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Royaume du Maroc

Ministère de la santé
Institut de formation aux
Carrières de santé
-Marrakech-

Section: kinésithérapie Promotion : 2010-2013

Pouliethérapie

Cours présenté par : Mr K. Labyed. Kinésithérapeute Diplômé d’Etat


Centre de Rééducation Fonctionnelle
Hôpital Militaire Avicenne
Kinésithérapie Pouliethérapie

Plan du cours

I- Généralités

1- Indications de la pouliethérapie
2- La poulie et ses applications mécaniques
3- Le matériel nécessaire lors de l’application des différents montages de la
pouliethérapie

II- Présentation des systèmes constituants la pouliethérapie


1- Le système de poids-poulie
1.1- Définition
1.2- Les utilisations les plus fréquentes de ce système
1.3- Avantages et inconvénients
1.4- Exemple de Posture pour la récupération de la flexion du genou par le système
poids-poulie
2- Le système ressort
2.1- Définition
2.2- Les indications du système ressort
2.3- Avantages et inconvénients
2.4- Exemple de montage pour une traction du genou
3- La suspension-thérapie
3.1- Définition
3.2- Principes mécaniques de la suspension
3.3- Les conséquences physiologiques et thérapeutiques de la suspension
3.4- Les particularités de la suspension
4- La pouliethérapie proprement dite:
4.1- Définition.
4.2- Le Bras de poulie.
4.3- Principes et applications.
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I- GENERALITES :

Pendant toute l’évolution de la rééducation, les systèmes poids-poulie, ressort et


suspension ont été utilisés chacun selon ses principes, mais chacun avait des lacunes qui
rendaient incomplète son utilisation efficace.
Ces systèmes ont été associés les uns aux autres, ce qui a permis d’avoir non seulement
un moyen thérapeutique mais aussi une vraie méthode efficace de rééducation, qui a ses
propres lois et ses propres règles.
Alors si tous ces systèmes ont été réunis sous le même nom qui est la pouliethérapie, c’est
à cause de leur complémentarité.

1- Les indications de la pouliethérapie :


La pouliethérapie est indiquée en rhumatologie, en traumatologie et en neurologie.
Cependant chaque pathologie a ses propres indications et contre-indications, ce qui impose
une utilisation rationnelle du système choisi afin de ne pas favoriser un facteur de risque chez
le malade.

 En rhumatologie, la pathologie présentant un risque d’aggravation à la


mobilisation tel que les gonarthroses, les coxarthroses…doivent en cas de
renforcement musculaire être fait en statique, l’association du système ressort sera
la plus idéale.

 En neurologie, la suspension-thérapie sera un remède important, vu qu’elle permet


d’éliminer l’action de la pesanteur et permet un flottage aérien, ce qui favorisera
le travail actif des muscles très faibles. Selon les capacités du malade, ce travail
pourra se faire en actif contre résistance du poids du membre ou en actif sans
résistance.

 En traumatologie, il faut noter que l’utilisation du système adapté dépendra de


l’état de l’articulation et des capacités du malade. Le plus souvent ces malades
posent des problèmes de raideurs articulaires ou de force musculaire. Ainsi les
systèmes de renforcement musculaire seront choisis selon la tolérance du patient.
Toutefois un travail de renforcement musculaire dynamique sera mieux pratiqué
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par un système de bras de poulie, pour le travail statique, le système ressort est le
plus indiqué.

2- La poulie et ses applications mécaniques :

2.1- Définition d’une poulie :


La poulie permet de modifier la direction d’une force sans en changer la grandeur. Ainsi,
on a intérêt de se munir d’une poulie à frottement très doux.
La figure ci-dessous explique le principe mécanique de la poulie et son utilité
thérapeutique :

 En A, la poulie se comporte comme une balance dont les charges sur les deux
plateaux s’additionnent au niveau du crochet de suspension de la poulie ;

 En B, un poids de 1 kg suspendu à un brin d’un fil exerce sur le brin opposé une force
de 1kg. C’est ce qu’on utilise souvent en pouliethérapie, et il est à noter que la traction
au point d’accrochage de la poulie sera de 2kg ;

 En C, le principe qui utilise deux poulies, une fixe et l’autre mobile permet de
soulever 2kg au moyen de 1kg (la force étant multipliable indéfiniment par un nombre
proportionnel de poulie)

Figure1. Explication des


principes de la poulie.
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2.2- La poulie et son utilisation dans les montages en pouliethérapie :

 Nombre de poulie :
Parfois on a besoin d’aucune poulie au cas où on utilise le ressort. Parfois on a besoin que
d’une seule poulie, celle-ci est appelée poulie de réception ou première poulie. Mais
l’utilisation d’une deuxième, troisième poulie appelée poulie de transmission se révèle
indispensable car elles permettent de déplacer le poids devant le malade afin de contrôler
l’efficacité de son travail et d’agir en cas d’accident. Le poids doit aussi s’abaisser et s’élever
suffisamment sans qu’il soit gêné.

 Emplacement des poulies :


L’emplacement des poulies est d’une importance capitale lors de la réalisation d’un
montage du système poids-poulie ou d’un montage de pouliethérapie par poulie, car la
première poulie a des conséquences sur la valeur de la force du poids qui variera selon la
position du membre. Pour y remédier, la première poulie doit être placée de telle manière à ce
que le filin portant le membre à traiter soit perpendiculaire à celui-ci lorsqu’il est dans la
position intermédiaire de sa course. Pour cela le travail doit s’effectuer pour les amplitudes
articulaires ayant un angle inférieur à 90°.
Ainsi l’emplacement de la première poulie pour les angles de mobilité importante présente
une difficulté, mais elle peut-être contournée par l’utilisation d’un système appelé « bras de
poulie. »

3- Matériel nécessaire pour un montage de pouliethérapie :


Pour réaliser un montage de pouliethérapie, le kinésithérapeute doit nécessairement se
munir des éléments suivants :

 Un box grillagé ;
 Des sangles ;
 Des poignées ;
 Des talonnières ;
 Des élingues ;
 Des haubans ;
 Des systèmes d’accrochage ;
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 Des poulies ;
 Des poids ;

3.1- Le box grillagé :


De construction extrêmement simple, celle-ci n’apporte au demeurant aucune gêne dans
une installation de médecine physique même en cas de non-utilisation. Le malade doit être
installé de telle manière que le membre à traiter soit au centre de la construction ou il sera
possible de prendre point d’appui en n’importe quel endroit :
 Pour le suspendre ;
 Pour accrocher les poulies (de réception et de transmission) ;
 Pour accrocher le test RM ;
 Pour stabiliser le segment proximal de l’articulation (haubanage) ;

Il faut dire qu’il existe plusieurs sortes de box grillagé de mesure et de nombre de paroi
différent. Ainsi nous avons : Box grillagé 4 M2, Panneau VERTICAL + Avancée grillagée,
Grille mobile, Cage d'angle…
Le box grillagé 4 M2 dont les mesures sont fixées à environ 2m10 pour chaque côté
(longueur x larguer x hauteur) est la plus idéale. Celle-ci présente quatre parois d’accrochage
et dont la maille des panneaux ne doit pas dépasser les 1 à 2cm, et ne doit pas souffrir la
médiocrité.

←Figure2. Grille mobile


Dimension : 135 x 66 x 205 (h)

Figure3. Panneau vertical avec


avancée grillagée ←
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← Figure4. Cage d'angle (4 panneaux


blancs)
Dimension :2m x 1m

Figure5. Cage de pouliethérapie 4 M2


Dimension : 2 x 2 x 2 m →

3.2- Sangles :
Elles sont de différentes tailles, appropriées au diamètre des membres inférieurs,
supérieurs et du tronc. Elles servent à assurer les prises de la traction et de la suspension, soit
à stabiliser un segment corporel. Elles doivent comporter plusieurs anneaux car elles seront
destinées pour la plupart à recevoir :
 La suspension ;
 Le haubanage bilatéral ;
 Le cordeau de circuit de poulie.

Figure5. Sangle de différentes tailles et


Différents rôles
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3.3- Poignées :
Elles sont munies d’anneaux d’excentration et d’un rouleau en bois assez gros qui
permettent d’être saisies par les mais pathologiques.

3.4- Talonnières :
Elles sont en forme de berceau ou bien réalisée très simplement au moyen d’une courroie
de tissu qui forme un nœud coulant à chaque extrémité. Elles sont rembourrées d’une feuille
de caoutchouc mousse antidérapant pour assurer une adhésivité aux tissus cutanés. Elles
doivent aussi comporter plusieurs anneaux pour les raisons identiques aux sangles.

Figure6. Talonnière en cuir avec


plusieurs anneaux, pouvant recevoir
l’élingue de suspension, les haubans de
fixation et le filin ou ressort éventuel.

3.5- Elingues :
Elles sont en cordeau de nylon, leur longueur est établie d’après la distance séparant
le lit du plafond du box. Elles doivent être réglable grâce à un tendeur pour s’adapter à
la distance séparant la partie supérieure du box au membre à traiter. Leur accrochage est
réalisé par des simples esses.
Si elles sont utilisées comme haubans (placées horizontalement), les esses devront
être remplacées par les mousquetons qui ne peuvent se décrocher de la paroi latérale.

Figure7. Différents types


d’élingue
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3.6- Haubans :
C’est tout ce qui permet la fixation d’un segment membre. Les élingues peuvent
servir de hauban.

3.7- Système d’accrochage :


Le plus souvent on utilise soit des esses soit de préférence des mousquetons qui
présentent une meilleure sécurité au niveau du point d’accrochage.

Figure8. Ces différentes figures nous


montrent à gauche et au centre des
mousquetons, à droite nous avons Esse en
acier, de deux tailles

3.8- Poulies :
Selon le type de montage préconisé, on emploie une, deux ou trois poulies. La
poulie doit donc pouvoir être placée directement et à tout moment en plein milieu d’un
circuit installé. Il est préférable d’utiliser des poulies en plastique montée sur un axe
d’acier, car la poulie doit tourner aisément sans faire de bruit et ne pas s’user.
Il est toutefois à noter que quelle que soit la douceur du fonctionnement d’une poulie,
celle-ci représente une résistance minimale de 200 à 300g qui doit être additionnée à celle du
poids.

Figure9. Différentes formes de poulie, toutes en


matière plastique pour les raisons citées ci-dessus.
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3.9- Poids :
Si les poulies sont de bonne qualité, la résistance offerte par le circuit est donc
offerte à peu près totalement par les poids qui y sont appendus. La supériorité des sacs
de sable sur les poids métalliques ne se discute plus (prise, faciliter de rangement,
sécurité, malléabilité, insonorité.) Pour ce faire, il faut disposer de plusieurs séries allant
de 100 g à 5 kg.

Figure10. Poids de sac de sable


allant de 100g à 5kg

II- PRESENTATION DES SYSTEMES CONSTITUANTS LA POULIETHERAPIE :

1- Le système poids-poulie :

1.1- Définition :
Le système poids-poulie consiste à placer suivant la direction et le but recherché, un filin
réfléchit par une ou plusieurs poulies, et lesté par ses deux extrémités, l’une par le membre,
l’autre par une charge (Figure 11.)

Figure11. Exemple de
montage du système poids-
poulie, fait pour renforcer les
extenseurs de l’épaule.
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Ce système a été utilisé depuis toujours lors de la rééducation mais seulement d’une
manière arbitraire. Ce n’est qu’au cours de ces dernières années qu’on a essayé de codifier et
réglementer la pratique de cette technique qui a, maintenant, ses propres règles et ses propres
lois pour la rendre plus efficace (Figure12), (Figure13) et (Figure14.)
Figure12. Figure13. Utilisation du Figure 14. Le
Renforcement des système poids-poulie renforcement des
extenseurs du genou pour le travail du cou fléchisseurs de l’épaule

1.2- Les utilisations les plus fréquentes de ce système :


Le système poids-poulie peut-être utilisé pour répondre à trois visées :
 La récupération des amplitudes articulaires ;
 Le soulagement des surfaces articulaires ;
 Le renforcement musculaire.
La différence qui peut agir sur l’effet de ce système c’est le placement de la charge par
rapport à la position du membre sur lequel on va agir.
En effet, pour la réalisation d’une posture, afin de gagner quelque degré de mobilité,
la première poulie ou poulie de réception doit être placée de telle façon à ce que le filin soit
perpendiculaire au membre dans la limite de la raideur et aussi elle doit être dans le même
plan de mouvement et dans le sens de la correction (Figure15.)

Figure15. Posture pour le


genou par le système poids ↓
poulie.

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Mais si on veut effectuer un travail actif contre une résistance pour renforcer des
muscles faibles, il faut que le filin soit placé d’une manière perpendiculaire au membre
dans sa position intermédiaire pour éviter les changements de l’angle, et aussi il faut que la
première poulie soit dans le même plan du travail, mais dans le sens inverse du mouvement
à faire (Figure16), (Figure17) et (Figure18)
Figure 16.Travail actif contre Figure 17. Travail actif Figure 18.
résistance des rotateurs contre résistance pour le Renforcement des
externes de l’épaule. moignon fléchisseurs du coude.

Pour réaliser une traction, la 1ere poulie doit être placée de telle manière à ce que le
filin soit dans le prolongement de segment à tracter et dans le sens opposé du pivot de
l’articulation à tracter.

1.3- Avantages et inconvénients :


Le système poids-poulie reste le plus utilisé et le plus exploité, vu la facilité de son
exécution et aussi les effets qu’il offre et qui sont les plus recherchés par les
kinésithérapeutes.
L’inconvénient qui persiste c’est lors de l’exécution du travail actif contre résistance,
où on est toujours appelé à limiter l’amplitude du mouvement à un angle inférieur ou égal à
90°. Car si on dépasse les 90°, l’action de la pesanteur devient une force aidant et le travail
contre résistance perdra sa précision.
Aussi on peut ajouter le problème de l’angle qui se forme entre le filin et le membre.
Cet angle en diminuant aura un effet de compression articulaire, et en augmentant, l’effet
devient de décompression articulaire. Pratiquement, on ne peut éliminer ce changement

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d’angle, mais on essaye de placer le filin de telle façon à ce que cette variation d’angle soit
la plus minimale possible et c’est la position intermédiaire qui permet cela.

1.4- Exemple de Posture pour la récupération de la flexion du genou par le système


poids-poulie :

 Placer le sujet en décubitus ventral ;


 Fixer le bassin par une sangle de fixation et la cuisse du membre atteint pour éviter
toute compensation de la part du sujet. Fixer latéralement le segment jambier par des
haubans si possible sinon par des élingues pour éviter tout mouvement de latéralité
qui pourra entraver la posture ou être un facteur de complications éventuelles ;
 Faire porter le malade une talonnière, puis accrocher le filin ;
 La première poulie doit être placée de telle manière à ce que le filin soit
perpendiculaire au membre à la limite de la raideur, dans le plan d’exécution du
mouvement et dans le sens de la récupération ;
 Faire suivre le circuit des poulies de transmission de telle manière à ce que le poids
soit le plus près possible de la main du malade afin qu’il agisse en cas d’accident.
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2- Le système ressort (la spring-thérapie)

2.1- Définition :
Le système ressort ou la spring-thérapie, consiste à utiliser les ressorts et leurs
principes d’élasticité selon les modalités d’application.
Ces ressorts ayant des indications diverses et étant utilisés sur des segments de membre
de poids très différents, on préconise des ressorts de différents diamètres et longueurs (fig19,
20, 21.)

Figure 19, 20, 21. Utilisations des ressorts


de différents diamètres et tailles.

2.2- Les indications du système ressort :


Les ressorts ont beaucoup d’indication, on les utilise soit pour réaliser des postures de
récupération des amplitudes articulaires, soit pour faire des tractions ou pour un travail
musculaire actif soit dynamique soit statique.
Donc, pour la récupération des amplitudes articulaires, l’accrochage du ressort doit
être fait dans le même plan et le sens de la correction sans oublier que le ressort doit être
placé perpendiculaire au membre dans la position limite de la raideur, et le ressort doit être
dans son état d’allongement dès le départ du travail.
Pour réaliser une traction, le ressort doit être également dans son état d’allongement
dès le début du travail et aussi qu’il soit dans le prolongement du membre à tracter.
Enfin lors du travail musculaire, on peut réaliser deux types de travail, soit le travail
dynamique, soit le travail statique, la seule chose qu’il faut faire c’est de choisir le ressort
adéquat :
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Par exemple pour une contraction statique, il faut avoir un ressort puissant et peu
élastique(Figure22), mais pour un travail dynamique, il faut que le ressort soit puissant
mais élastique pour permettre au, membre de parcourir l’amplitude nécessaire(Figure23)
Il ne faut pas oublier de placer le ressort dans son état initial à l’opposé de la
réalisation des postures et des tractions, et aussi de le placer perpendiculairement avec le
segment du membre à traiter.
Fig23. Travail actif dynamique Fig22. Travail actif statique
des extenseurs de la hanche chez
des releveurs du pied.
un amputé.

2.3- Avantages et inconvénients :


Pour les exercices actifs contre résistance, on peut confondre le système ressort au
système poids-poulie, donc ils ont les même problèmes, ceux de la variation de l’angle et
la limitation de l’amplitude articulaire. Pour ce dernier, on peut remédier en plaçant une
cordelette aux deux extrémités du ressort pour limiter le mouvement. D’ailleurs cette
cordelette permettra aussi d’empêcher la détérioration du ressort qui peut résulter de son
étirement excessif (Figure24, 25)

Figure24, 25. Montages


montrant le problème de la
variation d’angle.

Pour les exercices actifs en suspension notamment ceux en suspension pendulaire, les
ressorts sont utilisés mais seulement accessoirement et n’ont pour but que de permettre

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d’associer au déplacement géométrique du membre, quelques ondulations verticales tenant


en éveil les muscles suspenseurs du membre (Figure26)

Figure26. Les ondulations


verticales tiennent en éveil les
muscles suspenseurs du bras
lors du mouvement.

2.4- Exemple de montage pour une traction du genou :

Pour cet exemple on va essayer de soulager les surfaces articulaires du genou du membre
inférieur gauche par une traction réalisée par un élastique.
Pour cela on suit les étapes suivantes :

 Installer le malade dans une position confortable, ici cette position sera le décubitus
dorsal ;
 Fixer la ceinture pelvienne et le genou droit pour éviter la compensation lors de
l’exécution de la traction ;
 Mettre une talonnière au niveau de la cheville, qui va présenter le point d’accrochage
du ressort, car on doit choisir le plus long bras de levier possible ;
 Installer une extrémité du tendeur sur la talonnière et accrocher l’autre extrémité sur
la cage de telle manière à ce qu’on aura une traction dans l’axe du membre ;
 Il faut que l’élastique soit dans la position d’allongement dès le début de la traction ;
NB :
Au cas où on utiliserait un ressort, pour avoir une force tractrice suffisante, il faut choisir
un ressort puissant et moins souple.
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3- Système de suspension :

3.1- Définition :
Ce système consiste à suspendre un membre pour le mobiliser en le soustrayant de
l’action de la pesanteur (Figure27)

Figure27. L’appareil de
suspension-thérapie.

3.2- Les principes mécaniques de la suspension-thérapie :

 La suspension du membre le soustrait à l’action de la pesanteur.


 On dit « suspension verticale » ou « pendulaire » quand le point d’accrochage de
l’élingue est à l’aplomb de la sangle de suspension du membre. Dans ce cas
l’extrémité du membre oscille comme une pendule de part et d’autre du point de repos,
dont il s’éloigne en s’élevant et en décrivant en arc de cercle dans un plan vertical
(Figure28) .

Figure28. La suspension
verticale ou pendulaire.

 On dit « suspension axiale » quand le point d’accrochage de l’élingue est à l’aplomb


du pivot de l’articulation à mobiliser, de ce fait l’élingue est dirigée obliquement entre
son point de fixation supérieur et la sangle de suspension du membre (Figure29.) Dans
ce cas, l’extrémité du membre se déplace horizontalement et décrit un arc de cercle
dans le plan strictement horizontal (Figure30.)
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Figure29. La suspension Figure30. Le déplacement horizontal
axiale. du membre décrit un arc de cercle

 On dit « suspension excentrée » quand le point d’accrochage de l’élingue est partout


ailleurs qu’à l’aplomb du pivot articulaire ou de la sangle de suspension du membre.
Dans ce cas, l’extrémité du membre tend par son propre poids à se placer à l’aplomb
du point de suspension.

Figure31. La suspension
excentrée

 La situation du point d’accrochage de l’élingue par rapport au pivot articulaire a une


conséquence mécanique importante sur celui-ci, on s’aperçoit que :

o Si l’angle formé par la direction de la traction de l’élingue et la direction de la


pesanteur s’ouvre, la résultante de ces forces diminue, pour devenir nulle
lorsqu’elles sont dans le prolongement l’une de l’autre (Figure32, 33).

Figure32, 33. La variation de


l’angle selon la position du
membre par rapport au filin.

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o Si cette résultante de forces est dirigée vers le pivot articulaire, il s’y produit
une hyper-pression aboutissant à une coaptation articulaire (Figure34). Par
contre si le sens de la résultante est à l’opposé du pivot. Elle aura donc un effet
de dé-coaptation articulaire (Figure 35.)

← Figure34

Figure35→

3.3- Conséquences physiologiques et thérapeutiques des principes


mécaniques :

 La suspension mécanique remplace la suspension musculaire réalisée à la racine du


membre par un certain nombre de muscles courts et charnus (deltoïde, fessiers…) et
permet l’action exclusive du muscle responsable du mouvement désiré donc un travail
actif analytique avec une économie énergétique (Figure36).

Figure36. La suspension axiale


permet un travail musculaire
analytique.

 La suspension pendulaire ne permet pas un déplacement de grande amplitude de


l’extrémité du membre sauf si l’accrochage est réalisé à l’infini.
 La suspension axiale permet d’obtenir un déplacement de 360° dans le plan
strictement horizontal. Si l’élingue est raccourcie, il permet toujours un déplacement
horizontal mais dans un plan légèrement supérieur. [Exemple : en cas de travail des
adducteurs de l’épaule à partir de la position anatomique Figure37]
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Figure37. La suspension axiale


permet un déplacement dans un
plan horizontal.

 La suspension excentrée soumet le membre à une force qui l’entraîne à l’aplomb du


point de fixation ; ce type de montage est indiqué pour entraîner passivement le
membre vers le point choisi, ou bien, pour une résistance au mouvement actif opposé
(Figure38, 39.)

Figure38, 39. La suspension


excentrée permet un travail
passif ou actif du membre.

 Lors de la suspension axiale, plus le point d’accrochage s’abaisse, plus la pression


coaptante se développe dans l’articulation, ce qui permet une stimulation biologique
du cartilage qui répondra par un accroissement en épaisseur (Figure40). Par contre, si
la suspension tend à s’excentrer distalement, la pression subie par l’articulation
s’atténue pour devenir négative et se transforme en traction dès qu’elle aura dépassé
l’aplomb de l’extrémité suspendue. Ce qui permet d’effectuer une mobilisation pour
assouplir l’appareil ligamentaire sans augmenter où même en supprimant totalement
les frictions douloureuses des surfaces articulaires lésées (Figure41.)
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Figure40. L’action biologique de la Figure41. Le soulagement des
suspension sur l’articulation traitée. surfaces articulaires

 La suspension éliminant l’effet de la pesanteur, réalise un véritable « flottage aérien »


parfait et bien meilleur que celui aquatique. Ce qui mène à dire que, en suspension des
muscles côtés à 1 peuvent entraîner très légèrement un membre qui a été incapable,
même en piscine de se mouvoir, où la résistance de l’eau à l’avancement n’est pas
négligeable
 Lors de la suspension-thérapie surtout dans les cas de faiblesses musculaires ou les
altérations articulaires, les articulations voisines prennent part à ce mouvement. Pour
conserver le caractère analytique à ces exercices, on devra donc stabiliser ces
segments articulés soit par un haubanage, soit par une sangle de fixation, soit par des
attelles amovibles (Figure42.)

(a) (b) (c)

Figure42. Cette figure nous montre les différentes formes de suspension et leur
inconvénient :
En (a) l’articulation intermédiaire (genou) subit le poids du membre qui risque de le
mettre en valgus, tandis qu’en (b) l’articulation distale, libre subit également l’action du
membre et de la pesanteur et tend à mettre le membre en varus. En (c) l’articulation et
3.4- Les particularités de système de suspension :

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3.4- Les particularités de système de suspension :

 Ergothérapie en suspension :
Si la suspension est utilisée surtout pour effectuer une rééducation motrice analytique, elle
peut aussi être mise à profit pour aider ou permettre une ergothérapie difficile ou
impossible à effectuer. En effet, si une certaine valeur fonctionnelle des mains est
indispensable à la pratique de l’ergothérapie, celle-ci devient irréalisable si ces mêmes
mains ne peuvent être maintenues au niveau des objets à manipuler, du fait de la
déficience des muscles de la racine des membres. On sait que la suspension remplace cette
déficience et rend alors à l’activité gestuelle son efficace (Figure43) ;

Figure43. L’ergothérapie en suspension permet


de récupérer la fonction des muscles de la main
malgré la déficience de ceux de la racine

 La mise en suspension d’un membre paraît être un excellent moyen et même le


meilleur pour réaliser avec finesse un bilan musculaire ;
 La recherche de la RM est facilitée par le système de suspension à l’aide d’un peson à
ressort et le résultat sera obtenu rapidement et plus précis (Figure44).
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4- La pouliethérapie proprement dite

4.1 Définition :
Si nous avons séparés un système poids poulie de la pouliethérapie, c’est que cette
dernière constitue une véritable méthode qui a ses règles impératives propres et donc utiliser
des poulies pour faire de la rééducation n’est pas obligatoirement faire la pouliethérapie.
L’effort des muscles capables de soulever un poids par l’intermédiaire d’un système poids
poulie peut varier considérablement :
a) Si le point d’attache de la résistance se déplace sur le levier osseux, d’où nécessité
de déterminer ce point une fois pour toute et qui est l’extrémité distale du levier
osseux.
b) Si l’axe de la traction fait avec le membre un angle variant au cours du
mouvement, d’où nécessité de trouver un moyen qui empêche cette modification
angulaire.
c) Si le poids du membre à mobiliser vient s’ajouter à la résistance opposé et varie
lui-même au fur et à mesure que sa position se modifie par rapport à la verticale,
d’où nécessité de suspendre ce segment à mobiliser afin qu’il se déplace dans un
plan horizontal soustrait à l’action de la pesanteur.
Les impératifs a) et c) de la pouliethérapie nécessitent une association du système poids
poulie et du système de suspension axiale, mais l’impératif b) ne peut être remplit
parfaitement que par un montage spécial dénommé « bras de poulie »

Donc La pouliethérapie est une véritable méthode de renforcement musculaire qui doit
associer obligatoire un système de suspension axiale, soit à un « bras de poulie », soit à un
« système de poids-poulie », soit à un « système ressort » (Figure45.)

Figure45. Renforcement musculaire des


extenseurs de la cuisse par pouliethérapie
associant le système suspension au système poids-
poulie.
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On peut même les utiliser pour tester la résistance maximale car ce test demande une
grande précision pour être plus exacte.

4.2 Le bras de poulie :

Donc les recherches ont aboutit à un montage spécial de poulie qui porte le nom de
« Bras de poulie » (Figure46).

Figure46

Le bras de poulie est en effet un appareil composé d’une barre horizontale qui sera fixée
au membre à mobiliser. Cette barre s’adapte à la longueur du membre puisqu’elle est réglable
selon la longueur souhaitée. Cette barre est perpendiculaire avec un axe vertical qui est
solidaire d’une grande bobine horizontale, le tout s’accroche au panneau supérieur du box à la
verticale de l’articulation à mobiliser (Figure47.)
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Figure47.
(A) Grosse bobine pivotant sur un axe verticale
(B) Crochet permettant d’accrocher le bras de poulie
(C) Axe vertical
(D) Elinguage maintenant l’axe vertical
(E) Hauban maintenant la partie inférieure de l’axe
verticale
(F) Branche horizontale s’articulant librement avec
l’axe vertical
(H, H’) Elinguage réglant l’orientation de la branche
horizontale
(K) Poulie réfléchissant le circuit de poulie fixé sur la
grande bobine
(P) Poids à vaincre doit être en dehors de l’aire de
déplacement du membre

Pour que la résistance soit invariable, il faut que la première poulie de transmission soit placée
de telle manière à ce que la corde soit dès le départ perpendiculaire au rayon de la bobine
(Figure48.)

4.3 Domaines d’application de la pouliethérapie nécessaires en kinésithérapie

- Travail des fléchisseurs de la hanche en associant le système suspension au


système poids-poulie :

 Pour le renforcement musculaire, le système le plus utilisé est le système poids-poulie,


mais comme on l’a vu ci dessus(Le système poids-poulie), lors de l’utilisation de ce
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système pour le renforcement, il y a le problème de l’angle et de l’amplitude du


mouvement donc le bras de poulie reste le système le plus approprié pour les
mouvements qui dépassent 90°, et comme cet instrument est absent de nos services, on
va associer deux des systèmes de la pouliethérapie qu’on a vu, ce qui va donner les
même résultats. Les systèmes qu’en va associer sont les systèmes suspension axiale
qui est obligatoire et le système poids-poulie ou ressort selon nos possibilités.

 Le sujet est en décubitus latéral sur le coté opposé afin de libérer le membre à
travailler et respecter l’horizontalité du plan du travail ;
 Fixer l’articulation intermédiaire qui est celle du genou par une sangle de fixation afin
d’éviter toute mobilité ou participation de celle-ci ;
 Faire porter le sujet une talonnière pour accrocher le filin et l’élingue pour la
suspension du membre ;
 Surélever le membre à renforcer par des élingues afin de le mettre en apesanteur, ainsi
la suspension axiale est la plus idéale, car elle permet un déplacement dans un plan
strictement horizontal et dans toute l’amplitude du mouvement voulu. Pour cela, deux
élingues seront accrochées à la verticale de l’axe passant par le pivot de l’articulation
de la coxo-fémorale intéressée puis les autres extrémités seront respectivement
accrochées sur la sangle de fixation du genou et la talonnière
 La première poulie doit être placée de façon à ce que le filin soit perpendiculaire au
membre dans la position intermédiaire, dans le même plan d’exécution du mouvement
et dans le sens contraire d’exécution du mouvement ;
 Les poulies de transmission ne doivent pas croiser la cage, mais doivent se placer de
telle manière que le poids soit à proximité de la main du malade pour qu’il agisse en
cas d’accident ou problème éventuel. Pour ce montage, la première poulie de
transmission doit être à la verticale de la poulie de réception.
N.B :
Ici le problème d’angle est sensiblement négligeable étant donné que le membre inférieur
en rectitude ne peu dépasser les 90° de flexion. Toute fois le retour à la rectitude posera un

problème, associe au 15° d’extension de la cuisse, ce problème peu être réglé en limitant
l’amplitude du mouvement à 90° par deux épingles placées entre la première poulie de
réception et la première poulie de transmission.
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- Association de la suspension axiale et le système poids-poulie pour le


renforcement des abducteurs :

Ici on va prendre l’exemple d’une faiblesse des abducteurs. L’amplitude de l’abduction de


l’épaule est de 120 à 160°. Donc en va limiter notre travail à 90° à partir de la position
anatomique et pour réaliser un montage de pouliethérapie on suit les étapes suivantes :

 Installer le malade dans une position confortable, et qui permet de réaliser le


mouvement d’abduction dans un plan horizontal et c’est la position décubitus dorsal ;
 Fixer le coude pour éviter sa participation dans le mouvement par une attelle ou des
haubans, et aussi adapter le poignet à constituer un point d’accrochage du filin, car
c’est le point qui permet de travailler avec le plus long bras de levier, ce qui va donner
un bon travail ;
 Installer la suspension axiale en fixant le filin sur le poignet par une extrémité, et
l’autre extrémité sur le point d’accrochage qui doit être situé à l’intersection du
plafond de la cage et la verticale passant par le pivot de l’articulation de l’épaule
droite. Cette suspension va nous permettre un mouvement dans un plan horizontal, et
aussi d’éliminer le poids du membre lors du travail musculaire
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 Installer le système poids-poulie de telle manière à ce que la première poulie de


réception soit située dans le plan de travail (c’est à dire horizontal) mais dans un sens
opposé à celui du mouvement exécuté c’est à dire qu'elle doit être située à gauche du
sujet, car ce sont les abducteurs du membre droit qu’on va travailler et aussi cette
première poulie doit être placée perpendiculaire au membre droit dans la position
intermédiaire. Cette position ne sera possible que si on soulève le membre droit un peu
en haut en réduisant la longueur du filin suspendant ce membre car le tronc va
constituer un obstacle pour accrocher la première poulie comme elle doit être.
 On doit installer des poulies de transmission pour approcher le poids le plus près
possible de la main du malade pour qu’il agisse cas d’accident.

Après l’installation de la première poulie il suffit de mettre le poids approprié que le sujet doit
vaincre pour terminer notre montage et on laisse le malade faire quelque mouvement (deux à
trois séries de dix mouvements)
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