Vous êtes sur la page 1sur 15

ETUDE DU SOL

Définition du sol :
C’est « la formation naturelle de surface, à structure meuble et d'épaisseur variable,
résultant de la transformation de la roche mère sous-jacente sous l'influence de divers
processus, physiques, chimiques et biologiques, au contact de l'atmosphère et des êtres
vivants » (Albert Demolon)

La science qui étudie les sols, leur formation, leur constitution et leur évolution, est la
pédologie
Composition du sol :

Il existe un grand nombre de types de sols, parmi lesquels les sols bruns, les podzols, les sols
hydromorphes (à gley ou pseudo-gley), les sols rouges, les sols iso humiques, les sols
ferralitiques, les sols ferrugineux…...
On considère qu'un bon sol agricole est constitué de 25 % d’eau, 25 % d’air, 45 % de matière
minérale et de 5 % de matière organique

Le sol est un corps vivant composé de deux fractions


1° La fraction minérale, squelette du sol.
Il est constitué de
- Sables
- Limons
- Argiles
- Roches supérieures à 2mm, silicates ou carbonates
2° La fraction Organique, métabolisme du sol
Il est constitué par L’humus (issu des matières végétales et animales en décomposition)

L’humus est composé d'éléments principaux (le carbone-C, l'hydrogène-H, l'oxygène-O et


l'azote-N), et d'éléments secondaires (le soufre-S, le phosphore-P, le potassium-K, le
calcium-Ca et le magnésium-Mg, ainsi que d'oligoéléments)

Le pH des sols
Le pH des sols, qui traduit l’acidité des sols s’échelonne de 1 à 14, il nous renseigne sur la
nature des roches sur lesquelles s'est formé le sol.
Les micro-organismes affectionnent un sol dont le pH est neutre, c'est à dire proche de 7.
Le pH (abréviation de "potentiel Hydrogène") indique un degré d'acidité (de 0 à 6,5) ou
d'alcalinité (de 7,5 à 14) d'une solution, 7 indiquant la neutralité.

La grande majorité de plantes préfèrent des terres neutres, exceptées les plantes acidophiles
ou calcifuges (pH de 4 ou 5) ou au contraire les plantes calcicoles (ph de 8).

Comment mesurer le PH de son sol


Procurez-vous des bandelettes de mesure du PH en pharmacie, et mettez une poignée de
terre bien humide au fond d’un verre, puis collez la bandelette sur la terre.
Au besoin, ajoutez un peu d’eau de pluie pour humidifier la terre.
Identifier la nature d’un sol
Pour connaître la nature de votre sol, suivez les étapes suivantes :
1. Prélevez une poignée de terre et mélangez-la à un peu d'eau.
2. Essayez de façonner la terre pour obtenir un boudin.
3. Interprétez ; si la terre s'émiette et que les particules refusent de s'agglomérer, votre terre
est sableuse. Si le boudin montre plus de cohésion, il s'agit d'une terre franche. Si vous
pouvez en former un cylindre fin et ferme, votre terre est argileuse.

Comment se forme le sol ?


Le sol met très longtemps à se constituer (plusieurs milliers d’années).

Dans certaines conditions, la roche-mère, élément minéral est altérée par l’air et l’eau. Cela
permet l’installation de premières plantes pionnières. Ensuite, la matière organique
provenant de plantes et d’animaux morts forme en surface une litière. Décomposée par la
faune du sol, elle est transformée en humus. Puis mélangé à des éléments minéraux, le sol
devient cultivable, c’est ce que l’on appelle de la terre arable.

Animation Ademe sur la formation d’un sol

http://www.mtaterre.fr/dossier-mois/chap/867/Comment-se-forme-le-sol
La vie du sol :

- De nombreux organismes trouvent dans le sol un abri, un support ou un milieu


indispensable à leur vie.

o Pour les animaux du sol, on parle de microfaune (< 0,2 mm), mésofaune (de
0,2 à 4 mm) et macrofaune (> 4 mm). A titre d'exemple, rien que pour la
microfaune, un seul mètre carré de prairie permanente bretonne abrite dans
ses 30 premiers cm jusqu’à 260 millions d'organismes animaux/m²
(ind./m²), appartenant à plusieurs milliers d’espèces. Cette biomasse
animale correspond au minimum à 1,5 t/ha ou le poids de deux vaches). Le
labour de cette prairie et sa mise en culture diminue de -20 à -90 % le nombre
de lombriciens en trois ans, surtout avec un travail mécanisé du sol et avec
des pesticides.
o En plus des virus, ce sont jusqu'à 100 millions de micro-organismes qui vivent
dans un gramme de sol.
- La respiration du sol, poumon de la terre

o Le bilan respiratoire correspond à la somme des flux de CO2 et de vapeur


d'eau libérés par le métabolisme des microbes, des animaux du sol, des
racines des plantes et des champignons du sol. Une méta-analyse (Nature,
Mars 2010 ) a porté sur 439 études. Sur la base des 50 années de données
d'émissions des sols étudiées sur 1.434 points de données répartis sur toute
la planète, les auteurs ont conclu que les sols du monde entier ont encore
augmenté leurs émissions de CO2 entre 1989 et 2008, probablement à cause
d'une augmentation de l'activité microbienne induite par la température et
l'eutrophisation et d'une dégradation des humus. Les changements de
comportements du sol sont lents, mais se traduisent par des effets globaux
très significatifs
o L'expiration vers l'atmosphère des organismes du sol a augmenté d'environ
0,1 % par an ("0,1 Pg C/an") de 1989 à 2008, pour atteindre en 2008 environ
98 milliards de tonnes de Carbone ("98 ± 12 pg C"), soit 10 fois plus de
carbone que les humains injectent dans l'atmosphère annuellement selon
cette méta-analyse. Le réchauffement est le facteur explicatif qui semble
dominant, via l'accroissement des taux et vitesse de décomposition de la
matière organique du sol, selon le biogéochimiste Eric Davidson 6.

- Le rôle d’un bon sol

o héberger un écosystème,
o produire des récoltes,
o stocker le carbone et l'azote de l'atmosphère,
o retenir les eaux de pluie et de ruissellement.
o Dispersion et dégradation des polluants
o Des fonctions importantes dans le cycle de l'eau et dans les cycles
biogéochimiques du carbone, de l'azote, du potassium, du calcium, du
phosphore, des métaux.
o Limiter les risques d'érosion et de salinisation.
o Etre un puits de carbone (capter plus de Co2 qu’elle n’en émet)
Les menaces du sol

Le sol est une ressource très faiblement renouvelable au sens où sa dégradation peut être
rapide (quelques années ou décennies) alors qu’il lui faut plusieurs milliers d’années pour se
former et se régénérer.

Or, ce dernier siècle a été particulièrement destructeur pour les sols, quand les sols ne sont
pas simplement « consommés » par la construction (urbanisation, périurbanisation, routes,
parkings..), ils sont surtout menacés par certaines pratiques agricoles qui induisent diverses
formes de régression et dégradation des sols ;

- Les retombées atmosphériques et parfois les eaux d'irrigation apportent dans les sols
des quantités significatives de métaux lourds (non dégradables, bio-accumulables) et
de divers polluants ou contaminants microbiens, parfois pathogènes.
- une diminution des taux de matière organique (labour, cultures intensives,
pesticides)
- la compaction et l'asphyxie lié au labour, avec l'apparition d'une semelle de labour
- l'acidification, la salinisation et éventuellement la désertification ;
- l'érosion (hydrique ou éolienne)

-
Toutes ces menaces affectent les diverses fonctions du sol, notamment celles qui sont
primordiales pour la santé humaine, comme la production alimentaire, ou encore la
filtration et le stockage des eaux souterraines, principale source d’eau potable.

D’après diverses sources dont la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et
l'agriculture), on estime que près de la moitié des sols du monde sont déjà dégradés en
conséquence des activités humaines, phénomène qui s’accentue et qui pourrait s’aggraver
avec les changements climatiques.
Préserver la biodiversité du sol :
http://www.nicolassawicki.fr/15-minutes-pour-comprendre-limpasse-de-lagriculture-productiviste/
1° la rotation des cultures dans son POTAGER
- En 1ère année, mettre des plantes nettoyantes comme les pommes de terre et en fin
de saison de l’engrais vert comme la moutarde ou phacélie.

- La 2ème année, mettre des légumineuses comme les poids ou fèves pour continuer
d’assainir, et en fin de saison, des haricots puis des épinards d’hiver. Tous ces
légumes servent également d’engrais vert car ils fixent l’azote dans le sol.

- La 3ème année, les légumes à feuilles pourront utiliser l’azote fixé dans le sol comme
les tomates, pomme de terre, choux….et ajouter des engrais « vert » en fin de saison.

- La 4ème année, plantez des plantes racines qui puiseront profondément dans le sol ,
tel que carottes, radis, échalotes, oignons puis ensuite poireaux, betteraves, endives
et de la mâche en fin de saison.

- La 5ème année, on mettra à nouveau des plantes nettoyantes comme les pommes de
terre, l’amarante, le ricin ou du trèfle blanc en fin de saison.

- La 6ème année, on mettra des plantes qui nourrissent la terre, après avoir étalé une
couche de compost, on mettra des tomates, courges, du mais (cucurbitacées et
solanacées sauf patates) et mettre des engrais « vert » en fin de saison.
2° la permaculture
Par un minutieux travail d’observation, la permaculture consiste à créer des écosystèmes
naturels le plus autonome possible.

Une bonne partie de la permaculture repose sur l’association des plantes entre elles pour
s’échanger des éléments nutritifs, une protection contre les nuisibles, une meilleure
résistance aux conditions climatiques, et les moyens de se multiplier.

Il est donc intéressant de connaitre les associations bénéfiques et celles qui au contraire sont
à éviter. Par exemple :

En bordure, les œillets d'inde repoussent les insectes près des haricots, des choux et des
carottes. Les soucis s'associent bien avec avec les carottes et les légumes racines en général,
les tagètes avec les haricots, les mufliers avec les tomates. Les capucines attirent les
pucerons, éloignent les mouches blanches et les fourmis. Elles se sèment en bordure des
haricots. Les chrysanthèmes nains, cosmos, rudbeckias ainsi que la lavande, la bourrache, la
phacélie et la tanaisie pourront être utilisés également dans le potager.

L'ail et la ciboulette retardent l'apparition des tâches noires sur les rosiers et repoussent les
pucerons. La sauge éloigne les papillons (piérides) du choux, la camomille stimule les plantes
malades. La valériane stimule les vers de terre et repousse les rongeurs. La bourrache est
une plante mellifère qui attire les abeilles qui féconderont les tomates, les courges, les
fraisiers.

Enfin les engrais verts comme la phacélie et le sarrasin, les aromatiques comme le fenouil et
l'aneth trouveront leur place dans un jardin naturel ; Il est important d'occuper le terrain le
plus possible pour éviter la prolifération des adventices et de ne pas retourner le sol en
profondeur.

http://www.dailymotion.com/video/x8jafk_presentation-de-la-permaculture-1-2_lifestyle

http://www.dailymotion.com/video/x8jdk9_presentation-de-la-permaculture-2-
2_lifestyle#rel-page-1
3° la biodynamie, culture « DEMETER »

L’agriculture Biodynamique est à l’origine de l’agriculture Bio. Elle s’appuie sur des principes
plus contraignants que l’agriculture bio en apportant un soin particulier aux techniques de
régénération du sol, et à l’équilibre global de l’écosystème dans lequel les plantes poussent.
L’agriculture Biodinamique est de plus en plus utilisée par les agriculteurs et notamment les
vignerons qui évitent ainsi de nombreux traitements et insecticides.

http://www.bio-dynamie.org/

4° les apports externes : la vie des insectes, le paillage, le compost


La vie des plantes dépend des insectes. Les insectes représentent 80% des « agents
extérieurs » indispensables à la pollinisation des plantes loin devant le vent et
les oiseaux. Les scientifiques estiment que les plantes à fleurs dépendent totalement ou
partiellement des insectes pour leur fécondation.

Sans eux, ces plantes ne produiraient pas ou peu de graines.


Pour attirer les insectes, le rôle des fleurs est primordial, car elles apportent aux insectes
l’habitat et la nourriture dont elles ont besoin. Il est donc recommandé de semer et planter
des fleurs mellifères dans le jardin.
Les insectes ont également un rôle direct dans l’aération du sol, et l’apport bactériologique,
leur présence est un signe de bonne santé du sol.

Le paillage du sol permet de :

 réguler la température du sol en limitant les chocs thermiques,


 maîtriser le développement des adventices en interceptant le rayonnement solaire
 ralentir l'évaporation de l'eau et maintenir l'humidité dans le sol
 garder le sol meuble et améliorer sa structure pédologique (diminue
le sarclage et binage)
 enrichir le sol en matière organique et en nutriments grâce à la dégradation du paillage
 repousser certains insectes et abriter une faune utile

Le compost

Le compost est le résultat du recyclage de matières organiques, soit naturelles comme les
feuilles et les branches mortes, soit domestique issu des restes de notre alimentation.

Le compost est brun, noirâtre, fragmenté. C'est de l'humus contenant des organismes
vivants et des minéraux pouvant servir de nourriture aux plantes.
Les organismes vivants dans le compost ne sont ni des parasites ni des germes pathogènes.
Ce sont des agents naturels qui décomposent des substances organiques.

Il ne libère ses substances nutritives qu'au fur et à mesure que les racines de la plante en ont
besoin. Un compost de qualité est aéré, ne sent pas mauvais, n'est pas acide et ne contient
ni mauvaises graines ni germes pathogènes.

Le compost possède une forte concentration en matières organiques et aide à rendre à la


terre plusieurs de ses caractéristiques qui se sont épuisées avec le temps et l'utilisation.

Caractéristiques du compost :

TENEURS MOYENNES
PARAMETRES DANS LE COMPOST
DOMESTIQUE
Humidité 50% - 60%
Substances organiques 8% - 13%
PH (H2O) 7,5 - 8,5
Azote (N total) 0,3% - 0,4%
Potassium (K2O) 0,2% - 1,0%
Phosphore (P2O5) 0,15% - 0,4%
Magnésium (MgO) 0,1% - 0,2%
Calcium (CaO) 0,4% - 1,2%
Nombre de semences
ayant un pouvoir 0 - 60
germinatif par litre