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Période d'essai : comment réussir son arrivée dans l'entreprise ?

L'enjeu de la période d'essai dans un nouveau poste est


important : outre la confirmation de votre embauche, c'est
l'évolution de votre carrière dans l'entreprise qui se dessine dès
les premières semaines. Cinq conseils à suivre...

Que l’on soit jeune diplômé, employé, technicien ou cadre confirmé, la


période d’essai est une étape clé quand on prend un nouveau poste. C'est
une phase où vous allez être observé ou jugé en permanence par vos
responsables hiérachiques, vos collègues et bien d'autres. La prise de
fonction est d'autant plus à prendre au sérieux que les premières
impressions sont souvent celles qui restent. Au-delà du poste pour lequel
vous avez été engagé, c'est votre évolution de carrière dans l'entreprise
qui se dessine dès les premières semaines.
Comment optimiser vos chances de donner la meilleure impression de
vous-même dès les premiers jours ? « La période d’essai correspond à
une phase d’intégration qui est primordiale et dont le bon déroulement
relève autant de la responsabilité du manager que du salarié », précise
toutefois Marie-Laure Palenne, responsable des ressources humaines pour
un centre d'appels, à Strasbourg.
Mais tous les spécialistes du recrutement vous le diront, le plus important,
pour bien réussir sa période d’essai, est de rester soi-même. Selon Marie-
Laure Palenne, « idéalement, à l’issue de la période d’essai, il y a un
débriefing avec le supérieur avant de valider tout le travail effectué et
d’entériner ou non le contrat, ou encore de renouveler la période d’essai.
La fin de la période d’essai marque la fin officielle de la phase de
recrutement ».

1. Soyez opérationnel dès votre arrivée

S’installer dans un environnement inconnu est difficile pour beaucoup de


nouvelles recrues. Ce stress est même parfois synonyme d'angoisses.
D’autant plus que, dans nombre d'entreprises, on ne laisse pas le temps
au nouveau venu de prendre ses marques. On lui demande d’être
"opérationnel" dès son arrivée. Pour mettre toutes les chances de votre
côté, Monique Levy (directrice du cabinet Monique Levy Conseil, à
Bordeaux) conseille « une mise au point avec le supérieur pour connaître
ses attentes par rapport à votre travail et de définir d’emblée quelles sont
les priorités ». Cet entretien permet de savoir et de comprendre
exactement ce que l’on attend de vous et donc d’éviter d’aller droit dans
le mur. La capacité du salarié à se consacrer à l’essentiel sera jaugée
pendant sa période d’essai. Avoir une vision claire des priorités de la
fonction est indispensable pour convaincre.
Il est important de se le rappeler en permanence : la hiérarchie est là
pour guider le salarié. C'est une alliée qui n'a aucun intérêt à une période
d'essai ratée. En clair, il ne faut surtout pas hésiter à aller vers son chef
de service même si on a l’impression qu’il n’est jamais disponible. Une
bonne communication est indispensable pour réussir sa période d’essai. «
Mettre de la distance avec sa hiérarchie ou poser des questions aux
collègues plutôt qu’au supérieur sont des bonnes façons de louper
complètement sa prise de fonction », affirme Monique Levy.

2. Décryptez la culture de l’entreprise

Dès le premier jour, un challenge s’ouvre à vous. Vous devez fournir un


investissement personnel à tous les niveaux : « C’est une période propice
pour démontrer ce qu’on est capable de faire. Mais il convient aussi de
mettre à profit sa période d’essai pour s’imprégner de la culture de
l’entreprise », relève Philippe Bryant, du cabinet de recrutement
Formarest, à Poitiers. Savoir décrypter la culture de l’entreprise est une
bonne manière de s’intégrer. Tout est dans l’observation : « Surtout, ne
pas aller à contre-courant de la culture de l’entreprise, sinon on vous
reprochera de ne pas vous adapter », souligne Brigitte Jedrzejewski,
directrice associée du cabinet de coaching Do It Evolution, à Paris.
C’est en observant le comportement des autres salariés que l’on sait où
sont les limites, notamment pour le rythme de travail (pauses-café ou
cigarette, horaires…). Si les collègues prennent dix minutes pour se
détendre toutes les deux heures, vous comprendrez vite que vous avez
aussi la liberté. En revanche, si ce n’est pas dans la culture de l’entreprise,
mieux vaut éviter ces pauses. Pas la peine de se faire remarquer avec des
allers et venues ! Mieux vaut donc se caler sur le rythme des autres et
éviter de se différencier. Tout dépend aussi du poste que vous tenez : il
est rare de voir des directeurs ou cadres sup prendre de longues pauses
pour se détendre.
« Repérer les autres rites est important : être là pour les pots, les
déjeuners… « L’adhésion aux valeurs de l’entreprise passe aussi par
l’aspect comportemental (vouvoiement ou pas…) et vestimentaire. Ne
soyez pas le seul à porter une cravate, ni l'inverse ! Evidemment, les
absences et les retards sont à éviter », rappelle Marie-Laure Palenne. Et
sachez poser des questions si vous avez un doute sur une quelconque
règle ou procédure interne.

3. Un seul mot d’ordre : communiquez !

On attend souvent avec impatience l’arrivée d’un nouveau salarié dans


une entreprise, mais autant savoir que votre embauche ne fait pas
forcément l’unanimité. Si vous êtes nommé à un poste stratégique ou
nouvellement créé, vous risquez d’être confronté à des jaloux ou à des
opposants. Plus simplement, votre supérieur peut vous confier de
nombreuses tâches en même temps, afin de savoir jusqu’où il peut aller
en vous confiant des responsabilités. Ou simplement car il vous délègue
son surcroît de travail. « Le collaborateur doit pouvoir démontrer sa
capacité à être autonome dans les tâches qui lui sont confiées ainsi que
l’enthousiasme et l’intérêt qu’il a pour ses nouvelles fonctions », résume
Marie-Laure Palenne.
Montrer qu’on est heureux de travailler dans une entreprise est très
important pour se faire une place. Il est important de ne pas hésiter à le
dire. « Le silencieux qui ne dit jamais rien, même quand il est content, est
à bannir. Il faut parler, poser des questions, montrer qu’on est intéressé
par sa mission. Nouer le dialogue est une clé pour réussir sa période
d’essai », précise Jean-Paul Denis, directeur du cabinet de recrutement
Denis Conseil, à Colmar. En clair, un nouveau salarié se met en danger s’il
ne communique pas d’emblée. Encore faut-il le faire avec les bonnes
personnes. Or, pour cela, il faut les identifier ! Brigitte Jedrzejewski
conseille dès le premier jour de « partir à la découverte de chaque
collaborateur. La prise de contact avec l’équipe doit être rapide et efficace
». Comprendre la fonction de chaque collègue dès qu’on arrive n’est pas
évident mais très utile pour le bon déroulement de la prise de poste.

4. Apprenez à gérer votre temps

La gestion du temps est un facteur clé de la période d’essai. Monique Levy


estime qu’il « est nécessaire de conserver du temps pour rencontrer les
gens, pour les réunions et surtout pour gérer les imprévus. L’entreprise
est dans la réactivité : elle attend d’un employé qu’il garde une quote-part
de son temps à cette fin ». Si vous ne gérez que vos priorités, la
hiérarchie pourrait interpréter cela comme un manque de souplesse et
d’adaptation. Tout est une question d’organisation. L’entreprise attend de
vous que « vous puissiez conjuguer une vision de moyen terme avec une
prise de décision à court terme », souligne Brigitte Jedrzejewski.
Le hic, car il existe un hic, est qu'il est bien difficile de gérer son temps
quand on débarque dans un univers nouveau pour faire des choses
nouvelles ! Si vous dépassez un délai, mieux vaut avertir au plus tôt votre
supérieur. Ne craignez pas sa réaction. Au contraire, cela mettra en avant
votre capacité à anticiper. Mais surtout, n’annoncez pas des délais que
vous ne pourriez pas tenir. D’ailleurs, si vous demandez aux autres
collaborateurs d’être souples par rapport aux délais, soyez-le aussi. Ne
vous opposez pas au changement de programme, soyez souple comme
eux !
Concernant les horaires de travail, on doit vous en parler dès le premier
jour, voire avant. Mais si vous estimez que l’on vous exploite, pas de
panique. Une fois de plus : observez ! Etes-vous le seul à qui l’on
demande de travailler tard ou de venir le samedi à l’aube? Là encore, les
pratiques de l’entreprise sont à analyser. Si vos heures supplémentaires
vous paraissent excessives, posez des questions sur leurs conditions :
rémunération, récupération ? Surtout, ne restez pas dans le doute. En
interrogeant vos supérieurs, vous montrez ainsi que vous êtes attentif à
vos droits.
Mais attention, la période d’essai est une période de rodage où tout prend
plus de temps. « Donner de soi en dépassant ses horaires est normal si
cela est nécessaire », insiste Philippe Bryant. Gare toutefois à ne pas faire
passer ses heures supplémentaires pour un manque d’organisation. Rester
jusqu’à 21heures au bureau peut vous faire passer pour une personne qui
ne gère pas bien son temps. Observez les horaires de vos collaborateurs
et la façon dont ils s’organisent. Cela pourrait vous donner des idées pour
mieux encadrer votre travail.

5. Sortez du schéma prof - élève


Les jeunes diplômés qui débarquent pour un premier emploi ont une
qualité particulière : « ils ont soif d’infos et ils n’ont pas forcément
l’arrogance que l’on peut trouver chez un cadre confirmé, constate Jean-
Paul Denis. Ils apprennent notamment à se "planter". » Et les entreprises
savent très bien qu’ils sont moins opérationnels que des salariés
confirmés, mais ce n’est pas une raison pour se laisser aller et espérer se
faire pardonner toutes ses erreurs de débutant.
La faute à éviter, quand on est un jeune diplômé, est de se refermer sur
soi-même par manque d’assurance. « Avoir du mal à se sentir légitime à
son poste est un moyen de louper sa période d’essai », selon Monique
Levy. La susceptibilité est également plus perceptible chez les jeunes, qui
n’ont pas forcément l’habitude des remarques à caractère négatif. Mais,
au contraire, il faut savoir prendre ces remarques avec intérêt en allant
même les chercher. « Le jeune doit être conscient qu’il est là dans une
forme d’apprentissage et que c’est une réelle chance de tomber sur
quelqu’un qui dit les choses en face », relève Monique Levy. Plus la
période d’essai est courte et plus il faut pouvoir être réactif très
rapidement puisque, tout en étant novice, il faut rassurer sa hiérarchie.
Tisser un lien privilégié avec son supérieur peut vous permettre de
bénéficier de ses encouragements et tout autant de ses critiques qui, faut-
il le rappeler, ne peuvent que vous faire progresser.
Une erreur serait cependant de trop assimiler son responsable à un
professeur. Faites des propositions si vous en avez, votre supérieur vous
considérera comme un collaborateur qui sait prendre des initiatives. Soyez
curieux, attentif et très ouvert ! « Un jeune diplômé doit se faire connaître
dans l’entreprise et partir à la rencontre des gens. Il doit être ouvert à
360 degrés. Un des critères de la réussite est de savoir communiquer »,
souligne Brigitte Jedrzejewski. Soyez humble et évitez d’avoir l’air trop
prétentieux, même si vous sortez d’une grande école. Montrez que vous
pouvez vous investir sans compter. Selon Philippe Bryant, « pouvoir
compenser son inexpérience par son énergie » est un des critères qui fait
la différence chez les jeunes diplômés.