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Problèmes de Mathématiques

Séries associées à la fonction ζ . Formule des compléments.


Énoncé

Séries associées à la fonction ζ . Formule des compléments.


d’après le Concours des Mines 1996

Soit ζ la fonction définie sur la demi-droite réelle ouverte ]1 , +∞[ par la relation :
+∞
X 1
ζ(x) = ·
n=1
nx

Il est admis que cette fonction est continue sur ]1 , +∞[ .


L’objet de ce problème est de caractériser, sur l’intervalle I = ] − 1 , 1] , la somme F (x) de la
(−1)k
série de terme général ζ(k)xk , k > 2 ; elle est définie par la relation :
k
+∞
X (−1)k
F (x) = ζ(k)xk .
k=2
k

Dans la première partie un calcul explicite donne la valeur de F (1) en fonction de la constante
d’Euler γ . L’objet de la deuxième partie est d’exprimer la somme F (x) lorsque le réel x
appartient à l’intervalle I en fonction de la constante d’Euler et d’une fonction G dont une
propriété fonctionnelle est établie à la troisième partie.
Dans tout le texte nous usons des notations suivantes :
• pour tout entier naturel k , ϕk désigne la fonction définie sur la demi-droite fermée [0 , +∞[
[x]
par la relation : ϕk (x) = k+1 · L’expression [x] désigne la partie entière du réel positif x ;
x
c’est l’entier naturel vérifiant la double inégalité : [x] 6 x < [x] + 1 .
• pour tout entier k > 2 , Sk et Tk désignent les intégrales ci-dessous :
Z +∞ Z +∞
Sk = ϕk (x) dx , Tk = ϕk (x) dx .
1 2

Partie I

1) Existence et calcul de Sk [I] [S]

a) Justifier l’intégrabilité de ϕk pour tout entier k > 2 .


b) ExprimerZ le réel Sk à l’aide de ζ(k) en considérant, par exemple, la série de terme général
n+1
ϕk (x) dx (n , k) ∈ N∗ 2 , k > 2 .

fn (k) =
n

2) Convergence des séries de termes généraux (−1)k Sk , et (−1)k Tk [I] [S]

a) Démontrer que la série de terme général (−1)k Tk est absolument convergente.

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Séries associées à la fonction ζ . Formule des compléments.
Énoncé

b) Démontrer que la série de terme général (−1)k Sk , est convergente.


Soient S et T les sommes de ces séries :
+∞
X +∞
X
k
S= (−1) Sk ; T = (−1)k Tk .
k=2 k=2

+∞
X (−1)p+1
c) Déterminer la relation qui lie S et T ; la relation ln 2 = est admise.
p=1
p

3) Expression de T à l’aide d’une intégrale [I] [S]


Soit ϕ la fonction définie sur la demi-droite fermée [2 , +∞[ par la relation :
[x]
ϕ(x) = ·
x2 (1+ x)
Justifier
Z +∞ que ϕ est intégrable sur la demi-droite [2 , +∞[ et exprimer le réel T en fonction
de ϕ.
2

4) Calcul de S [I] [S]


1  1
Soit (hn )n∈N∗ la suite des réels définis par la relation : hn =− ln 1 + .
n n
a) Établir la convergence de la série de terme général hn . Soit H la somme de la série :
X+∞
H= hn .
n=1
b) Déduire des résultats des questions 2.c) et 3) l’égalité entre les deux réels H et S.
n
X 1
Soit c = (cn )n∈N∗ la suite définie par la relation : cn = − ln n .
p=1
p
c) En exprimant, par exemple, hn à l’aide de l’expression cn+1 − cn , montrer que la suite
c est convergente et calculer H à l’aide de la constante d’Euler γ = lim c .
En déduire la valeur de F (1) où F est la fonction définie dans le préambule.

Partie II

1) Fonctions Un , n ∈ N∗ [I] [S]


a) Considérons pour un entier naturel n donné, n > 1 , et un réel x donné, la série de terme
1  x k
général uk (n, x) = − (k > 2).
k n
Déterminer l’ensemble Jn des réels x pour lesquels la série de terme général uk (n, x)
k > 2 , est convergente.
+∞
X
Soit Un la fonction définie sur Jn par la relation : Un (x) = uk (n, x) .
k=2

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Énoncé

b) Exprimer Un (x) au moyen de fonctions élémentaires.


+∞
\
c) Pour un réel x donné, vérifier qu’il existe un entier N tel que x ∈ Jn .
n=N
A
Déterminer deux réels A et α tels que Un (x) ∼ ·
n→+∞ nα

2) Étude de la fonction F [I] [S]


1
a) Démontrer l’encadrement : pour tout réel x > 1 , 1 < ζ(x) 6 1 + ·
x−1
(−1)k
b) Déterminer l’ensemble I des réels x pour lesquels la série de terme général ζ(k)xk ,
k
(k > 2) est convergente.
I est ainsi l’ensemble de définition de la fonction F définie dans le préambule.
P
3) Convergence de la série Un (x) vers F (x) [ I ] [S]
a) Soit x un réel appartenant à l’intervalle I . Démontrer que la série de terme général
Un (x) , (n > 1) , définie à la question II-1.a), converge et a pour somme F (x) .
b) Démontrer que l’application F est continue sur I .
Pour tout entier n strictement positif on nomme Gn la fonction définie sur la demi-droite
ouverte ] − 1 , +∞[ , par la relation :
n! nx
Gn (x) = ·
(x + 1)(x + 2) · · · (x + n)

4) Limite de la suite de terme général Gn (x) (n > 1) [I] [S]


En utilisant les résultats des questions I-4) et II-3.b), démontrer
 que, pour tout réel x
appartenant à l’intervalle I , la suite de terme général ln Gn(x) , n > 1 , est convergente.

En déduire que pour tout x ∈ I , la suite Gn (x) n∈N∗ est convergente vers G(x) où G est
une application continue sur I que l’on précisera.

Partie III

Soit E l’espace vectoriel sur R des applications continues de ]0 , 1[ dans R , et T l’application


de E dans E définie par
x x + 1
∀ f ∈ E , ∀ x ∈]0 , 1[ , T (f )(x) = f +f ·
2 2
1) Deux fonctions propres pour T [I] [S]
Vérifier que T est un endomorphisme de E admettant pour vecteurs propres remarquables
pour la valeur propre 2 les fonctions u et v de E définies par
n
X1
∀ x ∈ ]0 , 1[ , u(x) = cotan πx et v(x) = lim ·
n→+∞
k=−n
x+k

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2) Fonctions f continues sur [0 , 1] vérifiant T (f ) = 2f [I] [S]


f désigne dans cette question une fonction de E , prolongeable en une fonction continue f
sur [0 , 1] , telle que T (f ) = 2f .
 x existe un réel x0 ∈ [0 , 1] tel que f (x0 ) = M soit le maximum de f et
a) Montrer qu’il
0
qu’alors f =M.
2
b) En déduire que la fonction f atteint son maximum et son minimum au point 0 . Qu’en
déduit-on pour la fonction f ?
3) Développement Eulérien de cotan πx [I] [S]
a) Comment choisir le réel a pour que la fonction f = v − au soit prolongeable en une
application fe 1-périodique sur R et continue sur R ?
b) Déduire de III-1), 2.b) et 3.a) l’identité suivante :

1 X 1
∀x ∈ R \ Z , + 2x = π cotan πx .
x n=1
x − n2
2

4) Formule des compléments [I] [S]


a) Par une intégration convenable montrer la relation
+∞
X  x2   sin πx 
∀ x ∈ ]0 , 1[ , ln 1 − 2 = ln .
n=1
n πx

b) En déduire la relation

πx(1 − x)
∀ x ∈ ]0 , 1[ , G(x)G(1 − x) = ·
sin πx
+∞
1 X (−1)k γ ln π
c) En déduire que F = ζ(k) = + − ln 2 .
2 k=2
k2k 2 2

 


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Indications

Indications ou résultats
Partie I
1) Existence et calcul de Sk [Q]
a) Dominer |ϕk | par une fonction de Riemann intégrable sur [1 , +∞[ .
+∞
X ζ(k)
b) Sk = fn (k) = ·
n=1
k

2) Convergence des séries de termes généraux (−1)k Sk , et (−1)k Tk [ Q ]


Z +∞ Z +∞
dx 1
a) |Tk | = ϕk (x)dx 6 k
6 k−1 ·
2 2 x 2
Z 2
1 1 X
b) Sk = Tk + ϕk (x)dx = Tk + − k · La série (−1)k Sk est combinaison linéaire de
1 k k2
3 séries convergentes.
+∞
X (−1)k−1 xk
c) Utiliser la formule connue ln(1 + x) = sur l’intervalle ]−1 , 1] pour les
k
1  3k=1
 1
valeurs x = 1 et x = · S = T + ln + ·
2 4 2
3) Expression de T à l’aide d’une intégrale [Q]
+∞
X Z +∞
k
T = (−1) Tk = ϕ(x) dx .
k=2 2

4) Calcul de S [Q]
1
a) hn ∼ ·
n→+∞ 2n2
+∞
1 X
b) Décomposer 2 pour obtenir T = n(hn − hn+1 ) = H − (h1 − h2 ) . Déduire de
x (1 + x) n=2
2.c) que S = H .
c) γ = H = S = F (1) .

Partie II
1) Fonctions Un , n ∈ N∗ [Q]
a) Règle de d’Alembert et théorème des séries alternées. Jn = ]−n , n] .
x  x
b) Pour x ∈ Jn , Un (x) = − ln 1 + .
n n
x2
c) Un (x) ∼ ·
n→+∞ 2n2

2) Étude de la fonction F [Q]

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Indications

Z n+1
1 ∗ dt
a) Pour x > 1 , et n ∈ N , 0 < 6 donne par sommation sur n les
(n + 1)x n tx
inégalités voulues.
b) Règle de d’Alembert et théorème des séries alternées. I = ]−1 , 1] .
P
3) Convergence de la série Un (x) vers F (x) [ Q ]
N +∞ +∞
X X 1 X k
a) On pourra montrer que, pour |x| < 1 , F (x) − Un (x) 6 |x| .

n 2
n=1 n=N +1 k=2

b) À l’aide de
PII-1.b) montrer la convergence normale uniforme de la série de fonctions
continues Un sur tout segment [A , 1] inclus dans I .
4) Limite de la suite de terme général Gn (x) (n > 1) [Q]
n n
X  X 1 
ln Gn (x) = Up (x) + x ln n − · La suite Gn (x) n∈N∗ est convergente vers eF (x)−γx
p=1 p=1
p
pour tout x ∈ I .

Partie III

1) Deux fonctions propres pour T [Q]


Pour montrer que v ∈ E , observer que la série de fonctions définies sur ]0 , 1[ par
1 1 2x
fn (x) = + = 2 pour n > 2 est normalement uniformément convergente
R x+n x−n x − n2
sur 01 .
2) Fonctions f continues sur [0 , 1] vérifiant T (f ) = 2f [ Q ]
x 
0
b) Observer que f n = f (x0 ) −−−−−→ f (0) . f et −f atteignent leur maximum au même
2 n→+∞
point 0 : f est constante.
3) Développement Eulérien de cotan πx [Q]
a) a = π
4) Formule des compléments [ Q ]
Z x Z xX+∞ +∞ Z x
1 X
a) Montrer que π cotan πt − dt = fn (t) dt = fn (t) dt
0 t 0 n=1 n=1 0
n
X  x
b) Montrer que ln Gn (x) = x ln n − ln 1 + et que ln(Gn (1 − x)) = (1 − x) ln(n) −
p=1
p
n+1
X  x
ln(n + 1) − ln 1 − .
p=2
p
1
c) Prendre x = dans la formule des compléments du b) et utiliser le résultat de II-4).
2

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Corrigé

Corrigé du problème
Partie I
1) Existence et calcul de Sk [Q]
[x]
a) L’application ϕk : x ∧−−→ k+1 est positive et continue par morceaux sur [1 , +∞[ .
x
Elle y est donc localement intégrable. Comme

[x] 1
0 6 ϕk (x) = k+1
6 k,
x x
L’application ϕk est intégrable sur [1 , +∞[ puisque k > 1 .
Z n+1
b) Soit fn (k) = ϕk (x)dx . L’application ϕk étant intégrable sur [1 , +∞[, la série
n Z +∞
X
fn (k) converge et a pour somme Sk = ϕk (x) dx . De plus :
1
Z n+1 Z n+1
1
fn (k) = ϕk (x)dx = n dx
n n xk+1
1 1 n 
= −
k nk−1 (n + 1)k
1 1 1 1 
= − +
k nk−1 (n + 1)k−1 (n + 1)k

Par sommation sur n ∈ [[ 1 , N ]] :


N N +1
X 1 1 X 1
fn (k) = 1− +
n=1
k (N + 1)k−1 n=2 nk

En passant à la limite quand N → +∞ :


+∞
X ζ(k)
Sk = fn (k) = ·
n=1
k

2) Convergence des séries de termes généraux (−1)k Sk , et (−1)k Tk [Q]


X
a) La série (−1)k Tk est absolument convergente, car :
Z +∞ Z +∞
dx 1
|Tk | = ϕk (x)dx 6 k
6 k−1 ,
2 2 x 2
1
et est le terme général d’une série géométrique convergente.
2k−1

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Corrigé

b) On a Z 2
1 1
Sk = Tk + ϕk (x)dx = Tk + − k
1 k k2
X X (−1)k
Les séries (−1)k Tk et sont absolument convergentes, et la série alternée
k 2k
X (−1)k
converge puisque la valeur absolue de son terme général tend vers 0 en
k X
décroissant. La série (−1)k Sk converge comme combinaison linéaire de 3 séries
convergentes.
1 1
c) On sait que Sk = Tk + − . Donc
k k 2k
+∞ +∞
X (−1)k−1 1 X (−1)k−1
S=T− + +1−
k=1
k k=1
2 k2k
 1 1 3 1
= T − ln 2 + ln 1 + + 1 − = T + ln +
2 2 4 2
+∞
X (−1)k−1 xk
On a utilisé ici le développement connu ln(1+x) = sur l’intervalle ]−1 , 1]
k=1
k
1
pour les valeurs x = 1 et x = ·
2
3) Expression de T à l’aide d’une intégrale [Q]
La fonction ϕ est continue par morceaux sur [2 , +∞[ , positive et pour tout x > 2 ,
n
1 X
ϕ(x) 6 2 · Posons Un = (−1)k Tk . On a alors
x k=2

+∞ n +∞ n
(−1)k
Z X Z X
k
Un = (−1) ϕk (x) dx = [x] dx
2 k=2 2 k=2
xk+1
+∞
(−1)n+1 
Z 
= ϕ(x) 1 − dx
2 xn−1
Z +∞ Z +∞
n−1 [x]
= ϕ(x) dx + (−1) dx
2 2 xn+1 (1 + x)

Donc Z +∞ Z +∞
dx 1
|Un − ϕ(x) dx| 6 n+1
= n = o (1)
2 2 x n2 n→+∞

Finalement, quand n → +∞ ,
+∞
X Z +∞
k
T = (−1) Tk = ϕ(x) dx .
k=2 2

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Corrigé

4) Calcul de S [Q]
1 P
a) Un développement limité à l’ordre 2 donne hn ∼ 2
· La série hn est donc
n→+∞ 2n
convergente.
b) En décomposant en éléments simples,
Z n+1 Z n+1 
dx 1 1 1
= − + dx
n x2 (1 + x) n 1 + x x x2
  x=n+1
1 1
= ln 1 + − = hn − hn+1
x x x=n
Z +∞ +∞ Z n+1 +∞ Z n+1
X X dx
Or ϕ(x) dx = ϕ(x) dx = n 2
2 n=2 n n=2 n x (1 + x)
+∞
X
= n(hn − hn+1 ) .
n=2

En écrivant n(hn − hn+1 ) = nhn − (n + 1)hn+1 + hn+1 , on obtient


N
X N
X
n(hn − hn+1 ) = 2h2 − (N + 1)hN +1 + hn+1
n=2 n=2

L’équivalent de hN trouvé plus haut montre que lim N hN = 0 ,


N →+∞
Z +∞
1 3
donc T = ϕ(x) dx = h2 + H − h1 = − − ln + H . Or en 2.c) on a vu que
2 2 4
1 3 
T = S − − ln . Donc S = H .
2 4
1 1
c) cn+1 − cn = − + hn ,
n+1 n
N
1 X
ainsi cN +1 − c1 = −1+ hn et quand N → +∞ , γ = H .
N +1 n=1
Finalement
+∞ +∞
X
k
X (−1)k
γ=H=S= (−1) Sk = ζ(k) ,
k=2 k=2
k
donc F (1) = γ .

Partie II
1) Fonctions Un , n ∈ N∗ [Q]
a) La règle de d’Alembert donne
u (n, x) |x|
k+1
lim =

k→+∞ uk (n, x) n

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Corrigé

Donc la série de terme général uk (n, x) est absolument convergente lorsque |x| < n . De
1 (−1)k
plus, uk (n, −n) = est le terme général d’une série divergente, et uk (n, n) = est
k k
le terme général d’une série convergente. L’ensemble des réels x pour lesquels la série de
terme général uk (n, x) est convergente est donc Jn = ]−n , n] .
b) Pour x ∈ Jn =] − n, n] ,
+∞
X x  x
Un (x) = un,k (x) = − ln 1 + .
k=2
n n

En particulier, Un (1) = hn .
c) La suite des intervalles (Jn ) est croissante. Il suffit de prendre N = [x]. Un (x) est ainsi
défini pour n > N et
x2
Un (x) ∼ ·
n→+∞ 2n2

2) Étude de la fonction F [Q]


a) Pour tout entier n ∈ N∗ et tout réel x > 1 ,
Z n+1
1 dt 1
x
6 x
6 x
(n + 1) n t n
1
Donc, par intégrabilité de la fonction de Riemann t ∧−−→ x et sommation sur l’entier
t
n de 1 à l’infini, il vient
Z +∞
dt
0 < ζ(x) − 1 6 6 ζ(x)
1 tx
Z +∞
dt 1
Comme = , on obtient l’encadrement
1 tx x−1
n 1 o 1
Max 1 , 6 ζ(x) 6 1 +
x−1 x−1
1
En particulier, lim ζ(x) = 1 et ζ(x) ∼ + ·
x→+∞ x→1 x − 1
(−1)k |x|k
b) Soit vk (x) = ζ(k) xk . D’après a), |vk (x)| ∼ donc, pour x ∈ R∗ ,
v (x) k k→+∞ k
k+1 P
lim = |x| . La règle de d’Alembert montre que la série vk (x) est
k→+∞ vk (x)
grossièrement divergente si |x| > 1 et absolument convergente si |x| < 1 (en 0 la série
est nulle).
1
• pour x = −1 , vk (−1) > : La série diverge.
k
(−1)k
• pour x = 1 , vk (1) = ζ(k) : la série converge (cf I.2 b).
k
La fonction F a donc pour domaine de définition I = ]−1 , 1] .

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Corrigé

P
3) Convergence de la série Un (x) vers F (x) [Q]
a) Soit N fixé dans N et x ∈ I \ {1} . Considérons
N +∞ N X
+∞
X X (−1)k k
X (−1)k xk
F (x) − Un (x) = ζ(k) x − ·
n=1 k=2
k n=1 k=2
k nk

Nous avons une combinaison linéaire de N + 1 séries convergentes. Donc


N +∞ N
X X (−1)k xk  X 1
F (x) − Un (x) = ζ(k) −
n=1 k=2
k n=1
nk

Or
N +∞
X 1 X 1
ζ(k) − k
=
n=1
n n=N +1
nk
1
et, la fonction t ∧−−→ étant décroissante, avec k > 2 , il vient
nt
N +∞
X 1 X 1
ζ(k) − 6

n k n2
n=1 n=N +1

et comme |x| < 1 ,


N +∞ +∞
X X 1 X |x|k
F (x) − Un (x) 6

n=1 n=N +1
n2 k=2 k
+∞
X 1  x2 
6 2 1 − |x|
−−−−−→ 0
n=N +1
n N →+∞

+∞
X
Donc, pour tout |x| < 1 , on a F (x) = Un (x) .
n=1
+∞
X +∞
X
Pour x = 1, on a F (1) = S et Un (1) = hn = H = γ .
n=1 n=1
b) Par II-1.b) on sait que
x  x
− ln 1 +
Un (x) = .
n n
Soit A ∈ I \ {1} . Une étude de x ∧−−→ Un (x) sur le segment [A , 1] montre que
kUn k∞,[A , 1] 6 Max{Un (A) , Un (1)} .
P
On a donc convergence normale uniforme de la série de fonctions continues Un sur
tout segment [A , 1] inclus dans I :
+∞
X
La fonction F = Un est donc continue sur I .
n=1

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Corrigé

4) Limite de la suite de terme général Gn (x) (n > 1) [Q]


Pour x ∈ I, on a
n n n
X X X  x
ln Gn (x) = x ln(n) + ln(p) − ln(p + x) = x ln(n) − ln 1 +
p=1 p=1 p=1
p
 x x
Or − ln 1 + = Up (x) − , donc
p p
n n
X  X 1
ln Gn (x) = Up (x) + x ln n −
p=1 p=1
p

La suite ln Gn (x) n∈N∗ est donc convergente vers F (x) − γx. L’application exponentielle

étant continue, la suite Gn (x) n∈N∗ est convergente vers eF (x)−γx .

Partie III

1) Deux fonctions propres pour T [Q]


x x+1
T est bien définie sur E et à valeurs dans E car si x ∈ ]0 , 1[ , et sont aussi dans
2 2
]0 , 1[ , et la somme ou la composée d’applications continues est continue. L’interpolation en
tout point est linéaire, donc T est un endomorphisme de l’espace vectoriel E .
n n
X 1 1 X 2x
Posons pour x ∈ ]0 , 1[ , vn (x) = = + · Le terme général de cette
k=−n
x+k x k=1 x2 − k 2
2x 2
série est équivalent à − quand n → +∞ donc, par le critère de Riemann, la suite
 n
vn (x) n∈N∗ est convergente vers v(x) .
x x + 1 n n
X 2 X 2
vn + vn = +
2 2 k=−n
x + 2k k=−n x + 1 + 2k
2
= 2v2n+1 (x) − −−−−−→ 2v(x) .
x − 2n − 1 n→+∞
On a donc T (v) = 2v si l’on vérifie que v ∈ E :
P 2x
La série fn de fonctions continues sur ]0 , 1[ , dont le terme général fn : x ∧−−→ 2
x − n2
2
vérifie kfn k∞ , ]0 , 1[ 6 2 pour tout n > 2 , est normalement uniformément convergente
n −1
sur ]0 , 1[ . Ceci implique la continuité de v sur ]0 , 1[ . Ainsi v est un élément non nul de E
tel que T (v) = 2v : c’est un vecteur propre de T pour la valeur propre 2.
La fonction u définie sur ]0 , 1[ par u : x ∧−−→ cotan πx est non nulle, continue sur ]0 , 1[
et vérifie
πx πx cos πx
T (u)(x) = cotan − tan =2 = 2 u(x) .
2 2 sin πx
Donc u est un vecteur propre de T pour la valeur propre 2.

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Problèmes de Mathématiques
Séries associées à la fonction ζ . Formule des compléments.
Corrigé

2) Fonctions f continues sur [0 , 1] vérifiant T (f ) = 2f [Q]


a) La fonction f est réelle et continue sur le segment [0 , 1] ; elle atteint donc son maximum
en un point x0 ∈ [0 , 1] tel que
x  x + 1
0 0
f +f < 2f (x0 )
2 2
x 
0
dès que f < f (x0 ) . Donc si l’on suppose que T (f ) = 2f on a forcément
x  2
0
f = f (x0 ) .
2  
x0
b) Alors f n = f (x0 ) pour tout n ∈ N et, comme f est continue en 0, un passage à la
2
limite quand n → +∞ donnef (0) = f (x0 ) . Ainsi dès que T (f ) = 2f la fonction f atteint
son maximum en 0. Comme −f vérifie la même hypothèse que f , −f atteint aussi son
maximum en 0, ce qui oblige la fonction f a être constante égale à f (0) .
Ainsi, lorsqu’une fonction f ∈ E est prolongeable par continuité sur [0 , 1] et vérifie
T (f ) = 2f , elle est nécessairement constante sur ]0 , 1[ .
3) Développement Eulérien de cotan πx [Q]
n
1 X
a) La relation v(x) = lim , valable pour tout x ∈ R \ Z , montre que v est
n→+∞
k=−n
x + k
1-périodique sur R \ Z . Comme x ∧−−→ cotan πx est aussi 1-périodique, on pourra
prolonger f = v − au en une application continue sur R et 1-périodique si et seulement
si f admet un prolongement par Xcontinuité à droite en 0. Or on a vu en III-1) que
la série de fonctions continues fn est uniformément convergente sur [0 , 1]. Ainsi
n>2
+∞
1 X
x ∧−−→ v(x) − = f1 (x) + fn (x) est prolongeable par continuité en 0 par la valeur
x n=2
+∞
X 1 1
fn (0) = 0 . On a donc, v(x) = +o (1) . Par ailleurs, u(x) = cotan πx = +o (1) .
x→0 x x→0 πx
n=2
Donc la fonction f = v − πu de E est prolongeable par continuité sur R en posant
fe(0) = fe(kπ) = 0 (k ∈ Z) .
b) Comme f = v − πu vérifie les hypothèses de 2.a) avec f (0) = 0 , f est constante égale à
0 et, par 1-périodicité de fe,
+∞
1 X 2x
∀x ∈ R \ Z , + = π cotan πx .
x n=1 x2 − n2

4) Formule des compléments [Q]


1
a) La fonction q , définie sur [0 , 1[ par q(x) = πu(x) − si x est non nul et q(0) = 0 , est
x  sin πx 
continue et admet pour primitive sur ]0 , 1[ la fonction Q : x ∧−−→ ln . Comme
πx

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Z x
lim+ Q(x) = 0 on en déduit que pour tout x de ]0 , 1[ , q = G(x) . Or 3.b) montre que
x→0 0
+∞
X
q= fn sur [0 , 1[ . On a établi en 3.a) la convergence uniforme sur [0 , 1] de la série
X n=1
fn et comme f1 est continue sur [0 , 1[ , on peut permuter sommation et intégration :
n>2
pour tout x ∈ ]0 , 1[ ,
x +∞
xX +∞ Z x +∞
x2 
Z Z X X 
q(t) dt = fn (t) dt = fn (t) dt = ln 1 − 2
0 0 n=1 n=1 0 n=1
n

+∞
 sin πx  X  x2 
On a donc montré que ∀ x ∈ ]0 , 1[ , ln = ln 1 − 2 .
πx n=1
n
n
X  x
b) On a vu en II-4) que ln Gn (x) = x ln n − ln 1 + . De plus on a directement
p=1
p

n1−x
Gn (1 − x) = , ce qui donne
n+1
Y x
(n + 1) 1−
p=2
p
n+1
X  x
ln(Gn (1 − x)) = (1 − x) ln(n) − ln(n + 1) − ln 1 − , puis ,
p=2
p
n
 n X  x2   x 
ln Gn (x)Gn (1 − x) = ln − ln 1 − 2 + ln(1 − x) − ln 1 − ,
n + 1 p=1 p n+1

et en faisant tendre n vers l’infini, il vient, d’après 4.a),


  sin πx 
ln G(x)G(1 − x) = − ln + ln(1 − x) .
πx
Donc G(x)G(1 − x) sin(πx) = πx(1 − x) , pour tout x ∈ ]0 , 1[ .
1 π 1 γ
c) Ainsi G(1/2)2 = π/4 et ln G(1/2) = ln = F − (cf II-4)). On a donc
2 4 2 2
+∞
1 X (−1)k γ ln π
F = k
ζ(k) = + − ln 2 .
2 k=2
k2 2 2

 


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