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Collectif des Séminaristes Yaoundé, 04 Mai 2018

J2PIST – MIDA CAMEROUN


Yaoundé, Cameroun
BP 534 Yaoundé
E-Mail: seminaristej2pist@hotmail.com
Réf. : CS/002/2018 A
Son Excellence Monsieur PAUL BIYA,
Président de la République du Cameroun

Objet: Requête en intervention

Excellence Monsieur le Président de la République du Cameroun,

C’est avec un honneur particulier et dans une circonstance exceptionnelle que nous,
Citoyens réunis au sein du Collectif des Séminaristes de l’institut Missions d’Intégration
et de Développement pour l’Afrique, en abrégé « MIDA », par la présente, nous portons
à votre très haute attention, notre voix, celle du peuple et du citoyen camerounais dont
vous incarnez admirablement la souveraineté.

Constatant avec gravité la désorientation et la panique que créent depuis la


journée de mardi 17 Avril 2018, des actions irrégulières des forces de l’ordre au siège de
l’Institut « MIDA » ; nous, Citoyens réunis autour du Collectif des Séminaristes de ce
dernier, venons très respectueusement solliciter de votre Bienveillance, l’encadrement
urgent et implacable, de l’opération encours des pouvoirs publics de traitement de ce
dossier critique.

En effet, depuis le mardi 17 Avril 2018, nous, vos jeunes compatriotes, citoyens
de la République du Cameroun, adhérents libres et conscients des séminaires des MIDA,
avons pris acte de ce qu’une autorité administrative du Département du Mfoundi,
notamment, M. Jean Claude TSILA, Préfet du Mfoundi, aurait informé les dirigeants des
MIDA de la suspension à titre conservatoire de leurs activités. Or le programme J2PIST
(Je ne Peux Pas Irradier Sans Toi) des MIDA fonctionne au Cameroun depuis août
2017. Durant ses activités, certaines autorités administratives compétentes notamment le
premier adjoint préfectorale du Mfoundi parlant en lieu et place du préfet dudit
département, le sous-préfet de Yaoundé III, l’ambassadeur itinérant Albert Roger Milla ,
certains hauts gradés des forces de l’ordre, les médias nationaux (CRTV, Canal 2
International…), les artistes, ont souvent été conviés ; choses qui ont permis à
suffisance d’asseoir la notoriété et la crédibilité de cet institut incitant par là même
l’adhésion massive des citoyens.

Au regard de la panique que cette mesure a créée au sein des séminaristes, M. le


Préfet a dû faire une descente d’urgence dans les locaux des MIDA pendant la nuit du 20
avril, suivi dans la même urgence par M. Naseri Paul BEA, Gouverneur de la Région du
Centre.
M. le Gouverneur, s’étant entretenu avec les administrateurs des MIDA ainsi
qu’avec les enquêteurs de l’Etat et 20 séminaristes chargés de clarifier la nature ainsi que
la gestion de cette Organisation ; est par la suite venu personnellement rassurer les
citoyens réunis par milliers alors qu’il était pratiquement trois heures du matin, de ce que
la suspension des activités des MIDA était levée, confirmant que le calendrier annoncé
par le coordonnateur de ladite organisation, M. Patrick PEN, serait respecté sans faute;
notamment la reprise des séminaires dès le jeudi 26 avril 2018 et la poursuite des
paiements aux séminaristes de la septième vague.

Nous vous faisons d’ailleurs noter ici avec la plus haute gravité que les paiements
aux séminaristes de la 7e vague avaient bien commencé et ne souffraient d’aucune
incertitude quant à leur poursuite, l’intégrité des caisses des MIDA étant avérée,
lorsqu’ils ont été brutalement interrompus dans la journée du mardi 17 avril 2018, par des
éléments des forces de l’ordre, sur ordre de monsieur le Préfet Tsila.

Excellence Monsieur le Président de la République, les citoyens ayant été à


suffisance rassurés par M. le Gouverneur Bea, c’est dans des circonstances paisibles et
rassurantes pour tous que la plus haute autorité administrative de la Région du Centre
prendra congé de la foule des séminaristes réunis au siège des MIDA vers quatre heures
du matin, en cette auguste nuit du 20 au 21 avril 2018.

Contre toute attente, le samedi 21 avril, en plein week-end, un communiqué signé


de M. Issa Tchiroma Bakary, Ministre de la Communication sous votre haute instruction
est lu aux antennes de la CRTV Radio au journal de 17h, annonçant l’arrêt définitif des
activités des MIDA, la fermeture immédiate de ladite organisation et la mise aux arrêts de
ses dirigeants. Ce communiqué est venu contredire les propos du Gouverneur et
replonger la foule dans la confusion, le désarroi et la panique totale.

Cet arrêt des activités, n’est à ce jour, corroboré par aucune autorité
administrative territorialement compétente.

Excellence Monsieur le Président de la République, nous croyons que la


déclaration de M. le gouverneur en la nuit du 20 au 21 avril devant les milliers de
séminaristes rassemblés au siège des MIDA, qui en ses termes, levait avec effet
immédiat, la suspension des activités des MIDA, faisait à suffisance force à surseoir à la
décision antérieure du Préfet qui quant à elle, suspendait ladite Organisation.

Par conséquent, portons avec fermeté à l’attention de votre Bienveillance, les


incohérences ci-après:
1) Le communiqué signé par le Ministre de la Communication, M. Issa Tchiroma
Bakari le samedi 21 avril 2018 accusant les MIDA d’être une organisation
« représentée par des promoteurs mafieux » ou encore « d’entreprise
monstrueuse d’escroquerie de grande envergure » attribue au Gouvernement,
la paternité de la fermeture de cette Organisation sur votre haute instruction.
2) Un deuxième communiqué signé du même Ministre de la Communication le
mardi 24 avril 2018, viendra faire état d’une opération de comptage des fonds
ayant débutée trois jours plutôt par une banque de la place dont il taît le nom,
qui serait encours au siège des MIDA ; alors même qu’il eût été simple de
consulter les fichiers comptables de cet institut pour se faire une idée précise
de ses comptes.
3) Au sortir de leur entretien du 25 avril 2018 d’avec M. le Gouverneur de la
Région du Centre dans son bureau, le compte est rendu par le Collectif
représentant les séminaristes des MIDA que M. le Gouverneur rassure
désormais que seuls les remboursements des frais d’inscription seraient
honorés à l’issue du comptage d’argent, laissant entrevoir par la même la
possibilité prochaine d’une insuffisance de fonds à couvrir l’ensemble des
paiements, alors même qu’il est avéré conformément à son coordonnateur que
les MIDA disposent à ce jour de ressources financières suffisantes pour
procéder au paiement intégral des séminaristes suivant les termes souscrits par
tous au moment des inscriptions.
4) Un troisième communiqué signé du Ministre de la Communication, M. Issa
Tchiroma Bakary, le jeudi 26 avril 2018 annonce la fin des opérations de
comptage des fonds disponibles au siège des MIDA et à la grande surprise tant
de tous les séminaristes que du peuple camerounais, le montant publié est
celui de 3 622 928 550 F CFA. Le même communiqué indique un nombre
total de souscripteurs de 11 835 (Associations et individus inclus). Ce qui
devrait donner un montant issu des seules inscriptions de 12 798 825 000 F
CFA. Alors que selon le fichier des inscrits de la septième vague publié par
l’administration des MIDA, le nombre de souscripteurs (associations et
individus) est exponentiellement au-dessus de ces chiffres.
5) Les séminaristes des MIDA sont de ce fait informés de ce que 72% de leur
frais d’inscription, soit la somme de 9 175 896 450 F CFA, se seraient
aujourd’hui volatilisés alors même qu’ils savent et n’ont pas oublié que M.
Patrick Pen, coordonnateur du programme J2PIST, tenait à procéder au
paiement de ses séminaristes des 7e et 8e vagues avant toute enquête pour ainsi
garantir que nul ne souffrirait d’aucun abus.
6) Notons que:
a. M. Patrick Pen avait à suffisance manifesté sa bonne volonté de
procéder au paiement immédiat des séminaristes en demandant qu’on
lui accorde trois jours pour cette opération.
b. M. Patrick Pen se proposait d’augmenter le montant à percevoir par
chaque séminaristes d’un bonus de 10 000 F CFA, confirmant par ce
fait sa parfaite assurance quant à la solidité de ses caisses
c. les pouvoirs publics avaient au grand étonnement de tous, interdit
à M. Patrick Pen de procéder à ces paiements
d. les pouvoirs publics avaient au contraire investit le siège des MIDA
sans mandat du Procureur de la République et en l’absence d’un
Huissier de Justice, afin de se saisir des fonds, éloignant et/ou
interpellant brutalement les séminaristes présents.
Excellence Monsieur le Président de la République, les faits sus-énoncés nous
donnent à penser que c’est uniquement la fortune du peuple qui était visée. Par suite,
n’accordons aucune crédibilité aux chiffres qui ont été publiés par le Ministre de la
Communication et doutons profondément de la probité des responsables s’étant rendus
maîtres de cette situation au sein des pouvoirs publics.

Jugeons l’opération qui a conduit au comptage des avoirs financiers des MIDA
illégale, frauduleuse et invalide.

Accusons les responsables qui ont décidé et conduit ladite opération de


comptage de fonds des Missions d’Intégration et de Développement pour l’Afrique -
MIDA, de détournement de la fortune du peuple ; d’activité dangereuse de
corruption du peuple et d’association de malfaiteurs portant atteinte à la stabilité et
à la cohésion socio-politique de la République du Cameroun.

Affirmons que ce fait est à notre sens d’une gravité suprême qu’il nous est
simplement inenvisageable de nous contenir dans l’inaction.

Faisons remarquer qu’en cette année 2018 charnière, riche de la prochaine


élection présidentielle, il n’y a ici pas d’opportunité pour quelque action que ce soit, fusse
même des pouvoirs publics, si celle-ci est potentiellement déstabilisatrice de la paix et de
la cohésion sociales de notre pays. Surtout au moment où nous restons convaincus que
nous réussirons une fois encore à porter notre Président de la République à la
Magistrature Suprême, lui permettant ainsi de poursuivre l’œuvre qui lui est tant chère de
l’Emergence du Cameroun d’ici à 2035.

En revanche, en appelons à votre jugement suprême au vu des éléments que nous


vous produisons et qui rentrent en total contradiction avec tout autre rapport que certains
responsables à la moralité douteuse, auraient en avance pu vous fournir dans l’unique but
de légitimer leur action à ciel ouvert contre votre peuple.

Excellence Monsieur le Président de la République, n’est-ce pas aussi le lieu ici


d’attirer de manière particulière votre attention sur le fait qu’il y a, à ce moment précis,
des familles entières très durement éprouvées face à cette situation incompréhensible ?

En effet, nous recensons des cas graves de personnes en dépression, aux


penchants suicidaires à la suite de la publication des chiffres du 26 avril 2018 par le
Ministre de la Communication. De-même, on enregistre depuis dimanche 22 avril, des
délégations entières de citoyens venant du Nord, du Littoral, de l’Ouest, du Sud et Nord-
Ouest, dont les associations étaient engagées dans lesdits séminaires, déterminées à porter
la revendication au plus haut niveau de l’Etat ; traumatisés du fait des exactions des
forces de l’ordre (police, gendarmerie, GMI, ESIR, GSO, Antigangs, …) qui ont fait
usages de gaz lacrymogènes, des chars antiémeutes, de violences physiques, des
arrestations arbitraires alors que les séminaristes étaient dans une optique pacifique de la
recherche de l’information fiable suites aux différents communiqués contradictoires.
Tout ceci témoigne sans nul doute que c’est bien l’intégrité des familles
camerounaises qui est ici en jeu. Certaines se sont endettées à coût d’intérêts élevés
auprès soit de particuliers, soit des banques ; certaines ont parfois dû hypothéquer la
totalité de la fortune familiale dans l’assurance de bénéficier de fonds substantiellement
importants pouvant en retour leur permettre de financer des projets durables qui leur
tiennent à cœur et ainsi contribuer de manière pérenne au rayonnement économique du
Cameroun.

Aujourd’hui, toutes ces familles portent tout leur espoir sur votre Bienveillance
afin d’enrayer cette crise.

Car, oui Excellence Monsieur le Président de la République, le but ultime des


séminaires rémunérés des MIDA est, au contraire de ce qui est dit, de promouvoir
l’entreprenariat chez les jeunes en particulier. Etant admis que la création des richesses se
fait par l’investissement dans des secteurs porteurs et nouveaux. Ces jeunes à
l’ingéniosité et à la créativité débordantes, mais en manque de moyens, entendaient tous
s’investir dans des projets économiques à long terme.

Le Cameroun c’est 70% de jeunes de moins de 35 ans. Ceci représente une


opportunité unique pour la création des richesses dans notre pays. Mais cette jeunesse a
besoin de moyens. L’Etat ne pouvant en aider la totalité, il nous semble vital que des
Organisations non Etatiques puissent venir à la rescousse dans une dynamique similaire à
celle d’une Urgence Humanitaire afin d’aider l’Etat à créer des opportunités
d’investissement pour la jeunesse.

L’autre but des séminaires des MIDA, c’est de sédentariser les jeunes
camerounais dans les limites du Triangle national par un financement efficace de projets,
leur évitant ainsi tous les risques liés à l’immigration sauvage vers l’Occident à tous les
prix, même au prix de leur vie car alors, tous vous diront ne plus rien trouver qui justifie
qu’ils demeurent dans leur propre pays.

Le Cameroun est sur la route de l’Emergence, suivant votre vision à l’horizon


2035. Le Cameroun a besoin que ses jeunes trouvent surplace des opportunités qui leur
permettent d’être acteurs efficaces du développement de leur pays.

Excellence, Monsieur le Président de la République, nous du Collectif des


séminaristes inscrits au programme de formation des MIDA, vous affirmons ici que les
MIDA répondent parfaitement à cette exigence économico-humanitaire.

En conséquence, et face à la grossière tricherie rendue évidente ce jour de la part


de certaines personnalités de l’Etat devant notre peuple, nous vous adressons les
réclamations suivantes que :

1) vous vous saisissiez personnellement, et en urgence, de cette affaire ;


2) le Père de la Nation, que vous êtes s’adresse personnellement, sur la question,
à sa jeunesse (enfants) qui croit en lui ;
3) la quarantaine de séminariste interpelés depuis le 22 avril et maintenus à tort
en détention dans des postes de commissariat à travers la ville de Yaoundé,
soient relâchés;
4) M. FOE AMOUGOU, M. Patrick PEN et ses Administrateurs soient remis en
liberté;
5) Qu’il soit permis à M. Patrick Pen de publier sa comptabilité telle que
sauvegardée dans ses cahiers au jour du 19 avril 2018 afin d’établir la vérité
de ses comptes ;
6) les fonds suivant la dernière mise à jour du cahier comptable MIDA soient
restitués intégralement aux MIDA;
7) le paiement des séminaristes reprenne suivant le calendrier indiqué le 20 avril
dernier par M. Patrick PEN avec approbation de M. le Gouverneur de la
Région du Centre ;
8) le programme J2PIST (Je ne Peux Pas Irradier Sans Toi), les séminaires de
formation des jeunes aux MIDA reprennent suivant leur calendrier
initial sous le contrôle du gouvernement.

Excellence, Monsieur le Président de la République, nous croyons qu’il ne vous


échappe pas que la jeunesse de notre pays est unique en son genre en Afrique et dans le
monde, car nous sommes une jeunesse paisible et respectueuse de la légalité ; ne
recherchant en aucune manière l’instabilité socio-politique de notre pays. A contrario,
nous sommes une jeunesse qui ne demande qu’à contribuer au rayonnement socio-
économique du Cameroun, notre cher et beau pays.

Notre démarche actuelle est illustrative de cet état d’esprit et nous vous assurons
que nous n’entreprendrons rien qui puisse nuire à l’ordre, ni à la stabilité de notre pays,
mais demandons votre protection directe face à l’acharnement de ceux qui veulent
s’opposer à votre vision, et qui ont déjà planifié de s’emparer définitivement de notre
argent sans le moindre scrupule, qui voudraient par la suite torpiller tout processus de
restitution des fonds et de restauration de la paix et de la cohésion sociale pendant le
traitement de cette affaire, pour s’en tirer à bon compte.

Nous portons fermement notre revendication pacifique auprès de votre


bienveillance mus par la seule conviction que vous ne dérogerez pas pour garantir notre
sécurité à tous pendant le temps de traitement de cette situation, mettant ainsi à l’abri de
brutalités inutiles, tous les participants de notre Collectif durant la période de
revendication citoyenne qui se tiendra au quotidien.

Nous restons convaincus de votre sens citoyen pour garantir la paix et la cohésion
tant chères pour le développement de notre beau pays, le Cameroun.

Chargeons les personnes de la liste ci jointe, de nous représenter auprès de votre


Bienveillance jusqu’à réparation complète du préjudice qui nous est causé.
Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République du Cameroun,
l’expression de notre plus profond dévouement.

Vive la jeunesse

Vive son Excellence Paul Biya.

Vive le Cameroun

Le Collectif des Séminaristes,


J2PIST, MIDA
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