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Gestion des déchets de chantiers

Contexte réglementaire français et gisement

Au niveau français, la gestion des déchets relève de la loi n°75-633 du 15 juillet 1975
modifiée et de la loi n°92-646 du 13 juillet 1992. Les réglementations française et européenne
conduisent à favoriser la valorisation matière et/ou énergie de déchets. Le stockage en centre
d'enfouissement sera, à terme (même si l’échéance de juillet 2002 a été repoussée), réservée à
l'élimination des déchets ultimes. Par ailleurs, les plans de gestion des déchets de chantiers du
bâtiment et des travaux publics sont en cours d'élaboration (près des 2/3 sont finalisés) selon
la circulaire du 15 février 2000.
Les déchets de chantier proviennent de trois types d'opération : la construction neuve, la
démolition ou déconstruction et la réhabilitation (dépose et reconstruction). Actuellement les
estimations disponibles (FFB, ADEME) font état de plus de 32 millions de tonnes produites
par an (plus que le gisement d'ordures ménagères) recoupant les trois classes de déchets :
inertes (65%), banals (29,5%) et spéciaux (5,5%). La démolition et la dépose de réhabilitation
représentent plus de 80% (en masse) du gisement.

Améliorer la gestion des déchets

Actuellement, la majorité des déchets de chantiers sont éliminés en mélange, ce qui limite les
possibilités de valorisation. On estime qu'environ 90% des déchets sont mis en décharges
(contrôlées ou sauvages). Les quantités de déchets recyclés sont faibles et concernant
essentiellement les métaux, une partie limitée du bois utilisé pour la fabrication de panneaux
de particules et une partie des inertes (principalement les bétons de démolition) utilisés
comme remblais ou concassés pour élaborer des granulats recyclés.
Pour mieux valoriser les déchets de chantiers, il est nécessaire de les trier.
En ce qui concerne les opérations de démolition, une déconstruction sélective du bâtiment
doit être pratiquée pour éviter un mélange des déchets à la source permettant ainsi un taux de
récupération élevé. Une déconstruction suppose qu'un audit préalable à la démolition soit
effectué afin d'identifier et de caractériser les matériaux ou éléments récupérables en fonction
des filières locales de traitement, de valorisation ou de réutilisation. Cependant, les approches
et outils utilisés actuellement ne semblent pas satisfaire les professionnels de la
déconstruction.

Déconstruction sélective d'un immeuble résidentiel

Pour les chantiers de construction neuve ou de repose après réhabilitation, il est surtout
nécessaire d’éviter le mélange des déchets en effectuant au moins un tri des DIB et DIS afin
de les orienter vers la filière de traitement adaptée (valorisation matière, énergétique ou
élimination).
Enfin, mieux gérer les déchets à l'avenir impose une connaissance à long terme du gisement.
A cette fin il est nécessaire d’estimer les flux de matériaux et produits entrant dans la
construction, ceux qui sont stockés dans le parc immobilier et leur devenir entre la fabrication
et la fin de vie.

Prestations

Le CSTB propose un accompagnement dans la définition de voies de valorisation de déchets


du bâtiment et des conseils en matière de gestion des déchets (notamment en ce qui concerne
la gestion de déchets contenant des substances dangereuses : amiante, plomb, …).

Références

Différentes études de voies de valorisation de déchets du bâtiment (PVC souple et rigide,


déchets de terre cuite, …) sont en cours. Le CSTB mène en collaboration avec l’Institut fur
Industrielle Bauproduktion (IFIB) de Karlsruhe, une étude exploratoire concernant la
traçabilité des matériaux et produits de construction en France et en Allemagne. Une thèse de
doctorat est également en cours et vise à définir une méthodologie de prédiction à long terme
du gisement des déchets du bâtiment.
Le CSTB a également animé, pendant plusieurs années, le groupe de travail « Déchets
Construction » et participé au comité de pilotage du plan départemental de gestion des déchets
du BTP de l’Isère.

Contacts

Marcel Rubaud
Tel : 04 76 76 25 55 / m.rubaud@cstb.fr
Emmanuel Jayr
Tel : 04 76 76 25 42 / e.jayr@cstb.fr