Vous êtes sur la page 1sur 5

Bulletins de la Société

d'anthropologie de Paris

Crâne trépané mérovingien


Simoneau

Citer ce document / Cite this document :

Simoneau . Crâne trépané mérovingien. In: Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, III° Série. Tome 9, 1886. pp. 668-
671;

doi : https://doi.org/10.3406/bmsap.1886.4918

https://www.persee.fr/doc/bmsap_0301-8644_1886_num_9_1_4918

Fichier pdf généré le 10/05/2018


668 SÉANCE DU 18 NOVEMBRE 1886.

CANDIDATURES.

M. le docteur Guérin (Paul), médecin de la marine à Roche-


fort, présenté par MM. Saint-Vel, Topinard et Dureau; M. le
docteur Reynier(J.-B.), présenté par MM. Manouvrier, Chud-
zinski et Bonnier, demandent le titre de membres titulaires.'
M. Sommier, secrétaire de la Société italienne
d'anthropologie à Florence, est présenté par MM. Topinard, Manouvrier
et Hervé, comme correspondant étranger.

PRESENTATIONS.

Cr&ne trépané mérovingien ;


PAR M. SIMONEAU.

Messieurs, ayant été passer quelques mois de vacances à


la campagne, dans mon pays natal, je me suis rappelé que
j'avais l'honneur d^appartenir à votre honorable Société et
que j'avais été reçu, seulement sous la foi de mes parrains,
avec la plus gracieuse urbanité.
Je me suis souvenu de vous et j'ai pensé à vous donner
des preuves de ma bonne volonté.
Il y a dans le finage de Jeuilly une plaine désignée sous le
nom de Lizy. Dans cet endroit, la terre meuble est très peu
profonde quoique très fertile, et repose sur des couches
géologiques secondaires.
J'ai trouvé dans les environs, à la surface du sol, plusieurs
outils de pierre taillés en silex, dont deux haches et six
grattoirs et couteaux; mais qui n'ont pas trait à l'objet qui doit
nous occuper aujourd'hui, car ils datent de beaucoup plus loin.
Au milieu de cette plaine, il y a une source abondante,
autour de laquelle, dans un rayon de plusieurs centaines de
mètres, les cultivateurs mettent souvent à découvert ' des
débris de constructions, et dans un endroit placé au sud de
la source, sur le penchant nord de la colline, ils trouvent soit
des cercueils, soit des ossements humains.
SIMONEAU. — CRANE TRÉPANÉ. MÉROVINGIEN. 669
J'ai fait faire des fouilles en cet endroit, avec la
bienveillante permission du propriétaire et même avec son
concours. Dans un espace restreint, j'ai trouvé, très peu
profond en terre, dix cercueils en pierre tendre, d'un seul
morceau chacun, taillés grossièrement et recouverts de dalles ;
quand, toutefois, la charrue ne les avait pas encore
emportées. Ils sont tous placés les pieds dans l'est.
Leur peu de profondeur en terre m'amène à penser qu'il y
a dépression du niveau du sol, par glissement lent de la
surface, en raison de la pente de la colline, de la culture de la
terre et des intempéries des saisons.
La longueur intérieure de la plupart de ces cercueils est
de lm,75 sur 60 centimètres de largeur à la tête et 25
centimètres aux pieds.
Dans le nombre, j'en ai trouvé trois qui me semblaient
avoir la capacité pour renfermer le corps d'une grande
personne et qui n'avaient que la longueur d'un enfant ; j'ai
reconnu, en faisant la levée du squelette, que les corps qui
s'y trouvaient avaient été ensevelis les jambes pliées. J'ai
trouvé également plusieurs cercueils d'enfants.
Celui dont j'ai l'honneur de vous présenter le crâne était
un peu plus profond en terre que ses voisins, grâce à cette
circonstance, il s'est trouvé préservé de la charrue.
J'ai vu de suite que je me trouvais en face d'un sujet dont
le crâne avait été trépané vivant et que ce sujet avait vécu
longtemps après l'opération ; vu le travail appréciable de
reconstitution de cet organe.
En continuant la levée ' du squelette, j'ai trouvé un
deuxième corps à peu près de même grandeur, placé à
l'inverse du précédent, c'est-à-dire la tête vers les pieds du
trépané, malgré que le cercueil fût fait exactement comme
les précédents.1.
Ces corps pouvaient avoir l1"^ de hauteur.
Cette rondelle de l'os crânien 'enlevée sur un être humain
vivant, surtout à une époque où la science ne possédait pas
de moyens anesthésiques, devait avoir une importance con-
670 SÉANCE DU 18 NOVEMBRE 1886.
sidérable • soit que ce fût en vue de la guérison du sujet
opéré, soit que la rondelle de l'os enlevé dût servir de
talisman ou de toute autre amulette aux puissants du jour, pour
une croyance religieuse de cette époque. t
. Des carrières relativement considérables exploitées à : ciel
ouvert dans le versant sud de la même colline, à environ
2 kilomètres de l'endroit où sont ces tombeaux paraissent
abandonnées depuisjdes siècles. • ■ ...
Ce qui me fait penser qn'il était relativement facile aux
habitants de Lizy de se payer le luxe de cercueils en pierre
d'un seul morceau. < ■ ,
• ■ Mais alors, quels étaient les moyens de transport de ces
habitants ? . ; > i •, • -
Quel était leur outillage ? .
Avaient-ils une ville ou une bourgade ?
Etaient-ce des Gaulois ? ■.••;■
Etaient-ce des Gallo-Romains ? , ■ -
, Etaient-ce des Burgondes ou bien des Carlovingiens ?
Autant de points où l'histoire est muette, ■ -
N'ayant trouvé, jusqu'à présent, dans mon travail de
recherches, ni poteries, ni métaux, objets qui auraient pu
m'indiquer l'époque à laquelle vivait cette population, je
viens m'en référer à la haute connaissance de la Société
d'anthropologie, en attendant des recherches ultérieures.

Discussion.

M. Topinard. Le crâne présenté par notre collègue est un


exemple typique de trépanation ancienne au lieu d'élection,,
je veux dire par là à l'endroit du centre du pariétal où les
trépanations se rencontrent le plus souvent. Les bords de la
perforation sont parfaitement cicatrisés sans traces d'ostéite,
le sujet a vécu longtemps avec cet orifice artificiel. Mais le
plus intéressant dans cette présentation, c'est qu'il a été
recueilli dans une auge de pierre, c'est-à-dire qu'il est
postérieur à l'ère chrétienne et ressemble cependant à une
trépanation de l'époque néolithique. Or souvent on a discuté ici
VERDIER. •— IMAGES JAPONAISES, 671
combien a duré cette coutume à la suite des temps
préhistoriques ; on a même montré une perforation de l'époque
mérovingienne, mais quelques doutes persistaient sur cette époque.
La présente présentation établit donc que la coutume s'est
bien en effet continuée au moins jusqu'à l'époque
mérovingienne. On sait, du reste, que la coutume de 3a trépanation
existe encore aujourd'hui dans l'Aurès, dans le Monténégro
et est toujours pratiquée par les chirurgiens» La Coutume
néolithique ne se serait donc jamais interrompue. •< ' » ■
M. G. de Mortillet, interrogé au sujet des auges, répond
qu'onv s'est servi de tombes en pierre à diverses époques :
d'abord à l'époque romaine, puis aux époques mérovingienne
et carlovingienne. Comme on n'a trouvé, dans la sépulture
dont il s'agit, aucune trace de mobilier funéraire, elle date
plus probablement de la dernière époque, à laquelle le
christianisme réagissait fortement contre les habitudes païennes,
M. Sanson. .J'ai vu autour d'une ancienne église des
tombes en pierre disposées en plusieurs couches dont la
dernière datait certainement d'une époque postérieure . à celle
de Ja construction de l'église. Or, l'architecture de cette
église était en partie romane et partie , gothique. Par
conséquent on a dû se servir de tombes en pierre postérieure»
ment à l'époque carlovingienne. , . ,:.-
M. G. de Mortillet partage cette opinion et pense que le
crâne en question peut dater seulement du septième au
neuvième siècle environ. ■ ' : ' , . . •
,

Images japonaises ;
PAR M. VERRIER,

M. Verrier lit d'abord une relation de l'arrivée des am-,


bassadeurs japonais à Borne, en 1586 — recueillie par Guido
Guelteri, de Venise, extrait d'une plaquette fort rare et du
plus vif intérêt signalée au docteur Verrier par Pu, Burty —
in-i2,p. 9. . .,..!•• . .
«..., Et avant qu'elles ne soient enceintes (les Japonaises),
elles portent une ceinture large et flottante î mais dès

Centres d'intérêt liés