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Marches de potentiel et potentiels delta

Davide Mancusi
5 octobre 2009

1 Marche négative de potentiel


Potentiel (g. 1) :

(
0 x<0
V (x) = (V0 > 0)
−V0 x>0

Équation de Schrödinger aux valeurs propres :

h̄2 2
 
− ∇ + V (x) ψ(x) = E ψ(x) (1)
2m

Il faut d'abord résoudre l'équation séparément à gauche et à droite de x = 0, et


puis raccorder les solutions en x=0 en utilisant des conditions de continuité.
On est intéressé par le comportement d'une particule qui provient de la
gauche de la marche. Soit donc E > 0.

1.1 Solution dans la région I (x < 0)


Équation à résoudre (Éq. (1)) :

2mE
ψI00 (x) = − ψI (x)
h̄2
C'est l'équation d'un oscillateur harmonique. Dénissons

r
def 2mE
k= ;
h̄2
La solution générique dans la région I s'écrit :

ψI (x) = Aeıkx + Be−ıkx

Les deux ondes représentent respectivement une particule d'impulsion +h̄k


(onde incidente) ou −h̄k (onde rééchie).

1
VHxL

I II
x

-V0

Fig. 1  Marche négative de potentiel.

1.2 Solution dans la région II (x > 0)


Équation à résoudre (Éq. (1)) :

00 2m(E + V0 )
ψII (x) = − ψII (x)
h̄2
C'est encore l'équation d'un oscillateur harmonique. Dénissons

s
2m(E + V0 )
k0 =
def
;
h̄2

La solution générique dans la région II s'écrit :

0 0
ψII (x) = Ceık x + De−ık x

On a supposé que la particule provient de la gauche. Donc il n'y a pas d'onde


0
du type e−ık x dans la région II, c'est à dire on impose D = 0. Il nous reste

0
ψII (x) = Ceık x

1.3 Conditions de raccord


Continuité de la fonction d'onde et de sa dérivée :
(
ψI (0) = ψII (0)
ψI0 (0) = ψII
0
(0)

Explicitement :
(
A+B =C
k(A − B) = k 0 C

2
Exprimons B et C comme fonctions de A :

k − k0
B= A
k + k0
2k
C= A
k + k0
Solution : (
ψin (x) + ψr (x) x < 0
ψ(x) = ,
ψt (x) x>0

def
ψin (x) = Aeıkx
k − k 0 −ıkx
def
ψr (x) = A e
k + k0
def 2k ıkx
ψt (x) = A e
k + k0
La normalisation de la fonction d'onde (A) reste justement indéterminée, car
l'Éq. (1) est linéaire.

1.4 Coecients de transmission et de réexion


Courant de probabilité associé à une fonction d'onde ψ :


(ψ ∗ ∇ψ − ψ∇ψ ∗ ) .
def
j =
2mı
Courant incident :

h̄ ∗ 0 ∗0

jin = ψin ψin − ψin ψin
2mı
h̄k 2
= |A|
m
Observons que h̄k/m est la vitesse classique de la particule incidente.
Courant transmis :


ψt∗ ψt0 − ψt ψt∗ 0

jt =
2mı
2
h̄k 0 2

2k
= |A|
m k + k0

Courant rééchi :


ψ ∗ ψ 0 − ψr ψr∗ 0

jr =
2mı r r
2
h̄k 2 k − k 0

= |A|
m k + k0

Observons que
jin = jt + jr

3
Coefficient
1.0

0.8
T
0.6

0.4

0.2
R E
€€€€€€€€€
1 V0

Fig. 2  Coecients de transmission et réexion pour la marche négative de


potentiel (avec mV0 = 1).

pour la conservation de la probabilité.


Coecient de transmission (probabilité que la particule traverse la marche
de potentiel) :

def jt
T =
jin
4kk 0
= 2
(k + k 0 )

Coecient de réexion (probabilité que la particule soit rééchie par la marche


de potentiel) :

defjr
R=
jin
2
k − k0

=
k + k0

Et, naturellement,
T + R = 1.
Limites avec l'énergie :

pour E → ∞ : T → 1, R → 0.
pour E → 0 : T → 0, R → 1 !
Classiquement, T =1 pour toute E > 0.

2 Potentiel delta
Potentiel :
V (x) = aδ(x)

4
La fonction delta de Dirac peut être imaginée comme étant nulle partout sauf
en x = 0, où elle vaut inni. Elle satisfait l'identité suivante :
Z ∞
δ(x)f (x)dx = f (0)
−∞

Équation de Schrödinger aux valeurs propres :

h̄2 2
 
− ∇ + aδ(x) ψ(x) = E ψ(x) (2)
2m

Comme dans le cas de la marche de potentiel, il faut résoudre l'équation sépa-


rément à gauche et à droite de x = 0, et puis raccorder les solutions en x=0
en utilisant des conditions supplémentaires.

2.1 Cas E > 0


2.1.1 Solution dans la région I (x < 0)
Équation à résoudre (Éq. (1)) :

2mE
ψI00 (x) = − ψI (x)
h̄2
Même solution que dans le cas de la marche de potentiel :

ψI (x) = Aeıkx + Be−ıkx (3)


r
def 2mE
k= . (4)
h̄2

2.1.2 Solution dans la région II (x > 0)


L'équation à résoudre est la même que dans la région I. La solution générique
dans la région II s'écrit donc :

ψII (x) = Ceıkx + De−ıkx

Encore une fois, on impose D=0 et on obtient

ψII (x) = Ceıkx .

2.1.3 Conditions de raccord


On garde la condition de continuité de la fonction d'onde :

ψI (0) = ψII (0)

Mais si l'on intègre l'Éq. (2) entre −ε et ε on obtient :

h̄2 0
− [ψ (ε) − ψ 0 (−ε)] + aψ(0) = 0
2m
Pour ε → 0, on voit que la dérivée de ψ ne peut pas être continue en x = 0. On
utilise cette équation comme condition de raccord supplémentaire.

5
Les conditions de raccord sont donc :

 ψI (0) = ψII (0)
2
 − h̄ [ψ 0 (0) − ψ 0 (0)] + aψI (0) = 0
2m II I

Explicitement :

A+B =C
2
ıkh̄
− (C − A + B) + a(A + B) = 0
2m
Exprimons B et C comme fonctions de A :

−1
ıkh̄2

B=A −1
am
 −1
am
C=A + 1
ıkh̄2
Solution : (
ψin (x) + ψr (x) x < 0
ψ(x) = ,
ψt (x) x>0

def
ψin (x) = Aeıkx
−1
ıkh̄2

e−ıkx
def
ψr (x) = A −1
am
 −1
def am
ψt (x) = A + 1 eıkx
ıkh̄2

2.1.4 Coecients de transmission et de réexion


Courant incident :
2 h̄k
jin = |A|
m
Courant transmis :

−1
ma2

2 h̄k
jt = |A| 1+
m 2h̄2 E
Courant rééchi :
−1
2h̄2 E

2 h̄k
jr = |A| 1+
m ma2
Coecient de transmission :

jt
def
T =
jin
−1
ma2

= 1+ 2
2h̄ E

6
Coefficient
1.0

0.8 T
0.6

0.4

0.2 R
2 E Ñ2
€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€
1 m a2

Fig. 3  Coecients de transmission et réexion pour la potentiel delta.

Coecient de réexion :

jr
def
R=
jin
−1
2h̄2 E

= 1+
ma2
Observons que les coecients ne dépendent que de a2 , et donc sont les mêmes
pour un potentiel attractif ou répulsif.
Encore une fois,

jin = jt + jr ,
T + R = 1.
Limites avec l'énergie :

pour E → ∞ : T → 1, R → 0.
pour E → 0 : T → 0, R → 1.

2.2 Cas E < 0  états liés


2.2.1 Solution dans la région I (x < 0)
Équation à résoudre (Éq. (1)) :

2mE
ψI00 (x) = − ψI (x)
h̄2
Cette fois, le coecient −2mE/h̄2 est positif. Les solutions sont donc des expo-
nentielles réelles.
La solution générique est :

ψI (x) = Aekx + Be−kx (5)


r
def −2mE
k= . (6)
h̄2

7
L'interprétation physique de la fonction d'onde (amplitude de probabilité) nous
empêche d'accepter des solutions dont l'intégrale diverge. On impose donc B=
0.
ψI (x) = Aekx .

2.2.2 Solution dans la région II (x > 0)


L'équation à résoudre est la même que dans la région I. La solution générique
dans la région II s'écrit donc :

ψII (x) = Cekx + De−kx

Pour les mêmes raisons que ci-dessus, il faut imposer C = 0.

ψII (x) = De−kx .

2.2.3 Conditions de raccord


Condition de raccord de la fonction d'onde et de sa dérivée :

 ψI (0) = ψII (0)
2
 − h̄ [ψ 0 (0) − ψ 0 (0)] + aψI (0) = 0
2m II I

Explicitement :

A=D
 2 
h̄ k
+a A=0
m

Si A = D = 0, on obtient la solution banale (et non physique) : ψ(x) = 0


partout. On est intéressés par des solutions qui soient normalisables, donc avec
A 6= 0. Une telle solution existe seulement si

h̄2 k
+ a = 0,
m
c'est à dire si a<0 et si
am
k=− .
h̄2
(k est toujours positif ). En termes de l'énergie :

ma2
E=− .
2h̄2
Celle-ci est la seule valeur négative de l'énergie pour laquelle l'équation de Schrô-
dinger avec a < 0 admet une solution normalisable. L'énergie est donc quantiée.
On appelle la solution
ψ(x) = A e−k|x|
un (le seul) état lié du système.

8
La valeur absolue de la constante A peut être déterminée en imposant la
condition de normalisation
Z +∞
2
|ψ(x)| dx = 1,
−∞

ce qui donne
|A|2 = k .
Si on choisit A réel, la fonction d'onde de l'état lié est

ψ(x) = k e−k|x| .

3 Exercice supplémentaire : potentiel avec double


delta
Potentiel :
V (x) = a[δ(x − L) + δ(x + L)] (a < 0)
Combien d'états liés admet ce potentiel ?
Essayez de résoudre ce problème en suivant la même procédure de l'exercice
précédent. Une solution partielle est déjà un bon résultat !

4 Exercice supplémentaire : puits de potentiel in-


ni avec delta
Potentiel : 
∞
 x < −L
V (x) = aδ(x) −L < x < L a>0

∞ x>L

Ce potentiel représente une schématisation simpliée du potentiel ressenti


par l'atome d'azote dans la molécule d'ammoniac ; le delta en x=0 représente
le plan avec le trois atomes d'hydrogène.
Combien d'états liés y a-t-il ? Quelles sont les énergies de ces états ? Une
solution analytique pourrait être impossible, mais on peut dériver une formule
valide dans la limite de E très grand. . .