans son lit mineur (basses eaux et débit moyen annuel).
Lit majeur :
Espace situé entre le lit mineur et la limite de la plus grande crue historique
répertoriée.
3. Types d’inondations :
On distingue plusieurs types d'inondations selon la nature de la crue qui les occasionne :
3.1. Par débordement direct :
Le cours d'eau sort de son lit mineur pour occuper son lit majeur, les sites en bordure
de cours d’eau sont le plus souvent inondés par un débordement direct. En fait, une rivière a
deux lits : le lit mineur où les eaux s'écoulent en temps ordinaire, et le lit majeur incluant les
zones basses situées de part et d'autre du cours d'eau. Après des pluies fortes ou persistantes,
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3.2. Par débordement indirect :
Les eaux remontent par effet de siphon à travers les nappes alluviales, les réseaux
d'assainissement ...
3.3. Par stagnation d'eaux pluviales ou ruissellement:
Liée à une capacité insuffisante d'infiltration, d'évacuation des sols ou du réseau de
drainage lors de pluies anormales. Ces inondations peuvent se produire en zone urbanisée, en
dehors du lit des cours d'eau proprement dit, lorsque l'imperméabilisation des sols et la
conception de l'urbanisation et des réseaux d'assainissement font obstacle à l'écoulement
normal des pluies intenses (orages, en particulier de type cévenol).
3.4. Par rupture d’une protection:
L’inondation consécutive à une rupture de digue est un phénomène très brutal et
d’autant plus dommageable que le site étudié est proche de la digue. Une rupture peut
provoquer l’entrée d’un mur d’eau de plusieurs mètres de haut. Il est très difficile de prévoir
la rupture d’un ouvrage de protection, ce qui rend la prévention de ce type d’accident
particulièrement incertaine.
Il y a lieu de noter, ici, quelques cas significatifs des inondations survenues à :
Azazga (Tizi Ouzou), le 12 octobre 1971 et qui ont occasionné 40 morts et des centaines
d’habitations détruites.
Tizi Ouzou, du 28 au 31 mars 1974 et qui ont provoqué 52 décès dans la Wilaya, 18000
sinistrés et des dégâts évalués à l’époque à 27 millions de DA.
El Eulma (Sétif), le 1er septembre 1980 qui ont fait 44 décès,
Annaba, le 11 novembre1982, au niveau du centre-ville et qui ont fait 26 morts et 9500
sinistrés.
Jijel, le 29 décembre 1984 et qui ont occasionné 29 morts et 11000 sinistrés.
Bordj Bou Arréridj, le 23 septembre 1994 et qui ont provoqué 16 décès et des égâts évalués
à 10.000.000DA.
Oued Rhiou ,22 décès.
Alger (Bab-El-Oued), le 10 novembre 2001, et qui ont fait 710 décès, 115 disparus et 30
milliards de DA de pertes.
En effet, si les inondations sont classées comme catastrophe naturelle et sont la
conséquence d’importantes chutes de pluie, il n’en demeure pas moins que dans plusieurs
régions, elles sont imputables aux agissements de l’homme.
Parmi les causes fondamentales à l’origine de ces catastrophes, il convient de citer
notamment :
- Une situation météorologique particulière se traduisant par une forte pluviométrie ;
- Une défaillance des réseaux d’évacuation ;
- Des gonflements d’oueds par des décombres et détritus ;
- Des constructions qui dévient le cours naturel des oueds ;
- L’extension urbanistique des villes dont certaines se sont développées près et au flanc des
montagnes, telles que Ain Defla, Batna, Médéa, et d’autres qui se trouvent actuellement
traversées par des oueds telles que Sidi Bel Abbés et Bordj Bou-Arreridj.

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4. Effets des inondations sur la santé humaine :
Les effets sanitaires se répartissent en trois catégories, selon le moment où ils
surviennent :
- Effets survenant durant ou immédiatement après l’inondation ;
- Effets se développant dans les jours voire les premières semaines suivant
l’inondation ;
- Effets à plus long terme, susceptibles d’apparaître après des mois ou des années et/ou
durer des mois voire des années.
Toutes ces catégories peuvent se subdiviser en effets directs et indirects sur la santé.
Tableau : Effets sanitaires des inondations :

Effets directs
Causes Conséquences pour la santé
Rapidité d’écoulement des eaux ;
caractéristiques topographiques ; absence
d’alerte préalable ; début de la crue ; hauteur
atteinte par des eaux ; glissements de terrain ; Noyade ; blessures
comportements à risque ; eaux s’écoulant
rapidement et charriant des blocs de pierre et
des arbres
Contact avec l’eau Maladies respiratoires ; choc ; hypothermie ;
arrêt cardiaque
Contact avec des eaux polluées Blessures infectées ; dermatites ;
conjonctivites ; maladies gastro-intestinales ;
infections ORL ; éventuelles maladies graves
d’origine hydrique
Augmentation du stress physique et Risque accru de troubles psychosociaux et
émotionnel d’incidents cardiovasculaires
Effets indirects
Causes Conséquences pour la santé
Dégâts subis par les systèmes Éventuelles infections d’origine hydrique (E.
d’approvisionnement en eau, les systèmes coli entéropathogène, Shigella, hépatite A,
d’épuration et le réseau d’égouts ; leptospirose, giardiase, campylobactériose) ;
approvisionnement insuffisant en eau potable dermatites ; conjonctivites
; approvisionnement insuffisant en eau pour
la toilette
Perturbation dans les systèmes de transport Pénurie d’aliments ; gêne pour les secours
d’urgence
Dommages causés aux conduites
souterraines ; et aux réservoirs de stockage ;
inondations de sites abritant des déchets

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toxiques ; rejets de produits chimiques ; Effets potentiels aigus ou chroniques dus à
dommages subis par des réservoirs contenant une pollution chimique
du pétrole, pouvant entraîner des incendies
Eaux stagnantes ; fortes précipitations ;
expansion des habitats des vecteurs de Maladies transmises par vecteurs
maladie
Migration des rongeurs Éventuelles maladies transmises par les
rongeurs
Désorganisation des réseaux sociaux ; pertes
des biens, de l’emploi et d’êtres chers Éventuels troubles psychosociaux
(membres de la famille et amis)
Activités de nettoyage après l’inondation Électrocution ; blessures ; lacérations ;
perforations
Destruction des produits alimentaires de base Pénurie alimentaire
Dommages subis par les services sanitaires ; Diminution des prestations de services de
désorganisation des activités de services santé« normaux » ; accès insuffisant à des
sanitaires « normaux » soins médicaux

Les effets des inondations ne se limitent pas aux dommages matériels et humains
directs ou indirects à la suite des épidémies provoquées par le manque d’eau potable. Les
eaux de ruissellement rapides entraînent l’érosion du sol ainsi que des problèmes de dépôts de
sédiments.
Lorsqu’elles se prolongent, les inondations retardent la circulation, endommagent les
systèmes de drainage et compromettent les pratiques agricoles. Les culées de ponts, les rives,
les embouchures d’égouts sont endommagées ; la navigation et l’approvisionnement en
énergie hydroélectrique sont compromis
5. Effets des inondations sur les services d’AEP et d’assainissement
5.1. Services d’eau potable
- Arrêt de production
- Mise en distribution d’eau non potable
- Pression insuffisante
- Modification des caractéristiques de l’eau distribuée
5.2. Services d’assainissement
- Aggravation des inondations au détriment d’habitations, d’infrastructures ou d’activités
économiques
- Pollution prolongée résultant de l’arrêt de l’épuration
- Dégradation physique du réseau.
6. Conclusion:
La crue c’est un grand danger sur l’environnement, pour diminue les risques il faut
prendre la mise ouvre d’un programme de protection contre les crues par exemple:
- Isoler et protéger les réseaux publics; La création des bassins d’orage; Faire des
dérivations spéciales; Renforcer les digues (barrage, rivière); Évacuateur de crue; Limitation

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de l’urbanisme dans les zones à risque; L’aménagement de territoire; Nettoyage des berges
(rivière, fleuve); Élimination des obstacles (Dragage ).

Données de base

1. Introduction:
Avant tout projet de protection contre les inondations, l'étude du site est nécessaire
pour connaître les caractéristiques physiques du lieu et les facteurs influençant sur la
conception du projet.
2. Données naturelles du site
2.1. Situation géographique
2.2. Topographie et relief :
La topographie joue un rôle très important dans la conception du projet. Le périmètre à
étudier présente des pentes fortes favorisant un écoulement rapide et sans infiltration des eaux
de pluie dans le sol.
De ce fait, il y’a présomption d’écoulement à des vitesses importantes et une diminution du
temps de réponse des crues (les crues éventuelles sont présentes dans un temps assez court).
2.3. Situation climatique :
L’étude du climat est nécessaire, elle nous informe sur la pluviométrie de la région, les
températures et les vents. Le climat de la région est froid et pluvieux en hivers, chaud et sec
en été.
2.3.1. La température
2.3.2. Les vents
2.3.3. La pluviométrie

2.4. Géologie du site :


La reconnaissance géologique du site nous permettra de prendre les dispositions
indispensables à la réalisation des tranchées, ainsi que le choix des engins de terrassement à
utiliser.
2.5. Sismicité

Etude hydrologique
1. Introduction :
L'étude hydrologique pour la réalisation d'un ouvrage hydrotechnique révèle d’une
importance considérable. Le but est donc de mettre en évidence les paramètres hydrologiques
des talwegs qui traversent la ville tels que les débits des crues, les apports des micros bassins
(apports liquides et solide) qui constituent la base de dimensionnement des ouvrages
constituant l’aménagement.
2. Caractéristiques hydromorphométriques des bassins versants:
3. Analyse des données pluviométriques :
4. Les apports :

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Erosion et transport solide

1. Introduction :
Le Maghreb est l’une des régions les plus vulnérables au monde à l’érosion des sols,
en raison de son climat semi-aride, la présence de relief abrupt et accidenté et de la pauvreté
de la végétation.

L’ampleur de l’alluvionnement du fond des barrages par dépôts successifs des


sédiments ramenés par les cours d’eau, a fait l’intérêt d’un grand nombre de chercheurs qui
ont tenté d’expliquer les mécanismes complexes du transport solide et de quantifier les
volumes des sédiments transportés.
Le volume de matériaux qui se déposent chaque année dans les retenues des barrages
algériens est évalué en moyenne à 20 millions de m3 par an (B. Remini, 1999) ce qui
contribue à réduire de 0.3% par an les capacités de stockage de l’eau estimées à 6.2 milliard
de m3.
L’érosion hydrique constitue en Algérie un phénomène très grave qui affecte durement
le patrimoine foncier. Elle touche 45% des zones telliennes soit 12millions d’hectares
cultivables.
Ce phénomène devient encore plus grave si l’on si que 85% des surfaces cultivables,
sont situées dans les zones les plus sensibles à l’érosion.
Il existe plusieurs formules permettant la quantification de l’érosion, parmi ces
formules il y a (voir le cours de l’année passée):
- Formule universelle de Wischmeier
- Formule de Fournier
- Formule de Tixeront
- Formule de Sogreah
2. Transport solide :
Le transport solide représente l’entraînement de granulats sous l’action d’un écoulement
(écoulement à surface libre).
Le transport solide dans les cours d’eau constitue la seconde phase de l’érosion. Il relève
essentiellement du ruissellement et met en jeu diverses formes d’écoulement de l’eau dans la
nature.
Les matériaux alluvionnaires constituant le lit des cours d’eau proviennent:
- Des éléments de surface, en général des matériaux meubles du bassin versant
(l’érosion en nappe) ;
- De l’érosion des berges du lit des cours d’eau et de leurs affluents (érosion linéaire).
Ces sédiments localisés dans les lits des oueds sont transportés par les crues pour être déposés
soit sur des plaines à faibles pente, soit dans les cuvettes des barrages ou à la mer.
Généralement deux modes de transport solide sont considérées :
- le transport solide par charriage
- le transport solide en suspension.
Les deux modes diffèrent par deux aspects essentiels : dans le premier mode, les particules se
déplacent par roulement et glissement sur le fond et leurs vitesses est inférieur à celle de
l’écoulement. Dans le deuxième mode, les particules se déplacent au sein de l’écoulement

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avec une vitesse de même ordre de grandeur que celle du fluide. Il n’existe pas de délimitation
nette entre ces deux modes de transport. Il y a même des auteurs qui considèrent un troisième
mode caractéristique intermédiaire, la saltation, où les particules se déplacent par des bonds,
en alternant le charriage et la suspension.
Le mode de transport dépend essentiellement de deux paramètres : la taille des sédiments
transportées et de la vitesse d’écoulement.

2.1 Transport solide par charriage :


Le transport solide par charriage, représente la progression de sédiments grossiers (sables,
graviers, galets et blocs), de diamètre supérieur à 1mm, qui se déplacent par roulement ou
glissement, au voisinage immédiat du fond du cours d’eau, et parcourent des distances
relativement petites et discontinues dans le temps et dans l’espace.
Les mesures sur le terrain du transport solide par charriage sont très délicates à cause des
perturbations de l’écoulement. De ce fait, les évaluations de ce type de transport se basent sur
les modèles réduits au laboratoire, des travaux ont estimé le taux de charriage de 12.5 à 15%
de la suspension.

2.2 Transport solide en suspension :


Le transport solide en suspension représente le transport de sédiments fins (argiles,
limons, sable fins), de taille micronique, maintenues en suspension sur toute la hauteur de la
masse liquide du cours d’eau, sous l’action des fluctuations turbulentes de l’écoulement. Les
sédiments se déplacent sur des grandes distances et le débit solide croit de l’amont vers l’aval.
Graf, 1971 à donner des valeurs qui détermine le mode de transport. Ces valeurs utilisent le
rapport entre la vitesse de l’écoulement V sur le lit du cours d’eau, et la vitesse W de chute
des particules.
V
> 0.1 début de transport par charriage
W
V
> 0.4 début de transport par suspension
W
3. Erosion du fond, dépôt
Dans une rivière naturelle, l’écoulement n’est jamais uniforme soit parce que des
paramètres géométriques changent, par exemple la pente ou la largeur, soit parce qu’il y a des
singularités comme des méandres ou des seuils. Il y a donc des zones à plus fortes vitesses et
des zones à plus faible vitesse.
Dans les zones à forte vitesse, il y a des matériaux prélevés : ce sont des zones d’érosion
du fond.

17
Dans les zones à faible vitesse, les matériaux provenant de l’amont peuvent se déposer à
nouveau : ce sont des zones de dépôt.
Une rivière naturelle présente donc une double variabilité de son lit :
- dans l’espace : il y a des zones qui favorise l’érosion et des zones qui favorise le dépôt.
- dans le temps : des matériaux fins déposés en régime moyen pourront être agressifs en
crue.
L’érosion du fond et les dépôts sont des conséquences de l’évolution des débits au sein
du cycle hydrologique annuel.
4. Saturation en débit solide :
Le débit solide est le volume de matériaux granulaires transportés par le courant par
unité de temps. Il s’exprime en m3/s.
Pour une vitesse donnée, le cours d’eau a une capacité de transport solide liée à
l’énergie de l’eau. Le cours d’eau transporte toujours autant de matériaux qu’il est capable
d’en transporter, à condition bien sur que ces matériaux soient disponibles sur place, c’est à
dire sur le fond ou sur les berges. A chaque instant l’écoulement est donc saturé en débit
solide. Dans cette situation, le tronçon de rivière considéré est en équilibre et le débit solide
entrant est égal au débit solide sortant. On dit aussi que le taux d’érosion est égal aux taux de
dépôts.
- Si débit solide > capacité de transport : dépôt ; une eau fortement chargée dépose ;
- Si débit solide < capacité de transport : érosion du fond ; une eau peu chargée érode ;

Qs entrant
Qs sortant

Lors que Qs sortant = Qs entrant : équilibre


Qs sortant > Qs entrant : érosion
Qs sortant < Qs entrant : dépôt

5. Contrainte tractrice et début de mise en mouvement d’une particule :


Chaque grain du fond d’un cours d’eau est susceptible d’être en mouvement sous l’action
des forces hydrodynamiques appliquées par l’écoulement, compte tenu de son propre poids et
du rôle des grains voisins.
Pour un écoulement permanent uniforme de tirant d’eau Y. L’eau étant en mouvement,
exerce sur les parois du chenal une force de frottement noté
dF =  0 .ds
0 : contrainte tractrice ou contrainte tangentielle à la paroi
Pour un écoulement uniforme
 0   w .Rh .i i :pente de fond
Pour un écoulement non-uniforme
 0   w .Rh . j j :pente de la ligne de charge

18
Pour étudier la possibilité de mise en mouvement d’un grain sans cohésion de diamètre d et de

poids volumique spécifique  s .


On considère la forme du grain est sphérique et de diamètre d, donc :
 .d 3
 le poids est p . s
6
 le poids immergé est la résultante du poids P et de la poussée d’Archimède P’
 .d 3
p'  . w
6
Le poids est vertical et la poussée d’Archimède est normale à l’écoulement.
P est décomposée en composante vertical Pn et autre horizontale Pt
Pn = P. Cos  et Pt = P. Sin 
 .d 3
 Le poids immergé est Pn  P '  P.Cos   P '  ( s .Cos    w )
6
La force de frottement engendrée par le contact grain -grain et grain- eau est de :
 .d 3 .tg
F  ( s .Cos   w ).
6
tg : Coefficient de frottement grain sur grain mesuré sous l’eau
 La force d’entraînement due à l’écoulement est proportionnelle à la section du grain
E  b. 0 .d 2

Vp
b : étant un coefficient de forme b Vp : volume de la particule
Vsp
Vsp : volume de la sphèr
En état d’équilibre ΣF=0
F=Pt + E donc E=F - Pt
d3
b. 0 .d =  ( s .Cos   w ).tg   s .Sin .
2
6
pour  faible sin  =0 , cos  =1

19
0  .tg 0
 on pose    c’est le paramètre de Shields
( s   w ).d 6.b ( s   w ).d

Pour  0   w .R h .i      w .Rh .i paramètre de Shields


( s   w ).d
Rh : rayon hydraulique
i : pente de l’écoulement

 s : Poids volumique spécifique des grains solide  s =26 à 27.5 KN/m3


 w : Poids volumique spécifique de l’eau  w =9.8 à 10.0 KN/m3
d : diamètre du grain

Sur le fond du lit, le début de mise en mouvement s’analyse à partir de force de cisaillement
due ou courant, appelée force de cisaillement  0

Dans le cas des matériaux de la berge, et non plus au fond, la force de pesanteur
s’ajoute à la force tractrice pour faciliter le début de mouvement. La force tractrice sur une
pente d’angle  avec l’horizontal :

sin 2 
  1 . 0
sin 
2

 : Angle d’équilibre des sols constitutifs de la berge (angle de la pente pour laquelle ils sont
en équilibre limite, sans écoulement)
Cet angle d’équilibre est appelé aussi angle de repos.
D’après Lane pour d=10mm  =25° - 35°
d=20mm  =30° - 38°
d=50mm  =36° - 41°
d=100mm  =25° - 35°

a. Valeurs limites du paramètre de Shields pour les rivières à sable :


Shields à montré expérimentalement en 1936 que pour une granulométrie uniforme, la
loi de mise en mouvement des grains pouvait s’exprimer par une simple relation en  et le
nombre de Reynolds du grain
d
R  U . où :

0
U   g .R h .i Vitesse de frottement près de fond
w

 Pour R <1 régime laminaire

 Pour 1< R < 1000 régime est semi turbulent
 Pour R  > 1000 régime est turbulent
20
Une classification pratique est proposée par Ramette pour les rivières à sable :
Pour  <0.027
 Le grain de diamètre d est au repos ; le fond est plat

0.027<  <0.047
 Apparition des premiers mouvements ;

0.047<  <0.062
 Le grain est charrié sur fond plat

0.062<  <0.25
 Le grain est charrié par dunes

0.25<  <2.5
 Le grain est transporté par dunes en suspension

  > 2.5 Le grain est transporté en suspension sur fond plat

Les dunes apparaissent pour  =0.062, sont maximales pour  =0.38 et disparaissent
 

pour  =0.25

 Les anti-dunes apparaissent pour  très élevés, de l’ordre de 4.5 à 5


Notion de contrainte efficace (cas des rivières à sable) :


La rugosité des fonds (traduite par le coefficient Kf) est due à la fois à la rugosité
individuelle des grains (coefficient Kgrains) et à l’irrégularité des fonds, c'est-à-dire aux
dunes. Kf  Kgrains , les deux valeurs sont égales quand le fond est plat
0 : La contrainte tractrice est la somme d’une contrainte tractrice due à la rugosité de fond
(appelée efficace) noté  . 0 et une contrainte tractrice virtuelle due aux dunes.
 0   w .R h .i : Contrainte tractrice totale
 . 0 : Contrainte tractrice due aux grains, est contrainte tractrice efficace
(1   ). 0 : Contrainte tractrice due aux dunes ; elle est virtuelle

Force tractrice totale

Force tractrice due au grain

Force tractrice due aux dunes

Selon cette théorie, il y a donc un réel transport solide mesurable en terme de volume
lorsque :  . 0 > 0.047

21
Kf
On admet que  ( ) 3 / 2 compris entre 0.34 à 1
K grains
21
K grains  1/ 6
d 50
Kf : coefficient de rugosité de strickler
b. Valeurs limites du paramètre de Shields pour les rivières à graviers :
Les rivières à graviers ne présentent pas de dunes et la notion de force tractrice efficace
devient inutile.
Selon Parker, 1982 lorsque :
-  <0.088 il y a apparition des premiers mouvements

-  >0.138 la couche pavée est détruite et il y a apparition du charriage


Le paramètre  est calculé à partir du diamètre médiane d50 des sédiments (et non pas des

couches pavées)

 w .Rh .i
 
( s   w ).d 50
6. Estimation du début solide :
De nombreux hydrauliciens ont cherché à établir des relations permettant d’estimer le débit
solide d’un cours d’eau, à partir de mesures en modèle réduit. Il n’y a pas de formule
universelle de transport solide.
On va donné deux formules qui sont utilisées en France, ces formules évaluent la capacité de
transport solide par charriage et d’autre qui estime la capacité de transport total.
6.1 formule de capacité de transport par charriage :
a. cas des rivières à granulométrie uniforme :
La formule empirique de Meyer-peter et müler (1948) donne la capacité de transport
solide par charriage, lorsque les sédiments ont une taille uniforme.
qs
 8.(  .   0.047) 3 / 2
(( s /  w )  1).g .d 3

Pour g=9.81m/s2 il vient plus simplement


qs  32.( .   0.047) 3 / 2 .d 3 / 2 Pour  s /  w  2.6 – 2.65
qs  33.( .   0.047) 3 / 2 .d 3 / 2 Pour  s /  w  2.7 – 2.75
qs : débit solide en m3/s par mètre de large du lit

  : Paramètre de Shields sans dimension


d : diamètre des sédiments en mètre
 s =26 – 27.5 KN/m3

22
 w =9.8 – 10 KN/m3
 : compris entre 0.34 – 1,  =1 lorsque le fond est plat
On constate d’après les formules qu’il n’y a pas de transport solide lorsque  . 0 < 0.047
Meyer-peter et müler ont établi la formule dans les conditions suivantes :
- Ecoulement uniforme
- 0.01< y <1.2m
- 0.4mm< d <30mm
- Granulométrie uniforme
M. Ramette limite d’emploi de ces formules au cas ou  <2.5

b. Cas des rivières à graviers (granulométrie étendue)


Dans le cas des rivières à granulométrie étendue c'est-à-dire à des matériaux de dimension
non uniforme.
D’après Parker tous les grains du substrat alimentent le débit solide lorsque le paramètre de
Shields  calculé pour diamètre médian d50 dépasse environ 0.138,

Pour le cas de granulométrie étalée en remplace le seuil critique 0,047 par 0,138.
q s  32.( *  0.138) 3 / 2 .d 50
3/ 2

Remarque : Comme signalé en introduction, il existe de nombreuse autres formules de


transport par charriage : du Boys, Schoklitsch, Shields, Smart et Jaeggi, Bathurst, Sogreah,
Lefort, Rickenmann, Van Rijn, Nielsen …
6.2 Formule de capacité de transport solide total :
La formule empirique de Engelund et Hansen (1967) donne le transport solide en volume
de grains total pour les sédiments non-cohésifs (charriage et suspension)
qs k 2 R1 / 3  5 / 2
 0.05( )
(( s /  w )  1).g .d 3 g
q s :débit solide en m3/s par mètre de largeur
K: Coefficient de strickler global du lit mineur incluant la rugosité des berges
 s
En remplaçant g par sa valeur et en supposant =2.6 ou 2.7
w

q s  0.02 K 2 .R 1 / 3 . * .d 3 / 2
s
5/2
Pour =2.6
w
qs  0.0062K 2 .R17 / 6 .i 5 / 2 .d 1

q s  0.021K 2 .R 1 / 3 . * .d 3 / 2
s
5/2
Pour =2.7
w
qs  0.0059K 2 .R17 / 6 .i 5 / 2 .d 1
Le débit solide total est Qs = qs.l

23
7. Vitesse de début d’entraînement :
La vitesse qui provoque le début de mise en mouvement (par charriage) d’un grain d est
appelée vitesse de début d’entraînement V
V= k. y2/3.i1/2 le début de charriage   =0.047
21
y.i = 0.047x1.6xd =0.075xd avec Kgrain= 1/ 6
donc V= 5.8 y2/3.d1/3
d
8. Conclusion :
Les caractéristiques du transport solide dépendent de plusieurs paramètres : débit
liquide, hauteur d'eau, pente, nature des particules, contrainte du fond, turbulence, etc.
D’où la difficulté de différenciation entre les deux types de transport solide : charriage et
suspension; la frontière floue est une réalité qui reste à éclairer. Plusieurs critères ont été
édités pour définir chaque type de transport. Le recours aux critères hydrodynamiques s’est
avéré le meilleur à utiliser car il tient compte de deux paramètres fondamentaux du transport

et du dépôt à savoir : la vitesse de frottement U* et la tension de frottement  .


Les résultats expérimentaux étudiés pour permettre la mise en évidence de certaines
tendances et établir des formules empiriques qui doivent être complétées par la modélisation,
cette dernière obéit à des lois basées sur des concepts physico-mathématiques. L’application
des lois de conservation a conduit au système Saint-Venant-Exner couplant la phase solide et
la phase liquide de l’écoulement. Il en s’avère donc que le modèle de transport solide utilisé
est fondé sur une vision physico-mathématique soutenue par des formules empiriques.

Etude des crues


1. Introduction:
L’intéret économique de la détermination du débit maximal, probable d’un cours d’eau
est évident en raison des effets destructifs bien connus de ces événements hydrologiques.
2. Définition:
Une crue est un événement comprenant une ou plusieurs augmentations rapides et
fortes du débit d’une rivière maintenant ce débit au dessus d’un seuil donné. La crue simple,
si elle présente une seule pointe. Elle est dite complexe si elle présente plusieurs points.

3. Différentes méthodes d’évaluation des crues :


Les techniques utilisées pour la détermination des crues dépendent pour une grande part
des données disponibles. Presque chaque problème qui se produit est uniquement, du aux
variations des conditions et des données, qui fait que c’est la disponibilité des données plutôt
que la nature des problèmes qui conditionnent la procédure. Il n’existe pas encore une unicité
de calcul des crues, les méthodes de calcul diffèrent aussi selon le chargé d’études.
Nous rappelons ci-dessous, les différentes méthodes de calcul des crues que chacune
d’elles a ses avantages et ses inconvénients.
3.1. Méthodes historiques :
Etudes des archives, enquêtes auprès des populations et recherches d’anciennes traces des
crues (les niveaux atteints par les crues du passé).

24
3.2. Méthodes empiriques :
Relations établies entre le débit et la surface du bassin versant, la pluie et la période de
retour comme les formules de Greager, Fuller, Snyder, Possenti, etc.…
3.3. Courbes enveloppes :
Les pointes de crues maximales observées dans une région de caractéristiques
hydrologiques homogènes sont reportées en fonctions de la surface du bassin versant,
permettant de tracer une courbe enveloppée (Francu-Rodier, Chaumont…).
3.4. Méthodes probabilistes :
Analyse des débits afin de déterminer la loi de probabilité à laquelle ils répondent
(Gumbel, Galton, Pearson III, Log Pearson III.).
Méthode du Gradex basée sur l’hypothèse que durant des pluies fortes, alors que le sol du
bassin approche de la saturation, chaque augmentation de la pluie tend à produire une
augmentation du débit. En conséquence, sur un graphique de Gumbel, les droites de
répartitions des fréquences des pluies et des débits sont parallèles.
3.5. Méthodes déterministes :
Modélisent fondamentalement le processus pluie - écoulement du bassin et elle a pour
objectif de déterminer non seulement le débit de pointe mais également l’hydrogramme
correspondant à la crue que celui aussi permet d’estimer le volume de cette crue.
3.6. Méthode de l’hydrogramme unitaire :
Basée sur un travail de dépouillement averses – crues (version de Sherman).
Dans notre étude on va utiliser les méthodes empiriques.
4. Application sur les bassins versants :
Partant des données morphologiques et pluviométriques existantes, une évaluation des débits
de pointes des crues sera faite à partir des formules empiriques :
Mallet – Gauthier, Giandotti, Turazza, et Sokolovsky. Ces relations sont celles qui traitent au
mieux les petits bassins.
4.1. Formule de Mallet – Gauthier :
Dans leur étude sur les problèmes de l’eau en Algérie, ils ont établi une formule
exprimant le débit maximum en crue en fonction des précipitations, de la surface du bassin
versant et d’un coefficient K caractéristiques géographique et climatique du bassin versant.
s
Q max, p %  2 K . log( 1  20 H ) 1  4 log T  log s
L
K : constante comprise entre 1-3 on prend: K=2
H : Précipitation moyenne interannuelle en m, H = 0,537 m
S : Surface du bassin en Km²
L : Longueur du talweg principal en Km
T : Période de retour
4.2. Formule de Turazza :
Cette formule utilise l’intensité moyenne maximale de précipitations déterminées sur un
intervalle de référence égal au temps de concentration du bassin versant.

c .i tc . A
Q max, p% 
3 .6
Avec : A : Surface du sous bassin.
i tc : Intensité moyenne maximale des précipitations pendant une durée égale
au temps de concentration en mm/h.
C : coefficient de ruissellement de la crue considérée pour une probabilité P%.

25
4.3. Formule de Giandotti :
Le débit maximum probable est donné par la formule suivante :
C . S . h tc ,p % h moy  h
Q max, p %  min

4 S  1 ,5 L
Avec : S : Surface du sous bassin en Km²
L : Longueur du talweg principal en Km
hmoy : Altitude moyenne en m
hmin : Altitude minimale en m
htc,p% : Lame d’eau précipitée pour une probabilité donnée et d’une durée égale au
temps de concentration des eaux
C : coefficient topographique variant entre 66 et 166.
4.4. Formule de Sokolovski :
Le débit maximum probable est donné par la formule suivante :
X p%tc.p%.s. f
Qmax,p%  0,28.
tm  tc
αp% : coefficient de ruissellement pour la crue probable
Pct %  H 0
 p% 
Pct %  H 0
Avec : S : Surface du bassin versant en Km²
f : Coefficient de forme de la crue
tc : Temps de concentration du sous bassin en h
Xp%, tc : précipitation en mm, de probabilité p% correspondant à un temps tc.
0.28 : coefficient de changement d’unité
Le coefficient de forme de la crue peut être calculé par la formule :
12
f 
4  3 
Pour S  50km² on a   2
- Pour des petits bassins non boisés, sol peu perméable, on a :   2  2.5
- Pour bassin boisé, sol perméable on a :   3  4
5. Hydrogrammes des crues :
Les Hydrogrammes de crues pour diverses fréquences sont évalués par la méthode de
Sokolovski qui assimile l’hydrogramme à deux équations paraboliques :
n
 t 
La montée de la crue : Q max  Q max p  
 tm 
m
 td  t 
La décrue : Q max  Q max p  
 td 
Avec : tm : temps de montée de la crue;
td : temps de la décrue;
m ,n : puissance des équations m = 2, n = 3;

26
tm = tc et td =  . tc On prend   2
Les débits de crues des différentes périodes de retour de chaque sous bassin sont donnés aux
tableaux suivants ainsi que les Hydrogrammes correspondants.

Diagnostic et présentation des aménagements


1. Introduction :
Le choix des tracés de la section d’écoulement est fait de manière à répondre aux
normes de sécurité et sans que les constructions avoisinantes ou les terrains agricoles n’en
soient affectés.
Les conditions topographiques des lits des oueds font que la section trapézoïdale est la plus
adaptée pour l’aménagement choisi avec des pentes établies de manière à réduire le volume
des travaux de terrassement.
2. Dimensionnement des ouvrages proposés:
2.1. Evaluation du débit des eaux pluviales :
Généralités :
Pour l’estimation des eaux pluviales, on fait un découpage de l’aire de notre zone
d’étude en sous bassins, en suivant des critères bien précis, en suite on attribue à chaque sous
bassin un coefficient de ruissellement pondéré en fonction de la nature du sol à drainer et
l’occupation de leur superficie. La quantification des eaux de ruissellement est obtenue par
l’application de différentes méthodes, comme la méthode superficielle ou rationnelle.
2.1.1. Méthode rationnelle :
La méthode rationnelle est un excellent outil pour la détermination d’un hydrogramme.
En effet, elle permet toute au long du développement de calcul, de rationaliser les résultats et
de dégager ainsi les meilleures caractéristiques du projet.
Comme une des finalités de la méthode consister à évaluer, au fur et à mesure de
l’avancement de calcul, le temps de concentration aux divers points caractéristiques du
parcours de l’ouvrage, toute modification dans la résolution entraîne nécessairement une
irritation de calcul, et de ce point on peut dire que la méthode rationnelle est une méthode de
convergence permettant d’optimiser les résultats.
La méthode repose sur l’utilisation de la formule de TURAZZA : Q = α.Cr.A.i
Avec : Q : Débit à évacuer (débit d’eau ruisselé) en l/s.
A : Surface de l’aire de l’influence en ha.
i : Intensité moyenne de précipitation en l/s/ha.
Cr : Coefficient de ruissellement.
α : Coefficient réducteur de l’intensité de pluie.
Les hypothèses de base de la méthode rationnelle sont par conséquent, les suivantes :
 L’intensité de l’averse en mm/h est uniforme dans le temps et dans l’espace, sur
l’ensemble du bassin drainé.
 Le débit de pointe (Qp) en m3/s de l’hydrogramme de ruissellement est une
fraction du débit précipité.
 L’intervalle de récurrence du débit de pointe est le même que ce lui de l’averse
d’intensité uniforme i.
 Le coefficient de ruissellement est invariable d’une averse à l’autre.
2.1.2. Méthode superficielle :
Cette méthode a été proposée par M. CAQUOT en 1949. C’est une forme globaliste de
la méthode rationnelle. Et d’une manière générale, en faisant intervenir tous les mécanismes
d’écoulement, cette méthode permet de calculer aux divers points caractéristiques des

27
tronçons, le débit de pointe qui servira à la détermination ultérieure des dimensions
hydrauliques des ouvrages évacuateurs.
Elle se traduit par l’équation suivante :
1  1 w
Q (f) = K u . I u . Cr u . A u
Où :
Q (f) : Débit pluvial de fréquence 95٪, en m3/s ;
K, u, ν et w : Coefficients d’expression ;
I : Pente moyenne du collecteur du sous bassin considéré, en m/m ;
Cr : Coefficient de ruissellement ;
A : Surface du sous bassin considéré, en ha.
Les coefficients d’expression K, u, ν et w sont donnés par les relations suivantes :
(0,5)b(f) .a(f)
K=
6 ,6
ν = -0,41.b(f)
u = 1 + 0,287.b(f)
w = 0,95 + 0,507.b(f)
Sachant que : a(f) et b(f) sont des paramètres de la relation :
i(t,f) = a(f).tb(f)
Où :
i(t,f) : Intensité de pluie de durée t et de fréquence f.
t = 15 min.
f = 95⅓.
 Validité de la méthode superficielle :
Les limites d’application de la méthode superficielle sont :
• La limite supérieure de la surface du sous bassin est de 200 ha.
• Le coefficient de ruissellement doit être compris entre 0,2 et 1.
• Le coefficient d’allongement M doit être supérieur à 0,8
• La pente doit comprise entre 2% et 5 ‰.
2.2. Coefficient de ruissellement Cr :
Le coefficient de ruissellement d’un sous bassin exprime le rapport du volume d’eau de
pluie ruisselée à ce lui qui est tombé sur ce bassin. D’une manière générale, ce coefficient est
le taux d’imperméabilité du bassin. Il dépend de la nature du sol, de l’inclinaison du terrain
(la pente), de la densité des pluies et de la densité de la population.

Tableau : Variation du coefficient de ruissellement suivant la nature de surface.

Coefficient de
Nature de surface
ruissellement Cr
Toits 0,9

Rues 0,85 ÷ 0,9


Surfaces goudronnées 0,25 ÷ 0,6

Espaces verts 0,05 ÷ 0,2

28
Tableau: Variation du coefficient de ruissellement suivant la densité de la population

Densité de la Coefficient de
population/ha ruissellement Cr
30 ÷ 80 0,2 ÷ 0,27
60 ÷ 150 0,3 ÷ 0,45
200 ÷ 300 0,6 ÷ 0,62
300 ÷ 400 0,6 ÷ 0,80
400 ÷ 700 0,7 ÷ 0,90

Dans le cas où la surface du sous bassin considéré est formée de plusieurs aires
élémentaires, caractérisée chacune par un coefficient de ruissellement Cri, la détermination du
coefficient de ruissellement pondéré est donnée par la relation suivante :

Crp =
 (Ci  Ai)
 Ai
Où :
Ai : La surface de l’aire partielle d’ordre i.
Cri : Coefficient de ruissellement d’ordre i.
Crp : Coefficient de ruissellement pondéré.
2.3. Choix de la méthode de calcul :
En tenant compte des caractéristiques de notre zone d’étude du point de vue surface,
pente et coefficient de ruissellement la méthode superficielle est plus appropriée à ce cas de
figure.
2.4. Calcul des débits pluviaux :
2.4.1. Calcul des coefficients :
L’intensité moyenne des précipitations peut être représentée de façon approximative par
la formule :
I (t, f) = a(f).tb(f)
Alors que la formule de MOTANARI s’écrive comme suite :
i 24 ( f )  t  b-1
it(f) = . 
60  24.60 
Et par analogie, on aura :
b(f) = b-1 = 0,44-1 ;
P24 ( f )  1  b-1 162 x1
et : a(f) = .  =
60  24.60  24.60.( 24.60) 0.44 1
Après application numérique :
a(f) = 6,6 mm/min.
=>
et : b(f) = -0,56.

Donc les coefficients d’expressions seront :


(0,5)b(f) .a(f)
K= = 1,47.
6 ,6
ν = -0,41.b(f) = 0,23

29
u = 1+0,287.b(f) = 0,84

w = 0,95+0,507.b(f) = 0,67
Ce qui nous amène à avoir la formule de MOTANARI sous la forme :
1  1 w
Q(f) = K u . I u . Cr u . A u = 1,58. I 0, 27 . Cr 1,19 . A0,8 (m3/s).
Remarque :
Le débit exprimé par la formule de MOTANARI est un débit brut, à ce dernier, on
attribue un coefficient (m) correcteur qui tient compte de la forme du sous bassin.
Telle que :
0 , 7.b
M 
m=  
2
Avec :
M : coefficient d’allongement du sous bassin.
m : coefficient correcteur.
2.4.2. Le coefficient d’allongement :
Le coefficient d’allongement du sous bassin est défini comme étant le rapport du plus
long parcours hydraulique (L) par le coté du carré ayant la même superficie à celle du sous
bassin considéré.
Donc ; on a :
L
M=
A
Avec :
L : Longueur du plus long parcours hydraulique.
A : Surface du sous bassin considéré.
Dans le cas où on a plusieurs sous bassins, alors leur coefficient d’allongement diffère selon
qu’ils soient en série ou en parallèle.
On a donc ;

- Sous bassins en série : M =


 Lk .
Ak
Lt . max
- Sous bassin en parallèle : M = c .
Ak
Avec :
∑ Lk : Somme des parcours hydrauliques des sous bassins.
∑ Ak : Somme des surfaces des sous bassins.

Ltc.max : Longueur du parcours hydraulique qui est déterminé selon le parcours


du temps de concentration maximum.
2.4.3. Pente moyenne :
La pente moyenne d’un sous bassin est prise généralement égale à la pente moyenne du
collecteur qui le dessert. Quand le parcours de l’eau ruisselante ne représente pas de déclivité,
la pente sera calculée comme étant le rapport entre la différence des côtes amont et aval sur la
longueur de parcours.
C  C aval
I = amont (m/m)
L
Avec : Camont : Côte amont du parcours, en m.

30
Caval : Côte aval du parcours, en m.
Dans le cas où on a plusieurs sous bassins qui représentent des pentes partielles différentes,
alors la pente moyenne équivalente sera
2
 

-Sous bassins en série : Iéqui = 
 Li  .
 Li 
 
 Ii 

-Sous bassin en parallèle : Iéqui =


 I i .Qi .
 Qi
Calcul hydraulique
1. Introduction :
L’écoulement de l’eau à surface libre est un phénomène beaucoup plus compliqué que
l’écoulement en charge parce que la présence d’une surface libre entraîne les variations des
sections liquides suivant la longueur du courant même en cas d’obstacles insignifiants. Il
exige l’étude des processus de formation des ondes et parfois nécessite la prise en
considération de l’influence des forces tensioactive …etc. Les courants à surface libre peuvent
être permanent, non permanent, uniforme ou non uniforme.
Dans ce manuel on n’examine que les courants permanents.
2. calcul hydraulique des ouvrages choisies :
Pour un écoulement lentement variable, on peut admettre qu'en toute section la pente de
la ligne de charge est celle d'un régime uniforme.
2.1. Les conditions de l’écoulement uniforme :
1- le débit de l’eau dans chaque section des tronçons proposés est constant.
2- le canal est prismatique.
3- La profondeur h du courant est constante sur sa longueur.
4- La pente de chaque section est constante.
5- Les résistances locales sont absentes.
2.2. Les formules de calcul principal :
La formule de calcul principale pour un écoulement permanent uniforme de l’eau est la
formule de Chézy :
La vitesse moyenne du courant sous la forme suivante :

v  c Ri
Sachant que : Q  vs , on obtient :
Q  CS Ri
Avec : C : cœfficient de Chézy (m0.5/s)
S : section mouille (m2)
Rh : rayon hydraulique Rh = S/P (m)
I : pente du fond du canal.
2.3. Détermination de cœfficient de Chézy :
En utilisant les formules empiriques pour la détermination du cœfficient de Chézy :
2.3.1. Formule de PAVLOVSKI :

31
1
C  R 1 / y

n
Avec :
C : cœfficient de Chézy (m0.5/s)
n : la rugosité
Rh : rayon hydraulique Rh = S/P (m)
y : est l’exposant déterminé soit d’après la relation complète :
y  2 .5 n  0 . 13  0 . 75 R ( n  0 . 10 ) ….. (V.4)
Soit d’après les égalités simplifiées :
y  1 .5 n a R ‹ 1m

y  1 .3 n
a R ›1m
2.3.2. Formule d’AGROSKINE :
1
C   17 . 72 log R
n
Avec :
C : cœfficient de Chézy (m0.5/s)
Rh: rayon hydraulique Rh = S/P (m)
n : la rugosité
2.3.3. La formule de MANING-STRICKLER :
1 1/6
C= R
n
C : cœfficient de Chézy (m0.5/s)
Rh : rayon hydraulique Rh = S/P (m)
n : la rugosité
La formule de MANING-STRICKLER permet de transformer la formule de Chézy pour
obtenir :
V = Ks.Rh3/2.I1/2
Où :
Ks : coefficient de rugosité de STRICKLER.
Rh : le rayon hydraulique (m).
I : la pente du radier.
Remarque :
Dans notre étude on a choisi la formule de MANING-STRICKLER.
3. Les paramètres géométriques :
5.5. Le choix de la section de meilleure conductivité :
Le profil de meilleure conductivité est le profil qui véhicule le débit maximum.
Pour un canal de pente Ju et de coefficient de rugosité n, la section qui véhicule le débit
maximum Qmax est celle où le rayon hydraulique Rh est maximal, et la section S est minimale.
(Rh étant la surface mouillée Sm sur le périmètre mouillé Pm).
Notre choix portera sur la section rectangulaire,
On définit la surface mouillée S et le périmètre mouillé P par :
S = h. ( b + m.h ) = b.h
P = b + 2.h. 1  m 2 = b+2.h

32
Avec :
m : Le fruit des talus, m = 0, dans la section la plus avantageuse
h : Le tirant d'eau maximum (pour Qmax ), en m.
b : La largeur du canal, en m.
5.6. Calcul du rayon hydraulique maximale:
On a: Rh = S / P

Alors: Le rayon hydraulique sera max pour une valeur de Pmin.


Le périmètre soit min pour dP=0.
On a :
dS = h db + (b + m.h) dh = 0
dP = db + 2 (1 + m2 )0.5 dh = 0
Les équations 1 et 2 donnent :
b = 2h (1 + m2 )0.5 - m
  2  1 m 2
 m 
b
Pour le section rectangulaire :    2 Avec :   Largeur relative
h
Alors: b = 2h
Tableau : paramètres géométriques d'un canal à section rectangulaire:

Désignation Expression

b 2h

B b

S h.b = b2

P b + 2h = 2b

S h
Rh =
P 2

5.7.Calcul de la profondeur normal hn:


La détermination de h n se fait par plusieurs méthodes ; Et parmi ces
méthodes on a la méthode itérative et la méthode d’AGROSKINE.
Méthode itérative :
On tire la valeur de h 0 à partir de l’équation générale de l’écoulement
uniforme :
Q = S.C. R . I
Avec :
S : Section mouillée ;
C : coefficient de CHEZY ;
R : Rayon hydraulique ;
I : pente du canal ;

33
Donc on fixe la valeur de b, on fait varier les valeurs de h n et on détermine Q
Jusqu’à Q m a x .
5.8. Calcul de la profondeur critique h c r :
Le calcul de h c r se fait aussi par plusieurs, utilisé trois méthodes :
Parmi cette méthode on a, La méthode graphique, la méthode itérative et
finalement la méthode d’AGROSKINE.
5.8.1. Méthode graphique :
La méthode graphique est basée sur le graphe de l’énergie en fonction de h.
Et puisque la valeur de h c r est la valeur qui corresponde une énergie
cinétique plus énergie potentielle minimal e. Donc on construit le graphe de
Hs = f (h) sachant que Hs = Ep + Ec
Ep : Energie potentielle et est égale à h ;
Ec : Energie cinétique et égale à V²/2g ;
5.8.2. Méthode analytique d’AGROSKINE :
La méthode d’AGROSKINE utilise la formule suivante :
  Q 2  B
La condition de criticité est :
cr
 1
g  S cr
3

Avec :
B : largeur du plan d’eau en surface
g : l’accélération gravitaire prise égale 9.81
Pour un canal rectangulaire :
Q ²
hcr ( R )  3
g.b²
5.9. Calcul de la pente critique:
La pente critique correspond à la profondeur critique,elle est donnée par la formule suivante :

Q  C .S cr . R h . I cr
Donc :
2
Q
I cr  2 2
C . S cr R h
5.10. Calcul de la ligne d’eau
5.10.1. Equation de la surface libre de la ligne d'eau :
L'équation de la surface libre de la ligne d'eau, est une équation liée à l'abscisse et à
l'ordonnée de chaque point de la ligne d'eau pour un débit et une pente du canal donnée.
En se basant sur l'équation d'énergie :
H = z + V2 / 2g + h
Et sur l'équation de la continuité :
Q = V. S
Dérivant l'équation (V.22) par rapport à dx, on trouve :
d  (Q / S ) 2  dh dz dH
.   
dx  2 g  dx dx dx

34
dH (Q / S )2
Comme :
dz
 J f et  Je   2
dx dx C .Rh
On trouve :
(Q / S ) 2
1 
dh C 2 .R h . j f
 J f
dx (Q / S ) 2
1 
g .S / B
5.10.2. Calcul de la surface d'eau :
Pour le tracé de la surface d'eau, on doit passer par l'intégration de l'équation
On peut distinguer pour cela 3 méthodes de calcul :
 La méthode par approximation successive.
 La méthode par intégration directe.
 La méthode par intégration graphique.

Remarque :
Pour notre étude, on a utilisé le logiciel " CANALP " dont le principe de calcul est
basé sur la première méthode (La méthode par approximation successive).

35