Vous êtes sur la page 1sur 44

Du code de procédure pénale genevois

au code de procédure pénale suisse:
illustration pour le praticien
par

François PAYCHÈRE
Docteur en droit
Juge à la Cour de justice
et

Sandrine ROHMER
Docteure en droit
Avocate au barreau de Genève

Tiré à part de la Semaine Judiciaire 2010 II 251 ss
e
132 année N° 10 Décembre 2010

DU CODE DE PROCÉDURE PÉNALE GENEVOIS
AU CODE DE PROCÉDURE PÉNALE SUISSE:
ILLUSTRATION POUR LE PRATICIEN

par

François PAYCHÈRE
Docteur en droit
Juge à la Cour de justice

et

Sandrine ROHMER
Docteure en droit
Avocate au barreau de Genève

I. INTRODUCTION*
Le nouveau code de procédure pénale suisse du 5 octobre 20071
commence par une «mini-déclaration des droits» pourtant déjà contenus
dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques du
16 décembre 19662, entré en vigueur pour la Suisse le 18 septembre
1992, dans la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des
libertés fondamentales du 4 novembre 19503 ainsi que dans la Constitu-
tion fédérale du 18 décembre 19984. Ces textes auront-ils inspiré à tel
point les auteurs du nouveau code de procédure pénale que le lecteur
devrait être conduit à se demander si l’objet du texte est bien d’orga-
niser l’action publique et de réprimer le crime?

* Version écrite d’une conférence tenue le 13 septembre 2010; ses auteurs remer-
cient Me Pierre Gabus pour sa relecture critique du texte. Cette contribution à
l’étude du code de procédure pénale suisse se veut résolument pratique: fondée sur
un cas imaginaire, elle aborde les grands traits des nouvelles règles procédurales
qui seront en application dès le 1er janvier 2011 notamment en matière de privation
de liberté et d’enquête préliminaire, s’arrêtant au stade de la première instance et
sans aborder les questions de droit transitoire.
1 CPP; FF 2007 6583.
2 Pacte II; RS 0.103.2.
3 CEDH; RS 0.101. L’ampleur limitée de cette contribution a conduit à ignorer volontaire-
ment toute autre jurisprudence «internationale» autre que celle rendue par la Cour
européenne des droits de l’homme.
4 Cst; RS 101.
252

La découverte du nouveau texte ne permet pas de déterminer si ce
but a été atteint et tout jugement qui tomberait avant même l’entrée en
vigueur du code serait prématuré.
A travers les cas imaginaires de Muskar XIII, fils de l’ancien roi de
Syldavie déposé dans les années quatre-vingts5 et de Soporowitch
junior, la seule ambition des auteurs est de faciliter le rapprochement
entre le CPP et le droit procédural cantonal, soit la transition entre le
31 décembre 2010 et le 1er janvier 2011.

II. LES MÉSAVENTURES DE MUSKAR XIII
Muskar XIII, vit une jeunesse impécunieuse et clandestine en Europe
occidentale avec Soporowitch junior, compagnon d’infortune, quoique
ressortissant suisse.
Muskar, qui avait bénéficié des largesses de Madame Halambique
avant d’être chassé le 26 décembre 2010 de l’appartement de sa
maîtresse sis aux Pâquis, rumine quelque vengeance.
Dame Halambique ayant constitué une fort belle collection de
sceptres royaux, dont certains du royaume de Syldavie, Muskar décide
une expédition nocturne, comptant venger ses infortunes sentimentales
par la récupération d’un sceptre syldave.
L’expédition se déroule dans la nuit du 31 décembre 2010 au
1er janvier 2011, sur le coup de trois heures. La porte de l’appartement
est promptement forcée au moyen d’un pied-de-biche, les serrures
arrachées et une vitrine cassée. Ce qui devait être un raid victorieux
se transforme en une cacade: alors que Muskar s’était emparé d’un
sceptre et Soporowitch junior d’un sceau royal de grande valeur, le
retour de dame Halambique et de sa fille Hermine trouble les voleurs;
dame Halambique est frappée au visage d’un coup de sceptre et
Hermine Halambique de stupéfaction… Alertés par les cris des deux
Halambique, de courageux voisins se portent immédiatement à leur
secours, appréhendant devant l’immeuble Muskar XIII et Soporowitch
junior. Ce dernier, saisi d’un tardif, mais helvétique remords, rend sur
le champ le sceau royal. A l’arrivée de la gendarmerie à trois heures
quarante-cinq, Muskar ne tient plus le sceptre à la main et refuse d’en
communiquer le sort.
On sait encore que dame Halambique soigna elle-même un héma-
tome grâce à des comprimés d’arnica, puis reprit le travail dès le lundi
3 janvier 2011. Hermine, qui voyait en Muskar une royale et paternelle
figure, est en traitement psychothérapeutique; le pronostic est réservé.

5 Pour une biographie complète, voir HERGÉ (1947), p. 21.
253

III. LES PREMIÈRES OPÉRATIONS DE LA POLICE JUDICIAIRE
A. L’arrestation
Maintenus fermement par les plus mâles représentants du voisinage,
Muskar et Soporowitch junior avaient été amenés et enfermés dans la
buanderie de l’immeuble où ils demeurèrent jusqu’à l’arrivée d’une
escouade de gendarmes6. Le brigadier qui commande la force publique
ordonne leur transfert immédiat dans les locaux de la police judiciaire,
sis provisoirement sur la plaine de Plainpalais.
C’est sur le coup de cinq heures que Muskar et Soporowitch junior
sont introduits chacun dans une salle d’audition différente.
Muskar se refuse à toute déclaration avant d’avoir pu s’entretenir
avec Me Court, avocat de la famille royale.

B. Les conséquences de l’arrestation
L’article 218 CPP règle le cas de l’arrestation par des particuliers, qui
peuvent «arrêter provisoirement» une personne en cas de flagrant délit
ou si leur concours a été requis, selon les lettres a et b de l’alinéa 1er
de cette disposition. Cet article est plus large que l’article 122 du Code
de procédure pénale du 29 septembre 19777, dans la mesure où tout
particulier peut être appelé à prêter main-forte à la police et parce que
la remise de la personne appréhendée doit se faire «dès que possible»8
alors que le droit cantonal prévoyait une remise immédiate.
Selon le Message9, le particulier qui prête son concours à la police
dans les hypothèses de l’article 218 CPP n’agit pas comme «auxiliaire»
de la police et engage sa propre responsabilité. Cette approche nous
paraît critiquable: si l’État prévoit que les citoyens peuvent se muer en
auxiliaires des forces de l’ordre, il doit assumer la responsabilité des
actes commis par ses citoyens agissant motu proprio, comme dans le
cas de Muskar. Il paraît de même difficilement contestable que l’État
puisse se dégager de toute responsabilité lorsque les auteurs laïcs
d’une arrestation agissent en vertu de l’article 218 alinéa 1er lettre b
CPP. Agissant de son propre chef ou appelée à apporter son concours,
la personne concernée est alors bien un auxiliaire de l’État, qui répond
des actes de cette dernière dans les limites imposées par le respect du
principe de la proportionnalité. Le renvoi de l’article 218 alinéa 2 CPP

6 Comme la Cour européenne des droits de l’homme, nous entendons le mot «homme»
comme signifiant «être humain», sans considération du sexe, idem pour les «juges»,
les «procureurs» et les «gendarmes», notamment.
7 CPP-GE; E 4 20.
8 Article 218 alinéa 3 CPP.
9 Message relatif à l’unification du droit de la procédure pénale, p. 1209.
254

à l’article 200 CPP n’aurait guère de sens s’il ne s’agissait pas précisé-
ment de cadrer l’intervention des particuliers.
Certains auteurs10 admettent en outre que la responsabilité étatique
pour les dommages subis par ces particuliers est engagée dans les deux
cas de figure prévus par l’article 218 alinéa 1er CPP, soit l’arrestation
provisoire par des particuliers agissant de leur propre chef (lettre a) ou
agissant après un appel à la population lancé par la police (lettre b).
Il y a lieu d’approuver cette vision, dès lors qu’on ne voit guère
le citoyen zélé et respectueux de l’article 200 CPP devoir supporter
lui-même le dommage causé par son intervention, ni être privé le cas
échéant d’une indemnité, notamment pour tort moral. Dans les deux
cas, la voie de l’article 434 CPP est ouverte à celui qui prétend avoir
subi un dommage.
D’autres auteurs considèrent que seules les prétentions naissant d’une
intervention fondée sur un appel de la police au sens de l’article 218
alinéa 1er lettre b CPP peuvent donner lieu à une requête en indemnisa-
tion au sens de l’article 434 CPP alors qu’un dommage survenu lors
d’une intervention spontanée au sens de l’article 218 alinéa 1er lettre a
CPP ne saurait faire l’objet de conclusions en dommages-intérêts
prises contre l’État11. Il s’agit à nouveau d’une distinction qui ne
convainc guère. Dans les deux cas, l’intervenant agit dans l’intérêt
public et devrait pouvoir être indemnisé, pour autant que les condi-
tions de l’article 200 CPP aient été respectées.
La voie de l’article 434 CPP comporte toutefois une restriction, la
compensation n’étant due que «si le dommage n’est pas couvert d’une
autre manière». Or, l’ampleur exacte des démarches que le lésé devra
accomplir pour satisfaire cette condition est encore inconnue12. La
solvabilité de Muskar paraît douteuse ainsi que celle de Soporowitch
junior; si l’un des deux avait déchiré la chemise d’un voisin de leurs
victimes, attendrait-on de ce dernier qu’il procède par la voie civile
pour arriver au constat de l’impécuniosité de ces deux personnages?
Considérant l’impératif de célérité qui gouverne toute procédure
pénale, il conviendra d’accueillir facilement de telles conclusions, les
lésés pouvant au demeurant céder leurs droits à l’État à hauteur de
l’indemnité qu’ils percevront et la collectivité publique alors agir
directement contre l’auteur de la lésion13.

10 ALBERTINI / FEHR / VOSER, p. 333/334.
11 DONATSCH / HANSJAKOB / LIEBER (2010), p. 1065, qui renvoient à SCHMID (2009),
p. 396, lequel se contente de se référer au Message, sans plus de commentaires.
12 Cf. DONATSCH / HANSJAKOB / LIEBER (2010), p. 2086, qui relèvent le silence du texte
légal et des travaux législatifs sur ce point.
13 Cette solution permet de pallier l’objection de SCHMID (2009, p. 844), selon laquelle
le CPP ne contient pas de base légale permettant de mettre de tels frais à la charge
du condamné, à l’instar de ceux décrits à l’article 422 CPP.
255

Quant à Muskar, arrêté en flagrant délit, il peut être détenu le temps
nécessaire à des investigations propres à confirmer ou à infirmer les
soupçons à son égard (article 219 alinéa 4 CPP). Cette première phase
de détention peut durer au plus vingt-quatre heures et ne nécessite
aucune décision hiérarchique au sens du droit fédéral, à moins que
le canton concerné ait décidé de faire usage de la faculté qui lui est
reconnue par l’article 198 alinéa 1er lettre c CPP de désigner les fonction-
naires de police compétents pour ordonner des mesures de contrainte.
Si l’infraction en cause était une contravention (article 217 alinéa 3
CPP cum article 219 alinéa 5 CPP), auquel cas le CPP réserve au
législateur cantonal la compétence de désigner les autorités aptes à pro-
longer la durée de la privation de liberté au-delà de trois heures selon
les dispositions nouvelles insérées dans la loi d’application du code
pénal suisse du 21 décembre 193714 et d’autres lois fédérales en matière
pénale du 27 août 200915, une telle précision serait indispensable.
Le législateur cantonal n’est pas allé au-delà du standard institué
par le droit fédéral en réservant au chef de la police, à celui de la police
judiciaire, à leurs remplaçants et aux officiers de police le pouvoir d’or-
donner une arrestation16 lorsque la personne visée «est soupçonnée […]
d’avoir commis un crime ou un délit» selon les termes de l’article 217
alinéa 2 CPP.
A notre sens, les règles de l’article 26 LaCP sont conformes au droit
fédéral et ne violent pas le principe Bundesrecht bricht kantonales
Recht. Selon son article 1er, le CPP règle la «poursuite et le jugement,
par les autorités pénales de la Confédération et des cantons, des
infractions prévues par le droit fédéral». En application du principe de
la force dérogatoire du droit fédéral, les cantons ne peuvent notam-
ment pas édicter des normes qui éludent des prescriptions de droit
fédéral ou qui en contredisent le sens ou l’esprit17. On ne voit dès lors
guère quelle serait la sanction d’une violation de l’article 26 LaCP, si
l’on fait l’hypothèse d’une arrestation exécutée sponte sua par un
fonctionnaire. Il serait en effet contraire au droit fédéral que de la
norme potestative de l’article 197 alinéa 2 CPP, un justiciable puisse
déduire un «droit» à une arrestation ordonnée par l’autorité cantonale
compétente dans les cas où le motif de l’arrestation est un crime ou un
délit et ne relève donc pas de la règle particulière des articles 217
alinéa 3 et 219 alinéa 5 CPP. En d’autres termes, si Muskar n’avait

14 CP; RS 311.0.
15 Article 26 alinéa 2 lettre a LaCP (E 4 10), dont l’entrée en vigueur est prévue pour le
1er janvier 2011.
16 Article 26 alinéa 2 lettre a LaCP.
17 ATF 130 I 169 consid. 2.1 p. 170, 129 I 330 consid. 3.1 p. 334.
256

commis qu’une contravention de droit cantonal et avait été arrêté sans
ordre d’un officier de police compétent au sens de la LaCP, la priva-
tion de liberté serait illégale et le tribunal des mesures de contrainte
devrait y mettre fin. Comme Muskar peut être soupçonné d’avoir
commis des délits relevant du droit fédéral, une arrestation, même par
un fonctionnaire de police incompétent au sens du droit cantonal, ne
devrait pas conduire à une libération par le tribunal des mesures de
contrainte.

C. Le droit à la défense
La grande nouveauté de cette réforme par comparaison avec le droit
genevois réside dans la faculté offerte au prévenu d’être assisté d’un
avocat dès sa première audition par la police (article 159 alinéa 1er
CPP). Appartient-il à cette dernière d’être «pro-active»? Non, selon le
Message du Conseil fédéral: la police n’aurait pas à offrir d’elle-même
au prévenu la possibilité d’être assisté18.
Cette vision des droits de la défense nous paraît trop restrictive.
Selon la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme,
les droits garantis par la législation nationale doivent pouvoir être
exercés de manière efficace par les personnes intéressées. La CEDH
ne consacre pas des droits théoriques, détachés de tout contexte, mais
des droits effectifs dont les justiciables doivent pouvoir jouir. Si le
droit interne prévoit l’assistance d’un avocat dès la première audition
de police, cette faculté doit pouvoir être exercée et ne pas demeurer
vidée de son sens pour tous les justiciables qui ne seraient pas
assez prévoyants pour se munir de plusieurs cartes d’avocat avant de
s’aventurer dans la rue. Ainsi considéré, le droit à un défenseur
s’apparente à un droit social: l’État n’a pas à fournir à chacun un défen-
seur, mais doit s’assurer que les «conditions-cadre» pour une défense
effective selon les standards du droit interne est garantie. Dans cette
optique, l’accès à un défenseur dès la première heure doit être analysé
comme une composante du droit d’accès effectif à la justice au sens
des articles 6 CEDH et 29 Cst19. Ce droit oblige donc l’État à prendre
toutes les dispositions nécessaires pour que le justiciable concerné ait
un accès effectif à un avocat. Il s’agit bien évidemment d’informer
les prévenus de leurs droits, de leur garantir l’accès à un avocat et
la faculté de pouvoir s’entretenir avec leur conseil dans une langue
comprise des deux avant la première audition; le cas échéant, l’État
devra s’assurer que les associations locales d’avocats ont pris les
dispositions nécessaires pour assurer un service de piquet. Le fait que

18 Message CPP, p. 1174.
19 AUER / HOTTELIER / MALINVERNI (2006), p. 672.
257

l’Ordre des avocats a dans le canton de Genève le statut d’une associa-
tion de droit privé ne saurait faire obstacle à la réalisation des devoirs
qui incombent à l’État.
Cette problématique ne doit pas être confondue à notre sens avec les
enseignements tirés de la jurisprudence de la Cour européenne dans
l’affaire Salduz20, qui concerne l’admissibilité des preuves à charge
recueillies par la police en l’absence de tout défenseur et qui ne sont
corroborées par aucun autre élément du dossier. La Cour de Strasbourg
a prononcé l’inadmissibilité de telles preuves, traitant de la question
comme un problème de procédure, compte tenu de l’ensemble des
circonstances de l’espèce.

D. L’avocat de la première heure
Fatiguée des imprécations de Muskar, la gendarmerie appelle Me Court
vers six heures du matin, à qui elle accorde une heure pour se pré-
senter dans les locaux de la police. Peu avant sept heures, le jeune et
émérite Jarry Vaski, avocat-stagiaire chez Me Court, se présente au
poste provisoire, d’où il est refoulé sur le champ par un gendarme
qu’il qualifie hautement de «censeur légaliste», tout en se félicitant
in petto de voir son dimanche de ski à Megève ainsi sauvé. A tort?
L’article 127 alinéa 5 CPP réserve la défense aux seuls titulaires
d’un brevet d’avocat au sens du droit fédéral. Voudrait-on maintenir
l’institution de l’avocat-stagiaire qu’il faudrait faire de l’article 3
alinéa 2 de la loi fédérale du 23 juin 2000 sur la libre circulation des
avocats (LLCA21) une norme autorisant la délivrance d’un brevet
«cantonal» destiné aux avocats-stagiaires, ce qui serait contraire
au texte même de la LLCA et du CPP. Il faut donc admettre que
les activités du stagiaire «à la genevoise» n’auront plus cours dès le
1er janvier 2011. Contrairement aux médecins internes des hôpitaux,
qui apprennent ainsi leur métier, les avocats-stagiaires ne pourront
plus profiter des audiences pénales pour affiner seuls leur préparation
professionnelle.
Certes, le législateur cantonal a tenté de sauver le stagiaire à la
mode genevoise en prévoyant qu’il ne puisse accomplir des actes «de
procédure et d’instruction […] qu’au nom et sous la responsabilité de
l’avocat chez lequel il accomplit son stage». Cette interprétation large
des pouvoirs du stagiaire pourrait reposer sur un arrêt rendu le 30 juin
2000 par le Tribunal fédéral22 estimant alors que la défense d’office

20 Cour EDH, 27 novembre 2008, Salduz c. Turquie, par. 55 in fine.
21 RS 935.61.
22 ATF 126 I 194.
258

par un avocat-stagiaire n’était pas contraire à l’article 6 CEDH, dans
des termes toutefois qui n’incitent guère à l’optimisme: «[…] eu égard
à l’importance de la peine susceptible d’être infligée, la nomination
d’un avocat d’office aurait pu, même dû prévaloir en opportunité»23.
Ces développements signifient très clairement in concreto que le
standard minimum institué par l’article 6 alinéa 1er et 3 lettre c CEDH
n’a pas été violé. Y voir toutefois un encouragement pour le législa-
teur à admettre que le stagiaire remplace son maître de stage lors
d’audiences paraît audacieux.
La solution retenue par le législateur genevois incite à la prudence:
considérant l’approche pratique soutenue par la Cour européenne des
droits de l’homme, le grief d’absence d’une défense adéquate pourrait
être soulevé si l’intéressé pouvait démontrer qu’une défense assurée
par un stagiaire — même «au nom et sous la responsabilité»24 — d’un
avocat patenté était entachée de carences. Au nom de la défense de
droits «efficaces», la Cour de Strasbourg n’admettrait vraisemblable-
ment pas l’argument selon lequel l’avocat-stagiaire était placé sous la
responsabilité d’un avocat breveté. Il appartiendrait à l’État intimé de
démontrer qu’il a pris concrètement les mesures positives nécessaires
en faveur d’une défense efficace, par exemple en s’assurant que l’avo-
cat breveté concerné assume effectivement le mandat de défense ou en
le remplaçant en cas de manquements de son stagiaire.
Ni les rédacteurs du Message25, ni la doctrine26 n’ont d’ailleurs fait
l’hypothèse de la participation de stagiaires qui remplaceraient leur
maître de stage devant les juridictions pénales, certains auteurs ren-
voyant à l’arrêt précité du Tribunal fédéral sans de plus amples dévelop-
pements27. Il faut admettre que si l’«exception» genevoise perdurait,
les auditions faites en présence d’un stagiaire devraient être consi-
dérées comme s’étant tenues hors la présence d’un défenseur28.
Au vu de la taille du canton et du regroupement des différents lieux
de détention pendant la phase de rétention policière, il y a lieu d’ac-
corder à l’avocat une heure environ pour se rendre auprès de son
client et trente minutes environ pour s’entretenir avec ce dernier29.

23 Eodem loco, consid. 3a-cc p. 198.
24 Article 31, voire 33 de la loi sur la profession d’avocat du 26 avril 2002 (LPAv; E 6 10).
25 Message CPP, p. 1157.
26 SCHMID (2009), p. 222 et DONATSCH / HANSJAKOB / LIEBER (2010), p. 537.
27 PERRIER / VUILLE (2010), p. 71.
28 On notera avec intérêt que les autorités vaudoises ont décidé que l’avocat de la
première heure devait nécessairement être breveté: http://www.rsv.vd.ch (LVCPP,
consultation le 5 novembre 2010).
29 Message CPP, p. 1175.
259

La brièveté de la phase de rétention policière a pour nécessaire corol-
laire la célérité dans la tenue des auditions menées par la police. On ne
voit guère celle-ci accorder au défenseur des délais de route plus
longs, ni un entretien d’une durée supérieure avec le prévenu. Dans les
cantons qui se caractérisent par une forte proportion de délinquants de
passage, des mesures devront être prises pour assurer le respect des
garanties prévues à l’article 158 alinéa 1er CPP: si Muskar comprend
le français, cela ne sera pas nécessairement le cas de tous ses compa-
gnons d’infortune. La police devra donc disposer comme par le passé
de formulaires expliquant à la personne arrêtée ses droits au sens
de l’article 158 alinéa 1er lettres a à c CPP. S’agissant du droit à un
interprète au sens de la lettre d de la même disposition, il faut l’ap-
préhender comme le droit à un interprète dans une langue comprise
par le prévenu, ce qui ne signifie pas nécessairement sa langue mater-
nelle. A cet égard également, la présence d’un avocat dès la première
audition devrait permettre de lever tout doute quant à la validité de
cette première mesure d’instruction.
Auteur présumé d’un vol, voire de lésions corporelles simples,
Muskar encourt une peine privative de liberté d’une durée supérieure à
un an. Il réalise ainsi les conditions de la défense obligatoire au sens
de l’article 130 lettre b CPP. Contrairement à l’article 260 CPP-GE,
qui fait de la juridiction saisie le critère de la défense obligatoire, le
législateur a donc retenu celui, plus rationnel, de la lourdeur de la
peine encourue. Il faut noter que le seuil est placé assez bas, ce qui
devrait conduire à une multiplication des cas de défense obligatoire, et
par voie de conséquence, de défense d’office. Muskar ne peut donc se
défendre seul et il est donc privé de la faculté de se défendre lui-
même, offerte par l’article 129 alinéa 1er CPP in fine. Le choix de
Me Court, avocat habilité à représenter les parties au sens de la LLCA,
satisfait les conditions des articles 127 alinéa 5 cum 129 alinéa 1er
CPP, première hypothèse.

IV. LES MESURES DE CONTRAINTE

A. Les faits
Malgré ses sanglots longs, Soporowitch est emmené manu militari aux
violons. Il est rapidement extirpé de sa cellule pour subir les mêmes
examens corporels que son compère Muskar XIII: prise d’empreintes
digitales et auriculaire et frottis de la muqueuse jugale.
Considérant le coton-tige comme une menace, Soporowitch se met à
vociférer qu’en aucun cas il ne se soumettra à cette intrusion buccale
et oppose alors au policier une barrière dentaire infranchissable.
260

Confronté à cette défense incisive, le policier Chapon le menace illico
de lui faire une prise de sang. Face à cette intimidation, Soporowitch
opte, à son corps défendant, pour le bâtonnet inquisiteur.
Une fois le prélèvement effectué, celui-ci est envoyé au laboratoire
pour analyse.

B. L’établissement d’un profil d’ADN
Afin d’établir un profil d’ADN du prévenu, il est nécessaire de
procéder à un prélèvement, lequel peut être sanguin ou buccal. Le pré-
lèvement buccal, non invasif, doit être préféré au prélèvement sanguin
qui implique une atteinte plus importante à l’intégrité corporelle30 et
qui doit être considéré comme une mesure de contrainte, au sens des
articles 196 ss CPP31.
Le prélèvement buccal s’effectue au moyen d’un bâtonnet d’ouate,
frotté sur l’intérieur de la joue (frottis de la muqueuse jugale).
L’article 255 alinéa 2 CPP donne la possibilité à la police d’ordonner
ces prélèvements non invasifs. Il s’agit là d’un cas d’application
de l’article 198 alinéa 1er lettre c CPP, contrairement à la prise de
sang qui doit être ordonnée par le ministère public, conformément à
l’article 198 alinéa 1er lettre a CPP32.
Dès lors, face au refus de Soporowitch, le policier n’était pas habi-
lité à ordonner une prise de sang ou à l’effectuer. Ce principe est
rappelé à l’article 258 CPP. En outre, seul le ministère public peut,
dans tous les cas, ordonner l’analyse de l’échantillon prélevé. En effet,
une fois l’ADN d’une personne prélevé, une analyse doit être prati-
quée sur l’échantillon par un laboratoire afin d’établir le profil d’ADN33.
Celui-ci sera ensuite stocké dans une banque de données de profils
d’ADN, sous la forme d’un code alphanumérique. Il s’agit du système
d’information fondé sur les profils d’ADN géré par les services AFIS
ADN de l’Office fédéral de la police34.
Il n’existe pas dans le CPP de catalogue d’infractions pour les-
quelles une personne peut se voir imposer l’établissement d’un profil
d’ADN. L’article 255 CPP précise cependant que celui-ci ne peut être
élaboré qu’afin d’élucider un crime ou un délit, ce qui signifie qu’au-
cun profil d’ADN ne peut être établi en cas de contravention.

30 ATF 128 II 259 consid. 3.3, JdT 2003 I 411, p. 420.
31 Message CPP, p. 1196, Message relatif à la loi fédérale sur l’ADN, FF 2001 p. 19, 37.
32 DONATSCH / HANSJAKOB / LIEBER (2010), p. 1248, SCHMID (2009), p. 470.
33 Article 8 de la loi sur les profils d’ADN du 20 juin 2003, RS 363.
34 Articles 88 ss de l’Ordonnance sur l’utilisation de profils d’ADN dans les procédures
pénales et sur l’identification de personnes inconnues ou disparues, RS 363.1.
261

De plus, le profil d’ADN ne peut être établi qu’afin de permettre
l’élucidation d’un crime ou d’un délit. Il ne s’agit ainsi pas d’organiser
un prélèvement systématique lorsqu’un prévenu est appréhendé35 et
que le crime ou le délit peuvent être élucidés sans cette preuve supplé-
mentaire. Il s’agit, en effet, d’éviter une analyse d’ADN «de routine»,
et dont la pertinence pour la procédure ne pourrait pas être déterminée
d’emblée.
Une exception à ce principe est cependant envisagée par le Conseil
fédéral, soit le cas dans lequel il s’agit de découvrir d’éventuelles
infractions commises antérieurement par la personne en cause, afin
d’identifier rapidement un récidiviste. Quoi qu’il en soit, et même
dans cette dernière hypothèse, si l’analyse de l’ADN ne permet pas
d’obtenir les résultats escomptés, le profil devrait être détruit, et son
stockage ne saurait être ordonné36.
Enfin, le profil d’ADN ne devrait pas être établi non plus, conformé-
ment au principe de proportionnalité, en cas d’infractions de faible
gravité.

C. L’effacement du profil d’ADN
Concernant les délais de conservation des profils stockés, l’article 259
CPP renvoie aux dispositions de la loi fédérale sur les profils d’ADN.
Cette loi prévoit, à son article 16, que ceux-ci doivent être effacés:
− sitôt qu’il s’avère, au cours de la procédure, que la personne en
cause ne peut être l’auteur du crime ou du délit (lettre a);
− lorsque la personne en cause est décédée (lettre b);
− lorsque la procédure en cause est close par un acquittement entré
en force (lettre c);
− un an après le non-lieu (lettre d);
− cinq ans après l’expiration du délai d’épreuve en cas de sursis à
l’exécution de la peine (lettre e);
− cinq ans après le paiement d’une peine pécuniaire ou après la
cessation d’un travail d’intérêt général (lettre f).
En cas de classement ou de non-entrée en matière (article 310 CPP),
la Cour européenne des droits de l’homme a récemment considéré que
la conservation de profils d’ADN après un classement sans suite
s’inscrivait en violation de l’article 8 CEDH37. Il nous semble que

35 Message relatif à la loi fédérale sur l’ADN, p. 34, SCHMID (2009), p. 469.
36 Message relatif à la loi fédérale sur l’ADN, p. 29-30.
37 Cour EDH, 4 décembre 2008, S. et Marper c. Royaume-Uni.
262

cette conclusion doit être la même s’agissant du classement tel que
prévu par le CPP, lequel entraîne la clôture définitive de la procédure
pénale38. Dès lors, la destruction du profil devrait intervenir dès l’en-
trée en force de la décision de classement, à l’instar de ce qui prévaut
en matière d’acquittement.

D. Les données signalétiques
Concernant les empreintes digitales et auriculaires de Soporowitch,
leur sort est réglé aux articles 260 ss CPP qui réglementent la saisie de
données signalétiques. Ces dernières regroupent toutes les caractéris-
tiques extérieures d’un être humain pouvant être mesurées ou consta-
tées, comme la taille, le type, le poids, les empreintes digitales et les
empreintes des mains, des oreilles, des pieds ainsi que d’autres parties
du corps (par exemple l’empreinte dentaire)39. Cette énumération n’est
pas exhaustive.
Ces données peuvent être saisies sur le prévenu, mais également sur
des individus qui ne seraient ni soupçonnés, ni prévenus d’une infrac-
tion40. Cette possibilité doit, en effet, être ouverte lorsqu’il est néces-
saire d’effectuer un tri entre les traces retrouvées sur les lieux d’une
infraction.
L’analyse des données signalétiques doit permettre l’établissement
des faits, ce qui inclut l’identification d’un individu41. Du fait de la
faible atteinte à l’intégrité corporelle qu’elle présuppose, la saisie de
ces données peut être ordonnée par la police, le ministère public, les
tribunaux et, en cas d’urgence, la direction de la procédure42.
Si Soporowitch s’était opposé à l’injonction de la police, il aurait
cependant été du ressort du ministère public de statuer, sauf s’il a
précédemment ordonné la mesure43. En cas d’urgence, l’article 260
alinéa 2 CPP prévoit la possibilité pour la direction de la procédure
d’ordonner des mesures de contrainte.

38
Art. 319 CPP; Message CPP, p. 1257.
39
Message CPP, p. 1225, DONATSCH / HANSJAKOB / LIEBER (2010), p. 1258, SCHMID (2009),
p. 477.
40
Message CPP, p. 1225; PIQUEREZ (2007), p. 475.
41
Message CPP, p. 1225.
42
HAUSER / SCHWERI / HARTMANN (2005), p. 372-373; Rapport CPP, p. 193.
43
Voir article 312 CPP.
263

E. Le recours et la conservation des données
Lorsque le ministère public ordonne la saisie de données, directement
ou après injonction de la police dans le cas d’un refus, il s’agit de
déterminer dans quelle mesure la personne concernée peut recourir,
selon l’article 393 CPP.
La rédaction de la version française de l’art. 393 CPP, plus particu-
lièrement de l’article 393 alinéa 1er lettre b in fine, est obscure. En
effet, l’article 393 CPP semble exclure de tout recours les décisions
prises par la direction de la procédure, soit, dans notre cas, les déci-
sions relatives aux données signalétiques ainsi qu’aux profils d’ADN
ordonnés par le ministère public au cours de la phase préliminaire.
Seule la lecture des versions italienne et allemande fournit la solu-
tion, ces deux textes établissant que, dans le cadre de la phase des
débats, le recours est exclu contre toute décision qui ne met pas fin à
la procédure44. La phase préliminaire est ainsi exclusivement régle-
mentée à l’art. 393 alinéa 1er lettre a CCP qui prévoit que le recours
est recevable contre les décisions et les actes de procédure de la
police, du ministère public et des autorités pénales compétentes en
matière de contravention.
Par conséquent, toute décision relative aux mesures de contrainte
ordonnées dans le cadre de la procédure préliminaire peut faire l’objet
d’un recours au sens de l’article 393 CPP.
S’agissant de la durée de conservation de ces données, en cas d’acquit-
tement, de classement ou de non entrée en matière, elles doivent être
immédiatement détruites45. L’article 261 alinéa 1er lettre b CPP pré-
voit cependant une exception permettant de conserver les données
signalétiques pendant dix ans au plus à compter de l’entrée en force de
la décision, lorsque des faits laissent supposer qu’elles permettront
d’élucider de futures infractions. Une telle conservation de données
doit obtenir l’aval de la direction de la procédure, l’idée étant d’éviter
les abus ou une généralisation de cette clause d’exception46.

V. LE CONTRÔLE DE LA DÉTENTION

A. Les délais
Après audition de Muskar, le procureur de permanence décide de
demander le placement de Muskar en détention préventive.

44
DONATSCH / HANSJAKOB / LIEBER (2010), p. 1889, SCHMID (2009), p. 757-758.
45
HAUSER / SCHWERI / HARTMANN, p. 373; Rapport CPP, 194.
46 Message CPP, p. 1226.
264

Le ministère public dispose de quarante-huit heures depuis l’appré-
hension (article 215 CPP), respectivement l’arrestation (article 217 CPP)
de la personne visée pour demander le placement de celle-ci en déten-
tion provisoire, ce qui signifie que la durée de la phase de rétention
policière doit être prise en compte dans le calcul du délai.
La détermination du point de départ de la computation du délai de
vingt-quatre heures dont dispose la police avant la présentation au
ministère public revêt ainsi une importance cardinale. A teneur de
l’article 219 alinéa 4 in fine CPP, la durée d’une appréhension par la
police au sens de l’article 215 CPP doit être imputée sur ces délais de
vingt-quatre, respectivement quarante-huit heures. Il en va de même
de la période d’arrestation par des particuliers au sens de l’article
218 CPP47: Muskar et Soporowitch junior ont été arrêtés entre trois
heures et trois heures quarante-cinq le 1er janvier 2011. Ils doivent donc
être entendus avant le 2 janvier 2011 vers trois heures du matin par le
ministère public en application de l’article 219 alinéa 4 CPP.
C’est donc au plus tard le 2 janvier vers trois heures du matin que le
procureur en charge du dossier doit demander au tribunal des mesures
de contrainte de placer Muskar en détention préventive.
A ce stade, le nouveau droit évoque de manière irrésistible certaines
règles connues des plaideurs genevois et contenues dans l’article 32
CPP-GE: un premier délai de vingt-quatre heures après l’exécution
du mandat d’amener et un second, de la même durée pendant lequel
la personne concernée est, sur décision d’un officier de police, main-
tenue en état d’arrestation et à disposition du juge d’instruction. L’ana-
logie s’arrête toutefois à l’écoulement du temps.
Premièrement, la computation des délais, vétilleuse dans le droit
fédéral, contraindra à déterminer de manière très précise le moment de
l’appréhension (article 215 CPP), de l’arrestation par la police (article
217 CPP) ou par des particuliers (article 218 CPP).
Deuxièmement, alors que l’audition par l’Officier de police48 revêt
un caractère formel, ne constituant pas un véritable interrogatoire,
celui prévu par l’article 224 alinéa 1er CPP aura un caractère fonda-
mental. Il fera office de «gare de triage» et devrait être mené de manière
à éviter des requêtes infondées au tribunal des mesures de contrainte.
Alors que la délivrance du mandat d’arrêt des articles 33 et suivants
CPP-GE peut faire naître parfois un sentiment d’automaticité, l’obli-
gation pour l’autorité de poursuite pénale de motiver et de présenter sa
requête à une autre autorité jouera un rôle favorable dans la consti-
tution d’un dossier solide.

47 SCHMID (2009), p. 393.
48 Articles 32 et 107A alinéa 3 lettre g ainsi que 111 CPP-GE.
265

B. L’accès au dossier
Pour le plaideur genevois, la question de l’accès au dossier en vue de
l’audience par-devant le tribunal des mesures de contrainte se pose de
manière particulière. Selon les articles 138 et 142 alinéa 1er CPP-GE,
l’inculpation ouvre en quelque sorte l’accès au dossier. Or, cette
première notion disparaît du CPP au profit d’une notification des
charges49 et l’accès au dossier ne sera alors que partiel, le procureur
pouvant décider de ne transmettre au tribunal des mesures de
contrainte que les pièces pertinentes à l’appui de sa requête en déten-
tion en application de l’article 224 alinéa 2 CPP. Le Message évoque
clairement la faculté pour le ministère public de ne pas dévoiler
certaines pièces «pour des raisons tactiques»50. Quant à la doctrine,
elle mentionne le principe d’équité de la procédure pour imposer au
procureur concerné de joindre également les pièces qui parleraient en
défaveur de sa requête51. Pour ce qui est du «dossier» de l’article 225
alinéa 2 CPP, il s’agit selon le Message et la doctrine de celui ayant
trait à la détention, et non du dossier complet52.
Sans méconnaître la portée du principe de la bonne foi, qui vaut
même en matière procédurale, la solution retenue par le législateur
revient à instaurer une sorte de suspension «matérielle», inconnue du
CPP-GE53. Elle n’est pas sans rappeler une pratique parfois critiquée
par certains plaideurs et consistant pour le juge d’instruction à retarder
le moment de l’inculpation pour éviter que les parties ne prennent
connaissance des pièces du dossier. Comme la loi contient cette
faculté, il convient de la circonscrire: le principe de l’égalité des
armes, qui se définit comme l’égalité des parties au plan procédural54,
commande à tout le moins que le tribunal des mesures de contrainte
ne dispose pas d’un autre dossier que celui auquel le prévenu aura
eu accès. Dans une affaire allemande, la Cour européenne des droits
de l’homme a décidé que le juge de la détention ne pouvait fonder sa
décision sur des pièces connues que de lui et de l’accusation sans
violer l’article 5 par. 4 CEDH55.
Quelle serait la sanction d’une violation de ce premier principe: en
d’autres termes, que se passerait-il si le juge de la détention statuait

49 Qui peut être faite par la police en application de l’article 143 CPP.
50 Message CPP, p. 1212.
51 SCHMID (2009a), p. 449.
52 Message CPP, p. 1212 et SCHMID (2009), p. 412.
53 Article 142 alinéas 3 à 5 CPP-GE.
54 PIQUEREZ 2006, p. 229.
55 Cour EDH, 9 juillet 2009, Mooren c. Allemagne, par. 121.
266

sur la base de pièces inconnues de la défense? Si Muskar saisit la
Chambre des recours en application de l’article 222 CPP «nouveau»56,
on ne voit guère que soit ordonnée la libération du prévenu au seul
motif des lacunes du dossier. Une telle approche paraît trop formelle
au regard des enjeux de la détention préventive, notamment dans le
cas d’infractions graves. La Chambre pourrait confirmer la décision
prise en première instance par substitution de motifs, en tenant compte
de ces pièces faussement nouvelles et dans le respect du droit d’être
entendu du prévenu, de telle sorte que la violation du principe de
l’égalité des armes risquerait de rester sans sanction.
La seconde difficulté réside dans le traitement à réserver aux pièces
qui n’auraient pas été soumises au tribunal des mesures de contrainte à
l’occasion de sa décision initiale sur le placement en détention préven-
tive. A notre sens et par respect pour le principe de la loyauté
des débats, il faudrait éviter que le ministère public puisse à sa guise
retenir des pièces, puis les présenter au juge de la détention sans
tenir compte de l’écoulement du temps. Il serait dès lors souhaitable
qu’une pratique s’instaure selon laquelle le Parquet ne se prévale point
de pièces qu’il aurait pu produire antérieurement, mais qu’il aurait
renoncé à présenter au tribunal des mesures de contrainte.
Le tribunal des mesures de contrainte disposera alors de quarante-huit
heures pour rendre sa décision.

C. La demande de mise en liberté
Fort contrarié de son placement en détention préventive, Muskar pro-
fite de la première audition qui suit, le 10 janvier 2011, chez le procu-
reur Ronchont, colonel reconverti, pour demander sa mise en liberté,
qu’il motive par sa royale ascendance et sa volonté de rendre à la
Syldavie le sceptre qui lui appartient. Pris de vitesse mais soucieux de
défendre les intérêts de son client, Me Court appuie la demande.
Le procureur Ronchont dispose d’un délai de trois jours pour trans-
mettre la demande au tribunal des mesures de contrainte, s’il entend la
rejeter, en application de l’article 228 al. 3 CPP. S’agissant d’un délai
fixé en jours, et non en heures, il n’y a pas lieu de le décompter par
périodes de 24 heures, mais bien par journée. Il suffit donc que le
procureur transmette sa réponse jeudi 13 janvier 2011. Si l’on fait
l’hypothèse d’une expédition postale de la détermination du ministère

56 Il faut prêter garde au fait que le texte légal de l’article 222 CPP a été modifié avant
même son entrée en vigueur et il convient de se référer dorénavant aux
modifications annexées à la loi fédérale sur l’organisation des autorités pénales de
la Confédération du 19 mars 2010 parues dans la FF 2010 1883, qui sont d’im-
portance, comme le double degré de juridiction en matière de détention préventive.
267

public, il suffit qu’elle soit remise à un office postal ce jour-là pour
que le délai de trois jours soit respecté57.
L’article 228 alinéa 2 CPP possède une particularité dans sa version
en langue française, celle d’être incomplet! Il se lit en effet comme cela:
«Si le ministère public répond favorablement à la demande du
prévenu, il ordonne sa libération immédiate. S’il n’entend pas
donner une suite favorable à la demande, il la transmet au tribu-
nal des mesures de contrainte au plus tard dans les trois jours
à compter de sa réception, en y joignant une prise de position
motivée.»
Or, en langue allemande, la deuxième phrase a le contenu suivant:
«[…] Will sie dem Gesuch nicht entsprechen, so leitet sie es
zusammen mit den Akten spätestens 3 Tage nach dessen Eingang
mit einer begründeten Stellungnahme an das Zwangsmassnahmen-
gericht weiter.»
Ce qui correspond au texte en langue italienne:
«[…] Se non intende accogliere la domanda, entro tre giorni dalla
ricezione inoltra la stessa, unitamente agli atti, al giudice dei
provvedimenti coercitivi accludendovi un parere motivato.»

On aura noté sans peine que les versions allemande et italienne du
texte comportent la mention du dossier58, qui doit être joint à la déter-
mination du ministère public, précision qui manque dans le texte en
français.
Mais de quel dossier s’agit-il? Le ministère public a-t-il encore à ce
stade la faculté de retenir certaines pièces afin que le prévenu ne
puisse pas en prendre connaissance? La notion de «dossier» d’une
cause est unique. Il s’agit de la réunion de l’ensemble des pièces qui
intéressent une procédure: toutes les décisions prises, les constatations
opérées et tous les éléments réunis59 doivent y figurer, comme le veut
l’article 100 CPP. Pour que les droits de la défense puissent être
exercés de manière efficace, il doit nécessairement n’y avoir qu’un
seul dossier, celui qu’elle peut consulter à teneur de l’article 101
alinéa 1er CPP. Une interprétation systématique du texte conduit donc
à considérer que l’exception de l’article 225 alinéa 2 CPP ne vaut que
lors de la décision initiale par le tribunal des mesures de contrainte,
saisi d’une requête du ministère public.

57 Articles 90 et 91 CPP.
58 «mit den Akten» / «unitamente agli atti».
59 PIQUEREZ (2006), p. 218-219.
268

Dans un nouveau délai de trois jours, le prévenu peut répliquer au
ministère public en application de l’article 228 alinéa 3 CPP:
Me Court ayant reçu la détermination du Parquet le lundi 17 janvier
2011, il dispose d’un délai au jeudi 20 pour déposer des écritures
responsives.
Comme la Poste ne délivre son pli au greffe que le lundi 24 janvier,
le tribunal des mesures de contrainte dispose d’un délai au samedi
29 janvier, reporté au lundi 31 pour statuer en application de l’article 90
alinéas 1er et 2 première phrase CPP60. Dans le cas d’une procédure
écrite au sens de l’article 228 alinéa 4 CPP, Muskar sera fixé sur son
sort au plus tôt le 1er février 2011.
Le nouveau système est-il compatible avec l’article 5 alinéa 4
CEDH, à teneur duquel «toute personne privée de sa liberté par
arrestation ou détention a le droit d’introduire un recours devant un
tribunal, afin qu’il statue à bref délai sur la légalité de sa détention et
ordonne sa libération si la détention est illégale»?
Selon le mode habituel de raisonnement de la Cour de Strasbourg,
la notion de «bref délai», voire celle de «délai raisonnable», doit s’ap-
précier au regard de l’ensemble des circonstances de l’espèce. Dans
une affaire intéressant la Suisse et concernant un prétendu complice
du terroriste Carlos, le délai de 32 jours entre une demande de mise en
liberté déposée le 21 octobre 1994 auprès du ministère public de
la Confédération, son rejet par cette autorité le 25 du même mois
et sur recours par la chambre d’accusation du Tribunal fédéral le
21 novembre 1994, notifié le 22 a été jugé excessif61. Or, la Cour
critique expressément le choix du législateur helvétique de faire exa-
miner une telle requête par le Parquet, puis par le Tribunal fédéral.
Mutatis mutandis, le système en vigueur à partir du 1er janvier 2011
sera identique à celui critiqué par cette Cour…
Dans le cas de Muskar, la décision de rejet de mise en liberté
intervient 22 jours après le dépôt alors qu’il s’agit d’une affaire
«simple». Un tel délai est-il encore «bref», au sens de la Convention
européenne des droits de l’homme? Nous en doutons tout en relevant
que le système voulu par le législateur fédéral ne permet guère
d’accélérer le tempo, sauf à favoriser la communication électronique
des dossiers. Les cantons ont en revanche pour devoir d’aménager leur
administration judiciaire de manière à assurer un suivi sans perte
de temps: si la responsabilité du système légal choisi incombe au

60 Article 228 alinéa 4 cum 90 alinéa 2 CPP; il faut prêter garde au fait que le texte
légal de l’article 90 alinéa 2 CPP a été modifié avant même son entrée en vigueur et
il convient de se référer dorénavant aux modifications annexées à la loi fédérale sur
l’organisation des autorités pénales de la Confédération du 19 mars 2010 parues
dans la FF 2010 1883.
61 Cour EDH, 30 novembre 2000, G.B. c. Suisse, par. 38.
269

législateur fédéral, la mise en œuvre doit permettre de respecter les
conditions de la CEDH en matière de délais: il revient dès lors aux
cantons de s’assurer que les greffes disposent des moyens humains et
techniques nécessaires pour mener à bien leur tâche. Dans l’affaire
Unión alimenteria Sanders S.A. contre Espagne62, la Cour européenne
a clairement imposé aux États le devoir d’adapter leur appareil judi-
ciaire à la demande de justice.

VI. LA PHASE DES DÉBATS

A. L’acte d’accusation
A l’issue de l’instruction menée par un procureur, ce dernier peut
décider soit le prononcé d’une ordonnance pénale, soit d’engager l’ac-
cusation, pour employer l’expression choisie par le législateur fédéral
à l’article 324 alinéa 1er CPP.
La distinction entre les feuilles d’envoi et les réquisitions, connue
des plaideurs genevois, disparaît au profit d’un type unique d’acte
d’accusation, dont le contenu est détaillé aux articles 325 et 326 CPP.
Selon la jurisprudence de la Cour européenne des droits de
l’homme63, une notification précise et complète des charges pesant
contre l’accusé — et notamment la qualification juridique que l’auto-
rité de jugement pourrait retenir à son encontre — est une condition
essentielle de l’équité de la procédure. Il convient notamment de
respecter le principe de la Tatidentität, qui implique de distinguer les
différents stades de réalisation de l’infraction, comme la tentative ou
l’achèvement de l’acte délictueux, les formes de participation, comme
la coactivité ou la complicité64 ainsi que celles de l’intention, comme
le dol ou la négligence.
L’article 325 alinéa 1er lettres f et g CPP pousse les exigences quant
au contenu de l’acte d’accusation plus loin que le droit genevois, à
tout le moins en matière contraventionnelle. Les auteurs du Message
ont apporté toutefois un tempérament en précisant que l’exposé doit
rester factuel et renvoyer aux dispositions légales pertinentes, sans se
muer en un réquisitoire écrit65.

62 Cour EDH, 7 juillet 1989, Unión alimentaria Sanders S.A. c. Espagne, par. 41-42.
63 Cour EDH, 17 juillet 2001, Sadak et autres c. Turquie, par. 49, 25 juillet 2000,
Mattoccia c. Italie, par. 58 à 60.
64 Ce qui suppose la description de l’acte principal, même si son auteur n’est pas
poursuivi.
65 Message CPP, p. 1259.
270

Le ministère public a la faculté de présenter un acte d’accusation
subsidiaire en application de l’article 325 alinéa 2 CPP, mais il doit le
faire au moment de la mise en accusation au sens de l’article 324 CPP.
La juridiction de jugement peut encore offrir au ministère public
la possibilité de rectifier l’acte d’accusation, soit avant le début des
débats, soit à la lumière de ceux-ci, selon l’article 333 CPP.

B. Le classement
Prenant en considération les remords de Soporowitch, sa restitution
spontanée du sceau royal, ses aveux, ses promesses de non-récidive et
le fait qu’il soit un délinquant primaire, le ministère public décide de
prononcer à son encontre une ordonnance de classement, pour des
raisons d’opportunité.
Lorsqu’il est possible de renoncer à toute poursuite ou à toute sanc-
tion en vertu de dispositions légales, le ministère public peut ordonner
le classement de tout ou partie de la procédure (article 319 alinéa 1er
lettre e CPP). Cette disposition vise notamment les cas d’exemption de
peine réglés aux articles 52 à 54 CP, ainsi que ceux auxquels l’article
8 CPP peut être appliqué en vertu du principe de l’opportunité66.
L’article 8 CPP permet en effet de renoncer à toute poursuite
pénale, notamment lorsque les conditions des articles 52, 53 et 54 du
code pénal sont remplies. La même règle s’applique dans les cas où
l’infraction ne serait pas de nature à influer sensiblement sur la fixa-
tion de la peine ou de la mesure encourue par le prévenu en raison des
autres infractions mises à sa charge (article 8 alinéa 2 lettre a CPP),
lorsqu’une peine complémentaire serait insignifiante (article 8 alinéa 2
lettre b CPP) ou lorsqu’une peine de durée équivalente prononcée à
l’étranger devrait être imputée sur la peine encourue (article 8 alinéa 2
lettre c CPP). A noter qu’aucun intérêt prépondérant de la victime ne
doit s’opposer à la renonciation à poursuivre dans toutes les hypo-
thèses visées à l’article 8 alinéa 2 CPP.
Si le nouveau CPP ménage ainsi la possibilité de rendre une ordon-
nance de classement pour des motifs d’opportunité, il ne s’agit pas,
pour les autorités pénales, d’une autorisation à renoncer à ouvrir une
poursuite pénale à leur gré. En effet, le CPP se veut plutôt restrictif
quant aux motifs d’opportunité qui peuvent être invoqués.

66 Message CPP, p. 1256, DONATSCH / HANSJAKOB / LIEBER (2010), p. 1596, SCHMID
(2009), p. 610.
271

En revanche, dès lors que les conditions des articles 320 alinéa 1er
lettre e et 8 CPP sont remplies, la renonciation à la poursuite est
impérative67.
Dans le cas de Soporowitch, le ministère public pourrait prononcer
une ordonnance de classement, du fait de la légèreté de la culpabilité
de l’auteur ainsi que de l’importance minime des conséquences de son
acte, deux conditions cumulativement requises par l’article 52 CP.
Le classement est alors assimilé à un acquittement (article 320
alinéa 4 CPP). Cependant, dans la mesure où ces ordonnances ne sont
pas rendues par une autorité judiciaire et se fondent souvent sur un
dossier plutôt sommaire, l’entrée en force est limitée et une reprise de
la procédure reste possible, à des conditions moins strictes que celles
qui valent en cas d’acquittement68.
Ainsi, si des faits ignorés au moment du classement devaient venir à
la connaissance du ministère public concernant le rôle de Soporowitch,
il pourrait alors reprendre la procédure préliminaire, même si celle-ci
a été close par un classement.
L’article 323 CPP permet, en effet, une réouverture de la procédure
en cas de découverte de nouveaux moyens de preuve ou de faits nou-
veaux révélant une responsabilité pénale du prévenu et ne ressortissant
pas du dossier antérieur.
Par ailleurs, l’une des nouveautés instaurée par le nouveau CPP
réside dans l’obligation de motiver et de notifier les ordonnances de
classement. A cet égard, l’article 320 CP renvoie aux articles 80 et 81
CPP qui exigent notamment que les prononcés soient rendus par écrit
et motivés, puis notifiés aux parties.
Cette norme signe ainsi la fin du «classement tampon» actuellement
pratiqué dans le canton de Genève. En effet, l’ordonnance doit être
notifiée par écrit aux parties, à la victime ainsi qu’aux autres partici-
pants à la procédure touchés par le prononcé69, voire, le cas échéant, à
d’autres autorités désignées par les cantons lorsqu’elles ont un droit de
recours (article 321 CPP), de sorte que la notification du classement
sur demande des parties n’est plus envisageable.
S’agissant de la motivation de l’ordonnance, l’article 320 alinéa 1er
CPP qui renvoie aux articles 80 et 81 CPP ne laisse planer aucune ambi-
güité. Les ordonnances de classement doivent être motivées et la teneur
de cette motivation est détaillée à l’article 81 CPP. Ainsi, l’ordonnance
devra comporter une introduction, un exposé des motifs, un dispositif
ainsi que l’indication des voies de droit (article 81 alinéa 1er CPP).

67 Message CPP, p. 1107.
68 Message CPP, p. 1256.
69 Il peut ainsi s’agir de personnes dont des objets ou valeurs patrimoniales sont en
cause, Message CPP, p. 1257.
272

L’article 81 CPP mentionne par ailleurs spécifiquement le cas
des ordonnances de classement, comprises dans la dénomination de
«prononcés de clôture». En effet, à teneur du Message, les prononcés
de clôture peuvent revêtir la forme de décision lorsqu’ils émanent
d’une autorité collégiale ou d’ordonnance lorsqu’ils sont rendus par
une seule personne70.
Dans ces deux cas, les exigences de motivation sont cependant allé-
gées s’agissant de l’exposé des motifs puisque, contrairement au juge-
ment qui doit contenir l’appréciation en fait et en droit du comporte-
ment reproché au prévenu, ainsi que la motivation des sanctions, des
effets accessoires ainsi que des frais et indemnités, le prononcé de
clôture doit seulement indiquer les motifs du règlement de la procé-
dure tel qu’il est envisagé (article 81 alinéa 3 lettre b CPP).
Le délai de recours est également différent, passant de quatorze à
dix jours (article 322 alinéa 2 CPP). Toutes les parties peuvent atta-
quer l’ordonnance de classement. Les conclusions civiles ne sont pas
traitées dans l’ordonnance de classement mais la voie civile est ouverte
à la partie plaignante dès l’entrée en force de l’ordonnance (article 320
alinéa 3 CPP), ce qui signifie que les plaignants devront faire valoir
leurs conclusions civiles de manière indépendante.

C. La procédure simplifiée
Me Court se fatigue des visites à Champ-Dollon où Muskar XIII écrit
ses mémoires; il lui propose de reconnaître le vol du sceptre et d’in-
demniser Hermine Halambique pour les frais de traitement psycho-
thérapeutique après avoir pris contact avec le procureur Ronchont
qui exige des aveux circonstanciés, auxquels Muskar XIII finit par
consentir en échange d’un pudique «oubli» du coup porté au visage de
Dame Halambique.
Sous l’appellation de «procédure simplifiée» se cache l’une des
principales innovations de ce code, à savoir l’inscription dans le droit
positif du plea bargaining, malgré l’opposition de huit cantons et les
«sérieuses réserves» de trois autres71. La nouveauté est sans conteste
d’importance et constitue pour les justiciables des tribunaux gene-
vois un progrès notable par rapport à la pratique de la citation directe,
fondée sur une disposition purement formelle du code cantonal de pro-
cédure pénale, ayant trait à la saisine directe de la cour correctionnelle.72

70 A cet égard, Schmid évoque ainsi spécifiquement le cas de l’ordonnance de classe-
ment, SCHMID (2009), p. 144.
71 Ce qui n’a pas empêché les auteurs du Message de considérer la réglementation pro-
posée comme approuvée «par la quasi-totalité des cantons», Message CPP, p. 1259.
72 Art. 335 CPP-GE.
273

La mise en œuvre de la procédure simplifiée est toutefois tout
sauf… simple.
Elle suppose en effet des aveux préalables du prévenu, avant que le
ministère public ne décide de recourir à la procédure simplifiée, selon
les articles 358 alinéa 1er et 359 alinéa 1er CPP. Or, dans la phase
antérieure à la décision du ministère public, le statut de tels «aveux»
n’est pas très clair, en raison de l’expression «dans la perspective de
la procédure simplifiée» de l’article 362 alinéa 4 CPP, traduite en
allemand par «im Hinblick auf das abgekürzte Verfahren», qu’on ne
peut comprendre que comme couvrant également les pourparlers
antérieurs à l’ouverture formelle de cette procédure simplifiée73.
S’agissant des prétentions civiles74 de la partie plaignante, le texte
de l’article 360 lettre f CPP laisse chez certains auteurs la place à une
alternative entre un règlement complet ou une simple reconnaissance
du principe de celles-ci au sens de l’article 126 alinéa 3 CPP. Il
nous semble aller dans le sens même de la ratio legis de la procédure
simplifiée de régler complètement cette question. On ne voit en outre
guère quel serait l’avantage pour une partie civile de consentir au
règlement définitif de la partie pénale du litige et de voir différer le
règlement définitif de ses prétentions civiles.

D. La procédure ordinaire
En cas d’échec de la procédure simplifiée, le dossier reviendrait au
stade de la procédure préliminaire, soit parce qu’une des parties rejette
l’acte d’accusation en application de l’article 360 alinéa 5 CPP, soit
parce le tribunal constate que l’une des conditions alternatives de
l’article 362 alinéa 1er CPP n’est pas réunie: à teneur de la lettre a de
cette disposition, il lui revient de vérifier si les conditions formelles
des articles 358 et suivants ne sont pas satisfaites. L’étendue de
l’examen au titre de la lettre b est difficile à cerner, car le dossier —
en matière de procédure simplifiée — sera souvent lacunaire, du fait

73 SCHMID (2009), p. 701 et JEANNERET (2010), p. 180.
74 La question de la taxation des conclusions civiles n’est pas réglée de manière claire
dans le CPP; les articles 122s CPP, consacrés à l’action civile, n’en traitent
pas alors que les commentateurs [SCHMID (2009), p. 210 ainsi que DONATSCH /
HANSJAKOB / LIEBER (2010), p. 513] écrivent que le sujet est intégralement réglé par
le CPP. Le siège de la matière est à rechercher dans les articles 422 et suivants
CPP. L’État peut se couvrir de ses frais en édictant un règlement fondé sur
l’article 424 al. 1er CPP, qui est une base légale formelle et suffisante à cet égard
(cf. DONATSCH / HANSJAKOB / LIEBER (2010), p. 2041), dans le respect des principes
de la couverture des frais et de la proportionnalité. L’article 427 CPP permet unique-
ment de mettre ces frais à la charge de la partie civile en cas de retrait de ses
conclusions avant la clôture des débats de première instance ou si celles-ci ont été
écartées ou encore si leur auteur a été renvoyé devant le juge civil (article 427 al. 1er
let. a et b CPP). Exit ainsi la possibilité de soumettre les conclusions civiles à un
émolument préalable de mise au rôle, tel qu’on le connaissait en droit genevois.
274

de la transaction intervenue entre le ministère public et les autres
parties. Il ne serait d’ailleurs pas contraire à la notion même de plea
bargaining à la base de la procédure simplifiée que le dossier soit
incomplet: si Dame Halambique accepte le marché qui lui est proposé,
il importera peu au ministère public d’instruire plus avant le coup de
sceptre au visage. Pour ce qui est enfin de la lettre c, le contrôle de
l’autorité de jugement devrait être complet75; on voit mal le juge du
fond rendre une décision consacrant une violation de l’article 47 CP,
au motif que le prévenu s’accommoderait d’une peine que ce même
juge estimerait trop sévère. L’hypothèse inverse, soit celle du renvoi
du dossier en procédure ordinaire, ne devrait se vérifier que plus rare-
ment, la sanction ayant précisément été requise par le ministère public.

1. Les préliminaires à l’audience de jugement
La phase du jugement au fond débute par la réception de l’acte
d’accusation par la juridiction saisie, selon les termes de l’article 328
alinéa 1er CPP. L’organisation judiciaire étant restée en main des
cantons, c’est la nouvelle loi cantonale d’organisation judiciaire du
9 octobre 2009, acceptée en votation populaire le 26 septembre 2010,
qui règle la question de la compétence des juridictions pénales76.
Le siège de la matière figure aux articles 95 et suivants. A teneur
de l’article 96 LOJ, le tribunal de police connaît des infractions
pour lesquelles il n’est pas requis une peine privative de liberté supé-
rieure à deux ans, soit l’hypothèse la plus vraisemblable dans le cas de
Muskar.
Il faut noter que le droit fédéral introduit une nouveauté impor-
tante pour les plaideurs genevois: les règles relatives à l’instruction
définitive par l’autorité de jugement sont les mêmes quelle que soit
cette autorité.
Le contrôle par la chambre d’accusation des réquisitions du minis-
tère public au sens des articles 201 et suivants CPP-GE disparaîtra
au profit d’un examen par la direction de la procédure, qui jouera
matériellement le rôle dévolu par le droit cantonal à la Chambre. Les
questions de compétence à raison du lieu et du temps pourront notam-
ment être tranchées à ce stade déjà, en application de l’article 329
alinéa 1er lettre b CPP et la doctrine considère que la question de la
présomption suffisante pourra également être soulevée lors de cette
étape77. La licéité d’un tel examen par la «direction de la procédure»

75 Contra SCHMID (2009), p. 700.
76 LOJ; E 2 05.
77 SCHMID (2009), p. 632 et DONATSCH / HANSJAKOB / LIEBER (2010), p. 1648.
275

au regard de la CEDH a déjà été admise dans une affaire portugaise78:
le président de la juridiction appelée à statuer au fond peut notamment
examiner la question des charges suffisantes sans violer le principe de
l’impartialité de l’article 6 alinéa 1er CEDH mais cette solution
est d’ores et déjà critiquée par certains commentateurs du CPP79.
Si l’article 329 CPP ne contient pas de règles particulières quant au
respect du droit d’être entendu des parties, la clause générale de
l’article 109 CPP constitue une base suffisante pour que les parties
saisissent la direction de la procédure de leurs observations.
Il appartiendra ensuite au président80 de la juridiction saisie de
décider quelles preuves seront administrées devant ce tribunal et de
rendre une décision qui ne sera pas susceptible de recours en applica-
tion de l’article 331 alinéas 1er et 3 CPP, mais la partie requérante aura
la faculté de présenter à nouveau ses demandes lors des débats.
Le nouveau code a tourné le dos au principe de l’immédiateté de la
preuve, comme l’exprime l’article 343 alinéa 1er CPP: seront adminis-
trées par le tribunal les preuves nouvelles ou celles administrées de
manière insuffisante lors de la procédure préliminaire.
Ces nouvelles règles consacrent donc la mort de l’habitude gene-
voise consistant à déposer des listes de témoins, sans indiquer de
la moindre manière la pertinence de la mesure probatoire requise:
le législateur fédéral a indiqué très clairement que de telles requêtes
devaient être motivées en application de l’article 331 alinéa 2 CPP.
Il suffit pour qu’un témoignage puisse être retenu à l’encontre du
prévenu que ce dernier ait pu interroger à une reprise son auteur en
audience contradictoire81. Les juges du fond pourront ainsi limiter les
auditions à l’administration de preuves nouvelles, pour autant qu’elles
aient été requises de manière motivée et qu’elles soient pertinentes, et
à la réaudition des témoins à charge seulement si le prévenu n’a pas pu
les interroger ou les faire interroger lors de la procédure préliminaire.

2. Le déroulement de l’audience de jugement
L’article 342 CPP autorise la scission des débats devant toutes les
autorités de jugement, ce qui constitue une autre nouveauté par rap-
port au droit genevois. En outre, la lettre b de l’article 342 alinéa 1er
permet même de ne faire porter la première phase des débats que sur
la question des faits.

78 Cour EDH, 22 avril 1994, Saraiva de Carvalho c. Portugal, par. 37.
79 DONATSCH / HANSJAKOB / LIEBER (2010), p. 1650.
80 «A la direction de la procédure», pour respecter la terminologie officielle.
81 Cour EDH, 15 juin 1992, Lüdi c. Suisse, par. 49; cf. également ATF 129 I 151
consid. 3.1 p. 154.
276

Contrairement encore à l’article 295 CPP-GE, le législateur fédéral
a voulu que le prévenu s’exprime en premier, «au début de la procé-
dure probatoire»82, l’occasion de s’exprimer à nouveau au terme des
plaidoiries étant réservée par l’article 347 alinéa 1er CPP.
La juridiction saisie pourra s’éloigner de la qualification des faits
telle que proposée par le ministère public83, mais elle devra toujours
donner aux parties l’occasion de s’exprimer même si elle entend
retenir une infraction d’une gravité moindre84.
Il faut noter que le tribunal saisi doit siéger dans la même composi-
tion tant pendant les débats que lors de la délibération; l’article 335
alinéa 1er CPP commande qu’il soit assisté de son greffier, qui a
voix consultative lors de la délibération et dont la présence est ainsi
requise85. A la différence d’un juge, il peut toutefois être remplacé en
cours d’audience ou de délibération.
Pour respecter l’esprit du nouveau code, il faut comprendre le voca-
ble «greffier» comme dans la majorité des cantons suisses: il s’agit
d’un juriste chargé de la rédaction du jugement.

VI. CONCLUSION
Oserons-nous «conclure» à propos d’un texte légal encore vierge de
toute application? A travers les mésaventures de Muskar XIII et de
Soporowitch junior, le lecteur aura parcouru à grandes enjambées
certaines allées d’une forêt bien touffue; en chemin, il aura compris
que du fait de leur nouveauté et de leur complexité, les règles de
procédure voulues par le législateur fédéral feront — à tout le moins
durant les premières années — du procès pénal un combat de proces-
sualistes dont l’ampleur risque de laisser de côté l’intérêt des parties à
une issue rapide. Le recours à la procédure simplifiée, dont le nom
peut paraître usurpé, ne servira à décharger les autorités de jugement
que dans la mesure où celles de poursuite énonceront clairement leur
politique en la matière et s’y tiendront. Sans cette nécessaire prévisibi-
lité de l’issue d’un plea bargaining, ce pan de la réforme court le
danger de rester lettre morte. Ce sont pourtant ces règles-là qui font du
futur code de procédure pénale une législation «moderne» alors que
d’autres aspects, comme l’avocat de la première heure, auront moins
d’importance que celle qu’on veut bien leur en donner.

82 Art. 341 al. 3 CPP.
83 Art. 344 cum art. 350 al. 1er CPP.
84 DONATSCH / HANSJAKOB / LIEBER (2010), p. 1712.
85 Dans le même sens: SCHMID (2009), p. 668 et DONATSCH / HANSJAKOB / LIEBER
(2010), p. 1722.
277

La phase de la procédure préliminaire, surtout si l’institution du
plea bargaining ne s’impose pas, pourrait se transformer en un monde
du silence, l’intérêt du prévenu à parler face à celui qui l’accusera
ultérieurement n’étant pas évident!
Dans ce monde du silence, les «grands plaideurs» ont-ils encore une
place? Ou le législateur fédéral, tel un Charon des temps modernes,
les a-t-il emmenés dans sa barque pour leur faire franchir les eaux du
Styx? Pour autant qu’ils acceptent de boire celles du Léthé, ils accé-
deront à un monde nouveau dans lequel la complexité du texte
légal, voire son obscurité, laisseront encore des espaces libres à leur
imagination.

________
278

BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE

A l’heure où les règles changent considérablement, il a paru aux
auteurs qu’une bibliographie de travail, aussi complète que possible,
pourrait être utile aux praticiens; son état est arrêté au 10 octobre 2010.

AEPLI Michael, Die strafprozessuale Sicherstellung von elektronisch
gespeicherten Daten: Unter besonderer Berücksichtigung der
Beweismittelbeschlagnahme am Beispiel des Kantons Zürich,
thèse Zurich 2003, Zurich 2004
AESCHLIMANN Jürg, «Bemerkungen zu neuen Entwicklungen und
Tendenzen in der Strafjustiz», RSJ 84 (1988) 316
AESCHLIMANN Jürg, «Die Zukunft des schweizerischen Strafprozess-
rechts», RPS 109 (1992) 355
AESCHLIMANN Jürg, Einführung in das Strafprozessrecht: Die neuen
Bernischen Gesetze, Berne/Stuttgart/Vienne 1997
AUER Andreas / MALINVERNI Giorgio / HOTTELIER Michel, Droit
constitutionnel suisse, 2e éd., Berne 2006
BÄNZIGER Felix, «Die schweizerische Strafprozessordnung: ein Projekt
mit Zukunft», RDS 121 (2002) 527
BÄNZIGER Felix, «Die Schweizerische Strafprozessordnung am Beispiel
des Kantons Bern», Zeitschrift des Bernischen Juristenvereins,
Bd. 145(2009), 4, 272-301
BÄNZIGER Felix / STOLZ August / KOBLER Walter, Kommentar zur
Strafprozessordnung des Kantons Appenzell A.Rh., 2e éd.,
Herisau 1992
BÄNZIGER Felix / HAENNI Charles, Der Strafprozess im Kanton Bern,
Berne 2010
BAUER Alain / CORNU Pierre, Code de procédure pénale neuchâtelois
annoté, Neuchâtel 2003
BECKER Monika / KINZIG Jörg, Rechtsmittel im Strafrecht: Eine inter-
nationale vergleichende Untersuchung zur Rechtswirklichkeit
und Effizienz von Rechtsmitteln, vol. 1: Rechtsvergleichender
Teil, Fribourg-en-Br. 2000
BÉNÉDICT Jérôme, Le sort des preuves illégales dans le procès pénal,
thèse Lausanne 1994
BERCHER Yvonne, Le séquestre pénal: approche critique des rapports
entre procédure et droit de fond (étude de procédure pénale
vaudoise), thèse Lausanne 1992
279

BERGER Vincent, Jurisprudence de la Cour européenne des droits de
l’homme, 10e éd., Paris 2007
BERTOSSA Carlo Antonio, Unternehmensstrafrecht: Strafprozess und
Sanktionen, thèse Bâle 2002, Berne 2003
BEULKE Werner, Strafprozessrecht, 9e éd., Heidelberg 2006
BISCHOFF Patrick, Die Anonymisierung gefährdeter Zeugen im Straf-
prozess, Zurich 2010
BOLLE Pierre-Henri, «La marche forcée vers l’unification de la procé-
dure pénale en Suisse», Cahiers de défense sociale, Paris 2005,
83 ss
BOMMER Félix, «DNA-Analyse zu Identifikationszwecken im Straf-
verfahren: Bemerkungen zur Regelung im Vorentwurf für ein
Bundesgesetz über genetische Untersuchungen beim Menschen»,
RPS 118 (2000) 131
BOMMER Félix, Offensive Verletztenrechte im Strafprozess, thèse
habil. Berne 2005, Berne 2006
BOVAY Benoît / DUPUIS Michel / MOREILLON Laurent / PIGUET
Christophe, Procédure pénale vaudoise: Code annoté, 3e éd.,
Bâle 2008
BRAUN Robert, «Das abgekürzte Verfahren nach der StPO des
Kantons Basel-Landschaft vor dem Hintergrund der Diskussion
um informelle Absprachen im Strafprozess», PJA 2001 147
BRODAG Wolf-Dietrich, Strafverfahrensrecht für Schulung und
Praxis, Kurzlehrbuch zum Ermittlungsverfahren der Straf-
prozessordnung, 11e éd., Stuttgart et al. 2005
BRUN Theobald, Die Beschlagnahme von Bankdokumenten in der
internationalen Rechtshilfe in Strafsachen, thèse Zurich 1996
CALAME Richard, Appel et cassation: étude de leur fonction en procé-
dure pénale, thèse Neuchâtel, Berne 1993
CAMENZIND Hugo / INKAMP Jürgen, «Delegation von Untersuchungs-
handlungen an die Polizei, dargestellt am Beispiel der Straf-
prozessordnung des Kantons Zurich», RPS 117 (1999) 197
CHANEZ Cédric, Epistémologie de la vérité dans le Code de procédure
pénale suisse, Zurich, 2009
CHRISTEN Stefan, Anwesenheitsrecht im schweizerischen Strafprozess-
recht mit einem Exkurs zur Vorladung, Zurich 2010
CLERC François, Initiation à la Justice Pénale en Suisse, t. I: Notions
préliminaires et principes directeurs, Neuchâtel 1975
280

CLERC François, Contribution à la bibliographie des travaux consacrés
à la procédure pénale en Suisse, Neuchâtel 1966/1971
COMTE Frédérique, «Présentation générale du Code de procédure pénale
suisse (CPP)», Revue jurassienne de jurisprudence, n° 3, 2008,
199-220
CONSO Giovanni / GREVI Vittorio, Commentario breve al Codice di
procedura penale, Padoue 2005
COQUOZ Raphaël, «Profils ADN: matière d’expertise ou élément d’en-
quête préliminaire. Ce qui changera avec le fichier national de
profils ADN», RPS 118 (2000) 161
CORNU Pierre, «Code de procédure pénale fédéral: Quelles consé-
quences pour le canton de Neuchâtel?», in Actes des Etats
généraux de la justice neuchâteloise, le 7 novembre 2006,
Evologia, Cernier (République et canton de Neuchâtel, départe-
ment de la justice, de la sécurité et des finances, service juri-
dique), Neuchâtel 2007, 41 ss
COTTIER Michelle, Subjekt oder Objekt?: Die Partizipation von Kindern
in jugendstraf- und zivilrechtlichen Kindesschutzverfahren:
Eine rechtssoziologische Untersuchung aus der Geschlechter-
perspektive, thèse Bâle 2005, Berne 2006
DÉPARTEMENT FÉDÉRAL DE JUSTICE ET POLICE, De 29 à l’unité:
Concept d’un code de procédure pénale fédéral, Rapport de la
Commission d’experts «Unification de la procédure pénale»,
Berne, décembre 1997
DONATSH Andreas, «Der Strafbefehl und andere ähnliche Verfahrens-
erledigungen mit Einsprachemöglichkeit, insbesondere aus
dem Gesichtswinkel von Art. 6 EMRK», RPS 112 (1994) 317
DONATSH Andreas / CAVEGN Claudine, «Le point sur le droit de la
procédure pénale», RSJ 103 (2007) 410 ss
DONATSH Andreas / SCHMID Niklaus, Kommentar zur Strafprozess-
ordnung des Kantons Zürich, Zurich dès 1996 (ouvrage à feuil-
lets mobiles, dernière livraison février 2007)
DONATSCH Andreas / HANSJAKOB Thomas / LIEBER Viktor, Kommentar
zur Schweizerischen Strafprozessordnung (StPO), Zurich 2010
DUBS Hans, «Totalrevision der Strafprozessordnung des Kantons
Basel-Stadt (Gesetz vom 8. Januar 1997)», RPS 118 (2000) 45
ERNI Lorenz et al., Anwaltsgeheimnis und Strafverfahren: Der Anwalt
als Zeuge, Zurich 1997
ESSER Robert, Auf dem Weg zu einem europäischen Strafverfahrens-
recht: die Grundlagen im Spiegel der Rechtsprechung des
281

Europäischen Gerichtshofs für Menschenrechte (EGMR) in
Strassburg, Berlin 2002
ESSER Robert, «Rahmenbedingungen der Europäischen Union für das
Strafverfahrensrecht in Europa», Zeitschrift für europäische
Studien 2004 289 ss
FASSBIND Olivier, Les incidences de la Convention européenne des
droits de l’homme sur les lois suisses de procédure pénale,
thèse Neuchâtel 1984
FOËX Benedict / HOTTELIER Michel / JEANDIN Nicolas, Les recours
au Tribunal fédéral, Genève 2007
FORTINO Roberto, Beweisverbote im schweizerischen Strafprozess,
thèse St-Gall 2000
FORSTER Marc, «Der Anspruch auf unentgeltliche Rechtsverbei-
ständung in der neuerenbundesgerichtlichen Rechtsprechung»,
ZBl 1992 457
FRANCK Richard / STRÄULI Hans / MESSMER Georg, Kommentar zur
zürcherischen Zivilprozessordnung, 3e éd., Zurich 1997
FREI Pirmin, Mitwirkungsrechte im Strafprozess: Dargestellt am Bei-
spiel des Kantons Zug und mit Ausblick auf eine eidgenös-
sische StPO, thèse Berne 2001
FREI-SIPONEN Selene, Einfluss der EMRK auf das Strafprozessrecht
Finnlands und der Schweiz: eine vergleichende Studie, thèse
St- Gall 2002
FROWEIN Jochen Abr. / Peukert Wolfgang, Europäische Menschen-
rechtskonvention: EMRK- Kommentar, 2e éd., Kehl et al. 1996
GALLUSSER Alain, L’indice matériel comme moyen de preuve: Sa valeur
et son utilisation par les magistrats, thèse Lausanne 1998
GILLIÉRON Gwladys, Strafbefehlsverfahren und plea bargaining als
Quelle von Fehlurteilen, Zurich 2010
GÖBEL Klaus / LEISS Ludwig, Strafprozess, 6e éd., Munich 2005
GÖKSU Tarkan, Die Beschwerden ans Bundesgericht, Zurich 2007
GOLDSCHMID Peter, Der Einsatz technischer Überwachungsgeräte im
Strafprozess: unter besonderer Berücksichtigung der Regelung
im Strafverfahren des Kantons Bern, thèse Berne 2001
GOLDSCHMID Peter / MAURER Thomas / SOLLBERGEr Jürg, Kommen-
tierte Textausgabe zur Schweizerischen Strafprozessordnung,
Berne 2008
282

GOMIEN Donna / HARRIS David / ZWAAK Leo, Law and practice of
the European convention on human rights and the European
social charter, Strasbourg 1996
GOMM Peter / STEIN Peter / ZEHNTNER Dominik, Kommentar zum
Opferhilfegesetz, Berne 1995
GRAF Titus, Effiziente Verteidigung im Rechtsmittelverfahren. Dar-
gestellte anhand zürcherischer Berufung und Nichtigkeits-
beschwerde, Zurich 2000 (Zürcher Studien zum Verfahrens-
recht vol. 116)
GREINER Georges, «Akkusationsprinizip und Wirtschaftsstrafsachen»,
RPS 123 (2005) 120
GUICHARD Serge / BUISSON Jacques, Procédure pénale, Paris 2000
HABSCHEID Walther, Schweizerisches Zivilprozess- und Gerichts-
organisationsrecht, 2e éd., Bâle/Francfort 1990
HAEFLIGER Arthur / SCHÜRMANN Frank, Die Europäische Menschen-
rechtskonvention und die Schweiz: Die Bedeutung der Kon-
vention für die schweizerische Rechtspraxis, 2e éd., Berne 1999
HÄFELIN Ulrich / HALLER Walther, Schweizerisches Bundesstaats-
recht: Die neue Bundesverfassung, 6e éd., Zurich 2005
HAEFELIN Walter, Die amtliche Verteidigung im schweizerischen
Strafprozess, Zurich 2010
HALLER Klaus / CONZEN Klaus, Das Strafverfahren: Eine systema-
tische Darstellung mit Originalakten und Fallbeispielen, 4e éd.,
Heidelberg 2006
HANSJAKOB Thomas, BÜPF/VÜPF: Kommentar zum Bundesgesetz
und zur Verordnung über die Überwachung des Post- und
Fernmeldeverkehrs, St-Gall 2002
HAURI Max / TAG Brigitte, Schweizerische Strafprozessordnung, Aus-
gewählte Aspekte aus Zürcher Sicht, Zurich 2010
HAUSER Robert, Der Zeugenbeweis im Strafprozess unter Berück-
sichtigung des Zivilprozesses, Zurich 1974
HAUSER Robert / SCHWERI Erhard / HARTMANN Karl, Schweizerisches
Strafprozessrecht, 6e éd., Bâle/Genève/Munich 2005
HAUSER Willy / HAUSER Robert, Erläuterungen zum Gerichtsverfas-
sungsgesetz des Kantons Zürich, Zurich 1978
HEER Marianne / SCHOBI Christian, Gericht und Expertise / La justice
et l’expertise, Berne 2005
283

HEER Marianne et al., La justice et l’expertise, Berne 2005 (Fondation
pour la formation continue des juges suisses, vol. 6)
HEER Marianne et al., L’enfant dans le procès pénal et le procès civil,
Berne 2002 (Fondation pour la formation continue des juges
suisses, vol. 4)
HERGÉ, Le sceptre d’Ottokar, Bruxelles (1947)
HEMMER Karl Edmund, Strafprozessrecht, 6e éd., Würzburg 2004
HÜRLIMANN Cornelia, Die Eröffnung einer Strafuntersuchung im
ordentlichen Verfahren gegen Erwachsene im Kanton Zürich:
unter Berücksichtigung des Entwurfs zu einer Schweizerischen
Strafprozessordnung, thèse Zurich 2006 (Zürcher Studien zum
Verfahrensrecht, vol. 148)
JAGGI Emanuel, Die prototypische Absprache: Legitimität im Lichte
des Strafzumessungsrechts, thèse Berne 2006
JOSITSCH Daniel, Grundriss des schweizerischen Strafprozessrechts,
Zurich, 2009
KAUFMANN Martin, Beweisführung und Beweiswürdigung, Tatsachen-
festellung im schweizerischen Zivil-, Straf- und Verwaltungs-
prozess, Zurich 2009
KIENER Regina / KÄLIN Walter, Grundrechte, Berne 2007
KLEY Andreas, «Zeugenschutz im internationalen Recht», PJA 2000
177
KOLLY Gilbert, Le pourvoi en nullité à la Cour de cassation pénale
du Tribunal fédéral: un aperçu de la pratique, Berne 2004
KOLLY Gilbert, «Anordnung der Beugehaft: Entscheid über eine straf-
rechtliche Anklage im Sinne der EMRK?», RFJ 1992 27
KOLLY Gilbert, «Zum Verschlechterungsgebot im schweizerischen
Strafprozess», RPS 112 (1995) 294
KOUMBARAKIS Zinon, Die Kronzeugenregelung im schweizerischen
Strafprozess de lege ferenda, thèse Zurich 2006
KUHN André, «La médiation pénale», JdT 2002 I 99
KUHN André, «Le plea bargaining américain est-il propre à inspirer le
législateur suisse?», RPS 116 (1998) 73
KUHN André / PERRIER Camille, «Le Projet de Code de procédure
pénale unifiée et son incidence sur les organisations cantonales»,
RPS 125 (2007) 250
284

KÜHNE Hans-Heiner, Strafprozessrecht: eine systematische Darstel-
lung des deutschen und europäischen Strafverfahrensrechts,
7e éd., Heidelberg 2007
KÜNG Manfred, Handkommentar zur Zürcher Strafprozessordnung,
Berne 2005
LARGUIER Jean, La procédure pénale, 13e éd., Paris 2007
LENTJES Meili Christiane, Zur Stellung der Banken in der Zürcher
Strafuntersuchung: Insbesondere bei Bankabfragen und
Beschlagnahmungen, thèse Zurich 1996 (Schweizer Schriften
zum Bankrecht, vol. 41)
LOBSIGER Adrian, «Verbrechensbekämpfung» durch den Bund?, thèse
Bâle, Berne 1999
MACALUSO Alain, «Quelques aspects procéduraux de la responsabilité
pénale de l’entreprise», RPS 123 (2005) 79 ss
MAURER Thomas, «Opferhilfe zwischen Anspruch und Wirklichkeit»,
RJB 136 (2000) 305
MAURER Thomas, Das Bernische Strafverfahren, 2e éd., Berne 2003
MEIER Isaak, «Bundesanwaltsgesetz: Probleme in der Praxis», Plädoyer
5/2000 30
MEIER Marcel, Strafrechtliche Unternehmenshaftung: Einführung in der
Schweiz unter Berücksichtigung prozessualer Folgeprobleme
im Konzern, thèse Zurich 2006
MEISTER Frank, L’autorité de poursuite et le classement pour des
raisons d’opportunité en procédure pénale: Etude des droits
français, allemand et suisse (droit fédéral et droit vaudois),
thèse Lausanne 199
Mélanges Bolle ZEN-RUFFINEN Piermarco, Du monde pénal: droit
pénal, criminologie et politique criminelle, police et exécution
des sanctions, procédure pénale: Mélanges en l’honneur de
Pierre-Henri Bolle, Bâle 2006
Mélanges 125 Jahre Kassationsgericht des Kantons Zürich, DONATSCH
Andreas et al., Festschrift 125 Jahre Kassationsgericht des
Kantons Zürich, Zurich 2000
Mélanges Pfenninger 1 Strafprozess und Rechtsstaat: Festschrift zum
70. Geburtstag von Hans Felix Pfenninger, Zurich 1956
Mélanges Pfenninger 2 Probleme des schweizerischen Strafprozess-
rechtes, Ausgewählte Aufsätze von Hans Felix Pfenninger:
Festgabe zum 80. Geburtstag des Verfassers, Zurich 1966
285

Mélanges Rehberg DONATSCH Andreas / Schmid Niklaus, Strafrecht
und Öffentlichkeit: Festschrift zum 65. Geburtstag von Jörg
Rehberg, Zurich 1996
Mélanges Ricklin NIGGLI Marcel Alexander et al. (éd.) Festschrift für
Franz Riklin: Zur Emeritierung und zugleich dem 67. Geburts-
tag, Zurich 2007
Mélanges SSDP GAUTHIER Jean / MARTY Dick / SCHMID Niklaus,
Problèmes actuels de la lutte contre la criminalité, Aktuelle
Probleme der Kriminalitätsbekämpfung: Festschrift zum
50-jährigen Bestehen der Schweizerischen Kriminalistischen
Gesellschaft, Berne 1992 (et RPS 110 [1992])
Mélanges SCHMID ACKERMANN Jürg-Beat, Strafrecht als Heraus-
forderung: Zur Emeritierung von Professor Niklaus Schmid,
Zurich 1999
Mélanges STOUDMANN KASSER Amédée et al. (éd.), L’avocat et le
juge face au droit pénal: Mélanges offerts à Eric Stoudmann,
Zurich 2005
Mélanges Trechsel DONATSCH Andreas / FORSTER Marc /
SCHWARZENEGGER Christian, Strafrecht, Strafprozessrecht
und Menschenrechte: Festschrift für Stefan Trechsel zum
65. Geburtstag, Zurich 2002
Message CPC Message relatif au Code de procédure civile suisse
(CPC), du 28 juin 2006, FF 2006 6841
Message CPP Message relatif à l’unification du droit de la procédure
pénale, du 21 décembre 2005, FF 2006 1057
Message OJF Message concernant la révision totale de l’organisation
judiciaire fédérale, du 28 février 2001, FF 2001 4000 ss
Message PG CP Message relatif à la modification du code pénal
suisse (Dispositions générales, introduction et application de la
loi pénale) et du code pénal militaire et à la loi fédérale sur le
droit pénal des mineurs, du 21 septembre 1998, FF 1999 1979 ss
METTLER Christoph, «Verteidigung vor dem Haftrichter notwendig»,
Plädoyer 1/2000 28
MEYER Jacques, «Le projet de Code de procédure pénale suisse: Inquié-
tude des justiciables et de leurs défenseurs», Revue de l’avocat
10/2006 373
MEYER-LADEWIG Jens, Konvention zum Schutz der Menschenrechte
und Grundfreiheiten: Handkommentar, 2e éd., Baden-Baden
2006
286

MIESCHER Martin, Die List in der Strafverfolgung, Berne 2008
MÜLLER Hansruedi, «Das Rechtshilfekonkordat in der Praxis»,
RPS 115 (1997) 3
MÜLLER Jörg Paul, Grundrechte in der Schweiz: Im Rahmen der
Bundesverfassung von 1999, der Uno-Pakte und der EMRK,
3e éd., Berne 1999
MÜLLER Jürg, Der Grundsatz der freien Beweiswürdigung im Straf-
prozess (nach den Strafprozessordnungen des Bundes und des
Kantons Zürich), thèse Zurich 1992.
MÜLLER Peter, «Revision des Allgemeinen Teils des StGB und Verein-
heitlichung des Strafprozessrechts: Themen, Kontroversen, Zeit-
pläne», Recht 1997 190
MÜLLER Peter, «Effektivität und Effizienz in der Strafverfolgung»,
RPS 116 (1998) 273
MÜLLER-HASLER Elisabeth, Die Verteidigungsrechte im zürcherischen
Strafprozess, insbesondere deren zeitlicher Geltungsbereich,
unter dem Aspekt des fairen Verfahrens, thèse Zurich 1998
MURBACH Christian / BOCQUET Martine, «La détention provisoire au
regard de la jurisprudence actuelle et du futur Code de procé-
dure pénale suisse», SJ 129 (2007) 1
NÄPFLI Philipp, Das Protokoll im Strafprozess: unter besonderer
Berücksichtigung des Entwurfs zur Schweizerischen Strafprozess-
ordnung und der Zürcher Strafprozessordnung, thèse Zurich
2007
NATTERER Judith, Die Verwertbarkeit von Zufallsfunden aus der
Telefonüberwachung im Strafverfahren: Eine kritische Betracht-
ung des schweizerischen und deutschen Umgangs mit Ergebnis-
sen heimlicher strafprozessualer Überwachungsmassnahmen,
thèse Bâle, Berne 2001
NIGGLI Marcel / UEBERSAX Peter / WIPRÄCHTIGER Hans, Basler Kom-
mentar Bundesgerichtsgesetz, Bâle 2007
NIGGLI Marcel / WIPRÄCHTIGER Hans, Basler Kommentar Strafrecht
I: Art. 1-110 StGB, Jugendstrafgesetz, 2e éd., Bâle 2007 BSK
Strafrecht II, Basler Kommentar Strafrecht II: Art. 111-401
StGB, 2e éd., Bâle 2007
NIGGLI Marcel et al. (éd.), Justice pénale et Etat de droit: Symposium
pour le 60e anniversaire de Franz Riklin et de José Hurtado
Pozo, Zurich 2003
NIGGLI Marcel Alexander, StGB/StPO, Schweizerisches Strafgesetz-
buch, Strafprozessordnung und Nebenerlasse, Bâle 2009
287

NIGGLI Marcel Alexander / HEER Marianne / WIPRÄCHTIGER Hans,
Schweizerische Strafprozessordnung / Schweizerische Jugend-
strafprozessordung, Basler Kommentar StPO/JStPO, Bâle, 2010
OBERHOLZER Niklaus, «Informelle Absprachen im Strafverfahren»,
PJA 1992 7
OBERHOLZER Niklaus, «Absprachen im Strafverfahren – Pragmatische
Entlastungsstrategie oder Abkehr vom strafprozessualen
Modell?», RPS 111 (1993) 157
OBERHOLZER Niklaus, Grundzüge des Strafprozessrechts: Dargestellt
am Beispiel des Kantons St. Gallen, 2e éd., Berne 2005
OFFICE FÉDERAL DE LA JUSTICE, De 29 à l’unité: Auditions sur le
rapport de la Commission d’experts «Unification de la procé-
dure pénale», Procès-verbaux et prises de position écrites, Berne,
juillet 1998
OFFICE FÉDERAL DE LA JUSTICE, Synthèse des résultats de la procédure
de consultation relative aux avant-projets de code de procédure
pénale suisse et de loi fédérale régissant la procédure pénale
applicable aux mineurs, Berne, février 2003
OFFICE FÉDÉRAL DE LA JUSTICE, Commentaire du 22 août 2007 des
modifications apportées au projet du Conseil fédéral de procé-
dure pénale applicable aux mineurs (PPMin) du 21 décembre
2005, Berne 2007
OVEY Clare / WHITE Robin, Jacobs and White, The European Conven-
tion on human rights, 4e éd., Oxford 2006
PAJAROLA Umberto, Gewalt im Verhör zur Rettung von Menschen,
Berne 2007
PAYCHÈRE François, «Privation de liberté et pouvoirs du juge d’appel:
vers un conflit entre la CEDH et le nouveau CPP suisse?»,
SJ 2009, 293-319
PERRIER Camille / VUILLE Joëlle, Procédure pénale suisse, tables pour
les études et la pratique, Bâle 2010
PERRIN Michel, Introduction à la procédure pénale valaisanne, 3e éd.,
Martigny 1996
PETTITI Louis-Edmond / DECAUX Emmanuel / IMBERT Pierre-Henri,
La Convention européenne des droits de l’homme: Commentaire
article par article, 2e éd., Paris 1999
PIETH Mark, Schweizerisches Strafprozessrecht, Bâle 2009
PFISTER-LIECHTI Renate et al., La procédure pénale fédérale, Fonda-
tion pour la formation continue des juges suisses, Berne 2010
288

PILLER Damien / POCHON Claude, Commentaire du Code de procé-
dure pénale du canton de Fribourg du 14 novembre 1996,
Fribourg 1998
PIQUEREZ Gérard, Traité de procédure pénale bernoise et jurassienne,
2 vol., Neuchâtel 1983-1984
PIQUEREZ Gérard, «L’avenir de la procédure pénale en Suisse», RPS 109
(1992) 366
PIQUEREZ Gérard, Commentaire du code de procédure pénale juras-
sien du 13 décembre 1990, t. I: art. 1-247, Fribourg 1993
PIQUEREZ Gérard, Précis de procédure pénale suisse, 2e éd., Lausanne
1994
PIQUEREZ Gérard, Procédure pénale bernoise, 2 vol., Neuchâtel
2002-2003
PIQUEREZ Gérard, Traité de procédure pénale suisse, 2e éd., Zurich 2006
PIQUEREZ Gérard, Procédure pénale bernoise, 2 vol., 2e éd., Porrentruy
2006
PIQUEREZ Gérard, Procédure pénale suisse: Manuel, 2e éd., Zurich 2007
POLDENA Tomas, Praxis zur Europäischen Menschenrechtskonvention
(EMRK) aus schweizerischer Sicht, Zurich 1993
PONCET Dominique, Le nouveau Code de procédure pénale genevois
annoté, Genève 1978
PONCET Dominique, «Le système accusatoire dans la pratique: Essai
de comparaison: Etats-Unis, Italie et Suisse», Rep. 1994 n° 1
PORTMANN Urs, La nouvelle loi sur le Tribunal fédéral: Travaux de
la journée d’étude organisée à l’Université de Lausanne le
5 octobre 2006, Lausanne 2007 (CEDIDAC n° 71)
PRADEL Jean, Procédure pénale, 13e éd., Paris 2006
Rapport CPP OFFICE FÉDÉRAL DE LA JUSTICE, Rapport expli-
catif relatif à l’avant-projet d’un code de procédure pénale suisse,
Berne, juin 2001
Rapport LOAP OFFICE FÉDÉRAL DE LA JUSTICE, Rapport
explicatif relatif à l’avant-projet du 21.09.2007 de loi fédérale
sur l’organisation des autorités pénales de la Confédération
(loi sur l’organisation des autorités pénales, LOAP), Berne,
septembre 2007
Rapport PPMin OFFICE FÉDÉRAL DE LA JUSTICE, Rapport
explicatif relatif à l’avant-projet de la Loi fédérale sur la procé-
dure pénale applicable aux mineurs, Berne, juin 2001
289

Rapport intermédiaire de la commission d’experts chargée de réviser
la loi fédérale sur l’aide aux victimes d’infractions: Avis et
propositions relatifs à l’avant-projet de code de procédure
pénale suisse, du 5 février 2001
REHBERG Jörg, «Prozessfähigkeit» des Beschuldigten im Strafver-
fahren, in I. Meier / H.M. Riemer / P. Weimar, Recht und
Rechtsdurchsetzung: Festschrift für Hans Ulrich Walder zum
65. Geburtstag, Zurich 1994, 243 ss
REHBERG Jörg / HOHL Markus, Die Revision des Zürcher Strafprozess-
rechts von 1991, Zurich 1992
REY Grégoire, Procédure pénale genevoise et règles fédérales appli-
cables: Annotations et commentaires, Bâle 2005
RIKLIN Franz, Zu den Auswirkungen einer eidgenössisch vereinheit-
lichten Strafprozessordnung auf die kantonale Behörden-
organisation, in Solothurnischer Juristenverein (éd.), Solothurner
Festgabe zum schweizerischen Juristentag 1998, Soleure 1998,
641 ss
RIKLIN Franz, «Die neue Freiburger Strafprozessordnung vom
14.11.1996», RPS 117 (1999) 27
RIKLIN Franz, Médiation: une voie à suivre dans la justice pénale,
Lucerne 2001
RIKLIN Franz, StPO Kommentar Eidgenössische Strafprozessordnung,
Zurich 2010
ROBERT Christian-Nils / STRÄULI Bernhard, Procédure pénale, droit
pénal international, entraide pénale: Etudes en l’honneur de
Dominique Poncet, Chêne-Bourg 1997
ROHMER Sandrine, Spécificités des données génétiques et protection
de la sphère privée, thèse, Zurich, 2006
ROTH Robert / KELLERHALS Christophe / LEROY David / MATHEY
Joëlle, La protection de la victime dans la procédure pénale:
Rapport d’évaluation rédigé sur mandat de l’Office fédéral de
la justice, Genève/Berne 1997
RUCKSTUHL Niklaus, «Die revidierte Strafprozessordnung des Kantons
Basel- Land vom 3. Juni 1999», RPS 118 (2000) 424
RUCKSTUHL Niklaus, «514 Gesetzesartikel als Mogelpackung»,
Plädoyer 19 (2001) 21 ss
RUCKSTUHL Niklaus, «Das Strafverfahren nach dem Vorentwurf zu
einer eidgenössischen Strafprozessordung vom Juni 2001»,
Revue de l’avocat 5/2002 1 ss
290

RUSCA Michele / SALMINA Edy / VERDA Carlo, Commento del Codice
di procedura penale ticinese, Lugano 1997
SALVIONI Niccolo, Codice die Procedura penale della Repubblica e
Cantone del Ticino, annotato con estratti dai lavori legislativi
preparatori, Bellinzona 1999
SCHEIDEGGER Alexandra, Minderjährige als Zeugen und Auskunfts-
personen im Strafverfahren: unter besonderer Berücksichtig-
ung der für das Strafverfahren relevanten psychologischen
Aspekte, thèse Zurich 2006
SCHINDLER Benjamin et al., Auf dem Weg zu einem einheitlichen Ver-
fahren, Zurich 2001
SCHLEIMINGER Dorrit, Konfrontation im Strafprozess: Art. 6 Ziff. 3 lit. d
EMRK mit besonderer Berücksichtigung des Verhältnisses zum
Opferschutz im Bereich von Sexualdelikten gegen Minder-
jährige, thèse Fribourg 2000, Bâle 2001
SCHMID Niklaus, «Zur Auskunftsperson, insbesondere nach zürcheri-
schem Prozessrecht», RPS 110 (1994) 87
SCHMID Niklaus «Anwalt der ersten Stunde»: Zu den Lösungsvor-
schlägen des Vorentwurfs für eine Schweizerische Strafprozes-
sordnung vom Juni 2001, in Mélanges Trechsel, 745 ss
SCHMID Niklaus, «Strafbarkeit des Unternehmens: Die prozessuale
Seite», Recht 2003 203 ss
SCHMID Niklaus, Strafprozessrecht: Eine Einführung auf der Grund-
lage des Strafprozessrechtes des Kantons Zürich und des Bundes,
4e éd., Zurich 2004
SCHMID Niklaus / Ackermann Jürg-Beat, Wiedererlangung widerrecht-
lich entzogener Vermögenswerte mit Instrumenten des Straf-,
Zivil-, Vollstreckungs- und internationalen Recht, Zurich 1999
(Europa Institut Zürich, vol. 25)
SCHMID Niklaus, Kommentar Einziehung, organisiertes Verbrechen,
Geldwäscherei: vol. I, 2e éd., Zurich 2007; vol II, Zurich 2002
SCHMID Niklaus, Schweizerische Strafprozessordnung, Zurich, 2009a
SCHMID Niklaus, Handbuch des schweizerischen Strafprozessrechts,
Zurich 2009
SCHUBARTH Martin, «Anrechnung von Untersuchungshaft auf eine aus-
gesprochene Strafe oder Entschädigung für ungerechtfertigte
Untersuchungshaft», RPS 116 (1998) 112
SCHURMANN Frank, «Der Entwurf für eine Schweizerische Strafprozes-
sordnung und die EMRK: Ausgewählte Fragen», in L’atelier du
291

droit: Mélanges en l’honneur de Heinrich Koller à l’occasion
de son 64e anniversaire, Bâle 2006, 269 ss
SCHWANDER Daniel, «Plea Bargaining als ‘abgekürztes Verfahren’
im Entwurf für eine Schweizerische Strafprozessordnung»,
RSJ 103 (2007) 142
SCHWERI Erhard / BÄNZIGER Felix, Interkantonale Gerichtsstands-
bestimmung in Strafsachen, 2e éd., Berne 2004
SEILER Hansjörg / Von Werdt Nicolas / Gungerich Andreas, Bundes-
gerichtsgesetz (BGG): Bundesgesetz über das Bundesgericht,
Handkommentar, Berne 2007
SEILER Stefan, Strafprozessrecht, 8e éd., Vienne 2006
SPÜHLER Karl / DOLGE Annette / VOCK Dominik, Kurzkommentar
zum Bundesgerichtsgesetz (BGG), St- Gall 2006
STAUB Peter, Kommentar zum Strafverfahren des Kantons Bern:
Gesetz vom 20. Mai 1928 und seine bisherigen Änderungen,
Berne et al. 1992
STRATENWERTH Günter, Schweizerisches Strafrecht, Allgemeiner Teil I,
2e éd., Berne 1996
SUDRE Frédéric, La Convention européenne des droits de l’homme,
6e éd., Paris 2004
THÜRER Daniel, EMRK: Neuere Entwicklungen, Zurich 2005
TOPHINKE Esther, Das Grundrecht der Unschuldsvermutung: Aus
historischer Sicht und im Lichte der Praxis des schweize-
rischen Bundesgerichts, der EMRK-Organe und des UNO
Menschenrechtsausschusses, thèse Berne 1999, Berne 2000
TRECHSEL Stefan, Human Rights in Criminal Proceedings, Oxford
2005 (The Collected Courses of the Academy of European
Law, vol. 12/3) 2006
TRECHSEL Stefan, Schweizerisches Strafgesetzbuch, Kurzkommentar,
2e éd., Zurich 1997
TSCHANNEN Pierre, Staatsrecht der Schweizerischen Eidgenossen-
schaft, 2e éd., Berne 2007
VERNIORY Jean-Marc, Les droits de la défense dans les phases pré-
liminaires du procès pénal, thèse Genève 2004, Berne 2005
VILLIGER Mark, Handbuch der Europäischen Menschenrechtskonven-
tion (EMRK): Unter besonderer Berücksichtigung der schweize-
rischen Rechtslage, 2e éd., Zurich 1999
292

VIREDAZ Baptiste, Les principes régissant l’exécution des peines
privatives de liberté (art. 74 et 75 al. 1 CP), Zurich, 2009
VOGEL Oscar, Grundriss des Zivilprozessrechts, 5e éd., Berne 1999
VOGEL Susanne, Die Auskunftsperson im Zürcher Strafprozessrecht,
thèse Zurich 1999 (Zürcher Studien zum Verfahrensrecht,
vol. 112)
WALDER-RICHLI Hans-Ulrich, Zivilprozessrecht, 4e éd., Zurich 1996
WEHRENBERG Stefan / MARTIN Jean-Daniel / FLACHMANN Stefan /
BERTSCHI Martin / SCHMID Stefan, Kommentar zum Militär-
strafprozess / Commentaire de la Procédure pénale militaire,
Zurich 2008
WEIBEL Ernest et al., Unification de la procédure pénale, fédéralisme
et organisation judiciaire: Actes du Colloque organisé le
4 avril 2003 à Neuchâtel en collaboration avec l’Institut de
Science politique et les pénalistes de l’Université de Neuchâtel,
Fribourg/Bâle 2003 (Publications de l’Institut du fédéralisme
Fribourg Suisse: Etudes et colloques, vol. 23)
WICKI Franz, «Die Schweizerische Strafprozessordnung aus der Sicht
des Gesetzgebers», RPS 125 (2007) 219
WOLFFERS Beat, «Das Schuldinterlokut in der Schweiz, insbesondere
im Kanton Bern», RPS 117 (1999) 215
ZALUNARDO-WALSER Roberto, Verdeckte kriminalpolizeiliche Ermitt-
lungsmassnahmen unter besonderer Berücksichtigung der Obser-
vation, thèse Zurich 1998
ZERMATTEN Jean, «Réflexions sur la réalité de la justice des mineurs
et la séparation des fonctions judiciaires», RPS 107 (1990) 367
ZERMATTEN Jean, «De quelques caractéristiques de l’intervention
judiciaire face aux mineurs délinquants», RVJ 30 (1996) 197

________
293

TABLE DES MATIÈRES

I. INTRODUCTION ......................................................................... 251

II. LES MÉSAVENTURES DE MUSKAR XIII ..................................... 252

III. LES PREMIÈRES OPÉRATIONS DE LA POLICE JUDICIAIRE ............ 253
A. L’arrestation ....................................................................... 253
B. Les conséquences de l’arrestation ...................................... 253
C. Le droit à la défense ........................................................... 256
D. L’avocat de la première heure ............................................ 257

IV. LES MESURES DE CONTRAINTE ................................................. 259
A. Les faits .............................................................................. 259
B. L’établissement d’un profil d’ADN ................................... 260
C. L’effacement du profil d’ADN........................................... 261
D. Les données signalétiques .................................................. 262
E. Le recours et la conservation des données ......................... 263

V. LE CONTRÔLE DE LA DÉTENTION .............................................. 263
A. Les délais............................................................................ 263
B. L’accès au dossier .............................................................. 265
C. La demande de mise en liberté ........................................... 266

VI. LA PHASE DES DÉBATS .............................................................. 269
A. L’acte d’accusation ............................................................ 269
B. Le classement ..................................................................... 270
C. La procédure simplifiée ...................................................... 272
D. La procédure ordinaire ....................................................... 273
1. Les préliminaires à l’audience de jugement ................. 274
2. Le déroulement de l’audience de jugement .................. 275

VI. CONCLUSION ............................................................................ 276

BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE ............................................................... 278

________