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DOSSIER

Techniques de l’Ingénieur
l’expertise technique et scientifique de référence
d3168
Association de cellules de commutation -
Éléments de synthèse des convertisseurs
statiques
Date de publication : 10/05/2011
Par :
Henri FOCH
Ancien professeur de l'Institut national polytechnique de Toulouse

Philippe LADOUX
Professeur de l'Institut national polytechnique de Toulouse, Laboratoire plasma et conversion d'énergie
(LAPLACE)

Hubert PIQUET
Professeur de l'Institut national polytechnique de Toulouse, Laboratoire plasma et conversion d'énergie
(LAPLACE)

Ce dossier fait partie de la base documentaire


Convertisseurs électriques et applications
dans le thème Convertisseurs et machines électriques
et dans l’univers Énergies

Document délivré le 24/02/2013


Pour le compte
7200049069 - arts et metiers paristech // 193.48.193.78

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Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Editions T.I.
Association de cellules
de commutation
Éléments de synthèse des convertisseurs
statiques

par Henri FOCH


Ancien professeur de l’Institut national polytechnique de Toulouse
Philippe LADOUX
Professeur de l’Institut national polytechnique de Toulouse, Laboratoire plasma et
conversion d’énergie (LAPLACE)
Hubert PIQUET
Professeur de l’Institut national polytechnique de Toulouse, Laboratoire plasma et
conversion d’énergie (LAPLACE)

avec la collaboration de Guillaume GATEAU, Professeur de l’INPT, LAPLACE, Michel


METZ, ancien professeur de l’Institut national polytechnique de Toulouse, Thierry
MEYNARD, Directeur de recherche au CNRS, LAPLACE, Frédéric RICHARDEAU, Directeur
de recherche au CNRS, LAPLACE, Emmanuel SARRAUTE, Maître de conférences de
l’IUFM Toulouse, LAPLACE, Henri SCHNEIDER, Maître de conférences de l’INPT, LAAS et
Christophe TURPIN, Chargé de recherches au CNRS, LAPLACE

1. Cellules de commutation en tant qu’éléments


constitutifs d’associations .................................................................... D 3 168 - 2
1.1 Propriétés fondamentales ........................................................................... — 2
1.2 Représentation graphique des propriétés fondamentales ....................... — 2
1.3 Caractérisation de la cellule de commutation ........................................... — 3
1.4 Modes de fonctionnement de la cellule : commande et contrôle............ — 4
1.5 Propriétés fonctionnelles découlant du caractère abaisseur
de tension de la cellule ................................................................................ — 7
2. Associations de cellules ......................................................................... — 9
2.1 Caractéristiques des dipôles et règles d’association ................................ — 9
2.2 Associations différentielles ......................................................................... — 9
2.3 Associations parallèles de cellules ............................................................. — 15
3. Associations de cellules et propriétés de réversibilité ................. — 16
3.1 Réversibilités intrinsèques et structurelles ................................................ — 17
3.2 Enjeux de la prise en compte des réversibilités : filtrage
et réversibilités en puissance...................................................................... — 19
4. Conclusion.................................................................................................. — 21
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. D 3 168

es dossiers [D 3 075] « Des dipôles à la cellule de commutation », [D 3 076]


L « Synthèse fonctionnelle des interrupteurs dans la cellule de
commutation » et [D 3 077] « De la gestion des contraintes de commutation à
la commutation douce » sont consacrés à l’introduction de la notion de cellule
de commutation, à la synthèse de cet organe de contrôle des transferts
d’énergie et à l’analyse de son fonctionnement sous l’angle des mécanismes
de commutation.

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Toujours dans le contexte de la conception et pour satisfaire, à partir de la


notion de cellule (qui ne permet que l’interconnexion de dipôles assimilables à
des sources de natures complémentaires), un ensemble plus large de cahiers
des charges de conversion d’énergie électrique, nous considérons dans ce
dossier [D 3 168] les possibilités qu’offrent les associations de cellules de
commutation. Les associations de convertisseurs font l’objet du
dossier [D 3 178].
À partir des relations fondamentales d’une cellule. Les propriétés fonction-
nelles, en particulier dans le domaine du réglage (gestion des échanges de
puissance et contrôle des formes d’onde) et dans celui de l’obtention de pro-
priétés de réversibilité, concernant aussi bien les grandeurs électriques que les
échanges de puissance sont élargies.
Dans des domaines où les gains sont d’ordre quantitatif, améliorer les per-
formances en augmentant la puissance contrôlée et en obtenant des gammes
de tension et/ou de courant contrôlables nécessite bien sûr certaines
précautions.

1. Cellules de commutation – au point M, à travers l’interface i2, à un dipôle de type « source


de courant instantanée », rôle le plus fréquemment dévolu à une
en tant qu’éléments inductance J, source de courant – dipôle imposant le courant, au
moins à l’échelle temporelle d’une commutation.
constitutifs d’associations Il en découle les caractéristiques essentielles suivantes, liées au
fonctionnement en commutation de la cellule :
1.1 Propriétés fondamentales – entre le point M, commun aux interrupteurs de la cellule et l’un
des autres points A ou B, au travers de l’interface i2, la cellule se
La cellule de commutation, association d’au moins deux semi- comporte comme une source de tension vK2 , de caractéristique
conducteurs (K1 et K2 sur la figure 1) est considérée dans ce para- instantanée fmV (fm est la fonction de connexion de la cellule, défi-
graphe comme élément constitutif d’un circuit électrique ; dans nie dans le dossier [D 3 075], valant 1 si l’interrupteur K1 est pas-
l’objectif de construire des structures de conversion plus perfor- sant et 0 si c’est l’interrupteur K2) ;
mantes et aussi plus complexes que la cellule, nous abordons ici la – en série avec les interrupteurs K1 ou K2, au travers de l’inter-
question de l’interconnexion de plusieurs d’entre elles. face i1, la cellule se comporte comme une source de courant ins-
L’objectif de ce paragraphe est de dégager les contraintes et les tantanée iV , de valeur Jfm .
règles qui président à l’élaboration de ces interconnexions. Rappe- L’analogie fonctionnelle a d’ailleurs été établie, sur la base de
lons que, en vertu de son principe de fonctionnement même, la ces propriétés fondamentales, entre le fonctionnement de la cel-
cellule (figure 1) est nécessairement reliée :
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lule et celui d’un transformateur modulé de rapport fm . Notons


– entre les points A et B, à travers l’interface (frontière que cette analogie n’est complète que si elle intègre la causalité
d’échanges de puissance électrique entre deux parties d’un circuit) dans laquelle il faut interpréter les relations de transformation rap-
i1, à un dipôle de type « source de tension instantanée » V ; pelées ci-dessous :
– sur l’interface i1, la cellule subit la tension V et impose en
retour (à la source de tension) le courant iV = fmJ ;
P1 P2 – sur l’interface i2, la cellule impose la tension vK2 = fmV et subit
le courant J.
A

iv K1 J 1.2 Représentation graphique


des propriétés fondamentales
V M R

K2 Pour prendre en compte cette caractérisation des grandeurs


subies et imposées par les constituants d’un système électrique,
VK2 développée dans le paragraphe 1.1 dans le cas de la cellule, une
représentation graphique des propriétés fondamentales des
B
échanges d’énergie électrique est proposée [1] [2] : on précise sur
chacune des interfaces d’un composant du système étudié le sens
d’une excroissance rappelant la forme du V (tension) et d’une
excroissance rappelant la forme du I (courant), selon qu’elle est :
i1 i2 – sortante par rapport au composant pour préciser que cette
grandeur est imposée par ce composant ;
– rentrante par rapport au composant pour préciser que cette
Figure 1 – Points de connexion de la cellule de commutation grandeur est subie par ce composant.

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correspondent aux échelles de temps (ou de façon équivalente au


domaine fréquentiel) des phénomènes de commutation. En par-
A
courant l’axe des fréquences, on peut compléter cette caractéri-
iv sation, en précisant les propriétés de la tension vK2 imposée par la
K1 J cellule :
– autour de la fréquence de découpage, la fonction de connexion
V M R fm caractérise la transformation « entrée – sortie » :

K2 v K 2 = fmV
VK2
– aux fréquences plus basses que le découpage, cette relation
B peut être considérée en valeur moyenne :

v K 2 = fmV

L’intervalle de temps pour le calcul des moyennes est une


i1 i2 fenêtre temporelle glissante dont la durée est la période
découpage ; si la tension V peut, à cette échelle de temps, être
considérée constante, cette relation devient :
Figure 2 – Représentation graphique des propriétés de la cellule
de commutation v K 2 = fm V

Il faut noter que ces deux visions (basses fréquences et fré-


A quence de découpage) sont indissociables, puisqu’intimement
liée dans la conversion réalisée par la cellule. Il nous appar-
iv K1 J tient, dans toutes les analyses qui y font appel, de concilier les
conclusions issues de ces deux points de vue.
V M En effet, considérant la tension vK2 , arbitrairement choisie
R
comme témoin du fonctionnement en commutation de la
cellule, la décomposition fréquentielle de cette grandeur (par
K2
exemple en utilisant une décomposition en série de Fourrier,
VK2 avec la fréquence de découpage comme fréquence fondamen-
B tale) fait apparaître :
– une composante continue, qui est v K 2 = fm V (cette
Figure 3 – Cellule de commutation et ses sources associées, quantité est réglable, grâce à fm , valeur moyenne de fm) ;
considérées comme des pièces de puzzle assemblées – un ensemble de raies aux fréquences multiples de la fré-
quence de découpage dont l’amplitude décroît, de façon inver-
sement proportionnelle au rang.
Le sens de ces excroissances précise donc au niveau de chaque
interface l’information relative à la causalité ; le sens de l’excrois-
sance, et donc la causalité qu’il décrit, ne présente aucun point Les propriétés sont similaires, en ce qui concerne le courant :
commun avec le sens conventionnel ou le signe de la variable
considérée. iV = fm J
Un dipôle ne pouvant imposer simultanément les deux grandeurs
tension et courant, les sens des excroissances présentes sur une Il présente une valeur moyenne :
même interface sont forcément opposés. La figure 2 illustre l’appli-
cation de cette représentation graphique dans le cas de la cellule. iV = fm J
Sur la base de cette représentation graphique, l’association de la
source de tension V, de la cellule et de la source de courant J (si J varie lentement à l’échelle d’une période de commutation).
apparaît comme un assemblage de pièces de puzzle, dont les pro- Son spectre fait apparaître les fréquences multiples de la fré-
fils n’autorisent que des associations conformes aux propriétés de quence de découpage (amplitudes inversement proportionnelles
ces trois éléments (figure 3). aux rangs des raies) et éventuellement des inter-harmoniques, si
La construction de structures de conversion par association de J (t ) n’est pas constant.
cellules peut faire appel à ce formalisme graphique. Nous Ces relations rappellent la modélisation (déjà introduite dans le
considérons maintenant d’autres points de vue, permettant de dossier [D 3 075]) de la cellule commutation en tant que
définir certaines propriétés des cellules à prendre en compte pour transformateur :
leur assemblage. – à rapport modulé par la fonction de connexion fm à la fré-
quence de découpage ;
1.3 Caractérisation de la cellule – de rapport fm en considérant les valeurs moyennes des
de commutation grandeurs d’entrée et de sortie, pour les basses fréquences et le
continu.
1.3.1 Relations de transformation Elles sont ici complétées par la prise en compte des causalités
à diverses échelles de temps qui régissent les échanges d’énergie ; ces causalités, dans le
contexte d’un fonctionnement en boucle ouvertes, restent
Les propriétés des éléments interconnectés que l’on a fait identiques, à l’échelle de la période de découpage comme en
apparaître grâce à la forme des interfaces (figure 2 et figure 3) basses fréquences.

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1.3.2 Caractère abaisseur ou élévateur


de la cellule A
Par définition, la fonction de connexion prend la valeur instanta- iv
née 0 ou 1. Sa valeur moyenne, calculée sur une période de décou- K1
J
page, vérifie donc l’inégalité 0 < fm < 1.
V M
À ces deux échelles de temps (autour de la fréquence de décou- R
page et en basses fréquences – incluant le continu), le caractère
naturellement abaisseur en tension (ou dévolteur) de la cellule de K2
commutation présentée figure 2 en découle : il concerne la trans- VK2 V2
formation qui s’effectue depuis la source V vers sa branche cou-
B
rant (depuis l’interface i1 vers l’interface i2). Cette propriété est
valide à toutes les échelles de temps, depuis les grandeurs instan-
tanées, jusqu’à la durée de la période de découpage (valeur
moyenne de fm) et sur des intervalles de temps plus longs (sur les-
quels la valeur moyenne de fm est calculée en utilisant une fenêtre
glissante de durée égale à la période de découpage). i1 i′2

De même, depuis l’interface i1 vers l’interface i2, les relations de


transformation en courant du paragraphe 1.1 traduisent le carac- Figure 4 – Cellule de commutation intégrant l’inductance
tère élévateur en courant de la cellule. de commutation. Structure commandée en tension – vision haute
fréquence
Ces propriétés fonctionnelles sont à prendre en compte lors de
la conception d’une chaîne de conversion électrique au cours de
laquelle il faut choisir le sens d’utilisation de la (des) cellule(s) : fonction de connexion fm . Cette fonction est prédéfinie et, dans le
soit dans le sens i1 → i2, soit dans le sens i2 → i1. Ces solutions développement de ce paragraphe, ne dépend pas des conditions
sont réexaminées au § 1.5, une fois étudiées les conséquences du de fonctionnement de la cellule (tension V, courant J ). Ce mode de
choix du mode de commande de la cellule. pilotage en boucle ouverte est appelé « commande en tension »,
du fait qu’il conduit à définir la tension :
1.3.3 Grandeurs continues ou discontinues v K 2 = fmV
aux interfaces de la cellule
On place (figure 4), l’interface i′2, de façon à ce que le périmètre
Propriétés résultant du fonctionnement en commutation de la
de la cellule inclue l’inductance de commutation placée au point
cellule, les grandeurs iV et vJ sont des grandeurs discontinues,
commun des deux interrupteurs de la cellule (celle-ci est destinée
alors que V et J sont des grandeurs continues (mais non pas
à confirmer, à la fréquence de découpage et au-delà vers les
forcément constantes).
hautes fréquences, le caractère source de courant instantanée du
Ce point présente une certaine importance, quand le cahier des dipôle connecté au point R).
charges, en vue de satisfaire une norme par exemple, impose de
La nature fondamentale de cette inductance (source de courant
maîtriser le contenu harmonique d’une grandeur électrique à
instantanée, pour la gamme de fréquence définie ci-dessus) induit
l’interface d’une cellule : des filtres, mis en place autour de la
qu’à travers l’interface i′2, la cellule de commutation se comporte
cellule, sont généralement utilisés pour satisfaire ces contraintes.
également vis-à-vis de l’extérieur comme une source de courant
Ils sont d’autant plus simples et d’impact réduit sur le coût ou la
instantanée.
masse des convertisseurs, dans la mesure où le choix d’architec-
ture contribue déjà à satisfaire le cahier des charges, et ne laisse À noter que cette inductance ne joue son rôle de source de cou-
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qu’une tâche réduite à ces éléments de filtrage. rant qu’en ce qui concerne les variations de J (ces variations, dont
le fondamental est à la fréquence de découpage de la cellule,
V et J, étant continues alors que iV et vJ sont discontinues, la dépendent en particulier de la valeur de l’inductance et celle-ci est
maîtrise des harmoniques de V ou J, aux fréquences supérieures choisie pour maîtriser leur amplitude, comme détaillé plus loin).
au découpage, est beaucoup plus aisée que celles de iV et vJ .
Ainsi, le mode de connexion de la cellule de commutation n’est-il Dans le contexte du pilotage « en tension » de la cellule, la
pas indifférent quant à la satisfaction des critères harmoniques. valeur moyenne de J (valeur moyenne instantanée, calculée sur un
intervalle de temps « glissant » de durée Tdec) est imposée en fait
Ce critère – parmi d’autres – conduit par exemple à sélectionner la par les caractéristiques basses fréquences du dipôle aux bornes
structure élévatrice (conversion courant – tension) pour le réglage duquel apparaît la tension V2 (voir la représentation basse fré-
de la puissance absorbée par un PFC (Power Factor Controller, quence de la figure 6).
figure 15), en charge du contrôle de la qualité du courant absorbé
sur le réseau : ce courant est le courant de la branche inductive de la ■ Si ce dipôle a tendance à imposer, dans le domaine des basses
cellule « boost » (grandeur J ). Son contenu harmonique haute fré- fréquences, la tension sur l’interface i2 , alors, en considérant les
quence est géré par un choix adapté de la valeur de l’inductance de conditions d’un fonctionnement en régime permanent périodique
la cellule (voir les relations de dimensionnement construites au (période de découpage de la cellule), la tension moyenne aux
§ 1.4.1), alors que ses composantes basses fréquences sont définies bornes de l’inductance devant présenter une valeur nulle
par la commande de la cellule (voir sur ce point le § 1.4.2). (condition nécessaire pour que le courant J ne subisse pas une
évolution incontrôlée de son amplitude), on a nécessairement :
1.4 Modes de fonctionnement
v K 2 = V2 = V2
de la cellule : commande et contrôle
Au terme de la relation établie au paragraphe § 1.3.1, la valeur
1.4.1 Cellule associée à une commande moyenne de la fonction de connexion fm doit alors s’adapter à
en tension (boucle ouverte) cette contrainte et vérifier la relation :
La commande des interrupteurs est ici supposée établie a priori
et se concrétise dans le fonctionnement de la cellule décrit par la fm = V2 /V

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J
iv K1
J

V M
L
V2
K2 C R
VK2
V2

MLI <fm> = 1/2

i′2 – vision BF Temps


i1

Figure 5 – Transition de mise en route d’un convertisseur commandé « en tension », associé à un filtre LC de sortie initialement déchargé :
chronogrammes du courant J et de la tension V2

fréquences (inférieures à la fréquence de découpage), la cellule


apparaît cette fois à travers l’interface i′2 comme une source de
A
tension, puisque l’inductance L, voyant circuler un courant J basse
fréquence, est le siège d’une tension basse fréquence quasi nulle.
K1
J L’adéquation, dans le domaine des basses fréquences entre les
caractéristiques de la charge et celle de la cellule commandée en
V M
tension, est ici satisfaisante. Déjà acquise dans le domaine des
L R hautes fréquences, cette adéquation, maintenant étendue dans
tout le domaine fréquentiel, garantit le respect de la règle de
complémentarité des sources (cf. [D 3 075] et, pour ce qui
<fm> V <V2> = <fm> V concerne les cellules, le paragraphe 2.1.2).
B

La prise en compte conjointe des points de vue basse et


haute fréquences est très utile pour établir les relations de
dimensionnement de l’inductance L associée à la cellule de
i1 i2 i′2, vision basses fréquences commutation.
En régime permanent établi, comme on vient de le voir :
Figure 6 – Cellule de commutation intégrant l’inductance
de commutation. Structure commandée en tension, associée v K 2 = fm V = V2 = V2
à un dipôle qui impose le courant – vision basse fréquence
la tension V est supposée constante.
La figure 5 présente les conséquences d’une entorse transitoire La tension aux bornes de l’inductance de filtrage s’exprime à
à cette règle, dans le cas d’un hacheur connecté à un filtre du toute échelle de temps comme :
second ordre initialement déchargé. Le condensateur du filtre se
VL = v K 2 − V2
comporte comme une source de tension V2 (de valeur initialement
nulle), ce qui définit le profil de l’interface i′2 ; la valeur de ce avec, en instantané :
condensateur est suffisante pour n’autoriser qu’une évolution
lente de V2 à l’échelle de temps du découpage. La commande du v K 2 = fm V
transistor de la cellule de commutation définit ici, dans le cadre Donc :
d’un fonctionnement en boucle ouverte, une fonction de
connexion périodique de rapport cyclique fm = 1/2 qui caractérise vL = fm V − V2 = fm V − fm V
la tension sur l’interface i2 (alors que, comme expliqué ci-dessus,
la fonction de connexion doit vérifier fm = V2 /V ) ; au cours du Il vient alors l’expression de l’ondulation du courant il :
régime transitoire oscillant (réponse indicielle du circuit L, C, R ali-
menté par une tension moyenne v K 2 = V /2) qui s’ensuit, le cou- ∆ il = fm (1 − fm ) V /L fdec
rant J atteint des valeurs très élevées, comparées à la valeur de avec fdec fréquence de découpage de la cellule.
régime permanent obtenue à l’issue de ce transitoire. Le courant J
étant également subi par les interrupteurs de la cellule, cette surin- On peut alors choisir, la valeur de L nécessaire au contrôle
tensité risque de les faire sortir de leur domaine de fonction- de l’ondulation de courant ∆il (cette quantité est une grandeur
nement. Comme on le verra plus loin, un pilotage de la cellule de qui contribue au dimensionnement des interrupteurs de la
commutation « en courant » est une alternative réellement préfé- cellule de commutation, aussi bien que des éléments de filtrage
rable pour éviter ces inconvénients. qui sont associés à la cellule).
Le dimensionnement de L est complété par la définition de la
■ Si le dipôle situé à droite de l’interface i′2 (figure 4) a tendance à valeur efficace du courant iL qui y circule, quantité qui prend
imposer le courant dans le domaine des basses fréquences (et
une valeur très proche de la valeur du courant moyen iL , si
donc définit la composante continue du courant J ), alors, comme
∆il est minimisé.
le symbolise le schéma de la figure 6, dans le domaine des basses

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(A)
12,00
iv K1 10,00
J 8,00
6,00 Jref Temps
V M de réponse
R 4,00
2,00 J
K2
VK2 V2 0,00
0,00 0,10 0,20 0,30 0,40 0,50 0,60
– + Temps (ms)
iref
MLI Régul

Commande
1,20
i1 i′2 1,00
0,80
0,60
Figure 7 – Cellule de commutation intégrant l’inductance 0,40
de commutation. Structure associée à une commande
en courant (boucle fermée) 0,20
0,00
– 0,20
1.4.2 Cellule associée à une commande 0,00 0,10 0,20 0,30 0,40 0,50 0,60
en courant (boucle fermée) Temps (ms)

Cette fois, la définition de la fonction de connexion fm de la Figure 8 – Cellule de commutation intégrant l’inductance
cellule résulte de l’action d’une boucle de contrôle, chargée de de commutation : réponse indicielle du courant délivré
(boucle fermée – commande « indirecte »)
réguler le courant dans l’inductance, c’est-à-dire de maîtriser les
composantes basses fréquences de ce courant (figure 7).
On se place dans le cas d’une structure classique qui associe :
(A)
– un régulateur (bloc Regul) chargé de calculer, à partir de
12,00
l’erreur de courant résultant de la comparaison d’une référence iref
10,00 Jref
et de la mesure du courant J, la valeur moyenne fm de la 8,00
fonction de connexion. Son rôle consiste à ramener l’erreur de
6,00
courant vers zéro, en provoquant l’application d’une tension
moyenne adéquate aux bornes de l’inductance de filtrage. Cet 4,00

organe, calculant la valeur moyenne fm (qui s’évalue sur une 2,00 J


durée égale à la période découpage) réalise une action dans le 0,00
domaine des basses fréquences par rapport au découpage ; 0,00 0,10 0,20 0,30 0,40 0,50 0,60
– un modulateur (bloc MLI) qui reçoit en référence la valeur Temps (ms)

moyenne fm souhaitée et définit en conséquence la fonction de


Commande

connexion instantanée fm (t ), en maîtrisant la période de commuta-


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1,20
tion de la cellule Tdec . Les ordres de commandes appliqués aux inter- 1,00
rupteurs commandés de la cellule sont déterminés à partir de fm (t ). 0,80
0,60
La partie régulation (bloc Regul), puisqu’elle calcule fm , a une 0,40
action lente par rapport à la période de découpage : typiquement, 0,20
les performances en boucle fermée d’une telle structure correspon- 0,00
dent à une réponse indicielle en courant présentant une constante – 0,20
de temps de l’ordre de 3 à 5 Tdec (performance en boucle fermée), 0,00 0,10 0,20 0,30 0,40 0,50 0,60
comme le montre le chronogramme de la figure 8 : on note la varia- Temps (ms)
tion lente de fm , qui est visible sur le signal de commande, dont la
largeur des impulsions varie au cours du transitoire. Figure 9 – Réponse indicielle de la cellule de commutation,
intégrant l’inductance de commutation, associée à un contrôle
par hystérésis

Remarque : la structure de contrôle évoquée ci-avant


(figure 8) est très souvent utilisée, mais n’est pas la plus per- Le dispositif de contrôle du courant confère à la cellule, vue à
formante en termes de temps de réponse. La figure 9 présente travers son interface i′2, une caractéristique :
les performances du même circuit de puissance associé à un
contrôle par hystérésis. Cette fois, le contrôle maîtrise l’ampli- – de source de courant dans le domaine des basses fréquences
tude de l’écart de courant entre la référence et la mesure. On (source de tension, contrôlée en courant, en valeur moyenne) avec
note donc la variation de la fréquence (voir la relation rappe- une limite supérieure définie par la bande passante de la boucle
lée au § 1.4.1), consécutive à la variation du rapport cyclique : fermée ; les basses fréquences ici évoquées constituent le contenu
la charge placée derrière l’inductance est résistive et l’ampli- fréquentiel possible du signal définissant le courant de référence
tude de la tension à ses bornes est donc proportionnelle au (iref , figure 7) ;
courant. Cette variation de fréquence est le principal handicap – de source de courant instantanée (hautes fréquences), du fait
du contrôle du courant par hystérésis. de la présence de l’inductance de commutation.

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V2/V K1
J

V M R

K2
VK2 V2
– +
MLI Régul iref

Bande passante régulation Inductance – filtrage HF

Fréquences

Composante Fondamental Harmoniques Découpage Harmoniques Durée CEM


continue iref source V découpage commutations mHz
s

Figure 10 – Éléments assurant la qualité de la source de courant créée à partir d’une cellule de commutation associée à une boucle de contrôle

La figure 10 synthétise, en balayant l’axe des fréquences, les 1.5 Propriétés fonctionnelles découlant
éléments assurant la qualité de la source de courant créée avec
une cellule de commutation associée à une régulation du courant ;
du caractère abaisseur de tension
on y retrouve les domaines des basses et hautes fréquences. Les de la cellule
performances dans la zone intermédiaire (rectangle hachuré sur la
figure 10) peuvent faire l’objet d’ajustements pour lesquels les La cellule de commutation est, du point de vue des valeurs
variables utilisables sont : moyennes à l’échelle de temps de la période de commutation,
caractérisée par les relations qui lient, dans un sens de lecture
– le choix de la fréquence de découpage ; arbitraire, depuis son interface d’entrée (dipôle source de tension)
– la valeur de l’inductance ; vers son interface de sortie (dipôle source de courant) :

– l’amplitude de la source de tension V. – les tensions : v K 2 = fm V , affirmant le caractère abaisseur en


tension (dévolteur) de la cellule (figure 12) ;
– les courants : iv = fm J , qui exprime le caractère élévateur
Remarque : la tension V2 , imposée par le dipôle qui subit le en courant de la cellule.
courant défini par la cellule contrôlée en courant (comme pré- Toute structure de convertisseur, assemblage de cellules de
senté sur la figure 7), impose, pour la partie basse fréquence, commutation, peut à son tour faire l’objet d’une lecture au terme
le fonctionnement de la cellule. En effet, le raisonnement duquel on est capable d’exprimer son caractère survolteur ou
poursuivi au paragraphe § 1.4.1 reste valide. Puisque la dévolteur (et de façon indissociable, respectivement, son caractère
tension moyenne aux bornes de l’inductance de commutation abaisseur ou élévateur en courant) ; la figure 13 présente
doit être nulle en régime établi : l’exemple du redresseur MLI, dont les cellules de commutation
présentent une interface tension commune (connexion en
v K 2 = V2 = fmV ≈ fm V parallèle).
Dans une démarche de conception, où l’on cherche à construire
si V varie lentement.
l’architecture d’une chaîne de conversion de l’énergie par un
La valeur moyenne de la fonction de connexion, fm , est assemblage de cellules de commutation, voire même de
donc définie par V2 et elle constitue le point de repos autour convertisseurs, le choix de cette caractéristique n’est pas à laisser
duquel le correcteur de la boucle de courant effectue des au hasard, comme le détaillent les deux paragraphes suivants.
variations afin de réguler le courant J ; c’est ce qui peut être
observé sur les chronogrammes de la figure 11. Par ailleurs,
en comparant avec la figure 5, on constate bien qu’aucune 1.5.1 Capacité de gestion des courts-circuits
surintensité ne survient dans l’inductance de la cellule, ce qui Du caractère abaisseur ou élévateur en tension d’une chaîne de
est une garantie de maintien du point de fonctionnement des conversion résulte sa capacité à limiter les conséquences d’un
interrupteurs dans leur aire de sécurité. court-circuit : une cellule de commutation, pour choisir l’exemple

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i′2 – vision basses


et hautes fréquences J

Jref
iv K1
J

V M
L

K2 V2
VK2 V2

– +
MLI Régul Jref

i1 i′2

<fm>

i2

Temps

Figure 11 – Transitoire de mise sous tension d’un convertisseur commandé en courant, associé à un filtre LC de sortie initialement déchargé

Court-circuit Court-circuit
incontrôlable contrôlable
(en imposant fm = 0)
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Figure 14 – Gestion des courts-circuits : capacité des structures


dévolteuses à limiter les conséquences d’un court-circuit
au niveau de la branche courant

Figure 12 – Caractère dévolteur de la cellule de commutation le plus simple – mais néanmoins complet, peut en effet limiter (du
(depuis V vers J )
continu à la fréquence de découpage) les conséquences d’un
court-circuit susceptible d’apparaître sur sa branche courant
(figure 14). Le court-circuit imposant une tension vk2 nulle, la
fonction de connexion fm , qui lie précisément la tension vk2 à la
tension V, doit alors être ramenée, par action sur l’interrupteur
commandé de la cellule à une valeur également nulle.
Par contre, si le court-circuit se produit sur l’interface « tension »
de la cellule, la maîtrise de ses conséquences est impossible.
L’exemple de la figure 15 présente le cas du convertisseur boost, fré-
quemment utilisé en entrée des structures PFC. Sélectionnée pour
son aptitude à contrôler les caractéristiques (BF et HF) du courant J,
cette structure présente une incapacité à contrôler les conséquences
d’un court-circuit au niveau de la source de tension : si cet étage est
mis en court-circuit, la maille de court-circuit ainsi formée ne permet
aucune maîtrise du courant J qui y circule. En conséquence, la diode
de la cellule de commutation, ainsi que l’inductance qui lui est asso-
ciée et le pont de diode d’entrée sont soumis à des valeurs de cou-
rants inévitablement inacceptables. Seules des solutions passives
Figure 13 – Caractère élévateur en tension du redresseur (fusibles), si l’on exclut la mise en cascade d’un étage abaisseur, sont
à modulation de largeur d’impulsions (depuis J vers V ) à même de protéger ces composants.

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des caractéristiques de source de tension ou de source de courant,


J en considérant cette propriété à différentes échelles de temps, ou
+
de fréquence.
Pour permettre un développement synthétique de l’étude des
associations de cellules, nous retenons deux types de cellules
associées à leur commande, réalisant d’une part des sources de
Court-circuit tension contrôlables, d’autre part des sources de courant
+ + incontrôlable contrôlables (figure 17). Nous définissons leur périmètre comme
boost

suit :
– la cellule « nue », commandée en tension, comprend
seulement les interrupteurs K1 et K2 : la fonction de connexion fm
Réseau définit sur l’interface i2 un comportement de source de tension
AC réglable (tension vK2), aussi bien à la fréquence de découpage
qu’en basses fréquences, incluant le continu, en considérant la
valeur moyenne de vK2 ;
– la cellule de commutation contrôlée en courant, associée à une
Maille de court-circuit boucle de régulation et un modulateur qui calculent fm , est dotée
d’un périmètre qui englobe l’inductance de filtrage ; elle fournit à
Figure 15 – Convertisseur boost (composé d’une cellule toute fréquence sur l’interface i′2 une source de courant, de valeur
de commutation) utilisé en cascade d’un pont redresseur
dans un PFC (Power Factor Corrector ) réglable depuis le continu jusqu’à une fraction de la fréquence de
découpage.
À noter que sur leur interface i1, ces deux solutions sont
En conclusion de ce paragraphe, si le cahier des charges impose connectées à une branche de type « source de tension » à laquelle
que la chaîne de conversion dont on construit la structure soit capa- elles imposent leur courant :
ble de limiter les conséquences d’un court-circuit, cela implique
nécessairement la mise en place d’un étage dévolteur entre :
iV = J (t ) fm (t )
– le point où peut se produire ce court-circuit ;
– la source où la partie de la chaîne qui, de nature fondamentale
« source de tension », serait à même d’installer le courant de
court-circuit contre lequel on souhaite la protéger. Élément restrictif de notre étude, nous ne considérerons
que le cas où la source de tension V est unidirectionnelle.
Le pilotage « en courant » de l’étage dévolteur est la meilleure
option dans ce contexte, car il induit naturellement la capacité à
contrôler la valeur du courant.
2.1.2 Règles d’association
1.5.2 Démarrage des machines électriques L’association des deux structures sélectionnées doit répondre à
l’ensemble des règles suivantes, qui s’appliquent à toute échelle
Le court-circuit est le cas extrême d’une charge qui, dans des cir- de temps ou de fréquence :
constances particulières, peut imposer une tension nulle à ses
bornes (cas déjà illustré plus haut figure 5 par la mise sous tension A. à travers une interface, on ne peut réaliser l’interconnexion
d’un filtre continu). C’est notamment le cas des machines élec- directe que de dipôles de natures fondamentales opposées ;
triques lors de leur démarrage : la vitesse étant nulle, leur force B. on peut réaliser la mise en série (additive ou soustractive) de
électromotrice (fem ) est également nulle et ne peut, du fait de sources de tension – cette association produit un dipôle équivalent
l’inertie mécanique, évoluer rapidement. Une alimentation en de type source de tension qui doit être connecté à une source de
tension de la machine dans de telles conditions est une solution à courant (règle A). Ce courant est partagé par les sources placées
proscrire : seule la résistance d’induit limite alors la valeur du cou- en série ;
rant absorbé ; sa pente à l’origine est définie par le rapport de la C. on peut associer en parallèle des sources de courant – cette
tension imposée par le convertisseur sur la valeur de l’inductance association produit un dipôle équivalent de type source de courant
d’induit, ce qui implique des variations très rapides. qui doit être connecté à une source de tension (règle A). La tension
de cette source est commune aux sources de courant organisées
Comme le montrent les chronogrammes de la figure 16, un en parallèle.
convertisseur dévolteur, contrôlé en courant est une bien meilleure
solution : il est à même de maîtriser pendant la phase de démar-
rage le courant absorbé par la machine ; ce contrôle apporte de
plus une maîtrise du couple développé par la machine et permet
2.2 Associations différentielles
de mettre en place un contrôle de la dynamique des grandeurs Les structures de cette famille associent au moins deux
mécaniques (couple, vitesse de rotation). éléments (éventuellement réalisés à l’aide de cellules de
commutation) capables de contrôler la tension en deux points
différents du circuit.
2. Associations de cellules
2.2.1 Mise en cascade de cellules
(lien actif pour les transferts de puissance)
2.1 Caractéristiques des dipôles
et règles d’association La figure 18 fait à ce titre apparaître deux cellules entre les
points de connexion de la branche courant (Mg et Md) constituée
2.1.1 Mode de commande des cellules associées d’une inductance unique L (cette inductance peut être celle que
et caractéristiques des dipôles équivalents présente un câble de grande longueur connectant les deux
cellules [3]). Ces deux cellules partagent donc le même courant J.
Nous avons présenté au paragraphe 1.4 les modes de L’inductance L voit à ses bornes la tension différentielle
commande et les solutions qui permettent de conférer à la cellule vL = vK2g – vK2d.

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Courant
d'induit J

Temps Temps

Rapport
cyclique <fm>
du convertisseur

Temps Temps

Vitesse
de rotation
de la machine

Temps Temps

a alimentation en tension b alimentation en courant

K1

J
V
L r
K2 fem

induit de la MCC

Figure 16 – Séquences de démarrage d’une machine à courant continu (MCC), alimentée en tension et en courant
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iv K1 iv K1
J

V V M
M

K2 VK2 K2
VK2 V2

B – +
MLI Régul iref

i1 i2 i1 i′2

a source de tension b source de courant

Figure 17 – Briques élémentaires pour l’association de cellules

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Cellule Cellule
gauche droite
i2g

K1g K1d
J

Vg Mg Md Vd
L
VK2g VK2d
K2g


MLI Régul
+

i1g iref i1d

i2d

Figure 18 – Structure cascade mise en œuvre au sein d’un lien actif

La cellule de gauche est pilotée en courant et impose au courant


J la valeur iref . La cellule de droite est commandée en tension et Cellule Cellule
contrôle la tension vK2d . À travers l’interface i2d, on a bien satis- gauche droite
faction des règles d’interconnexion édictées plus haut.
La tension moyenne vL étant nulle, on a donc forcément :
K1g K1d
v K 2g = v K 2d J

V Mg Md
ce qui se traduit également (en supposant les tensions Vg et Vd
constantes) par :
V2

Vg fmg = Vd fmd = V2 K2g



avec fmg et fmd fonctions de connexion des deux cellules. MLI Régul
+
Les puissances moyennes transitant au travers des interfaces i2g
et i2d sont alors, en négligeant les ondulations du courant J – ce i1g iref i1d
qu’un dimensionnement adéquat de L permet d’assurer :
i2d
P1g = P2g = J Vg fmg = J Vd fmd = J v K 2d = P2d = P1d
Figure 19 – Structure pour la méthode d’opposition
Ces relations, où les pertes dans les cellules ont été négligées,
mettent en évidence que ces quantités correspondent à la puissance
prélevée sur Vg et envoyée sur Vd (d’où le qualificatif de « lien actif » i1d s’équilibrent pour former un bilan nul en ce qui concerne la
prêté à cette association cascade – une étude des potentialités de contribution de la source de tension V :
cette structure pour la mise en place d’un réseau de puissance
maillé à bord des avions est présentée dans la thèse [3]). Pv = P1g + P1d = 0
Pour réaliser le contrôle de la puissance échangée entre les deux
sources et en négligeant les ondulations du courant J, il faut donc Il n’en demeure pas moins que les deux cellules transfèrent res-
contrôler le produit : J v K 2g . Les contributions complémentaires pectivement la puissance :
attribuées aux cellules permettent de satisfaire cet objectif : en utili-
sant les notations de la figure 18, cette puissance s’exprime, en fonc- P1g = P1d = JV2
tion des grandeurs de consigne affectées aux deux cellules : iref V2 .
et qu’elles peuvent ainsi être placées dans leurs conditions de
2.2.2 Mise en opposition de cellules fonctionnement nominal [4] [5]. Dans la pratique, la source de
tension n’est sollicitée que pour fournir les pertes de l’ensemble de
La structure présentée en figure 19 est une déclinaison du lien la structure ; l’ensemble de ces propriétés peut être exploité à
actif (§ 2.2.1), pour laquelle une seule source de tension V est deux titres :
utilisée. – pour effectuer le test de cellules de commutation sous
De ce fait, en restant dans le cadre des hypothèses concernant le conditions de fonctionnement nominales, sans disposer d’une
lien actif (pertes négligeables dans l’inductance et dans les source de tension capable de fournir la puissance nominale
cellules), les puissances transitant au travers des interfaces i1g et contrôlable par une cellule ;

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2.2.3.1 Structure « en pont »


    La tension différentielle Vond est ici obtenue entre les points de
Vond = Vch + VL sortie Mg et Md de deux cellules qui partagent la même source de
tension V :


Vond = v K 2g − v K 2d
VL
Vis-à-vis de cette association, les règles du paragraphe 2.1.2
 s’appliquent pour guider l’exploitation des degrés de liberté offerts
ϕ
Vch par la commande des cellules.

iL Ainsi, comme le présente la figure 21, une solution saine
consiste à :
– considérer séparément les éléments constitutifs Vch et L de la
charge, pour introduire l’interface i′2 ;
– associer l’inductance L avec la cellule de gauche (par exemple)
et assigner à cet ensemble l’objectif de contrôler le courant iL = J,
Figure 20 – Diagramme de Fresnel des grandeurs Vch et iL de façon à régler la puissance transmise à la charge (en valeur
instantanée : iL (t ) Vch (t ). La référence de courant Jref (t ) est, de
même que Vch (t ), a priori sinusoïdale ; il faut noter que la régu-
lation du courant iL doit être par ailleurs capable de compenser la
i1 i2g i‘2 i2d
tension V 2′ (t ) (grandeur non mesurable) définie sur l’interface i′2
par la seconde partie de la structure ;
– considérer l’association en série de vK2d (par exemple) et de
Vch : cela constitue la source de tension V2′ (à toute échelle de
K1g Vch K1d temps et de fréquence) et la fonction de connexion fmd de la
J
cellule peut en fixer la valeur (entre les valeurs extrêmes Vch (t ) et
V Mg Md Vch (t ) + V ) ; une solution simple consiste à placer la cellule de
L
droite à rapport cyclique 1/ 2 = fmd . Dans ce cas :

K2g V2′ Charge K2d V2′ (t ) = Vch (t ) + V /2

Cellule Cellule ce qui nécessite que l’on ait :


gauche droite
– V / 2 > Vch (t )
MLI Régul
+ Cette inégalité rappelle le caractère dévolteur de la structure étu-
Jref(t) diée. On a ainsi :
0 < V2′ (t ) < V
Figure 21 – Onduleur monophasé – structure en pont

– pour effectuer une détermination expérimentale des pertes Les degrés de liberté pour le réglage, apportés par les
dans la paire de cellules ; les propriétés de l’une d’entre elles fonctions de connexion des deux cellules, fmg et fmd , ont été ici
mobilisés dans des finalités séparées : fmg est consacré au
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peuvent même avoir été au préalable caractérisées, ce qui permet


alors la mesure directe des pertes sur une seule cellule testée. réglage de J et fmd place le potentiel du point Md à V/2 (en
valeur moyenne).
D’autres approches sont possibles, consistant par exemple à
2.2.3 Onduleur de tension monophasé imposer fmd = 1 – fmg , ce qui, théoriquement, s’obtient
simplement en définissant des commandes complémentaires
sur les deux cellules. L’association différentielle des deux
Nous considérons le cas où une charge à alimenter peut être cellules se présente alors, vu entre les points de connexion Mg
assimilée à la mise en série d’une source de tension sinusoïdale et Md comme une source de tension (à toute échelle de temps
Vch et d’une inductance L (cas illustré par exemple en figure 21). et de fréquence) d’amplitude instantanée :
Les fondamentaux sinusoïdaux des grandeurs Vch et iL sont pré-
sentés dans le diagramme de Fresnel de la figure 20. Vond (t ) = [fmg (t ) − fmd (t )] V = [2 fmg (t ) − 1] V
La tension Vch est bidirectionnelle et, de ce fait, le contrôle du présentant deux valeurs possibles : – V et + V.
courant dans l’inductance L (qui permet de maîtriser la puissance
échangée) nécessite de disposer aux bornes de la charge d’une Le contrôle du courant J (t ) est alors obtenu en pilotant cette
tension Vond qui permet d’imposer aux bornes de L une tension source de tension Vond (t ) et nécessite que l’on ait cette fois
positive (croissance de iL) ou négative (décroissance de iL). Ces V > |Vch (t )| de façon à permettre à l’organe de réglage de
deux contraintes imposent que l’on soit capable de produire une compenser la tension Vch (t ).
tension Vond qui vérifie : La mise en œuvre de ce réglage du courant est impérative,
car la condition fmd = 1 – fmg ne saurait, du fait des imper-
– Vond > Vch ou bien Vond < Vch ; fections des commandes, des dispersions entre caractéris-
tiques des composants, être satisfaite avec une précision telle
– Vond bidirectionnelle.
que toute composante continue de tension aux bornes de
l’inductance L ne soit éliminée : la conséquence en serait
Ce point du cahier des charges conduit à l’utilisation d’une struc-
l’apparition d’une composante continue croissante de J, inac-
ture différentielle, qui permet de réaliser une tension bidirection-
ceptable et dangereuse.
nelle à partir de deux cellules.

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La résolution de ce système de deux équations à deux


i1 i2g i¢2 i2d inconnues (iC1 et iC2) fournit les solutions suivantes :
iC 1 = − iC 2 = − J / 2
Pour que les variations de VC1 et VC2 , consécutives aux cou-
K1g C1 rants iC1 et iC2 , soient faibles, il faut que les impédances de C1
Vch
J VC1 et C2 à la fréquence fondamentale de la charge soient très
V faibles.
Mg Md
L Par ailleurs, afin que la circulation de ces courants dans les
capacités C1 et C2 n’entraîne pas de dérive des tensions VC1 et
V2′ VC2
VC2 (et donc celle du point milieu Md), il est impératif que les
K2g C2
valeurs moyennes de iC1 et iC2 soient nulles. Cela entraîne que
Cellule Pont J (t ) soit également à valeur moyenne nulle [l’horizon de temps
gauche – diviseur pour le calcul de cette valeur moyenne est la période de fonc-
MLI Régul tionnement de la charge, celle de J (t )].
+
Jref(t)

Figure 22 – Onduleur monophasé – Structure à point milieu Cellule 1 Cellule 2 Cellule 3

2.2.3.2 Structure à point milieu


K11 K12 K13
Ici, la tension différentielle Vond est obtenue entre le point de
sortie Mg d’une cellule et un pont diviseur de tension capacitif,
V M1 M2 M3
destiné à fixer la tension du point Md à V/2 :

Vond = v K 2g − V / 2 K21

Comme le présente la figure 22, une solution saine concernant


la gestion des degrés de liberté s’appuie sur une approche simi-
laire à celle proposée pour l’onduleur en pont complet :
– on considère de façon disjointe les éléments constitutifs Vch et i1 i21 i22 i23
L de la charge, pour introduire l’interface i′2 ;
– sur l’interface i′2, la tension V2′ s’exprime, cette fois en J1 J2 J3
considérant des grandeurs instantanées :

V2′ (t ) = Vch (t ) + V /2 Vch1 Vch2 Vch3

alors que, dans le cas de la structure en pont complet, cette pro-


priété ne concernait que la valeur moyenne V2′ ; N

– on associe l’inductance L avec la cellule et on assigne à cet Figure 23 – Onduleur triphasé, associant trois cellules
ensemble l’objectif de contrôler le courant iL = J, de façon à régler de commutation
la puissance transmise à la charge [en valeur instantanée :
iL (t ) Vch (t )]. La référence de courant Jref (t ) est, de même que
Vch (t ), a priori sinusoïdale ; la structure de régulation doit possé- 2.2.4 Onduleur de tension triphasé
der une capacité à compenser la tension V 2′ (t ) .
Il s’agit ici, comme le présente la figure 23, de contrôler les
échanges de puissance avec une charge triphasée, dont chacune
des phases apparaît comme la mise en série d’une source de
L’utilisation d’un pont diviseur capacitif induit des tension sinusoïdale Vchi (les trois sources forment un système
contraintes d’utilisation qui limitent son usage aux structures triphasé équilibré) et d’une inductance.
de type onduleur, dont la charge est parcourue par un courant
J (t ) de valeur moyenne nulle. En effet, en se référant aux nota-
2.2.4.1 Analyse fonctionnelle
tions de la figure 22 :
Vch1 , Vch12 , Vch3 étant données et formant un système triphasé
V = VC 1 + VC 2 sinusoïdal équilibré, la maîtrise de la puissance transmise à la
charge passe donc par un contrôle des courants J1, J2, et J3.
ce qui implique, si C1 et C2 sont de même valeur et que la Généralement, on cherche à obtenir un système triphasé
tension V est constante : sinusoïdal équilibré pour les courants. Dans ce cas, la puissance
fluctuante au niveau de la charge est nulle ; ainsi, la puissance ins-
0 = iC 1 + iC 2 tantanée est égale à sa valeur moyenne :
On a, par ailleurs, l’expression de la loi des nœuds au point
Md : Vch1J 1+ Vch 2 J 2 + Vch 3 J 3 = 3/ 2 Vchmax J max cos ϕ ch

J = − iC 1 + iC 2 avec cos ϕch facteur de puissance de la charge.

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Cellule 1 : Cellule 2 : Cellule 3 :


contrôle J1 contrôle J2 contrôle <vNO>

V M1 M2 M3
O : point
milieu de V

MLI MLI
J1 J2 i23 –J1–J2
Régul Régul
+ – + –

J1ref J2ref

i′22
i′21
vNO
Vch1 Vch2 Vch3

Figure 24 – Onduleur triphasé : exploitation des degrés de liberté de la structure (neutre non relié)

Compte tenu des disparités entre cellules de commutation 2.2.5 Gradateur MLI
(chute de tension aux bornes des interrupteurs, temps morts...),
une composante continue de tension peut apparaître entre phases. Le cahier des charges auquel satisfait cette structure est celui
Cela entraîne l’apparition d’une composante continue sur les cou- d’une conversion entre une source de tension alternative Valt et
rants J1, J2 ou J3. une charge également alternative, fonctionnant à la même
fréquence [6]. Cette charge inductive est modélisée sur la figure 25
par la source de courant J.
2.2.4.2 Utilisation des degrés de liberté et réglage
de l’association Alors qu’une conversion directe à l’aide d’une seule cellule
requerrait des interrupteurs quatre segments, la structure diffé-
On note que le neutre N de la charge n’étant pas relié, on a rentielle présentée figure 25 réalise cette conversion par une asso-
impérativement : ciation différentielle de cellules composées d’interrupteurs trois
segments.
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J1 + J 2 + J 3 = 0 Nota : le lecteur intéressé par la synthèse de ces interrupteurs pourra se référer au


dossier [D 3 076].

Cela conduit à interdire la mise en place de régulateurs de cou- Le fonctionnement des deux cellules n’est par principe de cette
rant sur les trois cellules associées aux phases. structure jamais simultané : chacune d’entre elles est alternati-
vement placée en court-circuit, par la mise à l’état passant simulta-
La figure 24 présente une utilisation des degrés de liberté dispo- née de ses deux interrupteurs lors du passage par zéro de la
nibles qui satisfait les contraintes qui viennent d’être mises en évi- tension aux bornes de la source de tension (Vg ou Vd) qui leur est
dence et répartit les contrôles sur les trois cellules de l’onduleur associée ; ces sources de tension sont créées à l’aide des
triphasé : condensateurs placés en parallèle des cellules, et le passage par
– la seule configuration viable en ce qui concerne le contrôle des zéro de leur tension accompagne celui de la tension Valt .
courants de phase, consiste à utiliser deux cellules régulées en Le réglage du transfert de puissance est assuré par la cellule
courant : celles-ci définissent les courants J1 et J2 ; le courant dans active, qui, définissant la tension vJ , peut alors être en charge du
la troisième phase est imposé par la loi des nœuds au neutre N : réglage du courant J :

J 3 = − J1 − J 2 v J (t ) = fmg (t ) Vg (t ) = fmg (t ) Valt (t ) si Valt (t ) > 0


v J (t ) = fmd (t ) Vd (t ) = fmd (t ) Valt (t ) si Valt (t ) < 0
– la troisième cellule est commandée « en tension », ce qui per-
met de maîtriser (en valeur moyenne à l’échelle de la période de Ainsi, comme le montre la figure 26, la tension vJ (t ) apparaît
comme la tension Valt (t ) à laquelle est appliqué le gain modulé
découpage) la tension v NO , entre le neutre de la charge et le
fm (t ). Les grandeurs contrôlées sont sinusoïdales et la maîtrise du
point milieu de la source de tension V, de façon à garantir aux courant J est obtenue en basse fréquence (avec une bande pas-
deux cellules régulées en courant la plage de fonctionnement sante définie par rapport à la fréquence de la tension Valt) par un
linéaire la plus large. En outre, la maîtrise du potentiel du neutre réglage du fondamental de la tension vJ :
ouvre la voie à des techniques sophistiquées de flat-top ou
d’injection d’harmonique 3, dont les détails sont présentés aux
dossier [D 3 176] et [D 3 177]. VJeff = fm Valteff

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Valt
Cellule Cellule
gauche droite

K1g K1d
VJ

Vg Mg Md Vd

V2
K2g J

i1g i2g i2d i1d

Figure 25 – Gradateur à modulation de largeur d’impulsions

iv K1 K′1
Valt J

V M

K2 K′2
vJ

J
i1 i2

Vg Figure 27 – Mise en parallèle directe de cellules de commutation

2.3.1 Mise en parallèle directe des cellules


Vd Il s’agit de la solution, présentée en figure 27, qu’une vision
idéalisée de la cellule tendrait à privilégier.
Temps
La mise en pratique de cette solution rencontre un certain
Figure 26 – Gradateur à modulation de largeur d’impulsions nombre d’écueils, qui n’ont rien de surprenant dès lors que l’on
(relevés expérimentaux) : tensions Valt (t ) et vJ (t ) (cas où les deux constate que l’on réalise ainsi sur l’interface i2, au niveau du point
cellules sont commandées avec un rapport cyclique fixe), M, la mise en parallèle des sources de tension instantanées que
courant J et tensions aux bornes des deux capacités Vg et Vd
constituent chacune des cellules, comme rappelé au § 1.1. Les
différences dans les caractéristiques de ces sources de tension ins-
tantanées entraînent les conséquences suivantes :
2.3 Associations parallèles de cellules
a) pour un état donné (supposé identique) des cellules de
commutation, les interrupteurs passants (K1 et K′1 ou bien K2 et
Ces associations répondent à des objectifs d’augmentation de
K′2) présentent, du fait de la dispersion des caractéristiques des
l’intensité des courants contrôlés, éventuellement au-delà du
composants, des résistances équivalentes d’état passant Ron de
calibre en courant des interrupteurs d’une cellule seule ; elles
valeurs différentes. Cela induit, en régime permanent, un déséqui-
peuvent également servir une recherche d’amélioration des
libre des courants parcourant les deux interrupteurs. Les
formes d’onde, grâce aux techniques d’entrelacement.
conséquences pour les interrupteurs en sont des pertes par
Les cellules peuvent être associées en parallèle : conduction différentes et donc des contraintes thermiques
différentes ;
– soit en les connectant directement en parallèle sur une même b) du fait de la dispersion des caractéristiques des interrupteurs
source de courant ; d’une part, se traduisant par des temps de commutation différents,
– soit en additionnant les courants que contrôlent ces cellules, et des drivers qui permettent de piloter leur commutation d’autre
selon plusieurs solutions détaillées plus loin. Sous cet angle, on part, les commutations des interrupteurs homologues ne sont
considère l’association satisfaisante si les contributions des jamais parfaitement synchrones. Il s’ensuit des intervalles de
cellules associées sont équilibrées. temps fugitifs pendant lesquels le courant J, au lieu de se répartir

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MLI Régul
– + i1
iv K1 K′1
ref

iv1 + iv2 J1
λ L
V
V
λ
K2 K′2
V2 V2′ J2 J = J1 + J2

– +
i1 i2 MLI Régul
i2ref
i1 i′2
Figure 28 – Mise en parallèle de cellules de commutation
environnées
Figure 29 – Mise en parallèle de cellules

sur les interrupteurs placés en parallèle, circule dans un seul


d’entre eux : celui qui présente le retard au blocage le plus impor-

Intensité
tant ou celui qui entre en conduction le premier. Pour les interrup-
teurs qui subissent ces surcharges, cela est très pénalisant, car
leurs contraintes de commutation ne sont dès lors plus celles qui
sont définies par la source de courant J et le nombre d’interrup- J1 + J2
teurs en parallèle ; les pertes par commutation s’en trouvent alors 2 J1
notoirement augmentées.
Aussi bien en statique qu’au cours des commutations, cette
association parallèle directe des cellules est donc périlleuse et, si
elle permet par rapport aux solutions évoquées plus bas de faire
l’économie d’inductances et de capteurs, c’est au prix d’un surdi- J1 J2
mensionnement des interrupteurs de puissance dont les caracté-
ristiques statiques et dynamiques doivent par ailleurs être
parfaitement connues et aussi proches que possibles (mêmes lots
de fabrication en provenance d’un même fournisseur, comme c’est Temps
le cas des modules de puissance multi-interrupteurs du commerce
où le driver est commun à plusieurs interrupteurs en parallèle). Figure 30 – Association parallèle de cellules commandées
en courant : augmentation de la fréquence apparente du courant
total et réduction de l’ondulation obtenues grâce à l’entrelacement
2.3.2 Mise en parallèle de cellules environnées des commandes

Chacune des cellules de commutation, comme présenté


figure 28, est associée à une inductance λ de valeur juste suffi- Les sources de courant associées n’ont a priori pas d’inter-
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sante pour prendre en charge la dispersion des valeurs instanta- actions entre elles. Le coût de cette solution réside dans l’intro-
duction d’un capteur de courant pour chacune des cellules ; quant
nées prises par les tensions V2 et V2′ (conséquence de la aux inductances, chacune contrôle l’ondulation d’une fraction du
synchronisation imparfaite des commutations, évoquées au point courant J total délivré.
b) du § 2.3.1) et éviter les évolutions incontrôlées des courants
internes aux cellules qui pourraient en résulter. Ce mode d’association parallèle des cellules de commutation per-
met de mettre en œuvre des solutions pour l’amélioration des quali-
Les déséquilibres statiques décrits au point a) du § 2.3.1 sont tés harmoniques du courant J ; celles-ci conduisent à un déphasage
cependant toujours susceptibles de se produire et seul un bon des commandes des interrupteurs homologues des cellules asso-
appairage des cellules de commutation peut les limiter. Le courant ciées, ce qui permet de multiplier (par le nombre de cellules asso-
total contrôlé par l’ensemble des cellules associées peut évi- ciées) la fréquence de l’ondulation résiduelle du courant J et de
demment être régulé ; la maîtrise de son ondulation nécessite la réduire son amplitude (figure 30). Le dimensionnement des induc-
mise en place d’une inductance L, calculée comme présenté au tances peut alors être reconsidéré, et des solutions de couplages
§ 1.4.1, de valeur bien supérieure à celle de λ. magnétiques peuvent être utilisées avec profit [7] [8].

2.3.3 Mise en parallèle de cellules contrôlées


en courant 3. Associations de cellules et
L’association parallèle présentée en figure 29 est stricto sensu propriétés de réversibilité
conforme aux règles édictées au § 2.1.2 : chacune des cellules de
commutation, grâce à une inductance de valeur suffisante et à une Nous revenons dans le premier paragraphe de cette partie sur
boucle de régulation peut être considérée comme une source de différents aspects de la notion de réversibilité, en nous intéressant
courant, à toute échelle de temps ou de fréquence. L’association aux contraintes imposées aux sources interconnectées (ces
parallèle proposée ici consiste en une mise en parallèle de ces sources peuvent, elles-mêmes, être créées à l’aide de cellules).
sources de courant, capable de fournir ici un courant : Nous abordons ensuite, dans le second paragraphe, les éléments
fondamentaux de la réversibilité en puissance d’une chaîne de
J = J1 + J 2 conversion associant en cascade cellules ou convertisseurs.

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3.1 Réversibilités intrinsèques


i1 i2
et structurelles
iV = iK1 A
vK1
3.1.1 Réversibilités intrinsèques V K1 J
J
La notion de réversibilité intrinsèque, concernant les cellules de V M
commutation a été introduite dans le chapitre « Synthèse fonction-
nelle des interrupteurs dans la cellule de commutation » t K2 t
vK2
(cf. [D 3 076]). Les caractéristiques statiques des interrupteurs de la
cellule (et le nombre de segments qui les constituent, sur chaque B
axe) sont en effet définies à partir des propriétés de réversibilité
intrinsèques des sources interconnectées (réversibilité en tension
de la source de tension ou bien réversibilité en courant de la iK1
source de courant). Rappelons que :
– la réversibilité en tension de la source de tension V définit le
nombre de segments en tension des interrupteurs de la cellule ; vK1
– la réversibilité en courant de la source de courant J définit le
nombre de segments en courant des interrupteurs de la cellule ;
Figure 31 – Cellule à interrupteurs bidirectionnels en courant
– la réversibilité de l’une des sources implique des caractéris- et unidirectionnels en tension ; caractéristique statique
tiques à trois segments identiques pour les interrupteurs d’une de l’interrupteur K1
cellule.
Pour examiner, du point de vue des sources, les conséquences
de cette interconnexion à travers la cellule, nous considérons des entre J (t ) et fm (t ), définissant la valeur de iV , peut être utilisé
cellules à interrupteurs trois segments : elles correspondent à comme grandeur de réglage du transfert de puissance.
l’interconnexion d’une source unidirectionnelle et d’une source
intrinsèquement réversible ; cette dernière est ici supposée pério- ■ Dans le cas où Fdec et Fsource sont égales, iV présente une réver-
dique (période Tsource , fréquence Fsource ) et, sans rien retirer à la sibilité instantanée à la fréquence Fsource ; si deux cellules sont
généralité de l’exposé, nous illustrons cette partie de figures pré- associées dans une structure différentielle (onduleur en pont
sentant des formes d’ondes sinusoïdales. Les éléments de raison- complet), la réversibilité instantanée se manifeste à une fréquence
nement apportés permettent l’extension au cas où les deux double de Fsource . En triphasé équilibré, cette composante fluc-
sources sont intrinsèquement réversibles. tuante disparaît.
Nous avons rappelé plus haut (§ 1.3.1) les relations de transfor- La réversibilité concerne également la valeur moyenne iV
mation, qui définissent les grandeurs « secondaires » des sources (valeur moyenne calculée sur une durée de Tsource) et donc la puis-
interconnectées par la cellule : sance moyenne échangée à travers la cellule ; avec les
– courant circulant dans la source de tension V : conventions de la figure 32 :

iV (t ) = J (t ) fm (t ) – si − π / 2 < ϕ fm < π / 2, iV > 0 ; la puissance est fournie par la


source V ;
– tension sur l’interface connectée à la source de courant J : – sinon iV < 0 ; la puissance est reçue par la source V.

v K 2 (t ) = V (t ) fm (t ) ■ Dans le cas où Fdec  Fsource , le contenu harmonique de iV


comprend :
Si par exemple, la source de courant J est intrinsèquement
– une composante continue (fréquence nulle) ;
réversible, cela entraîne nécessairement que le courant iV (t ) pré-
sente la même propriété. – une composante à Fsource , fréquence à laquelle se manifeste la
réversibilité de iV (t ) ;
Nous examinons maintenant (§ 3.1.1.1 et § 3.1.1.2) les propriétés – des composantes hautes fréquences formant des groupes de
des grandeurs secondaires, dans les deux cas possibles de cellules raies autour de Fdec et de ses multiples.
à interrupteurs trois quadrants.
La source de tension V doit présenter une capacité à subir sans
dommage ces réversibilités du courant iV et les contraintes liées à
3.1.1.1 Cellules associant une source de tension
unidirectionnelle et une source de courant son contenu harmonique – si la source V est réalisée à l’aide de
bidirectionnelle cellules de commutation, la structure sélectionnée doit structurel-
lement posséder la capacité de les accepter. Si tel n’est pas natu-
Ces cellules mettent en œuvre des interrupteurs bidirectionnels rellement le cas, des solutions de filtrage doivent être mises en
en courant et unidirectionnels en tension (figure 31). œuvre (approche détaillée au § 3.2).
Pour construire la forme d’onde de iV (t ), en appliquant le raison-
nement développé plus haut, nous considérons (figure 32) deux 3.1.1.2 Cellules associant une source de courant
situations différentes concernant la fonction de connexion fm (t ) de unidirectionnelle et une source de tension
la cellule : bidirectionnelle
– fréquence de commutation Fdec très supérieure à Fsource : ce Ces cellules utilisent des interrupteurs bidirectionnels en tension
cas peut concerner une machine à courant continu (MCC), alimen- et unidirectionnels en courant (figure 33) ; elles se rencontrent
tée par un hacheur deux quadrants ; la MCC est l’objet de dans les applications de type « redresseurs de tension ».
séquences d’accélération [J (t ) > 0] ou de freinage [J (t ) < 0)]. Dans Nous considérons pour l’analyse qui suit l’intervalle de temps le
ce cas, la fréquence Fsource est certainement très faible ; plus long caractérisant le fonctionnement de la cellule : Tsource .
– fréquence de commutation Fdec égale à Fsource : c’est le cas des Pour que le transfert de puissance, considéré par exemple sur
cellules de l’onduleur de tension pleine onde ; ϕfm , le déphasage l’interface i2 soit effectif, le courant J étant unidirectionnel, il faut

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J(t) J(t)

Tsource Tsource

ϕfm
fm(t) fm(t)

J(t) J(t)

iv(t)
iv(t)

ϕfm déphasage de fm(t) par rapport à J(t)

a Fdec  Fsource b Fdec = Fsource

Figure 32 – Courant de la source de courant J (t), fonction de modulation et courant débité à travers l’interface i1 par la source de tension
unidirectionnelle d’une cellule à interrupteurs bidirectionnels en courant et unidirectionnels en tension

Sauf cas très particulier où fm (t ) est en phase avec V (t ),


i1 i2 (ϕfm = 0), la tension vK2 (t ) présente donc une réversibilité instan-
tanée, avec une périodicité égale à Tsource . Notons que la charge
iV = iK1 A connectée entre ce point et une autre cellule de commutation peut
V K1 vK1 J subir cette réversibilité à une fréquence multiple de Fsource : cette
situation se rencontre dans le cas des redresseurs commandés
J
V monophasés double alternance, mettant en œuvre deux cellules
M
de commutation et dont la tension de sortie (grandeur différen-
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t K2 t tielle) présente une réversibilité instantanée à 2 Fsource .


vK2
B La réversibilité concerne également la valeur moyenne v K 2
(valeur moyenne calculée sur une durée de Tsource) et donc la puis-
iK1 sance moyenne échangée à travers la cellule ; avec les
conventions de la figure 34 :
– si − π / 2 < ϕ fm < π / 2, v K 2 > 0 ;
vK1
– sinon v K 2 < 0 .

Figure 33 – Cellule à interrupteurs bidirectionnels en tension Pour résumer, la source unidirectionnelle (ici, J ) subit une
et unidirectionnels en courant ; caractéristique statique
de l’interrupteur K1 réversibilité de sa grandeur secondaire (ici, la tension vK2 qui
lui est imposée par la cellule) :
– à la fréquence de découpage ou ses multiples ;
que la tension moyenne v K 2 soit non nulle. La fonction de – en valeur moyenne.
connexion de la cellule, fm (t ), qui définit la tension
vK2(t ) = fm (t ) V (t ) doit donc présenter une composante harmo- La source de courant J doit présenter une capacité à accepter
nique à Fsource . ces réversibilités de la tension vK2 .
La figure 34 présente le cas le plus simple où fm (t ) définit deux
commutations par période de la source V (t ) ; fm (t ) présente par 3.1.2 Réversibilités structurelles
rapport à V (t ) un déphasage ϕfm qui, définissant la valeur de
Nous avons développé au § 2.2 des solutions, basées sur l’asso-
v K 2 , peut être utilisé comme grandeur de réglage du transfert de ciation de cellules, permettant de produire une grandeur (tension,
puissance. courant) présentant des propriétés de réversibilité différentes de

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Considérant le cas simple où les deux cellules sont commandées


de façon complémentaires, on a, comme montré au § 2.2.3.1 :

V0 (t ) = (2 fm (t ) − 1) V
V(t)
La fonction de connexion de la structure, fm (t ) doit donc présen-
Tsource ter une composante harmonique à Fsource .
Par un simple bilan de puissance, on en déduit le courant i0 (t )
absorbé par l’onduleur :

V i 0 (t ) = V0 (t ) J (t )
ϕfm Cela permet de caractériser le courant i0 (t ) (somme des
fm(t) contributions de toutes les cellules de la structure différentielle) et
justifie, comme présenté en figure 35, qu’il présente une périodi-
cité basse fréquence de période Tsource/2 et un contenu harmo-
V(t) nique présentant :
– une composante continue : si la charge présente une capacité
à fournir de l’énergie, cette composante continue du courant i0
peut être positive (énergie fournie à la charge) ou négative (éner-
gie renvoyée par la charge) ;
– une raie à la fréquence 2 Fsource : cette raie correspond à un
échange de puissance fluctuante, qui, présent dans le cas mono-
phasé, disparaît dans le cas d’un onduleur triphasé associé à une
vK2(t) charge triphasée équilibrée ;
– des groupes de raies autour de la fréquence de découpage
Fdec et de ses multiples (2 Fdec , 3 Fdec...).

3.2 Enjeux de la prise en compte


des réversibilités : filtrage
et réversibilités en puissance
Vpont(t)
3.2.1 Filtrage
Les différents filtres associés aux deux cellules de commutation
assemblées dans cette structure différentielle répondent à des
objectifs bien différents ; par exemple, en ce qui concerne la
tension générée par l’onduleur (figure 35), la cellule de filtrage (Ls,
Cs ) effectue un filtrage passif de la tension générée, V0 ,
Figure 34 – Tension vK2 délivrée sur l’interface i2 d’une cellule complétant ainsi le filtrage actif réalisé grâce au choix des modu-
à interrupteurs bidirectionnels en tension et unidirectionnels lations des deux cellules.
en courant. Tension résultant de l’association différentielle de deux
cellules dans le cas d’un pont redresseur monophasé double Les deux cellules de filtrage placées en amont des deux cellules
alternance de l’onduleur sont chargées de filtrer le courant absorbé par la
structure différentielle :
celle de la source de même nature : il s’agit des structures différen- – la cellule (L1, C1) effectue un filtrage des composantes hautes
tielles. La propriété de réversibilité abordée sous cet angle est qua- fréquences (découpage et ses multiples) du courant absorbé par
lifiée de « structurelle ». l’onduleur ;
– la cellule (L2, C2) prend en charge la puissance fluctuante liée
On considère dans ce paragraphe le cas d’un onduleur mono- à cette structure monophasée : la composante basse fréquence de
phasé (l’étude structurelle et fonctionnelle de cette structure a été la puissance est fournie par la source V (courant iL2 , parfaitement
présentée au § 2.2.3.1) : le circuit de cet onduleur monophasé filtré) ; la composante fluctuante de la puissance, de même ampli-
repose sur l’association différentielle de deux cellules (figure 35), tude que la composante continue précédente (correspondant à la
permettant de créer une tension bidirectionnelle aux bornes de la fréquence 2 Fsource ) est échangée au sein du condensateur C2.
charge ; cette dernière, en retour, impose à ces cellules un courant
J bidirectionnel ; les interrupteurs des cellules sont donc bidirec-
tionnels en courant et unidirectionnels en tension. 3.2.2 Réversibilités en puissance au sein
Le fonctionnement de chacune d’entre elles induit pour la source
d’une chaîne de conversion
de tension V les conséquences des réversibilités intrinsèques déjà Nous apportons ici des éléments de raisonnement qui sont
étudiées (§ 3.1.1.1). également utilisés dans le dossier [D 3 178] concernant les asso-
En ce qui concerne les échanges de puissance, dont l’analyse ciations de convertisseurs.
permet de conjuguer les effets liés au fonctionnement des deux Nous nous plaçons dans le cas d’une cascade avec étage intermé-
cellules, il faut prendre en compte les propriétés de la fonction de diaire continu qui réalise une conversion AC – DC – AC entre deux
connexion fm(t ) : pour que le transfert de puissance, considéré par étages alternatifs : ces cascades associent deux convertisseurs par-
exemple en amont de l’inductance Ls soit effectif, le courant J tageant, soit une même tension unidirectionnelle pour une associa-
étant bidirectionnel, il faut que la tension moyenne instantanée tion cascade à liaison « en tension », soit un même courant
V0 développée en sortie de l’onduleur présente une composante unidirectionnel pour une liaison cascade « en courant ».
harmonique à la fréquence Fsource du courant J. Nota : AC pour courant alternatif et DC pour courant continu.

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L2 L1
J

Ls
V
C2 C1
V0 Cs Charge

iv i v′ i0

iv i v′ i0 J

t t t t
Tsource/2 Tsource/2 Tsource

2Fsource F 2Fsource F Fsource F


2F
Fdec dec

Figure 35 – Structure d’onduleurs de tension monophasé et ensemble des cellules de filtrage qui lui sont associées ; chronogrammes
et contenu harmonique des grandeurs électriques principales

Réseau Redresseur Étage Onduleur Charge


alternatif MLI DC « en tension » de tension alternative
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Figure 36 – Éléments compatibles associés en cascade (association à tension commune) : alimentation réversible en puissance
pour un actionneur électromécanique

On s’appuie ici principalement sur la prise en compte de la l’étage intermédiaire continu. On note que les caractéristiques
caractéristique de réversibilité intrinsèque des cellules mises en électriques sont identiques pour toutes les cellules de la chaîne de
œuvre dans les convertisseurs associés. Nous considérons dans conversion.
les paragraphes suivants les différentes solutions possibles.
3.2.2.2 Conversion tension – courant – tension
3.2.2.1 Conversion courant – tension – courant
La liaison entre les deux convertisseurs est « en courant
La liaison entre les deux convertisseurs est « en tension unidirectionnel » et la réversibilité permanente en puissance de
unidirectionnelle » et la réversibilité permanente en puissance de l’ensemble est assurée par la réversibilité de la tension au niveau
l’ensemble est assurée par la réversibilité du courant au niveau de de la liaison : le changement de signe des tensions est imposé par
la liaison. C’est le cas qui est présenté figure 36, très courant dans les cellules, de part et d’autre de l’inductance qui matérialise le lien
l’alimentation électrique des actionneurs électromécaniques réver- en courant.
sibles en puissance. C’est le cas présenté en figure 37, utilisé pour l’interconnexion
Compte tenu des réversibilités intrinsèques des sources inter- des réseaux alternatifs de transport d’énergie électrique (liaison
connectées, les interrupteurs des cellules des deux convertisseurs IFA2000 entre les réseaux électriques anglais et français par
sont : exemple).
– unidirectionnels en tension (caractéristique de l’étage intermé- Compte tenu des réversibilités intrinsèques des sources inter-
diaire DC) ; connectées, les interrupteurs des cellules des deux convertisseurs
– bidirectionnels en courant, comme les courants que l’on fait sont :
circuler sur le réseau d’une part, et dans la charge alternative, – unidirectionnels en courant (caractéristique de l’étage intermé-
d’autre part. diaire DC) ;
Ces réversibilités, étudiées au § 3.1.1.1, confèrent aux cellules la – bidirectionnels en tension, comme les tensions des deux
capacité d’imposer un courant positif ou négatif au niveau de réseaux alternatifs.

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Réseau alternatif Redresseur Étage Commutateur Réseau alternatif


polyphasé de tension DC « en courant » de courant polyphasé

Figure 37 – Éléments compatibles associés en cascade (association à courant commun) : alimentation réversible en puissance utilisée pour
l’interconnexion des réseaux électriques alternatifs

Réseau Redresseur Étage Onduleur Charge


alternatif de tension DC de tension alternative

Figure 38 – Éléments incompatibles associés en série, interdisant à la chaîne de transfert d’énergie une réversibilité effective
en puissance

Ces réversibilités, étudiées au § 3.1.1.2, confèrent aux cellules la teurs trois segments (deux segments en courant et un segment en
capacité d’imposer une tension positive ou négative au niveau de tension), de type « transistor-diode antiparallèle » ;
l’étage intermédiaire en courant continu. On note que les caracté- – un transfert de puissance depuis la charge alternative vers le
ristiques électriques sont identiques pour toutes les cellules de la réseau alternatif ne serait possible, au niveau de l’onduleur de
chaîne de conversion. tension qu’au prix de l’inversion du courant que ce dernier prélève
sur l’étage intermédiaire continu. Or, les interrupteurs du redres-
3.2.2.3 Règle de compatibilité des cellules associées seur de tension sont unidirectionnels en courant et n’autorisent
en cascade donc pas le transfert à se poursuivre vers le réseau. L’énergie ren-
Dans les deux cas déjà présentés (§ 3.2.2.1 et § 3.2.2.2), les voyée à travers l’onduleur ne trouve qu’à se stocker dans le filtre,
cellules des convertisseurs placés en cascade de part et d’autre du entraînant une perte de contrôle extrêmement dangereuse de la
lien sont de caractéristiques identiques. Cette propriété doit être tension de l’étage intermédiaire.
obligatoirement satisfaite pour obtenir la réversibilité du transfert
de puissance.
A contrario, si les réversibilités des deux convertisseurs placés
en cascade sont différentes, et donc si les caractéristiques de leurs 4. Conclusion
cellules sont différentes (cas de la figure 38), la réversibilité en
puissance de la chaîne complète n’est pas assurée :
On a traité, dans ce dossier, des règles d’associations de cellules
– le redresseur de tension réalise une conversion tension bidi- de commutation et on a présenté le mécanisme par lequel des
rectionnelle – courant unidirectionnel à l’aide de cellules à inter- associations héritent des propriétés des cellules.
rupteurs trois segments (deux segments en tension et un segment
en courant), de type « thyristor » ; L’aspect générique de ce mécanisme d’héritage se retrouve dans
– l’onduleur de tension réalise une conversion tension unidirec- les associations de convertisseurs qui obéissent à des règles
tionnelle – courants bidirectionnels à l’aide de cellules à interrup- comparables d’association et bénéficient d’héritages similaires.

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P
O
U
Association de cellules R
de commutation
E
Éléments de synthèse des convertisseurs N
statiques
S
Henri FOCH
par
Ancien professeur de l’Institut national polytechnique de Toulouse A
Philippe LADOUX
Professeur de l’Institut national polytechnique de Toulouse
V
Laboratoire plasma et conversion d’énergie (LAPLACE)
et Hubert PIQUET O
Professeur de l’Institut national polytechnique de Toulouse
Laboratoire plasma et conversion d’énergie (LAPLACE) I
R

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00001142/ vue 3E.I, no 28, p. 44-53, mars 2002.

À lire également dans nos bases


MEYNARD (T.), FOREST (F.) et FOCH (H.). – Ondu- [D 3 178] Convertisseurs et machines électri- commutation. [D 3 076] Convertisseurs et ma-
leurs de tension – Structures. Principes. Appli- ques (2010). chines électriques (2008).
cations. [D 3 176] Convertisseurs et machines MEYNARD (T.), FOCH (H.), RICHARDEAU (F.), PI- MEYNARD (T.), FOCH (H.), RICHARDEAU (F.), PI-
électriques (1998). QUET (H.) et METZ (M.). – Des dipôles à la cel- QUET (H.) et METZ (M.). – De la question des
MEYNARD (T.), FOREST (F.) et FOCH (H.). – Ondu- lule de commutation. [D 3 075] Convertisseurs contraintes de commutation à la commutation
leurs de tension – Mise en œuvre. [D 3 177] et machines électriques (2008). douce. [D 3 077] Convertisseurs et machines
Convertisseurs et machines électriques (2000). MEYNARD (T.), FOCH (H.), RICHARDEAU (F.), PI- électriques (2008).
FOCH (H.), LADOUX (P.) et PIQUET (H.). – Associa- QUET (H.) et METZ (M.). – Synthèse fonction-
tion de convertisseurs avec lien énergétique. nelle des interrupteurs dans la cellule de

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