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Analyse financière

L'analyse financière consiste en un examen approfondi des comptes d'une entreprise et de ses
perspectives, afin de fournir :

 soit une évaluation de l'entreprise, destinée la plupart du temps à d'actuels ou de possibles


futurs actionnaires ;
 soit une évaluation de sa seule solvabilité, afin de déterminer si l'entreprise analysée peut
être une contrepartie acceptable (fournisseur, banque, agence de notation) ;
 soit un diagnostic interne servant de support à des choix stratégiques concernant les modes
de financement ultérieurs.
Le but de cette analyse est de fournir, à partir d'informations d'origines diverses mais surtout
d'informations comptables, une vision synthétique qui fait ressortir la réalité de la situation et qui
doit aider le dirigeant, l'investisseur et le prêteur dans leur prise de décision. Les aspects les plus
souvent étudiés sont la profitabilité, la solvabilité et la liquidité de l'activité.

Sommaire

 1Histoire
 2Différence entre analyse financière et autres analyses
 3Métiers de l'analyse financière
 4Méthodes d'analyse financière
o 4.1Analyse comptable
o 4.2Analyse comparative
o 4.3Analyse extra-comptable
 5Méthode d'évaluation par actualisation des flux de trésorerie
 6Analyse et évaluation
o 6.1Sociétés cotées
o 6.2Sociétés non cotées
o 6.3Quelques analystes financiers célèbres
 7Notes et références
 8Voir aussi
o 8.1Articles connexes
o 8.2Liens externes
 8.2.1Institutionnels et privés
 8.2.2Cours d'analyse financière

Histoire
L'économiste américain Benjamin Graham (1894 – 1976), est reconnu mondialement comme le
« père de l’analyse financière »1, à la suite de son œuvre phare, L'investisseur intelligent, parue
en 1949. Également auteur de Security Analysis, dès 1934 avec David Dodd, il fut l’un des
premiers à seulement utiliser une méthode d’analyse financière méthodique et codifiée pour
diriger ses investissements, ce qui en a fait le mentor du célèbre investisseur américain Warren
Buffett, après avoir contribué au Securities Exchange Act de 1933, la première loi à exiger des
sociétés cotées de fournir des relevés comptables certifiés par des commissaires aux comptes
indépendants1.

Différence entre analyse financière et autres analyses


L'économiste américain Benjamin Graham (1894 – 1976), est reconnu mondialement comme le
« père de l’analyse financière »1, à la suite de son œuvre phare, L'investisseur intelligent, parue
en 1949. Également auteur de Security Analysis, dès 1934 avec David Dodd, il fut l’un des
premiers à seulement utiliser une méthode d’analyse financière méthodique et codifiée pour
diriger ses investissements, ce qui en a fait le mentor du célèbre investisseur américain Warren
Buffett, après avoir contribué au Securities Exchange Act de 1933, la première loi à exiger des
sociétés cotées de fournir des relevés comptables certifiés par des commissaires aux comptes
indépendants1.

Métiers de l'analyse financière


Le terme "analyste financier" recouvre plusieurs réalités qui correspondent à des méthodes et
des objectifs différents.

 analystes sell side (du côté du vendeur) sont chargés d'informer et conseiller les
investisseurs en bourse. Les sell side exerçent leur activité en société de bourse
(Exane, Aurel Leven, Oddo, Raymond James, Portzamparc, etc.), et désormais au sein
d'entreprises d'investissements, sur un secteur donné de la cote (small & mid caps, large
caps Europe…)
 analystes buy side (du côté de l'acheteur) sont chargés d'évaluer et sélectionner des actifs
sur lesquels investir. Les buy side retraitent les informations fournies par les sell side. Ils
opèrent dans les sociétés d'investissement (Gestion d'actifs), (Amundi, Tocqueville, La
Financière de l'Échiquier, Raymond James Asset Management International, etc.)
 analystes financiers en entreprise (des "contrôleurs de gestion"), chargés de surveiller la
situation financière interne afin de prévoir les besoins financiers.
 analystes crédit chargés d'évaluer la capacité de remboursement de crédits bancaires
demandés par les entreprises, les professionnels ou les particuliers. Peut être décisionnaire
sur les demandes de crédits sollicités ou peut ne formuler qu'un avis.
 analystes d'agence de notation chargés d'évaluer la probabilité de défaut d'un émetteur.
 analystes d'organisme de certification chargés de mesurer la conformité d'un système en
vue de sa certification financière (MSI 20000 référentiel dédié à la qualité financière).
 analystes quants chargés de développer des modèles d'analyse statistique du marché ou
d'un type d'instruments.
 analystes Corporate Finance (dans les fusion-acquisition, l'émission d'action et l'émission
d'obligation) chargés d'évaluer les entreprises et leur conseiller des solutions de
financement/croissance externe
 analystes financiers indépendants interviennent en expertise dans le cadre de « fairness
opinion » (opinion théoriquement indépendante du vendeur et des acheteurs potentiels) ou
dès qu'un conflit d'intérêts potentiel existe au sein des instances décisionnelles de la société
concernée par une offre ou une opération financière'. Ils opèrent donc dans des structures
indépendantes d'analyse financière (AlphaValue, Duff & Phelp, Eurocif, Sorgem…).
Le rôle de ces derniers est de déterminer les valeurs d'acquisition des entreprises convoitées et
les valeurs de revente des activités devant être cédées.
La plupart des analystes financiers sont employés d'une entreprise d'investissement,
anciennement société de bourse en tant que sell side, d'après les statistiques de la Société
Française des Analystes Financiers[Quand ?].

Méthodes d'analyse financière


L'analyse financière, ne se limite pas à un simple examen plus ou moins approfondi et critique
des comptes. Elle suppose aussi des comparaisons (dans le temps et par rapport au secteur
d'activité), et surtout une étude des perspectives financières en fonction des caractéristiques de
l'entreprise et de son environnement économique (c'est-à-dire dans le cadre de la stratégie
d'entreprise).
Elle comprend donc plusieurs tâches :
Analyse comptable
Il s'agit d'analyser les comptes d'une entreprise — Bilan, Compte de résultat, Flux de trésorerie,
Hors bilan et annexes — (voir Comptabilité générale) pour détecter ses performances financières
et en dégager les points forts, les points faibles et les points douteux à éclaircir. Ces données
comptables doivent faire l'objet de nombreux retraitements, tenant compte entre autres des
normes utilisées (IFRS, Plan comptable général et leurs options...).
L'analyse de l'Excédent brut d'exploitation (EBE) est fondamentale pour fournir un crédit à
l'entreprise. En effet, une part de celui-ci représente le montant maximum d'échéance du crédit
que peut supporter l'entreprise. C'est de l'EBE que l'on extrait le cash flow réel par la
formule : Cash flow réel (flux de trésorerie réel) = Excédent de trésorerie d'exploitation (ETE) =
EBE - variation du Besoin en fonds de roulement d'exploitation.
Un autre type d'analyse est de forme patrimoniale : elle consiste à analyser la valeur de
l'entreprise non pas en termes de futurs dégagements de trésorerie, mais sa valeur à l'instant t,
pour répondre à la question : que vaudrait l'entreprise si elle devait être dissoute aujourd'hui ?
Dans ce cas, une attention particulière est donnée à la valeur des postes du bilan : stocks,
immobilisations dont en particulier les immobilisations incorporelles, créances et dettes.
Dans une optique de diagnostic interne, l'analyse financière s'attachera à caractériser les grands
équilibres du bilan, et à identifier les voies d'amélioration afin que l'entreprise ne soit pas
fragilisée par un recours trop important à l'endettement à court terme, tout en en satisfaisant à
des critères de rentabilité des fonds propres investis.

Analyse comparative
Elle consiste essentiellement à tirer des ratios (de solvabilité, de rentabilité…, voir ratio financier)
entre diverses séries de postes comptables et à comparer leur évolution dans le temps et par
rapport à ceux d'autres entreprises ayant une activité similaire. L'analyse des comparables
explique notamment les décotes de holding que subissent les groupes diversifiés tels
que Bouygues (téléphone, BTP et télévision), Wendel Investissement ou Bolloré (opérateur
logistique en Afrique, industrie, médias) (exception notable : General Electric). Il n'existe pas de
bons comparables pour les évaluer (en plus du problème de la remontée des dividendes).

Analyse extra-comptable
L'analyse extra-comptable, dite aussi analyse économique, vise à déterminer les perspectives
d'évolution de l'entreprise et leur incidence sur ses comptes prévisionnels pour vérifier
l'opportunité d'un crédit (capacité future de remboursement) ou d'un placement ou rachat
(rentabilité attendue, et notamment évolution prévisionnelle du bénéfice par action).
Ce point fait ressortir qu'une analyse fondamentale, qu'elle vise à évaluer le risque de crédit
propre à une entreprise ou à obtenir sa valorisation (cours de bourse potentiel, valeur d'achat en
cas de reprise..), exige une connaissance de l'environnement économique général, du secteur
d'activité considéré, du fonctionnement et du positionnement de l'entreprise dans le secteur, de
ses projets, et naturellement des concurrents et de leurs projets. Une étude qui se bornerait à
aligner les chiffres passés de l'entreprise et, concernant le futur, à prendre des taux de
croissance plus ou moins extrapolés de l'historique comptable, ne constituerait en aucune façon
une analyse. C'est une facilité à laquelle certains analystes peuvent se laisser aller en délaissant
cette partie de l'analyse.

Méthode d'évaluation par actualisation des flux de


trésorerie
La principale méthode repose sur l'analyse fondamentale (à distinguer d'autres méthodes
d'analyse financière), autrement dit l'étude

 des comptes de l'entreprise,


 de ses capacités techniques et commerciales
 de sa gestion
 de son environnement économique.
Pour ce qui est de l'analyse des comptes à fin d'évaluation, elle comporte deux principaux volets
qui se complètent :

 méthode statique (ou « patrimoniale »): à partir de l'analyse des actifs et des dettes
au bilan, pour déterminer par différence la situation nette réelle.

 méthode dynamique (ou « économique »), laquelle :


 analyse l'évolution sur plusieurs années du compte de résultat
 puis établit, en fonction de prévisions économiques et stratégiques, des scénarios
probabilisés (espérance mathématique) de résultats futurs (bénéfices, capacité
d'autofinancement)
 et applique à ces prévisions un taux de rendement espéré, en général le taux
risqué observé couramment sur les marchés financiers,

est le cash flow prévu l'année n, ou l'ETE (voir ci-dessus)


i est le taux d'actualisation (généralement le taux dit « non risqué » de l'emprunt sans
risque, e.g. obligataire d'un État solvable, auquel on ajoute une prime de risque propre
aux entreprises privées)
N le nombre d'années sur lesquelles on a établi des prévisions
Valeur Terminale : valeur à laquelle on prévoit que la société sera évaluée à l'année N
(c'est généralement ce terme - difficile à évaluer - qui a la plus forte valeur dans la
somme ; c'est pourquoi cette méthode ne donne qu'un résultat indicatif)
Les méthodes dynamiques permettent de déterminer la valeur de l'entreprise. En soustrayant
le montant des dettes nettes figurant au bilan (ou en ajoutant la trésorerie nette si la société
est en trésorerie positive) on obtient la valeur du capital[pas clair]. En divisant par le nombre
d'actions (y compris les actions "virtuelles" telles que celles à émettre dans les BSA ou les
stock options et en rajoutant alors dans le capital le montant de la levée de fonds
correspondant) on obtient un cours objectif[Information douteuse] [?].
La difficulté majeure est la détermination du taux d'actualisation. Celui-ci dépend de la prime
de risque et du taux sans risque. ces paramètres changent en fonction de l'endettement de la
société (la dette est remboursée en premier), de la taille de la société (les grosses supportent
mieux les aléas), du secteur (la high tech est plus risquée que la distribution) et la liquidité
(les sociétés non cotées sont moins facilement vendables). Il n'y a pas vraiment de formule
donnant un taux stable et invariable, ce qui explique l'existence d'un marché des valeurs. En
pratique, le taux d'actualisation évolue actuellement autour de 4 % pour le taux sans risque,
autour de 7 % pour un marché coté, de 15 % pour les plus risquées des sociétés cotées et
jusqu'à plus de 25 % pour les sociétés dépendantes dune problématique de type capital
risque.
Notons que la méthode d'actualisation s'applique soit aux cash flows libres opérationnels
(actualisés par le coût moyen pondéré du capital, y compris la dette) soit aux dividendes
(actualisés par le coût moyen pondéré des fonds propres).

Analyse et évaluation
Lorsqu'ils n'ont pas le temps de se livrer à une analyse financière approfondie, les investisseurs
utilisent des méthodes rapides d'évaluation. Ces méthodes peuvent différer selon que l'entreprise
est accessible au public par une cotation boursière (notion juridique et financière anglo-saxonne
de public company) ou non cotée sur le marché (notion de private company)

Sociétés cotées
our les sociétés ayant des actions cotées en bourse, mais aussi pour les autres, avec des
critères de comparaison (benchmarks boursiers),

 il est courant, par facilité, de les évaluer à partir du ratio cours de bourse / bénéfice par action
(le PER, que les analystes financiers utilisent peu et uniquement retraité) ;
 certains utilisent encore d'autres méthodes : analyse technique, analyse quantitative, analyse
comportementale.
Sociétés non cotées
Concernant les entreprises non cotées en bourse, qui sont les plus nombreuses :

 Leur évaluation se fait là encore principalement à partir des flux, mais elle doit appliquer une
"décote" du fait de l'absence de liquidité (difficulté pour revendre sa participation en l'absence
d'un marché accessible).

 La valeur comptable (Book value) est une méthode parfois utilisée pour évaluer les unités de
production ou les entreprises de distribution. Cette méthode déduit simplement les dettes et
engagements au Passif du montant total de l'Actif. Cette démarche simple permet de
dégager la valeur nette (Net worth).

 L´évaluation des entreprises prestataires de services doit par contre prendre en compte la
clientèle, le management et les employés (considérés comme faisant partie de l´actif, bien
que ceci ne se voie pas en termes comptables). L´évaluation des entreprises prestataires
des services peut paraitre plus difficile que celle des entreprises purement industrielles ou de
processus dans la mesure où la performance est souvent fonction des relations entre le
management et la clientèle.

 Une technique d´évaluation dénommée coût de début ou "entry cost", qui consiste à évaluer
une entreprise en prenant comme référence le coût pour créer (lancer) une entreprise
similaire. Elle est peu usitée car les compagnies présentes sur un marché développent des
actifs intangibles (marque, réputation, ancienneté des relations clients) peu aisément
évaluables.
Quelques analystes financiers célèbres
 Benjamin Graham dont l'ouvrage L'Investisseur intelligent est considéré comme la référence
de l'analyse financière moderne.
 John Bollinger, analyste financier certifié (CFA) et analyste technique certifié (CMT), ancien
de Financial News Network et de CNBC, qui a popularisé le chartisme.
 Malcolm Forbes
 Henry Blodget, symbole de la bulle Internet et de l'affaire des analystes financiers de 2002.
 Mary Meeker, autre symbole de la bulle Internet et analyste de la banque Morgan Stanley.
 Jack Grubman, analyste de Salomon Brothers, qui avait recommandé avec beaucoup
d'insistance l'action WorldCom a comme Henry Blodget été banni de la profession3 lors de
l'affaire des analystes financiers de 2002.
 En France, il faut surtout citer (voir p ex la notice consacrée par Who's Who à M.
Alexandre)[réf. nécessaire] Marc Alexandre et Jean-Michel Détroyat, qui ont fondé chacun leur
société d'analyse (resp. Atlantic Finance et Détroyat Associés). Les deux sociétés ont
disparu, complètement pour Atlantic Finance, tandis que Détroyat Associés n'est plus qu'un
cabinet de taille très limitée, fournissant surtout des évaluations lors d'opérations de fusion-
acquisition. Voir aussi : http://www.detroyat-associes.com/histo.html ; plusieurs analystes
ayant été salariés de ces sociétés pourraient confirmer les affirmations ci-dessus. Je pense
en particulier à M. John Murray Botcherby chez Atlantic Finance ou M. Gaëtan Toulemonde
chez Détroyat.
 Édouard Tétreau, administrateur de la SFAF et vainqueur du Prix des lecteurs du livre
d'économie 2005

Notes et références
1. ↑ a et b « Benjamin Graham, père de l’analyse financière », par LAURENT CURAU, FONDATEUR @
CAFEDELABOURSE.COM, LE 11 FÉVRIER 2013
2. ↑ Jean-Paul Couvreur, Georges Hübner, Pierre-Armand Michel Finances d'entreprise, une approche
globale pour les juristes, Kluwer, 2003
3. ↑ "Ex-Analyst Grubman Is Said to Sell His Townhouse", dans le New York Observer du 16 mars 2010

Articles connexes

 Analyse technique
 Ratio financier
 Société française des analystes financiers
 Évaluation du prix d'une action
Liens externes
Institutionnels et privés

 SFAF - La Société Française des Analystes Financiers EFFAS - La Fédération Européenne


des Associations d'Analystes Financiers
 ACIIA - L'association Internationale des Analystes financiers
 CFA Institute - L'association mondiale des analystes financiers
 CAFI - Compagnie des Analystes Financiers Indépendants : ce lien ne fonctionne plus
 FFI - First Finance Institute
 Cours d'analyse financière

 Cours de Pascal Quiry (HEC), en Français


 Cours de Pascal Quiry (HEC) et Marce Bertonèche (HBS), en Anglais