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Université de Marne la Vallée Maîtrise de Physique et Applications Option Matériaux

Les Matériaux métalliques

de Physique et Applications Option Matériaux Les Matériaux métalliques J Ruste EDF R & D Les

J Ruste EDF R & D Les Renardières

de Physique et Applications Option Matériaux Les Matériaux métalliques J Ruste EDF R & D Les

Les matériaux métalliques

Introduction : qu’est-ce qu’un métal ? I – Quelques rappels sur les métaux

- Propriétés des métaux

- Structures

- électroniques

- cristallographiques

- Contraintes et déformations

II

– Elaboration des métaux

- un peu d’histoire (« archéo-métallurgie »)

- introduction à la sidérurgie (élaboration des fontes et aciers)

- élaboration de l’aluminium

III

– Rappels sur les diagrammes de phases

IV - Le diagramme Fer-Carbone

V – Les alliages ferreux (aciers)

VI - Les aciers inoxydables VII – Les alliages Fe-Ni

VIII - Les alliages non ferreux

IX

– Les traitements thermiques

X

– Oxydation et corrosion

XI

– Microstructure et comportement mécanique

XII - Techniques de caractérisations mécaniques Visite d’un laboratoire de métallurgie

BIBLIOGRAPHIE

Physique du solide ! - C. KITTEL - Physique de l’état solide - Dunod- 5ème édition - 1983

- M. BROUSSEAU - Physique du solide, Propriétés électroniques - Masson -1992

- J. CAZAUX - Initiation à la physique du solide , exercices commentés - Masson 1994

Dislocations ! - W. T. READ - Les dislocations dans les cristaux - Dunod 1957

- D. HULL - Introduction to dislocations - Pergamon Press - 1968

Matériaux ! - M.F. ASHBY, D.R.H. JONES - Matériaux - Dunod 1996 tome 1 Propriétés et applications tome 2 Microstructure et mise en forme

Métallurgie

- G. CHAUSSIN, G. HILLY - Métallurgie - Dunod 1966 Tome 1 alliages métalliques Tome 2 élaboration des métaux-

- B. CHALMERS - Métallurgie physique - Dunod 1963

! - J. PHILIBERT, A. VIGNES, Y. BRECHET, P. COMBRADE - Métallurgie du minerai au matériau - Masson 1998 ! - J. BARRALIS, G. MAEDER - Précis de Métallurgie - AFNOR-Nathan - 1993

INTRODUCTION

QU’EST-CE QU’UN METAL ?

C’est un élément qui possède :

- un éclat particulier (« l’éclat métallique »)

- une bonne conductibilité thermique et électrique

») - une bonne conductibilité thermique et électrique structure électronique le diamant conduit bien la chaleur

structure électronique

le diamant conduit bien la chaleur mais pas l’électricité le graphite est un bon conducteur électrique mais pas de la chaleur la pyrite de fer a un éclat métallique… mais ce ne sont pas des métaux !

- de bonnes propriétés mécaniques :

- dureté

- ténacité (résistance au déchirement)

- malléabilité

- ductilité (étirable)

- éléments électropositifs, formant avec l’oxygène un ou plusieurs oxydes basiques (difficulté d’obtenir des métaux purs à l’état naturel)

Les différentes classes de métaux :

1)

les métaux « nobles » (Au, Ag, Pt) peu réactifs (non-oxydables) se rencontrent à l’état « natif » (pur) dans la nature

2)

les métaux alcalins (Na, K,…) et alcalino-terreux (Mg, Ca ) très réactifs (en particulier avec les gaz halogènes) remplissage des niveaux s

3)

les métaux de transitions (Ti, Fe, Ni…) remplissage des bandes d et chevauchement avec sp

4)

Terres rares (lanthanides)(La, Ce…) et actinides (Th, U, Pu,…) remplissages des couches f

Les métaux et Mendeleïev

non-métaux

Les métaux et Mendeleïev non-métaux s d p métaux de transition métaux f gaz halogènes gaz
s d p métaux de transition métaux f
s
d
p
métaux de
transition
métaux
f

gaz halogènes

s d p métaux de transition métaux f gaz halogènes gaz rares métaux alcalins métaux alcalino-terreux

gaz rares

métaux

alcalins

métaux f gaz halogènes gaz rares métaux alcalins métaux alcalino-terreux t e r r e s

métaux

alcalino-terreux

terres rares (lanthanides)

actinides

les métaux sont majoritaires

Origine des gisements métalliques terrestres

en 5 étapes…

1ère étape : le « big-bang » : -13,8 milliards d’années (environ…)

nucléosynthèse primordiale (1 à 10.000 secondes) :

formation du H 1 , D 2 , He 3 , He 4 et Li 7

2ème étape : évolution stellaire (-10 milliards d’années)

Soleil H
Soleil
H
évolution stellaire (- 10 milliards d’années ) Soleil H 7 (10 °C) 10 (10 ans) H
évolution stellaire (- 10 milliards d’années ) Soleil H 7 (10 °C) 10 (10 ans) H

7

(10 °C)

10

(10 ans)

H → He 8 (10 °C) 8 (10 ans)
H → He
8
(10 °C)
8
(10 ans)

étoiles de taille moyenne (<1,5 Ms)

7

étoile de grande taille (M>1,5Ms)

(>1,5 M)

H

étoiles massives

exemple : M=25

6 7 10 ans H → He He → C Si → Fe
6
7 10 ans
H → He
He → C
Si → Fe
exemple : M=25 6 7 10 ans H → He He → C Si → Fe
exemple : M=25 6 7 10 ans H → He He → C Si → Fe
exemple : M=25 6 7 10 ans H → He He → C Si → Fe

500 000 ans

C Ne, O, Si, Na, Mg, Al, P, S

1 jour

C+O

600 ans

9

(5 10

°C)

O+Ne H Fe Si+S
O+Ne
H
Fe
Si+S

structure en “pelure d’oignon”

super-novae

H Fe Si+S structure en “pelure d’oignon” super-novae He formation des éléments lourds par capture de

He

formation des éléments lourds par capture de neutrons

He formation des éléments lourds par capture de neutrons nuages interstellaire M<6Ms naine blanche M>8Ms

nuages interstellaire

M<6Ms

par capture de neutrons nuages interstellaire M<6Ms naine blanche M>8Ms étoile à trou noir n eut

naine blanche

M>8Ms étoile à trou noir
M>8Ms
étoile à
trou noir

neutrons

neutrons nuages interstellaire M<6Ms naine blanche M>8Ms étoile à trou noir n eut rons systèmes stellaires

systèmes stellaires

8

9

9

3ème étape : formation de la terre par accrétion (100 millions d’années)

agglomération

accrétion

accrétion

poussières (Si, O, Fe…)

accrétion accrétion poussières (Si, O, Fe…) chondrites astéroïdes démixtion métal-silicate planètes

chondrites

accrétion accrétion poussières (Si, O, Fe…) chondrites astéroïdes démixtion métal-silicate planètes démixtion

astéroïdes

démixtion

métal-silicate

O, Fe…) chondrites astéroïdes démixtion métal-silicate planètes démixtion métal-silicate achondrite chondrite

planètes

démixtion

métal-silicate

métal-silicate planètes démixtion métal-silicate achondrite chondrite petites billes (chondres) d’olivine
métal-silicate planètes démixtion métal-silicate achondrite chondrite petites billes (chondres) d’olivine
métal-silicate planètes démixtion métal-silicate achondrite chondrite petites billes (chondres) d’olivine
métal-silicate planètes démixtion métal-silicate achondrite chondrite petites billes (chondres) d’olivine

achondrite

planètes démixtion métal-silicate achondrite chondrite petites billes (chondres) d’olivine et de
planètes démixtion métal-silicate achondrite chondrite petites billes (chondres) d’olivine et de

chondrite

petites billes (chondres) d’olivine et de pyroxènes (silicates de Fe et de Mg) dans une matrice de silicate

fragment du manteau (silicates)

sidérite

fragment du noyau

(alliage de Fe-Ni)

10

Les métaux lourds se rassemblent au centre, les éléments légers vers la surface…

Les métaux lourds se rassemblent au centre, les éléments légers vers la surface… structure de la

structure de la Terre

4ème étape : bombardement météoritique (<1 milliard d’années)

(<2%)
(<2%)

Le bombardement par des météorites va enrichir la surface de la terre par des métaux lourds

d’années ) (<2%) Le bombardement par des météorites va enrichir la surface de la terre par

12

5ème étape : formation de gisements métallifères (des millions d’années)

dissolution (eau) !!!!

transport !!!!

Ressources métallifères

précipitation

!!!!

filons et gisements métallifères

État natif : Au, Cu(5%) Ag Pt (métaux nobles, peu oxydables)

sidéral (météorites) : Fe, Fe-Ni (rares)

Minerais :

- Oxydes Fe2O3 (hématite) Fe304 (magnétite) AlO-OH (bauxite) Cu2O (cuprite) CuCO3(OH3) (malachite)(15%) FeCr2O4 (chromite) ….

- Sulfures Cu2S (chalcocite) CuFeS2 (chalcopyrite)(80%) ZnS (blende) Fe2S (pyrite) PbS (galène) HgS (cinabre)…

I - CARACTERISTIQUES

Les échelles

I - CARACTERISTIQUES Les échelles 14

14

Structure électronique

structure de bande métallique :

le niveau de Fermi est à l’intérieur de la bande de conduction

structure de bande dans la théorie de l’électron libre
structure de bande dans la théorie de l’électron libre

les électrons de valence sont libres dans un puit de potentiel

sphère de Fermi

comprise dans la 1ère zone de Brillouin

Pas tout à fait exact… car le potentiel est modulé par les ions

à fait exact… car le potentiel est modulé par les ions 8eV 2s 4eV métaux normaux

8eV

2s
2s

4eV

métaux normaux (alcalins monovalents)

de plus il peut y avoir chevauchement de bandes

métaux normaux (bi et trivalents: Mg, Al…)

de bandes métaux normaux (bi et trivalents: Mg, Al…) pseudo-métaux (très faible recouvrement des bandes) 16

pseudo-métaux (très faible recouvrement des bandes)

métaux de transition

remplissage de la sous couche d et chevauchement avec la sous couche sp

s et p ne forment qu’une seule bande très large (>20eV) alors que la bande
s et p ne forment qu’une seule bande très large (>20eV) alors
que la bande d est plus étroite (5eV)
répartition des électrons entre les sous couches
Fe : 0,9 électron 4s et 7,1 électrons 3d
Cu :
1
électron 4s et 10 électrons 3d

le niveau de Fermi peut être à l’intérieur de 3d (métaux de transition :Cr, Fe, Ni) ou à l’extérieur (Cu)

17

Conséquences :

le ferromagnétisme

Conséquences : le ferromagnétisme   Fe 4s+ 4s- 3d+ 3d- 0,45 0,45 4,7 2,4 dans certains
 

Fe

4s+

4s-

3d+

3d-

0,45

0,45

4,7

2,4

dans certains métaux (Fe, Ni) les bandes d correspondant aux 2 orientations de spin sont décalées, d’où une différence dans le nombre d’électrons avec un excès de spin dans une direction, d’où un magnétisme résultant (métaux ferromagnétiques)

La couleur de certains métaux

La couleur de certains métaux la plupart des métaux sont brillant (réflexion totale de la lumière)

la plupart des métaux sont brillant (réflexion totale de la lumière) d’autres (Cu, Au) présente une couleur résultant d’une absorption de certaines longueurs d’onde) Cette absorption est due aux électrons 3d proches du niveau de Fermi qui peuvent passer dans 4s

Notions de cristallographie

cristal : structure périodique d’atomes ou de molécules à 3 dimensions

réseau :

ensemble périodique de nœuds

à 3 dimensions réseau : ensemble périodique de nœuds c u b i q u e

cubique 2D

hexagonal 2D

maille : plus petite partie du réseau ayant la même symétrie

motif : groupe minimum d’atomes placé en chaque nœud et qui par duplication représente le cristal

Fer : atome de fer… glace : molécule d’eau…

structure B2 (CsCl, FeAl, NiAl…) réseau cubique motif : 2 atomes A-B structure B1 (NaCl,

structure B2 (CsCl, FeAl, NiAl…)

réseau cubique

motif : 2 atomes A-B

(CsCl, FeAl, NiAl…) réseau cubique motif : 2 atomes A-B structure B1 (NaCl, P b S

structure B1

(NaCl, PbS)

réseau cubique centré

motif : 2 atomes A-B

Structures cristallographiques

22
22
[uvw] direction cristallographique <uvw> famille de direction <100> [100] [010] [001]
[uvw] direction cristallographique
<uvw> famille de direction
<100>
[100] [010]
[001]
angle entre les plans (hkl) et (h’k’l’) : hh' + kk' + ll' cos θ=

angle entre les plans (hkl) et (h’k’l’) :

hh' + kk' + ll' cos θ= h 2 + k 2 + l 2
hh'
+
kk' + ll'
cos θ=
h
2
+
k
2
+
l
2
h'
2
+
k'
2
+
l'
2
triclinique
triclinique
triclinique exemple d’indices de Miller cubique plans (001) famille {100} plans (101) famille {110} plans (201)

exemple d’indices de Miller

cubique
cubique

plans (001) famille {100}

plans (101) famille {110}

plans (201) famille {210}

25

Cas de la structure hexagonale

Cas de la structure hexagonale 4 indices de Miller : h, k, i et l avec

4 indices de Miller : h, k, i et l avec i=-(h+k)

plan basal plans pyramidaux I et II
plan basal
plans pyramidaux I et II
4 indices de Miller : h, k, i et l avec i=-(h+k) plan basal plans pyramidaux

plans prismatiques I et II

Structure hexagonale :

définition des différentes familles de plans cristallographiques et des systèmes de glissement

hexagonale : définition des différentes familles de plans cristallographiques et des systèmes de glissement 27

La plupart des métaux cristallisent dans un réseau cubique

La plupart des métaux cristallisent dans un réseau cubique 28
28
28
Pour un métal donné il peut exister plusieurs formes cristallographiques différentes (formes allotropiques) Fe

Pour un métal donné il peut exister plusieurs formes cristallographiques différentes (formes allotropiques)

Feαααα

bcc

912°C

912°C

Feγγγγ

fcc

1394°C

1394°C

Feδδδδ

bcc

1538°C

1538°C

fusion

Fe αααα bcc 912°C Fe γγγγ fcc 1394°C Fe δδδδ bcc 1538°C fusion 29

29

31
32

Le taux de remplissage de l’espace de la structure bcc est de 68% Celui des structures fcc et hc est de 74% (taux maximum) :

ce sont des structures compactes Elles ne différent que par la succession des plans cristallographiques
ce sont des structures compactes
Elles ne différent que par la succession
des plans cristallographiques
33
structure cfc ABCABCABC… observation des différentes familles de plans cristallographiques par « abrasion »
structure cfc ABCABCABC… observation des différentes familles de plans cristallographiques par « abrasion »
structure cfc ABCABCABC… observation des différentes familles de plans cristallographiques par « abrasion »

structure cfc

structure cfc ABCABCABC… observation des différentes familles de plans cristallographiques par « abrasion »

ABCABCABC…

observation des différentes familles de plans cristallographiques par « abrasion » successives selon la direction [111] (cfc) et [001] (hc)

structure hc

ABABAB…

34

cristallographiques par « abrasion » successives selon la direction [111] (cfc) et [001] (hc) structure hc
35

35

diverses formes allotropiques… 36
diverses formes allotropiques… 36

diverses formes allotropiques…

Quelques rappels sur les défauts cristallographiques

défaut :

- échelle macroscopique : défaut d’homogénéité

- échelle atomique : dû à l’absence ou au déplacements d’atomes

ordre 0 (0D) : défaut ponctuel (lacune et interstitiel) ordre 1 (1D) : défaut linéaire (dislocations) ordre 2 (2D) : surface libre, défaut plan… ordre 3 (3D) : ségrégations, cavités, fissures, inclusions …

Les défauts ponctuels

37
37

lacune : site non occupé interstitiel : atome hors d’un site remplacé : atome occupant un autre site que son site originel

38
38
38

38

atome interstitiel de petite taille 39 Lorsque l’atome interstitiel est de grande taille il déforme

atome interstitiel de petite taille

atome interstitiel de petite taille 39 Lorsque l’atome interstitiel est de grande taille il déforme le

39

Lorsque l’atome interstitiel est de grande taille il déforme le réseau et forme avec un atome d’un site un « dumbbell » :

les 2 atomes occupent un site cristallin

défauts ponctuels : diffusion atomique

les différents mécanismes

défauts ponctuels : diffusion atomique les différents mécanismes 40
défauts ponctuels : diffusion atomique les différents mécanismes 40
défauts ponctuels : diffusion atomique les différents mécanismes 40
41
41

Les défauts linéaires : les dislocations

Les défauts linéaires : les dislocations dislocation coin cristal simple cristal parfait cristal imparfait la

dislocation coin

Les défauts linéaires : les dislocations dislocation coin cristal simple cristal parfait cristal imparfait la

cristal simple

: les dislocations dislocation coin cristal simple cristal parfait cristal imparfait la dislocation est

cristal parfait

dislocations dislocation coin cristal simple cristal parfait cristal imparfait la dislocation est définie par son

cristal imparfait

la dislocation est définie par son vecteur de Burgers

42

dislocation vis 43
dislocation vis 43
dislocation vis 43

dislocation vis

dislocation mixte vis pur coin pur ! ! ! ! boucle de dislocation AA’ :

dislocation mixte

dislocation mixte vis pur coin pur ! ! ! ! boucle de dislocation AA’ : coin

vis pur

coin pur

!!!! boucle de dislocation

AA’ : coin A’D’ : vis D’D : coin DA : vis

mixte vis pur coin pur ! ! ! ! boucle de dislocation AA’ : coin A’D’

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dislocation coin dans un cubique faces centrées : la dislocation se devise en 2 dislocations
dislocation coin dans un cubique faces centrées : la dislocation se devise en 2 dislocations

dislocation coin dans un cubique faces centrées :

la dislocation se devise en 2 dislocations partielles

cubique simple :

<100>

3 vecteurs a[100]

(longueur a)

cubique centré :

<111>

cubique faces centrées : <110>

4 vecteurs

6 vecteurs

a

2

a

2

[111]

[110]

(longueur

(longueur

3 a ) 2 1 a ) 2
3
a )
2
1
a )
2

structure hexagonal compacte

45
45

Mouvement des dislocations

mouvement conservatif (sans déplacement de matière) : glissement mouvement non-conservatif (avec déplacement de matière) : montée

1) Glissement (glide)

Sous l’effet d’une contrainte appliquée, la ligne de dislocation peut se déplacer dans un plan (« plan de glissement » ou slip plane) et dans une direction particulière. Les plans de glissement sont généralement des plans de haute densité et les directions, des directions denses.

structure

direction de glissement

plan de

glissement

cfc

<11O>

{111}

bcc

<111>

{110] {112} {123}

hc

<11 22220>

(0001)

quadratique

<001>

{100} {110}

la structure cubique faces centrées possède 4 plans {111} et 3 directions <110> soit 12 systèmes de glissement différents…

dislocation coin : le plan de glissement est défini par le vecteur de Burgers et

dislocation coin :

le plan de glissement est défini par le vecteur de Burgers et la ligne de la dislocation

par le vecteur de Burgers et la ligne de la dislocation dislocation vis : le vecteur

dislocation vis :

le vecteur de Burgers et la ligne de la dislocation étant parallèles, le plan de glissement n’est pas défini la dislocation vis peut glisser librement

pas défini la dislocation vis peut glisser librement Dans le cas d’une dislocation mixte le vecteur

Dans le cas d’une dislocation mixte le vecteur de Burgers peut se décomposer en une composante coin b1 et une composante vis b2

47

2) Le glissement dévié (cross-slip)

2) Le glissement dévié (cross-slip) 3) La montée (climb) La ligne de dislocation xyzw possède des

3) La montée (climb)

2) Le glissement dévié (cross-slip) 3) La montée (climb) La ligne de dislocation xyzw possède des

La ligne de dislocation xyzw possède des composantes coin pures (y et w) et des vis pures (x et z). La dislocation vis n’ayant pas de plan de glissement associé défini, elle peut changer de direction lorsqu’elle rencontre un autre plan de glissement (c et d) C’est le glissement dévié.

déplacement de la dislocation par apport ou perte de matière (par diffusion de lacunes ou d’interstitiels)

Une conséquence peut être l’apparition de crans (jogs) sur la ligne de dislocation.

nombre de crans par unité de longueur

n j ==== n exp( −−−− 0
n j ====
n exp(
−−−−
0
U j ) kT
U
j
)
kT

nombre d’atomes par site et unité de longueur

énergie de formation d’un cran (1eV)

48

Origine du déplacement

une force F appliquée au cristal entraîne l’apparition d’une contrainte de cisaillement « résolue » au niveau du plan de glissement (slip plan):

ττττ ====

F cos φφφφ.cos λλλλ
A

(slip plan): ττττ ==== F cos φφφφ .cos λλλλ A c o s φ φ φ

cos φφφφ.cos λλλλ

est le facteur de Schmidt

(maximum quand φφφφ = λλλλ =45°, il vaut alors 0,5)

Sous l’effet de cette contrainte, la dislocation se déplace entraînant une déformation plastique (irréversible) du cristal.

Interactions entre dislocations

Interactions entre dislocations lorsque 2 dislocations de signe opposé ayant même plan de glissement peuvent

lorsque 2 dislocations de signe opposé ayant même plan de glissement peuvent s’annihiler

lorsque 2 dislocations de signe opposé mais n’ayant pas le même plan de glissement, elles peuvent s’annihiler mais en laissant soit une boucle lacunaire, soit une boucle interstitielle

formation de crans par intersection de lignes de dislocations entre 2 dislocations coin de vecteurs
formation de crans par intersection
de lignes de dislocations
entre 2 dislocations
coin de vecteurs
parallèles
entre une dislocation
vis et une dislocation coin
entre 2 dislocations
coin de vecteurs
perpendiculaires

entre 2 dislocations vis

intersections de 2 dislocations : formation de jonctions

intersections de 2 dislocations : formation de jonctions 52

52

Multiplication (sources) de dislocation autour de précipités sous l’action d’une contrainte

autour de précipités sous l’action d’une contrainte source de Franck-Read (ancrage par 2 précipités) 53

source de Franck-Read (ancrage par 2 précipités)

source de Franck-Read (ancrage par 2 précipités) 53 σσσσ précipité en spirale (ancrage par un

53

σσσσ précipité
σσσσ
précipité

en spirale (ancrage par un précipité)

source de Franck-Read dans le Si

Observations de dislocations par microscopie électronique en transmission

dislocations par microscopie électronique en transmission boucles de dislocations Fe bcc : dislocations bloquées
dislocations par microscopie électronique en transmission boucles de dislocations Fe bcc : dislocations bloquées

boucles de dislocations

électronique en transmission boucles de dislocations Fe bcc : dislocations bloquées dans les vallées de
électronique en transmission boucles de dislocations Fe bcc : dislocations bloquées dans les vallées de

Fe bcc : dislocations bloquées dans les vallées de Peierls

boucles de dislocations Fe bcc : dislocations bloquées dans les vallées de Peierls dislocations et précipités

dislocations

et

précipités

Pourquoi les dislocations ?

σσσσ = Eεεεε
σσσσ = Eεεεε

rupture des liaisons atomiques :

Il y aura rupture lorsque εεεε 0,25r 0

limite élastique théorique * E σσσσ ==== 15
limite élastique
théorique
* E
σσσσ
====
15

verre silicaté :

0,6E

diamant :

0,5E

Al2O3, N4Si3 :

0,2E

polymères : 0,05E à 0,5E

acier :

0,08E

acier inox :

0,04E

acier doux :

0,01E

métaux purs : 10 -6 à 10 -4 E

l’hypothèse d’une rupture brutale des liaisons atomiques donne une limite élastique très supérieure aux valeurs expérimentales, en particulier pour les matériaux métalliques (et d’autant plus qu’ils sont purs)

en particulier pour les matériaux métalliques (et d’autant plus qu’ils sont purs) théorie des dislocations 55

théorie des dislocations

déformation plastique et dislocations

dislocation : moyen le plus simple (en terme énergétique) de déformer le métal par déplacement d’une quantité réduite d’atomes…

par déplacement d’une quantité réduite d’atomes… similaire à : - le déplacement d’une chenille - le

similaire à :

- le déplacement d’une chenille

similaire à : - le déplacement d’une chenille - le déplacement d’un tapis… densité de dislocations

- le déplacement d’un tapis…

d’une chenille - le déplacement d’un tapis… densité de dislocations : - métal « neuf »

densité de dislocations :

- métal « neuf » : 100 km/cm 3 - métal déformé de 10% : 10 6 km/cm 3

56

Une contrainte extérieure appliquée à un cristal :

- écartement des atomes (il apparaît une force de rappel)

- déformation élastique (réversible) tant que r<1,25r 0

- si la contrainte est supérieure à la force de cohésion, rupture locale des liaisons

à la force de cohésion, rupture locale des liaisons - création d’une dislocation - déplacement (glissement,
à la force de cohésion, rupture locale des liaisons - création d’une dislocation - déplacement (glissement,
à la force de cohésion, rupture locale des liaisons - création d’une dislocation - déplacement (glissement,

- création d’une dislocation

- déplacement (glissement, montée, etc…)

- !!!! déformation plastique

- si elle rencontre un précipité ou un obstacle !!!! ancrage !!!!durcissement

! ! ! déformation plastique - si elle rencontre un précipité ou un obstacle !!!! ancrage

Durcissement par interactions défauts dislocation

Durcissement par interactions défauts dislocation r G.b précipités : ∆σ = P L G : module

r

G.b précipités : ∆σ = P L G : module de cisaillement b : vecteur
G.b
précipités :
∆σ
=
P
L
G : module de cisaillement
b : vecteur de Burger
r
G.b
boucle :
∆σ B
=
β = 2 à 3
β L
r
G.b
r
r C : rayon de cœur de la dislocation
C
micro-cavité :
∆σ
=
(ln
+ 0,83)
β =
2
π
C
r V : rayon de la micro-cavité
β L
r
C
2
2
2
∆σ
=
∆σ
+ ∆σ
+ ∆σ
+ ∆σ
tot
P
B
C
dislo

Les défauts plans

- défaut d’empilement

cfc : succession de plans ABCABCABC…

représentation : """"""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""

perturbation dans la succession : ABCABABCABC…

représentation : """""#""""""""""""#""""""""""""#""""""""""""#"""""""

- Joint de macle

Sous l’effet d’une contrainte, une partie du réseau se décale sous la forme d’une image « miroir »

réseau se décale sous la forme d’une image « miroir » déformation élastique taux de maclage

déformation élastique

la forme d’une image « miroir » déformation élastique taux de maclage : s=h/d

taux de maclage : s=h/d

"""""#####"""""#####"""""#####"""""#####

structure plan de macle

cc

{112}

cfc

{111}

hc

{10-12}

déformation plastique

structure plan de macle cc {112} cfc {111} hc {10-12} déformation plastique 59

59

Microstructure des métaux

métal pur, alliage
métal pur, alliage

monophasée ou multiphasée

des métaux métal pur, alliage monophasée ou multiphasée différentes structures ordonnées solution solide insertion
des métaux métal pur, alliage monophasée ou multiphasée différentes structures ordonnées solution solide insertion
des métaux métal pur, alliage monophasée ou multiphasée différentes structures ordonnées solution solide insertion

différentes

structures

ordonnées

ou multiphasée différentes structures ordonnées solution solide insertion o r d o n n é e

solution solide

insertion

différentes structures ordonnées solution solide insertion o r d o n n é e substitution désordonnée
différentes structures ordonnées solution solide insertion o r d o n n é e substitution désordonnée

ordonnée

substitution

solide insertion o r d o n n é e substitution désordonnée 60 atomes de petites

désordonnée

60
60

atomes de petites taille (carbone dans l’acier)

60 atomes de petites taille (carbone dans l’acier) monocristallin grains (monocristaux) polycristallin joints
60 atomes de petites taille (carbone dans l’acier) monocristallin grains (monocristaux) polycristallin joints

monocristallin

grains

(monocristaux)

60 atomes de petites taille (carbone dans l’acier) monocristallin grains (monocristaux) polycristallin joints de grains

polycristallin

60 atomes de petites taille (carbone dans l’acier) monocristallin grains (monocristaux) polycristallin joints de grains

joints de

grains

monophasée ou multiphasée un alliage peut contenir naturellement des inclusions et des précipités alliage multiphasé

monophasée ou multiphasée

un alliage peut contenir naturellement des inclusions et des précipités

contenir naturellement des inclusions et des précipités alliage multiphasé exemple : aciers austénoferritiques ou

alliage multiphasé

exemple : aciers austénoferritiques ou « duplex »

exemple : aciers austénoferritiques ou « duplex » précipités carbures, borures, nitrures, carbo-borures…
précipités
précipités
: aciers austénoferritiques ou « duplex » précipités carbures, borures, nitrures, carbo-borures… M 2 3 C

carbures, borures, nitrures, carbo-borures…

M 23 C 6 , M 7 C 3 , Fe 3 C…

précipitation ou remise en solution lors des traitements thermiques

composés définis

Ni 3 Al (γγγγ’)

phases inclusionnaires

inclusions :

3 Al ( γγγγ ’) phases inclusionnaires inclusions : oxydes, sulfures - introduites lors de l’élaboration

oxydes, sulfures

- introduites lors de l’élaboration

- insensibles aux traitements thermiques

ont souvent une influence néfaste

rôle pouvant être bénéfique ou néfaste

61

Structure microscopique des métaux

Structure microscopique des métaux Grains observés en microscopie électronique à balayage (surface : joints de
Structure microscopique des métaux Grains observés en microscopie électronique à balayage (surface : joints de

Grains observés en microscopie électronique à balayage (surface : joints de grains)

électronique à balayage (surface : joints de grains) Structure en « grains » (petits domaines cristallins

Structure en « grains » (petits domaines cristallins de

structure identique mais d’orientations différentes)

de structure identique mais d’orientations différentes) Séparés par une surface (« joint de grains » Dimension
de structure identique mais d’orientations différentes) Séparés par une surface (« joint de grains » Dimension
de structure identique mais d’orientations différentes) Séparés par une surface (« joint de grains » Dimension
de structure identique mais d’orientations différentes) Séparés par une surface (« joint de grains » Dimension

Séparés par une surface (« joint de grains »

Dimension d ’un grain :

de quelques µm à quelques mm

Grains observés en microscopie optique (micrographie)

mm Grains observés en microscopie optique (micrographie) Présence de nombreuses inclusions (oxydes) ou précipités

Présence de nombreuses inclusions (oxydes) ou précipités (carbures, sulfures, nitrures) intergranulaires ou transgranulaires

de nombreuses inclusions (oxydes) ou précipités (carbures, sulfures, nitrures) intergranulaires ou transgranulaires 62

62

Coupe métallographique rupture intergranulaire 63

Coupe métallographique

Coupe métallographique rupture intergranulaire 63
Coupe métallographique rupture intergranulaire 63
Coupe métallographique rupture intergranulaire 63
Coupe métallographique rupture intergranulaire 63
Coupe métallographique rupture intergranulaire 63

rupture intergranulaire

différentes tailles de grains précipités de gamma-prime (Ni 3 Al) grains en 3D (simulation) 64

différentes tailles de grains

différentes tailles de grains précipités de gamma-prime (Ni 3 Al) grains en 3D (simulation) 64

précipités de gamma-prime (Ni 3 Al)

différentes tailles de grains précipités de gamma-prime (Ni 3 Al) grains en 3D (simulation) 64
différentes tailles de grains précipités de gamma-prime (Ni 3 Al) grains en 3D (simulation) 64
différentes tailles de grains précipités de gamma-prime (Ni 3 Al) grains en 3D (simulation) 64
différentes tailles de grains précipités de gamma-prime (Ni 3 Al) grains en 3D (simulation) 64

grains en 3D (simulation)

64

Forme des grains

Les propriétés du matériau dépendent de la forme et de la taille des grains :

la limite élastique d’un acier peut être doublée si la taille des grains est divisée par 10… dans le cas des nanostructures (grains de l’ordre de quelques nanomètres) on peut observer une superplasticité…

des traitements mécaniques (laminage) ou thermiques (solidification, recristallisation …) peuvent modifier la forme et la taille des grains

Le joint de grains représente une énergie de surface que le matériau cherchera à minimiser

énergie de surface que le matériau cherchera à minimiser Forme théorique des grains : bulle de
énergie de surface que le matériau cherchera à minimiser Forme théorique des grains : bulle de

Forme théorique des grains :

cherchera à minimiser Forme théorique des grains : bulle de savon 2D 3D : tétrakaïdécaèdre (octaédre
cherchera à minimiser Forme théorique des grains : bulle de savon 2D 3D : tétrakaïdécaèdre (octaédre

bulle de

savon

2D

à minimiser Forme théorique des grains : bulle de savon 2D 3D : tétrakaïdécaèdre (octaédre écorné)

3D : tétrakaïdécaèdre (octaédre écorné)

2D : hexagones

65

les joints de grains

θ

première hypothèse (abandonnée vers les années 30

) :

existence d'un "ciments" pour tenir la cohésion des grains

En fait, le joint (démontré au début des années 60) est une ligne immatérielle entre 2 grains de structure identique mais d'orientation différente

la désorientation entre 2 grains peut être faible ou importante

- joints de faible désorientation

(h ,k ,l ) 1 11 (h ,k ,l ) 2 22
(h ,k ,l )
1
11
(h ,k ,l )
2
22

(< 10 à 15°)

(h ,k ,l ) 1 11 (h ,k ,l ) 2 22 (< 10 à 15°)
θ
θ

joint de flexion (coin)

(h ,k ,l ) 1 11 (h ,k ,l ) 2 22 (< 10 à 15°)
(h ,k ,l ) 1 11 (h ,k ,l ) 2 22 (< 10 à 15°)

joint de torsion (vis)

- joints de forte désorientation (θθθθ>15°)

- joints de forte désorientation ( θθθθ >15°) ΣΣΣΣ θθθθ 5 36.87 13 22.62 17

ΣΣΣΣ

θθθθ

5

36.87

13

22.62

17

28.07

25

16.26

29

43.61

37

18.92

rotation <100> dans un réseau cubique

On peut caractériser un tel joint par le réseau de coïncidence (CSL) c’est à dire le réseau formé par les atomes des 2 grains qui se superposent (en les imaginant s’interpénétrant).

Pour certains angles particuliers on obtient des coïncidences particulières : les joints ΣΣΣΣ

ΣΣΣΣ : indice de coïncidence (inverse de la fraction des sites en coïncidence)

(inverse de la fraction des sites en coïncidence) joint ΣΣΣΣ 5 (réseau cubique) De tels joints

joint ΣΣΣΣ5 (réseau cubique)

De tels joints ont été observés expérimentalement :

ΣΣΣΣ3(111) pour Al (CFC)

Ces joints correspondent à une diminution de l’énergie libre du joint

En général le joint de grains est une zone très fortement désordonnée Sa densité peut ne représenter que 50% de celle du grain

Sa forte densité en défauts ponctuels (lacunes) et linéaires (dislocations) favorise les phénomènes de diffusion (coefficients de diffusion supérieurs de plusieurs ordres de grandeurs à ceux en volume), de précipitation (précipitation hétérogène) et de ségrégations.

La présence de précipités (carbures) de ségrégation de solutés (ex P) ou de la diffusion d’impuretés (ex corrosion intercristalline) peuvent fragiliser les joints de grains et provoquer des ruptures intergranulaires.

les joints de grains et provoquer des ruptures intergranulaires. Corrosion intercristalline : décohésion des grains 68

Corrosion intercristalline : décohésion des grains

68

La texture

Dans un échantillon polycristallin la distribution des orientations cristallines peut être aléatoire. Dans ce cas les caractéristiques du matériau sont isotropes…

Il arrive fréquemment qu’une anisotropie apparaisse :

les caractéristiques mécaniques, physiques etc sont différentes selon la direction. cette anisotropie peut être due à plusieurs facteurs :

- répartitions des contraintes internes

- ségrégations chimiques des impuretés

- forme des grains

- plus généralement, orientation non aléatoire des grains $$$$ texture

Dans les cristaux cubiques, certaines propriétés sont isotropes (et ne dépendent pas de l’orientation cristallographique) :

- conductibilité électrique et thermique

- susceptibilité électrique ou magnétique

- propriétés optiques

- dilatation thermique…

D’autres sont anisotropes :

- propriétés élastiques, mécaniques et magnétiques

- phénomènes de diffraction

exemple : le module d’Young E (σσσσ=Eεεεε dans le domaine élastique)

E

[111]

E

[100]

 

cfc

bcc

 

cd

Ni

Cu

Inox

Fe35-Ni65

Mo

W

Fe

Si

Ge

2,2

2,9

3,0

3,6

0,8

1,0

2,1

1,4

1,5

69

La texture peut avoir des conséquences sur le comportement mécanique et sur les propriétés liées aux joints de grains (diffusion, ségrégation, fluage…) certaines propriétés isotropes peuvent devenir anisotropes sous forte texture…

La texture peut être mesurée (diffraction des rayons X, EBSD…)

Elle est caractérisée par les figures de pôles :

normale <hkl> P plan {hkl} pôle du plan π
normale
<hkl>
P
plan
{hkl}
pôle du
plan
π

S

On trace la normale au plan {hkl} qui coupe la sphère en P La droite SP coupe le plan p en un point qui représente le pôle de ce plan.

π
π
π
π
π
π

π

π
plan p en un point qui représente le pôle de ce plan. π Figures de pôles

Figures de pôles d’une structure cubique monocristalline

Chaque famille de plan possède plusieurs normales :

3 pour {100}, 4 pour {111} et 6 pour {110}

normales : 3 pour {100}, 4 pour {111} et 6 pour {110} trois plans {100} quatre

trois plans {100}

: 3 pour {100}, 4 pour {111} et 6 pour {110} trois plans {100} quatre plans

quatre plans {111}

: 3 pour {100}, 4 pour {111} et 6 pour {110} trois plans {100} quatre plans

six plans {110}

{100}

{111}

{110}

image électronique
image électronique

Exemple d’analyse de texture par EBSD

image EBSD
image EBSD

Texture d’un échantillon de nickel Orientation cristalline des grains

L’échelle de couleur représente le degré de désorientation d’un grain à l’autre

le degré de désorientation d’un grain à l’autre (document Synergie4) f i g u r e
le degré de désorientation d’un grain à l’autre (document Synergie4) f i g u r e

(document Synergie4)

figures de pôles

71

Joints de phases

surface séparant deux phases (généralement un précipité ou une inclusion et la matrice)

Ce joint peut être :

ou une inclusion et la matrice) Ce joint peut être : cohérent cohérent avec contraintes (épitaxie

cohérent

une inclusion et la matrice) Ce joint peut être : cohérent cohérent avec contraintes (épitaxie entre

cohérent avec contraintes

(épitaxie entre les réseaux cristallographiques)

contraintes (épitaxie entre les réseaux cristallographiques) semi-cohérente (présence de dislocations) incohérente 72

semi-cohérente (présence de dislocations)

contraintes (épitaxie entre les réseaux cristallographiques) semi-cohérente (présence de dislocations) incohérente 72

incohérente

Comportement mécanique : quelques définitions
Comportement mécanique : quelques définitions

Courbe de traction

R 0 : limite d’élasticité Rp 0,2 : limite d’élasticité conventionnelle R m : résistance à la traction A R (%) : allongement plastique après rupture A R (%)=100 (l rup – l 0 )/l 0 Z : coefficient de striction Z=100(S 0 – S rup )/S 0

contrainte nominale :

contrainte vraie :

déformation nominale :

σσσσ n =F/S 0

σσσσ=F/S

εεεε n =u/l 0

73
73
Déformation élastique (réversible) Loi de Hook ( εεεε <0,1%) traction : σ σ σ σ

Déformation élastique (réversible) Loi de Hook (εεεε<0,1%)

traction :

σσσσ = E εεεε

E : module de Young

module

de Young

= E ε ε ε ε E : module de Young module de Young 1000 diamant

1000

diamant

Al2O3

 

Fe

inox

fonte

100

 

Au Al

 

béton

10

bois (//)

nylon

1

bois (

)

0,1

0,1
 

E (GPa)

10

liaison covalente :

1000

liaison ionique :

30 à

70

liaison métallique : 30 à 400

10

liaison hydrogène :

8

Van der Waals :

2

 

10

caoutchouc

-2

-3

-4

Van der Waals : 2   10 caoutchouc - 2 - 3 - 4 PVC polymères

PVC

polymères

expansés

  10 caoutchouc - 2 - 3 - 4 PVC polymères expansés métaux E (GPa) Mo

métaux

E (GPa)

Mo

320-365

W

406

Cr

289

Co

200-248

Fe

196

Cu

120-150

Ti

116

Al

69-79

Ag

76

Sn

41-53

fontes

170-190

laiton

103-124

II – ELABORATION DES METAUX

Un peu d’histoire… (« archéométallurgie »)

Découverte :

Antiquité :

- Au, Cu (chalcolithique < -5000)

- Cu, Sn Hg, Pb (age du bronze -5000)

- Fe (age du fer -1500)

Période « alchimique » :

XIII

siècle : As (bien qu’utilisé dès l’antiquité dans les bronzes)

XV

siècle : Sb, Bi

Naissance de la chimie moderne :

XVIII siècle : Ti, Ni, Cr, Mn, Co, Cd, Be, Zr, Nb, Mo, U, W …

XIX siècle : Li, K, Na, Sr, Ca, Al, Mg, B …

XX siècle : Hf, Re, Fr, actinides (transuraniens)

et dans le futur :

XXI siècle : éléments super lourds (Z>126) ?

homo sapiens-sapiens

homo habilis

homo sapiens-sapiens homo habilis (cro-magnon) neandertaliens homo erectus pierre polie élevage culture néolithique
homo sapiens-sapiens homo habilis (cro-magnon) neandertaliens homo erectus pierre polie élevage culture néolithique

(cro-magnon)

neandertaliens

homo erectus

pierre polie

élevage

culture

néolithique

homo erectus pierre polie élevage culture néolithique -1.800 age du fer Gaule (-500) biface feu langage

-1.800

age du fer

Gaule

(-500)

biface

feu

langage

paléolithique inférieur

éclats

outillage

feu langage paléolithique inférieur éclats outillage -8.000 Danube Europe centrale (-700) Angleterre (-300)

-8.000

Danube

Europe

centrale

(-700)

Angleterre

(-300)

paléolithique

supérieur

paléolithique moyen -80.000 -35.000
paléolithique
moyen
-80.000
-35.000
supérieur paléolithique moyen -80.000 -35.000 mésolithique -4.000 l'age des métaux Europe 0 Moyen

mésolithique

-4.000

l'age des métaux
l'age des métaux

Europe

0 Moyen Orient
0
Moyen Orient
-4.000 l'age des métaux Europe 0 Moyen Orient -1.000.000 -100.000 -10.000 -1.000 bronze (Cu/Sn) (Ur,

-1.000.000

-100.000

-10.000

-1.000

bronze (Cu/Sn)

(Ur, -3.500)

Au, Cu (Irak)
Au, Cu
(Irak)

-800

-500

Inde

Chine

bijoux (Au)

(Egypte)

-1.700, -1.500

Fer

(Hittites)

2

Néolithique (-8000)

Premiers objets en métal (Au et Cu à l’état natif) : bijoux

objets en métal (Au et Cu à l’état natif) : bijoux pépites d’or alluviales 10mm Cu

pépites d’or alluviales

10mm

à l’état natif) : bijoux pépites d’or alluviales 10mm Cu natif Age du bronze (-5000) (Iran,

Cu natif

natif) : bijoux pépites d’or alluviales 10mm Cu natif Age du bronze (-5000) (Iran, Turquie, moyen

Age du bronze (-5000) (Iran, Turquie, moyen orient) bronze : alliage de Cu avec As, Sn, Sb, Ag, Ni, Pb…

bronze : alliage de Cu avec As, Sn, Sb, Ag, Ni, Pb… Chalcopyrite malachite (verte) :

Chalcopyrite

malachite (verte) : Cu2CO3(OH)2

azurite (bleue)

chrysocolle (vert) : silicate olivenite : Cu2(AsO4)OH

chalcopyrite : CuFeS2

: Cu3(CO3)2(OH)2

azurite (bleue) chrysocolle (vert) : silicate olivenite : Cu2(AsO4)OH chalcopyrite : CuFeS2 : Cu3(CO3)2(OH)2 Malachite 3

Malachite

3

d’abord impuretés du minerai (As, Sb, Pb…)(provoquant un durcissement du métal) (mais dégagement d’As2O3 volatile et toxique)

puis introduction volontaire et contrôlée d’autres métaux : cassiterite SnO2 airain : >5% Sn (point de fusion de 1084°C à 800°C si 15% Sn)

Avantages du bronze :

- très résistant et très dur (mais fragile)

- fond à « basses » températures (entre 800 et 1000°C)

- réutilisable (par fusion)

- peu oxydable et oxyde protecteur de belle couleur (vert)

- peu oxydable et oxyde protecteur de belle couleur (vert) moulage Inconvénients : - Cu et

moulage

Inconvénients :

- Cu et Sn sont rares (transport et coût importants) teneur moyenne de la croûte terrestre : Cu : 58 ppm

- fragilité relative

Sn <2ppm

Fe : 5%

NB : le laiton (alliage Cu-Zn) était connu (orilchaque) en Turquie et en Amérique du Sud (-2000) grâce à un minerai mixte

Europe : gisements de silex, Cu, Sn et Fe 5

Europe :

gisements de silex, Cu, Sn et Fe

Europe : gisements de silex, Cu, Sn et Fe 5
Europe : gisements de silex, Cu, Sn et Fe 5

5

Obtention du bronze par la méthode du « bas-fourneau »

Le minerai (chalcopyrite (Fe,Cu)S2 + gangue siliceuse) est grillé à l’air pour éliminer le soufre puis mélangé avec un fondant (hématite ou Fe2O3)

soufre puis mélangé avec un fondant (hématite ou Fe2O3) On entasse, couche par couche du minerai

On entasse, couche par couche du minerai et du charbon de bois et on chauffe…

démixtion métal - silicate

de bois et on chauffe… démixtion métal - silicate le fondant et la gangue donne des

le fondant et la gangue donne des scories (silicate de fer) qui surnagent sur le métal liquide.

cratère (vase) de Vix (Côte d’Or) 164cm de haut 1mm d’épaisseur 208 kg le plus

cratère (vase) de Vix (Côte d’Or)

164cm de haut 1mm d’épaisseur 208 kg le plus grand vase en bronze de l’antiquité (-500) fabriqué dans le sud de l’Italie

2

recouverte d’une couche de cire et finition des détails (avec tiges de métal)

1

ébauche en argile mêlée au plâtre

4 3
4
3

enveloppe d’argile fluide avec canaux creux on fait fondre la cire

on verse le métal en fusion puis on brise le moule après refroidissement

moulage à la cire perdue :

bronze d’Olympie (Vème siècle)

Age du Fer (-1500, Hittites)

Europe de l’Ouest (Celtes)

Hallstatt : - 700 à – 500

La Tène : - 500 à

- 50

rareté du Cu et du Sn : le fer devient compétitif…

1ère métallurgie du Fer : -1500 Hittites (Anatolie) - se répand grâce aux migrations indo-européennes (Europe, Moyen Orient, Afrique) - se développe également indépendamment en Chine

- le minerai de fer (brun rougeâtre) est moins visible que celui du Cu

- le fer n’existe pas à l’état natif (*)

(*) sauf cas exceptionnel du fer météoritique (sidérite)

sideros (astre) ? ou sideros (fer) ? ergon (travail)

sideros (astre) ? ou sideros (fer) ? ergon (travail) s i d é r u r

sidérurgie

(siderougos : forgeron)

Avantages du fer :

- très résistant tout en restant ductile

- minerai abondant

Inconvénient :

- altérable (rouille)

- fond à hautes températures (>1500°C)

- ne peut être moulé (usinage à la pièce)

- le four doit être détruit après chaque utilisation

- ne peut être réutilisé

-300

-300 fonte (Chine) méthode du bas fourneau (fer par martelage) haut fourneau (XVème siècle) fonte convertisseur

fonte

(Chine)

méthode du bas fourneau (fer par martelage)

fonte (Chine) méthode du bas fourneau (fer par martelage) haut fourneau (XVème siècle) fonte convertisseur

haut fourneau (XVème siècle) fonte

(fer par martelage) haut fourneau (XVème siècle) fonte convertisseur (XIXème siècle) acier La fonte 500 V

convertisseur (XIXème siècle) acier

La fonte

500

V

L'acier

fer damassé

X

1540

1ère description de l'acier

1500

1000

Haut fourneau (Liège)

"moulin à fer"

fer

blanc

1500

1722

Réaumur

(métallographie)

1768 Les forges de Buffon
1768
Les forges
de Buffon

XV

1556

De Re Metallica (Agricola)

1864

Martin

1855

Buffon XV 1556 De Re Metallica (Agricola) 1864 Martin 1855 Bessemer 1784 1877 Thomas machine à

Bessemer

1784

1877

Thomas

machine

à vapeur

(Agricola) 1864 Martin 1855 Bessemer 1784 1877 Thomas machine à vapeur puddlage 1740 coke acier au

puddlage

1740

coke

acier au

creuset

XX

(Agricola) 1864 Martin 1855 Bessemer 1784 1877 Thomas machine à vapeur puddlage 1740 coke acier au

9

Le minerai de fer

Les minerais de fer sont essentiellement constitués d’oxydes, en particulier l’hématite

Fe2O3.

Le fer sera donc obtenu par réduction de l’oxyde en passant par les différentes formes chimiques :

Fe3O4 : magnétite FeO : wüstite

Ces oxydes sont loin d’être stœchiométriques et présentent un large domaine de composition.

Cette réduction peut être obtenu à partir du carbone ou de ses composés CO et CO2.

La température à partir de laquelle on peut réduire un oxyde est donnée par les diagrammes d’Ellingham

et CO2. La température à partir de laquelle on peut réduire un oxyde est donnée par
On constate que dans le domaine de température accessible (<1800°C), seuls certains oxydes (les oxydes

On constate que dans le domaine de température accessible (<1800°C), seuls certains oxydes (les oxydes de fer, MnO, MgO et SiO2) peuvent être réduits ; d’autres (Al2O3, CaO) ne peuvent l’être qu’à de très hautes températures.

« bas-fourneau » de l’antiquité à la fin du moyen age à partir du XVIème

« bas-fourneau »

de l’antiquité à la fin du moyen age

à partir du XVIème siècle

« haut-fourneau »

« bas-fourneau » de l’antiquité à la fin du moyen age à partir du XVIème siècle

Age du fer – 1ère période (-1500 à 1500)

minerai (Fe2O3+Fe3O4)

fer – 1ère période (-1500 à 1500) minerai (Fe2O3+Fe3O4) chauffage vers 1200°C dans un bas-fourneau en

chauffage vers 1200°C dans un bas-fourneau en présence de charbon de bois

1200°C dans un bas-fourneau en présence de charbon de bois formation d’une « éponge de fer

formation d’une « éponge de fer » cémentée (riche en C) (loupe)

d’une « éponge de fer » cémentée (riche en C) (loupe) mélange de Fe, d’oxydes et
mélange de Fe, d’oxydes et de silicates
mélange de Fe, d’oxydes et de silicates

scorie (fayalite fondant à 1177°C)

chauffé à 1200°C l’éponge est martelée pour en extraire la fayalite

produit assez médiocre, riche en inclusions… gaspillage important (la moitié du fer reste dans les scories)

le four ne peut servir qu’une fois… mais : le phosphore (fragilisant) passe dans les scories

Élaboration à partir d’un bas-fourneau loupe de fer
Élaboration à partir d’un bas-fourneau
loupe
de fer

le fer (alliage Fe+C) était obtenu par un martelage destiné à éliminer les scories

- La trempe (refroidissement rapide) est inventée dès le VII siècle (av JC)

- la maîtrise du taux de carbone et de la cémentation (apport de carbone superficiel) apparaît à cette époque en Grèce (« acier » %C>1)

apparaît à cette époque en Grèce (« acier » %C>1) On chauffe le métal en présence

On chauffe le métal en présence de carbone (charbon de bois) dans un four à réverbère (four de potier) enrichissement superficiel en carbone qui après la trempe donne un acier particulièrement dur.

Epée damassée : (métallurgie médiévale, indienne et arabe) 1) des lames de fer et d’acier

Epée damassée :

(métallurgie médiévale, indienne et arabe)

1) des lames de fer et d’acier alternées sont soudés ensemble (structure feuilletée) 2) forgeage au carré 3) la barre est torsadée 4) 3 barres torsadées sont forgées au carrée 5) puis soudées à chaud 6) on constitue ainsi l’âme de l’épée 7) le tranchant de l’épée est fait d’une lame d’acier 8) travaillé et aplati sur l’enclume 9) attaque acide donnant un aspect chatoyant semblable au tissu de Damas…

Exemple : Tizona ou l’épée du Cid Epée mauresque (arabo-andalouse) du XI è m e

Exemple : Tizona ou l’épée du Cid

Exemple : Tizona ou l’épée du Cid Epée mauresque (arabo-andalouse) du XI è m e siècle,

Epée mauresque (arabo-andalouse) du XI ème siècle, aux caractéristiques exceptionnelle :

- grande dureté du tranchant - grande ductilité de l’ensemble

grâce à une série de traitements thermiques parfaitement maîtrisées…

- grande ductilité de l’ensemble grâce à une série de traitements thermiques parfaitement maîtrisées… 17
- grande ductilité de l’ensemble grâce à une série de traitements thermiques parfaitement maîtrisées… 17
- grande ductilité de l’ensemble grâce à une série de traitements thermiques parfaitement maîtrisées… 17
- grande ductilité de l’ensemble grâce à une série de traitements thermiques parfaitement maîtrisées… 17

17

18

18

Age du fer – 2ème période (après 1500)

Le haut-Fourneau
Le haut-Fourneau
Age du fer – 2ème période (après 1500) Le haut-Fourneau 19 invention du haut-fourneau (Liège 1450)

19

invention du haut-fourneau (Liège 1450) obtention d’un alliage Fe-C liquide :

la fonte

la hauteur du haut-fourneau permet d’obtenir des températures plus élevées

(2000°C)

une plus forte teneur en carbone (1,8 à 7%) abaisse la température de fusion (1150°C)

1)

2)

On dispose d’un alliage de fer comparable au bronze :

- dur (mais fragile)

- que l’on peut mouler

mais : le P reste dans la fonte…

L’acier peut être obtenu par affinage à l’air

NB : le haut-fourneau et la fonte étaient connu en Chine dès le VI siècle…

Élimination du soufre

FeS soluble dans la fonte !!!! entrée du soufre dans le laitier

S+C+(O) """" (S) + CO

20
20

Fe2O3 : hématite – Fe3O4 : magnétite – FeO : wüstite

réduction des principaux oxydes
réduction des principaux
oxydes

1790 (GB) : découverte du coke : en chauffant du charbon on élimine le soufre et on obtient du carbone pur… remplacement du charbon de bois (épuisé) 1826 : utilisation du coke en France

21

haut-fourneau exemple : Haut fourneau Solmer : hauteur : 30m diamètre creuset : 10m volume

haut-fourneau

exemple :

Haut fourneau Solmer :

hauteur : 30m diamètre creuset : 10m volume : 2175m 3

production : 4300 tonnes/jour

pour fabriquer une tonne de fonte :

1260 kg d’aggloméré

400

kg de minerai calibré

40

kg de fondant

405

kg de coke

80

kg de fuel

(300 kg de laitier)

22

XIXème siècle : invention du convertisseur : élaboration de l’acier à partir de la fonte

%C

fonte 3 à 4

acier 0,05 à 1,5

%Si

0,5 à 2,5

0 à 0,5

%Mn

1 à 2

0,3 à 0,5

%P

0,1 à 2

<0,05

%S

0,05

<0,05

fonte

#### acier :

2 phases

acier du latin populaire aciarum (pointe, tranchant ) (du latin classique acies)

1)

phase d’oxydation (élimination de C, Si, Mn, P)

2)

phase de réduction et de désulfuration

Carbone

C + ½O2

$$$$ CO

C + O2

$$$$ CO2

Silicium

Si + O2

$$$$ SiO2

Manganèse

Mn + ½O2 $$$$ MnO

 

Soufre

FeS + (CaO) laitier

$$$$ FeO + (CaS) laitier

Phosphore

2P + 5FeO + 3CaO

$$$$ (PO4)2Ca3 + 5Fe

SiO2, MnO, FeO, CaO, (PO4)2Ca3

$ $ $ $ (PO4)2Ca3 + 5Fe SiO2, MnO, FeO, CaO, (PO4)2Ca3 scorie liquide en surface

scorie liquide en surface

fonte : aciérie à l’oxygène

ferraille : aciérie électrique

23

avant 1858 : « puddlage » (martelage de loupes de fer à l’état pâteux, dans un four à réverbère, à partir de l’affinage à la flamme de fontes)

Aciéries à l’oxygène

oxygène pur convertisseur élimination C, Si, Mn, P, S
oxygène pur
convertisseur
élimination
C, Si, Mn, P, S

fonte liquide

(1200°C)

Acier liquide

(1600°C)

Procédé Bessemer (1858) :

« cornue » chargée de fonte liquide, brassée à l’air (combustion du carbone) problème de la teneur en P de la fonte (fragilisation de l’acier)

Procédé Thomas (1877)

le convertisseur est tapissé de dolomie (Ca,Mg)CO3 qui piège le P

de l’acier) Procédé Thomas (1877) le convertisseur est tapissé de dolomie (Ca,Mg)CO3 qui piège le P

O2

O2 1950 convertisseur LD (Linz-Donawitz) injection d’oxygène par lance refroidie LD-AB ou LD-KGC brassage par Ar

1950

convertisseur LD (Linz-Donawitz) injection d’oxygène par lance refroidie

(Linz-Donawitz) injection d’oxygène par lance refroidie LD-AB ou LD-KGC brassage par Ar ou N2 LD-OB injection

LD-AB ou LD-KGC brassage par Ar ou N2

LD-OB injection d’O2 et propane K-BOP injection d’O2 et propane avec apport de fondant (élimination
LD-OB
injection d’O2
et propane
K-BOP
injection d’O2
et propane avec
apport de fondant
(élimination du S)
25
et propane avec apport de fondant (élimination du S) 25 Convertisseur OBM (Oxygen Boden Maxhütte) ou

Convertisseur OBM (Oxygen Boden Maxhütte) ou LWS (Loire-Wendel-Sidelor) injection O2 par tuyères en fond de convertisseur

OBM (Oxygen Boden Maxhütte) ou LWS (Loire-Wendel-Sidelor) injection O2 par tuyères en fond de convertisseur
OBM (Oxygen Boden Maxhütte) ou LWS (Loire-Wendel-Sidelor) injection O2 par tuyères en fond de convertisseur
convertisseur Bessemer coulée de laitier 26

convertisseur Bessemer

coulée de laitier

26
26
Convertisseur LD pour fontes peu phosphoreuses fonte liquide + ferraille débit O2 : 500 à
Convertisseur LD
pour fontes peu phosphoreuses
fonte liquide + ferraille
débit O2 : 500 à 1000m3/mn
27

Aciéries électriques

production mondiale d’acier : 700 millions de tonne production mondiale de minerai de fer : 1000 millions de tonne…

40% de l’acier est récupéré (ferraille) grâce aux aciéries électriques

- fusion par arc électrique électrodes de graphite 100 à 200 volts 50.000 ampères par électrode capacité 5 à 250 tonnes

par arc électrique électrodes de graphite 100 à 200 volts 50.000 ampères par électrode capacité 5
Principales étapes : - phase 1 : oxydation Si, Mn, C et P éliminés dans

Principales étapes :

- phase 1 : oxydation

Si, Mn, C et P éliminés dans le laitier

- phase 2 : décrassage (alimentation coupée)

élimination du laitier

schéma du convertisseur

- phase 3 : réduction

ajoute de Fe-Si et CaO pour former un laitier désoxydant

élaboration sous vide (plus coûteuse) : réduction du taux d’O, N, H

Aciérie électrique : les différentes phases 30

Aciérie électrique : les différentes phases

30

coulée d’acier décrassage d’une aciérie électrique
coulée d’acier
décrassage d’une aciérie
électrique
La coulée en lingot la plus grande densité de la phase solide entraîne les premières
La coulée en lingot
La coulée en lingot

la plus grande densité de la phase solide entraîne les premières phases solides vers le fond, accentuant la teneur en éléments d ’additions en haut de lingot (ségrégation positive) et la diminuant vers le bas (ségrégation négative)

microstructure

ségrégations

32

ségrégation dans une dendrite dendrite de solidification dendrite de solidification dans de l’aluminium 33

ségrégation dans une dendrite

ségrégation dans une dendrite dendrite de solidification dendrite de solidification dans de l’aluminium 33
ségrégation dans une dendrite dendrite de solidification dendrite de solidification dans de l’aluminium 33

dendrite de solidification

dendrite de solidification dans de l’aluminium

ségrégation dans une dendrite dendrite de solidification dendrite de solidification dans de l’aluminium 33
dendrites de solidification 34

dendrites de solidification

dendrites de solidification 34
La coulée continue
La coulée continue
35
35

Microstructure du lingot en coulée continue

Microstructure du lingot en coulée continue Simulation numérique de la microstructure en fonction de la vitesse
Microstructure du lingot en coulée continue Simulation numérique de la microstructure en fonction de la vitesse
Microstructure du lingot en coulée continue Simulation numérique de la microstructure en fonction de la vitesse

Simulation numérique de la microstructure en fonction de la vitesse de tirage

1 mm/s

5 mm/s

37
37
37

37

Laminoir et train à fil 38
Laminoir et train à fil
38

Production d’Acier dans le monde (1998)

Production d'acier (1998) Océanie Afrique 1,2% 1,6% Union Europe de l'est Européenne 13,9% 19,6% Sud
Production
d'acier (1998)
Océanie
Afrique
1,2%
1,6%
Union
Europe de l'est
Européenne
13,9%
19,6%
Sud
6,5%
Nord
14,8%
Asie

42,4%

Production mondiale d'acier (1998) (776 millions de tonnes)

Chine

14,7% 44 Mt Inde 3,1% Brésil Italie Russie 3,3% 3,3% Corée 6,3%
14,7%
44 Mt
Inde
3,1%
Brésil
Italie
Russie
3,3%
3,3%
Corée
6,3%

5,1%

Allemagne

5,7%

114 Mt

Japon

12,0%

reste du monde

24,8%

USA

12,6%

Grande Bretagne 2,2%

2,2%

98 Mt

93 Mt

39

Canada

2,0%

Taiwan

20 Mt

France

2,6%

Belgique Luxembourg 0,9% 1,7% autres 2,1% Suede Finlande Production d’acier dans l’Union Européenne
Belgique
Luxembourg
0,9%
1,7%
autres
2,1%
Suede
Finlande
Production d’acier
dans l’Union Européenne
(total1998 : 150 Mt)
3,5%
2,6%
Autriche
Allemagne
3,5%
29,4%
Pays Bas
4,3%
Espagne
9,9%
Grande Bretagne
Production d'acier en France
11,5%
Italie
30
17,2%
1974 : 27Mt
France
13,4%
25
20
15
10
5
1860 : 40.000t
Evolution de la production
française d’acier, de 1960 à 1998
1900 : 1,6Mt
0
1860
1880
1900
1920
1940
1960
1980
2000
en millions de tonne
Elaboration de l'aluminium 35-60% Al O 2 3 principal minerai : la bauxite 20-30% Fe
Elaboration de l'aluminium
35-60% Al O
2
3
principal minerai : la bauxite
20-30% Fe O
2
3
SiO
TiO
H O
2
22

l’alumine est un oxyde très difficile à réduire l’aluminium était un métal rare et cher…

1886 : découverte par Héroult (France) et Hall (USA) du procédé électrolytique

le minerai est concassé et broyé solution de soude : Al 2 O 3 + NaAlO 2 +NaOH

235 à 250°C 35 à 40 mn

Al 2 O 3 + 2OH- + 3H 2 O """" 2[Al(OH) 4 ]-

précipitation de l’aluminate au refroidissement

[Al(OH) 4 ]- """" Al(OH) 3 + OH-

4 ]- " " " " Al(OH) 3 + OH- puis calcination 2Al(OH) 3 % %

puis calcination

2Al(OH) 3 %%%% Al 2 O 3 + 3H 2 O

"""" alumine anhydre

41
41

2ème opération : réduire l'alumine pour obtenir le métal

réduction directe impossible réduction cathodique par électrolyse

directe impossible réduction cathodique par électrolyse point de fusion de l'alumine : 2040°C eutectique (T

point de fusion de l'alumine : 2040°C

par électrolyse point de fusion de l'alumine : 2040°C eutectique (T fusion Al O 23 (7%)

eutectique (T

fusion

Al O

23

(7%)

+

935°C pour 18,5% alumine)

Na AlF

3

6

(hexafluroaluminate ou cryolithe)

(T fusion Al O 23 (7%) + 935°C pour 18,5% alumine) Na AlF 3 6 (hexafluroaluminate

4 volts - 150 000 ampères

+ -
+
-
 

--

-

anode :

3O

anode : 3O 6e +

6e

+

cathode :

3+

2Al

-

+ 6e

c a t h o d e : 3+ 2Al - + 6e
O 2 2Al liquide
O
2
2Al
liquide
-- - anode : 3O 6e + c a t h o d e : 3+

5000 kg bauxite

210 kg NaOH

3

13500 m eau

600 kg fuel

bilan

kg NaOH 3 13500 m eau 6 0 0 k g f u e l bilan
kg NaOH 3 13500 m eau 6 0 0 k g f u e l bilan
kg NaOH 3 13500 m eau 6 0 0 k g f u e l bilan
1900 kg alumine 130 kg C (anode) 1000 kg Al 30 kg de cryolithe 13
1900 kg alumine
130 kg C (anode)
1000 kg Al
30 kg de cryolithe
13 000 kWh

production mondiale d’Al2O3 : 37 millions de tonnes (1993)(92% sert pour Al) réserve mondiale : 36 milliards de tonnes production mondiale d’Al : 18 millions de tonnes (1990)

45

III – Les diagrammes de phases ou d’équilibre

définit la nature des phases présentes en fonction de la température et de la composition chimique

C’est un diagramme d’équilibre ce qui suppose que les variations de températures (chauffage ou refroidissement) soient infinies lentes

Ces diagrammes seront complétés par la suite par des diagrammes :

- TTT (transformations temps température) - TRC (transformations refroidissement continu)

solidification

liquide

T S

solide

fusion

continu) solidification liquide T S solide f u s i o n T F T S

T F

solidification liquide T S solide f u s i o n T F T S =T

T S =T F

Métal pur

T S solide f u s i o n T F T S =T F Métal

zone monophasée

zone biphasée

zone monophasée

alliage

1

diagramme de phases binaire à un fuseau (solution solide AB continue) au refroidissement ! !

diagramme de phases binaire à un fuseau (solution solide AB continue)

au refroidissement

un fuseau (solution solide AB continue) au refroidissement ! ! ! ! purification des métaux et

!!!! purification des métaux et alliages par fusion de zone

2

Proportion des phases à une température donnée :

Proportion des phases à une température donnée : diagramme de phases binaire à 2 fuseaux (solution

diagramme de phases binaire à 2 fuseaux (solution solide AB continue)

l’alliage à 82% d’Au (18%Cu) se comporte comme un métal pur (température de fusion et de solidification unique à 930/950°C)

à 82% d’Au (18%Cu) se comporte comme un métal pur (température de fusion et de solidification
à 82% d’Au (18%Cu) se comporte comme un métal pur (température de fusion et de solidification

Différentes phases rencontrées dans les diagrammes binaires

Différentes phases rencontrées dans les diagrammes binaires 4

les diagrammes de phases sont régis par la règle de Gibbs qui définit la variance (c’est à dire le nombre de degré de liberté) en fonction du nombre de phases en présence…

définit la variance (c’est à dire le nombre de degré de liberté) en fonction du nombre

diagramme de phases binaire à 2 solutions solides A(B) et B(A)

de phases binaire à 2 solutions solides A(B) et B(A) équivalent à 2 diagrammes à un

équivalent à 2 diagrammes à un fuseau """" point eutectique (comparable à un métal pur)

La composition eutectique :

La composition eutectique : formation d’un eutectique lamellaire par formation simultanée de germes de phase α
La composition eutectique : formation d’un eutectique lamellaire par formation simultanée de germes de phase α

formation d’un eutectique lamellaire par formation simultanée de germes de phase αααα et ββββ

Alliage de composition égale à e (composition eutectique) comme un métal pur solution solide biphasée

Alliage de composition égale à e (composition eutectique)

comme un métal pur solution solide biphasée

la plus basse température de fusion de l’alliage

Alliage de composition inférieure à C1 (ou supérieure à C2)

solution solide monophasée

8
8

Alliage de composition comprise entre C1 et C2)

Alliage de composition comprise entre C1 et C2) T > T e + εεεε précipitation de

T > T e +εεεε

précipitation de la phase αααα

T = T e +εεεε

liquide (composition e) et phase αααα

T = T e +εεεε

le liquide se solidifie (solution solide biphasée αααα + ββββ)

T < T e

solution solide biphasée αααα + ββββ

Proportion des différentes phases en présence
Proportion des différentes
phases en présence

composition de l’alliage

composition de l’alliage limite de solubilité de A dans β β β β à Te limite
composition de l’alliage limite de solubilité de A dans β β β β à Te limite

limite de solubilité de A dans ββββ à Te

limite de solubilité de B dans αααα à Te

ββββ eutectique

proportion des phases en présence à T=T e -εεεε

αααα eutectique

αααα proeutectique

Proportion des différentes phases en présence visualisation graphique

diagramme Cu-Ni (monofuseau avec SS continue) diagramme Sb-Pb (avec point eutectique) Cette propriété de diminuer

diagramme Cu-Ni (monofuseau avec SS continue)

diagramme Cu-Ni (monofuseau avec SS continue) diagramme Sb-Pb (avec point eutectique) Cette propriété de diminuer

diagramme Sb-Pb (avec point eutectique)

Cette propriété de diminuer fortement le point de fusion de l’alliage à l’eutectique (souvent très bas par rapport aux éléments purs) est utilisée pour réaliser des alliages à bas point de fusion (alliages Sn-Pb-Bi-Sb pour soudure)

les solutions solides sont réduites aux éléments purs (pas de solubilité du Si dans Be

les solutions solides sont réduites aux éléments purs (pas de solubilité du Si dans Be et réciproquement)

purs (pas de solubilité du Si dans Be et réciproquement) diagramme avec un point péritectique Le

diagramme avec un point péritectique

Le point eutectique coïncide avec un élément pur (Bi)

Be et réciproquement) diagramme avec un point péritectique Le point eutectique coïncide avec un élément pur

13

14 Diagramme avec point péritectique
14
14

Diagramme avec point péritectique

Diagrammes avec plus de 2 solutions solides (plusieurs points eutectiques)

domaine biphasé eutectique eutectique solution solution solution solide solide solide monophasé monophasé
domaine
biphasé
eutectique
eutectique
solution
solution
solution
solide
solide
solide
monophasé
monophasé
monophasé

solution

solide

biphasé

solution

solide

biphasé

solution solide solide solide monophasé monophasé monophasé solution solide biphasé solution solide biphasé 15