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Dimensions psycho-sociales

de la santé

SANT0110-2

Prof. Michèle Guillaume


Département des Sciences de la Santé Publique

Communication et
empathie

Compétences non-
techniques

Prof. Isabelle Bragard


Département des Sciences de la Santé Publique
Simulation en santé et qualité des soins
Evolution du système de santé

•  Réformes du système de santé et pressions qu’elles exercent


•  Contraintes de temps de plus en plus marquées
•  Poids démographique croissant des personnes âgées
•  Prévalence accrue des maladies chroniques
•  Complexité et diversité des solutions thérapeutiques
•  Souhait de valoriser l’autonomie et la participation active dans les soins
•  Démocratisation de l’information médicale par les médias, internet et outils
informatiques personnels pour surveiller sa santé
Topol, 2015

Difficultés dans la prise en charge des patients



Evolution de la médecine
La prise en charge du patient a évolué à 2 niveaux:

1.  Technique Besoin d’une expertise

2.  Relationnel technique et relationnelle

Les compétences relationnelles/non-techniques sont devenues de


véritables compétences cliniques
(Iandolo, 2001; Fielding, 1995; Sanson-Fisher & Maguire, 1980)
Reonnaissance officielle
A l’étranger… Les habiletés communicationnelles et relationnelles sont
reconnues officiellement comme une compétence
clinique essentielle en médecine, en sciences infirmières
et en pharmacie dans certains pays (ex. Collège des médecins du
Québec et Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, 1996)

En Belgique…

Communication
Empathie, éthique
Changement de paradigme

Pomey et al., 2015


Un défi de synchronisation
Professionnels Patients / proches
Modèle biomédical Modèle expérientiel

1. Récolte 1. Désir de
d’information compréhension

2. Annonce
du diagnostic

de savoir
2. Désir
de transmission
Référent
Référent spécifique
4. Adhésion
aux soins

universel

4. Désir
3. Désir
vital
3. Acceptation du
plan de soins

Intelligence rationnelle Intelligence émotionnelle/relationnelle


Logique d’efficacité Logique d’appropriation
Nécessité d’intervention Nécessité d’accompagnement
Logique de guérison Logique d’acceptation

Adapté de C. Tourette-Turgis, 2010


Bien communiquer, un outil majeur pour…

•  Collecter et transmettre des informations


•  Moyen privilégié pour comprendre la perspective du patient
•  Co-construire le plan d’action, élément majeur de la satisfaction,
motivation, adhésion du patient
•  Outil de prévention, éducation et promotion de la santé

•  Passage d’un entretien à visée diagnostique à une relation


thérapeutique

Vous allez me dire….
Croyance 1: On a déjà les bases de la communication avant d’être en
faculté de médecine…
Croyance 1 : Croire qu’on a les bases
Lacunes des soignants en matière de communication

•  Quantité et la qualité de l’information échangée au cours d’un entretien (Waitzkin,


1984) :
ü Les soignants surestiment la quantité d’information transmise
ü Les soignants sous-estiment le désir d’information des patients
ü Les soignants vérifient peu la compréhension que les patients ont de l’info
ü Les soignants ne peuvent donc ni repérer, ni corriger les erreurs de
compréhension, qui peuvent entrainer des situations cliniques problématiques
•  30% des patients présentant un indice de détresse psychologique élevé sont détectés
par les soignants (Lussier et al.,1998)
•  60% des événements indésirables sont dus à des défauts de communication (Sexton,
2000)
•  91% des familles donnent comme raison aux poursuites judiciaires le manque
d’explications (Vincent et al., 1994)
Vous allez me dire….
Croyance 2: La manière de communiquer ne modifie pas la qualité des
soins …
Croyance 2: Croire que la manière de communiquer n’impacte pas les soins

SOIGNANT PATIENTS/PARENTS

Efficacité/Qualité des soins Reconnaissance


des besoins

Changement d attitudes
Utilisation de Compréhension

Réalisation de soi
stratégies de
Satisfaction
communication
Gestion du temps/ stress Adhésion au traitement
adéquates

Satisfaction/Qualité de vie au Qualité de vie/santé


travail

Howells & Lopez (2008); Hart et al. (2007); Glascoe (2003); Kurtz, Silverman, Draper (1998), Stewart (1995)
Vous allez me dire….
Croyance 3: La communication n’est utile que quand le problème
médical s’accompagne d’un effet psychologique important…
Croyance 3: Croire que la communication n’est utile que quand il y a une composante psy

Nature particulière de l’intervention:


Patient en souffrance

Aller à l’essentiel:
Soulager la souffrance, aider à recouvrer la santé

Communication perçue comme accessoire:


S’occuper d’abord de l’urgence; le patient attend un savoir-
faire pour faire disparaitre ses symptômes

•  En dehors de réelles situations d’urgence, les soins passent obligatoirement par


une forme de communication
•  Ce qui est perçu comme accessoire fait dans la plupart des cas la différence entre
des soins de qualité et des situations sous-optimales, voire des échecs
Vous allez me dire….
Croyance 4: Une bonne communication se résume à une capacité
d’écoute et à l’expression d’empathie…
Croyance 4: Croire qu’une bonne communication se résume à l’écoute et
à l’empathie

•  Communiquer, c’est traduire des concepts complexes liés au


fonctionnement du corps humain et au maintien de la santé dans des
termes qui ont du sens pour le patient
•  4 belges sur 10 ont une littératie en santé problématique

9.616 affiliés des Mutualités Chrétiennes

Insuffisant
12%

Limité/problématique 30%
59%

Suffisant (Vandenbosch et al., 2016)


Objectif
•  Être convaincu de la nécessité de placer la communication au
coeur de votre rôle professionnel

•  Une approche biomédicale stricte a sa place dans certaines


circonstances (critiques) mais l’asymétrie de la relation ne confère
aucune supériorité et ne justifie pas un comportement autoritaire

•  Vous encourager à développer ces compétences relationnelles


L’entretien en médecine
2 fonctions principales pour répondre à 2 types de besoin

2. Etablir et maintenir
1. Echanger des informations
une relation professionnelle

Besoin cognitif Besoin affectif


Besoin de savoir et de Besoin émotionnel de se
comprendre sentir reconnu et compris

Levetown, 2008
L’entretien en médecine
2 fonctions principales pour répondre à 2 types de besoin

2. Etablir et maintenir
1. Echanger des informations
une relation professionnelle

Communication Empathie
Besoin cognitif Besoin affectif
Besoin de savoir et de Besoin émotionnel de se
comprendre sentir reconnu et compris

Levetown, 2008
Fonction 1
Comment bien échanger l’information?
Filtres?

•  VIDEO
•  Nécessité d’investir
des ressources

•  Attention au
jugement sur base
d’inférences, aux
stéréotypes…
Communiquer, un investissement
Coût immédiat
•  En temps
•  En ressources mentales
•  En prise de risque: risque de communiquer une information inexacte ou
incomplète…

Bénéfices différés
•  Perdre 2 minutes maintenant pour gagner 2 h plus tard
•  Garder l’autre dans la boucle et améliorer les relations et la compréhension
partagée

PRENDRE DU TEMPS POUR EN GAGNER


Les différents types de langage

Verbal
7%
Grande part de contribution
du langage non-verbal dans la
Paraverbal compréhension du message
38% (Hargie, 2011)

Non-verbal
55%
Communication non-verbale
•  Premier langage utilisé ‘Je vous
•  Dans la vie écoute…’
•  Lors d’une rencontre

•  Ne ment pas
•  Permanent

•  Facile
•  Beaucoup de renseignements s’il
est observé
•  Facile à imiter pour parfaire
l’alliance

On ne peut pas ne pas communiquer!


Communication non-verbale

1.  Environnement
2.  Vêtements, accessoires
3.  Proxémique
4.  Toucher
5.  Kinésique

Knapp (1972)
1. Environnement
•  L’aménagement de l’environnement a son importance: salle de réunion, bureau
professionnel, chevet…
•  Le soignant peut envoyer des messages non verbaux, indiquant qu’il est une
personne très occupée: allées et venues, bip en mode actif, alertes émises par le
smartphone, discussions avec le personnel, appels téléphoniques …

2. Vêtements, accessoires…

•  Vêtements/accessoires (habillement,
uniforme, masque,…)

•  Lors d’une 1ière rencontre, on a tendance


consciemment ou non, à juger/évaluer la
personne selon son aspect extérieur,
avant même de lui avoir parlé
3. Proxémique = Distance entre 2 personnes

Type de distance selon la relation Mesure


Distance intime 0 à 0.45 m
(conjoint, enfant…)
Distance personnelle 0.45 à 1.2 m
(entre 2 amis)
Distance sociale 1.2 à 3.7 m
(professionnelle/salle d’attente)
Distance publique + de 3.7 m
(orateur/public)

Durant l’examen physique, la distance sociale se transforme en distance


intime: rappeler au patient la nature de l’examen physique qu’on doit
effectuer et les raisons qu’on a de le faire (Hall, 1963)
4. Toucher
• Contact physique inéluctable et d’une grande importance:
soins techniques, toilette… (prévenir/expliquer)
•  Le toucher est dépendant des cultures, des ethnies, de
l’éducation
•  Conduit le patient à avoir davantage
confiance en son médecin et à le
trouver plus chaleureux
5. Kinésique ou langage du corps
Canal Expression d’attention
Expressions Adopter des expressions faciales
faciales d’ouverture, chaleureuses
Eviter de froncer les sourcils, signe de
contrariété
Contact visuel Garder le contact visuel en parlant avec le
patient
Le regard peut mettre en confiance ou pas

Position du Se placer dans les limites de la distance
corps sociale/professionnelle
S’asseoir si possible: le patient a
l’impression que la rencontre est plus
longue quand le soignant est assis plutôt
que debout

Position du corps
Haute

Moyenne

Basse
Haute

•  Habitude
•  Les gens mettent le
docteur en position haute
•  Parfois utile (urgences)

•  Savoir-faire du soignant
pour rééquilibrer les
choses
•  Pouvoir ré-installer une
compétence du patient
Basse
•  Patient
•  Passive
Moyenne

•  Echange
•  Equilibrée

•  “Je suis là pour vous, j’ai le


temps, je me sens concerné”
Communication non-verbale: Créer une cohérence

Mirroring
Installation automatique
Installation volontaire
Communication non-verbale: Créer une cohérence

Pacing respiratoire: Moyen simple pour soulager le patient



•  Synchronisation sur le rythme du patient
•  Ralentir son rythme respiratoire
•  Parler sur l’expiration du patient
•  Voix un ton plus bas

Par l’activation du système parasympathique, diminution des composantes


émotionelle et sensori-discriminative de la perception douloureuse
Exercice: Identifier les sources d’inconfort

1.  Environ-
nement •  Vidéo

2.  Accessoires

3.  Proxémique

4.  Toucher

5.  Kinésique
Exercice: Identifier les sources d’inconfort
Dimensions Non-verbal
Envionnement Mauvaise place (devant porte du bloc)? On voit un autre patient sur le lit
Pudeur
Conversation inadaptée (j’ai autre chose à faire: manger!)/tél portable

Vêtements Masque!
Proxémie Proxémie inadaptée: dossier sur le patient, s’assied sur le lit

Toucher Touche le pied du patient ?


Touche la hernie/appuie fort
Langage du Indifférence dans le couloir - Pas de contact visuel
corps Position haute +++
Peu/pas de chaleur ou ouverture
Les différents types de langage

Verbal
7%

Paraverbal
38%

Non-verbal
55%
Langage paraverbal

•  Volume de la voix adapté

•  Rythme
•  Parler avec un débit qui donne le temps au patient de comprendre le
message
•  Rythme ralenti, pauses, silence

•  Timbre Ajuster le timbre de voix (plus grave)

Renforce la qualité relationnelle, le confort et la détente du patient


Les différents types de langage

Verbal
7%

Paraverbal
38%

Non-verbal
55%
Langage verbal

1.  Poids des mots: mots simples,


positifs

2.  Stratégies de communication


Langage verbal
Des mots simples et positifs
Langage verbal
Au lieu de dire… Préférez…
Langage verbal
Le poids des mots
Loftus, 1974

•  Vidéo d’un accident


•  5 groupes
•  “A quelle vitesse roulaient les voitures lorsqu’elles…..?

•  Se sont écrasées l’une contre l’autre Questions Vitesse estimée (Km)


Se sont écrasées l’une contre 75
•  Sont entrées en collision l’autre
•  Se sont rentrées dedans Sont entrées en collision 60
•  Se sont heurtées Se sont rentrées dedans 57
•  Sont entrées en contact Se sont heurtées 50
Sont entrées en contact 40
Langage verbal
Est-ce que les mots font mal?

•  16 sujets sains
•  Mots douleur vs Mots positifs/négatifs/neutre
•  Séquences IRMf

Résultats
•  Activation de la matrice cérébrale de la douleur quand les mots sont liés à la douleur
•  Dimension cognitive de la douleur: perception, localisation, encodage de la douleur attendue
•  Effet d’amorçage

Anesthesia & Analgesia
Issue: Volume 110(3), March 2010, pp 868-870

Randomisation en 2 groupes
1.  Nocebo: “Vous allez ressentir une grosse
piqûre, cela va brûler dans votre dos,
comme une grosse piqûre d'abeille”
2.  Placebo: “Nous allons injecter
l'anesthésique local qui va engourdir la
zone où nous allons faire l'anesthésie
épidurale/rachidienne et vous serez à l'aise
pendant la procédure”

Après l'injection, évaluation de la douleur sur


une VAS de 0 (aucune douleur) à 10 (la pire
douleur imaginable).
Exercice: Identifier les mots qui pourraient être source
d’inconfort

•  Vidéo
Exercice: Identifier les mots qui pourraient être source
d’inconfort
Mot négatif Interprétation
Couper
Ca devrait pas faire trop mal ‘ça va faire trop mal ?’
Cancer
Suggestion de complications
Ca va Monsieur? ‘comment ça pourrait aller ?’
Souci ‘y’a des soucis ?’
Intubation difficile ‘ça va mal se passer ?’
Pb technique ‘je dois m’inquiéter ?’
Saigner ‘ça risque de saigner’
Bistouri électrique, très froid
Ca peut bruler, chauffer… ‘je vais me bruler’
Pas trop mal installé? ‘je suis vraiment mal installé’
Pas tomber ‘je risque de tomber’
Tête tourne fort, vertige
Pensez à qqch d’agréable ‘oui mais à quoi ?’
Communication verbale et non-verbale
Ce qu’il vaut mieux faire…
•  Vidéo

https://vimeo.com/96527424

Langage verbal: quelques stratégies
Modèle Calgary Cambridge

Kurtz, Silverman, Benson, Draper, 2003


Comment poser les questions?
Questions ouvertes
•  Invite à poursuivre, à donner des détails, à contextualiser l’information
•  Appropriée en début d’entretien (Fortin et al., 2012)
•  «Comment?», «Que?», ou «Pouvez-vous me dire quelque chose sur…? …

Questions fermées
•  Plus directives, courte réponse :‘oui’, ‘non’, toujours, jamais, peut-être, j’ai 50 ans…
•  Désavantages: Questions suggestives (issues d'un certain a priori), influence le
patient; Climat d’interrogatoire: réponses de plus en plus courtes
•  Avantages: Contenir un patient loquace ou encourager un patient réservé

Les 2 types de questions sont utiles, complémentaires


Comment poser les questions?
Questions ouvertes
‘En entonnoir’
Vérifier ses hypothèses diagnostiques
en se concentrant sur des points précis,
après avoir effectué un balayage
exploratoire large
Questions fermées

Pour commencer 1.  Questions ouvertes générales


2.  Facilitateurs
Poursuivre 1.  Questions ouvertes ciblées: Qui, quoi, comment, quand
2.  Questions fermées: à 2 choix (oui/non)
A éviter Questions de type pourquoi
Questions suggérant des réponses
Questions à multiples facettes

Glascoe (1999); Glascoe & Dworkin (1995); Cole et Bird (2014)


Langage verbal
Les 4 R


1.  Recontextualiser
2.  Reformuler
3.  Résumer
4.  Renforcer
1. RECONTEXTUALISER = remettre dans le contexte

S’assurer que nous parlons de la même chose


•  Où, avec qui, comment, quand?
•  Faire préciser les propos plutôt que les évaluer
ü Pouvez-vous me préciser depuis quand vous ressentez cette fatigue?
•  Dans la vie quotidienne, nous négligeons souvent de le faire:
ü Comment allez-vous?
ü Je vais ‘bien’

•  J’en ai marre de tout! ü Image claire et détaillée de chaque


•  Et de quoi en avez-vous le plus marre? problème, de ce que vit le patient
•  Le pire c’est la perte des cheveux ü Développer un rapport collaboratif
2. REFORMULER = répéter, préciser
Redire mot pour mot, ou en d’autres termes quand le patient a du mal à s’exprimer, d’une
manière plus explicite, ce que le patient vient d’exprimer
ET
Obtenir l’accord du patient afin d’éviter le rapport de pouvoir

Se réfère au contenu des réponses du patient: événements, personnes ou choses


1.  Montrer la compréhension: Le patient se rend compte qu'il est écouté
2.  Vérifier si l'histoire a été comprise: Le soignant découvre s'il a bien compris le
patient
3.  Reproduire ce que le patient a dit plus précisément, donnant ainsi au patient une
image plus claire de ses problèmes

“ Si j’ai bien compris/entendu… Il me semble que vous dites… ” (exprimé sous une forme interrogative
douce, en attente d’une réaction du patient, qui validera notre reformulation)
(Hackney & Cormier, 1979)
2. REFORMULER ou REFLETER

On peut répondre de 2 manières à l'histoire du patient:



1.  Soit on souligne les aspects factuels - le contenu: on montre qu’on
essaie de comprendre ce que le patient dit sur lui-même ou sur sa
situation actuelle ou passée
2.  Soit on souligne les aspects émotionnels: en reflétant le sentiment,
on démontre qu’on essaie de comprendre comment le patient se
sent ou s'est senti dans la situation qu'il décrivait

S'abstenir de donner son propre jugement de valeur, on montre sa


compréhension: manifestation concrète de l'empathie
3. RESUMER = reformulation élargie

•  Structurer l’entretien
•  Donner à la liste de problèmes un début et une fin
•  Résumer à voix haute les propos du patient
•  Résumé descriptif non-évaluatif
•  Bien pour réfléchir (au lieu de reposer des questions inutiles)
S: J’aimerais prendre quelques instants pour m’assurer que je vous comprends bien.
Vous m’avez dit que la douleur à l’épaule droite était apparue il y a qqs semaines à
la suite du lavage de vos fenêtres. Vous ressentez la douleur dans toute la région,
mais une douleur particulièrement forte juste ici (en pointant un endroit), et cela
vous réveille la nuit. Est-ce bien cela?
(Silverman et al., 2013; Cole et Bird, 2014)
4. RENFORCER ce qui est souhaitable de développer

•  Encourager le patient, renforcement positif


•  Booster le sentiment de compétence
•  Noter si un patient cherche une solution à ses difficultés
•  Pour reconnaitre explicitement les forces du patient

•  Sur les faits (action accomplie) ou sur la personne (qualité, ressources)

S: ‘Je sais qu’avec les ressources que vous avez, vous allez réussir à surmonter
cette difficulté’
Perspective du patient

Représentation du patient/parent
Imprécise
Générale
Stéréotypée

Les 4 R
Recontextualiser
Reformuler/reflet
Résumer
Renforcer

Représentation du patient/parent
Précise
Particulière
individualisée
Récolte d’informations bio-psycho-sociales
AVIS

Vécu
Attentes/espoir Cognition, émotions

Types d’information

Impact/conséquences Symptômes
Langage verbal: quelques stratégies
Modèle Calgary Cambridge

Kurtz, Silverman, Benson, Draper, 2003


Expliquer/informer

Évaluation
Connu et souhaité

Incompréhension ou Patient en état d ’entendre la


compréhension partielle suite
Transmission
de l’information

Pas de signe de détresse chez Signes de détresse chez


le patient le patient

Vérification Évaluation
de la compréhension de l’état émotionnel

Patient « débordé »

Poursuivre SOUTIEN
Expliquer/informer
•  Annoncer de quoi vous allez discuter
•  Partir de ce qu’ils savent (Ex. Vous avez mentionné que votre oncle avait la maladie de Crohn. Que
savez-vous à propos de ce problème?)

•  Construire sur les idées/préoccupations/attentes (Ex. Vous avez dit que vous vs
demandiez si vs aviez la même chose que votre oncle. Je ne pense pas que vs ayez la maladie de Crohn, cela
aiderait-il si j’expliquais pourquoi?)

•  Des bouts d ’informations digérables


•  Langage approprié/jargon médical
•  Mal de tête plutôt que céphalées, aspect bleuâtre plutôt que cyanose…
•  Renforcement de la compréhension (ex. répéter, schéma)
L’entretien en médecine
2 fonctions principales pour répondre à 2 types de besoin

2. Etablir et maintenir
1. Echanger des informations
une relation professionnelle

Communication Empathie
Besoin cognitif Besoin affectif
Besoin de savoir et de Besoin émotionnel de se
comprendre sentir reconnu et compris

Levetown, 2008
Fonction 2
Comment établir et maintenir la relation?
Développer une relation chaleureuse et harmonieuse

1. Empathie
•  Accueillir les points de vue et émotions sans juger
•  Ne signifie pas être d’accord
•  Reconnaître ouvertement les points de vue et émotions et utiliser le reflet
•  S: Je peux sentir à quel point vous êtes en colère contre cette maladie

2. Fournir du soutien par des stratégies verbales et non-verbales


•  Exprimer sa compréhension, sa volonté d’aider
•  Reconnaitre les efforts d’adaptation et démarches d’auto-soins
•  Ecoute active, renforcement positif
C’est quoi l’empathie?
C’est quoi l’empathie?

•  Empathie vs Sympathie
•  Empathie affective vs cognitive
•  Evolution du concept à travers le temps et les disciplines
•  Empathie comportementale – communication
•  ‘Détachement clinique’

Empathie vs sympathie
Empathie Sympathie

Représentation de l’émotion Partage/contagion de l’émotion

Distinction entre soi et l’autre Identification à l’autre

Pas (de nécessité) de lien affectif Etablissement d’un lien affectif

Réaction à l’émotion par le comportement Réaction à l’émotion par l’émotion

Objectif: compréhension de l’autre Objectif: bien-être de l’autre, sa séduction
pour un retour de sentiment positif
Empathie Se mettre à la place de l’autre tout en gardant à
l’esprit qu’on n’est pas l’autre

Ce n’est pas C’est


Partager les émotions de l’autre Etre ouvert à l’autre

S’identifier à l’autre Chercher à comprendre l’état affectif de
l’autre
Etre à l’écoute des ressentis et des besoins de
Fusionner avec l’autre l’autre, tout en restant à l’écoute des siens

Adopter le point de vue de l’autre Chercher à comprendre les émotions et les
réactions de l’autre:
Eprouver de l’affection pour l’autre -  Même si nos intérêts divergent
-  Même si l’on a aucune sympathie pour lui
Empathie
La réponse empathique est composée d’éléments (Singer, 2006):

1.  Affectifs: ex. Partage de l’émotion de l’objet par le sujet

2.  Cognitifs: ex. Attribution d’états mentaux à l’objet

3.  Comportementaux: ex. Tendance à l’action

La façon dont ces éléments vont s’articuler et donner forme à une réponse empathique
spécifique, est influencée par divers facteurs cognitifs, motivationnels, expériences
antérieures… (Lamm et al al 2007; Decety 2010)
Empathie affective et cognitive
(Decety, Smith, Norman, & Halpern, 2014)

Affective Cognitive
•  Entrer en résonance émotionnelle avec la •  Reconnaître et comprendre l'expérience
situation et les émotions d’un autre émotionnelle d'autrui (en imaginant ce
•  Partager l’état émotionnel de l’autre qu’elle ressent, comment son expérience
•  On doit avoir conscience de ce que nous- l’affecte, ce que nous ressentirions à sa
mêmes ressentons pour faire la part des place)
choses entre nous et l’autre •  Se représenter les pensées de l’autre, le
fonctionnement mental d’autrui

•  Afin de communiquer et confirmer cette compréhension avec l'autre et de


prendre des mesures pour agir d’une manière utile (-> comportemental)
•  La capacité de comprendre ce que vit l’autre peut aussi être utilisée pour
sa manipulation!!
Pas matière d’examen (pas vu au cours)

Petit historique du concept d’empathie…

•  Concept qui a migré et continue de migrer d’une discipline à l’autre,


•  De l’esthétique à la psychologie
•  Via la philosophie, relayé par certains courants de la psychanalyse
•  Actuellement reformulé par les neurosciences

•  Les significations qui lui sont accordées évoluent toujours, au décours


des tentatives de théorisation qui en sont faites
Pas matière d’examen (pas vu au cours)
Evolution du concept d’empathie
Esthétique allemande - Einfühlung
Vischner (1872): Projection mentale de soi dans un objet extérieur (ex.œuvre d’art), lui
permettant d’accéder à son sens

Lipps (1903)
•  sentiment d’un artiste qui se
projette par son imagination dans
un objet inanimé et aussi dans
l’expérience vécue d’une autre
personne

Pas matière d’examen (pas vu au cours)
Evolution du concept d’empathie
Psychologie - Titchener (1909) – Royaume-Uni
•  Traduit einfühlung par empathy
•  Entrée officielle en psychologie

•  Empathie = dériverait d’une sorte d’imitation


physique de l’affliction d’autrui, imitation qui suscite
ensuite les mêmes sentiments en soi. Il rechercha un
mot distinct de la sympathie, que l’on peut avoir
pour quelqu’un sans partager pour autant ses
sentiments.
•  Différence avec l’einfühlung : associé à l’agréable et
au plaisir et pas à la douleur
Pas matière d’examen (pas vu au cours)
Evolution du concept d’empathie
Psychanalyse – Freud (1930) - Autriche

•  Einfühlung: permet de comprendre ce qui


est étranger au moi chez d'autres personnes
(comme Lipps).
•  L'empathie du thérapeute aide à entendre
ce que l'autre n'entend pas de lui-même

Pas matière d’examen (pas vu au cours)
Evolution du concept d’empathie
Psychologie – Rogers (1961) - USA

•  Le premier à mettre en évidence le pouvoir de changement


de certains énoncés empathiques: «réponse-reflet»,
instrument le plus sensible pour signifier à l’autre qu’il est
compris
•  Empathie: percevoir le cadre de référence interne d'une
personne avec précision et avec ses composantes et
significations émotionnelles de façon à les ressentir comme
si l'on était cette personne, mais cependant sans jamais
oublier le ‘comme si’»
Evolution du concept d’empathie
Neurosciences – Dimberg (1980) - Suède
•  1982: Photos de visages expressifs
•  En regardant un visage triste: on a spontanément
des réactions électromyographiques faciales (EMG)
distinctes dans les muscles faciaux
•  2000: Images subliminales d’expressions
•  Les sujets ont réagi avec des réactions musculaires
faciales distinctes qui correspondaient aux visages
de stimulus heureux et en colère
•  Des réactions émotionnelles positives et négatives
peuvent être inconsciemment évoquées
•  Des aspects importants de la communication face-
à-face émotionnelle peuvent se produire à un
niveau inconscient

Evolution du concept d’empathie
Neurosciences – Rizzolatti, 1996
•  Neurones miroirs (Rizzolatti, 1996): Support neuro-
anatomique de la notion d’empathie affective
•  Expé: Des neurones du cortex moteur activés quand le
macaque exécute une action, sont également activés chez un
autre macaque qui observe son congénère. Pour comprendre
ce que fait l’autre, un sujet doit activer ses propres neurones
moteurs qui seraient activés pour réaliser la même action
que celle déployée par l’individu observé.
•  L’activation du circuit miroir est essentielle pour donner à
l’observateur une compréhension réelle et expérientielle de
l’action qu’il voit
•  Le fait d’assister à la souffrance d’une personne déclenchait
une augmentation de l’activité dans les régions cérébrales
impliquées dans la douleur (Meltzoff et Decety, 2005)
Empathie et l’art
L’expérience de l’Université de YALE

Dolev, Friedlaender, Braverman (2001). Use of Fine Art to Enhance Visual Diagnostic Skills. JAMA
Empathie et l’art
L’expérience de la faculté de médecine de YALE
Améliorer les compétences d'observation grâce à une formation visuelle systématique à l'aide
de peintures figuratives

Etude en 1998-2000
176 étudiants de 1ère année médecine
Randomisés en 3 groupes
Pré-post test: Série de photographies de personnes atteintes de troubles médicaux

Groupe Groupe YCBA
Groupe contrôle conférence sur Yale Center for
Tutorat clinique
l’anatomie British Art

Dolev, Friedlaender, Braverman (2001). Use of Fine Art to Enhance Visual Diagnostic Skills. JAMA
Empathie et art
L’expérience de la faculté de médecine de YALE
•  Post-test: Différence significative entre les groupes (P = 0,003)
•  Score du groupe YCBA significativement plus élevé (56%)
•  Contrôle: 44% (p = 0,001)
•  Conférence: 46% (p = 0,009)
•  Scores faibles : concentrés uniquement sur les attributs visuels globaux,
décrivaient les détails au hasard, faisaient des erreurs d'observation
•  L'utilisation de peintures capitalise sur le manque de familiarité des
étudiants avec les œuvres d'art: Ils recherchent et sélectionnent tous les
détails dans les peintures parce qu’ils ne sont pas biaisés quant à
l'attribut visuel qui est plus important qu'un autre.
Dolev, Friedlaender, Braverman (2001). Use of Fine Art to Enhance Visual Diagnostic Skills. JAMA
Compétence empathique (Decety et Jackson, 2004)

Requiert 3 éléments principaux:


1.  Une réponse affective (i.e. similaire ou congruente à celle de l’objet, telle
que de la compassion face à une émotion de peur) aux niveaux physiologique
(ex. modulation du rythme cardiaque) et subjectif (ex. modulation des schémas
de pensée)
2.  La capacité à adopter la perspective de l’autre
3.  La régulation émotionnelle (incluant la capacité à faire la disctinction
entre ce qui appartient à l’autre et à soi dans une expérience émotionnelle
donnée et une certaine prise de distance avec le vécu de l’autre)

En fonction des motivations, d’autres facteurs individuels, des caractéristiques de la


situation, la réponse comportementale face aux émotions difficiles d’autrui peut prendre
des formes variées: évitement, soutien… (Grynberg et al., 2012)
Pas matière d’examen (pas vu au cours)
Empathie
Réponse comportementale de soutien

•  Capacité de transmettre clairement au patient notre compréhension de


ses émotions

•  Communication verbale
•  Communication non-verbale

(Suchman et al., 1997; Lussier et Richard, 2010)


Pas matière d’examen (pas vu au cours)
Empathie
Communication verbale
•  Reflet: Refléter le contenu émotionnel des propos du patient, sans
aller plus loin que la surface du discours:
•  “ce que vous dites, c’est que vous êtes inquiet…”

•  Hypothèse empathique: Suggérer des explications sur les causes


ayant mené à l’émotion et sur les sentiments associés à ce qui est
explicitement exprimé
•  “j’ai l’impression que vous êtes surtout inquiète à l’idée de perdre vos
cheveux…;

(Platt et Gordon, 1999; Hammond et al., 2002)


Pas matière d’examen (pas vu au cours)
Empathie
Communication verbale
Réassurance: donner une info pour changer l’état émotionnel du patient,
dissiper ses craintes et son inquiétude
•  Critères d’efficacité: pertinence, choix du moment, dosage (qualité et
quantité)

Attention aux fausses réassurances (prématurées)!


•  Sans tenir compte des préoccupations du patient (Delvaux et al., 2002)
Ex. Un antifièvre et un antibiotique ont été prescrit à Martin, âgé de 10 mois,
pour sa fièvre et sa toux. Vous êtes sur le point de quitter la chambre.
ü Mère: Et si il refait de la fièvre demain? Dois-je m’inquiéter?
ü S: Vous ne devez vous inquiéter de rien.
Pas matière d’examen (pas vu au cours)
Empathie
Communication non verbale: écoute réceptive/active
Réceptive Active
Montrer à l’autre que ce qu’il dit nous Vérifier que nous comprenons bien le
intéresse: contenu et le sentiment:
•  Attention portée aux propos •  Reformulations: ‘ si je comprend bien…’
•  Silence d’écoute •  Reflet des sentiments: ‘vous avez l’air
•  Relances brèves: répétition, écho… inquiet…’
•  Ne pas couper la parole, savoir s’arrêter
de parler
•  Regarder attentivement l’autre
•  Eliminer tout jugement immédiat
•  Contrôler ses émotions
•  Adopter une posture de bienveillance,
d’ouverture
•  Acquiescer
Trouver un équilibre

Identifier et Réguler ses


comprendre les propres
émotions des émotions
autres
Réguler ses émotions ou se détacher?
Longtemps, on a pensé que…

Empathie émotionnelle =
Empathie cognitive =
interférant avec votre capacité
bénéfique dans la relation
à poser un diagnostic et à
clinique
obtenir des bons résultats

Burnout (Zenasni, 2012)

Enseignement et pratique du «détachement»: établir une


certaine distance émotionnelle avec les patients afin de maintenir
son objectivité et limiter l'exposition aux émotions négatives
subies par ces patients (et éviter l'épuisement professionnel)
(Halpern, 2007, 2014)
POURTANT
De nombreuses études montrent…
Impact positif pour les médecins
Compétences
•  L'engagement émotionnel contribue à l'empathie, améliorant la
précision cognitive et la compréhension affective
•  Empathie des étudiants en médecine ou médecins corrélée à:
•  Meilleures compétences cliniques et performance académique
(Hodjat et al., 2002)
•  Meilleure précision diagnostique (Beckman & Frankel 1995)
Bien-être
•  Empathie clinique associée à:
•  Bien-être global accru (Shanafelt et al., 2005)
•  Diminution de l'épuisement professionnel, de la détresse
personnelle, de la dépression et de l'anxiété (Neumann et al., 2011;
Dyrbye et al., 2010)
Impact positif pour les patients
Santé physique
•  Empathie ou communication empathique (verbale et non-verbale) corrélées à :
•  meilleurs résultats sur la santé (taux d'hémoglobine A1C/diabète, pression artérielle,
atténuation des symptômes, jours de travail perdus et limitations fonctionnelles) (ex.
Kelley et al., 2009 ; Rakel et al., 2009 ; Jack et al., 2013; Mercer et al., 2012)
•  adhésion et participation aux traitements (Kim et al., 2004; Halpern 2003, 2007)

Bien-être émotionnel
Communication non verbale associée à:
•  expérience émotionnelle des patients dans la relation
patient-clinicien
•  réduction de la détresse du patient et amélioration
de sa QV
(Neumann et al., 2007; McCormack et al., 2011; Riess & Kraft-Todd, 2014)
Les patients eux-mêmes …
Plaintes des patients

Plus les médecins s'efforçaient de se détacher

Plus les patients, les infirmières, et d'autres personnes ont commencé


à remettre en question les attitudes des médecins

Fin des années 1960 et 1970, le mouvement de bioéthique américain


est né pour protester contre le paternalisme médical et les échecs de
compassion dans les soins médicaux
Empathie des étudiants
Diminution au cours des années de médecine

•  Etude transversale (Mangione et al., 2002) et longitudinale (Hojat et al., 2004)


•  Empathie cognitive (Austin et al., 2007) et affective (Newton et al., 2008)
•  Pendant l’enseignement théorique et pendant l’assistanat
•  Plus forte diminution pour les spécialités non orientées vers le patient/techniques
(ex.radiologie) (Neumann et al., 2011)

Résultat d’un cynisme visant à se protéger de la souffrance de l’autre

! A nuancer: Revue de la littérature de Colliver et al. (2010)


•  Soit une petite diminution soit aucune dans l’auto-mesure de l’empathie
•  Biais de réponse : la participation aux questionnaires décroit (taux de participation: de 96% à 59%)
•  Ne répondent plus parce qu’ils sont en burnout et moins empathiques ou considèrent avoir + ou
autant d’empathie et ne voient pas l’intérêt de continuer à répondre
Ne me décrit pas bien 0 1 2 3 4 Me décrit très bien

INTERPERSONAL REACTIVITY INDEX (version courte française) (Braun et al. 2015)


2 Je suis souvent sensible et apitoyé(e) face à des gens moins chanceux que moi.
5 Je me laisse complètement prendre par les sentiments des personnages d’un roman.
8 En cas de désaccord, j’essaie de tenir compte du point de vue de chacun avant de prendre
une décision
9 Quand je vois quelqu’un se faire avoir, j’ai une certaine envie de le protéger.
11 J’essaie parfois de mieux comprendre mes amis en imaginant comment les choses se
présentent de leur point de vue.
13 Quand je vois quelqu’un se blesser, j’ai tendance à garder mon calme. (Renversé)
16 Après avoir vu une pièce de théâtre ou un fi lm, il m’est arrivé de me sentir dans la peau
d’un des personnages.
19 Je suis habituellement assez effi cace pour gérer des situations d’urgences. (Renversé)
Ne me décrit pas bien 0 1 2 3 4 Me décrit très bien

INTERPERSONAL REACTIVITY INDEX (version courte française) (Braun et al. 2015)


20 Je suis souvent très touché(e) par des événements dont je suis témoin.
23 Quand je regarde un bon fi lm, je peux très facilement me mettre à la place d’un des
personnages principaux.
24 J’ai tendance à perdre mon sang froid dans des situations critiques.
25 Quand je suis fâché(e) sur quelqu’un, j’essaie habituellement de me mettre à sa place
pendant un moment.
26 Quand je lis un roman ou une histoire intéressant(e), j’imagine comment je me sentirais
si les événements de l’histoire
m’arrivaient.
27 Quand je vois quelqu’un qui a vraiment besoin d’aide dans une situation critique, je perds
les pédales
28 Avant de critiquer quelqu’un, j’essaie d’imaginer comment je me sentirais si j’étais à sa
place.
INTERPERSONAL REACTIVITY INDEX
Cotation: 0 à 4
Attention: 4 à 0 pour les items inversés

4 sous-échelles Items
1. Prise de perspective: tendance spontanée à adopter le point de 8, 11, 25, et 28
vue d’autrui
2. Préoccupation empathique : tendance expérimenter les 2, 9, et 20
sentiments d’un autre et à ressentir de la sympathie ou de la
compassion pour une personne malheureuse
3. Fantasy: tendance à s’imaginer dans une situation fictive 5, 16, 23, et 26
4. Détresse personnelle : évalue la tendance à ressentir la 13, 19, 24, et 27
détresse d’autrui
Conclusion
Poursuivre 2 objectifs :
1.  Comprendre suffisamment l'expérience du patient pour être efficace
dans le traitement de sa maladie (empathie cognitive)
2.  Communiquer avec succès afin de construire une bonne alliance
thérapeutique, nécessaire pour un traitement efficace (empathie
communicationnelle)
Même si l'expérience d’empathie n'est pas sous notre contrôle direct
(grande part de spontané), les cliniciens peuvent consciemment cultiver
leurs compétences empathiques (Halpern 2014)

Objectivité scientifique Subjectivité de la rencontre

Distanciation professionnelle Engagement humain