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RAPPORT D’OBSERVATIONS DÉFINITIVES

ET SES REPONSES

AGENCE DE DEVELOPPEMENT ET
DE RESERVATION TOURISTIQUES
DE SEINE-ET-MARNE
(ADRT 77)

Exercices 2011 et suivants

Observations définitives
délibérées le 19 octobre 2017
ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

TABLE DES MATIÈRES


SYNTHÈSE............................................................................................................................... 2
OBSERVATIONS .................................................................................................................... 7
1 RAPPEL DE LA PROCÉDURE ..................................................................................... 7
2 L’ADRT 77 : OBJET, FONCTIONNEMENT INSTITUTIONNEL ET SITUATION
FINANCIÈRE ................................................................................................................... 8
2.1 Objet de l’association .................................................................................................................... 8
2.1.1 Les statuts de l’association ......................................................................................................... 8
2.1.2 La création du pôle d’excellence du tourisme ............................................................................ 9
2.2 Le fonctionnement institutionnel .................................................................................................. 9
2.2.1 L’assemblée générale (AG) ...................................................................................................... 10
2.2.2 Le conseil d’administration (CA) ............................................................................................. 10
2.2.3 Le bureau .................................................................................................................................. 11
2.2.4 Le président .............................................................................................................................. 11
2.2.5 Le directeur général .................................................................................................................. 11
2.3 Fiabilité des comptes et situation financière ............................................................................... 12
2.3.1 Produits d’exploitation ............................................................................................................. 12
2.3.2 Charges d’exploitation.............................................................................................................. 14
2.3.3 Perspectives à court terme ........................................................................................................ 16
2.3.4 Stratégie à moyen terme ........................................................................................................... 18
3 LES DYSFONCTIONNEMENTS DE LA GESTION RELEVES PAR L’AUDIT .. 18
3.1 Les relations entre SMT et IFT Paris Est .................................................................................... 18
3.1.1 Le soutien à l’activité d’IFT ..................................................................................................... 18
3.1.2 Les conditions d’accueil d’IFT ................................................................................................. 19
3.1.3 Le défaut de transparence ......................................................................................................... 20
3.2 Des dépenses d’exploitation dont le bien-fondé ne paraît pas établi en toutes circonstances ..... 21
3.2.1 Frais de déplacement, de mission et de réception..................................................................... 21
3.2.2 L’utilisation de la carte bancaire de l’association..................................................................... 22
3.3 Le départ en retraite du directeur général.................................................................................... 24
3.4 L’organisation du congrès des maires ......................................................................................... 25
3.4.1 L’attribution de l’organisation du congrès des maires à des sociétés privées .......................... 25
3.4.2 Un défaut de transparence ........................................................................................................ 27
3.5 Les commandes de prestations et services .................................................................................. 29
3.5.1 La passation des commandes .................................................................................................... 29
3.5.2 Les conventions réglementées .................................................................................................. 30
3.5.3 Le marché passé avec la société SIEST .................................................................................... 31
3.5.4 La réorganisation de la commande publique ............................................................................ 33
3.6 Le contrôle du département sur l’association .............................................................................. 33
3.6.1 La subvention de fonctionnement versée par le département ................................................... 33
3.6.2 Les limites du contrôle de la collectivité départementale ......................................................... 34
3.6.3 Les mesures mises en œuvre depuis 2015 ................................................................................ 35
ANNEXES ............................................................................................................................... 36

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

SYNTHÈSE

Le présent rapport d’observations définitives, qui porte sur l’Agence de développement et de


réservation touristiques de Seine-et-Marne (ADRT 77), également appelée Seine-et-Marne
tourisme (SMT), financée par une subvention départementale annuelle de plus de 2,5 M€1, a été
réalisé, après que le président du Conseil départemental de Seine-et- Marne, en a demandé le
contrôle par courrier du 23 mars 2016.
Le président, après avoir rappelé que postérieurement à son élection, le 2 avril 2015, il avait
souhaité mettre en œuvre une campagne d’audits des principaux organismes associés de la
collectivité, a indiqué que les résultats de l’audit de cette association, effectué par les services du
département, le conduisaient à alerter et à solliciter l’intervention de la chambre pour assurer la
vérification des comptes de cet organisme.
Pour le président, la lecture du rapport d’audit, joint à cette demande, mettait en avant,
notamment, « l’insuffisance de contrôle de la collectivité quant à l’usage des subventions
annuelles versées à cet organisme », « un dérapage marqué, au fil des années, de l’utilisation
des fonds de l’association, disproportionnée, voire sans rapport avec l’objet et la mission de
l’association, voire probablement à des fins personnelles pour certains dirigeants », le fait
« qu’aucune règle ni aucun principe de la commande publique ne sont respectés », alors que
l’activité de l’association est financée majoritairement par un pouvoir adjudicateur.

La situation administrative et financière

En 2012, l’association a adopté le nom d’Agence de développement et de réservation touristiques


de Seine et Marne, avec une dénomination distincte selon la nature de ses activités : Seine-et-
Marne Tourisme pour les activités associatives proprement dites, non commerciales, et
Tourisme 77 pour les activités commerciales.
Au titre des compétences déléguées par le département, qui constituent l’activité non lucrative de
l’association, Seine et Marne Tourisme accompagne le développement du territoire seine-et-marnais
et assure, notamment, la promotion des sites et des manifestations touristiques. Dans le cadre de
l’activité commerciale, qui constitue l’activité lucrative, Tourisme 77 a pour objet de soutenir
l’économie du territoire et d’aider les acteurs publics et privés à commercialiser leurs produits.
Récemment implantée au sein du Quartier Henri IV du château de Fontainebleau, l’ADRT
disposait d’un budget de près de 7,5 M€, en 2015, et elle employait l’équivalent temps plein de
44 salariés. La présidence de l’association a été assurée, de 2004 à 2015, par M. Lionel Walker,
vice-président du département en charge du tourisme. Depuis juin 2015, à la suite des élections
départementales, c’est M. Franck Vernin, auparavant vice-président, qui a présidé l’association.
Dans le cadre de l’activité non lucrative, l’association bénéficie d’une subvention versée par le
département qui couvre principalement des dépenses de fonctionnement et s’élevait annuellement,
jusqu’en 2015, à plus de 2,5 M€. Au titre de son activité commerciale d’agence de réservation et
de commercialisation de produits touristiques, auprès des particuliers ou des groupes, le chiffre
d’affaires de l’association est quant à lui passé de 7,8 M€, en 2014, à 4,4 M€, en 2015.
Dans ce contexte, le résultat global net de l’association, qui consolide celui des activités non
lucratives et lucratives, s’est dégradé, lors de la période examinée, et est devenu déficitaire,
depuis 2013, le déficit s’élevant à environ 0,2 M€, en 2015. C’est l’activité lucrative de
l’association, contrairement aux exercices précédents, qui a été à l’origine du déficit constaté en
2015. Face aux difficultés, notamment liées à un contexte touristique marqué, depuis 2015
surtout, par l’insécurité et les aléas climatiques, l’association a engagé une réflexion sur l’avenir
de son activité commerciale, fortement soumise aux changements de la politique commerciale
du groupe Disney, principal partenaire commercial de Tourisme 77.

1
M€ : million d’euros.

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Pour tenir compte de la contraction des produits issus de l’activité commerciale, les mesures
tendant à ajuster les charges et à dynamiser les recettes, mises en œuvre dès le second semestre
2015, ont été prolongées en 2016. Les mesures d’économies ont visé à réduire significativement
la masse salariale, notamment par l’ajustement de l’effectif et la baisse du budget alloué aux
heures supplémentaires, et par la maîtrise des frais généraux. Parallèlement, la recherche de
nouveaux produits à commercialiser et la conclusion de conventions partenariales et d’accords
commerciaux avec les acteurs du tourisme départemental devraient permettre d’accroître les
recettes commerciales.
À moyen terme, la stratégie de l’association devra s’inscrire dans les orientations du nouveau
schéma régional du tourisme et dans celles du département, qui privilégient la perspective d’un
marché de la destination « Paris Île de France » et l’éventualité d’une mutualisation de
compétences et d’outils entre les principaux acteurs régionaux. Sur le plan organisationnel, cette
stratégie doit trouver sa place dans le projet de création par le département d’une agence
d’attractivité territoriale regroupant l’association et d’autres organismes liés à la collectivité et
participant au développement du territoire.

Les dysfonctionnements relevés par l’audit du département


Compte tenu de l’objet de la demande formulée par le président du Conseil départemental, le
présent rapport a notamment eu pour objet d’examiner certains aspects de la gestion révélateurs,
selon l’audit précité, de dysfonctionnements.

Les relations de SMT et de l’IFT Paris Est


Dans le cadre de l’installation d’un pôle d’excellence du tourisme à Fontainebleau, acté par
délibération du Conseil général du 30 septembre 2011, l’association Institut français du tourisme
(IFT) Paris Est a été créée, en 2012, afin de participer à la valorisation du département dans le
domaine des formations supérieures, de la recherche et de l’ingénierie en matière de tourisme
et, à sa création, le président de Seine-et-Marne Tourisme et son directeur général sont devenus
respectivement président et directeur général d’IFT Paris Est.
Les relations entre cette association et SMT ont été encadrées par une convention de mise à
disposition de moyens, en date du 22 juillet 2013, d’une durée de trois ans et in fine résiliée le
30 mars 2016, qui prévoyait notamment que SMT assumait dans un premier temps et à ses frais
les missions nécessaires au démarrage et au développement de l’activité d’IFT Paris Est. SMT a
ainsi réglé des factures pour le compte d’IFT Paris Est, à hauteur de 92 000 €, en 2012, et de
15 000 €, en 2013, 35 000 € ayant toutefois fait l’objet d’une refacturation à IFT Paris Est, en 2013.
Au-delà de la seule gratuité d’occupation des locaux, consentie par SMT, mentionnée par le
président du Conseil départemental, les relations avec l’IFT Paris Est manquaient de
transparence, quant à leur objet et à leurs modalités de financement et d’évaluation. Dans ces
conditions, toute décision relative à la poursuite ou non des relations contractuelles semblait
nécessiter, tant au niveau de Seine-et-Marne Tourisme que de la collectivité départementale, la
réalisation d’une évaluation précise et exhaustive de l’activité conduite depuis trois années par
l’IFT Paris Est, au regard des coûts engagés par Seine-et-Marne Tourisme, ainsi qu’un examen
approfondi des risques juridiques et financiers encourus en cas de rupture de ces relations.

Des dépenses d’exploitation dont le bien-fondé ne paraît pas toujours établi


Comme le souligne l’audit et comme l’a également montré l’examen sur place des frais de
déplacement, de mission et de réception et des justificatifs produits, s’agissant notamment des
dépenses réglées par carte bancaire par l’ancien président de l’association et l’ancien directeur
général, en 2013 et en 2014, le rattachement de ces frais à une mission réalisée dans l’intérêt
exclusif de Seine-et-Marne Tourisme ne paraissait pas toujours pleinement établi, certains frais
étant a contrario susceptibles de relever d’un intérêt privé. Or, pour les personnes à qui a été
confiée la responsabilité de la gestion, s’agissant d’une association subventionnée, les
obligations relatives à l’emploi régulier des deniers publics doivent nécessairement constituer une
règle intangible.

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Si des frais de représentation et de réception, notamment de restauration et d’hôtellerie, prenant


place dans la rubrique précitée « Accueils et rencontres professionnelles » ne sont bien sûr pas
étrangers à l’action de l’association, et notamment à sa mission de soutien et de promotion de
l’activité touristique auprès d’acteurs nationaux et internationaux, leur légitimité paraît reposer
d’abord et avant tout sur le bien-fondé et la proportionnalité de leur engagement et, in fine,
l’évaluation de leur efficacité.
L’ancien président, comme l’ancien directeur général ont indiqué à cet égard que ces dépenses
étaient liées à l’activité de SMT et qu’elles relevaient notamment de frais de déplacement
correspondant à une activité sur un département couvrant à lui seul la moitié de l’Île-de-France
et de l’entretien de liens réguliers avec les acteurs du tourisme et les principaux partenaires de
l’association. L’ancien président a notamment fait valoir que ces dépenses liées à
l’accompagnement des activités de l’association incluaient principalement des frais de repas, se
décomposant en repas de travail, par exemple avec des responsables départementaux, repas
d’affaires liés à l’activité commerciale de l’association, ou encore des repas avec les principaux
partenaires financiers de SMT ou avec des homologues départementaux.

Le départ en retraite du directeur général

Au vu des comptes de l’association, une dépense totale de 14 709 € a été consacrée, le 12 février
2015, certes à la tenue de l’assemblée générale annuelle, dans un lieu prestigieux, mais aussi à
la prise en charge du « pot de départ » en retraite du directeur général. Selon les indications
mentionnées dans le grand livre analytique de l’association, la somme de 9 870 € correspondrait
au coût de ce départ, ce qui est loin d’être anodin.
Si l’ancien président, à cet égard, a fait état de « l’investissement total et des compétences
professionnelles du directeur général », présent depuis plus d’une trentaine d’années à
l’association, aucun argument ne paraît de nature à justifier qu’une partie de la subvention
départementale ait pu être utilisée à la célébration de son départ, qui plus est dans une période
où le repli de l’activité commerciale de Tourisme 77 était déjà perceptible. Vis-à-vis de ce salarié,
l’association avait fait face à ses obligations juridiques, notamment en lui accordant une indemnité
importante dans le cadre de la procédure de séparation à l’initiative de l’employeur.
L’ancien directeur, pour sa part, a soutenu qu’à aucun moment des frais n’avaient été engagés
en plus de ceux nécessaires à la tenue de l’assemblée générale, sauf à constater une erreur
d’écriture du service comptable qui aurait enregistré trop vite, sous le vocable « de pot de
départ », les frais (d’un peu moins de 15 000 euros) d’une assemblée générale certes majeure,
et où aurait été évoqué, par ailleurs, le départ de ses deux principaux dirigeants.

L’organisation du congrès des maires

Parmi « les choix de gestion nuisibles à la pérennisation des équilibres financiers de


l’association », le président du Conseil départemental a fait référence à l’interruption, dès 2014,
de l’organisation par l’association du congrès des maires de Seine-et-Marne. Cette organisation,
jusqu’à cette date, constituait un produit d’exploitation non négligeable. Or, à compter de 2014,
l’association Union des maires de Seine-et-Marne a confié successivement cette organisation et
celle des manifestations qui lui étaient rattachées, en 2015 et en 2016, à deux sociétés privées.
Si l’Union des maires de Seine et Marne ne pouvait ignorer les répercussions financières de cette
décision sur le chiffre d’affaires de l’association, c’est apparemment à la demande des
prestataires privés, et donc sur la base du constat qu’il n’y avait pas en l’espèce de carence du
secteur privé pour organiser ce type de manifestation, qu’elle lui aurait retiré l’organisation du
congrès pour la confier à ces sociétés.
Pour autant, les deux sociétés attributaires ont fait appel aux prestations de Seine-et-Marne
Tourisme, en vue de l’organisation de cette manifestation, et SMT devait recevoir une
participation à ses frais de 15 000 €, en 2015, « pour la tenue des accueils et la co-organisation »,
et de 10 000 €, en 2016, au titre d’une prestation de même nature.

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À cet égard, la diversité et le caractère très général des missions confiées à SMT donnent à
penser que les sociétés privées auraient pu éprouver des difficultés à organiser seules cette
manifestation, sans le concours de l’association. Par ailleurs, l’instruction de la chambre n’a pas
permis d’établir dans quelles conditions les sociétés concernées avaient été conduites à adresser
leurs demandes à l’Union des maires, en vue de l’organisation du congrès, ni selon quelles
modalités, après mise en concurrence ou non, leur candidature avait été retenue.
Au total, il n’est pas non plus aisé de se prononcer, en l’état des informations dont a pu disposer
la chambre, sur le fait de savoir si l’association a subi, accepté sans réserves, voire accompagné
la décision de l’Union des maires de Seine et Marne de s’adresser à des sociétés privées en vue
de l’organisation de son congrès annuel.

Les commandes de prestations et services

S’agissant de la commande de prestations et de services, la demande de vérification du président


du Conseil départemental, partant du constat que l’activité de l’association étant financée
majoritairement par un pouvoir adjudicateur, indiquait que sa gestion posait un véritable problème,
dans la mesure où « aucune règle ni aucun principe de la commande publique ne sont respectés ».
De fait, eu égard aux caractéristiques de son financement, l’association entre dans le champ
d’application des deux ordonnances successives, l’ordonnance du 6 juin 2005 relative aux
marchés passés par certaines personnes publiques ou privées non soumises au code des
marchés publics, qui édicte que ces personnes sont soumises au respect des règles de publicité
et de mise en concurrence prévues par cette ordonnance ainsi que par son décret d’application
n° 2005-1742 du 30 décembre 2005, ainsi qu’au respect des principes de la commande publique
en ce qui concerne les autres achats, puis de l’ordonnance du 23 juillet 2015, applicable à
compter du 1er avril 2016.
Or, jusqu’en 2015, aucune pièce ou document n’a permis de constater que les commandes
de prestations et services de Seine-et-Marne Tourisme aient été soumises au respect des règles
de publicité et de mise en concurrence ou à celui des principes de la commande publique,
qu’il s’agisse de commandes passées avec des prestataires privés ou avec des prestataires faisant
l’objet d’une convention réglementée, dans le cas où un administrateur de l’association était
dirigeant ou associé de la société ayant bénéficié de la commande. Hors situation de fournisseur
exclusif, la présence d’administrateurs de l’association parmi les attributaires des commandes
devait au contraire renforcer cette exigence, au regard des principes précités de liberté d’accès à
la commande, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures.
Dans leurs réponses adressées à la chambre, l’ancien président et l’ancien directeur général ont
quant à eux déclaré que l’association respectait la réglementation applicable en matière de
commande. L’ancien président a notamment indiqué « je confirme que les commandes
répondaient aux règles définies par la loi à la fois aux ordonnances dédiées à ce sujet, notamment
celle de 2005, et au code du tourisme dans sa partie relative aux marchés publics.
Il est à relever que le code du tourisme ne comporte pas de partie relative aux marchés publics.
Depuis 2015, l’association a pris les dispositions destinées à veiller à l’application des normes
juridiques qui s’imposent à elles en matière de commande de prestations et services. Seul
cependant le respect strict des mesures qu’elle a elle-même édictées lui permettra d’assurer le
respect des règles juridiques précitées et d’améliorer l’efficience de la commande.
*
Dans la survenue des dysfonctionnements relevés, le département porte sans doute une part de
responsabilité. En effet, pendant une longue période, son contrôle sur l’utilisation de la subvention
s’est apparemment limité à l’examen des grands équilibres financiers. En effet aucun contrôle
effectif de la régularité des actes et de l’efficacité de la gestion de l’association n’a été mis en
place à la hauteur de la contribution financière apportée.

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Pour le département, la présence d’élus à la présidence et à la vice-présidence, ainsi qu’au


conseil d’administration, emportait, semble-t-il, présomption de régularité des actes de gestion et
de strict respect de l’intérêt départemental dans la réalisation des dépenses. C’était sans doute
perdre de vue que seule la mise en œuvre d’un véritable contrôle de la gestion, en application de
l’article L. 1611-4 du code général des collectivités territoriales (CGCT), au demeurant inscrit
dans la convention d’objectifs et de moyens conclue entre la collectivité et l’association, était de
nature à s’assurer de la réalisation optimale des opérations de l’association, à garantir la
protection de ses actifs et de ses ressources financières, tout en veillant à la conformité de ses
actes aux lois et règlements.
Sur la base des constats de l’audit, un certain nombre de mesures ont d’ores et déjà été prises,
afin de renforcer la sécurité juridique des actes et permettre le redressement des comptes de
l’association, par exemple avec la mise en place d’un schéma de traitement des achats, la forte
baisse des frais de mission et de déplacement et la diminution de moitié des paiements par carte
bancaire, ou bien encore avec la volonté de réexaminer les relations avec certains partenaires,
comme l’IFT Paris Est.
D’une manière générale et pour l’avenir, s’il n’en dispose pas à ce jour, le département trouverait
intérêt à établir une cartographie précise et exhaustive des risques juridiques et financiers relatifs
à ses engagements avec des partenaires extérieurs, en particulier avec les associations qu’il
subventionne, et à se doter des outils lui permettant d’assurer efficacement le suivi et le contrôle
des financements octroyés.

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« La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration »


Article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen

OBSERVATIONS

1 RAPPEL DE LA PROCÉDURE

Par courrier enregistré le 23 mars 2016, le président du Conseil départemental de Seine-et-


Marne, après avoir rappelé que postérieurement à son élection à la présidence, le 2 avril 2015,
il avait souhaité mettre en œuvre une campagne d’audits des principaux organismes associés
de la collectivité, a indiqué que dans ce cadre l’audit de l’organisme associatif « Agence de
développement et de réservation touristiques de Seine-et-Marne » (ADRT 77), également
appelé « Seine-et-Marne tourisme » (SMT), financé par une subvention départementale
annuelle de plus de 2,5 M€, venait de s’achever.

Le président indiquait que les résultats de ce contrôle le conduisaient à alerter et à solliciter


l’intervention de la chambre pour assurer la vérification des comptes de cet organisme,
conformément aux dispositions prévues à cet effet par le code des juridictions financières
(CJF). Pour le président, la lecture du rapport d’audit, joint à cette demande, mettait
notamment en avant les éléments suivants :
- « une insuffisance de contrôle de la collectivité quant à l’usage des subventions annuelles
versées à cet organisme, difficilement explicable au vu de l’importance des
subventions » ;
- « un dérapage marqué, au fil des années, de l’utilisation des fonds de l’association,
disproportionnée, voire sans rapport avec l’objet et la mission de l’association, voire
probablement à des fins personnelles pour certains dirigeants » ;
- « des choix de gestion nuisibles à la pérennisation des équilibres financiers de
l’association (interruption, dès 2014, de l’organisation du congrès des maires, dérives des
dépenses de gestion courante, conventions de sous-occupation non valorisées) » ;
- « une méconnaissance avérée des règles de bonne gestion » ;
- « en ce qui concerne la commande publique, l’organisation interne de l’association pose
un véritable problème : son activité commerciale, si elle génère plus de 6,5 M€ de chiffre
d’affaires, ne dégage qu’un résultat d’environ 70 000 €. La question de l’application de
l’ordonnance du 6 juin 2005 se pose donc : le département apportant une subvention
globale de 2,5 M€, son activité est financée majoritairement par un pouvoir adjudicateur
puisque ses ressources propres (commerciales) ne sont constituées que par la marge
dégagée par cette activité. Or, aucune règle ni aucun principe de la commande publique
ne sont respectés ».
Par courrier du 31 mars 2016, le président de la chambre a informé le président du Conseil
départemental qu’il avait décidé de faire droit à cette demande motivée de vérification des
comptes de l’association, en application des articles L. 211-8 et L. 211-4 à L. 211-6 du CJF2.

2
Par courrier enregistré le 31 mai 2016, le président de l’association depuis 2015, vice-président en charge du tourisme au
Conseil départemental, M. Franck Vernin, après avoir fait état de la demande de contrôle précitée du président du Conseil
départemental, a ajouté que la lecture de l’audit le conduisait à son tour à solliciter la chambre à fins de contrôle de l’association,
indiquant à cet égard : « Je suis particulièrement soucieux d’inscrire l’évolution de cette association dans un cadre rigoureux et
respectueux des règles de bonne gestion des deniers publics et d’être en mesure de disposer d’une structure solide dans un
contexte de réforme territoriale où la question de la compétence touristique est déterminante pour nos territoires ».

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Après avis favorable du ministère public près la chambre, rendu le 1er juin 2016, en application
des articles L. 211-4 et R. 211-2 du CJF, le contrôle des comptes et l’examen de gestion de
l’association, de l’exercice 2011 à la période la plus récente, a été ouvert par courrier adressé
le 9 juin 2016 à M. Franck Vernin, président de l’association depuis le 28 mai 2015. M. Lionel
Walker, président de l’association au cours de la période 2011-2015, a été informé de
l’ouverture du contrôle par courrier du 17 juin 2016. L’entretien facultatif, prévu par les articles
L. 243-2 et R. 241-14 du CJF, s’est déroulé le 12 décembre 2016, successivement avec
M. Vernin et avec M. Walker.

En sus de l’examen de la gestion de l’association, le présent rapport qui porte notamment sur
la réalisation des missions qui lui sont confiées, sur sa situation financière et les mesures de
redressement mises en œuvre depuis 2015, a donc eu pour objet d’examiner les aspects de
la gestion mentionnés par le président du Conseil départemental et révélés par l’audit qu’il
avait lui-même diligenté sur la gestion de cet organisme.

Le présent rapport d’observations définitives a été arrêté au vu des observations provisoires,


notifiées le 21 avril 2017 au président en fonction de l’association et à son prédécesseur, à
l’ancien directeur général, au président du Conseil départemental et à son prédécesseur, des
extraits adressés aux personnes concernées, et des réponses enregistrées à la chambre3,
ainsi que de l’audition, le 19 octobre, de l’ancien président de l’association.

Ont participé au délibéré qui s’est tenu le 19 octobre 2017 et qui a été présidé par
M. Geneteaud, président de section, Mme Lannon, première conseillère, M. Sigalla, premier
conseiller, Mme Salmon, première conseillère, M. Mircher, premier conseiller, M. Lesquoy et
Mme Mesnard, conseillers.

Ont été entendus :


- en son rapport, Mme Salmon, première conseillère, assistée de Mme Cortot, vérificatrice
des juridictions financières ;
- en ses conclusions, sans avoir pris part au délibéré, le procureur financier.
Mme Bernier-Liparo, auxiliaire de greffe, assurait la préparation de la séance de délibéré et
tenait les registres et dossiers.

2 L’ADRT 77 : OBJET, FONCTIONNEMENT INSTITUTIONNEL ET


SITUATION FINANCIÈRE

2.1 Objet de l’association

2.1.1 Les statuts de l’association

Aux termes des articles L. 132-1 à L. 132-6 du code du tourisme, le département a confié tout
ou partie de sa politique en faveur du tourisme au comité départemental du tourisme (CDT),
association créée le 17 mai 1959, date de publication de ses statuts au journal officiel.
La politique mise en œuvre par le CDT, définie par la collectivité, comporte trois volets
principaux : l’aménagement et le développement touristique du département, le CDT assurant
l’accompagnement en ingénierie des projets structurants, l’animation du réseau des acteurs
du tourisme, et la promotion et le marketing.

3
Ont été enregistrées au greffe de la chambre les réponses transmises par le président du département, le 29 juin, le président
en fonction de l’association, le 12 juin, l’ancien président de l’association, le 15 juin, l’ancien directeur général de l’association, le
30 mai, le président de l’association IFT Paris Est, le 14 juin, la présidente de l’Union des maires de Seine-et-Marne, le 15 juin,
la société d’investissement et d’exploitation sèvrienne, le 19 juin, et les gérants des sociétés Centrex, Identité design et RN2D
tourisme et territoire, respectivement les 17 mai, 1er juin et 16 juin 2017.

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L’association contribue également à assurer l'élaboration, la promotion et la commercialisation


de produits touristiques, en collaboration avec les professionnels, les organismes et toute
structure locale intéressés à l'échelon départemental et intercommunal.

Les statuts ont fait l’objet de 10 modifications successives, les plus récents ayant été adoptés
lors de l’assemblée générale extraordinaire du 23 juin 2016. Si ces adaptations ont notamment
eu pour objet d’accroître le nombre des membres du conseil d’administration, la fusion du comité
départemental avec l’association à vocation commerciale « Tourisme 77 » a été décidée,
en 2007, puis l’assemblée générale extraordinaire du 6 mai 2010 a validé l’appellation
Seine-et-Marne Tourisme, en remplacement du comité départemental du tourisme.

Enfin, en 2012, l’association a adopté le nom d’agence de développement et de réservation


touristiques de Seine-et-Marne, avec une dénomination distincte selon la nature de ses
activités : Seine-et-Marne Tourisme pour les activités associatives proprement dites,
et Tourisme 77 pour les activités commerciales.

Au titre des compétences déléguées par le département de Seine-et-Marne, qui constituent


l’activité non lucrative de l’association, Seine-et-Marne Tourisme accompagne le
développement du territoire et assure notamment la promotion des sites et des manifestations
touristiques. Dans le cadre de l’activité commerciale, qui constitue l’activité lucrative
de l’association, Tourisme 77 a pour objet de soutenir l’économie du territoire et d’aider les
acteurs publics et privés à commercialiser leurs produits. Cette activité concerne notamment
la réservation des gîtes ruraux, les ventes d’excursion à la journée, les ventes de séjours en
lien avec le Parc Disney, le tourisme d’affaires, la vente en ligne aux particuliers.

2.1.2 La création du pôle d’excellence du tourisme

Par délibération du 30 septembre 2011, le Conseil général a acté l’installation d’un pôle
d’excellence du tourisme à Fontainebleau. La délibération du 30 septembre 2011 a attribué à
l’Établissement public du château de Fontainebleau (EPCF) une subvention d’investissement
de 3 M€, d’un montant égal à la subvention de la région Île-de-France, au titre du financement
des travaux d’aménagement du Quartier Henri IV, en vue de l’installation de ce pôle qui était
destiné à devenir le lieu accueil d’une offre de formation, d’enseignement supérieur et de
recherche en matière de tourisme4.

C’est pour répondre à ces objectifs, selon les anciens président et directeur général de SMT
que l’association IFT Paris Est a été créée5, en 2012, afin de participer à la valorisation du
département dans le domaine des formations supérieures, de la recherche et de l’ingénierie
en matière de tourisme. Au demeurant, à sa création, le président de SMT et son directeur
général sont devenus respectivement président et directeur général d’IFT Paris Est.

2.2 Le fonctionnement institutionnel

Dans le cadre de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association, l’organisation interne
des associations et les attributions respectives des organes sociaux sont librement réglées
par les statuts qui définissent les modalités de gestion de l’association.

4
L’ancien président de SMT a indiqué que ce projet de création d’un pôle d’excellence répondait à des impératifs de gestion de
l’activité touristique départementale, notamment en termes qualitatifs, résultant de la reconnaissance du département et de son
agence de développement et du regroupement des représentants associatifs et privés dans un même lieu, afin de favoriser
l’émergence d’un projet partagé de développement, et de la prise en compte de formations d’excellence. Ce projet a fait l’objet
du contrat particulier région-département 2007-2013 qui a induit les décisions de financement de la région, du département et de
l’État à hauteur de 8 M€ ayant permis la réhabilitation de plus de 2 000 mètres carrés du quartier Henri IV.
5
L’un des créateurs de l’association IFT Paris Est est le président de l’Institut Français du Tourisme (IFT), association qui, au
niveau national, s’est fixée comme objectif de réunir et coordonner les acteurs du tourisme et d’assurer la cohérence des actions
locales par la création de pôles d’excellence.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

2.2.1 L’assemblée générale (AG)

Le comité départemental du tourisme de Seine-et-Marne, devenu ADRT 77, se présente


comme une association ouverte : les statuts prévoient que l’association se compose de toutes
personnes qui désirent apporter leur soutien aux buts et actions poursuivis par l’association.
De fait, les membres qui siègent à l’assemblée générale sont répartis au sein de 11 collèges
qui assurent la représentation des collectivités territoriales, des compagnies consulaires, des
fédérations et syndicats professionnels, des producteurs et artisans, et de structures à
vocation touristique ou culturelle.
La qualité de membre s’acquiert par le versement de la cotisation et par l’agrément du conseil
d’administration, à l’exception des 12 représentants du département qui sont désignés par
le Conseil départemental, et du président de ce Conseil qui est membre de droit de
l’assemblée générale et du conseil d’administration.

En 2015, le nombre de membres de l’association s’élevait à 1436. Ce nombre varie d’une


année sur l’autre, l’objectif de l’association étant de rassembler le plus d’acteurs possibles sur
le territoire : à chaque assemblée générale, les partenaires et acteurs touristiques sont invités
à participer et reçoivent régulièrement un appel à cotisation.
L’assemblée générale ordinaire réunit au moins une fois par an tous les membres de
l’association. Ses décisions sont prises à la majorité simple des membres présents ou
représentés. En pratique, le président ou le directeur général présente les éléments de
contexte, fait état de l’activité de l’association, des nouveaux dispositifs destinés au
développement de l’activité touristique et des réflexions stratégiques engagées.
L’assemblée générale extraordinaire a compétence pour procéder à la modification des
statuts, à la fusion ou à la transformation de l’association et, le cas échéant, à sa dissolution
et à la dévolution de ses biens.

2.2.2 Le conseil d’administration (CA)

Dans leur dernière version du 23 juin 2016, les statuts ont porté le nombre de membres
du conseil d’administration à 46, dont 13 représentants du département de Seine-et-Marne.
Les autres membres sont élus par l’assemblée générale ordinaire pour une durée de 3 ans et
représentent les divers groupes représentés au sein de l’association.
Le conseil d’administration délibère sur tous les aspects de la gestion de l’association, y
compris l’évolution des effectifs et la progression de la masse salariale mais, dans les faits,
les débats n’influent qu’à la marge sur les décisions qui engagent cette gestion.

L’article 9 d) des statuts stipule que les membres du conseil d’administration ne peuvent
recevoir aucune rétribution à raison des fonctions électives qu’ils occupent. Ceux-ci sont
toutefois éligibles à deux dispositifs : le remboursement de frais de mission et/ou de
déplacement sur présentation de justificatifs et, sur délibération expresse du conseil
d’administration, à une rémunération liée aux sujétions spéciales imposées par leurs tâches
de direction, dans la limite de la réglementation en vigueur.
Le président de l’association bénéficie ainsi d’une rémunération accordée par décision du
conseil d’administration du 26 février 1999. Le montant de cette rémunération, qui correspond à
75 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC), a été validé en assemblée
générale le 27 septembre 2002, et est conforme aux instructions fiscales en vigueur7.

6
Le nombre de membres est passé de 224, en 2011, à 189, en 2012, à 170, en 2013, et à 164, en 2014.
7
Cf. bulletin officiel des impôts 4H-5-06 n° 208 du 18 décembre 2006 (reprise de l’instruction fiscale du 15 septembre 1998). Pour
2016, la rémunération mensuelle ne devait pas excéder 1 099,96 net, le SMIC étant de 1 466,62 brut pour une base de 35 heures.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

2.2.3 Le bureau

Les statuts prévoient que les membres du bureau sont élus par le conseil d’administration, parmi
ses membres. Quant à lui, le bureau désigne un de ses membres, issu du Conseil départemental
et sur proposition de ce dernier, pour assurer la fonction de président de l’association.

Le bureau dispose de compétences étendues dans la mesure où il est investi du pouvoir de


gérer, diriger et administrer l’association, sous réserve des pouvoirs réservés statutairement à
l’assemblée générale et au conseil d’administration. Les statuts prévoient ainsi que le bureau
se réunit aussi souvent que l’intérêt de l’association l’exige et au minimum trois fois par an,
ce qui n’a été le cas qu’à partir de 2015. L’ancien président de l’ADRT a fait valoir à cet égard
que l'absence de respect des statuts, s’agissant du rythme des réunions du bureau, n’était pas
représentatif d’une absence de concertation et de transparence en ce qui concerne la définition
des orientations, la prise des décisions et la gestion de l’association.

Dans les faits, les décisions qui influent sur la gestion de l’association ont été préparées par
le président, voire par le directeur général.

2.2.4 Le président

Le président de l’association exerce les mandats de président du bureau et du conseil


d’administration et assure la gestion quotidienne de l’association. Il est remplacé par
le vice-président en cas d’empêchement.

Agissant au nom et pour le compte de l’association, le président dispose des pouvoirs étendus
définis par les statuts, notamment en matière de recrutement, licenciement et rémunération
des employés, de dépenses et de recettes, de décisions d’achat ou de vente, et il doit prendre
les actes nécessaires à l’exécution des décisions du bureau, du conseil d’administration et de
l’assemblée générale.

Les procès-verbaux des assemblées générales et des conseils d’administration font état
des interventions du président qui, de fait, conduit les débats et attribue la parole en fonction
des sujets traités et des compétences des uns et des autres.

L’ancien président a précisé, à cet égard, qu’il avait exercé la plénitude de ses attributions,
notamment en ce qui concernait la stratégie de l’association, faisant état des projets qu’il avait
impulsés, la création du pôle d’excellence tourisme, le site d’éco-tourisme de Franchard, dans
la forêt de Fontainebleau, ou bien encore la mise en place du dispositif « Vacances pour
tous ». Il a par contre indiqué avoir davantage délégué au directeur général, personnalité
présente dans le secteur du tourisme depuis de nombreuses années, la gestion de l’activité
commerciale et l’administration de l’association.

2.2.5 Le directeur général

Aux termes des statuts, le directeur général est recruté par le président pour assurer la
direction de l’association sur le plan administratif, financier et technique, ce qui comporte
notamment l’engagement des dépenses dans la limite d’un plafond par dépense fixé par le
conseil d’administration.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

2.3 Fiabilité des comptes et situation financière

En application des articles L. 612-4 et R. 612-5 du code de commerce, les associations


bénéficiant d’un montant annuel de subvention égal ou supérieur à 153 000 € doivent faire
certifier leurs comptes annuels par un commissaire aux comptes. Ces derniers comprennent
un bilan, un compte de résultat et des annexes financières. Ces documents ont été produits
et certifiés par le commissaire aux comptes mandaté à cet effet par l’assemblée générale
du 11 mai 2006, au titre des exercices 2006 à 2011, et celle du 11 avril 2012, pour les
exercices 2012 à 2017.

Depuis la parution du décret n° 2009-540 du 14 mai 2009 portant sur les obligations des
associations relatives à la publicité de leurs comptes annuels, les associations doivent aussi
assurer la publicité de leurs comptes et du rapport du commissaire aux comptes sur le site
internet8 de la direction des journaux officiels (JO), dans les trois mois suivant l’approbation
des comptes par l’organe délibérant. Lors de la période examinée, la publication annuelle
au JO9 a été effective.
Le résultat global net de l’association, qui résulte des activités non lucratives et lucratives, s’est
dégradé lors de la période examinée pour devenir déficitaire, depuis 2013, le déficit s’élevant
à environ 0,2 M€, en 2015. Comme le montre le tableau produit par le commissaire aux
comptes10 (cf. annexe n° 1), qui décompose le compte de résultat par nature d’activité, c’est
l’activité lucrative de l’association, contrairement aux exercices précédents, qui a été à l’origine
du déficit constaté en 2015.

2.3.1 Produits d’exploitation

Les produits d’exploitation sont constitués à plus de 70 % par l’activité commerciale, pour 25 %
environ par les subventions reçues et pour 5 % de produits divers.
Le montant des produits d’exploitation est passé de 11,3 M€ à 7,9 M€, entre 2011 et 2015.
Leur examen fait apparaître une rupture, en 2015 surtout, résultant de la baisse du chiffre
d’affaires relative à la commercialisation des produits concernant le parc Disney, à la vente
en ligne et au tourisme d’affaires.
En ce qui concerne l’activité commerciale, Tourisme 77 a en effet conclu des conventions
de partenariat dont la principale a été passée avec Euro Disney Associés, société anonyme
simplifiée (SAS), ce contrat établissant les conditions tarifaires octroyées à l’association
départementale pour la revente de billets et de prestations.
Chaque année, un avenant redéfinit les conditions de ce partenariat dont le poids financier
dans l’activité commerciale de l’association a créé avec le cocontractant un rapport de force
peu favorable à Tourisme 77. En attestent les conditions précaires et révocables imposées
par Euro Disney, qui se réserve par ailleurs la possibilité de les faire évoluer à tout moment,
s’agissant tant du volume autorisé des ventes que des conditions tarifaires ou des remises
accordées à Tourisme 77.
Parmi les autres conventions de commercialisation, celles qui ont été passées par l’association
avec la SNCF et Vente-privée.com. peuvent être mentionnées. Enfin, d’autres accords sont
conclus ponctuellement avec des hébergeurs ou fournisseurs de produits touristiques, ces
partenariats donnant lieu à reversement au bénéfice de l’association, au prorata du chiffre
d’affaires.

8
http://www.journal-officiel.gouv.fr/diffuser-les-comptes-annuels.html.
9
https://www.journal-officiel.gouv.fr/association (cf. SIREN : 784970600).
10
Le commissaire aux comptes précise, dans son rapport annuel, qu’en considération de la nature de l’activité d’agence de
voyages, il a été décidé de ne retranscrire, au niveau du compte de résultat, que la marge globale par type de produits et de
charges, ce qui explique la différence avec le montant total des produits et des charges, tel que mentionné infra.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Au titre de son activité d’agence de réservation et de commercialisation de produits


touristiques auprès des particuliers ou des groupes, le chiffre d’affaires de Tourisme 77 est
passé de 7,8 M€, en 2014, à 4,4 M€ en 2015. Le volume d’affaires a ainsi accusé une baisse
de 43 %, par rapport à 2014, la vente en ligne étant le segment le plus touché avec la perte
de certains clients pour un chiffre d’affaires s’élevant à 2,31 M€, en 2014.

Quant au tourisme d’affaires, il a également connu une forte baisse, les entreprises ayant
réduit leurs budgets à cet effet et ce secteur connaissant une forte concurrence. Pour
l’association, le tourisme d’affaires n’a représenté que 51 000 € de chiffre d’affaires, en 2015,
en retrait de 26 % par rapport à l’exercice précédent.

Par ailleurs, à partir de 2014, le non-renouvellement du contrat de prestation en vue de


l’organisation du congrès de l’Union des maires du 77 a aussi constitué une perte de chiffre
d’affaires, évaluée à plus de 0,2 M€.

Dans le cadre de son activité non lucrative, SMT bénéficie de la subvention versée par
le département. Au sein du budget départemental, les dépenses consacrées au tourisme,
rattachées à la sous-fonction 94 « développement touristique », qui se sont élevées en
moyenne à près de 5 M€ par an, lors de la période examinée, sont constituées pour plus de
la moitié par les subventions accordées à Seine-et-Marne Tourisme.

Comme le montre le tableau ci-après, les subventions à SMT se sont élevées annuellement à
plus de 2,5 M€, jusqu’en 2015. En 2016, le montant de la subvention de fonctionnement a
toutefois été ramené à 2,3 M€. L’association a bénéficié, par ailleurs, de subventions
exceptionnelles de fonctionnement et d’investissement pour son installation dans les locaux
du château de Fontainebleau : une subvention de fonctionnement de 0,13 M€ a permis de
couvrir les frais de déménagement et d’emménagement et une subvention d’investissement
de 0,15 M€ a financé le remplacement de mobilier, d’équipements informatiques et de
communication numérique.
Subventions du département à SMT

(en milliers d'euros) 2011 2012 2013 2014 2015 2016


Subvention de fonctionnement à SMT a 2 406 2 572 2 598 2 536 2 536 2 356
Subv. excep. SMT déménagement quartier Henri IV b 130
Subvention Investissement SMT c 30 30 30 30 25 30
Subvention exceptionnelle SMT Quartier Henri IV d 150
Subvention pour la mise en œuvre de la
e 15
convention avec Disney, partie promotion
Total f=a+b+c+d+e 2 436 2 602 2 628 2 566 2 840 2 401
en % du total des dépenses du secteur tourisme
48 % 62 % 59 % 54 % 63 %
du département
Budget de SMT (partie non-lucrative du compte de compte de
4 481 4 201 4 034 3 776 3 411
résultat) 2016 non
disponible
en % du budget de SMT 54 % 62 % 65 % 68 % 83 %
évolution de la subvention de fonctionnement N/N-1 7% 1% -2% 0% -7%
Source : rapport du commissaire aux comptes

Hors département, les autres conventions relatives à l’activité non lucrative impliquent des
acteurs publics, intercommunalités, établissements publics, ou privés, offices de tourisme,
établissements bancaires, fédérations de professionnels, dans le cadre d’actions en lien avec
le tourisme en Seine-et-Marne qui, le plus souvent, n’emportent pas d’incidence financière.

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2.3.2 Charges d’exploitation

Pour leur part, les charges d’exploitation sont passées de 11,2 M€ à 7,9 M€, entre 2011 et
2015. En 2015, elles étaient constituées pour moitié d’achats affectés à l’activité d’agence de
voyages, réservations de gîtes ruraux, vente en ligne par exemple, et pour un tiers de charges
de personnel et sociales.
En dehors du segment agence de voyages, la répartition des charges entre l’activité lucrative
et non lucrative fait apparaître une affectation de 80 % à la seconde. Interrogée sur la
vérification dans les faits de la répartition comptable des frais entre activités lucrative et non
lucrative, l’association a précisé que pour certaines charges, la répartition était objective,
s’agissant par exemple des charges de structure réparties au prorata des surfaces occupées.
Toutefois, elle a fait état d’une répartition plus discutable des charges salariales dans la mesure
où les salariés affectés aux activités lucratives et non lucratives n’ont pas pour consigne
de remplir des feuilles de temps dissociant le temps de travail réservé à chaque activité.

2.3.2.1 Le personnel de l’association

En pratique, une dizaine d’agents sont affectés à l’activité commerciale, soit à temps plein pour
sept d’entre eux, soit pour 60 à 70 % de leur temps de travail en ce qui concerne les trois autres,
qui consacrent une partie de ce temps à l’activité non lucrative, le directeur général et le
comptable, notamment.
Comme le montre le tableau n° 3 (cf. infra), l’effectif de l’association, exprimé en équivalent
temps plein (ETP), au 31 décembre de l’année, est passé de 52,41, en 2011, à 45,86, en 2014
et à 44,35 en 2015. Les charges de personnel, rémunération et charges sociales incluses, se
sont élevées à 2,69 M€, en 2011, à 2,52 M€, en 2014 et à 2,61 M€, en 2015. La hausse
enregistrée en 2015, par rapport à 2014, qui peut paraître contradictoire avec l’évolution du
nombre de salariés et les premières mesures prises pour maîtriser l’augmentation des charges,
s’explique aussi par le coût des indemnités versées par l’association à un certain nombre de
salariés, dans le cadre d’une séparation conventionnelle11 ou pour motif économique.

2.3.2.2 Les conditions de rémunération

L’association applique la convention collective des organismes de tourisme (IDCC 1909),


exception faite du compte épargne temps (CET), dont la mise en place par l’employeur dans
les organismes de la branche tourisme est rendue possible depuis l’accord du 28 octobre 2009,
mais sa politique de rémunération apparaît de fait avantageuse pour les salariés.
Le chapitre VII de la convention collective, dédié à la rémunération, prévoit que celle-ci
se compose de trois éléments :
- le salaire de base qui se réfère à l’indice attribué au salarié, au sein de sa grille de
qualification12, correspond à la classification de son emploi13, à laquelle est appliquée une
valeur de point, actuellement fixée à 1,133 € brut ;
- une prime d’ancienneté est versée en proportion du salaire de base, à raison de 3 % après
trois ans de présence, majorée de 1 % par année de présence, dans la limite de 20 % ;
- une gratification de fin d’année, ou 13ème mois, est attribuée au personnel ayant plus de
6 mois d’ancienneté, et son montant représente au minimum 10 % de la rémunération
brute mensuelle du salarié.

11
Article 5 de la loi n° 2008-596 du 25 juin 2008 portant modernisation du marché du travail, codifiée aux articles L. 1237-11 à 16
du code du travail et créant la rupture conventionnelle.
12
Grille de qualification propre à l’association, la dernière en vigueur date du 1er juillet 2016.
13
Classification en référence à la convention collective et à ses annexes.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Jusqu’au 31 décembre 2013, la grille adoptée par le conseil d’administration du


21 octobre 2008 prévoyait une progression avec un avancement après quatre ans de
présence, puis ensuite tous les trois ans, ce qui correspondait à une hausse de salaire de 3 %
tous les trois ans. Cette grille visait à unifier les indices de postes équivalents et à donner à
chaque salarié une évolution de carrière et donc de salaire linéaire et prévisible.

L’association a cependant mis fin à l’automaticité de cette progression de carrière en 2013,


au regard de l’impact financier de ce dispositif qui venait s’ajouter aux conditions de
rémunération de la convention collective.
En sus de la rémunération de base et des primes et gratification précitées, les salariés de
l’association peuvent bénéficient de l’attribution de deux primes :
- depuis 2011, une prime d’encouragement, répartie en deux volets, a été instituée : une
part variable, au prorata de la marge dégagée par l’activité commerciale et conditionnée
à la réalisation d’un bénéfice comptable de cette activité, a été instaurée par avenant au
contrat de travail des salariés du service commercial et un solde de 33 % du montant
global de cette part est réparti entre l’ensemble des salariés ;
- depuis 2007, une prime commerciale, dite au dossier, est versée aux salariés du secteur
commercial, selon certaines modalités.

2.3.2.3 La durée du travail

Depuis l’accord de 200114, la durée hebdomadaire du travail a été fixée à 34,50 heures,
payées 33,75 heures, avec un droit à 5 journées de RTT. Si rien n’évoque, dans les accords
collectifs, la prise en compte de la journée de solidarité, l’usage consiste à payer, semble-t-il,
cette journée chômée comme « journée du Président ».

Pour l’effectif non cadre, qui est le plus nombreux, 37,45 ETP au 31 décembre 2015,
le décompte du temps de travail annuel semble aboutir à une durée annuelle de 1 532 h/agent,
ce qui peut être mis en relation avec la durée légale annuelle du temps de travail, qui s’élève
à 1 607 h, journée de solidarité incluse.
Congés et durée hebdomadaire du travail (semaine de 34,5 heures)
a Nombre d’agents en ETP au 31/12/2015 : effectif NON CADRES 37,45
b Durée hebdomadaire de travail de l'association (en heures) 34,5
Jours ouvrés annuels 2015 - données pour l'année 2015 :
c 253
365 - 52 weekends - 8 fériés
Nombre de jours de congés annuels accordés (25 ouvrés) , RTT (5) et
d 31
journée du Président
e=d-c Décompte annuel (Nombre de jours travaillés dans l'association) 222
f=e*6,9 Conversion hebdomadaire (en heures) 1532
g Durée légale du travail en heures 1607
h=g-f Différence en heures par agent et par an 75
i=h/6,9 Soit en nombre de jours par agent 11
j=h*a Soit pour l'ensemble de l'association (en nombre d'heures) 2816
source : exploitation CRC des données de l'association

Ce décompte n’intègre pas les congés d’application particulière, comme les éventuels congés
exceptionnels pour absence familiale15, ni les journées dites de fractionnement (de 2 à 6 par an).

14 Au terme d’un premier accord signé en 1999, un horaire annuel de 1 802 heures, sur une base mensuelle de 150,16 heures,
soit hebdomadairement 34,65 heures, avec droit à 7 jours de RTT, avait été institué.
15
Ces congés spéciaux concernent : mariage d'un salarié - 4 jours ; mariage d'un enfant - 2 jours ; mariage ou décès d'une sœur
ou d'un frère du salarié - 1 jour ; naissance ou adoption (au foyer du salarié) - 3 jours ; décès du conjoint ou d'un enfant de la
cellule familiale – 5 jours ; décès d'un ascendant du salarié ou du conjoint : 3 jours ; déménagement du salarié - 2 jours/an.

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Par ailleurs, en application de la convention collective précitée, le contingent annuel d’heures


supplémentaires applicable est celui prévu par l’article D. 3121-14-1 du code du travail, soit
220 heures. Le décompte des heures supplémentaires rémunérées, de 2011 à 2015, fait
apparaître une réduction sensible du nombre d’heures supplémentaires effectuées au cours
des deux derniers exercices. À cet égard, un système de contrôle a été mis en place et la
récupération des heures supplémentaires a été privilégiée.

2.3.2.4 La rémunération des cadres dirigeants

L’article 20 de la loi n° 2006-586 du 23 mai 2006 relative au volontariat associatif et


à l'engagement éducatif prévoit que « Les associations dont le budget annuel est supérieur
à 150 000 € et recevant une ou plusieurs subventions de l'État ou d'une collectivité territoriale
dont le montant est supérieur à 50 000 € doivent publier chaque année dans le compte
financier les rémunérations des trois plus hauts cadres dirigeants bénévoles et salariés ainsi
que leurs avantages en nature ».
L’objectif de cette disposition est de renforcer la transparence de l’utilisation des fonds publics
dont bénéficie une association. Le rôle dans la gestion ou la représentation de l’association
détermine les trois cadres relevant de cette qualité de cadres dirigeants. Sont visés les
dirigeants bénévoles, salariés et non-salariés mais qui perçoivent une rémunération en leur
qualité de mandataire social.

L’information doit être publiée en distinguant la rémunération et les avantages en nature, mais
sans individualisation par personne physique. La rémunération globale brute des trois plus
hauts cadres dirigeants salariés avoisine 300 000 € / an.
Or, le compte financier ne comporte pas en annexe cette information et il convient donc que
l’association se conforme à l’avenir à cette disposition législative16.

2.3.3 Perspectives à court terme

Pour expliquer la baisse du chiffre d’affaires commercial, à partir de 2015, l’association a fait
état du contexte difficile, en matière de sécurité, mais aussi des données climatiques, avec la
forte pluviométrie du printemps 2016, qui ont été à l’origine d’annulations de réservations
touristiques, en provenance de l’étranger notamment.
Les changements de la politique commerciale de Disneyland Paris, principal partenaire
commercial de l’association, ont également eu pour conséquence, du fait de l’augmentation
sensible des tarifs, de conduire à l’annulation de nombreux séjours.
Par ailleurs, la concurrence de sites internet de réservation, de type Airbnb, ou celle des offices
de tourisme, qui ont développé la vente de produits et services, ne sont pas sans effets sur
l’activité commerciale de l’association, en ce qui concerne par exemple la location de gîtes
ruraux ou la vente de séjours dans les sites touristiques.

Pour tenir compte à la fois de la contraction des produits issus de l’activité commerciale et
de la réduction de la subvention départementale, en 2016, les mesures tendant à ajuster
le charges et à dynamiser les produits, mises en œuvre dès le second semestre 2015, ont été
prolongées en 201617.
L’ADRT a ainsi pris des mesures d’économies, dès juin 2015, qui ont visé à réduire
significativement la masse salariale, le budget alloué aux heures supplémentaires et à
maîtriser les frais généraux.

16
En revanche, l’association satisfait à ses obligations fiscales en matière de déclaration des frais généraux alloués aux cinq
personnes les mieux rémunérées.
17
Ces mesures sont mentionnées et leur impact évalué à l’annexe n° 2.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Les principales actions de réduction des charges ont concerné le personnel, avec un plan de
six licenciements économiques et deux ruptures conventionnelles de contrat de travail,
en 2015 et 2016.

Par ailleurs, le 8 mars 2016, un projet de réorganisation et de licenciement pour motif


économique de moins de 10 salariés a été présenté aux délégués du personnel. Ce plan
prévoyait notamment la suppression d’un poste d’agent de maîtrise au service de
l’observatoire, l’externalisation du poste d’entretien, la suppression de 2 autres postes de
catégorie agent de maîtrise, la fin des embauches en contrat à durée déterminée (CDD),
hors remplacement pour absence imprévue, et la fin des contrats en alternance.

À la date du 25 novembre 2016, deux départs avaient eu lieu : une salariée du service de
l’observatoire a quitté l’association en mai 2016 et a bénéficié de mesures d’accompagnement,
et une salariée du service études et développement a été recrutée par le département de
Seine-et-Marne, le 28 juin 2016. La troisième suppression de poste envisagée concernait une
salariée du service promotion, dans le cadre d’un licenciement pour motif économique et,
s’agissant du poste d’entretien, une procédure était en cours devant le conseil de prud’hommes.
Quant aux contrats de type CDD et en alternance, ils ont pris fin et n’ont pas été remplacés.

Enfin, un départ imprévu d’une salariée du service commercial, par rupture conventionnelle,
a eu lieu en septembre 2016, ce poste devant faire l’objet d’un remplacement en interne, après
suppression d’un poste à l’accueil.

Dans ces conditions, comme le montre le tableau ci-après, de 2011 à 2015, l’effectif
de l’association est passé de 52,41 à 44,35 équivalents temps plein (ETP), soit une diminution
de 15 % environ. Les salariés disposant d’un contrat à durée indéterminée (CDI) constituent
environ les trois quarts de l’effectif en ETP.
Évolution de l’effectif, de 2011 à 2015
EVOLUTION GLOBALE DES EFFECTIFS
au 31/12/2011 au 31/12/2012 au 31/12/2013 au 31/12/2014 au 31/12/2015
effectif effectif effectif effectif effectif
UNITE physique ETP* physique ETP* physique ETP* physique ETP* physique ETP*
Cadres 10 10,55 10 10 9 9 9 8,9 7 6,9
Non Cadres 45 41,86 43 40,75 41 36,59 40 36,96 39 37,45
TOTAL 55 52,41 53 50,75 50 45,59 49 45,86 46 44,35
Source : association
EVOLUTION DES EFFECTIFS PAR EMPLOI
au 31/12/2011 au 31/12/2012 au 31/12/2013 au 31/12/2014 au 31/12/2015
effectif effectif effectif effectif effectif
UNITE physique ETP* physique ETP* physique ETP* physique ETP* physique ETP*
CDI** 38 35,85 38 36,15 38 35,96 38 35,96 35 33,45
CDD*** 3 3 3 2,03 3 0,73 2 1,1 2 2
AUTRE :
FONCTIONNAIRE EN DETACHEMENT 1 1 1 1 1 0,9 1 0,9
MISE A DISPOSITION CD77 2 1,9 1 0,9 1 0,9 1 0,9 1 1
MISE A DISPOSITION INITIATIVE 77 2 1,66 1 1,67
APPRENTIS 8 8 7 7 5 5 5 5 3 3
CONTRAT DE PROFESSIONALISATION 1 1 1 1 2 2
CUI-CAE / CONTRAT AVENIR 1 1 1 1 1 1
MANDAT PRESIDENT 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
TOTAL 55 52,41 53 50,75 50 45,59 49 45,86 46 44,35
Source : association
* ETP : équivalent temps plein
** CDI : contrat à durée indéterminée
*** CDD : contrat à durée déterminée

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Dans le même temps, l’association a souhaité développer de nouveaux partenariats en vue


d’accroître ses recettes, notamment par la commercialisation de nouveaux produits et
la conclusion de conventions partenariales et d’accords commerciaux :
- au titre de l’activité commerciale, l’association a ainsi obtenu l’autorisation d’exploiter à
titre onéreux la salle plénière du Quartier Henri IV, pour l’organisation d’événements et
de séminaires, et négocié un accord avec l’EPCF afin de devenir l’opérateur commercial
du château de Fontainebleau ; par ailleurs, un partenariat était en cours d’élaboration
avec le site touristique Villages Nature, qui doit ouvrir en 2017, pour la réalisation d’un
espace d’accueil touristique au sein duquel l’association pourrait commercialiser diverses
prestations touristiques ;
- au titre de l’activité associative, SMT envisage de développer des prestations payantes
et de négocier avec le comité régional du tourisme (CRT) la prise en charge financière
de certaines actions ou outils numériques mis à disposition, comme Sitra/Apidae ;
de nouvelles conventions financières doivent aussi être conclues, notamment avec
le musée de la Grande Guerre, à Meaux, et le musée de la Gendarmerie, à Melun.

2.3.4 Stratégie à moyen terme

La stratégie à moyen terme de l’ADRT doit prendre en compte à la fois les orientations
du nouveau schéma régional du tourisme et celles du département, qui s’inscrivent dans
la perspective d’un marché de la destination « Paris Île-de-France » et l’éventualité d’une
mutualisation de compétences et d’outils entre les principaux acteurs de la région.

Sur le plan organisationnel, cette stratégie doit également s’inscrire dans la perspective de la
création par le département de Seine-et-Marne d’une « agence d’attractivité territoriale »
qui intégrerait l’association, au même titre que d’autres entités existantes qui participent
au développement du territoire18.

3 LES DYSFONCTIONNEMENTS DE LA GESTION RELEVES PAR


L’AUDIT

3.1 Les relations entre SMT et IFT Paris Est

3.1.1 Le soutien à l’activité d’IFT

Parmi les « choix de gestion nuisibles à la pérennisation des équilibres financiers


de l’association », le président du Conseil départemental, dans le courrier précité adressé à la
chambre, a fait référence, notamment, « à des conventions de sous-occupation non
valorisées ». Si elle n’en est pas la seule bénéficiaire, l’association IFT Paris Est se trouve
concernée par ce type de convention. D’une manière générale, cependant, c’est l’ensemble des
relations nouées entre SMT et cette association qui paraissait appeler des éclaircissements.

Comme il a été dit supra, dans le cadre de la création d’un pôle d’excellence du tourisme,
l’aménagement du Quartier Henri IV du château de Fontainebleau devait permettre d’accueillir
une offre de formation, d’enseignement supérieur et de recherche en matière de tourisme, rôle
dévolu à l’association Institut français du tourisme (IFT) Paris Est, créée en 2012 et présidée
par l’ancien président de SMT.

18
Les structures concernées sont notamment Seine-et-Marne développement (SMD), Aménagement 77, Seine-et-Marne
environnement, et Initiative 77, en matière d’insertion.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Les relations entre cette association et SMT ont d’abord été encadrées par une convention
de mise à disposition de moyens, en date du 22 juillet 2013, dont la signature a été autorisée
par le conseil d’administration de SMT, le 20 décembre 2012. Les stipulations de cette
convention d’une durée de trois ans, résiliée le 30 mars 201619, prévoyaient notamment
que SMT assumait dans un premier temps et à ses frais les missions nécessaires au
démarrage et au développement de l’activité d’IFT Paris Est20.

SMT a par ailleurs voté un budget de 123 000 €, au titre de 2012 et de 2013, même si aucun
versement n’a eu lieu dans ce cadre. En revanche, SMT a bien réglé des factures pour le
compte d’IFT Paris Est, à hauteur de 92 000 €, en 2012, et de 15 000 €, en 2013. Au regard
des éléments communiqués, sur ce total, un montant de 35 000 € a fait l’objet d’une
refacturation à IFT Paris Est, en 2013.

3.1.2 Les conditions d’accueil d’IFT

Par ailleurs, dans le cadre de la création du pôle d’excellence, le regroupement dans les
mêmes locaux d’organismes compétents dans le domaine touristique a été recherché.

À cet égard, à l’occasion de l’emménagement de l’ADRT dans les locaux du Quartier Henri IV,
aux termes d’une convention d’occupation temporaire du domaine public, l’Établissement
public du château de Fontainebleau (EPCF) lui a accordé la qualité de gérant de ces locaux
et a accepté le principe de la conclusion par l’association de conventions de sous-occupation.
Quant à l’ADRT, elle verse à l’EPCF une redevance d’occupation du domaine public21.

L’Institut français du tourisme (IFT) Paris Est, le comité départemental olympique et sportif
(CDOS), l’union départementale des offices de tourisme et des syndicats d’initiative (Udotsi),
le comité départemental de la randonnée pédestre (Coderando), la Fondation du Patrimoine,
la CCI 77, et l’union des métiers et des industries de l’hôtellerie d’Île-de-France (UMIH–IDF)
ont ainsi conclu des conventions de sous-occupation avec l’association, d’une durée de
20 ans, qui comportent notamment la mise à disposition de bureaux et la mutualisation
d’espaces communs, comme des salles de réception ou de réunion.
Charges liées à l’occupation des locaux

Surface Loyer annuel Charges/prestations/taxes


CCI 77 49 m² 2 900 € HT* Prorata d’occupation des m2
CDOS Bureau Aucun Pas de participation
CODERANDO 12 m² Aucun Prorata d’occupation des m2
UDOTSI 12 m² Aucun Prorata d’occupation des m2
UMIH – IDF 50,41 m² 15 000 € HT* Prorata d’occupation des m2
Fondation Patrimoine 20 m² Aucun Pas de participation
IFT Paris Est 240 m² Aucun Pas de participation
* Montant qui fait l’objet d’une révision tous les ans selon l’indice du coût de la construction
Source : ADRT

19
La résiliation a pris effet le 21 juillet 2016, selon les modalités prévues à l’article 5.
20
SMT mettait à disposition les locaux et le matériel nécessaires, se chargeait des supports de promotion et de la création du site
internet permettant de faire connaître l’offre de l’association, apportait son concours pour les missions d’ingénierie, notamment.
SMT a par ailleurs accordé un demi-poste à l’IFT Paris Est, dans le cadre d’un avenant au contrat de travail de la salariée
concernée. Conclue le 11 mars 2013 pour une durée déterminée, cette mise à disposition est devenue à durée indéterminée par
l’avenant du 11 mars 2014 et a pris fin en 2016, au terme de la résiliation de la convention de moyens. Depuis juin 2015 et les
changements intervenus à la tête de SMT, les interventions de SMT se sont toutefois limitées à la gestion comptable,
administrative et financière d’IFT Paris Est et ont été comptabilisées à hauteur de 151 heures par an.
21
L’ancien président de SMT a fait valoir qu’attaché à défendre les intérêts de l’association, il avait obtenu de l’EPCF, avec
validation par le ministère de la culture, le paiement d’un loyer avantageux de 49 350 € pour 2055 mètres carrés, soit 24 € le
mètre carré par an, dans un monument historique de réputation mondiale. Cependant, aux termes de la convention d’occupation
qui lie l’EPCF à l’ADRT, depuis le 16 janvier 2015, la redevance pour les locaux occupés dans les dépendances du château de
Fontainebleau a été évaluée à plus de 66 000 €.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Selon les dispositions de l’article L. 2125-1 du code général de la propriété des personnes
publiques, toute occupation ou utilisation du domaine public donne lieu au paiement d'une
redevance. Elle peut cependant être délivrée gratuitement lorsque cette occupation ou cette
utilisation ne présente pas un objet commercial pour le bénéficiaire de l'autorisation.

L’accueil de l’IFT Paris Est dans les locaux du Quartier Henri IV, en mars 2015, sur une surface
de 240 m², impliquait donc la signature d’une convention de sous-occupation du domaine
public22. À cet égard, le compte rendu du conseil d’administration de l’association du
25 novembre 2014 porte la marque des discussions et des désaccords occasionnés par
l’absence de redevance d’occupation, ainsi que par les modalités de résiliation de la
convention à l’initiative du seul sous-occupant alors envisagées. Il pouvait en effet paraître
paradoxal que, compte tenu du caractère commercial de son activité, l’IFT Paris Est soit
exempté du paiement d’une redevance d’occupation, ce qui a pourtant été le cas.

In fine, cette convention a été signée le 20 mars 2015, quelques jours avant les scrutins des
22 et 29 mars 2015 portant élection des conseillers départementaux, par le vice-président
de l’association, M. Vernin, et par M. Walker, le président de l’association, en sa qualité de
président de l’IFT Paris Est. Les conditions de sous-occupation apparaissent à cet égard
contraignantes pour SMT, qui s’engage à assumer seule l’intégralité des charges financières
et des travaux d’entretien des locaux, mis à disposition pour une durée de 20 ans, et qui devait
verser à l’IFT Paris Est, le cas échéant, une indemnité d’éviction égale à 10 années d’un loyer
calculé par référence au marché immobilier et à des locaux d’une surface similaire. De son
côté, l’IFT Paris Est n’avait à faire face ni au paiement d’une redevance d’occupation du
domaine public, ni au remboursement de charges locatives.

Dans leurs réponses à la chambre, l’ancien président de SMT comme l’ancien directeur général
ont indiqué à cet égard que les élus représentant le département au conseil d’administration
avaient approuvé les termes de la convention en toute connaissance de cause.

3.1.3 Le défaut de transparence

L’ancien président de SMT a indiqué que les conditions avantageuses ainsi octroyées par
l’association à l’IFT Paris Est étaient destinées à garantir la sécurité de ses activités et la
pérennité de son action. Pour autant, les conditions de conclusion de cette convention illustrent
aussi la difficulté qui pouvait être la sienne à défendre au mieux les intérêts de Seine-et-Marne
Tourisme, alors qu’il présidait dans le même temps l’IFT Paris Est et même si, dans l’immédiat,
la signature de la convention par le vice-président de SMT, devenu président en 2015, a
permis de contourner cet obstacle.
À cet égard, la chambre rappelle que l’article 2 de la loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013
relative à la transparence publique a défini pour la première fois la notion de conflit d’intérêts
comme « toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics et privés
qui est de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif
d’une fonction », nonobstant le caractère bénévole que pouvait revêtir, en l’espèce, pour le
président de l’association, la présidence concomitante de l’IFT Paris Est.
La nouvelle présidence de l’association, quant à elle, s’est interrogée sur les résultats obtenus
par l’IFT Paris Est, au regard des objectifs identifiés et des coûts précités que SMT a eu à
assumer à son bénéfice. À cet égard, il semble qu’elle envisageait de mettre fin à la convention
de sous-occupation, compte tenu notamment de l’abandon par l’IFT de l’activité d’ingénierie
touristique et du nombre limité des sessions de formation23.

22
La signature d’une convention de sous-occupation du domaine public a été autorisée par l’EPCF le 30 janvier 2015.
23
Dans sa réponse à la chambre, l’ancien président de SMT a fait valoir que l’IFT Paris Est, s’agissant des activités de formation,
était installée dans les nouveaux locaux, dans la deuxième tranche, depuis mai-juin 2015, qu’au titre de l’année scolaire 2015-
2016, 150 étudiants auraient profité de ces locaux et que, dans ces conditions, il était difficile d’apprécier le niveau des activités
de formation alors qu’elles n’avaient pas encore vraiment démarré.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Par ailleurs, au regard des conditions précitées de résiliation de cette convention, l’association
s’est tournée vers le département afin que ce dernier, le cas échéant, assure la couverture du
risque financier d’une décision en ce sens, alors même que la convention de sous-occupation
ne concerne que les deux parties au contrat.
*
En tout état de cause, toute décision, relative à la poursuite ou non des relations contractuelles
entre l’association et l’IFT Paris Est, semble nécessiter, tant au niveau de l’association que de
la collectivité qui lui apporte son soutien financier, la réalisation d’une évaluation précise et
exhaustive de l’activité conduite depuis trois années par l’IFT Paris Est, tant sur le plan
quantitatif que qualitatif, ainsi qu’un examen approfondi des risques juridiques et financiers
encourus en cas de rupture de ces relations.

3.2 Des dépenses d’exploitation dont le bien-fondé ne paraît pas établi en toutes
circonstances

3.2.1 Frais de déplacement, de mission et de réception

Comme il a été dit, la demande d’examen formulée par le président du Conseil départemental
faisait état « d’un dérapage marqué, au fil des années, de l’utilisation des fonds de
l’association, disproportionnée, voire sans rapport avec l’objet et la mission de l’association,
voire probablement à des fins personnelles pour certains dirigeants ».
À cet égard, jusqu’en 2015, les dépenses relatives aux déplacements, missions et réceptions,
enregistrées aux comptes 625, représentaient plus de 200 000 € par an. Elles comportaient
pour moitié des achats de prestations tels que des frais de navette de bus, à destination des
châteaux de Vaux-le-Vicomte ou de Blandy-les-Tours, ou des remboursements à des tiers,
par exemple pour l’achat de billets et, pour l’autre moitié, des dépenses liées aux frais de
mission, de réception et de déplacement des représentants ou salariés de l’association.

Le remboursement des seuls frais justifiés dans le cadre de l’activité de l’association revêt à
cet égard une importance certaine, dans la mesure où les sommes qui ne seraient pas
rattachées à une mission répondant aux besoins effectifs de l’organisme pourraient être
considérées comme participant d’une rémunération déguisée de la personne bénéficiaire.

Aux termes de l’audit réalisé par le département, corroborés par l’examen des grands livres
analytiques de l’association, le montant des frais de voyages, déplacements, missions et
réceptions ayant fait l’objet d’un remboursement en faveur de l’ancien président, qui percevait
une rémunération de 993 € par mois, s’est élevé à 19 000 €, en 2013, 29 000 € en 2014 et
12 000 € en 2015, soit en moyenne à 1 600 €/mois. Quant à l’ancien directeur général, dont
la rémunération mensuelle s’élevait alors à 7 400 € par mois, ces défraiements se sont élevés
à 44 726 €, en 2013, à 38 187 €, en 2014, et à 15 159 €, en 2015, soit une moyenne de
3 400 € par mois au titre de 2013 et de 2014. La nette décélération de ces montants, observée
en 2015, dans le contexte du changement de présidence et de l’instauration d’un contrôle plus
strict des dépenses d’exploitation24, est à ce titre révélatrice des économies susceptibles d’être
obtenues à ce titre.

Au-delà de ce montant qui, au titre des exercices 2013 et 2014, peut donc paraître élevé,
l’examen au siège de l’association d’un échantillon de factures25 (cf. annexe n° 3) et justificatifs
fournis à l’appui des paiements, au titre de 2014 et de 2015, soulève une autre difficulté.

24
Au titre de l’exercice 2015, 8 000 € ont concerné le défraiement du président en fonction, de janvier à avril, et 4 000 €, de mai
à décembre, de son successeur.
25
L’échantillon de 45 paiements, au titre de 2015, s’élevait au total à 22 000 €, soit 20 % du montant total des frais de voyages,
missions, déplacements et réceptions de l’exercice 2015, et celui de 2014 47 paiements et 41 967 €, soit 19 % du total.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

S’il comporte bien l’objet et le montant du paiement, frais de restauration, de voitures et/ou
de motos, par exemple, le nom du créancier destinataire du paiement et/ou du remboursement
de frais, président et cadres dirigeants, notamment, désignés par leurs initiales, et/ou
établissements privés, et la modalité de paiement, par carte bancaire (CB) la plupart du temps,
l’examen des enregistrements ne permet pas, de fait, d’établir le lien entre les paiements
et remboursements de frais et les missions précises correspondant à ces paiements. En effet,
la colonne « Nature et fonction analytiques » des comptes 635 comporte principalement deux
rubriques de caractère très général, « Accueils colloques et rencontres professionnelles » et
« déplacements », qui, par elles-mêmes, manquent de précision pour apprécier le bien-fondé
de tel ou tel paiement.
Comme l’a confirmé l’association, aucun règlement intérieur, ni aucune procédure formalisée
relevant de ce qu’il est convenu de désigner un contrôle interne de la gestion ne précisent les
modalités de remboursement des frais engagés par le président, le directeur général ou les
cadres de l’association. S’agissant notamment de l’utilisation de fonds en provenance d’une
collectivité publique, l’association, elle-même présidée par un représentant de cette
collectivité, aurait certainement dû s’appliquer à elle-même, même sans formalisme excessif,
les règles en vigueur au niveau de ladite collectivité départementale, ordres de mission et
justificatifs précis de l’objet de la dépense, autres que les seules factures et facturettes liées à
l’utilisation des cartes bancaires.

3.2.2 L’utilisation de la carte bancaire de l’association

Comme il a été dit, pour s’en tenir aux auteurs des dépenses les plus élevées, comme le
montre le tableau ci-dessous, les paiements directs effectués par le président de l’association
et le directeur général, au titre des frais de mission et de déplacement, l’étaient par
l’intermédiaire de(s) carte(s) bancaire(s) de l’association. Jusqu’en 2015, les modalités
d’attribution des procurations et d’utilisation des cartes bancaires ont peu évolué. Si les frais
pouvaient être réglés par chèque, par virement bancaire ou par carte bancaire, les paiements
par carte bancaire relevaient d’une pratique courante, puisque les dépenses acquittées de
cette manière se sont élevées en moyenne à 100 000 € par an, jusqu’en 2015, le président, le
vice-président et le directeur général de l’association disposant d’un plafond mensuel de
dépenses par carte bancaire de 7 500 €26. Il peut d’ailleurs être observé que, parallèlement à
la baisse précitée des frais de mission et de déplacement, le paiement par carte bancaire a
aussi diminué à compter de 201527.
Paiements effectués par carte bleue au titre de l’activité associative,
hors activité commerciale

(en €) 2013 2014 2015


Ancien directeur général 42 308 39 765 14 376
Ancien président 15 603 22 624 5 472
Autres 10 656 15 311 18 600
Total 68 567 77 700 38 448
Source : audit de Seine-et-Marne Tourisme, 17 mars 2016

Comme le montre le tableau ci-dessus, s’agissant de l’activité de SMT, le président de


l’association et le directeur général, au titre des exercices 2013 et 2014, ont respectivement
effectué, en moyenne mensuelle, des paiements par carte bleue de 1 600 € et de de 3 400 €.
Au sein de ces dépenses, les frais de restaurant occupaient une part dominante, avec 53 %
du total, suivies de l’hôtellerie, 11 %, et des déplacements, 9 %, 6 % de ces dépenses, selon
l’audit, n’ayant au demeurant fait l’objet d’aucune justification apparente.

26
Selon l’audit, le directeur général disposait de deux cartes dont l’une était utilisée par le président, bien qu’elle ne soit pas à son nom.
27
Depuis mai 2015, les utilisateurs de carte bancaire sont au nombre de 5, le président, le directeur général, son adjoint, le
directeur de l’administration et des finances, et un agent de la direction générale pour les achats en ligne. Le seuil de paiement
par CB est fixé à 2 500 € par mois, à l’exception du président et, jusqu’en mai 2015, du directeur général, pour lequel le plafond
était fixé à 7 500 €.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Si des frais de représentation et de réception, notamment de restauration et d’hôtellerie,


prenant place dans la rubrique précitée « Accueils et rencontres professionnelles » ne sont
bien sûr pas étrangers à l’action de l’association, et notamment à sa mission de soutien et de
promotion de l’activité touristique auprès d’acteurs nationaux et internationaux, au titre de
laquelle elle reçoit une subvention du département, leur légitimité paraît reposer d’abord et
avant tout sur le bien-fondé et la proportionnalité de leur engagement et, in fine, l’évaluation
de leur efficacité.
Or, l’analyse des dépenses réglées par carte bancaire, en 2013 et en 2014, dans le cadre de
l’audit, de même que l’examen sur place des justificatifs fournis par l’association à l’appui des
paiements ainsi effectués, c’est-à-dire les factures et les facturettes remises par le bénéficiaire
du paiement à fins de remboursement, n’ont pas permis d’établir en toute occasion le
rattachement de ces frais à une mission réalisée dans l’intérêt exclusif de SMT.
En ce qui concerne l’ancien président de l’association, l’audit du département a ainsi recensé
11 factures de restaurant, pour un montant total de 2 713 €, dont trois présentaient
des montants par personne supérieurs à 100 €28 et 2 concernaient un samedi et un dimanche.
Par ailleurs, pour un échantillon de 3 factures d’hôtel, situés en Seine-et-Marne, d’un montant
total de 1 143 €, 2 mentionnaient la présence de « Madame »29 et la 3ème faisait état de
la présence30 de 2 adultes et de 2 enfants.
L’ancien président a indiqué que les dépenses qui lui étaient imparties étaient effectivement
liées à l’activité de SMT et relevaient d’abord de frais de déplacement correspondant à une
activité sur un département couvrant à lui seul la moitié de l’Ile de France et à l’entretien de
liens réguliers avec les acteurs du tourisme très présents à Paris. Les dépenses liées à
l’accompagnement des activités de SMT incluaient principalement des frais de repas, frais
justifiés selon lui par « l’inscription de l’exigence comptable demandée, à savoir les noms des
personnes concernées (sauf oubli exceptionnel) », se décomposant en repas de travail, par
exemple avec des responsables départementaux, repas d’affaires liés à l’activité commerciale
de l’association, ou encore des repas avec les principaux partenaires financiers de SMT ou
avec des homologues départementaux.
Quant aux dépenses d’hébergement, l’ancien président a fait valoir que « lorsqu’une réunion
ou une inauguration avaient lieu simultanément le soir et le lendemain matin, notamment dans
le nord de la Seine-et-Marne, il m’arrivait de rester dormir sur place évitant à la fois perte de
temps et frais de déplacement (..) ces temps pouvant se dérouler sur le week-end puisque
l’essentiel des manifestations touristiques ou inaugurations se déroulant entre le vendredi soir
et le dimanche midi ».
S’agissant de l’ancien directeur général, selon l’audit départemental, 16 factures de restaurant
ont atteint un coût total de 3 266 €, dont 2 concernaient un samedi et un dimanche et l’une
mentionnait, pour un coût de 444 €, la présence du directeur général, du président et de leurs
épouses. Par ailleurs, sur un échantillon de 9 factures d’hôtel, pour un coût total de 2 102 €,
tous les hôtels concernés se situaient à Paris et l’une, d’un montant de 201,50 € TTC,
mentionnait que les occupants étaient le directeur général et son épouse.
L’ancien directeur général a quant à lui fait valoir que les frais de représentation, de mission et de
réception résultaient des relations que le secteur privé doit entretenir avec ses partenaires et que
« SMT devait se défendre dans le cadre d’un contexte extrêmement concurrentiel, pour valoriser
son savoir-faire et ses compétences, exercés au profit de son territoire et ses partenaires » et,
« qu’au regard de ces dépenses, il faut mettre en perspective les recettes », et que « toutes les
dépenses de l’association sont justifiées, vérifiées par le trésorier, contrôlées par le commissaire
aux comptes et approuvées par le conseil d’administration et l’assemblée générale ».

28
Factures de 381 € TTC pour 3 couverts le vendredi 13 septembre 2013, de 551,50 € TTC le vendredi 13 décembre 2013 pour
4 couverts et facture de 326,80 € TTC pour 3 couverts le jeudi 22 mai 2014.
29
Facture de 775,80 € TTC pour les jeudi 9 et vendredi 8 mai 2013 comprenant appartement, restaurant, room service et massage.
30
Facture de 155,30 € TTC le jeudi 24 juillet 2014. L’ancien président a précisé à cet égard « qu’il est arrivé dans ce contexte
que mon épouse me rejoigne pour la nuit et une fois en juillet avec deux petits-enfants qu’elle accompagnait dans le parc Disney,
sachant que ces frais étaient payés personnellement (petits déjeuners, entrées) [je tiens à préciser que cela restait exceptionnel
et n’engageait en rien les finances de l’association ».

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

S’agissant des factures précitées, elles correspondaient soit à « des frais avancés pour d’autres
associations et remboursés depuis à SMT », soit « à des frais d’accueil du directeur général du
comité régional du tourisme (CRT), partenaire financier majeur de SMT », ainsi « qu’à des frais
d’accueil de partenaires financiers31» ou « à des frais d’hébergement sur Paris32 ».

3.3 Le départ en retraite du directeur général

L’ancien directeur général a été admis à la retraite le 1er juin 2015, environ 2 mois après la
date à laquelle il était en mesure de percevoir une retraite à taux plein, ayant atteint l’âge de
65 ans. Ce départ en retraite constituait apparemment pour ce dernier un objet de
préoccupation puisque, dès avril 2014, selon l’audit, il avait fait appel à un cabinet d’experts
comptables, rémunéré par l’association, pour procéder à des analyses et simulations relatives
à ses conditions de départ. À l’issue de cette consultation, c’est la procédure de la mise à la
retraite à l’initiative de l’employeur qui a été retenue, pour un coût brut avec charges quelque
peu supérieur à 200 000 €, formule légale, mais plus avantageuse pour le salarié que celle du
départ volontaire en retraite.

Le départ en retraite du directeur général a par ailleurs donné lieu à l’organisation d’un « pot
de départ » qui a eu lieu au château de Vaux-le-Vicomte, le 12 février 2015, à l’occasion de la
tenue de l’assemblée générale de l’association. Le grand livre analytique renseigne à cet égard
sur le coût lié à l’organisation de cette manifestation.
Coût de l’organisation de la journée du 12 février 2015

Nature et fonction Débit Acte de


Date Compte Pièce Objet Créanciers
analytique (en €) rattachement
Réunions Rochut Frais
10/02/2015 606300 240 35 Salarié ADRT
séminaires musique AG professionnels
Vaux le
Réunions Vaux le
16/02/2015 613200 353 Vicomte pot 5 721 Réception
séminaires Vicomte
de départ
Colloques Vaux le
Vaux le
16/02/2015 rencontres 613200 353 Vicomte pot 2 500 Réception
Vicomte
professionnelles de départ
Frais organes Franck Sono
16/02/2015 611000 351 1 649 Franck Sono Sonorisation
délibérants pot de départ
Franck Sono
Frais organes
16/02/2015 611000 352 AG du 4 804 Franck Sono Sonorisation
délibérants
12/02/2015
Total 14 709
Source : grand livre analytique de l’association

C’est donc, la gratuité de la salle étant acquise, un total de 14 709 € de dépenses qui aura été
assumé par l’association, le 12 février 2015, certes pour réunir les membres de l’assemblée
générale annuelle (soit environ 140 personnes selon les statuts), mais aussi pour la prise en
charge du « pot de départ » en retraite du directeur général. Au vu des indications
mentionnées dans le grand livre, la somme de 9 870 € correspondrait au coût de cette
cérémonie, ce qui est donc loin d’être anodin33.

31
S’agissant de la facture de 444 € TTC pour 4 couverts le vendredi 19 juillet 2014 au soir, l’ancien directeur général indique que
« lorsque, c’était très rare, [l’ancien président et lui-même dînaient avec leurs épouses, c’était dans le cas d’une réception d’un
de leurs hôtes lorsque ces derniers étaient accompagnés par leur propre épouse. Dans le même temps, l’ancien président ne
voulant pas se faire inviter par ses interlocuteurs, les frais étaient donc partagés en toute transparence ».
32
En ce qui concerne cette facture de 201,50 € TTC le mardi 3 juin 2014, l’ancien directeur général indique que « Conscient de
sacrifier ses soirées pour la cause de la structure [l’ancien directeur général] était parfois rejoint par son épouse, mais l’examen
de la facture montrera qu’aucun frais engagé par cette dernière n’était laissé à charge de la structure. Il n’y a donc absolument
rien de répréhensible dans ces démarches ».
33
Ce coût, qui a à voir avec la réservation d’un lieu prestigieux, peut utilement être comparé avec les coûts relatifs à l’organisation
de l’assemblée générale de l’association, lors des précédents exercices. Toujours selon le grand livre, le coût d’organisation de
l’assemblée générale s’était ainsi élevé à 2 577 €, en mai 2014, et à 4 573 €, en avril 2013.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

À cet égard, par lettre du 7 juin 2016 adressée au président du Conseil départemental, l’ancien
président de l’association alors en fonctions a fait état de « l’investissement total et des
compétences professionnelles du directeur général », présent depuis plus d’une trentaine
d’années à l’association. Pour autant, et sans que cela ait à voir avec l’investissement de ce
dernier dans l’exercice de ses fonctions, aucun argument ne paraît de nature à justifier qu’une
part de la subvention départementale, destinée à permettre à l’association d’accomplir ses
missions, ait pu être utilisée à une telle prise en charge. Vis-à-vis de ce salarié34, l’association
avait fait face à ses obligations juridiques, notamment en lui accordant une indemnité d’un
montant important dans le cadre de la séparation susmentionnée à l’initiative de l’employeur.
L’ancien président a indiqué à cet égard que la tenue de l’assemblée générale constituait « une
double opération de promotion à la fois pour [l’association] mais aussi pour un acteur
touristique majeur du territoire en contrepartie de la gratuité des salles ». Selon lui, « les
sommes dépensées ne correspondent donc pas à « un pot de départ », mais surtout à
l’aménagement des salles, aux frais de sono et des écrans et à l’habituel cocktail pour un
public certes plus nombreux que d’habitude, mais dont le coût constitue la plus petite part des
dépenses. Près de 200 personnes sont venues en effet pour la dernière assemblée du
président et du directeur général ».
En ce qui concerne l’ancien directeur général, il a indiqué35 « qu’à aucun moment des frais
n’ont été engagés en plus de ceux nécessaires à la tenue de l’assemblée générale, sauf à
constater une erreur d’écriture du service comptable qui a dû enregistrer trop vite, sous ce
vocable [de pot de départ], les frais d’une assemblée générale certes majeure, évoquant par
ailleurs le départ de ses deux principaux dirigeants ».

3.4 L’organisation du congrès des maires

Parmi « les choix de gestion nuisibles à la pérennisation des équilibres financiers de


l’association », le président du Conseil départemental, dans sa demande d’examen du
contrôle des comptes de l’association, a fait référence à l’interruption, dès 2014, de
l’organisation par l’association du congrès des maires de Seine-et-Marne.

3.4.1 L’attribution de l’organisation du congrès des maires à des sociétés privées

Produit de l’organisation du congrès des maires 77


Nature et fonction Crédit Acte de
Date Compte Pièce Objet Factures Créanciers
analytique (en €) rattachement
Union des Union des maires Contrats
30/10/2013 Ventes prestataires 706300 11744 FA006859 260 667
maires de Seine-et-Marne commerciaux
Source : grand livre analytique de l’association

Comme le montre cet extrait du grand livre analytique, l’organisation par l’association du
congrès de l’union des maires de Seine-et-Marne procurait à cette dernière, au titre de son
activité commerciale, un produit substantiel, s’élevant en 2013 à 260 667 € et, par voie de
conséquence, une marge qui ne devait pas être négligeable.
Or, à compter de 2014, l’association Union des maires de Seine-et-Marne, présidée jusqu’en
juin 2015 par l’actuel président du Conseil départemental, par contrat de mission du 19 août
2014, conclu entre son président et le gérant de la société Centrex, a confié à cette société
« l’organisation, dans le cadre de son assemblée générale annuelle, du Salon des partenaires,
au sein du congrès des maires de Seine-et-Marne ».

34
Postérieurement à son départ en retraite, l’ancien directeur général a créé, le 27 octobre 2015, conjointement avec son épouse,
elle-même responsable du bureau des ventes-groupes de l’ADRT jusqu’en novembre 2016, deux entreprises, une société
anonyme simplifiée (SAS) « Identité Event » et une société anonyme à responsabilité limitée (SARL) « Charme et Découverte »,
destinées à intervenir dans la promotion et la gestion de l’activité touristique.
35
L’ancien directeur général a fait état de « la tenue de l’assemblée générale sur un site partenaire majeur dont le faible
équipement technique a demandé un renforcement des moyens utiles à cette tenue, comme cela avait été le cas d’autres années
(château de Blandy-les-Tours, château de Fontainebleau) ».

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Pour justifier l’octroi de la mission à la société Centrex, un considérant du préambule du contrat


de mission mentionne que la loi prévoit expressément que « l’autorisation de commercialiser
ce type de congrès n’est accordée par Atout France36 à Seine-et-Marne Tourisme qu’en cas
de carence du secteur privé », et un second considérant indique « qu’à partir du moment où
une structure privée, telle que Centrex, en qui l’Union a confiance, postule pour organiser
elle-même cette action commerciale, Seine-et-Marne Tourisme doit lui laisser la conduite de
cette opération ».

Enfin, deux derniers considérants mentionnent que « la bonne entente entre les trois
partenaires (Union des maires-Centrex-Seine-et-Marne Tourisme) a amené Centrex à
proposer une mission rémunérée à SMT pour la tenue de ce congrès », et que « Seine-et-
Marne Tourisme, par son directeur général, a accepté cette mission d’assistance ». De fait, un
contrat de mission non daté, conclu entre le gérant de Centrex et le directeur général de SMT,
répartit les missions des deux contractants et stipule notamment, à son article 4, que « Centrex
accordera une participation aux frais de Seine-et-Marne Tourisme, pour la tenue des accueils
et la co-organisation, à hauteur de 15 000 € ».
En 2015, le contrat de mission pour l’organisation d’un salon associé à la tenue de l’assemblée
générale de l’Union des maires de Seine-et-Marne, conclu le 4 juin 2015, entre le président de
l’Union des maires, le gérant de la société Identité Design et le nouveau président de Seine-
et-Marne Tourisme stipule à son article 1 que « l’Union des maires confie à cette société
[Identité Design] l’organisation et la commercialisation, dans le cadre de son assemblée
générale annuelle, du congrès des Maires de Seine et Marne ».
Un considérant mentionne dans le préambule que « Seine-et-Marne Tourisme a l’expérience
de ce type de salon qu’elle a initié il y a près de 14 ans, et que, conformément à la loi de 1992,
elle accepte qu’un partenaire privé tel qu’Identité Design, à la demande de ce dernier, se
substitue à elle dans la gestion de cet événement auquel elle accepte de contribuer », et que
« les trois signataires ont souhaité œuvrer ensemble pour développer ce type d’action ».
Le contrat, qui ne comporte aucune indication sur les missions respectives des deux
contractants, contrairement au contrat de l’année précédente passé avec Centrex, stipule
seulement, à l’article 2, « qu’Identité Design accordera une participation à Seine-et-Marne
Tourisme, pour la tenue des accueils et la co-organisation, à hauteur de 10 000 € ».

L’Union des maires de Seine-et-Marne, qui contractait avec SMT depuis de nombreuses
années en vue de l’organisation du congrès des maires, ne pouvait ignorer que cette décision
allait affecter le chiffre d’affaires de l’association, d’autant plus que cette association dispose
d’un siège au conseil d’administration de Seine-et-Marne Tourisme. C’est donc à la demande
de prestataires privés, d’abord la société Centrex, en 2014, puis la société Identité Design, en
2015, et donc sur la base du constat qu’il n’y avait pas de carence du secteur privé, que l’Union
des maires a confié à ces sociétés les contrats de mission auparavant accordés à SMT,
et apparemment sans procédure de mise en concurrence.
Pour autant, si l’article L. 211-1 du code du tourisme prévoit l’obtention d’une autorisation pour
exercer certaines missions, comme l’organisation de congrès dont SMT était le titulaire,
la notion de distorsion de concurrence s’apprécie au regard des conditions d’exercice de
l’activité commerciale : le jeu de la concurrence, en l’espèce, ne paraissait pas faussé par la
perception de fonds publics, dès lors que n’étaient pas utilisés ces derniers pour financer cette
activité commerciale de l’association.
La présidente de l’UM 77, en fonctions depuis juin 2015, a précisé à cet égard qu’en 2016
l’association avait changé de prestataire et formalisé dans un cahier des charges la recherche
de prestataires avant le lancement d'un appel public à candidature.

36
Atout France est l’Agence de développement touristique de la France, créé sous forme d’un groupement d’intérêt économique,
en application de l’article L. 142 du code du tourisme. Ce GIE comprend notamment une commission chargée d’immatriculer les
personnes physiques et morales mentionnées à l’article L. 211-1 du code du tourisme, c’est-à-dire celles autorisées à
commercialiser des prestations touristiques dont l’organisation et l’accueil de foires, salons et congrès ou de manifestations
apparentées ayant une dimension touristique.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

3.4.2 Un défaut de transparence

Si le préambule du contrat de mission conclu entre Centrex et Seine-et-Marne Tourisme,


en 2014, indique que Centrex, « de par l’expérience de ses dirigeants, s’est spécialisée sur
ce type d’événement, en organisant plusieurs salons annuels dans ses locaux », la diversité
et le caractère très général des missions confiées à SMT37 donnent à penser que la société
privée aurait pu éprouver des difficultés à organiser la manifestation prévue sans le concours
de l’association, dont « l’expérience réelle dans l’organisation de ce type de salon et sa tenue »
était rappelée dans le préambule et qui devait recevoir une participation à ses frais de 15 000 €
« pour la tenue des accueils et la co-organisation ».

Quant au contrat de mission tripartite conclu en juin 2015 entre l’Union des maires de Seine-
et-Marne, la société Identité Design et Seine-et-Marne Tourisme, il ne comporte pas de
précisions sur la contribution de SMT, autre que la mention, à l’article 2 - Conditions
financières- « Identité Design accordera par ailleurs une participation à Seine-et-Marne
Tourisme, pour la tenue des accueils et la co-organisation, à hauteur de 10 000 € ». Au-delà
de ce surprenant manque de précision, quant aux prestations attendues de SMT, et de la
baisse du montant perçu pour sa participation, tout paraît dépendre, en l’espèce, de ce que
peut recouvrir la définition, a priori extensible, de co-organisation, notamment par analogie au
contrat passé l’année précédente avec Centrex.

Par ailleurs, en ce qui concerne les stipulations financières, les contrats de mission, qui
attribuent à des sociétés privées l’organisation d’une manifestation commerciale, présentent
un autre paradoxe. En effet, si en sus de la participation prévue en faveur de SMT, 15 000 €,
en 2014 et 10 000 €, en 2015, les contrats prévoient pour Centrex le versement d’une
participation aux frais de 10 000 € au bénéfice de l’Union des maires, pour la tenue de son
assemblée générale, et pour Identité Design, toujours au profit de l’Union des maires, une
participation aux frais de 26 000 € et le bénéfice de la location de trois stands, aucune
stipulation ne vient préciser les conditions et les modalités de rémunération des deux sociétés
privées attributaires.

Enfin, l’instruction n’a pas permis d’établir dans quelles conditions les sociétés Centrex, puis
Identité Design, avaient été conduites à adresser leurs demandes à l’Union des maires, en
vue de l’organisation du congrès des maires et des manifestations liées.

À cet égard, la société Centrex qui avait pour objet social la location de salles et était installée
à Lognes (77), était apparemment connue de l’Union des maires, dans la mesure où le
préambule du contrat précité fait état « d’une structure privée, telle que Centrex38, en qui
l’Union a confiance ».

37
Article 1 : « Centrex fera son affaire de toutes relations nécessaires à la tenue du salon, et négociera, avec l’appui de Seine et Marne
Tourisme, la mise à disposition des locaux nécessaires ».
Article 2 : « Seine et Marne Tourisme fera, aux côtés de Centrex, et des représentants de l’union des maires, les démarches et les
négociations nécessaires, tant auprès de la mairie d’accueil qu’auprès des autorités de police et des représentants de l’État, qui auraient
à intervenir, notamment au titre de la sécurité, dans le cadre du congrès ».
« Seine et marne Tourisme coordonnera les activités des hôtesses (…) afin de gérer les services attendus dans la journée (prises de
micro, remise des badges ou de cadeaux, gestion des flux) ».
Article 3 : « Seine et Marne Tourisme apportera son concours à Centrex pour la recherche de partenaires, afin de financer des espaces
sur les pages du livret-programme, dans le but d’éditer celui-ci, sans aucun concours financier de l’union des maires ».
Article 4 : Les stands, fourniture des stands, cloisons et mobiliers nécessaires à la tenue du salon. Centrex choisira le prestataire en
charge de la fourniture (..). « Seine et Marne Tourisme apportera son concours à Centrex pour la gestion de ces actions ».
Centrex accordera une participation aux frais de Seine et Marne Tourisme, pour la tenue des accueils et la co-organisation, à hauteur de
15 000 € ».
Article 5 : « L’Union des maires fournira (…) une lettre accréditive à Centrex, mandatant celui-ci pour réaliser toutes démarches de
recherche de sponsors ou annonceurs ».
Centrex sera le seul organisme accrédité pour réaliser cette régie publicitaire. « Elle pourra proposer à Seine et marne Tourisme de
s’associer à ce démarchage commercial ».
38
Au regard des informations obtenues, il semblerait qu’actuellement une nouvelle société dénommée Centrex, toujours spécialisée
dans la location de salles, ait de nouveau été créée par la même personne responsable et soit située à Noisy-le-Grand (93).

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Quant à la société anonyme à responsabilité limitée Identité Design, elle a été créée le
3 mai 2011, est installée à Paris et a comme objet social le développement d’activités
spécialisées de « design ». Si l’activité de la société était apparemment connue de l’Union des
maires, puisque le préambule du contrat de mission du 4 juin 2015 considère « qu’Identité
Design, de par l’expérience de ses associés, s’est spécialisée sur ce type d’événement,
en organisant la création et le montage de stands et de surfaces dans le cadre de salons
nationaux (par exemple, celui de Maisons et Objets »), elle était également connue de Seine-
et-Marne Tourisme, son actionnaire principal et gérant étant le fils du directeur général de
l’ADRT, ainsi que le mentionne l’audit du département39.

Dans son courrier précité du 7 juin 2016 adressé au président du Conseil départemental, l’ancien
président de l’association, pour sa part, fait notamment état de ses regrets « à propos de cette
nouvelle orientation qui a privé l’ADRT de cette ressource financière », rappelle que c’est l’Union
des maires qui est l’organisatrice de son propre congrès, qui en définit le contenu, la forme, le
lieu et choisit le prestataire qu’il a retenu, après avoir décidé de mettre ou pas le marché en
concurrence, et qu’il n’a jamais été l’interlocuteur direct de l’Union des maires sur ce sujet.

Ces éléments n’éclairent cependant pas sur les raisons pour lesquelles l’ADRT a accepté
d’assister les prestataires dans l’exécution de leur mission, sans que sa rémunération
corresponde forcément à la hauteur de son engagement40.

Au constat mentionné par le président du Conseil départemental, dans sa demande de


contrôle de l’association, relatif à des « choix de gestion nuisibles à la pérennisation des
équilibres financiers de l’association », parmi lesquels il mentionne « l’interruption, dès 2014,
de l’organisation du congrès des maires », il n’est donc pas aisé de répondre de manière
définitive, en l’état des informations dont a pu disposer la chambre, au fait de savoir si, en
l’espèce, l’association a subi, accepté sans réserve, voire accompagné la décision de l’Union
des maires de Seine-et-Marne de s’adresser à des sociétés privées en vue de l’organisation
de son congrès.

39
L’ancien directeur général a indiqué à cet égard que c’est le président de l’Union des maires qui a choisi de transférer en 2014
ce congrès à Centrex sans appel d’offres. En 2015, c’est le même président de l’Union des maires qui, en co-signant le contrat
avec le nouveau président de SMT, a confié en toute connaissance de cause l’organisation à Identité Design, l’agence de son
fils, dont il n’est ni salarié, ni associé. « On s’accordera à penser celui-ci a bien le droit de postuler pour travailler dans le secteur
événementiel en Seine-et-Marne ».
Quant au gérant de la société Identité Design, il a d’abord indiqué qu’après avoir collaboré avec le gérant de la société Centrex,
ce dernier l’avait appelé en février 2015 pour l’informer qu’ayant été reconduit par l’Union des maires dans ses fonctions de
partenaire-organisateur, la rénovation de ses locaux ne lui permettait pas de prendre en charge l’organisation du salon et lui
proposer de s’y intéresser, ce qu’il avait accepté volontiers. Et qu’il s’était alors retourné vers le président de l’Union pour lui
soumettre la signature d’un nouveau contrat, en accord avec le nouveau président de SMT.
Il a ajouté « qu’il avait décidé d’attribuer 10 000 € à SMT dans le cadre d’un partenariat, pour sa collaboration dans l’organisation
de l’événement pour les responsabilités suivantes, parfaitement réalisées : mise à disposition d’un personnel d’accueil du public
(deux personnes), édition et distribution de plus de 1000 badges de l’événement, réalisation de la plaquette du salon ».
Quant à sa filiation avec l’ancien directeur général de SMT, il a ajouté que son père n’était ni actionnaire, ni salarié de sa société
et qu’il disposait d’un relationnel en Seine-et-Marne, dû à plus de 30 ans de présence, dont le gérant de Centrex et le nouveau
président de SMT faisaient partie.
Pour autant, le président du Conseil départemental, dans sa réponse adressée à la chambre le 29 juin 2017, a indiqué que
« concernant l’organisation du congrès des maires, le recours à identité Design, société gérée par le fils de l’ancien directeur
général, est (..) contestable juridiquement. Il convient également de souligner les liens étroits avec les sociétés Centrex et Identité
Design (connexions entre les structures et leurs dirigeants mentionnés dans l’audit du département). En effet, les intérêts privés
semblent avoir été privilégiés au détriment des intérêts de l’association ».
40
S’agissant de l’exercice 2014, où il était en fonctions, l’ancien président a indiqué à cet égard que « il nous était proposé de
participer pour une année transitoire en mettant à disposition le personnel d’accueil moyennant dédommagement. Soit quelques
personnes dont le coût pour SMT était neutre puisque leurs missions éraient effectuées sur le temps de travail des salariés, mais
cela permettait de conserver une rentrée financière pour SMT de 15 000 €. Il y a donc une rémunération pour SMT bien au-delà
de la hauteur de l’engagement ».

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

3.5 Les commandes de prestations et services

3.5.1 La passation des commandes

Pour l’exercice de ses activités, commerciales mais aussi non commerciales, l’association est
conduite à passer des commandes de prestations et services, par exemple en matière
d’études, d’hôtellerie, de voyages et de transports.
À cet égard, les associations répondant aux critères prévus au 1° de l’article 3-1 de
l’ordonnance n° 2005-649 du 6 juin 2005 relative aux marchés passés par certaines personnes
publiques ou privées qui ne relèvent pas du code des marchés publics sont soumises, en
fonction des seuils de la commande, au respect des règles de publicité et de mise en
concurrence prévues par cette ordonnance, ainsi que par son décret d’application
n° 2005-1742 du 30 décembre 2005, et au respect des principes de la commande publique.
Cet article 3-1 est ainsi rédigé : « Les pouvoirs adjudicateurs soumis à la présente ordonnance
sont les organismes de droit privé ou les organismes de droit public autres que ceux soumis
au code des marchés publics dotés de la personnalité juridique et qui ont été créés pour
satisfaire spécifiquement des besoins d’intérêt général ayant un caractère autre qu’industriel
ou commercial, dont :
- a) soit l’activité est financée majoritairement par un pouvoir adjudicateur soumis au code
des marchés publics ou à la présente ordonnance ;
- b) soit la gestion est soumise à un contrôle par un pouvoir adjudicateur soumis au code
des marchés publics ou à la présente ordonnance ;
- c) soit l’organe d’administration, de direction ou de surveillance est composé de membres
dont plus de la moitié sont désignés par un pouvoir adjudicateur soumis au code des
marchés publics ou à la présente ordonnance ».
Depuis le 1er avril 2016, c’est l’ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 relative aux marchés
publics41 qui régit l’ensemble des pouvoirs adjudicateurs pour la passation de leurs marchés,
et le point 2° de l’article 10 de cette ordonnance a repris les termes de l’article 3-1 de
l’ordonnance du 6 juin 2005.
S’agissant de la commande publique, la demande de vérification du président du Conseil
départemental, partant du constat que l’activité de l’association était financée majoritairement
par un pouvoir adjudicateur et « qu’aucune règle ni aucun principe de la commande publique
ne sont respectés », indiquait que sa gestion « pose un véritable problème ». Le président ;
ainsi qu’il a été dit, mentionnait notamment que : « son activité commerciale, si elle génère
plus de 6,5 M€ de chiffre d’affaires, ne dégage qu’un résultat d’environ 70 000 €. La question
de l’application de l’ordonnance du 6 juin 2005 se pose donc : le département apportant une
subvention globale de 2,5 M€, son activité est financée majoritairement par un pouvoir
adjudicateur, puisque ses ressources propres ne sont constituées que par la marge dégagée
par son activité commerciale ».
De fait, eu égard aux caractéristiques de son financement, rappelées ci-dessus, l’association
entre dans le champ d’application des deux ordonnances successives et à leurs
conséquences en ce qui concerne la passation des marchés. Or, jusqu’en 2015, aucune pièce
ou document n’a permis d’attester que les commandes de prestations et services de Seine-
et-Marne Tourisme, en fonction de leurs montants, aient été soumises au respect des règles
de publicité et de mise en concurrence ou à celui des principes de la commande publique.

41
L’ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 et son décret d’application n° 2016-360 du 25 mars 2016 transposent le nouveau corpus
législatif sur les marchés publics composé des directives 2014/24/UE, relative à la passation des marchés publics, dite « secteurs
classiques », et 2014/25/UE, relative à la passation de marchés par des entités opérant dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, des
transports et des services postaux, dite « secteurs spéciaux ».

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Or, afin de se conformer aux dispositions de l’ordonnance de 2005, l’association aurait dû


définir, en fonction de l’objet des contrats et des seuils fixés par décret, les conditions de
passation des commandes et, en dessous de ces seuils, définir des modalités d’achat
respectant les principes de la commande publique, à savoir la liberté d’accès à la commande,
l’égalité de traitement des candidats et la transparence des procédures.

Si, certes, des commandes passées par l’association avec certains fournisseurs, par exemple
avec Euro Disney, ne peuvent faire l’objet d’une mise en concurrence, du fait de l’existence
d’un fournisseur exclusif, nombre de commandes, en matière d’études, de transports, de
prestations hôtelières, notamment, sont susceptibles d’être exécutées par un nombre plus ou
moins important de prestataires.

Concrètement, le seuil des marchés passés formalisés, s’agissant des fournitures et services
commandés par les entités relevant de l’ordonnance du 6 juin 2005, est passé de
193 000 € HT, au 1er janvier 2010, à 200 000 € HT, au 1er janvier 2012 et à 207 000 € HT,
au 1er janvier 2014. Une autre partie des commandes, compte tenu de leur montant, suppose
le respect des principes précités de liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de
traitement des candidats et de transparence des procédures. Pour ces achats, les pouvoirs
adjudicateurs doivent en effet veiller à assurer l’utilisation optimale de l’argent public,
c’est-à-dire acheter de manière pertinente en sollicitant, s’il y a lieu, plusieurs fournisseurs.

3.5.2 Les conventions réglementées

Parmi les fournisseurs de SMT, un certain nombre de prestations ont fait l’objet de la passation
de conventions réglementées. Les associations qui perçoivent plus de 153 000 € de
subventions publiques doivent en effet faire approuver par l’assemblée générale, a posteriori,
les conventions passées avec leurs administrateurs ou mandataires sociaux.

Il s’agit notamment de conventions passées avec une collectivité locale accordant une subvention,
lorsqu’un administrateur de l’association est également élu de la collectivité, ou avec une
entreprise, lorsqu’un administrateur de l’association est dirigeant ou associé de ladite entreprise.
L’objectif recherché, au niveau de l’assemblée générale de l’association, est la remontée
d’informations relatives aux mandats et fonctions exercés par les administrateurs dans d’autres
associations, collectivités et entreprises, afin notamment de prévenir tout conflit d’intérêt.

En l’espèce, le commissaire aux comptes (CAC)42 doit établir un rapport spécial sur chaque
convention, à partir des éléments transmis par le représentant légal de la personne morale
dans le délai d'un mois à compter de la conclusion desdites conventions43. Le rapport doit
ensuite être présenté à l'assemblée générale qui statue sur ce rapport en examinant l’intérêt
qui s’attachait à la conclusion de ces conventions44.

Le contenu du rapport spécial du commissaire aux comptes comporte l’énumération des


conventions, la nature et leur objet, le nom des personnes intéressées, la société ou la
personne morale contractante. Il comporte également les principales modalités des
conventions : tarifs et prix pratiqués, ristournes et commissions consenties, intérêts et sûretés
conférés, délais de paiement.

Ainsi, les rapports spéciaux établis par le CAC, de 2011 à 2014, font apparaître un certain
nombre de conventions relatives à la réalisation de prestations de service dont la société
bénéficiaire comptait parmi ses dirigeants des administrateurs de l’association.

42
Rapport prévu par l’article L. 612-5 du code de commerce sur les conventions réglementées.
43 Article R. 612-7 du code de commerce.
44
Les conventions non approuvées produisent néanmoins leurs effets. Mais, les conséquences préjudiciables à l'association pourront
être mises à la charge, individuellement ou solidairement, des dirigeants concernés.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

La passation de conventions réglementées ne pouvait avoir pour conséquence de dispenser


l’association de veiller au respect des règles relatives au droit de la concurrence. La présence
d’administrateurs de l’association parmi les attributaires des commandes devait au contraire
renforcer cette exigence, au regard des principes précités de liberté d’accès à la commande,
d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures.

Dans leurs réponses adressées à la chambre, l’ancien président et l’ancien directeur général
ont déclaré que l’association respectait la réglementation applicable en matière de commande.
L’ancien président a notamment indiqué « je confirme que les commandes répondaient aux
règles définies par la loi à la fois aux ordonnances dédiées à ce sujet, notamment celle de
2005, et au code du tourisme dans sa partie marchés publics »45.

Il est à relever que le code du tourisme ne contient pas de partie relative aux marchés publics.

3.5.3 Le marché passé avec la société SIEST

L’audit de mars 2016 fait état d’une convention conclue par SMT en 2010 et renouvelée
jusqu’en 2013 avec une société dédiée à l’investissement et à l’exploitation dans le domaine
du tourisme, ladite société ayant cessé son activité le 31 décembre 2013, au terme d’une
trentaine d’années d’existence.

Dans le cadre de la création et du développement du pôle d’excellence touristique précité, la


convention passée avec cette société, en l’absence de justificatifs de mise en concurrence,
avait pour objet l’animation d’un groupe de travail portant sur l’observation, la recherche et la
formation en matière de tourisme, se réunissant au moins trimestriellement, l’assistance à la
définition des formations et des travaux de recherche y afférents (masters – doctorats-
sessions linguistiques), la définition des conditions nécessaires à la mise en place et au suivi
de ces formations sur le pôle d’excellence.
La société qui bénéficiait d’une rémunération annuelle de 30 000 € TTC a perçu, de juillet 2010
à juin 2013, 105 000 € TTC (86 792,64 € HT), et les prestations qu’elle a fournies ont fait l’objet
d’une note de synthèse de trois à cinq pages, au titre des exercices 2010, 2011 et 2012, sans
autre justificatif des actions entreprises, tel que, par exemple, le compte rendu des réunions
auxquelles le prestataire devait participer et animer dans le cadre de sa mission46.

45
Selon l’ancien président de l’association, trois types de dépenses pouvaient être concernées par ces dispositifs :
- les dépenses d’investissement, comme le centre d’écotourisme de Franchard ou des études auprès de cabinets spécialisés
qui, quel que soit le montant, ont fait l’objet de procédures adaptées ;
- les dépenses de fonctionnement dont pratiquement aucune ne dépassait les seuils d’environ 20 000 €. A ce titre figurent
notamment les sociétés gérées par des administrateurs de SMT, à propos desquelles il indique « c’est parce qu’ils étaient
les mieux placés dans la concurrence qu’ils ont obtenu les marchés ». D’ailleurs, qu’il s’agisse en l’espèce d’une société
hôtelière ou de prestataires en matière de transport, « tous étaient des prestataires choisis par le Conseil général dans leur
spécialité respective après avoir été retenu suite aux procédures des marchés publics organisées par le département ».
- des dépenses commerciales pour amener des clients aux acteurs du territoire. Le client, sur la base des offres existantes,
choisit le produit et SMT rachète alors auprès des entreprises touristiques les éléments que le client a choisis et les revend
avec une marge. SMT assure ici une fonction d’intermédiaire entre l’offre et la demande.
46
L’auteur des prestations a notamment indiqué que conformément à l’article 2 de la convention, la société a transmis à SMT une
note de synthèse annuelle, en accompagnement de la facture de l’année, et que la société « n’était nullement chargée, aux
termes de la convention, de l’archivage des documents de SMT ni d’établir les comptes rendus des réunions » (..) et que de
nombreux participants, de nombreux mails et travaux résumés dans les notes de synthèse témoignent de l’ampleur du travail
d’assistance assuré en application des prescriptions de la convention. Selon lui, les trois notes de synthèse apportent donc,
« comme c’était leur objet, de nombreuses informations sur les actions menées, les éventuelles difficultés rencontrées et les
perspectives futures ».

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

L’ancien président de l’association, par courrier précité du 7 juin 2016 adressé au président
du Conseil départemental, a justifié le recours à ce prestataire par son expérience reconnue47
dans le domaine du tourisme et de la formation, au titre de laquelle il est ensuite devenu
membre fondateur de l’IFT Paris Est et administrateur de SMT, en avril 201348. Il a également
indiqué que la prestation objet de la convention avait été menée à bien avec la mise en place
d’un programme de formation et d’un master qui serait accrédité par la conférence des grandes
écoles, ainsi qu’avec une collaboration avec le centre national des arts et métiers (CNAM) et
des contacts noués à l’international, sans apporter pour autant davantage de précisions.

La note de synthèse du 31 décembre 2012 faisait état à cet égard de l’accréditation, en 2011,
d’un master spécialisé en management international de l’hôtellerie initié par l’institut français
du tourisme (IFT), ainsi que d’un projet de master spécialisé sur la valorisation touristique des
patrimoines culturels et naturels, en Seine-et-Marne, qui a fait l’objet d’une accréditation au
début de 2012, et mentionnait le séminaire tenu à l’automne 2011, à Nizny-Novgorod, en
Russie, ouvert à de nombreux élus, administratifs, professionnels et partenaires académiques,
qui aurait permis de mettre en valeur, à destination du marché russe, les compétences et
savoir-faire appliqués au tourisme de la Seine-et-Marne. Par ailleurs, est mentionnée la
définition par SMT d’un sujet de recherche doctorale, « stratégies de développement du
tourisme d’affaires et évolution des fonctions métropolitaines », en collaboration avec
l’Université Paris Est et l’école nationale des Ponts-et-Chaussées, qui a donné lieu à
l’engagement de travaux, en 2011.
S’il est relativement difficile de mesurer les retombées en termes de recherche, de
développement économique et de notoriété du territoire seine-et-marnais, au regard de ces
quelques réalisations, l’absence de note de synthèse au titre du premier semestre 2013, date
d’expiration de la convention, comme l’absence de bilan évaluatif de l’action de la société
prestataire, invitent à la prudence quant à l’évaluation des résultats obtenus au regard des
financements engagés par l’association49.
Il est notamment permis de se demander si SMT n’aurait pu atteindre des résultats identiques
par ses propres moyens et ses compétences propres, par exemple dans le cadre de sa
collaboration avec l’Institut Français du Tourisme (IFT), association qui, au niveau national
s’est fixé comme objectifs de réunir et coordonner les acteurs du tourisme et d’assurer la
cohérence des actions locales au travers des pôles d’excellence50.
*

47
L’intéressé, dont l’épouse était la gérante majoritaire de la société attributaire et signataire de la convention du 10 juillet 2010,
après avoir exercé les fonctions de directeur national du tourisme, était devenu professeur associé à la Sorbonne, au CNAM,
présidait l’institut supérieur du tourisme à Paris I, siégeait à l’association IFT Paris Est, en qualité de représentant de l’IFT national,
et était par ailleurs consultant de l’OCDE et de l’organisation mondiale du tourisme.
48
L’intéressé a indiqué que « lorsque les responsables de SMT, considérant les objectifs fixés largement atteints et les économies
à réaliser dans le budget de fonctionnement de SMT m’ont fait part de leur souhait de mettre un terme à la convention en cours
tout en continuant à bénéficier de mon concours, ils ont souhaité me voir prendre part au conseil d’administration, afin que je
puisse à ce titre apporter bénévolement à l’association mon conseil en matière de formation et de recherche ».Partageant le souci
d’économies des responsables, j’ai accepté cette perspective et, afin d’éviter tout risque de conflit d’intérêt, nous avons décidé
d’un commun accord de mettre un terme par anticipation, dès le deuxième trimestre 2013, à la convention alors en vigueur ».
49
A cet égard, le prestataire a fait état, au titre des retombées en termes de recherche et de développement d’une recherche
intitulée « Tourisme d’affaires et grande vitesse ferroviaire » qui, en collaboration avec la SNCF, a eu pour conséquence
l’amélioration de l’offre pour les groupes à accueillir à Disneyland Paris pour des conventions et séminaires, de la mobilisation de
8 M€ pour la restauration du Quartier Henri Iv à Fontainebleau et des travaux induits, de la réunion de la plupart des acteurs
seine-et-marnais au sein du pôle d’excellence et des synergies en résultant et du rééquilibrage de l’activité touristique
départementale en faveur de Fontainebleau, de la notoriété accrue de la Seine-et-Marne grâce aux échanges engagés avec
l’étranger, notamment.
50
L’ancien président a indiqué que pour atteindre l’objectif fixé par le département de créer un pôle d’excellence du tourisme,
intégrant une structure de formations, après consultation infructueuse auprès de cabinets privés, il avait préféré s’adresser au
spécialiste de la question, retraité, et que, voulant éviter les charges d’un salaire, il avait préféré que cela se fasse sous forme de
prestations, l’intéressé disposant d’une société familiale.
Quant au prestataire, il a indiqué que SMT ne comptait parmi ses salariés aucun spécialiste en matière de formation aux métiers
du tourisme ou de recherche, et ne pouvait définir seul ni les formations et recherches pertinentes ni les conditions nécessaires
à leur mise en place et à leur suivi. Il a ajouté que si l’IFT avait été constitué pour contribuer à développer la compétitivité de la
destination France en associant au niveau national comme au niveau territorial les collectivités locales, les entreprises et les
acteurs académiques, il n’avait pas pour rôle d’élaborer et de gérer des projets concrets de formation. Il a par ailleurs joint à sa
réponse des extraits du courrier qu’il avait adressé le 29 avril 2016 au Conseil départemental dans lequel il faisait état des
nombreuses actions menées dans le cadre des stipulations de la convention précitée.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

D’une manière générale, il convient de rappeler que si les modalités d’attribution des marchés,
pour les organismes qui y sont soumis, doivent concourir au respect des principes de liberté
d’accès et d’égalité de traitement des candidats, c’est afin d’assurer l’efficacité de la
commande publique et l’utilisation économe des moyens financiers mis à disposition, en
l’espèce par la collectivité départementale.

3.5.4 La réorganisation de la commande publique

Dans le cadre de la réorganisation et de la sécurisation de la gestion de l’association, mises


en œuvre depuis juin 2015, un schéma de traitement des achats a été défini, au regard de la
répartition des missions entre les différents niveaux de responsabilité, de la demande de devis
ou de la mesure de publicité, en passant par la validation par le chef de service ou le directeur
général, jusqu’au traitement de la facture. En ce qui concerne le respect des principes et règles
de la commande de prestations et services, les seuils suivants ont notamment été fixés :
- pour les commandes inférieures à 3 000 €, production d’un devis par le référent en charge
du dossier ;
- pour les commandes de 3 000 € à 15 000 €, demande de trois devis à des fournisseurs
de proximité, le choix final revenant au président et au directeur général ;
- au-delà de 15 000 €, publication d’un appel d’offres.
L’association a donc pris des dispositions destinées à veiller à l’application des normes
juridiques qui s’imposent à elle, en matière de commande publique, en l’espèce celles qui
résultent désormais de l’ordonnance du 23 juillet 2015. Seul cependant le respect strict des
mesures qu’elle a elle-même édictées est de nature à permettre d’améliorer l’efficience de la
commande et de participer ainsi au rétablissement de sa situation financière51.

3.6 Le contrôle du département sur l’association

Dans sa demande d’examen de vérification des comptes de l’association, le président du


Conseil départemental a fait état, liminairement à l’exposé des principaux constats de l’audit,
« d’une insuffisance de contrôle de la collectivité quant à l’usage des subventions annuelles
versées à cet organisme, difficilement explicable au vu de l’importance des subventions » ;

3.6.1 La subvention de fonctionnement versée par le département

Principal opérateur du tourisme du département en application de l’article L. 132-2 du code


du tourisme, le champ d’action de l’association est encadré par une convention d’objectifs et
de moyens avec le département de Seine-et-Marne, signée le 9 décembre 2009, renouvelée
le 15 janvier 2013 pour la période 2012-2014 et prorogée chaque année par délibération52.
Dans ce cadre, comme il a été dit, l’association bénéficie d’une importante subvention de
fonctionnement à caractère général qui participe grandement au financement de son activité
non commerciale. À l’appui des demandes de subvention, l’association doit fournir, outre un
bilan, un compte de résultats certifié et un rapport d’activité, un budget prévisionnel et un
programme d’actions prévisionnel justifiant le besoin de financement.
L’association satisfait à ses obligations comptables, notamment par la transmission des
comptes certifiés par le commissaire aux comptes, conformément à la législation, et ces
comptes, de même que la demande annuelle de subvention, font l’objet d’une analyse
financière par les services du département.

51
L’association a indiqué, par ailleurs, qu’à la demande du président en exercice, un compte avait été ouvert à l’UGAP, susceptible
d’offrir des produits à des prix compétitifs. Les premières commandes ont été passées en août 2016 et ont concerné les produits
d’entretien et les fournitures de bureau.
52
Délibération du 18 décembre 2015 pour la convention en cours, signée le 23 décembre 2015.

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

La convention de partenariat qui lie le département à l’association indique notamment, au titre


des obligations comptables (article 2.4), que cette dernière « s’engage à utiliser les
subventions attribuées (…) pour atteindre les objectifs susénoncés », à savoir décliner les
orientations de la politique touristique départementale, mettre en œuvre le plan d’actions et
les accords de partenariat.

Cependant, force est de constater que les stipulations qui régissent les modalités de suivi
manquent de précision, l’attribution de la subvention annuelle n’étant pas conditionnée à la
réalisation d’objectifs concrets et mesurables dans le temps.

3.6.2 Les limites du contrôle de la collectivité départementale

De fait, il semble que le contrôle du département se soit longtemps limité à l’analyse des
grands équilibres financiers de l’association, mais sans qu’il exerce un contrôle effectif de la
régularité des actes et de l’efficacité de l’activité à la hauteur de sa contribution financière,
s’agissant tout particulièrement de la partie non lucrative de l’activité, au titre de laquelle est
versée la subvention annuelle.

Pourtant, le département disposait d’un accès étendu aux comptes détaillés et aux pièces
justificatives des dépenses et des recettes. La convention avec l’association prévoit en effet,
conformément à l’article L. 1611-4 du code général des collectivités territoriales (CGCT)53, que
cette dernière s’engage à « faciliter par tous moyens le contrôle de l’utilisation des fonds
départementaux, par toute personne ou organisme mandaté par le Conseil départemental à cet
effet ». Dans les faits, lors de la période examinée, le département n’a usé de cette faculté qu’à
une seule reprise, en 2016, dans le cadre de l’audit de l’association effectué par ses services.
L’une des raisons avancées par le département, dans le récent rapport d’observations de la
chambre relatif à la politique touristique départementale, pour expliquer le caractère formel du
contrôle exercé sur la gestion de l’association, était la présence à la présidence de
l’association du vice-président du Conseil départemental en charge du tourisme, d’un
conseiller départemental à la vice-présidence de l’association, ainsi que la forte présence des
représentants de la collectivité au conseil d’administration et/ou au bureau de l’association.
Pour le département, cette présence, semble-t-il, emportait présomption de régularité des
actes et de strict respect de l’intérêt départemental des dépenses, les représentants de la
collectivité en charge de l’association étant supposés appliquer à la gestion de l’association la
même rigueur qui préside à celle de la collectivité en matière de dépense publique et de
conformité des actes aux prescriptions législatives et règlementaires.
C’était sans doute perdre de vue, sans remettre en cause la liberté de gestion de l’association,
que la régularité et l’efficience de la gestion de l’association doivent reposer en premier lieu
sur la mise en œuvre de mécanismes de suivi et de contrôle efficaces et effectivement mis en
œuvre, tant au niveau de la collectivité départementale qu’à celui de l’association bénéficiaire
des subventions. La collectivité, compte tenu de l’importance du subventionnement accordé,
aurait certainement eu intérêt à préconiser, par exemple dans la convention d’objectifs et de
moyens conclue avec l’association, la mise en œuvre d’un contrôle interne de gestion visant
à s’assurer de la réalisation et de l’optimisation des activités conduites par l’association, de
nature à assurer la sécurité juridique de ses actes et à garantir la protection de ses actifs et
de ses ressources financières.

53
« Toute association, œuvre ou entreprise ayant reçu une subvention peut être soumise au contrôle des délégués de la
collectivité qui l'a accordée […] ».

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

L’ancien président de l’association a indiqué à cet égard que « les liens entre SMT et le
département étaient constants et [qu’il en assurait] la cohérence ». Il a notamment fait état de
la fixation des objectifs avec l’élaboration et le vote du schéma départemental du tourisme, au
titre de la période 2009-2013, reporté d’un an jusqu’à la fin de la mandature, en 2014, et de la
collaboration étroite, en vue de la préparation du budget, avec les directions du Conseil
général, en particulier celle des finances. Il a également fait valoir que « le département
conditionnait sa subvention annuelle à une convention annuelle votée en séance publique,
jointe en annexe de la délibération et rappelant les engagements liés à chaque subvention »,
et que « le département évaluait régulièrement les actions menées lors des présentations
faites régulièrement devant le bureau élargi du conseil général composé des conseillers
généraux, des cadres de l’administration et des membres du cabinet du président », et « qu’un
contrôle de gestion et d’audit externe a été créé par le département qui évaluait tous les ans
chaque politique publique et notamment celles portées par les organismes associés »,
l’activité de SMT ayant toujours été évaluée positivement comme n’engageant aucun risque
pour elle-même comme pour la collectivité54.

3.6.3 Les mesures mises en œuvre depuis 2015

Comme il a été dit, l’audit départemental a été le préalable au réexamen de la gestion de


l’association et, sur la base des principaux constats effectués, de premières mesures ont été
prises afin de renforcer la sécurité juridique des actes et permettre le redressement des
comptes de l’association.
La réorganisation de la commande publique et la mise en place d’un schéma de traitement
des achats, depuis juin 2015, la forte baisse des frais de mission et de déplacement, ainsi que
la diminution de moitié des paiements par carte bancaire, la volonté de réévaluer les relations
avec certains partenaires, comme l’IFT Paris Est, pour s’en tenir à ces exemples, apparaissent
représentatives de la volonté de la collectivité de tirer les enseignements de l’audit.

D’une manière générale, s’il n’en dispose pas à ce jour, le département trouverait également
intérêt à établir une cartographie précise et exhaustive des risques juridiques et financiers
relatifs à ses engagements avec des partenaires extérieurs, en particulier avec les
associations qu’il subventionne, et à se doter des outils lui permettant d’assurer le suivi effectif
et efficace de l’utilisation de ses financements. Dans le même temps, il devrait s’efforcer de
promouvoir et/ou de renforcer auprès des organismes bénéficiaires la mise en place d’une
gestion respectueuse des règles applicables à la dépense publique, l’instauration
de mécanismes de contrôle interne permettant d’y veiller scrupuleusement, ainsi que la mise
place d’indicateurs permettant de mesurer l’efficacité des actions mises en œuvre.

54
S’agissant des relations entre SMT et le département, l’ancien président de SMT a ainsi défini le rôle qui était le sien : « J’assurai
personnellement ce rapport étroit à la collectivité par mon engagement en tant que vice-président du Conseil général et en tant
que président de SMT. Les règles qui s’imposent à une collectivité s’imposaient à SMT même si une grosse partie de ses missions
notamment commerciales y échappait car relevant des règles du privé ».

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ANNEXES

Compte de Résultat par nature d’activité .......................................................37

Mesures prévisionnelles de l’impact budgétaire des décisions de gestion


et d’actions engagées en 2015 ......................................................................38

Extrait comptes 625 – année 2015 ................................................................39

Lexique ..........................................................................................................40

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Compte de Résultat par nature d’activité

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Mesures prévisionnelles de l’impact budgétaire des décisions de gestion


et d’actions engagées en 2015

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ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Extrait comptes 625 – année 2015


Act section NATURE ET FONCTION ANALYTIQUES compte date pièce Libelle - objet Montant Creanciers
HOTEL NAPOLEON
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625700 06/01/2015 52 LD+LW+BATEAUX - 358,00 HOTEL NAPOLEON
PARISI
CDT A130001 Déplacements 625100 31/01/2015 192 IK LW VOITURE - 512,18 SALARIE ADRT
CDT A130001 Déplacements 625100 31/01/2015 193 IK LW MOTO - 172,22 SALARIE ADRT
CDT A130001 Déplacements 625100 02/01/2015 238 NDF BQ - 613,75 SALARIE ADRT
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625600 31/01/2015 483 CB LW - 297,40 vide
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625600 28/02/2015 484 CB LW - 1 385,60 vide
CDT A130001 Déplacements 625100 28/02/2015 491 ndf LW - 470,28 SALARIE ADRT
CDT A130001 Déplacements 625100 28/02/2015 676 IK LW MOTO 02/2015 - 182,13 SALARIE ADRT
CDT A130001 Déplacements 625100 31/03/2015 732 IK LW MARS VOITURE - 360,76 SALARIE ADRT
CDT A130001 Déplacements 625100 31/03/2015 733 IK LW MARS MOTO - 202,10 SALARIE ADRT
CDT A130001 Déplacements 625100 30/04/2015 855 IK LW MOTO 04/2015 - 131,60 SALARIE ADRT
CDT A130001 Déplacements 625100 30/04/2015 856 IK LW VOITURE 04/2015 - 610,81 SALARIE ADRT
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625700 31/03/2015 922 CB LW - 781,00 vide
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625700 30/04/2015 927 CB LW - 1 031,80 vide
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625700 28/02/2015 929 CB LD RESTO - 1 943,70 vide
CDT A130004 Pôle International du Tourisme 625700 31/03/2015 930 CB LD resto IFT - 470,55 vide
CDT A130001 Déplacements 625100 28/05/2015 1101 IK LW 05/2015 MOTO - 129,25 SALARIE ADRT
CDT A130001 Déplacements 625100 28/05/2015 1102 IK LW 05/2015 VOITURE - 238,76 SALARIE ADRT
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625600 30/04/2015 1160 CB LD RESTAURANT - 970,50 vide
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625600 31/05/2015 1161 CB LD Restaurant - 676,10 vide
CDT A130001 Déplacements 625100 31/05/2015 1161 CB LD MOBILIS - 498,00 vide
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625700 31/05/2015 1162 CB LD Resto - 469,90 vide
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625600 31/05/2015 1165 CB LW RESTO - 542,22 vide
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625600 31/05/2015 1166 CB LW RESTO - 128,70 vide
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625700 18/02/2015 1322 CB FB Resto - 262,06 vide
CDT A130001 Déplacements 625100 31/08/2015 2253 Relevé CB C. - 559,80 Salariés ADRT
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625700 30/06/2015 2307 CB FB - 479,15 vide
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625700 31/07/2015 2308 CB FB - 612,38 vide
LE MOULIN JAUNE EN LE MOULIN JAUNE
CDT A210001 Autres frais VVF 625600 02/10/2015 2321 - 523,00
FETE EN FETE
CDT A460001 Salaire (CD77) 625100 12/11/2015 2748 NDF MCN - 985,32 SALARIE ADRT
CDT A130001 Déplacements 625100 09/11/2015 2751 CB SP - 514,19 vide
CDT A130003 Accueils colloques rencontres Professionnelles 625700 30/10/2015 2768 CB FB 09/10/2015 - 773,15 vide
CDT A420604 Presse 625700 22/11/2015 2872 AUX VIEUX REMPARTS - 175,50 AUX VIEUX REMPARTS
CDT A130001 Déplacements 625100 31/12/2015 3059 CB PRO FB 1215 - 594,65 vide
T77 B130003 Accueils et rencontres Professionnelles 625700 31/01/2015 6130 CB FV - 174,90 Salariés ADRT
T77 B130003 Accueils et rencontres Professionnelles 625700 31/01/2015 6130 CB FV - 134,50 Salariés ADRT
T77 B130003 Accueils et rencontres Professionnelles 625700 31/03/2015 6132 CB FV - 880,70 Salariés ADRT
T77 B130003 Accueils et rencontres Professionnelles 625700 30/04/2015 6133 CB FV - 342,40 Salariés ADRT
T77 B130003 Accueils et rencontres Professionnelles 625700 31/07/2015 8394 CB FV - 520,50 Salariés ADRT
T77 B130003 Accueils et rencontres Professionnelles 625700 31/05/2015 8395 CB FV - 561,30 Salariés ADRT
T77 B130003 Accueils et rencontres Professionnelles 625700 30/06/2015 8396 CB FV - 417,60 Salariés ADRT
T77 B130003 Accueils et rencontres Professionnelles 625700 31/08/2015 10405 CB FV - 350,20 Salariés ADRT
T77 B130003 Accueils et rencontres Professionnelles 625700 30/10/2015 10407 CB FV - 136,00 Salariés ADRT
T77 B130003 Accueils et rencontres Professionnelles 625700 31/12/2015 14580 CB FV - 223,00 Salariés ADRT
T77 B130003 Accueils et rencontres Professionnelles 625700 31/12/2015 14581 CB FV - 141,10 Salariés ADRT

Source : grand livre analytique 2015 comptes 625…

S2-2170535/BB 39/40
ADRT 77 – Exercices 2011 et suivants – Observations définitives

Lexique

ADRT : Agence de développement et de réservation touristique, qui inclut l’activité


commerciale. Également appelée « Seine-et-Marne tourisme » (SMT).

CDOS : Comité départemental olympique et sportif, organisme de coordination et de


concertation au service du mouvement sportif ; il représente le comité national olympique
français et contribue à la connaissance du département et à sa promotion par le sport.

Fondation du Patrimoine : Acteur de la préservation du patrimoine architectural qui soutient


les acteurs publics ou privés pour la restauration de leur patrimoine selon divers dispositifs tels
le label fiscal ou la souscription publique permettant de recevoir des dons.

IFT : Institut français du tourisme, association qui représente une plateforme d’échanges,
d’animation et de coordination pour la professionnalisation des acteurs et la recherche dans
le domaine touristique.

OT : Office de tourisme, structure créée par une collectivité, commune ou groupement de


communes (articles L. 133-1 et L. 134-5 du code du tourisme).

SI : Syndicat d’initiative, structure issue d’une libre association, sans délégation de la


compétence tourisme d’une collectivité.

UDOTSI : Union départementale des offices de tourisme et des syndicats d’initiative,


animateur de réseau à destination des offices de tourisme.

UMIH : Union des métiers et des industries de l’hôtellerie d’Île-de-France, acteur de la


promotion et de la représentation des métiers de l’hôtellerie il accompagne les professionnels
dans le développement de leur activité.

S2-2170535/BB 40/40
REPONSES

DU PRESIDENT DE L’AGENCE
DE DEVELOPPEMENT ET DE RESERVATION
TOURISTIQUES DE SEINE-ET-MARNE (ADRT 77)

ET DU PRESIDENT
DU CONSEIL DEPARTEMENTAL
DE SEINE-ET-MARNE (*)

(*) Cette
réponse jointe au rapport engage la seule responsabilité de son auteur,
conformément aux dispositions de l'article L.243-5 du Code des juridictions
financières.
« La société a le droit de demander compte
à tout agent public de son administration »
Article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen

L’intégralité de ce rapport d’observations définitives


est disponible sur le site internet
de la chambre régionale des comptes Île-de-France :
www.ccomptes.fr/fr/crc-ile-de-france

Chambre régionale des comptes Île-de-France


6, Cours des Roches
BP 187 NOISIEL
77315 MARNE-LA-VALLÉE CEDEX 2
Tél. : 01 64 80 88 88
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