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Communiqué

Le peuple algérien ne peut oublier et pardonner sans obtenir la justice et la vérité

Le Collectif des Familles de Disparus en Algérie (CFDA) félicite l’initiative de la Journée


internationale du vivre ensemble en paix proclamée le 16 mai par la résolution 72/130 de
l'Assemblée générale de l'organisation des Nations unies. Cette journée a été adoptée comme un
"moyen de mobiliser régulièrement les efforts de la communauté internationale en faveur de la paix,
de la tolérance, de l'inclusion, de la compréhension et de la solidarité".

A l’occasion de cette journée, le CFDA tient à promouvoir la paix internationale mais aussi
algérienne car il semble important de rappeler que cette journée est loin de refléter l’expérience
algérienne encore branlante en matière de paix.

En Algérie, pendant la guerre civile des années 1990, des milliers de disparitions forcées ont été
perpétrées par les agents de l’état tout corps confondu. La charte pour la paix et la réconciliation
nationale présentée par les autorités algériennes comme un exemple d’expérience de paix est juste
une consolidation du déni à la vérité et à la justice pour toutes les victimes. En effet, l’adoption de la
Charte pour la paix et la réconciliation nationale a été imposée au peuple algérien, qui ne peut oublier
et pardonner sans obtenir la justice et la vérité qu’il mérite.

Cette charte et ses textes d’application garantissent l’impunité en offrant l’amnistie aux auteurs des
crimes, qu’ils soient membres des groupes armés ou agents de l’état. En effet, toute dénonciation ou
plainte est automatiquement déclarée irrecevable par l’article 45 des textes d’application de la charte.
L’article 46 quant à lui menace les algériens de 3 à 5 ans de prisons quiconque utilise ou
instrumentalise les blessures de la tragédie nationale, pour porter atteinte aux institutions de la
République algérienne démocratique et populaire. Ces mêmes textes obligent les familles de disparus
à obtenir une déclaration de décès de leur proche décédé pour obtenir une indemnisation alors même
que leur sort n’a jamais été dévoilé.

Le CFDA estime que la charte dite pour la paix et la réconciliation nationale ne peut constituer une
base raisonnable d’une transition vers une paix solide et durable.

Paris, le 16 mai 2018


Nassera Dutour, Porte Parole

Collectif des Familles disparus en Algérie


Lauréat de la mention spéciale du prix des droits de l’Homme de la République française
112 Rue de Charenton – 75012 - Paris
Tél 01 43 44 87 82
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