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Sanction pénale – L3S6 – Fiches

« Code pénal issu des lois du 22 juillet 1992, entré en vigueur le 1 er mars 1994 » (à la limite
dire code pénal de 1992 mais surtout pas code pénal de 1994)

Intro :
§1/ Déf sanction pénale (SPen)

Partie du droit pénal (ou droit criminel). Droit crim : ensemble des règles juridiques
qui organisent la réaction de l’Etat vis-à-vis des infractions et délinquants, règles qui vont
traduire en normes obligatoires les solutions positives appliquées par chaque nation à 1 pb
crim.  But de prévention et répression des infractions.

A/ Notion interne de SPen

*Critère matériel  caractère de gravité exceptionnelle (ex prison) (pas suffisant)


*Critère formel/organique  prononcé par une juridiction pénale (pas suffisant)
*Critère fonctionnel  but rétributif, éliminateur, intimidateur, en réaction à 1 trouble causé
à l’ordre social (pas suffisant)
*Critère de la volonté du législateur  sanction qualifiée comme telle par le législateur
Mais y a des sanctions pénales qui ne sont pas des peines. Ex : mesures de sûreté.

B/ Notion européenne de SPen


1/ Détermination positive

CEDH  SPén  Welsh c. RU (1995) + Jamil c. France (1995) + art 6§1 CESDH (procès
équitable) + art 7 CESDH (légalité délits/peines).
Déf de SPen passe par déf d’infraction pénale : 3 critères de la matière pénales :
- Qlt formelle de l’acte poursuivi (volonté du législateur)
- Nature même de l’infraction
- Gravité de la sanction
SPen : 2 types de critères :
- Objectif : qlt formelle interne + procédure d’adoption et d’exécution de la sanction
- Subjectif : nature/but de sanction + gravité de la sanction

2/ Détermination négative

Toutes les règles sur l’application et l’exécution de sanction  pas contrôle CEDH.

§2/ Fonctions et objets de la peine


A/ Fonction traditionnelle

Art 130-1 CP : prévenir la commission de nouvelles infractions, restaurer équilibre


social, sanctionner auteurs d’infraction, fav son amendement, insertion ou réinsertion.

B/ ≠ Objets de la peine
1/ Peines attentatoires à vie

Peine de mort. Débat pour la rétablir mais :


- Pacte internatio sur droit civ et pol ONU (interdiction pour mineurs)
- Protocole n°6 additionnel à CESDH = abolie pour mineurs et majeurs
- Prtocole n°13 additionnel à CESDH = abolie en toutes circonstances
- Art 66-1 C : « nul ne peut être condamné à mort »
Irréversible.

2/ Peines attentatoires à intégrité physique


Depuis 1832, abolition de toute peine corporelle.

3/ Peines touchant à la liberté

- Prison (essaie de + en + d’éviter prison)


- Interdiction de ctn lieux  ≠ lbt d’aller et venir
- Restriction d’autonomie (↘ droits civiques…)

4/ Obligations de faire

Ex : travaux d’intérêt général = prestation non-rémunérée effectuée au profit d’une


collectivité publique, d’un établissement public ou d’une asso habilitée exercée dans le cadre
d’une peine  nécessite accord de l’indiv car interdiction du travail forcé.

5/ Peines affectant la réputation


Peines d’affichage

6/ Peines patrimoniales

Amende, confiscation. Peut porter sur :


- Objet qui a servi à commettre une infraction
- Objet qui est le produit de l’infraction
- Objet qui est le corps du délit
Aussi pour des droits incorporels. Chose remise à Etat ou détruite.

7/ Peines éducatives
Art 131-35-1 CP : stages de sensi, de citoyenneté…  rééducation de l’indiv.
Art 131-35-2 CP : pas + d’1 mois est si à charge du condamné, pas + que montant de
l’amende pour les contrav de 3° classe.
8/ Peines réparatrices (ex : sanction-réparation)

Art 131-8-1 : sanction-réparation = oblig pour le condamné de procéder à


l’indemnisation du préjudice de la victime. Mais Pb dans droit pénal car existe une action
publique et une action civile  juge pourra prononcer max 6 mois d’emprisonnement ou
15 000 amende.

9/ Nouvelles peines de probation

Mise à l’épreuve (ex = contrainte pénale), alternative à l’emprisonnement + outil de


prévention de la récidive + insertion ou réinsertion (suivi contraignant).

§3/ Grands principes natio et internatio régissant SPen


A/ Principes de légalité et de prévisibilité

Plutôt 1 principe de textualité car importance du règlement.


= Pas de sanction sans texte = art 8 DDHC, 7 CESDH, 19 charte DFUE, 15 pacte
internatio sur droit civ et pol ONU, 111-3 CPP.
Législateur doit fixer le max encouru.

Principe de prévisibilité : principe de légalité à la sauce CEDH  + large : même si pas


de texte, indiv doit avoir connaissance que son comportement est interdit.

B/ Principe de nécessité des peines

Rattaché à notion d’automaticité = peine de plein droit = peine accessoire = peine qui
accompagne de manière automatique le prononcé d’une condamnation sans que le juge n’ait
à la prononcer.

C/ Principe de proportionnalité
=>Rapport entre gravité de l’infraction et gravité de la peine

D/ Principe de personnalité

Dans ancien droit, si suicide  confiscation mais la pers touchée = famille. Principe de
personnalité pas consacré mais induit. Peut poser PB dans confiscations générales car peut
avoir des csq sur les autres.

E/ Principes de personnalisation et individualisation


Consacré par CC dans DC 22 juillet 2005 proclamation du principe
d’individualisation.

§4/ Evolution de SPen


A/ Rapide historique
1/ SPen sous Ancien régime
Pas légalité délits/peines + arbitraire des juges.

2/ Dans siècle des Lumières

Légalité délits/peines ; pénologie d’inspi utilitariste, utilité et proportionnalité de la


peine, remise en cause de la peine de mort.

3/ Sous Révolution

Nouvelle fonction de la peine : exemplarité, intimidation + nouvelle hiérarchie de la


peine.

4/ Période de réflexion du code de Napoléon

Légitimité du droit de punir + échelle des peines + multiplication des infractions +


diversité des régimes des peines.

5/ Pendant XIX° siècle

Double fonction de la peine (intimidation + amendement) ; individualisation de peine ;


adoucissement des peines ; remise en cause de peine de mort ; prise en compte de la
dangerosité.

6/ Interrogations au XX° s

Nouvelle école de défense sociale + école néo-classique

7/ CP de 1992 et lois ultérieures

Multiplication des objectifs de la peine, notamment suivi socio-judiciaire (traitements


médicalisés).

B/ Réformes du droit de SPén


1/ Réformes principales

Chaque changement majeur de pol  pol crim ≠


2005  loi sur traitement de récidive, introduit notion de dangerosité, durcissement
des peines, renaissance des mesures de sûretés, optique répressive + Loi 2007 (peines
planchers) + loi 2008 (rétention de sûreté et décla d’irresponsabilité si trouble mental) + loi
2009 sur droits fondamentaux des détenus.

2/ Loi du 15 août 2014 (Loi Taubira)

Relative à individualisation des peines et renforçant l’efficacité des sanctions pénales


= remet en cause un ctn nb de mesures précédentes : suppression des peines planchers. On
est plus dans la prévention que la répression.
C/ Réflexions sur la répartition des textes relatifs aux SPén
1/ Analyse et critique du « droit des peines » dans CP et CPP

Quand on sait qu’elle peine appliquer, on appli individualisation des peines 


multitude de choix (même dispense de peine) + aménagement des peines  pb au niveau de
conception de ce droit.

2/ Réflexions du rapport Cotte (=projet pas applicable)

1ère suggestion : faire un code de la déf de peine, 1 de son exécution et 1 de son


application  trop complexe.
2ème suggestion : créer un code pénitentiaire pour tout ce qui est vie du détenu.

Partie 1 : Principe de légalité et définition de la peine = la peine


encourue
Peine encourue liée à la légalité de la peine = art 130-1 CP

Chapitre 1 : Les ≠ classifications des peines


Pls critères de classification :
- Nature de la peine : infractions de droit commun ≠ infractions pol ≠ infractions
militaires…
- Auteur : personne phys ≠ personne morale
- Ordre dans le prononcé :
o Peine principale : prononcée en 1er, sert à savoir si crim, contrav, délictuel
o Peine alternative : peine de substitution : remplace 1 peine principale (évite
prison ou amende)
o Peine complémentaire facultative ou oblig
- Gravité de l’atteinte : gravité de l’infraction détermine si peine crim, correctio ou
contrav.

Chapitre 2 : Présentation hiérarchisée des peines issues du CP


Section 1 : Les peines encourues
§1/ Peines crim encourues par pers phys

Art 131-1 et 131-2 CP = infractions les + graves.

A/ Peines principales spécifiques encourues : réclusion ou détention criminelle

Crim : réclusion/détention (=pol) (min 10 ans) ≠ correctio = emprisonnement (max 15


ans)  juge peut décider s’il passe en crim ou en correctio  régime ≠.
Perpét pas ≠ à art 3 CESDH (torture, peines inhumaines…) si possibilité que soit
compressible de jure (=on regarde si droit dit ok) et de facto (=on regarde nb de pers qui ont
eu 1 compression).

B/ Amende

Art 131-2 CP. En matière crim, se rapproche d’1 peine complémentaire. En règle
générale : peine d’amende possible chaque fois que seule 1 peine d’emprisonnement est
prononcé = équivalent d’1M d’€ d’amende (x5 pour les pers morales).
Pour rapport Cotte, en mat crim, la seule peine principale est réclusion ou détention
crim.  Obligatoirement, peine d’amende regardée comme une peine complémentaire.

C/ Peines complémentaires

Art 131-10 CP : peines privatives/restrictives de droit. Doivent être expressément


précisées.

1/ Ex de l’interdiction du territoire.

 Art 131-30, 131-30-1, 131-30-2.


 Prend en compte situation familiale et perso du condamné.
 S’ajoute à une peine principale (« double-peine »), facultatif, à titre définitive ou
pour 10 ans ou +.
 Pour atteintes graves à la pers, biens ou à Nation.
 Concerne étrangers (≠national français), majeur, pas réfugiés pol. S’applique aux
déchus (art 25 code civil).
 CEDH 1999 Djaid c. F. + 1999 Baghli c. F. = pas atteinte à art 8 et 12 CESDH (vie
privée et familiale) si équilibre entre respect de vie privée + fam et protection de
l’OP. CEDH  critères pour trouver équilibre :
o Nature et gravité de l’infraction
o Durée de séjour de l’intéressé
o Laps de temps écoulé depuis l’infraction
o Situation fam
o Solidité des liens sociaux, cultu et fam avec le pays hôte et de destination.
 Suspension de cette peine pendant peine privative de lbt puis reconduite à
frontière quand sort de prison.

2/ Ex du suivi socio-judiciaire

Loi 1998 (répression infractions sexuelles), modif par lois 2004 (crim organisée), 2005
(traitement de la récidive), 2007 (délinquance), 2010 (pour ↘ risque de récidive crim).
Art 131-36-1 CP : « oblig de se soumettre, sous contrôle du JAP et pdt durée
déterminée, à des mesures de surveillance et d’assistance destinées à prévenir la récidive ».
D’abord pour infractions à caractère sexuel, puis étendu à meurtre, empoisonnement,
enlèvement, torture, barbarie, incendie volontaire puis à pers avec troubles de comportement
puis à violences conjugales et violences sur mineurs.
Peut concerner majeurs ou mineurs.
10 ans en correction et 20 ans en crim mais si « dangerosité » : 20 ans correction et 30
ans crim voire sans lim de durée si prison à perpét encourue.
Doit être fixée par magistrat au moment du jugement et prévue par art 132-44 CP. Ex :
oblig d’info le magistrat si changement de domicile, interdiction de paraitre dans ctn lieux…
Depuis loi 2007, condamné à un suivi socio-judiciaire automatiquement soumis à
injonction de soin sauf mention contraire du législateur. Expertise médicale oblig pour
prouver que pers poursuivie susceptible de faire objet d’un traitement. Depuis loi 2010, une
injonction de soin peut comprendre un traitement inhibiteur de libido.
Effets : suivi pendant détention et après. JAP doit informer le condamné 1 fois tous les
6 mois de possib d’entamer un traitement si l’a refusé au début. Après libération, le JAP va
vérifier la bonne exécution de la mesure. Si condamné l’exécute pas ou à moitié, sanction
(souvent peine prévue à la place de l’injonction de soin)  suivi prendra fin. Suivi peut aussi
prendre fin de manière anticipée si magistrat en accord avec le spy quand indiv OK.
Depuis loi 2008, JAP peut prévoir des oblig supplémentaires à l’injonction de soin
comme injonction d’assignation à domicile ou surveillance de sûreté.

3/ L’ex du placement sous surveillance électronique mobile (PSSEM) à titre de


mesure de sûreté dans cadre du suivi socio-judiciaire

Pour infractions graves, dans optique de réinsertion.  Contrôler indiv à sortie de


prison = rôle préventif. Consentement de l’individu oblig. A fait débat car q° de vie privée, lbt…
Cond fond :
- Que quand indiv condamné à suivi socio-juridique
- Que quand indiv condamné à une peine privative de lbt = ou > à 7 ans.
- Pas appli aux mineurs
- Expertise médicale doit constater la dangerosité de la pers
- Mesure doit apparaître indispensable pour prévenir la récidive quand peine privative
de lbt prend fin.

Cond de forme :
- Décision spécialement motivée en matière correctio et maj qualifiée en matière crim
- Art 763-10 CPP : situation de l’indiv doit être examinée par une commission
pluridisciplinaire des mesures de sûreté + examen de dangerosité permettant au JAP
de fixer la durée de la surveillance (max 2 ans renouvelable).

Effets :
- Contrôle à distance de la localisation du condamné
- Prévention car condamné se dira que si par ex infraction sexuelle dans le coin, police
regardera d’abord si y a un PSSEM dans le coin.
- Peut être cumulée avec d’autres mesures comme interdiction d’aller dans un lieu.

Rapport Cotte : fusion du sursis avec mise à l’épreuve avec le suivi socio-judiciaire 
créa d’un suivi socio-judiciaire probatoire qui serait une peine complémentaire de portée
générale susceptible d’être prononcée pour tout crime ou délit.