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DROIT DES CONTRATS

LE CONTRAT DE VENTE

Le contrat de vente est réglementé par le titre deuxième du livre deuxième du dahir formant code
des obligations et des contrats sous les articles 478 à 618-20. Rappelons que le DOC constitue, au
Maroc, le droit commun et que la vente commerciale obéit aux règles générales y énoncées et que le
Code du commerce n’apporte pas de réglementation spécifique, cependant les usages commerciaux
jouent un rôle important. Les contrats de vente sont une catégorie de contrats très hétérogène, il peut
s’agir d’un contrat minime, comme celui d’acheter une baguette de pain ou d’un contrat complexe
comme le contrat international d’une usine clés en main avec en annexe des contrats de transfert de
technologie.

Nous étudierons donc dans un premier chapitre les règles générales du contrat de vente telles
qu’elles ressortent du DOC et dans un deuxième chapitre les usages relatifs au contrat de vente
commerciale.

CHAPITRE 1 – LE CONTRAT DE VENTE DANS LE DOC

C’est l’article 478 du DOC qui donne la définition suivante « la vente est un contrat par lequel
l’une des parties transmet la propriété d’une chose ou d’un droit à l’autre contractant, contre un
prix que ce dernier s’oblige à payer ».

1) LA FORMATION DU CONTRAT DE VENTE

a) Les caractères du contrat de vente


* c’est un contrat consensuel : il se forme par la réunion de :
- l’offre qui peut être générale et impersonnelle (mise en vitrine, catalogue, prospectus etc.)
ou faite à une personne déterminée,
- l’acceptation qui peut être expresse ou tacite.
* c’est un contrat synallagmatique : il met à la charge des parties des obligations réciproques :
payer le prix pour l’acheteur et livrer la chose pour le vendeur.
* c’est un contrat à titre onéreux, ce qui le différencie de la donation ou du prêt ;
*c’est un contrat translatif car il a pour objet le transfert d’un droit de propriété.

b) Les éléments constitutifs du contrat de vente


Quatre éléments constitutifs conditionnent la licéité du contrat de vente :
1. Le consentement des parties doit exister :
- il ne doit pas être vicié (erreur, dol ou violence),
- il doit être exprimé (interdiction des ventes forcées).
2. Les parties doivent avoir la capacité d’aliéner le bien objet du contrat, l’air est un bien inaliénable
qui n’a pas de propriétaire ; de même, la vente de la chose d’autrui est nulle (art.485 DOC : sauf
ratification de la vente par le propriétaire ou l’acquisition de la chose par le vendeur).
3. L’objet du contrat concerne la chose et peut présenter différentes natures :
- un corps certain qui est identifiable à la conclusion du contrat (ex. une table)
- une chose future qui n’existe pas encore au moment de la conclusion du contrat mais qui
est identifiable (ex. récoltes sur pied)
- une chose de genre (fongible) qui est déterminable au moment de son individualisation
entre les mains de l’acheteur, il s’agit de la vente en bloc (indication du lieu où la chose se trouve)
vente au poids, au compte ou à la mesure (ex. un kilo de pêches sur un étal de marché).

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La protection de l’ordre public et de l’intérêt général a amené le législateur à réglementer ou à


interdire la vente de certains produits :
- est interdite la vente des organes humains, l’alcool aux personnes de religion
musulmane (article 484 DOC), les stupéfiants …
- est réglementée les biens faisant l’objet d’un monopole : les cigarettes, les timbres
poste …
4. Le prix doit être déterminé (article 487 DOC) c’est à dire connu dès la conclusion du contrat ou
tout au moins « déterminable » c’est à dire non définitif à la conclusion du contrat. En l’absence de
détermination possible du prix, le contrat de vente est frappé de nullité absolue.

2) LES EFFETS DU CONTRAT DE VENTE

Aux termes de l’article 487 du DOC, la vente est parfaite entre les parties, dès qu’il y a
consentement des cocontractants :
- l’un pour vendre,
- l’autre pour acheter,
et qu’ils sont d’accord :
- sur la chose,
- sur le prix
- et sur les autres clauses du contrat.

a) Les transferts de propriété et des risques

L’article 491 du DOC fait naître d’un seul et même acte qu’est le contrat de vente une double
fonction de création d’obligations et de transfert de propriété : « L’acheteur acquiert de plein droit
la propriété de la chose vendue, dès que le contrat est parfait par le consentement des parties. »
La propriété de la chose vendue est ainsi transférée « solo consensu », c’est à dire par le seul
échange des consentements. Ainsi, et selon les dispositions de l’article 493, dès la perfection du
contrat, l’acheteur va supporter :
- les impôts, contributions et autres charges qui pèsent sur la chose vendue,
- les frais de conservation.
Néanmoins, l’article 494 du DOC prévoit que si la vente est faite « à la mesure, au compte, à
l’essai, sur dégustation ou sur simple description » tant que la chose vendue n’a pas été « comptée,
mesurée, jaugée, essayée, dégustée, examinée ou agréée par l’acheteur ou par son représentant »,
c’est le vendeur qui supporte les risques liées à la chose, même si la chose est déjà entre les mains
de l’acheteur.
En outre et en vertu des dispositions de l’article 496, la chose vendue voyage aux risques du
vendeur jusqu’à sa réception par l’acheteur, ce qui revient à dire que le vendeur supporte le risque
du transport.

Le contrat de vente est donc translatif des droits du vendeur vers l’acquéreur. Le transfert de
propriété rend la vente parfaite et permet de ne pas confondre la vente avec d’autres comme nous
l’avons précisé plus avant. Le transfert de propriété a lieu dès le consentement des parties même s’il
n’y a encore eu ni livraison, ni paiement. Son application facile pour un corps certain, l’est moins
pour une chose de genre. Il n’interviendra que lorsque cette dernière sera affectée précisément à
l’acheteur. Il peut être retardé par :
- l’expression de la loi (ex. en matière immobilière)
- la volonté des parties lesquelles peuvent introduire dans le contrat une clause de
réserve de propriété (le vendeur conserve la propriété de la chose tant que
l’acquéreur n’en a pas payé le prix).

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Si un bien vendu est détruit ou abîmé, en principe, le dommage subi par la chose vendue est à la
charge de l’acquéreur. Mais cette règle est parfois inadaptée et les parties peuvent convenir d’insérer
dans le contrat une clause de dissociation :
- le transfert de risques se fera après le transfert de propriété quand la livraison du bien
a lieu après la signature du contrat sur une chose future. Le vendeur assume toujours
le risque alors que le transfert de propriété est déjà intervenu.
- Le transfert de risques se fera avant le transfert de propriété dans l’hypothèse où une
clause de réserve de propriété a été introduite dans le contrat. L’acquéreur qui est en
possession du bien mais qui n’en est pas encore propriétaire supporte le risque (ex.
en cas de paiement fractionné).

b) Les obligations réciproques

 Celles du vendeur :

i. La délivrance (articles 499 à 531) :

A ce sujet, nous pouvons nous poser 3 questions.

Que faut-il livrer ? Le vendeur doit livrer une chose conforme pour la quantité et la qualité à la
convention. L’article 512 stipule que « la chose doit être délivrée dans l’état où elle se trouvait au
moment de la vente », ce qui revient à dire que le vendeur ne peut pas modifier l’état de la chose
vendue.

S’agissant de la quantité, les usages déterminent valablement la valeur des unités employées (tonne,
tonneau, baril,…). Concernant la qualité, en principe le vendeur n’est tenu que de livrer une qualité
loyale, sauf si le contrat est plus précis. Tel est le cas des ventes sur échantillon, des ventes
subordonnées à l’agréage ou à l’essai par l’acheteur.

La délivrance doit porter sur les accessoires de la chose vendue tels que par exemple les manuels
d’utilisation et de maintenance d’une machine, les documents administratifs (le connaissement),
voir les droits et actions attachés à la chose vendue (art.516 DOC).

Où et quand faut-il livrer ? L’article 502 du DOC prévoit que la délivrance doit s’effectuer au lieu
où la chose vendue se trouvait au moment du contrat, sauf convention contraire des parties.
Quant à la date de délivrance, le principe est posé par l’article 504 du DOC « aussitôt après le
conclusion du contrat ». Toutefois, il faut distinguer selon que la vente est faite « en disponible » et
dans ce cas les usages ne permettent qu’un bref délai, ou que la vente est dite « à livrer » c'est-à-dire
que la délivrance sera différée jusqu’au moment où la chose vendue parvient à l’acheteur.

Comment délivrer la chose vendue ? La délivrance s’effectue par le délaissement de la chose


vendue par le vendeur et sa prise de possession par l’acheteur. L’article 500 du DOC détermine
plusieurs modalités :
- le délaissement ou la remise des clés pour les immeubles,
- la tradition réelle pour les choses mobilières,
- par le seul consentement si le retirement ne peut être effectué au moment du
délaissement,
- la remise d’un document administratif.

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Quelle est la sanction du non respect des règles de livraison ?


Si le vendeur ne délivre pas la chose vendue à l’époque convenue, ou s’il délivre une chose non
conforme ou ne délivre aucune chose, il manque à son obligation de résultat et l’acheteur pourra
alors mettre en œuvre plusieurs actions :
- opposer au vendeur l’exception d’inexécution (article 504 alinéa 2)
- demander au juge l’exécution forcée de la vente,
- demander la réfaction du contrat,
- demander la résolution du contrat.

ii. La garantie (articles 532 à 575) :

La garantie que le vendeur doit à l’acheteur à un double objet :


- garantir la jouissance et la possession paisible de la chose vendue, c’est la garantie
dite pour cause d’éviction,
- garantir que la chose vendue est exempte de défaut qui rendrait la chose impropre à
son usage, c’est la garantie dite pour les vices rédhibitoires (empêchement)
Cette garantie est, selon les termes de l’article 532 du DOC, due de plein droit, c'est à dire qu’elle
n’a pas à être stipulée dans le contrat.

S’agissant de la garantie pour cause d’éviction, le vendeur doit faire en sorte que l’acheteur ne
soufre d’aucune éviction de son fait mais également de tout fait de tiers. Pour permettre à l’acheteur
d’invoquer la mise en jeu de cette garantie, 3 conditions doivent être réunies :
- le trouble doit être actuel et non pas seulement éventuel,
- le trouble doit consister en une éviction telle que définie par l’article 534 du DOC,
« il y a éviction :
1°) lorsque l’acquéreur est privé en tout ou en partie de la possession de la chose,
2°) lorsqu’il ne réussit pas à en obtenir la possession contre un tiers détenteur
3°) ou enfin, lorsqu’il est obligé de faire un sacrifice pour la délivrer. »
- le trouble doit avoir une cause antérieure à la vente.

Selon l’article 538 du DOC, l’acheteur qui a souffert l’éviction a le droit de se faire restituer :
- le prix qu’il a déboursé et les loyaux coûts du contrat,
- les dépens judiciaires qu’il a fait sur la demande en garantie,
- les dommages et intérêts qui sont la suite directe de l’éviction.
Les parties peuvent convenir que le vendeur ne sera soumis à aucune garantie (article 544 DOC)
mais cette clause n’affranchit le vendeur que des dommages et intérêts mais ne le libère pas de
restituer le prix qu’il a reçu.

La garantie des défauts de la chose vendue (dite aussi garantie des vices cachés) est fondée sur un
mécanisme simple : si les défauts non apparents de la chose vendue la rende impropre à son usage,
l’acheteur peut :
- soit rendre la chose au vendeur et se faire restituer le prix au moyen de l’action
rédhibitoire,
- soit conserver la chose vendue et se faire restituer une partie du prix versé au moyen
de l’action dite estimatoire.
Le DOC a mis en place les conditions dans lesquelles la garantie peut être appelée :
- il faut que le défaut soit d’une gravité suffisante : l’article 549 du DOC nous dit le
vice doit diminuer sensiblement la valeur ou rendre la chose vendue impropre à son
usage et c’est le juge en cas de litige qui apprécie cette gravité ;

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- qu’il ne soit pas apparent : l’article 553 du DOC met à la charge de l’acheteur une
obligation d’examen « de l’état de la chose aussitôt après l’avoir reçue et de notifier
dans les 7 jours suivants la réception au vendeur tout défaut constaté. Et l’article 569
du DOC énonce que « le vendeur n’est point tenu des vices apparents, ni de ceux
dont l’acheteur a eu connaissance ou qu’il aurait pu facilement connaître. »
- qu’il soit antérieur à la vente : en effet selon les dispositions de l’article 552 du
DOC, n’est garanti par le vendeur que le vice qui existait au moment de la vente s’il
s’agit d’un corps déterminé ou au moment de la délivrance s’il s’agit d’une chose
fongible.
- l’article 573 a fixé les délais d’exercice de l’action :
i. pour les choses immobilières dans les 365 jours qui suivent la délivrance,
ii. pour les choses mobilières et les animaux dans les 30 jours après la
délivrance.
Les parties peuvent, toutefois, prolonger ou réduire contractuellement ces délais.

Il faut en outre savoir que :


- l’action en garantie des vices cachés est transmise, en cas de revente, au sous-
acquéreur qui peut agir, à son choix, contre son vendeur ou le vendeur initial ;
- les clauses limitatives de garantie sont nulles, sauf si la vente est conclue entre 2
professionnels de même spécialité.

 Celles de l’acheteur : (articles 576 à 584)

L’acheteur a également 2 obligations principales : le paiement du prix et le retirement.

Concernant le paiement du prix, on peut se poser 3 questions.

A qui doit-on payer ? L’acquéreur doit se libérer du prix de vente entre les mains du vendeur lui-
même ou à la personne qu’il a mandatée ; mais le mandat ne se présumant pas, il incombe à
l’acheteur qui paie entre les mains d’un tiers de s’assurer que ce tiers a bien qualité ou pouvoir de
recevoir le paiement.

Combien doit-on payer ? Le paiement porte sur le prix convenu et ses accessoires puisqu’au terme
de l’alinéa 2 de l’article 577 les frais du paiement sont à la charge de l’acheteur. Selon les termes du
contrat, le prix peut également comporter d’autres composantes telles que les frais de transport, les
droits de douane …

Quant et comment payer ? L’alinéa 1er de l’article 577 du DOC stipule que « l’acheteur est tenu de
payer le prix à la date et de la manière établie au contrat ; à défaut de convention, la vente est
censée faite au comptant et l‘acheteur doit payer au moment même de la délivrance. »
Ainsi sauf clause contraire dans le contrat, délivrance et paiement doivent s’exercer simultanément.
Ce qui permet au vendeur de bénéficier d’une double garantie en cas de non paiement du prix :
- droit de revendication des choses mobilières en vertu des dispositions de l’article 582
du DOC qui stipule que le vendeur qui n’a as accordé de délai peut aussi, à défaut de
paiement du prix, revendiquer les choses mobilières qui se trouvent au pouvoir de
l’acheteur, ou en arrêter la vente.
- droit de rétention qui sur la base de l’article 583 du DOC octroie à l’acheteur qui est
troublé ou qui se trouve en danger imminent et sérieux, en vertu d’un titre antérieur à
al vente la possibilité de retenir le prix tant que le vendeur n’a pas fait cesser le
trouble.

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Dans le cadre des ventes à crédit où délivrance et paiement sont différés dans le temps, lorsque
l’acheteur ne paie pas le prix à l’échéance, le vendeur peut :
- soit agir selon les modes de contrainte de droit commun,
- soit demander la résolution de la vente puisqu’en application des dispositions de
l’article 581 du DOC, si les parties l’ont convenu dans le contrat, celui-ci peut être
résolu de plein droit par le seul fait du non paiement dans le délai convenu.

L’obligation de retirement est le complément de l’obligation de délivrance et ses modalités


correspondent aux modalités de cette dernière. Ainsi, si la chose vendue doit être délivrée sur place,
il appartient à l’acheteur d’aller la retirer par lui-même ou par un tiers mandaté à cet effet. Si la
chose vendue doit être livrée chez l’acheteur, il doit désigner au vendeur le lieu de livraison ou de
déchargement.

A défaut de retirement, le vendeur pourra demander :


- l’exécution forcée,
- ou la résolution de la vente.

CHAPITRE 2 – LES SPECIFICITES DE CERTAINS TYPES DE CONTRAT DE VENTE

Certains types de contrat de vente présentent des spécificités particulières : le contrat de vente
commercial, la vente à réméré (articles 585 à 600 du DOC), la vente à option (articles 601 à 612 du
DOC), la vente selem (articles 613 à 618) et la vente d’immeuble en l’état futur d’achèvement
(articles 618-1 à 618-20 du DOC).

1) LES SPECIFICITES DE LA VENTE COMMERCIALE

Acheter pour revendre c’est la définition classique de l’acte de commerce tel qu’il est défini par
l’article 6 de la loi n°15-95 formant code de commerce.
Il ne faut oublier que la vente commerciale n’est pas réglementée par le code du commerce et
qu’elle obéit donc aux règles générales du DOC ; toutefois, les usages commerciaux jouent un rôle
très important ainsi que les dispositions légales particulières, par exemple la loi sur la concurrence.

a) La forme du contrat

L’écrit n’est pas obligatoire, même pour les ventes importantes, le contrat n’est rédigé qu’en vue de
ménager une preuve. En outre, en matière commerciale, il existe très souvent des contrats pré-
établis dans lesquels figurent « les conditions générales de vente ».
Un écrit est toutefois exigé, il s’agit de la facture depuis la promulgation de la loi n°6/99 et ceci
essentiellement pour des raisons fiscales. La facture doit contenir un certain nombre de mentions
obligatoires.

b) Le consentement

L’offre de vente effectuée par un commerçant est normalement impersonnelle et à durée


indéterminée ; elle résulte par exemple de la présentation de marchandises en vitrine ou en étal, de
la diffusion de notices commerciales, de catalogues de produits…Toutefois, la loi sur la
concurrence a fixé un certain nombre de règles relative à la publicité et à la protection du
consommateur.

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Ainsi parfois, la simple proposition de contracter est aussi réglementée en cas d’offre à distance par
un vendeur professionnel : informations permettant d’identifier le vendeur, obligation de
renseignement renforcé.
Par ailleurs, la proposition de contracter fait par exposition prend la forme dune offre ferme dans les
limites des quantités offertes.
Il faut aussi préciser que l’offre n’et pas seulement réglementée dans son contenu et son expression
mais elle peut l’être également dans la durée.
L’acceptation de l’acheteur ne peut résulter de son silence comme dans le droit commun. Le régime
de l’acceptation de la vente commerciale entraîne souvent des difficultés car elle est ralentie par un
délai de réflexion donné dans certains cas à l’acheteur et notamment par l’exercice du droit de
rétractation.

La pratique commerciale a introduit des conditions résolutoires ou suspensives au profit de


l’acheteur. C’est par exemple le cas de la vente par dépositaire dans laquelle l’acheteur achète
pour revendre et se réserve le droit de restituer les marchandises invendues, l’acheteur ne paie donc
pas le prix immédiatement il ne paiera que ce qu’il a vendu ; on rencontre ce type de contrat dans le
commerce de journaux ou les librairies. Attention toutefois à ce que le contrat ne change pas de
qualification et soit assimilé un dépôt.
C’est aussi le cas de la vente dite à l’essai dans laquelle l’acheteur se réserve la faculté de tester les
marchandises afin de juger si elles lui conviennent, son appréciation ne pourra porter que sur les
qualités objectives des marchandises. Si le vendeur prouve que l’essai est satisfaisant, l’acheteur
doit procéder à l’acquisition et il devient propriétaire rétroactivement au jour de la conclusion du
contrat.

c) L’objet

La vente commerciale peut porter sur tout objet pouvant être dans le commerce.
Dans les contrats de vente commerciale, il sera utilement précisé la qualité ou l’ensemble des
qualités de la chose objet du contrat, en l’absence de définition de ces qualités, la marchandise
devra être de qualité « loyale et marchande ».
La vente d’un corps certain emporte transfert de propriété dès la conclusion du contrat et les
risques sont donc à la charge de l’acheteur si la chose vient à périr avant la livraison sans qu’il y ait
faute du vendeur et l’acheteur devra tout de même payer le prix.
La vente de chose future implique quant à elle que le risque pèse sur le vendeur qui a l’obligation
de satisfaire la livraison à son client dans les termes et conditions prévus au contrat.
S’agissant de la vente de chose de genre, il faut distinguer :
- le cas de la vente en bloc pour laquelle le transfert de propriété s’effectue lors de la
conclusion du contrat ;
- la vente au poids, au compte ou à la mesure dans laquelle le transfert de propriété
ainsi que des risques a lieu dès que les opérations spéciales de comptage, de
mesurage ou de pesage permettent l’individualisation de l’objet de la vente.

d) Les obligations

La jurisprudence et la doctrine ont admis une troisième obligation à la charge du vendeur (en sus de
l’obligation de délivrance et de celle de garantie) c’est l’obligation de renseignement. En effet, le
vendeur doit renseigner l’acheteur sur le produit vendu, ses conditions d’utilisation et les dangers
que l’usage ou la consommation peuvent présenter. Cette obligation entre dans le souci de la
protection du consommateur compte tenu de la diversité et de la technicité croissante des produits
ainsi que devant les nouvelles formes de distribution.

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Cette obligation de renseignement et ce devoir de conseil à la charge du vendeur sont basés sur le
consensualisme du contrat de vente. Ainsi, pour accepter l’acheteur doit avoir une connaissance
suffisante de la chose.

2) LE CONTRAT DE VENTE INTERNATIONALE

La mise en œuvre d’une exportation ou d’une importation exige le consentement de 2 parties


(acheteur et vendeur), accord matérialisé en général par un contrat de vente, qui outre les conditions
générales, va répartir les risques et les frais entre les parties. La rédaction d’un contrat est
primordiale car en facilitant les échanges, elle évitera les contestations. Les parties peuvent choisir
de placer leurs relations contractuelles en tout ou en en partie aux usages commerciaux
internationaux (lex mercatoria cf. les travaux de recherche effectués en TD).

En 1936, pour la 1ère fois, la Chambre de Commerce Internationale (C.C.I.) située à Paris publie
sous le nom d’INCOTERM (International commercial terms) une série de règles internationales
dont la révision la plus récente date de 2000. En se référant dans leurs contrats à l’un des
INCOTERMS de la CCI, acheteur et vendeur réduisent l’incertitude inhérente à toute transaction
internationale puisqu’ils précisent les responsabilités et obligations respectives.
Les incoterms sont des sigles commerciaux qui réglementent les problèmes liés à la logistique
internationale et aux transferts de propriété des marchandises. Ils permettent de répartir les frais et
les risques de l’acheminement de la marchandise entre le vendeur et l’acheteur. Les incoterms
constituent aujourd’hui la base des règles du commerce international.

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Ce tableau actualise la liste de termes publiée aux avis du Journal officiel (français) du 14 août
1998, dont les définitions demeurent valables.

EQUIVALENT ETRANGER
TERME FRANÇAIS (1)
(2)
coût, assurance et fret (... port de destination CAF cost, insurance and CIF
convenu) freight (... named
type de vente) au départ port of destination)
le vendeur choisit le transporteur, conclut et supporte
les frais en payant le fret jusqu’au port de destination
convenu, déchargement non compris ; il doit fournir
une assurance maritime contre le risque de perte ou de
dommages aux marchandises.
L’acheteur supporte le risque de transport lorsque la
marchandise a été livrée à bord du navire au port
d’embarquement, il doit réceptionner et prendre
livraison de la marchandise au port de destination
convenu.
coût et fret (... port de destination convenu) CFR cost and freight (... CFR
type de vente = au départ named port of
le vendeur choisit le transporteur, conclut et supporte destination)
les frais en payant le fret jusqu’au port de destination
convenu, déchargement non compris ; le chargement
des marchandises dédouanées sur le navire lui incombe
ainsi que les formalités d’expédition.
L’acheteur supporte le risque de transport lorsque la
marchandise a été livrée à bord du navire au port
d’embarquement ; il doit réceptionner la marchandise
du transporteur et en prendre livraison au port de
destination convenu
en usine (... lieu convenu) ENU ex works (... named EXW
type de vente = au départ place)
l’unique responsabilité du vendeur est de mettre la
marchandise dans un emballage adapté au transport à la
disposition de l’acheteur dans ses locaux
l’acheteur supporte tous les frais et risques inhérents au
transport, du départ de l’usine au lieu de destination
franco à bord (... port d’embarquement convenu) FAB free on board (... FOB
type de vente = au départ named port of
la marchandise est placée à bord du navire par le shipment)
vendeur et les formalités d’exportation incombent au
vendeur.
L’acheteur désigne le navire et paie le fret ; le transfert
des frais et risques se fait au moment où la marchandise
passe le bastingage du navire.
franco le long du navire (... port d’embarquement FLN free alongside ship FAS
convenu) (... named port of

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type de vente = au départ shipment).


les obligations du vendeur sont remplies lorsque la
marchandise est placée dédouanée le long du navire sur
le quai ou dans les allèges au port d’embarquement
convenu.
A partir de ce moment, l’acheteur supportera tous les
frais et risques de perte ou de dommage dès que la
marchandise est livrée le long du navire, notamment en
cas de retard du navire ou d’annulation d’escale) ; il
désigne le transporteur et conclut avec lui le contrat de
transport ; il paie le fret.
franco transporteur (... lieu convenu) FCT free carrier (... named FCA
type de vente = au départ place)
si la livraison s’effectue dans els locaux du vendeur,
c’est le vendeur qui fait le chargement de la
marchandises emballée convenablement sur le véhicule
fourni par l’acheteur ; le dédouanement export est à la
charge du vendeur
l’acheteur choisit le mode de transport et le
transporteur avec lequel il conclut ; le transfert des frais
et des risques se fait au moment où le transporteur
prend en charge la marchandise.
Les parties doivent convenir du lieu de remise des
marchandises.
port payé jusqu’à (... lieu de destination convenu) POP carriage paid to (... CPT
type de vente = au départ named place of
le vendeur maîtrise la chaîne logistique ; après avoir destination)
pris en charge le dédouanement export, il choisit les
transporteurs et paie les frais jusqu’au lieu convenu.
Les risques d’avaries ou perte sont supportés par
l’acheteur à partir du moment où les marchandises ont
été remises au 1er transporteur. Ensuite l’acheteur prend
en charge le dédouanement import et les frais de
chargement.
port, assurance payés jusqu’à (... lieu de destination PAP carriage and CIP
convenu) insurance paid to (...
type de vente = au départ named place of
pour le vendeur idem POP mais il doit fournie en plus destination).
une assurance transport ; le vendeur conclut le contrat
de transport paie le fret et la prime d’assurance
les risques d’avaries ou perte sont supportés par
l’acheteur à partir du moment où les marchandises ont
été remises au 1er transporteur. Ensuite l’acheteur prend
en charge le dédouanement import et les frais de
déchargement.
rendu à bord (... port de destination convenu) RAB delivered ex ship (... DES
type de vente = à l’arrivée named port of
le vendeur choisit le transporteur, conclut et paie le fret. destination)
Il supporte les frais et risques du transport, le transfert

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des frais et risques se fait à bord du navire au point e


déchargement du port d’arrivée avant le déchargement.
L’acheteur doit réceptionner les marchandises à bord
du navire au port de destination et payer les frais de
déchargement

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rendu à la frontière (... lieu convenu) RAF delivered at frontier DAF


type de vente = à l’arrivée (... named place)
le vendeur paie les frais et supporte les risques jusqu’à la
frontière qui doit être précisée ; il, assume les formalités
douanières à l’exportation.
L’acheteur doit prendre livraison des marchandises au point
frontière convenu ; il assure les formalités douanières à
l’importation.
Les 2 parties doivent se mettre d’accord sur la prise en
charge de l’assurance sur la totalité du parcours.
rendu à quai i (... port de destination convenu) RAQ delivered ex quay (... DEQ
type de vente = à l’arrivée named port of
le vendeur met la marchandise à la disposition de l’acheteur destination)
dédouanée export sur le quai au port convenu.
Le dédouanement import est à la charge de l’acheteur.
Les parties doivent convenir du port de destination mais
aussi du quai.
Cet incoterm est réservé aux affaires traitées « poids et
qualité reconnus au débarquement »avec le plus souvent
pesage en continu et prise d’échantillons.
rendu droits acquittés (... lieu de destination convenu) RDA delivered duty paid (... DDP
type de vente = à l’arrivée named place of
le vendeur a dans ce type de vente l’obligation maximale les destination)
transferts de frais et de risques se font à la livraison chez
l’acheteur ; le dédouanement import lui incombe aussi.
L’acheteur doit prendre livraison au lieu de destination
convenu et payer les frais de déchargement.
rendu droits dus (... lieu de destination convenu) RDD delivered duty unpaid DDU
le vendeur met la marchandise à la disposition de l’acheteur (... named place of
au lieu convenu dans le pays d’importation. destination)
L’acheteur est responsable des formalités douanières import
des droits et taxes.
La livraison a lieu :
- quand le lieu de destination convenu est situé dans les
locaux de l’acheteur ou tout autre lieu désigné par
l’acheteur,
- quand le lieu de destination est tout autre lieu que celui
indiqué ci-dessus lorsque la marchandise a été chargée
sur le moyen de transport de collecte fourni par l’acheteur

(1) Les termes en rouge sont définis dans le Journal officiel du 14 août 1998.
(2) Il s’agit d’équivalents anglais.

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DROIT DES CONTRATS

En matière de vente commerciale internationale, l’offre s’appuie sur un document écrit : la facture
pro forma ; elle est considérée comme un devis qui reprendrait tous les éléments d’une facture
commerciale permettant à l’acheteur de prendre connaissance de spécificités de l’offre. Cette
facture engage la responsabilité et fixe les obligations du vendeur.
En tout état de cause, le contrat doit définir les rapports juridiques entre les parties, c’est le but des
conditions générales de vente. Ces conditions générales de vente définissent les droits du vendeur
et doivent être rédigées de manière claire et dépourvue d’équivoque. L’exportateur doit aller à
l’essentiel mais sur les éléments importants du contrat tels que le prix, les conditions de paiement,
les délais de livraisons et les modalités de règlement des litiges.
L’acceptation doit être transmise sous forme écrite et prend la forme simple du bon de commande
jusqu’au contrat le plus complexe.

Le contenu classique d’un contrat de vente internationale est le suivant :

LES CONTRACTANTS Identification des contractants : vendeur et


acheteur
NATURE DU CONTRAT 1. Définition de l’objet du contrat
2. description des aspects techniques,
quantité, volume, poids et éventuellement
mode d’emballage car l’acheteur peut
émettre des exigences particulières
PRIX ET MODE DE PAIEMENT 1. détermination du prix en précisant la
devise (penser à ce niveau aux risques
de change)
2. détermination de l’incoterm utilisé
lequel va déterminer la répartition des
frais de transport, des droits de douane,
de l’assurance et le moment de transfert
de propriété
3. le prix doit détaillé : prix unitaire et prix
total
4. fixation du mode de règlement qui doit
assurer une sécurité maximale au
vendeur (les versements d’acompte
garantissent la commande)
5. en cas de crédit documentaire, le
vendeur doit noter la dema nde
d’ouverture
6. prévoir une clause de réserve de
propriété
LES MODALITES DE TRANSPORT 1. détermination du mode de transport en
cohérence avec la nature de la
marchandise, la destination et la sécurité
2. en fonction de l’incoterm, rappel des
obligations respectives des parties
contractantes

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DROIT DES CONTRATS

LES MODALITES DE LIVRAISON 1. fixation de la date, du lieu de


chargement et de livraison
2. définition des délais en fonction de la
date d’entrée en vigueur du contrat ; le
respect des délais de livraison est l’une
des obligations majeures du vendeur : il
convient donc de prévoir et d’imposer, à
l’avance, des pénalités en cas de retard
LA FORCE MAJEURE Indication des cas de force majeure pour les
événements imprévisibles ; en principe il faut
éviter d’accepter le cas de fore majeure
invoqué par l’acheteur dans la mesure où il
ne l’impose pas.
LES GARANTIES Définition des engagements des deux parties
en matière de garantie, par exemple une
caution de restitution d’acompte pour le
vendeur
JURIDICTION EN CAS DE LITIGE Détermination du droit applicable pour le
règlement des litiges (vérifier qu’il est bien
maîtrisé)
LA LANGUE Détermination de la langue du contrat :
attention à la maîtrise par les parties (sinon le
signaler) et aux problèmes de traduction.

3) LA VENTE A REMERE (articles 585 à 600 DOC)

L’article 585 du DOC définit la vente à réméré comme étant « la vente par laquelle l’acheteur
s’oblige, après la vente parfaite, à restituer la chose au vendeur contre remboursement du prix », il
s’agit donc d’une vente avec faculté de rachat. La faculté de rachat est limitée dans le temps pour
une durée maximale de 3 ans (art. 586 DOC). Ce délai de 3 ans est d’ordre public, même le juge ne
peut prolonger ce délai. Toutefois, si c’est par la faute de l’acheteur que le vendeur n’a pu exercer la
faculté de rachat, l’expiration du délai fixé ne l’empêche pas d’exercer son droit.

Pendant la durée du délai, l’acheteur peut jouir de la chose vendue à titre de propriétaire, il en
perçoit les fruits et exerce toutes les actions relatives à la chose pourvu que ce soit sans fraude. Le
vendeur peut exercer son action de rachat contre un second acquéreur quand bien même la faculté
de rachat n’aurait pas été déclarée dans le second contrat.

Si le vendeur n’exerce pas son droit de rachat dans le délai stipulé au contrat, il perd son droit. Si au
contraire, le vendeur exerce son droit de rachat, la chose vendue est censée n’avoir jamais cessé de
lui appartenir. La faculté de réméré s’exerce par notification faite par le vendeur à l’acquéreur de sa
volonté d’effectuer le rachat ; le vendeur doit en même temps faire une offre de prix.

Le vendeur qui use du pacte de rachat ne peut rentrer en possession de la chose vendue qu’après
avoir remboursé :
- le prix qu’il a touché,
- les dépenses qui ont augmenté la valeur de la chose.

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DROIT DES CONTRATS

L’acheteur doit restituer :


- la chose ainsi que tous ses accroissements depuis la vente,
- les fruits qu’il a perçus depuis le jour où le prix a été payé.
L’acheteur a un droit de rétention du chef des remboursements qui lui sont dus.

En France, la technique de vente à réméré a trouvé une nouvelle jeunesse comme étant une solution
aux problèmes de surendettement. En effet, cette opération s’adresse à des personnes physiques qui
ne peuvent obtenir de crédits bancaires soit parce qu’elles sont fichées à la Banque de France ou
que leur taux d’endettement est trop important. Le produit de la vente sert alors à rembourser leurs
dettes ou à réaliser un investissement.

4) LA VENTE A OPTION (sous condition suspensive en faveur de l’une des parties au


contrat) réglementée par les articles 601 à 618 du DOC.

Dans ce cadre, la vente est faite sous la condition que l’acheteur ou le vendeur aura le droit de se
départir du contrat dans un délai déterminé :
- 60 jours pour les immeubles,
- 5 jours pour les choses mobilières.
Pendant le délai d’option, le droit aux fruits, accroissements et accessions de la chose demeure en
suspens ; il passe avec la chose elle-même à la partie qui acquiert définitivement la propriété.

Si la partie opte affirmativement dans le délai imparti, la vente devient pure et simple et la chose est
réputée avoir appartenu à l’acheteur dès le jour du contrat. Si la partie qui s’est réservé le droit
d’option laisse passer le délai sans faire connaître sa décision, elle est présumée, de plein droit,
avoir accepté.
L’acheteur perd le droit de refuser la chose par tout fait impliquant son intention de faire acte de
propriétaire tel que :
- Hypothéquer, gager, vendre, louer la chose,
- dégrader volontairement ou transformer la chose vendue.
Au contraire, le vendeur est présumé avoir opté négativement et perd le droit d’exiger l’exécution
de la vente dans les cas prévus ci-dessus.

Lorsque la partie opte négativement, le contrat est réputé non avenu et les parties doivent se
restituer réciproquement ce qu’elles ont reçu l’une de l’autre.
L’acheteur qui ne peut restituer la chose ou la restitue détériorée pour une cause non imputable à
son fait ou à sa faute n’est tenu d’aucune responsabilité.

5) LA VENTE SELEM (à livrer avec avance de prix) réglementé par le articles 613 à 618
du DOC.

La vente selem est un contrat par lequel l’une des parties avance une somme déterminée en
numéraire à l’autre partie, qui s’engage de son côté à livrer une quantité déterminée d’objets
mobiliers dans un délai convenu. Ce contrat ne peut être prouvé que par écrit.

Le prix doit être payé au vendeur intégralement dès la conclusion du contrat.

Lorsque dans une vente dite à livrer, les vendeurs ne se sont pas exécutés dans les délais et que le
produit de la vente n’existe plus, l’acheteur peut :
- demander la résolution du contrat,
- ou la restitution du prix.

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DROIT DES CONTRATS

Ce type de contrat est souvent utilisé au Maroc en matière de vente de récoltes, notamment de
céréales. Ainsi, les choses qui font l’objet de ce type de contrat de vente doivent être déterminées
par qualité, qualité, poids et mesure selon leur nature. Si le débiteur est empêché, pour cause de
force majeure, de livrer ce qu’il a promis, sauf faute de sa part, le créancier peut choisir d’attendre
la prochaine récolte (article 618 DOC). Si au plus tard l’année suivante la totalité des produits de la
vente est enfin disponible, l’acheteur est tenu de le recevoir et n’a plus la faculté de résoudre le
contrat. Si au contraire, le produit n’existe pas, le créancier peut demander la résolution du contrat.

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